Skip to main content

Full text of "Le roman en prose de Tristan le roman de Palamède, et la compilation de Rusticien de Pise;"

See other formats


Google 


This  is  a  digital  copy  of  a  book  that  was  preserved  for  générations  on  librai^y  shelves  before  it  was  carefuUy  scanned  by  Google  as  paît  of  a  project 
to  make  the  world's  bocks  discoverable  online. 

It  has  survived  long  enough  for  the  copyright  to  expire  and  the  book  to  enter  the  public  domain.  A  public  domain  book  is  one  that  was  never  subject 
to  copyright  or  whose  légal  copyright  term  has  expifed.  Whether  a  book  is  in  the  public  domain  may  vary  country  to  country.  Public  domain  books 
are  our  gateways  to  the  past,  representing  a  wealth  of  history,  culture  and  knowledge  that's  often  difficult  to  discover. 

Marks,  notations  and  other  marginalia  présent  in  the  original  volume  will  appear  in  this  file  -  a  reminder  of  this  book's  long  joumey  from  the 
publisher  to  a  library  and  finally  to  you. 

Usage  guidelines 

Google  is  proud  to  partner  with  libraries  to  digitize  public  domain  materials  and  make  them  widely  accessible.  Public  domain  books  belong  to  the 
public  and  we  are  merely  their  custodians.  Nevertheless.  this  work  is  expensive,  so  in  order  to  keep  providing  this  resource,  we  hâve  taken  steps  to 
prevent  abuse  by  commercial  parties,  including  placing  technical  restrictions  on  automated  querying. 

We  also  ask  that  you: 

+  Make  non-commercial  use  of  the  files  We  designed  Google  Book  Search  for  use  by  individuals.  and  we  request  that  you  use  thèse  files  for 
Personal,  non-commercial  purposes. 

+  Refrain  from  automated  querying  Do  not  send  automated  queries  of  any  sort  to  Google's  System:  If  you  are  conducting  research  on  machine 
translation,  optical  character  récognition  or  other  areas  where  access  to  a  large  amount  of  text  is  helpful,  please  contact  us.  We  encourage  the 
use  of  public  domain  materials  for  thèse  purposes  and  may  be  able  to  help. 

+  Maintain  attribution  The  Google  "watermark"  you  see  on  each  file  is  essential  for  informing  people  about  this  project  and  helping  them  find 
additional  materials  through  Google  Book  Search.  Please  do  not  remove  it. 

+  Keep  it  légal  Whatever  your  use,  remember  that  you  are  responsible  for  ensuring  that  what  you  aie  doing  is  légal.  Do  not  assume  that  just 
because  we  believe  a  book  is  in  the  public  domain  for  users  in  the  United  States,  that  the  work  is  also  in  the  public  domain  for  users  in  other 
countries.  Whether  a  book  is  still  in  copyright  varies  from  country  to  country,  and  we  can't  offer  guidance  on  whether  any  spécifie  use  of 
any  spécifie  book  is  allowed.  Please  do  not  assume  that  a  book's  appearance  in  Google  Book  Search  means  it  can  be  used  in  any  manner 
anywhere  in  the  world.  Copyright  infringement  liability  can  be  quite  severe. 

About  Google  Book  Search 

Google's  mission  is  to  organize  the  world's  information  and  to  make  it  universally  accessible  and  useful.  Google  Book  Search  helps  readers 
discover  the  world's  books  while  helping  authors  and  publishers  reach  new  audiences.  You  can  search  through  the  fuU  text  of  this  book  on  the  web 


at  http:  //books  .google  .  com/ 


Google 


A  propos  de  ce  livre 

Ceci  est  une  copie  numérique  d'un  ouvrage  conservé  depuis  des  générations  dans  les  rayonnages  d'une  bibliothèque  avant  d'être  numérisé  avec 
précaution  par  Google  dans  le  cadre  d'un  projet  visant  à  permettre  aux  internautes  de  découvrir  l'ensemble  du  patrimoine  littéraire  mondial  en 
ligne. 

Ce  livre  étant  relativement  ancien,  il  n'est  plus  protégé  pai'  la  loi  sur  les  droits  d'auteur  et  appartient  à  présent  au  domaine  public.  L'expression 
"appartenir  au  domaine  public"  signifie  que  le  livre  en  question  n'a  jamais  été  soumis  aux  droits  d'auteur  ou  que  ses  droits  légaux  sont  arrivés  à 
expiration.  Les  conditions  requises  pour  qu'un  livre  tombe  dans  le  domaine  public  peuvent  varier  d'un  pays  à  l'autre.  Les  livres  libres  de  droit  sont 
autant  de  liens  avec  le  passé.  Ils  sont  les  témoins  de  la  richesse  de  notre  histoire,  de  notre  patrimoine  culturel  et  de  la  connaissance  humaine  et  sont 
trop  souvent  difficilement  accessibles  au  public. 

Les  notes  de  bas  de  page  et  autres  annotations  en  marge  du  texte  présentes  dans  le  volume  original  sont  reprises  dans  ce  fichier,  comme  un  souvenir 
du  long  chemin  parcouru  par  l'ouvrage  depuis  la  maison  d'édition  en  passant  par  la  bibliothèque  pour  finalement  se  retrouver  entre  vos  mains. 

Consignes  d'utilisation 

Google  est  fier  de  travailler  en  partenariat  avec  des  bibliothèques  à  la  numérisation  des  ouvrages  appartenant  au  domaine  public  et  de  les  rendre 
ainsi  accessibles  à  tous.  Ces  livres  sont  en  effet  la  propriété  de  tous  et  de  toutes  et  nous  sommes  tout  simplement  les  gai'diens  de  ce  patrimoine. 
Il  s'agit  toutefois  d'un  projet  coûteux.  Par  conséquent  et  en  vue  de  poursuivre  la  diffusion  de  ces  ressources  inépuisables,  nous  avons  pris  les 
dispositions  nécessaires  afin  de  prévenir  les  éventuels  abus  auxquels  pourraient  se  livrer  des  sites  marchands  tiers,  notamment  en  instaurant  des 
contraintes  techniques  relatives  aux  requêtes  automatisées. 

Nous  vous  demandons  également  de: 

+  Ne  pas  utiliser  les  fichiers  à  des  fins  commerciales  Nous  avons  conçu  le  programme  Google  Recherche  de  Livres  à  l'usage  des  particuliers. 
Nous  vous  demandons  donc  d'utiliser  uniquement  ces  fichiers  à  des  fins  personnelles.  Ils  ne  sauraient  en  effet  être  employés  dans  un 
quelconque  but  commercial. 

+  A^^  pas  procéder  à  des  requêtes  automatisées  N'envoyez  aucune  requête  automatisée  quelle  qu'elle  soit  au  système  Google.  Si  vous  effectuez 
des  recherches  concernant  les  logiciels  de  traduction,  la  reconnaissance  optique  de  caractères  ou  tout  autre  domaine  nécessitant  de  disposer 
d'importantes  quantités  de  texte,  n'hésitez  pas  à  nous  contacter.  Nous  encourageons  pour  la  réalisation  de  ce  type  de  travaux  l'utilisation  des 
ouvrages  et  documents  appartenant  au  domaine  public  et  serions  heureux  de  vous  être  utile. 

+  Ne  pas  supprimer  l 'attribution  Le  filigrane  Google  contenu  dans  chaque  fichier  est  indispensable  pour  informer  les  internautes  de  notre  projet 
et  leur  permettre  d'accéder  à  davantage  de  documents  pai*  l'intermédiaire  du  Programme  Google  Recherche  de  Livres.  Ne  le  supprimez  en 
aucun  cas. 

+  Rester  dans  la  légalité  Quelle  que  soit  l'utilisation  que  vous  comptez  faire  des  fichiers,  n'oubliez  pas  qu'il  est  de  votre  responsabilité  de 
veiller  à  respecter  la  loi.  Si  un  ouvrage  appartient  au  domaine  public  américain,  n'en  déduisez  pas  pour  autant  qu'il  en  va  de  même  dans 
les  autres  pays.  La  durée  légale  des  droits  d'auteur  d'un  livre  varie  d'un  pays  à  l'autre.  Nous  ne  sommes  donc  pas  en  mesure  de  répertorier 
les  ouvrages  dont  l'utilisation  est  autorisée  et  ceux  dont  elle  ne  l'est  pas.  Ne  croyez  pas  que  le  simple  fait  d'afficher  un  livre  sur  Google 
Recherche  de  Livres  signifie  que  celui-ci  peut  être  utilisé  de  quelque  façon  que  ce  soit  dans  le  monde  entier.  La  condamnation  à  laquelle  vous 
vous  exposeriez  en  cas  de  violation  des  droits  d'auteur  peut  être  sévère. 

À  propos  du  service  Google  Recherche  de  Livres 

En  favorisant  la  recherche  et  l'accès  à  un  nombre  croissant  de  livres  disponibles  dans  de  nombreuses  langues,  dont  le  français,  Google  souhaite 
contribuer  à  promouvoir  la  diversité  culturelle  grâce  à  Google  Recherche  de  Livres.  En  effet,  le  Programme  Google  Recherche  de  Livres  permet 
aux  internautes  de  découvrir  le  patrimoine  littéraûe  mondial,  tout  en  aidant  les  auteurs  et  les  éditeurs  à  élargir  leur  public.  Vous  pouvez  effectuer 


des  recherches  en  ligne  dans  le  texte  intégral  de  cet  ouvrage  à  l'adressejhttp  :  //books  .  google  .  com 


%*i 


i.V* 


-1. 


-v 


-A 


:  4 


,'    f- 


\> 


■AÀ*: 


'•-i  <^^. 


Vj 


c;: 


^■^'■'  X 


I 

I 


t> 


i 


LE    ROMAN    DE    TRISTAN 

LE  ROMAN  DE  PALAMÈDE 


ET  LA 


COMPILATION    DE    RUSTIGIEN    DE    PISE 


UACON,  PROTAT  FRÈRBB ,  IHPRIHBURS 


vK] 


LE   ROMAITEN  PROSE 


DE 


TRISTAN 

LE  ROMAN  DE  PALAMÈDE 

ET  LA  COMPILATION  DE  RUSTICIEN  DE  PISE 

ANALYSE     CRITIQUE 

D'APRÈS    LES    MANUSGHITS    DE    PARIS 
PAR 

E.    LÔSETH 

Docteur  ta  lettnt  de  IToirtr^U  a*  CbrlstUnU. 


PARIS 

EMILE  BOUILLON,  ÉDITEUR 
67,  RUE  Richelieu,  67 


1890 

H 


<•  /'• 


LeUnJ  Stanford, 


Sur  l'avis  de  M.  Gaston  Paris,  directeur  d'études  de  philo- 
logie romane,  et  de  MM.  A.  Morel-Fatio  et  E.  Muret, 
commissaires  responsables,  le  présent  mémoire  a  valu  à 
M.  E.  LoESETH,  le  titre  d'Élève  diplômé  de  C École  Pratique 
des  Hautes  Études. 

Paris,  25  avril  1889. 

Le  Directeur  d'études  et  Président  de  la  Section, 

G.  Paris. 

Les  Commissaires  responsables. 

A.  Morel-Fatio. 
E.  Muret. 


A  MONSIEUR  GASTON  PARIS 

HOMMAGE 
D'AFFECTION    ET    DE    RECONNAISSANCE 


AVANT-PROPOS 


Chargé  par  le  directeur  des  conférences  de  philologie 
romane  à  TEcole  des  Hautes  Etudes  de  Paris,  M.  G.  Paris, 
de  présenter  un  travail  sur  le  Tristan  en  prose,  je  commençai 
par  étudier  les  mss.  772  et  340  (Bibl.  Nat.],  dont  Brakelmann 
n'avait  pas  tenu  compte  (voy.  Zeitsckr.  fur  deutsche  Phihlogie, 
XVIII,  85  ss.].  Bientôt  amené  a  révoquer  en  doute  la  justesse 
de  la  classification  de  Brakelmann,  je  me  décidai  à  tenter  un 
examen  de  son  travail  pendant  les  sept  mois  de  Tannée  1885 
que  je  pouvais  encore  passer  à  Paris,  en  me  proposant  de 
donner  en  même  temps  une  analyse  du  roman  en  prose, 
basée  sur  la  comparaison  des  manuscrits  de  la  Bibliothèque 
Nationale.  A  cet  effet,  j'ai  lu  attentivement  et  en  entier  les 
mss.  756,  757,  334  et  772;  quant  aux  autres,  le  plus  souvent 
je  n*ai  pu  que  les  comparer  par  épisodes  à  ceux  que  je  viens 
de  nommer,  en  m'attacbant  surtout  à  noter  les  divergences  de 
rédaction  ;  de  celles-ci  j'espère  n'avoir  laissé  échapper  aucune. 

Je  ne  connais  pas  les  preuves  sur  lesquelles  Brakelmann 
a  fondé  son  système  :  M.  Suchier,  à  qui  je  m'étais  adressé, 
n*a  pas  cru  devoir  me  communiquer  les  papiers  non  encore 
publiés  de  la  dissertation  du  jeune  savant  si  prématuré- 
ment enlevé  aux  études.  Revenu  à  Paris  en  1888,  j'ai  com- 
paré le  ms.  355,  que  je  n'avais  pu  utiliser  pour  ma  thèse, 
Trûtranromanens  gammelfranske  prosakaandskrifter  y  sou- 
tenue à  l'Université  de  Kristiania,  dans  laquelle  j'ai  donné 
un  résumé  du  contenu  du  roman  en  prose  -,  j'aurai  l'occasion 


II  AVANT-PROPOS. 

dans  le  présent  ouvrage  de  préciser  et  de  rectifier  plusieurs 
points  de  cette  thèse.  Je  ne  me  dissimule  pas  les  graves 
imperfections  de  mon  travail  ;  ce  qui  m'a  consolé  et  m'a 
encouragé  à  'continuer  cette  tâche  souvent  si  pénible,  c'est 
l'espoir  que  mon  analyse,  malgré  ses  défauts,  pourra  rendre 
des  services  véritables  à  la  science  en  faisant  connaître, 
plus  complètement  qu'on  ne  l'a  fait  par  le  passé,  le  Tristan 
en  prose,  dont  on  ne  possède  pas  encore  une  analyse  tant 
soit  peu  scientifique. 

Je  termine  en  exprimant  ma  profonde  reconnaissance  à 
M.  G.  Paris  du  vif  intérêt  qu'il  a  bien  voulu  porter  à  mon 
travail,  et  à  mes  amis  MM.  E.  Muret  et  J.  Bédier,  qui  ont  eu 
l'extrême  obligeance  de  parcourir  la  plus  grande  partie  des 
épreuves. 

E.    LÔ8£TH. 


PREFACE 


I.  —  La  Bibliothèque  Nationale  de  Paris  possède  vingt- 
quatre  manuscrits  contenant  plus  ou  moins  complètement  le 
roman  de  Tristan  en  prose  française,  plus  trois,  qui  donnent 
la  compilation  de  Rusticien  de  Pise.  Voici  la  liste  de  ces 
manuscrits  : 

94  (anc.  6768;  voy.  P.  Paris,  Manuscrits  français  de  la 
Bibliothèque  du  roiy  I,  118),  xiv*  siècle.  —  97  (anc.  6771  ;  t'A-, 
127),  x^-*  s.  —  99  (anc.  6773;  ib.,  131),  xv«  s.  —  100-101  (anc. 
6774-6775;  «*.,  134),  xv«  s.  —  102  (anc.  6775  3;  ib,),  fin  du 
XV*  s.  —  108  (anc.  6776;  ib.,  135),  fin  du  xv*  s.  —  104  (anc. 
67762;  ib.,  137),  fin  du  xiii"  s.  —  334  (anc.  6956;  «A.,  lï, 
341),  XIV*  s.  —  335-338  (anc.  6960  et  6957;  îA.,  342  et  354), 
de  l'année  1400.  —  349  (anc.  6969;  ib.,  367*),  xv*  s.  — 
750  (anc.  7172;  M.,  VI,  4),  de  l'année  1278.  —755  (anc.  7174; 
M.,  7),  XIV*  s.  —  756-7CT  (anc.  7175  et  7177;  lA.,  9),  fin  du 
XIV*  s.  —  758  (anc.  7176;  ib.,  19),  xiii*-xiv*  s.  —  759  (anc. 
71762;  lA.,),  fin  du  xm*  s.  —  760  (anc.  7178;  M.,  20),  xiv*  s. 
—  773  (anc.  7185";  (A.,  129),  fin  du  xiu*  s.  —  776  (anc. 
7187;  ib.,  146),  fin  du  xm*  s.  —  1434  (anc.  7527),  fin  du 
XIII*  s.  —  12599  (suppl.  fr.),  fin  du  xiii*  s.  —  24400  (anc: 
523;^Baluze  2728),  commencement  duxvi*s.  —  La  compilation 
de  Rusticien  se  trouve  dans  340  (anc.  6961  ;  P.  Paris,  II, 
355),  commencement  du  xiv*  s.  —  dans  355  (anc.  6975  ;  ib.j 
III,  56)  ;  XIV*  s. —  et  dans  1463  (anc.  7544),  fin  du  xm*  s. 

1.  P.  Paris  :  demoara  mettir  Tristan*,  Tante  d'impreasioD  pour  d.  meênre 


IV 


Fit  K  FACE. 


II.  —  En  outre,  la  Bil>lii>thcquc  Nationale  possède  six 
imprimés  (le  ce  roman  :  1"  Le  Premier  Livre  du  Nouveau  Tris- 
tan, Prince  de  Lconnoîs,  etc.  —  Fait  Françoys  par  Inn  Matt' 
gin^  dit  l'Angeuin;  Paris,  chez  la  veuve  Maurice  de  La  Porte, 
1554.  —  2"  Le  même;  Paris,  Nicolas  Bonl'ons,  t58f>.  — 
3«  et  4*^  Tristan  do  Leonnois,  chevalier  de  la  Tahie  Ronde  ; 
Paris,  imprimO  pour  A.  Verard  (librairie  Marchant),  sans  date. 
—  5'  (En  double.)  Les  grandes  proesses  du  tresvuillanl,  etc. 
chevalier  Tristan;  Paris,  Denis  Janot.  —  6"  Gyron  le  Cour- 
tois (c-h-d.  la  compilation  de  Rusticicn);  Paris,  A.  Verard^ 
sans  date  * . 

ni.  —  Le  Tristan  en  prose  a  servi  de  base  ïi  une  compila- 
tion italienne,  intituK^e  La  Tavoh  Ritonda  o  tistoria  di  TrU" 
tano  et  publiée  dans  In  CoUezione  di  opère  inédite  o  ran;  par 
F.  L.  Polidort;  Bologna,  1864.  A  la  prose  se  rapportent  éga- 
lement la  compilation  anglaise  de  Sir  Thomas  Malory^  dans 
sa  Morte  Darthur  (je  me  suis  servi  des  éditions  de 
MM.  Straohcy  et  Sommer),  et  le  livre  populaire  italien 
L'opère  magnanime  dei  due  Tristoni  (Venise,  Michèle  Trc- 
mexîno,  1555),  qui  s'annonce  comme  une  traduction  de  l'es- 
pagnol. Les  deux  livres  populaires  espagnols  ne  m'ont  pas 
été  accessibles. 

Des  deux  livres  populaires  danois,  le  premier,  intitulé  : 
En  meget  smiik  Hi^lort-e  om  den  icdle  og  tapprc  Tistran^  en 
burgnndisk  HertttgsÔn,  og  den  akiônne  og  dydige  Indiancy 
Keiserens  og  store  Moguhs  Oatter  af  Indien  (publié  dans  le 
Dansk  og  Norsk  Nationahœrk  eUer  Ahuindeh'g  wldgammel 
Morskabs!ee»nCng  par  K.  L.  Rahbek^  Copenhague,   1830;  t. 


t.  ht*  mm.  rt  lei  imprima*  qai  dc  k  Irouvont  pa»  â  la  Bibl.  Nat.  ne  m'ont 
pa«  6lé  ocrtisHiblei  :  il  jr  b  lix  tnss.  h  LonHrc»  (roy.  Wnrd ,  Catatogite  of 
RvtHancra),  Iroia  A  Vicune  (y.  Wolf,  Uebtr  dte  Lttii,  p.  240),  un  à  Rotni.'  (Vatican  ; 
T.  KflliT,  Homvari,  p.  'Ak),  un  k  Genève  (v.  le  calalog^ue  lir  Si.*ni>bit>rj  el  un  k 
Edimbourg,  four  les  impriuè»,  l'ucuTro  de  J.  Maug-in  se  irouve  encun:  dans 
deux  éditions  :  1*  Paris,  ûubricl  Buon,  1667;  2-  L,von,  fieuoi»t  Rigaud,  1577, 
deux  Tot.  L'imprimé  le  plus  aticion  est  celui  dc  Jehan  le  Bourgoys,  Roacn. 
US9,  deux  vol.  ;  d'autres  sont  :  l'édition  de  Uicbel  Le  Noir,  \lt\k,  deux  voL  ;  la 
même,  1&3v,  denx  vol. 


Illr  191  ss.),  se  Tonde  cssentirncmcnt  sur  la  version  de  Tho- 
rBia8{cf.  Nyrop,  Romania  Vlllr  281);  le  second  n'est  qu'une 
traduction  de  l'nltemand.  Le  livre  popuhilre  allemand  intitul«^ 
Buch  dcr  Licbe,  p.  p.  Rùschïag'  et  von  der  Hagcn,  ne  se  rap- 
porte pas  uun  plus  à  la  prose. 

Pour  les  livres  populaires  allemands  en  gi^néral,  cf.  Roedi- 
ger,  Zeiisch.  f,  romanische  PkU.,  XII,  281.  Le  Trwfrtn  tcht-cjuc 
est  une  traduction  d'Kilharl  (voy.  /.eitschr.  f.  deutiwkes  Aller- 
tum,  N.  F..  XVI,  261  as.,  et  Muret.  Eilhart  (TOberg,  p.  8  ss). 
Pour  le  Tristan  russe,  qui  parait  reproduire  esscntirlleincnt 
les  imprimés,  voy.  l'ouvrage  de  M.  Wessclnfsky  (cf.  Romania^ 
XVIll,  312). 

Il  existe  trois  analyses  du  roman  en  prose  faites  sur  les 
tfnprîmi^s.  (a  prcmi6rc  est  celle  du  comte  de  Trcssnn  dans  la 
Bibliothètfue  des  Romans;  la  même,  revue  et  corrigée,  dans 
ses  Œuvres,  tume  Vli.  La  deuxième  se  trouve  dan»  Dunlup- 
Liebrecht,  Gtfschichttf  dcr  Prosadichtungen  ^  p.  80-841,  et  la 
troisième  est  donnée  dans  Y Encyclopxdia  Britannica,  t.  XX, 
647-6'i8.  par  MM.  Tredder  et  Kcrncy  ;  les  deux  dernières 
sont  excessivement  brèves. 

IV.  —  Nous  revenons  aux  manuscrits.  756-757,  335-336, 
97,  100-101,  99,  103  (les  imprimés  et  la  Tavola  Ritonda) 
conUennent  le  roman  tout  entier  avec  quelques  lucuncs  de 
peu  dVtendue  ;  pour  753,  voy.  ci-dessous.  Les  autres  n'en 
donnent  que  des  parties  plus  ou  moins  longues. 

Le  commencement  manque  dans  349.  qui  commence  au 
ddpjirt  d'Ivain  aux  blanches  mains  de  la  cour  de  Mare  (J(  171). 

Dans  104  se  trouvent  le  commencement  (au  premier  feuillet 
près;  voy.  ^  2)  et  la  fin;  pour  la  grosse  Ucuue  de  ce  ms., 
voy.  au  S  171. 

12599  donne  un  peu  de  la  première  partie*  [voy.  au  ^  59); 


I    La  premier*  partie  ee  terminf,  dan»  la  pfenuirc  version,  pur  lu  mue  eq 
tibcrU  de  Tri«Uu  et  de  set  rnmpsg^nons  par  Darai  (|  tS3)  et.  dans  ta  leconde, 
^  par  la  défaite  df»  Snxons  [it  i79i  -  pour  Je*  version»,  «oy.  ci-dei»oai  J  VI).  — 
CeU*  diriatoQ,  inconaue  aux  iuam..  *-5t  établie  pour  fOfiiiîler  tii  ruuipftraiioa. 


VI  PB  E  FACE. 

le  reste  du  roman  en  est  scpurè  par  des  morceaux  particu- 
liers; voy.  plus  loin,  §  XVÎII. 

La  première  partie  se  trouve,  plus  ou  moius  complète- 
ment, dans  les  manuscrits  suivants  :  102  (depuis  le  début  jus- 
qu'à l'arrivée  de  hamorat  h  la  cour,  ,^  246),  334  (depuis  te  début 
jusqu'à  la  victoire  de  Tristan  sur  les  Saxons,  §  279),  750  (pour 
le  commencement,  voy.  au  5  S^;  finit  au  milieu  du  combat  au 
Perron  Merlin^  §  203),  759  (débute  par  l'épisode  du  cbàteau 
des  Pleurs,  §  40;  fiuit  au  milieu  des  premières  aventures  de 
Brunor  le  noir,  ^  70).  La  première  partie,  avec  un  morceau 
de  ta  seconde,  est  donnée  par  94  (depuis  le  début  jusqu'au 
milieu  de  la  deuxième  journée  du  tournoi  de  Louvezerp, 
,S  379,  avec  une  lacune  §  280-jii  338  b),  et  776  (depuis  l'arrivce  du 
chevalier  à  la  cour  de  Marc,  $  103;  une  lacune,  voy.  §5  ^BO,  et 
363;  fin  :  Palamède  en  voyage  pour  la  Cité  Vermeille,  §  370). 

La  seconde  partie  est  donnée,  plus  ou  moins  complète- 
ment, par  755  (depuis  l'arrivée  à  la  Joyeuse  Garde,  ^  3^î8  b, 
jusqu'aux  premières  aventures  de  Tristan  en  quête  du  Graal, 
5  399),  760  (début  comme  755;  après  l'arrivée  de  Palamède 
{i  la  Joyeuse  Garde,  passage  au  dénouement,  voy.  ^  384),  772 
(depuis  le  rendez-vous  au  jardin,  ^  282,  jusqu'aux  répri- 
mandes faites  par  Arthur  à  Gauvain,  §  571),  1434  (depuis  le 
départ  de  Perceval,  qui  veut  délivrer  Tristan,  §  313,  jusqu*à 
l'arrivée  d'Hector  et  de  Bliobcris  chez  Guenièvre,  ^  381), 
24400  (débute  au  milieu  du  combat  de  Tristan  contre  Helyas, 
<S  399;  finit  par  le  dénouement  de  la  Mort  Artu,  ^  619). 

V.  —  Le  ms.  758,  où  on  distingue  récriture  de  trois  mains 
différentes,  débute  au  milieu  d'une  phrase  [certain  espassa 
de  UmpSy  la  fUle  du  roy  le  oit  bel  enffant  et  sage..,  si  fen- 
ama),  par  le  récit  de  l'amour  de  la  fille  du  roi  Pharamont 
pour  Tristan  (voy.  5  24).  Pour  le  reste  de  la  première  partie, 
jusqu'à  rarrivéc  des  amants  en  Logres  (voy.  §  338  b)»  ce| 
manuscrit  en  présente  un  résumé  très  abrégé,  en  moins  de 
quatre  feuillets.  Le  voici  : 

(C  i)  La  fille  de  Pharamont  s'adresse  à  Gouvernai,  qui  avertit 


^BÉFACB.  Vil 

Triiitiin.  Cclai-ci  ne  vent  pas  se  rendre  roupable  d'une 
déloyauté  et  dit  qa'il  pr<^fère  s'en  aller.  Et  il  prend  congé  du 
roi,  après  pluiseurs  paroles^  et  s'en  vint  en  Corn.  Gouvernai 
ei  Tristan  sont  convenus,  de  ne  point  se  faire  connaître.  Ils 
entrent  Jiu  service  Je  Marc.  Tristan  s'y  distingue.  Le 
Morhoot  vient  demander  le  tribut.  U  envoie  quatre  chevaliers 
nu  roî  Marc  (1  b).  Tristan  s'oflre  à  combattre  le  Morhout,  et 
aprfz  pluiseurs  parttlcx,  qui  longues  seraient  n  escriprc,  Jour 
de  combatre  fust  prifis.  Sur  sa  prière,  Tristan  est  arme  che- 
valier par  Marc;  il  passe  dans  Tile  Saint-Sanson,  oii  le  com- 
bat doit  avoir  lieu^  et  y  trouve  le  Morhout.  Et  lorz  aprez 
tucunen  paroUz  fpt'i/  orrenl  rmssambh ,  ils  se  battent.   Le 

forhout  vaincu  s'enfuit  en  Irlande,  où  il  meurt.  Tristan 
reste,  blessé;  U  n*a  tpjc  dix-huît  ans.  Marc  le  fait  chercher. 
Une  de  ses  blessures  a  été  faite  par  la  lance  empoisonnée  du 
Murhout  (1  c);  les  mt^dccins  ne  savent  que  faire,  et  le  malade 
va  de  mal  en  pis.  Alors  */  prinst  volcntê  a  Tr.  da  iittj  mettre 
en  mer  et  en  aler  a  Faventure  de  Dieu.  Il  fait  faire  une  nacelle 
où  il  est  couché;  il  ne  veut  emmener  personne;  il  emporte 
son  épée  et  sa  harpe  ;  il  erre  sur  la  mer  et  arrive  au  pied 
du  château  de  Hesedoctj^  où  se  trouvent  le  roi  et  la  reine 
d'Irlande  avec  la  belle  Isopt.  leur  fille.  Ils  aperçoivent  la 
naceUc  et,  s'approchant  pour  regarder,  ils  entendent  Tristan 
qui  harpoit  mélodieusement.  Aux  questions  du  roi,  Tristan 
répond  qu'il  est  un  chevalier  étranger,  qu'il  est  blessé  et 
cherche  quelqu'un  qui  puis^te  le  guérir  (1  d).  Le  roi  le  fait 
porter  an  château  pour  Vy  faire  soigner  par  Iseut,  qui  a  des 
co>inai$saaces  médicales.  Apprenant  où  il  est,  Tristan  se 
ïropose  de  garder  l'incognito.   Iseut  le  guérit  II  l'uime  sans 

scr  Ir  lui  dire.  Brangain,  une  demoiselle  qui  aimo  Tristan, 
s'en  aperçoit.  La  nouvelle  arrive  que  le  roi  d'Ecosse,  pour 
l'amour  d'Iseut,  avait  fait  proclamer  un  tournoi  en  Irlande 
(2  a)  contre  le  roi  des  Cent  Chevaliers.  Le  roi  d'Irlande  va 
Toir  ce  tournoi  et  emmène  Tristan.  La  était  Palamèdc,  qui 
fut  vainqueur  de  celte  assemblée.  Le  roi  des  Cent  Chevaliers 
fait  proclamer  alors  un  autre  tournoi  pour  quinze  jours  plus 


Vlll  PfléPACE. 

tard.  Le  roi  cl'IrUode  part  et  emmène  Palamcde,  qui  reste 
pri'sde  lui  Jusqu'nu  second  tournoi.  Il  s'éprend  d'Iseut.  Tris- 
tan sVn  aperçoit  et  se  propose  de  vnincre  Palainùde  au  tour- 
noi, *;/  dès  /ors  convhettt forant  haîne  sur  luy.  Huit  jours  après» 
le  roi  et  Palamrde  partent  pour  le  tournoi  ;  Tristan  refuse  d'y 
uUer,  alléguant  une  indisposition.  Comme  il  se  demande  ce 
qu'il  faut  faire  pour  avoir  des  armes  (2  b),  Brangain  se  fait 
expliquer  la  cause  de  sa  distraction  et  lui  procure,  par  Tca- 
tremise  de  ses  deux  frères  S  des  armes  bluuches  et  un  bon 
destrier.  Tristan  se  rend  au  tournoi  avec  les  deux  frères. 
Pnlnmcde  s'y  était  distingue  (2  c),  mais  Tristan  l'êclipse;  il 
abat  Palnmèdc  avec  son  cheval;  Gauvain  et  plusieurs  autres 
s'arrêtent  et  IcTcgardent  faire,  frappés  d'admiration.  Et  tant 
fixt  quii  (tainffui'jtt  tassamblce  et  8  en  retourna  celeemettt.  Il 
retrouve  Palamède,  qui  avait  quitté  le  tournoi,  désespéré  de 
sa  défaite.  Si  laisse  a  parler  de  Palam.  et  retourne  o  parler 
de  Trvitr.^  comment  il  s'en  revint  au  chastel  dont  il  s'estoit 
dt'partis.  Il  a  soin,  pour  ne  pas  être  reconnu,  de  regagner 
de  nuit  ce  chiiteau,  oii  sont  la  reine  et  Iseut.  Il  quitte  sea 
armes  et  laisse  son  cheval  près  d'une  fontaine.  Puis  il  va  h  la 
chambre  de  Brangain,  qui  l'attend  (2  d). 

Il  dit  ignorer  qui  a  remporté  le  prix  du  tournoi.  «  Est- 
ce  Palamède?  —  Je  ne  pense  pas.  —  Et  vous,  qu'avcz-vous 
fuit?  —  J'ai  fait  ce  que  j'ai  pu.  »  Et  il  va  se  reposer.  Trois 
jours  après,  le  roi  Anguins  revient.  Ou  parle  beaucoup  du 
chevalier  h  l'armure  blanche,  sans  le  connaitrc.  Brangain 
prend  le  roi  à  part  et  lui  montre  Téou  de  ce  chevalier  et  le 
cheval  en  lui  disant  qui  c'est.  On  honore  beaucoup  Tristan, 
qui  reste  à  la  cour  pendant  quelque  temps,  très  amoureux. 
Et  ne  demoura  pas  grammcnt  r^tie  la  royne  fu  adventce 
que  ceatoit  le  chevalier  quy  avait  ochis  le  Morh.,  son  frère 
(3  a) ,  par  quoij  il  fu  en  grant  dang'wr  de  mort.  Mais  il  trouva 
manière  qui[t]  s'en  revint  sainz  et  haitiês  en  Corn.,  où  on  le 
reçoit  avec  joie;  et  fnst  tant  amês  de  tous  ceuljc  du  royaume 


\.  P<u  nommes. 


PUBFACE.  IX 

^<*  U  roy  MarCf  son  oncfe,  em  prinat  grant  envh  aur  luy^  et 
tant  qu'il  luy  voloit  mal  de  mort.  Vng  jour  avint  que  It  roy 
Marc  le  mist  en  parolea^  savoir  comment  il  avoit  esté  gari; 
ri  Tristan  lui  dit  qu'il  a  et*'*  g-uéri  par  la  ûllo  du  roi  d'Irlande, 
Yteult  la  Bhyey  qui  estait  la  plus  /telle  pttcelle  et  ta  plus 
advenant  quUl  fust  ou  monde;  il  raconte  aussi  qu'il  avait 
lailli  être  tué  au  moment  où  on  l'avait  reconnu  ù  son  épéc. 
Le  rvy  M.,  qut{l)  le  havit  de  mortel  haîne,  luy  /Ut  promettre 
qu'il  yroU  en  I/lande  demander  Ueat  en  manu<;c  pour  son 
oncle.  Et  le  faisait  plus  pour  faire  morir  Triatram  que  pour 
auUre  chose,  Tristan  part,  craignant  pour  sa  vie.  Maùt  for^ 
tuncy  qui'/}  luy  fuat  amie^  fist  tant  qu'il  acheva  par  certains 
moi^ns,  comme  plus  a  plain  est  escript  ou  grant  U^re,  qu'il 
ramena  Yaeult  en  Cornouaille.  Et  furent  si  amourculx  fun  de 
Vautre  par  certain  bruvage  que  on  leur  donna  a  boire  (3  b), 
c*onquez  puis  ne  se  peurent  départir  de  leurs  amours.  Marc 
revoit  Iseut  a  très  grant  honneur  et  l'cpousc  a  très  grant 
joie,  Tristrafts  fist  pluiaors  grana  fais  en  Cornouaille*  Et 
9*aperchut  le  roy  Siarc  des  amoura  d'entre  luy  et  Yseult^  aa 
femme.  Et  pour  ceatâ  cause  le  fiât  prendre  et  bouter  en  prtaon. 
Et  puis  le  délivra  et  U  fist  banir  du  royaume  de  CornouailU  *. 
Et  pour  che  que  par  aoant  Triatrans  avait  fait  de  haute 
finSf  et  auasi  pour  che  qu^il  avait  oy  parler  des  bona  et  vail^ 
lana  cepoiiera  du  royame  de  Lagresy  il  a'apensa  qu'il  yroit 
la  pour  chergier  aucunes  aventurca.  Et  an  partir  de  Cor^ 
nouailU  dist  a  ses  maronniers  qu'ilz  le  menassent  ariver  a 
Cojnaelot,  Et  tant  chinglerent  qu'ilz  ariverent  ena  ou  royame 
de  Logrea.  Et  dès  le  partir  de  CornouailU ^  s' estait  acnmpai- 
gniés  avec  Tristran  nng  chevalier  nommé  Vinadan,  qui  estoit 
de  la  maison  le  roy  Artua  et  compains  do  la  T.  Beonde.  Dina- 
dao  lai  demande  s'il  veut  aller  chez  Arthur  pour  faire  U 
eoonaîssttncc  de  ce  prince.  «  Din.^  fait  Tristran^  je  ne  me 
Kuiulroie  point  acointtcr  d  un  si  no/fie  et  puissant  roy^  se  che 
n  catoit  par    aucunez  armez    faire.    Nous    parcourrons    le 

1.  O»  tdU  qoe  l'amnfcur  patMt  ici  À  l»  première  iurriTée  de  Triitao  eo 


PRB  FACE. 


royaume  de  Logres  on  cherchant  les  aventures,  comme  Le 
font  les  autres  chevaliers  errants  (3  c).  »  Ils  font  pluiseurè 
grans  chevaleries.  Ils  arrivent  par  hasard  devant  le  chAleau 
df  Morijut',  la  fée,  qui  avait  mis  trente  chevaliers  en  embus- 
cade pour  tuer  Lancelol  qu'elle  haïssait.  Une  demoiselle  prend 
Tristan  pour  Lancclot  et  raverlil  du  danger.  Tristan, 
enchante  de  cette  nouvelle,  fait  remarquer  h  Dinadan  que  ce 
serait  la  plus  grande  gloire  pour  deux  chevaHers  de  mettre 
en  déroute  un  si  grand  nombre  d'adversaires.  Ils  arrivent 
pri's  de  l'embuscade.  Et  en  chevaulchant  y  euït  pluisettrs 
paroUs  entre  T.  et  Din.  Mais  en  la  fin  s' nvorderent  ad  cke 
qu'itz  les  combuteroient  pour  f  amour  que  Tristran  avait  a 
Lancclot  del  lac^  et  si  ne  l'avoit  oncques  veiï.  Ils  triomphent 
des  trente,  grâce  à  la  prouesse  de  Tristan.  Et  virent  tout 
che  BUoberiSi  Sors  de  Gannes,  Ector  des  Mares  et  Drians^ 
qui  au  soir  le  contèrent  a  Lancclot  del  lac  {^  d).  Et  de  puis 
fist  Triatrans  pluiscurs  anhrcs  grans  fais  de  chevalerie.  Lan- 
cclot sut  bientôt  que  Tristan  avait  vaincu  les  trente  pour 
Tesctt  qu'il  portait^  et  il  fait  faire  trente-deux  écus  de  la 
même  forme  que  celui  de  Tristan,  dcstint^s  à  être  portés  par 
les  trente-deux  chevaliers  de  sa  lignée,  pour  famour  de 
Tristran.  La  nouvelle  de  la  défaite  des  chevaliers  de  Morgain 
décide  Arthur,  qui  recherche  toujours  la  connaissance  des 
bons  chevaliers,  à  faire  proclamer  le  tournoi  devant  le  chas- 
tcl  aux  Pucelles.  Tristan  y  va  avec  un  écu  noir,  pour  ne  pas 
être  reconnu.  Et  fisl  tant  d'armes  aux  vesprrs  du  tournoie' 
ment  et  les  trois  jours  routiers  que  le  roi  et  Lauoelot  et  les 
autres  sont  émerveillés.  Et  euh  le  pria  et  le  los  sur  tous 
aultres  chevaliers  (4  a).  Il  part  furtivement.  Alors  Lanc.  et 
pluiscurs  a«/r(fj  jurent  d'aller  en  quête  de  lui  pendant  un  an 
et  un  jour  pour  Tamcncr  a  la  cour.  Messire  Tristrans.,  qui 
s'estait  partis  blechi^s  de  cest  tournoiement  y  j eut  grant  piescho 
malladcs  a  ung  rhastel  nnmmc  Daras^y  qui  estait  assès  près 
du  cliastel  aux  PucelUz.  Et  quant  il  fu  garisy  il  prist  congié 


1.  Ncgliffenec  oq  erroor  do  l'arrAogenr  (le  cha»tel  Dora*  ^  lo  cb-  de  D.). 


I 


pn&rACK.  XI 

4nic  «t^ïMur  de  laUntt  et  cevaulcha  pluiteura  journées  sans 
pUnté  tf  aventures  trouver  qui  a  conter  faiche.  Et  tant  esra 
qu'a  vint  a  ung  perron  nommé  le  Perron  Merlin,  assés  près 
âf  Kamaelot^  et  pour  che  que  lut/  et  Pallamedes  avoîtfnt  pritis 
jour  di'  combatrc  en  ce  lieu,  Laucelot  arrive  ;  Trtstao  le  prend 
poar  Palamède  et  te  di^fic.  Ils  s'abattent  l'un  rnutre^  les  che- 
vaux sur  les  corps.  Puis  ils  chamaillent,  et  le  coad>at  devient 
terrible;  leurs  iirmes  sont  mises  en  pièces,  et  ils  suut  cou- 
verts de  blessures  (4  b)  ;  h  la  fin,  leurs  ^pées  leur  tournent 
dans  leurs  mains.  Ils  se  reposent,  forci^ment,  et  Tristan 
demande  ik  I^ncelot  son  nom.  Apprenant  qui  il  est,  Tristan 
est  raYt,  s'excuse  de  l'avoir  combattu  et  lui  exprime  soa 
aifection  et  son  admiration;  îls  s'cntrc/irent  la  plus gr ont  foie 
du  monde.  Lancclot  lui  raconte  lu  quête  ut  le  prie  de  le  suivre 
à  la  couff  la  quelle  chose  messires  T.  luy  acorda  de  tresbon 
coeur  (4  c).  A  la  cour  on  leur  fait  fête;  Tristan  est  admis 
parmi  les  compagnons  de  ta  Table  Ronde,  où  il  prend  la  place 
du  Morhout.  Et  fust  grant  temps  avec  le  rotf  en  très  grant 
honneur  et  en  tré»  grant  leesche. 

Or  di9t  li  contes  que  quant  messire  Tristran  ot  esté  grant 
temps  avec  le  roif  Artus,  pour  le  amour  qu'il  avait  a  la  royne 
Ysfult  de  Cornou.,  qu'il  ne  pooit  oublier  nr  nuit  ne  jour,  il 
prinM  cùngié  au  roif  et  s'en  ala  en  CornouailleK  Et  fist  tant 
quil  parla  a  sa  dame  la  roync  Yseult  priveement^  et  tant  qua 
Audrety  qui  estait  ossi  nepocu  au  roy  M.,  s* en  aperchut.  Il  le 
dit  au  roi  qui  eu  fut  moult  courckiès.  Et  fist  tant  qu'il  fist 
prendre  monxigneur  T.  et  emprisonner ^  au  quel  lieu  il  fît  long 
tctnpz.  Et  depuis  ten  délivra  Percheval  le  Galois.  Mais  depuis 
messire  Tristran  par  sort  hardement  prinst  le  roy  3/.,  son 
oncle,  et  f  emprisonna  ens  ou  meïsmes  cliaslel  ou  il  avait  esté 
détenus  prisonnier.  Et  faisait  cas  ou  royame  de  Corn,  chou 
qu'il  luy  plaisoU  (4  d).  Et  depuis  se  parti  de  Corn,  et  en  mena 
a*fëc  luy  madame  la  royne  Yseult  enz  ou  royame  de  Logres^ 
U  quil  est  plus  a  plain  contenu  ens  ou  grant  livre.  Pour 


1.  0»  voit  ^h'U  n'«»t  pa«  qacition  dn  vojrsgv  Je  Marc  {tl.  {  MU). 


la  suite,  voy.  *i  338  b.  758  adopte  le  texte  <le  755,  etc.  (voy. 
ib.).  A  la  fin,  758  ajoute  la  Mort  Artu,  voy.  ((  571,  fiu,  note. 

Pour  les  mss.  de  la  compilation  de  Rusticien»  voy.  l'Ap- 
pcndicc  (Ji§  620  ss.). 

Ayant  uînsi  prêsentt^  mes  mati'riaux,  je  passe  à  l'examen 
des  diflcrentes  versions  de  notre  roman,  ensuite  j'essayerai 
de  classer  un  peu  les  manuscrits,  et  k  la  fin  je  dirai  un  mot 
de  U  question  littéraire  que  soulève  le  Tristan  en  prose. 

VI.  —  Quoiqne  ce  roman  indigeste,  ici  que  nous  l'avons 
dans  les  mss.  de  la  Bibliothèque  Nationale,  no  nous  offre 
gut^re  que  des  fragments  juxtaposés  de  ri^dactions  diAV^reules, 
nous  y  pouvons  n<''aDnioin5  distinguer  deux  versions  princi- 
pales, dont  Tune  est  en  général  plus  brcve  et  plua  simple, 
tandis  que  l'autre  préscutc  tantôt  de  longues  intercalatîons, 
tantôt  de  graves  suppressions  et  montre  un  caractère  tout  à 
fait  cyclique  : 

1.  La  première  et  la  meilleure  version  —  elle  ne  comprend 
que  la  seconde  partie  (voy.  §  XVI)  —  est  représentée  par] 
les  msa.  757,  1434,  104  (fin),  755,  760,  12599  (fin). 

2.  La  seconde  version  (la  version  cyclique  *  ou  commune)  se 
trouve  dans  les  mss.  750,  12599,  335-336,  759,  756,  334, 
776,  104,  103,  772,  97,  100-101,  102,  349,  94,  99,  758, 
24400. 

750  et  12599  se  rattachent  à  cette  dernière  classe  de  mss., 
bien  qu'ils  n'aient  pas  l'épisode  de  Damantes,  où  se  pré- 
sente la  première  grande  divergence.  En  efTet,  pour  le  com- 
mencement de  notre  roman,  les  mss.  sont  d'accord  jusqu'au 
passage  où  Brun(»r,  Mordret  et  la  demoiselle  mesdisnnt  vont 
se  loger  chez  Cnlogrinaut.(5  70);  750  et  12599  continuent  ii 
s'occuper  des  aventures  de  Brunor^,  mais  dans  les  autres 

1,  Il  cflt  poDiiible  que  toat  le  romao  nJl  ité  cyclique,  «t  nons  ^e  pauTonit 
«avoir  romhien  de  romani  da  cjrcle  de  ]a  Table  Hondc  le  premirr  auteur  m 
voulu  fuîre  entrer  daus  1«  frhtan.  Je  réserve  donc  ce  nom  dv  crcltque  à 
la  vernion  des  utss.  de  lu  première  partie  qui  renvoient  U  la  Mort  Artu  (voy. 
2  XVI)  et  de  ceui  de  la  serondo  pnrlie  qui  inUTColent  U  QueêU  du  uaUt  Graal 
dans  aon  entier  (cf.  f  XI). 

2.  Ccf  nui.  montrent  de  aemlilablps  délflTements  dnni  l'hiitotre  de  Lamo* 
rat;  "roy.^W,  note  et  CI,  note. 


MWErACK- 


xni 


k 


I 


I 


mss.  se  place  ici  t'êptsode  dt*  Daroantcs*,  cjui  vient  inter- 
rompre le  récit  des  avcutures  de  Brunor,  ce  qui  a  nécessité 
nue  rêcapilalatioD  (voy.  §  86,  note),  qui  n'est  cependant  pas 
■uez  complète  (cf.  S  87}-.  Pour  le  voyage  de  Tristan  en  Cor- 
aouaille,  750  et  12599  ne  donnent  donc  rien  que  les 
remarques  abrégées  k  la  fin  du  J{  64;  ou  les  retrouve  dans 
la  seconde  version,  qui  donne  cependant  le  voyage  plus 
loin  ;  les  rnss.  de  cette  version  ont  donc  intercalé,  au  S  7t  b, 
le  texte  d'une  autre  rédaction,  qui  semble  supérieure  en  tant 
qu'elle  raconte  le  voyage.  Mais  pour  te  séjour  subséquent  de 
Tristan  à  la  cour  de  Mare,  le  rt^eit  est  dans  les  deux  versions 
d'tme  brièveté  elliptique;  la  seconde  donne  cependant,  pour 
les  premiers  évi!nemeDts,  un  pcn  plus  de  détails  que  la  pre* 
mière^. 

Vil.  —  Si  750  et  12599  ont  ici  conservé,  en  ce  qui  con- 
cerne les  aventures  de  Brunor,  une  rédaction  plus  ancienne, 
il  n*eu  est  pas  de  même*  des  aventures  qui  suivent  la  sortie 
de  Tristan  Je  la  prison  de  Daras^  (^^J-  S  ^^î  jusque  U  tous 
les  fflss.  sont  d'accord).  A  partir  de  cet  endroit,  757  (et  la 
Tavota  Ritonda)  donne  un  texte  qui  diiTére  de  celui  des 
autres  mss.,  y  compris  750,  et  qui  lui  est  certainement  supé- 
rîenr,  parce  qu'on  y  trouve  racontée  uno  aventure  k  laquelle 


t.  Cf.,  pOttf  cet  èpUode.    Br*k*lmaoii ,  Zeitukr.  f.  deutseMe  PhUoL,  XVIII, 


Ccst  dooc  bien  le  texte  abr4g<  de  7S0,  12S99,  cor  oa  ne  s«armit  cqroire  qae 
rMd<(eurfl  d<A  d«QX  Tenions  aient  utilisa  ind^peadamiacnt  les  mèiuei  mor- 
cemoK  do  rotnan  blo^rapbiqut-  dv  Hruiwr.  Ud  romiui  sar  ce  hiro*  a  dd  vjtUter: 
U  débat  dec  aTetttures  de  linjtior  cui  Ir  début  ordinaire  drs  roman*  de  ce 
gmn  ;  den«  Ir  cnimmememeRl  dr  Guiaçlaiti,  on  relrooTe  noRsi  lu  demoiselle 

tmrt.i '     -  Cf.  jl  K7,  oii7ii6,cU:.  dunnenl,  comme  conDui,  d««  dctAiIsqai  n  Dut 

cb  3  4{uc  dans  7&0.   —  Poar  les  épisodes  rrlatifi  n   Lemornt,  tôt. 

P-  —~  -■■ 

3.  Le  m».  ICKl  «e  rapproche  on  peu  plu*  que  les  aottvs  dv  l«xte  de  7S0, 
iMAat  aux  aTftatnrf*  de  Oronor,  voy.  j^  7t  b,  note. 

%.  Un  même  m«.  uous  préscntaat  un  texte  tonlAt  pla«  andrn.  LaotAl  ploa 
v^oMt,  o'eet  ce  4]u'do  voit  atsex  sourcot  dans  ce»  énormes  Tolome*  indt^stn, 
«a  M  crotwnt  d«f  rêdaetions  différentes. 

&.  L'4fiM<H>c  da  «é)Our  de  Gaberlet  et  d'Irain  aox  bloncbas  mains  ea  Cor- 
•ovaillc  ne  s'accorde  pas  bien  arec  ce  qat  suit  ;  voy-  |  t!07 ,  où  le  récit  pa«ae  à 
Marc  (Ub«  drJ  terme»  qui  s'expliqueront  mieux  si  nous  rxrluonft  cet  épitode, 
<|«i  c»pe*d«nl  doit  être  rnlatircmeat  BDcten.  tu  qo'cn  Fait  alluiion  à  la  mésn* 
■nvtef*  tU  Keu  plus  loin  (g  SlXy 


XIV  PnÉFACB. 

les  autres  rnss-t  qui  avouent  supprimor  ici  plusieurs  choses 
(ainsi  l'annonce  du  tournoi  de  Uochc  dure  fait  dt^-faut,  voy. 
.^  190,  note),  se  bornent  à  l'aire  allusion.  C'est  la  délivrance 
de  Lamorat  par  Tristan  (voy.  §  187).  Quant  aux  autres  aven- 
tures racontées  ici  par  757,  il  y  en  a  une  qu'on  pourrait 
croire  insérée  d'après  quelque  roman  biographique }  c'est 
riîpisode  d'Ossenam  Cu'ur-Hardi,  qui  dit  être  en  quête  du 
saint  Graa]  ;  or,  cette  quête  n'est  introduite  que  bien  plus 
loin  dans  notre  roman  :  l'arninj^eur  semble  donc  oublier  qu'il 
se  trahit  en  faisant  cette  addition  (^  185),  qui  n'est  pas  dans  la 
Tav,  Kit.  Celte  partie  présente  plusieurs  autres  suppressions 
faites  dans  la  seconde  version  :  ainsi  le  tournoi  a  été  trts 
écourlé,  et  les  aventures  subséquentes  de  Tristan  (§  193  ss.) 
paraissent  sautées. 

VIII.  —  Plus  loin,  le  voyage  de  Marc  en  Log^res  a  fourni 
&  la  seconde  version  l'occasion  de  donner  une  série  d'aven- 
turcs  plaisantes,  dans  lesquelles  Marc  se  montre  toujours 
ridicule.  (Dans  Tressan,  il  emmène  Iseut  avec  lui  :  c'est  une 
invention  postérieure;  voy,  §  208,  note.)  On  comprend  en 
effet  facilement  que  ces  aventures  comiques  doivent  leur 
existence  à  un  arrangeur  postérieur,  qui  a  voulu  réparer  ce 
qui  lui  a  semblé  une  omission  déplorable  en  intercalant  ces 
aventures^  qui  ont  sans  doute  contribué  inEoiment  à  rendre 
notre  roman  populaire;  que  757  ail  supprimé,  sans  prévenir, 
des  choses  aussi  amusantes,  c'est  ce  qui  est  bien  moins  pro- 
bable. En  revanche,  757  donne  l'épisode  des  demoiselles 
qu'on  va  brûler,  ce  que  l'arrangeur  de  l'autre  version  s'abs- 
tient de  raconter  (!5  231  a).  Au  reste,  ce  voyage  de  Marc  n'a 
pas  Tair  d'être  bien  ancien  ;  il  manque  dans  la  Taf.  RU,  et 
dans  758 ^ 

IX.  —  Lorsque  lu  réconciliation  entre  Marc  et  Tristan  a 
été  amenée  par  Arthur,  le  retour  en  Cornouaille  a  lieu.  La 

1.  Tristan  eBl-U  ullé  en  quête  d'aventuKs,  étant  reçu  compaf^non  tic  la  Tnble 
Bontle?  Cf.  Trcksou  (|  237  note}  et  Riisticicn  (g  t^t). 


PRÉFACE  "^^^^r  XV 

première  versiou  donne  les  aventures  de  lu  traversée 
—  quelque»  mAnuscrits  de  la  seconde  version  viennent  s'y 
joîadre  :  97,  349,  100,  voy.  au  S  252  a  —  et  raconte  les 
amours  de  Tristan  cl  d'Iseut  après  !c  retour- 

Ij»  seconde  version,  au  contraire,  —  elle  paraît,  ici  encore, 
bien  inférieure,  —  après  avoir  parlé  du  départ  de  Marc  et  de 
Trt&tan,  revient  ii  la  cour  d'Arthur  et  raconte  ce  qui  s'y 
passe  ;  larrivéc  de  l'erccvaP  et  de  Laniorat,  la  rencontre  de 
Uiuadan  avec  Agravaiu  et  Mordret;  puis  la  correspondance 
haineuse  entre  Marc  et  Arthur,  le  lai  que  Dinadan  fait  contre 
Marc  et  loi  envoie  par  un  harpeur  qui  arrive  en  Cornouiiille 
en  même  tempH  que  les  Saxons  envahissent  le  pays  (dans 
Tressau  cette  invusion  est  racoutée  plus  loin,  voy.  p.  205V 
Lear  prince  est  vaincu  par  Tristan  (doublet  du  eombnt 
contre  le  Morhont;  cf.  Golther,  die  Saga  von  Tr.  und  Is.y 
p.  61)  ;  puis  le  harpeur  chante  son  lai  et  est  chnssi^  par 
Marc,  qui  attribue  tout  à  Tristan  et  résout  de  se  ven^r. 
Deux  fois  il  fait  emprisonner  son  neveu;  de  même  lu  pre- 
mière rerflion  (après  la  découverte  des  amours).  Mais,  ici,  les 
deux  versions  s'écartent  considt^rablemeut  l'une  de  Tiiutre. 
Danii  la  première  —  à  laquelle  se  joignent  ici  encore  quelques 
mss-  de  la  seconde,  les  mêmes  que  nous  avons  vus  plus  haut 
passer  â  l'autre  version,  plus  772,  qui  commence  ici,  cf. 
$282  —  Tristan  est  dt^'livré  d'abord  par  Laacelot,  puis  par  Per- 
cerai; Marc,  qui  guerroie  contre  Dinas,  est  enfin  emprisonné 
par  Tristan,  qui  passe  en  Logres  avec  Iseut.  Dans  la  seconde 
version,  Tristan  est  délivré  d'abord  par  Perceval,  puis  par 
les  l>oRois,  dont  l'arrivée  amène  une  révolution  (daus  09*^ 
U  est  mis  en  liberté  par  Iseut;  33C,  12599  ne  nomment  pas 
le  second  libérateur)  ;  après  quoi  les  amants  passent  en 
Lt^fres,  l>a  première  version,  qui  donne  seule  le  fameux 
rrndez-Vous    au   jardin,    parait    supérieure;    quant    au    rôle 


t.  Donné*  îaoïMfalvmtnt  aprè«  lo  itcport  de  TritUa,  c«  qnt  «  êU  aoi«ti«. 
pir«lvQ.  parles  mot*  de  l'uinoncc  pr^èdcntc  (|  S&l  u)\  97,  etc.  ne  donnent 
pa*  OC4I»  cmTf«. 

1.  Il  paraît  y  avoir  dca  croiictneDls  ici  daoa  M  nu;  cf.  p.  3M. 


XVI  l'IlérACË. 

qu'elle  prête  à  Lancelot,  il  est  possible  que  la  seconde  ver- 
sion^ qui  le  remplace  par  Perceval  et  introduit  ensuite  le» 
Li^onois,  contienne  ici  des  traits  plus  anciens;  mais  comme, 
dans  notre  roman,  Lancelot  nienace,  à  plusieurs  reprises,  le 
roi  Marc  do  punir  toute  démarche  hostile  à  Tristan,  la  dt^li- 
vrance  de  ce  dernier  par  Lancctot  semble  bien  avoir  été  dans 
les  intentions  du  prosateur,  qui  n'aura  donc  pus  utilisé  les 
liiis  sur  lesquels  repose  sans  doute  la  seconde  version.  Quoi 
<[u*il  en  soit,  la  première  version  est  plus  claire  '  et  représente 
les  «avènements  mieux  enchaînés;  elle  donne  seule  aussi  les 
aventures  des  amants  pendant  leur  voyage  par  mer. 

X.  —  Les  amants  sont  installés  a  la  Joyeuse  Garde.  La 
première  version  passe  ici  aux  aventures  du  draal,  tandis 
que  la  seconde  les  lait  précéder  du  tournoi  de  Lnuvezerp» 
qui  parait  avoir  été  ajouté  par  un  rédacteur  postérieur  d<^si- 
i>eux  d'umpliticr  la  g^loirc  de  Tristan;  de  la  version  plus  pri- 
mitive nous  n'avons  ici  qu'un  morceau  :  voy.  les  notes  aux 
SS  346.  351  «t  388. 

XI.  —  Suit  la  qiicte  du  Graal,  à  laquelle  Tristiin  prend  part. 
La  seconde  version,  loin  de  se  borner,  comme  la  première, 

à  mentionner  brièvement  les  traits  principaux  de  cette  quête 
pour  s'occuper  surtout  des  aventures  de  Tristan,  intercale  au 
milieu  de  ces  aventures  presque  tout  le  roman  en  prose  de  la 
Qiicstû  du  saint  Grual^  dont  les  deux  versions  (voy.  G.  i^aris, 
Merlin,  p.  lix)  sont  mêlées  (cl.  ^  392  ss.);  il  n'est  pas  dou- 
teux que  la  plus  brève,  celle  qui  est  attribuée  à  Robert  de 
Uorron,  n^ait  été  insérée  dans  notre  roman  plus  ancienne- 
ment que  l'autre;  cf.  §  394  a.  où  ou  raconte  h  Tristan  l'ac- 
complissement  du  siège  périlleux,  mais  non  l'aventure  du 
bloc. 

XII.  —  Pour  répisodc  d'Ercc  (§  422  ss.),  qui,  du  reste,  ne 

I.  On  ne  donnit  ccpcndiinl  aucun  détBÏi  sur  la  Hrmoî«eI)«  qui  vient  titre  h 
Pcrcovul  (le  délivrvt-  Tristan  ni  iur  cpIIa  qu'il  liimvc  mi  lac  de  Uursc  (|g  'iVk, 
3t&).  Ces  dcntoivcUci  aTtiLent-cUca  été  envu^éc*  par  Ueut?  Cf.  le  m*.  W,  qui 
parait  mClcr  les  dcuK  versions  et  oA  Tristan  eut  d<:]itrv  par  Ucut  (p.  203). 


PRÉFACE  XVII 

peut  être  bien  ancien  dans  le  Tristan^  757  est  supérieur  aux 
autres  mss.  ;  pour  l'épisode  du  chevalier  à  l'écu  vermeil 
(§  449  ss.),  le  texte  de  757  et  de  104  a  été  abrégé  dans  les 
autres*.  Le  voyage  de  Tristan  avec  ce  chevalier  est  une  inter- 
calation  qui  ne  s'accorde  pas  bien  avec  la  promesse  anté- 
rieure de  retourner  auprès  d'Iseut  immédiatement  après  le 
combat  pour  la  demoiselle  déshéritée  (§§  408,  418). 

XIII.  —  L'inimitié  de  Tristan  et  de  Lancelot,  et  les  deux 
combats  qui  en  résultent  (§  498  ss.}  ne  se  trouvent  que  dans 
757,  103  (avec  les  imprimés),  99,  Tav.  RU.  et  Rusticien  2. 
Dans  ce  qui  précède,  tous  les  manuscrits  disent  que  Lance- 
lot  croit  combattre  Tristan,  ce  dont  il  est  navré,  et  que  Tris- 
tan, qui  a  prêté  ses  armes  à  Brunor,  craint  la  colère  de  son 
ami  (§  478).  Il  serait  contre  les  habitudes  de  notre  roman  de 
ne  pas  donner  les  conséquences  d'un  pareil  quiproquo,  et  l'on 
s'attendrait  au  moins  à  une  explication  entre  les  deux  amis. 
Les  mss.  autres  que  757,  etc.^  présentent  donc  ici  une  lacune, 
qu'on  peut  combler  par  la  rédaction  de  757,  quoique  les 
deux  combats  entre  ces  bons  amis  ne  soient  pas  indispen- 
sables pour  amener  une  explication  ;  il  est  même  probable 
qu'ils  sont  dus  à  un  arrangeur  postérieur ,  désireux  de 
combler  la  lacune  (cf.  le  mestre  dont  parle  757  ;  $  492  fin]  ; 
le  second  combat  surtout,  qui  est  bien  mal  motivé,  fait  l'eflet 
d'être  un  conte  isolé,  intercalé  dans  notre  roman  ^;  ainsi 
s'expliquerait,  dans  Rusticien,  la  présence  de  Lamorat,  dont 
les  mss.  avaient  raconté  la  mort  et  qu'ils  ont  donc  probable- 
ment éliminé  ici. 

XIV.  —  La  mort  d'Habé  (§  505  ss.)  est  annoncée  au  com- 
mencement de  notre  roman  (voy.  §  27).  Les  aventures  sui- 

1.  Il  ]r  a  poartont  dans  Rasticien  et  103  an  épisode  qu'on  poarrait  croire 
converréde  la  rédaction  originale,  tandis  qu'il  aurait  été  supprimé  dans  les 
autres  mss.  ;  toj.  {  466,  note. 

2.  On  Toit  ici  des  croisements  singuliers  :  99  =  757;  104,336  =  772,  et,  plat 
lois,  de  DonTean  =  757. 

3.  Je  ne  sais  si  le  Libro  Je  batagUe  de  Trigtano  et  LancetoUo  el  Ghalaao  e 
dellM  Beiaa  lêoUa  est  identique  à  ta  BaiagUa  de  ces  mêmes  chevaliers  décrite 
par  M.  Rajna,  Seelia  di  CurioiUà.  n*  166  (1873),  p.  XL. 


vantes  de  Galaad  données  par  772,  etc.,  et  emprunli'es  pro- 
bablement à  (quelque  version  du  Graal,  comblent  rn  quelque 
sorte  les  lacunes  nëes  des  raccourcissements  dans  757  ;  on 
semble  avoir  fait  prt^céder  l'épisode  de  Marc  (§  516  ss.)  de 
quelques  aventures  de  <»alaad(§  510  ss.).  lequel,  d'après  les  msB. 
que  nous  suivons  ici,  est  celui  qui  avertit  Tristan  {^  533). 

XV.  —  La  mort  des  amants  (jj  546  ss.)  est  rnrontt^e  de  la 
mcmc  façon  dans  tous  les  mss.  sauf  103,  qui  adopte  subi- 
tement (voy.  5  533,  note)  le  dénouement  que  l'on  cunnuit  aux 
poèmes,  bien  que  ce  ms.,  comme  les  autres,  ait  raconté  l'his- 
toire du  glaive  de  Morgaiu  (jj  191)  et  qu'il  ait  annoncé  la 
mort  de  Tristan  de  la  main  de  Marc  (^  270). 

XVI.  — Avant  l'arrivée  de  Sagrcmor  k  la  cour,  la  seconde 
version  intercale  de  nouvelles  aventures  de  Gainad  fréptsode 
de  Bcdoin  de  la  Marche  a  été  pris  dans  quelque  roman  de 
chevalerie;  cf.  552)  et  la  6n  de  la  quête  dn  Graal.  Fille 
ajoute  aussi  la  mort  de  Dinadan,  conser>'cc  seulement  dans^ 
24400  (§  613),  mais  annoncée  bien  plus  haut  dans  les  mss. 
de  celte  version  (§  25fl)  ;  quelques-uns  placent  cet  événement 
après  la  mort  de  Gauvain,  c.-à-d.  vers  la  fin  de  la  Mort  Attu, 
On  a  donné  aussi  la  Mort  ArtUy  conscr\*ée  dans  75S  et  244(K); 
ellf  est  annoncée  plus  haut  [^  146^  dans  la  plupart  des  mss.  qui 
eontionnenl  la  première  partie  du  lumau  '.  Il  semble  par  con- 
séquent que,  en  tout  cas  pour  cette  première  partie,  nous 
n'ayons  que  le  texte  d*unc  version  cyclique  (cf.  les  paroles  du 
prologue);  ainsi  on  s'explique  mieux  la  fastidieuse  introduc- 
tioTt  ayant  pour  but  de  ramener  la  généalogie  de  Tristan  aux 
héros  du  saint  Graal.  —  Trèti  probablenienl  KiW  a  ajouté  aussi 
la  vengeance  de  Tristan,  ou  la  mort  de  Marc,  qui  est  racontée 
dans  la  Tav.  Hit.^  où  c'est  Dinndan  qui  insiste  pour  qu'on 
venge  Tristan  (de   même,   dans  24400,  c'est    Dinadan  qui 

1.  Lrcs  mi!!.  (9^1.  99,  77fi,  U>1)  qui  ne  donnent  pa4  coite  annonce  ne  rattachent 
néanmoinji  n  la  HcconHe  ver^ioni  dont  tU  «uîvcnl  partout  le  tcxU»;  de*  «rrihen 
auront  «upprîmé  rette  annonce  d'un  épitode  qu'Us  no  Irouroienl  plus  diiuR 
leurs  maiiusi'rittf. 


PREFACE  XIX 


essaye  de  le  venger],  dans  le  ms.  340  (voy.  §  575  a),  où  Marc 
est  tué  par  le  chevalier  Paulart,  et  dans  Malory,  où  St/r  Tris~ 
tram  slave  Kynge  Marke,  \\  existe  aussi  un  poème  italien  :  La 
Morte  e  la  Vendetta  di  Tristano  (voy.  Rajna,  Carduino^,  pré- 
face, p.  Lviii).  Enfin  le  ms.  99  dit  en  terminant  (voy.  au  §  570] 
que  Lancelot  aurait  vengé  Tristan  sans  la  défense  de  Gue- 
nièvre,  et  on  pourrait  voir  une  prédiction  de  la  vengeance 
aussi  dans  la  version  de  757,  à  l'endroit  ou  Andret  laisse 
Lancelot  pour  mort  (p.  220).  L'existence  d'un  récit  de  la 
mort  de  Marc  dans  la  série  des  épisodes  de  dénouement  de 
notre  roman  parait  donc  assurée  (cf.  §  619,  note). 

XVn.  —  Nous  allons  maintenant  examiner  les  manuscrits 
un  peu  plus  en  détail.  Comme  je  n*ai  pu  toujours*  les  compa- 
rer par  le  menu,  je  me  suis  surtout  attaché  à  noter  les 
variantes  de  noms  propres  et  de  chiffres,  celles-ci  étant  les 
plus  faciles  à  saisir.  Conjointement  avec  les  divergences  de 
version  que  nous  venons  d'étudier,  ces  détails,  si  peu  nom- 
breux qu'ils  soient,  fourniront  au  moins  la  base  d'une  classi- 
fication provisoire  ;  celle  de  Brakelmann  n'est  plus  soute- 
nable  :  cf.  G.  Paris,  Romania,  XV,  602,  et  Merlin^  p.  xxxvii. 

Par  la  comparaison  de  ces  détails,  les  deux  séries  établies 
par  l'examen  des  versions  (voy.  %  VI)  ne  subissent  pas  de 
modification  essentielle;  elle  nous  montre  aussi  que  les  croi- 
sements de  texte  ont  eu  lieu  dans  une  assez  grande  mesure  ; 
nous  en  avons  déjà  vu  dans  le  chapitre  des  versions. 

XVIII.  —  Parmi  les  manuscrits  qui  donnent  la  première 
partie  du  roman  (94,97,99, 100, 102, 103, 104, 334,  335,  349, 
750,  7562,  759^  776,  12399,  —  758  n'en  présente  qu'un 
abrégé  — ),  756  diflere  un  peu  des  autres  :  il  est  ordinairement 
plus  bref;  il  a  souvent  de  petites  lacunes,  des  suppressions. 


1.  Bologna.  1873. 

2.  C'est  756  qai  a  fourni  la  base  de  l'analyse  de  la  première  paKie;  pour  les 
divei^Dces  de  peu  d'importance  je  me  suis  borné  k  donner  les  variantes  de  33%. 
Pour  ce  qui.  dans  la  première  partie  de  la  seconde  version,  vient  après  la  fin  de 
756 ({  ia4  8S.},  c'est  le  texte  de  334  qui  a  été  suivi. 

♦ 


XX 


rilEFACK 


L't  des  oublis,  partie 


LTrcura  vt  des  oublis,  particuliers,  comme  beaucoup  de 
noms  propres,  à  ce  ms.  ;  sa  leçon  Omise  (§  43)  parait  supé- 
rieure à  celle  des  autres;  il  est  aussi  le  seul  qui  donne  les  dix 
quêteurs  de  Tristan  (^  150). 

Des  i'amillcs  assez  distinctes  sont  formées,  d'une  part  pur 
les  mss.  97,  100,  102,  349,  dont  97  et  102  sont  plus  étroite- 
ment liés,  et  d'autre  part  par  les  mss.  94,  99,  qui,  cependant, 
ne  vont  pas  toujours  ensemble;  la  première  de  ces  deux 
l'amilles  va  eu  général  avec  334,  la  seconde  semble  se  rappro. 
cher  plutôt  de  756. 

750  et  12599  constituent  une  famille.  335  et  759  vont 
généralement  ensemble;  de  m?me,  souvent,  335,  750,  12599 
(ainsi  §  114,  contre  la  faute  commune  des  autres). 

104  et  103  sont  fréquemment  d'aecurd  et  suivent  ordinai- 
rement, surtout  103,  le  texte  de  334,  avec  lequel  concorde 
presque  partout  776, 

335  donne  cependant  aussi  des  leçons  particulières  (par 
ex.  Danar/tf  ^  120).  104  a  plusieurs  suppressions  de  détail  et 
des  noms  particuliers.  103,  toujours  très  bref,  fourmille  de 
petites  omissions  et  de  changements  sans  jiurtée.  Il  donne 
seul  le  combat  contre  le  serpent  et  le  nom  de  Tantris  i,^  32). 
12599  est  composé  de  quatre  parties  :  1**  Fragment  italien  de 
GuiroH  le  courtois;  2"  fragments  de  la  version  de  750  (voy. 
au  S  59),  séparés  par  quelques  morceaux  détachés  (cf.  p.  61)  ; 
3"  partie  particulière  (voy.  ^  283  a  ss.);  4*  dernière  partie  du 
roman.  Le  texte  de  755,  etc.,  voy.  §  338  b-  750  contient 
des  noms  particuliers  et  d'autres  particularités,  ainsi  Taddi- 
tion  des  noms  de  Luce  et  d'Helie  dans  les  remarques  litté- 
raires. 

XIX.  —  Les  manuscrits  contenant  la  seconde  partie  du 
roman  (94,  97,  99,  101,  103,  104,  330,  349,  755.  757',  758, 
760,  772,  776,  1434,  12599,  24400)  se  groupent  dans  les 
familles  suivantes  : 


t.  757  et,  nptb»  la  fin  de  ce  m«.  (pour  la  tcoondu  nnion},  773  out  lerrî  de 
boBQ  U  l'aDoly^e  de  la  gccoudc  partie  du  romnn. 


pnvtXK 

757  ;  1434  ;  104  i  —  12599  ;  755.  760  ;  —  103  ;  —  336. 

772;  1)7.  3W.  101;  ^776). 

99.94;  758,24400. 

336  occupe  une  position  intermédiaire  entre  les  deux  ver* 
sions.  755,  760,  12599  débutent  pnr  un  texte  ubrêgc. 

772  est  le  meilleur  manuscrit  de  sa  famille*;  97^  349,  101 
montrent  une  parenté  étroite  (^cependant,  97,  101  vont  quel* 
quefois  ensemble  contre  349  et,  plus  souvent,  97  contre  lOl» 
349'.  Pour  des  croisements  entre  les  familles  772.  99,  voy. 
M  372-384, 

776  finit  trop  tôt  pour  qu'on  puisse  décider  s'il  appartient 
à  U  famille  de  772  ou  à  celle  de  99. 

99  et  94  se  séparent  quelquefois  par  suite  d<'  croisements  ; 
ainsi  94  suit  757,  etc.,  à  partir  du  ji  353  jusqu'au  j  364  ;  puis 
aecord»  puU  nouveau  croisement  [j^  373-376}  ;  a  partir  du 
S  377  accord  (essentieUement).  On  dirait  des  textes  cenlons. 

Lr  m».  103  se  rapproche  des  textes  de  755,  757,  104;  il 
Idoptc  (au  .^  4^9)  le  texte  de  Uusticicn  -  et  donne  le  dénoue- 
ment d'après  les  poèmes^.  I^cs  imprimés,  qui  suivent  de  bien 
près  103,  —  ils  vont  partout  ensemble,  à  moins  que  le  con- 
traire ne  soit  noté,  —  n'en  dériveul  pourtant  pas  directement* 
mats  se  rattachent  à  un  manuscrit  trrs  vuisin  de  103  ;  c'est  ce 
qu'il  faut  croire  à  cause  de  la  dilTérence  de  noms  propres  : 
CioUgcl  [impr.},  Tinthanet  (103);  Sandret  (103  au  eommen- 
ceinent,  plus  tard  \udrct),  Ajidrct  (impr.).  Le  Tantris  de 
103  (5  32)  n'est  pas  dans  les  imprimés.  —  L'imprimé  de  Jan 
iiau^m  est  un  mauvais  remaniement  dans  le  ^oût  de  la 
Renaissance;  Janot  est  identique  à  Verard^  et  Janot- 
Verard^  à  en  juger  par  les  leçons  du  dernier  morceau  (S  535 
a,  ss,),  l'est  essentiellement  à  Michel  U  Aoir  et  à  l'édition  de 


t.  ce.  aa  X  ^^'-^  t>  ;  pour  lu  miiin  rorrc<1rtc<*,  fnToriaunt  GaaTaîu,  dans  c«  mi., 
^Of.  I  2M.  ooUï.  Polir  an  exemple  d'oiie  Utite  commune  à  772  jltcc  lis  iroi» 
mUwii,  roy.  au  (  .'VTO. 

3  L«4  Bk«i-  de  Rtutieien  cl  103  onl«v  te  mtmc  ori^Dal;  cf..  ta  S  MS.  dcn. 
àoU,  la  tucuoe  romniuac  k  103  avm  les  troU  m*a.  de  Rusticicn  .  de  c«iu-<j, 
c'est  A  IVï\t  que  sr  rultachc  tOîl.  t«ndi«  que  340  «t  3^5  formcot  une  famille  à  part. 

3.  Po«r  I«  fin  de  c«  tD«.,  j'ai  «uivi  ma  ropJe  dan»  lei  cm  vii  elJe  différait  de 
rcUe  de  MM.  Itedirn*  «t  LulOBlawiki  (1  .>3.i  ■  •«.]. 


XX!  I 


10'^  etabrè;rc 


Hour/i,  4UI  pourtant  s  accorde  mieux  ; 
que  Ifâ  autres.  —  I/irnprimê  de  Tressan  ne  peut  c^trc  IVdition 
de  Koucii  (iïagen,  liitt/i  der  Lieùe,  préf.,  p.  XIX,  a  tort)  :  ainsi 
Trcssan  donne  Luce  de  Gtta  (Rouen  ;  Gant),  Gesnea  (R.  :  Gènes), 
cl  voy.  au  §543  a  (Iseut  devient  dévole),  où  il  cite  son  «auteur», 
et  ^  ÎÎ45  a  [Monlcil  et  l'opostolfi].  —  Les  analyses  de  Ounlop- 
Liebrecht  et  de  Y Encychptedia  Britannica^  qui  ont  été  faites 
sur  des  impriméi;,  se  rapportent  a  la  famille  de  103,  mai»  en 
diflercnt  en  donnunl  Pkt'rèdin  {de  même  dans  Tressan)  et 
Phtrédur  ou  Pèrcdnr  your  Kahcdin  ;  dans  Dunl.  Liebr.,  Tris- 
tan, roulant  quitter  la  Petite-Bretagne,  u  s*oocupe  de  la  con- 
struction d'un  vaisseau,  »  trait  qui  ne  se  retrouve  pas  ailleurs 
(peut-être  confusion  avec  le  vaisseau  d*Iseut  dans  99  ;  p.  204). 
La  compilation  de  Malory,  que  je  n'ai  pu  comparer  qu'a* 
près  le  commencement  de  Timpression,  débute  par  l'enchan- 
tement de  Mcliadus  (Jj  20).  Elle  est  partout  d'accord  avec  la 
version  comntunc  pour  tout  ce  qui  est  essentiel  et  n'en  diffère 
que  par  de  petits  détails  et  des  noms  propres  ajoutés  ou 
changés.  Il  est  à  remarquer  que  Tristan  s'y  donne  le  nom 
de  Tantris,  comme  dans  103  (§  32)*.  Il  y  a,  daus  Malory, 
d'autres  points  d'accord  avec  103  :  ainsi,  en  partie,  l'ordre 
des  événements  avant  l'épisode  du  Damantes  (p.  57),  que 
la  compilation,  cependant,  ne  donne  qu'après  l'emprisonne- 
ment de  Brunor  (5  90)^  et  les  remarques  sur  Lamorat, 
tué  a  la  sortie  d'un  tournoi  (p.  186  et  S  365),  et  sur 
le  départ  de  Lancclot  de  In  Joyeuse  Garde  {$  384).  Pour  la 
guérison  de  Tristan  fou,  Malory  donne  un  peu  plus  de 
détails  :  Tristan  est  guéri  par  les  courtisans.  Iseut  va  le  voir 
un  jour  qu'il  est  dans  le  jardin,  mais  ne  le  reconnaît  pas. 
Tristan  pleure;  il  est  reconnu  par  uu  petit  bradtet^  dout  il 
avait  fuit  cadeau  à  son  amante  lors  de  son  arrivée  en  Cor- 
oouaille  et  qui  ne  s'éloigne  d'elle  que  lorsqu'il  voit  son 
ancien  maître  (Malory  l'identifie  avec  le  brachet  envoyé  par 
Bclidc;  S  27).  Iseut,  prévoyant  que  son  amant  sera   banni. 


t.  Sculomrui  il  lo  fait  dài  son  arrivée  en  Irlande. 


fRÂPACP.  XXIU 

^ên^S^h  aller  à  la  cour  d'Arthur  et  promet  de  le  prévenir 
toutes  les  fois  qu'il  pourra  venir  la  voir.  Tristan  Iîi  prie  de  le 
quitter  et  toi  rappelle  tout  ce  qu'il  a  dèjù  souffert  pour  son 
amour.  Il  est  baaai  du  pa)'s  pour  dix  ans.  —  Plus  luio, 
,^  197  ss-,  le  chevalier  inconnu  es!  jippelê  Lnncelot  par  Midory. 
A  partir  de  l'épisode  d'Alixandre  l'orphelin  (p.  186  sa.),  Malory 
présente  essentiellement  le  même  texte  que  90;  on  trouvera  eu 
note  les  variantes  qui  m'ont  paru  avoir  que^que  importance. 

La  rat*o^»/îi/on^//i  jette  pèlc-m6le  toutes  sortes  de  rédactions. 

Le  livre  populaire  italien,  les  Duû  Trislant\  qui  esl  traduit 
d'un  livre  espagnol  (cf.  §  III),  commence  par  ravèncment  de 
Félix  (§  19)  et  suit  librement  la  version  commune  de  la 
prose.  Tristan,  blessé,  va  en  Irlande  (^  29)  avec  Gouvernai 
(de  même  Malory).  Après  la  victoire  sur  Brunor  [$  41),  Tris- 
tan accepte  la  seigneurie  de  l'île  del  PtoUo,  que  lui  oITrc 
Galehout.  Suivent  plusieurs  aventures  de  ccluî'-ci,  qui 
mcurtf  di  ft:brc  continua^  dans  une  abbaye.  Les  amants 
restent  dans  l'île  pendant  deux  ans.  Mort  du  géant  Donda^ar, 
Arrivée  de  Florisdi'ffa,  une  magieienne  qui,  h  la  vue  dTseut, 
se  tue  en  se  précipitant  d'une  fog^ia;  sa  serv;inte,  Arnfcnia^ 
passée  au  service  d'Iseut,  lait  accepter  Tristan  pour  seigneur 
aux  sujets  de  son  ancienue  maîtresse.  Iseut  accouche  d'un  fils, 
!>on  Tristann  Ugiovancy  qui  passe  pour  l'enfant  de  Lcafirlro  et 
à' Etisca.  Tristan  tuo  le  géant  Vfrnu'^Ho^  tîls  de  ISondttgar. 
drande  chasse  en  l'honneur  des  amants.  Ils  partent  pour  une 
autre  partie  de  l'île,  appelée  Tarsi^  où  Iseut  devient  niérc  d'une 
fille,  Iii<:a  {Isotta),  Le  pays  de  Florisdelfn  est  donné  à  Arme- 
nia,  qui  épouse  un  chevalier,  Armumo  di  f^^i,  et  les  amants 
parlent  pour  ta  Cornouailte,  en  laissant  leurs  enfants  aux 
soins  d'Elisea  et  de  Belsia.  Iseut  épouse  Marc.  — Comme  dans 
la  Tav.  Rit.^  Tristan  est  eiîrayé  par  un  rôve  dans  la  foret 
P  52).  Après  l'épisode  de  Damantes  (p.  60),  le  roman  îlrdien 
n'est  plus  guère  qu'une  eonqjilation  ;  un  grand  nombre 
d'aventures  sont  supprimées,  nltérces  ou  changées  de  place  ; 
il  y  en  a  qui  se  retrouvent  dans  la  Tav,  Hit.  La  mort  des 
amants  est  racontée  comme  dans  la  prose;  voy.  S  ^^^  ^s- 


XXIV  PRÉFACE 

Aucun  des  manuscrits  ne  nous  a  conservé  le  roman  origi- 
nal, témoins  les  suppressions  souvent  avouées,  les  interpola- 
tions visibles  et  les  nombreux  passages  obscurs  et  elliptiques, 
tant  en  général  que  surtout  en  ce  qui  concerne  l'histoire  de 
Tristan  ;  nous  avons  vu  aussi  des  débris  d'une  rédaction  plus 
ancienne  au  milieu  d'une  autre  plus  récente  (§  344  ss.  ;  cf. 
,§  VI),  et  tout  le  roman,  comme  il  a  été  dit  plus  haut,  n'est 
composé  pour  nous  que  de  pièces  et  de  morceaux. 

Je  résume  les  remarques  précédentes  par  la  généalogie  sui- 
vante : 

0 
I 

s 
\ 


Sbcoitdi  Pastik 


757. 1434, 104 

I 
103— 7.^5,780,135M 

PBEMltBl   PABTIB | 

~~~^        "^^       """^        — **"                 ~"                           3»6— 773,— «TMàTToi:  (77l) 
T50.  H699  d   

--JL—     — ^ ^  ftMlT^TMMO 

8»,  7fi9~-7&e— 94. 99— 384, 77R  ;  104.  lOd— 97, 100, 103,  849 

XX.  —  Le  Tristan  en  prose  est  formé  de  trois  éléments  : 
les  anciens  récits  sur  Tristan^  les  romans  de  chevalerie  et 
l'invention  des  prosateurs.  Antérieur  au  roman  de  Patamedes, 
et  postérieur  au  Lancelot^  il  doit  avoir  été  composé  entre 
1215  et  1230  [Tristan  expliqué  par  l'étymologie  triste  (§  20) 
se  trouve  déjà  à  la  fin  du  xii*  siècle). 

XXI.' —  Quant  aux  prétendus  auteurs  du  roman  de  Tris- 
tan, la  question  a  été  traitée  par  M.  G.  Paris,  qui  a  montre* 
la  futilité  des  allégations  relatives  à  Robert  de  Borroii, 
etc.  En  eifcl,  les  arrangeurs  croyaient  pouvoir  accommoder 
leur  texte  à  leur  fantaisie,  pourvu  qu'ils  eussent  soin  de  ren- 
voyer soit  à  Robert  de  Borron,  soit  à  l'histoire  de  Lancelot, 
soit  h   l'histoire  du  Graal  ou   au  «  livre  du   latin   ».  M.  G. 

1.  Aomania,  XV,  60U  as  ;  3fer/m,  xxxiii  99.  et  xxviii  ss. 


PRÉFACE  XXV 

Paris  explique  aussi  (voy.  ib.)  le  nom  de  Bret  (qui  paraît 
désigner  le  roman  de  Lancelot  dans  12599,  f*  242  c,  voy. 
§  287  a,  note). 

XXII.  —  Il  est  probable  que  notre  roman  repose  en  grande 
partie  sur  le  poème  perdu  de  Chrétien  de  Troies  (cf.  Boni. y 
Xj  XV,  60l).  Ainsi  le  combat  contre  le  Morhout  a  lieu  dans  l'île  de 
Saint-Sanson  [§  28]  ;  il  en  était  de  même  dans  Chrétien  (voy. 
EreCf  1239,  Haupt).  Ailleurs,  on  voit  des  épisodes  du  Ckeva^ 
lier  au  lion  de  Chrétien  imités  dans  le  roman,  comme  l'ile  de 
la  Fontaine  (§  326  ss.),  Tristan  fou  et  l'ermite  (§  101),  la 
demoiselle  déshéritée  (§  444), —  du  reste  lieu  commun,  — 
nie  des  Pucelles  (§  531). 

Mais  la  large  part  faite  par  le  prosateur  à  l'histoire  d'Ar- 
thur et  de  sa  cour  était  inconnue  au  poème  de  Chrétien,  qui 
ne  mentionne  pas  Tristan  en  dressant  la  liste  des  chevaliers 
de  la  Table  Ronde  dans  EreCj  le  premier  roman  de  cet  auteur 
ayant  trait  à  la  Table  Ronde;  cf.  Rom.,  XII,  462.  Arthur  a 
été  introduit  dans  notre  légende  par  les  trouvères  (déjà 
Berol)  ;  ainsi  on  voit  Marc  et  Tristan  à  la  cour  d'Arthur  dans 
Guinglain. 

Le  Tristan  nous  a-t-il  conservé  des  traces  d*un  modèle 
poétique  sous  la  forme  de  vers  restés  h  l'état  pur?  Dans  le 
rendez-vous  au  jardin  (§  282  ss.)  on  pourrait  peut-être  retrou- 
ver des  vers  octosyllabiques  par  ci  par  là  :  pensé  vers  vos 
de  foie  amor  ;  —  selonc  Deu  et  selonc  reson  ;  —  cest  grant 
peehié  et  grant  dolor  \  de  même  dans  l'épisode  de  Tristan  fou 
g  104)  :  veez  le  fol,  veez  le  fol;  —  chascuns  le  fiertj  chascuns 
le  boute-,  —  li  uns  le  point,  t autre  le  bat;  on  n'y  rencontre 
pourtant  pas  de  rimes*.  Dans  le  récit  de  la  mort  (P.  Paris, 
Mss,  fr.,  I,  200  ss.),  on  trouve  beaucoup  de  phrases  qui  se 
laissent  scander  (mais  jamais  de  rimes),  et  ce  récit  est  pré- 
senté d'une  manière  assez  poétique;  mais  on  ne  saurait  guère 
l'attribuer  à  Chrétien,  qui  n'aurait  sans  doute  pas  abandonné 

1.  Nous  aTons  aussi  cru  voir  un  vers  laissé  tel  quel  dans  l'épisode  du  Ser- 
imge  Tristan,  emprunté  comme  plusieurs  antres  à  un  lai.  Yoy.  {  63  et  noie. 


XXVI  PRUFACB 

le  dénouement  plus  dramatique  des  poèmes.  Ou  s'attendrait 
d'ailleurs  a  une  tentative  de  la  part  d'Iseut  pour  guérir  Tris- 
tan, comme  elle  l'a  déjà  fait  deux  fois,  voy.  §§  29,  104  et 
cf.  §  54,  où  il  lui  demande  un  remède.  En  clTet,  la  connais- 
sance que  possède  Iseut  en  fait  d'herbes  salutaires,  et  dout 
elle  fait  profiter  son  amant,  formait  probablement  un  trait 
constitutif  de  notre  légende.  Le  silence  que  garde  le  rédac- 
teur sur  ce  rôle  médical  d'Iseut,  dans  le  récit  de  la  mort  de 
Tristan,  semblerait  donc  accuser  la  postériorité  de  l'épisode. 

XXIII.  —  Le  Tristan  en  prose,  ainsi  que  le  poème  de 
Chrétien,  se  rattachait  k  la  version  de  Berol-Etlhart  (voy. 
Romania,  XV,  599  *)  ;  seulement  le  prosateur  a  gravement  altéré 
le  fond  ancien  (par  exemple  les  faux,  §  48,  au  lieu  de  la 
farine),  surtout  à  partir  de  la  vie  des  amants  dans  la  forêt. 
Nous  n'avons  d'ailleurs  pas  la  plus  ancienne  forme  du  roman 
en  prose.  L'enlèvement  d'Iseut  par  Palamède  (§  43)  répond  à 
l'épisode  du  harpeur  d'Irlande,  épisode  qui  est  particulier  à 
la  version  de  Thomas,  mais  qui  a  pu  former  un  lai  à  part,  uti- 
lisé indépendamment  par  Thomas  et  le  prosateur.  Le  ms.  103 
donne  seul  le  nom  de  Tantris  et  le  combat  contre  le  serpent 
(§  32);  il  les  donne,  à  ce  qu'il  semble,  d'après  la  version  de 
Thomas 

1.  Pour  Eilfaart,  voy.  le  travail  de  M.  Muret,  Eilhart  d'Oberg  et  sa  source 
française  {Romania,  XVI,  288-361). 


PROLOGUE 


756  :  —  Cy  commence  la  grant  ystoire  de  inonsi  Tristam  , 
que  missere  Luces  du  Gail  et  missire  Helys  de  Buron  tra  nslateren  t 
de  latin  »n  romanz^  por  ce  qe  il  veoient  qe  nus  n'entreprenoit 
a  translater  si  haute  ystoire  corne  de  celui  qi  fu  le  meiilor 
chevalier  qui  oncques  fust  en  la  Grant  Bretaigne,  ne  devant 
le  roi  Artus  ne  après,  fors  Galaad  seulement.  El  apelent  cest 
livre  li  Bret,  por  ce  qil  est  maistre  sor  toz  les  livres  qui 
oncques  furent  fait  de  la  Table  Reonde  et  del  Saint  Graal. 
Et  commence  premièrement  missire  Luc^s  du  Gail,  qui 
briefment  parloit^  tant  corne  il  ve^qui,  et  dist  ert  telle 
manière. 

334  (335,  94,  97,  99,  100,  102,  103)  <  :  ~~  Après 
ce  que  je  ai  leii  et  releù  et  pourveii  par  maintes  foiz  le  grant 
livre  du  latin  y  icelui  meesmes  qui  devise  tout  apertement 
l'estoire  du  Saint  Graal-,  moult  me  merveille  que  aucuns 
preudomme  ne  vient  avant,  qui  entrepi'engne  a  translater  le 
du  latin  en  françois.  Car  ce  seroit  une  chose  que  moult 
volentiers  orroient  et  povres  et  riches,  pour  ce  quil  eussent 
la  volenté  de  l'escouter  et  de  l'entendre  les  bêles  aventures  qui 
moult  sont  plaisanz  ^  et  qui  avindrent  san:  doutance  en  la 
Grant  Bretaingne  au  temps  le  roy  Artus.  Et  devant  tout 
ainsint  comme  Vestoire  vraie  du  Saint  Graal,  qui  bien  fait  a 
croirre,  le  vous  tesmoingne  *.  Mes  quant  Je  voi  que  nus  ne  l'ose 

1.  P.  Paris  a  publié  le  prologue  de  94  [Manuscnts  français,!,  118  ,  l*'s 
ajoutés  de  97  (ib.,  p.  128;  et  de  !03  ïfr-,  p.  136;.  —  Le  même  prolo- 
gue se  trouve  imprimé,  d'après  un  ms.  de  Vienne,  dans  Wolf  Ueber 
die  Lais  p.  24 1 . 

2.  Après  ce  que  je  vous  ay  par  maintes  fois  conté  l'estoire  du  S.  Girial , 
103. 

3.  PI.  a  air  91,  100,  102. 

4.  103  abrège  ce»  remarques. 

LosBTH.  —  Tristan.  1 


—  2  — 

entreprendre t  pour  ce  que  trop  seroit  greve%ise  chose ,  a  ce  que 
trop  y  avroit  a  faire,  car  trop  est  granz  et  merveilleuse 
Vestoire,  je,  Luces,  chevalier  et  sires  du  chastel  du  Gai  *, 
voisins  prochains  de  SalibiereSy  comme  chevalier  amaureus 
et  renvoisiez  2,  entrepreng  a  translater  le  du  latin  en  françois, 
et  une  partie  de  celé  estoirej  et  non  mie  pour  ce  que  je  sache 
gramment  [de]  françois ,  ancois  apartient  plus  ma  langue  et 
maparleiire  a  la  manière  d'  Engle[t]erre  que  a  celé  de  France^ 
comme  celui  qui  fu  en  Engleterre  nez;  mes  itele  est  m,a 
volenté  et  mon  proposement  qvs  je  en  langue  française  ^  au 
Tnielz  que  ge  pou/rrai  non  mie  en  tele  manière  que  re  la^ 
y  quiere  m^nçonge,  mes  la  vérité  toute  apertement^ 
demonst[er]rai  et  ferai  a  savoir  ce  que  H  latins  devise  de 
Vestoire  de  Trystram  \  qui  fu  li  plus  souvrains  chevaliers  qui 
oncques  fust  el  roiaume  de  la  Grant  Bretaingne,  et  devant  li 
rois  Artus  et  après ,  fors  seulement  Galaad^  li  très  bons 
chevaliers,  et  Lancelot  du  lac.  Et  li  latins  meesmes  de  Vestoire 
du  Saint  Gi'aal^  devise  tout  apertement  que  au  temps  li  rois 
Artus  ne  furent  que  .111.  chevaliers  qui  très  bien  feissent  a 
prisier  de  chevalerie ,  ce  fu  Galaad  et  Lancelot  et  Trystram  ; 
de  ces  .III.  fet  li  livres  mencion  par  desus  touz  les  autres  et 
plus  les  loe  et  plus  en  dit  de  bien  ^,  et  pour  ce  que  je  sai  bien 
que  ce  fu,  vérité,  voudrai  je  encommencier  en  cestui  point 
Vestoire  de  Trystram  en  tele  mainere. 

!.  99,  400  de  même.  —  335  :  Gaut  (750  :  Gaui,  Gant,  Gant);  102  : 
Gad;  do  même  97.  Et  voy.  §§  545  a  et  570,  note.  103  :  Gast  [Tressan  : 
Gua).  —  Le  nom  de  Luce  el  toutes  les  remarques  sur  sa  personne 
manquent  dans  94. 

2.  Envoisies,  97,  100,  102. 

3.  Sic;  1.  avec  97,  100,  102  :  que  je  ja  y  9.  99  :  que  ja  y  ^jouste 
mençonge  .  335  :  —  pourrai/,  a  mon  poooir,  sans  y  mètre  mensonge. 

4.  Pour  les  variantes  de  ce  nom,  voy.  jij  13. 

5.  Girial  103. 

G.  Ces  remarques  ne  se  trouvent  pas  dans  94. 


LE   ROMAN 


t.   Après  la  passion  de  Jesu  Cristavint  que  Joseph  de  Bara- josenh   d'An 
machie  vint  en  la  Grant  BreUtigne  par  le  commendement  de     î"  g,"^  o"*' 
nostre  seignor,  et  cresiienna  grant  partie^.  Joseph  avoit  un     sauf  llélain  l. 
serorge,  qi  estoit  apelè  Brun  '^.  Ce  Brun  avait  de  sa  moiltier^     *^™^  ®*  ^*^°^ 
douze  fils.  Il  prie  Joseph  de  leur  demander  ce  qu'ils  veulent 
faire.  Joseph  demande  s'ils  veulent  se  marier  ;  onze  disent 
oui  :   le  douzième  ne  veut  pas  ;    il   préfère  servir  le  saint 
Graal.   «  Dont  t'en  donrrai  je  après  ma  mort  la  garde,  »  dit 
Joseph*  à  Elayn  le  Gros.   Les  onze  se  marient  suivant  le 
conseil  de  Joseph,  mais  le  onzième,  qui  est  appelé  Sadoc^, 
veut  se  marier  à  sa  volonté^.  Joseph  part'. 


1.  334  i335,  97, 100,102,  9-i,  99)  :  Aprèi  tapau.  de  nostre  seing nor 
J.  C.f  par  qui  travail  et  par  qui  mort  rwus  fumes  osté  de  la  prison  téné- 
breuse et  de  la  mort  pardurable,  Joseph  d'Arymathie  (var.  de  Barima- 
chie-,  qui  avoit  esté  ses  deciples  feel  et  jôtaus,  vint  puis  en  la  Gr.  Br. ,  par 
le  comm.  de  n.  s.,  a  tant  }.  atout)  grant  partie  deson  Ungnage,  et  par  son 
preechement  fut  tournée  grant  partie  de  aie  terre  a  la  crestienne  loy. 
103  s'exprime  très  brièvement  :  Après  la  saincte  passion  de  Jhesucripst 
vint  en  la  Gr.  Br.  Jos.  d'Arimathie. 

2.  Var.  Brom. 

3.  Morte  depuis  longtemps,  334,  etc. 

4.  Dans  334  et  les  autres  mss.  il  fait  un  discours  plus  long  et 
confie  la  garde  du  Graal  à  lui  et  à  ses  héritiers. 

5.  Var.  Sador. 

6.  Il  sera,  dit-il  à  Joseph,  dans  334,  etc.,  sous  son  chastiement  en 
toute  chose  fors  que  de  famé  prendre.  Jos.  n'insiste  jias,  mais  :  u  J'ai 
peur,  dit-il,  que  tu  ne  t'en  repentes  à  la  fin.  » 

7.  Pour  d'autres  terres,  ajoutent  334,  etc.,  preechant  le  non  du  vrai 
crucefii,  comme  le  lui  avait  ordonné  la  voiz  devine.  Sadoc  refuse  tou- 
jours de  se  marier  ;  aucune  femme  no  lui  plaît. 


—  4  — 

2.  Un  jour*  que  Sadoc  se  promène  à  cheval  sur  le  bord  de 
la  mer,  il  est  frappé  de  la  beauté  d'une  jeune  fille  qu'il  trouve 
dans  un  vaisseau  presque  détruit  par  l'orage  '.  C'est  Chelinde, 
la  fille  du  roi  de  Babylone,  promise  au  roi  de  Perse  ;  elle  a 
été  jetée  par  la  tempête  sur  les  côtes  d'Angleterre  ^  ;  l'équi- 
page et  tous  les  compagnons  de  la  princesse  ont  péri  dans  les 
vagues.  Sadoc  la  conduit  au  cbàteau  de  son  frère  Nabusar- 
dan  ^.  Au  bout  de  trois  jours  elle  a  repris  ses  forces.  Sadoc  la 
Sadoc  épouse  fait  baptiser  et  l'épouse. 
Chelinde.  (j^  jour,  à  la  chasse,  Sadoc  est  entraîné  par  un  sanglier 

qu'il  tue  ;  mais  il  a  reçu  des  blessures  et,  surpris  par  la  nuit, 
il  se  voit  forcé  de  rester  dans  la  forêt  ^.  Nabusardan  profite  de 
l'absence  de  son  frère  pour  éloigner  tout  le  monde,  sous  pré- 
Chelinile  violée  ^^xte  de  le  chercher,  et  fait  violence  à  Chelinde,  qui  est  restée 
par  Nabusar-  seule  avec  lui.  Sadoc  est  ramené  et  soigné.  Un  jour  Chelinde 
pleure  près  de  la  chambre  où   dort   Sadoc  convalescent  ;  il 
s'éveille,  veut  savoir  la  cause  de  son  chagrin  et  la  force  à  tout 
Sadoc   lue   son  avouer.  Nabusardan  survient  ;  Sadoc   le   tue  et   s'embarque 
rrère  ^^*  *'^"-  avec  sa  femme.  Une  tempête  éclate.  Les  marins,  tous  païens, 
femme.  sont  avertis  par  un  vieillard  que  l'orage  est  du  à  la  présence 

d'une  personne  qui  a  commis  quelque  crime.  Un  des  matelots, 
qui  est  sorcier,  fait  ses  charries  ^  et  dénonce  Sadoc.    Pour 
Il  est  jeté  dans  conjurer  l'orage,  on  le  jette  par  dessus  bord  ;  auparavant,  il 
la  mer.        -j^y^n  prié  les  marins  de  bien  traiter  sa  femme,  qui  est  de  si 
haut  lignage,   et  il  s'était  commandé  a   nostre  signor.    Le 
temps  s'éciaircit,  mais  Chelinde  se  plaint  ;  les  marins  ont  beau 
la  consoler  en  lui  disant  :  «  Les  dieux  ne  vous  oublieront 
pas;  »  elle  continue  son  deuil.  Le  lendemain,  o  heure  de  tierce^ 
on  arrive  en  Cornouaille,  où  règne  Thanor  ',  un  roi  païen, 
Tlianor    r-pouse  qui  épouse  Chelinde  malgré  elle.  Le  roi  rêve  qu'il  est  dévoré 
Ghelmde.       ^^^.  ^j  |Jq^  pendant  qu'il  poursuit  un  léopard  que  le  lion  tue 
paiement.   Inquiet,  le  roi  s'adresse  à  un  «  philosophe  »  et 
magicien  qui  estoU  sans  faille  estrait  du  lignage  de  Virgile; 
après  avoir  réfléchi  tout  un  jour,  ce  philosophe  dit  au  roi  que  le 

{ .  Entour  le  temps  de  Noël,  334,  etc. 
•1.   Ici  commence  104,  dont  le  premier  feuillet  manque. 
3.  La  description  du  triste  étJit  de  la  jeune  tille  naufragée  est  un  peu 
délayée  dans  344,  etc. 

i.  Qu'il  aime  mieux  que  ses  autres  frères,  334,  etc. 

.').  Ses  blessures  l'y  obligent,  334.  etc. 

H.  Ghernes,   334. 

7.  Var.  Canor  et  (99,  9i;  Tenmr. 


fîls  de  Chelinde  le  tuera;  il  se  distinguera  comme  le  lion  parmi 
les  animaux  ;  le  léopard  représente  le  mari  de  Chelinde,  qui  n'est 
pas  mort,  mais  mène  une  triste  vie  sur  une  roche  où  il  a  été 
jeté.  Chelinde  accouche  d'un  fils,  que  le  roi  va  lui-même  expo- 
ser dans  la  forêt.  Il  rencontre  le  chevalier  Picorant  *  et  sa 
femme  àfadule^.  Le  roi  leur  dit  qu'il  va  en  une  soe  hesoigne 
et  qu'il  ne  veut  pas  qu'on  l'accompagne.  Madule  le  soup- 
çonne de  tramer  quelque  grant  felonnie:  l'enfant  que  porte 
le  roi  se  met  à  crier.  Madule  n'hésite  plus  :  avec  la  permis- 
sion de  son  mari,  elle  suit  Thanor  sans  se  laisser  voir.  Le  roi, 
qui  ne  peut  prendre  sur  lui  de  tuer  Tenfant,  le  dépose  près 
d'une  fontaine,  dans  l'espoir  quil  sera  la  proie  d'une  hèle 
féroce,  et  s'en  retourne  au  palais.  Madule,  qui  a  tout  vu  de  sa  ^  u  ,.  . 
cachette,  court  à  Tenfant,  le  recueille  et  l'élève  avec  son  mari,  reux  accueil 
On  l'appelle  Âpollo  Vaventureux,  à  cause  de  sa  grande  beauté  erMadule"^*' 
et  parce  qu'il  avait  été  trouvé  de  cette  fai^on. 

3.  Cependant  Sadoc  ayant  longtemps  nagé  avait   réussi  à 
gagnerj^un  rocher  et  y  avait  trouvé  un  ermite  ;  celui-ci  lui  raconte  sadoc  chez  ler 
son  histoire.  Il  est  originaire  de  Sarras.  chevalier  du  roi  Mor-     ™''«  <le  Sai 
drain  et  compagnon  de  la  Table  Ronde  ^.  Le  ciel,  courroucé 

de  ce  qu'il  était  retombé  dans  le  péché  après  que  Joseph 
d'Arimathie ,  qui  l'avait  baptisé,  eut  quitté  Sarras,  fit 
entendre  une  voix  qui  le  menaçait.  Il  s'effraya  et  promit  de  se 
corriger  ;  alors  il  sentit  une  main  le  saisir  par  les  cheveux,  et 
il  fut  transporté  sur  cette  roche  déserte,  où  il  a  vécu  depuis , 
tout  entier  au  service  de  Dieu,  se  nourrissant  d'herbes  sauvages. 
Des  marins  qui  passent  souvent  donnent  du  pain  à  Sadoc,  qui 
ne  peut  se  faire  à  la  nourriture  de  l'ermite  ;  mais  ils  ne 
veulent  pas  l'emmener  parce  qu'il  est  chrétien,  et  il  reste  là 
pendant  trois  ans. 

4.  Chelinde  a,  du  roi  Thanor,  un  fils,  Cicorades'*.  Pebjas,  roi 
de  Leonois^,  pays  voisin  de  la  Cornouaille,  aime  Chelinde. 
Thanor  trouve  un  jour  dans  un  bois  Pelyas,  qui  s'est  égaré  h 
la  chasse,  entraîné  par  un  cerf.  Comme  il  a  pei-du  son  cheval, 
il  le  fait  monter  sur  le  sien  et  le  mène  à  un  de  ses  châteaux, 

1.  Var,  Nicorau{l}l. 

2.  Maldule,  334,  335,  104:  97,  fOO,  iOe.  }tadalic,  'Ji,  99. 

3.  Erreur  de  756.  Compagnon  dp  sa  table.  334,  :s35;  97,  100,  lii-2  : 
103;  ta  remarque  manque  d.  99.  IU4. 

4.  Var.  Cycoradas^  Thycorades. 
h.   Var.  Loonoys,  Loenots. 


—  6  — 

où  est  la  reine.  On  dresse  le  lit  de  Pelyas  dans  la  chambre  à 
coucher  royale.  Il  fait  chaud  ;  Thaaor  se  lève  et,  au  clair  de 
Thanor  jeté  dans  lune,  il  converse  près  d'une  fenêtre  avec  son  chambellan.  Pelyas 
Pelya^'^  ^^'^  s'éveille,  les  voit  et  n'hésite  pas  longtemps  à  profiter  de  Toc- 
casion.  Il  s'élance  sur  eux ,  l'épée  haute.  Thanor  le  voyant 
venir  tombe,  épouvanté,  par  la  fenêtre  dans  la  mer.  Pelyas  le 
croit  mort  et  tue  le  chambellan,  qu'il  jette  à  Teau  ;  puis  il  se 
couche  auprès  de  la  reine,  qui  ne  s'est  aperçue  de  rien  et  le 
prend  pour  son  mari.  Pelyas  lui  ôte  du  doigt  une  bague  que 
Sadoc  lui  avait  donnée,  et  au  matin  il  retourne  en  Léonols 
saDs  qu'on  ait  pu  rien  soupçonner. 

5.  Thanor  est  sauvé  par  deux  pêcheurs,  qui  le  déposent  sur 
la  côte  de  Léon  ois,  près  du  château  de  Liisin  *.  Deux  cheva- 

Thanor  emnri-  liers  le  reconnaissent  et  l'enferment  dans  une  forteresse. 
no?s!^  ^"  ~  Pelyî^s,  qui  le  croyait  mort,  avait  déclaré  la  guerre  au  peuple  de 
Cornouaille  pour  s'emparer  de  ce  pays  et  épouser  Chelinde.  A 
cette  nouvelle,  les  deux  chevaliers  s'en  vont  chez  Pelyas  et  lui 
apprennent  c*  qui  s'est  passé.  Le  roi  leur  ordonne  de  n'en 
rien  dire  à  personne,  pour  qu'on  ne  lui  reproche  pas  de  s'être 
mal  conduit  envers  Thanor,  qui  l'avait  si  bien  traité. 

6.  En  Cornouaille,  on  découvre  le  cadavre  du  chambellan, 
et  on  emprisonne  la  reine  à  cause  de  la  disparition  du  roi.  Le 
frère  de   Thanor,  Palades  - ,   consulte  le   «    philosophe    »  : 

Pelades  fait  ra-  celui-ci  lui  conseille  de  faire  venir  Sadoc,  qui  est  «  dans  un 
mener  Sadoc.  p^yg  g^ggi  éloigné  que  Galilée  »  ;  ce  conseil  est  suivi. 

7.  A  cette  époque,  les  royaumes  de  Cornouaille  et  de  Léo- 
nois  étaient  dans  la  dépendance  du  roi  de  Gaule  et  lui 
envoyaient  tous  les  ans  un  tribut  de  100  demoiselles,  100 
jeunes  hommes  et  100  chevaux  de  prix.  La  Gaule,  de  son  côté, 
payait  tribut  à  Rome,  comme  le  monde  entier.  La  Gaule 
d'alors  était  païenne  ;  le  roi  s'appelait  Maroveus  ^.  Après  sa 
mort,  saint  Rémi  convertit  le  pays  au  christianisme;  le  pre- 
mier roi  chrétien  fut  Clodoys  {Clodoveus)  *.  —  Toujours  sur  le 
conseil  du  «  philosophe  »,  qui  sait  tout,  Palades  va  en  Gaule 

\.   Luisin  94,  99.  Lusyon  104. 

2.  Les  autres  :  Pelades  iPeliades). 

3.  Var.  Meroveus^  Maroneus. 

4.  Clodoveù,  334;  Clodovex,  335;  Clodove%  97,  tOO,  102;  Ctoo- 
t?û,  Ctodeus,  99  ;  Cleovis,  Clodeus^  94  ;  Chdovois,  104  ;  Clovù\03. 


—  7  — 

avec  Sadoc  pour  accuser   Peiyas  devant  Maroveus.  Celui-ci  Combat  de  Sa- 
mande  Peiyas,  qui  nie  tout  et  se  bat  avec  Sadoc  pour  prouver     jyj^  '^^^\,  ^  ^ 
son  innocence.  Sadoc  vainqueur  est  trop  généreux  pour  vou-     Maroveus 
loir  tuer  son  adversaire.   Il  l'engage  à  remettre   Thanor  en     chL"***^*  ^^^ 
liberté  et  à  abandonner  la  guerre;  à  cette  condition,  Sadoc 
s'engage  à  obtenir  du  roi  Maroveus  la  permission  de  cesser  le 
combat.  Peiyas  accepte  et  délivre  Thanor,  qui  rentre  en  posses- 
sion de  son  royaume.  Maroveus  admire  Sadoc  et  voudrait  le 
retenir  à  sa  cour,  mais  Sadoc  le  lui  refuse;  en  partant,  il 
décline  également  l'honneur  de  devenir  le  compagnon  de 
Childeric  *,  le  fils  de  Maroveus. 


8.  Thanor  a  peur  de  Sadoc  et  [lui  Interdit  ses  terres.  Il  va    Sadoc  en  Léo- 
alors  en  Léonois,  affligé  de  ce  mauvais  guerredon  que  le  roi  °°'^' 

lui  rend.  Peiyas  est  averti  de  son  arrivée  par  deux  écuyers, 
qui  ont  rencontré  Sadoc  dans  la  forêt.  Il  tient  à  lui  montrer  sa 
reconnaissance  de  ce  qu'il  l'a  épargné,  et  le  fait  chercher,  mais 
en  vain.  Sadoc  s'est  rendu  à  la  ville  d'^tètne^,  où  réside  le 
roi.  A  l'entrée  de  la  nuit,  il  s'endort  dans  un  temple,  où  il  est 
entré  pour  se  reposer,  à  côté  d'un  individu  qui  garde  le  plus 
profond  silence.  C'est  un  mari  trompé,  JuHus^  qui  s'enfuit 
après  avoir  tué  sa  femme  avec  son  galant,  Canaam  3,  le  fils 
du  grand  juge  de  la  ville  ;  car  les  deux  amants  s'étaient  donné 
rendez-vous  dans  le  temple.  On  prend  Sadoc,  qui  s'avoue  cou- 
pable, croyant  être  accusé  de  la  délivrance  de  Thanor.  On  li 
le  place  sur  un  perron  où  on  avait  coutume  d'exposer  les 
malfaiteurs  pendant  trois  jours  et  trois  nuits.  Peiyas  arrive, 
reconnaît  Sadoc,  mais  il  ne  peut  le  délivrer.  Comme  il  rentre 
désolé,  son  fils  Luce  parvient  à  lui  faire  dire  ce  qui  l'afflige  et 
s'avise  d'aller  tuer  le  père  de  Canaam  en  plein  marché.  Il  es*- 
mis  sur  le  perron,  à  côté  de  Sadoc.  Une  demoiselle  averti*- 
Peiyas,  qui  accourt.  Le  roi  a  le  droit  de  délivrer  l'un  des  deux 
condamnés  à  mort.  11  se  décide  en  faveur  de  Sadoc*.  Lucef 
selon  la  coutume,  va  être  précipité  d'une  haute  roche,  située 
à  quelque  distance  de  la  ville,  mais  ceux  qui  l'y  conduisent 
sont  rencontrés  dans  la  forêt  par  un  géant  cannibale,  qui  les 


est     8CCUSI 
d'assassinat. 


1.  Clidens,   335,  94,  99,  97;    Clodovis,  104;  Clodoris,    103;    cf. 
§13- 

2.  AlbUme,  403. 

3.  Var.  Canahan. 

4.  Réminiscence  de  l'histoire  d'Atlbis  et  de  Porphilias. 


—  8  — 

Luce  délivré  par  chasse  OU  les  tue.  Ayant  délivré  Luce»  il  l'emmène  à  son 
il"  ?Pouse^**îa  repaire  et  lui  offre  en  mariage  sa  fille',  qui  l'aime,  à  condi- 
fliie.  tion  qu'il  restera  auprès  de  son  beau-père.  Il  accepte. 

9.  Pelyas  aime  toujours  Chclinde  et  s'en  plaint  devant 
Sadoc,  qui  promet  de  l'enlever  au  roi  de  Cornouaille.  lï  arrive, 
en  compagnie  de  deux  parents  de  Pelyas,  d'abord  au  chas^ 
tel  de  la  Rocfie^  situé  à  la  limite  des  deux  royaumes,  où 
ils  passent  la  nuit,  puis  à  la  cour  de  Tbanor.  Ils  se  font  pas- 
ser pour  des  messagers  envoyés  par  Pelyas  à  Thanor.  On  leur 
dit  que  le  roi  est  au  chastel  des  Portes  2,  et  qu'il  ira  le  lende- 
main à  la  chasse.  En  effet,  ils  trouvent  le  lendemain  quatre 
demoiselles  de  la  reine  qui  l'attendent  près  d'une  fontaine  où 
elle  viendra  se  rafraîchir  après  la  chasse.  Ils  se  cachent.  Sadoc 

Sadoc  enlève  s'empare  de  la  reine  et  la  fait  enlever  par  un  écuyer.  Ils  ne 
rà*m'our'*ïe  pï'cnnent  pas  immédiatement  la  route  de  Léonois,  afin  de 
Pelyas.  dépister  les  Cornouaillais.  Un  des  chevaliers  de  la  reine  est 

tué  ;  Thanor,  qui  les  poursuit,  est  abattu  et  blessé  par  Sadoc,  qxii 
ne  le  reconnaît  pas.  Il  donne  le  cheval  du  roi  à  l' écuyer  qui 
porte  la  reine,  et  on  retourne  en  Léonois,  où  Pelyas  épouse 
Chelinde. 

10.  Chelinde  reconnaîtcependant  Sadoc,  le  questionne  au  sujet 
de  sa  femme  et  lui  révèle  qui  elle  est.  Désirant  reprendre  la  vie 
commune,  Sadoc  a  recours  aune  ruse  :  il  va  trouver  Pelyas  et 
lui  demande  la  récompense  de  ses  grands  services.  Pelyas 
promet  tout  et  se  voit  par  là  forcé  de  rendre  Chelinde  à  Sadoc. 
Les  époux  n'osent  cependant  rester  longtemps  auprès  du  roi, 
qui  se  désole  d'avoir  perdu  ce  qu'il  aime  et  dont  ils  peuvent 

Sadoc  et    Chc-  craindre  des  représailles.  Ils  s'enfuient  donc  et  arrivent  dans 
fuienf  ensem-  ''*  ^^''^^'^  ****  Géant,  appelée  ainsi  à  cause  du  géant  dont  nous 
ble.    Us   sont  avous  déjà  fait  la  coimaissance.  Il  a  l'habitude  de  proposer 
géanu  ^  ^°'  ^^  ^^-^  passants  une  énigme  :  s'ils  la  devinent,  ils  peuvent  conti- 
nuer librement  leur  chemin;  sinon,  le  géant  leur  coupe  la 
tête.  Nos  voyageurs  le  rencontrent  ;  il  leur  propose  immédia- 
tement son  énigme^  :  «  Il  avait  jadis  un  arbre;   séduit  par 
Ila  beauté  du  fruit,  il  en  prit  la  fleur  et  le  mangea  ensuite.  » 
Sadoc  devine  tjue  l'arbre  est  la  femme  du  géant  et  que  ce 

1.  Pcriinc ,  Perliquc^  J.  Maugiii. 

2.  Ch.  (les  deux  Portes,  334  et  les  autres,  sauf  94,  l)î*.  quidoiineut  : 
ch.  des  deux  Pierres. 

3.  Ces  énigmes  sont  en  forme  de  lais  ;  celle  qui  nous  occupe  débute 
,                 ,  ainsi  :  Un  arbre^  /'et  il,  oi  jadis,  etc. 


—  9  — 

monstre  a  violé  et  mangé  sa  fille.  (Les  géants  cannibales  de 
Cornouailie  et  de  Logi*es  mourront  tous  plus  tard  sur  la  pnère 
qu'adressera  au  Seigneur  saint  Denis^  venu  d'Egypte  *  en 
France).  I>e  géant  force  Sadoc  et  Chelinde  à  le  suivre  chez 
lui;  ils  y  tiennent  compagnie  à  Luce  et  à  sa  femme. 


Pelyas  et  le 
géant. 


Enigmes. 


1 1 .  Un  jour  Pelyas  chassant  dans  la  forêt  y  trouve  le  géant. 
De  part  et  d'autre  on  fixe  des  conditions  '.  le  roi  devinera  deux 
énigmes  proposées  par  le  géant  et  le  géant  une  énigme  propo- 
sée par  le  roi  ;  celui  qui  ne  réussira  pas  aura  la  tête  tranchée. 
Voici  les  deux  énigmes  du  géant  :  «  Il  y  avait  ^  deux  vas- 
saux ^j  Abel  et  Caïn.  Gain  enferma  Abel,  à  l'intérieur  duquel 
il  avait  lui-même  été  enfermé  auparavant;  puis  il  fut  atteint 
par  les  flammes.  »  Pelyas  devine  que  Gaîn  est  le  géant,  qui, 
ayant  mangé  sa  mère,  a  été  frappé  par  la  foudre.  Puis  : 
«  Quelle  est  la  héte*  qui  met  au  monde  deux  petits,  dont  l'un 
voulant  perdre  l'autre  tombe  d'abord  dans  son  propre  piège  et 
est  sauvé  par  ce  dernier  :  puis  l'attrape  et  le  fait  mourir  en  le 
chargeant  de  sa  mère?  »  Pelyas  :  le  géant  a  tué  son  frèi*e  en 
le  couvrant  de  terre.  —  L'énigme  de  Pelyas  :  «  Un  homme 
traitait  fort  bien  un  léopard  ^,  qui  lui  prit  son  cœur  avec  la 
côte  ;  on  peut  encore  voir  circuler  le  corps  sans  cœur.  »  Le 
géant  obtient  du  répit  jusqu'au  lendemain  et  emmène  Pelyas 
chez  lui  ;  le  père  et  le  fils  se  revoient  et  sont  transportés  de 
joie.  Le  géant  réfléchit  dans  la  nuit,  mais  n'arrive  pas  à  devi- 
ner. Il  s'adresse  alors  à  Sadoc,  qui  lui  dit  le  mot  de  l'énigme, 
parce  qu'il  a  peur  de  Pelyas  et  qu'il  désire  quitter  le  géant. 
Celui-ci  lui  permet  en  eflet,  à  titre  de  récompense,  de  s'en 
aller  avec  sa  femme.  Le  géant  peut  donc  dire  à  Pelyas  que 
l'homme  et  le  léopard  représentent  lui-même  et  Sadoc,  qui  lui 
a  enlevé  sa  femme.  Puis  il  retient  Pelyas  chez  lui  ;  il  aime 
beaucoup,  dit-il,  à  s'entourer  de  gens  d'esprit.  —  Sadoc  arrive  Sadoc  et  Che- 
avec  Chelinde  au  château  de  Triadan^,  un  ancien  enchan-  Vrhâan.*^**^' 
leur,  qui  lui  lègue  sa  terre.  Sadoc  et  Chelinde,  qui  ont  presque 
oublié  le  christianisme,  y  restent  plus  de  quinze  ans. 


1.  103  rien  ;  334  et  les  autres,  Grèce. 

2.  Dui  vassal  furent  ja  tnout  bel,  etc. 

3.  Var.  Vessiaux. 

4.  Une  besle  ot  en  cest  paU^  etc. 

5.  Uns  Aoni  prùt  ja  a  un  liepart  compagnie,  et  si  li  fist  part  etc. 

6.  103  :  Tiriadam;  334  et  les  autres  :  Teryadan. 


—   10  — 

12.  ApoIIo,  devenu  grand,  se  distingue  par  sa  force  et  sa 
bravoure;  ii  a  attiré  l'attention  et  gagné  l'amitié  du  roi  Tha- 
nor.  Mais  un  jour  son  père  adoptif  a  l'imprudence  de  commu- 

Nicorant  âssus-  niquer  le  secret  de  sa  naissance  au  roi,  qui  assassine  Nicoraut 
nor.^  P*^*"^**"'  à  lâchasse.  ApoUo  le  trouve  mort  et  Je  transporte  à  la  maison. 
Apprenant  par  sa  mère  adoptive  les  détails  de  son  histoire ,  il 
ne  veut  pas  attaquer  Thanor,  qui  l'avait  armé  chevalier,  mais 
il  s'en  va  pour  chercher  partout  son  père.  Il  tombe  lui  aussi 
Apoilo  et  le  sur  le  géant,  chez  qui  Pelyas  habitait  déjà  depuis  une  douzaine 
Enigmes.  d'années  *,  On  échange  des  énigmes  aux  mômes  conditions 
que  précédemment.  Le  géant  :  «  Il  est  une  chose  ^  qui  naît 
sans  péché,  nette  et  inonde,  et  qui  de  petite  devient  grande. 
Lorsqu'elle  est  devenue  belle,  on  court  sur  elle,  on  lui  arrache 
le  pied  et  on  la  mène  au  plain  \  là,  on  peut  la  voir  courir  de 
plain,  mais  les  traces  sont  trop  soutives  pour  qu'on  puisse  les 
distinguer;  elle  marche  et  court  sans  pied  et  sans  tête.  » 
Apoilo  voit  sans  difficulté  qu'il  s'agit  des  vaisseaux;  mais 
le  géant  ne  comprend  rien  à  l'énigme  que  lui  propose 
Apoilo  :  a  J'ai  vu  un  loup  ^  et  un  agneau  dans  une  mai- 
son déserte,  pluvieuse  et  froide.  L'agneau  court  à  un  petit 
hameçon,  si  gete  au  leu  de  tel  laçon  qu'il  s'endort,  et  l'agneau 
s'enfuit.  »  Sur  sa  prière,  ApoUo  lui  accorde  une  nuit  de 
répit  ;  mais  le  géant  ne  devine  pas  l'énigme,  qui  signifie  la 
mort  prochaine  du  géant  par  la  main  d'ApoIIo.  Kn  vain 
s'adresse-t-il  à  Pelyas,  qui  fait  semblant  de  ne  point  com- 
prendre, pour  i-egagner  sa  liberté  par  la  mort  du  géant.  Celui- 
ci  se  flatte  de  l'idée  qu'ApolIo  n'aura  pas  le  courage  de  le 
tuer;  mais  il  se  trompe.  Quand  il  se  présente  le  lendemain, 

Mort  du  géont.  Apoilo  lui  demande  son  épée  et  le  tue.  Pelyas  retourne  chez 
lui  avec  son  fils,  la  fille  du  géant,  qui  se  laisse  consoler  de  la 
mort  de  son  père,  et  Apoilo,  qui  accepte  l'invitation  de  Pelyas, 

13.  Pelyas  recommence  la  guerre  avec  le  roi  Thanor,  qui 
n'obtient  aucun  secours  de  son  suzerain,  le  faible  roi  de 
France  Galderich  *.  Il  est  aidé  par  le  roi  Gonosor  ^  d'Irlande, 
à  qui  il  oÉfre  de  payer  tribut  dans  le  présent  et  dans  l'avenir. 

1.  La  remarque  manque  dans  334,  104. 

2.  Une  chose  voi  en  cest  monde,  etc. 

3.  En  une  meson  moût  pluieuse^  etc. 

4.  Sic;  Childeric,  334,  97,  400,  102,  103,  335;  Clideris,  104,  94, 
99;  cf.  §7. 

5 .  Thanasor  J .  Maugi  n . 


—  tl  — 

Pelyas  est  tué  à  la  guerre,  et  Luce,  son  fils,  Jui  succède.  On  Mort  de  Pelyas. 
fait  la  paix  :  tout  reste  comme  auparavant,  mais  les  Cornouail- 
lais  continuent  à  payer  leur  tribut  annuel  de  cent  demoiselles, 
cent  jeunes  hommes  et  cent  chevaux  de  prix.  Gela  dura,  dit 
le  romancier,  deux  cents  ans,  jusqu'à  ce  que  Tristan  * ,  le 
neveu  du  roi  Marc  de  Cornouaille,  tua  le  Morhout  dans  l'île 
de  Saint-Sanson  '.  —  On  célèbre  la  fête  de  ma  dame  Venus, 
en  mai,  au  huitième  jour  ^  suivant  la  coutume  romaine.  Son 
temple  est  situé  à  la  frontière  des  deux  royaumes,  dans  un 
petit  bocage,  dit  le  bois  d'Hercule  parce  que  ce  héros  s'y  était 
jadis  battu  avec  un  géant.  Tous  les  ans,  les  rois  de  Cor- 
nouaille et  de  Léonois  s'y  rendent  pour  assister  aux  cérémo- 
nies *.  Pelyas  avait  été  enterré  dans  ce  temple.  Sadoc,  qui 
marchissoit  à  cet  endroit,  va  avec  sa  femme  voir  la  fête.  Il 
rencontre  Thanor,  qui  le  blesse  mortellement  ;  en  se  retirant,  Mort  do  Sador, 
il  attaque  encore  son  61s  ApoUo,  qui  est  venu  avec  Luce  et  T|,(Jjor?  ^*  **** 
qu'il  prend  pour  Thanor  ;  ApoUo  le  tue.  Quand  on  l'a 
reconnu,  on  l'enterre  à  côté  de  Pelyas.  Survient  le  roi  Thanor; 
il  cherche  querelle  à  Luce,  se  bat  avec  lui  et  le  tue.  ApoUo 
venge  son  ami  en  tuant  Thanor.  Tous  deux  sont  enterrés  dans 
le  temple,  et  ApoUo  est  proclamé  roi  de  Léonois,  tandis  que 
Cicorades,  le  fils  de  Thanor  et  de  Chelinde,  succède  à  son  père 
en  Cornouaille.  On  recommande  à  ApoUo  de  se  marier,  et  Ton 
fait  venir,  pour  qu'il  choisisse  une  femme,  toutes  les  tilles  ou 
veuves  du  royaume,  sans  leur  faire  connaître  dans  quel  but 
eUes  sont  mandées.  Ghelinde,  qui  s'est  retirée  dans  un  châ- 
teau où  elle  pleure  la  mort  de  Sadoc,  est  encouragée  par  son 
hôtesse  à  se  présenter  avec  les  autres.  ApoUo  se  décide  en  sa 
faveur  et  épouse  sa  mère.  Ainsi  s'accompUt  le  sonee  de  Thanor^.  Apoiio  épouse 

^  r  D  Chelinde,     sa 

,,-„..  .        ,  .     .  .  ,  mère. 

14.   Saint   Aufjusitnt   le   missionnaire,    survient   et    leur 

découvre  la  vérité.  Chelinde,  exaspérée,  le  traite  de  menteur 

et  le  fait  emprisonner.  Dans  la  nuit,   le  roi  est  effrayé  par  un  Saint  Augustin 

songe  allégorique  :  il  se  voit  arrivé  à  une   vallée  profonde,     p™*'cheUnde^ 

qu'il  a  euvie  de  visiter.  Si  trovoit  .11.  voies  :  Vune  tornoit  a 

désire  et  Vautre  a  senestre.  Et  a  l'entrée  de  ces  .II.  voies  avoit 

i.  334    Tryitran  (m);   756   Tristan  (m),   comme,   en  g«?npral,   les 
autres. 

2.  Voy.  plus  loin. 

3.  Ces  détails  pas  dans  lOi,  103.  J.  Maugin  :  w  Catandes  de   Mai/. 

4.  Ces  détails  pas  dans  104. 

5.  Voy.  §  3.  Souvenir  de  la  légende  d'Cliidipe. 


—   !2  — 

./.  perron;  dessus  ce  perron  avait  hires  qi  disoient  ;  «  Enceste 
voie  a  destre  tome  H  grains^  et  a  la  senestre  tome  la  palle  *.  » 
A  l'entrée  de  la  route,  à  droite,  il  trouve  un  agneau  et,  du 
côte  gauche,  un  loup.  L'agneau  adresse  le  roi  à  saint  Augus- 
tin et  prédit  à  la  reine  les  peines  éternelles.  Le  lendemain, 
Ghelinde,  dont  la  fureur  contre  le  saint  homme  ne  peut 
être  apaisée,  le  fait  monter  sur  le  bûcher  ;  mais  le  feu  s'éteint, 
de  Chc-  et  la  reine  est  frappée  de  la  foudre.  Saint  Augustin  proche  au 
'°  °*  roi  et  lui  explique  le  songe  :  les  deux  routes  mènent  au  para- 
dis ou  à  l'enfer.  Et  sachent  tuit  cil  qi  cest  conte  escouteront 
qe  [se]  il  fust  otroié  a  chevalier  a  deviser  et  livre  de  déduit 
et  de  cortoisie  les  sene/îances  des  anciennes  estoires  qi  a  la 
devine  ^  apartiennent  et  ax  choses  de  saincte  église^  je  endroit 
moij  qi  chevalier  sui,  [si  334]  osasse  bien  deviser  aperte- 
ment  ^  tôt  ainssi  corne  saint  Augustin  les  devisa  au  roi  — 
se  fu  toz  les  poinz  de  la  devinité^  et  a  celui  point  le  converti  et 
le  torna  de  la  loy  paienne  a  la  crestienne  —  tôt  ce  vous  devi- 
sasse je  bien  a  cestui  points  por  ce  qe  a  mon  livre  apartient; 
mes  je  ne  puis,  por  ce  que  l'arcevesque  de  Contorbie^  le  me 
devee,  qi  me  deffent  qeje  ne  mete  chose  en  mon  livre  qi  a  la 
devinité  apartiengne,  et  por  ce  trespasserai  je  oultre  mon 
vouloir  toz  les  sermons  et  toz  les  biax  exemples  qe  [m^nsein- 
gnour  334]  saint  Augustin  dist  au  roiApollo,  et  retorneron  a 
llo  96  fait  la  matière  qe  Ven  ne  puet  lessier.  Le  roi  se  convertit  au  chris- 
baptiser.  ijanisme  :  ce  changement  de  religion  lui  occasionne  une 
guerre  avec  les  Cornouaillais,  qui  sont  battus. 

15.  A  Norhoui,  ville  de  Cornouaille,  vivait  un  «  philosophe  » 
et  «  augure  »,  d'origine  grecque^.  (A  Norhout,  il  y  avait,  en 
effet,  à  cette  époque  païenne,  des  temples  de  Jupiter,  de  Mars, 
de  Saturne  et  d'Apollon,  appelé  le  dieu  de  la  science.)  Notre 
philosophe  entend  parler  de  saint  Augustin  et  fait  construire 
un  temple  en  l'honneur  du  Dieu  des  merveilles  ^,  à  lui 
inconnu.  Après  une  tentative  Inutile  pour  l'empoisonner,  le 

1.  Ce  détail  du  grain  et  de  la  paille  manque  dans  334  et  les  autres. 

2.  La  divinité,  334  et  les  autres. 

3.  d.  apertem.  tottz  les  poinz  de  la  d.  qui  a  ce  apartiennent,  tout  ain' 
sint  comme  s.  A.  l.  d.  au  roi  de  Loenois  a  celui  poitU  que  il  le  converti, 
etc.,  334. 

i.  Cantorbiere,  334,  e.  1.  a. 

5.  ij^on  extraction  n'est  pas  mentionnée  d.  94,  99. 

6.  Cr.  l'autel  du  Dieu  inconnu,  trouvé  à  Athènes*  par  Saint  Paul. 


—  i3  — 

roi  le  fait  mettre  à  mort.  Un  jour,  à  la  chasse,  auprès  d*uue 
fontaine,  le  roi  a  une  vision  :  il  voit  un  lion  sauter  dans  la 
fontaine  et  en  ressortir  sans  être  mouillé,  et  il  entend  une 
vois.  Saint  Augustin,  qui  survient,  poussé  par  la  volonté 
divine,  lui  explique  que  le  lion  représente  le  Christ.  Le  roi  se 
fait  baptiser  par  saint  Augustin,  dans  la  fontaine.  (Là,  Tristan,  Cicorades 
après  la  quête  du  saint  Graal,  tuera  Àrtaman  *,  le  frère  d'An-  chrétien. 
dret^t  et  le  roi  3farc  perdra'  Meraugis  ^^  son  fils  qu'il  a  de 
sa  nièce  ^,  si  petite  créature  qe  il  n  avait  encore  .1.  jor 
entier^  [f*  17].)  Toute  la  Gornouaille  est  convertie  par  saint 
Augustin,  qui  envoie  Jusqu'à  250  ^  de  ses  menistres  dans  le 
pays.  A  la  même  époque,  l'Irlande  devient  chrétienne,  grâce  à 
Joseph  d'Arimathie,  gui  nostre  seigneur  avoit  honnoré  (1.  en- 
voie) en  la  grant  Bretaingne  pour  la  terre  peupler  de  bonnes 
genSt  ainsinc  comme  le  grant  livre  du  latin  le  devvte  tout 
appertement  K  Le  roifionosor  d'Irlande  donne  ses  deux  filles  en 
mariage,  Talnée,  Gloriande^  à  Apollo,  et  la  cadette,  Gemie^, 
qui  est  belle,  mais  méchante,  àCicorades. 

16.  La  reine  de  Gornouaille  conçoit  de  l'amour  pour  un  l*s  amours  de 
chevalier  ;  le  roi,  craignant  pour  son  honneur,  la  fait  enfermer 
dans  une  tour  ;  elle  lui  fait  savoir  qu'on  ne  peut  tenir  une 
femme  enfermée,  ai  elle  ne  le  veut.  En  effet,  pendant  le  som- 
meil du  roi,  Gemie  descend  de  la  tour,  au  moyen  d'une  corde  ; 
son  amant  la  reçoit  dans  ses  bras.  Mais  le  roi  se  réveille, 
aperçoit  tout  et,  furieux,  il  précipite  par  la  fenêtre  les  demoi- 
selles de  la  reine  qui  surveillaient  la  fuite  de  Gemie  ;  l'amant 
s'enfuit.  Au  matin,  le  roi  fait  voir  à  ses  hommes  la  reine  qui 
est  restée  au  pied  de  la  tour  ;  confiante  dans  son  amour,  elle 
n'a  pas  voulu  s'enfuir,  et  le  roi  l'enferme  de  nouveau.  Les 

1.  Var.  dans  334  et  1.  a.  :  Artemant  {Arumant-,  Artement. 

2.  Var.  Ârdret,  Audret  ;  103  :  Sandret,  mais  non  les  imprimés. 

3.  756  -.pendra. 

4.  Maraogyn,  334;  Maraigis,  335,  lOi  ;  Maraogis,  99,  100,  97. 
Moragis,  103;  Marnogis,  lOvV 

5.  Sa  mère,  334,  e.  !.  a.  ;  ce  détail  manque  dans  104. 

6.  334,  335,  94,  100,  102,  97  :  VU  jours  entiers  ;  onze  jours  104; 
sept  mois  103.  Il  n'est  plus  question  de  cette  hii^toire  d'Artaman  dans 
la  suite. 

7.  334  :  240  ;  104  :  200  ;  la  remarque  pas  dans  103. 

8.  Passage  copié  dans  100  et  compare  aux  autres.  Le  «  livre  du  la- 
tin »  pas  dans  103;  104  tout  court  :  l'irl.  fut  convertie  par  Jos.  d'A. 

9.  Gonye,  334,  335  ;  les  autres,  Goyne,  Goine  fJ.  Maugiu,  Mcdee;. 


—  14  — 

entrevues  des  amants  recommencent  néanmoins,  et  la  reine  est 
de  nouveau  surprise  par  son  mari,  qui  feignait  de  dormir ,  une 
nuit  qu'elle  s'apprêtait  à  redescendre  par  la  fenêtre.  Le  roi 
menace  de  la  tuer,  si  elle  ne  l'aide  pas  à  prendre  le  chevalier- 
EUe  a  l'air  d'y  consentir,  lui  passe  sa  robe  et  le  fait  descendre 
ort  do  CicorI-  le  long  de  la  corde,  qu'elle  coupe  :  le  roi  se  casse  le  cou.  Les 
**®*'  '  amants  s'enfuient  chez  un  des  parents  du  chevalier,  Hellie^y 
qui  les  accueille  dans  son  château  de  Norgalois, 

17.  L'autre  sœur,  Gloriande,  se  montre  6dèleetsage.  Une 
Léonoise  est  surprise  en  flagrant  délit  d'adultère  ;  consultée 
par  son  époux,  le  roi  Apollo,  la  reine  déclare  que  cette 
femme,  après  un  tel  crime,  mérite  d'être  brûlée  (f*  19  ■').  On 
suit  son  conseil,  et  l'honneur  d'avoir  établi  la  première  cette 
peine  pour  l'adultère  revient  à  Gloriande  ;  mais  les  dames  la 
haïssent  à  cause  de  cela  et,  dans  la  cité  d'Albine,  Archana  2, 
la  mère  de  la  première  victime,  i-ésout  de  se  venger.  Elle  écrit 
une  fausse  lettre,  se  déguise  en  messagère  et  suit  le  roi  un 
jour  qu'il  est  à  la  chasse  i  quand  il  revient  le  soir,  tout  seul, 
elle  va  au  devant  de  lui  et  lui  dit,  sans  avoir  l'air  de  le  con- 
îloriande  ca-  naître,  qu'elle  porte  une  lettre,  de  la  part  de  la  reine,  à  un 
lomniée.  homme.  Elle  feint  do  ne  vouloir  point  faire  voir  cette  lettre  au 
roi,  qui  ne  l'obtient  qu'après  avoir  menacé  Archana  de  la  mort. 
La  lettre  est  adressée  à  un  beau  chevalier,  nommé  Amanl  3,  Le 
roi  coupe  la  tête  à  la  prétendue  messagère  et  rentre  bien  décidé 
à  montrer  la  lettre  à  ses  barons  et  à  faire  mourir  la  reine,  s'ils  y 
consentent.  Au  château,  il  consulte  un  chevalier  de  Gaule,  son 
ami  intime  *  ;  celui-ci  tente  de  le  rassurer,  mais  n'y  parvient 
qu'à  demi, 

poHo  et  Gio-      *^-   ^^^^  on  s'en  va  eu  France  assister  au  couronnement 

rittiitle    chez  du  roi  Glodoveus  ^.  (La  Gaule  est  devenue  chrétienne  grâce  à 

saint  Rcmi.)  Pendant  qu'on  est  à  tal)le,  le  roi  Apollo,  voyant 

auprès  de  lui   sa  femme,  son  enfant  et  son  lévrier,  sourit, 

rêveur,  Glodoveus  lui  en  demande  la  cause  :  «  Je  pensais,  dit 

1.  Var.  Helie,  Heiyes.  i03  :  Lyel. 

2.  334,  e.  1.  a.    :  Âiarve   [Acame)^   103:  ^/Wne  {confusion  avec  le 
nom  de  la  ville)  ;  le  nom  manque  dans  104. 

3.  Ce  nom  manque  dans  i04  et  d.  J.  Maugin  qui,  au  reste ,  di^Iaye 
tout  co  passage  et  met  on  scène  Brune,  femme  de  chambre  d'Arcbana. 

4.  Appelé  f/0Kn(  par  .T.  Maugin, 

5.  Cf.  §7. 


I 


—  15  — 

Apollo,  que  j'ai  emmené  ici  mon  ami,  mon  ennemi  et  mon  I 
jugleor.  Si  j'avais  aussi  mon  serf,  je  serais  absolument  comme  w 
le  sage  qui  vint  aux  noces  du  fils  de  l'empereur,  n  II  s'explique  : 
«  L'ennemi,  c'est  ma  femme  ;  Tami,  c'est  mon  chden,  et  le  jon- 
gleur, l'enfant.  »  On  rit,  mais  la  reine  se  désole  de  ces  paroles 
malveillantes  ;  toutefois  elle  est  trop  bonne  pour  penser  à  se 
venger.  Clodoveus   amène  la  conversation   sur   la  nouvelle 
peine  instituée  pour  l'adultère  d'après  le  c-onseil  de  Gloriande. 
Le  roi  de  Gaule  introduit  cette  pénalité  dans  ses  états,  où  elle    V 
reste  en  usage  jusqu'aux  temps  à'Ârthur  (f*  20  c).  Celui-ci  | 
tua  dans  TUe  de  Paris  /'ro//e  *,  prince  d'Allemagne,  qui,  ayant    ' 
auparavant  conquis  la  France,  avait  aboli  la  coutume  pour 
sauver  une  femme  qu'il  aimait  ;  puis  Arthur  donna  la  France 
à  Lanceht  du  Lac  et  -  la  femme  à  Bi'andeîis. 

Le  fils  de  Clodoveus  s'éprend  de  Gloriande  ;  désespéré  de    , 
sa  résistance,  il  guette  ApoUo  et  sa  femme  dans  la  forêt  quand  ■ 
ils  partent  ^  ;  il  blesse  le  roi  à  mort  et  le  fait  transporter  dans  Mort  d'ApoUo  et 
un  château  ;  mais  là,  quand  il  se  présente  auprès  de  Glo-    ^^  Gionande. 
riande  pour  lui  faire  sa  cour,  elle  se  jette  par  la  fenêtre.  Il 
la  fait  enterrer  au  plus  ceîeement  qu'il  puet  *.  Apollo  meurt 
malgré  les  soins  qu'on  lui  donne,  et  son  corps  est  jeté  dans 
la  Loire  ^;  son  lévrier  le  repêche  et  lui  creuse  une  fosse  ^, 
qu'il  ne  quitte  point.  Le  fidèle  chien  est  reconnu  par  Clodoveus, 
qui  passe  par  là  en  rentrant  de  la  chasse.  La  vue  de  l'animal 
lui  rappelle   les    paroles  d'Apollo   :   «  Mon  ami,  c'est  mon 
lévrier.  »  Une  demoiselle  lui  apprend  tout  ce  qui  s'est  passé. 
Clodoveus  fait  brûler  son  fils  ;  plus  tard,  il  donne   au   fils 
d'Apollo  et  de  Gloriande,  Candace,  avec  sa  fille  Tressille  '  en 
mariage,  le  Léonois  et  la  Cornouaille,  qui  venait  de  perdre  son 
roi  ;  Candace  et  Tressille  ont  douze  fils,  dont  l'aîné,  Crisides  *,  Candace  et  ses 
règne  sur  la  Cornouaille  après  la  mort  de  son  père.  Le  Léo-  '*  *' 

nois  est  cédé  au  cadet  par  les  dix  autres  frères,  qui  vont  à 
l'étranger  tenter  la  fortune. 

1.  Childeberti.  Maugin.  La  campagne  est  racontée  dans  le  Lancelot. 
P.  Paris,  Romans  de  la  Table  Ronde,  V,  323  ss.  . 

2.  Ce  détail  pas  dans  (04. 

3.  Ce  passage  a  été  changé  par  J.  Maugin. 

4.  Tressan,  p.  36  :  il  la  fait  enterrer  en  pauvre  lieu  et  en  terre  çhc 
onques  ne  fut  bénie. 

5.  104  :  an  une  aiguë. 

6.  Pas  dans  100,  102. 

7.  CressiUe.  334  et  les  autres. 

8.  CiHsieltes.  104  ;  Emides,  97,  100,    102;  Cuses,  le  cadel,   103. 


—  16  — 

MarcdeCcu--  19.  Après  plusieurs  générations*,  Feliœ  fut  i-oi  de  Cor- 
nounilleJ  nouaille;  il  était  mauvais  et  fut  mehaigniè  dans  TégUse  de 
Norhout.  Il  avait  trois  '^  filles  et  deux  fils  ;  son  successeur  fut 
MoA'Cj  ainsi  nommé  parce  qu'il  était  né  un  mardi,  en  mars. 
Il  fist  tant  que  sa  sœur  Helyabel  ^  tut  épousée  par  Meliadus^ 
roi  de  Léonoi8*{f*  21  d). 

20.  Un  jour  le  roi  Meliadus,  chassant  dans  le  bois,  s'arrête 
auprès  du  cadavre  d'un   chevalier.   11  est  abordé  par  une 
demoiselle  enchanteresse,  qui  éprouve  de  l'amour  pour  lui. 
Elle  lui  promet  de  lui  montrer  une  belle  aventure,  s'il  ose  la 
;î      suivre  ;  il  accepte  et  se  laisse  conduire  à  une  tour,  située  sur 
une  roche  noire  ;  il  y  demeure  longtemps,  car  la  fée  lui  a  fait 
perdre  le  souvenir  de  sa  femme.  Helyabel,  qui  est  enceinte, 
va  dans  le  bois  pour  le  chercher,  accompagnée  seulement 
d'une  demoiselle.  Elle  rencontre  Merlin^  qu  elle  prend  pour 
;      un  forestier,  et  qui  lui  dit  qu'elle  ne  reverra  plus  son  époux. 
'      Dans  ce  désespoir,  elle  est  prise  des  douleurs  de  l'enfantement 
lort    d'Helya-  et  accoucho  le  lendemain,  dans  le  bois  ;  elle  meurt  après  avoir 
Trisia"*"^***^  donné  à  son  fils  le  nom  de  Tristcm,  parce  que  tout  est  tris- 
Naissance  de    tesse   pour    elle.    Triste   ving  je   ici^    dit-elle,    et  tristre 
nstan.       acouchai  et  en  tristour  t\n  ei*,  et  la  première  feste  que  je  t'ai 
feite  si  est  en  tristesce  et  en  douleur  (334,  P*  28).  Arrivent 
deux  chevaliers,   proches  parents  de  Meliadus  ;  ils  veulent 
tuer  l'enfant  pour  s'emparer  du  pouvoir,   mais  renoncent  à 
leur  projet  sur  la  promesse  de  la  demoiselle  de  le  cacher  si 
bien  que  jamais  ils  n'en  entendront  parler.  Arrivés  à  la  cour, 
ils  sont  dénoncés  par  Merlin,  qui   raconte  tout  et  indique  le 
moyen  de  retrouver  et  de  délivrer  Meliadus.  Les  chevaliers  sont 
mis  en  prison,  et  ne  regagneront  leur  lil>erté  que  quand  on 
aura  trouvé  l'enfant  sain  et  sauf.  Puis  Merlin  s'adresse  à  Gou^ 
Gouvernai.      ^'6rnal  ^,  jeune  homme  de  haut  parage  **,  né  en  Gaule,  mais 
obligé  de  quitter  ce  pays  pour  avoir  tué  son  frère  par  mes- 
cheance  '  ;  Merlin  le  choisit  pour  être  le  maître  du  nouveau-né 

1.  Ce  passage  parait  avoir  été  fait  à  la  hâte. 

2.  III:  334  et  1.  a.  :  lUI  (quatre) 

3.  ysabel  103  [YsabelleA.  Maug.). 

4.  Dans  la  Tavola  Hitonda,  Meliadus  est  le  frère  de  Marc,  et  Helya- 
bel une  dame  de  lu  liguée  de  Ban  ;  cette  partie  du  nimaii  manque 
cependant  dans  le  ms.  de  la  Lann-ntienne  (Mediceus  . 

ij.   Var.  Gornevai,  Gou/^nevaL  Gouvernail. 

6.  Pasdaus  i04,  103. 

7.  Par  mesch.  pas  dans  les  autres. 


aeham. 


.—  17  — 

et  l'emmène  à  la  fontaiDe  hrahaigne ,  ainsi  nommée  parce  que 
Teau  en  rendait  les  femmes  stériles  ;  à  côté  de  cette  fontaine  se 
trouve  un  bloc  de  marbre  sur  lequel  il  y  a  des  lettres  gravées 
depuis  longtemps  qui  disent  qu'à  cette  fontaine  se  réuniront 
un  jour  les  trois  bons  chevaliers  et  qu'ils  y  parleront  de  la  l 
fiere  beste  *  ;  d'autres  lettres  donnent  les  noms  :  Galaad^  Lan-  ! 
ceiot,  Tristan.  Merlin   apprend  à  Gouvernai    que  l'héritier;; 
du  Léonois  sera  Tun  de  ces  trois  ;  il  faudra  donc  avoir  grand  :ii 
soin  de  Tristan.  Puis  ils  vont  à  la  demoiselle  qui  gardait  l'en-  4 1 
fant,  et  Merlin  lui  dit  de  porter  Tristan  à  Âlhine,  où  elle  trou-  1 
vera  le  roi  Meliadus  délivré  ;  la  demoiselle  s'y  rend.  Le  roi 
remercie  beaucoup  Merlin,  qui  exprime  son  amour  pour  Tris- 
tan, prédit  sa  gloire  et  défend  au  père  de  lui  donner  d'autre 
maître  que  Gouvernai  ;  puis  il  part  immédiatement.  Gouvernai, 
en  effet,  garde  Tristan  fidèlement  toute  sa  vie. 

21.  Le  roi  Marc  de  Comouaille  assassine  lâchement,  à  la 
Fontaine  mu  Lionj  son  frère  Pemeham  ^,  qui  lui  avait  reproché  Mort  de  Per- 
sa  poltronnerie  et  lui  avait  tenu  des  propos  menaçants  au  sujet 
du  tribut  payé  par  la  Comouaille  au  roi  d'Irlande  ;  ce  tribut 
n'était  pas  réclamé  tous  les  ans,  mais  les  exigences  étaient 
à  l'occasion  d'autant  plus  exorbitantes,  et  l'année  même  où 
nous  sommes,  le  sort  était  tombé  sur  la  sœur  du  roi.  Merlin 
grave  sur  un  rocher  le  récit  de  l'assassinat  de  Perneham.  Plus 
tard,  dit  le  romancier,  Gaheriet  trouvera  l'inscription,  et  I^an- 
celot,  instruit  par  lui,  accablera  le  roi  Marc  de  reproches  méri- 
tés'. 

22.  Meliadus  a  épousé  en  secondes  noces  la  fille  du  roi  Uoël 
de  la  Petite-Bretagne  ^.  La  beauté  extraordinaire  de  Tristan 
s'annonce  déjà  lorsqu'il  atteint  l'âge  de  sept  ans  :  Tristan  et 
Lancelot  furent  de  leur  temps  les  plus  beaux  chevaliers  du 
monde.  —  La  reine,  qui  hait  Tristan,  veut  le  faire  mourir  au 
profit  de  son  propre  fils  :  mais  celui-ci,  par  suite  de  l'en-eur 
d'une  demoiselle  chargée  de  sa  garde,  boit  le  poison  destiné  à 
son  demi-frère  :  il  en  meurt,  (f"  24  d.)  La  reine  poursuit  cepen- 

i.  De  cela  aucune  trace  dans  la  suite.  La  Tav.  Rit.  donne  une  expli- 
cation d'après  le  Lancelot  ;  la  fontaine  y  est  appelée  ta  F.  du  Lion,  et 
Galaad  y  est  remplacé  par  Galehout. 

2.  Var.  Penuhan. 

3.  Voy.  §292a. 

4.  De  Nantes  de  la  P.-B.,  103.  La  princesse  est  appelée  Matilde  par 
J.  Maugin. 

Lôsrrii.  ~  Tristan.  l 


—  20  — 

obtient  de  Gouvernai  la  pcrinission  d'entreprendre  la  bataille  ; 
le  61s  de  Meliadus  ne  saurait  être  qu'un  brave.  Sur  Ba  prière, 
Dinft4.  le  roi  Mair  l'arme  chevalier  ;  Ditws,  le  st^néchal.  l'aide  à  revê- 
tir l'armure.  Devant  les  messagers  du  Morhout,  Tristan  défie 
leur  maître  et  se  fait  connaître  comme  le  Qls  de  Meliadus. 
Marc  ne  le  désavoue  pas,  et  les  messagers  s'en  vont  rapporter 
tout  cela  au  Morhout,  qui  accepte  le  défi  et  les  renvoie  pour 
demander  l'endroit  du  combat  :  on  choisit  Vfsle  de  saint  San- 
son,  où  les  deux  combattants  se  rendront  absolument  seuls, 
chacun  dans  son  bateau  *.  —  Gaheriel  admire  le  courage  do 
Tristan.  Dans  les  églises  de  Cornouaille,  on  implore  le  secours 
du  ciel.  Tristan  veille  dans  celle  de  \otre-Dame  ;  puis  il 
dort  un  peu  et  entend  la  messe,  armé  du  haubert  et  des 
cliausses  de  maille.  On  annonce  que  le  Morhout  s'est  embar- 
qué. Tristan  fait  alors  lacer  son  heaume  ;  le  roi  Marc  l'a.ssislc 
lui-môme.  Ensuite  Tristan  entre  dans  son  liateau  et  passe  dans 
file.  11  fait  sortir  son  cheval,  prend  ses  armes  et  repousse  lo 
bateau,  qui  s'en  va  à  la  déhvc  :  «  Le  vôtre,^dit-il  au  Morhout, 
suflil,  quel  que  soit  le  résultat  du  combat.  »  Le  Morbout  lui 
oflVe  en  vain  son  amitié  :  comme  il  ne  veut  pas  renoncer  au 
iribui,  Tristan  refuse  de  l'accepter.  Les  lances  se  brisent,  et  ils 
se  battent  longtemps  à  l'épée  ;  le  Morbout  sent  qu'il  ne  sera 
jMiB  vainqueur.  Après  un  peu  de  repos,  ils  recommencent.  Enfin 
Tristan  enfonce  son  épée  dans  la  t^te  de  son  adversaire  ijus- 
qu'à  la  cervelle),  et  un  fragment  de  l'épée  reste  dans  la  léte. 
Mort  du  Mor-  Le  Morhout,  blessé  mortellement,  court  à  son  bateau,  rejoint 
ses  gens  et  s'en  retourne  à  la  hâte  en  IrLinde  '^.  Marc  envoie 
chercher  Tristan,  qui  est  ramené  en  triomphe. 

39.  Mais  il  a  été  blessé  par  la  knce  empoisonnée  du  Mor- 
hout 3,  et  on  ne  peut  le  guérir.  Il  souffre  beaucoup  et  n'est  déjà 
que  l'ombre  de  lui-môme,  quand  un  jour  une  dame  lui  con- 
seille d'aller  à  Tétraugcr  chei-cher  un  remède.  Il  fait  faire 
une  nacelle  avec  une  petite  voile  et  couverte  d'un  drap  fie  soie 
pour  le  garantir  dos  inclémences  du  temps.  Il  pari  sans 
le  fidèle  Gouvernai,  emportant  avec  lui  sa  harpe,  sa  rote  et  ses 
autres  instruments,  afin  de  s'en  déduire  axtcunc  foiz  dans  le 
voyage.  Il  se  laisse  emporter  au  gré  des  flots  ;  après   demt 

I.  La /lo/r/ifran^ra  germanique. 
?.   Lo  Murhoul  ne  dll  nen  de  sa  8(i»ur,  ni  d'iaout. 
3.  Daii^  la  Tav.  Hii.  le  Murliuul  lui  tire  eu  partaul  une  Qùche  euipui- 
sonnée  qui  le  bt^se  a  la  cuisse  droite. 


—  21  — 


Tristan   en 
Irlande. 


Iseut, 


semaines  de  voyage,  le  hasard  le  conduit  sur  la  côte  d'Irlande, 
auprès  du  château  d'Hossedoc  *  ;  ce  château  appartient  au  roi 
Hanguin  2,  le  père  d'Iseut  ',  la  plus  bêle  pucele  qui  a  celui 
temps  fust  el  monde  et  une  des  plus  sages.  Le  roi  et  la  reine, 
attirés  par  le  son  de  sa  harpe,  descendent  pour  le  voir.  Appre- 
nant, à  son  grand  effroi,  qu'il  est  en  Irlande,  il  dit  qu'il  est  un 
chevalier  du  royaume  de  Logres,  des  environs  de  la  cité  de 
CamcMloth  V  Le  roi  le  recommande  à  sa  fille,  qui  s'entend  à  la 
guérison  des  blessures.  Iseut  lui  prodigue  ses  soins,  découvre, 
au  bout  de  dix  ^  jours,  que  la  blessure  est  empoisonnée  et  le 
guérit;  mais  Tristan,  craignant  sans  cesse  d'être  reconnu,  songe  Tristan  guéri 
à  retourner  en  Cornouaille,  lorsque  arrivent  à  la  cour  Gaheriet,  ^^  ""^ 
Keu  et  Bademagu  ^.  Ils  connaissent  déjà  le  roi  Hanguin  et 

désirent  assister  au  tournoi  proclamé  par  la  demoiselle  des  ^^  .chevalière 
r       ...        .1.,.,  ,         -  1  •...      arnvant  pour 

Landes ';  celle-ci  doit  épouser  le  vainqueur  du  tournoi  :  s  il     assister  au 

ne  veut  pas  se  marier,  le  roi  d'Irlande,  cousin  de  la  dame,  lui  château  de **ia 
donnera  le  fié  deX^  chevaliers  {XI  756)  en  guerredon  de  celé  Lande. 
jomee.  Gaheriet  ne  reconnaît  pas  Tristan,  que  sa  maladie  a 
beaucoup  changé  (P  32  b.),  mais  Tristan  le  reconnaît  et  le  prie 
de  ne  pas  insister  pour  savoir  son  nom.  Le  roi  Hanguin  veut 
assister  au  tournoi  incognito  et  invite  Tristan  à  l'y  accompa- 
gner, bien  que  celui-ci  n'ait  pas  encore  repris  toutes  ses  forces. 
Chemin  faisant,  on  rencontre  Gauvain^  qui  se  rend  également 
au  tournoi  ;  son  écuyer  est  l'ancien  messager  de  Belide  ^  ;  Tris- 
tan défend  encore  au  jeune  homme  de  révéler  son  nom  et  lui 
promet  de  l'armer  chevalier  ;  puis  tous  font  route  de  conserve. 
Il  vient  à  passer  un  chevalier  portant  deux  épées.  Suivant  la 
coutume  du  royaume  de  Logres,  c'est  un  symbole  :  celui  qui  le 
porte  annonce  parla  qu'il  ose  se  mesurer  avec  deux  adversaires 
à  la  fois  :  s'il  était  vaincu  par  un  chevalier  qui  n'appartînt  pas  à 
la  Table  Ronde,  il  ne  devrait  pas  porter  les  armes  jusqu'à  un 
an  et  un  jour.  Le  lendemain,  Tristan  arme  chevalier  le  jeune 


i.  So]sedeeh  104,  Hessedoe  103  [Besedoeq  758,  J.  Maugin). 

2.  Var.   Ânguyn,    Angxn  [Anguis);  J.   Maugin  :  Àrgius,  de  même 
Verard  et  Janot,  mais  103  :  Angyns,  aussi  Tressan. 

3.  Var.  îsoU. 

4.  334  et  1.  a.  :  un  chevalier  de  Léonois,  près  d'Albine, 

5.  13  jours  4.  Maugin. 

6.  Var.  Bandemagu,  Baudemagu. 

7.  ProcL  par  le  roi  d'Ecosse,  758. 

8.  334  et  1.  a. 

9.  il  n'a  pas  été  raconté  que  cet  écuyer  avait  quitté  Tristan  (cf.  §  27). 


—  22  — 

écuyer  Hebes  *  le  renommé,  qu'il  a  décidé  à  prendre  congié 
a  Gauvain  ;  ainsi  retardé,  Tristan  n'arrive  au  tournoi  qu'après 
le  roi  d'Irlande. 

Le  tournoi.  30.  Ce  tournoi  a  lieu  devant  le  château  de  la  Lande^.  Le  roi 
Aguisant  d'Ecosse  prend  parti  pour  les  chevaliers  du  châ- 
teau, contre  le  roi  des  Cent  Chevaliers,  qui  tient  la  terre  de 
Galehout,  roi  des  Iles  lointaines,  malade  depuis  tout  un  an  et 
demi.  Le  romancier  remarque  en  passant  que  lancelot  était 
nouveau  chevalier  à  cette  époque.  Parmi  les  partisans  du  roi 
des  Cent  Chevaliers  figurent  Ivain^y  Gauvain,  Gaheriet,  Gtwr- 
ref*,  Bademagu,  Keu,  DodinellesdLUvag&.Sagremor.Guivretle 
petit,  Gifflet'^,  tous  compagnons  delà  Table  Ronde,  sauf  Bade- 
magu, qui  n'est  encore  que  de  Vostel  (var.  la  maison)  le  roi 
Artu.  On  est  près  de  triompher  de  ceux  du  château,  quand 
arrive  le  chevalier  aux  deux  épées,  qui  porte  un  écu  noir  ;  il  se 
range  du  côté  des  vaincus  et  met  bientôt  les  adversaires  en 
fuite.  Le  roi  des  Cent  Chevaliers,  qui  aime  la  jeune  Iseut, 
craint  d'être  méprisé  d'elle,  si  son  parti  est  définitivement 
■Caincu,  et  fait  remettre  le  tournoi  au  dixième^  jour.  Le  roi 
d'Ecosse  suit  le  chevalier  aux  deux  épées  et  lui  dit  qu'il  a 
gagné  la  demoiselle  des  Landes,  mais  le  chevalier  répond 
qu'il  ne  peut  pas  se  marier  et  part  ;  le  roi  d'Irlande  le  rejoint 
à  son  tour  et  lui  fait  promettre  de  rester  avec  lui  tant  qu'il 
sera  dans  son  royaume  ;  ce  chevalier,  qui  est  païen,  c'est  Pala- 
mède,  le  douzième  fils  d'Esclabor  le  méconnu. 

Igeut  aimée  de      ^1.  Palamède  se  prend  aussitôt  d'un  vif  amour  pour  Iseut: 

Païamède.     Tristan,  qui  jusque-là  n'avait  guère  éprouvé  de  sentiments 

pour  elle,  s'éprend  sérieusement  en  voyant  l'amour  de  Pala- 

Brangain.      mède.  Les  deux  rivaux  se  haïssent'.  Brangain^y  la  compagne 

et  l'amie  d'Iseut,  le  lui  fait  remarquer.  Iseut  dit  qu'elle  pré- 

1.  d\,  99  :  Ilelyes.  Cf.  §505. 

2.  Var.  des  Landes;  103,  104  aussi  ;  de  Glandes. 

3.  Ivain,  nommé  ainsi  tout  court,  est  toujours  Ivaia  de  Galles  (ou 
Ivaiû  le  Grand),  le  fils  d'Urien. 

4.  Var.  Guerrehei  ;  Guerrehes{z]  ;  756  porte  Gaherei  :  la  confusion  de 
ces  doux  noms  est  constante  dans  les  mss. 

5.  Var.  Gir/Ict,  Gisflet,  Guifflet. 

6.  Quinzième  758. 

7.  Il  existe  un  vieux  livre  italien  de  N.  di  Agosiini  (cf.  Brunet, 
Manuel)  sur  Y Innamoramento  di  Tristano  et  di  Madonna  Isotta. 

8.  Var.  Brangien. 


—  23  — 

fèrerait  Tristan,  s'il  était  aussi  preux  chevalier  que  Palamède. 
Tristan  entend  par  hasard  leur  conversation.   Il  feint  d'être 
encore  trop  malade  pour  assister  au  tournoi,  mais  il  se  pro- 
pose d'y  aller  incognito  dans  fespoir  de  vaincre  Palamède  ;       1    i  /-.  1 
s*il  est  vaincu  lui-même,  il  ne  veut  jamais  revoir  Iseut.  Pala- 
mède est  déjà  parti  depuis  trois  jours.  Le  roi  se  rend  avec  une  ^t?  ^i  Y 
grande  suite  au  tournoi  pour  en  être  spectateur.  Tristan,  resté  \.v^' 
au  château,  ne  sait  comment  faire  pour  se  procurer  des  armes. 
Brangain,  qui  l'aime  sans  oser  le  lui  avouer,  lui  demande          '  \        j 
pourquoi  il  est  triste,  a  Je  vous  le  dirais,  répond-il,  si  je  vous          '  \  J^ 
croyais  capable  de  m'aider.  »  Brangain  jure  de  faire  tout  ce            ^ 
qu'elle  pourra  ;  elle  lui  procure  un  cheval  et  une  armure 
toute  blanche  et  lui  donne  pour  compagnons  (écuyers)  ses  deux 
frères  Perrin*   et  MataeV-^  en  promettant  de  lui  garder  le 
secret.  Quand  Tristan  arrive  au  tournoi,  Palamède  est  partout 
vainqueur,  malgré  les  efforts  du  roi  des  Cent  Chevaliers.  Tris- 
tan renverse  Palamède  avec  son  cheval  et  repousse  les  gens  du 
château.  Palamède  s'en  va  désespéré.  Son  rival  le  poursuit  Tristan    vain- 
pour  lui  faire  encore  plus  de  honte,  afin   qu'il   n'ose   plus     gjeurdutour 
désormais   lui  disputer  le  cœur  d'Iseut.    11  lui  crie  de  se 
défendre,  pour  qu'on  puisse  voir  lequel  est  le  plus  digne  de 
Tamour  d'Iseut  ;  Palamède  comprend  ainsi  à  qui  il  a  affaire.  Il  est 
désarçonné.  Tristan  quitte  le  tournoi  et,  bientôt,  rencontreiine 
demoiselle  de  l'hôtel  d'Arthur^.  Comme  elle  s'informe  qui  La  demoiselle 
est  le  vainqueur  du  tournoi,  il  pensse  un  pou  et  répond  :       d Arthur. 
ff  La  plus  belle  demoiselle  que  j'aie  vue,  »  mais  refuse  de  la 
nommer.  A  la  prière  de  la  demoiselle,  il  ôte  son  heaume  ;  elle 
est  en  quête  du  chevalier  qui  conquit  la  Douloureuse  Garde  et 
croit  d'abord  le  reconnaître  dans  Tristan,  quoique  celui-ci  soit 
un  peu  moins  beau^  Tristan,  sans  se  nommer,  dissipe  son 
erreur  et  s'éloigne.  Peu  après,  la  demoiselle  trouve  Palamède, 
qui  se  désole  à  l'endroit  où  il  est  tombé  de  cheval.  Quand  elle 
lui  apprend  que  son  vainqueur  n*est  pas  de  l'hôtel  d'Arthur, 
Palamède  jette  ses  armes,  qu'il  ne  pourra  reprendre  qu'au  bout 
d'un  an  et  un  jour.  Après  qu'il  l'a  quittée,  la  demoiselle  ren- 
contre Gauvain,  qui  cherche  Lancelot  par  ordre  d'Arthur.  Elle 

1.  334  :  Perym;  335.  99  :  Pernimfn];  94  :  Puin;  97,  100,  i02  : 
Perinù;  104  :  Pemus  ;  103  :  Pinis  et  Perinù  (cf.  §547  b)  ;  Maugin, 
Verard.  Janot  :  Permis. 

2.  OuMathael;   103  (Ver..  Jan.i  :  Mathanael;  Maugin  :  Retenu. 

3.  Cet  épisode  n'est  pas  dans  la  Tav.  Rit. 

4.  C'est  Lancelot,  cf.  le  roman  fP.  Paris,  Rom.d.  l.  T.  R.,  III,  154  ss). 


—  24  — 

retourne  avec  lui  dans  la  Grande-Bretagne.  Gauvain  trouve  les 
armes  de  Palamède  et  suspend  l'écu  à  un  arbre. 

32.  Après  avoir  déposé  ses  armes  près  d'une  fontaine,  Tristan 
rentre  de  nuit,  furtivement.  Aux  questions  de  Brangain,  il 
répond  d'une  manière  évasive  ;  mais  comme  il  porte  de  nom- 
breuses marques  des  coups  qu'il  a  reçus,  l'on  se  doute  bien 
qu'il  a  pris  part  au  tournoi.  Trois  jours  après,  le  roi  revient 
avec  ses  compagnons.  Ils  parlent  beaucoup  du  chevalier  aux 
''pour  vainqueur  armes  blanches,  qui  a  remporté  le  prix  du  tournoi.  Ils  croient 
à  la  cour.  103  :  que  c'est  Lancelot,  qui,  lui  aussi,  a  l'habitude  de  s'éloigner  en 
leMrpear"'^^  cachette  après  le  triomphe.  Brangain  alors  devine  tout;  le 
lendemain,  elle  conduit  le  roi  dans  une  chambre  où  elle  a 
mis  l'écu  blanc  de  Tristan  et  lui  communique  ce  qui  s'est 
passé.  Le  roi  ne  peut  obtenir  de  Tristan  qu'il  dise  son  nom, 
mais   réussit   à  lui   faire  avouer  qu'il  a   porté   les    armes 
blanches  '.  Le  roi  voit  d'un  œil  favorable  l'amour  de  Tristan 
I       pour  sa   fille  ;  mais  Iseut,  trop  jeune   encore  pour    sentir 
l'amour,  n'aime  ni  ne  hait  le  vainqueur  de  Palamède  ^. 

Tristan  au  bain.      33.  Un  jour  Tristan  prend  un  bain;  il  est  assisté  par  la 
reine,  Iseut  et  d'autres  dames  ;  on  est  très  gai.  Tout  à  coup,  un 

1.  Dans  103 ,  Tristan,  pressé  par  le  roi,  so  donne  le  nom  de  Tam- 
tris  (pas  ailleurs). 

2.  Ici  (immédiatement  avant  l'épisode  de  Tristan  au  bain)  103  et 
les  imprimés  [Verard,  Janot,  Maugin)  donnent  le  récit  du  combat 
contre  le  serpent,  dont  Maugin  a  fait  un  monstre  marin;  ni  les 
autres  mss.,  ni  la  Tav.  Bit.,  ni  Tressan,  ni  Dunlop,  ni  l'Encycl. 
Brit.  ne  connaissent  cet  épisode  (f"  42  b).  Ce  monstre  vient  deux  fois 
par  semaine  dé-vorer  ce  qu'il  peut  trouver.  Le  roi  a  promis  de  donner  à 
celui  qui  le  tuerait  la  moitié  de  son  royaume  et  Iseut,  sa  fille,  en 
mariage.  Tristan  tente  l'aventure  :  il  enfonce  son  épée  dans  le  corps 
du  monstre  et,  après  l'avoir  achevé,  lui  coupe  la  langue,  qu'il  boule  en  sa 
chausse;  peu  après  il  tombe,  étourdi  par  l'effet  du  venin.  Le  sénéchal 
du  roi,  Aguynguerren  le  roux  (Aguinguerrant,  Maugin),  trouve  le  ser- 
jtent  mort  et  lui  tranche  la  tète,  qu'il  apporte  au  roi  dans  le  but  de  se 
faire  passer  pour  le  vainqueur  ;  mais  comme  il  n'a  jamais  montré 
beaucoup  de  bravoure,  Iseut  et  la  reine  ne  le  croient  pas  capable  d'un 
tel  exploit  et  obtiennent  que  le  mariage  soit  remis  à  huit  jours.  Accom- 
pagnées de  Perinis  (les  imprimés  :  Permis]  et  Mathanael,  elles  s'en 
vont  regarder  le  serpent  tué  et  découvrent  Tristan  à  demi-morl.  Il  est 
transporté  au  palais,  où  Iseut  le  guérit  bientôt.  Au  moyen  de  la 
langue  du  serpent,  Tristan  prouve  Timposture  du  sénéchal,  qui  est  mi» 
à  mort.  —  Suit  l'épisode  de  Tristan  au  bain. 


—  25  — 

valei  *,  parent  de  la  reine,  découvre  l'épéc  ébréchée  de  Tristan, 
placée  sur  un  lit,  et  la  fait  voir  à  la  reine  ;  celle-ci  court  cher- 
cher le  fragment  d'épée  qu'on  avait  retiré  de  la  blessure  du 
Morhout  et  qu'elle  conserve  enveloppé  dans  un  drap  de  soie 
et  renfermé  dans  un  écrin  '.  Le  fragment  s'adaptant  bien  à  la 
brèche,  Tidentité  de  Tristan  est  établie.  La  reine  ^,  hors  d'elle, 
veut  le  tuer  pour  venger  son  frère,  le  Morhout,  mais  le  valett 
puis  le  roi,  qui  survient,  attiré  par  les  cris,  l'en  empêchent. 
Après  quelque  hésitation,  le  roi  fait  mettre  Tristan  en  liberté, 
en  le  menaçant  cependant  de  la  mort,  s'il  ose  reparaître  en 
Irlande.  Tristan  part,  accompagné  des  deux  frères  de  Bran-  Banni  d'Irlande, 
gain  *.  Il  arrive  en  Oornouaille  et  trouve  le  roi  Marc  au  châ-  coroouSfe.*" 
teau  de  Tintagel^.  Il  raconte  ses  aventures  et  vante  la  beauté 
d'Iseut,  mais  ne  parle  pas  du  rôle  qu*il  a  joué  dans  le  tournoi 
(f  37). 

34.  Une  belle  dame,  fille  d'un  comte*,  mariée,  s'éprend  de!  Amours  de  Tris- 
Tristan  et  lui  d'elle  ;  car  il  ne  pense  plus  à  Iseut.  Cette  dame  ;   UJjnîe  dlTsi^ 
lui  fait  dire  par  son  nain  de  venir  la  voûTi  armé,  à  la  Fontaine  ;  gurade. 
du  Pin.  Le  roi  Marc  retient  le  nain,  qu'il  a  vu  conseillier  avec! 
Tristan,   le  contraint  de  tout  confesser  et  lui  apprend  quej 
lui-même  est  amoureux  de  sa  dame.  Le  résultat  de  leur  entre- 
tien est  que  le  roi  Marc  va  lui-même  au  rendez-vous  pour  tuer 
Tristan  ;  il  se  croit  bien  supérieur  en  prouesse  à  son  neveu,  et  ' 
compte  bien  prendre  la  place  de  Tristan  auprès  de  la  dame. 
Hais  il  est  renversé  de  cheval  et  grièvement  blessé  par  Tris- 
tan, qui  ne  le  reconnaît  pas.  IjO  nain  amène  chez  la  dame  le 
vainqueur  également  blessé.  Le  mari  survient,  et  Tristan  se  ■, 
sauve.  Sa  blessure  s'était  rouverte,   et   les  draps  sont  tout  , 
ensanglantés  ;  la  dame  prétend  qu'elle  a  saigné  du  nez  ;  iKtn 
mari  n'en  est  point  dupe,  la  force  de  lui  dire  la  vérité  et  se . 
met  à  la  poursuite  de  Tristan  :  il  est  désarçonné,  mais  Tris- 
tan, de  nouveau  blessé  plus  gravement,  est  obligé,  après  son 
retour  à  Tintagel,  de  se  mettre  au  lit.  Le  roi  Marc,  qui  lui- 

1 .  Dans  Tr^san,  c'est  uae  gente  pucelU. 

2.  334;  756  porte  estuet, 

3.  Maugin  l'appelle  Yrene. 

4.  Dans  la  Tav.  Bit.  la  tempête  le  Jette  en  Léonois,  où  il  venge  l'as- 
sassinat de  son  père  et  laisse  les  frères  de  Brangain  maîtres  du  pays 
pour  cinq  ans. 

5.  Var.  Tintajol,  Tintaguel,  (  rarement)  rinia/wZ  ;  103,  Tinthanel, 
mais  Verard,  Janot,  Maugin,  Cintagel  ;  Tressan,  Cintageul. 

6.  Fille  d'un  comte,  pas  dans  103.  Maugin  l'appelle  Phenict. 


—  26  — 

même  garde  le  lit  à  cause  de  ses  blessures,  s'imagine  être  le 
seul  auteur  des  blessures  de  notre  héros.  Lorsque  tous  deux 
sont  guéris,  le  roi  tient  cour  plénière  à  roccasion  de  la  fôte 
de  Noël.  I>a  dame  et  son  mari  sont  présents  V  Ce  mari  se 
nomme  Seguraàes  ;  c'est  lui  qui  combattit  plus  tard  avec  Gau- 
vain ,  qui  voulait  épouser  par  force  la  dame  de  RoestoU  ^. 
Bîioàeris^  arrive.  Le  roi  Marc  lui  permet  de  choisir  une  dame 
et  de  l'emmener,  si  elle  ne  peut  être  défendue  par  son  cheva- 
Combatde  Blio-  lier.  Il  prend  la  femme  de  Segurades,  renverse  celui-ci  et  s'en 

bsrîs  et  Sbeu  o  > 

rades.  ^^  ^^cc  elle.  Le  mari  désolé  passe  plus  tard  en  Logres.  Tris- 

tan n'ose  poursuivre  Blioberis,   craignant  la  colère  de  son 
oncle,  et  d'ailleurs  retenu  par  le  conseil  de  Gouvernai  *. 
Andret.  On  voit  passer  deux  chevaliers  '.  Marc  envoie  Andret^  son 

neveu,  pour  les  inviter  à  se  rendre  à  la  cour.  Andret  est  che- 
valier nouveau  à  cette  époque;  il  est  très  jaloux  de  Tristan  ^. 
Ce  dernier  est  en  train  de  jouer  aux  échecs  avec  un  cheva- 
lier, lorsqu'une  demoiselle  vient  à  la  cour  et  l'accable  de 
reproches  sans  dire  pourquoi.  Tristan  s'arme  et  s'en  va  après 
elle,  accompagné  de  Gouvernai.  Andret,  cependant,  prie,  de  par 
le  roi,  les  deux  chevaliers  —  Sagremor  et  Dodinel  le  sauvage 
—  de  venir  avec  lui  à  la  cour  ;  comme  ils  refusent,  Andret 
veut  les  emmener  malgré  eux,  en  tirant  le  cheval  de  Sagre- 
mor par  la  bride;  il  est  désarçonné  ;  ayant  rencontré  Tristan 
et  Gouvernai,  tous  trois  se  mettent  à  la  poursuite  des  che- 
valiers ;  Tristan  les  attaque,  contre  le  conseil  de  Gouvernai,  et 
Sagremor  et  Do-  les  renverse.  Sagremor  est  désolé  quand  il  apprend  que  son 

na  ^T  ■*^*""*  vainqueur  est  de  Gornouaille  ;  il  jette  ses  armes.  Tristan  et 
Gouvernai  passent  la  nuit  dans  la  maison  d'une  dame 
veuvBy  dont  le  fils  croit  reconnaître  celui  qui  a  remporté  le 
prix  du  tournoi  en  Irlande,  mais  Tristan  nie  tout.  Le  lende- 

i .  Dans  la  Tav.  Rit.  (p.  94),  Tristan  aperçoit  sur  la  neige  trois  gouttes 
de  sang  d'un  oiseau  tué  par  Andret  ;  cette  vue  le  jette  dans  une  pro- 
fonde rêverie  :  il  dit  à  Marc  que  ces  couleurs  lui  ont  rappelé  la  beauté 
d'Iseut.  Ge  lieu  commun  paraît  emprunté  au  roman  de  Perceval. 

2.  Roestoc  334,  104,  94.  99,  335  (Rohestoc).  97,  100,  102,  Mestocc 
[Mestot]  ;  manque  dans  103.  Pour  cette  dame  do  Roestoc,  qui  ne  vou- 
lait pas  de  Segurades,  cf.  le  Lancelot  (P.  Paris,  Rom.  d.  l.  T.  R.,  III, 
295  ss). 

3.  Var.  Bliohleris,  Blyomberis. 

4.  Cette  défense  de  Gouvernai  pas  dans  103. 

5.  Pas  dans  la  Tav.  Rit.,  qui  abrège  ici. 

G.  334,  335,  94,  99,  103,  104  ajoutent  qu'Andret  est  Ûls  de  cette 
sœur  de  Marc  qui  avait  été  envoyée  en  Irlande  pour  le  tribut;  cf  §  21 . 


—  27  — 

main,  on  atteint  la  demoiseUe  et  BUoberis  avec  sa  dame.  Le 

combat  reste  indécis,  BUoberis  se  déclarant  vaincu:  mais  la  combat  avec 

dame,  à  qui  on  laisse  le  choix,  donne  la  préférence  à  Bliobe-      Blioberia. 

ris,  parce  que  Tristan  n*a  pas  eu  le  courage  de  la  défendre 

devant  le  roi  Marc  '.  Tristan  et  Gouvernai  retournent  à  la 

cour,  où  Andret  est  déjà  arrivé. 

35.  Le  roi  a  peur  que  Tristan  ne  le  prive  de  son  royaume, 
et  Tristan,  averti  par  Gouvernai,  sait  que  son  oncle  le  hait 
mortellement.  Le  roi  veut  savoir  tout  ce  que  son  neveu  a  déjà 
fait  en  chevalerie,  et,  devant  «  maint  prud'homme  »,  il  lui  fait 
jurer  do  raconter  tous  ses  exploits  ;  Tristan,  par  conséquent, 
ne  peut  rien  dissimuler.  Marc  désirant  se  débarrasser  de  son 
neveu,  est  enchanté  de  profiter  de  l'occasion  offerte  par  ses 
barons  et  par  le  héros  lui-même,  qui  lui  recommandent  ins- 
tamment de  prendre  femme  :  à  la  prière  du  roi,  Tristan  jure 
en  tendant  ses  mains  vers  une  chapelle  de  faire  tout  ce  qui  va 
lui  être  demandé.  «  Je  veux,  dit  Marc,  que  vous  alliez  en 
Irlande  demander,  pour  moi,  en  mariage  Iseut,  dont  vous  avez 
tant  loué  la  beauté  devant  moi.  »  Tristan  voit  bien  que  le  roi 
veut  le  perdre,  mais  il  ne  peut  se  soustraire  à  l'accomplisse- 
ment de  son  serment  :  il  part  avec  Gouvernai  et  quarante 
chevaliers,  qui  sont  très  affligés  d'aller  dans  un  pays  où  ils^ 
s'attendent  à  trouver  la  mort.  t 

36.  Une  tempête  les  jette  sur  les  côtes  de  la  Grande-Bre-  Tnstan  en  Lo- 
tagne,  aux  environs  de  Camaaloth  '*.  Le  roi  Arthur  est  en  ce         *^®*" 
moment  à  Carduel  '^.  Tristan  et  ses  compagnons  dressent  six 

pavillons  et  rangent  leurs  écus  sur  la  plage.  Arrivent  Marga- 

nor  et  Hector  des  Mares,  chevalier  nouveau,  fils  de  bast  du  roi 

Ban  de  Benotc,  et  frère  de  Lancelot,  mes  Lanceht  n'en  savoU 

nule  riens  ne  Hector  autressi.  On  joute,  et  Tristan  les  renverse  Marganor  et 

tous  les  deux.  Hector,  furieux,    jette  ses  armes    quand  il     ^j^***^         ' 

entend  dire  que  son  adversaire  est  de  Gornouaille.  Il  s'en  va  à 

pied  avec  Marganor,  qui  a  conservé  son  cheval. 

Le  roi  d*Irlande  survient;  Tristan  et  lui  s' entrefont  joie  et  Le  roi  d'Irlande. 
(este  grant^  car  Hanguin  a  besoin  du  bras  de  Tristan  ;   il 
raconte  qu'un  tournoi  a  eu  lieu  devant  le  château  des  Landes; 
quatre  frères  de  la  lignée  du  roi;Ban  en  ont  remporté  le  prix,  et 
le  roi  d'Irlande  leur  a  offert  l'hospitalité  dans  son  château.  L'un 

1.  Elle  préfère  Tristan  malgré  sa  trahison,  dans  la  Tac.  Bit.  (p.  95). 

2.  Var.  Kamalot^h) 

3.  Var.  Gardueil^'l). 


Yistan  envoyé 
en  Irlande  par 
Marc  pour  de- 
mander Iseut 
en  mariage 
pour  le  roi. 


—  28  — 


ton  afTairo  avL'c  d'eux  ayant  été  tué,  ou  ne  sait  comment,  Blanor  ^  frère  de 
Blanor.  Blioberis,  a  défié  Hanguin.  Celui-ci  se  rend  à  Ja  cour  d'Arthur, 
sur  l'ordre  de  ce  prince,  pour  un  combat  singulier  (P*  46  a). 
Le  roi  d'Irlande  n'ose  braver  Arthur  :  d'autre  part  il  est  cer- 
tain d'être  vaincu  dans  un  combat  avec  Blanor.  Il  prie  donc 
Tristan,  dont  il  a  jadis  sauvé  la  vie,  de  le  remplacer,  et  Tris- 
tan s'en  charge  avec  empressement,  en  faisant  promettre  au 
roi  de  lui  accorder  en  échange  un  don  :  il  espère  ainsi  obtenir 
Iseut  pour  le  roi  Marc.  II  défend  à  ses  gens  de  dire  son  nom 
quand  on  sera  à  la  cour. 


L'écu  fendu. 


Brehus  sans 
Pitié. 


37.  Survient  une  demoiselle,  portant  un  écu  fendu.  Aussitôt 
que  Tristan  lui  a  dit  son  nom,  elle  lui  raconte  que  Técu  ne 
sera  de  nouveau  entier  que  le  jour  où  un  chevalier,  qu'elle  ne 
veut  pas  nommer  et  qui  aime  une  haute  dame,  sera  parvenu 
au  comble  de  ses  vœux.  Avant  de  quitter  Tristan,  elle  lui 
apprend  que  Caradoc  et  le  roi  d'Ecosse  sont  arrivés  à  la  cour 
pour  assister  au  combat  et  veiller  à  ce  que  tout  se  passe  dans 
les  formes,  et  que  presque  toute  la  lignée  de  Ban  s'y  trouvera 
en  l'honneur  de  Blanor,  qui  est  un  fort  bon  chevalier.  Cette 
demoiselle  est  la  messagère  de  la  dame  du  Lac,  qui  avait 
élevé  Lancelot  et  qui,  aimée  de  Merlin,  l'avait  enfermé  vivant 
dans  un  tombeau.  La  dame  du  Lac  envoie  l'écu  à  la  reine  Gue- 
nievre,  pour  lui  prouver  qu'elle  connaît  ses  amours  avec  Lan- 
celot. Celui-ci  est  pour  le  moment  avec  Galehout,  ce  prince 
qui  mourut  de  chagrin  quand  il  crut  avoir  perdu  Lancelot. 
Ces  détails  n'appartenant  pas  à  notre  matière,  nous  allons 
reprendre  le  thème  *. 

On  va  partir,  lorsque  la  demoiselle  reparaix  éplorée  :  Bre- 
hus 3  sans  Pitié  lui  a  enlevé  l'écu.  Tristan  le  poursuit,  l'abat 
et  le  ramène  à  la  demoiselle,  à  qui  l'écu  est  rendu.  Puis  Tris- 
tan, qui  connaît  de  réputation  Brehus,  lui  dit  d'aller  trouver 
Gauvain,  son  ennemi  mortel,  pour  qu'on  voie  comment  félon-' 
nie  se  comportera  envers  traïson  *. 

38.  La  demoiselle  part,  et  le  lendemain  on  va  à  la  cour,  où 
se  trouve  toute  la  lignée  de  Ban,  sauf  Lancelot.  Le  roi  Cara- 

1.  Bktamr,  103. 

2.  Cette  remarque  pas  dans  94,  99  ;  97.  100,  102  :  103.  L'histoire 
d(î  l'écu  fendu  dans  le  Lancelot  (P.  Paris,  Hom  d.  l.  T.  S.,  III,  343- 
345). 

3.  Var.  Breuz,  très  souvent  aussi  Brun. 

4.  Cf.  §  474, 


—  29  — 

doc  Briefbras  et  le  roi  d'Ecosse  sont  juges  du  camp.  Le  com- 
bat est  long;  les  deux  adversaires  s'abattent  l'un  Tautre  *. 
Pendant  qu'ils  se  reposent,  Tristan  .se   nomme;  Blanor  le 
complimente  en  lui  disant  qu'il  est  illustre  en  Logres,  commel 
ailleurs.  A  la  fin,  Tristan  est  vainqueur  :  Blanor  le  prie  de  luil  Combat  de  Tris- 
couper  la  tête,  mais  son  généreux  adversaire  se  tourne  vers'    jJJ  *J^  ®**' 
les  deux  rois,  leur  fait  remarquer  l'extrême  lassitude  de  Bla-",,       (fJK.-t^ 
nor  et  en  appeUe  à  leur  sentiment  chevaleresque  (fol.  49  a)  :  \       Jr 
«  Por  DieUf  nesofprez  qe  Tun*  de  notts  JL  face  pis  a  Vautre  ly    V    f 


qe  fet  nos  entresomes  ;  ccmt  ce  sei'oit  domage,  ce  je  cestui  ocioie,  et  ~JAjiA.ll 
ceil  me metoit  a  mort f  vous  n'i  avriezja prenne  honor.  Metez  ■'^^  , 
pez  et  concordance  entre  le  roi  d'Yrlande  et  le  lignage  le  roi    i^j  /î  Jc/l 
Ban^  si  qe  li  roi  remaigne  qite  de  cest  apeU  e*  nous  dui,  qi    .'  ; 
ceste  chose  avons  assez  chierement  achatee^  puisson  ceste  bac-     " 
talle  lessier  a  tant  par  vos  congiez  et  a  noz  honors.   »  On 
accepte,  et  Tristan  part  sur-le-champ,  pour  qu'on  ne  le  recon- 
naisse point.  Le  roi  d'Lrlande  veut  le  suivre  ;  mais  on  l'en- 
toure, on  le  presse,  et  il  consent  enfin  à  révéler  le  nom  du  vain- 
queur, pour  qu'on  ne  le  retienne  pas  davantage.  C'est  ainsi 
qu'Arthur  et  sa  cour  connurent  la  bravoure  et  la  courtoisie  de 
Tristan  2.  LeroiHanguin  rejoint  Tristan, et  le  décideàalieravec 
lui  en  Irlande.  Tous,  la  reine  elle-même,  pardonnent  à  Tristan  Arrivée  en  Ir- 
la  mort  du  Morhout,  Après  quelque  temps  de  séjour,  Tristan     J^Jciliation*" 
réclame  à  Hanguin  le  don  promis  et  demande  pour  son  oncle 
la  main  d'Iseut.  Un  instant,  il  est  tenté  de  la  demander  pour  j^  main  d'Iseut 
lui-même,  car  son  amour  s'est  réveillé  dès  qu'il  est  revenu     accordée  à 
auprès  d'elle  ;  mais  le  sentiment  de  la  loyauté  l'emporte.  Le  roi 
lui  accorde  sa  fille,  bien  qu'il  ait  rêvé  que  Tristan  enlevait  Iseut, 
lui  ôtait  sa  couronne  et  la  déshabillait,  et  que  Marc  appelait 
son  neveu  traître.  Ce  rêve,  pourtant,  signifiait,  au  dire  d'un 
«  prud'homme  »,  consulté  par  Hanguin,  qu'Iseut  aurait  infini- 
ment d'ennuis  par  suite  de  ce  mariage.  On  fait  des  préparatifs 
pour  le  départ.  La  reine  fait  venir  devant  elle  Gouvernai  et 
Brangain,  et  leur  remet  un  philtre  dans  un  vase  d'argent.  Us     Le  philtre, 
devront  le  faire  boire  au  roi  Marc  et  à  Iseut  le  soir  de  leurs 
noces,  afin  qu'ils  s'aiment  toujours.  Puis  Ton  s'embarque,  et 
l'on  part  (P  50). 

1.  Le  cheval  de  Blanor  est  un  cadeau  de  Ualehout. 

2.  Dans  la  Tav,  Rit.  (p.  lil)  les  deux  rois  juges  annoncent  par  écrit 
le  résultat  à  Arthur,  qui  fait  écrire  cet  exploit  de  Tristan  dans  le  livre 
de  la  Table  Ronde. 


sut    et    Tris- 
tan 


—  30  — 

39.  Quatre  jours  plus  tard,  à  midi,  Tristan,  jouant  aux 
échecs  avec  Iseut,  a  chaud  et  demande  à  boire.  Gouvernai  et 


boivent  B^^ngain  se  trompent  de  vase.  Tristan  et  Iseut  boivent,  sans  le 

par  hasard  le  savoir,  le  philtre.  Gouvernai  et  Brangain  s'aperçoivent  trop 

^  tard  de  leur  fatale  erreur  ;  ils  s'en  désolent,  mais  se  promettent 

de  n'en  rien  dire  à  personne  ^  Désormais  c'en  est  £ait  de  la 

fidélité  de  Tristan  envers  son  oncle  :  il  a  oublié  son  serment 

et  ne  pense  qu'à  se  livrer  aux  plaisirs  de  l'amour. 

40.  Mais  le  beau  temps  cesse,  et  une  tempête  entraine  le 
s  amants  au  vaisseau  au  ckastel  des  Pleurs  -,  situé  dans  une  île.  Non  loin 
Meurs"  ^"^  delà  il  y  a  bien  d'autres  îles  belles  et  delitables  et plantureusez 
de  tous  biens.  Ce  sont  les  Isles  lointaines,  dont  Galehout,  le 
fils  de  la  géante  3,  est  le  seigneur  ;  il  est,  en  ce  temps-là,  en 
Soreloys  avec  Lancelot.  Tristan  connaît  les  tristes  coutumes 
de  ce  château  et  voudrait  bien  l'éviter,  mais  le  vent  les  a  déjà 
menés  jusqu'au  château,  dont  le  soubassement  estoit  très 
dedens  la  mer^  et  pendant  qu'ils  parlent  de  ce  château,  six 
chevaliers  en  descendent  et  leur  demandent,  sans  saluer,  qui 
ils  sont,  eux  qui  ont  pris  port  là  sans  permission  ;  leur  ayant 
ordonné  de  débarquer,  comme  ils  sont  dans  leur  merci,  et  de 
se  rendre  au  château,  où  on  leur  apprendra  les  coutumes,  les 
chevaliers  rebroussent  chemin.  Tristan  tient  conseil  avec  ses 
compagnons  :  il  opte  pour  la  résistance,  mais  les  autres 
aiment  mieux  se  rendre  à  discrétion,  craignant  la  position 
trop  favorable  de  l'ennemi.  Tristan  a  peur  qu'on  ne  leiu 
accorde  pas  une  merci  honorable,  mais  il  ne  parvient  pas  à 
convaincre  les  autres.  Il  demande  à  Iseut  son  opinion  :  elle  est 
de  mauvaise  humeur  et  blâme  Tristan  de  l'avoir  exposée  à  ces 
désagréments.  Tristan  s'offre  à  la  défendre  tant  qu'il  sera  en 
vie  contre  les  gens  du  château.  Elle  préfère  cependant  y 
entrer  :  tous  quittent  donc  le  vaisseau,  sauf  les  marins,  et  s'en 
vont  au  château,  où  ils  trouvent  un  grand  nombre  de  cheva- 
liers, de  dames,  d'écuyers  el  d'autres  g ents,  qui  les  mènent  à 
un  grand  pré  entouré  de  deux  tours  et  environné  de  murs  éle- 
risian  et  ses  vés  ;  à  côté  de  cette  sorte  de  prison  il  y  a  des  chambres 
enpriwnî"*  pour  les  prisonniers,  où  on  laisse  Tristan  et  ses  compagnons; 
ils  s'y  désolent  sans  laisser  paraître  leur  chagrin.  Le  lende- 

\.  Dans  l:i  suite,  les  amants  ont  connaissance  de  cette  erreur.  Com- 
ment? Par  qui?  Je  n'en  ai  trouvé  aucune  explication  dans  les  mss. 
2.  Ici  commence  le  nis.  759,  qui  est  un  fragmenl. 
A.  Cf.  P.  Paris,  Rom.  d.  l.  T.  li.,  IV,  8,  note. 


—  31  — 


ces. 


main,  six  chevaliers  sans  armes  viennent  s'informer,  en  les 
saluant  cette  fois,  comment  ils  ont  passé  la  nuit;  l'un  de  ces 
chevaliers  leur  dit  que,  suivant  la  coutume,  on  emprisonne  les 
voyageurs,  qui  passent  le  reste  de  leurs  jours  à  pleurer  leur 
sort  dans  ce  château,  qui  en  a  tiré  son  nom;  un  chevalier 
plus  brave  que  Lancelot  et  une  dame  plus  belle  que  celle  qui 
demeure  «  là-haut  sur  la  roche  en  compagnie  d'un  chevalier 
presque  aussi  preux  que  Lancelot  »  pourront  seuls  mettre  un 
terme  à  cette  coutume.  Tristan  dit  au  chevalier  que  le  chevalier 
et  la  dame  qu'on  vient  d'arrêter  sont  supérieurs  aux  maîtres  du 
château.  —  Ouvrons  '  ici  une  parenthèse,  pour  donner  des 
détails  sur  tout  cela  :  un  géant,  Dialeces  2,  furieux  des  pro-  Le  géant  Diale- 
grës  du  christianisme,  prêché  dans  les  Iles  lointaines  par  les 
parents  de  Joseph  d'Arimathie,  tue  sesdouxe  fils  convertis,  pour 
intimider  la  population,  met  à  mort  les  missionnaires  et  lait 
construire  ce  château  sur  un  sol  abreuvé  du  sang  de  ses  vic- 
times. Il  ordonne  ensuite  que  l'on  emprisonne  tous  les  étran- 
gers qui  passeront,  et,  avec  la  plus  belle  dame  qu'il  puisse 
trouver,  il  se  retire  dans  le  château,  qui  est  situé  sur  la  haute 
roche  où  ses  fils  ont  été  enterrés  (f  53).  S'ils  sont  vaincus, 
lui  en  bravoure  et  elle  en  beauté,  le  vainqueur  tuera  le  vaincu 
et  prendra  sa  place.  Celte  coutume  dura  du  temps  de  Joseph 
d'Ârimathie  au  temps  d'Arthur  ;  elle  fut  terminée  par  Tristan. 
A  l'époque  de  son  arrivée  à  l'île,  c'est  Brunor  qui  en  est  le 
seigneur.  Ghovalier  nouveau,  il  avait  quitté  sou  pays,  l'Ir- 
lande, et  le  hasard  l'avait  conduit  à  cette  île,  où  il  vainquit 
son  prédécesseur  et  épousa  sa  femme,  qui  avait  alors  douze 
ans.  Ce  fut  la  mère  de  Galehout,  qui  conquit  tant  de  terres. 
Pour  la  taille,  il  tenait  de  sa  mère,  la  géante,  et,  en  chevale- 
rie, il  était  digne  de  son  père.  Il  détestait  les  coutumes  et 
quitta  sa  patrie  pom*  se  dispenser  de  les  maintenir  ;  il  eut  la 
bonne  chance  de  conquérir  beaucoup  de  terres  et  de  devenir  le 
prince  le  plus  célèbre  après  le  roi  Arthur.  —  Le  chevalier  va 
trouver  Brunor,  qui,  s'étant  déclaré,  avec  sa  femme,  prêt  à  la 
lutte,  envoie  le  chevalier  annoncer  le  combat  à  Tristan  pour  le 
lendemain.  Le  chevalier  prie  celui-ci  d'indiquer  la  dame  et  le 
chevalier  dont  il  a  parlé  :  «  Us  sont  prêts.  —  Qu'ils  nous 
suivent  alors  ;  nous  les  ferons  reposer.  »  —  Gouvernai 
demande  si  le  chevalier,  en  cas  de  victoire,  aura  encore  à 


Galehout. 


1 .  La  digression  est  annoncée  par  le  rédacteur. 

2.  334  p.  I.  a.,  DyaUAÇh^es;  335,  Dyaleetes. 


^  —  32  — 

craindre  les  autres;  on  assure  qu'au  contraire  on  lui  Fera 
plus  (riionneur  qe  oncqueijor  ne  H  fu  fête,  et  Tristan  leur  fait 
savoii'  que  c'est  lui-m(}me  el  Iseut  qui  subiront  la  lutte;  il 
n'hésiterait  pas  &  se  battre  avec  n'importe  quel  bon  chevalier 
au  monde,  dit-il,  en  s'excusanl  de  celte  fanfaronnade  qu'il  se 
croit  forcé  de  lancer.  Les  chevaliers,  tout  en  admirant  la 
beauté  d'Iseut,  déconseillent  à  Tristan  d'entreprendre  le  com- 
bat, mais  il  dit  ne  craindre  aucun  chevalier,  si  ce  n'est  Lancc- 
loi.  On  les  prie  de  choisir  un  compagnon  et  une  compagne  ; 
ils  prennent  Gouvernai  et  Bran^in^  et  parlent  avec  les  cheva- 
Uers;  les  autres  restent  en  prison.  Tristan  est  bien  servi  et 
aaisié  dans  le  château  ;  il  refuse  de  dire  son  nom.  On  prédit  le 
triomphe  d'hcul  et  la  défaite  de  Tristau.  Le  lendemain  Tristan 
est  armé  ;  Gouvernai  porte  sou  6cu  et  son  épée,  et  un  autre 
écuyer  son  heaume.  Iseut  monte  un  beau  palefroi;  eUe  est 
vestue  et  apparillhc  mmit  richement  et  iiccompagnée 
Braogain  el  de  deux  demoiselles  du  château.  Vingt  chevalieril 
sont  juges  du  camp.  On  arrive  à  six  pavillons,  dressés  au  pied 
de  la  roche  pour  les  dames  el  les  cheviiliers  ijui  sont  désireujt 
de  regarder  le  combat.  Ou  fait  descendre  Tristan,  et  un  ser' 
géant  !<onne  du  cor.  Alors  seulement  Brunor  descend  du  châ- 
teau avec  sa  dame  ;  au  lieu  d'écuyers,  il  a  des  chevaliers  pour  ' 
le  servir.  Il  s'avance  et  demande  où  est  celle  qui  veut  rivaUser^ 
avec  sa  femme.  A  ta  vue  d'Iseut,  il  a  bien  peur  pour  la  géante, 
qui  cllc-mômc  partage  sa  crainte.  Tristan,  dont  le  heaume  est 
dt^jà  lacé,  en  appelle  aux  assistants  et  aux  juges  du  camp  ; 
ils  demeurent  silencieux,  et  Tristan  répète  son  appel  :  Icâ 
juges  s'avancent  vers  Iseut,  déclarent  sa  beauté  supérieure  el 
la  reconnaissent  pour  leur  souveraine  ;  ils  livrent  la  géante  à 
la  mort  avec  beaucoup  de  lamentationa  et  en  maudissant  les 
coutumes  qui  les  forcent  d'agir  ainsi.  Ensuite  Tristau  el  Bru- 
nor entrent  en  champ.  Ils  se  blessent  l'un  l'autre  el  cha- 
maillent pendant  longtemps;  cnlîii  ils  font  une  halte  pour  se 
reposer  après  le  premier  assautt  et  Tristau  complimctiie  Bru- 
nor sur  sa  prouesse,  dit  qu'il  aurait  bien  lort  de  tuer  un  si  bon 
chevalier  et  demande  s'ils  ne  peuvent  en  auoime  manière 
abandonner  la  bataille;  mais  Brunor  dé^dare  que  cela  est 
impossible,  et  le  coml>at  reprend;  à  la  fin,  Brunor,  épuisé, 
rehise  de  crier  merci  quoique  semant  approcher  la  mort;  il 
tombe  à  terre,  pendant  qu'il  parle,  prie  Dii^u  d'avoir  pitié  de 
Mort  de  Brunor  son  âme  et  meurt.  Tristan  lui  Ole  le  heaume  ;  les  chevaliers 
cl  de  sa  femme.  \q  déclai^nt  leur  seigneur,  el  l'engagent  à  couper  la  t^teàla, 


tour. 


—  33  — 

dame,  qui  pleure  ;  il  refuse,  mais  cède  enfin  quand  on  lui  a 
répété  qu'autrement  il  sera  tuélui-inôme.  Après  deux  jours  de 
fôtes,  Tristan  demande  si  ses  compagnons,  laissés  dans  la  pri- 
son, ne  sont  pas  libres  maintenant.  On  lui  répond  qu*ils  sor- 
tiront de  cette  prison,  mais  que  la  coutume  veut  que  ni  eux, 
ni  lui-même  ne  sortent  jamais  de  l'ile  si  ce  n'est  pour  com- 
battre quelque  chevalier  ;  encore  faudra-t-il  revenir,  s*il  est 
vainqueur.  On  ne  lui  permet  pas  d'avoir  avec  lui  ces  compa- 
gnons, qu'on  lui  promet  cependant  d'afiranchir  ;  il  n'aura  de 
compagnie  que  celle  qu'il  a  dans  ce  moment-là  (0*  56). 

41.  Délice  \  la  6 lie  de  Brunor,  va,  avec  le  corps  de  son  I  Délice. 
père  et  la  tète  de  sa  mère,  chercher  son  frère  Galehout,  qui  est  ^aiehoui  de  re- 
alié  assister  à  la  cour  qu'Arthur  tenait  dans  la  cité  de  Londres, 
un  jour  de  Pentecôte;  à  cette  occasion,  le  géant  Caradoc  le 
grand  a  enlevé  Gauvain,  que  Lancelot,  Ivain  et  le  duc  de  Cla- 
renz  sont  allés  délivrer;  ce  fut  Lancelot  qui,  arrivé  à  la 
Douloureuse  Tour  -,  tua  le  géant  et  affranchit  Gauvain  ^.  A  la 
même  époque,  Lancelot  fut  enlevé  par  Morgain^  la  sœur  d'Ar- 
thur; pour  apprendre  à  son  frère  les  amours  de  lancelot  et  de 
la  reine,  Morgain  envoya  à  la  cour  l'anneau  de  Guenièvre,  qui 
se  défendit  si  habilement  que  le  roi  en  fut  dupe.  Ensuite  les 
parents  de  Lancelot  et  Galehout  s'en  allèrent  pour  le  i*etrou- 
ver.  Pendant  cette  quête,  Galehout  rencontre  sa  sœur  h  l'en- 
trée du  Soreloys,  près  du  Pont  norgalois  *,  à  la  sortie  de  la 
forêt  à^Houdeson  »,  et  s'en  va  avec  elle  pour  venger  la  mort  de 
ses  parents.  Ils  prennent  la  direction  de  Soreloys  ;  un  soir,  ils 
arrivent  au  chastel  de  V Enchanteeur  ^,  où  ils  trouvent  le  roi 

1.  Le  nom  manque  dans  759  ;  94,  Celinde.  Dans  99  il  y  a  ici  une 
lacune  qui  s'arrête  à  l'arrivée  des  amants  en  Cornouaille. 

2.  Cwirt  756 

3.  335,  tout  court  :  «  i'en  délivra  Lancelot.  Toute  cette  histoire  de 
la  fête  de  Londres  et  de  l'enlèvement  de  Gauvain  ainsi  que  de  1  Vrapri- 
soDuement  de  Lancelot  par  Morgaîn,  —  elle  n'est  pas  dans  la  Tav.  Bit. 
—  se  retrouve  dans  le  roman  de  Lancelot,  voy.  P.  Paris,  Rom.  d. 
l.  Table  Ronde,  III,  208  ss.  et  IV,  289  ss-,  et  est  utilisée  ici,  non  sans 
adresse,  par  notre  rédacteur,  pour  motiver  la  rencontre  de  Galehout, 
qui  est  en  quête  de  Lancelot,  avec  sa  sœur. 

4.  Pasd.  335. 

5.  ffoudesain  33\,  104,  103;  Houdesam  97.  100.  102;  Hondeson 
759;  ffuinesen  94. 

6.  Enefumteresse  759,  335.  Les  autres  :  ch.  de  l' Enchanteeur, 
ainsi  appelé  parce  qu'il  avait  été  jadis  à  une  enchanteresse  -94  dutine 
enchanteresse  les  deiu  fois;. 

LoSBTs.  —  Tristan.  3 


—  :ji  — 

des  Cent  Chevaliers,  riioiiirae  lige  tle  Galehout,  qu'où  soigne 
là  depuis  un  mois  :  il  avait  été  i)lessé  par  Gahcriet  * ,  dans  un 
tournoi,  à  Tenlréc  du  Soieloys.  Galchout  lui  ordonne  d'aller 
avec  une  armée  de  cinq  cents  hommes  à  Vlsle  des  Géants  {le 
nom  de  l'île  où  est  situé  le  Château  des  Pleurs),  pour  en  faire 
cesser  les  mauvaises  coutumes.  Galehout  décide  d'y  aller 
lui-même  pour  se  battre  avec  Tristan,  malgré  les  instances  du 
roi  des  Cent  Chevaliers.  11  fait  enterrer  le  corps  de  son  père  et 
la  tête  de  sa  mère,  et  part  incognito,  ayant  laissé  sa  sœur  au 
château  e7i bojie  garde.,  il  est  accompagné  de  deux  chevaliers 
et  de  deux  écuyers  -.  Après  quatre  joui*s  d'attente  à  cause  de 
la  houle,  il  s'eml)ar(|ue  et  force,  lépéc  ii  la  main,  les  marins 
de  le  conduire  à  l'île  des  Géants.  On  l'arrête  au  château  des 
Pleurs,  et  il  se  dit  prôt  à  en  combattre  le  seigneur,  mais  il  refuse 
de  se  nommer.  Quinze  chevalière  le  mènent  au  chAteau,  où 
Tristan  coule  d'heui*eux  joui-s  avec  sa  bien-aimée.  Les  deux 
amants  ne  tiennent  point  à  iHre  délivrés  de  leur  prison  :  le 
bonheur  du  moment  leur  fait  oublier  tout  le  monde.  Ils 
mènent  cette  vie  délicieuse  depuis  trois  mois,  lorsqu'un  mer- 
credi un  chevalier  vient  annoncer  à  Tristan  qu'il  devra  com- 
battre, le  lendemain,  un  chevalier  de  la  maison  d'Arthur,  qui 
est  venu  exprès  pour  se  battre  avec  lui.  Gouvernai  craint  que 
ce  ne  soit  Lancelot  ;  Tristan  répond  que  l'idée  de  la  mort  ne 
lui  fait  pas  peur,  car  ce  sort  attend  tout  le  monde,  et  il  essaie 
de  rassurer  Gouvernai  et  Iseut.  —  lin  chevalier  annonce,  la 
ou  Galeholt  estoit,  que  le  roi  des  Cent  Chevaliers  était  arrivé  et 
•mbatde  Tris-  avait  battu  Ics  habitants  de  l'île.  —  Le  combat  singulier  a  lieu 
bout.*^'  ^^  lendemain  ;  il  est  arrêté  par  le  roi  des  Cent  Chevaliers,  qui 

survient  au  moment  où  Galehout  est  sur  le  point  d'être  vaincu. 
Ce  magnanime  prince,  qui  no  peut  se  défendre  d'admirer 
Tristan,  lui  pardonne  la  mort  do  ses  parents  et  lui  permet  de 
partir.  Il  écrit  à  la  reine  Gueniovre  une  lettre  où  il  fait  léloge 
d'elle-même  et  d'Iseut,  de  Tristan  et  de  Lancelot,  et  lui  raconte 
le  dénouement  des  aventures  de  l'île  des  Géants.  Tristan 
apprend  par  des  chevaliers  de  la  Table  Ronde,  qu'il  rencontre, 
les  plus  récents  exploits  de  Lancelot  :  deux  ans  auparavant, 
celui-ci,  t|ui  est  pour  le  moment  issuz  du  sanz,  avait  délivré 


1.  Galeholt,  335  (lauto). 

2.  Cette  phrase  pas  dans  33û,  7  Jtl.  Lus  autrns  :  un  chevalier  et  deux 
écuyers 


—  35  — 

Guenièvre,  enlevée,  malgré  Keii,  i>;ir  Melcaguant^,  le  HIs  du 
roi  Badeniagn,  et  retenue  dans  le  royaume  de  Corre.  Qui  ce 
voudra  veoir  apeftcment,  si  preigne  le  livre  de  latin;  illec 
trovera  tôt  cestui  conte  :  par  ce  q  il  napartieni  pas  a  cest[u]i 
livra,  le  vos  lerai  a  deviser  ^  ((*  60). 

42.  On  arrive  en  Cornouaille,  et  les  noces  ont  lieu  ^.  Les  '    ei  d'Iseut. 
amants   craignent  une   découverte,   et    Iseut    aurait   mieux 

aimé  être  encore  dans  l'île  des  Géants.  Gouvernai  trouve  enfin 
un  expédient,  et,  suivant  son  conseil,  Tristan  éteint  les  chan- 
delles quand  les  nouveau.\  mariés  doivent  se  coucher,  en 
disant  que  la  coutume  irlandaise  veut  qu'on  ménage  la  Substitution  de 
pudeur  de  la  mariée  ;  puis  Iseut  quitte  le  lit,  et  Brangain,  Brangain  à 
déguisée  en  reine,  prend  sa  place  :  le  roi  est  trompé,  et  lorsqu'il 
est  endormi,  Iseut  vient  i-emplacer  Brangain,  qui  a  sauvé 
ainsi  la  réputation  de  son  amie  par  le  sacrifice  de  son  propre 
honneur.  Le  roi,  dans  sa  joie  d'avoir  trouvé  Tristan  aussi 
fidèle,  le  fait  son  chambellan  *. 

43.  Mais  Iseut  ne  peut  s'empêcher  de  craindre  que  Bran-  j^^y,  ^.^^  f^j^g 
gain  ne  découvre  tout  au  roi  Marc.  Elle  veut  se  débarrasser  tuer  Brangain. 
d'elle  et  l'envoie  au   bois  chercher  des  herbes  en  chargeant 

deux  serfs  de  la  tuer.  Ils  ont  pitié  de  Brangain,  qui  leur  dit 

qu'elle  a  donné  sa  ileur  de  lis  ^  au  roi,  pour  sauver  Iseut, 

qui  avait  perdu  la  sienne  ;    ils    l'attachent  à   un   arbre    et 

la  quittent.  Ils  tuent  un   lévrier  qu'ils   avaient   amené  ^  et 

trempent  leurs  épées  dans  son  sang  pour  prouver  à  Iseut  qu'ils  Bt*i>eutir  d'isem 

ont  exécuté  son   ordre.  Iseut  se  repent  de  ce  quelle  a  fait, 

quand  les  serfs  lui  parlent  de  la  fleur  de  lis,  et  les  envoie 

encore  au  bois  chercher  le  corps  de  Brangain,  qui,  pendant  ce  Brangain  déli- 

temps,  a  été  délivrée  par  Palamède,  amené  jjar  le  hasard  (P     môde*^""^  **'*'°" 

62).  Elle  se  fait  conduire  par  lui  à  un  couvent  de  nonnes;  cette 

\.  Var.  Meleagrant. 

2.  Ce  renvoi  au  Conte  de  ta  Charrette  ne  so  rerrouv*'  p.v  dan?  334 
e.  I.  a.  33.J  :  «  comme  le  dit  l'histoire  do  Lancelot.  » 

3.  Il  n'est  pas  dit  i|u"on  donne  à  boire  du  pbiltre  au  roi  f  07  b.  : 
Tristan  aime  plus  que  le  roi  Mare  . 

4.  Dans  99.  94  il  le  fait  seigneur  de  son  hôtel  et  le  nomme  sun 
successeur.  Il  lui  donne  la  moitié  de  son  royaum»!  dans  la  Tav.  Rit.  'p. 
\\\  .  —  Cette  substitution  de  Brangain  à  Iseut  se  trouvait  aussi 
dans  le  Tristan  perdu  tle  Chrétien  voy.  Erecet  Enide,  v.  îOOtl.  Haupt  . 

5.  335  :  une  fleur. 

tt.   334  e.  I.  a.  :  ils  prennent  une  bête  dans  le  bois. 


—  36  — 

abbaye  était  *  estoirée  *  d'une  abbaye  royale  de  Gaule  \  cons- 
truite pour  ^  le  roi  Ban  de  Benoïc,  qui  y  était  mort  de  cha- 
grin 5.  Les  serfs,  de  retour,  disent  à  Iseut  que  Brangain  a  dû  être 
dévorée  par  les  bêtes  féroces,  et  elle  s'en  désole.  Un  jour,  pen- 
dant une  partie  de  chasse,  elle  vient  se  plaindre  près  de  la  Fon- 
taine au  Géant.  Palamède,  qui  avait  quitté  le  Logres,  poussé  par 
son  amour,  assiste,  caché,  à  ces  plaintes  ;  il  s'avance  et  se  fait 
fort  de  lui  rendre  Brangain,  et  Iseut  lui  promet  en  récompense 
tout  ce  qu'il  lui  demandera.  Il  ramène  Brangain,  fait  approu- 
ver la  promesse  d'Iseut  par  le  roi  Marc  et  la  demande  ensuite 
Enlèvement d'i-  elle-même;  elle  lui  est  en  effet  livrée,  et  il  Temmène.  Tristan 
Smè(£"  "*""  ^'^^^  P^®  ®"  ^  moment  à  la  cour  ;  il  est  allé  dans  le  bois  avec 
Lambègue.  d'autres  chevaliers.  Il  y  a  à  la  cour  un  chevalier,  lAimbegues, 
non  encore  guéri  des  blessures  qu'il  avait  reçues  dans  un  com- 
bat avec  Andret  et  un  autre  chevalier  de  Cornouaille  (f**  65)  ; 
il  est  là  depuis  huit  jours  ^;  Marc  Ta  retenu  à  cause  de  sa 
prouesse,  et  Iseut  s'est  penee  de  le  guérir.  Ce  Lambègue  est  le 
maître  de  Bohort  de  Gaunes  (var.  Gannes)\  il  est  venu  eu 
Cornouaille  du  royaume  de  Benoïc.  Neveu  de  Pha/iien,  il 
s'était  généi-eusement  livré  au  roi  Claudas  de  la  Déserte^  pour 
sauver  la  cité  de  Gaunes,  assiégée  par  Claudas,  qui  lui  ren- 
dit sa  liberté;  on  trouve  cela  raconté  au  long  dans  le  livre  du 
latin  ''.  Lambègue,  indigné  de  voir  qu'aucun  des  chevaliers  de 
Marc  n'ose  délivrer  la  reine,  se  fait  armer  et  poursuit  lui- 
même  Palamède.  Il  l'atteint  et  joute  avec  lui,  mais  faible, 
comme  il  Test  encore,  il  ne  peut  pas  longtemps  tenir  bon  contre 
Palamède,  qui  le  laisse  étendu  par  terre,  dans  une  mare  de 
sang.  Iseut  a  profité  de  ce  délai  pour  s'enfuir  ;  dans  son 
désespoir  elle  court  vers  un  ruisseau,  Omise  *,  qui  traverse  la 

1.  Ces  détails  pas  dans  103. 

2.  Extraite  334  et  I.  a. 

3.  D'Irlande 'èl,  400.  102. 

4.  335,  759,  104  :  pour  l'amour  du  roi  Ban  de  B.  :  los  autres  :pour 
V  ame  du  roi  Ban  d.  B. 

5.  Cette  deraière  phrase  pas  dans  334  et  t.  a. 

6.  Cette  remarque  pas  d.  334  et  1.  a. 

7.  Le  Lancelot  (P.  Paris,  flom.  d.  l.  T.  B,  III,  100  ss.).  Le  renvoi 
seulement  dans  756.  Au  reste,  cette  histoire  est  donnée  assez  au  long 
dans  le  Tristan  aussi;  elle  manque  dans  la  Tav.  Bit.  — Cf.  §  410, 
note. 

8.  335,  759  :  a  la  rive  de  l'eau;  104,  103  :  a  une  eau  (sans  nom), 
de  même  Tressan;  (Maugin  :  au  gué  de  ta  tour  de  l'Amy);  334, 
97,  100,  102;  99,  94  :  à  la  rivière  de  Loire  {a.\  liume  di  Braziano^ 
Tav.  Rit.). 


—  37  — 

forêt  du  MoroiSj  pour  s'y  noyer.  Elle  rencontre  un  chevalier 

de  Cornouaille,  accompagné  d'une  dame.  Il  la  console  et  Tem-  Iseut  sauvée  par 

mène  à  son  château.  Elle  Tenvoie  à  Norhoul  pour  rassurer    ""*^  e\aier. 

Tristan.  Le  chevalier  tombe  sur  Palamède,  le  défie  et  est  tué.  Combat  delns- 

Palamède  n'est  pas  admis  à  la  tour  où  Iseut  se   trouve  :  11     mède. 

reste  devant  le  château;  Iseut  se  place  à  une  fenêtre   pour 

le  regarder. 

44.  Tristan,  ayant  appris  les  nouvelles,  veut  partir  immédia- 
tement, mais  le  roi  lui  ordonne  d'attendre  jusqu'au  lende- 
main. Il  part  avec  Gouvernai  ;  on  trouve  Lambègue,  qu'on  fait 
monter  à  cheval  et  retourner  à  la  cour.  Les  routes  se 
bifurquent  :  ils  en  prennent  une  chacun.  Gouvernai  arrive  au 
château,  et  Palamède  lui  raconte  où  en  sont  les  choses.  Gou- 
vernai va  retrouver  Tristan  et  le  conduit  à  Palamède.  Bataille 
formidable,  arrêtée  par  Iseut,  qui  charge  Palamède  d'aller  dire 
des  amitiés  à  la  reine  Guenièvre,  et  lui  ordonne  de  ne  jamais 
chercher  à  s'approcher  d'elle  avant  qu'elle  soit  en  Logres.  H 
obéit,  bien  à  contre-cœur '.  Tristan  propose  à  Iseut  d'aller 
ensemble  en  Logres,  mais  elle  préfère  différer  cette  déloyauté 

envers  le  roi  Marc  aussi  longtemps  que  possible.  Après  deux  ^  séj  our  des 
jours  pleins  de  bonheur,  Tristan  rend  Iseut  au  roi  Marc,  qu'in-  Château  ei  re- 
quiètent  les  o^'alions  qu'on  fait  à  ta  bravoure  de  son  neveu.         lonrk  la  cour, 

45.  Àndret  dénonce  les  amants  au  roi  un  jour  qu'ils  s'en-  Dénonciation 
tretiennent,  dans  l'embrasure  d'une  fenêtre,  de  la  reine  Gue-     par  Andret. 
nièvre,  dont  Iseut  dit  avoir  appris  les  amours  par  une  demoiselle 

venue  de  Logres.  Marc  espère  les  surprendre  et  court  vers  eux, 

fépée  à  lamain;  mais  Gouvernai  avertit  Tristan,  et  au  moment 

où  le  roi  cuide  ferir  son  neveu,  celui-ci  évite  le  coup  :  ils  se  Tristan  auaqué 

défient  l'un  l'autre.  Tristan,  que  personne  n'ose  arrêter  malgré      P"  **"*^* 

Tordre  du  roi,  poursuit  Marc  et  rai)at  d'un  coup  de  plat  d'épée. 

Il  demande  à  Iseut  si  elle  veut  s'enfuir  avec  lui,  mais  elle  lui 

dit  de  s'en  aller  et  de  ne  rien  craindre  pour  elle,  qui  est  proté- 


1.  Dans  le  récit  du  ms.  750,  cette  promesse  a  dû  être  faite  dans 
d'autres  circonstances,  car  dans  ce  ms.  il  est  dit,  (v,  §  76),  que  Pal.  Ta 
faite  on  jour  qu'il  devait  se  battre  avec  Tristan  ;  il  est  vrai  qu'il  peut 
y  avoir  quelque  erreur  ou  bien  une  expression  inexacte. 

2.  Plus  loin  :  trois  jours,  v.  §  80;  ils  retournent  le  lendemain 
dans  la  Tac.  Rit. 


—  38  — 

gée  par  le  grand  amour  du  roi  '  :  elle  lui  promet  do  le  réconci- 
lier avec  Marc?  (1^70  3). 

4t).  Tristan  avec  Gouvernai  et  (]uatre  compagnons,  qui 
séjournaient  en  Cornouaille  pour  lamour  de  Tristan,  va  dans  la 

[1  seniuit  dans  fopêt  pour  y  rester  jusfju'à  ce  (\\ie  la  paix  soit  Faite.  Ces  quatre, 
qui  ont  été  longtemps  k  la  cour  d'Arthur,  sont  ;  Lambègue  3, 
Nic{h)orant  le  pauvre,  Fergus  *,  dont  le  père  avait  été  vilain, 
et  Ùrianl  de  l'Isle.  Ils  se  logent  chez  un  forestier,  ami  de  Tris- 
tan. Pendant  qu'Iseut  tâche  vainement  de  dissiper  les  soupçons 
du  roi,  Tristan  tue  un  chevalier  cornouaillais  et  blesse  à  mort 
son  frère,  qui  va  à  la  cour  avertir  le  roi  Marc  :  Tristan,  dit- 
il,  menace  de  traiter  le  roi  de  même,  s'il  peut  le  trouver. 
Andret  conseille  de  rappeler  Tristan  pour  le  faire  prendre  plus 
Les  faux.       tard  par  surprise.  Marc  consent,  et  Brangain  est  chargée  d'aller 

Tristan révoqu*:'.  porter  la  lettre  du  roi  à  Tristan,  qui  revient.  Cependant,  Iseut 
et  Gouvernai  se  méfient  fort  du  roi,  et  Tristan  se  promet  d'être 
prudent.  Andret  prépare  un  guet-apeus  de  trente  chevaliers 
de  la  lignée  des  deux  chevaliers  tués. 

47.  Un  jour  le  roi  avait  tait  dresser  des  tentes  dans  une 
plaine,  à  quelque  distance  de  Tintagel.  Arrivent  deux  chevaliers, 
Lamorat  ^,  et  Driant,  les  fds  du  roi  Pelinor  de  Listenms.  Us 
regardent  Iseut,  qui  joue  aux  échecs  avec  Tristan.  Elle  perd  **. 
Lamorat  prétend  que  sa  dame,  la  reine  d'O/can/c,  est  plus 
belle  qu'Iseut,  et  il  envoie  son  défi  aux  chevaliers  de  Marc  par 
Combat  avec  La-  vmo  demoiselle.  Les  deux  frères  joutent  avec  deux  des  cheva- 
liers du  roi  et  s'en  vont  vainqueurs.  Le  roi  les  fait  poursuivre 
par  une  cinquantaine  de  chevaliers,  mais  ils  en  abattent  dix  ', 
et  les  autres  prennent  la  fuite.  Puis  le  roi  ordonne  h  Tristan, 

1.  Cette  phrase  mamiue  d.  334  o.  !.  a. 

2.  La  Tav.  Hit.  passe  ici  à  l'épisode  des  faux  ivoy.  ci-dessous),  que 
suit  l'arrivée  do  Lamorat  et  l'épisode  du  cor  ;  Tr.  se  retire  dans  son 
palais,  où  il  trouve  sus  quatre  couipaguons  ;  puis  il  est  introduit  (après 
une  lettre  écrite  à  Iseut)  par  Urang.  dans  la  tour  de  sa  lûen-aimée. 

3.  Lambctjant  "."ifi. 

4.  Fervagus  'J9. 

5.  Var.  Lamoranl  ;  Lamoral,  Verard,  Janot. 
0.    103  :  Trist.  et  Xs.  cniendoicni  a  leur  gieu  et  non  pas  aux  cheva- 

tiers.  33i  e.  1.  a  ;  Trist.  n'i  entendait  paî,  pour  ce  que  la  roïnr.  se  cour- 
roupoii,  et  ce  n'cstoit  pas  fa  cou.ttumc  de  momeingnor  T.  qu'il  fust  joious 
quant  la  roïnc  estait  courroucicc. 

7.   Chacun  iijoule  7r>r>  ;  —  10*2  :  six  cficc. 


morat. 


—  39  — 


qui  lui  a  exprimé  tout  ce  qu'il  trouve  de  honteux  dans  cette 
poursuite,  d*aIlerjouter  à  son  tour;  il  obéit,  hienà  regret,  et  ren- 
verse les  deux  frères,  mais  ilrefusela  bataille  à  l'épée  avec  Lamo- 
rat  malgré  les  injures  de  celui-ci.  Les  deux  chevaliers  partent  et 
en  rencontrent  un  autre  en  compagnie  d'une  dame.  Ilporteun 
cor  d'ivoire  et  leur  raconte  qu'il  est  chargé  de  l'apporter  à  la  L^corcnchantë 
cour  d'Arthur  :  si  une  femme  infidèle  y  boit,  elle  répandra 
fatalement  du  vin  sur  elle  *.  Lamorat  force,  en  le  vainquant, 
le  chevalier  de  dire  qui  l'a  envoyé  :  c'est  Morgain,  qui  veut 
dénoncer  Guenièvre  et  Lancelot.  Lamorat  ordonne  au  cheva- 
lier d'aller  présenter  ce  cor  à  la  cour  du  roi  Marc  ;  il  espère 
ainsi  se  venger  de  l'affront  qu'on  lui  a  fail  '.  A  la  cour, grande 
épouvante  des  coupables.  Iseut  et  les  autres  dames  de  Cor- 
nouaille  sont  obligées  de  subir  l'épreuve  :  elles  répandent 
toutes  le  vin,  sauf  quatre  ^.  Iseut  proteste  de  son  innocence  et 
propose  de  faire  défendre  sa  cause  par  un  chevalier  qui  voudra 
rompre  une  lance  pour  elle  ;  mais  Marc  n'a  garde  d'accepter  : 
c  Vous  avez,  lui  dit-il.  un  champion  de  qui  aucun  de  mes  che- 
valiers ne  saurait  triompher.  »  Cependant,  l'affaire  est  étouf- 
fée, parce  que  Marc  et  les  barons,  qui  ne  tiennent  point  à 
perdre  leurs  femmes,  veulent  bien  considérer  cette  épreuve 
comme  sans  valeur  *  (P*  75). 


ri 


Les  faux. 


48.  Mais  Andrct,  qi  toutes  voies  porchaçoit  en  toutes  les 
manières  qe  il  poet  comment  il  peusl  prendre  T.  avec  .y., 
fisi  fere  fax  bien  tranchanz  et  bien  esmolne[e]s  et  les 
fist  mètre  entor  le  lit  .Y.  .1.  soir  quant  .Y.  se  fu  coufjiec.  Il 
veut  que  Tristan  soit  menhagnié  ou,  tout  au  moins,  qu'il  en 
reçoive  de  telles  enseignes,  que  le  roi  Marc  ne  pourra  plus  gar- 
der aucun  doute.  Quand  Andret  est  endormi,  Tristan  s'en  va 
à  la  chambre  assez  éloignée  d'Iseut;  une  des  faux  le  blesse 
fortement  à  la  jambe,  ce  à  quoi  il  est  ti-op  échauffé  pour  faire 


Machinations 
d'Andret. 


i.  Motif  souvent  répété  dans  la  littératuro  du  moyen-âge  fcf.  lo  Lai 
du  Cor  de  Rob.  Bikpt,  etc.) 

2.  Ici  les  mss,  750  et  12599  ont  prubablnmont  fait  arriver  Lamo- 
rat chez  Bolinant  ;  cf.  plus  loin,  §  61  nnte. 

3.  Zteux  103  pt  les  imprimés  :  [deux  Ecossaises  très  laides,  J.  Mau- 
gîn);  treize  Tav.  Rit.  Trf^san,  p.  05  :  «  Il  n'y  on  eut  aucitne  dans  Ior 
mains  de  laquelle  le  maudit  cor  ne  fù(  indiscret.  » 

4.  Tressan  cite  [p.  7.5)  une  exclamation  de  «  l'Auteur  »  (c.-à-d. 
l'imprimé  qu'il  a  dépouillé)  :  0  bonté  divine  qui  pardones  /«  griefs 
faicts^  pour  doner  tems  aux pcscheurs  de  revenir  n  pénitence:  cela  u'est 
pas  dans  les  imprimés  que  nous  avons  considtés. 


—  in  — 

attention,  mais  Ijîenlôt  Iseut  sent  que  le  drap  est  tout  mouillé, 
et  Tristan  lui  dit  ce  que  c'est.  Elle  le  prie  de  s'en  aller,  en 
lui  promettant  d'arranger  l'afTaire.  Tristan  regagne  son  lit 
sans  réveiller  Ândret,  et  hande  sa  plaie.  Iseut  se  blesse  exprès 
aux  faux  et  crie  au  secours.  Ses  dames  accourent  avec  cierges 
et  tortiz.  On  accuse  Andret  et  Tristan  d'avoir  voulu  tuer  la 
reine  :  ilsjurent  tous  les  deuxqu'ilssontinnocenls.  Le  roi  arrive, 
attiré  par  les  cris,  et  demande  qui  a  fait  cela.  «  Tristan  ou 
Andret,  »  répond  Iseut,  «  pour  me  tuer.  »  Marc  fait  le  désolé,  et 
déclare  qu'il  saura  découvrir  l'auteur  de  cet  attentat.  Tristan 
s'oiVre  à  prouver  qu' Andret  est  le  coupable  en  se  battant  avec 
lui  à  outrance.  «  Non,  dit  Marc,  vous  êtes  des  cousins  ger- 
mains et  mes  neveux;  »  et  il  promet  de  faire  lui-même  en 
sorte  que  la  vérité  sur  l'affaire  soit  entièrement  connue.  Ainsi 
Tristan  fut  sauvé  par  Iseut,  qui  ne  guérit  pas  de  sitôt  de  sa 
blessure.  Andret,  cependant,  remarque  la  plaie  de  Tristan  et 
en  parle  à  Marc,  qui  fisl  tant  qu'il  s'en  aperçut  bien.  Sa 
haine  augmente,  mais  il  ne  fait  semblant  de  rien.  Il  prie 
Andret  de  surprendre  les  amants  ensemble  :  ce  serait  le  plus 
grand  service  qu'il  pût  lui  rendre  ;  Tristan  sera  mis  à  mort  si 
on  peut  le  prendre.  Andret  recommande  au  roi  de  défendre  à 
Tristan^  d'entrer  dans  l'appartement  de  la  reine''  ;  ainsi  on 
espère  le  suprendre.  Le  roi  fait  mieux  encore  :  il  interdit, 
sous  peine  de  mort,  à  qui  que  ce  soit,  sauf  aux  dames,  d'en- 
trer de  nuit^  dans  les  chambres  de  la  reine. 

49.  Tristan  voit  bien  que  c'est  à  lui  qu'on  en  veut,  mais  il 
aime  tant  Iseut,  que  s'il  l'aime  hui  cest  jor^  il  [/']  enmera 
encore  viielz  demain.  Tout  le  sens  de  ses  ennemis,  dit-il  à 
Iseut,  ne  l'empCchera  pas  d'aller  chez  elle.  Iseut  le  prie 
d'être  prudent  :  tant  que  Tristan  sera  en  vie,  Marc  n'osera 
jamais  lui  faire  de  mal  à  elle-même.  —  Andret  avait  pré- 
venu ceux  qi  ci  haoient  T.  :  ils  doivent  être  prêts  à  l'approche 
Basille.  de  la  nuit.  Une  demoiselle  de  Cornouaille,  Basil{l)e^  qui  a 
transféré  son  amom*,  méprisé  de  Tristan,  à  Andret,  fait  remar- 
<[uer  à  ce  dernier  que  Tristan  pourra  entrer  chez  Iseut  du  côté 
du  jardin  en  montant  sur  un  arbre ,  et  lui  représente  tout 
ce  qu'il  y  aurait  de  honteux  à  manquer  l'occasion  de  s'empa- 

1.  A  qui  que  ce  soit,  335. 

2.  Do  nuit,  ajoutent  les  autres. 

3.  n  interdit  rentrée,  en  général,  dans  33i,  97,  100,  102;  99. 


—  41  — 


rer  de  lui.  Andret  poste  vingt  chevaliers  dans  une  chambre 
par  devers  le  jardin  par  laquelle  Tristan  devra  venir,  et  leur 
dit  de  le  laisser  passer,  sans  qu'il  les  voie,  dans  la  chambre  de 
la  reine;  lorsqu'il  sera  endormi,  une  demoiselle  doit  avertir 
Ândret.  Ce  soir-ïà,  Tristan  se  lient  en  effet  caché  dans  le  jardin, 
où  le  clair  de  lune  lui  fait  peur  ;  il  n'a  d'armes  (juc  son  épée. 
Quand  il  croit  tout  le  monde  entlormi,  il  pénètre,  sans  voir 
personne,  dans  la  chambre  qui  est  devant  celle  d'Iseut  et,  de  là, 
dans  la  chambre  mâme  de  la  reine.  II  la  trouve  endormie  et 
seule  :  Marc  ne  couche  pas  là;  il  feint  d'être  malade  pour  don- 
ner à  Tristan  l'occasion  de  se  perdre.  Pendant  que  les  amants 
sont  ensemble,  Brangain  vient  leur  annoncer  qu'ils  sont  guet- 
tés par  les  vingt  chevaliers.  «  Ils  s'en  repentiront,  »  dit  Tris- 
tan, et  après  avoir  rassuré  Iseut,  il  entre  dans  la  chambre  où 
se  tiennent  ses  ennemis,  (jui  s'apprêtent  déjà  à  l'assaillir.  Il 
en  aperçoit  un  au  clair  de  la  lune  et  le  tue  d'un  coup  formi-  Tri? un  sort 
dable.  Des  auti*es,  plusieurs  tombent  à  terre  d'épouvante',  vainquonr  du 
Tnstan  les  menace  de  la  mort,  en  atteint  un  autre-  et  le  tue 
d'un  coup  qui  lui  fait  tomber  l'épaule  gauche^.  Tristan,  qui  est 
presque  sans  armes  et  craint  d'être  attatjué  par  derrière  dans 
l'obscurité,  saute  par  la  fenêti-e  dans  le  jardin,  d'une  hauteur 
de  vingt  pieds*,  et  regagne  son  hôtel,  où  Gouvernai  et  ses  com- 
pagnons le  reçoivent  avec  joie. 


"i^-^ 


50.  Le  roi  Marc  déplore  cette  nouvelle  mésaventure,  tout  en 
admirant  la  bravoure  de  Tristan.  Il  mande  et  Màmc  Andret  et 
lui  ordonne  de  faire  rage  pour  prendre  Tristan.  Andret  fait 
transporter  les  corps  des  tués  à  leurs  hôtels.  Marc  reproche 
à  Iseut  sa  conduite,  et  lui  dit  qu'elle  sera  la  cause  de  la  perte 
de  Tristan  et  de  sa  propre  mort.  Elle  ne  répond  rien,  car  a 
merveilles  le  doutoit.  Le  lendemain,  Marc  fait  enfermer  Iseut  ^eut  eniermée 
dans  une  tour  où  Tristan  ne  pourra  la  voir.  Celui-ci  n*hésite 
pas  à  se  montrer  à  la  cour  parmi  les  autres  chevaliers  :  Marc 
n'a  pas  Tair  de  l'apercevoir.  Tristan  ressent  une  vive  douleur 
en  apprenant  qu'Iseut  est  enfermée;  il  rentre  et  se  met  au  lit  : 
il  est  malade  de  chagrin  et  s'affaiblit  de  plus  en  plus.  Le  roi 
va  le  voir;  Tristan  compare  son  sort  à  celui  d'Absalon,  de 


f^^xP 


1.  Ce  détail  pas  dans  97,    100,   10-2:  09.  —  33i  e.  1.  a.  :  la  pour 
leur  fait  tomber  les  épées  des  mains. 

2.  Qui  s'enfuit  vers  la  fenêtre,  756. 

3.  Pas  dans  97,  100,  102;  99.—  Uras  gauche.  9i. 

4.  XX.  Les  autres  :  dix  \\.]  pieds.  103  ne  donne  pas  de  mesure. 


—  42  — 

Samson,  de  Salomon  et  d'Achille  ;  Marc  en  pleure  de  pitié, 
tout  en  lui  disant  que  cet  amour  lui  sera  funeste.  Tristan 
exprime  le  désir  que,  quand  il  sera  mort,  son  corps  soit  trans- 
porté à  la  Table  Ronde. 

51.  Dans  cette  détresse,  il  est  sauvé  par  Brangain,  qui  le 
guérit  bien  vite  par  la  promesse  de  lui  faire  revoir  Iseut.  Elle  lui 

Tristan,  dégui-  apporte  un  déguisement  de  femme,  grâce  auquel  il  peut  péné- 

toùrd'îscut.  *'  '^'^^  ^^°8  la  tour  où  est  Iseut,  avec  qui  il  reste  trois  jours; 

au  quatrième,  il  est  découvert  par  Basilic,  qui  cherche  un 

des  manteaux  de  la  reine*,  dont  Tristan  est  couvert  dans  ce 

moment.  Elle  avertit  Andret.  Vingt-deux  chevaliers  sont  pos- 

lls  sont  pris  au-  tés,  et  l'on  réussit  à  prendre  Tristan  avec  Iseut.  Gouvernai  et 
damn^sàmSrt  ^^^  quatre  compagnons  de  Tristan  forment  le  projet  de  se 
mettre  en  embuscade  pour  le  délivrer  (juand  il  sera  mené  au 
supplice.  Iseut  pleure,  mais  Tristan  ne  dit  rien.  Ils  sont  d'abord 
condamnés  au  supplice  du  bûcher  2.  mais  sur  le  conseil  de 
ceux  de  CornoaiUe,  le  roi  Marc  permet  qu'on  abandonne 
Iseut  aux  lépreux.  Marc  est  très  chagrin  ;  il  s'enferme  dans  sa 
chambre  et  pleure.  Quand,  sur  le  chemin  du  supplice,  on  est 
arrivé  devant  une  chapelle,  Tristan  rompt  ses  liens,  prend 
une  épée  à  l'un  de  ceux  qui  le  mènent,  renverse  cet  homme  et 
chasse  les  autres.  Puis  Andret  arrive  avec  vingt  chevaliers  : 

Le  saut  de    la  Tristan    en  abat  un,    entre   dans  la   chapelle  et   saute,  en 

oape  e.       tenant  l'épée,  dans  la  mer,  par  une  fenêtre.  «  Ce  lieu  doit 

Ôlre  appelé  le   Saut  Tristan^   »   disent  les   spectateurs;  la 

mer    est    à    quarante   toises  ■'   au-dessous.    Iseut    est    déli- 

iseiu  délivrée  vrée  de  la  maison  des  lépreux,  où  Andret  l'a  menée 
es  preux,  malgré  Ses  prières  de  la  tuer,  par  Gouvernai  et  sus  compa- 
gnons, qui  sont  avertis  par  une  des  demoiselles*  d'Iseut. 
Ils  vont  regarder  le  Saut  Tristan  et  se  demandent  ce  qu'il  est 
devenu  ;  en  ce  moment  ils  le  découvrent  assis  près  d'une  roche. 
Fergus  l'appelle  en  criant,  et  Tristan  leur  indique  où  ils  pour- 
i-ont  le  rejoindre  ;  puis  il  se  jette  de  nouveau  —  toujours  avec 
son  épée  —  dans  la  mer,  qu'il  travei-se  à  la  nage;  on  le  trouve, 
et  on  le  conduit  k  Iseut.  Un  chevalier  à  qui  Tristan  avait  rendu 
service  leur  donne  l'hospitalité;  il  est  excellent  pour  les  deux 
amants  et  leur  fournit  des   vOtcments   et  des  chevaux.   Ils 

1.  Co  polit  di'tail  ]ias  daus  33'i  c.  I.  a. 

2.  Trislau  à  avoir  la  tôtc  trauclïép.  Tac.  Hit.  •[>.  n>V. 
:î.  Pas  dans  103. 

4.  ^ran^am  J.  Maiigin. 


—  43  — 

n'oàenl  aller  al  en  Ixtgres,  ce  qui  serait  une  déloyauté,  ni  en 
Léonois.  Tristan  propose  à  Iseut  de  vivre  ensemble  dans  la  Les  amants  se 
forêt  du  Morois,  sans  autres  compagnons  que  Gouvernai  et  la     yf^   Ijans"  Yê 
demoiselle  *  (P"  80}.   Iseut  lui  demande,  après  avoir  affirmé     Morois. 
qu'elle  Taime  plus  que  jamais  dame  n'aima  chevalier  -,  s'ils 
n'ont  pas  perdu  tout  le  monde^  s'ils  restent  dans  cette  foret  : 
a  plus  de  dames,  de  chevaliers,  de  jeux  •'*,  d'cnrnisies.  Nous 
avons  perdu  le  monde  et-  le  monde  nous  :  qe  vous  en  sa^nble, 
Tristan?  »  Et  Tristan  répond  ^  :  «  Quant  je  vous  ai  avec  moi,  et 
je  puis  a  vous  parler  seul  a  seul  sanz  doute  et  sanz  ennui  d'au- 
trtêi,  qe  me  fault  il  dont  ?  Je  ne  qier  ne  sai  ne  armes  (1.  ne  aim) 
fors  qe  vous  ;  je  vous  aing  plus  que  je  ne  faz  tretout  le  monde. 
Car  se  tout  li  mondes  estoit  orendroit  avec  nous,  je  ne  ver- 

roie  fors  vous  seule.  Et je  veitl  lesser  tretout  le  monde 

pour  vous.  Car  de  vous  seule  me  chaut  il  plus  qe  il  ne  fet  de 

tout  le  rémanent  de   tout   le  monde Je  vous  tendrai  en 

mon  cuer^  corne  je  feroie  tout  le  monde,  se  il  estoit  miens,  et 
vous  me  tiengnez  autressi.  —  Bien  le  veill,  fet  elle,  puis  q*il 
vous  plest;  ja  contredit  ne  y  métrai.  » 

52.  Le  lendemain,  Tristan  fait  part  aux  quatre  compagnons  vie  des  amants 
de  celte  résolution  et  les  congédie  en  les  chargeant  de  saluer  rfansia  forêt. 
de  sa  part  Lancelot  et  Lamorat,  malgré  le  mauvais  tour  que 
ce  dernier  lui  avait  joué.  Les  quatre  disent  vouloir  aller  tout 
droit  à  la  cour  ^.  Tristan  et  Iseut,  avec  Gouvernai  et  la  demoi- 
selle, qui  était  venue  d'Irlande  avec  Iseut*"',  s'enfoncent  dans 
la  forêt  du  Morois,  où  ils  s'installent  dans  une  maison  située 
au  pied  d'une  l'oche  et  construite  par  un  damoiseau  de  Cor- 
noualtle,  qui  y  avait  amené  sa  dame,  appelée  la  sage  demoi- 
selle '  parce  qu'elle  connaissait  la  magie  (P*  80  c.)  —  L:i  forêt 
leur  fournil  ce  qui  est  nécessaire  pour  vivre;  en  outre,  Gou- 
vernai peut  apporter  des  provisions  d'un  chAteau  voisin  ". 

i.  Il  n'y  a  ftas  do  demoiselle  dans  la  Tav.  Rit.,  où  Gouvernai  leur 
amène  Brang.iin.  qu'il  a  rencontrée. 

2.  Ces  paroles  pas  dans  334  e.  I.  a. 

3.  de  j0Uf  jusqu'à  samble,  Tristan  pas  dans  334  c.  I.  a. 

4.  Le  reste  de  ce  dialogue  est  fort  abrégé  dans  334  e.  1.  a. 

5.  Dana  103,  ils  «en  vont  sans  rien  dire.  Nicftran  va  en  Bretagne, 
dit  J.  Maupin. 

6.  I.,es  autres  :  ladem.  qui  avait  nom  Amyde  (334;  99,  91'.  Acinde 
(97,  100,  102).  Lamidc  (335,  759,  104.  103). 

7.  J.  Maugin  rap])elie  Lamide,  parce  (pie  pour  lui  la  servante  des 
amants  e.><i  Itrangain  :  cf.  plus  haut. 

H.   103  ne  parle  pas  de  château. 


—  44  — 

Paasobreuil.         Tristan  regrette  ^  son  cheval  Passehroill  [Passebreuil)  -  et  son 
lïoudenc.      hracliet,  Houdenc  ■',  et  envoie  Gouvernai  à  Norhout  pour  les 
demander  au  i*oi  Mai-c.  On  ne  fait  aucune  ditticulté  de  les  lui 
livrer.  Tristan  va  beaucoup  à  la  chasse  ;  11  apprend  à  Hou- 
denc à  chasser  sans  aboyer*. 

53.  Un  jour  Marc,  qui  est  toujours  escorté  par  vingt^  che- 
valiers au  moins  lorsqu'il  va  dans  le  bois,  parce  qu'il  craint 
d'y  trouver  Tristan ,  rencontre  quatre  bergera  dans  la  forêt  et 
se  fait  indiquer  par  eux  Tendroit  où  les  amants  se  tiennent 
cachés.  Il  y  va,  n'y  trouve  pas  Tristan,  qui  est  à  la  chasse 
iBout  ravie  par  avcc  Gouvernai,  et  enlève  Iseut  et  la  demoiselle.  Puis  il  pros- 
Marc.  çj.j|,  'p^.igtajj^  gQ  promettant  une  ville  de  Gornouaille  à  celui 
qui  le  tuera.  Les  chevaliers,  par  consé(}uent,  le  guettent  par- 
tout. 

Trisinn,   blessé      ^4,  Tristan  est  frappé  d'une  flèche  empoisonnée,  un  jour 

fl'uno     floche  (mi'h  dort  dans  la  forêt,  par  un  valet  dont  il  avait  tué  le  père. 

ne  pwit  ùirc  Tristan  jette  le  jeune  homme  a  terre  SI  durement  quil  lui  fait 

îsout^'     ^^^  sauter  la  cervelle ''.  Cependant,  son  bras,  où  il  avait  reçu  le 

coup  de  tlèche,  se  gonile  de  plus  en  plus.  Gouvernai  se  rend  à 

Norhout  pour  essayer  de  trouver  Iseut  et  lui  demander  un 

remède;  Tristan  Taccompagne  jusqu'à  la  lisière  de  la  forêt.  Là 

ils  rencontrent  une  demoiselle,  parente  de  Brangain,  et  venue 

d'Irlande  avec  Iseut;  elle  revient  d'un  château  voisin,  où  Marc 

l'a  envoyé'.  Elle  leur  dit  qu'Iseut  est   enfermée   dans    une 

tour,  où  personne  ne  peut  pénétier,   mais  elle  se  charge  de 

1.  Sur  cela  rien  dans  la  Tav.  Hit. 

2.  J.  Maugiii  :  Passebrun. 

3.  Sic  iOO.Hondet  104,  Hudene  756,  Ilodene  334,  Ihdent  97,  102, 
33r),  Odane,  Hodane,  Hodant  99,  94,  Budenc  759,  Hudtin^  Heudent^ 
Ileudenc  {O'À ,  Verard,  Jauot  ;  cf.  §  104.  J.  Maugin  change  le  nom  en 
Faisant. 

1.  Dans  la  Tav.  RU.  il  a  un  rêve  de  mauvais  augure,  où  il  se  voit 
gravemont  blessé  par  un  cerf  (p.  167). 

5.    Trente,  J.  Maugin. 

0.  Cela  mo  parait  ressembler  encore  plus  à  la  légende  d'Her- 
cule et  Lychas  (Ovide  Met.  9,  211  ss.)  que  la  mort  de  Lucan  étouffé  par 
Arthur  [Mort  Arlu  ;  P.  Paris,  Rom.  d.  t.  T.  R.,  V,  350),  appelée  par 
P.  Paris  {ih,  en  note)  «  un  souvenir  à  peu  près  évident  n  de  celte 
légende.  —  Tristan  est  ici  Hercule,  comme  ailleurs  il  est  (Thésée  (le 
tribut  de  Cornimaiile  ;  lu  destruction  des  géants  et  des  monstres  :  a  il 
délivre  Inujtiurs  ceux  qui  sont  en  tristesse  »  f°  00  d.  —  les  voiles 
blanches  ou  noires).  Cf.  la  Romania,  15,  485. 

7.  Ces  détails  pas  dans  334  et  les  autres. 


—  45  — 


J^n. 


leur  envoyer  BrangaÏD.  Celle-ci  vient  et  dit  à  Tristan  d'aller 

en  Petite- Bretagne,  chez  le  roi  HoeU  dont  la  fille,  heut  aux  ripasse  chez  le 

Manches  mains,  le  guérira,  car  Iseut  la  blonde  est  trop  surveil-  pet/teffireta- 

lée  pour  qu'il  puisse  la  voHh gne. 

55.  Tristan,  à  qui  le  nom  d'Iseut  paraît  être  de  bon  augure,  Tristan    guéri 

part  avec  Gouvernai  *  ;  ils  arrivent  sans  encombre  à  Uomac  -.     P?î  '®*^"i  **"* 
-iijr^-r*  'Dianches- 

viUe  de  PetUe-Brelagne,  et  trouvent  le  roi  en  train  de  forti-      mains. 

fier  le  château  d'Halingue^  contre  un  comte  voisin,  Agrippe  le 

grand*.  HoCl  recommande  Tristan  aux  soins  d'Iseut,  sa  fille, 

qui  le  guérit;  il  se  résout  alors  à  abandonner  Iseut  de  Cor- 

nouaille  pour  l'autre  aux  blanches  mains,  qui  l'aime  <[V  82).    - 

Le  roi  Hoël  a  le  dessous  dans  la  guerre.  Kahedin  '",  son  fils,       Kahedm. 
est  grièvement  blessé,  et  Agrippe  assiège  Hoël  dans  sa  cité 
avec  dix  bataillons,  de  cinq  cents  hommes  chacun;  il  fait 
avancer  les  deux  premiers  vers  la  ville  et  poste  les  huit  autres 
dans  la  forêt.  Hoêl  se  désole  ;  il  n'a  plus  d'espoir,  Kahedin 
étant  blessé.  Gouvernai  lui  parle  de  la  bravoure  de  Tristan, 
sans  le  nommer,   et   Hoël   l'envoie  chercher.  Tristan,   qui,  Tristan    aide 
du  haut  des  murs,  avait  regardé  les  préparatifs   des   assié-     i'yrL*'""*  '" 
géants,  était  déjà  descendu  pour  prendre  part  à  la  bataille,  en  se 
rappelant  celle  où  Lancelot  amena  les  hommes  de  Galehout  à 
faire  hommage  à  Arthur.   Il  appelle  Gouvernai  et  se   fait 
armer.  Gouvernai  avertit  le  roi,  qui  rassemble  ses  gens.  On 
fait  une  sortie  :  Tristan  tue  Alquin  ^,  le  neveu   du  comte 
Agrippe,  et  fait  des  merveilles  de  prouesse.  Agrippe  est  tué,  et 
Hoël  recouvre  sa  terre. 

Tristan  dit  enfin  son  nom. 

56.  Un  jour,  Kahedin  et  Tristan  se  promènent  à  cheval 
ensemble.  Tristan  songe  à  Iseut  la  blonde,  et  sa  tristesse  l'ac- 
cable au  point  de  le  faire  tomber  évanoui  de  son  cheval. 
Revenu  à  lui,  il  parle  de  son  amour  pour  Iseut.  Kahedin  croit 

1.  Ce  voyage  de  Tr.  en  Pet.-Br.  est  précédé  dans  la  Tav.  Rit.  (p. 
173-187)  d'une  interpolation  de  plusieurs  épisodes. 

2.  Chasee  104,  manque  dans  103  ;  Hamac  [Hausac)  les  autres. 

3.  Htttinde  100,  iiarlinge  335,  /{atuige  T.j9,  Alinge  lOi.  Habuguc 
tes.  Balingresi.  Maugiu. 

4.  Le  grand,  paa  dans  103. 

5.  Var.,dans  les  autres,  Kehedin  (dans  103  aussi;.  Tressau  et  Ûuu- 
lop-Liebrecht  :  Phérédin;  Encycl.  Britann.  :  Peredur,  Pheredur:  Tav. 
Rit.  :  Gheddino. 

6.  AquynZSA,  Aiquin  759;  AlgiusZ.  Maugiu. 


Trislan  sp 
marif,'. 


—   4(i   — 

qu'il  s'agit  de  sa  sœur  et  le  dit  à  son  père,  qui  la  donne  en 
mariage  îi  Tristan.  Celui-ci  accepte;  le  nom  d'Iseut  y  entre 
pour  beaucoup. 

Il  se  marie  donc,  mais  il  reste  fidèle  h  la  reine  Iseut 
quant  au  point  principal,  et  la  naïve  Iseut  est  contente.  Gou- 
vernai se  réjouit  :  il  croit  que  Tristan  a  oublié  Iseut  de  Cor- 
nouaille  ;  mais  Trislan  se  trouve  dans  un  singulier  embar- 
ras, et  grant  est  la  bactaitle  des  deux  Yseltes  '.  Ho5l 
investit  son  gendre  du  royaume  de  la  Petite-Bretagne.  Un 
an  s'écoule. 


I    57.  Iseut  apprend  la  nouvelle  du  mariage  de  Tristan  et  en 
La  messagère   fesi  désespérée  ^   Elle  charge   une  demoiselle  de  porter  à  la 
l'eine  Guenièvre  une  lettre,  dans  laquelle  elle   lui  demande 
ponseiï  ^  (P*  85). 


il' Iseut. 


Tristan  ne  peut."  58.  Un  jour  Kahedin  et  Tristan  se  promènent  à  cheval,  au 
CornouaUie.  **  bord  de  la  mer.  Tristan,  songeant  qu'il  y  a  un  an  qu'il  n'a  vu 
Iseut  la  l)londe,  pleure  ;  interrogé  i)ar  Kahedin,  il  avoue  tout. 
Kahedin,  qui  ne  se  montre  pas  fÂché  le  moins  du  monde, 
approuve  la  résolution  de  son  beau-trère  d'aller  en  Gor- 
nouaille  et  d'emmener  Iseut  en  Logres  ou  en  Benoïc  pour 
y  passer  le  reste  de  sa  vie  avec  elle,  et  il  obtient  la  permis- 
sion d'accompagner  Tristan,  car  il  a  grande  envie  de  voir 
Iseut,  et  il  désire  réconforter  son  beau-frère. 

Uncelotaccom-  59.  Lancelot  quitte  la  i^our  d'Arthur  avec  la  messagère 
niSselle^  «TIh  G^^'oy^tî  V^^'  Iseut  et  portant  hi  réponse  de  Guenièvre.  On  va 
aeut.  j  loger  chez  une  dame  veuve ,  qui  renseigne  Lancelot  sur  le 

Le  château  F6-  chastcl  Félon  '',  dont  la  chiUelainc  ne  peut  èlre  guérie  •'  que  par 
""         :  le  sang  d'une  vierge,  fille  de  roi,  et  où  les  chevaliers  retiennent 


i.  Sic  dans  tous  loa  autres  sauf  334  t'I  103. 

2.  Elle  envoie  Branf^ain,  (jui  part  ei  trouve  Trist.  ;  après  quoi  ils 
partent  avec  Kaliodiii  ;  ])uis  !'é])iso(le  lie  Damantes  (vny.  plus  loin), 
dans  la  Tav.  Rit.,  où  l'épisode  du  Servage  et  les  aventures  de  Brunor 
aux  Desirnis  de  Soreloys  ne  se  trouvent  pas. 

3.  Celte  lettre  commence  uinsi  :  .1  vous^  madame  la  roïne  Ge.,  qi 
de  beauté  et  de  valor  et  de  courtoisie  et  de  proesce  avés  passées  et  sonnon- 
tces  totes  les  daines  du  monde,  etc.  {334  ;  gui  de  bontez  et  de  biautez  H 
de  cortoisies  et  de  hautt-sces  et  de  valeur  et  de  sens,  etc. 

\.  Ici  commence  le  ms.  750.  —  Cf.. pourle  château,  §  515  el  Merlin, 
II,  Hi.  (éd.  G.  Paris). 

5.   Sa  maladii^  n'est  pas  spéciliée. 


_  47  — 

les  demoiselles  qui  passent.  Lancelot  voudrait  y  aller,  mais  il  /' 
apprend  que  le  corps  d'un  aexd  chevalier  ne  suffît  pas  :  la  pré-  j 
sencc  de  la  demoiselle  est  indispensable.  Un  chevalier  de  la  > 
Pelite-Brelagne  arrive  ;  on  parie  de  Tristan  :  Lancelot  dit  du  ! 
mal  de  lui  et  se  déclare  son  ennemi  ;  le  chevalier,  qui  s'ap-  ^ianceiot  se  dé- 
pelle Sup{p)inable  ' ,  retourne  dans  son  pays  et  raconte  cela  i  de^Trislao^"* 
à  Tristan. 

Tristan  compi-enil  que  Lancelot  le  hait  parce  qu'il  a  épousé  i 
Iseut  aux  blanches  mains  et  abandonné  l'autre  Iseut.  Cepen-  \ 
danl,  sa  femme  est  toujours  vierge  et  ne  se  doute  de  rien  :  ': 
c'est  en  son  honneur,  croit-elle,  que  Tristan  compose  ce  grand  ! 
nombi*e  de  motets  et  de  chansonnettes,  où  revient  à  chaque  l 
instant  le  nom  d'Iseut. 

60.  La  messagère  disent  lui  apporte  la  réponse  *  de  Gue- 
nièvre  à  sa  lettre,  qui  la  console  beaucoup.  Puis  elle  envoie 
Braogain  porter  une  lettre  à  Tristan  pour  le  faire  revenir  en 
Cornouaille. 

61.  Lamorat,  ayant  quitté  le  chevalier  qu'il  avait  chargé  de 
remettre  le  cor  à  la  cour  du  roi  Marc,  retourne  en  Grande- 
Bretagne,  mais  une  tempête  le  jette  sur  la  côte  du  Norgales  ^  : 
des  pêcheui-s  le  sauvent,  au  dernier  moment,  de  la  mort 
dans  les  flols.  Il  se  trouve  à  Textréniité  de  Norgales,  devant 

Vlsle  au  Géant,  dans  le  pays  du  Servage^  dont  l'étroite  entrée,  Lamorat  au  |>ays 
qui  ne  donne  accès  qu'à  un  homme  à  la  fois,  est  fermée  par     **"  Serrage. 
un  château  où  habitent  des  géants  qui  n'admettent  que  des 

1.  Ici  commence  (f*  39,  après  une  première  partie  en  italien  qui 
raconte  des  aventures  de  Guiron  le  courtois}  le  ms.  12599.  —  Le  nom 
du  chevalier  est  Pinabel  dan»  7.j0,  12599,  103;  Supinades  d.  104. 
[Supynah^ly  les  autres;  J.  Maugin  :  Nicoran). 

2.  La  lettre  commence  ainsi  :  A  vos,  madame  Yselt,  roine  de  Cor- 
nouaHUj  *i  bone  (dame  334)  et  si  befe  et  si  gracieuse  de  toutes  choses, 
etc. 

3.  Ainsi  tous  les  mss.,  sauf  750  et  12599,  qui  passent  à  Lamorat, 
comme  les  autres,  après  la  lettre  d'Iseut,  mais  en  disant  :  Or  dit  li 
eofUes  que  quant  Lamorat  se  fu  partiz  de  Belinant  iorguellex  en  tel 
manière  corn  ge  vos  ai  devisé  ça  arieres,  et  il  fu  entrez  en  la  nef  avec  li 
homes  Belignant,  li  marinier  qui  laienz  estaient  et  qui  moût  devraient 
qu'a  eussent  acompli  le  coman^ement  de  lor  seingnor  et  qu'il  eiissent 
amené  Lamorat  en  la  Grani  Bretaigne,  ensint  com  lor  seignor  lor  avait 
comandé,  —  ils  font  naufra^rc  ;  puis  il  y  a  accord.  Comme  les  autres  mss. 
parlent  du  sacrifice  qu'a  fait  Belinant  pour  Lamorat  (v.  §  66),  il  est 
probable  que  le  séjour  de  Lam.  chez  Bel.  a  été  raconté  par  750  et 
12599  après  l'envoi  du  cor  et  sauté  par  les  autres  (cf.  §  47). 


—  48  — 

chevaliers  désarmés,  et  où  celui  qui  entre  est  cmprisonaéà 
Nabon.  jamais.  Lechef  decesgéants,  A'iaAoïi{var.  iVaôor)  le  noir,  a  peuplé 
sa  vallée  des  étrangei-s  qu'il  retient.  Undeschcvaliers  dota  Table 
Ronde  était  venu,  mais  Nabon  l'avait  cruellement  tué.  Lamo- 
rat  demande  à  la  pêcheuse  qui  lui  raconte  tout  cela  le  nom  de 
ce  chevalier  :  c'était  son  cousin,  Guivret  le  petit  K  Lamorat  se 
propose  de  le  venger.  Il  prie  les  pêcheurs  de  le  délivrer,  mais 
ils  ne  peuvent  pas;  on  ne  peut  sortir,  même  par  mer,  les 
parages  étant  entourés  des  montagnes  dites  du  Port  périlleux^ 
où  sont  postés  de  nombreux  gardes,  chargés  de  défendre 
la  sortie  à  qui  que  ce  soit.  Lamorat  reste  donc  chez  les 
pêcheurs.  —  Nabon  fait  mander  tout  le  monde,  sous  peine  de 
mort,  à  son  chriteau  de  Glat'^,  où  son  fils  sera  armé  chevalier; 
Lamorat  y  va  avec  les  autres  (f"  89). 

I        02.  Tristan  entre  un  jour  avec  Iseut  et  Kahedin  dans  un 
bateau  qu'il  avait  fait  en  vue  de  son  voyage  en  Cornouaille  : 
ilsontrinlentiou  de  se  promener  un  peu  sur  mer.  Cependant, 
tous  ti-ois  s'endorment  au  bout  de  quelque  temps,  et  le  bateau, 
allant  à  la  dérive,   échoue  sur   une   roche.  Iseut   se  blesse 
■     au  débarquement.  Ils  gravissent  la  roche  et  voient,  au  pied,  une 
vaste  et  belle  plaine,  environnée  de  montagnes  et  dominée 
Arrivée  de  Tris-  P^^'  ^^^  château,  qui  s'élève  parmi  des  viles  ^.  C'est  le  pays  du 
tanauServage  Servage.  Us  descendent,  et  trouvent  dans  la  plaine  Segurades 
Kahttdin.     ^   îivec  une  demoiselle  et  un  écuyer.  Il  leur  dit  que  personne  ne 
peut  sortir  de  ces  lieux.  «  J'ai  été,  dit-il,  en  faisant  un  jeu  de 
mot,  ft  sur  (5(î(/i»ades)  jus(ju*à  mon  arrivée  ici;  à  partir  de  ce 
moment,  je  suis  coars^  »  et  il  témoigne  sa  joie  de  voir  Tristan 
dans  cette  position  :  le  voilà  puni  du  tort  qu'il  lui  a  fait.  Tris- 
tan lui  reproche  son  peu  de  courage.   11  rappelle  la  victoire, 
remportée  par  lui-môme  sur  le  Morhout  et  promet  de  délivrer 

4.  Ce  personnage  est  mentionné  aussi  plus  loin  (voy.  ci-dessous), 
et,  dans  plusieurs  mt^s.,  sous  un  autre  nom.  Voici  les  formes  (la  première 
est  celle  qui  se  lit  à  ce  piissage-ci  )  :  Guivret  :  Guignet  [Guiennor]  756,  Men- 
cion;  Mainon  750,  Menon  (bis)  12591».  Mennon  (bis)  335,  759,  103, 
Menion  (bis)  les  imprimés,  Tressau,  Menen;  Menon  104,  Ni/{a)non; 
Niennor  3SA,  Nyavon;  Li€nor97,  102,  Niation;  Lievois  100;  Guivret; 
Viennor  09,  04.  —  Le  surnom  est  partout  :  le  petit,  excejjté  dans  9-i, 
au  dernier  passage  :  Viennor  le  pitous. 

X'.  Gait  104  ;  de  l'Estaui  750;  de  VEstane  13599. 

3.  Chasiiaus  et  bours  et  viles  33-4,  07,  100,  102.  Chastiaus  et  viles 
335,  750  ;  Ï04.  Villes  et  prays  et  bois  103.  —  750,  12590  seulement  : 
uu  château  tlaui!  une  plaine  close  de  moniaguos.  Dans  ces  deux  mss. 
Tristan  monte  au  sommet  de  la  roche  tout  seul  avant  d'y  conduire  les 
autres. 


—  49  — 

le  Servage  :  Segurades  lui  fait  ses  excuses  en  s'agenouillant,  et 

Tristan  le  relève.  Segurades  les  amène  à  l'hôtel  d'une  dame 

veuve^  son  hôtesse,  qui  espère,  dit-elle,  que  Dieu  les  délivrera, 

comme  jadis  il  délivra  le  peuple  d*IsraCl  du  servage  Pharaon. 

Malheureusement,  il  n'y  a  pas  d'armes.  Le  lendemain  le  son 

d'un  corannonce  l'heure  de  partir  pour  la  fête  du  château  de  La  fôte  au  châ 

Glat,  et  on  s'y  rend  à  pied.  Iseut,  bientôt  trop  fatiguée  pour    '^''*"  ^^^  ^*°'- 

continuer  la  marche,  reste  dans  une  chapelle  où  se  trouve 

un  beau  tombeau,   qui  est  pourtant  inférieur,  suivant  leur 

hôtesse,  à  celui  d'Hector  de  Gaunes,  le  père  do  Blioberis.  Un 

chevalier  de  la  Table  Ronde  y  avait  été  enterré  par  ceux  des 

captifs  qui  étaient  de  Logres  ;  on  lui  avait  mis  un  chapiau 

sur  la  tête,  parce  qu'il  était  jeune  ;   quant  à  la  tombe,  on 

l'avait  trouvée  telle  quelle.  Le  chevalier  s'appelait  Guignol  * 

le  petit  et  était  de  la  lignée  du  roi  Pelinor  de  Listenois. 

Nahon  ^  Je  fit  detrencier  quand  il  sut  qu'il  était  de  la  Table 

Bonde.  Il  se  trouve  que  ce  chevalier  a  rendu  un  service  à 

Tristan,  qui  se  promet  de  le  venger  ((*  92). 

On  passe  la  nuit  dans  la  chapelle,  et  on  arrive  au  château  le 
lendemain.  La  fête  est  célébrée  dans  la  plaine  devant  le  châ- 
teau, près  de  la  rivière  appelée  Uarse  ^  Nabon,  qui  a  réuni 
toute  sa  lignée  à  l'occasion  de  cette  fête,  fait  dresser  deux  ^ 
pavillons  et  une  tente,  et  ordonne  que  ceux  de  Logres  et  ceux 
de  Norgales  se  tiennent  à  deux  endroits  différents  :  il  veut 
savoir  de  quel  côté  sont  les  meilleurs  chevaliers  et,  notamment, 
les  meilleurs  escrimeurs;  l'arme  est  le  bâton. 

63.  Nahon  dit  à  un  valet  de  choisir,  des  partis  de  Logres 
et  de  Norgales,  les  deux  hommes  qui  sont  de  la  meilleure 
apparence  pour  la  lutte.  L'un  des  choisis  est  Lamorat,  qui 
n'ose  refuser.  Un  chevalier,  le  meilleur  du  monde  de  son  eage 
et  de  très  haute  lignée  ^  dit  à  Tristan  et  à  Segurades  que  c'est 
Lamorat,  que  Tristan  n'a  pu  reconnaître.  Lamorat  se  montre 
supérieur  à  son  adversaire,  qui  se  rue  sur  lui  pour  lutter, 
mais  est  jeté  rudement  à  terre.  Nabon  commande  aux  autres 
Norgalois  de  venger  leur  camarade  :  Lamorat  bat  tout  le 
inonde.  Nabon,  désireux  de  montrer  au  peuple  sa  supériorité, 

1.  Plus  loin  :  Guiennor;  plus  haut  :  Guivret;  voy.  ci-dessus. 

2.  Cette  remarque  pas  dans  756;  94,  99. 

3.  Ecrit  aussi  Marce^  Marze. 

k.   .U.,  de  même  99;  334  et  1.  aut.  :  trois  [.fli.]. 
5.  Cette  phrase  a  été  omise  dans  756  par  négligence. 

LôSBTH.  —  Tristan.  4 


^  50  — 

escrime  avec  Lamoral,  qu'il  épargne,  du  reste,  autant  que  pos- 
sible. En  ce  moment  Tristan  voudrait  bien  être  à  la  place 
de  Lamorat  :  l'escrime  et  le  jeu  d'échecs  sont  les  deux  choses 
du  monde  qu'il  connaît  le  mieux,  dit-il  â  Segurades,  qui  prédit 
que  le  géant  défiera  d'autres  après  Lamorat  ;  en  effet,  Nabon 
imnrat  vaincu  ayant  vaincu  Lamorat,  qu'il  admire  trop  pour  le  tuer, 
par  Nabon.  demande  à  ceux  de  Logres  s'il  y  a  quelqu'un  d'entre  eux  qui 
ose  se  mesurer  avec  lui  à  l'escrime.  Tristan,  qui  se  croit  sur 
de  la  victoire,  prie  Segurades  d'ameuter  le  peuple  contre  les 
gens  du  géant,  quand  celui-ci  sera  tué,  et  s'avance  vers  Nabon, 
qui  demande  son  nom.  Tristan  ne  refuse  pas  :  «  Jamais  je  ne 
cachai  mon  nom  à  qui  me  le  demanda  •.  »  Le  géant,  appre- 
nant que  c'est  le  célèbre  Tristan  (Lamorat  l'a  déjà  reconnu), 
aurait  eu  peur,  s'il  avait  dû  se  battre  avec  lui  à  l'épée  ;  au 
bilton  il  croit  bien  ôtre  le  premier.  Au  début,  Tristan  feint  de 
ne  pas  savoir  grand'chose  de  ce  jeu,  pour  faire  oublier  la 
prudence  au  géant,  qui  ne  lance  que  de  petits  coups,  voulant 
faire  voir  au  peuple  sa  générosité  envere  un  adversaire  plus 

Tristan        faible  que  lui.  Enfin  Tristiin  le  terrasse  d'un  coup  et  l'assomme 
lomiihe  de  Na-   ,,  .       c?  j  n        t  •  •      ..       . 

iHHî.  d  un  autre,  segurades  crie  :  «  Or  a  la  mesjtie au  jatant  f  »  etce 

cri  de  guerre  est  répété  partout.  Tristan,  s'étant  emparé  d'une 
épée,  tue  le  fils  de  Nabon;  les  parents  du  géant  sont  mis  à 
mort,  et  tous  les  corps  sont  jetés  dans  la  mer.  Ainsi  périt 
Nabon,  qui  tenait  en  sa  prison  plus  de  deux  mille  per- 
sonnes-, tant  chevaliei-s  que  d'autres,  des  royaumes  de  Logres 
et  de  Norgalcs;  tous  sont  désormais  libres,  grâce  à  Tris- 
tîin.  On  remercie  vivement  celui-ci,  qui  attribue  soii  suc- 
cès au  secours  de  Dieu.  Comme  Tristan  et  Lamorat 
refusent  la  seigneurie  qu'on  leur  offre,  Segurades  est  proclamé 
seigneur  du  pays,  qu'il  fit  appeler  dès  lors  la  Franchise 
Tristan  (P  96);  il  se  réserve  la  liberté  d'aller  de  temps 
en  temps  en  Logres  pour  faire  ciievalerie.  Tristan,  à  qui 
Iseut  a  représenté  l'iuriuiétude  qui  doit  régner  à  la  cour  de 
Hoél  h  cause  de  leur  absence,  part  le  surlendemain  avec  elle 
et  sou  beau-frère  ;  ils  sont  reçus  avec  une  grande  joie  par 
Hoël.  Le  roi  avait  surtout  regretté  Trist;iu,  qui  est  extrôme- 

1.  Do  m.  Oi,  99.  3'^h  et  les  antres  :  Je  no  le  cachai  jamaiR  pour 
poor  que  je  eiisse  d'ummequi  mal  me  vousist  ferc.  (Dans  102,  remplaco- 
mont  <hi  feuillet  S4). 

2.  Trois  m.  33ô.  liOyj. 


—  51  — 

ment  populaire  en  Petite-Bretagne.  Les  Bretoas  firent  un  lai 
sur  cette  aventure  :  Je  lai  de    la  Franchise  Tristati  '. 

Dans  cette  môme  semaine  arrive  la  lettre  d'Iseut;  Kahedin 
et  Tristan  vont  en  Gornouaille  ;  on  découvre  qu'Iseut  aux 
blanches  mains  est  encore  vierge  ^. 

64.  Lamorat quitte  la  Franchise  et  se  loge  dans  un  ermitage,  Lamorat 
où  il  raconte  aux  ermites  ce  qui  s'est  passé  dans  l'ancien  pays  proiio. 
duServage.  Le  lendemain,  aprèsavoir  entendu  lamesseavecbon- 
heur,  il  part  et  trouve  un  chevalier  qui  se  bat  avec  quatre  cheva- 
liers ;  Lsmiorat  se  tourne  contre  les  agresseurs  après  les  avoir 
vainement  engagés  à  cesser  cette  bataille  indigne,  et  en  blesse 
deux,  dont  l'un  s'enfuit  ;  les  deux  autres  suivent  son  exemple.  Le 
chevalier  veut  les  poursuivre,  mais  Lamorat  l'en  empêche.  Ils 
partent  ensemble  ;  leur  destination  est  la  cour  d'Arthur.  Lamo- 
rat demande  au  chevalier  s'il  a  vu  dernièrement  des  compa- 
gnons de  la  Table  Ronde  :  «  Aucun,  dit  celui-ci,  sauf  Keu, 
que  j'abattis  ;  le  jour  même  je  défiai  uu  autre  chevalier, 
qui  portait  un  écu  vert  sans  enseignes  ;  il  me  désarçonna  cl 
eut  après  la  courtoisie  de  me  ramener  mon  cheval.  »  Ils  rea- 
contrent  ce  chevalier  ^,  qui  porte,  cette  fois,  un  écu  blanc.  Le 
compagnon  de  Lamorat  veut  se  venger  ^,  malgré  Lamorat,  et 
force  le  nouveau  venu  de  jouter  :  il  est  renversé  avec  son  che- 
val. Lamorat,  qui  joute  après,  est  également  désarçonné  ^  ;  dési- 
reux de  connaître  le  vainqueur,  ilcourtaprès  lui  et  lui  demande 
son  nom  ;  l'autre  ne  voulant  pas  le  lui  dire,  il  lui  demande  s'il 
est  de  la  Table  Ronde.  «  Qui  êtes- vous,  sire  chevalier.^  »  dit 
l'autre;  Lamorat  se  nomme  avec  infiniment  de  modestie.  I^ 
chevalier  se  fait  alors  connaître  :  c'est  Lancelot.  Lamorat  veut 
raccompagner-,  Lancelot  n'y  consent  pas,  et  Lamorat  retourne 
à  son  compagnon,  à  qui  Lancelot  lui  a  demandé  de  ne  pas 
dire  son  nom,  Lamorat,  de  retour,  demande  au  chevalier  qui 

i.  U  est  en  eiïet  très  probable  que  le  fund  de  cet  <5pisodc  a  été 
fourni  par  un  lai,  utilise  par  le  prosateur.  Le  cri  .souvent  répète  :  Or 
a  la  mesnie  aujaiant,  un  vers  octosyUabique,  fait  l'effet  d'être  un  reste 
du  poème;  on  l'aura  conservé  à  cause  de  son  caractère  de  refrain. 

2.  Cf.  la  préface,  §  vi. 

3.  D  est  accompagné  d'un  chevalier  et  d'un  écuyer,  334  e.  I.  a. 

4.  Il  dit  :  a  Vus  la  un  chevalier  qui  aixtnf  hier  ine  navra  s  dans 
tous  les  mss.  ;  c'est  cependant  celui  m*^me  dont  ils  viennent  de  parler, 
«750,  12599,  104  portent  celui;  103  :  le  ch. 

5.  750  et  12599;  les  autres  ne  font  pas  jouter  Lamorat  avec  ce 
chevalier. 


—  52  — 

il  est  :  il  s'appelle  Frolle  *,  et  est  venu  en  Logrea  de  loin  pour 
se  perfectionner  en  chevalerie.  11  veut  savoir  le  nom  de  Lamo- 
rat,  qui  se  dit  compagnon  de  la  Table  Ronde,  mais  d'une 
renommée  inférieure  à  celle  de  son  père,  Pelinor  de  Listenois. 
«  Et  votre  nom?  —  Lamorat  de  Gales.  »  Frolle  s'arrête  et 
se  déclare  l'ennemi  mortel  de  Lamorat,  dont  le  père,  dit-il, 
a  tué  le  sien  ^  devant  Camaaloth,  et  il  le  quitte  en  le  meDa- 
çant. 

65.  Lamorat  arrive  à  une  fontaine,  où  il  trouve  une  dame 
avec  son  chevalier,  qui  est  endormi.  Survient  Gauvain.  La 
dame  plaît  à  Lamorat,  et  il  veut  remmener  après  avoir  dé6é  et 
renversé  son  chevalier,  mais  Gauvain  le  prévient  et  s'en  va 
avec  la  dame;  apprenant  son  nom,  Lamorat  ne  veut  pas  le 
combattre  et  se  borne  à  lui  reprocher  sa  vilenie.  Gauvain  est 
rencontré  et  abattu  par  Belinant  ^  l'orgueilleux,  qui  avait  tué 
jadis  ses  deux  entants  pour  l'amour  de  Lamorat  ^.  Belinant  a 
la  courtoisie  d'aller  avec  la  demoiselle  rejoindre  son  chevalier, 
qui  se  trouve  être  leur  cousin  Luce  ^  (P*  100).  Ils  le  trouvent 

amorat  et  Bo-  mort,  et  Belinant  poursuit  et  atteint  Lamorat,  Leur  combat  est 
'"'^"  '  long  et  pénible  ;  ils  se  nomment  pendant  une  pause,  et  Beli- 
nant refuse  de  pardonner  à  Lamorat,  qui  s'excuse  de  son  mieux. 
Belinant,  à  la  fin,  est  à  bout,  et  Lamorat  le  fait  transporter 
dans  une  abbaye;  puis  il  reprend  son  chemin  et  arrive,  ie 
jour  de  PAques,  à  la  cour  d'Arthur,  à  Camaaloth. 

66.  A  la  cour,  Lamorat  raconte  ses  aventures;  Tristan  et 
Lancelot,  dit-il,  sont  les  deux  meilleurs  chevaliers,  auxquels 
on  peut  ajouter,  en  troisième,  Palamède(f  102). 

Le  mardi  arrive  un  jeune  homme,  de  dix-neuf  ans,  en  che~ 
innse  et  en  cote  d'un  vert  samit  ovré  a  or  ;  cette  cotte  est  pleine 
3  raki  à  la  d'entailles,  etKeu  en  appelle  le  porteur  le  valet  a  la  cote  mal 
fjîj!'^  "'"^  ^*^''"  taillée.  Il  dit  au  roi  qu'il  est  venu  à  sa  cour,  dont  il  connaît  la 
bonté  pour  les  faibles  et  les  malheureux,  pour  être  armé  che- 
valier de  la  main  d'Arthur.  Le  roi  veut  savoir,  auparavant, 
quel(jue  chose  de  son  estre  ;  le  jeune  homme  fait  remarquer, 
avec  beaucoup  de  franchise,  que  le  roi  ne  devrait  point  s'oc- 

1.  Var.  Froillenly  Frôlant,  Froille,  Freille.   [FrioleJ.  Maugin.) 

2.  Ainsi  750,   12599;    les  autres   lui  font  attribuer  cette  mort  à 
Lamorat  lui-même. 

3.  Vîir.  Belyant;  Belignant  (llelynas  103). 
^.  Voy.  §fil. 

5.  Lo  nom  pas  dans  104. 


—  53  — 

cuper  plutôt  de  son  extraction  que  de  sa  valeur.  Gaheriet 
intercède  en  sa  faveur,  mais  le  roi  hésite  toujours.  Gaheriet, 
lui  rappelant  les  débuts  de  Lancelot,  qui,  également,  vint  à 
la  cour  et  fut  armé  chevalier  sans  qu'on  le  connût,  veut  bien 
se  charger  de  la  responsabilité  ;  Lamorat  le  seconde,  et  le  roi 
promet  enfin  d'armer  le  jeune  homme  chevalier  le  lendemain; 
il  le  l'ecommande  à  Gaheriet,  et  lui  demande  des  détails  *.  Son 
père,  très  bon  chevalier,  a  été  tué;  par  qui?  Il  ne  veut  pas 
le  dire;  il  a  été  assassiné  par  un  chevalier  qui  le  trouva  un 
jour  qu'il  chevauchait  désarmé,  habillé  comme  Test  en  ce 
moment  son  fils,  dont  la  cotte  représente,  par  les  entailles,  les 
blessures  de  son  père;  il  la  portera  jusqu'à  ce  qu'il  l'ait  vengé. 
L'assassin  est  un  des  meilleurs  chevaliers  du  monde,  mais 
Brunor  *  n'en  perd  pas  le  courage,  sa  cause  étant  la  bonne.  Il 
refuse  de  dire  davantage  et  reste  avec  Gaheriet  et  Lamorat. 

67.  Le  roi  va  à  la  chasse  avec  la  plupart  des  chevaliers  ;  le 
valet  reste  à  la  maison ,  où  la  reine  cherche  en  vain  à  le 
faire  parler  de  ses  affaires.  Un  lion,  que  le  roi  avait  à  la  cour 
depuis  deux  ans  et  qui  avait  rompu  sa  chaîne  ^,  jette  la  cons- 
ternation parmi  les  dames  ;  même  les  chevaliers,  au  nombre  de 
dixâpeu  près  et  parmi  eux  Keu ,  s'enfuient.  Le  valet,  qui  est  indi- 
gné de  cette  poltronnerie,  ayant  évité  le  bond  du  lion,  le  tue  avec 
son  épée,  qu'il  n'a  pas  voulu  quitter,  ce  qui  lui  a  valu  des 
remarques  moqueuses  de  la  part  des  dames  ;  cet  exploit  le  fait 
beaucoup  admirer.  Le  lendemain  il  est  armé  chevalier. 

68.  Arrive  une  demoiselle  portant  un  écu.  Keu  s'oHrc  poli-  La  demoîselh 
ment  à  l'en  débarrasser  :  elle  lui  fait  savoir  qu'il  n'est  pas  mesdisant. 
digne  de  porter  un  écu  pareil.  Puis  elle  dit  au  roi  qu'un  che- 
valiernouveau  cherchant  des  aventures  en  a  trouvé  une  fort  mer- 
veilleuse ;  il  Ta  tentée,  mais  a  été  blessé  mortellement.  La  demoi- 
selle vint  à  passer  devant  la  fontaine  où  il  se  mourait  :  il  la 
reconnut,  se  plaignit  de  ce  qu'il  n'avait  pu  mener  à  fin  cette 

aventure  et  la  pria  d'aller  porter  son  écu  —  vert  avec  une 

1.  Dans  tous  les  mss.  sauf  99,  100,  335,  le  roi  lui  demaDde  aussi 
son  nom  :  C'est  Brunor  le  noir  {750,  12559,  103  ;  les  autres  :  Brun 
[Bron)  le  noir)  ;  cela  doit  être  une  erreur,  comme  nous  le  voyons  par 
la  suite;  v.  §  68  :  le  roi  ne  sait  point  comment  il  s'appelle. 

2.  Brunor  étant  en  effet,  comme  nous  le  voyons  ailleurs,  le  nom  du 
valet  à  la  cotte  mal  taillée,  je  l'appellerai  ainsi,  pour  plus  de  commo- 
dité. 

3.  756  :  Sa  chaîne  li  estait  rote  (lacune  d.  759). 


—  54  — 

main  blanche  qui  lient  une  épée  nue  —  à  la  cour  d'Arthur  et 
d'inviter  les  compagnons  de  la  Table  Ronde,  en  les  saluant  de 
la  part  du  chevalier  amoureux,  à  lui  succéder  en  se  rendant 
aux  Destroiz  de  Soreloj/s,  par  devers  Norgales  :  s'ils  peuvent 
accomplir  l'aventure  de  l'écu,  ils  acquerront  beaucoup  de 
gloire.  —  Aucun  des  chevaliers  n'ose  s'en  charger;  la 
lignée  de  Ban  n'est  pas  présente.  Le  roi,  très  ennuyé,  se 
décide  à  aller  lui-même,  quand  Brunor  lui  demande  un  don  : 
c'est  de  s'en  charger  ;  le  roi  se  dit  bien  qu'il  est  trop  jeune, 
mais  il  lui  a  déjà  accordé  son  don  (f  105).  La  demoiselle 
trouve  ce  choix  ridicule,  car  l'aventure  donnerait  assez  à 
faire  à  Lancelot  lui-môme;  elle  ne  veut  pas  de  ce  chevalier 
nouveau  et  s'en  va  brusquement.  Brunor  dit  adieu  au 
roi,  qui  tâche  vainement  de  le  retenir;  ses  deux  écuyers  lui 
apportent  ses  armes  ;  au  lieu  de  sou  écu,  il  prend  celui  que 
la  demoiselle  a  laissé  et  part.  Le  roi  s'écrie  :  n  Hal  sei- 
gnors  chevaliers,  deceii  somes,  Nostre  chevaliers  se  part  de 
notts,  et  encore  ne  savons  nous  rien  de  son  nom  ^  Un  cheva- 
lier court  après  le  valet,  et  lui  dit  que  le  roi  regrette  de  ne 
lui  avoir  pas  demandé  son  nom  pendant  qu'il  était  chez  lui. 
Brunor  répond  qu'il  veut  garder  le  nom  que  Keu  lui  a  donné, 
jusqu'à  ce  que  sa  douleur  et  sa  tristesse  soient  tournées  en 
joie.  Arthur  ne  veut  pourtant  pas  l'appeler  valet,  car  il  a  sait 
bien  qu'il  sera  bon  chevalier  2  ». 

imnor  la  suit.  G9.  Brunor  rejoint  la  demoiselle,  qui  le  reçoit  fort  ma!  : 
elle  lui  reproche  durement  sa  jeunesse  et  le  prie  de  retourner, 
mais  il  continue  à  la  suivre.  Apparaît  Daguenet  ■*,  le  fou  du 
roi  Arthur;  on  s'amusait  souvent  à  l'armer  et  à  le  laisser  par- 
tir en  aventures;  il  haïssait  les  chevaliers  de  Cornouaille  et 
croyait  en  combattre  partout.  Brunor  l'abat  de  cheval,  naturel- 
lement sans  le  connaître  :  là-dessus  la  demoiselle  le  gabe  infi- 
niment. On  rencontre  ensuite  un  chevalier  blessé;  son  nain 

1.  Aussi  750,  I2y90,  IO;i,  dans  InsqucU  \o  roi  sVst  cependant 
déjà  fait  dire  le  nom  d<;  Hninnr  (v.  §  07)  ;  750  et  334  donnent  la  même 
exclamation,  mais  il  la  motiv(MU  en  disant  quo  le  roi  ne  se  rappelle 
plus  ce  nom  ;  de  mt^me  les  autres,  sauf  335,  99  et  100,  où  l'oxclama- 
tion  est  toute  naturelle,  puisque  dans  ces  mss.  le  roi  n'a  pas  demande 
le  nom.  (Lacune  dans  7ô'J.) 

2.  II  semble  donc  que.  les  niss.  dans  lesquels  le  roi  ne  demande  pas 
le  nom  du  valet  aient  raison. 

3.  Dagnenel  7rjO.  l*>5y!i. 


—  55  — 

et  la  demoiselle  '  se  prenneat  de  discussioa  et  s'accablenl  d'in- 
jures; le  chevalier  impose  enfîu  silence  au  nain,  que  les 
paroles  virulentes  de  la  demoiselle  ont  jeté  dans  une  fureur 
indescriptible.  Arrive  Blioberis  de  Gaunes,  qui  rentre  à  la 
cour.  A  l'instigation  de  la  demoiselle,  Brunor  joute  avec  lui  : 
il  est  renversé.  On  descend  à  une  tour  dont  la  dame  soigne  le 
chevalier  blessé,  qui  lui  raconte  qu'il  venait  de  la  cour  d'Ar- 
thur avec  Hector,  qui  s'était  offert  à  Taider  dans  une  affaire 
difficile;  puis  Hector,  ayant  jouté  avec  le  chevalier  à  la  teste 
glatissant,  avait  été  grièvement  blessé  (1*  108  c).  Après,  le  che- 
valier blessé  2  s'était  battu  avec  un  chevalier  qui  conduisait 
une  demoiselle  :  de  là  ses  blessures.  Son  hôtesse  le  félicite  de 
navoir  pas  tué  ce  chevalier,  qui  est  son  fils  à  elle-même. 

70.  La  demoiselle  mesdisani,  dont  tout  le  monde  blâme  la 
mauvaise  langue,  part  le  lendemain  sans  adieux,  et  Brunor  la 
suit,    quoique    continuellement  bafoué  et  renvoyé  par  elle. 
Survient  la  beste  glatissa/tt,  chassée  par  Palamèdo,  qui  n'est 
pas  encore  au  terme  où  il  pourra  l'attraper  2;  la  demoiselle 
fait  jouter  Brunor  avec   Falamède,  qui  le  désarçonne.  Elle  II  est  abaUu  jwr 
le  raille  de  cette  mésaventure,  mais  Brunor  fait  remarquer     ï*i^amède. 
que  s'il  a  été  abattu  par  Blioberis  et  Palamcde,  cela  n'est 
point    étonnant,   vu    que  ce  sont  deux  des  raeilleux*s  che- 
valiers du  monde,  et  la  demoiselle  se  tait,  sachant  bien  qu'il 
disoit  voir.   Puis  on  trouve  Brandelis  dormant  devant  une 
fontaine  :  son  écuyer  leur  dit  qu'il  avait  été  blessé  au  château 
de  Mal  Accueil,  situé  à  une  journée  de  là  ;  on  y  a  coutume  de  Le  château  du 
maltraiter  les  chevaliers,  et  plus  de  vingt  chevaliers  y  avaient     ^'^  Accueil, 
attaqué  Brandelis.  Lademoiselle  se  propose  d'y  aller  pour  éprou- 
ver Brunor.  On  rencontre  Mordret,  banni  de  la  cour  à  cause        Mordret. 
d'une  vilenie  qu'il  avait  faite  à  une  demoiselle*;  il  est  «issez 
bon  chevalier,  mais  brutal,  orgueilleux   et   violent.   Devant 
lui  la  demoiselle  prétend  n'être  pas  conduite  par  Brunor,  et 
Mordret  promet  fie  l'accompagner    pendant  quelques  jours; 
Brunor  refuse  cependant  de  retourner.  Ils  arrivent  près  du 
Chastel  orgueilleux,  démoli  par  Vterpandragon,  puis  recons-  Le  chàtoau  or- 
truit  :  il   est  habité  par  des  ennemis  du  roi  Arthur,  par  des       ffuedleux. 

1.  Appelée  constammonl  la  dom.  mesdisant. 

2.  Appelé  dans  750  :  le  chevalier  de  Val  yoire;  d.  12509  :  Dcval; 
dans  les  autrcïi  :  Ten[nor  le  noir  {var.  ;  T[h  anor,  Canor-. 

3.  Finfau  fol.  8A  d;  du  fragment  750. 

4.  Cette  remarque  pas  dans  104. 


—  56  — 

chevaliers  qui  font  toutes  les  misères  possibles  aux  chevaliers 
de  la  Table  Ronde.    Lancelot  avait  vaincu   le  cbâtelaîu  et 
envoyé  ses  six  enfants  à  la  cour  d'Arthur  ;  celui-ci  renvoya 
leurs  têtes  à  leur  père,  qui  en  mourut  après  avoir  ordonné  à 
ses  hommes  do  le  venger  ;  c'est  pourquoi  les  habitants  de  ce 
château  attaquent  et  emprisonnent  les  chevaliers  passants  ; 
(ces  mauvaises  coutumes  furent  supprimées  d'abord  par  Tris- 
tan, puis  par  Galaad  et  Blioberis  *).  Nos  voyageurs  sont  donc 
arrêtés  par  deux  chevaliers ,  postés  sur  la  route.  Brunor  est 
désarçonné,  ainsi  que  Mordret,  et  les  agresseurs  emmènent 
irunor  so  déli-  leurs  chevaux  ;  Brunor  monte  alors  sur  le  cheval  de  l'un  des 
vre  et  rejoint  écuyers  et  court  après  eux  ;  il  tue  l'un  et  poursuit  l'autre 
gnons.  jusque  dans  la  cour  du  château  ;  une  demoiselle  lui  indique  le 

chemin  pour  sortir,  et  il  se  sauve. 

lia  demoiselle  mesdisant  dit  à  Mordret  qu'elle  croit  recon- 
naître le  Château  orgueilleux.  Mordret  ne  veut  pas  risquer  sa 
vie  en  tentant  les  aventures  de  ce  château  :  tout  cela  ne  pourra 
être  terminé  que  par  le  bon  chevalier,  qui  mènera  à  fin  les 
aventures  de  Logres.  —  Les  écuyers  de  Brunor  le  ci'oient  déjà 
mort,  quand  on  l'aperçoit  près  d'une  roche  où  il  attend  ses 
compagnons.  Mordret  suppose  que  la  demoiselle  est  mainte- 
nant confondue  ;  mais  elle  lui  apprend  que,  si  un  ehevalier 
vaincu  par  ceux  du  château  jiu-e  d'abandonner  l'hôtel  d'Ar- 
thur, de  poursuivre  et  de  honnir  ses  anciens  camarades  autant 
que  possible,  on  lui  permet  de  s'en  aller  sans  lui  faire  aucun 
mal.  C'est  ce  qui,  selon  elle,  sera  arrivé  à  Brunor.  Celui-ci 
nie  formellement  avoir  prêté,  de  sa  vie,  d'autre  serment  que 
celui  de  la  chevalerie,  mais  la  demoiselle  contiuue  à  lui  dire 
des  injures.  A  la  fin  Mordret,  qu'elle  respecte  beaucoup,  en  a 
assez  et  lui  commande  de  se  taire,  en  disant  qu'à  la  place  du 
chevalier  il  se  serait  vengé  depuis  longtemps  d'une  si  mau- 
vaise langue.  On  va  se  loger  chez  Cologrenant  (Var.  KalO' 
guernantj  Calogrenant),  et  on  repart  le  lendemain  *, 

1.  Bliob.  omis  d.  33  i.  Il  n'est  pas  racontt^,  dans  notre  roman,  com- 
ment Tristan  fit  cesser  ces  coutumes. 

2.  Ici  50  présente  la  jjremière  divergence  importante  :  les  mss.  750 
et  12599  (f"  72  b  ss.)  continuent  a  s'occuper  de  Brunor,  tandis  que 
les  autres  manuscrits  (756,  33-i,  335,  99,  94,  97,  100,  !02,  104,  103, 
les  imprimés,  aussi  Tax).  Rit.,  Tressan  et  Dunlop-Liebrecht)  reviennent 
à  Tristan  ot  racontent  ses  aventures  dans  la  forêt  do  Damantes  :  Mes 
a  tant  lesse  orez  H  contes  d'eulz  touz  et  retorne[n)  a  parler  de  Tristan^  qi 
estait  encore  en  la  Pcliie  Bretaigne,  ou  il  encore  demouroit. 

71  a.  (75  0,  fi  13  b,el  les  autres].  Dans  la  même  semaine  où  Tris- 


—  57  — 

71.  On  arrive  (750,  f*  35  b)  à  une  croix  d'où  partent  deux  che-  Brunor  fïuUte  la 
mins.  Brunor  prend,  malgré  tout  le  monde,  le  chemin  droit*,      demoiselle. 
bien  qu^une  inscription  dise  qu'il  est   réservé  au  chevalier 

1.  Pour  l'épisode  suivant,  rapidement  développé  ici,  cf.  le  travail 
laissé  par  Brakelmann  et  publié  en  partie  par  M.  Suchier  (v.  Zeitschr. 
f.  detUsehe  Phil.,  XVUI,  81  ss.). 

tan  avait  avoué  à  Kahedin  son  amour  pour  Iseut  la  blonde,  ils  che- 
vauchent ensemble  au  bord  de  la  mer.  Ils  rencontrent  une  demoiselle 
que  Tristan,  à  sa  grande  joie,  reconnaît  pour  Brangain.  Elle  lui 
apporte  la  lettre  (en  prose]  dans  laquelle  Iseut  prie  Tristan  de  revenir 
auprès  d'elle  {Amù  7*.,  en  dotor  et  en  tristesce  m'avez  mise,  etc.)  [a]. 
Tristan  part  aussitôt  avec  Kabedin,  Gouvernai  et  Brangain,  pour  le 
Léonois,  à  ce  qu'il  dit  à  Hoêl.  Une  tempête  les  porte  en  Grande-Bre- 
tagne, près  de  la  forêt  enchantée  de  Damantes  [b],  située  sur  la  Trontière  Tristan  dans  le 
de  Logres  et  de  Norgales  ;  c'est  là  que  la  dame  du  Lac  avait  empri-  Damantes, 
sonné  Merlin,  et  Tristan  voudrait  bien  employer  une  dizaine  de  jours 
k  trouver  le  tombeau  du  célèbre  enchanteur,  a  Entrons  toujours,  dit 
Kabedin  ;  les  chevaliers  sont  toujours  sûrs  de  trouver  des  aventures 
dans  cette  forêt  ;  allons  donc  voir  ce  que  nous  pourrons  y  trouver 
nous-mêmes  ;  nos  compagnons  nous  attendront  ici  trois  jours  ou  même 
plus,  se  mestiers  en  est.  »  Tristan  dit  aux  marins  de  les  attendre  dix 
jours  ;  après  ce  terme,  ils  partiront  pour  la  Cornouaille,  où  ils  atten- 
dront au  ehastel  du  Pas.  Puis  Kahedin  s'en  va  avec  Tristan,  qui  ne 
veut  pas  même  la  compagnie  de  Gouvernai.  Il  s'enfoncent  dans  la 
forêt  ;  un  ermite  les  renseigne  et  leur  dit  que  le  roi  Arthur  est  entré 
dans  cette  forêt  il  y  a  quatre  mois(r),  et  qu'il  n'en  peut  sortir.  L'ermite 
n'ose  s'éloigner  de  sa  maisonnette  ;  s'il  le  faisait,  il  n'y  pourrait  rentrer. 
n  leur  dit  encore  qu'on  trouve  toujours  des  aventures  au  Pin  des  deux  [d] 
Dames.  Le  lendemain,  les  deux  compagnons  partent,  trouvent  à  une 
fontaine  un  chevalier  portant  des  armes  toutes  noires  et  sont  renversés 
par  lui  ;  le  chevalier  escrime  après  avec  Tristan  ;  pendant  une  pause, 
ils  se  font  connaître  :  le  chevalier  est  Lamorat  ;  il  est,  dit-il,  en  quête 
du  roi  Arthur,  qui  est  entré  dans  la  forêt  il  y  a  trois  [e]  mois,  qui  n'a 
plus  été  re^it  depuis  et  qu'on  dit  déjà  mort.  Tristan  menace  Lamorat, 
pour  l'éprouver;  comme  celui-ci  ne  se  montre  point  effrayé,  Tristan 
fait  cesser  la  bataille.  Kahedin,  blessé  trop  grièvement  pour  monter  à 
cheval,  reste  chez  un  forestier.  Tristan  s'en  va  avec  Lamorat  à  la 
quête  d'Arthur.  Tout  à  coup  ils  voient  passer  ta  heste  glatissant,  qui  a 
des  pieds  de  cerf,  les  cuisses  et  la  queue  d'un  lion  f/^',  le  corps  d'un  léo- 

■,  L'Ofdre  do  ^rinemeiits  dilRre  an  peu  dans  103  :  quand  on  est  arrlré  à  la  «roix.  Slordrct 
prend  k  gutebt.  et  Bninor  avec  la  demoiselle  metditant  à  droite  (comme  dans  7b0)  ;  pais  ils 
■ODt  njabita  pu  Lancelot.  coomie  noua  le  rerrons  plos  t»ln  (f  8^,  note)  ;  alors  sealement  Bran- 
t/ia  trouve  Tristan  en  Petite- Bretagne  ;  à  partir  de  Ik,  103  ponrsoit  comme  les  antres. 

*.  »MeCl.  a.fSaof  7M  (Oano/rej},  M,  94  {Darmentei),  104  [DarnenUi].  Tïessan  .-  d'Jr- 
mm/«i. 

€.  {.'■  wtaii  »7,  100,  103. 

4.  TroigdamfiiH,  8S5.  97,  100.  lOS;  guafre  lOf  ;  p&s  <le  n<im  >1ans  lOS. 

e.  Phn  bant,  l'ermite  disait  qoatre  mois. 

f.  Cmiaet4ec*rf  109. 


—  58  — 

meschaant  d'amors^  et  au  bon  chevalier.  La  demoiselle 
mesdisant  et  Mordret  se  séparent  de  Brunor.  Il  arrive  au  chd- 

1.  M,  delmor  750. 

La  bcste  glatis-  pani,  ïa  tête  d'un  serpent,  et  qui  pousse  un  glapissement  égal  à  celui 
sant.  de  cent  (a)  brochets.  Ils  se  mettent  à  la  poursuite  de  la  bête  (P*  102)  et 

sont  rejoints  par  un  chevalier  que  Ijamorat  dit  être  le  meilleur  cheva- 
lier du  monde,  fors  Lancelot.  Lamorat  veut  s'essayer  avec  lui  ;  le 
clicvalier  les  abat  successivement,  lui  et  Tristan,  et  se  met  à  la  pour- 
suite de  la  bêle.  Lamorat  ne  sait  pas  son  nom  :  c'est,  dit-ii,  le  cheva- 
lier à  la  &C£t«!  «y/afiuant  (b).  Tristan,  désireux  de  le  connaître,  envoie 
Lamorat  (c)  lui  dire  de  se  retrouver  dans  quatre  jour«,  pour  jouter,  à  la 
fontaine  où  ils  se  sont  rencontrés. 

72  a.  Lamorat  rencontre  Gauvaiii,  qui  entraîne  une  demoiselle. 
Discussion.  Gauvain  reproche  à  Lamorat  la  mort  de  Loth  [dj  par  la 
main  de  Pelinor  et  le  menace  de  le  tuer;  mais  il  est  désarçonné  et  s'en 
va;  la  demoiselle  s'est  enfuie.  —  Il  fait  nuit;  Lamorat  arrive  aune 
chapelle  déserte  en  ruine  :  il  se  couche  et  est  sur  le  point  de  s'endor- 
mir, quaud  survient  Meleaf<uant,  h;  fils  du  roiBademagu.  Il  se  couche 
à  l'entrée  de  lachapellt^  et  se  plaint  vivement  de  .son  amour  pour  Gue- 
nièvre.  Lamorat,  ([uî  a  tout  entendu,  s'éloigne  le  lendemain  matin.  Il 
rencontre  un  chevalier  (jui  l'abat  :  c'est  le  roi  Arthur,  à  ce  que  lut 
disent  deux  chevaliers  qu'il  trouve  ensuite  (f"  116).  Ils  sont  de 
Gal{tjes,  des  environs  du  chastet  de  Fortune,  et  cherchent  Lancelot, 
qui  a  tué  un  de  leurs  frères  il  y  a  trois  jours.  Lamorat  leur  représente 
(ju'ils  ne  pourront  giière  se  venger  d'un  tel  ennemi.  A  l'instant  même 
Lancelot,  que  Lamurat  reconnaît  à  son  écu(e),  vient  à  passer;  les  deux 
chevaliers  ont  peur  et  ne  l'attaquent  point.  Lamorat  les  quitte  et  va 
saluer  Lancelot  ;  il  lui  dit  que  Tristan  est  dans  la  forêt  et  qu'il  pourra 
le  voir  â  la  fontaine  le  jtnir  du  rendez-vous.  Lanctdttt  est  bien  décidé 
à  y  aller.  Meleaguant  passe.  Lancelot  ne  le  connaît  pas.  Lamorat  le 
nomme,  mais  ne  révèle  jias  ce  qu'il  a  apjtris  de  son  amour  pour  Gue- 
uièvre  ;  Lancelot  part  en  priant  Lamorat  de  saluer  Tristan  de  sa  part, 
s'il  le  trouve.  Meleaguant  rejoint  T^amorat,  qui  engage  une  bataille 
avec  lui  i)arce  qu'il  ne  trouve  pas  la  reine  d'Orc(h)anie,  la  dame  de 
Lamorat,  aussi  belle  (jue  Guenièvre.  Lancelot  reparaît  accompagné 
de  Blioheris,  (ju'il  avait  rencontré,  et  arrête  la  bataille;  mais,  quand 
il  en  apprend  la  cause,  il  entre  en  fureur  C()nlre  Lamorat  et  veut  absolu- 
ment jouter  ;  Blioheris  parvient  enlin  à  calmer  ce  grand  courroux. 
Lamorat,  craignant  la  colère  de  Lancelot,  rend  hommage  à  la  beauté 
supérieure  de  Guenièvre. 

73  a.  Tristan,  demandant  jtartout  des  nouvelles  du  chevalier  à  la 
besle  glatissant,  rencontre  le  sénéchal  Ken  f/),   qui  se  joint  à  lui.  Ils 

II.  fingt  3.-)-l  et  I«t  autros.  sauf  !)9.  !)l.  qui  {lortuitt  dir  (Mntigln  :  quatre  dontainei).  Cf. 
I  lo"  «ou*. 

h.  Le  rhcv.  à  la  brtff  gltifitsaiil  c-tt,  flans  iintrc  roman,  toujours  l'alnmètle  ;  dans  Is  Tar. 
Rit.  (p.  '21 1).  c'est  ici  l'iTccval,  mais  â  la  p.  S-19,  c'vM  Palanu'ile. 

r.  I>aus  la  Tar.  Hit.  Tristan  va  le  clicrclirr  lui-Q]ônu>. 

d,  Lntli  <t'0rranii.>,  le  pèrn  de  Oaiivaiu  vt  flr  ses  frèms. 

r.  Cette  remarque  pas  ilnus  756,  101, 

f.  Tressan  p:irtnat  ;  Trfu. 


—  59  — 

leau  du    Mal  accueil,   où  on  le  prive  de  ses  armes  et  de  son  Urunor  au  châ 
cheval.  Puis  il  venge  son  hôte  Lyas^  qui  est  ramené  mourant     At^neiL 
après  un  combat  avec  Agravain.    Bruaor  poursuit  le  vain-  *'}»=* 

queur  et  le  laisse  pour  mort.  Âgravain  est  trouvé  par  son 
frère  Mordret,  qui  arrive  avec  la  demoiselle  mesdisant.  Ce  fut 
là  le  commencement  de  la  haine  de  Gauvaîn  et  de  ses  frères 
pour  Brunor,  haine  qui  dura  jusqu'à  la  bataille  de  Salubieres^y 
amenée  surtout  par  la  méchanceté  de  Mordret  ^. 

i.  Salesbieres  12599. 

2.  Le  teite  coatcoant  ces  dernières  remarques  est  donné  par  Brakcl- 
mann  (Zeitschr.  f.deutsche  PMI.,  XVIII,  p.  90),  qui  cependant  leur  prête 
une  importance  qu'elles  n'ont  pu  avoir  que  pour  le  roman  biographique 
de  Brunor. 

arrivent  ensemble  à  un  pont  défendu  par  un  chevalier.  Tristan  alTecio 
d'éviter  la  joute,  et  Keu,  qui  le  prend  pour  poltron,  abat  le  chevalier. 
A  rbùtel,  ils  trouvent  Brandelis  et  Thor,  le  fils  (VAres^  ttms  deux, 
comme  le  sénéchal,  en  quête  d'Arthur.  On  se  moque  beaucouj)  de  Tris- 
tan ce  soir-là.  Keu  n'a  yms  daigné  lui  demander  sou  nom,  du  moment 
qu'il  a  appris  qu'il  est  de  Cornouaille.  Le  lendemain,  ils  se  séparent  ; 
mais  Keu  et  ses  compagnons  ont  envie  d'éprouver  Tristan.  Ils  vont 
l'attendre  à  un  carrefour  voisin  et  joutent  avec  lui  ;  mais  il  les  abat 
tous  les  trois  et  continue  sa  route.  Keu  et  Brandelis  le  rejoigneiU,  près 
d'une  fontaine,  et  s'excusent  de  leur  conduite  à  son  égard.  Tristan  con- 
sent à  leur  dire  scm  nom,  mais  ne  leur  permet  pas  do  l'accompagner. 

74  a.  Une  demoiselle  conduit  Tristan  à  une  tour.   Il  y  voit  une 
autre  demoiselle  qui  va  trancher  la  tête  au  roi  Arthur,  maintenu  par  Trisian      siuve 
deux   chevaliers  (f"  120).  Tristan   tue   l'un,  abat  l'autre  et  délivre  le  .VrJiur. 

roi,  qui  tue  à  son  tour  la  demoiselle  et  le  cheviilier  survivant.  Le  roi 
raconte  à  son  sauveur  que  la  demoiselle  était  venue  à  sa  cour  dénoncer 
un  chevalier  qui  avait  tué  un  des  parents  d'Arthur  ;  il  l'avait  suivie  : 
après  qu'il  eut  tué  le  chevalier,  la  demoiselle  lui  avait  proposé  une 
autre  aventure.  II  s'était  laissé  mener  à  la  tour  de  la  fon-t  de  L)ar- 
nantes,  où  elle  lui  avait  mis  au  doigt  une  bagne  féée  qui  lui  fit  oublier 
la  reine  et  aimer  la  demoiselle.  Enfin  une  des  demoiselles  de  la  dame 
du  Lac  lui  avait  ôté  la  bague  et  l'avait  jetée  dans  une  rivière.  Sur  son 
conseil.  Arthur  allait,  pour  sauver  sa  vie,  couper  la  tête  à  sa  geôlière  ; 
mais  celle-ci  avait  appelé  ses  deux  frères  :  elle  allait  tuer  le  roi, 
lorsque  Tristan  était  venu  le  sauver. 

Arthur  et  Tristan  rencontrent  Hector  des  Mares  en  quête  du  roi. 
Tristan  blesse  Hector,  le  renverse  de  cheval  et  s'éloigne  aussitôt.  Le  roi 
va  avec  Hector  lo^rdans  un  hôtel,  où  il  restent  deux  jours  ;  le  troisième. 
ils  voient  arriver  Ùrandelis  *,  qui  dit  tout  de  suite  à  Arthur  qu'il  a  été 
délivre  par  Tristan.  Le  roi  voudrait  essayer  de  le  rejoindre;  mais 
Brandelis  ne  sait  pas  où  il  est.  Lamorat  lui  avait  appris  ((ue  Tristan  et 

m.  TU  ajoute  :  et  Keu. 


—  60  — 

Brunor,  ayant  poursuivi  Brchus,  qui  a  tué  uoe  demoiselle, 

s'endort  près  d'une  fontaine.  Palamède  arrive  avec  un  vallet, 

qui  revient  de  Cornouaille,   où  son  maître  l'avait    envoyé; 

Palamède  se  plaint  de  son  amour.  Brunor  attaque  Brehus, 

qui  reparaît  avec  quatre  chevaliers,  et  est  sur  le  point  d'être 

tué,  quand  Palamède  le  délivre.  Bohort  arrive  et  joute  avec 

Brunor   empri-  Brunor,  qui  est  renversé.  Brehus  réussit  à  les  emprisonner  tous 
sonne 

trois.  II  y  a  dans  le  chAteau  de  Brehus  une  demoiselle  détenue 
par  lui  ;  ancienne  amie  de  Lionnel,  frère  de  Bohort,  elle  a 
pitié  des  trois  prisonniers  et  trouve  moyen  de  leur  parler  ; 
puis  elle  part  pour  le  chilcau  de  Pi{g)naf)el  pour  engager 
Lancelot,  qui  va  y  arriver,  à  venir  les  délivrer.  Elle  rencontre 
Lamorat,  à  qui  elle  permet  de  l'accompagner.  Lamorat  est 

Kahedin  s'cmi  (étaient  allés  vers  la  mer.  —  Le  lendemain  on  retourne  à 
Camaaioth. 

75  a.  Tristan  trouvo  Lamorat  à  l'endroit  convenu  et  lui  dit  que  le 
roi  Arthur  est  délivré;  il  ne  veut  rie»  ajouter,  mais  Lamorat  le  conjure 
par  la  foi  qu'il  doit  à  ce  qu'il  aime  le  plus  au  monde  ;  alors  il 
raconte  tout.  Il  dit  adieu  à  Lamorat  et  rejoint  Kahedin,  avec  qui  il 
s'embarque  (a). 
A.rrivée  en  Cor-  Le  vent  est  favorable,  et  au  bout  de  trois  jours  ils  arrivent  devant 
nouailts.  Tintagel.  Sur  le  conspïl  de  Branpain  —  «  Nous  ne  pourrons,  dit- 
olle,  nous  mettre  en  la  forest  [b)  du  roy  Marc  sans  le  conseil  de  ma  dame 
la  roïne  »  —  ils  vont  à  un  château  voisin  qui  est  à  Dinas  ;  ils  y  arrivent 
à  la  nuit.  Tristan  et  Kahedin  attendent  dans  le  jardin,  et  Brangain  va 
prévenir  Dinas,  Grande  joie .  Le  lendemain  (c),  Dinas  et  Kahedin  se 
rendent  à  la  cour  fd).  Kahedin  est  bien  reçu  par  Marc,  qui  le  prend 
pour  un  chevalier  errant  ;  aussitôt  qu'il  voit  Iseut,  il  devient  amoureux 
d'elle.  Dinas  informe  Iseut  de  l'arrivée  de  Tristan,  mais  il  ne  trouve 
aucun  moyen  do  le  faire  entrer  chez  elle;  alors  elle  deoise  comment  il 
porroit  a  lui  venir,  et  il  «  fit  ce  qu'elle  avait  commandé  ».  Qe  vous 
diroic-je  ?  Tr.  vint  a  cort,  si  qe  oncqucz  nus  ne  le  sot,  et  quant  la  raine  le 
vit,  7^e  demandez  mie  la  joie  qi  cntr'eulz  fu  faite.  Tristan  renseigne  Iseut 
sur  Kahedin  (cela  manque  dans  102.  On  voit  que  c'est  bien  peu 
clair  ;  un  peu  plus  loin,  756,  et  les  autres  parlent,  eu,x  aussi,  de  la  tour  ; 
de  même,  au  §  81,  où  la  demoiselle  do  Palamèdo  dit  que  Tristan  s'était 
introduit  dans  la  maistre  tour  de  TintagolJ.  Puis  Kahedin,  malade 
d'amour,  fait  sa  déclaration  à  Iseut  dans  une  lettre  (v.  §  76).  —  A 
liartir  d'ici  la  version  de  756,  etc.  s'accorde  avec  celle  de750,  à  quelques 
petites  djtrérences  près,  qui  seront  données  en  note. 

a.  Il  n'est  plus  qacstioii  ilu  rhi^valicr  h  In  bfttr  (ifatissant  ;  dans  In  Tar.  Rtt.  oependant, 
Tristnii  rencontre  Pc^c«^'nt  Pt  l'tUrnt  (p.  331). 

b.  /'ouimtittecR  la  forteretxe  <1.  r.  M.,  33!i, 
V.  I.e  tendein.  mnnqnfi  dans  108. 

d.  Unns  la  Tar,  ftif.,  tuus  «ont  bien  reçus  i>.ir  M-irc.  Suit  le  rrndcx>vituB  au  Jardin  et  la  acène 
de  In  fnrine,  rai'unt^- C4imroe  dans  iH  version  AeTlutmM  M.  \ctteT,  In  légende  de  Tr.,  p.  41); 
imift  la  liouchc  de  la  vi'rité  ilc  Perron  lermcil)  et  l'ùiireuve  nu  fer  chnud,  le  combat  contre  le 
giaut  Ur^sn  et  le  Petit  Creu  {/'.  Jraviulo,  cticvitl)  ;  puis  nonvcau  st^Jonr  des  amants  dana  b 
forêt  (tonjoiirs  comme  dans  Tlinnias)  ;  pois  Kahedin  v-^rit  sa  lettre  à  iKUt  (roy.  cI-deaMOa). 


—  61  — 

désarçonné  par  un  chevalier  qui  défend  le  passage  d'un  pont 
contre  les  chevaliers  de  la  reine  Guenièvre,  qu'il  hait.  Laraorat 
et  la  demoiselle  trouvent  Lancelot,  qui  consent  à  les  suivre. 
Au  retour,  conune  il  fait  nuit,  le  chevalier  du  pont  n'est  plug 
à  son  poste  de  combat  ;  mais  ils  le  reconnaissent  dans  le 
maître  d'un  château  où  ils  vont  loger. 

n  leur  raconte  qu'il  est  l'ancien  seigneur  de  la  Douloureuse  ^la^^^Bo^uUu*'- 
Garde,  Ayant  dit  du  mal  de  lancelot  devant  Guenièvre,  elle  rcuse  Garde. 
l'avait  fait  poursuivre  par  Blioheris,  qui  l'avait  vaincu  ;  puis 
la  reine  lui  avait  ordonné  de  porter  son  écu  sens  dessus  des- 
sous pendant  une  année,  ce  qui  lui  avait  fait  perdre  sa  Bancée  et 
une  riche  dot  —  et  il  exprime  toute  la  haine  que  lui  inspirent 
Guenièvre  et  son  amant.  Celui-ci  le  décide  à  partir  avec  eux, 
en  lui  promettant  de  lui  faire  voir  Lancelot.  On  arrive  au  château 
dcBrehus,  et  on  guette  le  moment  où  celui-ci  sortira  tout  seul  ; 
afin  que  la  vue  de  trois  chevaliers  ne  Teflraie  pas,  Lamorat  se 
cache  dans  le  fourré  avec  leur  hôte.  Ce  dernier  a  beau 
questionner  la  demoiselle  :  elle  refuse  de  lui  dire  le  nom  de 
Lancelot.  Lancelot  abat  Brehus  et  le  force  de  rendre  ses  pri- 
sonniers. La  demoiselle  suit  les  chevaliers,  qui  se  rendent  tous 
à  Camaalolb,  à  Texception  de  Lancelot,  qui  s'en  va  de  son 
côté  en  compagnie  de  l'hôte  ^ 

72.  Ils  rencontrent'  trois  chevaliers,  qui  assaillent  l'hôte, 

leur  ennemi  ;  Lancelot  lui  vient  en  aide  et  le  délivre  ;  puis  il  Bnmor  délivré 
lui  dit  son  nom,  en  lui  recommandant  de  l'éviter  à  l'avenir,  et  °°** 

se  sépare  de  lui. 

73.  Lamorat,  Bohort,  Palamède  et  Hrunor  se  séparent  éga-  Aven  tares  de 
lement  les  uns  des  autres.  Brunor  rejoint  ses  écuyers  et  va       B^unor. 
retrouver  la  demoiselle  mesdisant.  II  la  rencontre,  en  même 

temps  que  Lancelot,  près  d'une  fontaine.  Mordret  l'a  quittée;  son 
méprispourBninoradiminué  ;  cependant,  elle  désire  l'éprouver 
encore.  Lancelot,  qui  garde  l'incognito,  refuse  de  jo\iter  avec 
Brunor  :  on  marche  de  conserve.  Hector  survient;  Lancelot 

1.  H  n'est  plus  question  de  l'hôte  dans  12599,  qui  abrège  ici  et 
passe  au  tombât  de  Tristaa  contre  Lancelot  au  Perron  Merlin  après  une 
lacune  (au  fol.  100  c}  et  des  morceaux  détaches,  des  lettres;  suit  l'épi- 
sode de  Kahedin  et  Palamède  (toute  cette  partie  du  ms.  a  probable- 
ment été  insérée  là  par  une  erreur  du  relieur),  puis  le  combat  au  Perron 
Merlin  (C*  107  c),  et  â  partir  de  là,  accord  avec  334  e.  1.  a.  (cf.  §  205). 

2.  A  partir  d'ici  nous  n'avons  donc  que  le  texte  de  750. 


—  fia- 
nça garde  de  jouter,  et  Brunor  s'en  laisse  détourner  par  Lan- 
cclot,  qui  le  prévient  qu'il  sera  certainement  désarçonné,  s'il 
accepte  le  combat.  La  demoiselle,  indignée,  les  appelle  cheva- 
hors  de  GornouaiUe,  et  Hector  part.  La  courtoisie  de  Brunor 
envers  la  méchante  demoiselle  plaît  beaucoup  à  Lancelot  et  le 
décide  à  ne  pas  abandonner  sa  compagnie.  Surviennent  deux 
chevaliers,  cherchant  Lancelot,  pour  savoir  lequel  est  le  plus 
preux,  de  lui  ou  de  Tristan,  qui  vient  de  remporter  le  prix 
d'un  tournoi  dans  la  Petite-Bretagne.  On  discute  la  valeur  des 
deux  héros.  Les  chevaliers  ne  reconnaissent  pas  Lancelot  et  se 
rendent  à  la  cour  d'Arthur  pour  l'y  chercher.  —  Lancelot 
s'amuse  à  taquiner  la  demoiselle.  Survient  Ivain.  Brunor 
joute  avec  lui  et  l'abat  malgré  Lancelot.  La  demoiselle,  suivie 
de  Brunor,  presse  le  pas  de  son  palefroi,  et  Lancelot  i-este  en 
arrièreavec  Ivain.  Brunor  est  renversé  par  le  chevalier  du  pont , 
mais  Lancelot  triomphe  de  lui  et  l'envoie  à  la  reine  Gue- 
njèvre;  puis  il  rejoint  la  demoiselle  et  Brunor,  qui  se  sont 
logés  dans  une  maison  de  religion.  Un  dos  frères,  ancien  che- 
valier, remarque    l'écu  de  Brunor   et   en   donne    l'histoire. 

L'aventuro  des  C'est  aux  Destrois  de  Soreloys  ((ue  l'aventure  sera  menée  à  fin  ; 
Soreiovs.  ^  ^^  lignée  du  roi  Ban  y  est  surtout  intéressée,  ce  qui  donne 
grande  envie  à  Lancelot  de  savoir  ce  qu*il  en  est.  Un  cheva- 
lier de  cette  lignée  a  déjà  une  fois  terminé  Taventure,  mais 
après  sa  mort,  tout  est  retombé  dans  les  vieux  errements.  . — 
Cepon.  i,e  géant,  Ceron,  parent  de  Galehout,  le  seigneur  des  Iles  loin- 
taines, s'est  brouillé  avec  ce  dernier  et  s'est  établi  aux  Des- 
trois de  Soreloys,  au  temps  du  couronnement  d'Arthur.  II  a 
réussi  à  emprisonner  Galehout,  sous  prétexte  de  lui  faire  voir 
un  château  plus  beau  que  le  sien.  Galehout  a  pu  néanmoins 
envoyer  un   vallet   à   la   cour   d'Arthur  pour  demander  du 

Nestor  do  Gau-  sccours  il  Nestor  île  Gaunes,  à  qui  il  avait  jadis  rendu  service, 
nos.  Nestor  a  tué  Ceron,  délivré  Galehout  et,  refusant  toute  récom- 

pense, il  est  parti  en  laissant  son  écu.  Galehout  a  fait  faire  autant 
d'écus  qu'il  y  a  de  châteaux  et  de  cités  aux  Destrots  de  Sore- 
loys ;  ces  écus  sont  vermeils,  comme  celui  que  Nestor  a  laissé  ; 
seulement,  Galehout  a  fait  ajouter  une  main  blanche  tenant 
une  épée,  pour  rappeler  que  le  seul  bras  de  Nestor  lui  avait 
plus  profité  que  tous  les  autres  bras  de  Soreloys.  Les  écus  sont 
fixés  à  l'entrée  des  châteaux  ;  tout  le  monde  doit  s'incliner 
devant  eux.  Après  la  mort  de  Galehout  les  six  fils  de  Ceron  se 
sont  emparés  des  Destrois  et  s'en  disputent  la  possession.  Un 
chevalier,  portant  un  des  écus  faits  en  l'honneur  de  Nestor, 


—  63  — 

qu'il  a  pris  à  Tentrée  d'un  château,  est  arrivé  avec  une  demoi- 
selle; le  cadet  des  frères  Ta  tué  et  a  épousé  la  demoiselle  ;  le  i-es  lils  de  Ce- 
peuple  l'a  choisi  pour  seigneur,  mais  les  autres  frères  s'y  sont  ^^"' 
opposés.  Enfin,  ils  ont  décidé  de  s'en  rapporter  à  la  décision 
du  chevalier  qui  pourrait  les  vaincre  tous  les  six.  II  y  a  trois 
pools  par  où  on  passe  aux  Destrois  :  au  premier  sont  postés 
les  deux  frères  aînés,  le  cadet,  Plenorius^,  a  pris  place  au 
second,  et  les  autres  sont  au  troisième;  les  vaincus  doivent 
rester  prisonniers.  Le  roi  Caradoc  Bref  Bras,  neveu  d'Ar- 
thur, ayant  entendu  parler  des  trois  passages,  a  tenté  l'aven- 
ture et  a  été  vaincu  par  Plenorius;  on  Ta  enfermé  dans  un 
château  très  fort.  Il  fait  prier  Ditis  Vamoureux  de  le  délivrer  ; 
mais  celui-ci  est  tué  par  Plenorius.  Avant  de  mourir,  il  envoie 
une  demoiselle  à  la  cour  d'Arthur  exhorter  les  chevaliers  du 
roi  à  terminer  l'aventure. 

74.  Lancelotse  décide  à  accompagner  Brunor  :  si  celui-ci  Loncoiot  se  dé- 
peul  mener  l'aventure  à  l>onne  fin,  Lancelot  restera  simple  pï^Qer^*^,^! 
spectateur  ;  sinon,  il  prendra  la  place  de  son  compagnon  (f  81}.     nur. 

Le  lendemain ,  ils  rencontrent  une  demoiselle  portant  à 
Lancelot  une  lettre  de  la  part  de  Tristan,  qui  est  encore  en 
Petite-Bretagne.  Cette  longue  lettre  en  prose  commence  ainsi  : 
(f*  82)^  tos,  monseignor  Lancelot  Jih  del  roi  Ban  de  Benoyc^ 
et  a  pour  but  de  justifier  le  mariage  de  Tristan.  Lancelot 
reconduit  la  demoiselle  pendant  quelque  temps  et  lui  donne 
sa  réponse  le  lendemain;  puis  il  rejoint  Brunor  et  sa  com- 
pagne de  route. 

75.  La  messagère  retourne  à  la  cour  d'Hoël,  à  Karahi\ 
mais  Tristan  et  Kahedin  sont  partis  depuis  six  jours.  La 
demoiselle,  qui  avait  été  envoyée  déjà  auparavant  par  Tristan 
en  Cornouaille,  pour  savoir  comment  Iseut  se  maintenoit, 
s'embarque  alors  avec  ses  deux  écuyei-s  pour  ce  pays.  Elle  sup- 
pose avec  raison  que  Tristan  est  allé  retrouver  sa  maiti*esse. 

En  effet,  Tristan  est  à  Tintagel,  dans   une  tour,  avec  Iseut  et  La     messagère 

Bran^'ain,   liindis  que  le  roi  Marc  le  croit  toujours  en  Bre-     trouveTristan 
^-       '    ,     -.       ^      ,        ,        ,  j.T  dans  la  tour. 

lagne-.    Kahedin  tombe   epcrdument  amoureux   disent,   au 

\.  Gf.S9i. 

•2.  750  ne  raconte  pas  Tarrivée  de  Tr.  et  de  K.  à  la  cour;  un  peu 
plus  loin,  Dinas  est  mentionné  parmi  ceux  qui  savent  que  Tr.  est  dans 
la  tour.  Le  récit  n'est,  dans  750.  nullement  «  anschaulich  ».  c<imme  le 
dit  Brakelmann,  Zeitschr.  f.  deutsche  Phil.,  XVIII,  p.  91. 


—  64  — 

point  d'être  obligé  de  garder  le  lit.  La  demoiselle  arrive  avec 
la  réponse  de  Lancelot  ;  un  dès  écuyers  de  Eahedin  la  recon- 
naît et  la  conduit  au  logement  de  son  maître,  en  qui  Marc 
voit,  non  pas  le  fils  d'HoCl,  mais  un  chevalier  errant  de  la 
Grande-Bretagne.  Elle  assiste  aux  plaintes  d'amour  de  Kahe- 
din,  qui  lui  dit  que  Tristan  est  en  cele  tor  la  amont  dejoste  le 
paies  le  roi  Marc  et  que  personne  ne  peut  y  entrer,  sauf  le 
roi.  Il  lui  recommande  de  s'adresser  à  Brangain  ;  puis  il  con- 
tinue ses  plaintes,  ce  qui  fait  de  la  peine  à  la  demoiselle,  qui 
ignore  la  cause  de  ce  désespoir.  Au  soir,  elle  va  à  la  cour  avec 
un  de  ses  écuyers.  Marc,  qui  s'entretient,  à  une  fenêtre,  avec 
Andret  ',  la  fait  venir  devant  lui  ;  elle  lui  dit  avoir  été  envoyée 
par  Gauvain  pour  chercher  Mordret,  qui  avait  abandonné  la 
cour  d'Arthur  et  qu'on  croyait  en  Gornouaille.  Le  roi  la  recom- 
mande à  Brangain,  qui,  au  premier  abord,  se  méfie  d'elle.  Le 
lendemain,  Marc  part  pour  la  chasse;  Brangain  va  trouver 
Tristan,  qui,  ja  estoit  aie  avec  Yselt  tout  priveement.  Il  fait 
remettre  par  Brangain  sa  bague  à  la  demoiselle,  afin  qu'elle 
donne  la  lettre;  car  il  ne  veut  pas  recevoir  la  messagère  devant 
Iseut.  Celle-ci  lui  parle  de  la  lettre  qu'elle  a  reçue  de  la  part 
de  Guenièvre,  et  Tristan  dit  qu'il  voudrait  bien  la  lire.  Il  se 
déclare  inférieur,  en  chevalerie,  à  Lancelot,  dont  il  Ut  avec 
Iseut  la  longue  lettre  (en  prose  :  Au  meillor  gui  or  soit  el 
monde,  etc.  il  conseille  à  Tristan  d'aller  en  Gornouaille).  Iseut 
fait  voir  à  son  amant  la  lettre  que  Guenièvre  lui  avait 
envoyée. 

76.  Kahedin,  qui  garde  toujours  le  lit,  adresse  à  Iseut  une 
lettre  dans  laquelle  il  lui  déclare  son  amour  (r  89)  *.  Pour  ne 
pas  désespérer  l'ami  de  Tristan,  elle  lui  répond  avec  douceur. 
Jalousie  de  Tris-  Par  malheur  Tristan  trouve  la  lettre  d'Iseut  3,  et  un  jour  que 
*°  Kahedin  entre  dans  une  chambre  où  Tristan  est  seul,  ce  der- 

nier Tattaque  :  Kahedin  saute  par  la  fenêtre  et  tombe  devant 
le  roi  Marc,  qui  est  en  train  de  jouer  aux  échecs  avec  Iseut. 
Tristan  aperçoit  à  temps  le  roi  et  reste  caché.  Il  se  dit  que,  si 
Kahedin  découvre  sa  présence  au  roi,  il  soutiendra  les  assauts 

{.  Son  neveu,  quil  molt  haoii  durement;  les  mots  :  a  de  Tristan  a 
ont  été  oubliés  dans  le  ms. 

2.  A  partir  d'ici,  il  y  a  accord  avec  756  ot  les  autres  (voy.  §  75  a). 

3.  La  lettre  de  Kahedin,  756  et  99;  de  même  la  Tav.  Bit.  Plus 
loin,  Iseut  racontant  tout  à  Brangain,  dit  que  c'est  sa  lettre  à  elle 
qu'il  a  trouvée  ;  de  même  quand  elle  donne  dos  oïcplications  à  Fcrgus. 


"—  65  — 

dans  la  Loiir,  qui  est  très  Torlc,  et  en  aticndanl  il  s'arme  de 
son  mieux.  —  «  D*où  venez-vous  ?  dit  Marc  à  Kahedin  ;  est-ce 
que  vous  avez  dormi?  »  Iseut,  cjui  devine  la  cause  de  cet  inci- 
dent, confirme  le  roi  dans  l'opinion  que  le  jeune  homme 
était  tombé  pendant  son  sommeil,  et  Kahedin  a  le  bon  esprit 
de  ne  pas  la  contredire.  Cependant,  Tristan  se  désole,  et. 
quand  Iseut  tJ<>)f  amont  au  soir^  il  lui  adresse  des  reproches 
au  sujet  de  sa  Ictti-c.  Kilo  veut  se  justifier,  mais  il  ne  l'écoute 
pas  et  part  brusquement'.  H  traverse  la  salle  où  est  le  roi, 
lais  personne  ne  le  reconnaît,  parce  qu'il  est  armé;  dans  la 
cour,  il  monte  sur  le  premier  cheval  qu'il  trouve,  et  8*en  va, 
menant  le  plus  grand  deuil.  Hors  de  la  ville,  il  rencontre  un 
nouveau  chevalier,  Guinfjlain-,  le  (ils  de  Gauvain ,  qui  est 
venu  en  Cornouaille  pour  courir  les  aventures.  Etonné  de  la 
douleur  que  manifeste  Tristan,  Guinglain  lui  en  demande  la 
cause  el  lente  de  le  consoler,  mais  Tristan  est  intraitable.  Guîn- 
glain  se  fâche  et  le  provoque  :  Tristan,  qui  n'a  ni  écu  ni 
lance,  lui  donne  un  grand  coup  d'épée  sur  le  heaume,  qu'il 
met  en  pièces  ;  mais  l'épée  glisse  et  frappe  le  cheval,  qui  s'abat 
avec  le  cavalier  ^,  A  l'entrée  de  la  forât  Tristan  rencontre  une 


Uiur^daîTi. 


1.  Ici  finit  te  texte  de  J.  Maugiu.  —  La  Tav.  Rit.  passe  à  la  vie  de 
Tristan  daus  la  forèl;  voy.  plus  loin.  §  101. 

2.  Var.  :  GHn\glain  vl  (7.^>6, 'JO,  94)  Gi{n\gUintin  {Gmglant),  Gyn- 
ganiin.  —  Ij'apparilian  'Je  co  [►ersonoa^  cû  cet  endroit  a  dt^jA  Hé 
reltîvée  par  M.  G.  Paris  {Ho»iania,  XV,  p.  20;.  Il  reii.iraît  pi uw  loin 
dans  noire  roman  pour  coneolrr  Iseut  (§  91 1:  Paiamrtlt*  apprend  par 
lui  la  folie  de  Tristan  |§  9G);  il  renverse  Gniaad,  i|ui  dort  .sur  «un 
clïevai  |§  52!)  ;  il  est  menùonni^  avec  Ercc,  Perceval  et  Sagreaior  au 
§  420,  et  figure  ilans  In  liste  des  chercheurs  du  GraaI.  §  390  a. 

3.  Ici  756,  i^tc.  pass^MU  à  Marc,  qui  a  vu  la  jouic  d'une  fenêiroel 
qui  fait  venir  Guinglain  ;  ils  ptmrguiveut  cumme  75)0,  san»  donner 
cepenilaut  la  proposiliou  faite  ])ar  Andrei.  Pui»  : 

77  a.  Tristan  pi^nètre  dans  la  forêt  du  Morois,  où  il  jette  ses  armea 
(fo  123).  11  est  rencontré  par  l'ergus  (o],  qui  le  ipjcstiunne,  mais  Tris- 
tan ne  répond  rien  :  Kergus  respecte  sa  douleur  et  ne  lui  parle  plu», 
cari/n'oM.  Cepi'udaiii,  l'alamèdos  [b],  qui  était  en  Logresict  ijiiï  ne  pou- 
vait oublier  Iseut,  h  c'tait  dit  que  si  Tristan  citait  oiurl  ou  absent,  il 
pourrait  espérer  de  remplacer  son  rival  auprès  d'Iseut.  Il  avait  donc 
envoyé  une  demuisoUe  eu  Cornouaille  |H>ur  demander  des  uouvolUw. 

(t.  Urakclntinn  8'usè  IroRil*^  en   pn^t'-n  ■  'tr,  f.   aenltrhe  /'Ai/,,  XVIII.  p.  91]  ijnc 

K-lk-  rcucutitie  iti-  fetpu  et  d«  Trl«t«n  i  ''«^  ilnns  U  vtrsioti  iiu'll  H)ij>elti>  t  la  vii|. 

f  Aie  •  tr'nt-k-(Ilrp  la  veninn  iln  iru  '■>  >.  .  ,  <iAt  "ii  y  lit  (cri  :  SI  H  arint  jKir  dirii* 

turr  lUf  tiN  cUeiali*i'  fitl  Fergvt  tttait  itfttUi  w  (/ni  en  tn  eompaçnif  avait  t»l^  a  \orhait  *t 
tu  nutm  hrHi  \par  itetant,  334),  W  totntne  je  ittui  (//  contes,  341}  ai  d^vité  ça  en  arrtrrtt, 
Tibl  k  m  renrtmtriT. 

b.  De  niéfue  les  niitm,  MurMft,  rinl  porlv  -car  Un'ota.  Si  m  lait$e  vt  4«  evnlf  m  parler  et 
rtloume  11  rntamedet.  etc.  i  9T.  IDl).  Iu3  =r  3it5  [pour  le  fuuct). 

LôBiTii.  —  TrisUiti,  s 


Putomèile. 


TrÎRtnn  «l  Ker- 


—  4Î(>  — 

rioiselle  envoyée  par  Palamède.  Celui-ci  a  euieodu  dire  en 
effet  ([ueTrislan'a  quitus  la  Pelile-BrelagUR,  el  il  désire  savoir 
s'il  est  fin  Cornouaille.  Oana  ce  cas,  il  ira  lui-rnômo  dans  ce 
paya,  malgré  la  promoMe  qu'il  a  faite  à  Iseut,  un  jour  ipi  il 
devait  se  ballrc  avec  Tristan  (sic  ;  cf.  S  44).  Pour  des  déliiUs, 
on  peui  consulter  Veittoire  de  Tristan  par  Ltice  du  chAteau  do 
Gaut.  Palamedc  hait  trop  Tristan  pour  pouvoir  tenir  sa  pro- 
messe. —  Tristan  dit  à  la  demoiselle  que  Kaliedin  a  tué  celui 
qu'elle  cherche  :  elle  se  reud  alors  à  la  ville  pour  se  rensei- 
gner. 

77.  Le  roi  Marc  avait  vu  dune  fenêtre  la  défaite  de  Guin- 
glain  et  le  fait  venir.  Il  lui  dit  que  c'est  Tristan  qu'il  Went  de 
combattre  :  «  Il  nous  a  deceu  en  restant  parmi  nous  ?ans  que 
nous  le  sussions  '.  »  Marc  est  joyeuï  de  la  douleur  de  Tristan. 
Andrcl  pro[>08e  de  le  faire  poursuivre  par  dix  chevaliers,  mais 
le  roi  pense  qu'ils  ne  pourraient  rien  contre  Tristan. 

Les  habiuiuts  de  Tinlagcl  regardent  le  cheval  mort  de 
Guingtaio.  quand  arrive  la  demoiselle  de  Palami^do.  Lors- 
qu'elle apprend  que  Tristan  n'est  p;is  mort,  elle  résout  dt» 
liiire  ce  qu'elle  pcui  pour  le  retrouver  ei  [>art  le  lendemain. 

78.  Tristan,  hors  de  lui,  se  lamente  dans  la  Torôt  (du 
Nforois).  Un  chevalier,  qui  se  rend  à  Tinlagel  pour  y  passer 
la  nuit,  entend  les  cris;  il  se  laisse  guider  par  la  voix,  Irouv 
Tristan  assis  sous  un  arbre  (P  95)  et  le  salue.  Noire  héros,! 
impatienté,  répond  moins  courtoisement  qu'il  ne  soloil  et  prie 
le  chevalier,  qui  s'efforce  vainement  de  le  consoler,  de  no  pas 
rester  davantage,  L'iuconnu  pleure  de  pitié  et  veut  descendre 
do  r.hcval,  mais  Tristan  ne  Je  lui  permet  point.  Le  cJievalier 
l'invite  irt^s  raisunablement  k  lui  dire  son  nom  vX  se  nomme 
d'abord  lui-môme  :  c'est  Fergus.  Alors  Tristan   témoigne  \ 

I.  Lu  roi  Marc  n  donc  reconnu  son  neveu  en  voyant  1«  coup  fonni-_ 
ilable  asist^nê  nGiiingUin. 

EII(»  arrivf  ft  t»  cmir  imnw^diatpnipni  après  le  di^part  do  Tristan,  el  nn 
lui  (lit  ([u'il  »Vn  est  jUIt^  vivs  la  fonH. 

7K  a.  Trisliin  fst  loiijount  ]ilong<'^  ilunp  1a  douleur,  ne  Frrgtis  n'of 
ofïC*/u«.t  tant  de  hardement  ijhc  ^\^^  lui  jhIi-cki'IT  lit  parnlf.  Co  Uiiil  i\r 
tl«''licjiti*H?i*  cmpuL  Tristan,  et  il  hu  contit>iU  le  minux  qu'il  jirut.  ï-e 
Icndi'iiiiiin,  Fprftus  ilii  qu'il  veut  idier  à  Tinto^ïrl  pdur  parler  à  l»'iil,  n 
«vuiit  lin  partir,  il  prie  TrÎHUin  de  l'atlrmlrr.  Celui-ci  In  lui  promrl  oi 
1p  cliarpp  dn  naluer  Isiml  ol  de  lui  dire  qu'elle  aurait  pu  (m  user  twfc. 
lui  mieux  qu'elle  n'a  fait;  —  A  parlir  d'id,  il  y  n  accord  avr^  750; 
cf.  S  79. 


—  67  — 


» 


I 


son  ami  sa  joie  de  le  revoir.  I!  consent  à  avouer  à  Ferpus,  Kerjus. 
qui  est  un  des  hommes  du  moaJe  en  qui  il  a  le  plus  de  con* 
Guace,  qu'Iseui  est  la  cause  de  son  désespoir  ;  puis  il  se 
repnea'I  et  ne  veut  plus  rien  dire  pour  ne  pas  blâmer  celle 
'ju'îl  a  tant  aimt^c  (r*  97  a)  :  «  Fergus,  fait  H,  àflatts  dois 
amis,  ge  m^  repent  du  ce  que  dire  voloie,  Ge  avoie  folie  en 
pensée  e(  vilenie  voloie  faire  trop  grant,  plus  por  moi  i^uc 
por  autre^  qui  voloio  dire  x^ilonie  do  madame  Yselt,  que  ce 
ay  amee  de  toi  mon  cuer,  sor  lotes  les  mortelx  elioses  ;  ne 
place  a  Oieu  que  ge  le  die;  miels  voldroie  perdre  la  teste  que 
jf  delsse  contrf  lui  mal  ;  iele  a  mal  fait  et  chose  qu'ele  ne 
dekst  et  eU  a  mespris  contre  inoi^  go  li  pardoing  de  bon 
talent.  Encor  par  aventure  se  repentira  ele^  par  la  franchise 

tie  li  plus  que  por  bonté  que  ge  aie  en  moi;   tant  main' 

tendrai  n\a  complainte  que  ma  dolor  prendra  fin  en  alcune 
tnaniere.  »  Comme  Tristan  persiste  à  ne  pas  donner  de  détails, 
Perçus  dit  qu'il  ira  le  lendemain  voir  Iseut,  qui,  por  sa  fran~ 
Mse,  lui  dira  la  vérité;  de  cette  façon  il  pourra  pyiil-ctrc 
trouver  quelque  remcde.  Il  essaie  encore  de  lier  conversation  ; 
mais  Tristan  reste  silencieux  pendant  toute  la  nuit. 

79.  En  sortant  de  la  forêt  *,  Ferjîus  rencontre  la  demoiselle  ^  'd°i'^'*Î1I*' 
messagère  de  Palamède.  Elle  lui  demande  s'il  sait  où  est  et  Tristui. 
Tristan.  Fergus  s'iinaj^ine  que  c'est  une  demoiselle  d'Iseut,  et 
lui  indique  le  chemin  conduisant  à  la  fontaine  où  il  a  quitté 
son  ami.  La  demoiselle  dit  à  Fergus  que  le  roi  Marc  est  ailé 
chasser  dans  la  fnrôt  de  VEspinoie^  ;  il  n'<Jse  cliasser  dans  le 
Morois.  parce  qu'il  sait  que  Tristan  y  est,  et  tous  ses  hommes 
ti  en  donnèrent  conseill. 


80.  La  demoiselle  trouve  Tristan  ;  elle  l'ennuie  lieaucoup 
en  s'obstinant  à  le  consoler.  A  la  fin  il  se  sauve  et  reste  huit 
jours  au  boitl  d'une  fontaine,  pn!^  de  la  tour  où  il  avait  passé 
arec  Iseut  trois'  jours  si  heureux   (P*  124   d)   après   l'avoir 


t .  Ici  ae  U'nniai:  U  longue  dîvergcacG  (|ft  7 1  -78)  des  versions  dt*  750 
MÎ5flî>1rt  de  756,  etc.  ;  cf.  |  78  a.  —  756,  fauuvement  :  on  Mirlanl 
d*»  la  porte. 

^.  f>  nom  Miuu^  avec  la  première  partie  do  la  phrase  dans  75G; 
BsfinoU  donni»  aussi  par  les  autres  {Etpinote  97,  Î02;  Kspinete  iflO), 
Kuif  *M*,  <»4,  qui  pfjrtcnt  Ihrbtoit.  Au  liou  de  Morois  (écfil  ici  Morto^ 
ijai      '"  •     :^34  a  (en  U  fore*t|  du  ruùis. 

ut,  §  \A,  ce  nVlaitquc  deux  jours;  103  no  donne  pas  de 
ehiur^'  ICI. 


délivrée  de  PaiamiMie  *.  Tristan  est  plongé  dans  la  plus  pro- 
fonde douleur.  I>a  demoiselle  le  retrouve  et  reste  pour  voir  ce 
qui  va  se  passer  ;  il  refuse  toujours  de  lui  parler.  Au  huitième 
jour,  elle  le  voit  tout  noir  et  livide,  comme  s'il  avait  été  meur- 
tri dans  un  tournoi.  Elle  le  croit  près  de   mourir,  et  pour  le 
réconforter,  elle  apporte  une  harpe  qu'elle  a  trouvée  dans  la 
tour,  où  la  loge  une  dame  veuve.  C'est  de  cette  môme  harpe 
que  Tristan  jouait  quand  il  était  dans  la  tour  avec  Iseut.  Au 
sou  de  la  musique,  il  dresse  la  tête  et  prie  la  demoiselle  de 
Les  lois  <lo Tris-  chanter  un  lai.  Elle  chante  les  ti-ois  lais  composés  par  Tris- 
tan —  celui-ci  est  d'accord  avec  elle  ix)ur  déclarer  qu'il  n'en 
a  fait  <iue  trois  —  :  le  lai  de  Plor^  quand  il  s'emliarqua  pour 
chcrclier  un  remède  à  la  blessui'e  (|ue  lui  avait  faite  le  Mor- 
hout,    le  iai  du  Boivre  amour&ux  •   et   le  lai  du    Déduit 
d'ammir,  fait  pendant  son  séjour  avec  Iseut  dans  le  Moroi». 
Avaat  de  chanter  le  troisième,  la  demoiselle  fait  promettre  à 
Tristan  d'en  composer  un  nouveau.  —  11  ne  veut  accomplir 
cette  promesse  que  le  lendemain  et  reste  absolument  silen- 
cieux pendant  le  reste  do  la  journée.  La  demoiselle  va  piisser 
la  nuit  dans  la  tour,  comme  à  l'ordinaire;  elle  n'a  rien  voulu 
raconter  à  son  hôtesse.  Le  lendemain,  Tristan  commence  en 
pleurant  le  Lai  mortel  :  J'ai  fait  chançonetes  et  tais  etc.  ^', 
Ce  lai  terminé,  il  veut  se  tuer,  mais  il  ne  trouve  («la  d'armes; 
Tristan  fou.     alors  il  s'enfonce  dans  le  bois,  en  criant  corne  une  beste  for^ 
cenee  ;  car  il  a  perdu  la  raison  *. 


81.  La  demoiselle  te  cherche  en  vain  pendant  quinze  jours; 
elle  retourne  ensuite  en  Logres,  où  elle  raconte  comment 
Tristan  s'était  introduit  dans  la  maistrc  tour  de  Tiutagel,  ei 
comment  il  estait  avenu  a  la  roine  Iseut  ^,  La  messagère  a 

1.  750  renvoie  à  la  Grant  HUloire  d**  Luco. 

2.  Appelé,  un  ppu  phin  Uûn  :  le  Boivre  plaûetit  [plesant];  750,  335, 
103  :  pfsatU  ;  104  :  baant.  —  Il  est  donnn  bien  plus  loin,  §  4'i9.  — Cf. 
l'oxlrail  donné  dan»  von  df»r  llfiff**n,  MinrifMnger^  IV,  58!. 

3.  750.  335  :  ia/ittf/i.  e.  I.;  M\K  :  J'ai  (ischQ\n\mns  etlays\  {^"i  .  Je 
fb  jadis  eh.  «.  t.  —  Doux  «trophps  données  diin»  Wolf,  Ijtbcr  die  Lais, 
îiicsïm,  VU  (ms.  de  Vienuel,  cl  in  extenso  par  Fr.  Michel,  Tristan, 
U,  212.  d'après  les  éditions  do  Mïcliel  le  noir  t'I  de  Denis  JiiDOt. 

4.  La  nouvelle  XCXIX  du  Libro  tU  SovcMe  (éd.  de  1572j.  intituléo  : 
Corne  Tn'stano  pcr  amoredivcnneforsennato,  est  citée  par  I-'r.  Micbt'l, 
TVùl.,  lï,  ?07. 

5.  331 .  —  756  :  Comm.  il  etloit  venut  a  tar,  J.  —  On  voit  quo  U 
tour  ftffure  aussi  dans  In  version  de  756^  etc.  ;  et.  §  75  a. 


—  69  — 

appris  encore,  par  nno  demoiselle  venant  de  Tînlagel,  qa'Iscut 
est  très  malade  depuis  la  disparition  de  Triâtau.  Palamôrle  so 
dtitennine  à  aller  eu  Cornouaille  pour  l'amour  d'Istnit  el  aussi  PnUmô  jf 
pour  se  renseigner  sur  le  sort  de  Tristan  ;  il  soupronne  que 
c*esl  Kahedia  qui  ost  cause  de  tout.  Au  bout  de  cinq  jours,  il 
pasae  en  Cornouaille. 


en 


Cornouoitlu. 


I 


ft^.  Iseut,  désespérée,  raconte  à  Brangain  ce  qui  s'est  passé,  i^ut  et  Oran- 
Elle  dit  avoir  écrîLla  malheureuse  lettre  «  aucques  par  vostrc  8*^"- 
eofuHll  ».  Brangaîn  la  console  et  lui  promet  d'aller  chercher 
Tristan  dans  la  forât.  Iseut  rappelle  encore  à  Brnngain  que 
c*e5t  elle  et  Gouvernai  qui  ont  causé  tant  de  malheurs  en 
commettant  la  fatale  erreur  du  philtre.  Ëllojure  que  si  elle  ne 
retrouve  pas  son  Tristan,  elle  se  tuera,  comme  Didon  pour 
Enée  de  Troie  (V  128).  Pendant  cet  entretien  survient  le 
roi  Marc.  Il  sait  parfaitement  que  Tristan  a  été  avec  Iseut, 
mais  son  amour  pour  elle  c«il  toi  qu'il  ne  lui  ferait  jamais  de 
mal  por  nul  forfait  ne  par  nule  parole  que  l'om  lideïstde 
/Ht.  II  ne  trouve  donc  ni  la  force  de  se  vea^r  ni  le  courage 
de  la  questionner  et  s'en  retourne  immédiatement.  Le  leode- 
main,  il  va  chasser  dans  une  autre  for^t  (|ue  le  Morois;  car  il 
continue  à  avoir  peur  de  Tristan. 


83.  Brangain  se  met  en  route  et  rencontre  Fergus»  allaat  à  BrantminctF^r- 
Tlmagcl.  Elle  le  mène  d'abord  chez  un  prodomi»  cl  pnSrient  ¥^,1^'!"^***'"' 
Iseut.  La  reine  fait  venir  Fcrj^us  ^  lui  explique  tout  ce  qui 
est  SLTTXxé  et  l'envoie  dire  A  THfitan  de  revenir,  Brangain  l'ac- 
oompagoe,  mais  à  la  fontaine  ils  ne  trouvent  que  le  heaume  et 
le  haoLert  de  Tristan.  Us  erroat  eu  vain  pendaiil  dix  -  jours  : 
leMoroisestune  vaste  fonU,  qui  a  cinq  journ-ees de  lonc  et  trois 
d0  lé.  Ayant  rencontré  Palamède  et  sa  demoiselle,  ils  Il«  renrt>n!ri»ui 
apprennent  par  celle-ci  les  récents  événements.  On  se  rend  k 
la  fontaine  où  la  domoi.sclle  avait  vu  Tristan  pour  la  dernière 
fois;  Bran^'ain  s'éionne  que  Palamède  ail  osé  venir  en  Cor- 
nouaille malgré  la  défense  d'Iseut. 

On  arrive  &  la  fontaine.  Brangain  prie  la  dame  de  la  tour 
hii  donner  I;i  harpe   iloul  Tristan  s'était  servi,  afin  de  la 
  Iseut.    Putaniédc  et  la  demoiselle  restent  h  la  tour; 
Fergus  pourauit  la  quête  de  Tristan  (f    132).   Brangain  y 


Pfllftmrd'j. 


I.  D  or  tnnitTnvi  (mu  le*  nhitation*  de  TrIsUn. 
?.  De  iD^roe  94,  9'^;  I»  autrcA  ;  vint. 


—  70  - 

Bmagciin  re-  venonce  et  retourne  très  affligée  à  Tiutagcl,  où  elle  arrive  U 
tourne  «upKt»  i^^  p^j^ 
tliscut. 

8i.  Le  lendemain,  Marc  va  à  la  chasse  comme  d'ordinaire, 
car  personne  au  monde  ne  se  livi*e  à  cet  exercice  avec  plus 
d'ardeur  que  lui.  Il  évîlc  toujours  le  Morois,  bien  qu'il  soit  un 
peu  rassuré,  personne  n'ayant  revu  Tristan.  Les  uns  croient 
iju'il  est  mort,  Irs  autres  qu'il  est  jvirti  de  Cornouaille. 
AndfCt,  cependant,  est  d'un  autre  avis  :  «  Je  pense,  dit-il,  *\\i^ 
Tristan  est  quelque  part  malade.  » 

Dès  que  le  i-oi  s'est  ahseuti^,  Brangain  se  présente  che» 
Iseul  et  lui  rend  compte  de  son  voyage.  Iseut  est  Irôs  malheu- 
reuse; elle  se  console  cependant  un  peu  en  se  rappelant  les 
mots  d'Anrlret,  qu'on  lui  a  rapportés.  Pleine  de  ressentiment 
l9r:iii  fuit  cboà-  contre  Kahedin,  elle  lui  fait  dire  par  Brangain  de  sortir  de 
dïctornouam'é!  Cornouaille  sous  peine  de  mort.  Puis  elle  commence  un  lai  ; 
c'est  Tristan  ipji  lui  a  appris  à  jouer  de  la  harpe  pendant 
qu'ils  étaient  ensemble  dans  le  Moroîs  ^  comme  il  a  été  raconté 
plus  haut  '*. 

85.  Kahedin  sait  bien  que  la  reine  lui  veut  du  mal  parce 
Wpnri  (le  Ka-  qu'elle  a  perdu  Tristan  à  cause  de  lui.  Il  a  déjà  envoyé  ses 
écuyere  en  Petite-Bretagne  pour  annoncer  son  retour  pro- 
chain à  son  père  et  à  sa  sœur  Iseut,  malades  tous  deux  à  ce 
qu'on  lui  avait  dit.  Chemin  faisant,  il  s'égare  dans  la  forôt  et, 
atlirû  par  le  son  d'un  cor,  arrive  à  une  maison  déserte.  C'est  le 
rf)i  Marc  qui  a  sonné  du  cor  pour  appeler  sa  suite»  dont  il  a 
Kuhedtn,  Marc  été  séparé  pendant  la  chasse.  Voyant  arriver  un  chevalier,  le 
«i  l*ala(nède.  ^^j  croit  que  c'est  Tristan  et  se  cache,  épouvanté,  entre  deux 
murs  sans  oser  répondre  aux  cris  de  Kahedin.  Celui-ci,  fati- 
gué, se  couche  et  s'endort,  mais,  bientôt,  est  réveillé  par  l'arri- 
vée de  Palamède  ■'',  qui,  sans  nommer  Iseut,  se  met  à  se  plaindre 
de  SCS  peines  d'amour,  «  decetamour,  qui  est  d'abord  comme  la 
belle  matinée  du  jour,  qui  fait  chanter  les  oiseau.x  et  aller  çà 
et  K'k  les  chevaliers  amoureux;  soudain,  le  temps  change, 
l'orage  les  surprend,  et  leur  joie  remaint.  —  Qui  mol  son 
cœur  à  l'amour  est  comme  le  fou  qui  gravit  la  montagne  pour 

\.  L»s  mutApend.  qu'il \c  Moroit  ]ias  dans  103. 

2.  Ces  «Ipmifrs  mots  pa«  dans  750.  Sc^  rapporlont-ils  au  flt?jour  on 
an  jeu  de  harpe?  Au  wjour,  probablomom.  car  tous  le»  mss.  ne 
doancnt  lo  détail  du  jeu  qu'à  ce  pa&sage-ci. 

3.  Il  n  cttt  plus  quesliûD  de  sa  dt'aioÎBclle. 


I 


I 


—  71   — 

saisir  ta  lune  «[u'il  croit  poscu  au  sommet;  l'amour  «st 
comme  une  chandelle  dans  J'obscuriKS  de  la  nuit  ;  la  lueur  en 

eslir  ■  celui  qui  aime Comme  la 

plus  t  '  .  ,     "  '1p  mi^me  l'amour  fait  naître 

la  courtoisie^  qui  est  la  pïua  belle  grAce  de  l'homme.  »  — 
Mais  les  chevaux  hennissent  :  Palaméde  aperçoit  Kahedin  et 
veut  se  battre  avec  lui  ;  celui-ci  lui  repntsente  <|uc  ce 
Berait  de  la  folie,  car  «  Tristan  n'eut  mie  mors  »  (f  136). 
Lea  deux  chevaliers  déploi*cnt  leur  amour  et  s'entretiennent 
d'ïaeut  et  de  leur  heureux  rival.  Palamède  fait  comprendre  à 
Kahedin  qu'Iseut  ne  lui  avait  écrit  la  lettre  que  parce  qu'elle 
connaÎKSait  son  amitif^  pour  Tritîtau. 

Le  roi  Marc,  qui  a  tout  entendu,  est  trahi  par  un  accès  de 
toux  et  sort  de  s;i  cachette.  Il  dit  qu'il  a  dormi  et  se  fait  pas- 
ser pour  un  simple  chevalier  ;  mais  Kahedin  le  reconnaît,  et 
Palamédc  s'amuse  a  le  tourmenter.  On  reste  cependant  bons 
amis.  Le  lendemain  le  roi  les  mcl  sur  leur  chemin.  Palamcdc, 
qui  ne  veut  plus  rester  pu  Cornouaille,  s'en  va  on  compagnie 
de  Kabeilin. 


86,  Mart%  accompaguô  du  sénéchal  Diuas,  rencontré  par 
hasard,  gagne  son  palais  ;  il  va  voir  Iseut,  qui  pleure  et  chante 
son  amour  :  elle  croit  TrisUm  mort.  I-e  roi  entend  ce  quelle 
dit-  Elle  le  J»rave  en  lace  et  déclare  qu'elle  veui  se  tuer.  Marc 
charge  Dînas  de  la  surveiller  ;  le  sénéchal  la  console,  quand 
on  entend  des  lamentations.  Oinas  va  aux  renseignements. 
On  vient  d'apprcndi-e  la  mort  de  Tristan  :  c'est  une  superche-  Fûuaso  nouvelle 
ne  arrangée  par  Andi*et.  Lne  demoiselle  étrangère,  gagnée  Tnstan. 
par  lui,  vient  d'arriver  (C  1  U);  elle  dit  qu'elle  est  envoyée 
par  Tristan,  quelle  a  trouvé  mourant  près  d'une  fontaine,  ofi 
U  avait  été  frapiK?  pendant  son  sommeil  par  un  ennemi  mortel. 
Lorsque  Dinas  rentre  chei  Iseut,  elle  s'écrie  :  «  Or  est  il 
morz  ;  »  désormais  elle  est  résolue  à  se  tuer  *, 


I.  Ici  le  néctl  passe  au  dievulier  à  la  ^mIU'    mal  taillée,  qui  va 

rdf«  «4in  lô^ns  avi'C  ta  ilcmtii^'IIit  meiriisant,  clii»z  un  vieux  chrva- 
el  ainsi  tl^bute  dans  7&0  la  Uiss»;  suivanle.  Mais  Tô6,  fie,  rap- 
)ior1i?nt  ici  leur  «rrivt'e  À  la  cmix  fVvù  parteul  les  «loux  cheuiiuH  (voy.  J 
71;,  vt  où  ils  «îftOiMrcnt  de  Mnrdrot.  Ce  qui  suit  e^!  mu*  iimnirit»  de 
r'kiapilulaliuutk's  ctvrrilur^  rncnnti^^s  dan»  750  (l?5'.t'»i  i  la  plac"  de 
r<4n«»de  de  Dtirnautps  donm*  par  756,  etc.  (pour  \i)3,  voy.  £  71  a, 
Dolei.  annme  l'a  mùntré  BratolmauD:  (756,  P  142  «rXo*  deux 
io}-.ig<aii¥  MDt  rejointe  par  ou  chevalier  doai  Véca  cet  couvort  d'une 


Suite 

(iva  ovonturcs 

lie  Hrunor. 


—  72  — 

67.  Le  cbevalior  a  la  cote  mal  iailliee  et  la  demoiselle 
rncsdisant  sont  hébergés  chez  un  vieux  chevalier,  h  qui  Bru- 
nor  racoale  qu'il  va  aux  Deslrois  tic  Soitjioys  pour  terminer 
l'aventure  que  Nestor  '  de  Gauaes  commenra  au  lemps  de 
Galehout.  Son  hûie  lui  représenle,  au  grand  contentement  de 
la  demoiselle,  les  dangers  de  cette  aventure,  et  lui  apprend 
que  les  six  frères  de  Soreloys  ont  emprisonné  ou  mis  à  mort 
tous  les  chevaliers  qui  les  ont  altarpR^s  :  Caradoc  Bref  Bras 
est  loujoura  leur  prisonnier.  Cependant,  Brunor  ne  se  laisse 
point  intimider.  — Au  départ»  l'hôte  prend  Brunor  à  l'écarl 
et  le  prie  d'éviter  tout  combat  avec  son  fils,  qu'il  trouvera 
défendfint  le  passage  d'un  pont,  et  qui  est  l'aihle  pai'  suite  des 
blessures  qu'il  a  reçues  dans  une  batidlle. 

88.  En  effet,  lorsqu'ils  sont  arnv(3s  au  pont,  Brunor  n'accepto 
pas  ta  joute  et  passe  par  l'eau.  La  demoiselle  l'accable  d'in- 
jures. Brunor  explique  sa  conduite  au  chevalier  du  pont,  qui 
ne  lui  en  sait  aucun  gré. 

89.  Brunor  tt  sa  compagne  de  route  arrivent  près  d'un  chA- 
leau  situé  sur  une  monlagnc.  Ils  rencontrent  une  demoiselle, 
qui  leur  raconte  que,  dans  ce  château,  on  eniprisounc  les 
compagnons  de  la  Table  Ronde  et  toutes  les  dames  accompa- 
•inres  par  des  chevaliers,  parce  que  Blioheris  avait  enlevé  la 
femme  du  '^liiUelaiu.  I^  demoiselle  mesdisani  y  va  quand 
m^-me  ;  elle  a  rînlenlion  de  dire  que  Brunor  no  la  conduit 
point.  Elle  lui  recommande  de  s'en  retourner,  en  lui  binçanl 
une  bordée  d'injures  :  «  Chaitisf  qe  feras  tu?  Maleurex  ci 

hniL«se  vernicillo.  C'est  I^ncclot  :  nvitnt  appris  â  lu  cour  l'arrivéo  de  It^ 
ilt'moisello  mesdùant  ci  son  déi»art  qvpc  If  chevalier  à  la  cnlte  mal  tail- 
li^iî,  il  vsL  parti  furtivumeot.  décidé  ti  prendre,  au  boe^uin,  lu  place  de  co 
cht'valior  jaiis  raccopiplisscmuiit  de  l'avcniurc.  On  fait  roule  ensemble  ; 
1.1  dcjntiisfllu,  suivant  sun  babiludp.  est  trùs  mf^chaulc  pour  Brunor; 
ollc  injiirit'  aussi  Laiioclnt  parce  qu'il  prend  le  parti  du  chevalier  ;  Ijin- 
cclot  ei\  rit  et  la  taquine  (cf.  §  73).  On  rencontre  la  demuisellu  [cf.  J 
74)  qui  ap|K>rt(!  à  r.auceloL  la  lettre  par  tit(|uelle  Tristan,  alors  en 
|*etit'*-Uri'tapne,  voulait  se  justifier  de  son  mariage  (le  contenu  do 
cctti'  lettre  n'est  pai^  donné).  Lancelol  fait  une  réponse,  el  le  lendemain 
il  s'en  va  avec  la  messagère  pour  lui  montrer  le  diemiii.  Puis  Brunor 
Pi  lu  demuisello  mesdùant  vont  se  loger  chez  le  vieux  chevjilier  (v.  ci- 
dus8UK)i  et  à  partir  d'ici  [t*  143),  il  y  a  accord  entre  les  diverses  rédftc- 
tions. 

\.  Sstor  7oG.  —  Mais  comment  Druuor  puuvait-il  connaître  ce« 
détails  ?  Pour  750,  tout  est  clair  ;  voy.  §  73. 


» 


» 


k 


—  73  — 

il  senez,  por  qoi  ne  Ctn  retomeis]  ru  tant  C'Ome  ia  as  le 
loisir?  fui  t*en  a  certes,  beste  foie,  avant  go  tu  soies  rete- 
mtz,  tant  com  tu  le  puez  fer«!  »  Brunor  ne  répond  rien, 
comme  toujours;  une  seule  fois  il  a  dit  que  la  langue  delà 
demoiselle  ne  contient  que  du  venin. 

90.  Au  château,  on  reçoit  fort  bien  les  voyageurs.  Mais  le 
lendemain,  quand  ils  se  sont  un  peu  éloignés  du  château,  — 
dont  les  portes  ne  s'ouvrent  qu'à  l'heure  de  prime^  —  ils 
Toienl  devant  eux  sur  le  chemin  sii  chevaliers.  Brunor,  vou- 
laat  faire  ]ieur  h  la  demoiselle,  menace  de  la  laisser  prison- 
nière pour  s'en  aller  après,  tout  seul,  en  Soreloys.  Il  dit  donc 
aux  chevaliers  qu'il  n'est  pas  compagnon  de  la  TaLle  Ronde, 
quoique  ayant  été  armé  chevalier  par  Arthur.  On  lui  permet 
de  passer,  mais  on  veut  retenir  la  demoiselle.  Fort  épouvantée, 
elle  essaie  de  s'en  tirer  en  pi^tendant  que  Brunor  ne  la  con- 
dulc  pas,  mais  il  proleste,  et  on  ne  la  croit  pas.  A  la  fin,  pour  h 
rassurer,  Brunor  déclare  i]ue  jamais  les  chevaliers  ne  mèneront 
la  demoiselJe  en  prison,  tant  quUI  pourra  les  en  empêcher  : 
elle  envoie  son  secours  au  diable.  L'un  des  chevaliers 
emmène  déjà  la  demoiselle,  quand  Bi-unor,  malgré  son  écuyer, 
qui  s'émerveille  de  ce  que  son  maître  veut  dtilivrer  coite 
méchante  femme,  le  délie  et  le  renverse  ;  puis  les  aulres  se 
ruent  sur  lui  et  tuent  son  cheval.  Il  se  défend  encore  quelque 

temps,  mais  il  est  finalement  A'aincu  et  emprisonné  avec  la  Brunor  ei  tu  do- 
demoi&elle  diins  le  château,  qu'on  appelle  le  château  à'Uter,  5î"i^"  g^p^. 
parce  qu'il  avait  été  construit  par  Uterpeudragon.  soauëa. 

91.  Iseut  va  de  mat  en  pis.  Habillée  ou  reine,  car  elle  veut  j^^ut  essaie  de 
mourir  parée  comme  elle  l'était  à  son  couronnement,  elle  entre  »*  suicider. 
un  jom*  au  jardin,  toute  seule,  après  avoir  dit  à  ses  dames 
qu'elle  va  dormir.  Le  temps  est  superbe,  et  les  oiseaux 
chaulent  :  cela  lui  rappelle  son  séjour  dans  le  Morois  avec 
Tristan.  Elle  pleure,  chante  un  lai  qu'elle  a  composé  [Li 
êolaus  It^ist  et  clers  et  6iauj,  etc.  *)  et  appuie  contre  un  arltre, 
pour  s'en  percer  le  cœur,  le  pommeau  de  l'épée  dont  Tristan 
tua  le  Morhout.  Mais  le  roi  Marc,  ijui  la  surveille  attentive- 
ment depuis  quelque  temps,  s'était  posté  h  une  fenêtre  voi- 
fine  de  la  chambre  d'Iseut,  pour  l'y  observer  ;  et  au  moment 

J.  (■'  avec  le  loi,  se  trouve  imprimé  dans  Dartsch,  C/iro(o- 

mathii  .  i  français^,  p.  ! 49-1 52,[ d'après  le  m».  TôO,  avec  de* 

wiuttc»  du  uu.  de  Gcoèvc. 


—  74  — 

où  elle  va  se  Luer.  il  l'ca  enip)>cbe  en  sautant  de  la  fcnâlre 
dans  le  jardin.  I!  ri^pritnande  8évèi'L»ment  les  dames  de  la 
reine,  et  la  fait  garder  ti-èa  élroiiemonl.  Iseui  Ibriue  alors  le 
projet  d'endormir  ceux  qui  la  surveillent,  et,  pour  cet  eflet, 
elle  envoie  Dinas  chercher  des  herbes  dans  la  forôl  ((*  149). 
11  trouve  Guiuglain,  qui  lui  dit  avoir  vu  Tristan  il  y  a  quatre 
jours;  Dînas  le  dticido  à  aller  dire  cela  lui-môme  à  Iseut.  On 
juge  de  sa  joie,  quand  elle  reçoit  cette  nouvelle. 

0*2.  Lanceloi,  qui  a  quitté  la  rlemoiselle  mcspa;:ïère  pour 
suivre  le  chevalier  i  la  cotte  mal  taillée  ',  est  hébergé  par  ce 
raèuic  vieux  chevalier  qui  a  donné  l'hospitaUlrt  à  Brunorel  à  la 
demoiselle  ffj^^.vrfïsan/.  I.ancelol,  connue  Brunor,  promet  de  ne 
p;»a  combattre  avec  le  lils  do  son  hùtc.  Après  avoir  quitté  ce 
dernier,  il  rencontre  Braodelis  et  Keu  ^,  qui  joutent  avec  le 
chevalier  du  pont  et  sont  désarrountlfi.  Ils  regardent  Lancclot 
comme  un  poltron,  parce  qu'il  refuse  de  comballrc  :  I*ancelot 
voudrait  bien  venger  leur  défaite,  mais  il  est  retenu  par  aa 
promesse.  Il  dit  à  ses  deux  êcuycrs  de  passer  par  le  pont  et 
passe  lui-mr-mc  par  leau.  Mais  le  chevaliiir  ne  veut  laisser 
passer  que  rècuyerqui  porte  l'épée  de  ïjaucelot  ;  l'autre,  dit- 
il,  doit  laisser  l'écu  de  son  maître  ou  bien  passer,  lui  aussi, 
par  l'eau.  L'écuyer  appelle  I^ncelot,  qui,  après  avoir  vaiuc- 
mcnl  prié  le  chevalier  de  céder  le  pass:ige,  repasse  par  l'eau 
et  renverse  son  adversaire.  Suit  un  grand  combat,  qui  cesse 

Lnnot'iDt  cl  Ne-  dès  que  le  chevalier,  appelé  Ncroneiu  de  l'Ile  ^  apprend  le 
i-onous.  jjQjjj  [jç  Lancclot.  C'est  f>ar  lui,  en  effet,  que  Neroneus  a  été 
amié  chevalier  au  Chaslel  vermeil,  à  la  prière  de  la  belle 
demoiselle  ^,  le  jour  où  Lancelol  se  battit  avec  Blioberis, 
devant  la  Fontaine  au  ùon,  pour  sauver  la  demoiselle  chenue, 
que  Blioberis  voulait  tuer  parce  qu'elle  avait  l'ail  mourir  un 

Uiiii-oioi.  Kfiioi  chevalier  en  trahison.  Keu  et  Brandelis  blâment  Lancolol  de 
Ncroneua.^  ^'^  ""^  s'élre  pas  laissé  reconnaître  d*al)ord  ;  il  répond  qu'il  agit 
ainsi  pourque  les  chevaliers  ne  refusent  pas  de  jouter  avec  lui. 
Neroneus  emmène  tout  le  monde  à  son  chAicau.  Dans  la  con- 
versation, Keu  et  Brandelis  apprennent  à  LanccloLqu'ils  ont  Tin- 

I.  Cf.  §  74  l'I  rinli'ssiiH. 

S.  Kt'ut  101  ;  Ketts  te  senechat  75«;  Km»  d'Ettmm  Itw  auln»R  (94  : 
Kafirdiu  d'Estraux;  70O  :  Krus  dfi  Trnis). 

3.  Vat-  Kcrovoui,  Noroneaus  iéSoruiuans,  A^aron.),  Nornmns  [Vero 
nf!H  103). 

\.  Li  «  demoisell» chenue  ■  pmltaiilfinrni. 


raneut. 


_  75  — 

tenlioa  d'aller  en  Soreloys  pour  délivrer  lo  roi  Caradoc  :  Lan- 
cclol  dissimule  qu'il  poursuit  le  môme  but.  Ncroneus  racoDie 
iluU  A  gagné  !c  chAleau  en  triomphant  de  huit  chevaliers,  qui 
ayaieal  étiî  postés  par  le  preiaier  possosscur  j>oui'  jouter  avec 
les  passants;  ce  chAtclain,  qui  voulait  s'assurer  un  gendre 
Cïirôraemenl  brave,  avait  destini?  sa  fille  à  celui  qui  iriomplie- 
rail  de  tous  las  huit.  Plus  tard,  Neroneu?  était  devenu  le  chc- 
ralicr  du  Pont  au  Géant  par  suite  d'un  vœu  qu'il  avait  fait  à  Le  vœu  do  Ko- 
«i  noce,  dans  une  assembl^Je  de  douze  jeunes  gens  (P*  155). 
L'un  avait  juré  d'aller  à  riiôlel  du  roi  Arthur  pour  combattre 
el  outrer^  s'il  pouvait,  le  premier  chevalier  qu'il  en  verrait 
sortir.  Un  autre  avait  promis  d'enlever  à  son  chevalier  la  pre- 
mière demoiselle  qu'il  trouverait,  pour  la  faire  entrer  au  ser- 
vice de  la  dame  du  ch.Ueau.  Un  troisième  devait  se  rendre 
chez  Arthur  cl  se  battre  à  outrance  avec  tous  les  chevalière 
qu'il  rencontrerait.  Le  quatrième  voulait  ne  plus  quitter  son 
haubert  avant  d'avoir  tué  Gauvain,  qui  avait  assassiné  son 
frère  *.  Le  cinquième  comptait  désarronner  le  roi  Arthur  ;  le 
sixième  avait  fait  serment  d'aller  en  Comouaillc  embrasser  la 
belle  Iseut.  Neroncus  s'était  engagé  A  défendre  le  pont  pendant 
une  année  ;  il  avait  toujours  été  vainqueur  jusqu'à  ce  joiu'  : 
trcntc-4[ualre  écus  de  chevaliers  vaincus  attestent  sa  bravoure. 
Neroneus  recommande  à  Lancclot  d'éviter  le  château  d'Hier, 
[dont  il  lui  apprend  les  fiicheuses  coutumes.  Vaincu,  il  renonce 
[désormais  à  garder  le  pont:  quelques-uns  de  ses  compagnons 
^nc  iionl  déjà  plus  en  vie;  cehii  ([ui  était  allé  embrasser  Iseut  a 
été  mis  à  mort  par  le  roi  Marc. 

93.   Le  lendemain,  Lancelot,  Brandclis  et  Keu  arrivent  à  ouo 
croix  de  pierre  où  la  route  se  bifurque.  Laocelot  propose  de 
livre  la  coutume  du  royaume  de  Logres,  qui,  en  pareil  c;is, 

'prescrit  aux  clievaliors  crniuLs  de  se  séparer,  et  les  dcu.\  autres 
comprennent  qu'il  ne  veut  plus  de  leur  compagnie.  On  se 
quitte  donc,  et  I.anceloi  aiTive  devant  le  château  d'Uter,  ofi  il  bnacoloi  *tt 
trouve  sis  chevaliera  ilnns  si.x  pavillons.  I^s  dames  du  chA-  i,jf, 
toau  viennent  occuper  les  créneaux  pour  regarder  le  combat. 
Laocelot  esl  vaîncpieur.  I^  coutume  veut  que  le  cbevnlior  qui 
attra  triomphé  des  six  se  batte  encore  avec  le  seigneur  du 

|chitcau  :  si  celui-ci  est  vaincu,  les  prisonniers  seront  délivrés. 

'On  arme  donc  le  seigneur,  qui  s'imagine  avoir  alTairc  â  Blio- 


334  01  t03  (avec  Ïct  imprimé»)  portent  cousin. 


—  76  — 

Iteriâ;  Lancelot,  desoncôlé,  prend  son  adversaire  pour  Pala- 

mède, qu'il  a  délivrtî  dernièrement  de  la  prison  de  Ri*ehiis'. 

Noroncus,  qui  avait  prévu  que  Lancelot  ne  mamjucrail  pas 

d'aller  au  chiteaud'Uler,  y  avait  envoyé  une  demoiselle  pour 

Bavoir  comment  il  se  tirerait  d'aftaire;  elle  egl  aux  créneaux 

avec  les  autres  dames  et  leur  dit  que  le  chevalier   est  Tristau 

Brunor  ei  la  tio-  ou  Lancelot.  Le  seigneur  est  vaincu.    Lanceloi  lui  fait  rendre 

vis^s  par  Lan-  ^^^  prisonniers  (trente-huit  chevaliei-s   et  quarante  dames)  et 

ceiou  part  sans  vouloir  dire  son  nom  ;  la  demoiselle  riSvèle  alors  le 

nom  du  vainqueur. 

D3.  Le  rhevalier  à  la  cette  mal  taillée  part  avec  la  demoi- 
selle DiesdLmnt  ;  il  est  désormais  plus  estimé  d'elle,  mais  il  se 
passerait  volontiers  de  sa  compagnie,  depuis  qu'il  sait  quel 
pari  il  devoit  aler  -.  Il  lui  dit  que  leur  libérateur  c^t  Lancelot, 
dont  elle  s'est  tant  moquée  l'autre  jour  :  il  Ta  reconnu  à  son 
écu,  dont  un  des  chevaliers  du  chÂteau  lui  avait  appris  les 
enseignes.  La  demoiselle  pense  que  Lancelot  n'est  rien  de 
plus  que  le  meilleur  chevalier  du  Lo^eset  que  Tristan  lui  est 
encore  supérieur.  Ils  rejoignent  bientôt  Lancelot,  et  la  demoi- 
selle lui  fait  ses  excuses,  l!  est  fâché  d'être  reconnu  et  prie  ses 
compagnons  de  ne  pas  révéler  son  nom.  On  arrive  à  la  pre- 
mière entrée  du  Soreloys  avant  Keu  et  Brandelis. 

id'Hru-  94.  Les  gardions  de  la  porte  baissent  une  porte  couleice  et 
frtiro^^du  Sû2  '^^"*  disent  que  l'on  n'admet  qu'un  seul  chevalier  à  la  fois, 
roioys.  Lancelot  permet  à  Brunor  de  commencer  les  balaillesi  et  laisse 

un  de  SOS  écuycrs,  pour  avoir  des  nouvelles;  puis  il  se  retire 
k  un  hôtel.  —  Les  autres  arrivent  au  premier  pont,  où  Brunor 
triomphe  des  deux  frères.  Au  second  pont  c'est  Plenontu:  ^  qui 
garde  le  passage.  Brunor  l'élonnc  par  la  bravoure  qu'il  montre 
dans  le  combat;  à  la  Hn  il  tombe  épuisé,  et  Plenorius  le  fait 
soigner.  —  La  demoiselle  ot  les  écuyers  reviennent  sur  leurs 
pas  pour  avertir  Lancelot,  qui,  le  lendemain,  triomphe  d'abord 
des  deux  frères,  encore  fatigués  de  la  bataille  de  la  veille, 
puis  de  Plenorius,  cpii  rend  les  armes  en  apprenant  le  nom  de 
son  adversaire.  Au  troisième  pont,  Lancelot  trouve  trois  défen- 
seurs :  il  en  lue  un  ;  Plenorius  décide  les  autre»  à  se  rendre. 


1.  Var.,  commp  souvent  :  Brun  {sons  pitié). 

2.  C't'st-à-dirR  depuis  ([u'il  a  des  ronscignomcais  sur    l'aventure 
ipj'il  veut  leiJier  (cf.  §  73,  87). 

3.  Plmoris  103  ;  Plenorin  756;  99,  94.  -  Cf.  §  73. 


irr>M  du  ftor*)- 

IftVS. 


M  Caradocest  délivré  de  sa  captivité  au  chAteau  de  Nestor, 
construit  pour  l'amour  de  Nestor  de  Gaunes  par  Galehaul.  On 
I* oublie  pas  non  plus  les  autres  prisonnier».  Lancelot,  ayant  l-ance!ot 
^onné  la  terre  à  Plenorius,   qui  rievieut  Ihomme  lige  du  roi     uu-"*iiBs*7t 
Arthur,  se  sépare  de  Brunor  toujours  soutirant  de  ses  Ides- 
surcs,  et  retourne  à  la  cour  (f*  157). 

95.  Kahedio  et  Palamôtie  *  rencontrent  Segurades,  qui  a 
quitté  sa  terre  [la  FranckUe  Tristan)  pour  chercher  des  nou- 
velles de  Tristan. Il  jouteavecKabcdin,  qu'il  abat  et  blesse  rude- 
ment ;  mais  comme  son  épée  s* est  brisée  dans  le  combat,  il  ne 
peut  accoi-der  à  Palamè«le  la  revanche  de  sou  compajjjnon  : 
Segurades  ne  s'en  plaint  piis  quand  il  apprend  le  nom  de 
Palamède.  Sur  le  chemin  de  Tintait»!,  un  des  écuyere  d'An- 
dret  lui  dit  que  Tristan  est  mort;  Se^jurades.  malade  de  cha- 
grin, fte  met  au  Ut  dans  une  abbaye. 

96.  Palamède  s'en  va  en  Logi-es,  et   Kabedin  se  fait  trans-  Suîtadu  vo^i^o 
fr^rtcr  à  l'abbaye  de  Gaunes,  construite  par  le  roi  Bohort  de     ^^  Kabedm. 

Oaunes  en  mémoire  de  la  victoire  qu'il  avait  remportée  en  cet 
endroit  sur  le  g^Dt  qui  avait  tué  son  parent /Inc/ii^ef.  On  s'ap- 
prête à  y  ciîléhrer  l'anniversaire  du  couronnement  du  roi  Marc, 
qui  se  rend  à  la  fôte  avec  Iseut.  Deux  chevaliers  loueul  devant 
Kabedin   la  beauté  de  la  reine  et  lui  disent  qu^elle  est  dans 
relise.  Bien  qu'il  se  fût  proposé  d'abandonner  son  amour,  il 
f  va  ei  la  revoit  :  cela  fait  renaître  sa    p;ission.   Cependant  n  revoit  Imui^ 
Iseut,  qtiio  leenz  tant  deytwré  comme  li  rois  veU^  retourne  à 
Tintagel,  et  lorstiue  Kahedin  est  guéri  de  ses  blessures,   il 
s'em}>arque  pour  la  Petite-Bretagne;  mais  une  tempiîte  l'em- 
porte en  Logrcs.  Il  va  àCamaaloth  et  reste  six  jours  à  la  cour  Kahedin  à  Ci^ 
J'Arlhur.   Il  admire  la  beauté  de  Guenièvrc,  mais  prétend, 
ilans  une  conversation  avec  Hector,  qu'Iseut  est  encore  plus 
belle  et,  également,  que  TrisUin  est  meilleur  chevalier  que 
Lancelot.    La  reine,    avertie   par    Hector,    pense    que  c'est 
un    chevalier  envoyé  par  Iseut   et  Tristan  pour  leur  don- 
ner des  nouvelles  de  la  cour  d'Arthur.  Le  lendemain,  elle 
questionne  Kahedin,  qui  lui  dit  son  nom  et  lui  raconte  com- 
ment il  est  allé  en  Comouaille  avec  Tristan  pour  voir  Iseut. 
Il  ne  hIAmera  certiinemeul  pas  Tristan,  dit-il,  d'avoir  aban- 
donné sa  sH'ur  pour  Iseut  la  blonde.  Kahedin  évite  do  ixirlcr 
deséTèncmeuls  survenus  en  suite  de  son  amour.  Il  soutient 


maalolli 


1.  Ib  001  quitta  le  roi  Marc,  voy.  g  85. 


—  78  — 

toujours  que  Tristan  est  le  meilleur  chevalier,  mais  no  cod- 
vainc  pas  la  reiae,  qui  d  ailleurs  ne  le  contredit  pas,  par  poli- 
tesse. Parti  secrètement,  Kahedin  entre  dans  une  forôt,  mange 
auprès  d'une  fontaine  avec  deux  chevaliers  et  deux*  demoi- 
selles, qui  l'ont  invité  à  partager  leur  repas,  et,  plus  loin,  fait 
une  halte  aux  environs  d'un  chAteau.  De  là,  il  continue  son 
chemin,  décidé  à  marcher  toute  la  nuit;  mais  rohscurité  le 
gônc  beaucoup.  Se  laissant  ^'uider  par  le  hennissement  d'un 
cheval,  il  arrive  au  bord  d'une  fontaine.  Son  cheval  altéré  s'y 
plonge  tout  entier.  Kahedin,  mouillé  jusqu'au  dessus  dos 
épaules,  se  décidée  passer  la  nuit  en  cet  endroit.  Doux  autres 
chevaliers  s'y  trouvent;  la  nuit  étant  très  noire,  on  ne  s'enlre- 

KidtMlin.   Paift-  voit  qu'A  peine.  Les  deux  chevaliers  sont  F^alamède  et  I^nce- 
mt'clo  et  Lan-  ,  .     ^     j        •  •      .    i  r»     i  .-. 

coloi.  lot.  Ce  dernier  vient  de  manquer  Brehus,  tju  il   avait  pour- 

suivi et  qui  avait  été  sauvé,  comme  d'ordinaire,  par  la  vitesse 
do  son  cheval.  Palamède  avait  chassé  la  beste  glatissant,  qui 
s'était  échappée,  comme  toujours  ;  après  un  combat  avec  Dodi- 
nol  le  sauvage,  il  s'était  étendu,  très  fatigué,  devant  la  fontaine, 
sans  remarquer  ï^incelot,  qui  l'avait  aperçu.  Kâhedin  ai'rive, 
et  Palamède  l'observe.  Le  nouveau  venu,  qui  ne  voit  pas  les 
autres,  se  plaint  de  ses  peines  de  cœur  ;  Palamède  devine  qu'il 
parle  d'Iseut;  LiinceloL  pense  qu'il  s'agit  de  Gucnièvrc.  Pala- 
mède, qui  un  peu  estoit  plus  hastis  de  parler  que  n'estoit  Lan- 
cehl,  se  met  sur  son  séant;  averti  par  le  bruit  qu'il  fait,  Kâhe- 
din lui  adresse  la  parole.  Palamède  déclare  aimer,  aussi  bien 
mrMiion.  que  Ic  nouvel  arrivé,  la  plus  belle  dame  du  monde.  «  Balt  I 
répond  Kahedin,  tout  amant  en  dit  autant  de  sa  dame.  — 
Qui  ôtes-vous?  »  demande  Palamède.  —  «  Un  chevalier  qui 
viont  delà  maison  d'Arlbur.  »  —  Palamède  désire  conni^tre 
son  opinion  sur  la  beauté  de  la  reine  Guenièvre;  Kahedin 
répond  fpi'il  préfère  Iseut.  Palamède  veut  se  b;iltre,  mais 
Kahedin  l'appelle  fou;  car  Iseut  ne  peut  rien  ctre  pour  aucun 
d'eux.  «  J"ai  trouvé  dernièrement,  dit-il,  un  autre  fou  qui 
voulait  également  se  battre  avec  moi  pour  l'amour  d'Iseut  ;  je 
parvins  cependant  à  lui  faire  entendre  raison.  »  —  Palamède 
comprend  que  c'est  de  lui  qu'il  s'agit;  eu  effet,  Kahedin  lui 
dit,  sur  sa  demande,  que  ce  fou  était  bien  Palamède.  Ce  der- 
nier veut  l'éprouver  encore  et  le  liélic  une  sccoude  fois,  mais 
Kahedin  déclare  qu'il  n'a  nullement  rintention  de  se  battre 
pour  un  amour  qui  no  lui  a  fait  que  du  mal  ;  il  aimerait  mieux 


t.  Unt  (\emohenv  334,  94,  U9. 


ire  <]tru  nlTjamaiâ  aimé  Iseut.  Palaniètle  renonce  au  combat 
el  demande  ce  qu'où  dit,  à  la  cour  d'Arthur,  de  I^ncelot  et  de 
Tristan.  Kahedin  raconte  sa  convorsiition  aroc  Hector  :  il  tieut 
loujoui-9  pour  Tristan  et  répète  qu'il  trouve  Iseut  plus  lielle 
que  Gueiiièvre.  Aloi's  Lancelot,  dont  la  patience  ciit  à  haut, 
s'avance,  et  dit  que  le  jugement  que  les  deux  interlocuteurs 
^mtdent  ûtre  d'accord  pour   porter  sur  la  tieanté  des  deux 
reines  ne  serait  aucunement  accepté  par  les  chevaliers  du 
royaume  de  Logres.  Il  leur  recommande  donc  de  no  pas  décla- 
rer trop  souvent  leur  sentiment  à  cet  égard,  s'ils  veulent  évi- 
ter  des  désagréments.  Pahunède  lui  demande  s'il  est  des  cheva- 
liers de  la  reine  Gucnièvrc  et  s'il  veut  jouter  avec  lui.  Lance- 
lot  accepte  la  bataille  et  détic  aussi  Kabedin,  qui  lui  répond 
|iar  des  plaisanteries.  Fatamède  fait  rcmar({uerà  Liincelot  que 
tout   a  été  dit  par  solaz  et  par  enroiseiire;    puis   il   leur 
demande  des  nouvelles  de  la   lignée  de  Ban  et  de  Laiir>elot. 
»  J'ai  avancé  des  choses  celle  nuit,  dit-il,  que  je  ne  répéterais 
pas  devant  Lancelot,  le  fidèle  amant  de  Gueniêvre.  »  Ayant 
blâmé  Palamèdc  de  paiier  de  la  sorte  devant  un  inconnu,  qui 
pourrait  se  servir  de  ses  paroles  pour  mettre  de  la  haine  entre 
le  roi  Arlbur  et  la  lignée  de  Ban,  Lanc-elol  demande  à  son 
tour  des  nouvelles  de  Tristan  :  Palumêdc  a  appris  par  Guin* 
^lain,  venu  de  Cornouaille.  que  Tristan,  hors  de  sens,  errait 
^dans  le  Morois.  —  Les  trois  chevaUerît  dorment  jusqu'à  laubc. 
Au  réveil,  Lancelot  met  son  heaume  pour  garder  l'incognito; 
Palamèdc  et  Kahcdîu  se  reconnaissent  et  se  saluent  avec  trans- 
port. Palamêde  s'informe  des  nouvelles  de  Tristan  :  à  la  cour 
de  Marc,  on  prétend,  répond  Kahedin,  que  Tristan  aaban- 
lonné  la  Cornouaille  pour  le  pays  <le  Logres.  Comme  ils  vont 
juitler  Lancelot,  Blioberis  arrive  :  lancelot  le  reconnaît  à  son 
heiaumo,  qu'il  lui  a  donné,  mais,  ayant  changé  ses  armes  la 
n'est   pas  reconnu  lui-même   par   Blioberis,    CoJui-ci 
[>rovoque  les  trois  clievaliers.  Kahtidiu  cherche  louglcnq»,  el 
u>ujours  en  plaisantant,  à  décider  Lancelot  au  combat;  mais 
icelot  ns  peut  combattre  avec  un  autre  compagnon  de  la 
Table  Ronde.  Kabedin  et  PalamMe  sont  successivement  ren- 
versas par  Blioberis.  Pourtant,  on  pourrait  trouver  au /jaru^r 

r^ignors  esforz  en  PaUxmedes  qe  en  Hlioberis  ;  car  Palamèdo 
plus  hardi  et  plus  entreprenant,   tl  insiste  pour  avoir  la 

stailJe  à  Tépée;  on  va  commencer,  <|uand  Lancelot  inter- 
rient. Ayant  pris  à  part  Blioberis,  il  lui  décou\Te  son  nom.  et 
lui  d<^nseille  de  se  mesurer  avec  l'adversaire  qui  est  <levanl 


Rlioburts  arrive 


—  80  — 

lui  :  il  a  reconnu  Palaméde.  Blioberls  répond  qu'il  n^j 
craint  au  monde  que  Lancelot  et  Tristan  ;  quant  à  Palaméde,  < 
son  plus  vif  désir  est  de  se  battre  avec  lui  à  outrance,  et  il  le 
cherche  dt-jb  depuis  plus  de  quarante  jours.  Palamèdc  entend 
des  laml>eaux  de  la  conversation  :  «  Eh  bien,  Blioberis,  fait- 
il,  je  suis  Palaméde,  que  vous  cherchez.  »  Lincelot  le  blAme 
de  son  orgueil  :  n  Avez-vous  donc  une  si  grande  envie  de 
combattre  avec  ceux  de  la  liguée  de  Banf  —  Oui,  dit 
Paliiraède,  non  que  je  leur  veuille  du  mal,  mais  pour  les 
éprouver,  ces  chevaliers  de  si  haute  renommée.  »  Lancelot 
propose  alors  de  se  battre  à  la  place  de  Blioheris;  mais 
cclui-<i  le  prie  de  lui  laisser  la  bataille,  puisque  c'est  à 
lui-même  que  Palaméde  en  veut  principalement.  A  la  fin, 
Palaméde  devine  qu'il  a  affaire  à  Lancelot  et  l'engage  à  se 
faire  connaître.  Lancelot,  prévoyant  que  la  bataille  serait  rude 
avec  Palaméde,  consent  !i  se  nommer  tout  en  déclarant  qu'il 
ne  devrait  pas  céder,  vu  que  Palaméde  est  l'ennemi  mortel  de 
sa  lignée.  Aussitôt  celui-ci  fait  ses  excuses,  el  Lancelot  lui 
pardonne,  à  condition  qu'il  ne  cherchera  plus  de  batailles  avec 
les  descendants  de  Ban,  ce  que  Palaméde  lui  promet.  Lancelot 
reçoit  ensuite  les  excuses  de  Kahedin,  à  qui  il  pardonne  éga- 
^'touratl **  i  "^u  l^'^*^'^^  ^  cause  de  l'amitié  que  lui  porte  Tristan,  et  retourne  à 
cour.  la  cour  avec  Bliobeiis.  En  les  entendant  raconter  que  Palaméde 

désirait  si  vivement  se  battre  avec  ceux  de  la  lignée  de  Ban, 
beaucoup  de  membres  de  cette  famille  se  fussent  mis  à  l'ins- 
tant même  à  sa  poursuite,  si  Lancelot  ne  les  eût  retenus. 


97.  Palaméde  et  Kahedin  continuent  leur  chemin  en  louant 
la  mesure  de  Lancelot.  Palaméde  a  TintentioD  d'aller  en  Gori-e, 
où  il  a  une  affaire  à  régler;  Kahedin,  qui  en  a  assez  des  aven- 
tures, se  séparedeson  compagnon(f  177). 

98.  Kabedio  rejoint  un  chevalier;  c'est  le  sénéchal  Keu, 
qui  est  en  route  pour  le  Norgiiles.  Dans  sa  conversation 
avec  lui,  Kahedin,  quiaonlinairemenl  le  mot  pour  rire,  cri- 
tique avec  esprit  les  coutumes  du  Logrcs.  Kahedin  a  jadis 
délivré  Keu  de  la  prison  de  son  père  HoCl,  qui  l'avait  détenu, 
parce  qu'il  avait  tué  un  de  ses  chevaliers.  —  Lamorat  sur- 
vient en  compagnie  d'une  demoiselle;  i^morat  et  le  sénéchal 

Kaiiertin  et  Keu  ne  se  reconnaissent  pas.  Keu  réclame  la  demoiselle  :  Lamorat 

Lwnorat.  ^^"^  désarçonne  successivement  Keu  el  Kahedin,  et  s'éloigne.  — 

Plus  tard,  les  deux  compagnons  rencontrent  une  demoiselle 


I 


I 


Uier. 


de 

m 

i 


—  81  — 

€1  un  ra/0<  cherdiant  Lamoral;  le  jeune  homme  leur  apprend 

ÏG  Qom  de  leur  vainqueur.  Kuhedin  avait  déjà  dît  k  Keu  que 

i*étail  Immoral,  paive  que  le  cbevaliftr  inconnu  portait  les 

fi'jtirs  de  la  lignée  de  Pelinor  [''scu  vermeill  a  une  blanche 

teste  de  lion). 

Keu  et  Kahedin  arri^'onl  près  du  château  appelé  Ut  Vergogne  La  VergogoA 
Cter.  IjC  roi  Uter-Pendragou ,  après  avoir  épousé  ïgerne*, 
s'élaii  épris  d'une  dame  du  royaume  de  Logres,  Dyagenne, 
femme  à'Ârgan.  Préleitant  son  ^oiit  passionné  pour  la  chasse, 
U  était  allé  séjourner  dans  leur  château.  Le  neveu  d'Argan 
découvrit  ses  sentiments  et  prévint  son  oncle.  Le  leDdemain, 
&  la  chasse,  le  roi,  mieux  monté  que  ses  compagnons,  s*écarta 
deux  et  retourna  au  château  ;  Aigan  le  suivit  et  courait  s'ar- 
mer, quand  son  neveu  lui  apprit  qu'Uier  était  avec  la  dame. 
La  sœur  d'Ygerne  avertit  le  roi.  qui  se  hâta  de  s'armer  et 
de  s'éloigner  ;  mais  Argan  l'alleignit  et  le  ramena  vaincu  au 
chiieau.  Le  lendemain,  U  lui  accorda  la  vie  sauve,  parce  qu'il 
,  avait  point  fait  violence  à  sa  femme,  et  tua  celle-ci  ;  car  «  on 
it  éteindre  le  feu  avant  que  la  maison  soit  brûlée  ».  Pour 
obtenir  sa  liberté,  le  roi  dut  promettre  de  construire  un  châ- 
teau assez  fort  pour  qu'Aj-gan  y  pût  braver  toute  attaque.  C'est 
à  ce  château  qu'Argan  donna  le  nom  do  la  Vergogne  Dter. 
—  Quelque  temps  après,  la  seconde  femme  d'Argan  s'enfuit 
avec  Hector  des  Marcs,  à  qui  il  avait  donné  l'hospitalité.  Le  Argui  et  Hee- 
mah  poursuivit  Hector,  qui  le  désarçonna.  De  retour  chez  lui. 
il  Gl  construire  un  pont  avec  une  tour  et  le  garda  tout  le 
reste  de  sa  vie,  combattant  avec  tous  les  chevaliers  errants. 
Apr*>ssa  mort,  ses  quatre  Ris  maintiennent  cette  coutume  :  un 
chevalier  est  tenu  de  garder  le  pont  jusqu'à  ce  qu'il  soil 
vaincu  ;  son  \'ainqucur  doit  lui  succéder  jusqu'à  ce  qu'il  soit 
vaincu  à  son  tour.  C'est  ainsi  que  le  roi  Hocl,  se  rendant  inco- 
goilo  en  Logres  pour  chercher  son  fils,  triomphe  de  for^,  le 
61s  d'.4r<^5,  et  se  voit  forcé  de  garder  le  pont  après  lui.  Keu  et 
Kaliedin  y  arrivent.  Keu  est  renversé  par  Hotil.  Le  père  et  le  comba»  de  Kt- 

ÛU  »e  battent  sans  se  connaître  :  pendant  une  pause,    Kahe-     lu-*)  in  avec  900 

'^  '^  pt*ro  H06I 


lor. 


1.  AiDii  750:  99,  94.  fgueme  334;  10?,  97,  t03  ;  Ygnerffne 
75«  ;  rçorne33b;  Yçuane  i(i\.  Cyçttertu  MiO .  ^  P .  Pari»,  Hinn.  d.  t. 
T.  H.»  H,  p.  66  w.  (Merlin),  l'-cnt  ïpiernf. 

I.  Vit.  Thor,  Tour, 

LVsim.  —  T'ciiton.  6 


■ta      rniiiurnenl 
«ti    Pet.-Bre- 


—  82  — 

din  dit  son  nom  ;  la  joie  est  grande  de  part  et  d'autre  ^  Sur  le 
conseil  et  avec  l'aide  de  Keu,  on  abat  les  quatre  frères,  cl  on 
les  contraint  de  libérer  le  roi  Hool  de  son  engagement.  Puis 
on  va  se  loger  dans  une  abbaye;  car  Rahedin  et  HoM  sont 
blessés.  Keu  les  ijuiite,  au  bout  de  deux  ^  jours,  pour  aller 
Icrininer  t'aOaire  qu'il  avait  entreprise. 

99.  Au  bout  d'uu  mois,  Kahedin  et  son  pore  retournent  en 
Petite-Bretagne.  Comme  Kahedin  no  donne  aucune  nouvelle 
précise  de  Tristan,  on  s'imagine  qu'il  l'a  tué.  Iseut  aux 
blanches  mains  est  désolée  d'avoir  perdu  le  meiUor  chevalier 
du  monde,  ~~  ICahedin  ne  peut  oublier  Iseut  la  blonde,  ijue 
la  vucdcsa  sœur  lui  i*appclle  constamment,  et  celte  passion 
le  fait  beaucoup  souffrir^. 

100.  La  reine  Iseut  envoie  une  demoiselle  en  Logres  et  un 
harpeur  en  Petite- Bretagne  pour  clierchcr  Tristan,  qu'elle 
ci'oit  parti  de  Gornouaille.  Le  harpeur  est  bien  i-e^u  par  Kahe- 
din, qui  lui  apprend  un  lai  ot  le  charge  de  le  chanter  devant 
Iseut.  A  son  retour,  le  harpeur  s'acquitte  fiiiëlemenl  de  celte 
commission  un  jour  que  le  roi  Marc  est  à  la  chasse*  (f*  185). 
Lu  demoiselle  revient  aussi  de  Logres  ;  Lancelot  lui  avait  dit 
(|u'il  croyait  Tristan  en  Bretagne;  puis  elle  avait  trouvé  un 
clievalier  de  ce  pays,  et  a  cil  chevaliers  rtve  dist  sans  nule 
faille  que  T.  estait  en  la  Petite  Bretaigne'^  ».  Iseut  envoie  une 
seconde  fois  le  harpeur  en  Bretagne,  en  lui  conliant  un  Jai  pour 
répondre  à  celui  de  Kahedin,  qu'il  trouve  à  Rednez^.  Lorsque 
Kahedin  a  entendu  ce  lai,  dans  lequel  Iseut  se  montre  lorl 
cruelle  pour  lui  {Folie  n'est  pas  vasselagc,  etc.),  il  tombe 
malade;  un  jour  il  conduit  le  harpeur  à  une  lontaine  et  y 
reste  trois  jours  sans  manger  ni  boire;  enSn  il  lui  donne 
un  dernier  lai  pour  Iseut  {En  mourant  de  si  douce  mort^ 


{.  Un  nouvel  pxpraple  dn  combat  épiqne  d'nn  père  enntre  son  fils; 
k  njotitor  k  \a  liuigue  listi?  dunni^i^  pnr  M.  Ka*hler  tl&nf.  ses  ri:tman|ui*s 
Bur  les  laÎR  *lo  Mûrie  de  France  (éd.  Warncku,  p.  xcii). 

•2.   7V0ÛIÛV  J03. 

3.  Il  u'p^l  (piestiun,  pnr  lu  suite,  d'Iseut  aux  bl.  m.  que  dans  la 
vpr»io[i  de  103  (et  des  iniprimt.'8j  ;  vay.  §  535  b  88. 

4.  Amours^  ^  vt'i"  oins  qu'a  nullui,  etc. 

5.  334  ;  75t)  saule  ctfUu  phrase. 

G.  Ainsi  750. —756;  334;  97,  iOO,  102;  99.  94  ;  IVorhouti  33J; 
tfofUeu;  103  :  ^orham;  iHCunod.  !04. 


A 


—  83  — 

tic,)   et  meurt*.   I^  harpeur  chaige  des  pAli*ea  de  prendre  Mort  de  Kkhjt 
fiûia  du  coriffl,  s'éloigne  furtivement  pour  ne  pas  <Hre  accus«i     fiL^sou'amour" 
de  celte  mort  et  retourne  auprès  d'Iseut.  La   nouvelle  do  la     pouriseui. 

^•mort  de  Kahcdin,  que  son  amour  pour  Iseut  avait  tué,  se 

'répand  partout. 


101.  Tristan  fou  erre  dans  la  forât;  il  se  nourrit  des  Wles  Trisianfoudan» 
qu'il  peut  atteindre  et  dont  il  mange  la  viande  crue  avec  le      *"  Moroi». 
cuir.  Il  fréquente  beaucoup  des  bergers  qui  lui  donnent  sou- 
LTenl  du  pain,   mais  qui  s'amusent  aussi  à  le  I)attrei  à   le 
f  iofujre,  à  lui  teindre  le  visage,  et  dont  il  a  beaucoup  à  souiTrir. 
Cette  manière  de  vivre  l'a  rendu  méconnaissable  *.  —  Un 
jour  Daguenet,    envoyé  en   Gornouaille  par    les  courtiisans 
d'Arthur,  par  envoiseiire,  pour  y  voir  Iseut,  chevauche  dans 
le  Morois  avec  deux  écuyera.  Ils  descendent  à  une  fontaine 
pour  boire  ;  leurs  chevaux  en  profitent  pour  s'enfuir.  En  lee 
poursuivant,  nos  trois  voyageurs  arrivent  à  une  fontaine,  où 
ils  trouvent  douze  bergers  avec  Tristan  ;  ils  leur  deman<lent 
s'ils  ont  vu  passer  des  chevaux.  Les  hei^ers   sont  en  train 
d'agacer  Tristan,  qui  vient  de  jeter  l'un  d'eux  dans  ta  fon- 
L-Uine,  ei  répondent  en  riant  :  a  Nous  n'avons  pas  vu  vos  che- 
rTAiix,  »  car  ils  étaient  nice  et  (ol^  si  corne  vilain  rfe  bos 
doivent  estre.  Les   voyageurs  se  fâchent  ^  pensant  que  les 
ibergers  ont  caché   les  chevaux,    ils  se  précipitent  sur  eux  ei 
flen  battent;  Daguenet  dégaine  et  blesse  quatre  bergers.   I..es 
pauTres  gens  s'enfuient  en  jetant  les  hauts  cris.  Tristan,  îndi-  Daguenot  oha 
jgné,  renverse  Daguenel,  lui  prend  son  épée  et  coupe  le  bras  à   *éparTrist«i.j 
[l'un  des  écuycrs.  L'autre  s'enfuit  ;  Tnstan  le  poursuit  iimtile- 
^ment;  car  il  n'est  plus  si  agile  qu'auparavant.  Il  s'en  va  à  la 
(maiflOQ  d'un  ermite,  qui  lui  donne  souvent  à  manger.  L'er- 
ile  dit  ses  prières  devant  sa  porte;  à  la  vue  de  Tristan,  qui 
irt  l'épée  à  la  main,  il  rentre  et  ferme  la  porte  sur  lui. 
^Tristan  demande  à  manger  :  le  bon  ermite  ouvre  une  petite 
fenêtre  et  lui  p;issc  du  pain  3.  Après  avoirmangé,  Tristan  s'en- 
dort à  la  porte,  et  l'ermite  lui  prend  l'épée. 

1.  L'histoire  <)d  retour  et  de  la  mort  de  Kahedia  est  oinn  tronquée 
jHTreMan  (p.  93^  :  Phérédiu  (coûgêdiô  par  Iseut)  «  s'enfonce  dans 
iiotét  ei  meurt  de  douleur  et  d'aiDùtir  dans  un  hcmiitage  ». 

î.  La  Tav.  JUt.  (p.  *Jj4)  jjasfL'  â  j^oii  combat  avec  huit  lion»  fsubsti- 
lué  à  l'épisotlo  de  Taulaii.  voy.  ci-dessous). 

3.  Danfi  11*  ChevalUr  au  Lyon  do  ChrOtieo  (v.  2840),  Ivaiu  fou  se 
trouve  dans  la  uiéiue  ^ilualiun. 


—  84  — 


Bagoenet    chez 
Uarc. 


102.  Dajruenet  arriva,  tout  épuisé,  chez  le  roi  Marc,  en 
compagnie  de  l'écuyer  bJessé,  qui  succoml>e  Uans  la  journée. 
Le  roi  est  très  fAché  du  malheur  qui  est  arrivé  au  fou  du  roi 
Arthur  î  à  toutes  ses  questions  Daguenel  répond  i]u'il  a  élé 
inallrailé  par  «  le  fou  de  la  fontaine  ».  L'autre  écuyer  ai-rive 
cl  donne  des  détails.  Un  chevalier  de  Cornouaille  soupçonne 

Maihan  le  brun,  que  lagresseur  est  Malhan  le  brun,  un  chevalier  de  grande 
taille,  devenu  fou  trois  mois  auparavant.  A  la  prière  du  roi,  il 
raconte  l'histoire  de  Malhan.  Un  chevalier  aventureux  s*étail 
présenté,  comme  Marc  était  à  sa  cour  de  Norhout  *  ;  il 
était  ac-compagné  d*une  belle  demoiselle  qu'il  promit  d'aban- 
donner au  chevalier  qui  pourrait  le  désarçonner.  Seul  Mathan 
le  brun  osa  combatti*e  et  triompha  de  son  advereaire,  qui  s'en 
alla  tout  honteux,  sans  dire  adieu  à  personne.  Mathan  emmena 
dans  son  pays  la  demoiselle,  qu'il  aimait  passionnément.  Un 
jour,  au  commentiement  du  mois  de  mai,  comme  il  chevau- 
chait avec  sa  bien  aimée  et  le  narrateur  de  cette  aventure,  ils 
rencontrèrent  Gaheriet,  qui  s'enflamma  A  l'aspect  de  la  ilemoi- 
Bclle  et  l'enleva  après  avoir  abattu  les  deux  chevaliers. 
Malhan,  humilié  dans  son  amour  comme  dans  son  honneur, 
ne  mangea  ni  ne  but  de  quatre  jours.  Depuis,  il  était  toml)é 
malade  et  avait  i>ei'du  la  raison.  —  A  l'ouïe  de  ce  récit,  le  i-oi 
Marc  forme  le  projet  d'envoyer  chercher  Mathan  pour  le  faiin: 
soigner  à  la  cour. 

103.  Tristan  est  désormais  un  peu  mieux  traité  par  les  ber- 
gers, à  qui  il  avait  prtîté  un  si  vigoureux  secom-s.  Il  lui  arrive, 
pendanisa  folie,  une  autre  aventure.  Il  y  avait,  dans  la  forit 
du  Morois,  un  rliAte-au  situé  sur  une  haute  montagne  cl  fortifié 
depuis  plus  de  deux  cents  ans;  le  seigneur  en  était  un  géant 
redoutable,  qui  ne  se  souciait  point  du  roi  Marc.  Iseut,  pleine 
d'inquiétude  pour  Tristan,  lui  avait  défendu  d'altaquer  ce 
géant,  nommé  Taulas  '  de  la  Montagne,  et  Tristan  naloit  en 
nulle  manière  contre  le  commandement  sa  dame.  Le  géant. 
qui  redoute  fort  Tristan,  entend  dire,  ne  sai  par  quelle  aven- 
tura., qu'il  est  mort,  ou  du  moins  parti  de  Cornouaille.  et  ne 
craint  plus  de  donner  un  libre  cours  à  sa  fureur  contre  les 
Cornonaillais,  qui,  h  Tcpoque  du  couronnement  de  Marc, 
avaient  tué  son  père  devant  la  porte  de  Tintagel.  Il  va  souvent 


!.  Vw.  Norhan. 

î.  Var.  Caw/rtj;  Tressan:  Trultas. 


—  85  — 

dans  la  Torct  et  Tait  grand  dommage  aux  chevaliers  de  Cor- 
nouaiUc.  Un  jour  il  nenlà  la  fontaine,  où  il  trouve  les  ïier- 
gcre  avec  Tristan;  il  nesl  pas  reconnu  et  s'assied  parmi  enx 
sans  vouloir  accepter  le  pain  qu'ils  lui  oiTrent.  Tandis  qu'il 
caiise  avec  eux,  un  chevalier  arrive  avec  une  demoiselle,  et, 
pour  ne  pas  les  effrayer,  le  gtîant  se  cache  derrière  un  arbre. 
Le  chevalier  descend  pour  boire  à  la  fontaine  ;  en  deux  grandes 
enjambées  Taulas  s'élance  sur  lui  et  le  terrasse  ;  la  demoiselle 
perd  la  tète,  oublie  de  remonter  à  cheval  et  s'enfuit  k  pied.  Un 
des  bergers  blAme  Tristan  de  ne  pas  3ccx>urir  le  chevalier  ; 
Tristan  a  assez  de  seiu  pour  objecter  i|u'il  n'a  pas  d'armes  ;  un 
berger  court  prendre  l'épée  du  chevalier,  la  lui  remet  et  dit  : 
a  Allons,  va  le  frapper  à  la  tôle.  —  Pourquoi  ne  fais-tu  pas 
cela,  loi  »  dit  Tristan.  —  «  Parce  que  je  u'ai  pas  ti  force,  o  — 
Tristan  saisit  l'épée;  il  demande  encore  :  «r  Que  veux-tu 
que  je  fasse  de  cette  épée?  »  —  et  le  berger  de  répéter  :  «  Va, 
frappe  ce  diable-là  à  la  lâte,  de  toutes  tes  forces!  »  —  Alors 
Tristan  court  sur  Taulas  et  d'un  seul  coup  fait  voler  sa  tête;  il  Tristan  tue  Tau- 
en  aurait  fait  de  m^rae  au  chevalier,  si  les  bergers  ne  lui 
avaient  crié  de  le  laisser.  Le  chevalier  voudrait  emmener  Tris- 
tan pour  le  guérir  ;  mais  le  fou  n'a  qu'une  réponse  :  «  Allez- 
vous-en,  si  vous  ne  voulci  awir  de  cest^  ospee  parmi  vostre 
iesie\  alez  vous  en  de  ci,  je  le  vous  lo  moiii  bien  u  [V*  190). 
Son  interlocuteur  fait  intervenir  les  bergers;  mais  Triîttan 
persiste  et  menace  de  donner  mauvais  paiement  au  chevalier, 
s'il  ne  s'éloigne.  Celui-ci  n'ose  insister  ;  il  prend  la  léte  de 
Taulas  et  se  rond  avec  la  demoiselle  à  Tintagel,  oii  il  trouve 
le  roi  Hatc  conseiUant  avec  un  chevalier  de  Comouaille.  Le 
nouvel  arrivé  '  lui  annonce  aussitôt  la  nouvelle  de  la  mort  du 
géant,  fléau  de  la  Cornouaille,  et  fait  voir  sa  lôte.  On  est  tou- 
jours porté  à  croire  que  le  fou  est  Malban  le  Irun  :  Marc  est 
de  plus  en  plus  curieux  de  voir  un  fou  si  remarquable.  II  fait 
exposer  la  t<?le  du  géant,  dont  la  mort  est  le  pUiti  grand  bien- 
fait arrivé  en  Cornouaille  depuis  la  mort  du  Morhoul. 


l&ale  gô&ot. 


lOi.  Un  jour  de  chasse,  Je  roi  Marc,  entraîné  par  un  cerf,  Matc    croa»» 
arrive  loul  seul  à  la  fontaine,  auprès  de  laquelle  Tristan  dort    guiS""''"  *" 
parmi  les  bergers.  Le  roi,  qui  a  soif  et  est  fatigué,  s'arriîte  et 
lie  conversation  avec  eux  sans  être  reconnu;   ils  lui  disent 
qu'il  est  en  présence  de  l'homme  qui  a  tué  TauLis.  Marc  voit 


1.  Commenoement  du  ms.  776. 


—  86  — 

bien  que  ce  n*est  pas  Mathaa,  mais  il  ne  reconDaîl  pas  soa 
neveu  dans  ce  triste  état.  Il  demande  aux  bergers  s*ils  savent 
des  nouvelles  de  Tristan  :  un  chevalier  de  Logres,  disent-ils, 
leur  a  raconté  que  TrLslan  a  quitté  la  CornouaiHo  et  s'est  rendu 
en  Logres  ;  le  roi  Marc  devrait  se  reprocher  cet  exil ,  cai'  la 
Comouaille  sans  Tristan  n'est  rien.  —  «  El  que  pensent  du 
roi  Marc  les  chevaliers  étrangers  ?»  —  Les  propos  des  bergers 
ne  sont  nullement  flatteurs  pour  le  roi,  qui  veut  savoir  encore 
ce  qu'on  raconte  des  relations  de  Tristan  avec  Iseut.  Les  ber- 
gers répondent  que  l'adullèro  est  connu  de  tout  le  monde,  que 
le  roi  Marc  ne  Tignore  pas  non  plus  et  qu'il  a  raison  de  fer- 
mer les  yeux.  Le  nn  est  très  vexé;  sans  rien  répondre,  il 
sonne  du  cor.  Tristan  se  réveille  au  bruit  et  s*écrie  :  «  //oh- 
denc  *,  pren  le{s)  moi  «.  Ce  nom  rappelle  à  Marc  le  souvenir  de 
Tristan;  mais  le  visage  du  fou,  barbouillé  de  charbon  et  do 
cendi-es,  est  méconnaissable.  Les  bergers  se  metlent  aie  battre; 
mais  il  en  assomme  quatre  avec  une  de  leurs  massues  et 
chasse  tous  les  autres.  Le  roi  a  très  peur  pour  lui-mdme, 
quand  arrive  Andret,  avec  dix  hommes,  tant  chevaliers  que 
valets'.  Us  emmènent  Tristan  à  Tinlagel  pour  se  divertir  de  sa 
folie.  11  s*en  va  avec  eux,  paisiblement  ;  a  je  ne  sais  d'où  lui 
y'inx  celé  volenté'^.  »  A  Tintagel,  la  foule  court  après  lui  en 
criant  :  «  Vees  le  fol^  veez  le  fol  f  »  et  chascuns  le  ficrl,  cHas- 
cuns  le  boute  ;  H  uns  le  points  H  autres  le  bat  ;  cependant,  le  roi 
défend  qu'on  le  tourmente  trop.  Bientôt  Tristan  est  reconnu 

par  le  chien  Houdenc;  on  le  saigne,  Iseut  le  guérit  et  le  roi 

"  Tristan baiini  do  |ui  fait  jurer  de  quitter  la  Comouaille  pour  touiours.  Plus 
lard  il  sera  relevé  de  ce  serment,  à  la  cour  d'Arthur,  par  le 
roi  More  lui-même*. 


Comouaille. 


! .  L'orthographe  du  nom  du  chien  est,  ici  auspî,  très  variée  (cf.  §  5Î)  : 
Iluàmt  750.  335;  Hodent  100;  Botlenc  97,  102;  Ilettdetic  334,  776  ; 
^truffm  94,niais  99  :  Ihudent;  Nudain  103;   Udan  1Û4;    Heudeno  756. 

2.  Dans  334,  97,  100,  102,  103,  104  manquent  los  vateU. 

3.  iMots  du  rédacit'Uf. 

\ .  Ici  il  y  a  une  excuse  de  la  singulièro  brièveté  de  celte  ffpismlo  ; 
(f*>  193  c)  Et  (1.  en)  tout  ce  qe  je  vous  ai  conté  {en  toutes  ces  choses,  335, 
qm  délnin  un  j>eu,  et  04)  avroit  moût  a  deviser  qi  tout  le  voldroii  conter 
mot  a  tnot.  Mes  [por]  ce  q'il  me  convient  entendre  a  autre  matière^  vous 
aijeUtissié  [laisse  ge  1  bO ,  tairai  je  776)  iccsi\u.)i  conle\  (750,  f*  181  a, 
ajuute  ici  :  ti  qui veoir  le  velt  et  savoir ^  si  prengne  la  grant  hystorie  âe  Tr., 
celé  méitnea  que  mesires  Luces  dou  chastcl  dou  Cant  fist  ;  celui  livre  en 
dira  tôt  aperternent  totes  ces  choses  quo  ge  vus  ai  orendroit  trespassecs, 
~-  335  ajoute  après  conte  :  fors  tant  que  Je  l'ai  dil  au  plus  briefinefU 


^ 


M^ 


—  87  — 

105.  Tristan  reste  douze  jours  (750,  une  fois  onze;  103,  Déport  d«  Tn»- 
Irois)  k  la  cour,  désespéré  de  ne  pouvoir  parler  à  Iseut,  qu'on 
garde  soigneusement.  Andrct  conseille  au  roi  de  faire  tuer 
Tristan,  qui,  dit-il,  pourrait  bien  lui  faire  la  guerre  avec  t'aide 
da  roi  Arthur.  Marc,  cependant,  ne  cède  pas  à  la  tentation  et 
Jailconslruire  une  ne/"  pour  le  départ  de  son  neveu.  Gouvernai, 
qui  sVtail  lo^é  rJiez  Dinas,  et  qui  avait  cherché  en  vain  Tris- 
tan pendant  sa  folie,  s'embaniue  avec  lui.  Le  roi,  avec  tous  ses 
barons,  accompa^e  Tristan  jusqu'à  la  mer  :  Tembarcadère  de 
Tinlagel  est  à  une  lieue  englescfie  largement  du  chiteau.  Un 
chevalier  qm  survient  s'informe  auprès  d'un  valet  de  ce  qui  se 
passe,  et  le  prie  d'aller  dire  à  Tristan  qu'il  est  venu  en  Cor- 
nouaille  pour  voir  sa  chevalerie  et  jouter  avec  lui.  Il  est 
désarçonné.  Tristan  annonce  qu'il  va  se  rendre  à  l'hOtoJ  d'Ar- 
thur: et,  comme  son  adversaire  l'en  conjure  par  la  foi  qu'il 
doit  à  la  personne  qu'il  aime  le  mieux,  il  lui  ]>ermet  de  l'ac- 
compagner en  Logres  (f*  194).  lU  .s'embarquent  avec  le  bon 
cheval  Passebreuil;  et,  du  haut  du  vaisseau,  Tristan  rappelle 
aux  barons  de  Cornouaille  tous  ses  exploits  :  la  mon  du  Mor- 
hout,  —  son  combat  %*ictorieux  contre  le  roi  de  Norgales 
devant  la  porte  de  Tintagcl,  quand  c©  prince  fut  entré  en  Cor- 
nouaille pour  venger  son  fils,  tue  vilainefnent  par  Marc,  et 
qu'il  eut  subjugiié  tout  le  pays,  —  sa  victoire  sur  le  roi  des 
Cent    Chevaliers ,   qui,  venu   en   Cornouaille    en   gxiùe    «fa 


qvû  je  puù).  Car  aixez  ror  prus  (var.  p«ù)  dfporter^  re  m'«l  ireii,  puis 
que  je  row  ai  h  niaticr^  dnùset  (cela  n'est  pas  dans  TfiO,  335)-  Car  je 
{H^lyt  de  Uorron^  ajoute  750t.  fndroil  moi  vueiU  rfpairier  a  nui  mati«r«, 
fwje  nrn  jmis  UssUr^  ti  dirai  en  Mie  manière.  — 9A,  U9,  776  =7&6  ; 
Bifat  101  (iiuici  m'en  despartir  p.  vu  déporter).  334  6'am^tP  à  moi  a 
ol;  97,  lti'2  ne  donneat  riea  (ntri  a  tant  u  Uiist  ort  le  cotn/ife],  de 
m^Qic  100  [mais  a  tant  taisse  or  ti  c*>nf€s  a  parler  de  etsta  choie  tant  que 
lieux  enjioit,  et  retome  a  parler  de  Tr.).  Dans  103  il  n'y  a  rit^n  du  tout. 
I^  Tav.  Hit.  Aonne  pluii  de  détails  (p.  256  ss.),  Tristau.  qui,  <!D 
imlra&l  à  Tinta^el,  a  déjà  moulré  sa.  force  prodigic*u.se  pu  luanl  uu  Aoi- 
Saçiozxec  son  mulnt,  est  onfiTmé  par  Marc  à  caufie  de  sa  viol«nc«.  Un 
jour  il  s  t^ap[M»;  il  est  recuuiiu  par  sun  cheval  et  par  son  cliien.  Plus 
tard  Marc  hii-mi^me  le  rtxruunait  à  un  Kigno  qu'il  porto  au  bra» 
^uche  :  il  fait  venir  iârut,  qui  çu^rit  Trislaii.  Braufrain  explique  que 
tout  l«  inalbeur  nst  dû  à  KahtMli»,  H  Isa  amants  r^t'uncilié^  continuent 
t'  vues  jiiPqu'â  co  que  Tristan  foil  e^i  ■!  oncle.  Iseut 

I  nnhn£ru<'.  11  part  avecDinudan,  qui  u  Gomouailte 

.1  ^,  et  av(*c  Alcardo^  frat<llo  cUifùM  d'I^^^^ul,  arrivé 

'I  >  \rmi>  chcvolmr  par  Triblan.   (Gouvernai  avait  été 

(Alt  rut  de  hèoaoïM^  p.  23^.) 


Diosdaa. 


—  88  — 

chevalier  errant,  avait  défirt  les  chevaliers  de  Marc,  en  avait 
abattu  dii  et  enfin  le  roi  lui-môrae  :  Tristan  l'avait  délivré 
deux  fois  de  la  prison  on  Marc  l'avait  enfermé  ;  plus  tard  le 
roi  des  Cent  Chevaliei-s,  ayant  envahi  le  pays  pour  se  venger, 
en  avait  retiré  son  armée  pour  l'amour  de  Tristan,  dàs  qu'il 
l'eut  reconnu,  pendant  qu'ils  se  halUiicnt  à  la  Fontaine  tU 
l'Ombre^  \  —  enfin  la  mort  du  géant  Taulas.  C'est  par  Texil, 
ajoute  Tristan,  qu'on  récompense  celui  qui  a  rendu  de  si 
grands  services  à  la  Cornouaille. 

Quand  il  est  parti,  Iseut  monte  avec  Brangain  au  haut  de 
sa  tour  et  regarde,  désolée,  le  vaisseau  qui  s'éloigne. 

106.  Nos  voyageurs  abordent  près  de  Gamaaloth.  Tristan 
déclare  qu'il  ne  veut  plus  aller  à  la  cour  d'Arthur  :  il  n'est] 
assez  renommé  ponr  y  paraître.  Celte  modestie  plaît  beaucoup! 
au  chevalier  qui  l'accompagne.  Tristan,  ayant  chargé  les 
marins  d'annoncer  sa  vengeance  â  ses  ennemis  de  Cor- 
nouaille et  de  dire  à  Iseut  que  son  tx)nheur  dépend  de  son 
amour  pour  lui,  se  livre  pendant  quelque  temps  à  son  chagrin. 
En  i-ecevant  le  message  de  son  amant,  Iseut  reprend  courage, 
et  le  roi  Maix;  regrette  de  n'avoir  pas  suivi  le  conseil  d'Andrel. 

Tristan,  ayant  penlu  de  vue  le  vaisseau,  se  met  en  chemin 
avec  le  chevalier  inconnu.  Celui-ci  lui  raconte  qu'il  a  été 
récemment  fait  chevalier  par  Arthur.  Le  roi  a  tellement  loué 
la  prouesse  de  Tristan  qu'il  est  parti,  avec  douze  autres  cheva- 
liers nouveaux,  pour  trouver  le  héros  et  l'amener  à  la  cour. 
Son  frère,  le  chevalier  à  la  cotte  mal  taillée,  lui  a  conseillé 
d'aller  chercher  Tristan  en  Gomouaille.  Lui-même  se  nomme 
Dinadan  2. 

\ .  Les  exploits  de  Tristan  cootre  tes  rois  de  Nurgales  pt  des  Cent 
Choval^crB  n'ont  pns  été  racontés  auparsivani  dans  notre  romun. 

2.  Var.  Dynadam ,  Dynadant .  —  Ici  le  rédacteur  nous  avertit 
d'une  suppression  (fo  197)  :  Celui  jor  lor  avint  aventures  aitcunet  qe  je 
ne  vueill  mie  deviser  en  mon  livra,  por  ce  qe  (mesire  ixices  doit  Gant,  dit 
750,  fo  iS6  a-b.,  le  devise  en  to  grant  hystoirede  T.,  et  ce  que  je  soi 
qu'il  devise  en  son  livre  ne  voill  ge  mie  deviser  ou  miVn,  par  que  ye  niVn 
puisse  garder.  Ains  vos  voill  deviser  totes  Us  autres  choses  qit'H  ne  dtst  en 
son  livre  qui  couvienent  a  ma  materej  trop  grant  ennui  mr  samblcroit 
de  {  var.  a]  deviser  totes  les  aventures  qi  avindrent  a  ckascun  chevalier, 
car  je  ne  wtu  ai  cure  de  conlcr  ahignes,  ainz  iwts  vorrai  conter  tôt  plai- 
nnmrnt  tes  aventura  qi  aparltennent  a  ma  droite  matire  et  au  plus  brief- 
ment  qejeporrai,  et  vous  dirai  comment  il  avint  a  T.  et  a  Din.  —  103 
supprime  toute  cetto  explication. 

lia  première  aventure  de  Tristan  et  Dinadan  dans  la  Tav.  Hit.  (p. 


—  89  — 


lor. 


107,  Les  detix  compagnoos  rencontrent,  près  d*un  pont.  Discours    de 
Bobortel  Hector.  Ce  dernier  abat  Dinadan,  à  qui  Tristan  a       TriBian. 
permis  de  se  battre  le  premier;  mais  il  refuse  de  jouter  avec    "'^^es" 
Tristan,  qu'il  reconnaît,  à  la  forme  de  son  écu,  pour  un  che- 
valier de  Cornouaillc,  et  s'enfuit  devant  lui.   Bohort   fait  de 
m^me  :  Tristan  le  rattrape  et  lui  donne  un  grand  coup,  saus 
néanmoins  Tabatlre.  Bohort  jette  son  écu  par  terre  :  Tristan 

l'invite  à  escrimer;   l'autre  refuse.  «  Alors,  dit  Tristan,  qiio  Joutes  avec  Bo- 

.  .         *         bon  ut   Ubc- 

cela  amuse  beaucoup,  vous  vous  reconnaissez  pour  vaincu  par 

un  chevalier  de  Comouaille  ?  —  Très  volontiers;  j'aime  mieux 
m'avouer  vaincu  quarante  fois,  si  vous  voulez,  que  de  jouter 
avec  vous.  »  Bohort  explique  qu'il  a  jeté  son  écu,  conformé- 
ment à  la  coutume  établie  par  l>amorai  de  ne  plus  porter  les 
armes  dont  on  s'est  servi  contre  un  chevalier  de  Gornonaille  ; 
or.  les  traces  du  coup  de  Tristan  y  paraissent  toujours.  Tria- 
tan  le  prie,  au  nom  de  ce  qu'il  aime  par  dessus  tout,  de  lui 
dire  son  nom  ;  quand  il  l'a  appris,  il  offre  son  écu  à  Bohort, 
3  Ui  place  du  sien  :  «  Mon  écu  est  tout  neuf,  dit-il;  aucun  coup 
n'y  (laraîi  encore.  —  Aucun  n'y  paraîtra  de  cette  année, 
rijwste  Bohort,  pourvu  qu'on  vous  connaisse  aussi  bien  que 
je  vous  connais,  moi.  »  Tristan  insiste  :  «  Or  laissiez  tôt  ce 
t'st^r;  vous  ne  pourrez  vous  en  aller  sans  écu  :  prenez  le 
mien,  et  moi,  je  porterai  lo  vôtre.  »  Bohort  persiste,  en  rica- 
nant, dans  son  refus  :  Tristan  promet  de  faire  changer  les  cou- 
leur» de  son  écu,  dit  qu'il  n'est  pas  de  Comouaille,  couvre 
Técu  de  sa  housse  vermeille  et  pi-opose  encore  à  Bohort  de 
jouter  ;  mais  celui-ci  répond  toujours  :  n  Je  ne  veux  pas, 
puisque  je  vous  connais.  » 

Pendant  cette  conversation  surviennent  Blioberis  et  Driant, 
le  trère  de  Lamoral.  Tristan  ne  les  connaît  pas  encore  ;  il  les 
défie,  les  abat  et  s'éloigne,  suivi  de  Dinadan.  Hector  prie  ce 
dernier  de  nommer  son  compagnon ,  mais  Dinadan  répond 
seulement  qu'il  n'y  a  pas  de  meilleur  chevalier  en  Logres  pour 

moment,  et  les  quatre  chevaliers  restent  seuls.  Hector,  qui 


Tristan     abal' 

Blioberis  et 

Driant. 


-i  lo  coRiltal  coniiv  k*  pèaai  Lucan  \o  fjrand,  qui  est  lui*  par 
1  nos  mss.  celU;  avetiture  est  racontée  plus  |t>in  parTrist.  lui- 

mèrae,  t.  g  S4'i  ts.  Puis  la  Tav.  Rit.  fait  ïo^vr  nos  chevaliers  chez 
Spinoffrts  ;  Trif^tan  plaisante  Dioadau,  <jni  virnt  ii(?  prnfesser  un  mépris 
abc^AjIu  pour  l'amuur;  t^nsuïieTr.  lue  Orù,  qui  l'anaquc  pour  veHgiT  la 
murt  diî  son  frère.  Suit  la  rencoouv  avin;  ta  demoiselle,  lelle  qu'elle 
an  mtonxéey  ftprô«  remprisonnomenl  par  Daras,  dans  757,  voy.  plus 
toiis,  |I85. 


—  90  — 


csl  un  peu  plus  empariez  que  les  autres,  leur  demande  ce 
qu'ils  veulent  faii-e  :  ils  décident  de  se  rendre  ensenihlp  à  un 
cliAtoau  voisin  où  Blioberisdoil  trouver  Lancolol;  celui-ci  lui 
a  prorais,  il  y  a  six  jours,  d'y  venir  ce  soir-là.  Dans  la  forôl, 
les  chevaliers  rencontrent  une  demoiselle  éplorée.  Elle  se 
refuse  d'abord  à  parler  ;  mais  Bliobcris  l'y  force  en  mettant  la 
main  à  son  épée.  Elle  raconte  qu'elle  va,  de  la  part  de  Mor- 
pain,  dire  à  un  chevalier  qui  hait  lAncelol  de  venir  le  lende- 
main chez  la  fée  pour  y  voir  son  ennemi  mort.  Deux  mois 
auparavant,  Lancelota  tué  un  chevalier  à  qui  Morgain  voulait 
du  bien  (P*  200  a),  et,  pour  se  venger,  elle  a  mis  trente  cheva- 
'^'*"Morîain'*  ^"  ^^^'"^  *^^  embuscade  pour  l'assassiner.  La  demoiselle  ajoute 
qu'elle  aime  beaucoup  Lancelot^  qui  lui  a  jadis  rendu  un  ser- 
vice. Nos  quatre  h^ros  la  quittent  cl  p.issent  devant  les  trente 
chevaliers,  qui  se  gardent  de  les  attaquer  de  peur  que  le  bruit 
de  la  mêlée  n'avertisse  Lancelot.  Bohort,  Hector,  Blioberis  et 
Driant  s'embusquent  un  peu  plus  loin. 

108.  Tristan,  en  quôto  d'aveiUuros  avec  Dinadan,  ren- 
contre également  la  demoiselle.  U  parvient  à  lui  faire  répéter 
ce  qu'elle  a  déjà  raconté  aux  quatre,  et  prend  la  résolution  de 
soutenir  lo  combat  contre  les  trente.  Peu  après  ils  rencontrent  un 
vieux  'chevalier,  acconqtagiié  d'une  deiiioiselle  ;  il  prend  Tristan 
pour  Lancelot  et  raverlil  du  danger.  Dinadan,  qui  jusque-là 
s'était  fait  une  idée  fausse  de  la  situation  parce  qu'il  navoit 
entendu  des  trente  cfievaliers  ge  trois^  ne  se  sent  point  le  cou- 
rage de  combattre  contre  trente  adversaires.  En  vain  Tristan 
le  supplie  de  ne  pas  le  quitter;  en  vain  il  l'accuse  de  poltron* 
ncrie;  furieux,  il  s'apprête  à  courir  sur  Dinadan,  l'épée  à  la 
main  ;  alors  seulement  le  jeune  chevalier  se  rend  à  sa  volonté'^. 
Toutefois,  craignant  qu'on  no  le  prenne  pour  Lancelot,  il 
échange  son  écu contre  celui  de  Tristan,  qui  lui  dit  que  cet  écu 
est  un  présent  de  la  plus  belle  dame  du  monde  et  qu'il  dou- 
blera ses  forces.  Aloi's  Dinadan  le  lui  rend  en  promettant  de 
combattre  de  son  mieux,  et  Tristan  dit,  en  souriant,  que  main- 
tenant il  a  fait  un  brave  d'un  couard.  —  Us  arrivent  au  fond 
de  la  vallée  où  se  tiennent  les  trente  chevaliers.,  qui  les 
auraient  volontici's  laissés  passer.  Tristan  menace  encore  une 
l'ois  Dinadan  de  la  mort,  s'il  fait  mauve^tîéj  et  ouvre  la 
Les  trente  sont  vaincus  :  dix  restent  sur  la  place, 


Pollronnerio  de 
jJioadau. 


Défailc  (les  tron 
te    chevaliers  hjiUille. 
de  Mrjrgum. 


1.  Pas  d'épiihéu*  dans  103. 

"2.  Cf.  répÎBodo  du  Chevalier  couard  daas  lo  Pereet>al  de  Moneasier. 


—  9t  — 

tués  ou  blessés;  les  autres  sont  mis  en  fuite,  sans  que  Bohort 
et  ses  trois  compagnons,  qui  observent  tout  de  leur  cachette, 
trouTcninécessaire  d'intervenir.  Les  vingt  fuyards,  que  Tristan 
ne  daigne  pas  poursuivre,  se  sauvent  chez  Morgaia.  Elle 
séjourne,  avec  douze  dames,  dans  un  des  châteaux  quelle  a  fait 
construire  dans  la  forêt;  car  elle  craint  toujours  le  roi  Arthur, 
«]ui  pourrait  bien  la  foire  prendre.  En  apprenant  la  triste  issue 
de  là  bataille,  elle  est  furieuse  et  forme  de  nouveaux  projets 
de  rougeance  contre  Lancelot,  avec  qui  les  chevaliers  s'ima- 
gineul  qu'ils  se  sont  battus. 

109.  Dinadan,  brisé  de  fatigue,  est  fort  maussade  et  veut 
2D2m«  atjandonner  la  compagnie  de  Tristan,  qui  s'amuse  de  sa 
colère.  Ils  s'accordent  enfin  à  aller  prendre  leur  logis 
eaaemble,  pour  se  séparer  le  lendemain.  —  Ils  rencontrent 
Bohort  et  ses  trois  compagnons  :  Bliobcris  prie  vainement 
Tristan  de  se  nommer.  Prétextant  une  atfaire  pressante,  Tris- 
tan refuse  également  de  se  loger  avec  eux.  Plus  loin,  il  trouve 
dix"  et  se  fait  indiquer  par  l'un  d'eux  un  beau  château 
où  I  et  lui  pourront  être  hébergés.  Seulement,  il  y  a 
une  coutume  désagréable  au  sujet  de  laquelle  le  berger  ne  sait 
rien  de  précis. 

110.  Devant  la  porte  du  château,  Tristan  et  Dinadan  aper- 
çoivent un  bloc  de  marbre  et,  tout  auprès,  un  grand  et  bel 
arbre,  oii  sont  suspendus  deux  écus  blancs  avec  une  bande 
noire  en  travers  et  auquel  sont  appuyés  dix  glaives.  Un  valet 
ouvre  le  guichet  et  leur  dit  que.  s'ils  veulent  être  hél>ergés,  ils 
doiveni  jouter  avec  deux  chevaliers  et  les  désArçonner.  Oc  plus, 
si  des  chevîdiers  viennent  demander  rhospitalilé  du  château, 
ils  devront  combattre  avec  eux  pour  avoir  le  droit  de  rester 
dans  U  place.  Dinadan  s'excuse  longtemps  sur  sa  lassitude; 
mais  Tristan  dit  au  vaht  qu'ils  sont  prêts  à  tenter  le  combat. 
Dinadan  se  plaint  de  Tristan,  qui  le  force  encore  à  se  I>attre,  et 
dilqo''il  en  a  assez  de  sa  compagnie.  Cependant  deux  cheva- 
liers sortent  du  château;  Dinadan,  très  en  colère,  après  avoir 
envoyé  Tristan  et  les  autres  au  diable,  galope  vers  son  adver- 
saire et  l'abat;  Tristan  en  fait  autant  du  sien  et  complimente 
Dinadan,  «jui  exprime  le  vif  désir  de  pouvoir  quelque  jour  le 
gaher  ^  son  tour.  Us  sont  bien  accueillis  au  château  ;  leurs 
biMes  leur  disent  qu'ils  maintiennent  la  coutume  pour  l'amour 
delcur[>ère,qui  l'avait  établie.  Dinadan  s'en  déclarant  fort  peu 
satisfait,   Tun  des  chevaliers  répond  par   un  calembour  : 


Tristan  et  tHtut- 
d&n  se  loffent 

on^emble. 
ftprèft    avoir 
Abattu     laun 
hûtes. 


riot. 


—  92  — 

»  Notre  maison  n'esl  pas  une  auberge,  mais  un  ostieus,  car  il 
QSte  savent  et  menu  sps  hostes.  »  Dinadan  anirme  qu'il  s'en 
ira  le  lendemain  malin  et  ne  reviendra  plus  jamais  &  un 
pareil  hôtel  :  ses  hôtes  se  Tâchent  el  lui  fontsavoirquM  pour* 
Joutes  a  ecpftlù-  ''^^^  ^^^^  ^'^  obligé  de  s'en  aller  avant  le  lendemain.  En  effet, 
medeetGttho-  il  arrive  deux  chevaliers  :  Palamède  et  Gaheriet.  Dinadan, 
rompu  de  fatigue  et  de  très  mauvaise  humeur,  refuse  de  jou- 
ter :  il  ne  veut  pas,  dit-il,  assez  de  bien  à  ce  dtîtcslahle  hôtel 
pour  payer  d'un  seul  coup  de  lance  l'avantage  d'y  rester;  il 
parle  de  s'en  aller  tout  désarmé.  Tristan  lui  reprtîsento  qu'il 
passerait  ainsi  pour  chevalier  recréant  et  le  décide  à  se  faire 
armer.  Ils  sortent  :  a  Le(|uel  voulez-vous?  »  dit  Tristan.  — 
a  Ni  l'un  ni  l'autre,  répond  Dinadan  ;  prenez  les  deux,  vous.  » 
—  li  soutient  qu'il  a  le  droit  de  se  dispenser  de  la  bataille, 
s'il  abandonne  rhtUe!  ;  mais  Tristan  s'adresse  aux  nouveaux 
venus  et  les  invite  h  commencer  sans  que  Dinadan  ose  le 
contredire.  Palaiuède  permet  à  Gaheriei  de  jouter  avec  Tristan 
et  se  tourne  lui-même  vers  Dinadan  :  c'est  unjew  qi  n'est  mie 
bien  pai'tis.  Palamède  et  Tristan  ayant  abattu  leurs  adversaires, 
ce  dernier  propose  à  Dinadan  de  recommencer  la  bataille  ; 
Dinadan  ne  fera  que  le  premier  coup,  et  Tristan  se  charge  des 
deux  chevaliers.  Dinadan  pense  qu'il  aura  là  une  occasion  de 
se  venger  de  Tristan,  qui  ne  saurait  assurément  sortir  avec 
honneur  de  cotte  lutte  :  il  accepte  et  assène  un  grand  coup 
d'épée  sur  lo  heaume  de  Gaheiiet.  Tristan  lui  crie  alors  de 
cesser,  qu'il  viendra  tout  seul  à  bout  du  reste  de  la  besogne. 
Palamède  le  juge  bien  orgueilleux  d'assumer  ainsi  le  combat 
contre  deux  chevaliers  qu'il  ne  connaît  point,  mais  Tristan 
assure  qu'il  le  ti-ouvera  voir  disant  et  refuse  do  rappeler 
Dinadan  à  son  aide.  Gaheriet  objecte  qu'ils  ne  peuvent  Tas- 
saillir  comme  cela,  deux  contre  un.  a  Que  celui  qui  voudra 
s'av.vace  donc  le  premier,  ndit  Tristan.  Palamède  se  présente  ; 
la  bataille  est  rude,  mais  Tristan  gagne  du  terrain  sur  son 
adversaire,  qui  en  est  tout  émerveillé,  pareille  chose  ne  lui 
étant  pas  encore  arrivée  on  Logres,  Gaheriet  demande  inutile- 
ment h  Dinadan  le  nom  de  sou  compagnon.  La  nuit  étant 
survenue  sans  que  les  deux  champions  cessent  de  lutter, 
Gaheriet  les  sépare.  On  demande  aux  habitants  du  château 
quels  sont  les  deux  chevaliers  qui  doivent  s'éloigner;  mais 
Dinadan  leur  défend  de  le  comprendre  dans  le  jugement  qu'ils 
vont  porter  :  il  ne  veut  à  aucun  prix  rester  dans  ce  mauJit 
hôtel.  Tristan  ne  veut  pae  quitter  Dinadan,  qui  n'est  pas  trop 


I 


—  93  — 

encnaDle  de  celle  résolution,  ei  prie  ses  hôics  de  leur  donner 
UD  valet  qui  puisse  leur  indiquer  un  autre  hôtel.  Palamède 
voudrait  décider  les  gens  du  chAteau  à  les  héberger  tous  les 
quatre;  mais  Tristan  pefusc  décidément  de  se  séparer  de 
Din^an.  Palamède  s'adresse  alors  à  ce  dernier,  qui  persiste 
dans  son  intention.  Us  partent,  sacs  que  Tristan  ait  voulu 
dire  son  nom  à  Palamèdc,  cl  sont  hébergés  par  un  des  cheva- 
liers d'Arthur  dans  une  petite  Tille  voisine,  située  sur  une 
rivière. 

111.  Bohort  et  ses  trois  compagnons,  restés  seuls  après  te 
départ  de  Tristan  et  de  Dinadan,  sont  très  vexés  de  ce  que 
Tristan  n'a  pas  voulu  se  faire  connaître.  Drianl  propose  de  le 
poursuivre  pour  le  forcera  dire  son  nom  :  Hector  et  Bliobc- 
rii  y  sont  disposés,  mais  Bohort  leur  représente  ta  honte  qu'il 
j  aurait  à  attaquer  un  seul  chevalier.  Ils  restent  donc  à 
allendre  Lanceiot,  qui  n'arrive  qu'au  moment  où,  dé.sesiKiraut 
de  sa  venue,  ils  son^'eaient  à  partir.  Lanceiot  a  déjà  eu  des 
nouvelles  de  la  tiataillc  contre  les  chevaliers  de  Morgain  par 
une  demoiselle  qui  avait  assisté  au;s  exploits  de  Tristan 
((*20bd).  On  vacliez  Calogrinanl, àqui,  du  jours  auparavant, 
Lanceiot  avait  promis  de  venir  et  dont  la  maison  est  un 
cadeau  du  roi  Arthur. 


Tristan  el  Dina- 
dan quiUeat 
l'hôlel. 


Bohort,  Bliolw- 
ris,  Hector  et 
briant  iroa- 
vent  Lanceiot. 


^ 
^ 


112.  Uincelol,  persuadé  que  le  merveilleux  chevalier 
inconnu  est  Tristan,  reste  six  jours  au  chAteau  de  Galogri- 
nant  pour  y  faire  faire  vingt-deux  écus  de  la  même  forme  que 
celui  de  Tristan,  et  garnis  des  mômes  enscigTies.  La  forme  est 
celle  des  écus  de  CoruouaiUe  :  le  fond  en  est  vermeil  avec  deux 
couronnes  d'or.  Puisque  Tristan  a  daigné  porter  ces  armes 
méprisées,  I.ancâlot  veut  qu'elles  soient  portées  également, 
pendant  deux  ou  trois  mois,  par  lui-même  et  par  les  autres 
che^'alicrs  de  la  lignée  du  roi  I^n,  si  redoutée  de  Marc.  Le 
but  est  défaire  compagnie  à  Tristan,  car  celui  qui  a  rendu  à 
Lanceiot  un  si  grand  service  ne  doit  pas  être  seul  à  porter  des 
armes  si  compromettantes.  Arthur  lui-même  et  tous  les  com- 
pagnons de  la  Table  Ronde  s'engagent,  par  admiration  pour 
Tristan,  à  porter  des  écus  semblables  pendant  tout  un  demi 
an.  Désormais  on  ne  {jabe  plus  tant  les  chevalière  de  Gor- 
noaaille;  Tun  deux,  revenu  do  Logres,  raconte  tout  cela  au 
roi  Marc. 


Los  vingt-rfeux 
écus  pareils  À 
celui  da  Trls- 

lan. 


linor. 


—  94  — 

1 13.  Tristan  refuse  de  dire  son  nom  à  son  hôie  Pelin^ 
qui  8*esi  déjà  vainement  adressé  à  l'un  des  écuyers  pour  le 
savoir.  Polinor  reconnaît  cependant,  à  la  Forme  de  Técu,  quo 
Tristan  est  de  Cornouaille,  et  lui  adresse  à  ce  sujet  de  durs 
reproches  (P*  2 1 0  c).  Tristan,  ayant  prié  Dinadan  de  ne  rien  dire, 
le  quitte  le  lendemain  ;  car  Dinadan  se  sent  trop  fatigué  pour 
partir  et  n'accepte  point  l'offre  de  Tristan  de  rester  jusqu'à  ce 
qu'il  soit  r(5tal)Ii  ;  même,  il  prie  Dieu  de  le  garder  de  la  com- 
pagnie de  Tristan.  Celui-ci  part,  on  refusant  encore  de  dire 
son  nom  à  Pelinor,  qui  le  poursuit,  le  somme  encore  une  fois 

Triataa abai Pe-  de  se  nommer  et  Tattaque.  Pelinor  est  renversé  et  blessé;  on 
le  transporte  chez  lui. 

114.  Tristan  rencontre  un  valet  envoyé  par  le  roi  Arthur 
pour  annoncer  le  grand  toiu-noi  qui  doit  avoir  lieu,  dix  jours 
plus  tard,  devant  le  cha^tei  aux  PuceUes,  à  douze  lieues  de 
Londres  *.  Le  roi  Caradoc  Bref  Bras  y  combattra  contre  le  roi 
de  Norgales,  assisté  du  roi  des  Cent  Chevaliers,  du  roi 
d'Ecosse  et  du  roi  de  la  Marche.  Il  Fait  appel  à  tous  les  cheva- 
liei-3  errants,  notamment  à  ceux  de  la  lignée  de  Ban,  pour 
qu'ils  viennent  se  ranger  de  son  côté  {î°  212), 

115.  Tristan  trouve  Keu  et  Sagremor,  qui  se  reposent  près 
d'une  Fontaine.  Sagremor  remarque  l'écu  de  Tristan  :  ils  le 
prennent  pour  un  chevalier  de  Cornouaîlle.  Kcu  s  amuse  à  lui 
Faire  peur  et  le  défie  :  Tristan  refuse  d'abord  de  combattre  ; 
m.ns  comme  le  sénéchal  persiste,  il  accepte  enfin.  Alors  c'est  le 
tour  de  Keu  de  reFuser  :  il  ne  veut  pas  jouter  avec  un  chevalier 
de  Comouaille  ni  même  se  défendre  contre  lui,  s'il  est  attaqué. 
Tristan,  qi  n'entendi  mie  ôien  ceste  parole,  s'élance  contre 
lui,  le  renver-se  et  s'éloigne  ;  Sagremor,  qui  le  poursuit  pour 
venger  Keu^  est  désarçonné  à  son  tour.  Une  demoiselle  sur- 
vient et  demande  à  Tristan,  qui  lui  cache  son  nom,  la  léte  de 
Sagremor;  ce  chevalier,  dit-elle,  a  tué  son  frère  il  y  a  trois 
jours.  Comme  Tristan  refuse,  elle  le  défie  de  la  suivre  -,  Tristan 
chevauche  après  elle,  sans  que  Gouvernai  parvienne  à  l'en 
détourner.  Cette  demoiselle  a  été  envoyée,  avec  neuf  autres, 

i,  Petinièr7bO,Potyner^3b. 

S.  Ainsi  335  ot  TôU;  rien  dans  103.  —  Le  Logres  des  autres  est 
une  f&utfï,  tous  les  mss.  duuuanl  Londres  aill^un:  (ainsi  §  117,  oî)  le 
chevalier  rposeipne  la  demoiselle  d'Iseut,  et  §  118,  où  Tristan  causo 
avec  celle  demoiselle). 


^-  95  — 

par  MovjfiuD,  pour  ailii^r  Lascelot  dans  une  Douvellc  embus-  Nouvelleembua 
cade.    Treul€H^u.Ttpe  chevaliers   sont  postés  dans  une   tour  ;     ^^  '^^  ^^^ 
croyant  TrisUn  en  Cortiouaiile,  Morgain  suppose  toujours  que 
le  vainqueur  des  trente  est  Lancelol. 


W 


1 16.  Tristan  et  la  demoiâelle  rencontrent  Gauvain  ;  il  n'in- 
vite pas  Tristan  ajouter,  pai'ce  qu'il  est  encore  Caligué  d'une 
bataille  livrée  à  un  chevalier  de  Norgales.  Gauvain  arrive  de 
chez  Morgain,  qui  lui  a  raconté  la  défaite  des  trente  cheva- 
liers; il  lui  a  dît  que  jamais  Lancelot  n'a  porté  un  écu  pareil 
à  celui  du  vainqueur.  Morgain  lui  a  également  parlé  de  l'em- 
buscsfJe  qu'elle  prépare  à  son  ennemi  inconnu.  —  Tristan  ne 
veut  pas  dire  son  nom  à  Gauvain  ;  mais,  en  dépit  dos  objcc- 
lions  de  la  demoiselle,  il  lui  permet  de  marcher  de  compagnie 
avec  eui.  Gauvain  force  la  demoiselle»  en  la  meuat^ant  de  la 
mort,  d'avouer  son  secret  ;  néanmoins,  Tristan  veut  allei-  k  la 
tour.  Mais  la  demoiselle,  qui  a  appris  des  écuyers  que  le  nou- 
veau venu  est  Ganvain,  les  précède  et  avertit  les  ti-entc-qualre  I-os  ir-T.,  -n;! 
chevaliers.  Ceux-ci,  se  rappelant  la  dernière  baUùlle,  perdent  oïi  j„xurl  '^^^ 
coura^  et  laissent  passer  Tristan  et  Gauvain,  qui  se  logent 
ensemble.  Gauvain  admire  la  beauté  de  son  compagnon  ;  il 
trouve  seulement  que  ses  cheveux  sont  coupés  de  trop  près  : 
on  se  rappelle  <iue  les  bergers  avaient  tondu  Tristan.  Gauvain 
est  tout  petit  h  côté  de  Tristan;  auprès  de  lui,  il  sambloit 
axissi  cofntne  neanL  —  Cependant,  Keu  et  Sagremor  arrivent 
au  mé<ne  b6tei. 


k 


117.  Deux  mois  après  le  départ  de  Tristan,  Iseut  envoie  une  udomoisella 
demoiselle  '  en  Lo^es.  pour  demander  secrètement  des  nouvelles  d'iseuu 
de  90D  amant,  le  saluer  de  sa  part  et  lui  dire  qu'Iseut  a  peur 
qu'il  ne  l'ait  oubliée,  depuis  qu'il  est  en  Logrcs.  Cette  demoi- 
soUe  est  accom]Upnée  de  son  frère,  tf*eUe  avoit  norri  dès  s^en^ 
fanée.  Elle  rencontre  un  chevalier  qui  lui  fournit  quelques 
renseignements  ;  il  a  entendu  parler  du  chevalier  qui  porte 
l'écu  vermeil  aus  deux  couronnes  d'or  ;  il  suppose  qu'il  vien- 
dra au  prochain  tournoi  et  i-ecommande  à  ta  demoiselle  d'y 
aller  (P*  :?I6).  Une  dame  vewve,  chez  qui  elle  est  hébergée  plus 
lard,  lui  dit  que  le  chevalier  à  Técu  vermeil  a  tué  son  fils  ; 
elle  raconte  la  défaite  des  trente,  qu'elle  a  apprise  d'un  cheva* 
lier  venu  il  y  a  quatre  jours.  —  La  demoiselle  continue  son 


I.  C'est,  dans  Tressaa  (p.  1U3),  la  nièce  de  Brangain. 


lamède- 


—  96  — 

chemin  et  aperçoit  ua  chevalier  dormant  près  d'une  fontaine; 
auprès  de  lui  sont  deux  écuyers  et  une  demoiselle,  qui  prie 
la  nouvelle  arrivée  do  ne  pas  réveiller  le  meilleur  chevalier  du 
monde.  La  messagère  d'Iseut  le  regarde  et  ne  reconnaît  ni 
Tristan,  ni  Lancelot,  qu'elle  a  vu  à  plusieurs  reprises  :  le  dor- 
meur ne  lui  est  pas  non  plus  inconnu,  mais  elle  ne  sait  plus 
où  elle  l'a  vu.  Les  chevaux  hennissent,  et  le  chevalier  sa 
réveille  :  la  demoiselle  lui  demande  Vil  a  jamais  été  en  Gor- 
nouaille.  A  ces  mots,  le  chevalier  c.han;<e  de  couleur  :  il  songe, 
à  celle  qu'il  ne  peut  oublier  cl  pour  l'amour  de  la([Uollo  il'1 
finira  par  mourir,  comme  Kahedin,  dont  il  connaît  et  déplore 
le  triste  sort.  Il  se  souvient  d'avoir  vu  la  demoiselle  à  la  cour 
Elle  trouve  pa-  de  Marc,  lui  dit  tout  bas  qu'il  est  Palamède  et  lui  demande 
des  nouvelles  de  Cornouaille.  Elle  lui  fait  part  de  la  guérison 
et  du  départ  de  Tristan,  que  quelques-uns,  dit-elle,  croient  en 
Léonois.  Palamèdo  est  enchanté  de  pouvoir  désormais  aller 
avec  sécurité  en  Cornouaille.  Il  se  met  à  la  disposition  de  la 
demoiselle,  qui  toutefois  refuse  de  lui  dire  pourquoi  elle  est 
venue  en  Logres  ;  car  elle  ne  Lleut  pas  h  ce  que  Palamède 
reconnaisse  Tristan.  Elle  n'accepte  pas  non  plus  son  ofTi-e  delà 
faire  héberger  richemeiii,  et,  l'ayant  quitté,  elle  trouve  un 
vieux  chevalier  qui  a  vu  abattre  Keu  et  Sagreraor,  il  y  a  quatre 
jours  environ,  par  le  chevalier  qu'elle  cherche. 

118.  Gauvain  s'entretient  à  l'hûtel  avec  Keu  et  Sagremor, 
qui  ne  tardent  pas  à  reconnaître  dans  son  compagnon  leur 
vainqueur.  Keu  voudrait  lui  demander  son  nom  ;  mais  Gau- 
vain le  lui  défend  ;  car  il  sait  que  Tristan  ne  lor  voudrait 
mie  dire  volontiers,  Tristan  parle  du  tournoi  prochain.  Le 
lendemain,  il  cherche  à  se  séparer  de  ses  compagnons  de  route  ; 
mais  il  ne  trouve  aucun  prétexte.  Ils  entrent  dans  une  belle 
forêt  pleine  de  merveilles  et  par  conséquent  fort  affectionnée 
par  les  chevaliers  errants.  Ils  y  rencontrent  une  demoiselle 
poursuivie  par  Brehus  sans  Pitié,  qui  vient  de  tuer  son  che- 
valier. A  la  prière  de  Gauvain,  Tristan,  Sagremor  et  Keu  se 
cachent.  Gauvain  joute  avec  Brehus  et  est  abattu  par  lui  :  ce 
n'est  pas  la  première  fois{P'  219);  on  est  d'accord  pour  trou- 
ver Gauvaiu  supérieur  à  Brehus  à  l'escrime ,  mais  infé- 
rieur pour  la  joute.  Brehus  veut  tuer  son  adversaire;  mais 
TrisLau  accourt  au  secours  de  Gauvain.  Brehus,  averti  pai* 
MorgaLO,sonamante,  chez  laquelle  il  avait  été  la  veille,  s'enfuit, 
en  recoanai&saat  l'écu  de  Tristan,  qui  le  poursuit  longtemps 


UlD, 


—  97  — 

Nius  névisâir  à  ralleludrc.  Deux  chevaliers  que  Tn»lan  ren- 
contre lui  disent  que  Brehus  est  déjîi  h  deux  lieues  de  lui; 
fiiU;;u6,  il  s'arrClc  ù  uue  fonlaine  ni  scodort.  La  demoiselle 
d'Iseut  arrive  en  compagnie  de  soiiécuyer,  qui  reconnaît  lèche- 
ol  Pnssel>reuil.  Klle  voit  Tristan  un  peu  amaigri  el  lu  figure  Elle  troinv Tri»- 
noîi^c  par  Taririure  qu'il  porte  ;  elle  déplore  la  vie  triste  ol 
pénible  qu'il  mène  eu  Logrcs  et  pleure  de  compassion.  Tris- 
Utn  «e  réveille,  s'entretient  avec  la  demoiselle  et  la  prie  de  ne 
retourner  en  Gornouaille  qu'aprèsic  tournoi,  pour  (ludle  puisse 
voir  la  supériorité  des  chevaliers  de  I^f^res  sur  ceux  de  Cor- 
nouailleir»  230]. 

111».  Gouvernai  rejoint  Tristiin  et  raconte  que  Gauvain, 
îremor  cl  Keu  sont  partis  pour  chercher  Brehua  ou  TrLv 
ccluî-ci  souhaite  qu'ils  ne  le  retrouvent  pas.  Ud  vieux 
"chevalier,  que  Trist^in  prie  de  lui  indiquer  un  gîte,  lamènc 
avec  sa  compagnie  Jans  un  joli  petit  chàte^iu,  iloul  il  est  le 
aeigoeur.  11  raconte  à  Tristan  que  la  lignée  de  Ban  portera  au 
ïurnoi  des  (îcus  de  Cornouaillc  :  Tristan  n'en  voit  jkis  la 
luso:  il  pense  que  c'est  pour  narguer  les  chevaliers  de  ce 
pays.  —  Quand  ou  va  souper,  PersUU'^  U  bloi^  le  tils  de  Tristan  c<\  f^r- 
leur  hôte,  arri%'c  soudain  :  son  père  ne  l'a  pas  vu  depuis  doux 
ani?.  Tristan  refuse,  comme  d'hahitude,  de  dire  son  nom,  mais) 
atoue  qu'il  est  de  Cornouaillc  ;  c^ir  «  les  chevaliers  no  doivent 
pAS  mentir  o,  lise  rappelle  avoir  joul<i  avec  Persides  dans  son 
pays.  Celui-ci  raconte  en  effet  comment,  après  avoir  désar- 
i^onué  une  diz^ùne  de  chevaliers  de  Marc,  dans  une  fOle,  A 
Tiutagel,  il  avait  été  aliattu  par  Tristan.  Blesse^,  il  était  allé 
vers  la  mer  pcmr  retourner  en  Logres  ;  Tristan  l'avait  |>our- 
ivi,  assailli  et  vaincu,  et  lui  avait  pris  sa  dame  pour  Ja 
lonner  à  Dinas.  Celui-ci  hait  donc  Tristan  et  compte  hien  se 
venger  de  lui  :  «  J'espère,  dit-il,  le  vaincre  si  je  lo  trouve*.  » 

ISO.  Persides  pi-opose  &  Tristan  d  aller  ensemble  au  tour-  ils  vodi  eosen- 
Doi  ;  Tristan  y  consent.  Ils  partent  le  lendemain  malin  ;  Per-    l»l««>iu>unioi. 
aides  promet  à  son  pèi*e  aUligé  do  revenir,  auaailût  le  tournoi 

1.  Cf>l  ^piîUHle  n'çn  pus  mentiomit^  dans  co  qui  prt^cMr  .  il  est 
inlritalé  ici  lU'  la  miLnièrtf  habitueUe  aux  rétlacteurs  du  ruman  CD 
]i  :-"ux  df  meUrc  Tristan  en  rîij)pun  avoc  d'autres  chevaliers. 

■  1  Kiluinoiii  inconnus  aux  vcrsioiia  primitives  et  do  ni  les  avnn- 

ti,,         .,    jt  sans  doute  roumie.s  par  qucUjue  rciman  bioi.'  >  En 

<-■        '    !    UD  prend  ïtrfltuairt.nn'ûl  suiu  de  diri' «juc  Tri'i -,  jn'Ut* 

i  t  qu'on  ajoulc  à  ^o  histoire. 

„-ij:iM.  —  TriiUiH.  1 


sido^ 


A 


—  98  — 

uni,  Tristan  onvotc  Gouvernai  à  la  ville  pour  lui  procurer  un 
écu  noir  sans  eyiseignes,  celui  qu'il  porte  étant  trop  connu,  et 
lui  dit  de  le  rejoindre  au  château  de  Ganan  ',  mais  avant 
([ue  Tnstau  et  Persidcs  y  soient  arrivés,  Gouvernai,  muni  de 
reçu,  les  a  déjà  alleinls  {(^  222). 


1- 


hoS" 


lMiam£<<lo. 


1-21 .  Ils  entrent  dans  le  chMeau,  et  vont  tôt  droit  a  un 
tel   qi  estoil  apparillié  por  Persides    recevoir-.   Quand  ils 
sont  descendus   de  cheval  et  désarmés,   ils  se   placent  aux 
fenêtres  et  regardent  les  nombreux  chevaliers  qui  passent  dans 
les  rues.  A7  la  ou  il  estoient  ax  fenestres,  a  tant  ez  vous  par 
la  rue  passer  PalamMes.  Le  peuple  le  salue  de  cris  d'allé- 
gresse, qui  rendent  Palarnède  tout  confus,  Pcraides,  tout  en 
louant  les  brillantes  qualités  du  célèbre  chevalier,  avoue  qu'il 
ne  lui  veut  guère  de  bien  et  explique  h  Tristan  la  cause  <lc 
cette  auimosité.  Jadis  il  s'était  permis  de  critiquer  une  dame 
à  qui  Palamède  s'intéressait;  celui-ci,  mécontent,  avait  exigé 
un  combat  qu'on  avait  cci»cndant  réussi  k  empêcher.  Loi*squc 
Palamédc  a  traversé  le  chAtcau,  où  il  n'a  pas  voulu  se  loger, 
nn  valet  apparaît  pour  annoncer  qu'il  y  a  do  belles  joutes  au 
dchoi*s  :  les  cbevaliers  étrangers  s'essayent  contre  Palaraède, 
qui  en  a  déjà  abattu  plus  de  quatorze.  Persides  et  Tristan, 
qui  brûle  de  se  battre  avec  son  rival,   sortent  armés;  Per- 
sides est  bien  connu  dans  la  ville  ;  mais  Tristan,  à  cause  do 
son  ôcu  d'un  seul  taint,  est  pris  pour  un  chevalier  nouveau. 
Ils  arrivent  à  la  plaine  où   les  chevaliers   tournoyant  cfui 
n'ont  pu  trouver  place  dans  le  château  se  sont  installés  sous 
des  lentes;  et  a  Vandi^main  sanz  faille  devoi[en]i  estre  les 
vesprcs  del   tomoiement.  Les  chevaliers  s'amusent  à  jouter 
entre  eux  et  s'attaquent  de  préférence  à  Palamède.  Celui-ci 
reconnaît  Persides  et  envoie  un  écuyer  le  délier.  Persides  est 
letTris-  renversé;  Palamède  s'élance  vers  Tristan,  qui  n'est  pas  encore 
^AutuWe*  9"^isammenl  préparé  à  la  joute,  et  Tabat.  Le  peuple  pousse 
des   cris  de  mépris  à  l'adresse   du  désarçonné,  ot  Tiùsian, 
furieux,   prie  un  valet  d'aller  dire  à  Palamède  qu'il  a  mal 
fait  de  le  surprendre  ainsi  et  qu'il  lui  doit  encore  une  joute; 
mais  Palaraède  refuse  :  le  vaincu,  dit-il,  pourra  le  retrouver 
le  lendemain  au  soir,  devant  le  château  aux  Pucelles. 

1.  Aingi  750.  —  335  :  tianam.  —  Loâ  autres  :  Tanan  ;  manque 
dans  i  03. 

2.  tes  mois  por  P.  rec.  sonldooncs,  fautivement,  deux  fuis  dans  750, 
la  première  fois  après  :  ils  catreal  d&oe  le  [chaHcl,  ce  iluniier  mol  a 
rfté  oublié  par  le  scribo). 


—  99  — 

122.  Survient  DinatMn,  qni  reconnaît  Tristan  û  son  cheval 
et  à  sa  grande  laiJle.  Il  est  venu  au  tournoi  uniquement  pour 
V  .ir  !(is  hauts  faits  de  Tristan  ;  il  h  vu  tous  leà  détails  du  j>eiit 
.1:1  i<io(Ui|ui  vient  de  lui  arriver,  et  il  en  pnjliU;  pour  \Q(jaht^r. 

Un  clievaljor  de  Tort  liouac  uiine  sort  du  châtcîiu.  Briunt  *, 
un  chevalier  de  Normales  qui  est  avec  Palaniôde.  reconnaît 
daas  Je  nouvel  arrivé  c«lui  qui  lui  a  fait  derni'>remcnt  un  grand 
déshonneur  et  le  fait  défier  par  son  écuyer.  L'inconnu  u*cst 
aulic  que  Lancelot.  qui  porte  toujours  Vécu  de  Cornouaille  :  il 
alai  IJriant,  puis  nn  pareul  de  ce  dernier,  qui  veut  le  venger.  Unc«ioi  ait  a: 
Le  frère  du  roi  de  Xorgales,  qui  converse  en  ce  moment  avec  u[i^y„**'  **"' 
l*alanïé<.le,  Je  prie  de  jouter  avec  le  vainqueur  de  Hrianl; 
Palamédo  n'y  consent  qu'il  contrecœur  et  lut  envoie  son 
écuyer.  Lancelot,  appreuaut  qu'il  a  Palamîîde  devant  lui.  est 
charmé  d'avoir  cnliu  trouvé  celui  qu'il  chert^lic,  dit-il,  depuis 
si  longtemps.  Palamède  est  désarçonné,  au  grand  (itonuemcni 
des  assistants.  —  Dinadan  taquine  toujours  Tristan,  qui  jure, 
fwr  la  foi  qu'il  doit  à  [seiit,  de  se  dislin;,'uer  au  tournoi  ;  Dina- 
dan. à  son  tour,  se  fait  fort  d'obliger  Tri&l;tn  à  lui  céder  Pas- 
schreuil.  Persides  rejoint  Tristan  et  rentre  avec  lui  au  chAleau, 
tandis  que  Diuadan  retourne  à  son  hûlel  (I*  224). 

I'^3.  Tristan  est  très  chagrin  de  son  accident;  il  prévoit 

«lue  la  demoiselle  en  entendi'a  parler  et  le  racontera  à  tscal. 

Kn  effet,  la  demoiselle,  le  voyant  ?i  triste,  se  rençeigue  aupi-ès 

de  Persides,  ijui  lui  dit  tout;  elle  ne  songe  cependant  pas  .'i 

demander  comment  Tristan  a  été  renversé  et  fait  au  contraire 

»n  éloge.  Persides  LlcJie  vainement  de  lui  faire  dire  qui  clic 

Bt.  —  Cesoir-lîï  un  chevalier  vient  voir  Persides  et  lui  raconte 

que  le  chevalier  vainqueur  de  Palamède  a  été  assailli,   près 

d'une  foutiiinc,  par  douze  chevaliers  de  Xorgales,  qu'il  en  a  "*   ^\ouk    rb»- 
,    .  .....  o        '     1  »aliors    do 

lue  quatre  et  qu  il  a  cliassé  les  autres.  Nurt^lca. 

124.  De  fait,  Lancelot  était  descendu  auprès  d'une  fontaine 
pour  se  re^wser;  il  avait  l'intention  d'aller  prendre  son  logis 
diei  un  ermite  %'oisin,  ancien  chevalier  qui  avait  taissié  le 
titcle^  après  avoir  perdu  six  onfants  dans  un  tournoi.  Après 
la  déf  louze  chevaliers,  Lancelot  se  rend  à  Permilage, 

Cl  y  •  _^  Mit  le  soir  par  Hector  des  Mares,  a  qui  il  avait 
dit  qu'il  pourrait  le  trouver  là-  Hector  est  triste  :  il  vient 
d'être  désarçonné  par  un  chevalier  qn'il  ne  connait  pas.  Lan- 


I.  Vnr   Brirani 


—  100  — 

cclot  se  fait  décrire  l'écu  et  rcconnail  P<alamè(le  :  Hector  ne 
veut  |)as  le  croire  ;  mais  I*ancelot  est  sûr  de  ne  pas  se  trom- 
per cl  raconte  sa  victoire  sur  Palamùde.  Ensuite  les  deux  che- 
valiei*s  parlent  du  tournoi  ;  ils  se  rangeront  du  C45lé  de  Caradoc 
Bref  Bras,  h  la  fois  chevalier  errant  et  roi.  Ils  resteront  inac- 
til's  toute  la  journée  du  lendemain,  pour  attendre  plusieurs 
autres  chevaliers,  qui  doivent  venir  etitour  heure  de  none.  Et 
qanl  les  vespres  al  tornoiemenl  devront  c^jmmencieTy  iU 
iront  voir  le<^  vespres  et  (var.  de)  la  commençaiUe  des  jeunes 
bacheliers,  (jui  sera  probablemeal  dure  et  aspre  (I*  225). 

Tristnn  et  Per-  125.  Le  lendemain,  Tristan  ut  Persides  vont  à  la  plaine  où 
g«rderT"pl^  ^^  tournoi  doit  avoir  lieu  et  dont  le   cbAteau   aux    Pucelles 

jodu  louiuoi.  occupe  le  centre.  Ils  y  voient  des  loges,  construite*  pour  les 
dames  qui  ont  coutume  d'assister  aux  trois  tournois  donnés 
ordinairement  chatjue  année  devant  ce  chiileau.  —  Us  na 
veulent  plus  rester  à  l'hôteU  oii  ils  seraient  fat'ilemcnt  recon- 
nus, et  choisissent  un  endroit  reculé  de  la  forêt,  une  petite 
vallée,  près  d'une  fontaine,  pour  y  faire  dresser  leur  pavillon 
et  s'y  reposer  jusiju'au  soir.  A}»'i)ii  heure  denoju\  q'il  comcn- 
çoU  a  avesprer^  il  oirtnt  un  cri  —  si  fort  qu'on  l'aurait  cru 
poussé  par  cinq  cents  hommes.  —  «  Or  sachiez,  fet  Tr.,  (/êtes 

Las  vi^pres  du  vespres  dcl  tornûiome)U  sont  commencies.  »  Un  des  ècuyers 
leur  dit  ({uc  plus  de  deux  cenLs  chevaliers  sont  déjà  venus 
devant  les  loges,  et  que  le  roi  ("^u-adoc  et  leroi  de^Norgales  ont 
ouvert  Vassatnbleo,  en  joutant  Tun  contre  l'autre.  Nos  deux 
compagnons  se  font  armer  et  partent  ensemble.  Pcrsidos  porte, 
pour  l'amour  de  Tristan,  un  écu  tout  blanc  sans  enseigner,  de 
sorte  qu'ils  ont  tous  deux  l'air  de  chevaliers  nouveaux.  Le  roi 
Arthur,  «pu  ne  prend  part  aux  tournois  que  si  très  grani  force 
le  lui  fait  faire,  est  monté  aux  loges  avec  Laocelot,  Hohorl  et 
Hector. 


tournoi. 


126.  Gaberiet,  qui  garde  un  incognito  complet,  se  signale  ; 
Gauvain  et  ses  frèi-es  sont  aux  loges  et  ne  veulent  prendre 
partaux  joutes  que  le  lendemain.  Tristan  et  Persides  prennent, 
le  premier  soir,  le  parti  d'Arthur,  parce  que  les  meilleurs  de 
ses  chevaliers  s'abstiennent  du  tournoi;  mais,  d6s  le  lende- 
main, ils  se  tourneront  contre  le  roi,  parce  qu'alore,  comme 
le  dit  Persides.  Palamèdc,  Lancelot  et  tous  Icsauli^cs  bons  che- 
valiers seront  de  son  cùt<5.  Tristan  et  Persides  sont  admis  par 
les  liéruuts,  qui  les  prennent  pour  des  chevaliers  nouveaux. 


^alo. 


:-  10!   — 

Bliobcns,  d<5îîïns/î.  se  range  du  c6l<i  des  aJver?fiirœî  d'Arthur, 
alin  de  coaihatli-e  G.iuvain.  envei-s  qui  il  a  le  coïur  gros  et  enflé. 
U s'élance,  avec  le  roi  de  Nor^jales,  versTrisUin  et  Persides,  Ce 
dernier  est  abattu  par  le  roi,  et  Blioheris,  avec  son  cheval,  par 
Tristan.  Le  roi  ayant  été  renversé  également»  les  chevaliers 
de  Norgales  accoumnt  à  la  rescousse  et  assaillent  Tristan,  qui 
lient  l)on;  Caradoc  et  ses  hommes  lui  viennent  en  aide  :  la 
mêlée  devient  générale  (f*  225).  Tristan  fait  remonter  Persides 
a  cheval  ;  mais  celui-ci,  rompu  de  fatigue,  quitta  le  champ  de 
lUille.  Tristan  fait  merveille  :  il  ahat  Dinadan  pour  se  ven-  Tristan  so  sl- 
iriie  son  gabois,  puis  le  roi  de  Norgales,  une  seconde  rois. 
Les  chevaliers  du  roi  s'empressent  pour  le  vcnjtçer  ;  plus  do 
quar.inte  chevaux  passent  sur  le  corps  de  Dinadan.  Bliolieris 
est  le  plus  redoutable  adversaire  :  Caradoc  l'abat  par  hasard 
d'un  coup  de  biais  et  reste  ainsi  définiliTement  vaïn(|ucur. 
Après  Iccomttat,  Tristan  retrouve  DinatLan,  qui  ne  veut  plus 
jamais  se  battre  avec  lui\  car  il  s'est  aperçu  qu'il  est  encore 
plus  dangereux  d'avQjr  (luilté  sa  compagnie  que  d'y  apparte- 
nir. Tristan  rit  de  ces  paroles  et  permet  â  Dinadan  d'aller 
se  lo^er  chez  lui,  à  condition  qu'il  ne  le  nommera  point.  Per- 
sides  les  ayant  rejoints,  ils  vont  tous  trois  vers  la  forôl. 

127.  Le  roi  Arthur  et  ses  chevaliers  se  perdent  en  conjec-  On  no  sait  pu 
t.  ^ujetdu  chevalier  ii  l'écu  noir  :  Bohori  pense  que  c'est       '*"^  '  ^* 

1  -,    mais  Uincelol  et   nolannncut   Gauvain,    qui   est 

brouillé  avec  Bliolieris,  ne  sont  pas  de  son  avis.  Comme  il  fait 
nmi,  leroi  se  retire  à  la  mais/r^ /o»irdu  chAle;iu  aux  I^ucelles* 
La  reine  est  portée  àci-oire  que  le  chevalier  noir  est  un  che- 
valier de  a  céans  o,  Blioheris  arrive  et  assure  qu'il  a*e&t  pas 
le  chevalier  en  question. 

128.  Tristan  et  ses  compagnons  arrivent  h  leur  pavillon, 
et  Persides  donne  des  détails  sur  le  tournoi  à  la  demoiselle  de 
Cornouaitle.  Au  sou|>er,  une  demoi.Helle  arrive  de  la  part  de 
Palaraôde,  qui  a  été  au  tournoi,  très  covert<rment,  pour  recon- 
naître le  terrain.  11  soupçonne  que  le  chevalier  noir  n'est 
autre  que  Tristan  et  aurait  voulu  courir  après  lui  pour  s'en 
AHUrer,  mais  la  pn'SMic**  (b*  Persides  l'en  a  détourné,  et  il  s'est 
contente  d'envoyer  la  di'moiselle  à  Tristan  pour  lui  demander 

son  nom.  Tristan  refuse  de  le  dire;  mais  il  eM  reconnu  par  la  i«a     dcmo:- 
demoiselle,  (lui  avait  été  autrefois  en  Cornouaille  comme  mes-     îl^.l'^.l'^j-^if 
ire  de  Palamède  et    v  avait  vu   Tristan   iuuuédiatement     Tristan. 


ilic.  Elle  retourne  auprès  de  PalamùJe,  qui  csi  logé 
avec  Sagieuior  et  (îaheriet  dans  un  superbe  pavillon,  leiuî» 
delcz  la  forest  K  Ce  pavillon  a  éié  donné  k  Palajuède  par  la 
reine  d'Ecosse,  en  souvenir  du  secours  qu'il  lai  avait  pr(îté 
contre  un  de  ses  ennemis,  au  moment  où  le  roi  d'Ecosse  élaii 
mourant.  Palamèdo  prie  Sii  messagère  do  ne  rien  dire  de  ce 
qu'elle  a  vu.  et  se  décide  k  prendre  le  parti  du  roi  Arthur 
pour  ne  pas  exciter  la  colère  de  la  lignée  de  Han. 

Premiôro  jour-  129.  Tristan  et  Persides  décident  qu'ils  attendront,  le  len- 
niTcbiUeaudes  demain,  quR  Palamède  ait  choisi  un  parti  pour  se  ranger  contre 
PucoUes.  lui.  Comme  la  ilemoiscUe  doit  assister  au  tournoi,  Tristan 
l'aulorise  à  raconter  à  la  reine  Gucnièvre  partie  d^  son  estfe\ 
mais  il  luîdt^fend  tic  rien  trahir  de  ce  qui  le  concerne  pei*S0Q- 
nellemenl.  Le  lendemain  matin,  elle  s'en  va  avec  Gouvernai, 
à  qui  Tristan  a  commandé  de  la  conduire  aux  logfs  et  de  res- 
ter l?i  jus(iu'à  ce  qu'il  sache  do  quel  côté  Palamède  se  rangera. 
Dans  la  plaine  règne  une  grande  animation  :  le  roi  des  Cent 
Chevaliers  est  accompagné  de  cent  cinquante  comltaltants;  du 
coté,  de  Caradoc  sont  le  roi  d'Irlande,  tons  les  compagnons  de 
la  Table  Uondo  et  maint  autre  bon  chevalier.  Le  tournoi  doit 
s'ouvrir,  suivant  le  désir  du  roi  d'Ecosse,  par  la  joule  du  roi 
des  Cent  Chevaliers  et  de  Carudoc,  secondé  au  besoin  par 
Arthur  et  les  autres.  hCA  chevaliers  de  la  ligiiée  de  lian  se 
tiennent  à  l'écart,  sous  leur  bannière,  confiée  à  Blioberis,  gi 
celui  jor  la  portu  assc^  bien.  Elle  est  d'un  Olanc  samil  a  un 
lion  vermeill  rampant  et  un  aitjU'  de  celé  [l.  tel)  nutniere  et 
de  tel  coulour. 

u     .ir-moiseiiiî      ^30.  La  reine  Gucnièvi-e  aperçoit  la  ilemoiselle,  dont  le 
(l'Iseut    au  costume  est  celui  des  Cornouaillaiscs.  et  la  fait  venir  devant 
elle.  Apprenant  (ju'ellc  est  une  des  daines  d'Iseut,  elle  lui  fait 
promettre  de  ne  pas  partir  sans  son  commandement. 

131,  Caradoc  est  abattu  par  le  roi  des  Cent  Chevaliei'Si  clic 
tournoi  se  change  d'emblée  en  mortel  a ssomOlee.  Le  roi  d'Ir- 
lande étani  intervenu,  celui  des  Cent  Chevaliers  csl  abattu  à 
son  tour,  et  le  roi  d'Ecosse  s'empresse  de  lui  prêter  secours, 

Arriviiu  do  Paia-      132.  Lu  tournoi  on  oBt  là,  quand  arrivent  Palamède,  Gabe- 
nièOu. 

I.  A  Variera  da  ta  (vur.  d'une]  far^i  331  ft  1l*&  uuLres.  Plus  loin 
(jl  137),  l(î  puvjlluu  L'âi  au  milieu  du  U  (jfrauile  plaine. 


riel  ei  Sagremor.  Ayani  ahaiiu  un  chevalier,  PalamWe  se 
loame  vers  ceujc  de  la  Marche,  qui  soûl  au  nombre  J(î  vingl- 
et-an.  Comme  il  sait  par  un  messager  que  la  dr;moisclle  de 
Gornouaille  assiste  au  lournoL  if  [lorle  ces  armes  escfi^/ptet^es, 
aiuquelles  tout  le  monde  le  reconnaît.  Il  fait  des  merveilles 
de  proues-sc;  mais  il  est  renversf^  au  milieu  de  la  foule.  Le 
parti  di*  C.irj'Joc  est  sur  le  point  d'ôtre  vaincu,  lorsque  Lance- 
loi  accourt  et  fait  changer  la  face  du  combat.  Palamcde 
remoaCe  k  cheval,  ainsi  que  Gaheriet  et  Sagremor,  qui  avaient 
également  été  abattus  (f*  230}. 

133.  Gouvernai,  ayant  vu  comment  ceus  du  îapartie  du  roi  Arrivée  de  Tri«- 
Artits  '  esioient  mort  ei  torné   a  desconfiture,   retourne  au  **°* 
pavillon  et  rapporte  oe  qu'il  a  vu.  Tristan,  à  cause  de  sa  haine 
contre  Palamède,  prend  la  résolution  de  se  tourner  contre  le 
roi  Arthur.  En  se  rendant  au  lieu  du  combat,  il  rencontre  une 

loiselle  envoyée  p<ir  Arthur  au  chevalier  noir,  pour  l'eu- 
jer  h  secourir  le  roi  Caradoo,  qui  a  droit  à  son  aide,  en  sa 
qualité  de  chevalier  etTant.  Mais  Tristan  répond  qu'il  lui  poùe 
moût  chioremrnt  de  ne  pouvoir  le  f^ire  aceste  fois. 

134.  Arrivé  au  tournoi,   Tristan   cherche  Palamèdc,  que 
Laooelot  commence  déjà  à  éclipser  en  faisant  reculer  les  che- 

Talicrs  de  Normales.  Tristan  abat  Palamède  et  sou  cheval;  il  sv  diaiinguc. 
Pereides  le  re/îst  tnmu  bien,  et  Dinadan  de  mÔmc.  Tristan 
rcn]ai\]ue  une  Innniérc  que  Pcrsidcs  lui  dit  être  celle  de  la 
lignée  do  Ban  et,  pour  l'amour  de  Lancclot,  ne  veut  d'abord 
rien  faire  contre  ses  (arents.  Mais,  apprenant  de  Persides  que 
Lancelot  n'est  p.is  la,  U  jn-end  un  glaive,  crie  aux  chevaliers 
r&ngiés  sous  la  bannière  de  se  mettre  en  garde  et  ahnt  succes- 
sivement Bohort,  Lionel*  et  quatre  autres  chevaliers  (P* 
230).  Le  roi  des  Cent  Chevaliers  le  suit,  avec  vingt  compa- 
gnons, pour  le  secourir  au  besoin.  Ayant  brisé  sa  lance, 
Tristan  dégaine  et  passe  outre  pour  ne  pas  encourir  la  haine 
de  Lancclot,  en  coutiuiiant  à  provoquer  ses  parents.  Mais 
ccux-d  le  poursuivent  et  le  serrent  de  près  :  il  ne  leur  aurait 
pas  &iiappé  sans  le  secours  du  roi  des  Cent  Chevaliers. 
S'éUnt  un  peu  reposé,  il  renverse  le  roi  d'Irlande,  que 
secondent  Gaiivain  el  d'autres:  puis  ti-ouvanl  une  tarant  com' 
poffnie  de  chevaliers  'ifii  mnuU  bien  pouoicnt  eslre  (jusques  a 

I.  .^34  .  —  T.ît     eoi'im-  cU  fUtl  roi  (avec  lacune  indiquée  tlu  nom), 
?.  ConfUhioD  et  uoii^^lun  dans  7.'>G. 


maiÊA 


quivti. 


—  Î04  — 

331).  jr/.,  il  iihal  A'jghjn  *  t.hs  Vaux,  leur  chef,  el  le  stînéchal 
Keu  *  Gl  excite,  par  ces  pi*ouesscs,  l'admiralion  générale. 
Cependant,  Lancclol  est  sorti  du  tournoi  et  se  repose  sous  deux 
arbres;  uu  chevalier,  qui  s'est  t^yaiemeul  retiré  de  hi  môlêe, 
lui  raconte  iiu*il  a  été  grièvement  blessé  par  le  chevalier  à 
Tiicu  noir.  Lanceloi  a  envie  de  voir  le  vain(|ueur  et  rclourne 
au  tournoi  :  il  regarde  faire  Tristan,  el  l'admire  tollemenl 
rju'il  ne  veut  plus  prendre  part  aux  joules  jusqu'au  lende- 
main, afin  de  ne  point  disputer  le  prix  de  la  journée  à  un  si 
excellent  chevalier. 

135.  Tristan  continue  à  se  distinguer  el  se  maintient  jus- 
qu'à hore  de  vesprcs,  sans  que  les  forces  lui  manquent-  Ses 
adversaires  se  sont  tous  retirés,  saut  ceux  de  la  lignée  de  Ban. 
Tristan  prie  alors  le  roi  des  Cent  Chevaliers  de  ne  plus  cher- 
cher à  les  faire  prisonniers  :  on  doit  respecter  des  chevaliers 
aussi  braves.   I.e  roi  y  œnsent  et  s'occupe  d'arr»Uer  le  com- 

Tri sian  »'e»-  bat;  Tristan  en  pi-ofile  pour  s'éloigner^  et  s'es^iuive  du  c>ùlé  de 
la  forêt,  aperçu  et  suivi  seulement  de  Gouvernai  et  de  Dina- 
dan.   Tl  échappe  ainsi  au  roi  Arthur  el  à  Lanceloi,  t|ui  le 

Il  rem[K»rt«  lo  cherchent.  —  Le  héraut  crie  que  le  chevalier  à  l'ècu  noir  a  le 
r"\te  *^**"'^  P*"^  *^^  '*  journée,  et  annonce  que  le  roi  des  Cent  Chevaliers 
commencera  celle  du  lendemain  en  joutant  avec  le  roi  d'Ir- 
lande. 

t3G.  Le  roi  Arthur  ranime  le  courage  do  ses  chevaliers»  en 
décl;)rant  qu'il  prendra  lui-mOmc  part  au  tournoi  du  lende- 
main. On  parle  beaucoup  du  vainqueur  inconnu;  on  se 
demande  s'il  y  a  au  monde  un  autre  chevalier  capable  d'une 
telle  prouesse  et  si  I^ncelot  lui-mâme  est  aussi  brave.  Ce  der- 
nier penserait  volontiers  ii  Tristan,  s'il  no  le  i*av;kit  en  Cor- 
no  uai  lie. 

137.  La  reine  s'entretient  dans  sa  chambre  avec  la  demoi- 
selle de  Cornouaille,  lui  fait  avouer  encore  une  fois  qu'elle  est 
de  l'entourage  d'Iseut  et  lui  demande  dos  nouvelles  de  sa 
dame  el  de  Trisl;*n.  l«i  demoiselle  répond  prudemment  qu'elle 
a  vu  Tristan  dcrniùrement  en  Cornonaille,  mais  refuse  do 
dire  pouivjuoi  elle  est  venue  en  Logres  ;  elle  consentira  cepen- 
dant à  contenter,  avant  sou  départ,  la  curiosité  de  Guenicvre 

I.  Agauus  756. 
2-  ttreu:l^&. 


^IB^^^ 


—  105  — 

et  s'ea  va,  en  proiaetunl  de  revenir  le  lendemain,  ëd  traver- 
saul  la  forôl,  elle  est  effrayée  par  un   grand  cri  ([ui  se  fait    U  demoiselle 
euiendre  non  loin  d'elle.   Son  frère  va  voir  ce  que  c'est  et     '^'  "* 

papci^uit  un  chevalier,  descendu  auprès  d'une  fontaine  :  ce  chc-    *^'' 

ilier  le  remarque,  se  fÂche  de  son  indiscrétion  el  court  sur 
lai;  mais  le  jeune  homme  s'enfuit  et  retrouve  sa  sœur,  avec 
qui  il  continue  son  chemin  jusqu'au  pavillon,  où  Tristan, 
Dinadan  et  Perfides  sont  déjà  arrivés.  A  Li  6n  du  tournoi, 

*crsides  avait  été  serré  de  très  près  par  Bohorl  el  Hector  et 

l'avait  été  délivré  que  par  le  roi  diî  la  Marche  :  rentré  au 
lOigis,  il  c4ierche  vainement  à  apprendre  de  Diuadan  qui  est 
î  lon.  —  Tristan,  qui  dort,  se  réveille  h  l'arrivée  de 

;  elle  lui  raconte  tout  ce  qui  lui  est  arrivé  V  Le 
vaift  décrit  le  chevalier  qui  l'a  attaqué  :  a  l'écu  écbiqueté  de 
blanc  et  de  noir.  Tristan  reconnaît  Palamé<ic;  et  comme  la 
fontaine  n'est  qu'à  trois  archiees  de  son  pavillon,  il  s'y  rend 
avec  \e  valet.  Il  écoute  les  plaintes  de  Pulamède,  désespéré  de  ''""fl 
la  défaite  qu'il  a  essuyée  au  tournoi  :  k  Dieu  céleste,  s'écrie-  Pai^Li..:.i. 
t-il,  (iourquoi  m'oublies-tu  ainsi,  moi  qui  t'appelle  nuit  el 
jour*  Pouruint,  je  ne  te  blâme  pas;  si  j'ai  été  deshonoré  aujour- 
d'hui, ce  n'est  pas  par  toi,  mais  par  Tristan.  »  —  11  regrette 
que  son  rival  ne  l'ait  pas  tué,  lors  de  leur  premier  combat  en 

riande;  il   se  désole  et    voudrait   mettre   6n    à  ses  jours; 

aais  il  ne  peut  retrouver  son  épé»*.  Il  ne  se  rappelle  plus 
qu'en  arrivant  il  l'a  jetée  dans  la  fontaine,  par  un  mouvement 
de  ilésespoir.  Il  découvre  Tristan,  qui  s'est  caché  derrière  un 
arbre,  mais  ne  le  reconnaît  pas  et  lui  demande  s'il  sait  où  est 
le  pavillon  do  son  ennemi.  Il  veut  y  aller  pour  mettre  Tristan  ^'s  caoseoi. 
à  mort  ou  pour  être  tué  par  lui.  La  réponse  est  que  Tristai» 
n'est  pas  dans  la  forêt  el  qu'il  faut  le  chercher  auprès  du  roi 
des  Cent  Chevaliers.  Palamède  pleure  moût  tendrement  ; 
TrisUn  le  blAme  de  se  livrer  ainsi  à  sa  douleur  el  l'en^gc  à 
rejTcndre  conra^'C  :  «  Si  tu  peux,  dit-il,  te  venger  de  Tristan, 
fai.s-le  I  Ne  crois-tu  pas  que  TrisUiu  te  tiendrait  pour  mau- 
vais, B^il  voyait  ton  chagrin?  Il  en  rirait;  il  n'en  ferait  que 
tjafter.  u  II  l'invite  à  venir  loger  chex  lui;  mais  pala- «^'f*"»*'/»^'""?'^ 
Riède  \eut  aller  chez  le  roi  des  Cent  Cheraliers  chercher  son 
rival.  Tristan,  lui  ayant  demandé  son  nom,  continue  :  «  Pala- 
mède, laisse  ton  chagrin  !  Venge-toi  de  Tristan,  maïs  franche- 

].  Ellr  lui  ncoDtc  aus^i  comment  elle  m  parU  de  Lancetot  (qui  n'a 
r  •■  ici),  T.'ïO;  —  334  dijODO  corr*»clt'meut  :  «  départi  de  tut 

la  ffiue'). 


—    Ulli   — 

nou  pas  en  traliison  !  »  Palanitiic  assure  i[u'uqc  telle 
pensée  esl  loin  de  lui  ;  le  bon  conseil  qu'il  vient  de  recevoir  le 
dispose  à  suivre  celui  qui  !e  lui  a  donné,  a  mais  il  faut, 
dil-il,  que  je  vous  quille  demain  matin  avant  le  jour.  » 
Tristiin  envoie  le  valet  dire  à  Persides  de  recevoir  leur  hôte 
comme  s'il  <!tait  son  meïllour  ami,  cl  prier  la  demoiselle  de  ne 
pas  se  laisser  voir;  car  elle  lui  a  raconté  l'entretien  qu'elle  a 
euavecPalamède.  Arrivés  au  pavillon,  Tristan,  mÔmedésarmé, 
n'est  ]>as  reconnu  par  Palamède  à  cause  des  mcurtrissur»» 
qu'il  a  reçues  au  visayc  pendant  le  tournoi  ;  il  refuse  de  dire 
son  nom  à  son  rival.  Palamède  ne  dort  pas  bien;  il  pense 
qu'après  tout  c'est  au  tournoi  qu'il  pourra  le  mieux  se  venger 
a'oS'vft'Bûna  ^^  Tristan.  Au  petit  jour,  il  se  lève,  dit  aux  valets  (|u'il  ne 
prondre  congé,  veut  pas  réveiller  leurs  maîtres,  qui  dorment  fort,  s'éloigne 
sans  prendre  congé  (f"  2:i3)  et  regagne  son  propre  i>aviIIon, 
qui  est  au  milieu  de  la  grande  plaine  '.  Ou  y  est  fort  inquiet 
de  son  absence  prolongée  :  Gaheriet  et  Sagremor  le  croient 
mort,  bien  qu'ils  l'aieni  vu  sortir  du  tournoi-,  Sagremor  l'au- 
rait suivi,  s'il  n'avait  été  retenu  par  le  roi  d'Irlande,  qui 
l'avait  reconnu  parce  qu'il  avait  ôté  son  heaume.  La  demoi- 
selle, que  Palamède  avait  jadis  envoyée  en  Cornouaille,  ajoute 
en  pleurant  qu'elle  l'a  vu,  elle  aussi,  s'éloigner  du  tournoi, 
sain  et  sauf;  seulement,  elle  a  bien  peur,  vu  le  grand  nombre 
de  vaillants  chevaliers  qui  haïssent  Palamède.  qu'il  n'ait  été 
tué  an  parWmenl  qe  il  fîsi.  C'est  pendant  qu'ils  tiennent  ce 
parlement  que  Palaniè*Ie  arrive  et  les  rassure  :  il  allègue  pour 
excuse  qu'il  a  été  retenu  par  une  aventure,  et  se  repose,  sans 
(quitter  son  armure,  en  attendant  le  commencemenldu  tournoi. 
TrisUin  est  très  fAché  du  départ  brustjue  de  F*alamède.  — 
Un  valet,  envoyé  par  Persides  à  la  cour,  rapporte  ([u'il  a 
entendu  dire  au  roi  Arthur  lui-même  qu'il  portera  les  armes 
ccjonr-lk.  Tristan  regrette  de  se  sentir  un  peu  fatigué  après  les 
grands  efForls  des  deux  journées  précédentes. 

SocoDdojuiiraée  1 38.  Le  tournoi  commence.  Palamède,  avec  ses  deux  cora- 
'e'hfl'^[t'H"u'dûs  pagnons,  se  met  du  côté  du  roi  Arthur,  qui  est  déjà  armé, 
Pucetles.  Lancclot  a  donné  pour  compagnons  au  roi  Blioberis^  Bohort  et 

Hector,  qui  ne  devront  pas  le  perdre  de  vue.  Arthur  foraio 
trois  lïataillous,  conduits   par  le  roi   d'Irlande,  Gauvain  et 


1.  07.100,  102  :  dans  lii  gramU*  pUims  rioadans  103.  —  Plus  haut, 
(I  J?8),  le  pavillon  ulait  î^iiuê  à  la  ligière  ilt*  la  fon>i. 


Anbur 

prend  pan  an i 

joutei. 


—  Ï07  — 

i.>.ira'iuc.  Un  ôcuyer  vient  annoncer  »iuc  «  le  bon  chevalier  « 
es;  arrivé  et  se  trouve  auprès  <lu  roi  <le   NorgJilcs.   Arthur 
onlonue  au  roi  d'Iriando  d'atlai]ut?r  lo  roi  des  Cent  Chovalier»  ; 
ils  s'atjaticnt  l'un  l'autre,  on  les  fait  remonter  à  cheval  et  la 
bataille  s'engage.  On  raconte  à  Arthur  les  merveilles  do  bra-  Trisian  «xciie 
vourc  quo  fait  Tristan  ;  Palaméde  essaie  tle  rassurer  le  roi.  Un  .utomlooiondo. 
chevalier  de  Normales,    blessé  par    Uoiicelot,    passe   devant 
Arthur  et  lui  apprend  que  I,an<'elot  prend  part  au  comlwit; 
un  êcnyer  rapporte  (ju'il  surpasse  le  chevalier  noir  lui-rat-me. 
—  Ijcroi  veut  se  rapprocher  de  Lancelot,quanr|  il  s'apcr(;^itt|ue 
TVistan  est  tout  près  de  lui  et  fail  reculer  ses  hommes  dUnstant 
r        -       I.  Palamèile  s' t^lance  sur  Tristan;  mais  il  est  d<?s;ir- 
<;  wihur,  qui  le  suit,  cher<"ho  vainement,  en  avanrant 

les  mains,  à  le  maintenir  en  selle:  il  est  renversé  lui-môme  par 
lo  choc  du  tîheval  de  Tristan  contre  le  sien,  remonte  avec  l'aide 
de  Blioheris,  cl  alwU  A  son  tour  Tristan.  Car  Arthur  est  un 
cfaevalt'îr  de  haute  valeur;  raalh«5ureuscmeni,  son  rang  Teni- 
pôchc  ordinairement  de  faire  admirer  sa  brillante  chevalcria 
Patamède.  remonté  à  cheval,  lente  de  s'emparer  de  Tristan  ; 
mais  le  roi  des  Cent  Chevaliers,  qui  veille  continuellement 
sur  le  chevalier  noir,  atiafjue  de  flanc  Palacnède  ot  l'abat  ; 
Tristan  lui  donne  un  coup  d'épéc  formidable,  en  criant  : 
«  Garde  r^!a  !  c'est  de  la  part  de  ton  bon  ami  Tristan.  »  Pala- 
méde ne  perd  point  courajje  et  se  défend  bravement,  jusqu'à 
ce  que  le  roi  des  Cent  Chevaliers  ramène  à  Tristan  son  che- 
val, en  lui  disant  qu'un  des  chevaliers  d^Vrthur  a  presque 
vaincu  Icurp.irli.  Tristan  comprend  que  c'est  Uincelot;  il  prie 
le  roi  des  (.ont  Chevaliers  d'attendre  un  instant  et  s'élance 
vers  Arthur,  en  lui  criant  de  se  mettre  en  jL^ardc.  Le  roi  l'at- 
l*nd  de  sang-froid  cl,  au  moment  où  i!  va  «'itre  frappé  de  la 
lance  de  Tristan,  la  coupe  en  deux  avec  son  épéc-  Alors  Tris- 
tan 96  rue  sur  lui  :  le  choc  seul  suQil  pour  faire  vider  au  roi  les 
art;^DS.  Puis  Tristan  se  retourne  vers  I*alamède,  de  nouveau  à 
levai;  comme  il  n'a  pas  le  temps  de  tirer  t>on  épée,  il  saisit 

cheval  par  la  bride,  soulève  le  cavalier  de  sa  selle,  le  porte 
il  une  longueur  de  lance  de  l'endroit  où  il  se  trouvait  et  le 
jette  à  terre  sous  les  pieds  des  chevaux. 

Sur  ces  entrefaites,  le  roi  de  \orgales,    très   vexé  de  la  Ltincolot  blnaaé. 
prouesse  et  du  succôs  de  Lancclot,  réussit  à  le  blesser  griéve- 
meni  au  cùté  gauche.  A  son  tour,  Lancclot  lui  [«rie  un  ^rand 
coup  ;  lu  roi  est  sauvé  par  sou  cheval,  qui  remporte,  et  Lance- 
lot,  suivi  de  Kcu  et  de  Dodinet,  quitte  le  combat  pour  se  faire 


Arthur  «l>nlUi 
par  Tristan. 


m^M 


quil 
noi. 


—   108  — 

soignci".  On  eolcrid  Iob  hauts  cris  du  tournoi,  0(1  TrisUn  s*esl 
signalé  au  point  «ïe  vaincre  presque  entièrement  le  parti 
d'Arthur.  Il  fait  tout  ce  qu'il  peut  pour  gagner  le  prix  de  cette 
seconde  journée  ;  il  a  abattu  onze  chevaliers  de  la  lignée  de 
Ban. 

139.  A  cet  instant  critique,  un  des  écuyers  de  Blioberis, 
ayant  vu  la  retraite  de  Lanceloi,  court  h  l'endroit  où  il  se 
repose  et  lui  fait  part  de  ce  qui  se  passe.  Lancelot  retourne  à 
la  bataille  et  rencontre  Tristan,  qui,  déjà  vainqueur,  se  retire 
Trtstftn.bless.^  ypuisé  :  Lancelot,  qui  7ie  vet  mie  regardant  oh  il  fierté 
quUicleTour-  s'adrece  a  Tr.  et  le  blesse  au  côté  di-oit.  Tristan  ne  reconnaît 
pas  son  adversaire,  qui  [>orle  son  écu  décote,  et  lui  assène  le 
coup  le  plus  terrible  que  Lancelot  eût  jamais  reçu,  à  ce  qu'il 
dit  lui-même  plus  lard  h  Arthur  *.  Il  serait  tombé,  si  Tristan 
avait  eu  le  temps  de  lu  frapper  une  seconde  fois  ;  mais  sou  che- 
val remporte.  Tristan,  craignant  que  sa  blessure  ne  soit 
mortelle,  du^olé  de  ret  arxident  qui  lui  arrive  au  moment  oit 
il  croyait  t^tre  détinitivcmcnt  vainqueur,  sort  du  tournoi, 
suivi  du  fîdMe  Gouvernai,  qui  a  eu  toutes  les  peines  du  monde 
ce  jour-là  ;\  se  tenir  aupi-és  de  son  maître. 

Tristan  attaiiué  140.  A  l'entrée  de  la  forÔt  ils  sont  rejoints  par  Dinadan, 
oiGohorio'f ^"^  Q"^  *  remarqué  le  départ  de  Tristan  et  s'iaforrae  de  ce  qui  lui 
est  arrivé  :  Tristan  dit  que  c'est  Lancelot  qui  l'a  blessé  sans  le 
connaître  ^  Il  veut  déjà  se  désarmer,  quand  arrive  Falamède, 
qui,  le  voyant  partir,  a  compris  qu'il  est  blessé  et  veut  en  pro- 
fiter pour  se  venger.  Aiora  Oinadan  prouve  qu'il  est  sensiblej 
aux  sentiments  nobles.  1!  sofTi-e  j\  attaquer  Palaméde  pourj 
l'arrôler,  jus((u'à  ce  que  Tristan  se  soit  enfui  -.  il  vaut  mieux 
qu'il  meure,  lui,  que  le  meilleur  chevalier  du  monde,  dit-il  à 
Tristan,  que  fait  sourire  celte  proposition  magnanime.  — 
Cependant,  Palaméde  ne  les  a  pas  encore  atteints,  parce  qu'il 
est  descendu  pour  voir  ai  rien  ne  manque  à  son  cheval. 
D'ailleurs,  il  attend  Gaheiiet,  qui  vient  après  lui;  car  toutes 
voies,  il  redoutait  T.  a  envaïr  par  lui  seul.  Gaherict,  furieux 
d'avoir  ùté  abattu  trois  l'ois  dans  la  journée  par  Ti'islan,  a 
quitté  le  tournoi  el  est  accouru  derrière  Palaméde  pour  se  ven- 
ger Hussi. 

L  Voy.  S  150. 

2.  Tristan  iJpvjnn-t-il  qui  t'a  frappô,  uu  bien  u-l-il  ri^UKsi  à  la  ûu  à 
vuir  l'écu  tlo  I^aiicnlut  f  Aucuu  (les  muuuscrils  (9t>  u  uoo  lacune  icij  ne 
n(>un  reuseigue  sur  •;(?  point. 


—  !09  — 

14t.  Tristan  remercie  Dinadan  et  lui  assure  qu'il  n'est  pas 
encore  assez  fatigué  pour  craindre  Palamède;  puis  il  fait  sen- 
tir les  éperons  à  son  cheval  pour  l'éprouver.  Malgré  les 
fatigues  des  trois  ^  journées,  la  noble  béte  lait  preuve  d'une 
vitesse  eul'une  force  satisfaisantes;  car  il  n'y  pas  au  monde  do 
cheval  comparable  à  Passebreuil.  —  Palamède  arrivé;  Tristan 
convient  avec  lui  que,  s'il  réussit  à  l'abattre,  son  adversaire  le 
laissera  aller.  Palami^de  et  Gaheriet  sont  successivement  renver- 
sés. Gaherict,  en  voyant  la  défaite  de  sou  compagnon,  voulait 
renoncer  à  la  joule  ;  car  il  li  souvint  adonc  del  bon  T.  de  Cor- 
nnuaille;  si  fu  {tout  meintenant  334)  si  esbahiz  qu'il  ne  jous-' 
tast  a  lui  C7i  nulle  manière  ditl  monde. 


142.  Triylan  et  Dinadan  regagnent  leur  pavillon,  (jui  est  Tristan  et  Dina- 


gardé  par  deux  écuyers.  Gouvernai,  qui  est  coutuinier  du  fait, 
panse  la  blessure  de  Tristan.  Celui-ci  a  perdu  trop  de  sang 
pour  pouvoir  retourner  au  tournoi-,  il  ne  veut  pas  non  plus 
rester  à  son  pavillon,  oii  il  risque  d'i^trc  reconnu  par  les  gens 
d'Arthur,  que  Persides,  dans  son  opinion,  ne  manquera  pas 
d'amener.  Dinadan  lui  propose  de  se  loger  dans  une  maison 
de  religion  ;  mais  Tristan  craint  d'y  retrouver  des  chevaliers 
du  tournoi. 

Ils  partent  et  rencontrent  un  vieiuc  chevalier,  dont  les  trois 
nis  sont  au  tournoi  :  it  voudrait  bien  savoli'  de  leurs  non» 
Telles.  Tristan  et  Dinadan  acceptent  son  invitation  à  loger 
dans  son  château. 


(Ion  ^otit  log>''S 
par  Daroa. 


113,  Au  tournoi,  Lancelot  n  beau  jeu  après  Je  départ  de  Le  tournoi  sntor- 
Trislan.  Les  quatre  -  rois  alliés  sont  battus.  (Lancelot  sauve  le  S""r,ft^"'^yAr- 
roi  des  Cent  Chevaliers,  qui  sans  lui  aurait  succomlté).  On  thur. 
cherche  en  vain  Tristan  :  Arthur  aiu*ail  mieux  aimé  perdre 
du  territoire  que  d'avoir  laissé  échapper  le  chevalier  noir. 


114.  Le  tournoi  s'étant  terminé  par  la  défaite  du  roi  de 
Norgales,  Persides,  qui  n'a  pas  remarqué  le  départ  de  IVistan, 
s'en  va  tout  brisé  de  fatigue.  Ne  retrouvant  pas  sou  compa- 
gnon au  pavillon  et  ne  sachant  toujours  pas  son  nom,  il  part  h 
sa  recherche,  après  avoir  dit  aux  écuyers  de  retenir  par  des 
cjiuserics  •'  la  demoiselle  do  Cornouaillcs,  si  clic  venait  â  ren- 


Pcraides  vo 
cliorcber 
Triston. 


1.  C'ofll-à-(lire  ûcus  joiiruée»  aveu  les  wspresv.a  plus  .cf.  g  ÏBT. 

2.  Cf.  §  Mi. 
S.   ParfMrola. 


—  Mû  — 

trer  avant  lui.  Cheaiin  Taisant,  des  bergers,  qui  gardeul  leui-s 
hcsUaux  dcvanl  ^\n*^  fonlaîne,  lui  disent  qu'ils  ont  vu  pa&ser, 
il  y  a  déjà  longlempa,  le  chevalier  à  Vécu  noir. 


(iemaj^u. 


145.  Palamède  se  désole  de  sou  dernier  insuccès;  Gaheriet 
pâment  A  le  consoler  un  peu.  Ils  se  quittent  :  Gaheriet  veut 
retourner  au  château  des  Puceïles,  Palamèdc  tâchera  d'al* 
teindre  Tristan. 
?alttmi!do  abat  Dans  la  forêt,  Palanièile  lenconlre  le  roi  Bademagu  de 
riimaî'M*  ^^'  ^^^'^^  etGilïlel,  le  6U  de  ûo  *.  Ce  dernier  le  prend  -  pour  un 
de  ces  mauvais  chevaliers  qui  s'cnfuieni  l;\cheineni  des  tour- 
nois, puis  qc  ce  vient  au  ferir  ;  cette  supposition  lui  paraît 
confirmée  par  le  refus  de  Palamèiic  de  jouter  avec  lui.  Bade- 
magu  cependant  a  des  doutes  ;  il  fait  remarquer  l'état  de  l'écu 
ou  paraissent  les  traces  de  nombreux  coups.  «  Bah  I  dit  Gif- 
flct,  il  aura  pris  celui  d'un  autre  ;  ji  il  demande  à  Palamôdc  si 
ce  n'est  pas  vrai.  Palamède  prétend  n'avoir  pas  entendu , 
se  fait  r6[^ici'  la  que.'^tion  et  hlàinc  Giftlet,  qui  n'e.st  pas  fati- 
gué, d'ait<iquer  un  chevalier  rompu  de  lassitude.  Néanmoins 
Gifflet  insiste  pour  le  combat  et  est  abattu.  Palamède  prend 
le  cheval  du  vaincu,  lui  ùte  le  frein  et  le  chasse  dans  la  foret, 
puis  revient  à  Badema^u,  qui  est  tout  prôt  à  jouter,  l'abat 
également  ot  chasse  son  cheval  (f  238.) 


146.  LaissiuU  les  deux  chevaliex-s  à  pied,  Palamède  conti- 
Palnmôde  pord  nue  son  chemin.  Au  soir,  son  cheval  altéré  saule  dans  une 
daiïiinerivièro.  l'iviêre  aux  lierges  hautes  et  escarjMSes.  Palamède,  absorbé  jus- 
que-là dans  ses  rêveries,  se  sauve  à  la  nage.  Le  cheval  regagne 
la  rive  opposée  et  disparait.  Palnmède,  n'ayant  perdu  aucune 
de  ses  armes,  ôte  son  armure  pour  laisser  sécher  ses  vêtements 
■JîîSmoiftfliiedp  ç^  se  livre  de  nouveau  à  ses  tristes  pensées.  Une  demoiselle  sur- 
Vient,  envoyée  par  Guenievre  au  château  ou  est  Tristan  ''.  On 
a  entendu  dii*e  que  Mordrel  y  est  soigné  depuis  douze  joure, 
après  s'être  battu  au  sujet  d'une  demoiselle  *  avec  Pcrsidcs, 
qui   ne  Ta  épargné  que  pour  l'amour  d'Arthur.   La  messa- 
gère va  aux  renseignements.  Si  Mordrct  est  au  château,  il  y 
sera  rejoint  par  Gauvain  et  ses  antres  frères.  I>a  félonie  de 


i.  Var.  Dou,  Deu. 

2.  Confuisioii  «laus  756. 

3.  Cem»  phrase  uù»i  jiaRilaas  i04. 

4.  PasrlouiïlOS. 


avcr 


—   111    — 

Mordret,  ajoute  noire  romancier,  sera  la  cause  do  sa  mort, 
comme  nous  devûen>7%s  vers  ta  fin  de  nostre  livre  K 

HT.  La  demoiselle  est  stupéfaite  de  rextraordinaire recueil-  coDversaiioQ  tio 
lemenl  de  Palamède,  Apercevant  à  ses  vtjlcmcuts  tout  niouil-  '**  demoiselle 
lés  qu'il  est  lomlic  à leau,  elle  pense  que  c'est  la  cause  de  sa 
tristesse  et  dcson  ennui.  «  Sîre  che^}alier^  Initîii-elle,  tje  pt*ns- 
sez  vous  tant  ?  Vous  pensses  plM  qe  chevalier  ne  devroit 
penser  {ce  m'est  avis  33i).  »  Palamède,  très  vexé  de  celle 
interrupUon  indiscrète,  la  prie  de  passer  son  chemin  et  de  le 
laiséer  aux  pensées  qui  lui  plaident.  La  demoiselle  se  f^che  h 
soa  lour  et  traite  Paiamédcde  malhonnête;  comme  il  lui  ren- 
voie le  compliment,  elle  insiste  :  m  Sire,  si  m'aïi  Dieus.je 
sut  plus  cjyrtoise  damoisele  et  plus  sage  qe  vous  n  estes  sage 
et  CKfTtois.  —  Damoisele,  riposte  Palamède,  de  vostre  rjjrioi" 
sie  7ie  me  sut  je  encore  pris  garde  ne  ne  m'en  sut  je  encore 
aperMiiz,  mes  de  vostre  vilenie  si  sut.  A  ceul^r  a  qi  vous 
estes  corloise  parlfz  de  vostre  coi'toisie,  non  pas  a  moi  ;  de 
*^itre  cortoisie  me  sousferroie  je  mouU  bien.  Il  n'a  en  tout  le 
monde  qe  une  sole  cortoisie  avec  qi  je  \:ousisse  partir,  tnès  se 
je  a  celé  cortoisie  me  pcilsse  fo[i]ndrc,  je  fusse  plus  qe  sel- 
ijnour  de  tôt  le  monde  •.  »  —  La  demoiselle,  avec  dépit  : 
«  Certes,  se  votts  a  ma  cortoisie  partiez^  je  -m'en  tendroie 
pis.  »  PalamMe  :  «  Certes,  et  je  nen  vaudroie  mie^ 
f/Utfl:.  »  —  Elle  lui  demande  qui  il  est  :  «  Li  plus  mescheanz  injures  de U do- 
cJtevaliers  du  mo^\de  »  répond-il.  a  Aii  !  dît  la  demoifioUc, 
c'csU  bien  cela  :  aux  mauvh  cfujralifrs  et  mu-  vilains  et  aux 
medisanz,  conu*  iaï*s  enflez  j  doivent  venir  mc^cJn'ancez  et 
mésaventures,  et  doivent  avoir  honte  et  laidure  en  qel  qe  lieu 
q'il  viengnent.  Et  certes,  s'aventures  alassent  par  droiture, 
touSt  qi  estes  si  vilain  chevaliei'  comje  conois,  nf  fussiez  pas 
eschapjiez  de  c^te  iaue  ou  vous  cheUtes  orendroit,  ainz  i 
fustez  remès  et  mon  ;  si  fust  une  bone  aventure^  car  grant 
joie  estj  se  mauves  hons  le  coi  se  brise,  u  Palamède,  qui  est  un 
des  chevaliers  les  plus  courtois  du  monde,  est  indigné;  il 
Mîkme  la  demoiselle  d'ajouter  encore  à  ses  ennuis,  déjà  si 


moisrilci. 


I-  AitLHiTrjO,  7JG,33i,  335,  97,  tOU,  102;J(I3  iHine  ii  M»im« noiu 
rfmieron  rha  detotU.  Daas9't,  09,  77f»  crtte  aanoncc  nv.  sa  Uduvp  pas, 
lu  diLU«  tlM,  qui  Dodonnr^  pas  les  mt'^iiit's  il<^Lails  sur  la  denKiif^'lIp  <]ue 
lr«  autres. 

3.  J.  f.  plus  xiro  assez  ipte  se  je  fusse  sires  de  t.  l.  m-  334 . 

3    Jis  (pour  mie\  334 


—  H2  — 

lourds  à  porter,  cl  la  supplie  de  le  laisser  pleurer  en  paix. 
Elle  no  saurait  d'ailleurs  tirer  de  lui  une  meilleure  vengeance; 
car  son  cha;;riu  le  mènera  sans  doute  u  la  mort.  lit  la  donioi- 
selle  le  quitte  en  lui  lançant  ces  mots  d'adieu  :  »  Tant  le 
^=  le  lîoel)  puissez  vowj  maintenir  qejc  voiis  prie  do  le  lais- 
sicr  :  par  Sainte  Croiz^  vous  le  7naintendroiez  dusqa  la 
mort!  » 

148.  Elle  arrive  au  château,  y  trouve  Mordi-et  et  Tristan  el 
donne   à    Mordret  des  déUiih   sur    le   tournoi.     Cependant, 
ajoutc-t-eUe  en  faisant  allusion  à  sa  rencontre  avec  Palamëdc, 
les  merveilles  du  tournoi  ne  sont  point  k  comparer  à  celles 
qu'elle  vient  de  voir  au  hoixl  d'une  rivière  voisine.  Tristan, 
Teniendant  dire  que  le  mélancolique  chevalier  porte  un  écu 
échiqueté,  dit  à  leur  hôte  que  c'est  Palamède,  un  des  quatre 
meilleiu-s  chevaliers  du  monde.  L'hiMe  s'empresse  d'amener 
un  cheval   îi    Palamède  et  lui  demande  comme  un  don  de 
Painmôdo   chci  venir  loger  chez  lui.  Palamède  y  consent  et  est  très  hien  reçu 
^^^'        au  chi\teau.  11  retrouve  en  Tristan  et  Dinadan  les  deux  cheva- 
liers avec  qui  il  a  passé  une   nuit  dans  le  pavillon  de  Per- 
aides;  mais  il  ne  reconnaît  pas  Tristan  (f"  2îO)  :  «  Sire^  lui  dit- 
il,  quant  vos  departisces  vos  de  Pcrsides?  —  Moui  matin  fct 
Tiystramt  et  bien  près  ausint  matin  comme  vox  feïstes,  car 
nons  n'alamespas  en  sacompaignie^.  Et  ceste  parole  disl  il 
j)Our  que  son  rival   ne  puisse  le  reconnaître.    Palamède  se 
plaint  du  chevalier  à  l'écu  noir,  dont  il  est  décidé  à  se  venger 
înftdftntnfpiiiio  d'une  manière  ou  d'une  autre.  Dinadan  lui  demande  ponitiuoi 
il  ne  s'est  pas  déjiV  vengé  au  tournoi,  comment  il  a  pu  lai.sscr 
échapper  ce  cbevaliei*  quand  il  le  poursuivait  :  u  Je  suppose, 
ajoute-t-il,  que  c*est  le  hardeme^ni  qui  vous  a  manqué.  J*ai 
trouvé  maintes  fois  de  ces  chevaliers  qui»   n'ayant  point  osé 
attatjuer  leurs  adversaires,  disaient  joart/crrtrfi  un[e)  si  grant 
paroleU^  qe  c'estoit  merveille  a  oïr.  »  Palamède  est  fort  en 
colère.  I^a  demoiselle  qui  l'a  injurié  près  de  la  rivièi*e  se  mÔle 
h  la  conversation  et  approuve  Dinadan,  dont  elle  admire  l'habi- 
leté A  discerner  l'argent  d'avec  le  plomb.  Elle-même  \e\iiparler 
jor  Palamède  ;  mais  Tristan  lui  défend  de  médire  du  chevalier 
devant  lui.  Très  froissée,  la  demoiselle  détourne  ses  alta<[ues 
sur  Tristan  :  «  Tout  chevalier  clxeiif  se  fait  courtois^  dit-elle. 
éSV  courtoisie  se  herbcrja  dedenz  vows,   donc   estoit  cortoisic 


l*u]aait'(le. 


La  (lomoisello 

hlamAo 
par  TristJtn 


?9.D'après  334  ;  confusion  dans  756. 
30.  Uru*  si  grant  paroUi  334  - 


—  113  — 

^  de  tos  Us  bons  teus  del  monde^  ne  ne  troixtii  mes  ftome 
qi  herhergcr  le  vousist.  »  TrisUn  la  laisse  dire  ;  niais  Dinadan, 
ijiii  vem  hi  desjogier  el  la  courroucer,  sétoune  qui-lant  si  "t  raîilAfl  par  Dt- 
vilaine,  elle  soi l  Je  l'entourage  de  Giicniôvi-e»  la  daaie  la  pliiâ 
courtoise  du  monde.  La  cour  d'Arthur,  conlinue-t-il.  est 
comme  la  douce  et  bonno  fontaine,  où  les  bouoies  el  les 
bcies,  lc$  chevaux  et  les  Anes  viennent  élancher  leur  soif.  I^ 
cheval  la  quitte  plus  beau  qu'il  n'éuit  auparavant;  mais  l'Ane 
s'en  retourne  aussi  vil  el  mauvais  qu'à  son  ordinaire.  Ainsi 
de  la  cour  d'Arthur  ;  qi  bon  ij  vient  part  mui/Zeur,  mois  qui 

Lj^  vient  mauvais  et  vil  (ort  33 i)  et  de  riuxle  genertition  et  de 
tialt  nature^  U  ni  parroit  en  nuk  tjuise  changer  son  estre^ 
ne  que  coivre  porrqit  devenir  or  et  le  plom  argent.  Puisque 

'H  demoiselle  prétend  être  de  cette  maison,  il  faut  qu'elle  y 
Dil  venue  vilaine  :  elle  eu  est  partie  vilaine^  elle  u'a  pu 
changer  sa  maie  m^niefe  (nature  33  i).  Si  la  reine  l'a  chargée 
l'un  message»  c'est  qu'elle  a  voulu  se  débarrasser  d'une 
leœoiseile  discourioise.  —  On  juge  de  la  ra^e  de  la  mes- 
èrc  :  elle  se  relire  auprès  de  Mordret,  qui  l'aurait  vengée, 
b'ïÏ  n'avail  été  malade. 


140.  Palamêde  wjntiaue  h  s'entretenir  avecTristan  et  Dina-  Cim» 
dau  01  parle  sans  ctsse  de  son  clé^ir  ardent  de  se  veni^'cr  de  son  Tn->..... 
rival.  Diuadau  lui  demande  ce  qu'il  ferait,  si  |uir  hasard  il  rcn-  nadan. 
contrait  TrislaudaiiS  uu  bOlel  comme  celui  où  ils  su  trouvent. 
«  Je  lui  ferais  houueur  et  service  de  mon  mieux,  à  cause  de 
sa  haute  chevalerie,  u  répond  Palamède.  —  »  £.'i  se  vous  veniez 
en  fieu  ou  vous  dissiez  force  s^r  lui,  qu'en  feriez  vouS!*  — 
S'if  venait  choz  moi,  je  lui  ferais  autant  d'honociu'  qu'au  i-ui 
Arthur  tui-nicme,  parce  qu'il  est  supérieur  et  h  moi-môme  el 
à  Arthur  en  chevalerie  ;  et  Je  ne  regarderais  pas  b.  la  maie 
voCenlé  que  j'ai  envers  lui.  »  Tristan  est  ému  de  ce  trait  de 
inérosiW;  ;  U  se  promet  de  ne  plus  baer  à  la  mort  de  Pala- 
^mêde,  et  il  est  fâché  de  lui  avoir  fait  honte  îk  plusieurs 
reprises.  Ni  lui  ni  Dinadan  ne  veulent  dire  leur  nom  à  Pala- 
Lznéde  et  à  leur  hôte,  à  qui  Dinadau  se  contente  de  faïj-e 
Fenlendre  que  sou  compagnou  est  le  meilleur  chevalier  du 
moude. 


150.  Au  château  des  Pucellcs»   le  roi  Arthur  est  toujours  An  chAtoau  il«s 
t  .'de  n'avoir  pu  retrouver  le  chevalier  U  l'ôcu  uoir  et       f^"«»Uca. 

p.....  ^.  lai  avec  Oauvaiu  et  Laacelot.  Gauvain,  violemment 
Lôwni.  —  TrUtan.  8 


—  It4  — 

abaLlu  par  Tiaconnu  \  Ta  cbercbé  inutiletutiiU  depuis.  Lance- 
lot  raconte  qu'il  a  brisô  son  glaive  sur  le  chevalier  noir  •,  mais 
a  reçu  eusiiiUï  de  lui  un  coup  d'épéc  ijui  lui  a  presque  l'ail 
vider  les  arrons.  De  sa  vie  il  n'a  rer;u  un  coup  pareil,  et  îi 
partir  do  ce  raoraoul  il  n*a  pas  revu  son  adversaire.  Lucan  le 
boulillier  dit  qu'il  a  vu  l'inconnu  se  retirer  f7i  f/uise  rie  ckG- 
valier  navré.  Chacun  reconnaît,  continuet-il,  que  le  parti 
d'Arthur  doit  sa  victoire  définitive  à  la  blessure  inlligée  par 
Lancelot  au  plus  redoutable  champion  de  rennemi.  I^  roi 
répète  toujours  qu'il  aurait  mieux  aimé  voir  son  parti  vaincu 
que  de  perdre  ainsi  le  chevalier  noir  :  toute  la  cour,  selon  lui, 
devrait  blâmer  Lancelot,  qui  est  la  cause  du  malheur.  Aloi-s 
Lancelol  promet  de  partir  le  lendemain  matin  en  qnôte  da 
chevalier  et  de  le  chercher  an  moins  pendant  un  an  et  un 
jour,  tant  corne  chevalier  doit  tenir  sa  qiieste.  Si  le  chevalier 
noir  ne  veut  i>a5  venir  avec  lui  à  la  cour,  il  lâchera  de  l'y  con- 
traindre sans  le  tuer  :  il  jure  de  faire  ainsi  en  étendant  ses 
mains  vers  une  cbapclle.  Le  roi  répond  (|u'il  «  ne  dcniamle 
autre  chose  »  (f°  'iî*!).  Après  Lancelot,  Blioberis,  Bohort  de 
Oanncs  ^  et  Hector,  seuls  chevaliers  présents  do  la  lignée  de 
Dixchiîvalier*  Ban,  pi-tjteni  le  mémo  serment.  Puis  s'avancent  I vain  le  j;rand, 
d'allJp™?miMo  '^o^>  '*'*  d'Ares,  Drianl,  son  Irèrc,  Ivain  aux  blanches  mains, 
doTrisuin.  Brandelis  et  Lucan*.  Dis  chevaliers  vont  se  mettre  en  quête 
lie  Tristan. 


GalieriototGue- 
tiiôvra. 


151,  A  tant  es  vos  quù  Ut  roïne  G,  envoie  querre  mon' 
seingnor  Gauv.  por  savoirnovellcs  del  tomoienxent^  car  Guc- 
nièvre  était  restée  au  château  avec  maintes  autres  darnes^  par 
ce  que  elle  ne  se  sentait  mie  trop  bien  saine  [haitie  33 i)  au 
viaitTi.  Tandis  qu'elle  parle  avec  Gauvaîn,  a  tant  es  voiix  venir 
m$.  Gah.  \  et  qani  il  vit  m.  Gauv.  et  la  reine  conseillier 


1.  Chpz  Tropsan,  p.  lOS,  Uiiimliui,  rentr<*à  la  C4nir  après  le  innmoi, 
apprend  a  Arthur  que  U*  vniuqueur  esX  TrisUm. 

2.  Tant  d<^  (îloives,  756  (fautt'). 

3.  75(1  :  Oau.  (à  la  placo  de  Boburl,  duat  lu  duui  a  été  uubhtV;  Gau. 
[lar  t'oiifusiûo  avec  Gannes). 

4.  Cunftisiou  el  umis^iun  dans  756  [ffestor  U  fils  Brtc  pour  :  Tor  lo 
f.  Arê«);  Lucau  jure  lo  prpmior  daiu?  î*?,  100,  Iftî,  où  Liinct^Iot  npjare 
pas.  334  pt  li>i;  autres  ue  douneut  pn&  Lucan  ;  aiti.tti  9  i|U(>tt'urf  roule- 
ment, bien  tpie  daoti  lu  t>uile  loui  les  m^s.  parlent  de  dix.  Hi\  oublie 
hiiiii  aux  M.  m.  —  Au  lieu  de  Tor,  le  fils  Arvs  100,  97,  102  donnonl 
tous  trois  la  même  faute  :  toiu  Its  fils  /lr«.  —  Tor  t^\  appelé  le  fn'-rfl 
lie  Urinn  au  )j  25ti;  cf.  G.  ï*arîi*,  Uerlin,  \\.  xlviu. 


—  i  J5  — 

ensemMe,  devinant  qu'il  s'.-igitiJu  chevalier  à  l'éca  ni>ir,  il  [>ré- 
tend  qu*il  ea  sail  plus  long  <|ue  les  autres  chevaliers  de  Thôtel, 
mais  ne  dira  ce  qu'il  sail  à  persouiie  autre  qu'à  la  reine. 

Gauvain   sort  de  la  chambre,  ei,  sous  le  sceau  du  secret,  <i'i'''ii.i  nu  n  ni 
uahenel  appreaa  u  la  i-ciiie  i[ue  le  chevalier  n  csl  autre  que     vainqueur  usi 
TrisUa  '.    «    Je   ne   comprends   pas,    remarque    Gucniévre,     Tristao. 
p}tin|UOt  il  ifaii  etisinc  durement  celant  vers  nous;  car  le  roi 
Arthur  lui  veut  autant  de  bien  qu'il  ses  neveux,  et  toute  la  cour 
dôMre  le  voir  aussi  ardemment  que  s'il  était  le  propre  frère  de 
cbirun.  »  Gaheriel  fait  observer  que  telle  est  la  coutume  des 
«  très   bous  chevaliers  »  ;  «  en  efiet,  dit  la  reine,  c'est  ainsi 
que  Lancelot  se  dissimula  longtemps,   la  première  fois  qu'il 
Tint  à  la  cour.  »  Gaheriet  ajoute  que  Lancelot  cl  neuf  autres 
chevaliers  ont  juré  de  se  mettre  en  quôle  de  Tristan,  et  Gue- 
niévre  souhaite  que  cette  quôte  soit  plus  heureuse  que  jadis 
l'cjpC'dition  ù  la  recherche  de  I^ncclot(l*  242). 

152,  11  se  trouve  que  dans  la  journée  tous  les  chc\'aliers  On  admire  Tris^ 
d'Arthur  ont  clé  abattus  par  le  chevalier  noir  ;  il  n'en  est  pfts  ^°* 

un  qui  ne  porte  à  la  figure  des  maii]ues  tle  ses  coups.  Gauvain 
rayant  fait  remarquer  au  roi,celui-d  se  meta  riro,  en  disant 
i{ae  depais  son  couronnement  il  ne  s'eftt  donné  en  Lopres  un 
si  atfn-t'  tornoiement  corne  cestui  a  esté:  c'éUiil  plnlùl  une 
mortel  bactaille  qu'un  tournoi.  —  On  ne  parle  que  de  cette 
journée  et  du  oJicvalier  noir  :  tou&  tomhcnt  d'accord  que  la 
maison  d'Arthur  aurait  él**  déshonorée,  sans  la  bravoure  des 
chevaliers  de  la  lignée  de  Ban.  qui  n'ont  jamais  reculé  il'uu 
|Mw,  et  principalement  de  Lancelot,  en  l'absence  duquel  per- 
sonne n^eût  pu  se  maintenir  sur  le  champ  de  bat^'ùlle. 

153.  Le  roi  enteud  i^es  propos  et  s'atlresse  à  Ivaiu,  le  liU 
d'Uhen,  un  des  clievaUers  les  plus  courtois  et  les  plus  loyaux 
qui  fussent  au  monde;  même  à  la  cour  d'Arthur^  où  il  y 
avait  tant  de  prud'hommes,  on  n'aurait  pu  trouver  un  meil- 
leur chevalier  que  lui.  Comme  il  a  vu  tout  le  tournoi,  le  roi 
Tcogago  h  dire  qui  doit  eu  avoir  le  prix,  «t  Mais  vous  le  savez 
aussi  bien  que  moi,  »  répond  Ivain.  —  «  Vous  dUcs  voir  \  dit 
le  roi,  mA«  loutes  voies  voill  Je  savoir  ce  vous  vous  acorde* 

I.  Galu*ri*'t  l'a  iWiné;  cf.  §  141.  —  Nous  voyons  plus  loin,  §  1C8. 
qn'lvniu  au\  til.iuclit':^    intLins  Ip  K^t  au»i^i  par  mlui  niresmei  iji  vraïc^ 
ntent  le  sçvt ,  et   égulpnionl  Kcu .  "Voy.  la  a'iiMT-i.iiinn  lU-  oc  dernier 
avcclviiin,  au  §  171.  et  Gfibcriet,  jj  173. 
,2.  Bien  puei  atre  334 


—  116  — 

roiz  a  ce  fjuej'epensse.  ^^  Ivain  déclarti  alors  qu'évidemment  c'est 
Leroificrordùlo  ïe  chevalier  à  l'écu  aoif  qui  a  mérité  le  prix.  S'il  a  élé  blessé 
noi^'rrisian'  I*^^  Lancclot,  cesl  un  fait  tout  l'urtuit  ;  n  ce  fu  une  mescheance 
[H  334]  une  nuisaventurc^  qi  par  son  contraire  li  avint  ;  a 
celui  point  avait  it  toute  nostre  gent  tnenee  a  desconfiturt\ 
Je  ne  veux  nullement,  coniinue-t-il,  déprécier  Lancelot.  que 
cbâcuu  sait  ôtre  le  meilleur  chevalier  du  monde  ;  mais  tou- 
jours cst-il  que  cet  inconnu  a  éclipsé  tous  ceux  qui  ont  pris 
part  au  loiu-noi.  a  —  I-c  roi  dit  qu'il  est  absolument  du  même 
avis;  it  brûle  de  voir  chez  lui  ce  merveilleux  chevalier,  et  il 
ferait  pluiCit  arranger  un  autre  tournoi  que  d'abandonner  l'es- 
poir de  le  rctrouvcp.  Ivain  l'approuve  et  montre  quelle  i^loirc 
aa|uerrait  l'hôtel  d' Arthur  en  possédant  un  tel  chevalier, 

\a  dorooLsoHo  154.  I^  messagère  de  Cornouaille  arrive,  ol,  comme  le  séné- 
d'Iaeut  orrivo.  (^\^.^\  j^g^  s'avance  vers  elle,  elle  dit  qu'elle  voudrait  parlera 
la  reine  '.  Guenièvre,  qui  ciuiso  encore  avec  Gaheriot,  aperçoit 
la  demoiselle,  la  fait  venir  et  lui  dit  qu'elle  sait  très  bien  que 
le  brillant  chevalier  à  Técu  noir  est  Tristan.  La  demoiselle 
n'essaie  pas  de  nier  ;  elle  avoue  qu'elle  a  été  envoyée  en 
IvO^res  pour  voir  comment  il  ft^soit  ;  njaintenaut  elle  veut 
l'etourner  en  Cornouaille.  m  Mais  non  sans  lui  avoir  parlé  ?  dit 
la  reine.  —  Mon  Dieu,  je  ne  sais  pas;  j'irai  là  où  il  dormira  ce 
soir;  si  je  ne  l'y  trouve  pas;  je  repartirai  dèsdemain  matin  pourla 
Cornouaille,  où  il  me  tarde  d'être  reatrée.  »  —  Après  cette 
réponse,  la  reine  ne  relient  pas  la  demoiselle  afin  do  ne  pns 
l'empéchcr  de  retrouver  Tristan,  mais  lui  l'ait  seulement  pro- 
mettre de  revenir  pour  recevoir  les  paroles  dont  elle  veut  la 
charger  pour  Iseut.  La  messagère  part  avec  son  Irère  ot  gagne 
le  pavillon.  Les  valfts^  a  qui  Persides  avait  ordonné  de  la  rete- 
nir ou  (ust  a  force  on  fust  a  prière  -,  lui  disent  que  les  cheva- 
liers sont  aie  tleduire. 

155,  Persides,  revenu  atirés  une  recherche  Inutile,  dit  à  la 
demoiselle  qu'il  a  laissé  ses  compagnons  en  un  privt^  Ueu^ 
qu'il  ira  aussitôt  les  retrouver  el  qu'ils  ne  reviendront  pas  au 
pavillon  le  même  soir.  ï^a  demoiseJle. demande  h  l'accoinpJï- 
gncr,  mais  Persides  répond  «[ue  c'est  impossible;  elle  se  désole, 
difiant  qu'elle  est  morte  et  fionie,  si  elle  ne  i>out  parler  au 

i.  334  ajoute  :  lors  ia  prent  (Keu  J  parmi  Ui  mfin  et  la  mcinejw- 
ques  a  la  chamOre  ia  roïne. 

2.  Au  §  1 U,  l'i'i-sidos  avilit  dit  :  par  paroles. 


—  117  — 


chevalier  noir.  Persides  répète  qu'elle  ae  pourra  en  .lucune 
façon  lui  pai'lcr  ;  la  demoîsello  pleure  :  tout  eon  voyage  en 
Logres  sei*Ji  donc  inrruolueux.  l'ersides  Un  promet  de  lui 
tnontrer  le  chevalier  si  elle  veut  lui  acconier  un  don,  qui  n'est 
point  «  encofUre  vostrfihonor  n.  Iài  ilemoiselle  consent,  etPer- 
sides  lui  demande  Je  nom  de  son  compafînon.  Elle  le  prie  d'at- 
tendre qu'ils  aient  trouvé  Tristan  :  s'il  persiste  à  garder  l'inco- 
guilo.  elle  dira  son  nom  devant  lui.  Mais  Persides  la  presse  tant 
qu'elle  finit  par  lui  nommer  Tristan.  Aussitôt  Pereides  se  fait  PersUles  réussit 
désarmer  et  déclare  qu'il  ne  parlii-a  que  le  lendemain  pour  le  fo  nom  <luTris^ 
chercher.  La  demoiselle  voit  bien  ipi'on  lui  a  tendu  un  piège-,  '""• 
mais  elle  n'ose  se  plaindre.  Elle  veut  aller  passer  la  nuit  au 
chAteau  aux  Pucelles;  mais  Persidcs  la  retient  et  la  traite  très 
bien  pour  l'amour  de  Tristan.  Elle  s'épouvante  en  apprenant 
que  celui-ci  est  blessé;  elle  n'osera  jamais  dire  cela  à  Iseul  ; 
elle  cmint  que  Lancclot  ne  l'ail  frapptS  r  mort.  Enfin  elle  se 
décide  à  aller  demander  des  nouvelles,  et,  le  lendemain,  elle 
q\iitte  Persidos  en  compagnie  de  son  fri'ïre.  Elle  ne  prend  pas 
la  direction  de  la  maison  du  roi  Arthur,  mais  s'en  va«  en  sui- 
vant le  bord  de  la  mer,  demander  partout  des  nouvelles  du 
chevalier  h  l'ëcu  noir  *. 

156.  Les  chevaliers  de  la  lignée  de  Dan  qui  n'oDt  pas  assisté 
&u  serment  en  sont  informés  et  veulent  suivre  Texemple 
de  Lancelot;  mais  celui-ci  le  leur  défend.  Le  roi  ne  veut  pas 
que  son  hôtel  soit  privti  de  leur  présence  ;  ia  lignée  de  Ban 
est  déjà  suilisammcnt  représentée  à  la  quête,  et  l'on  no  sait 
jamais  quellcjî  aventures  peuvent  arriver  à  la  cour  d'Arlhui*. 

157.  Le  lendemain,  Lancclot  ei  ses  compagnons  de  quête  Luncclot  sait 
cnteiideulla  messe,  déjeunent,  se  font  armer  et  montent  àche-  cheval iîrlré^ 
val,  cbaciin  des  dix  emmenant  deux  écuyers.  Arthur  veut  les 
c.'invoijer;  mais  Us  déclinent  cet  honneur.  Le  roi  fait  pro- 
mettre h  Laucelot  do  revenir  le  plus  tôt  possil)lo  ;  car  il  lui 
semble  toujours  qu'il  «  ?i'oi<  home  ccens,  quand  Lancelot  n'y 
est  pas.  » 

Gaherict,  qui  veut  trop  grant  bien  à  Lancelot,  s'approche  et 
lui  demande  s'il  saitijui  est  le  chevalier  inconnu  ;  Lancelot 


La     (tcmoisulli) 

s'en  va  pour 
ikimniirlcr  dt's 
itouvelios  do 
Tristan. 


uu    noir 
Tristan. 


dst 


1.  Dans  Treysan,  p.  109,  la  domoif;ollo  rolournc  au  pavillon  et  pï^rd 
r)'s;i»t*rftnct'  de  revoir  Tristau.  Di*ux  cbevnlifrt!  nbattUB  cU'  bu  main  lui 
coiiU'iit  leur  Jivenlure,  et  ta  deraoiiielle,  ras^un^e  sur  sa  blessun»,  ivparl 
jKiur  s'aller  cniliarqucr. 


—   118  — 

répond  qu'il  croil  l>ien  le  savoir,  n  C'est  que,  dit  Gaberiot,  je 
sais  qu'il  ne  séjouiae  jj;uèïe  d.ins  co  paye,  où  il  est  arrivé  par 
Builc  de  quoique  aventure  :  jo  crains  donc  que  vous  ne  puissieï 
le  tiNJuver.  »>  Lancelol  voit  que  son  interlocuteur  sait  bien  qu'il 
s'agit  de  Tristan  '.  Gahoriet  n'ose  cependant  dire  le  nom  :  ce 
serait  vilenie.  «  Et  je  vous  dirai,  s"i!:cric  Lancelol,  que  c'cal 
Tristan  do  Cornouaille.  —  Vous  avez  raison.  dit.Gahcncl, 
seulement  je  soupronno  que  Tristan  rentrera  prochainement 
dans  son  pays-  —  S'il  y  va,  rtipond  UuxvloL,  j»'  !n  s;inrai.  •» 

158.  On  s'ombrasso,  et  les  quOleurs  parleut.  Dans  la  ToriX 
ils  arrivoat  à  une  croix  où  pluBieiu*s  roules  s'cntrttu'oiscul. 
BlioberisVarrâte  et  rappelle  la  coutume  des  chevaliers  errants  ; 
puis  Ton  se  sépare. 

iAïKiïloirencon-  1^^>  Lancelol  rencontre  la  demoiselle  do  Cornoiiaine,  que 
irr^  In  .lomoi-  poursuitBrehus,  avoc  l'intention  de  la  mettre  à  inorl,  non  qu'elle 
la  JtHivri!  «le  1  cut  mùriUi,  mais  parce  que  ce  cruel  cnevaher  y  ti-ouve  plai- 
UroLuB.  gir^  Ayant  reconnu  Técu  do  Lancelol,  qui  porte  maintL^nanl 

le  sien  propre,  parce  qu'il  est  en  quiîte  '.  Brehus  s'enfuit  et 
est  sauvé,  comme  toujours,  par  la  vitesse  ds  son  chcviU.  Lan- 
celol cesse  bientôt  de  le  poursuivre  et  le  commande  a  louz 
les  dtjables  d'enfer.  Il  rejoint  la  demoiselle,  qui  r«^pond  ù 
loulos  ses  questions  :  il  a  déjà  soupçonné  riu'elle  est  de  Gor- 
Douaillc  a  la  parole  qu'elle  porioii.  Sur  le  conseil  de  Lance- 
lot,  qui  raconte  à  la  demoiselle  que  les  dix  se  sont  mis  en 
qutHc  de  Tristan,  elle  se  laisse  conduire  par  lui,  dans  l'esjHDÏr 
de  retrouver  ainsi  c^Uii  i|u'ijlle  chorcbe.  Uincelot  en  est  char- 
mé, parce  qu'il  a  là  une  occîision  de  faire  pcuétrer  le  bruit  de 
SCS  exploits  jus<|ue chez  Iseut  (f  24i). 

ÏM  chûioaw  tlii      160.  Ils  arrivent  au  ch;\leau  dit  du  roi  Boliort  ;  et  por  ce  qù 
tlu  roi  Bohori.    ç^iy^i  f^i  apartient  a  nostre  ystoire  [inaticre  334),  et  vous  ne 
savrùz  mie  te  commencement  de  costui  [et  ce  je  {apertemetit 
75tî)  ne  le  vous  decisoie,  vons  voillje  dei^ùer  f>or  qoi  cUz  chas- 
Icax  estoU  apehz  (le  chasîel  756)  del  roi  Boorz;  car  oinsinc 


K.  Oah.  sait  ou  il  est,  75C  (faute  poui-  qui).  —  Il  n'csï  pus  ditcam- 
menl  Laiic.  miil  i]ue  cVst Tristan;  \v.  i\>mancicr  a  probablemeol  vuidu 
faire  sous-catendrc  que  LaDcelot,  l'amant  do  Guoniêvro,  lient  w-  secnn 
d'ello. 

î.  Celle  remarque  n'esl  pas  dans  103. 


—  IIO  — 

Cap^hhnl  communt)(é)mcnl  li  foi  et  li  sage  de  ceiui  pa'(4  *  ; 
«4  li  rxris  Vifrpaiulnujnn  H  avoit  doné  cehti  non  por  (une 
334)  moul  {/r**j75ti)  b<m^  raison  {que  il  y  avoit  33  5;,  que  nous 
vous  devuer^^tf  a  r.-sfni  ftoint^  puis  qe  promix  If  'timv  .(c/i"*. 

t6t.  Le  roi  QoliorL  lie  Garnies  et  soo  frère,  le  r<ii  liau  Je 
Honoyc^  »  l'dpoquc  ijui  suivit  immédiatement  Inur  (^uronae- 
meol,  si^jouruaioQt  plus  fréquemmeul  en  Logrofi  que  danâ 
leur  propre  pays;  le  roi  riPrp*Mvlraj:on  les  uiiiiait  bcincoiip,  et 
à  sa  cour,  lia  i-dipsaionttout  le  monde.  Un  jour,  pendant  une 
téUî^  ils  entreprirent  un  tournoi,  l'un  contre  l'autre  ;  ce  tour- 
noi, le  premier  (|ui  ail  eu  li*m  devant  le  ebilteau  aux  Pucelles. 
dura  une  journfîe  et  tourna  au  désa^anta^^e  de  Ban.  Avec  ce 
prince  se  ipouvïût  un  chevalier  haï  de  Rohort,  parce  i|a'U 
travaillait  toujours  à  brouiller  les  doui  frères.  Le  lournol 
Leriuini^,  il  fut  attai|ué  par  Bohort  et  s'enfuit  ;  le  roi  le  }>our- 
suivjt  inuliiemeni  et  arriva  près  d'une  rivière,  auprès  de 
laquelle  un  païen  était  descendu  d'une  montagne.  On  l'appe- 
lait gi;nat,  non  pas  qu*il  fût  cxtraordinair->mcnt  grand,  mais 
à  cause  de  sa  force  inouïe  ;  il  ai'ait  dcjfi  fait  Infimcoup  de  mal 
dans  le  pays.  Ce  ^cont  arrt^la  le  chevalier  et  le  tua  avec  sa 
propre  épiîe,  qu'il  lui  avait  enlevée.  Bohnrt  n'eut  pas  lo  temps 
fie  s*éIoif;ner;  il  fut  saisi  par  le  ^éant,  qui  voulut  le  tuer: 
w*ïs  le  roi  lui  représenta  qu'il  j:ïagiierail  plus  a  se  faire  donner 
une  rançon.  Le  «èant  sostint  (;9mH34)  le  roi  {tout  335) 
•  m  il  estoit  (et  te  rerjiete  sor  son  cheval 

'  n  portJijr  vers  la  montaigne  [dt's&its  x*tn 
col  tout  33A)  ansittt  le'jierement  com  il  feitst  un  onfeni  (f* 
l2^5).  Comme  il  (îtail  fatigué  et  ^e  rcpo.siit,  Boborl  en  profila  ix;g'>atiinniiic 
rpour  lui  coupfu-  la  l«}te.  (fu'il   ra|>poria  à  Ulerpentlragon.  En     '^' •■"' l*"*""'*- 
mémoire  de  cet  exploit ,  il   fit  construire  le  château   à  l'en- 
droit  où  il   avait    lu*5    le   géant.    Blioberis   en  était  devenu 
le  propriétaire.   Arthur  le  hii  ayant  donnera  avait  maint 
an  p<ts$^-.  Quand  Lancolot  arrive  au  cbiUoau,  on  lui  demande 
idcs   nouvelles  de  Blioberls  ;   il  répond  que  celui-ci    viemlni 
[proljableraent  dans  la  nuit  pour  le  retrouver  au  chAteau  ;  «  car. 
ijouie  Lancelot.  je  ti  dis  [tout  privecment  33  i]  a  lui  et  a  moi 
'çe|j>]  vendroif-  »v,>/i-  n.i  Knîr   »  A  ce  moment,  on  apporte,  sur 


/.'drrrnr  nui-  douU  atnnul  l  apeloit  l'en,  el  crutâ  du  paia  commv- 
t  €i  autres  iiti. 
VaiM  four  'i'i\. 


—   1-30  — 

une  hierc  chcvaleresce  Lacan  le  boutilUer,  grièvement  blesst: 
pai*  Tnalan. 

162.  En  offet»  Lucan,  en  fjuôlo  du  chevalier  à  l'ocu  noir,  esi 
arrivé  devant  le  diAleau  on  séjourne  Tristan.   —  Palainèdc  y 
est  travaillé  oltre  mesure  des  cols  ^  q'il  avait  eii  el  tornoio- 
mettt;   au  cliAtcau   se  trouve   aussi  le  chevalier   /)anajm*^ 
parent  de  rhùle,  qui  s'appelle  Dara^  3,  Ce  Danaira  est  venu  se 
renseigner  sur  le  tournoi,  pyrce  qu'il  sait  ipie  les  fils  de  son 
parent  y  sout  allés.  Il  est  d'une  santé  faible;  il  a  été  «quelque* 
fois  à  la  maison  d'Arthur;  Lucan  et  lui  sont  ennemis  mortels. 
—  Arrivé  au  chAteau,   Lucan  envoie   un   écuyer   demander 
l'hospilalilé.  Cet  homme  trouve  Daiiaim  se  promenant  dans 
la  cour  :  apprenant  le  nom  de  Luc;m,  Danaim  lui  envoie  son 
défi  par  l'écoyer.  II  sort  armé;  mais,   abattu  par  Lucan,  il 
Lucan  le  boutil-  s'enfuit  dans  le  chrLteau  ;  Lucan  le  poursuit  jusque  dans  la 
n»!tu*ui''r)ina-  ^^  ®^  '^  renverse  une  seconde  fois;  Danaim  s'évanouit,  et  on 
dan.  le  croit  mort.  Daras  implore  enGu  le  secours  de  ses  hôtes. 

Dinadan  ne  veut  pas  que  Tristan,  blessé,  se  charge  de  l'aC- 
fairc;  et  dolent  et  corrodez  de  grant  manière,  il  poursuit 
Lucan.  qui  est  reparti,  maisil  est  égalemenl  abattu  et  griève- 
ment Ijlessé  en  une  des  cuisses. 


163.  Peu  après,  Tristan,  qui  s'est  fait  armer  aussi,  sort  du 
château  ;  il  a  fait  couvrir  son  ôcu  noir  d'une  housse  vermeille. 
II  trouve  Dinadan  couché  par  terre,  atteint  eusuilo  Lucan 
dans  une  vallée  et  le  défie.  Lucan  voit  venir,  de  l'autre  côté, 
Ivain  le  fils  d'Uricn,  qui  reconnaît  son  compagnon,  mais  non 
I  Mtahatiupur  Trist;iQ.  Gelui-ri  abat  Lucan  avec  son  cheval  cL  le  blesse  dan- 
gereusement j3iî7*mî'  le  cors  :  Ivain  est  aussitôt  résolu  à  le  ven- 
ger. Ainâ  Tristan  fut  trouvé  par  cea  deux  chevaliers,  qui  le 
cherchaient  et  ne  le  reconnurent  point.  A  la  vérité,  tous  les  dix 
chevaliers  (jui  avaient  juré  la  quélc  trouvèrent  Tristan;  mais 
mal  leur  en  prit.  Lancelot  seul  le  reconnut,  comme  nous  le 
verrous  plus  loin,  et  lui  seul  se  toa  do  la  rencontre  *. 


Tri^tnii. 


i.  334;—  756  :  dtf  .//.  COI. 

2.  Dr  même  750,  335,  104  (756  aussi  /)onaym{n];  U7,  100,  102  : 
Dandn.ZZi;  90,04;  IU3 /^am  (hicuncdaus  776). 

3.  Trnssan  :  Aras, 

4-  Tt.iati>8  vos  TonconlTPs  nVtttnt  pas  donnt^i^s  dans  ce  qui  suit,  il  ixl 
possible»  qui)  le  pré-t^ent  passade  indiquo  doa  suppressions  d'aventures. 


» 


I>0: 
ai: 

rûi  L- i. 


—   121    — 
IG!.  Voyani  TriRUin  partir,  Ivain  lui  cric  de  s  arn.icr  puar  i^.^l  m  aimi 

m  '  t  111  1      .  â  •  Iviiin,    ii.ir  itiu 

jouter.  Tnslan,  dont  la  blessure  s  est  rouverte,  ii  en  a  [kis  ii  ajfiirl'n.i  u 
envie  ;  il  iJeman<lc  ù  Ivaia  pourquoi  il  veut  se  battre  ;  ct*lui-ci  'iwèu?- 
ie  lui  dit  et  sa  nomme.  Tristan  lui  demande  encore  quelle 
aventure  est  cause  de  leur  rencontre.  Ivuin  refuse  d'abord  de 
nî{M>ndre.  Mnift  comme  TriuUin  répète  sa  demande  poliment, 
en  prometlAnt  de  lui  donner  un  conseil,  sHl  peut,  et  comme  il 
se  déclare  prêt  à  jouter  ensuite,  Ivaiu  raconte  que  les  dix  se 
sont  mis  en  quiîle  du  chevalier  à  l'éoa  noir  ;  puis  il  réclame  le 
combat. Tristan  voudrait  l'éviter, ^orctf  meesmcmentffii  (Ivain) 
stf  fravaUte  por  le  querre;  de  tant  corne  il  avoit  [fait]  a 
Luc.  le  b.  AV  rejtent  il  *.  Mais  Ivain  persiste  dans  .«a  rfeolu- 
lion  ;  il  est  iibattu  et  blessé  au  côt<i  gauche,  autjues  en  parfont. 
Rentré  au  château,  où  l'on  a  déjà  trans(>orUé  Dinadari,  Tris- 
tan relient  les  gcne  de  Daras,  qui  veulent  aller  tuer  Ivain. 

Ivaiu  fait  faire  nrnt  Ificre  chevaUresce  \  ses  dcuyers,  ù  che-  '^"  ,'^'*  .'**"** 
val,  transportent  Lucan  au  château  du  roi  Bohort,  indiqué 
par  l'un  d'eux,  qui  est  naiif  du  pays. 

W;ÙQ.  après  s'être  repos(j  auprès  d'une  fontaine^  arrive  6^1e- 
meul  au  chAteau,  en  compa^înie  de  Blioberis  (1*  217).  Racon- 
tant i^a  défaite,  il  d<!crit  le  cheval  de  son  adversaire  comme 
tout  ooir  avec  un  pou  de  blanc  enmi  le  front.  Lancelot  recon- 
naît le  cheval  de  Palamèdo,  que  Tristan  avait  trouvé  tout  sellé 
dans  la  cour  et  qu'il  avait  enfourché  auasitât  sans  attendre 
qu'on  lui  amenili  Pa^sebreuil. 

165.  Tristan  fait  porter  son  écu  dans  uncdcschambies,  aBn 
fju'il   ne  soit  pas  vu  des  chevaliers  qui  pourraient  survenir. 

JJais  Daras  s'en  csi  aperçu,  entre  lians  la  chambre,  Ole  la 
juMe  ei  reconnaît  le  fameux  <^cu  noir  :  un  valet  qui  a  été  au 
)urnoi  lui  confirme,  en  regardant  l'écu.  que  c*est  bien  relui 
lu  ci>R*brc  chevalier,  Dants  est  enchanté  d'avoir  un  tel  héros 
dans  sa  maison  et  se  promet  de  respecter  son  incognito.  Tout 
&  coup  on  ap[torle  sur  des  civi^r^s  les  fils  ilc  Daras  :  deux  ont  l.osÛUdtfDiira 
élô  tués  el  le  troisième  grièvement  ble-ssé  au  tournoi. 

166.  Navré  de  douleur,  Daras  mande  ses  parents,  qui 
viennent  armés,  au  nombre  de  plus  de  quarante.  «  Dieu  noua 
a  douné,  leur  dit-il,  trois  arbres  de  'qui  fruit  et  de  qui  dou- 
ceur nos  avions  le  pouoir  de  vivre  ^.  A  leur  ombre,  nous 

I.  Ceci  tisi  un  peu  délayé  d&n»  33V 

ï.  Aiutô  33  i  ;  —  756  :  Wefcp  (poux  irvisj  arbrt»^  de  qtt  frvit  «I  dou 
cuer  fi«ui  poons  vivre. 


—  [î-2  — 

pouvions  nouâ  rc[>oscr  ;  mais  une  tempête  en  a  abattu  f:t  des- 
séché deux  et  protiablenient  r6luit  le  troisième  à  TéLat  Je  sté- 
niilè.  n  Daras  doiiiie  h  lirueniJre  que  le  meurtrier  est  dans  la 
maison  cl  qu'on  peut  se  venger  de  lui.  Avec  l'aide  de  ses  parcats, 
U  a'etupai-o  de  Tristan  ;  mais  il  ne  veut  pas  qu'on  le  tue.  Tris- 
D«raM*'iii|Ki9..ii-  tan,  PalannVile  ot  Dinadan  sfiiit   euiprisonaés  '.   Dinadau  se 

lïm^^X'Bt'Di-  **'^'S*^'^'  surtout  de  voir  deux  si  vaillants  chevaliers  en  prison  ; 

aadon.  il  y  resterait  volontiers  lui-même,  pourvu  qu  ils  en  pusscut 

sortir.  Tristan  est  fort  inquiet,  mais  il  se  contient  devant  ses 
compagnons. 


Oaheriot  cher-  Ifi".  Gahcriet  prend  la  réaolution  de  se  mettre  en  quôte  de 
ârnouttUlo.'^^" '^''**^^^"  ^^  P'""^  quatre-  jours  après  les  dix  autres  cheva- 
lici*s,  mais  il  ne  parvient  pas  à  avoir  des  nouvelles  de  Tristan, 
emprisonné.  Après  un  mois  de  recherches,  il  rencontre  un  che- 
valier de  Nohomberlando  ^,  qui  vient  de  Gornouaille.  Ce  che- 
valier, qui  refuse  de  jouter  avec  Gaheriel,  lui  apprend  <iu'en 
Cornouaille  on  croit  Tristan  revenu,  et  que  le  roi  Marc  le  fait 
chercher.  Gahcriet  se  rend  en  Gornouaille  et  passe  la  nuit  ù 
Tiniagel,  chez  un  chevalier  qui  le  reconnaît,  mais  ,\qui  il  n'ose 
point  faire  de  confidences.  Le  lendemain,  le  roi  Marc,  descendu 
à  une  fontaine  du  Worois  pour  se  rafraîchir  pondant  une 
chasse,  voit  venir  Gaheriet  et  envoie  à  sa  rencontre  un  cheva- 

GiihrM-iûi  <:Ueï  lier  pour  lui  demander  son  nom.  Gaheriet  est  li'ès  hien 
accueilli;  il  parle  à  Marc  du  tournoi  et  des  événements  qui 
l'ont  suivi,  mais  n'ose  dire  que  le  chevalier  noir  est  Tristan. 
Le  roi  soupçonne  néanmoins  la  vérité,  et  craint  fort  que  son 
neveu  nu  revienne  pour  le  dépouiller  de  son  royaume.  II 
invite  Gaheriet  à  venir  chez  lui  ;  le  chevalier  accepte  en  disant 
qu'il  ne  pourra  rester  qu'un  mois  ou  deux  ^  el  ils  son  vont  au 
château  de  Tolan  '^.  Iseut  se  réjouit  h  l'idée  des  nouvelles  qu'elle 
espère  avoir  par  Gaheriet. 


Marc. 


ï. 

rat-'ut 

2^ 

Marc 
3. 
4. 
750, 
duu6 
jours 


Duras  iMirait  rroire  (jue  Trislan  oal  le  roourtrit:«r  de  ses  fils.  Com- 

lr«ut-il?r.r.  !tu  g  I8J. 

Jff.  384,  tuais   Iffl.  pluii  loin,  où  Gulioriet  converse  avec  le  roi 

Var.  Nothohcr lande. 
Ainsi  334  ;  97,  lOfl,  lOO.  Veuj:  jours  T.'i'i .  un  jour  ou  detuc  TSô, 
y4,  99;  troU  joun  lOÎ  ;  un  jour  ou  deux  on  trois  103  ;  lacune 
776.* —  Plus  loin,  nouî*  voyons  Galii*r.  partir  nu  Uiut  ck*  troi» 
pour  alIcT  chordior  Tristan  dans  l'intérieur  de  lu  Cnrnoiiaillp. 
Ainsi  750;  les  autres  ;  Taiotn  [Talant  104,  7a}aim  t03). 


—  123  — 

!()8.  Le  londcmaia  matin,  }o  roi,  qi  a  celui  tens  se  delitoit 
plus  en  chace  tje  nul  home  (M  monde,  pari  el  irouve  dans  la 
forét  «D  chevalier  ann*>  de  pied  eu  tvip.  Marc  renvoie  son 
escorie  et  aborde  le  chevalier  :  c'est  Ivain  aux  blanches  main».  '*^"l"f !ll !î.'f  "" 
Ce  chc\^iGr,  dont  la  rorce  est  inrénetire  a  son  courage,  est  nti  qu^tit  da 
venu  en  Cornoiiaille  chcrchi^r  TrisUiii.  Mun'  lui  dit  i[u'il  est  trauve'^'wHrc  à 
chi-vïitior  err:inl  roiumc  lui.  Tvjiin  lui  parle  du  ch«^vaIior  h  l'écu  U  chuhinï. 
aoir  el  lui  apprend  que  c'est  Trîstm,  qui  pourra  lùeu  faire 
asse:  tempiîsteeu  Cornouaille  :  «  J'ai,  dit-il,  confiance  en  vous» 
qui  êtes  un  chevalier  erraul  et  qui  ne  riîpèterez  pas  mes 
parole»  ;  CAr  je  dois  craindre  que  le  roi  Marc  ne  m'emprisonne, 
comme  il  fait  de  tous  les  chevaliers  qui  viennent  dans  9on 
[wys.  "  Ivain  tient  ses  renseignements  surTristan  do  celui  mees- 

\es  qi  vraiemcnt  U  seul  '  et  on  lui  a  recominandtî  de  le  cher- 
'ther  en  Cornouaille.  —  Le  roi  lui  assure  qu'il  n'y  est  point. 
«  Je  ne  crains  donc  plus  personne  dans  ce  pays,  dit  Ivain.  et 
je  le  démontrerai  à  la  première  ftfto  venue  ;  je  défierai  les  che- 
valiers de  Marc,  el  iibaltrai  !e  roi  lui-ratSme,  s'il  ose  jouter; 
car  je  ne  Taime  point,  ce  roi  qui  a  chassé  Tristan  de  Cor- 
nouaille.  »  îvain  se   nomme,    mais  le  roi  ne  suit  pas  son 

semple.  Marc  va  h  une  maison  de  religion,  el  ïvain  se  loge  à 
Tolan,  chei  un  vavasseiir.  Il  considère  comme  des  mensonges 
ce  que  le  roi  lui  a  dit  sur  Tristan,  et  continue  à  croire  ce  der- 
nier en  Cornouaille  Marc  est  très  affligi-  de  ce  qu'il  rient 
d'appi-endre  :  il  commence  h  croire  que  Tristan  est  dans  le 
j>ays  ^f"  251  a). 

169.  Iseut  mande  Gaheriel,  d*>s  que  le  roi  Marc  est  allé  &  GaheriM  rensd- 
la  chasse,  et  il  lui  donne  des  nouvelles  de  ffou  amant*.  guuis**ui. 

Uaïc  retourne  il  Tintagel  ^  où  Gaheriel  reste  loiijours  ;  Iseui 
a  bien  dit  à  celui-ci  que  Tristan  n'est  i>as  eu  Cornouaille,  mais 
il  ne  la  croit  pas  :  il  pense  qu'elle  l'a  caché  quelque  pari. 


170.  A  celle  (époque  de  l'année  on  célèbre  lannivei-saire  do  U  f-^' ■ 
ta  mort  du  Morhoul  dans  l'île  de  SaîLl-Sanson.  car  la  fameuse     „,''. 
Itetaillc  a  eu  lîcu  le  jour  de  la  fcte  de  ce  saint;  k  celte  occa-     Iwiii- 
Don  ou  a  coutume  de  faire  d'armes.  Le  roi  Maj*c,  portant  sa 
couronne  et  sa  magnifique  robe  royale,  eût  eu  bien  l'air  d'un 


'  l 


1.  rr.  suii. 

î.  Il  (lit  iHrv  |iaru  ilf  Ijigrns,  il  n'y  a  lougtomp»;  aiiiM  tous  lésais^. 
MUfTSG.  qui  lUt  :  il  y  a  douze  jours  (.XU.)  ;  (1/icuue  dauti  77tiJ. 
3.  D  y  •  :  Uroù..,  t'en  rfpairtfft  CornoaiÙeen  son  ostel. 


—  13i  — 

prutlhoiumo  ei  d'un  prince  vaillani  ot  sage,  s'il  n'eit^i  un  pot 
la  chiere  felonneuse;  suivant  la  coutume,  il  fait  porter  son 
épée  nue  devant  lui,  quand  il  va  à  la  ftîte.  Après  la  messe  il 
s'instaJlo  aous  son  beau  pavillon,  apporté  d'Irlande  par  Tris- 

lan,  alors  qu'il  amena  Iseut  eu  Cornouaille,  où  depuis  on  a 

nnx  hlfin-  Men  ouliliê  ses  liienfails.  —  Un  chevalier  arrive  et   envoie 
obai  Andret     ^on  (Scuyer  inviter  les  chevaliers  du  roi  à  la  joute.   Andret  »e 
ut  Diiiaa.       présente  el  est  abattu  ;  on  crie  aprts  lui,  comme  on  avait  l'ha- 
ïjîlude  de  le  faire  apth  le  chevalier  qui  abatus  estoit,  se  roij  ne 
fust;  Vcn  nen  espargnoii  nul  autre  de  la  criée  '.  Gaheriet 
blAme  le  roi  d'avoir  chassé  Tristan  et  gardé  Andret.  Le  roi 
s'adresse  à  Dinas  et  le  prie  de  jouter;  il  dit  vouloir  se  battre  lui- 
même,  si  le  sénéchal  est  dL^gar(;onné;  maïs  Gaheriel  se  déclare 
prêta  prendre  l'atTairesur  lui  et  se  fait  armer.  Dinas  est  abattu. 
Gaheriet  s'avance  vers  le  chevalier,  qui  le  reconnaît  à  l'écu  ; 
c'est    Ivain   aux   blanches   mains.   Il  se   nomme,    et   Gahe- 
riet  lo  décide  à   renoncer  aux  joules  et  à  faire  ses  excuses 
Il   rcsie    trois  auprès  du  roi  Marc,  qui  lui  pardonne  ;  Ivain  reste  trois  jours^ 
jouraolucour.    à  la  cour.  Mais  Marc  se  propose  do  se  mesurer  avec  lui  h  la 
joule  (r*  253)  ;  le  roi  est  un  ilt's  fors  chevaliers  del  inonde^  et 
s'il  eiist  le  cucr  sehnc  f/uil  avait  la  force.,  ilfeîst  bien  apri" 
siêr  de  proeace  et  de  chevalerie  ^. 

1.  334;  —  75fi  :  crier,  apn^i  ge  le  cfiev.  «(  ahaluz  ;  qiutnt  H  venoi 
chevalier  errant,  te  roi  ne  fuat,  l'om  ne  rctponoit  a  autre  de  la  criée. 

2.  l'Ius  loin  :  .Vt.  jours,  mais  ums  Ifis  autre»  ms«,  donnent  trois 
(lacune  dans  99). 

3.  Ici  33*  rt  tous  les  aulws  mss,  sauf  756  (lacune  dans  99,  775) 
ajoutent  :  St  sachiez  que  par  celé  aventure  qi  U  avint  adoncques  de  moH" 
seign.  Yvayn  aux  hl.  mains,  qu'il  abali  en  tele  rnaniere  rt  qiw  il  \eust  (1. 
efist)  mort,  se  il  r'0u.iùl,  enpriil  il  di-sus  soi  tel  hardement  que  il  aln  puis  du 
rotaume  de  Vornnailte  elroiaum''  de  iogres  pour  ocirre  Tr.,  tout  ainsint 
comme  je  iw  conterai  ça  devant .  Tout  cm  p:issjig«  a  Hé  tcimtô  dans  75(1 
uudaiis  l'original  nuinml  «'.p  ms.  rrmonto;  voici  ce  ipie  il^nno  7&6  à  la 
pince  ;  il  feist  bien  a  prisier  dr-  chevalerie  et  de  proesce,  sieome  mta  voits 
conteron.  ça  avant,  estoit  il  bien  a  prisier  (mc).  Puis  tous  Ips  ms».,  7ôfj 
autiM.  poursuivent  ninsi  :  M^s  de  (xle  aventure  ne  ti  avint  it  mie  trop 
bien,  car  il  dut  estre  honi:  et  vtrgonde:  et  san:  jiufr  faitU^  si  fu  il;  \lbCt 
porto  :  car  a  pou  q'il  ne  fu  trop  maternent  vergoi'inrz  et  honis] ,  car  il 
ttuesmes  ramena  T.,  et  par  son  co'nmandem'^nt  i  repaira  il  adoncques  en 
tele  vuinierc  comme  nos  vos  deviserons  ça  avant  en  nostre  livre.  Et  pour  ce 
que  il  n'est  mie  encore  tieu  de  racontar  tous  ces  contes,  nous  en  sousferrotis 
nom  tant  que  te  temps  et  le  lieu  en  vendra,  et  retournerom  a  nostre 
tnatiere,  dont  il  nos  convient  orendroit  del  tout  avant  (756  :  ramena  T,  et 
par  soi  meesmes  et  par  son  commandement  vint  T.  m  tele  mon.  corne 
mus  drviseron  aperlemrnl  en  n.  livit.  Mh  por  a  qe  cil:  contes  ne   nous 


—  125  — 
17i.  En  efiet,  quand  Ivain  est  pani 


1    


il  est   loujoors  Marc  Ia  sui», 
décidé  h  chercher  Tristan  dans  la  CornouailJe,  —  le  roi  Marc     Jou?''jo?ÎBr 
le  suit  avec  un  écuyer  ;   il  lui  a  lui  même  indiqué  le  chemin     avur.  lui. 
pour  aller  en  la  par  fonde   CwnoaiUe^  et   il  l'attend  dans 
une  Tullée.  Ivain  est  abattu  et   grièvement   Idess*^.    Le  roi       Iirabni. 
Marc  Je  croit  mourant  et  retourne,  endianlé  de  ce  succès,  qui 
a  mis  son  cner  en  (jrant  orgoill  et  en  grattz'  boubanz,  à  ce 
point  que  désormais  il  se  croit  même  assez  fort  pour  tuer  Tris- 
tau,  s'il  le  trouve  en  Cornouaille.  Il  laisse  ses  armes  dans  une 
maison  qu'il  possède  hors  de  la  ville,  et  raconte  son  exploit  à 
Andret,   mais  il  ne  fait   rien  savoir  aux  autres.  Andret  ra, 
avec  deux  chevaliers,  cherclier  Ivain,  qu*ils  ue  trouvent  |X)int;  *^''*^  h''*- 
ils  pensent  qu'il  a  été  transporté  à  VAbbaije  de  ta  Crois  uoire     itère   atiaqué 
cl  s"y  rendent  ".  Ils  rencontrent  Keu  cherchant  Tristan  et  accom-     I'*''  '^*"' 
pagné  d'une  demoiselle.  I.c  sénéchal  veut  bien  condescendre 
à  jouter  avec  ces  chevalierâ  de  Cornouaille,  puisqu'il  est  dans 
leur  pays  :  en  Logres  il  ne  l'aurait  certes  pas  fait;  l'écuver 
lui  représente  que  ces  chevaliers  sont  trois   :   a  N'ayez  pas 
peur,  dit  Keu;  à  présent  ils  trouveront  un  chevalier  de  la 
Table  Ronde  et  de  la  maison  d'Arthuj',    «  car  Keu  est  réelle- 
ment d'une  grande  bravoure,  mais  ses  forces  ne  sont   pas  à 
l'ivenanL.  Il  abat  les  deux  compagnons  d'Andret,  qui  lui- 
même  refuse  de  jouter  :  Keu  n'a  pas  le  droit  de  l'y  forcer, 
suivant  la  coutume  de  Cornouaille.  «  Cela  m'est  égal,  dit  Keu, 
puîs([uc  je  suis  de  Logrcs.  d  A  la  tin,  pourlaut,  il  dispense 
Andret  et  se  fait  raconter  ce  qui    était  arrivé  à  Ivain,  mais 
Andret  n'ose  avouer  que  le  vainqueur  est  Marc.  Qu'un  cheva- 
lier de  Logres  ait  été  vaincu  par  un  chevalier  de  Cornouaille^ 


fteiUpos  encore  si  tost  unlre  \naim,  nMii  en  savoin  bt€H  dire  en  teste  par- 
tît ;  car  ^kn  en  sacron  parler  quarù  il  en  sera  tena  ti  kore,  et  retomeron 
a  nostre  matière,  dune  (I.  dont\  urendroit  m'eMuet  délivrer).  —  DauH  94 
}es  mots  Et  pour  ce  que  il  nat  mie  encore  lieu  clc.  ju»ja'à  la  On  moD- 
qiient.  —  Dans  104  il  y  a  quelques  petites  diffén*ncL»s  ei  dans  J03  des 
omissions,  maia  esscnticll^nipot  Ii?  pnssngie  est  présenté,  clans  cos  deux 
ma».  aUii^i,  cnuiim-  dans  334  et  les  auucs. 

!-  Ici  c«rmrieuci?  Ip  niss.  d\*J. 

î.  Ici  commence  une  grande  lacune  dana  le  ms.  104;  l'arrangeur 
s'excu»e  (f"  '.*6i  a)  en  di^ul  quf,  malgré  de5  recherches  soigncuseï*,  il 
u'a  pu  irouver  les  aventures  du  rtû  Marc  ni  dans  «  »im  livre  »,  ui  à 
OrléaoB,  ni  à  Furis,  mais  cette  perte  ne  mont€  pas  a  grant  chose  suivant 
ceux  qui  ont  lu  ces  aventure»  ailleurà.  —  Nous  nouti  retrouvons  au 
pasM^  où  Gauvuin  pass*i  sur  le  corjis  du  chevalier  à  Técu  vermoil,  voy. 
i  450,  note. 


—  ISG  — 


ion      trou  vu 
IvaiTO  &   l'ab- 


[Kou.  ainsi  qu'I- 
vatn,  sait  que 
le  chovolicr 
noir  est  Tris- 
tan. 


K«'u  chez  Marc. 


f]>  lac  avfîniu- 
roux. 


c'est,  dit  Keu,  contre  acostumance  et  contre  nature  :  il  a  dû 
Htc  surpris  en  trahison.  Kp.u  s'en  va  i  l'abbaye,  ou  il  trouve 
Ivaîn.  Gclui-ci  lui  recommande  d  aller  r.hez  Marc  pour  savoir 
qui  l'a  attaqué;  Keu  avait  déji  l'intenlion  d'y  aller  pour  se 
renseigner  sur  Tristan,  qui,  comme  il  sait  bien,  est  le  cheva- 
lier noir.  Ivain  lui  demande  qui  lui  ii  dit  cela  :  il  avait  cru 
que  pou  chevaliers  le  savaient.  «  D'autres  pourront  l'ignorer, 
répond  Keu;  moi  je  sais  certainement  (jue  c'est  Tristan  *.  a 
Va  chevalier  lui  avait  dit  que  chercher  Trist:m  t^n  Logres,  ce 
serait  chercher  les  poissons  de  la  mer  dans  la  prairie  ou  sur 
la  haute  montafîuc:  il  trouverait  plus  f.icilement  les  poissons 
hors  de  l'eau  (jue  Trist;in  bore  de  Gornouaille.  Cependant, 
comme  on  n'y  parle  point  de  lui,  Keu  se  voit  forcé  de  croire 
qu'il  n'y  est  pas. 

17*3.  Le  sénéchal  part  et  trouve  le  roi  se  promenant  sur  la 
plage.  Celui-ci  lui  olTtc  l'hospitalité,  et  Keu  accepte  volontiers 
eu  apprenant  que  c'est  Marc;  il  croit  que  le  roi  veut  faire  f?w/7»c 
corne  fesoil  li  rois  {Àriu^  .334)  "  souvenles  fois  auj:  povre.s  che- 
valiers estrawjes  t/e  aventure  aportoit  en  son  osit'l  (P*  250). 
Lorsque  Marc  sait  le  nom  de  sou  hôte,  il  so  promet  de  s'es- 
sayer contre  lui  dans  une  joute.  11  l'invite  à  une  partie  de 
chasse  pour  le  lendemain.  Au  retour  de  celte  chasse  on  arrive, 
dans  le  Morois,  au  Lac  at-entureu^  i  ne  sai  ce  c'estoit  par 
foice  cCatiemy  ^  ou  par  enchantement  oit  par  quele  niertieille 
fît'  pnuoit  cstre,  quant  *  nostre  livre  ne  le  délivre  autrement. 
Quoiqu'il  en  soil,  les  Goruonaillais  {ïisaieni f/e moult  dey rans 
aventures  i  avenoient^.  Marc  dit  ?i  Keuqu^^ce  lac,  dont  les 
aventures  dépassent  de  l)caucoup  celles  du  royaume  de  i.x>gre8, 
il  pourra  trouver  un  chevalier  qui  so  battra  avec  lui.  s'il 
arrive  de  nuit;  il  y  trouvera  deux  chevaliers,  s'il  amène  un 
compagnon,  trois,  s'il  en  amène  dcax,  et  ainsi  de  suite  jus- 
qu'à douze  :  c'est  un  mensonge  qu'invente  Marc  pour  avoir 
l'occ*»sion  de  jouter  avec  Keu.  En  eOet,  ce  dernier,  qui  ne  se 


1.  Cf.  au  §151. 

2.  Lariino  indiqui^c  du  nom  «Jani»  Ihb. 

3.  Ainsi  97,  11)0,  io2,  3^9;  33.^;  776  —  par  atiemi  750;  fnrai 
d*anui  31*4  ;  forccdevinr  'ôC>  ■  sauir  dans  103,  *fui  abrèf^c;  la  n.*rnar(pïe 
nianqiin  Hnns  \)\  ;  Inmnn  dans  99. 

4.  75C  :  ou  m  qiu'l  manière  sepoel  estrr  car  noslrf  Wt'.,  Plc. 

5.  334;  — que  moult  d'avcntura  i  av€T\.^  les  mitres,  sauf  756,  qui 
porto  :  qcniortetx  awnturcs  i{l)  venoi^nt. 


A^ttéMi 


—  127  — 

doute  de  rien,  dit  qu'il  se  rendra  au  Uc  à  la  nail;  Marc  lui 
offre  de  l'y  faire  conduire  par  un  écuycr. 


173.  Cependant Gaherret,  qui  avait  beaucoup  cherché  Tris-  tînhoriot  met 

contrn  les  in' 
tri  tïties    iJe 


Marc 


tan  et  qui  est  déjà  décidé  .'i  retournor  en  Logres,  revient  à  la 
cour.  Ayant  appris  par  lui  que  Tristan  nVtvl  pas  en  Cor- 
nouaille  ^  Keu  décide  de  retourner  en  Logres  avec  Gaberiet  et 
lui  parle  du  Uic  aventureux.  Gahcriel  le  met  on  garde  contre 
Marc,({uî  veut  s.'iu5  doute  lui  jouer  quelque  mauvais  tour,  etlui 
promet  de  l'aider  :  il  prendra  congé  du  roi  »oub  prétexte  qu'il 
a  fait  maie  obliance  la  dehors,  cl  il  attendra  Keu  à  l'entrco 
du  Morois.  Il  dit  en  effet  au  roi  qu'il  a  fait  tel  obliance  -i  tji  a 
dotnage  trop  (jrant  et  trop  vilain  me  torneroit,  se  je  démolirai 
^muii  viès.  »  Il  prie  les  assistants  de  lui  panlonucr,  s'il  ne 
rient  plus  :  leâ  chevaliers  errants,  dit-il,  sout  entraînt;s  par 
les  aventures  de  toutes  parts,  H  quitte  la  cour  sans  voir  Iseut  ;  h  quîik'  la  eoui 
arrivé  à  la  lisière  de  la  for^t,  comme  il  n  acoit  lejor  dormi  ne  **^"''  '"  **^'^^"'! 
reposa,  il  se  couche,  en  disant  aiu  t^cuyers  de  le  réveiller,  si 
Kcu  vient  à  passer. 

\~\.  Le  séuôchal  part»  guidé  par  un  écuycr,  qui  est  dans  le  |-g„  p,|.(  ^^^^^ 
secret,  et  à  qui  Marc  a  dit  de  laisser  Keu  seul  au  lac.  Les  \9\ac. 
écuycrs  de  Gahcjict,  voyant  au  clair  de  lune  appi-ocher  un  che- 
valier, réveillent  leur  maître,  et  on  ga^nc  le  lac.  L'écuycr  de 
Marc  prétend  n'avoir  paà  le  courage  de  rester  plus  longtemps 
devant  ce  lac  terrible  et  obtient  de  Kou  la  pei*mîssion  de 
retourner.  Gaheriet  ordonne  à  ses  écuyers  de  se  retirer,  et  va 
lui-même  se  cacher  dojis  unes  broche-i  voisines. 

175.  A  la  cour  le  roi  teint  d'fltrc  fatigufï,  et  tout  le  monde  Marc  s'y   rond 
se  relire.  11  se  fait  anner  tout  en  noir,  de  môme  qu'Amlret,     ""^cAucIppi. 
qui  se  trouve  là  et  qui  obtient  la  permission  de  raccompaî;ner. 
II?  sortent  par  le  jardin,  arrivent  à  leurs  chevaui,  qu'on  a  pré- 
l;*res,  et  partent  sans  écuyers.  I^  roi  raconte  tout  à  Audret, 
qui  est  fort  inquiet  ;  Marc  se  croit  cependant  sûr  de  vaincre 
Keu,  tiui   est  en   effet  désarçonné.    Gaheriet    sort   alow   de  Keu  obnuu  par^ 
éOQ  embuscade  et  délie  le  roi.  Mai-c,  que  la  peur  paralyse,  est     puT^GaÛMie 
renverse  et  tombe  dans  le  lac;   il  se  maintient  à  un  arbre. 
Gaheriet  abat  ensuite  .-Vudret,  ramène  à  Keu  son  cheval,  foitre 
le  roi,  qui  est  sorti  du  lac,  à  dire  son  nom,  descend  de  cheval 


1 .  Kou  dît  à  Gaheriet  qu'il  aatt  que  le  cbevaUer  noir  osl  Tristan  par 
quelqu'un  <r>'  *'^^  eeriainement.  Cf.  S  1^1* 


—  128  — 

et  invite  Marc  à  se  battre.  Le  roi  lui  demande  qui  il  est;  el 
Gaheriet  se  nomme,  en  ajouLanl  (lu'iJ  ne  lui  veut  gaircs  de  bien 
à  cause  des  misères  qu'il  fait  aux  chevaliers  errants,  et  en  le 
bi:\maiil  de  l'abominable  trahison  ourdie  contre  Keu.  Marc  le 
supplie  de  ne  pas  le  tuer,  en  faisant  vjiloir  sa  haute  dij^nili?. 
«  KaisûD  de  plus,  dit  Gahuriet;  un  rui  traître  !  fi  donc!  »  et 
MarctniatomeiiL  il  lui  donne  un  grand  coup,  qui  fait  tomber  Marc  par  terre; 
heSet"'"*'^^''^  il  se  relève»  mais  au  lieu  de  se  défendre  il  ne  cherche  qu'à 
parer  du  corps.  Gaheriei,  lui  arrache  le  heaume  de  ïa  lilc  ; 
Marc  tombe  de  nouveau,  se  relève,  le  visage  écorché,  ets'cnfuil 
poursuivi  parGaheriet,  à  qui  enfin  iJ  crie  merci  on  promettant 
de  bien  traiter  les  chevaliers  à  l'avenir.  Gaheriet  lui  fait  pro- 
mettre encore  de  ne  se  venger  ni  de  lui,  ni  de  Keu,  ni  d'autres 
chevaliers  errants. 


176.  Pendant  ce   temps,   Keu  s'était  battu   îi   Vépée   avec 

Autirot    vaincu  Audret,  et  l'avait  i-envei*sé.  Galieriel  le  prie  do  ne  pas  tuer  le 

|)ar  Keu.       vaincu  :  «  Mais,  dit  Keu,  il  faut  débarrasser  Tristan  de  son 

pire  ennemi. —  Laissez-le  tout  de  m^me  :  sa  vxauvesiU  et  sa 

tf'iiïson  le  fera  encore  tnortr  {el  7&6)  tout  a  temps.  »  Ayant 

ainsi  sauvé  Audret,  Gaheriet  se  fait  raconter  par  Marc  tout  le 

projet  qu'il  avait  lorm6,  et  Marc  el  Audret  s'en  retournent. 

Ils  dcsccudcnl  au  jardin,  où  les  écuyers  les  attendent  encore, 

et  regagnent  le  palais  sans  être  apert;.us.  Marc,   qui  est  décidé 

tfflitle  la  :'i  se  venger,  se  fait  soigner  à  buis  clos  pendant  huit  jours  et 

tia"n  t  "^  tfu"t  fï'^roet  pas  mOmc  Iseut.  Au  cinquième  jour  arrive  Diuas,  qui 

jours.  s'est  absenté  de  la  cour  il  y  a  cinq  jours.  «  Qel  cssoinc  voits  a 

tanu?  »  lui  demande  Iseut;  avant  de  répondre  il  la  prie  de 

dire  ce  qu'a  le  roi  ;  elle  déclare  l'ignorer.  Dinas  sourit,  car 

les  deux  compagnons  lui  ont  tout  dit;  il  raconte  à  Iseut  la 

défaite  de  Marc  et  d'Audret,  qui,   dit-il,   crièrent   merci  et 

échappèrent  par  là  *. 

Dne  i)omois«ile,  177.  En  eiFet,  Gaheriet  et  Keu  avaient  rencontré  Dinas,  qui 
nîw^^erUevie  venait  d'apprendre  qu'à  la  nuit  un  chevalier  devait  lui  enle- 
por  un  ubi-va-  ver  une  demoiselle  de  l'un  de  ses  châteaux  ;  elle  aimait  le  che- 
valier malgré  sa  couardise,  car  il  était  plus  beau  que  Dinas. 
Le  sénéchal  se  rendit  donc  à  ce  ch;\ieau  ;  Gaheriet  et  Keu 
raccompagnaient.  La  demoiselle  s'était  laissée  glisser  de  la 
tour  par  une  corde  et  avait  pris  la  fuite  avec  son  amant  et 

1,  Cumxne  cela  n'a  pas  été  raconté  pour  Ândi'cl,  c'est  pcut-étni  unn 
exajjérntiuQj  soit  de  Diua»,  soit  de  sa  source. 


^-  129  — 


I 


bracitets,  descendants  d'Houdenc.   Dinas  repartil  Elle   emporUi 
poiir  rattraper  sa  demaiselle;  ses  deux  hôtes  voulaient  laccom-     «mmrtcnàuTJ 
paçncr,  mais  il  les  pria  de  rester  au  château,  et  Us  se  ren-     ii'\n»s. 
dirent  à  ses  instances  (r*  261), 


178.  Oîtias  abattit  son  rival  et  se  montra  supérieur  à  lui  à 
Tépée;  après  le  premier  assaut  le  chevalier  lui  dit  que  la 
demoiselle  ne  raîniait  pas,  ce  iju'il  pourrait  voir,  si  on  hii 
donnait  le  choix;  Dinas  accepUi,  espérant  être  pr^H^ré  après 
avoir  ainîii  triomphé  de  son  rivai,  mais  la  demoiselle,  <]ui  avait 
vainement  esîsayé  de  s'enfuir,  préférait  toujours  son  amant  et 
partit  avec  lui.  Dinas.  se  ressouvenant  de  ses  bracheU,  alla  Jes 
réclamer';  le  chevalier  n'osant  plus  rompre  une  lance,  la 
demoiselle  le  quitta,  furieuse,  pour  reprendre  Dinas,  qui  s'y 
refusa  :  «  AUz  quelle  part  tje  vous  voudrois,  lui  dit-il,  qe  de 
vous  n'ai  je  mes  cure;  de  vostre  afere  me  gart  Diex;  aies 
vous  en  a  tous  mIx  qi  sont  en  enfer.'  Fuiez  de  ci,  darne/ 
fuies  de  ci"^/  quar  bien  sachiez  qm  ce  que  gf  vos  voi  tant 
salement  m'anoie^.  m  Bile  s'en  alla  en  emmenant  les  chiens, 
coais  Dinas  la  retint  et  les  réclama.  Elle  lui  proposa  de  les 
pUcer  au  milieu  et  de  les  appeler,  cbacua  de  son  côté;  s'ils 
venaient  à  la  demoiselle,  elle  en  serait  la  propriétaire.  Dinas 
y  consentit  :  «  Ge^  me  fi  tant  en  la  très  boite  orine^  des 
broches  et  en  h  ^  gentilesce^  que  ge  sai  bien  qu'il  n'iront 
mis  foloiant  '  ausint  com  vos  feistes  orenâiy^ii;  ii  n'ont  mie  le 
sattc  de  famé  ne  ta  nature;  gentilesa'  ne  faudra  mie  en 
elSi  mais  ele  faut  ou  cuer  de  fame^  et  ce  t'tr/oi;  vos  oren- 
droii.  Les  brochets  vinrent  tout  de  suite  h  Dinas.  qui  lor 
avoit  fait  plus  de  bien^,  11  fit  remarquer  à  la  demoiselle  qe 
mielz  tauttle.  chien  Umatureet  est  plus genlite  et  plus  franche 
§t  plus  loial  et  plus  entérine  qe  la  nature  de  feme.  11  céda  de 


O 11  donne  le 
choix  à  la  de- 
moiselle :  9)  tu 
préfcTP  son 
amaot 


ter,  t;t  U  ijo- 
moisollu  l'o- 
bandomie. 


Les  cineiis.  pla- 
cés rentre  la 
<lomoi»L<llo  Dt 
Diuns.  vont  & 
leur  mAJtre. 


1,  Manque  duis  99,  mais  te  trouve  dann  94  et  dons  tous  les  autrea 
mra. 

?.  Aiori,  dcruxfnis  dans  750;  noe  fois  dans  756;  33-t. 

3.  Que  bien  $ach.  tout  e$rtein0ment  gîte  334.  —  Tant  sotâm.  (7aOj 
raaoquedaDfiTôC,  334. 

4.  Pa«fia|i»  copié  dans  760;  les  autrf<«  m»?,  mnt  d'accord  pour  to 
fond. 

5.  Bii  ta  naturêlbS. 

6.  lor  756. 

7.  756  :  li'il  n'iront  m.  fortignant,  corne  tuus  fetts,  car  it  ne  sont  mie 
de  mne  dt  feme,  et  ce  verronj  nous  orendroit, 

8.  «,  ajoute  756,  plus  i  trowrtnt  de  piM, 
Lôasm.  —  Tristan»  9 


—  130  — 


l)on  cœur  la  demoiselle  au  chevalier,  en   promellanl  de  ne 

plup  jtomais  se  l)altre  pour  elle  .  mais  le  chevalier  en  avait 

assez  :  elle  lui  avait  trop  fail  voir  qu'elle  n'était  pas  estahtet 

ÏM     iiemoiseiic  et  cot  anioiir  ne  lui  avait  valu  que  de  Vencomùrier \  il  la 

Bi^  pnr' "lîinaa  repoussa  doDC  lui  aussi  en  s'écriant  :  «  Ce  solcment  f^e  ge  ta 

8t  par  le  che-  voi  in'anoic  f  «  La  demoiselle,  pleine  de  honte  et  de  dépit, 

^    ^^'  resta  tfumi  le  chemin,  regardant  partir  ses  deui  amants  *. 

179.  Dinas,  rentré,  raconta  cette  avcnlureâ  ses  h6tes,  qui  la 
irouvèrenl  fort  belle  et,  à  leur  tour,  lui  racontèrent  la  défaite 
de  Marc,  qu'apprit  hienli^t  toute  la  Comonaillc-  Deux  jours 
après,  ils  s'en  vont  en  Logres  et  se  logent  par  hasard  chei 
Daras,  â  qui  ils  parlent  de  la  quôte  du  chevalier  noir,  dont  ils 
louent  les  hautes  qualités.  Le  lendemain,  ils  ({uittcnt  Daras, 
(jui  est  très  content  d'avoir  entre  ses  mains  le  meilleur  che- 
valier du  monde ,  et  renconlront  Lancelot  avec  la  demoiselle 
d'Iseut;  ils  ne  le  reconnaissent  pas,  son  écu  étant  couvert 
d'une  housse  bloe.  Lancelot  refuse  la  joute  proposée,  malgré 
Gahoriet,  par  Keu,  qui  parvient  pourtant  à  lui  faire  dire  son 
nom.  On  échange  des  nouvelles.  Lancelot  hait  lui  aussi  le  roi 
Marc;  s'il  raltra[)e,  il  ne  le  tuera  pas,  parce  qu'il  est  roi. 
mais  il  lui  fera  (t  tant  q'il  H  en  souvicjidroit  tout  son  aa^e.  s 
Il  encourage  les  deux  comp;ignons  k  maintenir  la  quête  de 
Tristan,  qui  n'a  pas  encore  duré  aussi  longtemps  que  celle 
qu'on  avait  faite  jadis  pour  le  retrouver  lui-mÔrae,  la  quête 
de  Sorelois,  comme  la  nomme  Kcu.  —  I«i  domoisollo  ahan- 
donne  la  compagnie  de  Lancelot,  qui  la  charge  de  présenter 
ses  salutations  â  Iseut,  à  Marc  et  à  Dinas.  Elle  retourne  en 
Gomouaille  \ 


Gaberïet  et  Keu 
chez  Daroâ. 


tis  rencontrent 
Laaoelol  et  la 
domûise)  le  d'I- 
seut. 


La      demoiselle 
rolournc  ooflo 

en 
Cornouoille. 

Lancelot  va 

olierclicrTrislou 

en  8*jreloi8. 


180.  Lancelot  trouve  probable  que  Tristan,  qu'on  a  tant 
cherché  inutilement  en  Logres,  est  passé  en  Sorelois,  pays 
affectionné  par  les  chevaliers,  parce  qu'il  est  delitable  et  aaiiié 
dé  toutes  choses.  On  se  détermine  donc  à  y  aller,  et  directe- 
ment, en  passant  par  le  royaume  de  Norgales. 

181.  Tristan,  Dinadan  et  Palamêde  emprisonnés  ont  peur 
d'avoir  la  lélc  tranchée.  Ils  sont  ras.suré3  par  une  deiuoiscllo 
quij  au  soir,  vient  leur  dire  que  le  seigneur  du  ch&teau  ne  les 

i.  Cette  historicUp  w  retrouve  dans  le  Ch(vali4r  a  t'«spe€  ei  dans 
Gaiitain;  uti  ancien  lai  en  aura  fourni  le  fond. 
S.  Plus  question  de  retour  auprès  de  la  reine  Guenièrre;  cf.  {  154. 


—  131  — 


mettra  pas  h  mort.  Tristan  fait  plus  belle  Mère  que  les  autres  ; 
si  Ji'avoii  il  pas  U'  cueur  7neins  '  a  malaûse.  ruais  plus  hd  ne 
savoil  réconforter.  Le  lendemain  la  demoiselle  reparaît  et  leur 
dit  que  Daras  leur  veut  moins  de  mal  (|u'elle  n'avait  cru  ;  nos 
trois  prisonniers  s'en  réjouissent,  et  Dinadan  recommence  se? 
plaisanteries  :  «  Aveï-vous,  dit-il  à  Palamède,  jamais  vu 
vietre  en  un  lieudeus  bestes  qi  nalurelment  s'entrcvousisscnt 
mat,  qi  longtietnent  se  lenment  en  pez  ?  —  Non.  —  Et 
Palamède  et  Tristan,  pourrait-on  lefi  mettre  ensemble  sans(]ue 
rancune  n'i  sorvenist? —  Oh!  non,  il»  sa  haïssent  trop  pour 
cela.  —  Moult  a  ore,  poursuit  Dinadan,  greingnor  descorde 
entre  te  Ifu  et  la  hrebiz  que  il  n'a  entre  Pal.  et  Tr.  Kt  cepen- 
dant j'ai  vu,  dans  une  Ibssc  profonde»  le  loup  et  la  brebis,  ot 
le  loup,  emprisonné,  était  devenu  si  couai-d  qu'il  ne  for/ist  de 
riens  a  la  brebis,  qui  aurait  bien  pu  tuer  le  loup,  si  elle  avait 
eu  assez  de  force.  «  Palamède  n'a  pas  de  peine  à  croire  cela  : 
«  La  prison,  dit-il,  est  uue  chose  qi  admoneste  félon  et 
abesse  cuer  orgueilleux  '.  »  Alors  Dinadan  lui  dit  entin  qu'il  est 
à  t'ôté  de  Tristan  lui-même  ■'•  cl  lui  demande  lequel  des  deux 
commencera  la  bataille.  Palamt-de  confus  no  rt^poud  pas.  «  Je 
répondrai  pour  nous  deux,  »  dit  Tristan  :  il  est  davis  qu'il  ne 
peut  être  question  de  se  battre  comme  cela  en  prison  au 
moment  où  leur  vie  est  en  aventure  ;  celui  qui  les  tient  en  son 
pouvoir  leur  a  fourni  trop  de  guêtre  pour  qu'il  leur  en  faille 
encore  plus,  —  et  Palamède  est  parfaitement  d'accord.  «  Vous 
voilà  devenus  très  bons  amis!  dit  Dinadan.  Dieu  veuille  que 
votre  amitié  dure  moins  longtemps  que  celle  de  Galebout  et  de 
Lancelotl  »  Tristan  rit,  mais  Palamède  se  courrouce,  sans 
oser  montrer  son  dépit.  Tristan  lui  demande  ce  qu'il  dit  de  la 
rancune  qui  a  rc^gné  si  longtemps  entre  eux.  et  Palamède  se 
plaint  de  tout  le  mal  que  Tristan  lui  a  fait  :  il  croit  avoir  le 
droit  de  le  haïr,  tandis  que  Tristan  n'a  aucune  raison  de  lui 
porter  mauvaise  volonté.  Tristau  trouve  que  c'est  vrai  ;  il  répond 
ccpendantque  Palamède  lui  a  souvent  n  fait  lecuer  triste  que 
Je  fusse  liez  et  joiant  «  \  quoi  qu'il  en  soit,  il  vaut  mieux 
pour  le  moment  oublier  tout  cela  et  se  consoler  comme  on 
peut,  en  recordanl  leur  bonnes  et  belles  aventures  et  en  pen- 

\.  756,  riiulivcment,  ;t/iu. 

3.  Adomeschist  f.  et  humitie  h  cuer  de  l'oulrageus  et  de  l'org.  334. 

3.  Maiîî  comnipnl  Pabini.  n'a-l-il  pas  Afyx  reconnu  Tr.  pendant 
tout  le  temps  qu'ils  ont  pasHâ  eneemblo  chez  Daras  et,  eurtour,  tlfptiiij 
qu'on  Ic8  a  jeté»  en  prison  ? 


(^nversation  de 
Tristnn  et  <!» 
Ditiattan   avoc 

Pulmnèdo, 
dans  la  pri&oa 
da  Daru, 


Tristan  et  t»aU- 
môilû  rctiQot- 
tenl  Ifiurjlm- 

tiiitlû. 


Chagrin  do  Pa- 
lamède. 


—  132  — 
sani  M  attx  biens  et  atto!  joies  *  que  nous  avons  souventes  fois 
eu,  et  aux  Qrans  hiens  <yc  nous  pm^rom  encore  avoir  et 
Qvrons,  ce  Ùiex  plest.  »  Palamôdc  trouve  qu'il  est  facile  à 
Tristan  de  parler  delà  sorle,  lui  qui  a  eu  tant  de  joie  làot'i  tui- 
méme  n'a  éprouvé  que  d'amei-s  cha^'Hns  :  il  sait  bien  qno 
tout  cola  finira  pas  sa  mort,  tandis  que  Tristan  triomphera  tou- 
jours. Ici  Dinadan  intervient  et  le  prie  de  chaDger  de  convei^ 
sation. 

Tristan  malade.  183.  Tristan  tombe  malade,  ne  sai  de  '/ele  maladie;  à  la 
fin,  Uinatlan  le  croit  perdu,  et  les  deux  compagnons  de  Tris- 
tan en  font  si  grant  dttel^  corne  s^il  [fust]  frère  de  chascun. 
On  avertit  le  seigneur,  qui  s'attendrit  cl  fait  retirer  Tristan 
de  la  prison  ;  un  mois  plus  tard  celui-ci  est  guéri  de  la  pluie 
qxie  m.  Lan»  H  avoit  fête  et  décelé  maladie  mee^wies. 

Tristan,  Pala-  t83.  Puis  Daras  rend  la  liberté  à  ses  trois  prisonniers,  non 
dnn  mîs  en"*"  P^^  "  '^"'  P^^'  ^"ï^r  qe  j'aie  en  vous,  comme  je  faz  f>our  /'ti«- 
beité  (lar  Da-  nor  fU  chevnkrie  mètre  avant  »,  et  il  prie  Tristan  de  se  rap- 
"''  peler  cette  grâce,  si  jamais  le  iils  qui  lui  reste  a  iKîSoin  de  son 

secours.  Tristan  témoigne  s;i  reconnaissance;  il  dit  que  s'il  a 
luÉ  les  deux  fils  de  son  hi'jte,  ce  n'a  point  cté  cxpràs,  <xir  il  ne 
les  connaissait  pas,  et  il  prie  Daras  de  le  lui  partJonner.  Celui- 
ci  consent,  en  déclarant  qu'il  accorde  ce  pardon  pliit/ït  A  cause 
de  la  haute  chevalerie  de  TrisUin  que  par  aunnir  pour  sa 
personne. 

I^s  trois  chevaliers  se  font  armer,  prennent  congé  de  Daras 
el  partent  ^. 

1.  Pms.  oui  crans  Joies  gue  334, 

2.  Ici  fiait  lems.  756,  en  aononranl  des  avonuircj'  do  Tristan  oi  de 
Dinadan  (fo  265  d)  :  Or  laisse  li  contez...  et  retome  a  m.  T.  et  a  Uynaâ. 
de  lors  aventurea  qe  puù  lor  avindrent.  (Le  reste  de  la  colonne  u«t  blanc, 
de  môme  les  trois  derniL-rs  foudlels).  757,  dont  je  suis  dorénavant  le 
U»xlo,  débute*  ainsi  :  Or  dit  U  cotUes  qe  quant  m.  T.  et  Dynad.  se  furent 
partiz  de  l'astel  dont  (sic)  il  estoiftit  lierberQif  ovecques  Pal.,  si  chevau- 
ehierettt,  etc.  Maïs  tous  les  autres  rnss.  qui  toiitit'unciil  la  première  par- 
tie de  notre  roman  [334,  750,  335,  776,  97,  102,  340,  100;  «9,  94; 
103  avec  le?  imprimés  et  Tressan;  —  lacune  dans  104  el  12599;  758 
abrège)  prf-sentmt  ici  u  ne  ri5fiai;lioiidilTéreule  pour  laquelleje  suis  le  texte 
de  334,  CD  duiinaut  les  varianles  iiiiporlanles  :  L(^  Iroi*  cnmpapnoiis 
partent  de  chez  Daras  liez  et  joianz  de  ce  qu'ils  seul  Itor;*  de  prison..; 
il  estoil  encore  auques  matin  ;  ri  ckevauehierent  ensemble  Jusques  twrr 
hsure  de  tierce,  et  lorj  leur  aiHnl  que  il  vindrent  a  l'entrce  d'une  fbrtst; 
ti  trovcrcnt  iUcqucs  une  croiz  qui  d^arloit  J/II.  voies,  Tristan,  qui  veut 
courir  les  aventures  tout  eeul,  profite  de  ce  qu'on  est  venu  à  cet  endroit 


» 


ponr-iiiivie  pttf 

BretiUâ. 


—  133  — 

184(757,  PI).  Tristan  eï  Dinadan  arrivent  à  la  forêt  de  Ouise.  \yeaturftsd«~ 
Ils  trouvent  des  pavillons  où  s«  tient  an  chevalier  Messe,  qui  nldan"  ^'  ^^' 
abat  Dinadan  el  ensuite  Gauvain  et  Guerrett  qui  sont  survenus. 
Le  chevalier  lorabe  épuisé,  Gauvain  veut  le  tuer,  mais  U  en 
est  empoché  par  Tristan,  qui,  l'ayant  vaincu,  ne  1  opargne  que 
pour  l'amour  d'Arthur  :  Gauvain,  au  dir«  de  Dinadan,  est  un 
des  pires  chevaliers  du  monde.  —  Les  deux  conq^a^nons  se 
logent  chez  un  chevalier,  dont  le  6Is,  AtixUlei,  veut  ahsolu* 
ment  jouter  avec  Tristan,  à  qui  le  père  fait  promettre  d^éviler 

pour  proposer  qu'on  se  8t*pan»,  el  \h  s'entrfcommantUnt  a  Dieu,  ne  nuU 
«ulrr  cKosf  ne  t'tntrtdient. 

181  a.  Dirutdaii  innivo  k  nno  fontaine  uni*  demoiselle  qui  lui  Diaadfln  d^livTA 
raconte  quo  don  frùri'  u  t^li^  ltH'  p;ir  Brfhns,  qui  la  relienl  ellf-méme  iin«iI"moi«*»ll(^ 
avec  lui.  Curamo  ils  r*tairitt  tI>'S(:fiiilu>;  ù  ta  ruituitti',  un  cri  it'cluit  fait 
colCQilre.  et  itrehus  iHait  alti'^  voir  o*  qu'il  eu  l'tait  :  puis  I»  pali'froi  do 
lAdoinoisetlp  .s'était  ^arnv,  pt  l'^uvor  l'avait  quitt)''e  pour  le  rattraper. 
—  Brfhus,  qui  réparait,  t^^I  défii-  par  Dinadin  ;  gnivcninit  b|p*si*,  il 
parvieut  à  s'enfuir.  I^  dpmoiï*ll«'  conduit  Dinadan  :tu  clidtcaii  île  l'un 
d«  ses  oiuflinfi,  qui  fait  fuie  au  lil»érat*'ur  df»  sa  oicce. 

185  a-  TrisiAci  et  Gouvernai  nont  pas  d'aventuwïscr  jotir-Ii  (334,  f* 

286) .  Tristan  cummrncera  à  chcMinchflr  di^nnai.*?  à  travers  le  Ldgn's  tiVi 

nieement.  l\  trouvera  braucnnp  d'aventures  qtte  jt  ne  vot  drvUc  ptu  a 

cfstvi  point  en  nostre  livre;  ançoU  Ut  Usse  a  contrr^  pour  ce  qtu  en  ./. 

mutre  litu  tn  d0T%se{a],  et  je  n'ai  cure  dt  eonltr  .//.  f^i  unt  matin  en 

^  vwm  tivrg,  ancoù  m'en  vuêitt  passer  plut  hriefmttnt.   À  celui  tctups  tans 

nvJfdouU  tie livra  Trystran  Lam'irai  de  Galei  d'une  prison  mauU  eslrari'je 

ou  H  estoii  emprisonnez  en  une  vite.  A  celui  tftnps  /Ist  il  tnoult  de  nier- 

VeiUtt*.>,  tet  quelcs  Je  ne  vos  dtvisertii pas  b}  ijuant  a  ore^  pour  l'amour  à' 

f'W  que  trop  servtt  grant  tvtui  de  deviser  tut  mot  a  mot  tes  chevaleries  que  il 

fUt  ûdoncifues  :  car  i{  en  {ht  tant  que  ce  serait  trop  tjreveuse  chose  a  devi- 

Èsr.   Touiei  1er  avffi turf ^  riui"  rotUer  i  convient  et  qui  a  moi   apartiennent 

L#  detUer  ,;  :•■  j>,  se  IMkz  me  cotisait  et  il  me  vcull  con- 

inUrr, /i  '.■■  ^-.wnt  sans  nuler  aventure  oublier  ne  1res- 

•  et  sanz  ce  que  je  ne  vos  i  ferai  nule  alonfftie .  qtte  chaicun  de  touz 

qui  les  contes  lira  et  orra  prisera  et   locra  nostre  livre  par  desus 

I  autres  livres  ri  par  desux  toutes  cstoirex  qui  soient  ortndrttit  courant 

' parmi  le  monde ,  et  cowmrncrrai  tout  premiertnunt  desus  Tryttrammeumej 

tt  danu  Ui  autres  chevaleries  que  il  /ist  parmi  U  roiaume  de  Ixigres  en 

geUâlermiru  et  [t]es  autres  que  ili  fu,et  commencerai  en  tele  manieremon 

Ttonte.  Au  soir  df  In  juurnée  où  Tristan  avait  quitté  ses  comparons,  il 

Inuarclie  vtirs    l'entrée-   de.  Normales,  quaud  ■^*j&   deu.i  écnyor»,  qui  ja 

oient  perdu  meint  jour,  le  rolronvcnt.   Puis,  arrivée  au  ohàleau  de 

lin,  »  757  ;  voy,  plus  loin,  $  tUO, 


'  ifd.    «r    la    }■  «X  cfit  fittt    ai,<rlrm*ftl     J    <Wui    ttmpi    dfUfm  il 

»a*%  fA'il-  t-awt 

f*  *«(  nnttrmt  «n  ttt  ■uiawn  mb  xtn  çrrHt, 


Tristan  et  Dioa- 
dan  cher  Au- 
tine. 


—   134  — 

la  bntaUlo.  Cependant  Ânxilles,  ayant  poursuivi  Tristan,  est 
abattu,  et  son  frère,  qui  l'accompagnait,  est  tué  (1*4;. 

185.  On  rencontre  une  demoiselle  *  qui  obtient  de  Tristan 
un  don,  qu'elle  ne  veut  pas  demander  pour  le  moment. 

Tristan  s'endort  sur  son  cheval,  et  est  abattu,  ainsi  que 
Dinadan,  par  Ossenam  Cuer  Hardi,  qui  garde  un  pont.  Il 
leur  raconte  qu'il  était  venu  à  ce  pont  en  cherchant  le  saint 
Graal  ^,  et  qu'il  y  avait  tué  Lamfale,  un  chevalier  d'Kcosse, 
dont  la  diune  le  fil  emprisonner,  puis  le  délivra  en  apprenant 
qu'il  était  de  la  maison  d'Arthur.  Il  s'éprit  d'elle  et  s'engagea 
à  défendre  le  pont  deux  ans  pour  la  gagner.  —  TrisUn  et 
Dinadan  vont  se  loger  dans  le  château  de  cette  dame,  dont 
Ossenam  loue  la  beauté  et  dont  la  vue  rappelle  vivement  à  Tris- 
L'histoire  de  la  tan  le  souvotiir  d'Iseut. — L.1  donioiselle  à  qui  Tristan  avait  pro- 
baïed'AuiîDe.  iDiis  le  don  vient  le  réclamer.  Elle  él^it  aimée  de  Pinabef^  qui 
avait  tué  l'un  de  ses  si.ï  frères,  Urû^es,  pour  venger  l'oncle  de  la 
demoiselle,  tué  par  ce  frôre;  ensuite  les  autres  frères  et  Pîna- 
hcl  B'entr'égorgèrent  ;  et  un  de  leurs  parents  força  la  demoi- 
selle d'aller  se  livrer  à  son  ennemie  la  plus  mortelle,  c'est-à- 
dire  Autine,  la  dame  du  château  où  Ton  se  trouve  et  la  scûur 
de  tous  ces  frères.  La  demoiselle,  ayant  raconté  cela,  eiige  que 
Tristan  lui  coupe  la  léte,  car  elle  aime  mieux  recevoir  ta  mort 
de  sa  main.  A  la  place,  il  engage  une  lutte  avec  Ossenam  et 
quatre  chevaliers  j  ils  sont  tous  vaincus  et  chassés,  et  Tristan 
s'en  va  avec  la  demoiselle.  —  Dinadan,  qui  est  tombé  amou- 
reux de  la  châtelaine,  promet  de  lui  présenter  la  tète  de  la 
demoiselle  et  part  avec  Ossenam,  qui  a  fait  le  même  vœu. 

186.  Tristan,  accompagné  de  la  demoiselle,  qui  le  connaît 
pour  l'avoir  vu  lors  de  sou  combat  avec  le  Morhout,  trouve 
Madnr  d-e  la  Porte  h  un  ermitage  et  l'abat.  Dinadan  et  Osse- 
nam arrivent  et  sont  vaincus.  Tristan  reprend  sa  marche  avec 
la  demoiselle  (757  f*  9);  ils  rencontrent  un  valet  anuonraiii 

AiMioncf'    iiu  un  tournoi  que  la  reine  Gucniévre  a  entrepris  contre  les  rois 
tournoi  h  '~ 
Roche  dure. 

dure. 


lournoi  h  \a  ^'lJ.l^^^^Q  g^  d'Ecosse  Cl  qui  aura  "lieu  au  château  de  la  Hoche 


TristnnctUmo-      187.  Les  deux  voyageurs  arrivent  au  Ckastel  cri[mi]n^  *, 

rnt  dane  Tlle. 

1.  Co  qui  suit  ao  rotrouvo  dans  la  Tav,  Rit.  (p.  ?S0  ss);  cf.  §  lOB. 

•2.  Cf.  la  prt^faco,  §  \U. 

3.  C.  entdêU  Tav.  Rit.,  p.  292. 


—  135  — 

où  ou  maliraite  les  chevaliers  errants  et  les  demoiselles.  Tris- 
tan cl  sa  cooifiagnc  Jo  routo  sont  (Kiurtaot  bîcu  reçus,  mais  la 
demoiselle  est  inquiète  de  ce  <iin  poun*aii  arriver.  Kn  ctrct,  on 
leur  faïl  savoir  que,  p(»uc  sortir,  i!  faut  vaincre  un  chcvaJier 
qui  se  lient  dans  une  île  relire  au  château  par  un  pont  de 
,  fer»  sur  l'Ombre;  s'il  est   vainqueur,  il  mettra  à  mort  son 
Irersaire.  Tristan  se  présente.  Pcod^iut  la  bataille,  les  deux 
[»n)battaats  se  font  connaître  ;   le  chevalier  de  l'île  —  c'est 
^uuorat  —  admire  Tristan  et  dit  avoir  éic  armé  chevalier  par 
lui  en  Cornouaille  V  Lamorat  lui  raconte  que  le  vainqueur  ne 
^pourra  sortir  qu'au  bout  d'un  an  et  que  le  pont  est  faé  et 
devient  invisible  dès  qu'on  Ta  paâsê  ;  mais  Tristan  a  sur  lui 
|uelque  chose  qui  résiste  à  tout  enchantement  :  c'est  la  pierre 
^d'une  l>ague  qu'Iseut   lui  a  donnée  -.  Los   deux  chevaliers  U 
décident  d'attendre,  pour  s'en  aller,  rarrivoe  de  la  nuit  et, 
afin  de  tromper  les  gens  du  chAtoâu,  ils  reprennent  la  lutte; 
Tristan  se  laisse  tomber,  et  on  le  croit  mort. 

La  demoiselle  est  confrontée  avec  les  dames  du  cliâteau  : 
amme  sa  beauté  n'est  pas  ju^'ée  supérieure,  on  lui  coupe  la 
lie. 


bogue 
scaL 


i!I- 


188.  Tristan.  Lamorat  et  Gouvernai  en  écuyer  parlent  dans 
la  nuit  à  pied  \  lia  sont  logés  par  un  des  parents  de  Lamorat, 
Terriaden  ^,  qui  donne  des  nouvelles  de  la  Cornouaille,  où  il  a 
jouta  avec  le  roi  Marc. 

J89.  Tristan  et   Lamorat   partent  [Mmv  le  château  de   la  Tristan   et   I. 
tocho  dure.  Ils  rencontrent  le  chevalier  qui  avait  abattu  Gau-     ?Mi'Brunor"l 
vain,  Guerrol  et  Dinadan  devant  les  pavillons  ^;  c'est  Brunor     noir. 
le  noir.  Il  renverse  Lamorat,  est  renvei-sé  lui-môme  par  Tris- 
uu  et  se  bat  à  l'épéc  avec  Lajnoral  ;  Tristan  les  sépare,  et 
DUS  trois  partent  ensemble.  (757,  I*  1 4). 
A  une  fontaine  ils  trouvent,  sur  un  perron,  un  glaive  cort 


!.  t   Vous  dites  vtriti,  •  dit  Tr.,  mais  il  n'y  a  aucune  irnco  de  cola 
■zu  fx  qui  |tFt'LH-de;  on  rovanche.  Tristan   fait  allusion   au   mcsaigt 
td^^({r^Able  quo  Lamumi  lui  uv.-lîi  covoyi^  à  la  cour  d^  Marc  (cf.  §  47). 

2.  La  tiafoie  d'Iseut  est  me^lioimée  eucuru  daus  la  cinquième  partie 
du  m».  I2WJ,  cf.  §397  a. 

3.  Cf.  l'hii^toire  nualo^e  dans  t'2509  de  la  lutle  de  Gaberiet  et  Fer- 
ai dans  l'île  de  la  siX'ur  de  ce  dernier;  eux  au&sj  se  sauvent;  voy.  { 

'Î9I  a. 

4.  Triadan,  Tav.  ttit. 

5.  Voy.  S  181. 


—  136  — 


Le 

r 

pôrw 


I    fflaiïe    eï  et  grox  et  une  épée  avec  des  lettres  gravées  qui  disent  :  «  Avoc 

.èrw\uo"  nls  <^c  ^?«>t)d  le  père  tuera  Bon  fils,  et  avec  celle  épéo  le  fils  tuera 

««lucTûiiti'iiu  son  père,  lejouroii  périra  la  bonté  du  royaume  de  Logres. 

Seul,  le  meilleur  chevalier  du  monde  pourra  les  remuer.   » 

Tristan  ni  les  autres  n'osent  essayer,  et  ils  se  séparent  à  an 

carrefour  '.  Tristan  cherche  partout  Lancelot. 


Tristan  chez  190.  Tristan  arrive  chez  Morgain  *,  à  qui  son  frère,  le  roi 
orgftiD.  Arthur,  avait  intei-dit  la  cour  à  cause  de  sa  déloyauté,  en  la 
menaçant  de  la  mort;  elle  se  cache  aisément,  grâce  aux 
enchantements  que  lui  a  appris  Merlin,  le  sage,  qui  fut  lue 
par  la  dame  du  Lac -^  Tristan  ue  veut  pas  dire  son  nom  à 
Morgain,  qui  est  avec  six  chevaliers  et  douze  demoiselles  *. 
11  prétend  ôlre  deCornouaille,  et  Morgain  s'adresse  en  vain  à 
Gouvernai  ^.  Tristan  passe  la  nuit  dans  la  chambre  où  Lan- 
celot avait  fait  les  tableaux  représentant  ses  amours  avec  Gue- 
nièvre  ;  ce  chevalier  avait  été,  pendant  un  an  et  demi,  le  pri- 
sonnier de  Morgain,  qui  voulait  contrarier  Gueuiêvre  et  se 
faire  aimer   de   Lancelot;    mais   celui-ci   resta    fidèle^.   — 

Elle  le  charge  lie  Morgain  ne  veut  pas  laisseï  partir  Tristan  avant  qu'il  ait  dit 

îuliuTéci/'""  ^^"-  ^°°^  *  ^*  ^^  ^^^^  ^^^'^^'  ^^  céder.  La  Ice  se  nomme  éga- 
lement et  lui  raconte  que,  grâce  àGuenièvre,  son  frère  Arthur 
l'aurait  tuée,  si  elle  ne  s'était  enfuie^.  Kllc  remet  à  Tristan 
un  écu  vert,  oi'i  ini  chevalier  est  représenté  appuyant  ses  pieds 
sur  la  tét«  d'une  i-eine  et  d'un  roi;  Tristan  doit  le  porter  au 
tournoi.  Cet  écu  rinqui«le,  mais  Morgain  lui  dit  que  son  père 
IJtorpendragon  en  a  porté  un  comme  cela.  «  Je  veux,  pour- 
suivelle,  que  le  meilleur  chevalier  du  monde  porte  cet  écu,  qui 

1.  La  Tai\  JUl.  annonce  ici  lu  mort  de  Lamorat. 

2.  Ici  334  cl  les  aulres  repreiineut  le  lexle  de  757  ;  pour  et*  qui  prp- 
diile  dans  ces  insa.,  v.  §  185  a. 

3.  Ct^s  déluils  «e  trouvent  soulemenl  dans  757. 
1.  r.cld  nVsl  pas  dan»  103. 

5.  Dans  33i  Tr.  dit  6tre  d'uo  paye  étranficer,  et  Morg.  ne  d'adrento'' 
pas  à  Gouvernai. 

6.  33i  ei  I^B  autrcH  :  ot  qui  vpuL  siivoir  celle  chnHP,  qu'il  prenne  le 
prajifc  livre  ùv  fiancelot.  Vny.  I*.  Paris,  Hom.  (t.  l.  T.  /{.,V,  315  ss. 

7.  Tout  cela  n'est  pas;  dans  334,  clc.  qui,  à  la  place,  annoncent  iri 
lt>  louriioi  :  Triftluii  dit  à  Morgain  qu'il  veut  uller  au  inuraoi  qut  doit 
avoir  lii'u  îi  Ttûche  dure,  rt  de  ce.  disoil  il  verit^^  rt  II.  d.  n  rstoït  ianz 
nule  faille ./.  cluutel  uù  il  devait  y  avnïr  un  Umrnoi,  arrangé  pur  Arthur, 
pour  qm>  Trislun  y  viul.  «  Savez-voui*,  dit  Morp.,  fpii  u  t^nlrflpris  ix 
tournoi?  —  Je  le  sais  bien,  répond  Tr.  :  Arthur  l*a  fait  enu*eprendrc 
à  Guenièvre  contre  le  roi  d'Irlande.  » 


m 


—  137  — 

rapiïpllera  h  mon  frère  le  souvenir  do  notre  père  K  »  C'est  un 
nienisonge  :  elle  l'a  fait  taire  pour  Jouer  un  mauvaL^  tour  à 
Guenièvre. 

191.  L'ami  de  Mor^ia.  Huncaon^^  qui  est  devenu  jaloui  QuoesontuApar 
de   Tristan,  le  suit  quind  il   pari  et  l'attaque;  il    est    tué,       l'''»**^- 
Morgain  fait  écrire  sur  &od  tombeau  que  la  mort  de  Tristan 
sera  encore  plus  cruHle  :  il  sera  tué  avec  la  môme  lance  dont 
il  a  tué  l'amant  (le  Morguin, 

Tristan   continue   son  cbemin  ^.    Un  vavasseur  lui  donne 
l'hospitalité  et  lui  dit  qu'Hi'ctor  est  venu  par  là  en  se  rendant 
également  au  tournoi  *.  —  Ije  lendemain  Tristin  part;   une 
demoiselle  l'atteint  ;  elle  vient  de  la  p.irt  de  Morcam  deman- 
der à  Tristan  sa  lanc<>.   Elle  lui  dit  (|uil  devra  mourir  par  "dcrowL'*af 
celte  lance,  mais  Tristan  en  rit  :  il  traite  cela  de  fable  ft  7nen-     Mnr^m    *un 
congé,  et  donne  le  ghive  h  la  demoiselle,  qui  le  rapporte  à     £»?«  "(Jû^'^Iu!- 
.  Morguin  ^.  mônie. 

195.  Tristan  arrive  à  la  Roche  dure®  et  y  trouve  un  grand  Le  tournoi    dâ 
nombre  dr  pavillons  et  de  foiUies.  où  se  tiennent  les  chevaliers  i^uuro. 

dç&  rois  d'Kcosso  el  d'Irlande,  U-iudis  que  ceux  de  Guenièvre 

I.  i>«iî  il«-rnirre  remarque  \tn»  lUiii'  334. 

ï.  Am*i  335;  750;  103  ;  100.  97.  «02;  //un«ow  334  ;  Humeson  9'i. 
94;  Oumaorn  349;  Bomenim  776  (Uc.  daus  104).  —  Onaun  Tav.  Hit; 
fp.  481.  Viussu.) 

3.  ÎUas  la  Tai'.  RU.  il  triomphe  eTi>uiu«  du  neveu  de  Lucao  le 
gnod,  qui  le  prtMid  pour  I^ncelot,  stin  enaerni  murtel,  et  qui,  eavoyé 
prii^DUuiiT  il  Camoalotb  par  Trisil.,  se  JRUe  à  l'eau.  Puis  Tr.  arrive  k 
U  Rurlii'  dure. 

4.  I)»ns  334  el  It»  auU^^  U  y  a  une  conversation  cuire  Tristan  et  le 
\-jivii«iu«ur,qut  II»  prie  de  lui  nommer  deux  ou  trois  chevaliers  plua  preux 

r.  Triataxi  tioimne  Laucelot,   Boliurt  el  Bliobcri^;  il  ajoute 
qunut  à  IVpée  :  —  Gjihericl  vaut  «  deux  Gamains;  •   — 
cnltu  Lamontt,  qu'il  a  éprouvé  n'a  pas  encore  g rarnment  de  temps. 

5.  L'hisloîre  de  celte  l»nce,  qui  hî  retrouve  dans  le  r^cîl  de  la  morl 
de  Trisian,    voy.    jî   546,   li^rure  danh   Uili  iiussi ,    Lirn   qu<*  ce  ms. 

cd<;nne  la  mon  d'après  la  version  d(?s  pot'mes  'TV.  moumul  en  Pet.- 
I.].  —  La  Tav.  Itit.  fait  apporter  lu  lance  à  Marc  plus  loin  [voy. 
'I  &35  d,  note.) 

6.  Dsofl  334,  750  et  te^  autres,  te  rpcit  du  tournoi  de  la  Roche  dure 
«tt  afarfi^.  Après  avoir  parlé  des  futilUees,  dont  il  y  a  plu»  de  troi* 
crots,  el  f\^  Gueni*vre,  qui  a  armngé  ce  lotirnoi  à  l'instigation  du  roi» 
for  fieu  et  par  tnvoiseûre,  n-*  ms«.   poursiiivent  ain^î  (334,  f*  ?88)  : 

j  Ovê  voa  dtroi>  jefA  celui  tournoiement  le  fist  ti  1res  bien  Tnjstram  que  ce 
r/b  mtrvtmtt  a  woir,  et  tant  birn  se  pro'iva  que  se  it  a  l'autre  aisembire 
Wmioit  ké€i^  (et,  etwtre  te  fist  it  assez  miels  a  ctste.  .V^  pour  et  que  r< 


Rédaction  dilTé- 
rentu. 


—   138  — 

sont  dans  le  chAteau  ;  la  reino  n'avait  du  reste  entrepris  ce 
tournoi  que  parce  que  le  roi  le  lui  avait  ordonné  par  jeu  et 
par  envoiseiire.  Tristan  ne  veut  pas  aller  au  chAieau  et  rofuse 
de  suivre  une  demoiselle  qui  arrive  et  qui  offre  de  Ty  conduire 
pour  lui  faire  faire  la  connaissance  du  roi.  Il  trouve  Aglovat  ^ 
et  reste  avec  lui  dans  une  des  foillies  dvesséos  à  l'occasion  du 

1.  Adriano  =  Driant,  Tav.  Rit.,  qui  reprêseûte  le  tournoi  ossentïel- 
lamcDt  comme  757. 

*«rOit  tropgrant  aloingnede  dfviser  toiu  les  fès  que  T.  fisl  en  celui  tour' 
noifmenl  ne  vas  en  deviserai  je  pas  gramnifint  a  c-Me  fois  (a),  cardesusune 
autre  matière  me  couvtent  a  torner;  mh  tôles  voies  vos  deviserai  je  un 
pou  de  celui  fet  (t),  et  puùt  si  vos  dirai  la  gi'ant  bataille  et  la  grant  mer- 
veiiU  qui  fu  entre  Tr.  et  Lanc.  du  lac  la  ou  il  s  entracoin titrent  premiè- 
rement. Celé  ne  fu  mw  bataille  de  moquerie,  et  pour  ce  la  vos  deviserai  je 
en  mon  livre,  car  ceste  chose  si  fet  moût  bien  a  ratnentevoir  devant  tous 
prrudcshommes  (c). 

l'J'J  a.  Tristiin  veinqui  la  vespree  du  tournoiement;  on  appelle  son 
écu  Vescu  estrange.  Au  soir,  on  ou  parle  au  chiltoau.  et  Guenièvre  com- 
prend i[utî  cet  ôcu  a  Clé  fait  pour  uuire  à  elle  et  à  Lancelot.  Elle  ne 
peul  cepeudaiit  ne  diïipenâer  d'aller  au  luuraoi  le  Icaflcmain.  Luncelot 
n'y  est  pas;  il  esl  toujours  en  qutHe  de  Tristan.  Pendant  qu'ils 
admirent  le»  exploits  de  ce  dernier,  une  demoinelle,  envoyt^e  par  Mor- 
gain,  arrive  et  dit  à  Arthur  que  cet  écu  reprêseûte  sa  honte;  puis  elle 
se  sauve.  Le  roi  veut  savoir  la  vérité  de  cestui  escu  par  celui  meesmes  qui 
le  porte,  et  il  se  décide  à  aller  trouver  le  chevalier  quand  le  tournoi 
sera  fini  :  lors  le  savra  itpar  force  ou  par  amours.  L'inconnu  se  distingue 
tttujours  ;  Arthur  ne  ik'ui  le  prendre  pour  Tristan,  qui  «fit,  lui  a-t-on 
dit,  on  Petite- Bretagne  avec  Iseut  aux  blanches  mains.  Il  se  fait 
armer  et  s'en  va  vers  la  foriH,  accuaipagné  d'Ivaîa  cl  de  doux 
écuyers,  après  avoir  fait  couvrir  son  fic\ï  d'une  housse  vermeille.  La 
reine  a'apen;oit  Lieu  de  ce  départ  et  exprime  ses  craintes  à  Ilector, 
qui  est  venu  au  tournoi  dans  l'espoir  d'avoir  défi  nouvelles  de  Trî^^tan. 
—  Le«  rois  d'Ecosse  et  d'Irlande  sont  vaincus,  et  Tristan  part;  il 
s'avaiice  vers  la  forêt,  etc.,  comme  dans  757,  mais,  ayant  raconté  le 
retour  d'Arthur  avec  Ivain  au  château,  334,  etc.  diatmt  \d}  :  De  celui  fet 
ne  fist  il  pas  tnencion  ;  et  nonpourquant  il  fu  sen;  et  ai  lesse  ore  U  contes 
a  parler  a  tant  du  rvy  et  rttoumc  a  Tnjstram,  qui  clt^vaucha  ça  ti  la 
et  trouva  meintes  avenlureji^  que  je  nr  tios  deviserai  pas  a  ccstut  point  le). 
11  a  beau  demander  partout  des  uouvellcd  île  l>uncelot  :  pe-rsaune  do 
sait  lui  eu  rieu  dire  [f). 

a.  tinm  T&O,  t"  30t.  If  rMwlmr  illl  qu'il  vrtil  nlir^prr  pnrrp  i)nc  Uiut  retft  M  trcrave  iiut%  |i 
ffr^it  Ai*r<iirc  li  totÊfiuimmi-nt  qu'il  n'eti  mie  mtilter  ^ue  HOt  cm  ctului  litre  le  derttem 
car  tor  MUr  attire  wiufrrp,  eb'. 

4.  AoM  parquant.  loUx  ivf4f  >  f «i  H^tUetùm  noM  un  pùi  4e  cet.  f.,  par  c«  ftt'/i  apirtU»t  a 
mùitre  malrrr.  et  jimt,  «tc^,  Tfto. 

f,  D*n«  11)3  oei  ri»mnn)iiM  •ont  trè««br>*|t^*. 

d.  LoL-Diif  iiaoï  '711  depaU  In  iléfiiite  d'.irthur  Jnqo'wi  ramb»!  ilc  dlamMc  contra  Us  neuf 
elivvnlWn  (|  l^l>\ 

«.  Ce  «nnt.  k  fn  ju^iY  |wr  7(i7,  Ift  d^fkltc  de  UBQTxin  et  l«  •^our  cbes  Augulc. 

f.  PwrMiiul  loltOmiiflUI  et  leawtro,  v.  |  tM. 


MÉ 


tinpuc. 


—  139  — 

tournoi,  ea  lui  dt^Jcndant  de  demander  de  son  esire.  Il  lui 
donne  des  nouvelles  de  Lamorat.  son  frère. 

I-e  lendemain,  TrisUin.ayanl  entendu  la  messe  dans  un  ermi- 
tage voisin,  va  sans  Agloval,  qui  veut  rester  chez  lui,  se  mêler 
aoi  jonles  des  chevaliers  nouveaux.  !1  est  accompagné  deGou- 
rernal  et  d'un  autre  éctiyer.  Ayant  abattu  dix-sept  chevaliers  'r"***'^^*®  ''*'* 
et  le  roi  des  Cent  Chevaliers,  Tristan,  qu'on  appelle  le  cheva- 
lier a  t'escu  estrange,  part  suivi  de  Gauvain,  qui  l«  prie  de  so 
nommer  et  d'aller  voir  Arthur  :  Tristan  refuse  l'un  ei  l'autre, 
et  à  la  cour  on  ne  parvient  pas  à  deviner  qui  il  est;  Mordrei 
croit  que  c'est  Lancelot,  ce  que  nie  Gauvain,  qui  est  surtout 
étonné  de  l'écu  vert,  pareil  6cu  n'ayant  jamais  ùlé  vu  en 
Logres,  Tristan  retourne  aux /bii/iw.  A  Agloval  il  dit  ignorer 
qui  a  été  le  vainqueur  du  tournoi.  Un  \valç\  vient  annoncer 
l'arrivée  à  la  cour  de  Gaheriet,  qui  avait  raconté  qu'il  avait 
rencontré  Lamorat  et  que  ce  dernier  se  trouverait  au  tournoi 
le  lendemain;  celle  nouvelle  fait  grand  plaisir  h  Agloval. 
Le  messager  aperroit  lécu  vert,  et  apprend  à  Agloval  que  celui 
qui  le  porte  s'est  distingué  plus  qu'aucun  autre  au  tournoi. 
Agloval  reproche  à  Tristan  de  so  dissimuler  à  lui,  mais  Tris- 
un  nie  tout  et  persiste  à  garder  lincoguilo.  Le  valet,  retourné 
à  U  cour,  où  on  parle  beaucoup  du  chevalier  à  l'écu  étrange, 
apprend  au  roi  ce  qu'il  sait  sur  ce  chevalier.  Une  demoiselle 
envoyée  par  Morgain  vient  prédire  au  roi  que  sa  honte 
approche;  elle  part  après  lui  avoir  prorais  de  lui  expliquer 
cela  le  lendemain.  Le  roi  lait  compter  ses  chevaliers  :  ils  sont 
au  nombre  de  trois  cents,  tandis  que  l'autre  parti  en  compte 
plus  de  cinq  c«nts. 

Le  lendemain,  la  f^mniérc  de  la  Table  Ronde — pour  les 
tournois,  iion  mie  la  baniere  des  morier  bactaitlês  — estpor- 
par  Gaheriet.  La  reine,  avec  plus  de  deux  cents  dames, 
staux  loges;  elle  se  désole  de  l'absence  de  Lancelot.  Lamo- 
rat arrive  avec  le  valet  k  la  cotte  mal  taillée  et  quaU'e  écuyers.  Lamorat  4rfive 
liCS  deux  chevaliers,  qui  portent  des  armures  noires,  se  font  "vecUrunor 
beaucoup  remaniuer  par  leur  prouesse  ;  cependant  on  les 
trouve  inférieurs  au  chevalier  à  l'écu  étrange.  La  reine,  qui  ne 
sait  p;is  ce  qu'on  veut  dire,  demande  et  reçoit  des  détails  sur 
ce  personnage  ;  ce  qu'on  dit  de  l'écu  vert  l'effraye  beaucoup.  Le 
roi  d'Ecosse  abat  Lamorat  el  joute  ensuite  avec  Brunor  :  ils 
s'abattent  l'un  l'autre.  I^es  hommes  du  roi  d'Ecosse  s'emparent 
de  I^imorat  et  de  Brunor;  le  roi  les  fait  remettre  en  liberté. 
Ëcoseais  chargent  le  parti  d'Arthur  si  duretneni  qu'ils  le 


repoussent,  mais  bientôt  i!s  doivent  se  relirerdevani  le  choc 
des  compagnons  de  la  Table  Ronde»  jusqu'à  ce  ijue  le  roi  d'Ir- 
lande avec  ses  hommes,  leur  venant  en  aide,  atrôte  les  chevaliops 
d'Ai'lhur.  A  ce  moment  arrive  Tristan,  dont  lY-cu  étonne  tout 
Arthur  rensei-  le  monde.  La  demoiselle  de  Morgain  reparaît  et  dit  au  roi  ([ue 
pîtrunedaraS  Cet  dcu  représente  sa  honte.  Arthur  ne  comprend  pus,  et  la 
8oli-  lie  Mor-  demoiselle  s'esquive.  Guenièvrc  est  très  effrayée.  Tristan  abat 
le  roi  d'Irlande,  et  excite  l'admiration  générale  par  sa  bra- 
voure; GauvainelKcu  le  trouvent  aussi  preux  que  Lancelot. 
Mais  le  roi  Arthur,  que  les  paroles  de  la  demoiselle  ont  fort 
inquiété,  se  fait  armer  et  va  avec  Ivain  el  deux  écuyei-s  se  poster 
Imiiiir  (Il  Ivain  dans  la  forest,  où  il  prévoit  que  Tristan  passera  ;  il  a  fait  cou- 
Tf  uuti  quî  vrir  son  écu  d'une  housse  vernitsillo.  Guenièvre,  qui  l'a  vu  piir- 
ahandonne  {{^^  a  foft  peur  et  en  parle  à  Hector.  Cependant,  le  parti  d'Ir- 
lande est  vaincu,  et  Tristan  part  furtivement  ;  il  se  dirifje  ver* 
la  forôt  où  Arthur  l'allend  ;  Guenièvre,  trè5  inquii^to,  prévoit 
une  joute  et,  dit-elle  à  Hector,  «  intf^s  cuers  me  devine  bien  que 
corrous  en  avendra.  »  Tristan  refuse  de  se  nommer,  mais 
consent  à  dire  qui  lui  bailla  I*écu  el  raconte  comment  il  a  roçu 
cet  écu,  qu'il  ne  portera  plus  désormais;  il  ignore,  dit-il,  la 
senefxance  des  j/matjes.  Le  roi  lui  demande  comment  il  connaît 
Morgain,  et  Tristan  répond  qu'il  ne  la  connaît  que  pour  avoir 
été  logé  chez  elle  une  nuit  par  hasard  ;  quant  à  l'écu,  il  assure 
ne  l'avoir  porté  que  sur  la  prière  de  Morgain.  Le  roi  lui 
ordonne  de  se  nommer  ou  de  soutenir  une  joute.  Tristan, 
indigné,  traite  le  roi  de  villain  chevalier,  déclare  qu'il  u'est 
pas  aussi  fatigué  qu'on  a  l'air  de  le  croii-e,  el  choisit  la  joute, 
en  se  faisant  donner  par  Gouvernai  une  lance  prise  au  tournoi. 
Le  roi  el  Ivaia  sont  désarçonnés  :  «  Mon  orgueil  m'a  trop 
entraîné»,  dit  Arthur  à  Ivain,  qui  prétend  n'avoir  accompagné  le 
roi  qu'à  contre-cœur  cl  pour  ne  pas  lo  désobliger.  Ils  retournent 
au  chûteau  ;  Ton  fait  fête  à  Laraorat,  qui  est  à  la  cour  avec 
Agiovalol  tous  les  autres  frères.  Leroi,ayanlcxpriraéson  regret 
de  l'alisence  de  I^ncelol,  raconte  comment  il  vient  d'être  ren- 
versé par  le  chevalier  îx  l'écu  étrange.  Agioval,  engagé i)ar  Arthur 
à  dire  le  nom  de  ce  chevalier,  déclare  ne  pas  le  connaître  : 
tout  ce  qu'il  sait,  c'est  que  l'inconnu  est  aussi  beau  et  un  peu  plus  j 
grand  que  Lancelot,  et  que  c'est  par  lui  qu'il  a  eu  des  nouvelles 
de  son  frère  Lamorat.  A  ces  mots,  celui-ci  soui-it,  et,  pressé  par 
le  roi,  il  leur  apprend  que  le  chevalier  à  l'écu  étrange  est 
Tristan,  dont  il  raconte  les  exploits  dans  l'île  au  pont  de  fer.  Le 


—  141  — 

roi  se  désole  d'avoir  laissé  échapper  Trislan  :  «f  Si  Lancelot 
avaîl  été  ici,  dit-il,  il  n'aurait  pas  maDquiî  du  le  ramener  '.  n 

193.  Tristan  se  loge  chez  une  dame,  qui  lui  raconte 
qu'elle  hait  Gauvaln,  qui  a  tué  soa  mari.  Tristan  remplace 
son  écu  par  un  autre,  laissé  au  ciiâteau  par  un  chevalier  nou- 
veau ;  cet  écu  est  plus  htanc  que  noif,  a  ttne  bande  d'azur  de 
travers.  La  d;une  déciJe  Tristan  à  rester  deux  jours  pour  se 
faire  soigner.  Le  leudemain  matin,  comme  il  se  pi-omène 
devant  la  porte  avec  la  dame  et  Gouvernai,  Gauvain  vient  à 
passer,  Trislan  joule  avec  lui  pour  venger  son  hôtesse,  et  est  Tristan  iriom- 
sur  le  point  de  Je  mener  a  outrance,  lorsqu  ils  sont  séparés     vain. 

par  Hector,  qui  survient  et  qui  les  ramène  à  la  dame,  devant 
l:i']uflle  Gauvain  reconnaît  ses  torts  en  lui  rendant  son  épée. 
Kllc  lui  pardonne,  et  Hector  part  avec  Gauvain,  qui  se  fait 
soigner  dans  une  abbaye  pendant  un  moif;(757,  1^  24)..  Hector 
le  quitte  le  lendemain  ;  il  cherche  son  frt're  Ijancelol,  sur  qui 
cependanl  il  ne  ptîut  avoir  aucun  renseignement. 

194.  Plus  tard,  Tristan  se  loge  chez  Auguste,  un  chevalier,  Tristan  et  Ati- 
qui  veut  le  faire  tomber  dans  une  fo85<3  profonde  et  pleine  de         '^**^' 

tmune  pour  venger  la  morl  du  Morhout,  son  cousin;  il  lui 
iit  part  de  son  dessein  Svins  se  doulerqu'il  p<ir]e  h  Tristan  lui- 
m^me.  Au  départ,  Tristan  le  décide  à  l'accompa^er  en  lui 
promettant  de  lui  faire  trouver  son  ennemi  :  il  se  fait  con- 
nallre  et  invite  Auguste  â  jouter,  mais  celui-ci  n'a  garde  d'ac- 
cepter :  il  crie  merci  à  Tristan,  qui  l'épargae  et  s'eu  va. 

Auguste,  admirant  la  générosilt*  de  Tristan,  raconte  cet  évè- 
Dément  k  Mordret,  qui,  allant  à  la  cour,  vient  se  loger  chez 
lui.  Ïjc  lendemain,  Mordret  trouve  Blioberis  :  Us  joutent 
uns  se  connaître,  cl  Mordret  est  d<^sarronné.  Lorstju'ilssesont 
nommés',  Blioberis  demande  des  nouvelles  de  Tristan,  et 
Mordret  lui  fait  part  de  ce  qu'Auguste  lui  a  i*acouté.  Btiobe- 
riâ  va  chez  ce  dernier  pour  savoir  quel  écu  Tristan  porte.  Mordret 
se  rend  à  CamaaJoth  ;   il  ne  peut  renseigner  le  roi  sur  Lan- 

I.  Dans  la  Tav.  Rit.  TnVt.  trouve  initinlpiiaul  Àrpinel,  qui  promet 
de  le  coaJuire  à  la  Uiurde  Cara.du.s  ;  iU  î^r  lii^n'iil  chez  Adonain,  tpii  les 
■ait  ea  s'nbstioaai  à  savoir  te  nom  de  T.  11  est  dt'tivrt^  par  lui  do  Kon 
eaaecnî  mort*>I,  et  Caradaa  est  vaincu  au  Pin;  cela  est  racunté  dans 
hm  nu»,  bien  plus  loin,  v.  §  461  tô. 

t.  «  Jamais,  dit  Blioboris,  jo  ne  cachai  mou  nom  à  qui  me  lo 
demanda.  • 


—  142  — 

celot,  toujours  absent,  mais  il  lui  dit  ce  qui  est  arrivé  à  Auguste, 
et  la  rour  admire  la  cortoisie  deTristan.  Arthur  déclare  qu'il 
ne  seni  jamais  content  qu'il  n'ait  et  Tristan  et  Lancclol  dans 
son  hôtel  *. 

Tristan  aide  Pa-  J95.  Tristan  ^  arrive  devant  une  tour  anparteoani  à  Brehus 
contre  Brehus  sans  Pitié  et  y  voit,  luttant  contre  neuf  chevahers,  Palamède, 
Sere!^^  ^'**^'*  qu'il  ne  peut  reconnaître  aussitôt,  parce  que  Técu  de  ce  cheva- 
lier est  en  pièce.s.  Voici  la  cause  de  la  bataille  :  au  matin, 
Palamède  avait  trouvé  près  d'une  foniaine  une  demoiselle, 
assise  auprès  du  cadavre  de  son  chevalier,  lue  la  veille  au  soir 
par  Brehus.  La  demoiselle  était  restée  là  toute  la  nuit,  si 
espovcntce  durement  que  a  pou  que  ele  n'estoit  morte  de 
paour;  elle  n'osait  bouger,  ne  sachant  yi^s,  quel  part  de  deiust 
aler.  Pendant  quelle  deinenoit  h  daell  de  son  ami^  Palamède 
était  arrivé  et  avait  offert  de  l'accompagner.  On  avait  passé 
devant  la  tour  de  Brehus,  qui 'a  celui  point  estoit  devant  sa 
porte  louz  armez^  pour  savoir  se  il  pourroit  trouver  mal  a 
fere.  Ayant  désarçonné  Palamède,  en  le  surprenant  a  la  ira- 
verssf ,  sans  dire  mot,  il  avait  lue  ensuite  la  demoiselle.  Pala- 
mède aurait  bientôt  puni  Brehus;  mais  les  huit  chevaliers  qui 
faisaient  compagnie  au  meurtrier  dans  la  tour  lui  avaient  pr«5té 
secours.  Palamède  est  sur  le  point  de  succomber,  quand  Tris- 
tan intervient;  à  la  remarque  de  Brehus  que  cette  alfaire  ne 
le  regarde  pas,  il  répond  que  les  chevaliers  doivent  défendre 
le^  faibles  contre  les  forts,  maintenir  la  loyauté  et  empL-chei' 
les  injustices  partout  où  cela  est  en  leur  pouvoir.  Mais  il  a  beau 
îrelms  et  ses  jJire  :  on  assaille  Palamètle  de  plus  l>elle.  TrisUin  alors  se  mêle 
baÏÏua.^"°"  à  la  bataille,  et  ses  coups  font  fuir  Brehus  r 
la  tour,  dont  ils  ferment  sur  eux  la  porte. 


196.  Apprenant  le  nom  de  Palamède,  Tristan  le  déBe  et 

1 .  Ici  757  passe  tout  à  coup  im  combat  do  Tristan  avtK:  Laucelol  au 
Perron  Merlin  f§  203)  :  (P"  26  b)  Or  dit  li  contes  et  endroit  que  si  comme 
T.  atenduit  Pal.  por  fere  la  haclaiUe  que  il  avaient  enprise,  au  point  tôt 
droit  que  il  estoit  devant  le  perron  Merlin,  a  tant  «  vous  deiers  Camaa- 

lot  venir  un  chevalier c'e«t  Lancelol.  (Ia.'s  deru.  mois  à  partir  d'au 

point  =  334,  ipii  donne  de  devers  au  lieu  de  devers;  v.  plus  luîD.] 
Nous  comblerons  Cfltc  lacune,  non  indiquée,  par  le»  avenlures  qui, 
dans  334  pl  les  auiro».  alHinlissiinl  au  runiliul  du  Perron  Merl.  ;  pour 
le  chevalier  inconnu,  cf.  jj  2U0  noie. 

2.  Ce  qui  suit  jusqu'au  combat  du  Perron  Merlin  est  donc  d'après 
334  et  les  autres;  pour  ce  qui  précède  dans  ces  mss.,  v.  §  193  a. 


■fa 


Tcutse  iKitore  wir-îc-rhninp  :  mais  Palamède  !ui  fait  observer 
qu'il   est  Irop   blessé  pKjur  subir  en   ce  moment  un  coral)al 
pareil  et  propose  de  fixer  un  reodez-vous  oii   leur  bataille 
puisse  ûlre  jugée  par  deux  ou  trois   bons  chevaliers.  Tristan 
trouve  re  moyen  excellent  et  indique  le  Perron  Mf^lin,   près  Trisun  et  P»la- 
dc  Camaaloih,  où  ils de\TOnt  se  trouver  dans  quinze  jours;  et     perron  M?ru 
>.4  ce  s'acord^nt   enme    Al.   —   Mais  Palamêde   fera  défaut,     comme    reo-' 
fcar  on  l'emprisonnera,  et  Tristan  trouvera  à  sa  place  Lancelot,       "-^o"'- 
avec  qui  il  se  battra  et  qui  l'amènera  chex  Arthur*.  —  Puis 
Tristan  se  Tait  raconter  la  querelle  avec  Brehus  et  ses  compa- 
gnons. De  [jancelot,  Palamède  ne  sait  rien  ;  Tristan  lui  parle 
du    dernier  tournoi   :   w  J'y  suis   allé,  dit-il.   pour  trouver 
Lancelot,  qui  est  en  qunte  pour  rnoi  et  je  pour  lui.  »  —  Us 
partent  ensemble  :  Palamède  a  l'intention  de  se  tendreté  un 
château  pour  y  être  soij^né. 

197.  Dans  la  fortU,  prcs  d'une  fontaine,  ils  trouvent  unche* 

\-alier  qui  dort.  «   Faut-il  le  réveiller?  demande  Tristan.  — 

Certes,   oui  ;   nous  causerons   et  aprendrons  par   aventure 

aucunes  nouvelles  de  lui.  »  —  Tristan  crie  alors  au  dormeur: 

■  Sire  chevalier,  esveilltes  vos  !  assez  av^s  dorvxi  a  ceste  fois,  a 

Le  chevalier  s'arme  vite,  monte  à  che%'al  et  demande  lequel 

L  des  deux  l'a  rdveill<î.  «  C'est  moi.  dit  Tristan  ;  cependant  je  ne 

le  fis  pi^'i  pour  mal  de  vos  ne  pour  deshonnour^  ne  nul  mal 

iCientendi.  »  Le  chevalier,  sans  répondre,  s'élance  vers  Tristan,  ns  sont&bsttn» 

.       '       1  verse,  avec  s<:ta  cheval  ;  eusuile  il  désarçonne  et  blesse     }*""  ""  chevi- 

'  f      x\  "*^'  inconnu, 

j  0  et  ?  éloigne  à  fond  de  train.  Palamède  dit  qu'il  a 

déjà  va,  en  une  nuire  occasion,  cet  inconnu  accomplir  une 
rckiuieprout^se,  qui  était  bien  au  niveau  de  celles  de  Tristan, 
^nais  qu'il  n'a  jamais  pu  savoir  son  nom.  Tristan  se  propose 
de  tout  faire  pour  apprendre  qui  il  est.  Palamède  veut  s'arrê- 
ter au  premier  hôtel  venu  à  cause  de  ses  bles.sures;  il  promet 
encore  une  fois  d'itpe  au  Petron  JHerlin  à  point  nommé.  Tris- 
tan lui  demande  s'il  pense  pouvoir  le  vaincre  :  «  Je  sais  bien, 
répond  Palamède,  que  vous  êtes  meilleur  chevalier  que  moi; 
mais  j'es))èrc  que  mes  torcâs  grandiront  au  point  d'égaler  les 
vûircsije  serai  plus  fort  dans  un  combat  contre  vous  que  contre 
un  autre.  «* 

108.  Lorsqu'ils  se  sont  quittés,  Tristan  poursuit  celui  qui 

t    Où,  ajouic  750,  f*  309  c,  il  prendrn  la  placo  Hu  Morhout.  eommt 
nuutre  lUtbirt  ds  Vorron  U  dcvùe  en  son  livre. 


F^ 


—  !14  — 

Tristan  poureuit  les  avait  renversés  et  qui  vient  de  tuer  un  chevalier,  pleuré  par 
quiftbat  Hiiôbtv  ^  demolselle.  Elle  raconte  à  Tristan  que  son  compagnon  avait 
hstti  Oftuvaiii,  ^lé  tué,  paice  qu'il  s'élail  di^claré  le  cbevalier  de  la  reine 
Gueuièvre,  que  bail  le  vainqueur. 

L'inconnu  rencontre  ensuite  Blioberis  et  Gauvain.  Gauvain, 
en  l'apercevant,  veut  entrer  en  action  ;  mais  Blioberis  déclare 
qu'il  ne  joutera  (>as  avec  ce  cbevalier,  dont  il  a  déjà  vn  une 
fois  la  force  prodigieuse,  et  cherche  à  décourager  Gauvain. 
Celui-ci  u'en  devient  que  plus  e.xcilé  et  défie  le  chevalier,  qui 
n*a  pas  envie  de  jouter  pour  le  moment  el  prétend  que  c'est  â 
tort  qu'on  rappelle  bon  chevalier  :  dans  le  monde  entier  on 
ne  saurait  trouver  un  bon  cbevalier.  Gauvain,  ébahi,  se  fait 
répéter  cette  étonnante  reman|ue.  Quant  à  Lancelot,  le  cheva- 
lier, qui  ne  le  connaît  ^'uèro,  —  il  ne  l'a  j:imais  vu  qu'armé, 
sauf  une  fois  à  une  fontaine,  où  il  avait  oté  son  heaume,  — 
lui  donne  grani  los  ;  mais  il  le  trouve  inférieur  aux  bons  che- 
valiers «  qui  t'stoienl  n'a  pas  encore  grammfiit  de  Umps.  H  est 
bon  ckevalïer,  sanz  nule  faille,  sclotic  les  cfievaliors  qui 
oremlroii  quûweni  ;  mes  il  n'est  mie  si  bon  chevalier  comme 
il  li  coHvendroit  bien  ;  car  il  ne  m'est  pas  avis  que  il  soit  du 
tout  chevalier  parfet  :  asse^  i  faut,   »   Comme  I3IiolH.'ns  se 

Jugement  porté  formalise,  le  cbevalier  déclare  qu'il  ne  dit  pas  cela  pour  mal 
par  ce  chcva-    ,     ,  ,  ^  ,    ,  ^       ^  .  L  -  . ,  , 

Itfr  sur  liOn-  de  Lancelnt  ne  pour  aeshonnour.  Quant  a  fristan,  il  le  consi- 

f*i°*  *^  ^'^'*"  dure  comme  Tégal  de  Lancelut;  il  ne  saurait  dire  encore 
ift(iuftl  des  deux  est  le  meilleur;  mais  il  prétend  avoir  vu, 
depuis  qu'il  est  au  monde,  dos  chevaliers  supérieurs  k  eux,  et 
pourtant,  dil-il,  «  je  ne  suis  mie  si  ancien  chevalier  comme 
vous  estes,  Btyoberys  de  Cannes  »  Blioberis,  après  l'avoir 
vaintîmenl  prié  de  se  nommer,  Jui  part  un  (jiext  :  son  nom  ou 
une  joute.  I/autre  répond  par  lui  jtartir  un  autre  gieu  :  «  Ou 
je  vous  étendrai  par  terre,  ou  vous  me  laisserez  tranquille. 
—  Vous  êtes  donc  sûr  de  m'abattre?  —  OU,  se  aventure  ne 
m'est  trop  durement  contraire  ;  si  ne  di  je  mie  ceste  parole 
pour  honte  ne  pour  tnal  de  t>os.  *  —  Blioberis  est  désar(;onné 
ol  blessé.  Gauvain  veut  le  venger;  le  chevalier  lui  recom- 
mande d'y  renoncer.  Gauvain  persiste  et  est  rudement  aUutu  : 
il  lui  est  avis  qtte  il  soit  feruz  d'une  pierre  ou  d'un  manz/o^t' 
nel.  Le  cbevalier  parti',  Tristan  survient;  les écuyers  des  deux 
compagnons  lui  disent  ce  qui  vient  de  se  passer,  et  il  con- 
tinue à  poursuivre  son  adversaire. 

1 .  Cpt  i^pimxle  —  la  défaite  de  Bliobcnfi  cl  de  Gauvain  par  le  che- 
valier incotmu  — inainjun  rlaor.  750, 


tun. 


*-  145  — 

199.  Celui-ci  va  se  loger  dans  la  maison  d'une  dame  veuve, 
où  arrivent  aussi  Keu  et  Dinadan.  Plus  enparlez  que  son  corn-  Keu  et  Dinad 
paguon,  Dinadan  questionne  l'inconnu,  qui  dit  être  un  cheva-     HeMncoimu 
lier  errant,  mais  n'avoirjamais  été  à  l'hôtel  d'Arthur.  «  Tant  pis 
pour  vous  !  »  répond  Dinadan  ;  mais  le  chevalier  avoue  ne  point  Ce  chevalier  e 
aimer  cet  hôtel,  qui,  à  son  avis,  ne  peut  être  si  honnourez     ouSilèvre- 
qu'on  le  dit,  «  au  meins  tant  comme  la  noble  re'ùie  Gue- 
nievre  i  fust^  qui  set  fere  les  granz  courtoisies  la  ou  9ios  bien 
savons.  »  Keu  se  fâche  de  ce  propos  et  lui  demande  s'il  parle 
doncques  ainsint  encontre  la  ro'ine  G.  —  «  Je  non,  répond 
le  chevalier,  fors  tant  que  je  di  qu'ele  est  a  merveilles  cour~ 
toise,  et  tant  est  grant  sa  cortoisie  que  pou  s'en  faut  que  ele 
ne  fet  roy  de  Lancelot  du  lac.  »  Keu  lui  fait  savoir  qu'il  est 
un  des  chevaliers  de  Guenièvre  :  «  Eh  bien  !  s'écrie  l'in- 
connu, tant  valez  vous  pis!  »  Keu  le  menace,  mais  l'autre 
ne  s'en  montre  point  effrayé.  Dinadan  lui  demande  pourquoi 
il  parle  ainsi  de  la  reine  :  il  hesse  la  chiere...  et  respont  a 
ckief  de  pièce  que  cette  dame  a  causé  un  malheur  si  grand 
que  Dieu  lui-même  serait  ausint  comme  touz  encombrez  de 
fere  en  le  restorement.  Un  tel  homme  mourut  pour  l{u)i  que 
jamès  tel  ne  sera  anostre  temps;  ce  fu  doumage  sanz  retour 
et  sanz   reson.   Après  le   souper,   Dinadan  lui  demande  en 
vain  qui  était  cet  homme,  et  Keu  l'avertit  de  nouveau  qu'il 
compte  lui  faire  reconnaître  sa  folie  avant  qu'ils  se  quittent. 
Mais  leur  interlocuteur  répond  en  souriant  que  la  folie  tourne 
moult  volentiers  desus  celui  qui  la  commence.  De  dépit  Keu 
ne  dort  pas  de  la  nuit.  Le  lendemain,  il  n'écoute  point  Dina- 
dan, qui  lui  déconseille  d'attaquer  le  chevalier.  Celui-ci  part 
sans  rien  dire  aux  deux  compagnons,  parce  qu'ils  ne  H  feisoient 
mie  trop  biau  semblant.  II  est  bientôt  atteint  par  eux,  et  Keu 
lui  dit  qu'ils  ne  sont  pas  venus  pour  son  bien  :  —  «  Ni  pour 
mon  mal,  répond  l'inconnu;  à  vous  deux,  vous  n'êtes  pas 
assez  forts  pour  me  faire  du  mal.  »  Keu  est  désarçonné,  et  H  abat  Keu;  D 
Dinadan  refuse  de  jouter.  —  «  Quoi  !  vous  ne  vengerez  pas     le  combat. 
votre  compagnon  ?  —  Non  !  parce  que  je  vois  bien  que  je  n'y 
parviendrais  pas  ;  »  et  Tautre  a  beau  le  traiter  de  mauvais  che- 
valier :  Dinadan  persiste.  I/inconnu  le  laisse  avec  Keu,  qui, 
en  suite  de  sa  chute,  reste  évanoui  jusqu'à  midi. 

200.  Tristan  arrive,  les  reconnaît,  mais  ne  veut  pas  se  faire 
connaître  pour  ne  pas  perdre  de  temps.  Dinadan  lui  dit  tout 
ce  qui  s'est  passé,  et  il  s'en  va  dans  la  direction  que  Dinadan 
LôSBTH.  —  Tristan.  10 


—  ikii  — 

lui  îadique.  Mais  il  perdit  touz  les  pas  du  cheval,  ût  pour 

ce  le  perdi  il  du  tout.  Àinsint  le  quist  tout  celui  jour  et  Vên- 

demein  et  le  (ùrzjour  et  le  quart  et  le  quint-,  maui  Tristan  a 

pris  à  droite  et  le  chevalier  à  gauche,  et  Tristan   ue  trouve 

TriaiAD  rononco  personne   qui  puisse  le  renseigner.    Aprôe  cinq'   jom-s  de 

v,!r  recherches  il  abandonne  la  partie  et  s'en  relonrne  vers  le  Per- 

"Vm-ro/^Mer-  '"'"*  J*'^'"'*"  "■  Pour  se  reposer,  il  reste  quatre  jours  dans  une 

lin.  maison  de  rotigion  et  envoie  Gouvernai  à  une  ville  voisine 

pour  lui  procurer  des  armes  neuves. 

Il  part  enfin  monté  sur  un  bon  cheval  tout  noir^    avec 
Gouvernai,  à  qui  la  prochaine  bataille  Tait  peur. 

Il  abat  Dodiaei  301.  A  six  lieues  dc  Camaaloth.  ils  rencontrent  DodincI  et 
cl  SagroiDor.  gagrcmor.  Ce  dernier  défie  Tristan  ;  comme  c'est  le  jour  de  la 
bataille,  Tristan  pn'il'orerait  ménager  ses  forces  ;  mais  il  iic  poi*- 
vient  pas  A  faire  comprendre  celle  raison  à  Sa^^reraor,  qui  l'ac- 
cuse dc  poltronnerie  et  le  force  dc  jouter.  Tristan  l'abat  et 
renverse  cnsuilc  Dodinel.  ils  cj^urenl  après  lui,  et  Sagromor 
exilée  une  nnuvcllo  lutte;  mais  Tristan  le  supplie  de  ne  plus 
insister  ei  en  appelle  à  sa  courtoisie.  Sagrcmor  consent  h 
s'éloigner,  après  s'être  fait  dire  le  nom  de  l'adversaire  de  Tris- 
tau. 

202.  A  l'heure  de  ve&pres,  Tristan  arrive  au  Perron  Merlin^, 
où  i!  s'arrête  (f*  289).  Mais  Palamèdc  n'a  pu  venir,  êLmt  en 
prison  au  chAteau  c/e  la  Flege'^.  Cependant  la  bataille  n'en 
aura  pas  moins  licu^  ;  car,  au  point  droit  que  il  estoit  devant 
le  pcrrott,  a  tant  ez  vos  venir  de  devers  Kanxaalot  wn  cheva- 
lier :  c'est  Lancelot. 


1.  Amsi334,  335i.  I2r)99.  —  Sir  jours  97,  100.  102,  34'J  ;  750, 
103,  77fi;  Aui(;ourj94,  99. 

2.  Ce  merveilleux  chevalier,  qui  hait  Gueuiùvrr  ei  dont  porsoune 
ue  sait  l«  nuin,  qui  <*st-ilï  On  oe  nous  le  dit  null»?  pari,  cl  il  o'esi  plus 
question  dc  lui  dans  la  suite.  L'rpisodc  a  prnlMliIi'menl  ^tn  inlerpolé 
d'aprt's  quelque  roiimu  liiopraphiquc,  peut-^Vtre  du  cycir  des  Bruns. 

3.  On  ne  dit  pas  ipio  c*  »oil  Passehreuil. 

4.  Ici  reprend  le  ms  12599  {cf.  p.  61). 

5.  Aicui  12509,  750,  335.  —  334  ei  les  antres  seulemeni  :  eu  pri- 
son. 

6.  Fin  de  la  lacune  do  757,  v.  §  194  note.  Au  lieu  de  ce  combat  la 
Tav.  tiit..  qui  le  raconte  bien  plus  luin  {p.  Vi?  ss),  donno,  après  la 
défaite  de  Carados  fv.  plus  haut)  ff^pisodo  de  i^nneU  'aux  armes 
enchautt^es.  Puis  Tr.  retourne  en  Corn.,  v.  §  253,  Un.  uote. 


—  147  — 

203.  (757,  f"  26  b,  e.  h  a.)  Tristan  le  prend  pour  Palamède  Combat  au  Per- 
et  le  défie.  Us  s'abattent  l'un  l'autre.  Suit  une  lutte  formi-  ^^H^  LaLceiot 
dable  à  l'épée;  chacun  des  deux  est  vivement  étonné  de  la 
bravoure  qu'il  trouve  chez  son  adversaire.  Ils  sont  obligés  de 
faire  une  halte  pour  se  reposer.  —  Gouvernai  n'y  comprend 
rien  :  ce  ne  peut  être,  pense-t-il,  un  chevalier  qui  se  bat  avec 
Tristan ,  ainz  est  ennemi  qui  c'est  mis  en  guise  de  chevalier  *  ; 
il  n'est  cependant  pas  plus  émerveillé  que  les  chevaliers  eux- 
mêmes.  —  Lancelot  prie  Dieu  de  ne  pas  le  laisser  déshono- 
rer a  cestui  point  ;  il  est  déjà  fortement  blessé,  et  de  T.  redi  ge 
que  Hn'estoit  mie{du  tout  334)  si  sainz  qite  il  n^eûst  a  celui 
point  greignor  -  mestier  de  reposer  que  de  combatre.  Et  ne- 
parquant  se  tios  dit  •*,  bien  Vestoire^  que  Trystram  en  avoit 
auques  le  plus  [bet],  si  comme  celui  qui  le  m,eins  avoit  perdu 
de  son  sanc  et  qui  meins  avoit  de  plaies;  et  nonpour- 
qua7it,  pour  la  très  grant  bonté  que  il  avoit  trové  en  Lanc, 
avoit  il  si  grant  talent  ^  de  lui  conoistre{^  27)...  qu'il  le  prie, 
en  lui  faisant  compliment  de  sa  prouesse,  de  lui  dire  son 
nom  ^.  Lancelot  répond  à  voix  basse,  à  cause  des  coups  Conversation 
qu'il  a  reçus  :  il  se  dit  inférieur  à  son  adversaire  et  se  nomme.  saires. 

Tristan,  enchanté  de  l'avoir  trouvé,  lui  rend  son  épée;  mais 
Lancelot  s* agenouille  et  se  déclare  vaincu  à  son  tour.  Après 
une  lutte  de  générosité,  ils  échangent  leurs  épées,  s'embrassent, 
vont  s'asseoir  près  du  Perron  et  se  regardent  longtemps.  En6n 
Lancelot  dit  à  Tristan  :  «  Que  pensez-vous  de  l'amour?  » 
Tristan  est  un  peu  surpris  de  cette  question,  après  le  travaill  et 
la  paine  qu'ils  viennent  de  souffrir.  Lancelot  dit  que  la  joie 
d'avoir  trouvé  Tristan  lui  fait  oublier  tout  le  travaill  et 
qu'il  ne  pense  qu'à  ce  qui  lui  tient  plus  au  cuer,  c'est-à-dire 
l'amour.  Et  qui  en  sait  plus  long  que  Tristan?  «  Amour, 
répond  Tristan,  est  moût  diverse  [a  nous  deux  334)  ;  pour  moi, 
c'est  une  marrasire'^^  pour  vous  une  mère  veraie\  moi  je  vis  \ 
toujours  en  douleur,  et  vous  en  joie.  »  —  Lancelot  est  iriez  ^ 

1.  334  :  Jt  cuU  que  c'est  aucuns  anemis  qui  s'est  mis  en  la  guise  a  un 
ehecalier. 

2.  JfCT7/«*r334. 

3.  Et  non  pour  quant  ce  devise  bien  334. 

4.  Lacune  iodiquée,  de  trois  lignes,  dans  757  (depuis  que  Tryst.  jus- 
qu'à borUé). 

5.  VolentéSn. 

6.  Fin  du  ms.  750- 

7.  Hais  334  :  Eté  m'est  contraire  et  diversse  et  anémie  mortel. 

8.  Esbahi:  334. 


—  148  — 

de  voir  que  Tristan  connaît  ses  amours  avec  Guenièrre  et  le 
prie  de  ne  plus  parler  de  Tamour,  qu*au  reste  nul  chevalier  ne 
devrait  blâmer  :  que  chacun  d'eux,  dit-il,  prenne  l'averi' 
ture  d'amors  tel  com  il  la  trovera!  Tristan  a  le  bon  goût  de 
ne  pas  insister,  lui  parle  de  la  peine  qu'il  s'est  donnée  pour 
le  trouver  et  le  prie  de  l'accepter  pour  compagnon.  Lancetot 
lui  fait  la  môme  requête,  et  ils  s'embrassent  une  seconde  fois 
par  senefiance  de  pez  et  de  total  compaignie  tenir.  —  Tristan 
lui  raconte  comment  il  l'a  pris  pour  Palamède. 
Ils  se  rendent  Lancelot  décide  Tristan  à  le  suivre  à  la  cour  d'Arthur,  et  ils 
courd'Arthur  quittent  le  Perron  Merlin,  qui  est  à  lieue  et  demie  anglesche 
de  Gamaaloth. 

204.  Près  des  portes  ils  trouvent  plusieurs  chevaliers,  entre 
autres  Gauvain  etOaheriet  S  qui  sont  empochés  d'entrer  dans 
Gamaaloth  par  le  serment  qu'ils  ont  prêté  de  chercher  Tris- 
tan ^.  Us  sont  venus  pour  savoir  si  l'on  a  des  nouvelles  de 
lui;  mais  les  compagnons  de  la  Table  Ronde  qu'ils  ont  man- 
dés à  cet  cfiet  n'en  ont  pas  à  leur  donner,  et  ils  vont  tous 
vers  Gamaaloth.  Ils  reconnaissent  en  Tristan  celui  qui  a 
abattu,  il  y  a  un  mois,  quatorze  compagnons  de  la  Table 
Ronde  dans  la  plaine  de  Gamaaloth  ^.  Lancelot  leur  dit  qu'il  a 
mené  à  bonne  fin  la  quête  de  Tristan  *. 

Tristan  présenté  205.  Arthur  va  au  devant  d'eux,  enchanté  de  Tarrivée  de 
Lanceio"!^  ^^^  Lancelot,  car  il  savoit  bien  que  ses  osteus  estoit  plus  redoublés 
de  (var.  pour)  Lancelot  et  de  cew  de  son  lignage  q'il  n'estait 
de  nule  autre  gent  ;  il  aurait  en  effet  eu  grant  guerre  a  celui 
temps  de  maintes  parties,  se  ne  fust  por  la  doute  de  celui 
lignage  :  en  effet,  tant  que  les  parents  du  roi  Ban  tinrent  pour 
Arthur,  il  n'y  eut  au  monde  un  homme  assez  hardi  pour  Tat- 
taquer.  Le  roi  demande  à  Lancelot  s'il  a  fini  sa  quête;  en  ce 

1.  Confusion  dans  757. 

2.  Il  n'a  pas  encore  été  raconté  que  Gauvain  cherche  Tristan. 

3.  Pas  raconté.  Il  y  a  peut-être  ici  quelque  confusion  avec  ce  qui 
est  raconté  à  l'occasion  du  passage  des  amants  devant  Gamaaloth 
(§  338  8s  ;  cf.  §  343  note).  12599,  f°  112  a,  a.\oMie  :  Et  qui  cestui  fait,  dont 
je  \>os  faiz  orendroit  mention,  voldra  veoir  tôt  apertement  sipreigne  le 
livre  de  monseignor  Rob.  de  ô.,  qxtar  cil  le  devise  tôt  clerement,  et  por  ce 
que  il  le  devise  en  celui  livre^  ne  le  voill  ge  mie  deviser  ou  mien,  quar  ce 
que  messire  Rob.  de  B.  devise  ne  voill  je  pas  deviser  autre  foix. 

4.  Et  de  ce  savroient  il  trop volentiers  la  vérité  757,  mais  334  :  Et  de 
ce  seront  il  tropjoieus,  se  ce  estoit  vérités. 


—  149  — 

moment  la  reine  arrive.  Lancelot  présente  Tristan,  qui  est 
salué  avec  joie.  Arthur  lui  fait  promettre,  comme  un  don,  de 
rester  à  la  cour.  Tristan  proteste  d'abord  en  disant  qu'il  a 
allors  trop  a  fere^  mais  le  i-oi  insiste,  et  comme  la  reine  joint 
ses  prières  à  celles  de  son  époux,  Tristan  consent.  Arthur 
rappelle  que  le  nouveau  venu  est  le  fameux  chevalier  qui  a 
vaincu  le  tournoi  des  châteaux  des  Piicelles  et  de  Roche  dure. 
«  A  présent,  ditGauvain,  notre  roi  peut  se  vanter  d'une  chose 
bien  extraordinaire  ;  c'est  d'avoir  chez  lui  les  deux  meilleurs 
chevaliers  du  monde,  Lancelot  et  Tristan.  —  Ce  n'est  pas  le 
premier  honneur  qu'ait  eu  mon  hôtel,  répond  Arthur,  car, 
grâce  à  Lancelot,  j'eus  jadis  avec  moi  le  célèbre  Galehout.  » 
Tristan  et  Lancelot  sont  soignés  ;  ils  sont  fortement  blessés, 
mais  leur  grant  cuer  ne  leur  pei-met  pas  d'eti  faire  semblant, 

206.  Suivant  la  coutume,  lors(]u'un  chevalier  est  élu  com- 
pagnon de  la  Table  Ronde,  si  l'on  ne  trouve  pas  son  nom 
inscrit  au  siège  qu'on  lui  a  destiné,  l'élection  n'est  pas  valable. 
C'est  ainsi  que  personne  n'a  pu  occuper  le  siège  du  Morhout 
depuis  dix  ans  et  deux  mois  :  tantavoU  i7que  Tristan  l'avait 
tué.  Personne  n'est  admis  à  un  siège  vide,  s'il  n'est  meilleur 
chevalier  que  son  prédécesseur.  Cette  coutume,  instituée  par 
Merlin,  le  sage  prophète  des  Anglais  ^  dura  jusqu'à  ce  que 
l'aventure  du  Siège  périlleux  -  fût  accomplie  par  Galaad,  ce  Le  Siège  péril- 
bon  chevalier  que  personne  ne  peut  égaler;  à  partir  de  ce  leux;  Galaad. 
moment,  la  coutume  nefutquune  samblance. 

Au  siège  du  Morhout  on  trouve  ^  inscrit  le  nom  de  Tristan.  Tristnnreçucbe- 
II  prête  le  serment  solennel  ;  accroître  l'honneur  de  la  Table  X.*V^^  Ronde* 
Ronde  et  ne  jamais  combattre  contre  elle,  si  ce  n'est  par  gieu 
et  par  feste  (var.  par  (Jeu  ou)  envoiseûre).  Au  troisième  jour 
le  roi  fait  mettre  par  écrit  les  exploits  de  Tristan  ^  ;  il  ne  s'agit 
que  de  sa  chevalerie,  et  il  n'est  pas  question  du  fet  de  la  roïne 
Iseut.  —  Le  roi  s'entretient  avec  Umcelotet  Gauvain  des  hauts 
faits  du  nouveau  compagnon. 

207.  Après  le  départ  de  Tristan,  le  roi  Marc  *  se  dit  qu*il 

1.  Col  attribut  mamiup  dans  iO.*î. 

?.  Tre»»an,  p.  120,  iloiine  aussi  roripiiie  de  co  siègp. 

3.  Cet  épisode,  cootiouation  naturelle  et  indispensable  du  précé- 
dent, est  sauté  dans  757,  mais  se  retrouve  dans  tous  les  autres  mss.  et 
dans  les  imprimés,  y  compris  Tressan. 

4.  Ou  livre  d^t  aventures  ajoutent  12590  et  les  autres. 

h.  Ce  qui  suit  est  d'après  757  ;  le  texte  présenté  par  334  et  tous  les 


—  150  — 

en   a  mal  usé   avec  son   neveu,   le  raeilleur  chevalier  du 
monde,  dont  il  aurait  grand  besoin  en  cas  de  guerre.  D'autre 
part,  il  a  peur  que  Tristan  ne  vienne  avec  Lancelot  le  priver 
de  la  reine  et  de  son  royaume.  Ayant  pensé  à  cela  pendant 
Le  roi  Marc  en-  deux  semaines  entières,  il  envoie  un  f>alet  en  Logres  deman- 
sager"en™Lo-  ^^^  ^^^  nouvelles ,   mais   ce  messager   n'apprend   rien,   pas 
grès.  même  à   la  cour  d'Arthur,   parce  que  Tristan   se  dissimule 

toujours.  Le  valet  s'en  retourne,  tombe  malade  et,  un  mois 
plus  lard,  trouve  un  chevalier  venant  du  tournoi  de  Roche 
dure.  Ce  chevalier  lui  raconte  que  TrisUan  en  a  été  le  vain- 
queur et  fait  son  éloge;  il  ajoute  que  Tristan  pourrait  bien 
déshériter  le  roi  Marc,  s'il  voulait  (P  29).  Le  valet  retourne  à 
Gamaaloth,  où  tout  le  monde  parle  de  Tristan.  Celui-ci 
n'est  pas  encore  arrivé  à  la  cour  ;  mais  Lancelot  y  est,  et 
ceux  de  sa  lignée  lui  font  fête  :  c'est  comme  si  le  bon  Dieu 
était  descendu  parmi  eux,  —  Lorsque  Lancelot  fut  venu  à  la 
coui-  et  qu'il  entendit  parler  des  merveilles  que  faisait  Tris- 
tan, il  se  remit  en  quête,  au  bout  de  huit  jours,  avec  Bohort. 
—  Le  valet,  qui  ne  tient  pas  à  rencontrer  Tristan,  retourne  en 
Cornouaille  et  dit  à  Marc  que  son  neveu  pourrait  bien  le  dés- 
hériter :  tous  les  compagnons  de  la  Table  Ronde  et  tous  les 
bons  chevaliers  du  Logres  prêteraient  secours  à  Tristan.  Le 

autres  mss.  est  un  peu  difl'érent.  Le  voici  :  Lorsque  le  bruil  des 
exploits  de  Tristan  a  pénétré  jusque  chez  le  rui  Marc,  il  est  très 
eirrayé,  et  il  réfléchit  jour  et  miit.  Arrivent  la  demoiselle  d'Iseut  (qui 
parait  oubliée  dans  757}  et  un  valet,  envoyé  par  Marc  en  Logres  pour 
s'informer  de  Tristan  (cet  envoi,  qui  n'est  pas  autrement  mentionné, 
semble  accuser  un  raccoursissement  du  texte  de  757);  ils  rentrent  en 
même  temps.  La  demoiselle  va  rendre  compte  de  son  message  à  Iseut, 
qui  est  mécontente  de  ne  recevoir  aucune  réponse  de  Tristan  et  blâme 
la  demoiselle  à  cet  égard  ;  celle-ci  la  console  un  peu,  en  lui  faisant  le 
récit  des  exploits  de  Tristan  dans  le  combat  avec  les  trente  chevaliers 
de  Morgain  et  dans  le  tournoi  devant  le  cbàteau  aux  Pucelles.  Marc, 
de  son  côté,  est  renseigné  par  le  valet,  qui  lui  dit  que  Tristan  pour- 
rait bien  subjuguer  le  monde  entier.  Le  roi  est  désolé  à  l'idée  de 
perdre  son  royaume  et  Iseut  qu'il  aime  comme  lui-même  ;  il  se  dit  que 
le  mieux  serait  d'aller  en  tapinage  dans  le  royaume  de  Logres  pour 
y  tner  Tristan  en  repost.  Il  prend  enfin  la  résolution  de  s'y  rendre  r  voiïi 
plus  grand  fiardemetit  que  Marr  fit  de  sa  vie  ;  ce  fut  ropenilant  plut' 
une  forssenerie  et  merveilleuse  rage.  Mes  a  tant  lesse  ore  H  conta  a  par. 
de  celui  fet,  et  tant  que  le  lieu  en  viengne  du  conter ^  et  rdourns  a  nosi. 
matire. 

Or  dist  li  contes  que  quant  le  roy  Marc  ot  grant  pitxe  pansséa  ves> 
chose...,  il /ist  assembler  ses  gens;  il  laisse  les  soins  du  j^uuverueiuâiu 
Andret,  etc.,  comme  757.  ,^^^^^^^ 


—  151  — 

roi  Marc  est  surtout  fâché  à  cause  d'Iseut,  ([u'il  aime  plus  que 
rien  au  monde.  Il  ne  voit  qu'un  parti  à  prendre  :  aller  en 
Logres  en  tapinage  et  tuer  Tristan  en  repost  ;  car  en  apert  ne 
le  porroit  il  fere  ;  car  trop  est  T.  degrant  pooir. 

208.  Il  laisse  le  soin  du  gouvernement  à  Andret,  se  H  se  décide  à 
déguise  en  pèlerin  et  part  avec  deux  chevaliers,  Berielai  '  et  enLogres^ur 
Armant  2,  deux  demoiselles  de  la  chambre  de  la  reine  ^  et  deux  i"®!*  Tristan. 
écuyers. 

209.  Ils  rencontrent  deux  chevaliers,  qui  leur  disent  que 
Tristan  esl  à  la  cour  d'Arthur.  Marc,  de  plus  en  plus  irrité, 
confie  à  Berielai  qu'il  veut  tuer  Tristan  et  qu'il  compte  sur  lui 

pour  l'aider  :  Bertelai  s'y  refusant  énergiquement,  Marc  perd  U  assassine  Ber- 
patience,  tire  son  épée  et  lui  fend  la  tête.  Les  deux  demoi- 
selles, qui  sont  les  sœurs  de  Bertelai,  se  désolent,  et  Armant 
s'indigne.  Marc  s'en  va  immédiatement,  et  li  escuier  avec  lui  *. 
Les  autres  courent  après  le  roi  et  apprennent  de  deux  demoi- 
selles qu'elles  l'ont  renconti-é  et  qu'il  doit  être  au  château  de 
Tirian.  Les  Cornouaillais  sont  logés  dans  la  forteresse  ;  car 
nus  du  chastel  n'osoit  tenir  chevalier  en  son  ostel^  ainz  con- 
venait que  tuit  s'en  alassent  en  la  forteresce  ^.  El  a  l'ende- 
main,  quant  le  rotj  M.  se  cuida  départir  de  laienZj  il  ne 
pot  ;  car  les  damoiseles  le  firent  arrester  et  li  ^  distrent  Les  domoiselles 
qu^eles  Vapeloient  de   traïson  :   elles  exigent  qu'il  se  batte     défient. 

1.  Var.  :  Bert[k)olai{s,s). 

2.  Xar. Amant,  Hcrman,  Armen. 

3.  Dans  Tressan,  p.  122,  Marc,  «  ne  pouvant  perdre  de  vue  la  belle 
Yseult,  »  choisit  les  demoiselles  pour  la  suivre  avec  Brangien,  et  part 
avec  elle,  —  version  inconnue  à  tous  les  mss.  et  aux  imprimés  qui  se 
rattachent  à  la  famille  du  ms.  103  ^^Verant  et  Janot).  C'est  peut-être 
une  invention  ayant  pour  but  d'expliquer  la  présence  dos  deux  demoi- 
selles de  la  chambre  de  la  rein(>;  l'arrangeur  n'a  pas  su,  ou  bien  il  a 
oublié  qu'au  Moyen-Age  les  seigneurs  et  les  chevaliers  errants 
aimaient  à  se  faire  accompagner,  dans  leurs  voyages,  d'une  ou  de  plu- 
sieurs dames;  Marc  prend  tout  naturellement  les  siennes  parmi  les 
dames  de  la  cour,  les  clfimes  d'Iseut. 

4.  De  même  tous  les  autres  mss.  sauf  334,  qui  dit  à  tort  ;  et  les 
eseuiers  remeindrenl  itecques  et  Amant  avecqucs. 

5.  Mais  334  et  tous  les  autres  mss  :  Après  avoir  enterré  le  corps  dans 
une  abbaye,  on  poursuit  le  roi  Marc  toute  cette  journée  et  arrivée  un 
château  où  il  s'est  logé;  et  furent  m  itne  forteresse  et  non  pat  ensemble* 
ançoù  furent  deparliz.  A  t'endemain  quant  etc.  :^  757. 

G.  /.i  manque  dans  334. 


—  152  — 

avec  Armant  *  à  la  cour  du  roi  Arthur  dans  cinq  *  jours.  Marc 
s'y  engage  et  s'éloigne  après  qu'on  lui  a  promis  de  ne  pas 
révéler  son  nom  (P  30  d)  ^. 

1 .  DanR  334,  Armant  dit  qu'il  est  désormais  le  pire  ennemi  de  Marc. 

2.  5i^  les  autres,  sauf  776  {.  K//;.). 

3.  Ici  757  s'occupe  d'Armant  et  des  demoiselles;  mais  334  et  tous 
les  autres  mss.  —  c'est-à-dire  12599,  335,  776,  97,  100,  102,  349; 
99,  94;  103  (lacune  dans  104);  les  imprimés,  Dunlop.-Liebrecht, 
EncyclopîTdia  Britannica  (dans  la  Tav.  Hit.  et  dans  le  ms.  758  il  n'y  a 
pas  de  voyage  de  Marc),  —  donnent  une  série  d'aventures  comiques, 
subies  par  le  roi  Marc  en  Logres  (Tressan  les  présente  profondément 
changées).  C'est  probablement  une  superfétation  postérieure.  —  Pour 
la  bonne  continuation,  telle  que  la  donne  757,  voy.  au§  230. 

Aventures  de  '^^^-  i^^^  etc. (  Ayant  quitté  Armant  *  et  les  demoiselles,  Marc  dîne 
Marc.  chez  un  forestier;  puis  il  s'arrôte  à  une  fontaine  située  à  l'entrée  d'une 

grande  forêt;  car  il  ne  connaît  pas  le  chemin,  et  la  nuit  approche.  Il 
envoie  les  écuyers  garder  les  chevaux  et  se  livre  à  ses  pensées  :  il  ne 
sait  pas  s'il  ira  chez  Arthur,  car  il  a  peur  de  Tristan  ;  et  il  se  repent  un 
peu  d'avoir  entrepris  ce  voyage.  Survient  Lamorat;  ne  voyant  pas 
Marc,  qui  est'couché  dans  1  herbe,  il  chante  son  amour  pour  la  reine 
d'Orcanie,  mère  de  Gauvain  et  sœur  du  roi  Arthur.  Dans  un  lai  : 
Sam  cuer  sut  et  sans  cuer  remain,  etc.,  il  se  plaint  de  Gaheriet,  qui, 
dit-il ,  le  traite  comme  le  roi  Marc  Tristan,  car  il  l'éloigné  de  sa 
dame;  il  se  considère  même  comme  plus  malheureux  que  Tristan, 
qui,  au  moins,  ne  voit  plus  Iseut  et  peut,  par  conséquent,  ne  pas 
penser  toujours  à  elle.  En  effet,  Gaheriet  surveille  sa  mère  très  soi- 
gneusement; il  l'a  souvent  avertie  que,  s'il  trouve  Lamorat  avec  elle, 
il  la  tuera,  sans  faire  aucun  mal  au  célèbre  chevalier.  Les  écuyers, 
entendant  les  plaintes  de  Lamorat,  le  prennent  pour  leur  maître  et 
viennent  lui  demander  ce  qu'il  a;  ils  s'aperçoivent  bientôt  de  leur 
erreur,  et  Marc  dit  à  l'étranger  qu'il  n'a  pas  vouïTi  «  le  détourner  de 
sa  plainte,  qui  lui  a  j)lu  assez  «.  Il  ne  se  nomme  pas,  mais  Lamo- 

Il  trouve  Lamo-  ^at  reconnaît  l'accent  de  Cornouaille  et  lui  demande  des  nouvelles  du 
pire  roy  det  monde  et  du  plus  mauves^  ce  est  du  failli  roy  de  Cornoaille. 
Marc  n'est  mie  bien  asseUr:  il  voudrait  bien  orendroit  estre  ailleurs. 
Gomme  Lamorat  insiste,  Marc  dit  que  le  roi  va  fort  bien.  «  Si  m'ait 
Diex,  fait  L.,  ce  poise  moi  ;  se  il  a  bien,  ce  est  duell  et  domages,  et  se  il 
avoit  mal^  ce  seroit  tnoult  grant  joie.  «  Puis  il  lui  demande  ce  qu'il  vient 
faire  en  Logres;  Marc  dit  qu'il  est  venu  pour  affaires,  qu'il  n'ira  pas 
à  ta  cour  et  qu'il  s'en  retournera  prochainement  :  a  Et  vous,  lui  dit- 
il,  où  allez-vous?  «  Lamorat  répond  qu'il  veut  assister  à  un  tournoi 
qui  aura  lieu  devant  le  ehaxtel  au  Géant,  à  deux  lieues  de  Gamaaloth 
(le  roi  des  0*nt  chevaliers  contre  le  roi  d'Irlande,  son  parent).  11 
olïre  à  Marc  d'y  aller  avec  lui,  «  tout  soiez  vous  de  Cornoaille  ;  nmais  Marc 
s'excuse.  Ils  passent  la  nuit  près  de  la  fontaine. 

1.  DansTreBsan,  Marc,  ayant  arrci>té  le  défi  d'Amans,  •  litisM  la  itiiBC   Ysealt  avec  la  aenJo 
Draiiff&io  daus  une  ahbayo  et  part,  •>  etc.  (]>.  1*23). 


—  153  — 

21!.  Le  lendemain  malin,  Marc  quitte  furtivement  Lamorat,  qui  ne  Marc  trouve  Di- 
lui  inspire  aucune  confiance  ;  il  se  propose  daller  à  un  château  qui  est  :  «emoaîiede 
â  dix  ïieues  de  là.  Il  atteint  un  chevalier,  qui,  étant  fatigué,  ne  l'invite  ""  lui 
pas  à  jouter  ;  par  conséquent,  Marc  le  considère  comme  un  homme  de 
peu.  Ce  chevalier,  ayant  raconté  qu'il  va  à  la  cour  voir  la  grande  fête  et 
la  grande  joie  qu'on  y  fait  de  Tristan,  le  meilleur  chevalier  du  monde, 
demande  à  Marc  d'où  il  est.  Marc  ne  précisant  pas,  le  chevalier  lui 
demande  si  son  pays  est  trop  méprisé  pour  (]u'il  ose  le  nommer,  s'il 
est  de  cette  contrée  que  chacun  renie,  e'est-à-dire  la  Cornouaille.  dont 
les  chevaliers  ne  nomment  leur  pays  que  si  o»  les  y  force.  Marc  avoue 
qu'il  en  est  :  c'est  ce  qu'il  ne  pourra  d'ailleurs  jamais  cacher,  lui  dit  le 
chevalier,  à  cause  de  son  accent  ;  k  Pechié  vos  a  amené  en  ceshti  pais,  car 
vos  ne  vous  en  pouez  ja  mes  départir,  a  mon  escient,  que  t'en  ne  se  moque 
de  VOS-  •  Marc  se  courrouce  :  «  Vos  avez  mouH  la  langue  preste  a  dire 
rilennie.  —  Et  pour  quoi  vos  diroie  je  bien?  ce  seroil  parole  perdue; 
certes,  je  ne  vos  pourroie  tant  dire  d'onneur  que  vos  n'aiez  honte  et 
vergoingne,  avant  que  vos  repairez  en  CornoaiUe  la  hardie,  n  L'inconnu 
engage  Marc  à  le  suivre  à  la  cour  pour  sa  honte  et  son  deuil  ;  là  il 
ptiurra  voir  «  l'honneur  que  Dieu  lui  fera  et  l'honneur  qu'on  a  fait  à 
Tristan,  ce  qui  tournera,  avant  peu,  à  la  honte  de  la  CornoaiUe, 
d'oîi  le  roi  Marc  sera  chassé  avec  nn'pris  ».  Marc  est  trop  en  c<dère 
pour  pouvoir  répondre  aussiiùt.  Enfin  ildcmandt^le  nom  du  chevalier  : 
c'est  Dinadan.  Marc  le  blâme  de  maiii|uer  de  sagesse  :  «  Je  ne  vuiis  en 
dirai  pas  autant,  riposte  l'autre,  vous  êtes  le  plus  sage  et  le  plus  hardi  ; 
jamais  vous  n'attendîtes  un  coup,  pourvu  que  vcius  pussiez  vous  sauver, 
ce  qui  est  la  sagesse  même  en  Cornouaille. —  liah!  dit  Marc,  j'oserais 
m'exposer  &  un  coup  de  lance  aussi  hien  que  vous.  —  Oui,  s'il  n'y 
avait  point  de  fer  à  cette  lance.  —  Sire  chevalier,  vos  n'estes  mie  trop 
courtois.  —  Et  je  ne  vueill  pas  estre  trop  courtois  :  rostre  ro*j  si  est  dés- 
héritez de  totes  honneurs^  de  quoi  il  m'est  avii  que  je  vos  respons  encore 
bien...  »  Dinadan  conseille  à  son  iuterlocuti'ur  de  ne  pas  rh^rchcr  les 
coups  de  lance  que  donnent  les  chevaliers  do  Logn-s.  «  Certes,  répnnd 
Marc,  de  vostre  loer  n'ai  je  cure ,  mhje  m'en  aideroic  ansint  bien  comme 
vos  feriez,  »  et  tors  commence  Dyn.  a  seignier^  tout  ausint  comme  se  il 
tenisl  ceste  chose  a  grant  merveille  :  «  Diex  aide!  sire  chevalier,  lui  dit- 
il.  me  dites  vos  vérité?  Ha',  seinte  douce  dame!  je  ne  peiisse  ja  m'S  croirre 
que  vos  fussiez  si  preuz  ne  si  hardi:  devant  que  vos  le  m'eUssiez  dit.  * 
Marc  est  furieux  et  enfle  tôt  de  maltalent^  mais  il  n'ose  assaillir  h' 
mauvais  plaisant.  Dinadan  continue,  charmé  de  l'elFet  de  ses  sar- 
casmes :  «  Si  vous  êtes  si  brave  que  vous  le  dites,  vous  ne  pouvez  point 
être  originaire  de  Cornouaille;  car,  se  vos  fussiez  destrampâ  de  tel  sanc 
comme  sont  ceuls  qui  en  sont  nez^  la  nature  de  CornoaiUe  fust  en  vos 
enraeienee  tout  autresint  comme  ele  est  es  autres.  ■ 

2!?.  Pendant  cette  conversation  ils  rencontrent  Lamorat.  qui  che-  Dinndan    par- 

vauche  tout  seul  ox   los  invite  à  joutor.  «  A  présent,  dit  Dinndan  à      X''^"*   "./*'" 
-,  .  .         1     „  -1.  jouM'r    Marc 

Marc,  vous  iHiurrez  me  montrer  si  vous  êtes  de  (.ornouaille  ou  non  :      avec  Lamorat; 

allez  jouter  avec  ce  chevalier  et  tâchez  de  gagner  le  pris  et  le  los.  »  Marc  dêlaite  de  Marc. 
ne  set  que  it  doie  dire  :  il  a  bien  peur  des  chevaliers  de  Logres;  d'autre 
part  il  se  trouve  engagé  par  la  parole  que  il  avoit  orendroit  dite  â  Dina- 
dan. Celui-ci,  qui  voit  bieu  que  Marc  ne  tient  guère  à  la  junte,  crie  à 


—  154  — 

Lamorat  :  «  Voici  mon  compagnon  qui  demande  à  jouter  avec  vous.  — 
Pourquoi  ne  vous  réservez-vous  pas  celte  joute  à  vous-même,  dit  Marc, 
puisque  vous  êtes  de  Logres?  —  Oh  !  n'ayez  pas  peur,  mes  ailes  a  lui 
tout  seiîremenl  ;  que^  par  celé  foy  que  je  vos  t^i,  le  cuer  me  demne  que  vous 
avroiz  aucune  chose  de  ceste  feste^  se  vos  i  alez  ;  et  pour  ce  vos  prie  je,  tant 
comme  je  puis,  que  vos  vos  abandonnes  ttardiement  a  aler  encontre  ce  fol^ 
qui  moi  ne  vos  ne  veult  lessier  en  pès.  »  Dinadan  dit  tout  cela  *t  comme  celui 
qui  le  gaboit  et  qui  vousist  que  le  roy  clieïU  en  la  greingnour  poudre  ;  car 
il  a  reconnu  Lamorat  à  ses  armes,  et  lui-même  ne  l'attaquerait  jamais, 
parce  qu'il  lui  est  bien  inférieur  ;  mais  s'il  peut  causer  la  défaite  du 
Cornouaillais,  5i  se  rira  trop  volentiers  et  gabera.  Ënûn,  tant  dist  Dyn. 
au  roy  M.  et  tant  li  met  avant  de  bêles  paroles  que  le  roy  entre  en  la  folie. 
Il  est  désarçonné,  et  Dinadan  refuse  de  jouter  :  «  L'accident  arrivé  à  mon 
compagnon  moustre  que  de  ceste  courtoisie  me  doi  je  bien  sottsfrir^  et  je  si 
ferai.  »  Lorsque  Lamorat  est  parti  :  «  Ah  !  dit  Dinadan  à  Marc,  vous 
êtes  de  Cornouaille,  de  ta  beneiiree  terre;  la  nature  si  s'en  esprueve  bien 
11  fait  accroire  à  en  vos...  »  et  il  lui  fait  accroire  que  sou  vainqueur  est  Keu,  o  le  plus 
Marc  que  c'est  mauvais  des  compagnons  de  la  Table  Ronde.  »  Marc  raconte  qu'il  a 
^""  récemment  abattu  le  sénéchal.  «  Je  sais  bien,  dit  Dinadan,  que,  si 

maintenant  il  vient  de  vous  renverser,  ce  n'a  point  été  par  sa  prouesse...  ; 
car  ce  est  trop  grant  merveille  comment  il  a  abatu  un  tel  chevalier  comme 
vos  estes,  et  pour  ce  m'est  il  avis  que  vos  fustes  a  cestui  point  trop  mes- 
cheant.  »  Marc  le  croit  aussi  et,  résidu  à  se  venger,  il  commence  son 
erre  a  croître  moult  durement.  «  Pourquoi  allez-vous  si  vite?  demande 
Dinadan.  — Mais  pour  rattraper  Keu  ;  il  est  mestier  que  je  m'en  venge 
tout  îneintenant  ;  et,  certes,  miels  vueill  je  mourir^  se  ce  avient,  que 
ceste  honte  remeingne  a  vengier.  —  Sire!  or  parlastes  vous  comme  clxeva- 
lier  ;  ainsint  doit  chascunpretidoume  fcre,  ne  il  ne  se  doit  de  riens  aiargier 
que  il  ne  se  venge,  puis  que  il  en  a  te  pouoir...  » 

Marc  défie  La-  213.  Ils  atteignent  Lamorat,  et  Marc  le  délie.  Lamorat  cherche 
morat  et  est  d'abord,  en  vain,  à  le  détourner  de  se  battre;  mais,  lorsqu'il  se  voit 
lui.      '^  P""*^  pour  Keu,  il  accepte  en  souriant  le  défi.  Marc  a  le  dessous;  mais 

Lamorat  vetit  l'épargner,  parce  qu'il  le  trouve  auques  preudoume  des 
armes,  et  propose  de  laisser  la  bataille,  comme  il  n'y  a  pas  entre  eux 
d'inimitié  mortelle  :  Marc  accepte  avec  empressement.  Lamorat  les 
quitte  pour  se  rendre  chez  un  parent  qu'il  veut  amener  au  tournoi. 

Discussiondo  21i.  Marc  demande  à  Dinadan  pourquoi  il  a  fait  passer  son  adver- 
Dinadun  avec  g^ire  pour  Keu.  Dinadan  ne  lui  répond  pas  directement,  et  se  borne  à 
"*  ^^^'  dire  <iu'une  courtoisie  pareille  à  celle  de  ce  chevalier  ne  saurait  être 

trouvée  dans  toute  la  Cornouaille.  «  Oui,  oui,  répond  Marc,  il  a  été 
bien  courtois,  mais  vous  ne  l'êtes  mie.  »  Et  on  reprend  la  marche, 
parlant  par  rancune  et  par  despit.  Marc  reproche  à  Dinadan  de  n'avoir 
pas  eu  le  courage  de  jout(?r  :  u  Dans  tous  les  cas,  riposte  ce  dernier, 
vous  n'avez  vu  nule  défaite  aperte  en  moi. . .  ;  mes,  pour  c-eque  vos  aïesdisant 
que  je  suis  chevalier  de  povre  afaire,  je  vos  dirai  que  nos  ferons.  »  Et  il 
lui  propose  de  choisir  l'un  de  deux  ponts  qu'ils  devront  passer,  l'un 
le  jour  même  et  l'autre  le  lendemain;  ces  ponts,  situés  à  deux  lieues 
englesches  l'un  de  l'autre,  sont  gardés  chacun  par  un  chevalier  ; 
Marc  se  battra  avec  le  premier  et  Dinadan  avec  le  second. 


—  155  — 

Marc  est  tellement  exaspéré  qu'il  eût  assailli  Dinadan,  s'il  cui- 
dast  qtu  il  par  aucune  manière  le  peiist  mètre  au  desous;  mais  il  y 
renonce,  ne  l'ayant  pas  éprouvé. 

315.  Ils  arrivent  près  d'un  château  appartenant  à  Tor,  le  fih  Ares,  Les  deux  p< 
qui  avTit  esté  filz  le  roi  Pellynor  de  Lystenois.  Les  deui  chevaliers  qui       gardés  pai 
gardent  les  ponts  sont   frères;  ils  ont  été  deshérités    à  cause  d'un  **pus  ^^^^ 
mesfet  que  ûur  père  avoit   fet.  H  avoient  en   celui  an    esté   chevalier 
nouvel  en  la  meson  le  roy  Arlus  et  défendent  leurs  ponts,  li  uns  pour 
envie  de  l'autre,  pour  ce  que  chascuns  cuidoit  estre  meiilour  chevalier.  Ils 
joutent  donc,  mais  sans  les  y  contraindre,  avec  les  chevaliers  qui  pas- 
sent ;  Arthur  te  leur  a  permis,  pour  ce  que  les  .II.  nouviaus  chevaliers  s'es- 
saissent  le  premier  an  a  moustrer  d'armes.  C'est  le  frère  aîné,  Driant  ' ,  qui 
garde  le  premier  pont.  —  «  Kous  voilà  arrivés  là  ou  est  vostre  espreuve,  » 
dit  Dinadan.  Et  Marc  :  «  Or  n'aiez  mie  tant  de  paroles;  je  m'en  deliver- 
rai  moult  bien,  se  Dieu  plest.    •  Dinadan  .-  «   A  non  Dieu!  cesavoie  je 
moult  bien  ;  se  Diex  vouloit,  il  vos  changerait  moût  tost  le  cuer  de  Cor~ 
noaille  que  vos  avez  dedenz  le  ventre,  a  .!.  ansint  grant  euer  et  ausint 
hardi  comme  a  orendroit  Trystram  ;  mes  je  sai  bien  que  il  ne  ienentreme- 
tra  ja  a  cestui  point  d' orendroit ,  »  Dinadan  recommande  au  roi  de  se 
garder  de  tomber  dans  l'eau  ;  «  car  si  voirement  m'ait  Oiex  comme  vos  en 
seriez  a  tart  relevez  !  »  Malgré  la  peur  que  lui  causent  ces  paroles,  Marc  Marc  joute  f 
s'élance  vers  le  pont,  croyant  la  joute  indispensable.  Les  deux  adver-  Driant. 

saires  brisent  leurs  lances  sans  se  faire  de  mal.  Marc  s'arrête  pour 
voir  à  son  tour  jouter  Dinadan  ;  mais  Driant  lui  crie  qu'il  doit  reve- 
nir à  la  charge,  puisque  aucun  d'eux  n'a  été  abattu.  «^  Il  le  fera 
tropvotentiers,  n  s'écrie  Dinadan;  mais  Marc  préfère  que  Dinadan  le 
remplace;  quant  à  lui-même,  il  se  contentera  d'avoir  obtenu  le  pas- 
sage du  pont.  Il  regrette  sa  lance  brisée,  et  le  chevalier  a  la  gracieu- 
seté de  lui  en  donner  une  autre.  Dinadan,  qui  connaît  les  coutumes, 
refuse  la  joute  et  rejoint  Marc,  qu'il  raille  de  son  peu  de  courage. 
«  Oui,  dit  le  roi,  je  le  fis  si  mauvesement  que  je  sui  toutes  voies  outre  ;  vos 
le  feroiz  a  Vautre  foiz  mielz,  ce  sai  je  bien.  » 

216.  Ils  se  logent  dans  un  château  qui  est  gardé  par  Berlet  ^.  Celui- 
ci  reconnaît  Marc,  qui  avait  tué  son  père  assez  vileinement  eu  Cor- 
nouaille  ;  Berlet  lui-même  s'était  enfui  dans  la  forêt.  —  Après  le  sou- 
per il  menace  Marc  de  l'assaillir,  aussitôt  qu'il  aura  quitté  le  château. 
et  le  nomme  publiquement.  Le  roi,  très  vexé,  prétend  qu'il  n'est  point 
Marc  :  il  dit  tant  ça  et  la  que  il  oste  touz  ceuù  de  laienz  de  leur  cui- 
dier,  sauf  Dinadan,  qui  ne  sait  à  quoi  s'en  tenir.  —  Le  lendemain 
ils  partent  et  suivent  le  chemin  de  Camaaioth.  Dans  une  vallée  ils  Marcassailli 
trouvent  Deriet,  qui  est  avec  deux  parents  et  qui  à  son  écu  reconnaît  Berlet. 

de  nouveau  Marc.  Le  roi,  voyant  que  son  celer  ne  li  vaut  riens,  se  cour- 
rouce et  abat  Berlet,  mais  e.tt  lui-même  renverse  par  les  deux  autres, 
qui  s'apprêtent  à  lui  courre  sus  à  cheval,  quand  Dinadan  les  attar|ue 
et  les  jette  tous  deux  à  terre  :  et  sachiez  que  D.  estait  tel  chevalier  que  il 
a  merveilles  feroit  bien  de  tance.  Il  descend  de  cheval  et  prend  part  à  la 
bataille,  qui  est  déjà  recommencée,  en  criant  :  «  Htù  Marc,  n'ayez  pas 

1.  Aintili&M;»):  — les  aatres:  rri(>N(0. 
3.  Vu-.  Bellet. 


—  156  — 

peur  !  nous  nous  tirerons  bien  d'affaire,  s'il  plait  à  Dieu  !  »  Les  deux 
chevaliers  sont  forcés  de  se  retirer.  Marc,  voyant  Berlet  presque  épuisé, 
lui  assène  un  coup  qui  le  fait  tomber  par  terre,  lui  arrache  le  heaume 
et  lui  frappe  à  plusieurs  reprises  la  tête  avec  le  pommeau  de  son  épée. 
Il  va  lui  couper  la  tête,  mais  Dinadan  a  pitié  de  ce  chevalier  qu'il 
avait  vu  preti  et  hardi  durement  :  il  retient  le  bras  de  Marc,  qui  a 
déjà  levé  son  épée,  et  lui  représente  qu'il  doit  épargner  celui  dont 
il  a  tué  jadis  le  père.  Marc  remonte  à  cheval  et  s'en  va  avec  Dinadan; 
les  compagnons  de  Berlet  se  sont  enfuis  vers  le  château.  —  Aux 
questions  de  Dinadan  relatives  à  son  voyage,  Marc  ne  répond  que  d'une 
façon  vague;  il  obtient  la  promesse  de  son  compagnon  de  ne  point  le 
faire  connaître,  tant  qu'ils  voyageront  ensemble. 

217.  Ils  arrivent  au  second  pont,  gardé  par  Alain*,  le  frère  de 
Driant.  Pour  éprouver  Marc,  Dinadan  le  prie  de  se  charger  également 
de  cette  joute  en  récompense  du  service  qu'il  vient  de  lui  rendre  contre 
ses  trois  agresseurs.  Marc  s'excuse  sur  sa  lassitude;  Dinadan,  ayant 
insisté  inutilement,  se  décide  à  combattre,  ijuoique  également  fatigué. 
On  voit  souvent  que  le  plus  sage  vel  foloiant  aucune  fois  :  Dinadan,  qui 
aurait  pu  se  dis]icnser  do  cette  joute,  l'entreprend  par  folie  et  pour 
l'amour  du  roy  M...,  pour  ce  que  il  ail  achoison  de  lui  couroucier  aucun 
Dinadan  abattu  pg^i  quand  il  aura  passé  le  pont.  Mais  ii  est  renversé  et  se  reproche 
P  son    imprudence.   Alain  refuse  de   se  battre  après  avoir  désarçonné 

son  adversaire  :  ce  serait  contre  la  coutume,  et  Dinadan  s'éloigne,  eu 
disant  qu'il  em]»)rtera  donc  son  déshonneur  avec  lui. 

MBrc~  raille  Di-       218.  Marc  gabe  Dinadan  sur  son  accident  et  lui  dit  que  le  chevalier 
nadan.  ]^j  ^  ^^^^  ^^^  grande  faveur,  en  lui  laissant  passer  le  pont  :  «  car  se  il 

vousist,  encore  fussiez  vos  de  l'autre  part  pour  garder  le  rivage.  —  Les 
meilleurs  chevaliers  peuvent  être  désarçonnés.  —  Sans  doute,  mais 
quant  à  vous,  je  7ie  cuit  mie  que  il  ait  gueres  de  chevaliers  el  roiaume  de 
Logres  qui  tte  vos  feis[sen]t  le^  arçons  vutdier  dh  la  première  pointe  ^  ace 
que  de  chevauchier  savez  vos  mottlt  pou  et  encore  meins  de  lance.  —  En 
tout  cas,  je  suis  jirêt  à  me  battre  avec  vous,  si  vous  voulez.  —  Vous 
n'y  pens(v.  pas  ;  vous  feriez  mal  de  m'abattre,  car  je  n'ai  ne  père  ne 
mère,  et  si  sont  tonz  jourz  les  chevalirrs  de  Oornoailù  veincus  et  outrez^ 
si  comme  vos  meesmes  le  dites  :  un  chevalier  de  Logres  se  déshonorerait 
donc,  en  joutant  avec  moi.  — Oui,  vous  avez  parfaitement  raison.  » 
Le  roi  continue  à  gaber  Dinadan ,  ne  voulant  pas  manquer  cette  bonne 
occasion.  Dinadan  se  lait;  il  attend  tatit  que  it  wie  son  point;  il  se 
vengera  bien  du  roi  Marc,  sans  Uûï-Airemaldeson  cors^  et  il  le  voudra 
gaber  et  aleïner.  Knfiu  ils  refont  pès  et  s'engagent  à  s'aider  l'un  l'autre 
au  besoin,  jusqu'à  ce  qu'ils  soient  arrivés  chez  le  roi  Arthur. 

219.   Un  chevalier  qui  est  devant  sa  porte  les  invite  à  dînerchez  lui. 

Marc  s'étant  endormi  après  le  rejias,  Dinadan  se  [ilace  à  la  fenêtre  et 

Pnssnge   de  six  regarde   le  pays.  Il  voit  passer  six  compagnons  de  la  Table  Bonde  : 

comijagnon     jya^jp^  j^^  jjg  (j'Urien,  lïrandidis,  Ossenaim  (luer  Hardi  *,  fvain  Vavoutre^ 

Ronde. 

I.  »il,  04:  LatnlM). 

3.  Uc  môme  776  ;   (3S5  ;    100.  3f9  ;  Osrnain  ;  Oi,  9&  :  Otenan)  ;  Oteiaip  IÏ7,  109  ;  Orenain 
IS&9»,  Os^iiam  l()9. 


—  157  — 

Âgravain^et  Mordret.  Us  vont  à  lacour  d'Arthur.  Le  chevalier  leur 
offre  l'hospitalité,  mais  ils  remercioQt  :  ils  mangeront  plui)  loin,  près 
d'une  fontaine.  Dinadan,  qui  les  a  reconnus,  s'avise  d'un  tour  qu'il 
veut  jouer  à  Marc,  sans  que  celui-ci  reçoive  un  seul  coup  de  lance  ni 
d'épée.  L'hôte  dit  que  la  fontaine  est  à  une  lieue  englesche  environ 
de  la  maison,  droit  desus  le  c/temin,  en  une  arbroie.  Dinadan  réveille 
Marc  et  lai  demande  si!  ne  veut  pas  partir;  Marc  consent.  On  jirend 
congé  de  l'hôte,  et  on  arrive  à  une  grande  plaine.  Dinadan,  voyant  Var- 
frfote,  rappelle  à  Marc  leur  convention  de  secours  mutuel  ;  il  en  parle, 
parce  que  a  meintes  foix  avienl  que  l'en  entreprent  tête  compaignie  que 
l'en  ne  veult  pas  meintenir  ;  ançois  ta  lesse  l'en  par  desfaute  de  cuer  et 
pour  la  mauvestié  du  courage.  »  Marc  assure  qu'il  partagera  avec 
lui  tout  mal  et  tout  outrage.  Dinadan  le  remercie  :  «  Maintenant,  dit- 
il,  je  me  fie  beaucoup  plus  à  votre  compagnie  que  tout  à  l'heure.  » 
n  ajoute  que  les  chevaliers  qu'il  a  vus  passer  le  haïssent  de  mortel 
haine;  s'ils  tombent  sur  eux,  il  faudra  se  battre;  et  comme  ils  sont 
très  bons  chevaliers,  «  je  ne  pourrai  me  défendre  contre  eux,  se  vos 
ne  m'aidiez  trop  de  cuer.  n  Le  roi  Marc  a  bien  peur  ;  mais,  comme  on  ne  Poltronnerie  de 
voit  point  encore  les  chevaliers,  il  faitfriau  semblant  et  répond  vatllam-  Haro, 

ment  qu'il  ne  quittera  le  champ  que  s'il  se  sent  frappé  à  mort.  Arrivés 
près  àel'arbroie,  ils  voient,  suspendus  aux  arbres,  six  écus  tout  neufs, 
qui  brillent  au  soleil  :  «  Or  tost  !  dit  Dinadan  à  son  écuyer,  bailliez 
moi  mon  escu  et  mon  glaive.  A  celé  arbroie  qui  la  est  m'atendent  mes  ane- 
mis...  >  Et  il  prend  sa  lance  et  f et  semblant  que  il  vueille  fere  merveilles  ; 
et,  pour  ce  que  il  esbahisse  plus  le  roy  Jf.,  disl  il  :  v  Ha  !  Diex,  vrais 
aidierres,  secourez  moi  a  cestui  point,  que  le  besoing  en  est  venus;  se  le 
ttostre secours  me  faut,  doncques  sui  je  mort  vraiement.  »  Il  supplie  Marc 
de  l'aider  :  «  Secondé  par  vous,  je  pourrai  faire  merveille.  »  Et  pour  ce 
que  il  esbahisse  encore  le  roy  M.  tout  de  rechief  :  «  Ha  !  biau  sire  Diex  ! 
dist  lors  Dynadam,  je  ne  me  fie  fors  en  ce  mien  compaignon  qui  ici  est. 

—  Sont-ils  donc  si  près,  vos  ennemis? —  Oui,  et  tant  mieux  ;  nous 
nous  vengerons  d'autant  plus  vite;  voilà  les  écus  de  mes  ennemis. 

—  A  non  Dieu  !  ils  sont  donc  bien  près,  »  et  Marc  s'arrête.  Dinadan 
a  beau  le  prier  d'avancer  ;  le  roi  ne  répond  pas  :  te  cuer  li  faut  et  tous 
les  membres;  il  n'a  pouoir  dater  avant.  Il  quitterait  son  propre  frère 
en  pareille  circonstance,  dit-il  ;  ils  doivent,  selon  lui,  s'enfuir  tous  les 
deux;  il  ne  veut  pas  mourir,  «  pour  vos  folies  acomplir.  —  Vous 
m'avez  trahi  !  s'écrie  Dinadan,  c'est  parce  que  j'avais  tant  de  confiance 
en  vous  que  j'ai  pris  ce  chemin,  au  lieu  d'aller  à  travers  la  plaine.  »  — 
Marc  s'enfuit  au  galop. 

220.  Dinadan  rejoint  tes  six  compagnons.  II  n'est  reconnu  que  par  P'oadan  et  les 
Ivain,  à  qui  il  dit  qu'il  vient  de  chercher  Tristan  en  Sorelois.  On  s'ac-  8*^*^**°*P*8°**°^- 
corde  à  aller  ensemble  à  Gamaaloth.  Ivain  demande  à  Dinadan  qui 
est  le  chevalier  qui  vient  de  le  quitter.  Dinadan  raconte  tout  ;  il  ne  dit 
cependant  pas  le  nom  du  «  chevalier  de  Cornouaille  »,  et  ses  compa- 
gnons ne  pouvaient  supposer  que  Marc  eût  assez  de  courage  ])our  aller 
en  Logres,  oii  il  est  si  haï. 

1.  OabUê  liUiu  100. 


—  158  — 

ûinadiia  reiitiu-  *  *  '  •  ^'**'  Compagnons  se  logent,  ftii  noir,  iUn«  un  efuistel  upitartenaai 
V»  Marc.  à  Arihur  et  dpsfendfnl  à  la  maison  rl'un  vavasReur.  Oinadan  apprend 
que  Marc  s'pst  lopt^  dans  co  rni^uie  cliastel,  asscr.  près  il'cux,  choz  uno 
dame  veure,  dont  lus  ileux  tils  sont  des  chevalipr&,  errants  de  la  maisnu 
d'Ai'lliur.  Il  va  le  voir  et  lui  dit  t\uv  les  chevalîors  qui  poruiient  den 
armes  !u>nililnblL>s  à  celles  de  ses  ennemis,  se  sont  trouvéïj  t>lrc  ses 
amis.  Mare  a  liien  honte  de  s'éim  nioutré  si  poltron.  Diuadnn,  ijui 
lui  r(''i<«rve  encore  des  mificres,  déclare  ne  pas  vouloir  laisspr  sa  compa- 
gnie poKr  celui  fet  :  Mari!  en  est  enchanta.  Dinailan  vRUt  bif*n  afTi'*er 
les  excuses  que  Marc  lui  fait  sur  su  conduite  df*  tout  à  l'heure  ta  It* 
quitte,  iMi  disant  ipril  reviendra  le  prendra  le  lendejnain  pour  continuer 
leur  c-bf^min.  Hontré  à  Tbotel,  il  rend  compte  de  sa  visite,  tvain 
itit  qu'il  forcera  Ir  lendemain  le  Coruouaillais  de  rendre  ses  armes  et 
de  s'engager  par  serme-ut  à  ue  plus  chevaucher  eu  dievalier  ermol 
ilauslp  niyaumo  lit'  Logres. 

Giniol  HiTaoce  Arrive  («ifflel,  U*  fil»  de  Ito:  c'est  un  chevalier  assea  fnvoùùz,  et  bon 
iind  jnniD  «n-  risokeuravoU  en  lui.  Il  amène  le  fou  d'Arthur,  Uaguenel.  dont  nouft 
irt'  Dn^uent»!  nt  avuus  ib^jà  fait  la  connaissance  *.  Gifflet,  qui  a  éiè  envoyt*  par  Arthur 
""'"'^  pour  uiMM-erlnine  aiVoire,  mtournera  à  la  cour  avec  les  nutn>s.   Ivain 

lui  raconU' ti's  iiviMiiurr's  de  Iliniidai)  avec  Marc.  Daguenol.  entcnilunt 
parler  d'un  chevalier  rie  ruruouaîUe,  le  r<5clume  pour  lui.  On  le  lui 
ahuudonne  en  riant.  Ivain  raconte  que  Haguenel  avait  jadt.s  .tnmnr 
prisouniers  chez  Arthur  deux  chevaliers  de  Gornouaille  qu'il  avait 
vaiucus  ;  c'est  poui'  les  tivoir  aiiiai  éprouve*  qu'il  en  parnU  n  ItavUie' 
nunl.  Gifllet  Tail  pari  à  ses  compagnons  d'un  projet  :  on  doiuiera  U* 
lendemain  à  Dagucnet  les  armej;  d^  l'un  d'entre  eux,  et  on  partira 
avant  le  chevalier  de  Comnuaille;  lorsqu'il  les  aura  atUMuts,  on  le 
montrera  â  Uagueuel,  qui  est oi^sez  jo/û  pour  attaquer  n'importe  qui; 
le  chRvalicr  s'enfuira  s^ius  aucuu  doute,  et  comme  cela  ils  n'uunmt  pas 
besoin  de  le  louchor  eux-mêmes.  Ou  accepte  avec  plaisir  :  il  serait 
bien  plaisant  que  Uaguenot  niendt  en  prison,  chez  Arthur,  en  cheva- 
lier de  Gornouaille:  Tristan  s'en  réjouirait,  el  Arthur  encore  davan- 
tage, et  toute  la  cour  s'en  amu!^l>rait.  On  fait  donc  savoir  à  Daguenel 
qu'il  doit  cuml>allre  uu  chevalier  de  Cornnuaille  :  il  commence  set 
jtawnes  a  batre  dt  la  çrantjuie  que  il  avoit. 


Otnaiion      lait 
passer  Dngoe- 

nct  piiur  "C&a- 
eclot. 


2'2Î.  Ïjp  lendemain  on  lui  donne  les  armes  do  Moniret,  qui  tflaii 
bleft«(*  :  on  rit  uu  point  de  faillir  tomber  de  cheval.  Daguenot  les  recon- 
foftùit  mouU  et  disoil  :  «  Biaus  setngnors^  or  n'aies  nute  doute  l  Mort  est  et 
ifOiit  U  chevalier  de  CornouaHle.  * 

Dinadan  va  premlre  le  roi  Marc  et  lui  raconte  que  Lancelot  est 
venu  lu  veille  ausnîr,  —  «  Mats  il  est  àOtma^iloili,  nùil  a  ornent*  Tris- 
tan. —  Non,  il  a  quitlf^  Camaaloih,  il  y  a  six  jours  à  peu  près,  pour 
wie  grattl  bcxoitfne,  ol  il  y  retourne  maintenant.  —  Et  quelh^  nrmes 
p<>rie-t-iiy  —  De  toutes  noires,  v^cw  onir  avec  un  serpent  blanc  :  n 
ce  sont  (es  armes  de  Mor<hT»L,  iiorléos  par  Oagucnet.  Marc  et  Dinadwi 
arrivent  à  la  Foreit  ettrange,  ainsi  ajqtclee  parce  qu'elle  était  grani  et 
viervcUleuse  et  dfsvoiable  el  assez  aventureuse.  Parvenus  à  une  petite  plaine 


t.  To<r.H**<ioi«k 


—  159  — 

Us  xpa^nent  au  milieu,  en  un  rochoi,  les  compagnons,  qui  atten- 
dent là  le  chevalier  de  Cornouaillc.  <i  II  faut  jouter,  »  dit  Dinadan.  Mais 
Marc  ne  veut  pas.  Daguenet  s'avance  ;  Marc,  voyant  son  écu,  accuse  Di- 
oadan  de  l'avoir  trahi  :  il  leur  aura  dit  son  nom,  et  c'est  pour  cela  qu'on 
l'attend  ici.  Daguenet  lui  crie  :  «  Vos  estes  morz  !..javiès  ne  verroiz  Cor- 
nooiWe/»Marc,  croyant  entendre  Lanceint,  s'enfuit,  poursuivi  par  Dague- 
net et  les  autres,  qui  ne  veulent  pas  iwrdre  la  compagnie  de  Daguenet  ni 
laisser  le  temps  à  Marc  de  le  recnnnaître  et  de  se  retourner  vers  lui,  et 
grant  est  la  noise  et  la  criée  après  le  roi  Marc.  Par  bonheur  pour  lui  il  ren- 
contre  un  chevalier  qui  lui  offre  son  secours.  «  Oh  !  vous  nepourrrez  m'ai-  ^^j,  „„  chova- 
der  contre  celui  qui  me  poursuit.  —  Je  vous  dt^fendrais  même  contre  fier, 
Tristan;  au  reste,  ce  n'est  ni  Tristan  ni  Lancelot.  »  Marc  se  rassure  qui  abat  tous  les 
un  peu;  il  n'ose  d'ailleurs  fâcher  le  chevalier  et  reste.  Daguenet  vient.  et*^s'^,f*^^?a*avec 
«  Voilà  le  meilleur  chevalier  du  monde  !  »  s'écrie  Marc,  a  Non,  dit  le  Marc. 
chevalier,  je  connais  bien  au  chevauchier  que  il  n'est  mie  bon  chevaiier  ; . .  je 
l'abattrai  tout  de  suite.  »  Et  il  renverse  Daguenet  sans  le  connaître. 
Marc  l'avertit  qu'il  va  arriver  encore  six  chevaliers  de  la  Table  Ronde; 
l'autre  lui  dit  de  rester.  Brandelis  arrive;  le  chevalier  s'élance  vers  lui 
et  le  désarçonne;  il  en  fait  autant  d'Ivain  —  un  des  chevaliers  les  plus 
atemprés  de  la  maison  d'Arthur  —  et  d'Osenaim  Cuer  Hardi,  qui 
Tiennent  après.  Marc  est  aussi  étonné  que  les  trois  autres  compa- 
gnons *,  qui  sont  survenus.  «  C'est  sans  doute  un  dos  nôtres,  »  dit  Gif- 
flet,  et  il  propose  d'envoyer  un  valet  demander  au  chevalier  s'il  est  de 
la  maison  d'Arthur  :  s'il  n'en  est  pas,  ils  tâcheront  de  venger  les 
camarades.  Lorsqu'on  apprend  qu'il  n'est  point  compagnon  de  la  Table 
Ronde,  Gifflel  s'avance  :  il  est  jeté  à  terre  ainsi  que  les  autres.  Le  roi 
Marc  a  peur  que  ces  chevaliers  ne  se  vengent  de  lui,  s'ils  le  trouvent  sans 
eon  libérateur,  qui  alors  lui  offre  de  l'accompagner  jusqu'à  la  maison 
d'Arthur.  Brandelis  vient  lui  demander  son  nom,  mais  en  vain  :  «  Je 
suis  un  chevaiier  errant,  dit  l'inconnu  ;  .  .chevalier  sut  je,  non  mie  si  bon 
comme  mestier  meseroit.  » 

323.  Marc  part  avec  le  chevalier,  qui  parait  bien  triste;  il  ne  dit 
rien,  soupire  et  se  plaint  à  voix  basse.  Marc  n'ose  le  questionner.  — 
Après  l'eure  de  nonne  ils  arrivent  à  une  belle  fontaine,  oià  ils  descen- 
dent ;  le  chevalier  se  fait  désarmer,  en  partie,  non  mie  en  tele  manière 
que  se  il  eûst  besoing  que  ii  ne  s'en  pelist  tost  armer.  Puis  il  envoie  un 
des  vaUts  de  Marc  à  un  reeet  voisin  demander  à  la  châtelaine  de  lui 
envoyer  des  provisions,  mais  sans  que  personne  le  sache  :  il  ne  veut 
pas  qu'on  vienne  le  trouver  :  a  car  tost^  dit-il,  retournerai  ta,  se  Dieu 
plest.  »  Le  messager  doit  dire  que  le  chevalier  de  la  beste  glatissant  fait 
cette  requête;  la  dame  est  sa  mère.  Marc  ne  sait  pas  qu'il  est  avec 
Palamède,  car  il  ne  connaît  point  le  surnom  de  ce  chevalier.  C'est  Palamède. 

I^  mère  de  Palamède  pleure,  et  se  plaint  de  voir  si  rarement  son  fils  ; 
elle  suit  consciencieusement  ses  ordres,  et  le  valet  retourne  à  Palamède 
et  lui  répète  ce  qu'a  dit  la  dame.  Palamède  ne  dit  rien;  il  mange,  tou- 
jours très  pensif,  et  il  ne  demande  même  à  Marc  ni  son  nom  ni  d'où  il 
vient. 

224.  Marc  est  fatigué  et  s'endort.  Palamède  le  quitte,  fâché  de  ce 

1.  Poor  Dbudao,  voy,  cl-deuoas,  J  fib. 


—  160  — 

Marc  s'eoilort.  inunqtu*  do  (loliteiui'  diRvaleresque  :  «  itn«  m'ett  jms  avia,  dit-îl  aux 
el  PolamMo  éiuyers,  au  sembUinl  que  j'ai  vcU,  que  il  ail  gfûmment  ch«iyauchié.  »  La 
SQnva.  racii..  ^.^j  ^.  nhc^ille  pou  a|tri'5,  soii  pam*  qu'il  n»?  (lornmit  pas  ù  l'aiso,  soit 
cvt'ilh'  par  l«  liL'nniitscnu'iU  Ues  ctievaux.  Lt>«  écuyers  lui  riVpcleiil  liw 
pHrolcs  (II*  Pîilami^di-.  Miu-c  s'en  veut  do  co  qui!  a  (ail  oi  s  on  va  pour 
relriiuvyr  l'ulaïucilt-  ;  il  iJil  aux  éouycrs  de  rester.  Jl  trou vn  les  tmccfi 
du  L'Iiova!  i"l  Ic!*  iKTil  auftsiit'it  ;  cela  lo  fail  ntler  çà  et  lù,  tout  romnir»  Ip 
fait  I*aUinéd*i  lui-ni^mt',  qui  /rtn(  durement  pernsoit  que  it  ne  savoit  quel 
part  it  aloH.  Entia  Miirc  pi*rc[  It's  traces  tout  à  fait;  lu  nuit  approche, 
ftl  il  ïte  (l(>cide  à  roiourner,  m.iis  il  s'égare  ;  il  s'arrête  dans  loWscuritL'  et 
écoute  jxtur  savoir  stf  il  peiist  ovr  nul  homme  du  monde  qui  de  riens  le 
neiiJl  assener.  Il  otitcud  d<*s  plaiules  assex  près  de  lui,  suit  la  direc- 
tiou  el  arrive  prés  d'uu  chevalier  assis  en  l'arbriU  d'une  roche,  pleu- 
rant el  soupiraril  :  il  cai  taiiiùt  lies,  tanlût  arnîfi;é  ;  il  &e  lève  el  ne  rasmed 
il  rhaque  itisiaiit  ;  il  ne  voit  pait  Marc,  qui  ei^t  à  meins  de  .il.  lances  de 
lui,  tatU  rntcndoit  nuiTcilleustment  a  son  fet^..  une  heure  rioit,  et  une 
autre  lieure  si  pïouroil.  Marc  Âouril  :  il  le  croit  fou. 

?25.  Les  niuip;i^iioas  aballUâ  par  Palaniède  sont  désûlé».  Uagueuei 
lions  flo  iJo-  &e  plaint  de  <:e  que  ce  chevalier  lui  a  presque  rompu  le  cou,  et  il  brait  e( 
puenot  pxçi;  crie  ;  cela  rrconfurte  un  peu  les  autres  :  iU  rient,  el  ce  «i  une  cftote  qui 
iDéralé  '^'^*'  *"  •■*'^''  ^^  orriA/M pensées  dont  leur  cuers  etloient  a  malaise.  Arrive  Dina- 
dun,  qui  ne  nait  enroro  rien  de  ce  qui  s'est  passtï.  Etonné  de  leur  trou- 
ver l'air  tout  dejir.tmfurté,  il  w»  ren-seigne  auprès  àù  Mordret,  en  disant 
qu'il  était  re^lé  m  arrière  pnur  parler  à  un  chevalier  qui,  venant  de 
Camaaiuth.  Lui  avait  donné  de&  nouvelles  de  la  cour.  —  Let^  comp&> 
gnuus  se  réconfortent  toujours  dus  plaintes  de  Dagueuet,  qui  crie  et  brait 
et  se  maudit  el  jure  comme  forssene:  que  il  le  comparront  avant  que  il 
muire..  :  i«  Trop  iui  homiis  et  nuiUflrcMs  quant  pour  lesdiz  a  ca  meslres 
musarz  qui  ici  se  ttml  atrapetez  (I.  alropelez]  vesU  oncqua  le-n  armes  a  ce 
dolcrew  qui  a  tout  nepouoit  »t^4  avant  ater  >  «  Il  prétend  être  percé  saub 
pouvoir  indiquer  où.  il  montre  iion  cùlë  et  dit  qu'il  e-st  navrez  a  vîori 
sanz  nule  doute,  mes  il  ne  sait  en  quel  lieu,  ce  redite  et  le.s  c<jmpaf?nons 
m  commencent  trop  decuerarire,  et  en  oublient  leur  ductl  et  leur  cour- 
rauz  de  la  çrant  [este  que  it  en  ont. 

Olnadan  pour-  ^26.  Dinadan,  les  voyant  moins  tristes  et  apprenant  par  Mordrel  que 
*""*■'  le  chevalier  porte  un  écu  d'urgent  avec  une  tôle  de  lion  vermeille, 
prend  confié  deit  cooipagnous,  en  exprimant  ses  regrets  de  ce  qui  est 
arrivé,  et  Remeiu  la  poursuite  de  ce  chevalier,  qu'il  croit  éire  Lamonit. 
Un  chasseur  avec  un  chevrel  troussé  lui  dit  qu'il  trouvera  le  chevalier  la 
devant  et  lui  indique  une  maison  de  forestier  voisine.  JU  entend  la  voix 
du  chevalier  qui  se  plaint  — c'est  Palaniède  —  et  va  tout  seul  le  trou- 
vor.  11  n'est  voique  par  Marc,  qu'il  n'aperçoit  point. 

PIftimeada  Pa-       227.   Palamêde  exprime  longuement  sa  douleur  :   o  Je  m'attends, 
!am*?de.  dil-il,  au  aort  de  Kahedin.  U  plus  macheant  tle  touz  tes  rois,  c'est  te  roy 

Marc  de  Cornoailley  ,.et  le  pire  de  tout  U  mande  a  le  soleill  et  la  lune  entre 
les  meins  ;  maia  c'est  comme  qui  dirait  un  aveuf^le  :  il  ne  saurait  distin- 
guer l'or  du  quoitre;  bien  qu'il  ail  avec  lui  la  biauté  et  la  clarté  de  tout 
ce  monde,  ,.chetività  et  lascheté^  qui  deden:  te  cuer  li  sont  herbcrçiees,  ti 


oadaa  sur  l'a- 
mour. 


I 


veQe  qu'il  no  ftanraiL  nppr^^rior  m  la  beatit^^  ai  la 
if  d'IiM?ut.  "•  Ici  Palaniêdo  afwrçoii  Dinadan,  qui  lui  dit  qu'il  a 
ws  plnintes,  t>t  lui  nxpo^c  'son  scntimeat  sur  l'aniuur  : 
it  pas  a  d'nmour  à  la  PaJamède,  qui  commença  en  mauves 
crdbMRl  ;  cr  n't^t  mie  amour,  ançois  <x(  amertume  trop  pire  i^ue  n'f-tt  Opinion  de  pi- 
U  TtntH  qui  du  terpent  iit  ;  mes  de  ta  moie  amour,  qui  au  cuer  me  tient,  sui 
jeHantftgai  ftfnvffisîé,  et  tout  autrttant  m'est  se  celé  que  je  tieng  pour  ma 
dttme,.  pleure  commise  eU  chante,  et  tout  autretant  m'est  se  eûi  a  froit 
comme  chaut,  ne  ongu4S  amort  ne  me  menti,  car  onqwjije  m  ta  retjui»  de nuU 
chou  dont  je  n'eOsse  tout  mon  grt,  ne  onques.  voir,  sans  uwn  cuer  je  ne 
f^;  amçois  le  sent  tout  jourz  dedenz  mon  piz  debatre  et  remuer,  cl  jp  ne 
veux  âucunemeut  le  donner  à  l8^ut«  car  ele  a  tant  dt  euert  dedenz  son 
vesUre,  tî  granz  et  rimerveilleus  et  si  forz^  que  it  ne  lesseroienX  ja  te  mien 
durer  ne  demeurer  en  nule  tnaniere  du  monde,  ançois  le  ehacennent  hors. 
8oD  ca'oreHt  plus  nrf^ieilleuxque  le  mien  :  ^î  elle  porte  les  cœurs  de 
Trisian  et  de  Palamt'dt»  dedem  son  ventre,  qui  ne  par  $st  mit  trop  grant, 
Hst  je  le  mien  \i\  vouloie  mètre  par  aucune  averUure,  cuides  tu  que  ctuU 
fin  éed^n:  son  ventre  sont  herberijifz  me  vousissmt  avee<ques  euis  sont- 
frirf  Certet.  nrnit .  rar  it  sont  trop  durs  paulunniert  et  trop  félons  et  trop 
cni  II  durement  ;  j<'  vtMix  donc  gardor  mon  cœur  avec 

iBu.  ai  a  daiut'  ni  â  douiDJ^ulle.  l)  y  a  pluii  :  ti   Iseut 

poriAâi  loun  les  qudlrtt  cœurs,  celui  dt-  Tristan,  étanl  plus  grand  et 
Iub  eroln'pn'oatil  que  l**s  aulrt's,  li-ur  cIiorcln'rail  bientôt querflle,  elle 
d«  Marc,  qui  t_*st  mauvais  et  failiiz  et  qui  en  soi  n'a  nul  hardement, 
servit  tout  premièrement  chaciez  h'jr%  de  l'oslel  J  bientôt  après  ce 
teraix  l«  luurdu  ci^ur  de  Palamèile,  qui  u'a  duQC  pas  bien  fait  de  i'bi5- 
berger  atec  celui  de  Tnstan  :  lu  fis  autresinl  comme  le  félon  povre 
hvmme  qui  conpere  son  petit  avoir  et  Tnelle  atecques  l'avotr  au  riche 
et  puis  si  ne  garde  l'eure  que  le  grant  avoir  au  riche  homme  a 
•ié  le  sien  petit  avoir  ;  tu  a.s  engagé  une  lutte  avec  un  homme  plus 
que  loi-m^me.  Tristan  a  honni  te  roy  tiare  et  mis  au  desous  ,  et  pour 
fttoi  donques  ne  fera  il  de  tvi  autretant  *  ■ 


de  l'alam&de. 


S9d.  Pakméde  n'a  jamais  rien  entendu  de  pareil  et  reet^âtlencietu.  Dinadan    cri- 
•  Pourquoi,   potirsuil    Dinadan,  ne  di-fcnds-iu  pas  la  cause?  Aâ-tu      ^S^uJl^^^ 
perdu  la  parole?  »  Falawèd«  le  prie  do  m-  plus  lui  fairt*  de  discouru        '     "  "" 
«onUahlciit  :  «  car  lost  m'osleriez  de  mon  droit  sens,  —  Cela  ne  se  peut 
paa,  fipûiite  Dioadau,  car  tu  n'eUs  onques  sens;  autrement,  lu  ne  serais 
pa»  fli  malheureux  :  c'est  dommago  qu'un  kî  bon  cbev&lierait  »i  peu  de 
m«svfr.  B 

Diiadan,  aprè»  tout,  n'a  dit  que  le  vrai,  et  l'alamède  ne  lui  en  veut 
pat*  ;  il  lui  demande  ijui  il  e«t,  et  Ilinadan  se  nonune.  Palamède  est 
bnirmu  de  le  revoir,  et  Dinadan  demande  pardon  de  ce  qu'il  n  dit.  Il  ne 
lAnif  (AS  à  compr»»odre  ijue  Palamëde,  qui  ne  veut  pas  Tut  répondre  à 
CT^  *ujet,  est  bii'n  le  chcvalirr  qu'il  cherche.  Palamède  dit  avoir  quitté 
Marc  rndftrmi.  Marc,  alors^  ftarlast  trop  volen tiers ,  uUs  il  redoute  trop 
ùgnadam,  et  si  se  doute  trop  ansint  de  Pal.,  ne  il  na  orendroit  nul 
homme  en  tout  le  monde  que  il  redoute  autretant  comme  il  fet  ces  .U.^ 
fors  stulemtni  Trgstram . 


?°9.  Palomédc  avise  Marc,  mais  vaguement  à  cause  de  l'obsctirité 
Loom.  •  Tristan.  tt 


—  Ï62  — 


Mure  s'en   va 

furtivement 

ot    irrive   chez 

Arihur. 


uffomoD  t  (le  tle  la  nuit,  Pt  lui  adresfiie  la  parole.  Marc  dit  ^Ire  uu  cbevalier  errant . 
Marc  sur  l'n-  il  exprima  son  t^onnmiient  du  dialogue  qu'il  vient  d'entendre.  Pala- 
mour.  mede  lui  deniandr  li  ipiel  «vis  il  se  range;   Marc  n'ose  refuser  de 

r^^pond^^•  et  doniir  raisnti  n  Diimdao  :  il  vundruit  aimer  aussi  Ii»g6re* 
ment  ifue  lui;  cq^indanl  ceux  qui  aiment  pati^fiiiouni'menl  ne  Kturaient 
6tre  hUmi^;  iU  sont  |ion$t$é«  par  fnrct  de  nature,  et  amours  si  decul  U 
pUix  $nge  homme  du  m'tndf,  ce  fu  Satemon  n(^,mi«,  <*  Celui,  continue 
Marc.  (|ui  point  ne  s  t  abandonne  tn  a  liioi  la  ptus  same  part,  mri  H  ena 
mnm  de  pottoir,  et  je  mt*sm«a  ai  aucune  f(nz  parti  a  tel  afere  et  mi$  IreX' 
toute  in'espifranec.  > 

Les  deux  autn?*  trfjuvent  cotto  rf^poncc  excelKnile.  Dinadan  ajoute 
qu'un  mt^httul  hnnune  rmpireroit,  en  aimant  par  auioun.  ttmi  commft 
ce  aerail  le  cas  s'il  devenait  riche.  —  [1  ructinle  ensuit»'  coniuieut  I..au-'J 
celui  el  Trititau,  en  riuiHe  l'uu  de  l'autre,  se  sont  Imllus  au  Perron  Mer* 
Mh.  PalanitVle  lui  dit  qu'il  a  \\Xé  emprifutnné  â  celte  épitque.  et  Uiua- 
dau  trouve  que  e/a  été  pour  siin  Ivonheur,  car  il  ne  saurait  triompher 
di!  Tristan.  iJimtdan  est  pnrlé  à  croire  que  c'est  Tristan  ([ui  a  eu  te 
meilleur  de  la  kitaillc  :  il  phI,  selon  lui,  plusAirt  el  plun  entreprenant 
que  Lunceloi;  ['almiiëdc  est  de  son  avis.  —  Ils  tf'endurment.  Marc, 
craignant  que  Dinadan  ue  le  fasse  connaître  ft  Palamètle,  s'esquive  au 
petit  jour  et  va  làuù  il  avait  laissa  se^  écuyers,  qu'il  retrouve  endormie. 
Oo  pttrt,  el  l'un  arrive  à  la  cuur  d'Arthur  au  jour  nommé  *. 

l  d'Amant.  230  a.  Il  8e  Ital  avec  Amanl  (cf.  757  ;  §  *230]  et  le  lue  devant  Arihur 
et  (ta  cuur.  bien  qu'Amant  ait  le  droit  pour  lui  ;  elpuis  fu  il  rccordê^  t/xu 
a  celui  point  passait  le  tort  le  droit  et  (/ua  dcsloiauté  amit  mise  toiautf  au 
desaus,  par  quoi  il  avint  que  les  seremens  des  bat  ail  Us  furent  trouiez  pre^ 
mierement,  qui  encore  sont  meintenant.  Cur  devant  ce  que  eele  aventure 
avint  n'ovoit  t  en  f»t  nul  serement,  neiln'enfesoienl  nul  se  il  ne  leur  plesoit . 
—  Marc  part  wins  vouloir  se  nommer,  et  Arthtir  s'en  fâche.  Lancclot, 
qui  ^ailbieu  que  c'est  Marc  *,  s'olVre  à  le  faire  revenir;  Arihur  accepte. 
Lancelot  atteint  Marc  daus  la  fori*t  el  joule  avec  lui  ;  i)  i*"en  fallut  Ue 
peu  qu'il  ne  le  luàt  pour  l'amour  de  Tristau  etdaulres  chevaliers. 

231  a.  Sur  cc^s  ontrcfaileâ,  les  demuiHclle»  sont  condamnées  au 
bùrh{»r,  mais  on  les  délivre  par  force  et  ctinlre  la  volouK*  d'Arthur. 
J/Aj  *  pour  ee  que  il  me  couvienl  entemire  a  autre  chose  vos  en  lesserai  je 
a  tant  a  conter  comnie  a  cestui  point;  si  trespasserai  eeste  matière  au  plus 
kgieretnent  que  Je  porrat  pour  retourner  d{:sus  une  autre  matière  et  pour 
conter  comment  il  arint  au  roy  M.,  aprh  r.e  que  Lancelot  t'ot  renvoie,  a  la 
cort  et  que  il  t'ot  conquis  en  Ui  forcst,  ainsinc  cotnrne  je  vos  ai  conté  ^. 

Lorscpie  Marc  a  été  rumeue  pur  Lancelot,  il  se  conKiiiiie  priRonnicr, 
comme  le  lui  a  ordonné,  dil-il,  w>n  vainqueur,  Arthur,  qui  ne  le  con- 
naît pas  encore,  lui  fait  dire  son  uom  ;  puis  il  lui  ordonne  —  car  il  a 

1.  Tt«i««Q,  p.  128  Lontoe  lAral  Marco'Mt  t«tt«otu)alniàO«niaatnUi,  UpoitaloMlulJoUail» 
lu  botte  ol  ■.■l^v«  «t  bui^A  <,'iintre  lui. 

t.  Çw  reh  ttaïailf»  fu  ta  pr^mifr^t/vi  par  tort  fv  tfit^Hf  n  l4t  maHo»  dau  rut  Art., 
«t  fu  dtt  qu«  a  eelai  jftMt  afOil  »i*  dcMicaite.tU.,  iV>P9  ct\f.*  iativiwut  9i,  V9. 

9.  Comment  7  <  m  voit  Ia  Mtitprvjuioii  :  et.  7L;  Ivoy.  ri>(leMUU9| . 

I.  li&tto.  t'  UI  tt  I  El  tiut  et  rohlrti  rtiiir  aptrftmÉitt,  tt  firenHê  If  Hrr»  4*  mon  wiffMor 
llnA  rfiT  ff»*-r'>N,  •/••»'*  0//r  Jiorrs  (/  yair  fflX\ki  (ft  lot  tH  M  nutlttrro  cnm  U  urlnt  ;  /r  tt 
il:  M  por  ee  ifu'en  autra  («u  fsl  d«via/  tt  roOt  Je  iatttwr  a  f.etM 

j  i/ii-rr.  ulr.  —  103  mpprime  Itf  ronugMl  tle  rMacUon. 

.  N   7&7|  V.  4  2». 


230.  Armant  *  el  les  demoiselles  &e  rendent  à  la  cour  d'Ar-  Armant  et   Ica 
ibur.   Le  lendemain  du  dépun  de  Marc,  ils  rencontrent  un     arrivent*  dlaî 

I  chevalier  qui  les  adi-esisc  à  Londres,  où  est  le  roi  ;  pour  y  aller    Arthur. 
il  iaut  trois  petites  jornees.  On  arrive,  el  Armant  annonce  k 

^  Arthur  que  le  combat  doit  avoir  lieu  le  lendemain. 

Î3I.  Tristan   reconnaît  les  demoieclles,  qui  lui  racontent  Tristan  apprend 

.      1  «      1    »  I  •  1    -  j     i.  ■  1      »  lâffwre  et   a 

loul;  il  parle  a  Uincclot,  qui  lui  promet  de  I  aider  a  rentrer     uneconféran- 

en  {jT&ce  auprès  du  roi  Marc.  «lot'*^  '^"' 

235.  Marc  arrive;  il  refuse  de  piêter  le  serment  qui  apartient 

(a  baclaiUe  de  traïson  :  «  Sire,  sauve  vostre  yrase,  je  riel  ferai 
ftiie^  car  je  ni  suipas  tenuz  par  droit;  ctsie  cfiose  ne  fet  nul 
chevalier,  se  il  ne  le  fct  de  sa  bone  volenté,  »  Et  H  rois  s'en 
Usl  a  tant,  car  il  conoist  bien  que  il  li  disait  vcritéy  car  a 
celtti  tens  sa/tz  faille  nestoit  il  pas  en  costume  que  clievaliers 
feUscnl  serement  es  baciailles  que  il  enprenoient. 

1^^  333.  Marc  abat  Armant  et  lui  coupe  la  tt^te.  Einsint  avint  Mort  d'Amant 
^hiu  roi  JU.  de  celle  boctaille  tfue  il  fist  volant  le  roi  A.  que  la 
^mcu  il  avoit  le  tort  vainqui  il^  et  cil  qui  por  Dieu  et  por  droit 
^Krr  tombatoit  i  fu  ocis  \  ai7issi  ala  li  (ort  devant  le  droit  en 
w^Vost4fl  U'  roi  A.,  en  la  plus  loialcurtet  en  la  plus  droituriere 
■^  qui  a  celui  tens  fust  en  lot  te  monde. 


234.  Marc,  ayant  chargé  le  roi  de  châtier  les  demoiselles 
■vaincue»  de  déloyauté,  s'éloigne  en  refusant  de  dire  sou 


m- 

^V    Idncclot  le  suit,  lui  ordonne  de  se  nommer  et  sur  un  refus  Marc  s'en  va  ei 
^i'ftîUrt  et  l'amène  prisonnier  à  la  cour.  PLnû"rpa*r 

Lancelot. 
S35.  On  va  brûleries  deux  demoiselles,  quand  «elles  sont  Aé\\-  DtMivrance  des 
vrécs  par  Tristan,  Gaherict  et  Hector  :  tout  le  monde  se  sauve  â     J«n>"'«li6s. 
lia  vue  de  ces  héros.  Arthur  se  courrouce  fort  conire  Tristan  el 
[demande  ses  armes.  Gauvain,  i|ui,  lui  douzième,  avait  gardé 
jk  champ  pendant  la  bataille,  se  charge  de  la  vengeance  et 

I.  757  :  voy.  I  209.  Pour  Iiïk  aulres,  voy.  %  230  a. 

L4e  droit  de  lui  parler  en  niaitre,  Marc  étaot  n  la  fois  son  prisonnier  et 
{«on  homme  ligi^  —  de  dire  s'il  a  tué  Bortclai,  et  Marc  s'avoue  cou-  Marc   a'avouo 
ble.  C«tt«  avt^ntun»  avint  a  Londres  en  Engleicrrt  *.  coupable 

1.  Ou»  TYMWB,  IUr  ointaBC  VMMMlnat  de  ItertlMlftr  derMit  Attoi,  •  trwllll  d*  U 
■é  tfCC*  pcf>«*  >  111  D'Mt  pu  4«MSlaik  lt«  LUK«U)I).  —  Ul,  9U>..  iBUmlau  Ed  ùm  «tM- 
^•t  tant  waS/m  k  eeUn  qai  Man  ■  «Um  upusTsat  en  Lti[rw  ;  ▼.  f  U7. 


Mftrc    s' ft  V  0  a  e 
coupable. 


—   164  — 

part  avec  ses  compagnons.  Il  abat  Hector,  mais  est  lui-nnîmc 
aUiltu  parGaheriet  (l*"  33).  Lancelot  survient  et  détie  quiconque 
ne  laissera  pas  les  demoiselles  traDijuilles.  Elles  sont  sauvéCR. 
et  Arthur  n'ose  prolosier. 

23G.  Le  roi  Marc  se  constitue  prisonnier  et  est  obligé  de 
se  nommer.  Il  avoue  avoir  tué  Bertelai.  Arthur  ne  comprend 
pas  que  le  bon  droit  puisse  jamais  être  vaincu  '. 

L  Pour  la  suite  daoE  757,  v.  plus  loio,  §  251.  —  334,  etc.  donnent 
la  continuation  desavemures  intercalées  (cf.  p.  163  fin}  : 


Arrivée  des  six       '37  *.  Arrivent  Ivain,    BranHplifi  et  les  autres   compagnon»   que 
compu(fuûns  à  Palamùde  avait  abattus  *.  fis  font  connaitrfi  &  la  cour  la  poltronnerie 
de  Marc,  qu'ils  reconnaissent  à  se»  armes. 


la  cour. 


gaïu. 


238.  Les  écuyers  de  Dinadan  le  rejoignent  '.  Palamède  lui  demande 
qni  est  1o  chevalier  qu'il  avait  secouru  contre  le:^  six  compafrnons; 
Dinadan  dit  ne  pas  le  savoir.  —  Ils  s'en  vont  ensemble.  Palamède 
aocfimpagnera  Dinadan  vers  la  cour,  mais  il  ne  veut  pa.s  y  entrer. 
Dinadan  eiPala-      1'*  arrivent  au  dernier  chi\teaii  qsm  po9s»Mp   encore   Morgaln    en 
mède  au  chà-  Lopres  et  qu'elle  défend  contre  Arthur  par  force.  Comme  elle  hait 
leau  de  Mor-  ^oux  de  la  maison  de  sou  frère,  elle  a  établi  une  coutume  assez  vileint  : 
cliaque  chevalier  qui  paKsndult  combattra  di'ux  chevaliers;  s'il  eist  vain- 
queur, il  faut,  pour  s'en  aller,  triompher  encore  d'un  Iroisiéme;  s'il  est 
abailu  par  l'un  d'eux,  un  le  désurme,  elon  le  fait  partir  à  pied.  Dans  le 
cas  où  Laccelot  arriverait,  tous  les  chevaliers  du  chdmau  devront  l'aa- 
saillir  :  lorsqu'il  ^i^era  tué,  Murgaiii  fera  Cft!*ser  la  coutume. 

Palanu^e  el  Diuaduu  rencoutreut  uu  chevalier  avec  sa  dame.  lia  un 
frère  chez  Aribur  et  aime  beaucoup  les  chevaliers  errants;  il  avertit 
donc  nos  deux  coinpagaoas  de  ce  qui  Iva  attend,  s'iU  vont  au  château. 
Palamède  veut  y  aller,  mois  Dinadan  refuse.  Palamède  le  blÀme  et  lai 


1.  L'Unprlué  il«  Tre-uau  Ip.  ISO)  pt^^enu  Irl  one  venkiu 'lnT'Tenlc  ttt^  d«iix  aulrvs.  Aprè«l* 
confcsiion  "le  iXxw,  !••  r'-'liwtrru-  ritminif  k  v».  tiU,  roilée  iirer  Hi.iiiji'Mi  itAr,*  l'nvi. ,%.-  frf.  |  ^tO 


noh-J.  L'A  J<Hir 

C.nilume  dr  U 

)>t;ni1niit  dix  Joiin  k  i#fjti<-;' 

TrUt  ,;   :.  r    iri.-ti -i.-i>     1.,. 


rite  ««t*iii il  va 

■  L-h.-tMf.  i>  •  "l,  Ia 

>k>l[imiri  <le1'<  :        .  i  *\\b\ 

•  permU  It  «'-S  (..iii)^-t^ii.i;iii  >:«  \i-  ^.tiîvrc,  l'oa- 
vatii  UxirrfoU  rn  r«i><r  su  ivuutmt  ;  la  ijtiite  da 
I  iIa  «e  troaTer  à  •-i'iul  <l'i  roi  MAfx- '.  |ilu*lpun  d« 
>■  l'i  priwjiiv  tiiiu  «vakat  vi6  renversa  [iiu  lui.  Lxntvtot  hrhI 
l'-rie  k  Tri^tAM  il<-  rtunpn  nnr  lanM  aidc  lui.  U  irHn  pi>t  dn  la 
'lU'VvRli  vt  Trbtiin  m.-  hiut  (vomnan.  Yt.  w  rvCfrc  avec  SraDgka 
x«t^  r'tlitm jr»,  Triiun  a  reconnu  Lanrelat.  e\,  A|ir«*  on  fliniilncre  At  ](iut«,  Il  se  ftu  fAniuitre  Pt 
préMtiti:- l.«iir,  à  VMMilr;  Laiifclot  l»r)Eltu  la  lendcmaJn.  lirnniiit-n  iHt  h  TiUtan  qoc  U  n\ 
Sfjiri'  •••t  n  la  c<>tit,  iiti'il  c^c  iriniA  r1t>  l'alUf  voir  p^ur  ne  lui  point  ilonnitr  ilo  wmfiçont  ei 
4u'ii|irè3  Ir*  illt  Joura  ê-aïUtn  il  doit  nll«r  nratlri-  ci*miiUi  'Ir  «■  q<u-lr,  e\  TriéUu  tv  rrn<l  fc  U 
mur.  ArliM  fail  |>r<i[ii<'tirc  à  Xlarr  àe  jurdoonci'  k  Triil.  rt  Ip  menare  de  la  (tlu*  croellv  ven> 
gcaiii'^  *'ll  lisff  ^KviU  Kltont^r  à  1«  *if  oa  »  U  liWrt#  il*  fm  iievru.  '10l*^lt^vre  diançe  Tr.  d'an? 
leltr»  piHir  Vs  ;  rtli*  l'y  oanjure  Ac  ic  retirer  en  L'igrw.  ^i  Marc  lui  Toit  l'i'ivuvcr  dr  miUTrllca 
p«niS*nli(>n9  ;  Art.  dtt  k  peu  pri-a  la  mfrmv  rhua*-  à  Tr.  SIw.^  cl  Tr.  partent  et  voiii  ^ireuilre  Va.  fc 
l'abtMijit.  Un«'  rlelllc  rrlIglcuM  raconte  è  Uarr  qti'cllr  nvnlt  m  Tr.  aux  );rii(Mit  il'Va.  pontlalit 
•on  prctnier  s^our  k  l'abbays.  Maiv  dlfA»  u  vengcaiice.  —  Un  rctooroc  co  CoriKHUiUlcs.  — 
P«v  la  mite.  ▼.  |  ses  f. 
I.  V.  I  399. 
S.  Cf.  I  »«. 


ÈM 


^a« 


» 


—  165  — 

^ ^__,»À  la  Ad  lie  lo  «uivre  pour  le  regartlpr  cotolmttre,  en  lui  laûmnl 

louu*  l'affaire  :  s'il  ne  peut  se  débarrass'^r  de  9esa<lvt»rsaire5,  il  le  lais- 
nen  muurtr.  DioadaD  cousent.  lU  arriveut  au^ch^eau,  où  l'on  sonne 
da  cor.  • 

239.  Survieul  un  chevalier  porlanl  un  écu  vert  ;  il  prie  nos  compa-  L«  chevalier  à 
gnons  de  lui  peroifUre  île  comrafacer  les  joutfô.  Un  chevalier  sort  du  5hn^",jfx_s«.pi 
ch&ieau  :  le  nouvr^l  iirrivi-  l'almt.  «'l  on  chassi*  le  rht?val  vers  la  fon?l.  Le  chov-îilif-rs  du 
swoad  est  trîiilt^df  niOnie;  U-Adainos  pla(.-i*<*saux  ert*tii'aiixaiiiil.iiiiiiftaent  ""'s 

vivement.  Le  iroisieine  n'est  pas  plus  heureux,  l^ilaméitt»  prie  le  vain-  ''^ 

(fU<*nr  de  lui  eêder  sa  plact',  mais  L'ehii-ci  veut  s'csyayiT  L'ijoore  :  a  Je  ne 
dotjt'»p:i=,  'lit-il,  i|Uf  je  ne  puiââe  vaincre  tous  les  vingt  cheval  irrs^pJÎftonl 
d.i:  Kl;  vnua[K)urrez  intorveoir, quand  vous  me  verivi  à  hout.  • 

ï'ai  ;:  idmire.   Le  quatrième  chevalier  est   tui^;   au  chÂteau  oo 

crmt  avtiir  alTaire  à  Laucelul  ou  à  BHoheri^.  î^e  cinquième  est  L^^lement 
tui^,  ans  applaudi»)tenu<nts  de^  anisislauts.  Le  vainqueur,  ayant  pria 
«ne  nouvelle  lance,  ahal  encore  douxe  «ur  les  vingt  chevaliers  du 
cfalteau:  quatre  en  moururent,  et  les  autre»  jurèrent  do  ne  jamais  arrè- 
Urr  un  chevalier  en  vertu  de  cette  coutume  ni  d'essayer  de  se  venger  de 
Imr  di^faile.  —  •  Attendre  que  celui-là  soit  d^sarronn*^,  dit  Palamcde, 
nous  ferait  re«ior  ici  jusqu'au  dernier  jour  du  monde.  »  Kt  il  prie  de  nou- 
veau |p  chovalitT  (le  le  lai*isw  lui  succéder.  Clelui-ci  se  riche;  il 
craint  que  PaUmède  n'ait  vu  en  hjl  en  aucun  fet  maucès  semblant,  et  il 
toi  assure  qu'il  viendra  bien  au  Imut  du  reste.  «  Ce  n'est  pas.  dit  Pala- 
m*Hh'.  [inijr  vituH  Jfprt^cier  ;  je  voudrai»  seulement  deux  uu  trois  joulea. 
-^  î  MU»  avez  tant  envie  de  jouter,  lai^î-ez  ces  raauvaià  clieva- 

lin  :-\ou:^eu  li  mui  *  —  Très  bien  !  seulement,  si  je  vous  sbata, 

je  11  y  durui  j*;l-  ^fruiid  mt^nte,  car  vuus  ûe  pouvez  plus  ôtre  de  la  mOme 
force  que  daus  ie  cuuimeac^^uient.  » 

2IU.  L'aulTé  eM  tntpiries  «tari  d'in  «t  de  eovrous  :  a  Mattment  est«t 
dtteùi  d€  cntxti  fet,  n  et  il  insiste  pour  avoir  sa  joute.  I*alamède  esl 
détan;<mnê.  L>itiaitan  crie  hieu  qu'il  n'a  cure  de  jouter,  mais  liDconnu 
ne  rêcoulM  pas.  et  Ditiadan  esl  forct^  de  se  nwitre  en  garde  :  il  est 
renversi*  t*^tement:  on  ne  chaï^^e  pas  leur»  chevaux  parce  qu'ils  sont 
chevalitins  errants.  Le  vainqueur  reste  pour  attendre  d'autre*  chevalier» 
du  citâleau,  mais  \)as  un  n'ose  «ortïr;  il  n'en  vient  qu'un  désarmé  pour 
ftouuiicer  qu'il  n'y  aura  [dus  de  jouieii.  Le  chevalier  vert  part  pour 
Comaaliiih,  Arthur,  dit-il  â  ses  écuyers,  doit  ^tre  là  un  à  Londres, 
f  mis  ançoii  nos  convient  venir  sanz  nulte  doute  par  te  tournoiement  *.  » 

24!.  niuadan  taquine  Palamède,  qui  vient  d'être  chastii  par  ud 
anlrç  que  Tristan  ou  Lanctdot.  Palamède  veut  «e  battre  avec  le  tiieva- 
lier:  Dmnilan  lui  fait  remarquer  que  ce  fierait  hontpux,  après  toutcequ© 
Ti  ■  ci'lui-ci.  u  Oh  !  il  u'ea^t  pas  faii^ait^  le  moins  du  monde. 

—  i  -    iiû  (*st  la  courtoisie?  Il  m'est  avis  que  duelt  ou  cjunm:  H 

U  tQUiesma;  car  tu  ne  vfois  ici  goûte,  f  Mai*  Palamède  s'obstine  et  Palamède  escri- 
pirt,»-uivi  de  Dinadaa.  lU  atfeipuent  le  chevalier,  qui  est  en  elfct  uq      ^evalle" 
|ie\i  fatigué  et  s'apprOle  û  descendre  pour  boire  à  imc  foDtaine.  Pala* 

i,  La  MtrM  aJoQWni*-  Car  fftlv4  fnti  ne  tit*t*tr9ff  jv  m  mtflt'wmntifr*  4u   moméf.  — 
PhA  fvaMtlMDBU  la  tonool  Verrat  le  cbAtoia  'lu  PUla  ;  v.  plu»  lois,  |  l&ï. 


—  166  — 


mtde  lui  Kit  (pi'il  voul  «c  batlro  et  qu'il  est  (]éM>Iô  d'avoir  été  Afi^M' 
ronni*,  cliDso  qoi  ne  lai  pst  arrivi^o  pieça  mes.  «  Ah!  vou«  Hcs  peut- 
être  de  Gqrnouajllp;  car  nn  Lèpres  vous  pourriez  bteu  trouver  quel- 
qu'un qui  vous  ahattmil;  môme  Tristan  et  Laucelot  oui  été  abaltu». 

—  Essayons  toujours  pour  voir  si  vous  me  surjia-ssex  aussi  bien  k 
l'tfpùe.  »  Long  comiat  ;  ils  snct  enfin  forces  de  se  re|>oser.  l'alaniédei 
qui  a  été  blessé  en  joutant,  u'a  i>as  le  dessus.  Son  adversaire  le  pren- 
drait pour  Dliiiberis  ou  pour  Bohort  s'il  ne  le<  i^avail  k  la  cour.  Pala- 
mède,  do  son  côt^,  n'est  pas  moins  émerveillé  de  la  bravoure  de  l'in* 
connu. 

243.  Avant  de  recommencer  le  chevalier  veut  savoir  à  qui  il  a 
aiïaire;  il  complimente  Palamède  fiur  sa  prouesse,  le  blâme  de  l'avoir 
forcé  à  se  battre  et  lui  demande  son  nom.  Palaméde  n'accepte  pas  les 
compliments,  avoue  qu'il  a  fait  trop  grant  feionnie,  s'ejccuse  i;ur  son 
grand  deuil  et  «a  grani  ire  et  se  nomme,  en  priant  l'autre  d'en  faire 
C'est  T<amorot.  autant.  Apprenant  que  c'est  Lamorat,  il  lui  demande  mille  pardon»  et 
veul  s'agenouiller,  mais  Lamorat  l'en  emptk'he.  On  va  n  un  cbât4.Miu 
qu'Artlmr  avait  fait  forijfier,  lors  de  la  guerre  avec  Galchout,  et  donné 
après  au  roi  Hadumagu  de  Gorre.  l'alaméde  y  re-ste,  et  Lamorat  lui 
tient  compugQÎe  pendant  truiK  journ.  Diuadau,  qui  voudrait  bien  revoir 
Tristan,  les  quitte.  Palaméde  le  prie  de  dire  à  Tristan  qu'il  est  bien 
fâché  de  û'avuir  pu  venir  au  Perron  JUtrîin  à  cause  de  son  emprisonne- 
ment. «  // 1«  poise.  ré^iond  Utuadan,  4e  ton  prtu;  Ut  es  autrcsinc  eovitne 
te  viUin  quant  il  est  a  aise,  »  et  tout  le  monde  de  rire. 

243.  Dinadan  part  donc  le  lendemain  pour  Camaaiolh.  Il  rencontre 
un  chevalier  qui,  à  sa  vue.  monte  à  cheval  et  lui  crie  :  «  Sire  cViaii^r, 
a  joster  vos  couvient  !  n  Dînadan  sourit  :  k  A>  savez  vos  en  autre  maniert 
satuer  chevalier  errant  ?..  Se  Ww  me  saut,  ce  saluz  n'est  mie  trop  eour- 
loif...  i>  I^  chevalier  déclare  qu'il  demande  la  joute  non  par  haine,  mais 
]ixr  amours  et  par  solaz.  MaîsDinadan  ne  veut  pas  de  cet  amour,  pourluî 
c'est  plutôt  de  l'inimitié,  et  il  iraitc  Tniitre  de  son  cnuemi.  «Boni  dit 
le  chevalier,  alun*  je  vos  apete  de  ta  bataîUe,  ei  je  vuus  mettrai  à  mort, 
si  je  peux.  »  Mais  Dinadan  lui  propose  d'aller  ensemble  chez  Arlluir, 
devant  qui  il  lui  dira  d'où  vicut  la  grande  haîue  qu'il  lui  porte  ; 
ensuite  l'autre  pourra  se  battre,  s'il  veut.  Le  chevalier  no  vitit  pas  (jue 
Dinadan  dit  tout  cela  par  moquerie;  il  lui  demande  son  nom  et  dit, 
en  l'apprenant,  qu'il  l'aime  beaucoup.  «  Je  It?  cruis  bien  ;  voilà  pour- 
quoi j'ai  été  si  étonné  du  Ijel  accueil  que  vou^  me  files.  —  Oh  !  je  vous 
prie  de  ne  pas  atourner  cestui  fet  a  mal.  —  Noti  fais,  anpois  le  tieng  au 
ptus  gratit  bien  du  monde,  mes  tant  seulement  que  ja  ni  partisse,  car 
ja  mes  ne  voudroie  avoir  part  a  tel  bien.  —  Vous  êtes  chevalier  errant, 
et  vous  ne  voulez  pas  maintenir  la  coutume  du  royaume  de  Logres  I 

—  8i,  mais  quand  jo  vois  i|ue  trop  grant  aehoison  ne  vi'ameine  a  joui- 
ter,  je  m'en  suezfre  mouH  vulcntiers  ;  »  —  et  Dinadan  se  plaint  de  trou- 
ver partout  en  Logres  tel  encontre  :  a  Gardes]  vos  de  moi,  sire  eftewt- 
tiert  »  C'est  devenu  le  seul  salut  des  chevaliers  errants.  Diuadaa 
trouve  tout  cela  tr^s  ennuyeux  :  «  Je  veux,  dit-il,  m'y  opposer  autant 
que  possible,  et  sachies  quepor  nule  autre  achoison  je  rw  di:  orendruit 
qu^  je  eUss«  haine  envers  vos,  na  mes  qw  por  cestc  parole  ' .  » 


Dinadan  roloiir- 
ne  à  Camaa- 
iolh. 


Dinadan  criti- 
lique  U  rage 
de  jouter  des 
chuvaUers  er- 
rants. 


1.  Id  l'oD  voit  d^k  un  poa  [«  criUtitM  dr  Corvute». 


—   167  — 

244.  Dinadsn.    ayanl  quitta  le  chevalier,  ga^ie   Lfindrps»  où  est 
thar,  avec  Mnrc,  qu'on  Liouuru  beaucoup,  non  mie  pour  l'amour  du 
M,,  mt$  par  leur  courtoisie  $t  pour  ce  qua  k  roi  M,  parlasl  de  leur 
\9t  de  Uiur  courtoisie  et  de  leur  taUur. 

94&.  DinniUn  est  tW^  Itien  reçu  à  la  cmir.  Le  roi  parU*  de  Lamorat 
©I  de  r*a!nnnVI(»,  qu'il  voudrait  biwn  avoir  cliei  lui  pu  ce  moment. 
*  Ampii'l  iiotiQi*ripz-T(>u«  la  pn^f^rcncp?  >  dcjnandf;  Dinadan.  \a 
pêï*oos6  dn  roi  n"«*t  pae  df'cifîivp  :  «  Et  vous,  dil-il,  pour  lc<[n<?I  lîen- 
rira-vons?  —  Ni  f«)iir  l'un,  ni  pour  [*.ii»tro,  («mr  ci:  qui  est  d«  grant 
ftn»a€r,  wiAi  por  folie^  si  frrnif.,  n  r<^pond  OiurulAii  :  il  prt-ft'pprait 
iiurtaiit  Lamorat,  dont  il  fait  IVlnfîn  oo  racontant  ce  qu'il  lui  a  vu 
lire .  le  roi  en  est  tr«v  content  ol  promet  de  retonir  lougtnniis  o?  che- 
Tmlierâ  la  cour,  quand  il  sera  vonu. 

346.  Mais  Gaavaiu  et  ses  frères  en  sont  trijire  et  dotent  ;  iU 
bllnent  Lamorat,  car  ÏU  «uvetu  que  Gauvain  a  tué  le  roi  PelUnor, 
te  port*  de  I^murat,  et  iU  craigniMii  toujours  la  vengeance.  Oaheriet. 
'  laut.  n'avait  si  t/rw  ewreruers  tut  que  hm  autres,  et  il  ne  dësire 
,...-  k'  tuer,  tout  eu  couuaif^suut  les  amouriî  de  Lamorat  avec  sa 
nière  ',  maie  Gauvain  el  tes  frôrns.  AKravain,  Mordret  et  Gut-iTet  ', 

.  X»- -.-..f  qu'à  Ip  luetiro  à  mort.  Lamorat  lui-nn-nie  ne  w  doute  de 

|r  croit  dinii*  d**  loul  le  monde.  —  Tous  les  frèreiï,  excepté  Gauvain  et  sai 

biii.ffi'-  ,  iieaneul  amwil.  a  Nouh  devons,  dit  Gauvain,  pour  bien  des      fr?»''"      ♦"" 

jns  baîr  Laniorai,  dont  le  \ti*rc  tua  le  nôtre.  11  doit  venir  prochai-  d  "J]' 
'nemi-nl  â  la  cour  *  ;  alurs.  vi'ïi(;tvins  notre  honte  '  «■  Et  lep  rtutr«'s  sont  LÂmuial. 
daco;»rd.  Eu  olTel,  peu  après  iv  parlemmt.  Lamorat  fut  tu(*  a«rj  fi'fcj- 
neutrnt  \iiir  Gauvain,  dont  ce  fu  grant  doteur,  car  si  lumiorat  avait 
rriru  granl  aaçe  de  chevalier,  il  aurait  éclipsi^  tous  les  braver  du 
t'-ittps  d'.Xrtlinr;  maii»  il  n'avait  h.  sa  mort  (|ue  viugl-£Îx  aus  et 
di'uv  mois  *. 

Artbur  vnudnui  i|tie  I-amoral  vint  à  la  cour;  Diuadm  ue  .^l  nule 
arteinU  de  sa  rrriue.  Lamor.il  lui  a  C'.'peiidaut  dit  qu'il  viendrait  sous 
|iru.  Palnnir'df  avait  déclaré  que,  pour  sa  part,  il  n'i  cuidoit  mû  venir 
emnme  a  cette  fois.  —  Le  roi  Its  attt'ud  de  jour  en  jour,  cl  dit  chaque 
Hiir  :  k  Dmnaia  Lamurat  viendra.  » 

247-  Au  Irotiiitfme  jour  après  l'arrivée  de  Dinidan,  les  cora-  Diuadan  en  re- 
■IKnoa»  de  la  maia«in  d'Arthur  s'en  v^>Dt  la  dehors  en  Us  praîene  bri~  montre  au  roi 
tatues  pour  ruls  déduire  et  saulacier.  ■  Vous  ne  (Kïnerez  pas  Arthur. 
Il'ajmrî*?  »  demande  le  roi  i  Dinadati.  —  «El  pouniuoi'porterais-je le* 
trmtmt  Je  u<»  voist  pas  d'etinemi«  ici.  Et  v(iu«-mt>me.  qii«  ferei-vous 
fM  sie  fêtes  fors  tejourner  t  Car  nns  nos  metons  souvent  en  gratis  meltees 
ei  en  sausfrons  les  douleurs^  H  vos  vus  en  alf-z  puis  gabant  gunnt  les  nau- 
ties  ros  en  viennent.  Airs,  bon  itrr,  ic  Oier  vos  saut,  et  n'en  setuonurs 
ul,  ne  moi  ne  autre,  mf*  vos  mcesmes  i  alez  !  o  Le  roi  rit  :  v  Je  croyais 


cw  imlcr  (me  |«s  mtaaaè  ilatu  9Î,  lOS,  lOA,  »t9. 


a,  *.  B> 


n-ltî 

-     .  ''■!  rarriv^  tU?  l^vmcimt,  Oturtiu  ei  •«•  Mm  tiennent  an  muilt 
«.  é  ï&o  —  j«iuv  Oa  rmurqoM  uwtcs  «csMablM  wr  la  nort  pf<malar««  dr  taw- 


—  168  — 

hien  dire.  —  Eh  bien  f  moi  aussi  ;  je  suis  même  sûr  d'aToir  bien 
dit  :  si  vous  portez  les  Brmes,  vous  vous  ferez  plus  d'honoeur  à  vou4 
m^me  iju'à  ftiicun  auire.  »  Le  roi  se  Uit:  il  est  si  feruz  que  il  ne  s4 
queU  dote  dire,  et  il  veut  se  faire  arranr  pour  seultrment  les  paroles  de 
Tristan  s'en  D'jn,.  mais  Tristan  le  relient  :  «  5e  vos  prenez  savent  repart  aus  paroU» 
môle.  de  Dj/n.t  par  mon  cltief,  vos  vos  en  poiirroiz  courmuier  par  meintes  foitjj^ 

car  trop  de  fois  m'a  fet  dolent.  —  Je  ne  me  courroucerai  jamais 
a*6  paroles  de  Dinadan,  dit  le  roi,  met  puisque  H  m'en  a  mis  a  la  voie 
de  porter  armes^  je  te  féisse  trop  volentiers,  se  ce  fust  chose  qiu  il 
me  couwnist  a  fere.  —  Mais  ce  n'est  pas  ni5cessajre  ;  il  y  eu  a  assez 
autres,  car  tespr[uè\ve  desjanes  bacheiers  i  sera.  »  Tri»>lan,  Lancelot,  BUO 
beris  ni  Bohurt  ne  joutent  ce  soir-là,  mais  bien  Uectur  et  Gauvail 
avec  ses  frères.  I^s  deux  ruis  voiil  regarder  aveu  ceux  qui  ue  preuuefl 
poâ  part  aux  joules. 

Course  do   lan-       2i8.  («auvain  se  distingue  et   se  fait  admirer  de  tous,   môme 
ces.  Tristan.    Lamttrat    arrive;    il    s'est    rendu    à    la    cour    pour    vol 

Tristan  et  Marc  prisoiiaier.  Quand  il  aperrnit  que  le  behor 
estoit  commenciez  si  fort,  il  dist  a  soi  meesmes  que  il  estait  a  bon  poii| 
venus:  il  veut  moiitivr  iiu'il  vient  à  la  cour  moins  épuihê  que  luaîr 
autre.  Dinadan  le  recitnuaît  à  l'écu,  qu'il  a  fait  d(?couvrir  ;  il  se  t)Drae 
h  dire  au  roî  que  c'est  un  l>ou  clievalicr  voirejuent.  comme  il  le  verra 
tout  à  l'heure.  Lamornl  altat  Apravain.  Le  roi  ne  peut  savoir  le  nom 
ilu  nouvel  arrivé  par  Dinadan  :  «  Je  ne?  le  demande  fors  jMur  bitr. 
lui  dit-il.  —  Rt  je  Ht:  le  oas  lesse  adiré  pour  autre  chose,  <i  riposte  Din«_ 
dan.  Lamnrat  fait  ouldier  Gauvaîn  et  les  autres;  :  on  ne  parle  que 
du  clievalier  à  l'écu  \on.  Gauvain  a  été  abattu  deux  fois  dpjà.  Trislan 
croit  que  c'est  Ljinioral  ;  le  roi  Arthur  penserait  plus  voloutinrs  à 
Palamé<le  :  a  Xon,  dit  Tristan,  Palamède  n'e-st  pas  si  très  aspre , 
sachiez  que  c'est  Lamorat  de  Gates  ;  ^0  le  reconnais  orendroit.  n  Et  Arthur 
eu  est  bien  aise. 

Lamorat  est      2^9.  Lamorat,  ayant  tout  vaincu,  veut  s'esquiver  dans  la  forint  pou 

%amqueur.       i;haiiger  son  écu  quelque  jKirt,  aiiu  qu'on  ne  le  reconnaisse  pa.-*  qua 
Arthur  l'empé-  il  si'ra  retourné  à  la  cour  ;  mais  Arthur  pique  des  deux,  l'aileinl  et 
che   do   a'es-  dC'cide  à  retourner  avec  lui  pour  voir,    comme  il  lui  dit,  le  nieillem 
qtuver.  chevalier  du   monde,  c'est-à-dire  Tristan.  Cflui-ei  et  Laucelol  vot 

au  devant  d'eux.  A  la  vue  di*  Tristan,  Lamorat  ûte  son  heaume,  de 
cend,  court  à  lui  et  l'aeole parmi  la  cuisse.  Tristan  s'omprosso  de  des- 
cendre pour  le  saluer. 

On  fait  grand  fi^te  à  Lamorat;  celui  soir  menja  le  roy  en  la  praierie 
pour  l'amour  queilavoil  a  Lamorat jBl  i\  n'auTaJl  pas  été.  plus  heureux 
si  son  filzcftarnel  était  venu. 


Nouvr-Au conseil       ^^^-  ^^i'^  Gauvaiu  est  enragiez  de  duell;   il  ne  supporte  pas  cet 

de  Gauvain  et  fête  et  s'eu  va  à  son  hôtel.  Il  se  fait  désarmer  et  appelle  ses  frère 

uo  SOS  frères,  qyj  <*taiont  tous  avec  lui  sauf  Gaheriet,  et  quant  il  sont  entreus  prit 

cmenl  assembles  en  une  cftambre,  Gauvaiu  dit  ijue  maintenant  est  il  &ûi 

toirs  ({ue  la  liguée  de  Peliuor,   «jui   tua  leur  père,  les  désbuaure 


—  169  — 

iJUBont  M  vîent-il  |>as  d«?  1^  priver,  lui,  Gauvitiu,  du  prix  de  caitt 
ptûeef  Et  ce  qui  le  clm^ÎQp  eurtoat  c'est  que  le  roi,  qaï  tl««vrait  b&îr 
Lamomt  ftUlant  qu'ils  le  hai>.sent  eiut-mifines.  lu  nvoil  comme  s'il 
était  son  meilleur  ami;  ils  ne  pourront  donc  plus  compter  sur  le  con- 
cours d'Arthur,  et  il  faut  qu'il»  se  veng«iit  eux-m^me<;  sur  le$  enfants 
de  celui  qui  a  tuô  leur  {H^re.  «  lU  sout  quatre  frères^  dit  Gauvaïn, 
loua  chevaliers  :  Tur  *,  Agluval,  Dor^au  *  et  Lamorat.  Il  s'agit  avaut 
tout  de  tunr  Lamorat;  les  autre»,  fiiihles  sans  lui,  pourront  facile- 
ment Otre  mis  à  mtirt  plus  lard  :  si  nous  pouvons  nous  défaire  de  tuî, 
nuu«  auroo»  donc  vengé  la  mort  du  roi  Ltuh  d'Orcanic  »  Gau^^n  pro- 
met d'inventer  un  moyen  d'atteindre  ce  liui.  Il  faudra  prendre  r.amo- 
rat  MUS  qu'il  sache  rien,  sou tivcment  et  par  engin.  Grant  fu  la  ;'oi«  qu'où 
fit  de  Lamurat  cliejt  Arthur,  Touf*  âes  frères  Arrivent  k  la  cour  ce  jour- 
là;  ils  sont  tous  cnmpa^nonâ  de  la  Tatde  Huude  et  hou»  clieviiliors, 
maisi  inféhuur^  à  leur  fr^re,  que  persLmm*  ne  surpasse,  sauf  TriMan. 
Lanceloi  et  Mùlameda.  Se  il  tint  longuement  vescu.  bien  peUst  l'en  dire 
quê  U  ateintist  touz  la  bons  ctieralters  dn  monde  ou  poisatt.  Mes  it  m&u- 
rut  plus  loti  que  vuiiirr  ne  fwât  a  chevalerie,  et  de  celé  mort  /W  montti- 
gnourGauv.  trop  durement  blasmcs,  car  vileinement  en  mesprist  '. 


donner  à  Tris- 
tan. 


251  a.  Apres  plus  d'un  moi*  do  st-jour  *,  le  roi   Marc,  qui  e«t  trèB 
nient  d^  Ia  courtoisie  qu'il  a  trouvée  chez  Arthur^  veut  s'en  retourner 
"m  Oiniouaille.  Arthur  lui  demande  un  don.  Marc  se  doulp  lûen  de  ce 
qop  «'*fsî  ei  ri'|Hind  IrtJp  muroucirs,   mes  il  fet  semblant  que  il  soit  /i«, 
<p  ■•■i.  à  nccorder  tout  ce  que  lui  demandera  le  roi.  Ânhur  lui 

f-  me  de  pardonner  a  Tristan,  de  le  ramener  en  Cornoiiaillc  et  Arthur  fait  Jurer 

d'iiuuurvr,  comme  il  le  faut,  ce  «  meilleur  chevalier  du  monde  ».  Et  À  Marc  dr jwr 
Marc  jure  sur  les  saints  de  faire  tout  cela  (f  330).  Mis  maternent  t'en 
paraîtra  *,  car  il  ne  dcmoura  mie  lonc  temps  que  il  fisl  prendre  Ir.  et 
wkêirt  en  prison,  dont  il  ne  fust  ja  mis  issus,  se  Percevat  ne  fust,  qui  l'en 
délivra  et  qui  pour  ta  dclivranee  de  T.  ata  puis  en  C. ,  et  non  pour  autre 
ehate^  ei  le  geta  adonafuesde  ta  prison*.  Mes  a  tant  lesse  ore  ti  contes  a  par- 
ter  dt  eestui  fet  '',  car  tost  i  savrons  retorner,  quant  mestier  en  sera^  et 
relome  a  nostre  première  matière  pour  deviser  comtnent  T.  se  départi  de 
la  court  et  comment  H  s'en  ala  en  Corn,  avecques  le  roy  Marc.,  son  oncle*. 
Et  op/Yi  re  nos  ros  deviserons  comment  Percevat  vint  premièrement  a  la 
eori,  et  sachiez  que  crlui  P.  estait  frère  Lam.  de  G.  et  fils  le  roy  Pell.  de 
l$si.r  dont  Je  vos  ai  ici  devant  conté  l'estoire*. 


I.  ftftou  |uiU«fid'AU]n))«i:|1t7.  EtoBl^daUUrutiaa  4e  76T  «le.,  «07.  f  M».  Cf. 
I  U4  :  I»rlM.  V  Fttr*  d«  Tar. 

>    «tOBl  BU.  ;76.  M.W.kaMttres:Drtaii. 

a.  Cf.  f  SM. 

4.  rMrc«s#tilioa*.rf.  Tft7  (cMcftKMu». 
I  a>  Dm*  7&7,  IM  raMriim  Mr  tt  parjure  wiit  btta  ClflemlM:  *.  |  S6I. 
T*9.  met  arTtta  Id  m  rcvmntuM.  —  17.  84»    100  ^MUal  =  (dr  U  priKn]  Ou  ehtUM  é»  H», 

I  M  anM  «M^  t»pritomMfi  vprii  n  «itr  Mci*.  Lane.  F9t  éëtêfré  4t  !•  prtio»  ûtumms  Os 
r>*laf  iMf. 

7.  •UM)  «f  rttmmf  »  noalrt  matière  tSS.  tu*  plu. 

».  n,  141^  100  «lirTftaii  Id.  «mm  doaMr  \m  nmM^'oaÊ  nr  Pcrccv»!. 

*.  eriraw  «I»  mna  (itacmptiiiiMF  -  Lei  fcBtrQOn  «ta  rMinloa  u  ntrouTimt  loalM  4«ii« 
«•.  M  •«.  «MnriMlMWil,  daulM,  quIkapiOeate  dTww  Maalècc  pliu  mttmu  —  l)«u  7T«  U 
j  I  Bt  IMMH  «a  ort  eadrwt. 


—  170  — 

Arthur  fuit  jurer  251.  Arthur*  fait  jurer  sur  les  saints  h  Marc  de  par- 
donner a 'FAs^  ilonnerà  Tristan,  de  ne  lui  savoir  mauvais  gré  de  rien,  de  le 
!■"■  délier  du  serment  prêté  de  ne  plus  rentrer  en  Cornouaille,  de 

l'y  emmener  el  de  le  traiter  convenablemenl.  11  ajoute  que  s'il 
se  parjurait,  il  ne  lui  laisserait  pas  plein  pied  de  terre.  Et 
Mai-c  jure. 

253.  Cependant,  il  (f*  33)  sVn  parjxira  puis  si  vileinement, 
quant  il  fu  venuz  en  Cornoaille,  qe  il  li  fist  tant  de  maux 
et  d'anuis  qe  ce  ne  fu  ce  merveille  non^  si  comme  Ut  orant 
estoire  de  T.  le  devise  apt*rt^ment.  Et  qi  ce  voldra  (rover  si  le 
giere  a  Ossenefort^  car  illuec  le  jtojra  il  trover  en  la  niestre 
y^/ijff;  car  l'estoire  du  saint  Graal  ne  conte  plus  granment 
de  /lii,  por  ce  qe  celé  istoire  est  avecques  (sic)  autre  par 
soi.  —  Marc  reste  un  mois  et  est  très  bien  traité.  On  décide 
qu'à  J 'avenir  le  serment  sera  obligatoire  avant  im  combat  à 
outrance;  ce  lut  une  nouveauté.  Quand  Marc  dut  partir,  Lao- 
celot  eut  une  entrevue  avec  Tristan,  dont  le  départ  raffligeail, 
cl  le  mil  en  garde  contre  Marc  :  «  De  vostre  courrouz  seroie  ge 
plus  doianz  que  de  nul  autre  chevalier^  »  lui  dit-il. 
Départ  de  Marc  Le  lendemain,  Marc  et  Tristan  parlent.  Arthur  les  convoie. 
Lamorat  el  Lancelot  sont  désolés  ;  ce  dernier  menace  Marc  de 
mort,  en  cas  de  parjui*o. 

1.  757;  v.§236.  Pour  334  etc.,  v.  g  251  a. 

252«.  Lancelot  *,  surtout,  estcIc«olé  deced(Spart,etilabienpeur[>our 
Tristan.  Il  trait  Marc  a  une  part  nt  lui  rt'commando  ilc  hien  Irailer  siin 
neveu  :  vùl-il  la  puÏKitîincf!  d'Arthur,  il  nimirra.it  de  la  main  do  Lance- 
lot s'il  raiBuillr>  muimlre  torl  à  Tristan.  —  El  Arthur  lui  pu  dit  autaut  ; 
de  rodme  Lamorat  et  maint  autrp  chevalier;  el  la  lignée  de  Bau  le  pria 
de  Tnjîlram.  Marc  Hil  ndiou  à  la  rciuo  et  part  le  lendemain,  bien 
d<?ci(lé  ïi  fairii  mourir  Tristan,  dès  qu'il  sera  eu  Corummille»  an 
roi>|iri8  d'Arthur  et  de  la  lignée  de  Ban.  Dinadan  pleure  et  dit  à  Lan- 
celot que  Tristan  va  cerlaîjicmout  à  sa  mort  el  que  Marc  le  fera  t««r 
par  trahison.  Lancelot  pleure  aussi  et  maiut  autre  chevalier.  On  convoie 
Marc  plM  f}ue  il  ne  mit.  Au  départir,  Lancelot  a'adressn  cnryro  une 
fois  à  lui  et  le  prie  d'àite  bon  pour  Tristan  ;  s'il  lui  fait  honneur,  tous 
seront  ses  chevaliers;  sinon,  «  tu  me  trouveras  voir  disant  de  tout  ce  que 
je  t'ai  pramis.  »  Et  Marc  :  «  i^nc,  or  sachiez  que  en  mai  ne  rfimeindrù 
mie  que  T..  mon  nevni^  n'ait  honwmr  en  Corn.  »• 

Arthur  el  loutt*  la  liffiiée  de  hnu  pleurent;  mais  leur  deuU  n'eat 
rien  auprès  de  celui  de  Dinadun,  qui  v6i  près  de  fonsener^.  On  s'em- 

1.  V(T»nl,  Jinnt  ikuwat  Ji  rarrtritf  'le  Fcrrornli  vny,  |3&i, 

2.  37  {t*  ïftAl  ai'J  ri  KM)  i|ii!tlciit  ici  c^llt:  renloii  pour  pjsicr  k  rtlk  lie  7H  (v.  |  S&S).  Cil 
dlMnt  :  .Unis,  ilf  cri  fi  ilurit 'jttf  Irr  rnmj-uii/Hitné  fin  Ht  tlti  JtfHirtrmeitt  Hf  T.  ât  t«*t  I»  tomté 
pour  detièer  ftii'tie  tttt  airuluiei  Qui  atlBimlrent  a  T  et  au  B  HT.  itlns  gii'f/s  r*t*nlittnt 
fn  (^omo.  rnU  l«>  vnvKgr  î  cnaoitr  et»  RM»  f«{>reDitei>t  U  rvraiuu  de  3SI,  eXc.  ;  t.  p.  179.  — 
PiKiT  u  mi.  340.  voy.  f  638. 


171  - 

S53.  Le  vaisseau  qui  emporte  Marc  et  son  neveu  est  forcé 
par  une  (empote  de  s'abriter  k  la  Rocht*  auir  Krmites^.  Tris- 
lan  monte  sur  la  roche  pour  regarder  les  lieux  :  personne  ne 
le  voit,  sauf  Marc  ;  les  autres  dormont.  Le  temps  s'étant 
calmé*,  on  meta  la  voile,  en  abandonnant  Tristan.  En  pré- 
sence de  Gouverna!,  Marc  fait  semblant  de  ne  rien  savoir. 
Mais  le  vaisseau  échoue  peu  après  à  Vlsle  atu  Deux  Frères, 
Tous  périssent,  sauf  Marc»  Gouvernai  et  un  des  écuyers  de 
Tristan^.  Vingt-quatre^  chovaliers  surviennent.  L'un  d'eux. 
ffelyaSj  chassé  de  Cornouaille  par  le  roi  Marc,  l'emprisonne 
dans  un  chAteau  ronslruit  sur  ta  Itoche  Trancftent'^,  Gouver- 
nai ne  veut  pas  se  séparer  du  i-oi.  —  H'dyas  et  son  IVArc  Assar 
avaient  été  forcés  jadis  par  le  roi  Marc,  qui  avait  viol»*  leur 
soeur,  de  se  n^fugier  dans  cette  île.  ({u'ils  peuplent  en  arrùiant 
les  vaisiïôauA  et  en  en  i-etenant  l'équipage '^.  Plus  tard  Helyas  Marc  mjmrison- 
avait  enlevé  la  femme  d'Assar';  de  U  une  rude  guerre,  qui  "  '"'^  "^  ^*** 
dure  encore,  au  moment  où  Marc  est  emprisonné  par  Ilelyas. 
—  Assar  ayant  le  dessus,  Marc  entame,  par  l'inlermédiaire 
de  Gouvernai,  des  négociations  avec  Helyas,  qui  promet  de 
l'épargner  s'il  lui  procure  deux  cent»*  ciievaliers  de  Cor- 
nouaille. Marc  y  consent;  ou  envoie  chercher  les  chevaliers  **, 
et,  grftce  A  ce  renfort,  Helyas  bal  son  frère.  Assar,  en  s'eufuyant 

I.  tje  récit  du  voyiigf»,  qui  n'f^i  pas  daiift  la  verAion  rie  334,  etc.,  se 
rp|rouvi>  Di!aniuûiu«  dâoo  97,  349,  100,  oin»  que  daa«  340;  voy.  p. 
170,  An. 

t.  Pas  diias  97,  940,  100,  340,  où  Mare  ordonne  aux  marins  rie 
(kinft  vnilt^. 

3.  O  (Ifruier  jmis  dans  97,  etc. 

4.  .JII,  [il,  etc. 
S-  97,  .140  tout  court  :  dans  sa  forternsc;  349,  )U0  :  dans  une  de 

tes  forliïre««tyi. 

B,  C**tnnypn  u't*s\  pas  indiqua  dans  97,  etc. 

7.  Danit  97,  etc.,  la  cause  pst  qu'Assar  refuse  de  recevoir  m  terre 
en  ftpf  lie  sou  frère. 

8.  Cirii)  r^nts  rh*'v.  97,  etc. 

9.  Uant»  97,  l'te  .  Man:  part  loot  de  suite  et  envoie  les  chevaliers 
«près  son  retour. 

taarfftie.  Marc  o^t  fnrieiix  d'nnininnpr  Tristan  et  ne  fait  que  maugréer  Départ  de  Uarc 
cïïtiirc  Arthor  et  tous  ceux  dp  w»n  hAtel  ;  mais  il  se  conm>le  k  l'idée    «vecTri«laa. 
qw  Tristan  sra  honnis  du  r*}rs.  AH  If.*ur  arrivât»  en  Cnrnuuaillo.  — 
itti  a  tant  ttaa  om  ti  contes  a  parler  de  lui  rt  de  Tt.,  et  retourne  au  roy 
Artus  pour   fanter   dM   oerre^dt  son  osUl  et  pour    deviser    en    quék 
mamert  Perceval  Hnt  a  eoft  '. 

I.  Ob  voU  «m  mum  vtnfan  m  daniw  pM  l«a  arcntans  ta  nr^f*  (f  '^^  I^^v  17,  H»  «i 
m,  T.  u  Mfu  peéttamu. 


—  172  — 


Marc  retourne 
en    Cornouuillc. 


Douleur  à  la 
cour  d'ArUiur. 


vers  Logrea,  arrive  dans  l'tlc  où  est  Tristan  et  le  délivre.  Tous 
dciuc  se  rendent  au  château  d'Assar,  nommé  Hosseni  ',  pour 
recommencer  la  guerre.  Marc  retourne  en  Cornouaille  et  rend 
compte  de  son  voyage  à  Andret  ;  il  se  promet  de  faire  mourir 
Tristan  s'il  revient.  Iseut  et  Brangain  parlent  de  Tristan  :  ses 
hauts  faits  en  Logres  sont  en  partie  c^mnns  de  sa  maîtresse  ; 
elle  ne  fait  que  parler  de  lui  ;  c'est  là  sa  seule  joie  -.  Cepen- 
daul  Tristan  lue  Helyas  ^  dans  une  l)atai]le  et  chasse  les  Cor- 
nouaillais,  qui  s'en  retournent  chez  Marc,  lui  annon(:Aat  la 
victoire  d'un  chevalier  inconnu,  dans  lequel  le  roi  souiM*onne 
Immédiatement  son  neveu.  —  Tristan  vient  à  la  cour  et  est 
bien  reçu,  en  apparence,  par  Marc,  qui  envoie  Dinas  prévenir 
Iseut  de  son  retour  *.  Elle  pleure  do  joie  :  «  Pins  legieremcnt^ 
dit-elle,  leroient  H  arbre  a  rendre  en  leur  seson  futiles  et 
fruit  que  la  rot/ne  Yzclt  de  Cornoaiïle  lessast  les  amors  de 
Tristan  ne  ge  Tristan  lessast  ïzelt.  »  Mais  on  surveille  Tris- 
tan; il  ne  [peut  voir  souvent  Iseut;  elle  est  trop  liien  ^^rdée 
par  Andret,  à  qui  le  roi  saurait  un  gré  infini  s'il  raellait  Tris- 
tan à  mort;  car  il  voit  bien  que  les  amants  persistent  dans 
leurs  sentiments  d'autrefois  ;  (H,  malgré  sa  haine,  il  n'ose  atta- 
quer ouvertement  Tristan,  dont  la  prouesse  lui  lait  peur^, 

1.  Le  cUâieau  u'est  pas  nomm^  dans  97,  etc. 

2.  Mais,  dans  'J7,t>tc.,  Gouvernai  a  renseigné  Iseut  sur  ce  qui  s'esi 
{>a»8o  pciKlani  lo  voyiigp,  et  elle  se  désespère. 

3.  757  l'appelle  ici  Helayn. 

4.  Dans  97  ei  k's  aulrt»s,  Dinas  fait  cola  do  lui-même,  sanR  être 
envoyé  p;ir  Marc.  Isoutest  lK»s  heureuse,  maïît  elle  ne  plmiro  pas  de 
joie.  Ces  miut.  ponri;uiveur.  ainsi  :  à  dîner,  Mure  fait  manger  ensemble 
les  amanis  pour  voir  leur  contenance.  Comme  ils  so  regardent  souvent, 
MarcPAi  désolé  et  engage  Andret  à  le  venger.  (Dans  757,  Iseul  so  dit 
que  Marc  veut  sans  doute  lY'pn>nver.i  Cependant  Tristan  coule  d'heu- 
reux jours  avec  Iseut,  malgré  Marc  et  Andret,  et  il  va  ei  vient  chez  sa 
bien-iiimée  sansconlredil.  Mais  or  (97,  3S9,  iOO;  pour  340,  v.  §  638) 
ce  test  ii  compte  de  lui  et  parole  du  roy  Àrtus  et  des  conipaignons  de  la  T. 
Ronde,  (/ui  estaient  moutt  cowoucie^du  deparUmenî  Tristan.  Suit  la  des- 
cription de  la  tristesse  à  la  Table  Ronde,  comme  dans  334,  etc.  (v.  § 
2511  al  ;  puis,  après  les  mois  ;  nous  verrons  Tristan  eniprisonné  par 
Mnre  :  jVai'j  pour  ce  qu'il  nom  couvient  siettre  ta  matière  de  la  vraye 
atoire.  wus  deviserons  ainçots  comment  Gahcriet  occist  sa  meré.  Un  jour 
qu'Arthur  est  à  table,  un  messager  vient  lui  annoncer  le  résultat  du 
tournoi  devant  le  château  du   i'Iain;  â  punir  d'ici  comme  '^^^,  i*lc. 

5.  !*our  lu  suile,  dans  757,  voy.  plus  loin,  §282.  —  Dans  ta  Tav, 
Hit,,  Tr.  retourne  en  Corn,  apr^s  l'épisode  do  Lasancis,  v.  tm  §  202  ;  il 
n'y  est  pas  question  du  vovaj^  de  Marc;  (ni  dans  le  mss.  7ô8non  plus; 
v.  préf.  g  V). 

253  a.  A  la  cour  d'Arthur  ou  était  très  affligé  du  départ  de  Tristan. 


De  huit  jours  il  u'y  eut  ai  joie  ni  Tèle,  tAnl  la  cour  ôlaii  çuoié  $1  mtu. 
Laiicelut,  dont  la  douleur  élail  extrême,  avait  de  tristes  preflsfntimenls 
au  sujpt  de  son  ami.  Non  sans  raison  :  nous  verrons  Tristan  (emprisonné 
par  Marc.  Nous  retournons  a  nostre  matière  pour  deviser  des  'avftilures 
et  des  fes  Ptrcewl  l*  ^n  chevalier. 

254-  Un  jour  •,  à  l'enlrfe  de  l'hiver»  le  roi  Arthur  dîne  à  Caniaa- 
loth.  Lancflol  et  la  plu[>art  dt*s  chevalier»  dp  la  li^ôc  de  Ban  soni 
allés  assister  à  un  tounioi  (P*  3311.  I-e  roi  fuit  U  reaiar*|ue  qu'il  n'y  a 
PM,  dr|>uisbion  longtemps,  d'aventurç  à  la  cour.  Keu,  le  sénéchal,  qui 
sert  le  mi  à  tnliln,  commcTiei  a  ater  par  latent  et  tant  que  il  regarde 
emni  la  c^urt  et  toit  tUscendre  un  chevalier  avec  son  écuyer.  C'est  Agio- 
val ,  son  écuypr  est  Percéval,  le  cadet  des  fils  de  Peliuor  :  Agloval  perceval  arrire 
rnniùne  à  U  cour  pour  qu'il  soit  armé  chevalier  par  le  roi.  Keu  et      a  la  cour 
iQUi  les  autres  intercèdent  en  sa   faveur.    Arthur  coosent;  Pera'val  et  (?st  unn''*  che- 
wlle  pendant  la  ouit  et  est  armé  chevalier  le  lendemain.  thur-*^  ^"    '" 


S55.  Pendant  lo  dîner,  un  valet  messager  annonce'  qu'un  des 
rnfant*  dp  Polinor  a  vaincu,  dans  le  tournoi  qui  a  eu  lieu  la  veille 
devant  le  cha-itet  du  Ptain  :  «  Ce  fui  Lomorat  ?  —  Vous  dites  vrai.  »  — 
El  lou>  JODi  d'accord  pour  déclarer  que  Lamoral  ira  loin  s'il  peut  rea- 
ter  eu  vio.  Le  raUt  annonce  encore  que  Lancelot  a  été  an  tournoi,  où 
il  fut  nacre:  maUnient,  et  pour  te  remeint  que  il  nen  fUt  ptus.  —  «  8i 
Laiiiorat  savait  qui  a  lue  son  père,  il  te  vengerait  bien,  »  dit-on  à  la 
cour,  où  le  nieuririer  n'e«i  pas  connu.  Gauvain  est  tr»>8  iné^'ont^nt 
de  ce  notiveau  triomphe  de  Lamorat.  el  Gaheriei  aussi,  â  eau^e  de  la 
honteque  U  leur  feisoit  de  la  roïne  d'Orcanie^  kur  mère. 


Lamoral  vain- 
queur du  tour- 
nni  nu  cb&tenu 
du  Plato. 


3S6.  Le  lendemain,  Gaheriet  {tari  pour  le  chA-tean  de  la  Hoche  mute  ', 
séjour  favori  de  sa  mère  à  cause  du  voisinage  de  Camnalnih,  qui  lui 
permet  de  voir  plus  facilement  Lamoral.  Gaheriet  pense  bi^n  y  trouver 
ce  dernier.  Il  y  arrive  au  point  du  Jour  et  se  mist  laien:  par  desiu  un  bas 
mur.  U  traverse  la  grande  sntlc,  où  dorment  chevaliers  et  écHyers:  per- 
sonne ne  se  réveille,  si  contuie  maie  aventure  et  mauj>is  e(ir  avient  lou- 
trftt  a  aucunes  cens.  Dutïà  la  chambre  à  coucher  il  trouve  la  reine  à 
c6té  de  Lamorat,  cl  il  dormaient  emne  .If.  si  fermement  que  il  ne  »m> 
btoU  mie  que  it  eilssent  gueres  ta  nuit  dormi  ne  reposé.  Galieriot  ne  veut 
pas  tuer  un  hI  bnu  chevalier,  mais  bien  celle  qui  la  honte  de  ses  enfans 
pourchaee  si  aspretntnt  ;  il  sait  que  I^imorat  n'a  point  fait  violence  à  la 
reiue  :  c'est  dune  à  rllf  d'en  porter  la  peine.  La  reine  se  réveille,  voit 
l'épée  reflamboiant ,  pousse  un  cri  el  veut  se  jeter  à  bas  du  lit;  mais 
OaiiHrjet,  Ittut  tressues  d'ire  et  de  rnaltatent,  la  prévient  et  fait  louilier  ii 


Gaberiet  tua 
sa  mèr«. 


l.  CH  4plBodr,  «MJiioe  uiuinc^  aami  datit  lSS9f  (v.  |  9i7  •)  q'mI  pM  ilouié  par  e«  ml.  ;  on 
4*  hU  BM  expUMIiao  pitultrin;  v  |  ?KX  a.  V?.  U9,  lOU  M  Ir  «latiiiMit  p«9  non  plu.  et.  p.  173 
»«tt.  —  La  Toilca  ■]«  7>7  «lonnc  ■.•«tu-  arrivée  6t  p«rr«nl  À  U  cour,  mais  «lU  U  r»pr^a«n(« 
4àa»  4'aatna  (iraonUanm  :  v .  |  (10> 

t  Vti  nvreaa  17&91)  [K .  la  nnt«  4  pr<è(4d.)t  il«  m«nw  91.  U»,  100.  aprèt  UplMd*  in  rojnign 
(T.  I  W],  rt  le  récit  de  U  trUt<«M  de  la  mv. 

a.  AlMl  lU».  lU,  f  7.  au.  100,  n«  X.  ttaU»  u  •.  tl.  ffn^e  ».  H.  Wmtrt  Ut.  Roclu  Dvn 
laSl  j«Mt,  Vcnfil. 


^ASIift 


—  174  — 

sei  pieds  U  tétc  de  sa  roèrt?.  Lamorat  se  réveille  :  Gaheriet  ne  v»ut  pa» 
Vatlaquor  fJesarmé  et  lui  permet  de  s'en  aller;  mais  il  Tavorlil  qu'il  le 
hait  inortf!Ufîinf>nt  V  qu'il  faut  qu'il  &f  liaue  avec  lui  À  la  prcmièro 
occasion  venue  '.  Lamnrat  part,  très  affligû  cl  décide^  à  se  venger  do 
Gaheriet  i  il  ne  retourne  pas  auprès  d'Arthur,  duul  il  craiat  In  colère 
après  ce  qui  vient  de  »t>  passer. 

257.  On  tilÂme  beaucoup  Gaheriet  à  la  cour.  Gauvain  et  ses  frères 
comptent  faire  payer  cher  ce  fet  k  Lamorat,  s'ils  le  trouvent  ailleurs 
qu'à  la  cour,  et  ils  ne  comprennout  pas  que  Gahoriet  l'ait  laissé 
échapper. 

MordreietAgra-  258.  Uq  jour,  Mordret  et  Agravaiu  chevauchent  dans  la  forôt  de 
DûIam'^eï^DÎ-  *^8jnaaJoth  et  rencontrent  un  chevalier  ijui  s'enfuit.  Les  deux  frères 
oaUau.  trouvent  à  cet  endroit  anstnt  eitmme  deuv  aw'iiturei,  car,   au  m^me 

moment,  ils  aperooivenl  Dinadan,  desceudii  de  cheval  et  arrêté  sous 
un  arbre  pour  reganlerun  chfvalierqut  vient  de  tomber  malade  subi- 
tement. Voyant  venir  le  fuyard,  Dinadan  remonte  A  cheval  et  va  à  sa 
rencontre  :  b.>  malluMireux  lui  dit  ipi'ij  est  iioursuivi  par  nn  chevalier 
qui  le  hait  niorlcllcmont  et  qui  lui  e-il  supérieur  aux  iirmes.  «  Je  vou- 
drai» bien  vous  défendre,  fait  Dinadan,  mai»  il  i^st  bien  dangereux  de 
lenUT  les  aventures  de  ce  [«iv-s,  et  j'ai  déjà  assez  de  diflicultê  à  me 
défendre  moi-même.  —  Voilà  une  réponse  de  cfuvatier  failli  et 
ncreanl.  —  Chacun  fuit  ce  qu'il  peut  :  U  cnuart  fet  sa  couardise,  et  /e 
hardi  fet  sa  prouesce;  mes  je  vos  di  qwt  mon  cuer  pensse.  —  CerIxiS.  en 
ce  cas,  votre  cœur  a  de»  jfensées  bien  poltronnes.  —  //  ne  putt  oreri' 
droit  estre  autrement.  »  —  Ici  les  deux  frères  s'approchent  et  olfrent  ii 
l'interlocuteur  de  DinadHii  de  le  prendre  sous  leur  protection.  Il 
accepte  volontiers,  mi  apprenant  qu'ils  sont  de  la  Table  Ronde.  Dina- 
dan lui  dit  que  quelquefois  le  grand  nombre  fet  doma^e.  —  «  Oui ,  le 
grand  nombre  de  couardises  que  rot  avtz  xi  nos  (I.  vos]  osle  de  toutes 
honnows.  •  Dinadan  va  répondre,  quand  Brehus  survient  :  c'est  lui 
qui  poursuit  le  fuyard;  il  s*arr*;*ie,  eu  apercevant  tant  de  chevaliers. 
Mordret  «tlaqrip  Urehus  ;  celui-ci  le  reconnaît  :  ils  «e  sont  déjà  éprou- 
va», et  il  ne  le  craint  pas.  Drehus  ahat  Mordret  else  fait  connaître  à 
lui.  Si  tirehus,  qui  est  assez  vilein  chex^alier,  a  pu  se  maintenir  si  lurif?- 
temps  en  Logres,  c'est  qu'il  est  en  même  temps  bon  chevalier  de  sa 
mein.  Il  renverse  Agravain  ;  puis  ij  passe  â  cheval  deux  ou  trois  fois  sur 
le  corps  de  Monlrei.  qui  j*'évanouit.  Dinadan,  qui  a  reconnu  les  deux 
frères,  mais  non  Brehus.  prie  le  vainqueur  de  cesser  cette  ignominie  ; 
Breliufi,  peu  habitué  à  se  voir  adresser  des  prières  par  lest  chevaliers 
d'Arthur,  ne  dai^ine  pa»-  répondre.  Plein  de  nn^pris,  il  li  lessecorre\ 
Brehus  abattu  ®*^''®  DinftdaUt  forcé  do  jouter,  abat  Brehus,  qui  s'enfuit.  Agravain 
par  Dinadan.  blàme  Dinadan  de  ne  pas  le  poursuivre.  —  n  N'avez-vous  pas  assez  à 
votre  propre  dommage?  répond  celui-ci.  De  vostre  dttumage  seulement 
penssez  et  l'autrui  iessjez  ester  par  mon  conseilt,  et  se  Dies  nous  «nvoi$ 
secors,  si  le  reconnoissicx.  n  Agravain  le  traite  de  poUnm.  «  Ma  couar- 
dise me  fait  vivre,  fait  Diniuiau,  et  votre  coura^pe  vou.s  a  rtMuit  à  être 
maintenant  à  pied.  Au  reste,  ce  n'est  pas  la  première  vilennie  que  vous 

1.  Cm  JràiMaicDts  •ont  oKiitioDti4«  aniil  dkOi  l«  Tvnloti  de  7S7  i  voy.  3'  SOS. 


d 


—  175  — 

av«x  ilit«  nux  di«\iilierij  vrraDlB.  Vuas  truQT«rot  rotre  çuârrtdmXy  mh 
jf  Rf  mi  mt*  ceitti  qui  te  vot  rendra.  —  Qui  élet^-vous  ?  —  Uo  chevalier 
eminl.  qui  cherche  les  aventures  et  le  ie/i5  du  moade;  mais  point  n'en 
puis  trouvfT^  ■  Il  se  uomine  (f*  334).  —  n  Vous  êtes  le  inouririer  do 
ninn  ]tèTf?.  a  it'i^p  Ipfujfitif,  qui  rt'{iftj>p||e /M/am  ^ ,  «eigiieur  du  r/uuM 
du  Jtfonf,  et  il  di^lie  Diimilnn.  Agravaio  si'  diklarp  l'ami  de  DaUm  :  ta 
Dinadan  ne  \wu\  so  dcfHudrc  woirt?  lui  i?i  son  fW'rt;,  il  i?«i  ua  hummn 
mort;  Lamor^tt,  son  h4>n  ami,  ne  pimrrait  le  sauver.  Dinadaa,  euum- 
dant  nommer  l^amonit,  j^aii  d'on  vient  cette  haine  :  «  Ajcravain,  dil-il, 
jp  vfiuK  Pfiiiseillr»  de  mrttrr  arrière  dos  la  haine  de  tumoral  ;  car  il 
lionte  A  Intis,  s'il  veut.  »  Afiravain,  ijai  est  1res  orfj^iK'ithîui. 
.  drlivrtmmt  ta  melke  ionz  regarder  autre  mon,  miiis  mal 
lui  t'ii  |>reud  :  Dinadan  l'abat  et  ensuite  mn  (rire.  Il  aurait  Iiien  pu  le^ 
mettre  à  mnrt.  mais  il  ne  veut  enwurir  le  hUnie  ni  dArthur  ni  de 
€t/ui  Ungaage  iii  de  nul  auln*  chevalier;  il  est  du  reste  trop  atmaurr^ 
chcvaltt'r  piiur  tuer  vtdoutier»  qui  que  eu  s^iit.  5i  U  tourna  puis  a 
dcmagt;  cat  itprîs  la  qut'Mo  du  .siinl  Gi-a;i.l.  bien  apri;!)  la  mort  de  'tt'\v>- 
Luu  ',  Agr&vain  et  Mnrdret  tuèrent  Diniidan,  pr^>i  rie  CaAiaaluth,  outz  Annonce  de^  Ja 
zilrinemmt,  aOisint  cotnnu  noi  ww  dfviserons  apfrtemayl  en  ftttui  Uvre^  mort  de  Oîna- 
I  opariieTii  a  noslre  niatire  de  eonler  le  *  [("  334]. 


nouvelle» 
Tristan. 


de 


^59.  Dinadan  ne  va  pas  à  la  cour,  pour  éviter  qu'il  mm  trop  parle  Dinadan donnea 
de  crJlw  fft  ;   il  se  rend  au  chAteau   de  Beli'aliot  *  qu'Arthur  avait      Palaraëde  de* 
dnnn«^  celte  année  nu^rao  à  PalamtNle.  Dinadan  y  trouve  le  nouveau  pro- 
priétain*.  qui  c:?l  bleedt^  et  veut  rester  tranquille  jusqu'à  ce  qu'il  soit 

I  gui^ri  :  •  Ùi&t  aide,  Patavttdes,  lui  dit'il.  de  quant  est  ce  que  vos  rstfs 
devenus  ti  sagetf  •  Kt  Palamède  de  rire  :  m  Vuuii  i^ies  dans  mou  pou- 
voir, et  \ouè  me  g-itfez  e|uuud  tnôme?  Vous  eji  verreji  eucont  de  plus 
fou**  que  moi.  —  Oui.  quaud  je  verrai  Trigtan  ;  cWui  ri  est  tnen  te 
uustre  des  fols...  »  l'aUtUL'drï  e»t  eacbant<^  de  l'arrivée  de  Dmadau, 
c  Avex-vuus  eu  deruiéremeat  <les  nouvelles  de  Tristan  'f  n  deniandn 
celui-ci.  —  «  Non;  Diex  tas  nos  dainst  bonnes  oîr,  »  répond  Palatuède. 
Dinadan  wurït.  —  «  Pourquoi  rieï-vous?  —  Vous  le  «ivez  bien.  » 
Dinatlnu  explique  et*  que  PaîamMe  doit  entendre  par  de  b(>uue<i  nou- 
velles de  Triiilnn.  —  «  Je  ue  lui  veux  de  mal  que  sous  un  rapport,  » 
reprend  Palamède.  —  «  Oui,  vous  vnudriea  qu'il  |>erdil  le  cœur 
d'Im'Ut  :  cela  winiriûl  pour  le  faire  mourir.  »  Un  messaKer,  envoyé  par 
Dinailon,  en  Coritouotlle,  pour  avoir  des  nouvelles  île  Tribun,  a  r&p- 
porlf*  que  Marc  U  tenait  trop  honnourtement  aveeques  lui  et  que  Trictan 
e»t  tires  i]r  Cornouaille  à  côti»  dn  roi.  Palamède,  -*j_»utTrant  à  l'idé-e  du 
(  <Ie  «on  rival  anpn''*  d'Iseut,  réplique  qu'on  aura  «ans  doute 
.«  nouvelle*  moins  ^ie»,  que  Marc  ne  manquera  pa»  de  com- 
!*'  tTnhiw>n.   —  «  Ces  paroles  vous  sont  dictées  par  la 

1'  observe  Dinadan;  puis  il  raconte  lo  mort  de  la  reine 

d'Orcduie  tt  !•*  nventuro»  qu'il  vient  d'avoir  lui-mi^me.  Palamède  fait 
remarquer  à  ce  propos  que  les  frères  de  Gauvaia  et  celui-ci  même. 


t.  Tkt.  Dmtmm.  Dmtfm,  DaUm. 

S    AlRvl  1»M.  ta,  9T,  100,  ut.  —  La  uln<  fui.  »t,  99. 7TC|  t  Cmrata;  —  IM  tnJ«- 
«RHit  ;  Apres  la  ^^.  da  i.  Onul. 
».  Pnimrmt  tcaae  par  1»  «ml  tu.  144M  :  v.  |  «11  u. 


^Ê^Êm 


—  176  — 

qu'on  tient  pour  un  modèle  de  chev-alerie,  sont  bien  envieus  rt  auqvst 
vileins  chevaliers  :  Gauvain,  par  oxomple,  a  r^cemnipnl  tué  quoiqu'un 
qui  soutenait  que  les  Uls  de  Peliuor  valaient  mieux  que  ceux  du  roi 
d'Orcanie.  —  Uinadan  8«  souvient  de  celte  histoire.  —  u  Quant  à 
Lamorat.  ajoute  Palaméde,  il  ne  pourra,  malgré  sa  prouesse,  durer  h 
la  fin  contre  ses  ennemis,  car  ils  suui  trop  duretnent  malicieus.  » 

3l>0.  Cependant  Agravain  et  Mordrel,  très  afOigéB  de  leur  défoite.i 
vont  u  Comanloth  et  ilescendent  à  lltAtel  de  Gauvain,  à  qui  ils  racon- 
tent ce  qui  leur  est  arrivé,  a  C'est  I^imorul  qui  est  cause  de  tout,  dil 
Gauvain  ;  si  nous  savions  où  il  eo  tient  maintenant,  nous  pourrions 
nous  venger  de  lui.  » 


Peraus  arrive  a 
la  cour. 


Arthur  fait  re- 
loge do  Tris- 
tan. 


Lancelotjurede 
tuer  Worc  eu 
cas  de  trahi- 
son. 


Lu  demoiselle 
messagers  de 
Trislaunnpor- 
le  une    lettre 
pour  Arthur, 


261 .  Le  même  jour,  Kergus,  compaprion  de  la  Tahie  Ronde,  absent 
depuis  bien  loogtenips,  arrive  à  la  cour.  Arthur  l'engage  k  raconter 
les  aventures  qu'il  a  eues  pendant  tout  le  temps  qu'où  ne  l'a  vu  ;  KerguH 
répond  :  a  Jt<  quittai  la  Ôomouailleil  n'y  a  pa8  encore  dix  jours,  s  Aus- 
sitôt le  rui  lui  demauJi*  de»  nouvelles  di^  Tristan  :  pour  l'amour  do  ce 
héros,  il  dunneraii  ses  deux  meilleures  cités  atin  d'avuir  Iseut  en  sa 
baillie.  «  Adoncques  cuideroieje  avoir  sa  compaingnie  a  ina  ralenti  avant 
que  il  veiit  m^s  uie  a  qui  it  est  n  lûjettient;  et  certex,  attsint  grant  damage 
comme  ît  nos  a  fait  de  ta  compaignic  ii  ferions  nai  de  ma  dame  K. ,  puur 
ce  que  s'amour  eàsl  grringnour  saveur.  »  Arthur  fait  l'èiogo  de  Tristan  : 
«  Un  g-mliU  home  ne  pourrait  estre  tourne:  a  deshonnour  par  force  de 
ehewûrie,  tant  convne  il  etist  Tr.  en  sa  compaingnie  et  Lancel.  du  Lac 
autrciinl.  »  Le*  auditeurs,  un  peu  ébahis  de  c^tte  grant  parole, 
trouvent  néaimioins  que  c't^st  bien  dit.  Fergu»  raconte  que  'IViîHAn  eut 
M»'pj  de  Corn,  autrelant  ou  plus  comme  est  le  rn\f  M.;  toutefois,  Ion 
craint  que  son  oncle  ne  remprisnnne  par  trahison.  «  Alors  Marc 
n'échappera  pas  à  la  mort,  dit  le  roi  ;  j«  li  pramis  en  cetiui  ostet,  et  je  ti 
tendrai  couvenant.  »  Et  Lancelol,  qui  a  celui  point  estoit  venui  en  ta 
meson  le  ruy  Artus,  déclare  devant  tous  :  «  Si  m'aU  Dies  cumme^  se  je 
pouoie  autrelant  enmer  le  roy  M.  cofnme  nul  homme  plus  et  il 
avenisl  qu'il  mit  Tristan  â  mort,  il  nu  |M)urrait  s'un  tirer  en  aucune 
façon,  qu'il  ne  mourût  de  mu  main,  h  Et  ccste  parole  fu  tenttc  a  une  de* 
plus  hautes  respoiuses  que  nul  chevalier  deist  onques  mis  en  la  meson  te 
roy  A.  tant  comme  il  vesqui. 

Î62.  A  celte  époque  arrive  à  ta  cour  une  demoiaeUe  messagère, 
envoyée  par  Tristan  â  Lancelot  proprement,  pour  qui  il  éprouve  unl^ 
amitié  plus  prorotide  que  pour  aucun  autre  chevalier  du  monde.  C'est 
la  même  demoiselle  fju'lseut  avait  chargée  d'un  message  pour  Tristan 
lors  du  t<Hirnui  au  chrlteau  des  l'ucelles  '.  Elle  donne  au  roi  une  lettre 
de  Tristan,  écrite  en  furnie  de  lai  *,  pour  demander  si  tout  va  bien  à 
ta  cour.  Une  autre  lettre  est  destinée  h  Lancelot;  quand  il  rentre  ïe 
soir  de  la  chasse,  il  pleure  eu  reconnaissant  le  sceau.    Tristan  lui 


1.  Vey.  1  UT. 

i.  A  CM,  rof,  gHt  bien  ttiti  rois,  etc. 


—  t77  — 


r^ii  '  qu'il  Mï  porte  biflD  et  lui  dcmaDde  de  &os  noovpUpN.  I^ncelot, 
[«>jinl  relu  la  leitn*  trois  ou  quatre  (oit-,  la  communique  à  Dliciltcris,  en 

lui  tl^rftoiiiinl  dt.*  La  munirtir  à  d'auires.  «  Tristan  fil  cettu  ti'.lre  pour 

nos  esMicr,  *  dit  Bliob'XiA. 

963.  La  dcmoisoJlc  port,  av^c  dos  lelLres  d'Anliur  pour  Tristan  el    gHe  retourna, 
Uvc  et  unp  dr'  Lani^oldt  pour  Tri»lau  ;  elle  trouve  ci»  doruier  à  Tinla-  chargée  do  let- 
*gel,  li  baise  à  plusieurs  reprises  \e  sct-au  diî  U  lellri;  dt*  Larvce'ot  ",  qui  ^^^  Ç'^ianf*'** 
'  vaauqua  T.  destvmfnriant  et  réconfortant.  Sou  ami  lui  recotomaude  de 
ftc  imir  sur  >05  f^ardes  coulre  cl'  tmart  de  Marc  ;  si  on  lui  fait  du  mal, 
LaDC«Ujt  outerra  comme  amis.  Lui*uiêuii*  wj  p*jne  bleu  el  prie  TriKtaa 
de  n-lourner  cbez  Arthur  ft  d'amener  Im'uI,  si  possible.  Trinlau  lit 
ensuite*  la  lettre  du  rut  "*,  qui  se  plaint  de  suu  absence  et  l'en^cage  à 
[veoir  chez  lui  A\ec  sou  amaute.  La  messagère  rapji<*r(e  â  Iseut  des  ami- 
rtiésde  la  )uirl  d'Arthur  et  de  Gtieaiévre  :  «  Je  lui  enlendii>  '  dire  qu'il 
donnerait  deux  de  »e»  meilleures  citi*»  ])Our  vous  nvuir  dans  son  hôtel 
ft  tout  pour  l'ojnour  tU  Tr.;  a  et  puii  ri  ii  conU  toutes  Ut  auira  paroUs 
tht. 

La  demoiselle  remet  la  lettre  d'Arthur  au  roi  Marc,  qui  bai«o  Orfère  de  Marc 
le  6C^u  devant  les  assistante.  Il  se  doute  bien  que  In  messnpérn  a  élé     ^  f.î2re** 
envoyée  par  Trisian,  el  il  en  est  iri's  vexé;  car  Hptiuse  bien  que  cmls 
4u  roiaumf  (U  Logrts  se  vont  orendroit  plus  yabanl  df  iui  qtit  il  ne  ffi» 
'  :  'Jttf.  Le*^  descriptions  que  fait  la  demoiselle  de  IViat  florissant 
d'Arthur  lui  d'-plaisont  fort.  Il  *e  retire  en  $a  chambrt  et  Ut 
la  iL'iUt.-  ''  remplie  de  menaces  à  Min  adresse  pour  le  cas  uù  il  ferait  du 
mal  à  TriâUiti.   Marc  eu  e^i  fort  courruucê  et  penne  désormais  plus 
'  i  ce  qu'il  faudra  faire  pour  prendre  Tristan,  sans  qu'il  s'en 
.  Comme  il  n'est  plus  eu  L(j^ti's,  maïs  eu  Cormmaille.  où  il 
Uf  ciiuiit  personne  au   monde,   il    prend  la  r^^oluiiou  d'envoyer  À      ^ 
Artliur  une  lettre   telle  que  il  ne  euide  mie  que  tl   entsoie  en  fnece\s]      r- 
Seitra  de  gaberie  œrntne  H  fltt  a  ceU  foit:  il  l'en  chastiera  se  il  onquei      vre- 
ptiet.  Il  eu  fera  une  uulre  pour  Gueniérre.  Ces  lettres  cumposées,  il  les 
écrit  de  8a  propre  main  et  y  attache  le  «ceau   de  C^«rnou«ille.  Pui»  il 
fait  venir  la  demoiselle  et  lui  dit  de  les   porter  â  leur  adresse.   Elle 
j  nrpood  :  ■   Sir?,  se  H  vas  piesijit^  je  parleroie  volen'iert  a  ma  dame  la 
Tvine  Tl.  avant  et  a  Tr.  autrasini.  »  Bt  quant  te  rvy  enimdi  celé  parole, 
U  a  paour  et  doute  de   Tr.,  et  pour   ce  rrjponl  il  a  la  damoisele  :  «  Or 
cSes,  ri  parle:  a  qui  que  vos  voudrois,  et  puis  ri  vos  aparci7/ie£  d'ater,  car 
Jr  mit  que  Je  i  vaudrai  enooier  dedens  .UU,  jours,   b   l^  demoisello 
raconte  à  Iseut  ce  i]ui  ste  jiasse;  la  reine  en  est  inquiète  et  lui  dit  de 
revenir  le  lendemain  aupré-;  d'elle.  Au  soir,  quant  Tr.  vint  a  laeonrt, 

ai  le  met  an  courant;  Tristan  pense,  comme  elle,  qno  Marc  n'a  Tristan  ei  Iseut 
bonne  entaicion  en  ceste  chose  ;  mais  il  ne  saurait  leur  nuins  dans      P'^"*'®'?    ** 


II 


....  T.  .■..-.■  .1  M        tercopler 

'  Arthur  :  «  Pourtant,  dit-iI,  faites  en  sorte  que  la  demoiselle      lettres 

•»rte  les  lettres  de  Marc.  Si  nous  y  trouvons  quelque  chose 


in- 


1.  On  lai  1 V  MfMf.  fliit/.  f«i  tf#ft«iir^.  ffk. 

f.  Ub  Iml  I  ^  roi,  TrTfttrtim,  Bitfn  domt  amtt,  etc. 
Sv  Ca  iai  :  A  rat,  frytf  roM,  gui  fMir  pror*vet,  rl£. 

<»  liftai  doBcMppMcfQiK  le  fol  iPét^u  an*  furola  dvtmt  la  dtanialto  <T.  I  Ml)* 
•u  ■>  fnm  !  0<L  J)  rot,  rny,  fui  4*  iMmî  *^4M  U*»  fûrtui  «f  hiem  ek»«mt,  «K. 

Lusm.  —  TrùUin.  lî 


—  178  — 


Artlmrlil  In  let- 
tre de  Marc, 
qui  conlienl  aa 
allusions  à  l'ft- 
UuJtére  de  Guc- 

nièvre. 

Arthur  nr  com- 

prenii  pus. 


gtti  encontre  nos  deûst  tourner,  nous  Ins  rctiondrons  ol  enverrons  la 
ilfimoiMlf  nillniirs,  tout  autrcsint  comme  sf  eteaUistr.i  roiaume  de  Logret. 
Si  l«s  lottrpj-  snut  înnffpnsivrs,  nous  Ii-s  fiTous  panonir  lollos  quollpg, 
on  y  nu'llâiil.  un  autn'  prnaii.  il  m  pvct  chaloir  quel  »  La  ilemoittollo, 
ayant  icru  ces  instrurlîons,  <lil  au  n-i  M.nri' «|nVlI(*  f^t  priMe  à  partir. 
Mai»  M«rc  se  tU'Ho  dVllo  :  voyant  qu'elle  nst  ni  bion  avec  «a  daniâ,  il 
s'est  décidé  à  ne  pas  l'envoyer  et  lui  rt^puDiJ,  par  couwriurr,  <\n''ï\  voul 
alt(*uilre  encore  trois  ou  quatre  jours  et  la  fora  avertir  quand  elle  devra 
iwrter  le»  lollres. 

I^  demoiselle  ne  saitiit  pas  la  ru»e,  el,  à  sa  place,  Marc  envoie  un 
vatet,  en  qui  il  a  grande  coutiance.  Ce  messagt^r  a  ortlre  de  repartir 
immiMiatenienl  après  avoir  remis  les  lettres,  afiu  r]u'on  ne  lui  en 
donne  pii#  d'aulrt's  à  la  cour  d'Arthur  pour  le  roi  Marc,  qui  n'en  veut 
recevoir  nu(«rff  ta  Uiur  ftarlU. 

S65.  Le  valet  trouve  Arthur  el  la  reine  à  la  moBSo,  à  Cartion,  et 
lenr  donue  lee  lettres.  11p  espèrent  le  relrttuver  apr^s  l'office,  mats  lui 
s'en  retourne  au&ii^itril.  Renin'  au  palais,  Arthur  onvri?  la  lettre  qui  lui 
est  adresH^^fi  *  :  <t  Je  nn  cumprends  pas,  y  lit-il,  ((u'Arthur  puit^e 
m'amonnciiiter  de  tenir  ma  mort  enlour  moi:  je  ne  res-semlile  point  à  tel 
roy  a  il  en  ceslui  monde  ;  car  il  a  ful:  el  goule  n'en  voit,  vu  il  se  ret  ad/S 
feingnant  que  il  ne  le  voie...  Avecfjwj  son  ancmi  sr  dori  et  en  sa  honte  se 
d*!lkti;...  L'en  Ujeuede  l'endormie;  si  en  [ci  ïf.n  chape  a  fol  '..,«/  sa  honte 
li  croiJft  ad^.  C<*  roi  devrait  rne  vouloir  ynuid  hieu,  parce  <pie  nous 
sommes  compaingnons  d'une  semblable  honte;  moi,  j'aunii  bieuiiVi  ma 
snlîsfactinn  en  me  vengeant  avec  tVlat,  mai»  lui  *,  ce  ne  fera  il  mie, 
mie  il  portera  ea  honte  a  son  col:  pour  quoi  je  vos  prie  moult  durement 
que  vos  li  dites  de  la  moie  part  que  il  tesse  le  roi  Marc  en  pès,  oevre  see 
euls  et  si  reçart  sa  grant  honte  qui  ti  pfnt  a  l'iieitt. ...  et  vos  meesmet  prié 
je  iHQult  que  vos  ne  vos  cntrentetfi  de  mon  fel  ne  de  Trgslram.  »  Cette 
derrem'ere  couple  avoit  te  rvi  M.  ini^e  enccs  lettres por  soi  couvrir,  que  le 
roy  A.  n'apercedtt  meintenant  que  il  efi^t  dite  teste  parole  pour  lui 
nuesmes.  Kn  efTel.  Arthur  ne  comprend  pa»;  il  ne  sait  rieu  desamuunt 
de  Lancelot  et  de  la  reine;  jamais  un  do  lui  en  a  parlé  {tant  estoit 
Lanc.  redoutes  et  le  roi  ArtU.,  et  ta  rtjym  Giten.  tant  amee  de  tous  eeuts 
qui  en  son  ostel  repairoient},  à  l'excepiion  d'une  demiH<ielte  venue  un 
jour  de  la  part  de  Mnr^'ain  la  fée:  mais  le  roi,  eonnaissaut  ta  haine  de 
Morgain  pour  Ouentt'vro,  n'avait  pa*»  ajouta  foi  â  cene  driiimciaiion. 
Arthur  ne  sait  donc  que  penser  de  la  lelin*  de  Marc  et  finit  par  croire 
qu'il  H'agit  du  roi  Caraduc  Brit*fhratt,  parce  qu'il  a  entendu  dire  que  la 
femme  de  Cai'udoc  le  trompait  avec  Hector  des  Mare». 


?6ri.  La  reine,  prioeemenl,  en  sa  chambre.  Vu  l'antre  lettre,  qui  est 

I  1?        '?  l'*  "***"'  /*'**"*"^  *'  ennuieme  outre  mesure;   et  parloit    tout  apertemenl 

est  ndr^9<5c      rf'*«*  i(")<  '*  desus  Lane.,  que  il  ni  atoit  rienseetanl.  Cette  leltro  rst  en 

«t  qui    la    met  manière  de  l&y;  et  li  'avait  te  roy  M.  envoie  le  dit  et  le  chant  ensembU 

hors  d'elle. 

1.  En  pTDM  :  ^  tôt,  rof  4l  M  tirant  firftutaçtn,  ^tn  meinlt  ffrnnt  hont«  ar*t  (rltt  a 

wMnt  ftane  hoti\mt  rt  a  mnnt  Q^ntO,  elr. 

t.  U«  ini^int  Jao>  In  Irttrr  iti-  Mnrr  k  liii^nl^vrc  :  flirn  ''i  Jourz  un  rAa|ir  fui, 

a.  Il  y  ■  :  fr  rtfc  .-Irluê  ;  f«in*  <?vMi"fOf.  t«  ^iim-  Vue  vwit  •*  eitmn-tr  (voy.   rl>A|irHï,  « 

qu'il  r«UMit  «  t^Ut,  l*  mèinp  fMile  «iMia  4'AUtm  mm.  :  In  vomur  roj/â  Artut  m  iU  jt\%  pour 

tLomlnâUMi^'*- 


^^179  — 

I  JMi^<,  pw^^^Vf  {41  ruine  en  ftut  pltis  a  malaite  et  en  çreingnour 
I  tt  ifue  eif  t'itutast  que  il  le  frist  oir  lùut  pUinrtnent  par  toitl  '. 
On  j»>nfie  liieu  qu'a  cH\e  leciari"  l;i  n-iue  f»i  Imrs  (rel!e-m*^iiie  ;  elle 
Cûl  m€itn  en  sauf  ta  Icure,  en  un  tscrin,  et  moult  menace  cruielmettl  U 
roy  Jf«rc. 

267.  BieolAt  arrivf!  n  la  fOUr  Dinarlan.  f|Ui  y  1*51  fort   bitn  jvni.  Dinadan,  de  re- 
Laocelot  «lit  (ir<W*ui   *vé_*o    pn-sque    toute  «a  liftrHV  ;   il  f>sl  i)<»   fort      tour  b  la  cour, 
|1BUlinLi><c  humour,  car  In  rtîiiif»  lui  a  communiqu»'*  lu  k-llrn.  Kn  celui     !r?."*^     ^^'^ 
l'impt  aei/if  fu»  to  ou  Lanc.  penssait  a  la  fétonnie  U  rojt  M.  fi  it  tenoit 
ftrà»  de  im'Us  lettres,  a  ./    soir  que  il  se  couctwit,  si  U  avint  qué  il  s'en-' 
fféonsi  en  son  lit.  Uynadam^  qui  nuiult  estait  privez  de  Lanc.,  se  c<mcha 
,  ûmqtus  près  de  lui^  ne  il  n'awit  taiens  nul  homme  du  monde  fors  nuls 
.ti,  !'■  •     ''""itla  avant  que  Lanc.  et  trouoa  les  teitres,  qui  de  la  nuin 
U  es.  'ï.  Il  lit,  s'iodtgutr  dp  1k  citnduiti:  de  Marc,  puis  n*ptaoe 

la  U'ttr'-  «M,  ii  l'avait  trouva  t-t  fait  ^miLlaut  de  dormir.  LaucehH 
s'éYcille  â  sim  tuUr,  voit  Ditiailnu.  i|ui  <l<)rt  moutl  fort  jxtr  semblant,  el 
»'to  ^^  nolire  U  Irtirr  [iri*»  d'unpTr'Ui'tn?.  Puis  il  la  deiTont  aus  dois  cl 
PH  jelte  les  morceaux  râ,  Bt  là,  en  lele  manière  que  ja  mes  ne  peitstmt 
estre  rasrmblees  pour  nuU  aventurt*.  Mai4  escripta  /m  a  en  son  cwr,  et 
autrrtint  a  Uyn,,  car  %t  Us  a  UOes  .If,  foi:  tant  uuletmat,  et  si  les  a 
louUs  tn  M  rem^mbronce,  car  moult  e*toH  dtf  Ifçicr  sens. 

Cl  «Il  to  UturraiMit*?  pour  ïrotiver  \u\  m>>  ir  Marr  el  Di„n(|,ui     vaut 

w  '  h  lui  «'uvuyor  uiio  U'Ure,   iiun  i-  -i  do  Uu(^      r^pondr^  h 

parl^  tout  autreiint  eonunc  u  cU  n'en  seiist  riens      Mnpc. 

-  ])ar  le  roi)  ;  cf  tU-  lettre  scrji  si  otpreîuent  porlan: 

fca  mfa  Marc  n'en  aur^  reçu   de  pareiUt*^.  LcfTS  u  comin^ice  a 

îre  garde  comment  it  les  pourra  ordctier  el  fngueU  manière,  se  il 

tes  veult  en  rime  fere  ou  en  cont«  lanz  rime  ou  en  mfrdcre  de  toi/-  Car  let 

autrts  qui  a  a-lui  temps  aiy/trnJ  trouvé  meint  tay  avment  parU  et  chatdé 

de  t'onU  et  de  rourtoisie  e),  pour  ce  que  H  tatotent  a  courtois  et  a  Ions 

tfirti  de  qui  il  fesoient  dis.  Or,  comme  Dinadau  i^ajl  que  Marc  est  le 

roî  \e  plus  chetif^  le  plu»  aneanU,  1o  plu:»  viiein  ei  le  plus  faitti  du 

UKOule,  il  fera  plaisir  à  lous.  se  il  (et  lay  de  ta  icrj/oingne  et  il  conte  sn 

[mauvestié.  Ce  fiera  le  meilleur  ino\eo  de  dt'slioriurtT  Marc;  car  co  lai 

I  sera  connu  part^jul,  el  Dinadan  y  dira  à  Marc  tout  son  afere.  l\  se  met 

ilbikr  &  trouver  t^xii  lai,  H  pour  C4  q\te  il  savoit  que  T.  avoit  fet  le  Lay 

mer'  nîr  de  .1111.  lingnet  semblables,  si  dis t  a  soi  vteesmes 

ifUr  \tuitout  autresint,..  et  Irouarra,  seil onquespuet,  en 

ml'  '.  merveiileui,  qui  volentiert  sera  ois  et  recordez  en  toutes 

nur: 


U 


S69.  Dinadau  truete  son  Uî,  et  ensuite»)»  chant  tout  rwuvel,  tn  teU 
fMnitri  et  tJi  tel  guise  comme  il  y  afiert,  et  lui  doane  lo  num  du  Lai 
voir  disant.  i\  (a'adre^se  à  un  h&rjieur  tri's  Imluli*,  qui  iHait  du  tout  He  t|»  ..  -,,-.::uii 
ta  niaon  le  roy  Art,  ;  touz  les  tays  et  toutes  ict  chançons  que  les  c^jmpai-  •  Heliot,  IB 
gmoHt  de  ta  Table  Iteonde  fexoient,  il  tes  harpoil  si  iost  comme  il  en  savoit  le      "'^T***^*'- 

1,  La  Irttr*  6**m»^  alntl  :  Xalmx  tM  wutnAf  (L  mont)  m  U  éot  far*,  Soft*  é*  nsvrù 
Mkri«  CK  *  trt  pramkrr  ■ut>i4N  «n  lafvlné*,  d  iprta  te  m*,  do  Vteiiiie,  dau  %'olt,  Vt^t  dw 
tMt.  Ut^Êk.  ru  \m^»<ti  a  iti  «ott^. 


—  180  — 

dit;  n  les  chantûit  devant  les compaignonsdé la  Tabtâ  Rfiondt,  et  l'en  lape- 
Unt  Jfeliot  l'envoisié,  Dmailaa  compte  ulilooir  du  roi  Arltiur  le  Ci^ngé  da 
barpmir  t!t  lui  ujiprprut  son  liti.  —  Ud  jour,  il  apela  Latte,  en  une 
chambre  auqucx  loiny  da  autres  diambra  par  devers  ./.  tiergier  ;  e\  Lan- 
CclnL,  ayant.  l'-tUKnilu  (:li(inu<!r  ce  lai,  le  trouve  excellf^nt.  Dinndan 
déclare  qu'il  nnvnrra  le  harpcur  ou  Cornouaille  à  l'occasion  d'une 
grant  court  et  d'uni'  ptHrui  feste,  pour  qu'il  y  chante  le  lai  devant  le  roi 
Marc.  Ilelidt  scraavant  du  royasseiirè;  il  dira  que  Diuadan  l'a  envoyé; 
puis  il  ira  en  Irallcs  et  ailleurs,  partout  où  il  y  a  des  chevaliers 
errants,  pour  chantttr  lu  lai  et  faire  connaître  Ut  {frant  bonté  au  roi/  M. 
LanceloL  est  ra\i  :  t  Vous  avey.  fait,  dil-il,  la  meilleure  resverie  da 
vé  enîornou^  mond*'.  *  Les  deux  amis  prennent  la  résolution  d'envoyer  tout  de  suite 
Jille_  le  harppuron  Cornouaille;  iUalueraTrit^taniJtf  par%)i.  tant  ifulement. 

Ileliot  pari  et  trouve  la  Cornouaille  plougée  dans  l'cpouvaute  ;  si 
Tristan  n'eût  iHé  daui^  le  pays,  Marc  se  fust  mis  en  aucun  fort  chaatel^ 
se  U  peùst,  pour  soi  dct fendre. 


270.  llel}"»»  ',  prince  de  Sessoigne^  a  envahi  la  Cumouaille,  ayant 
entendu  dire  que  Tristan  avait  quittt^  le  pay<i>  par  maltalent  de  son  oncle, 
nr  Ja  mes  n'i  devoit  venir.  On  lui  a  fait  grant  honte  en  Corn,  de  gent  et 
d'autres  choses  ';  pour  se  venger,  il  veut  chasser  Marc  ot  s'emparer  du 
pay8. 

Marc  ei  Ihoui  sont  à  Tintogel;  mais  Tristan   est  en  «(j'jour  chex 

Dinas,  dans  ce  m^me  chAteau  où  il  mourut  plu!^  lard  de  la  plaie  que  fs 

roy  il.  tiflst,  ainsint  comme  je  vos  deviserai   en  noslre  livre  ^  {V  341), 

Tristan  est  ma-  Ayant  été  blessé  d'une  flèche,  il  est  incapable  de  porter  des  année  * 
iode,  '■ * 


blessé 
d'une    ûèche. 

Invasion    des 

Besnes. 


371.  LesSesnri,  aunombre  de  plus  de  quatre  cenie  chevaliers,  débar- 
quent un  soir,  avant  minuit,  près  d'une  forêt  ou  il  avoit  bon  port  '  ri 
viennent  camper  à  deux  lieue»  engltxches  de  Tiutagel.  Un  valet,  qui 
chassait  depuis  le  matin,  reconnaît  le^  Stsnes  et  court  annoncer  leur 
arrivt^e  à  Marc;  le  roi  est  di'jà  couché  el  craint  un  instant  que  ce  ne 
soit  Arthur  avec  son  arm^e.  Il  mande  tous  ses  chevaliers  à  Tiniagel  ; 
et,  pour  ce  que  il  ne  savoit  a  quoi  cejtui  afcre  pourrait  tourner,  fei  il 
prendre  la  roine  ïs,  et  mener  hors  de  Tint.  Là,  elle  est  gardée  dans  un 
chAte^u  très  fort,  par  des  gens  de  confiance.  Marc  prend  conseil 
de  ses  Imrons;  ceux-ci  déclarent  qu'il  n'y  a  qu'un  moyen  de 
salut  :  envoyer  chercher  Tristan,  qui,  tant  de  fois  déjà,  a  sauvé  la  Cor- 
nouaille. Ijo  roi  s'y  résout,  bien  malgré  lui,  et  demande  où  l'on  pourra 
,  trouver  son  neveu.  «  Chez  Dînas,  r>  répondent  les  barons  ;  mais  il  ne 

crerchar'chM  •*™*"*'  "*'*  ''"'"  P°"''  9"^*  "  "'  *•  Warc  envoie  donc  un  messager  au 
Uinas.  chileau  de  Dînas,  situé  non  loin  de  Tinlagel.  Tristan  est  au  Ut;  ses 


1.  Vu.:  lletfatii. 

t.  Plu  tutn,  «prte  U  seconde  biUUIc,  nplfiti  lUt  :  .Voj  rtniimn  m  Corn,  pour  tfngitrmnt 
•fMÂoansur  9110  etni  dt  Com.mfi  firent  jnéti,  U  n'a  mie  tnrorr  çrammtKt  Utttmpt. 

1.  101  snsi.  (Cf.  g  \i\).  Cm  ta».  ilantM  i'C[)rticUiit  le  iléixKiviiinil  d'aiirt»  le*  poème»  l^  &3S  • 

m). 

1.  D1m*6  d'One  taittv.  —  tttaatm  «•!  le  wttl  >|ul  noiu  dimne  r«i|iliCKUi>n  tk  cette  bk«wr«; 
vor-  plo*  loiC'  S  '83  b.  Dans  u  vcnian,  Mnvuiiiin  dc«  Stme*  »  Ueu  entrr  les  dciix  nopriMm- 
■MtnenU  ds  TrUUQ. 

fi,  Â.f^\tt  UD  peu  plus  loin  :  te  Part  dt  la  t^rttt, 

A.  La  r^puipiuice  de  Mue  i  fuln  vmtr  TriiUn,  aliul  que  i'ifnoruiM  dai  hanuu,  «it  tifen 
tnoUvèc  lIaos  Tr«w»B. 


^m  — 

itvs  DO  lui  pornidteai  pas  oucoro  de  portor  les  armos.  n   gue 

roi,    dil-il,    làcho    Ji^    «t!  maiiiU*uir    cnnlm   les  Ststuf.t  et  sr  gart 

ÏPOfefxenl  ^ut  ii  ne  face  trop  çntnl  tlesroi,  et  pour  son  preu,   et  pour 

f  C0  çue  U  n'a  mie  horine  chfvaUric  avfcquftt  lui  tu.  si  puitsanl  comme  ont 

'  gruU  de  Sessoingne,  «  Il  |iruniet  iIp  venir  en  tiîtlo  â  Marc  au  bout  de 

dnti  jours.  Le  messager  rotuuroe  à  Tialagol  et  y  trouve  plus  d«i  deux 

onit9  chevalier»  assemblés. 

il7S.  Le  roi  fait  faire  de  grainU  pr^paratif»  de  guerre.  Les  Se*ne$,  Première  bft- 
«ppretiani  par  leurs  espions  que  Trislau  cj^l  îocapable  de  combattre,  taiUe. 

aisrchetit  sarTiutagel,  rangés  en  quatre  corpf)  de  bataille.  Marc,  jum- 
sant  qu'une  attitude  purement  défensive  accroîtrait  ta  confiauce  de 
l'emiemi  ei  rendrait  les  chevaliers  de  Coruouaille  plua  couards, 
ordonne  une  sortie.  Diuas  commande  le  premier  corps  de  bataille, 
Andrel  le  second,  Argons  '.  chevalier  de  la  lignée  de  Marc  *,  le  troi- 
eièroe.  et  Marc  *  lui-m^me  le  dernier.  Dinas  .-«e  signule  dans  ta 
bataille;  mais  lesConiouaillaiîi  «uni  tnqi  peu  nombreux;  tous  les  clie- 
'  Talîers  du  pays  nr  tont  yn^  vfuus.  L'arméo  royale  a  le  dessous  el  se 
I  net  en  relmile.  Marc  se  distingue  aussi  dans  celle  juurut^e  ;  mainte 
Mtjineur  Jps  Se.rtws  su^ia-^s-e  tout  le  monde  en  bnivuuïe  el  lue  dix 
I  bûmmes  de  fw  maîti.  Les  .Seines  poursuivput  les  CorunUdillai^  jiis<ju'i 
ta  purte  de  Tintagel  :  ils  seraient  entrés  dans  la  ville  a  fine  força 
ie  c€  ne  fust  une  porte  cûulfice  t/tie  t'en  tessa  cJieoir  d'amont.  La  hernie» 
en  tnmbitnl,  tu'*  quatre  Sesrifs;  dix  aulres,  qui  (étaient  dt^jû  entrés,  se 
irvuvent  enfermé*?.  On  déplore  beaumup  l'absence  de  Tristan, 

Les  Sema  mettent  leur  camp  des'ant  Tinlaiiet,  et  Marc  envoie  nn 
am]T(«li  mei^ager  à  «on  neveu  p^iur  l'informer  de  ce  qui  e^  paw*e. 
Tristan  n'e^t  pa^  fàehé  de  f^avoir  les  Cjornouaillais  «n  son  dangier  et 
mtrt  tes  meins.  ïje  messager  lui  apprend  qn'fseul  est  «oumi&e  à  la  sur- 
TÛHance  d'Andret,  dani;  le  Cfuuteiagu.  On  ge  trouve  au  lundi  :  Trîitlan 
bit  dif«  au  roi  qu'il  arrivera  le  jeudi  ou  le  vendredi. 

273.  Les    Se^us  dévastent   le  pays.   Le    iroisième  jour  après    la 
haiaille,  Helyas,  >oyaul  qu»'  les  CtjrnouoiUais  fesoimt  mauvh  semblant 
à'euls  deffeiidre^  ouvre  dt-i  négiiciations  pour  la  paix.  Marc  ne  repriusse  N^g'V^ialIons  d» 
pa»  *e*  av;ini-fiî  ;  il  craJul  que  l'aide  de  Tristan  ne  lui  fait-v^  à  la  fin  paix. 

défaut,  ("lU  même  que  sou  neveu  ne  passe  à  l'enuemi  :  or,  en  ce  cas, 
fiustni  il  loui  a  la  mort.  Helya?  deman<le  que  la  CoroouaiUe  paie  nn 
trtSage  k  \n  Sessoigne,  comme  jadis  à  l'Irlande.  Marc  obtient  un  rcpît 
juiqu'au  lendemain,  et  envoie  un  troisième  messager  â  Tristan  pour  lui 
aiLDonc^^r  quelle  honte  menace  son  royaume.  Tristan  est  presque 
goéri;  il  s'indigne  de  la  couardise  des  Comouaillais,  et  promet  d'étro 
à  TluUgel  le  matin  suivant.  La  joie  que  manife^teut  les  gens  de  Marc, 
à  celle  nouvelle,  est  remarquée  par  la»  sentinelles  des  Semej  ;  mais 
Be!ya&  n'eu  peut  concevoir  la  cause.  Même  le  retour  de  Trislaa,  Btip- 
putté  |>ar  un  cLevalier,  n'expliquerait  (laâ  suTQsammenl  la  joie  des  assié- 
gé* :  Tristan  ne  saurait  les  défendre  par  sa  seule  prouesse. 


l.  Jrâtmt  MM4i  ^rçQ»  Mï)  jlrfiu99i  pic  aiHDiiiÉ  dani  IWnl  daoa  ISn,  lA«Qttl  ot  4m- 

mH  aiom  4a  am  anou. 
>.  Vm  174  lâtlM  Usait  ࣠ Oam. 
9,  0«bai«H>flS4 


—  !82  — 

Tiislna  viuiit.  274.  Tristan  fiart  avec  dix  chevaliers  qui  lui  sont  nLUcliés  ot  i 
guiviniL  liahiLueliompnt.  Ils  dicvaucliont  par  brochcM  et  par  boiâ,  de 
mat)i(*ro  ù  n'ùtn'  {K>iiit  vus  par  les  Sesnes;  mais,  arr'ivôs  (J.ins  In  plainOi 
on  les  apcn:oit.  Un  Sesne  '  cliprchc,  avec  «ïîjt  chcvalirrs,  â  les  empo- 
cher d'enlnT  dans  Tintng»;!-  Trislau  alial  quatre  di»  aos  adversaîree,  01 
ses  ï;nm]iagnri»6  reavonscot  les  sepl  autres. 

Il»  fuitrcnt  dtius  la  villu.  Marc  x  avance  à  piod  au  devant  dû  son 
oevoii.  TrisUiu  d^&ciMid  do  cheval  :  bien  qu'il  no  soil  pas  ûocore  cntià- 
romi'nl  gu^TÎ,  dédare-t-il,  il  ae  fera  pus  di^faut  à  la  Comauaillo.  lunt 
qu'il  pourra  touir  une  épée  on  main.  Il  domaudoau  roi  si  l'on  ne  peut 
avoir  une  rfstuible  jtts ,  car  il  ne  n(*  tie  guère  aux  CornouailUiâ;  mais 
Marc  ponso  que*  cVhI  peu  prol>a)dt'.  En  ce  momi*nt,  un  vaiet  vient 
annoncer  que  los  Sesnes  plcureul  la  mort  do»  cliûvalicrs  qui  avaient 
attnquo  Tristan  et  sot»  eompa^Il<Jnt^.  I*uii^  un  clievaliurarrivu,  dt>  la  part 
d'Ht'Iyas,  pour  savoir  la  répoust'  do  Marc  :  îl  parle  hardiment,  et  lan~ 
gwje  d' EngUterre  .  Tristan  lui  dit  que  Marc  ut  le»  siens  synl  prî'ts  pour 
la  hataille.  «  Mais  vnti.s  ne  pourn^z  Utnir  ciinlre  nim.s  tous,  »  objecta  le 
mestiagcr.  —  «  Advienne  qne  punrni,  »  réiiond  Trii^tan,  et  il  lui 
acreante  que  los  Cornuuaillais  s.i*  Itatiront  le  lendemain.  Tristan  ne 
duuli'  point  de  la  dôi'aitc  dos  Sesrus,  Sur  ^on  conseil,  Marc  envuïe  bri!i< 
1er  leurs  vaisseaux,  afin  qu'ils  ne  puisKOUt  s'Miappcr. 


Uotuiàoie 

taillf^. 


Tristan  fait  mor- 
voille. 


ba-  Î75.  liU  lendemain,  Ich  5«#n««  forment  de  nouveau  quaUi>  corps  d» 
bataille.  Tristan  wl  ordmant  lee  CoruouailbiiB  a  son  sens  :  te  roy  M.  ne 
s'en  mtremel  se  petit  non;  il  Usât  toi  Cafeie  desus  Tr,  Celm-ci  forme 
uix  di\isions,  dont  quatre,  «ucressivemeni,  chargeront  l'enuemi  tôt  de 
plein,  liuidi.s  que  Uïs  deux  autre*:  ironl  a  la  Iraversse  fere  tout  ce  que  Tr, 
leur  enseingnera.  Si  Tri.stan  leur  faut,  il  sont  tous  atourne:  au  faxllir;  il 
n'ont  nutc  autre  esprrance  qu'en  T.  tant  seulement. 

Trifltau,  qui  se  inôlîe  d'Andrei,  d»»une  le  commandement  du  premier 
corjis  k  l)iaa^  et  celui  du  seconil  à  ittce,  brut  chevalier  du  royaume  dfl 
Lo^^rcif.  Ku  outre,  il  met  a  chaxcune  {bataill"]  un  preudoume,  les  meil- 
leurs iftiâ  il  savait  eslire,  pour  aidier  les  a  conduirr.  Il  ge  fiiit  accompa- 
gner lui-môm»-'  de  quarante  '  chevuliers,  de  cents  ou  il  plus  se  fioil. 

Uinns  commence  la  bataille.  Les  Sesnes  se  battent  en  dt'tâCëpért^â  ;  ib 
savent  qu'iU  tieraieui  perdue  vn  ctis  de  ili'fait^it,  puisque  leura  vaitiî»*aux 
sont  briÙéîi-  Dinus  e»t  pria»  d'iHre  vaincu,  quand  Tristan  lui  vient  en 
aide.  —  Helyan.  qui  se  fait  jour  pnrUiut  dans;  la  mêlée,  rencontre  le  roi 
Marc^  qui  moult  bien  t'atoit  fej^ant  de  la  sruc  pari  :  il  le  reconnaît  à  aes 
arm(>s  richement  ornées  et  le  reuv^Ts^e  île  cheval.  Les  Semés  vont  s'em- 
parer do  Marc,  quand  Tristan  survient  et  disjKTsc  tout  le  monde, 
llclya»  ^'enfuit,  étourdi  par  un  coup  elTruyablc  que  Triâlau  applit|uâ 
sur  aon  heaume. 


27Û.  I<fl  Miir,  quand  les  deux  armt^es  se  retirent,  les  pertes  8<inl 
grandies  des  deux  ciH^.  I.e  lendemain,  les  CornouaillaiK  ne  font  {la.*  de 
sortie,  parce  que  le  roi  est  un  pou  navrée  mmi  te  pis,  el  se  lamement 


]    ftnmmii,  dit  n4,  nuli  suu  dmiiiir  le  notoi  lui  aulTM,  uml  aiinplctueot  ;  l*  ckméti»r 
(miu  tMiin). 
3    ïl- 


gulier  avoe 
Triâtao. 


I 


ît  (Mi:>!nM(i.  [Miur  uplrp  fuis  onU'tidus  *lr  rcniienii  : 
ri^lAU  lus  btiini*  H  J"*.-*  rfionfurU*.  (\rui  rln-Milicrs,  saiiH  riim[it<>r  la 
fouli'.  uni  |»éri  tituu  ivtti*  hiiu1ll«-,  la  jtltis  irrriblt  qui  »i*  s^nt.  WxrtHj  en 
Ci'ruuu.tillt*  ;iu  It-nips  fin  rui  Miirr.  Les  Sfsnes,  tlimt  In»  jicrtfs  »oui 
eacùre  plus  con.sidt'rjililtis; ,  n'en  fctaUul  miv  M  sfmblant.  lîelyas, 
^'tvîtni  ipiH  <f-  humnicp  [iri*ftTL''nt  U  innrt  »  la  fuiir,  M'iiflrnit  st*  ballrc 

:  lier  avi'c  Tri-^tan    Mrtlxrr  les  i(lij<'<Miims  lies  Scm«,  qiii  HcUns  proi»ofte 
Li  'ip  à  leur  s(^ipnfMir,  il  ch^irgo  iin  rhevulior  d'un  m^i^saçe      uârombatsia- 

jM»ur  ie  roi  du  Clurnouuitlo,  O  l'h^valior  invit»»  ilfilxirtl  Marc  h  rpcom- 
moncer  l«f  huslililës.  Trinlaii,  (|ui  u  voîllô  tunl  dau«  la  nuit  |K)ur  Wm 
/ïrr£  garder  Tintayuet.  durl  uuore  ;  Mare,  uv  MicliAot  rjua  n^ptindre,  le 
^f;iii  .Lin,.h>r.  Lo  iijei<sager  déclare  qui?  éi  lL'9d>riiuuftiîl.tis  iio  ^uI)l  pas 
:i  guerre,  Uolyas  propi):»!!  dt#  w  battre  ou  cumltal  siiiKuliur 
'n  1)  puur  éviter  trop  grant  oetùvtn  de  cent.  tS'it  est  vaincu, 

•iingw  wront  lièi  art  en  at>anl  au  commiind^nutU  dt  CornoailU  ; 

^  '•  .> {Mie,  la  Cftrnouaitle  {Ktiem  un  lrfuagea.MX  Sana  cumine  jadU  à 

c€»ils  d  Yrtande.  Cclto  njuvenLiun  sera  jtirêe  de^tieui  paru. 

277.  LcH  Cornouaillais  délibèrent.    TriuULQ  leur  demaDde  s'ils  oe 

V     "     '  liHCnille  aux  Sesruu;  ÏU  répondent  qu'îla 

r  iv,  qu'ils  oui  if<»p  stiuffinrï.  «  Accepte)!, 

>]ÏMial-iU,  i-i!  tiuiiti^uu^utttj  llelyas;  vou^î  on  st'ntz  smis  peine  le  \ftin- 

qaour,  —  Fourqiini  l'un  de  vcniâ  ne  se  baitmil-il  p.iB  it  ma  place?  — 

Parce  i[\iv  Udus  savons  bien  que  vtius  êle--i  un  dus  meill'Jiir!»  l'iieviilier? 

d«   monde.  »    Mais  Tristan    leur  rappelle  qu'il  a  dëji  bien  des  ft>i» 

rtfque  sa  vie  |»<iur  mix  et  qu'il  nVn  a  jnmuiK  eu  gtterr^dott  se  mauves 

iwn  i    i  Entre  cor,  qui  df.  ï'orn.  mîcs,  si  tsUsiez  w\  dt  vas  qui  sf  puisse 

Cùmbùtre  encontre  lïelyas  :  car  qui  Us  honneurs  de  ia  terre  tient ,  il  di/it 

btrn  son  cors  nietre  en  aventure  pour  tex  honneurs  dépendre.  *  Alors  M:ut 

atminilte  Ton  :  t  Ne  ro»  prenez  pax  gardf  a  cestui  point  a  ta  felonnie  de  1^1^^^^^  ^  lojsae 

nat  ;  »  il  !(UpplM  sou  ix^reii  de  saiivrr  rnnore  UDC  foix  la  Cnrnouaitle.      n<>chir  ptr  lfl« 

Trisuiu  bP  rend  k  cee  prièrns.  en  exip»nnt  toutefoi!4  qu'on  jure  sur  le« 

Miaiit  de  no  jamais  rien  enlrepn-ndre  ruiitre  lui,  ui  pour  l'amour  du 

rui  Marc,  ni  pour  aucune  autre  rai/4on.  On  s'empre-^se  clo  lo  ^tislaire, 

et  Tri&lan  lise  l'iimiaut  du  combat»  qui  duil  avoir  lieu  1«  lendfmaîu 

dauâ  la  plaine  dri  Tiiilagel, 


[•  rîere«  de 
Murtî  oi  r«n- 
Mflt  i  M  bat- 
tre. 


S7B.  Le  lejulemaÏD,  les  Cornouaillais  jnmnt  de  payer  à  utujoura  lo 
trU>ut  îH  llplyas  ost  vainqueur,  et  les  Sesnts  de  fert  de  tout  en  tout  le 
<^f\  m  indûment  dti  Corn.,  h  leur  champion  rsl  Niiincu.  —  Tristan  et 
1'  'Ut  seuls  sur  la  place.  Un  penlilhnminf'  de  Sejsoingne  si  met 

/■  'i:  le  cJiamp,  et  te  roy  M. ,  gui  de  l'autre  part  atoit.  i  inet  T.  tout 

en  pitiutani;  car  il  a  prandj^ur  d'Hely.is,  l'nyant  éprouvé  deui  fois  eu 
hataille.   i3eanronp  de  preudoumes  et  de  chevaliers  pleiireat  ;  Marc  et 

i  S*sntJ  prient  Dieu. 

Le*  t\fn\  ad  versai  reti  b'abaitenl  l'un  l'autre  et  commencent  à  esexi-  Le  comltai  s'm- 
iner.  L«  prouease  de  TrÎRian  impo<«  à  Ilelyas.  qui  s'en  vet  gardant  au  gulior. 

pixa  sagement  que  il  onqttes  piMH.  Sea  coup»  néanmcdos  Aunt  lK*4^  vigou- 
rrux.  et  Tristan  ueae  souvient  paiides'tH  rebattu  avec  un  chevalier  aussi 
Kdoutable,  »i  ce  o'e&t  aveu  Laiicelol.  tl  oiénafre  donc  ses  Torces  ;  les 
Gorrtotioitlaia  «'en  eflraieui  ;  Hclyas  prend  le  change.  S'imagiuant  que 


lyoÂ- 


—  184  — 

TciêUtii  r.'st  u  liKUl  lie  furct's,  il  se  eommertce  a  aôatutonner  plus  et  plus; 
au  déB(.«Hpoir  «les  Cornouaillais,  à  la  ^loiro  des  Hetnes,  Uelyas  vet  for- 
ment la  place  porprenant  detus  Tr.  Suuilaiu  cf*)ut-ci  chance  df>  taciiqti^ 
et  accable  son  adversaire,  ([iii  «>  rolire  uu  peu,  Hf«t  sirmÙlant  tout  aper- 
tâitunt  que  il  soit  comme  mort  et  que  il  n'ait  pouoir  de  soi  deff)mdrc. 
Tristan  a  pitié  d'Hel^as  vl  lui  pmpose  d'arrtHer  le  eoniliat,  à  couditiun 

Tristan  est  voin-  n»»>  I^»  Sesnes  ft-ronl  le  commandement  de  Corn,  ilelyas  *  tombe  à  terre, 
quiMir,         épuisé  :  Trisian,  se  louniant  vers  les  lian)ns  de  Sexjoitjne^  leur  dit  qu'il 

*'      *vflA*  dépend  d'eux  s'il  lai&»eru  vivre  leur  Beifîrieur.  Ils  décliirent  rpi'ils  soûl 

préu  À  se  soumeLtre.  Marc  laisse  soa  neveu  mailre  de  In  vie  ou  de  lu 
mort  d'Helyas,  et  Trisian  IVpargne  *.  I^a  Seines  s'agemiuilleni  et 
rendent  leurs  armes.  Mure  les  fait  enfermer  dans  uue  vallée  située  au 
milieu  de  la  ville  :  le  Val  de  ta  Porte,  ainsi  appelée  parce  qu'il  n'y  avait 
qu'une  enlrt'ïe;  ils  n'en  Kortireul  qu'aprcs  la  mort  de  Marc,  «l  *mw(r«ïi 
adont  a  gasl  et  a  destruction  toute  Oornoaille,  si  que  dèi  lori  en  avant  ./. 
grant  temps  rendi  C.  treu  a  Saissoi^ne.  Mais  a  tant  Usse  ore  le  conte  a  par- 
ter  de  cestui  faity  pour  ce  *  qu'il  ^  napartient  mie  a  no$tre  livre,  vt 
retorne  a  nostre  première  matien, 

279.  Kn  eeste  partie  dist  le  conte  que  grant  joie  et  grant  feste  firent 
ceuli  de  Cornoaille  quant  ils  virent  que  ai  hien  leur  estoit  advtnu  de  la 
force  de  t'ost  de  Saissoigne  qu'il  avaient  ainai  emprisonnée  *  el  mise  m 
servage  [Z^a  î*  I  a). 

Le  roi  Marc  tient  cour  plciiière  pour  célébrer  coL  heureux  événe- 
ment. A  l'approche  de  la  fête,  le  harpeur  ^  envoyé  par  Diuadau  va 
parlera  Trisian,  qui  lui  promet  sa  protection  et  lui  dejuande  des  nou- 
velles de  la  cour  d'Arthur,  ajoutant  que,  s'il  plaît  à  Dieu,  il  y  rejoin- 
dra procbaincmcni  ses  amis. 

Fètc  &  Tintagel.       ?80.  Le  lendemain,  au  beau  milieu  de  ta  fête,  Ieh:u-pcur  entre  au 

Le  harpeur  exé-  palais  de  Tintagel.  Marc  le  prie  de  fiarper.  lléliot  exprime  la  crainte 

Ti^^'^rf         t      ^^^   '®  ^^^  "^  ^  courrouce  du  lai  qu'il  va  dire;  maiis  Marc  lui  assure 

vant  Marc  et  '^^'^^  "^  ^'^^  fâchera  point.  Le  harpeur  accorde  alors  son  inslruoienl  et 

sa  cour.  demande  au  rot  s'il  a  jamais  entendu  parler  du  tai  voir  disant  ^.  a  Or 

sachiez  tout  certainement  que  vous  onques  a  nul  jar  de  voslre  vie  n'oistes 

iay  plus  voir  disant  que  ccstui  at  que  je  vous  diray  orendmit.  »  Et  il  le 

fait  entendre  '  au  roi  M&fb  en  présence  de  tous  les  barons  de  Cor- 

nouaille. 

Man:  est  courrouciez  oMltre  mesure  et  trop  triés  durement  :  «  Frère, 
dit-il,  se  Diex  te  sautt,  qui  fist  cest  lai/  que  tu  as  ore  harpe  ?  »  Le  harpeur 
ne  lui  dissimule  rien.  «  C'est,  continne-t-il,  parce  que  voua  avet  dit  du 
mal  du  vieilieur  home  du  monde. .^  de  celui  qui  tous  les  bons  a  seurmontés. 

I.  Ce  qnl  tait,  <UDt  {irawiiM  llDiIblt  dM»  Sll,  «U  aonoA  d'iprti  aU  «t  hH  ■atm. 

».  Plo*  li^In.  Il  Mt  dit  qtteTr.  l'«  UU,  voy.  ^  S». 

l.  f't-,    torn.  nuuu|nf  <tan«  19. 

4.    CI»  «In  muiiueHt  SS&. 

:>,  lh5lHit  du  DU  334i  c«3  premiers  mots,  ta  oimtiniutloQ  dlrecbe  6m  donim  moto  4t  sa&, 
sont  i*ArrM. 

0.  Fis  du  nu.  SJM,  OD  It  naUi  un  U  derul&rc  eolonn»  est  bUnc. 

7.  VJiail. 

B.  Cr.  i  M9. 

tf.  Le  tjii  voir  ditanl.  ■  Tant  aui  tut  lU  dire  leu,  clc.  —  Une  Iacium  du  tai.  774  conunetice 
«a  niUkti  lie  ce  1^  )  l*  au.  De  repr«nd  i|u'k  U  cuDVvrwUoo  dlMBt  »vec  Dliuulâii  à  U  iùjwmn 
Qaidc  -,  V.  §  SU. 


—   185  — 

f .  «  [H«t  te  tault^  comment  eils  tu  hariirment  de  venir  en  i'orniKtiU9  i^  bsrpmr  8* 
pour  dire  de  moy  tfUc-i  jM^ilt-t  '  —  Sire,  gui  fait  tes  çrafut  folies  iU  «aj  moque  de  lui- 
v^onitf  fors  t/iM'  li  fol  tant  Sf^utcment  r  Len  fois  si  font  tfs  grain  foUft,  ci 
te»  ta^es  font  Us  tem...  ht  folie  qui  rsl  en  moy  si  m'en  U>mna  te  harde- 
tncnl  de  te  dire  et  ce  aussi  t/ue  votts  m'ofseiirastts.  Sire,  or  Drttti  atf  je 
rtspondu  selon  ta  folie  dont  je  suis  garnis.  »  Lit'  par  »a  promffM.',  Marc 
tir\>  auctiTi(>  Vf'iip*nu(>!  du  tmr|i»*ur.  mais  lui  nrduim>*  fl*>  qiiitli'r  au 
ilu«  \dl  \ik  CtirDuUiiille  :  n  Ilonis  /s,  se  ptiu  y  demeures.  >•  H«<lit)l 
^pond  pour  lui  pltis  courottctfr  :  <»  Roy  March,  eiU  Itix  est  tous  nou' 
itix,  et  nouiclUtnetit  fit  trovés;  et,  pour  et  que  lendit  eoiumunenumt 
et  en  provtrbe  :  ■  de  nouvel  tout  m'est  hei,  »  cuidoie  jf  qu'il  le  pletist  ; 
iftoù  puis  que  je  toy  qu'it  ne  te  plaist.  Je  m'rn  tairay  a  tant,  que  plus  ne 
t'en  porterai/,  »  Quant  te  roy  M.  entent  que  est  le  voit  gabant  en  tel 
mtinier$,  il  lui  rt^pood  furi*.'ux  :  «  Frère,  or  tosl  vftides  toy  de  dw^snt  moy 
et  n'y  arrête  plus,  car  je  te  feroie  futnmr  du  corps  ;  se  saches  tu  rraie- 
ient.  »  I^  barpcur,  sachant  que  Marc  est  moult  *  fel,  «c  réfugie 
aprèf  de  Tristao. 


&OUp^'fJIHIf 

rsatourdutal. 


281.  Le  roi  e»l  duremeat  troublés  et  penssis  de  ret  iucideot.  Il  ne  Miirc 
peut  croire  que  Dinadao  eOst  si  mal  cuer  vert  lui  ne  si  mate  vueiltanct.  d 
Le  véritable  auteur  du  lai  doil  être  Trintan;  Marr  i*u  a  hi  ciTlilude,  n  il 
se  vengera  :  ni  .lerineiit.  ni  fxnnee .  ni  créant  qu'il  ail  fail  n  Trislan  nu 
^tiendra  lion  cmirle  d<*  li*  mettre  a  destruction  du  corps.  lA  drifiLile 
l'HelyiLS,  U  dt'livrance  de  U  Cornuuaille,  ni  tes  ycrviees  antérieurs  du 
irixis  ne  compteul  plus  jHiur  rien  iiux  yeux  du  rtn  Marc.  OpeDdant  il 
dt£B-imule  huhilemt'ut,  il  traiie  suu  imveu  do  la  Taron  la  plus  amicale  ; 
1*1  se  mess.  T.  ftut  ./.  des  plus  layes  hmn\f.\s  du  monde,  ne  se  peûst  il  mie 
apercevùtr  de  la  Iraliison  et  felonnie  que  le  rot/  pensse  encontre  lui. 

De*  »|ue  la  c<mr  est  départie,  Tnstan  rentre  à  son  liùlel.  Le  lai 
lui  a  Ix'aucoup  plu  ;  il  ^e  le  fait  ré[iétpr  {tar  le  barpeur.  Puiâ  il  lui 
rrcnounande  de  rt*tuurï\vr  coûter tement ,  pitur  éviter  des  désagréments  d(î 
la  i.art  du  roi,  et  le  charge  de  dire  des  amitié):  au  roi  Arthur,  â  la  reine 
IX  conipagutms  de  la  Taldfl  Konde,  surtout  à  t^nceUit.  Ia'  barpeur 
j«jU>urae  en  Logres  et  s'ncquitle  de  la  commisaion  que  Tristan  lui  a  Lw  hurpeur  re- 
î,  —  Le  lai  Ut  connaître  partout  la  mauvestié  du  roi  Marc  '. 


?8?  a-  En  yeelui  temps  oerist  .lans  double  mess.  Gauv.  Lnm,  de  Gates,  te 

Mchemlier. . .  [et  qui  voldra  troir  apr.rtrment  cornent  G.  ocisl  L.  si prenge  te 

trede  monseignor  Hoh ,  de  B.,  quar  la  la  devise  il  tôt  apcrtement^  etporce 

ne  Le  volotn  nos  mie  deviser  m  nostre  livre,  ei  sachent  tuit  que  —  ajoute 

12Ô99  *  —  lin  /wi  de  temps  avant  ce  que  Lam.  fut  occis^  /ist  U  roi  Marcfi 


lourn»s  en  Lo- 
gn.-s.    fmpor- 

tau  yvMi    Al- 
Ihuretftaoour. 


I.  A  <«  toiA  trnammrr.  lUt»   l«  mv  V4,  f  Stt  e,  ans  Lkrmir  lulIqiAt,  Uatiloane  aBlraiite 
élavl  pr«l^  hl«n'-hr  i>n-  1*r-<i»r  «•■  toonlnr,  mn  f  IM  «,  fi«r  l'anlv^  (le  Trifllui  CC  irtïnit  ca 

,  r  ,  ■  -    *    ■   ■  •  ■  ■  ■- 

itr  (le  m  Ir.  )  US)  :   «an  U  lamt   (^  17*  •!    m 
|f-  l'rtttam  H  dw  la  roiiu  Yumt.   f  n  eSêU  jmrUt  fid 

'(■r  1^  ••<'>. j.tr,  .juf  .tprUeéfusH  hmrpt^tr  ftuii  partit ^St  Coru9uoittt. 
,  tC    •  '  Mnrnit  rrnilafi-vm»  an  jKrdbt,  uma  le  Isarlts,  «1«.,  ^s  "îliî.  Ufane  l«1e 

s.   Xi^rj  à'jixuf  iLrjRUmlrrt  le  r^it  de  cvUc  inurt  pli»  luln,  t.  i  SM  «.  Poor  9V.  r.  f  3«7  *,  et 
^tm  717,  *7,  «9,  100  «t  "J,  lo).  wmI.  tacqotcot  ccU  [>li»  l«b.  r.  g  U7.  U  Tar-  Jt*/  ,  p.  S4^. 


—  186  — 

757,  etc.  282*.  Trislan  est  hoiireux  cepoudanL;  car,  malcré  U  vki- 

iflidii)  sous  ly  lance  d  Andret,   iM  ]>arvieMt  à  voir  àouveiU  la  rcuie  tnijus  un 
laurier.  laurier,  dans  le  jardin  ijui  est  au  pied  de  la  tour  d'Iseut.  Mais 

Ândretf  rendu  plus  clairvoyant  tjue  les  autres  pixv  la  baiuc 

I.  Piiur  ce  qui  pr(*cè(It?  dans  757,  voy.  Jj  353  lia. 

*2.  Ici  97,  349,  100  alianiionnonl  la  v^rKioii  tle  336,  etc.  pour  adop- 
ter celtu  lie  757  ;  77^,  qui  déliiKe  ici,  ol  34U  tUmuent  1q  même  texte 
t|ue  97,  etc.  (v.  l  281,  nulej. 


3:16,  etc.         prendre  moru.  T.  en  trahison  ti  U  fini  mettre  en  prison,  et  le  tint  itiuee  si 
gratU  temps  a  grant  douleur  et  a  mesaise  que  P^rcevat  de  Gales  vint  en 


9^  La  ma.  99,  fol.  376  d  [après  les  mots  :  ain^i  la  maitvestié  du  ratj 

RjMKode    d'Ali-  tVorc  fit  puis  cognrû's)  par  tout  le  monde)  intorcnte  l'êpiisodp  d'ÂUiandni 
x;iiidr«   ror-  |'or[ilii_-ti[i  k  Io  inuriiui  de  Sorelois,  qui  sont  donnés  au«si  j>:ir  Malory 
d'après  un  n\n.  voisin  de  99  : 


pMiu. 


28-2  b.  En  cestc  partirait  U  contes  qut  voir  fu  que  le  roif  Marc  df  Cor- 
noaille  occist  un  sien  /rrre  que  il  avait  * .  Eisa  sirourgr  quant  elle  tceùst  la 
mort  dr.  son  martj  si  s'r.n  foxiy  atout  un  iitn  filz,  ipje  Marc  fait  en  vaiu 
ciiercher,  car  In  vouve  a  giigni^  le  chiUeau  de  Muf^auce  ^.  Elle  est  lûon 
rivjtie  par  |o  cbâiHain.qui  lui  dit  que*  h-,  chùicau  t*si  à  elle.  «*  car  ataii 
U  commanda  vosire  pcre  quant  il  nioru,  et  Je  sui  vottre  prochain  parent 
de  par  voslre  père,  et  ma  femme  est  vostre  cousine  germaine.  »  Il  jure 
di^vanl  le  |HMipU'  de  tenir  duréiiuvant  le  château  puur  Angtediz,  tîlle  du 
rui  Ranner  de  Miranseis.  et  h-s  maistrex  personnes  ruiulcni  liuinoiagu  à  la 
veuve,  qui  reste  à  MapaoLu  un  tuutn  sc^runti^  Sou  HU  duvieut  grand  et 
beau  ;  on  a  uu  tmiu  d«  lui  caL-licr  la  vôntr  sur  la  miirt  de  suu  père.  Le 
chAtelatu  anuonce  au  jeune  Iti'inuiu,  Atixandre  i Orphelin  ',  qu'avec  la 
peraûssiûn  do  sa  mère  il  l'iUHuni  chevalier  U  jour  de  ta  fttte  yoUr* 
Vame,  qui  pst  eu  martï,  Alixaiidre  lui  dit,  suis  vouloir  prpci*er,  qu'uu 
hoiiuue  lui  a  parli>,  dan»  un  rijvi<,  do  la  mort  île  non  père  ;  le  cliàtelain 
cliauge  la  nonversaïion.  A  la  tigiltc  de  la  fêle,  Aliviuidn*,  avec  vinpt 
autreu  jeuues  pins,  \filli*nt  dan.s  l'éf^lisc  do  Nolre-Uame,  près  do 
laquelle  en  fait  ferir^  enmg  Us  rues,  une  quintaine.  Anulfdîz  y  vimt  tout 
droit,  et  puis  si  trait  de  de^ous  son  manlel  la  cote  et  ta  chemiso  ou  son 


Twntliiniic,  «nu  U  raninUr,  l«  irmri  .ïc  ]JHQ  i  II  fut  tu#  pur  Ira  11l«  de  U>U>  ntl  dttfrla  di  Carta' 
çlnitlr  Itiii  f-'i  »*Mi^  I«  eliUMti  «In  Muriciiln} 

Lcm».  101  ili ■■■  •■■■■■ r--  ' •    V-r— '.   -  ■'■ -r-r-  ..'..i-i.i/....^..t  ..Ii-t^. 


sIml,  .':Iv  iiii.rvnTtiwi'liUl'ilokSiMlAf. 

t,  C«  ponoamt^t  figura  «uni  duoi  l«  nitoAu  de  faiOKUdd.  tl  du»  !•  us.  IVM  s  «f.  f  991  «. 


—  187  — 

qu'il  porte  à  Tristan,  ne  tarde  pas  à  s'apercevoir  (f*  38)  de        757,  etc. 
c€s  rendez-vous,  et  les  dénonce  à  Marc.  Un  soir,  le  roi  nionte 
sur  le  laurier,  armé  de  son  épée,  d'un  arc  et  de  ttèches,  avec 

Comoaille  et  délivra  mons  T.  de  celle  prison  *.  Mais  puis  le  fist  le  roy  M.  ^^®'  ^"^• 
prendre  de  reehief  et  le  fist  emprisonner,  que  foy  ne  serment  qu'il  eiist 
fait  a  Perc.  ne  l'en  retint  oncquez  que  il  mons  T.  n'enprisonnast  de 
reehief;  {et  tôt  cest  afere  devise  mes  sire  Rob.  de  Bor.  en  son  livre  tout 
apertement,  ajoute  12599).  Que  vous  diroie  je?  Moût  fu  longuement 
mons.  T.  en  celle  prison  avant  qu'il  em  peU^t  eschaper^  mais  toutevfÀiS 

1.  Ici  108  (rt  Janot,  Veranl)  donnent  des  extraits  de  l'bistolre  de  Peirevsl  et  de  Merlin  : 

'282  c.  Arthur  tient  sa  cour  un  jour  de  Pentecôte;  les  places  de  la  |03 

Table  Ronde  sont  toutes  occupées,  à  la  r(^sene  d'une  seule  qui  reste 
toujours  vide  ;  c'est  en  souvenir  do  Judas  que  Merlin  l'a  arrangé  ainsi. 
Après  mengier^  on  va  aux  champs  pour  bouhourder.  Perceval  se  dis- 
tingue ;  Helaine,  la  sœur  de  Gauvain,  l'admire  et,  l'engageant  à  se 
mesurer  avec  les  compagnons  de  la  Table  Ronde,  lui  envoie  des  armes 
et  sa  maruhe.  Il  abat  tout  le  monde.  —  Le  roî  lui  raconte  quo  Moys,  le 
faux  disciple,  avait  été  fondu  à  la  table  de  Jo.<ieph,  parce  qu'il  s'y  était 
assis  malgré  la  défense  du  maître,  et  que  Merlin  avait  interdit  la  place 
vide  à  qui  que  ce  fût.  Perceval  voulant  néanmoins  s'y  asseoir,  le  roi , 
prié  par  Gauvain  et  Mordret,  finit  par  céder  à  son  insistance  :  Perceval 
s'assied.  Alors  la  terre  s'entrouvre  ;  une  voix  blâme  le  roi  et  prédit 
des  malheurs  à  Perceval  et  aux  compagnons  de  la  Table  Ronde.  Per- 
ceval serait  mort,  s'il  n'était  le  fUs  d'Helain  le  Gros*  (P*  299  c).  I^ 

1.  Ailleors  dans  le  ms.  fpar  exemple  ci>aprcs).  il  est  le  fils  de  Pellnor  ;  cf.  0.  Paris,  .Vertim, 
pp.  xxn  et  Lviit,  roar  le  Siège  périllcax  dans  l'antre  Tersi«in,  v.  |  311. 

mari  avoit  esté  occis,  qui  encores  estoient  toutes  ensanglantées  *.  Lors  les  99 

prent  elle  et  tes  gecte  très  dessous  la  quinlaine  ;  ayant  expliqué  aux  assis- 
tants qu'elle  veut  ainsi  engager  son  fils  à  venger  son  mari  ',  elle  entre 
dans  l'église,  où  Tévèque  de  Miranseis  chante  la  messe.  Après  la  béné- 
diction des  armes,  Berengier,  le  châtelain,  fait  chevaliers  Alisandre  et 
les  autres,  qui  commencent  a  bouhourder  très  davant  ses  dames^  et  puis 
s'en  vont  a  la  quintaine.  Tout  à  coup  Alixandre  fait  arrêter  les  jeux 
d'armes  et  envoie,  par  un  écuyer,  chercher  Berengier  :  «  Voilà  mon  rêve 
accompli,  i>  lui  dit-il,  en  faisant  allusion  aux  vêtements  ensanglantés. 
On  parle  beaucoup  de  cela,  et  on  recommande  à  l'orphelin  qu'iliz] 
pourchasse  l'amour  de  Tristan  ou  de  Laocelot  avant  de  commencer  la 
guerre  contre  Marc.  Atant  de/inerent  leur  conseil,  et  pourchassèrent  com~ 
ment  Hz  pourraient  avoir  l'amour  de  Tristan.  Mais  a  cellui  conseil  estait 
un  traictre,  qui  s'en  va  trouver  Marc  et  lui  apprend  tout  ce  qui  s'est 
passé.  Ce  traître  de  Magance  reste  en  Cornouaille  sous  la  protection  de 
Marc  ;  celui-ci  fait  venir  un  chevalier  qui  aime  Tristan  autretant 
comme  faisait  Dynas,  et  lui  dit  qu'il  connaît  les  intentions  d'Atixandre. 
a  Je  ne  saurais  le  blâmer  de  vouloir  se  venger,  )>  répond  le  chevalier, 
qui  a  gros  cuer  contre  Marc  à  cause  de  l'assassinat  du  mari  d'AiigIcdiz. 

1.  11  B*a  paa  été  raconté,  oonune  dans  Hmlory,  qn'Anglediz  avait  conservé  ces  Tctementa. 
S.  Dmm  Mal.  eU«  loi  fkit  Jnrer  la  Tengeance. 


—  188  — 


757,  OU. 


336,  13599 


103 


M 


l'inLcnlion  bien  aiTÔl6o  do  twet*  son  neveu,  dès  qu'il  aura  la 
preuve  certaine  du  crime.  Il  fait  clair  de  lune.  Tristan  arrive 
le  premier  au  rendez-vous,  voit  un  homme  caché  «lans  Tarbrc 

en  fut  U  delim-é  {en  ia  fin  l'2599]  tnaigré  le  roy,  M.  *.  Et  tant  fist  pws 
{par  fin  estavoir  (2590)  qu'il  {ùsi  de  eelé  prium  et  12599)  prisl  Ir.  roy 
AT.,  son  Ofiele,  et  l'emprisonna  [en  celui  lieu  proprement  ou  H  avoit  esta 

1.  Voy.  na  I  an  f.  In  rdcit  que  doDuc  V»  ilu  scctnid  empriitiwaeaDeiit.  On  relruuiren  bu  yttrti<s 
dititi  99,  le  ItxU:  de  8M.  lu»».  Ponr  Trnuun.  r.  ^  'Jet  ti. 

voix  fail  savoir  eucort>  «|uc  lo  rui  Pescheor,  qui  garde  le  Oraal,  ue 
[Ktiirra  rflru  gu*^ri  (jup  par  un  des  clii»valiors  île  ta  Tnblo  Ronde,  qui 
gtTS  chovaticr  parfait  Hvaat  d'entrer  che»  Ib  roi.  Il  demandera  et  on 
lui  expliqui»ni,  de  ta  lance  et  liu  graal,  qui  on  en  aerl;  alors  le  roi  g\\6- 
rira,  i?l  la  pierre  qui  s'est  fendue  sous  les  pitMlK  dp  Percoval  sura  res- 
soudée. Ce  sera  la  fin  de  tou»  les  enchantemonU  de  Ttretagne.  \jos 
compagnons  se  délprminpnt  à  aller  en  quélo  de  la  maison  du  roi 
Pescbeor. 

Pprceval  quiUe  la  cour  eu  serrpl,  sans  nul  eongif ,  el  arrive  chez  un 
ermite,  à  qui  Merlin  a  prédit  iiu'il  vivr-iit  jusqu'à  ce  qu'il  ait  vu  Per- 
ccval,  le  fils  du  roi  Pelinor  de  Listeimis'.  Percoval  pri<^  Termite  de 
lui  dîro  Cl!  qu'il  .«ail  sur  Merlin.  L'eruitto  raconte  comment  Merliu, 
ayant  délivré  sa  mère  du  juif<<  terrien,  fui  porté,  par  urdre  de  l'évéciuo. 
à  l'autel  du  l'église  de  Notnî-Diune.  L'alibé  de  l'église  chuuta  la 
uiesee,  puis  il  porta  l'IiosLie  devant  Merliu  et  lui  dit  :  a  Petite  crp.i- 
lure,  sais-lu  ce  que  je  tiens  à  la  maiu  '(  n  L'eufant  répondit  juste. 
L'abbé  se  âeswati  et  revint  dans  son  babil  de  moine  devant  Merlin. 

1.  Cl-dusoB  SOI)  pèM  MJiIt  HfUin  le  |rr<iï.  —  Nuton«  une  dAna  U9  l|  Wt  e)  feroenl  dll  k  Tlt«- 
D,  délivré  p«r  loi.  qu'U  esl  veoo  ta  CortiotuUllr-  iKiur  i<*rler  «n  lage  elcrc  dt  Go/m. 


UD, 


Marc  dégaine  pour  le  tuer,  mais  l'autre  se  hurta  en  lui  si  roiddement 
qu'il  l'ahaii  tout  envers,  et  puis  s'escrie,  et  a  crltui  cnj  vint  Tristan,  ft 
Ùi/nas  gt  Fertjus  ;  si  commencierent  les  uns  a  grossier  rncontre  /«■  autres. 
1^X11  les  sépnre.  Tristnn  conduit  le  chevalier  cbeï  lui  et  apprend  par 
lui  la  situation  de  tton  cousin  Alixandri?,  a  qui  il  envoie  Kergus  dire  do 
s'en  aller  en  Logres.  au  congié  de  sa  luere  et  de  ses  amis.  Mais  a  tant 
laisse  orc  H  contes  a  parler  de  sa  chevalerie  (sic)  et  retourne  a  parler  si 
comme  Atisandre  s'enata  ou  rot/aume  de  Logres,  dont  la  nouvetû  fu  tost 
espandue  par  tout. 

En  cfste  partie  di  li  contes  qu«  nouvelles^  gui  tost  cowTent  et  par  amont 
et  par  ara/,  s'espandirent  par  touU  la  contrée:  si  avint  que  une  damoiselte 
tint  au  chastel  Mot^ain,  et  sachiés  tout  cerltiinement  */«'  eelte  tlamoisetle 
esloit  mautt  acotnlc  de  ^^onjain,  et  moult  savoit  elle  de  son  esSre.  Elle  dit 
à  la  fée  :  <c  Mt^rvciltes  vous  puis  ennler  d'uî^  chemlier  qui  )iarmy  te  che- 
min eslroit  t'en  ra  ;  >  et  lars  lui  compte  comment  le  chevalier  avoit  abatu 
le.  roi  Karattos  et  ses  chevaliers,  et  comment  il  avoit  abatu  Saphar,  et  com- 
ment elle  s'en  ala  après  liri  et  lui  vit  le  visage  desoouvert  ^,  et  si  lui  conta 


1.0a  vuliU  wiiimMioai  U  ]r  «  dM<UulUdui  )bl.,  doBt  le  réclteA  kl.  damu.  ui  i»e« 

OOOfOf. 


—  18tt  _ 

denne  que  c*est  soo  onde  '.  Il  délibère  s'il  faut  le  tuer, 
lais  ne  (leut  se  décider  h  commettre  uuc  telle  déloyauté.  Il 
attend  Iseut  sous  le  laurier  et  Tait  peur  à  Marc  par  ses  arme^. 

I .  Pas  (l'image  n^fléchîr  lions  U  fontaîm*  comiiif  daii!*  le»  versions  en 
vers.  Dans  la   Tttv.  Rit  ,  nu  cet  éptsculi^  su-  (irrsenU'  «luns  des  circon- 
incps  tlifT<^rcn(eâ  (v.  nu  §  75  a],  h^  amanl»  aperroiveut  on  m^nie 
aps  lo  roi  dans  l'uinlire  ijue  jettt»  t7  ftino. 


m,  Hc. 


onn/ ,  puis  ordfinnii  du  roij'Vnnt'  de  Corn,  tout  a  m  volent^  33t''},  fi 
tyxra  au  royaume  dr  U'^ .  ei  rn  tuena  avec  lui  ta  rvyne   Ysmlt  d( 

aï  lui  dît  qu'il  p<trlait  l'iuittit  d'au  s:iini  bommr,  Bf-noixt.  a  Aiii:^i.  <iit 
rennile  à  Perceval,  m'arrivn-i-il  ilan»  l'épliio  do  N'utro-Danii'.  n  Pi'u 
aprè»,  uu  chevalier  avait  ;ici'usé  l'emiite  d'aimer  sa  danu*  par  amoun^ 
H  Hertin  avait  prédit  â  IVrmiU?  qu'il  mourraîl  dans  U  fnrél  de  Dar- 
aaiiic«,  huit  yjur>  aprOii  larrivtV  de  Perceval.  à  qui  il  doimerail  lo 
livr<?  de  Merlin,  que  celui-ci  lui  coufia.  —  Perceval  partie  leiideniiuu 

iiïfr  so  fairn  cijniuiilre,  el  le  rêcii  n?tourne  à  Trinlau  [V*  300).  H  (wl 
e^lii'ii  <le  U  leliTO  du  pape  au  rui  Marc,  cumtne  dans  99  ;  voy. 
i  'S^t  €.  Ayuti  raconté  tjue  Marc  ne  parvieut  pas,  au  moyen  d'uno  prtV 
h'i.iî'j."  Icdre  du  papo,  à  faire  pariir  6oû  neveu  pour  ta  Terre  sainif, 
I  »  Perceval.  qui.  cliev^uchaut  un  jour  en  Cornouaille,  en 

x\-  ..  -  ^  i-atures,  apprend  que  Marc  a  mià  Tristan  en  prison.  —  Pour 
ta  saite,  voy.  §^82  g. 


336,  13.';d9 


tm 


It  bm^i qui  estait  en  luif  :  <i  Si  sui  ça  venuepour  te  votacorUer;  tarvaus 
mtUm  de  bonne  heure  née,  le  vous  te  pour^  (I.  pouiés;  tenir  en  vostre  baH- 
He.  D  Mor^in  frtil  anner  ses  chevaliers,  ri  s'en  va  tout  droitement  vers 
la  dame  de  Norgalex  et  vers  Sebitte  l'enchanteresse^  qui  CMns  eitoi\e\nt 
r*«.,i^u  *f  <.,,.  I  .T.-f.n,/oicn(  pour  parler  a  lui.  Elle  leur  l'ait  wft  excUMt 
1.  ir  <!  en  une  aïoie  besoi^ne,  auquei  loin^  de  cy  »,   et 

Uui  ^oEiiM-  -Mil  <ii.>uj4U.  elle»  proQietieoi  de  l'atlondri}  uu  muis.  Au 
moment  uù  Morgalii  va  monter  à  cheval,  im  valet  lui  apporte  uno 
lettre  dB  ta  part  de  Marc.  4]ui  prie  la  fée  de  retenir  priicmaier 
Aliiaudre,  dont  il  douue  le  bi^ualemeul,  indiqué  {or  te  traître  de 
Magance.  Murf^ain,  vuyant  que  les  Uetres  s'acordoient  au  parler  de  ta 
d^anotfette.  ^f  faii  dire  par  celle-ci  que  l'oqdietin  est  armé  a  la  vumiere 
Ct,:  t  demanrte  an  vatet  h  son  nmitre  lumi  pourchoisier  la 

^t  r   en  autre   manière  fors  par  envvtjrr  tertres  a  ses  amis, 

I  ,    i   r  '  o:ile   la  desl'iyauié  ipte  te  roy  .Varc  en  avait  fait,  «l 

êi  '11-    r'i^i'orler  au   mi   i|uVlle  fera  tout  son  pouair.  Et  lors 

eœnmande  Morgain  tjuc  toutes  .ses  damoiseUes  montent  aprèj  lui.  .VTrivêe  À 
an  eadrott  où  te  château  n'est  plus  visible,  elle  leur  ordonne  de  chif- 
cbn',  par  nidinfci /ar^<,  des  chevaliers  et  d'emmener  au  ciiilieau  ceux 
(mVLiea  irouverunl  ;  c-es  demoifielles,  qui  nom  au  nombre  de  dix, 
(Lûve&l  maïutenir  leur  quèle  pendant  un  mois.  Morgain,  avec  sa 
maisnit,  suit  t«  chemin  estroit  et,  à  la  nuit,  se  herberge  en  son  paveillon 
Au  eoupor  arrivent  quatre  chevalier«,  dont  dcnix  désarmés  ;  ils  coa- 


M 


—  lyo  — 

757, 6IC.  A  son  tour,  Iseui  vient,  aperçoit  le  roi  et,  pour  avertir  Tris- 
tan, lui  parle  tl'un  ton  sévère,  le  hlAmaut  de  l'avoii*  mandée  : 
CI  Cela  pourra  lUC  perdre,  tlii-ello,  cai*  les  uiauvaises  langues 
de  Cornouaille  nous  caloiniûeDl  sans  cesse  auprès  du  roi.  Sans 
doute,  Je  vous  aime  ;  je  vous  aimerai  toute  ma  vie,  einsi  corne 

336  Gom.  ^  Maùpour  ce  quf  es  serait  trop  ion^tu  chose  de  vousdêviter  mot  n 

ittfit  cofument  Perc.  de  G.  fnisl  horx  Jiwns  T.  dé  laprzson  ou  le  roy  Sf  Cavoit 
etnpHsontié  ne  couimtnl  ne  pur  quelle  manière  /r  roy  if.  le  fisi  prendre  et 

1.  tdUi».  ^»l.s'érsrt«<li]loi1e<)e«3fl  n  pvorviitalMi  : 

12590  St  gui  oesl  conte  (c'pst-â-dirp  te  second  empriscmnement  de  Tristaa  et 

son  voyage  avec  Iseut  on  LogresJ  votdra  veoir  aperlement ,  si  prende  le 
livre  de  mon  nrignor  7*.,  que  t'nn  nprk  la  Grant  fh'xtoirr ,  qtutr  il  detw 
toi  eeitui  fet  mot  a  mot.  et  por  w  ne  le  voill  je  pas  deviter  en  mon  livre, 
por  C6  qu'en  autre  Uito  «t  devise,  et  tut  fusl  il  ensint  sanz  itoute  gwje  iw 
pramis  pa  an'ierj  «n  mon  livre  *  a  conter  vos  en  quêt  manitre  Pere-hevaux 

1.  V4r-$»«nût*. 


go  Dais:^pnt  la  féf*  et  manifpni  nvpc  elle.  Ce  snni  Helynana  de  Gromorei  '^ 

ol  sou  fr«'ri'  Ras  de  Gromurct,  lou-«  doux  proches  purviilâ  irArlbiir  ;  \nt 
deux  cU'saruir-s  son!  dn  Ctirmrlùle  »'t  prorliiw  pari^iils  de  la  reiiifi  Guc- 
nièvre,  mais  ils  se  tenotent  amdeux  par  devers  ta  partie  a  la  fattsse  rayne 
Genièvre^;  ils  s'oppcllenl  Gui  et  Corrart.  Ces  clievjiliers  racootriil 
qu'ils  vieanenL  d'a^iststrr  ii  un  tournoi  devant  un  cbÂtonu  voisin  ;  (ïuis 
pt  Corrart  y  oui  &lè  dèsarnounés  par  un  chcvnlitT  qui  s*e5l  fort  distin- 
gxi^  rt  cpic  la  dame  du  château,  ponr  qui  In  tournoi  avait  été  proclama, 
a  fait  loger  chez  elle.  Ce  chevalier  «ffanl  de  Cornouailln,  cpux  qu'il  a 
renversés  sont  ohlipt^s  de  jeter  leurs  nrmt's,  snivTini  la  coutume  de 
Logres;  c'est  ce  qu'ont  Hiil  dix-huit  chevaliers  iouf  d*u«f  partie.  I/io- 
coonii  rnsïp  toujours  avec  la  (.liàtclaine  ;  elle  a  l'intention  de  IVpouser 
s'il  peut  vaintTO  un  voisin  qui.  désirant  lui-ra^nie  r^pouser  lu  dame, 
coDlraint  tous  les  priHendunl«  de  se  hatlre  avec  lui-  —  Les  quatre 
partent;  Gui  va  au  thàteati  de  fa  tiuile  en  7'*rrc  foraine,  et  Corrart 
dans  la  Forest  peritteuse  chez  une  sa-ur.  pour  attendre  la  fin  de 
l'anni^e  pendant  laquelle  ils  ne  pourront  porter  les  armes,  Morgain, 
voulant  di^tourner  le  mariage  d'AHxandre,  arrive,  le  surlendemain,  nu 
château  où  il  se  trouve.  Li  contfs  mtourne  à  Alixandre,  ei  dît  que  a 
ientlemain*  w  /««  l'orpheUn  Alùrandre  auques  matin;  tl  vent  partir, 
mais  la  cliAtelaiiiQ  lui  dit  :  «  Fous  atrr  asses  gaigné,  une  datnoiselle  n 
belU  tomme  Je  sut  et  si  bel  efnistet  et  tout  ee  qu'il  y  appent  *  ;  mai*  iri 
vous  voulez  ceMtui  pah  tenir  en  paix,  il  faut  combattre  un  mien  voisin. 
—  Qu'il  vienne,  p  rt^pond  Alixandre.  Et  la  nouvelle  en  rstoit  Ja  alee  a 
Malagrin  U  félon  qu'un  chevalier  de  Cornouaille  avait  vaiucti  dan>  le 
tournoi  et  iHait  logt^  chez  la  dame;  parti  aussilût,  il  arrive  au  clift- 

1.  Mi.  Gomorot. 

».  Vo.v.  I»  iOritH,  Il  P.  P«rit.  Ui  am.  tf«  ta  T.  a.,  IV,  U»  n. 

a,  Ceci  parait  nonnnr  ont  iinpprMiloR. 

a.  n  n'a  |iu  été  neouM  i)a'A.I.  «MA  VAlncn  du*  le  %vuMi. 


—  191  — 

bone  dame  doit  amer  preude  chevalierj  celonc  Dieu  et  celonc       "^5"''  ®**^- 
l'onor  de  son  mari;  Dieu  le  set  bien,  et  vous  me'ismes  le  savez, 
cornent  je  vous  ai  aîné  selonc  Dieu  et  que  vous  oncques  ne 
pechastes  a  moi  ne  je  a  vos.  —  C'est  vrai,  répond  Tristan, 

emprisonner  de  rechief,  ne  comtneut  il  yssi  de  Corn,  (sic)  ',  et  par  quelle  336 

manière  il  prist  son  oncle,  le  roy  Si.,  et  le  fist  mettre  en  celle  mtismes  pri- 
son ou  il  acoil  si  lonc  temps  esté ,  ne  comment  il  vint  ou  royaume  de  L.  en 
la  compaignie  de  la  roi/ne  Yseut ,  m'en  passeray  je  au  plus  bricfment  que 
je  oncques  porray  et  iray  avant  a  ma  matere  pour  vous  deviser  comment 
il  avint  a  mons.  T.  puis  qu'il  pu  venus  ou  royaume  de  L.  en  la  compaignie 
de  la  royne  Yseut  de  Corn.  —  Pour  la  suite,  voy.  §  338  a, 

1.  Fiate?oa  pour  alIcreaLéonoiiTCf.  Trenui,  |  Mi  h. 

de  Gales  vint  a  cort,  si  ne  le  vos  ai  je  pas  conté ,  ainz  le  vos  ai  laissié  a  12599 

eorUer,  par  ce  que  mesire  Rob.  de  B.  le  devise  en  son  livre  *,  mes  je  vos  (or- 
nerai a  autre  chose  qui  apartient  a  cestui  livre  meimes,  que  je  ne  vos  por- 
roie  mie  Unssier  par  raison  sanz  ma  matière  corrompre  '. 

1.  L'uriTéedePcmr»!  à  Uooarest  cependant  racontée,  duul}699,  pins  loin;  roT.«n|3SS«. 

3.  Dans  le  ms.  12699  conuoence  Ici,  svec  aoe  sutre  fcriture,  ane  lon^e  suite  d'aventorcs 
tMea  en  partie  de  Tbiitotre  de  Lamorat  et  da  roman  de  Laneelot  ;  la  plupart  ne  se  retroavent 
pas  dans  les  antres  nus.  C'est  one  partie  Intercalée  :  on  j  trouve  lie  récit  de  la  mort  de  Lamorat 
et  de  l'arrÎTée  de  Percerai  k  la  coar,  événements  que,  dans  la  première  partie  du  ma.,  le  rédac- 
tear  déeiare  ne  pas  Tooloir  raconter  (r.plnshtot).  L'analyse  de  cette  partie  coDimenee  an  (283  a. 

teau  endemenires  comme  Vorphelin  Alixandre  et  la  damoiselle  tenoierU  99 

leur  parlement  ' .  «  Comptez-vous  épouser  cette  demoiselle  ?  demande 
Malagriu  à  Alixandre.  — Non,  mais  vous  me  feriez  plaisir  de  l'épouser 
vous-même.  —  Certes,  encore  ne  la  vueiljepas.  —  Et  donques  en  feray  je 
mon  vouloir.  »  Malagrin  le  défie  ;  désarçonné,  il  lui  dit  :  t  Tu  ne 
m'échapperas  pas  ;  avec  mon  épée  que  voici  j'ai  tué  dix  chevaliers  pour 
Voustrage  que  ceste  damoiselle  me  fist,  et  .X.  en  ay  je  occis  par  mon  orgueil 
et  .1.  en  trahison.  »  Long  combat  à  l'épée  depuis  prime  jusqua  a  vcs- 
pres  *.  L'orphelin  est  enfin  vainqueur  et  coupe  la  tête  à  Malagrin  ; 
mais,  grièvement  blessé  lui  même,  il  ne  trouve  plus  la  force  de  remon- 
ter à  cheval.  Lors  vint  Morgain  a  lui  et  lui  promet  de  le  guérir.  La 
châtelaine  le  fait  porter  dans  une  chambre,  et  Morgain  s'entremisi  de 
ses  plaies  guérir  \  il  en  a  i^eize,  dont  une  fort  dangereuse.  La  fée  lui 
applique  un  onguent  qui  le  fait  souffrir  affreusement  ;  le  lendemain 
elle  lui  fait  promettre  de  faire  tout  ce  qu'elle  voudra  et  le  guérit  par  un 
autre  onguent.  La  châtelaine  prie  Morgain  de  la  faire  épouser  par 
Alixandre.  La  fée  répond,  si  corne  celle  qui  sans  blasme  en  voulait  estre  : 
«  Venez  devant  lui  ;  si  orrés  comment  je  l'en  prieray.  »  Elle  la  mène 
près  d'Alixandre,  mais  elle  lui  avoit  datant  moult  bien  deffendu  d'épou- 
ser la  châtelaine.  L'orphelin  refuse  donc,  et  son  hôtesse  le  prie  de  la 
donner  à  un  autre  chevalier,  suivant  la  coutume  du  pays.  Il  consent  ; 
Moi^ain  ayant  appris  par  la  châtelaine  qu'elle  voudrait  Guertn  le  gros, 

I.  nans  Ualory,  elle  Ini  donne  des  détails,  et  c'est  elle  qui  fait  venir  Ualafrin. 
«.  Le  oomhat  est  pins  détaillé  dans  Malm-j'  ;  Slorgain  vient  pendant  la  l>atallle  et  regarde,  avec 
UdbUclalDe. 


—   lîli  — 

757,  etc.  vous  m'avez  toujours  porté  honaeur,  et  voua  m'avez  fail  (U\ 
bica  plu»  que  je  n'en  ai  mérité.  Mais  vous  ca  avez  mauves 
tjutrrednji ,  c;ir  <tcp  mis<ir;i!iles  raloinninleui's  in'irapulent  une 
ooiulnite  ijui.'  j«  ne  tienilrais  pas  pour  la  nioitio  du  rovauiuo 


S9  Alixamirr  nncordc.  li*  liMnkimain,  wi  nuuu  ucolui-ci.  Liraïui*;  jl>i4'.  'Jm' 

vous  diroir  je  ?  Endt^menlr^s  que  in  /cite  enforçoit,  et  t^t/r'gain  ta  dfsioyaulg 
avoit  fait  apparcUiier  une  lictiere  davanl  ta  porte  du  cluutei  :  a  Ceste  notM"- 
vous  gheve  trop,  «Ht-pilo  À  rorjiht^liiii  je  vous  nu-nnnti  k  un  ondroil  uû 
vouB  firroz  plus  à  vuiro  aine.  »  Alixandre  w  laisse  emmoner  sans 
Si»upi;ons.  La  ï6o  lui  fait  boire  un  t*opoi'iliiiuP,  ot  l'on  arrivo,  pn 
miiinsdo  trois  jour»,  k  la  Brlte  Gard^-,  cliilltMU  .ippartouantà  la  an'»re  do 
Mur^niu,  i{ui  gut>rit  ici  cuinplt>liMm'tiL  Alt\:iudre;  il  en  est  bien  ui»t' 
i  f"  3^0  d  ),  maie  inoutl  lui  avi/it  grant  corruulx  d'une  aventure  tiûnl  it 
fut  tant  douleiu  eotne  nul  plux.  Uir.siju'il  voii  '  tju'il  in-  pt-m  quiuor  la 
îh^\h  Garde  c(  qu'il  avoit  aereanté  prison,  il  st»  détioltî  t'uri  de  soa  inac- 
tion forcée  et  devient  pales  et  moufnes.  Arrive  une  demuiselle  par  »n 
lundi  matin,  de  retour  de  Ciiruuuuille,  où  Morgiiiri  l'aviiit  éavo)t''e  long 
temps  awit.  Elle  tiV'preiid  du  bel  AliJîiiudre  et  NfâLimeriiit  heureus4^  st 
ilfeïst  de  lui  son  bon.  EHit  va  lu  tmuver  duuK  la  chambre  où  il  est  cou- 
ché et  lui  demande  le  »ujet  de  suii  chagrin,  en  lui  r6v4''laiit  l'amour 
qu'il  lui  inspire,  u  .le  n'aime  ne  moy  ne  autre,  pui»i|uu  je  ne  pi<ux  »or- 
tir  de  ceam,  «  répond-il.  La  denutiselle  lui  dit  qu'il  ne  pourra  ûcliapiMtr 
»l  elle  no  l'aide,  et  i|ue  Mnr|;;aiu  le  relinnl  pour  aeompUr  son  déduit  et 
ta  votenté  de  -ton  corps.  Alixaridre,  êuinnë  d'aburd,  refuse  atif^nlunient 
de  se  rendre  aux  di'sii-s  dn  la  IVe.  Lu  dcnupiseMe  pnursuit  :  «  Je  vous 
délivrerai  sans  vous  meffaire  tlez  canvenanecx.  Il  faut  que  vous  m'aimiez 
autant  ipie  je  vnus  aime;  dés  que  Morgnin,  ma  cousine,  saura  que 
vous  nU'w  à  moi ,  clU  ne  pemura  jamais  a  vous,  et  je  donray  cf  cfto-ttel  au 
conte  du  Pas.  par  nuit,  qui  tout  maintenant  y  fera  meclre  le  feu  et  abactrra 
les  murs  et  tes  tours  a  la  terre  *.  —  El  moi,  dit  Aiixaadre.  jr  jfîirderai 
«rm*'  la  pièce  de  terre,  pendant  deux  ans,  citutre  Unis  les  hommes  de 
Morgain  ;  car  elU  ne  me  laissa  pas  la  gnrdr  du  ihastet,  ançois  laissa  mnn 
corps  en  la  gante  d'autruy^  doni  je  ne  doi  pas  garantir  xon  efujstel.  »  Il 
rend  la  denioiRcUe  heureuse,  quoique  n'i^tant  que  dêlmiani  en  celte 
chose  -,  toutcvotes  eneommcnça  it  a  faire  iehn  la  coustume.  Elle  lui  indtquij 
uue  fenêtro  par  où  il  pourra  se  sauver  luri^que  le  château  «era  ciubmsdt 
et  lui  dit  qu'il  trouvera  .ses  armes  ci  son  cheval  tuul  appnM^â  ;  puis  ' 
elle  s'eu  va  au  comte  du  Tas,  le  frère  de  son  père  *  :  a  Vous  m'avex 
souviMit  priéi*  de  vous  indiquer  le  moyeu  de  s'emftarer  de  la  Bellaji 
Gar4le,  lui  dit-t^lle  ;  à  ciille  heure,  je  veut  mectraif  dedens;  si  en  fei 
tout  re  qui  voiis  en  gist  dedens  le  cuer.  »  Le  comte,  enchanté,  promet  de 
faire  ta  demoiselle  lUtme  de  son  hostel.  A  la  nuit,  il  part  avec  quatre 
cents  chevalien;  ;  ï>a  nièce  les  convoie  jusqu'à.  l'eDln^e  de  b  Belle  ûard 
et  les  y  fait  entrer  par  uue  poterne  secrète  dont  elle  a  la  clef.  I^a  ffUeSt 
ê'tai  aquoyue^  Ou  met  le  feu  au  ch&leau,  duai  les  habitama,  dg  pou- 

1.  CctU'  aveiitare.  rmitiiiu  -lu  to  mit  i<tir  M^iory  el  cl-B|irH,  «'ekt  le  s^ntwiit  «|Ho  Uctrf«iii  Ikl 
(kJl  (iUtc  de  ne  ytt  tnnchir  U-  rumpat*  du  ctuiUuu  n^Anl  Uti  a«  nt  un  }i>ar. 
't.  UaUv7  (Iifiainc  liU,  et  It  lus    [iliu  tiAs. 
I.  Bile  IqI  envole  une  leUro  <liin*  UaIotj. 


de  Logrc8.  Je  n'ai  jaiuaie  pensé  veis  vous  de  foie  amor^  ne  ne 
penserai  ce  Diex  plest,  quoique  le  roi  Marc  ne  veuille  pas 
m'en  ci-oire.  —  Si  vou»  m'aimiez  comme  i]  le  pense,   tous 


7j7,  etc 


I 


vanl  s'échapper,  uimhrat  doiis  les  nuiius  du  camu^.  Âliiundre  u  geeta 

kon  parnti  une  boue  femstrê  la  ou  la  damoùtlte  t'aciendoit  tfiianl  pr^ts 

son  cheval  et  t^es  iirnu'>.  Elle  U»  rontluit  a  la  court  d'}ini  sienne  anUtn^ 

où  il  est  ùisi&.  Lo  lutulcinain.  le  comte  ïml  iilratlre  Itv  tours  et  les  murs 

du  cliàleati  rt  fist  osUr  les  pierres  d' \Htr_'{U<s .  et  au  quart  jour  si  envoya 

(«1  Ut  dantO'.ietU  un  sien  mUt  en  ta  fourtst  d'Arvances  pour  conter  1rs 

novrellez  a  Morgain.  tfut  moult  en  fu  courroucée  tjuant  elle  If  seei'ist.  Et 

de  Vautre  part,  l'orphelin  s  apparalta  de  toutes  armet.  et  si  manda  et  pr^i 

rt  ioing  aux  chevaliers  de  pris  qui'  s'ils  osent  venir  voir  '  l'uinplacemput 

dr  Ui  belle  (^nnle,  iU  ne  potirroul  sVti  aller  sanh  joute  ou  iialiullu. 

iZriie  Qouvolle  est  apportée  par  un  vatel  à  la  cour  d'une  lt«lle  deniui- 

•dle,  qui  s'en  rit  un  petit,  et  puis  dist  :  •  Je  nr  le  riulemi  [lUS  en  uriçuoil 

à  «  chmalier.  »  F.lle  ftiil  appareiUier  re  i}W  lui  a  rnestier  et  un  pareil' 

ion  bft  ei  rietui.  car  elle  veutt  ater  celle  jtart  ou  elle  eutdera  trouirr  If 

ekevaiiêT,  e  Jfi  moii  corps  ne  donray,  <lit-e1lL\  a  nul  homtn4  fors  a  ycellui 

thevaiier  qui  a  oultratice  le  mettra,  et  tiendray  HUequis  ma  court  l'es- 

parv  ifunanei  dont;  ^  ^i  Alixandre  n'est  pjifi  vaincu .  elle  lui  donra  le 

lien  corps  et  i/uafrr  journées  de  bonnA  terre  trien  arente^  et  (|iiatre  chA- 

tr»*s  forts.  Otte  demoiselle  avutt  esti  la  fill«  du  due  Hanner  le  pete- 

qui,  ayant  passe  s.i  vie  en  pf-lerinagi',  «vait  été  enterri^  trfs  devant 

porte  de  J»^ni*alem  ( f*  3!?l  d  i.  Sa  tille,  enfant  unique,  ^'appelle 

AyUss,  et  tenoû  une  terrtt  que  l'en  appeUait  au  temps  de  tors  Itoveine^  et 

te  pais  d'ittecques  rnvinm  Bmrine  e.il'nt  uitf  eoue  et  une  rivière  qui 

tft  soasiivement ,  et  dedttis  celle  eaue  avoit  t'en  tna  un  buefqui  eito\i\t 

dor,  que  un  graiit  maislre  y  mist  que  l'en  appelloit  Astrugles.  et 

[*m:oit  fait  faire  et  «tuvrcr  au  temps  quil  rtv**tt    Ht  r*fU  \e/jue]  ri  -^toit 

r-tAf^  nt  telle  ninniere  iju'tl  ayenott  i,  -i( 

tff  -.lUi  f'ttit  eitoitii'or;  car  i'fn  lu  .si 

qu-  -ir  le  buef  (ou!  apprriemrni  ei  ntouchier,  nutis  ii  estoit 

-i  d'une  furt  rhatne .  qui  estoît  si  grosse  que  nul  ne  la 

}trtneftier  que  t'eaue  ne  ftitt  retornee  atnçois  arriéres.   (Jue  vtxus 

f  Quant  Atjlies  ot  commande  ta  tolenté,  on  exécute  neti  Hnlrt'ï,  et 

tWe  ne  n*od  en  cette  place.  Elle  nsf^inie  a  la  jouu^  d'Alixaudre  avec  un 

chevalier  qui  vieni  d'arriver,  et  qui  e*.l  renversé  avec  son  cheval  ;  au 

moment  où  le  vainqueur  va  retourner  ^r  se$  pai»  apré;;  avoir  pour- 

ftmmi  tMJU  (Kjindre.  elle  le  saisîst  parmi  le  frain,  lui  dit  de  5'arn*ter,  lui 

racuole  que  quatre  ceol'i  cheval  iern  la  tiemuni  c^jurt  de  seignonr  prendre 

el  M  déclare  prèle  ii  IVpou»er  i'Û  i>eut  maintenir  Cé  qu'il  a  entrepris, 

eu  hii  promelUut  la  bei>îueurie  de  sa  terre  et  de  ses  dix  mille  homui&i. 

Klir  M  (kfiôre,  il  6tc*  ttou  beaume  :  Aylie^  tombe  au^i^itôt  amoureuse, 

rt  diit  eidre  ses  dens  i|ue  jamais  elle  n'aura  d'autre  uiari  tpu^  C(>  beau 

rhevalier.  Elle  abat  stt  ffuimple,  p|  y»  beauté  prrjduit  âur  rorplielin  un 

tel  etfirî  qu'il  !>e  di'xlare  Kur  le  cliainp  «uu  chevalier,  ei  la  damoîseite 


» 


—  Il»'*  — 

757,  etc.  seriez  le  chevalier  le  plus  déloyal  du  monde.  —  Vous  dites 
vrai,  et  de  celé  ovre  ei  de  Cêle  pensée  me  gari  li  haulisme$ 
Ùiexf —  Or.  diles-moi  pourquoi  vous  m'avez  mandéo.  «  Tris- 

W  rtrponi  H  dit  qut  janvai^  ne  pensera  fors  seulement  a  lui.  et  lors  s'entre- 

commandent  a  Dieu,  et  quant  ta  damoiselle  fu  dacemlue,  tant  lie  et  tant 
joyeuse  comme  nulle  plus,  atant  es  vota  venir  celtui  cfievalier  qui  *  pha 
estait  désirant  de  prendre  la  a  femme  que  de  nulle  cJtouse  du  inonde.  Et 
quant  a  vit  Aliiandre,  il  lui  faii  présenter,  par  bou  écuyer,  une  Hace  df 
glaives.  Ce  chevalier.  r|ui  est  fort  reriononié,  s'appelle  ihrlaux  le  barbu  ; 
il  n'y  avait  point  do  tuurnoi  nû  il  n'ei'il  le  toi  et  le  pris  jusques  atant 
que  iré  cftei'aliers  de  la  Table  Hoondts en  mouvoyent,  et  il  n'a  pas  eucoro  é^i^ 
ih'siïironne.  Aliiandri',  evall»^  par  la  pn-seiice  do  lu  belle  ilemoisol 
i|ai  vient  de  Itii  parler,  renveDif  Hcrlaux,  cl  au  cfieoir  qu'il  fl$t  lui  des- 
noua  un  dii  ses  bras  :  piiÎK  il  Iriomplie  d'un  antre  adorateur  de  la  deuioi- 
selle.  Ituyon,  qu'il  i«nvuie  prj!ioniiii*r  ii  Ayliep.  A  l'heure  de  vespres.  il 
rettiurue  à  guii  holel,  uii  la  damoiselle  ^  l'actendoil  pour  descendre.  Apres 
le  soupur  elle  lui  d«'niaiide  enmine  uti  don  dr  ne  pins  asseoir  son  cuer  en 
elle,  puiiiqu'il  fst  aime  d'Aylics,  la  Uelle  Pèlerine.  A  ce  moment  vieuï 
une  raessajîuri*,  de  la  pari  d'Aylies.  demander  â  Alixaodre  son  nom  el 
son  pays.  La  deuutit*ell(»  répond  iju'il  n'est  pas,  eomrae  la  B*dle  Pél*.»- 
rine,  de  la  pareult^  du  rui  Ban,  et  promet  de  renseigner  celle-ci  «  ançois 
que  je  me  couche  ».  Ayant  ctiw/aV  Alîxandre,  elle  va  au  pavillon  d'.\y- 
Ijes.  (fui  la  reijoit  bien,  car  auques  l'amoit  de  tout  son  ater,  lui  apprend 
que  l'orphelin  est  le  cuuiiiu  de  Tristan,  lui  raconte  le»  avenluru»  qu'il 
a,  eues  derniéremeul  et  paisse  la  nuit  avec  elle.  Aylies  rOve  qu'un  cheva- 
lier, venant  devers  la  cour  d'Arthur,  mectoit  AlLrandre  a  outrance  satis 
cap  de  glatit  ne  d'espee.  Elle  en  est  fort  in(|uièle  ,  la  demoiselln  par- 
vient à  la  ragtîurer.  Le  lendemain,  l'orphelin  attend,  armé,  la  chevalerie 
qui  voudra  j<iuter  avw  lui.  H  désarçonne  Lievri.  un  chevalier  de  ta 
vieU  boue  (sic),  Jlemi  le  marrhis,  el,  enfin,  un  chevalier  qui  dt  mer- 
veilleuse  proesse  estoit  *.  Survient  un  déloyal  chevalier  de  la  eoni 
d'Arthur,  amoureux  de  la  Belle  Pèlerine.  Voyanl  Altxandrf  absorbé 
par  une  profondi-  nVverie  uù  l'a  jeté  le  souvenir  d'Aylies,  il  se  ponrprnsa 
de  le  prendre  panru  le  frain  et  rie  le  pourmener  de  f-a  et  de  la,  nimt 
comme  s'il  n'ctist  nul  pouoir  de  soy  deffindre.  .\lixandre  lui  demande  s'il 
veut  jotiter.  «  Non,  répond  l'autri*  ;  ançoïs  me  lirnQ  pour  vostre  cheva- 
lier. «L'orphelin  tournesachierepar  devers  ta  liette  Prlerine,  et  le  nouvH 
ahrivé  en  profite  pour  mettre  il  exécution  «on  lâche  projet.  Alors  la 
cousiue  do  Morgaiu  ho  déguise  en  chevalier,  va  frapper  Aliiaudre 
en  boutant  et  tt'oafuit.  L  orphelin ,  revenu  i  lui,  renverse  un  df» 
assistant?,  qui  rient,  et  ee  tourne  ensuite  vers  le  traître,  qui  se  sauve. 
Il  apiTçuil  la  demoiM.dle,  qui  se  déiMirme,  et.  ayant  ajipri»  la  vérité, 
s'amuse  beaucoup  d'avoir  été  rra|>pé  par  une  femmi*.  Aylies  croit  :ion 
rêve  acêontpli  et  charjze  la  demoiselle  de  lui  faire  iiavoir  le  nt>ni  du 
traître.  Elle  apprend  aux  ehevaliers  déKarçonné»  par  Ali.vaudn<  que  leur 
vaiuittieur  e.si  de  lloruouaille  :  les  vuilrt  donc  forcés  de  ne  pas  porter 

I .  Pu  cocon  menliitniMl.  —   IMiit  Ualury,  Aylin  t'«ft  vm  «uiki  k  U  coor  d'Artiiar. 
S   Ç'r«t-ll-aifv  I*  ileintvtKlIe  <jui  t'ult  omlne  do  M<>ivtlii  cl  nlèn  da  eomte  do  hu. 
8.  A|(|^M  Pirén  tl4  ta  %lontaiH*  iIbm  Ujilory. 


—  195  — 

tnn  rappelle  la  promesse  rju'a  faite  Marc,  quand  Us  on!  f|UîlW 
,1e  royaume  de  Logres,  de  lui  pardonuer  pleiiiemeni.  Cepcn- 
inl  on  lui  dit  que  le  roi  vet  sa  mort  porchacent^  «  et  por 


,$rmet  avaat  un  au  tout  ^'ulier;  il»  s'en  vuut  dt^solé*».  Quant  «u 

aiâ  chevalier  d'Aribiir.  ta  dcniDif^Ui*  tant  espia  gu'etU  conta  puis 

XPfiieritia  que  ce  fu  Mordrei.  (jui  avail  ilOjà  K>ii\^nt  fail  preuve 

«II'.  ij/it«  TijiiJ  dtroi/f  je/  Celtiri  jour  rri  abati  ÂUramtrt    Vi/f.  ; 

pMordrw  c'en  alla  luui  liunieux,  m  Aytie$  si»  dit  avo--  t|p  ne 

\twfU  f'v'lfir  a  «ihd  'jH  flU  ainoit  '.   Les  chevaliers  '!■  ■-  fi'*m 

ttV(>ir  ji'lé  leurs   arwii,  coucroucie:  d«  ^rant   mdnier« 

.1  ata/it  laiue  ore  ty  conle*  a  parler  d  AlixanUre  et  retomt 

rter  d  un  tornoiemoil  que  te  hault  prince  Galleost  avoil  fait  crier  ou 

viiie  de  Soreloia.  ou  i/  ol  abutu  maint  hardi  chetMliet',  plains  de  '/ratts 

proaees  *. 

H  38f .  il.  Or  dit  ty  contes  que  au  primiêr  jour  du  toumofjement  se  levj 
H  il  hMêi  prince  Galeohat  aurfurs  matin,  et  aiusî  firent  tous  les  barons  et  ta 
^Êekr^iers,  tjuitjrant  talent  aroient  de  tournnier.  Le  tournoi  o^mmeaco  ; 
^■les darnes >  avf^cla  reine  (.îueuièvr*^^,  «ont aux  lojL;es,  Diiiadiin  porta  cellui 
^dotir  armts  avec  hiuinrur,  in  l'indu  de  Galehnui  et  auiiiies  en  repost.  fit 
quant  H  vit  que  Lancrlot  issi  du  renc,  il  s'en  issi  hors  du  tornoienient. 
Qtie  roiu  diroie  je  '  fVIiui  jour  porta  armes  le  ro\j  de  Sorgates  .  cl  le  flst 
Ipe*  bien  a  l'aide  de  Bliohcris  d^  Onunes  et  de  Hector  des  Mares.  Et  saehi^s 
'  que  Laneeiot  avoit  cttangers  ses  armea,  et  ce  ax-oii  il  nv^it  \.  fait)  par  la 
\  prière  «u  roi  Baudrmagus  de  Gorre.  Il  désnrnnnne  Ilertnr  *-nni-  le  eon- 
|iiailrr,  et  puis  Uliobcris,  qu'il  saisist  au  hiaume  et  flatist  contre  terre. 
L/»  nii  de  N'orgales  ne  rue  alors,  avec  ses  chevaliers,  sur  Laticclot  et  ec 
I  serait  empare  de  lai.  ni  le  roi  des  Cent  Chevnliers  ne  l'eût  seeoum. 
I  Urdor  et  Bliobcris  montent  sur  des  chevaux  de  chevaliers  renvcrs^^. 
Lktftfkit.  faisint  dw  nierfeille^  de  proucfito,  eut  reconnu  par  Melea- 
^uani.  «lui.  sflamanl  contre  hii,  «l  arM>U'  |Kir5«JM«.  charge  par  le  rt)i 
kJ  '    chercher  louioî*  les  occaeious  d»' jnutiT  avec  wn  fil».  Le» 

s  f'ahalteut  l'un  l'aulrw  ;  Meleo^uaril  est  sauv^  par  ses 
F'\4i;.'r^  do  Gaule.  A  l'heun,'  du  dîner  le  tuunioi  linit.  Un  nicssaiier 
vicoi  de  U  part  d'un  chevalier  dcinaoder  à  Galehout  la  pennission 
pour  sqo  maître  d'amener  le  lendemain  une  demoiselle  au  tournoi  t 
«Ile  wra  ô  celui  qui  pourra  le  vaincre  ;  quant  à  lui-même,  il  se  rangera 
an  parti  de  Soreloî*.  Laneeiot,  croyant  que  l'incoonu  a  peur  de  lui, 

idêcUrp  qu'il  tn  quiète  fftf  îmtt  ;  il  est  vertement  blàmê  par  Oinadan,  à 
qui  fiai'  1-e.  en  lui  reprochant  son  absenre  au  tnur- 

nni'.mf.i.  iùmàfia.  cuuties  cous  que  je  vous  ressemble  ?  * 

On  appTvnd  au  prince  que  Dtaudau  y  avait  fait  une  courte  apparition, 
I.  Omb  Hftlary,  AUiftndrc  cl  Aylie»  vont  du»  le  iwjr»  de  Benolr. 
S.  Ce  «fWMl.  «a  M  Heurtât  ni  TrisUn  u)  AlLuudrc  ron>beliA,  Htaît  àmir  él^  d^tk<cllé  4i 
«■■■    <■   fttimaMc». 

t.  L*  MM.  M  neoobi  pn.  maux»  Uftiorj,  qw  G»l«1>oiit  Hait  «114  k  la  cour  <r.irUuir  Arinaiider 
am  nt  I*  ^tnalHlo»  4e  Ulrm  mVr  ua  winol  cd  sorvloi*  >i.*criUiil.  Arthur  «nkit 

nftnd  d'y  «MlJter  lul-aM^i«,  mal»  u  «Tftll  pwjnlt  à  Gii  ll«r,  rt  Oal<lMiul  «tall 

MiMrW«*>elB  r«tm,  tMmIot  Ft  demmbnBSCksvaUen  :' ndc 


fW 


GraaJ  tournot 
de  Sorelote' 


—  196  — 

757,  Ole.  cesie  chose  vous  mandai  ge  do  bon  cuer  selonc  Deu  et  sehti4: 
reson.  Si  vous  savez  quelque  ctmso  de  cette  haine  du  roi, 
diles-le  moi,  je  vous  prie.  Je  mo  licndmi  sur  mes  gardes,  je 

90  cl  w  deruif^r  di^clitre  que  s*tl  s'en  ctiùt  allé,  c*e&t  qu'il  n'y  pouvait 

choisir  ne  ofoir  point  de  son  preu.  \.v  iiicïy«igrr  rapports  la  pf'rmiR>ii>a 
accordi'f  par  Galdiout  à  ^m  mu-itr*-,  qui.  à  l'avis  de  ta  grrignour partit^ 
est  Palamt'ifc.  Dr  dit  ii  contes  qur  la  seconde  jorncf  dit  tournoiement  que 
Pafamedex  '  s'estoit  a  celtui  point  mit  après  la  bestc  (flatissant  ,  niais  une 
damoiselle  t'en  avoit  osle  et  conduit  j\isque.\  en  Sortlois^  ou  le  tournoie- 
ment csluil  par  mninle-^  fois,  tnut  aiim  cominft  vous  orr*s.  \j\  inrrr»  Ho 
l'cHe  deinni.st*lle  lui  avnii  (>U*  iiis[iiili'.'  par  un  clipvnlif*r  voisin,  (ioroit . 
qui  t'idjt  en  ta  chambre  de  Soretoî* ,  c*e't  a  dire  en  la  maiitre  ciU.  Elle 
sVtait  fnirc!-^t'r  «  (.'lalt'tiont,  ipii,  t^unl  inw  occupt%  l'avait  envciy(*o  à  on 
coma'  FUxnncTf  qui  tnarchissnit  a  euts,  vt  qui  avait  accordé  quarauto 
jours  à  la  domoist^llc  puur  aller  cIutcIkt  un  cliampiciu.  Cher.  Arthur, 
clic  u'eti  trouva  pas,  la  amr  H'oianl  ])aii  a  eettui  point  Wm  appareiller  de 
t/om  chevaliers  qui  cfste  cfiouse  osms^iI  fntrepretuir'H.  Sagn^ninr,  niala<l(*. 
lui  conseilla  d'alliT  duu^  la  for^l,  où  il  savait  tout  certaifmttcnt  qui*  la 
beste  ijtatissant  se  trouvait,  pour  deinaurler  du  secours  à  Palamëde.  Ce 
dernier  la  reconduifliichi>zKlaniiPr,  irioiopha  de  Gorois,  amt^na  t^nxnile 
la  ilomoisi'llp  au  lourni>i  ci  m>  luf<«aAvec  elle  chen  une  vene  dain^.  La 
deuioisi^llt^  lui  aurait  acconié  won  amour,  s'il  n'avait  *^l(^  païen'.  ^PaU- 
minU'  chiitigo  (l'annurL*;  non  enseigna  ei^t  la  be^te-  giatistant.  Il  espère 
riMnpurlfr  une  victoire  complète,  puisque  Ijijjcelol  lui  a  quicté  tt 
cimmpt.  Ij^*  (ils  de  lu  veuve  est  envoyé  ù  la  cour  ite  Guleltout  ptiur 
demander  que  l'en  lui  donriast  a  menyier  pour  un  chevalier  estran^^ 
avec  sa  dtmioÎKttlk',  et  l'en  lui  donna  a  grant  planté.  Haluinede  s*»  cttucUe 
de  bonue  lit'iire.  Mais  a  lanl  laisse  ore  ly  comptes  a  parler  du  sectint  Jour 
du  tournoitimcnt  et  retourne  a  parier  de  la  tierce  partie  du  tournoiement  ^ 
comme  s'en  suit. 

Or  dit  li  contes  qua  au  tiers  ^  jour  du  tournoiement  se  leva  le  fusut 
prince  ûateoth  auques  malin.  Il  veut  éprouver  lui-ni«>uie  le  chevalier 
innonnu.  Pulaniêde  lient  hon,  et  Galehoul,  ti'ëtant  dêclan^  vaiucu,  est 
attitquê  a  son  tour  par  Uiuadan,  qui,  ne  punenaul  pas  à  le  vaincre, 
lui  lionne  reudc^x-vouii  puur  le  lenfleniaïn.  Galehout,  ë'éLaul  apen;u 
trop  lard,  â  lu  riitt^e  gént^ralc,  ifu'il  a  combattu  avec  Oinadnn,  e^t 
assailli  cu!(uite  par  Meleagnani,  l'ennemi  de  I^ancelot,  et  le  Ides^e  à  la 
gorge.  Ayant  renversé  un  autre  chevalier  de  Gorre,  il  e»l  allaquê  par 
lo8  jîons  de  Meleaguanl  et  «auvê  par  Henri  le  marchis,  qui  intervient 
avec  cent  cincfuanle  chevaliers.  Melea^iuant  aurait  rtè  fait  pris(tnnier 
sans  le  sucours  du  (hie  de  Cambenie.  I-e  corin»''lahle  de  Giilchcmt  envoiu 
Emonl  *  avec  unarant^î  chevaliers,  qni  u'uvaienl  jamais  été  désam^nnes, 
pour  prendre  pari  aux  comhats.  Le  prince  sort  du  tournoi,  sans 
Kninnt,  le  parti  de   Sorelois  aurait  èXi^  vaincu.  Au  diner.  <lalohout 


I.  Atr     L-t    .■t.i..iiii-i 

rwTA 
a. 

4.  Sfmttmml,  tUlury. 


-npH  de  rompte. 
i-.'.iy.iuj  ti'ca  ao(LB«  tiiu  Miaen  Imii«  utdlt  gu  le  i 


—  197  — 

m'en  irai  de  ce  pays  ;  car  j'aimerais  mieux  être  hors  de  Cor-        757,  etc. 
nouaiUe  toute  ma  vie  que   de  tuer  le  roi,  mon  oncïe,    par 
quelque  mésaventure.  »  Iseut,  ravie  d'apercevoir  que  Tristan 

taquine  Dinadan,  qui  lui  rond  la  pareille  en  le  raillant  sur  son  appétit  99 

déme^iuré  :  «  Tu  ne  mengiies  pas,  ançois  deveures  tout  ainsi  comme  fait  le 
loup  ' .  »  Palamède  est  délié  à  son  luMel,  par  un  chevalier  ^  qui  l'accuse 
d'avoir  assassiné  son  frère  ;  il  tue  son  adversaire  dans  un  combat  sin- 
gulier qui  a  heu  devant  Gatehuut. 

Quatrième  journée  du  tournoi.  Meleaguant,  au  grand  contentement 
de  son  père  Bademagu,  s'en  est  allé  en  disant  qu'il  ne  reviendra  plus 
au  tournoi.  Blanor  joute  avec  Palamède;  ils  s'abattent  l'un  l'autre. 
Blaoor  ayant  brisé  sa  chanole  et  Palamède  saignant  si  fort  du  nez  qu'il 
est  obligé  doter  son  heaume,  ils  se  quittent  qu'ilz  ne  firent  plus.  Bade- 
magu désarçonne  le  roi  Marsille ,  à  qui  Galehout  avait  donné  l'île  de 
Ponteteme  '  (P  388  aj,  et  abat  avec  son  cheval  un  des  hommes  du  roi, 
qui  essaie  de  le  venger.  La  mêléH  devient  générale  *.  Bademagu  est 
très  géué  par  Gaheriet,  qui  ne  reconnaît  pas  le  roi.  Arrivent  les  cheva- 
liers de  Clarance,  conduits  par  Achalain  ^,  qui  renverse  Heliz  le  noir  et 
se  distingue  fort.  Bademagu  a  le  prix  de  cette  journée  ;  il  est  raillé,  au 
dîner,  par  Dinadan,  qui  lui  reproche  sou  grand  âge  :  «  Je  croyais  que 
vous  fussiés  rendus  en  l'ourdre  du  moustier  saint  Benoit  au  lieu  d'être  le 
souldoyera  celtui  qui  riens  ne  vauit.  —  Dynadan,  répond  le  roi,  ii  n'a 
en  toi  se  la  parole  non  ;  tout  le  monde  .«^ait  que  je  suis  le  trésorier  de 
Galehout,  —  qui,  fait  Dinadan,  a  desrobé  ce  trésor  parmi  le  monde.  » 
Galehout  rit  et  répond  en  semblant  d'omme  courroucé  ;  «  Vous  me  fectes 
honte  qui  dictes  que  j'ay  desrobé  le  royaume  d'Estrangorre,  dont  vous  devés 
fstre  roy  coronné. — Dieu  tienne  mon  père  en  vie,  répond  Dinadan; 
tant  ijue  tu  vivras,  je  ne  mettrai  pas  la  couronne,  car  tu  me  la  pren- 
drais pour  la  couvoitise  de  l'or.  »  Une  demoiselle  vient  de  la  part  de 
Guenièvre  prier  Galehout  d'aller  avec  Lancelot  et  Dinadan  voir  la 
reine.  (Valehout  et  Dinadan  se  tatiuinent  sans  cesse.  Palamède,  à  son 
hôtel,  est  provoqué  à  la  joute  par  un  chevalier  t\u\  lui  envoie  par  un 
raUt  deux  liaces  de  lances.  Palamède  accepte  et  choisit  une  des  liasses. 
Sur  ces  entrefaites,  Guenièvre  prie  Galehout  de  la  prendre  en  sa  garde, 
et  I^ncclot  de  ne  pas  jouter  au  lignage  te  roy  Artus.  Dinadan  dit  à  la 
reine  qu'avec  les  nonnes,  ses  compagnes,  elle  devrait  prier  pour  lui. 
«  En  quelle  manière?  »  demande  l'abbesse.  «  Je  voudrais  que  Dieu  me 
gardât  de  devenir  le  prisonnier  de  dame  et  damoiselle.  —  P(»urquoi  vous 
êtes-vous  donc  fait  chevalier  au  lieu  de  prouvoire'f  dit  la  reine.  —  Si 
j'étais  prêtre,  je  vous  absoulsisse  aussi  bien,  se  vous  me  vousissiez  croire, 
comme  tel  avés  huy  veii,  se  jevous  lenisse  a  privé.  »  Tous  rient,  Guenièvre 
et  I-ancelot  par  couverture.  Galehout,  de  retour  dans  son  pavillon,  est 
abordé  par  un  écuyer  qui  obtient  de  lui  la  permission  pour  deux  cheva- 
lier de  s'éprouver  enmy  ce  champ.  Ce  sont  Palamède  et  Lamorat  ;  ils 

I.  Lira  rommon  ;  ile  mi'ine,  DinaiLin  raille  Sigurant  dans  12590,  romme  nous  le  verrons  au 
§  393  a.  Lps  Brtau.  Rrns  de  UlUe  gigantesque,  étaient  <ionén  d'un  ajipiHit  eitraordinnire. 
1.  Arehadr,  le  frère  <ic  Gonerift  {—  iîorois).  Malory. 
9.   riU5  l'tin  :  Pometamf. 

4.  Mainry  nomme  jTrovie  et  Brtnst  parmi  les  comb  'ttants 
h.  Var.  Jckalam. 


—  198  — 

757,  ©10.  connatl  la  présence  du  roi,  dit  qu'elle  ne  hii  peut  rien  répondre 
de  posiiir.  Elle  ne  sait  si  Marc  lui  veut  réellement  du  mal  ;  en 
fùl-il  ainsi,  on  n'aurait  pas  de  peine  à  se  l'expliquer,  car  les 

cominniKXiUl  uo  1od|{  combat,  que  Oalehuut  fait  ù  la  un  cesser,  ot 
tous  Irii  Hfux  vont  clmcun  »  »uii  lii'iU'l  ;  <]nns  celui  de  Laniorat  se 
troiivonl  Driant  (>l  AgLoval.  PalamêdH.  ayant  fini  Aon  repas,  munie 
sur  U  tdur  de  la  mai»uii  ei  voit  venir  son  frère  Saphar  avec  quatre 
chevaliers.  Il  rlcticemJ  pour  we  faire  coimailn;  K  aou  frère,  qui  aulrt»- 
iia'iU  l'attaqufrait  nu  tournoi.  Sapbar  lui  raconte  <|u*il  a  prit*  âouH  ^ 
prolorlion  quatre  r.hovaliers  qu»^  CnraJoc  de  la  Oouluurpuse  Oardo 
avilit  dcshn'iifs,  cl  qu'il  s'en  était  allé  l'i  la  recherctic  do  Palanièdo, 
dont  il  dr^sin»  !*»  sonoiirs  dans  cetti*  alTaîre.  Palamèd*'  lui  promet  d'aller 
iivoc  lui  lor>quo  le  tournoi  sera  fini.  Saj>lmr  lui  dit  qu'il  a  vaincu, 
devant  le  roi  Arthur,  le  comte  do  la  Planche,  qui  était  on  guerre  avec 
leurs  parent*,  et  ongage  son  frère  à  se  convertir  au  christianisme, 
it  Pas  avant  que  j'aie  t^pruuvi^  tous  les  compagnuua  de  la  Talile 
Ronde,  f>  rt^poud  Palamède,  qui  demande  ensuite  des  u(mvellcs  de  la 
cour  d'Artbur.  «  Ces  qua.tri;  clievalierR  m'ont  dit,  répond  Saphar, 
ïpi*  Arthur  ne  rcspondi  ne  tant  nr  quant  a  leur  demande  de  secours  contre 
Caradoc,  et  ([u'il  n'j  eut  qu'un  fol  chrvntier  qui  leur  promît  de  prendre 
sur  lui  raffaire.  —  Certes,  dit  Palamedes,  se  le  roy  AHus  ai  a  honte 
Hvrit^  ce  poisc  moy  ;  te  il  puct  vAlrr  amandi's  par  mon  travail,  il  n'y  n  à 
sa  cour  un  homme  9111  plus voUntiert  penast  setonviim avis .  u  Galehoui, 
au  dincr,  propose  à  Hinadan  de  provoquer  avec  lui  les  deux  chevalier» 
qui  viennent  de  se  battre,  u  Je  te  rtVpondrai  domain,  ri|M)ste  Dinadan, 
ijnnud  tu  sera»  dégrist''.  » 

Cinquième  journée.  Paltimi-de  obtient  de  Galehont  la  permtssiim  de 
se  faire  aider,  imjuf  la  défense  de  la  demuiselle,  par  son  frèn-.  Lui  et 
Saphar  joutent  avec  DUoberis  et  noclor.  Acbatain  de  Clantiice  ren- 
verse Anseis  de  Sorelois,  et  encore  uii  chevalier.  Le  roi  des  Cent  Cheva- 
liers est  di^«an;onné  par  Lamoral ,  qui  fait  fuir  tout  lo  inonde  devant 
lui.  Vmis  de  Sorelois  et  Gahoriel  s'abattent  l'un  l'autre.  A  ce  moment, 
Guenièvre  avec  ses  dames  monte  aux  loges,  elle  vient  de  recwoir  tine 
lettre  de  la  dame  iJu  Lac,  qui  la  console  de  ta  meseheance  *.  À  tellni 
prifnt,  l^ancelot  dénan'onno  Agloval,  Driunt  et  Mador  de  la  Porte,  n\vi\^ 
mm  Acbalain,  <|ui  évite  de  le  rencontrer;  puis  il  renverse  de  son  corps 
me^mes,  en  passant,  un  autre  chevalier,  arrête  la  fuite  devant  Lamorat,  ea 
ahatunt  celui-ci,  et  est  parUmt  vainqueur.  Ausoir,  Galehont  dità  Uîna- 
dan  :  o  Votre  prande  renommée  fait  trembler  les  chrétiens  et  te.s 
païens.  «  Diuadau  t*».*  venge  de  cette  parole  eu  traitant  (ialebuul  de 
bûcheron;  celui-ci  court  sur  lui  pour  lui  faire  peur.  Dinadan  en  elfel 
n'a  pa.s  granl  talent  tle  rire;  il  *c  retrauchc  derrière  Lancelot,  qu'il  prie 
de  le  protéger  contre  0  le  loup  qui  xi  rst  carrouciés  a  moy  poitrce  qu'il  est 
trop  famUlenx,  •  n 

Sixième  journée.  Lg  brait  des  hauts  faite  de  Palamèdo  s'est  n^pandu 
dans  les  paya   païens,  jusqu'à  Cabras  e\.  à  Haridat^.  Iji  fillo  du  rfti 


I.   |>U<I«UIIU. 

t.  Dans  Mftlorr,  Lomont  «omI  nt  k  l«  ronr. 

8.  La  pnmlAre  jfttit  àa  ctB|rttr«  XLVI  d*n>  lUlorr  (p,  9T9)  o'nt  pu  dasi  ». 


—  199  — 

traîtres  de  Gornouaille,  envieux  de  Tristan  parce  qu'on  le  tient       757,  etc. 
pour  le  meilleur  chevalier  du  monde,  ne  font  que  médire  de 
lui.  Elle  pense  toutefois  que  le  roi  le  bait  mortellement  :  «  Ce 
est  grant  péchié  et  grant  dolor  ;  s'il  savait  la  vérité  aussi  bien 

Bandas  est  aimée  de  Corsabrin^  qu'elle  haioit  de  morUl  hayne;  il  l'em-  ^ 

pèche  de  se  marier  en  faisant  croire  à  ses  préteDdants  qu'elle  est  folle. 
Un  chevalier  vient  à  arriver  àe  la  Grande-Bretagne  ;  il  a  été  à  la  cour 
d'Arthur  au  moment  où  le  roi  prisl  la  Roche  aux  Sesnes,  et  loue  beau- 
coup la  bravoure  de  Lancelot.  La  princes.«e  lui  demande  s'il  a  vu  aussi 
Esclabor  et  Palamède,  et  il  raconte  comment  ce  dernier,  venu  à  la 
cour  pour  la  première  fois,  avait  désarçonné  Ardans,  l'oncle  d'Arthur,  et 
son  fils  Ilelis^  puis  Gauvain,  Gaheriet,  Guerret  et  Agravaln  ;  son  com- 
bat avec  Lamorat  était  demeuré  indécis.  La  princesse  envoie  à  Pala- 
mède, par  un  valet,  un  penoncel  de  soye,  tout  ouvré  de  /il  d'or;  si  y  avait 
pourtrait  urig  chevalier  et  une  damoiselle  :  s'il  peut  le  défendre  une  année 
contre  les  païens  qui  viendront  l'attaquer,  il  sera  l'époux  de  la  prin- 
cesse et  roi  du  pays.  Elle  promet  au  valet,  en  récompense  de  son 
message,  de  donner  à  son  lignage  le  paiage  du  pont  par  ou  l'en  va  a 
la  mahomerie  en  pellerinage.  Ceîlui  paiage  si  devait  chascun  an  dix  mille 
mars  d'argent^  et  ce  avoit  esté  le  doaire  de  s'aiole,  dont  la  damoiselle  en 
estait  en  cellui  temps  en  saisine  (f"  39'2  b).  Corsabrin  part  avec  quatre 
écuyers  et  le  valet,  qui,  au  tournoi,  présente  ]e penoncel  à  Palamède. 
Celui-ci  le  prend,  non  pas  qu'il  veuille  de  la  demoiselle,  car  il  aime 
Lseut  a  merveilles,  mais  pour  avoir  l'occasion  de  jouter;  il  dit  au  valet 
de  répondre  à  la  princesse  qu'il  défendra  le  penoncel,  et  que,  s'il  ne 
vient  pas  celle  part  dedans  un  an,  elle  doit  se  marier  à  sa  volonté  sans 
l'attendre.  Corsabrin  s'avance,  ne  réussit  pas  à  enlever  le  penoncel  de 
la  main  de  Palamède.  se  dit  le  lils  d'Aristot,  le  frère  de  Rechaux  le  fort, 
qui  épousa  la  fille  du  roi  à'Iquanz^  et  tâche  vainement  de  gagner 
Palamède  pour  lui  en  lui  promettant  sa  sœur  en  mariage  et  une  cité 
de  paiennie.  Avec  la  pcrmi-^sion  de  Galehout,  leur  bataille  est  fixée 
pour  après  le  dîner.  Dinadan  abat  Guerin  el  un  autre  qui  essaie  de  ven- 
ger celui-ci.  Galehout,  désirant  dire  aucune  ramposne  à  Dinadan  après 
le  dîner,  envoie  un  valet  prier  Lancelot  de  faire  en  sorte  que  Dinadan 
soit  fait  prisonnier  el  désanonné.  Lancelot  va  prendre  Dinadan  au 
heaume,  le  jette  à  terre  et  le  fait  retenir  par  Pkelippes  ;  le  tournoi 
finit,  et  le  prisonnier  est  mené  devant  Galehout,  qui  le  raille.  «  Ah  ! 
oui,  dit  Dinadan,  m'ayant  un  pou  trouvé  cras,  on  m'a  conduit  au  loup 
pour  être  mangé.  »  Après  le  dîner,  long  combat  entre  Palamède  et 
Corsabrin.  Ce  dernier  est  vaincu;  il  refuse  de  se  rendre,  déclarant 
que  si  son  adversaire  ne  le  lue  pas,  il  se  tuera  lui-même.  Palamède  le  fait 
garder  par  Saphar  et  va  se  faire  dire  par  Galehout  qu'il  est  vainqueur. 
Pendant  ce  temps,  Corsabrin  s'enfonce  l'épée  dans  le  ventre,  déses- 
péré; son  âme  est  emportée  par  un  diable,  à  en  juger  par  la  fumée 
nfiirc  et  puante  qui  se  produit  au  moment  de  sa  mort;  il  est  enterré 
dans  une  forêt  prés  d'une  petite  île.  Galehout  engage  Palamède  à  se 
faire  baptiser,  et  il  dit  que  si  ferait  il,  «  mais  bien  sachiés  que  le  terme  n'en 
est  encore  venus.  »  Dinadan  le  taquine  sur  son  amour  pour  Iseut  et 


"57.  otc. 


00 


—  200  — 

que  nous-mômes,  il  nous  aimerait  mieux  que  tous  les  autres; 
mais,  liélas!  il  nous  hait,  non  mie  por  vostre  rft'serte,  mes 
aiîissi  plesi  a  nostre  Sire.  —  Dame,  fet  mis.  T.,  de  ceste  haine 

lui  ra|>pe1le  qu'il  s  éié  tail  |)risc)Dniei*  par  Laacelot  '.  P&lamêde  refiitte 
dt*  s^  luf^or  avec  sou  frôri?  chez  Uali^houi  ^l  rentre  à  mu  liûU?!. 

Lu  i^f)iiième  juuniéo  eomniiincj*  par  lâ  joute  de  GahorteC  avec  Ânaeia 
df  tjoreiois,  Agloval  tH  Driant,  dt^sarçaanés,  sont  secourus  par  Lamo- 
ral.  iiiii  l<iur  rprAimmande  dt»  ne  ^artltT  de  cheoir,  «  car  tiien  $aehié*  crr- 
tttinrmcnt  ifue  ce  ntit  ;wj>  trop  beau  jrti  fiuant  Irt  cherauLr  passvnt  par 
deuui  Us  corju,  »  et  hrs  comtnencfnt  Hz  tous  a  rirt.  Aotialain  f^t  IJtltani 
de  Sorelois  NÏ-tanI  al>altijH  l'uu  l'autre^,  lo  promieref-tseonuru  par  Blio- 
ItcrÎA  i»i  Ht'PKtr.  l'i  \o  RtTond  par  li>  roi  dos  Cont  r.hovaïiors,  qui  <*t!t 
a(taf[Ui'  par  Giilh^riet;  Aohalaiii  se  misl  enlr'ruLT  et  donne  au  r'yy  des 
Cent  Chev'Mivri  de  têts  copx  que  il  *j  al  oaif'j  a  souffrir.  St  de  l'autre  part  ^, 
Palaint'di'  *).•  hal  litii^lvmps  awc  Boitun  *  dt»  BfUoic,  ol  8apli:ir  avi'c 
UerlmiZ  de  UtJiioic;  oepeudaui.  le  cor  sonne,  et  la  journée  est  tinie.  Au 
diner,  cuuime  c'est  vendredi,  ou  ne  sert  que  du  poisson  ;  Diuailau  raitU' 
Galttlioul,  ^ui  mouif  iaidt  ehicre  faiioit  au  mejxgier,  i*l  l'appelle  un 
droit  loup,  «t  El  vous,  rt^poiid  (Jale)iiml.  vous  tHes  saus  doute  le  fils 
d'un  ptVheur,  à  en  juptT  par  l'honneur  ijue  vous  faites  au  poisson.  — 
Cela  vaut  toujours  oiiou\  que  d'avoir  pour  |>ére  un  loup,  n  Et  tout  le 
Tuundo  de  rire.  Incite  par  Galoliout,  (Jiiiudan  tourne  enaultt*  $t.*» 
altmpies  eontrii  I^ancelol,  qui  le  menace,  en  rinnl,  de  lui  faire  Utistier  U 
cuir  nu  tournoi. 

ïIuiiicnK*  journt^ff.  Le  duc  de  Cnmlwnie  et  UD  chevalier  de  Sorolois, 
Arislant,  qui  conduit  doux,  ci'uts  eheviiliers  du  sou  lignage,  s'uhatteuL 
l'un  l'autre.  Le  cuuito  bimbaig,  ijui  accourt  pour  secourir  If*  duc  de 
(Miinbouic.  est  vainc\i,  avec  ses  cent  hommes,  par  Ausets  ot  sl^s  cheva- 
liers, ll'autre  part,  leH  hommes  du  roi  di?  Xiirf;ale^  H  d'IIlhan»,  apri^ 
une  joute  de  leurs  madrés,  hh  livrent  l^taîlli*  Hver  «Milrain.  Boiiiiu  et 
»ou  cousin  s'attaquent  encore  une  loii*  à  l'atanit-di*  et  a  Sa[diar. 
Leur  luTiP  est  fort  pénible;  si  Hoinin  ei  Palaniede  avatr-oi  pu 
combattre  jusqucs  a  oultrancf,  ne  fun  nr  l'autre  ne  se  feust  d'tliecqws 
escUttppfs  vifs.  Bien  le  font  les  cltcratitrs  dr  toutes  pars.  Que  oow  diroie 
je"*,  le  ImuU  prince  Golmtk  avait  diacide  Dinadan  à  prendre  part 
au  tournoi.  Lanctdoi,  avec  la  permission  de  (iueuiëvre,  se  dêguiBe 
en  demoiselle,  et  Galehout  le  fuît  conduire  |mr  Gaieodin.  Dtnadau 
devine  bien  uu  peu  ce  qui  en  est,  mais  Galehout  parvient  enfin  à 
le  tromper,  et  il  tttisse  courre  contre  Gaieodin.  Laucelol  a>aut  pris  une 
lance  de  la  main  de  celui-ci,  Oiiiadan  le  rea»nn:dl,  veut  se  sauver, 
mais  est  d<.tsarçonn(5  par  Lancelot  et  emmené  prisonnier  non  par  dts 
chevaliers,  mais  des  ribaux^  suivant  i'ordro  de  Gulebout.  Laucelot  se 
tourne  contre  les  adversaires  du  |iritice,  et  sji  braM>ure  les  met  bientôt 
eu  fuite.  L*?s  r/&(iux  ayant  mené  Uinadan  dans  une  forêt,  lui  Aient  son 
armure  et  ses  viMemenlH.  ne  lin  laiïtsanL  ipie  tes  brayrs  et  ses  chausses  «I 
ses  soliers,  comme  l'avaieul  ordonné  Galelioul  et  Gueuiévre.  Au  bruit 


1.  I*M  rwnni/. 

t.  )'«  piMêRf'  D'en  iwi  4iftQ>  llalorjr. 

9,  Vaf,  tlofrin. 


—  201  — 

me  poise  trop  durement^  meismement  por  ce  que  je  ne  Vai       757,  etc. 
«lie  deservi.   —  CerteSj    fet  la  roïne,   ausi   m'en   poise    il 
moult  chierement  ;  toutefois,  il  faut  me  résigner  à  la  volonté  de 

du  cor,  mettant  6n  au  tournoi,  se  termine  austïi  la  lutte  de  Patamède  99 

et  de  Saphar  contre  Bolnin  et  son  cousin.  Galeliout  et  Lancelot 
s'amusent  de  la  vue  de  Dinadan,  qui  arrive  atrublé  d'une  rotte  de 
femme.  II  s'en  va  au  palais,  devant  la  reine  (iueniêvre,  «lui,  comme  les 
autres,  rit  au  point  de  soi  patiner.  On  le  taquine,  et  il  se  de/ftndoit  de 
tout  moult  bel  *.  Mais  a  tant  laisse  ore  ly  contes  a  parler  des  tournoiemens, 
car  bien  les  vous  ay  menez  a  /in,  et  retorne  a  parler  du  roy  Marc  de  Ctr- 
noaille  et  de  Tristan ,  son  nepveu ,  car  grant  pièce  s'en  est  ore  tenus  l(° 
397  c). 

282  e.  En  ceste  partie  dit  lyconiesque  le  roy  Marc,  le  félon  traître,  ne 
puet  oublier  sa  felonnie  et  le  dur  cuer  que  il  avoit  envers  un  chevalier  dont 
je  vousay  cy  devant  parlé.  Et  ce  chevalier  si  avoit  nom  Sadoc;  si  le  haoit 
trop  le  roy  Marc,  pource  qu'il  ne  se  voult  oncques  consentir  a  la  mort  de 
AnglediSj  la  femme  son  frère  qu'il  avoit  occis,  ne  a  la  mortd'Alixandre, 
son  nepveu,  qui  estoii  filz  a  celle  dame  que  l'en  appettoit  Angledis. 
Et  toutesvoies  pensoit  le  roy  Marc  a  prendre  vengence  de  Tristan 
et  de  gecter  le  en  parfondc  chartre,  et  puis  que  il  l'avra  mis  en 
chartre,  de  tegier  pourra  il  puis  mètre  a  la  mort  ycelîui  Sadoc  et  tous 
ses  autres  ennemis.  Que  vous  diroie  je?  Tout  ainsi  comme  il  le  pour- 
pensa  le  fist  il,  car  a  cellui  point  esloit  Tristan  navrés  moult  durement,  et 
ce  lui  estoit  avenu  a  une  assemblée  d'un  tournoiement  que  le  hault  prince 
Galeoth  avoit  fait  entre  lui  et  le  roy  Baudemagus,  et  ce  lui  avoit  fait  MeleOr 
gant  en  trahison,  car  il  cuidoitque  ce  fust  Lancelot  du  lac  qu'il  ftaissoit  *. 
Sous  prétexte  de  vouloir  le  soigner,  Marc  fait  conduire  Tristan  à  un  pavil- 
lon «  dessus  celle  rivière  »  où  la  noise  de  ceulx  de  céans  ne  pourra  gêner 
le  malade.  Tristan  ne  s(^  méfie  point  et  boit  un  soporiri(|ue  ^  (juc  Marc 
lui  présente  ;  il  est  enfermé  dans  une  forte  prison,  où  il  reste  longtemps, 
a  douleur  et  a  grant  mesaise.  Et  si  sachiés  que,  peu  avant  cet  événement, 
Gauvain  tua  Lamorat,  au  grand  chagrin  de  toute  la  terrienne  chevale- 
rie. Mais  je  ne  vous  compteray  riens  de  sa  mort  *,  ançois  vous  compteray 
(Tun  chevalier  que  l'en  appelloit  Sadoc  *.  Apprenant  que  Tristan  est  en 
prison,  il  se  cache  dans  le  Morois  avec  deux  neveux.  Marc  le  croit 
enfui  par  nuit,  si  ne  tint  plus  parlement  de  lut.  Prévenu  par  un  écuyer 
qu'il  a  laissé  dans  la  ville  pour  avoir  des  nouvelles,  Sadoc,  avec  ses 
neveux,  attaque  Marc,  qui  chevauche  dans  le  Morois  avec  le  traître  de 
Magance  et  quatre  chevaliers  pareuts  du  roi.  Marc  s'enfuit.  Sadoc  tue 
le  traître  de  Magauce,  qui  avait  assassiné  son  père.  Les  deux  neveux 
tuent  chacun  son  homme.  Des  deux  qui  restent  Sadoc  tue  l'un,  et  un 
des  neveux  le  dernier;  l'autre  neveu  a  été  grièvement  hiessé  par  son 
adversaire.  N'osant  rester  en  Gornouaille,  où  Tristan  ne  pourra  plus 

1.  L»  dernière  partie  da  cbap.  XLIX  de  Malorjr  (p.  Wi]  n'est  pu  dans  99. 
S.  Malory  donne  des  detidls  inr  ce  tournoi. 

t.  Ce  méine  trait  se  retroove  dans  U  version  de  757-,  vnj.  |  3S7.  Cf.  (pins  loin)  le  Taissean  et 
l'aUmlon  à  U  traversée. 
4.  Le  ins.  racoote  cependant  cette  mort  plus  loin,  d'après  la  version  de  767  ;  cl,  §  307. 
k.  n  a  d^  été  nommé  plus  haat. 


—  20Î  — 


757,  elc 


9g 


Dieu  et  siipportei  le  sort  qu'il  m*a  imposé.  —  Puisque  le  roî 
me  hait  si  fort,  je  m'en  irai  dans  le  royaume  de  Logres.  — 
Non,  lestei  encore  quelque  temps;  U  rois  par  aventure  se 

li!8  ili-n-mln»,  ils  8'i*ii  vont  ru  Li'iimoÎ!»  l't  dosccdilt'iit  k  uu  chAlrau,  où 
iU  soiil  bion  r«^-iis.  Lo  eliâtulnin  uvoc  <[nnti'(>  chovaliers  va  au  chûteAU 
(Ih  y  a  rbra  y  eprôsenir  I^Ht^nKchiil  '  ilc  l/'unni»  dt*  reiajirisnnni'mf.tit  d<* 
Trisiftn.  Ia>  (ïriM-t'hal  jure  i\o  cnuppr  la  lAii»  a.  Marc  s'il  Ip  iroiivi»  ançois 
guc  Triitan  soti  Uorx  de  prison,  n  et  se  je  iruis  if.  bon  Tristan  ançoù  que 
leroy  Marc,  et  U  ne  mr  créante  a  venir  ces  te  part  atout  la  royiie  Yseult 
ou  (U  i'ater  ou  royaume  de  Logres,  jamea  ne  tendrai/  plain  pi'rf  de  Itrre 
de  lui.  h  It  matxde  son  cnnseil,  (*l  a  ta  guerre  sont  totu  aeord''s  ^.  On  Tait 
tous  les  piT|mrdLirs  noi;(;s«<iirr5  pour  une  inva^jnu  eti  Cornouaille.  Ueut, 
aiiprc^nant  qucTrisian  est  rn  prison,  jurt*  sur  sains  qu'elli*  s'en  irii  avfc 
lui  fu  Logres,  ne  jamais  navra  te  roy  Marc  que  demander  dessus  lui  Innl 
rvmme  elle  sera  en  vie.  Mnrc,  (Ip  rplonr  à  Tintapt'l  après  nvnir  l'chappt* 
à  la  uiorL,  i^vctit!  chorelinr  tes  jigrossmrs  duus  lt>  Morois;  mais  aa  n'y 
Iroiivi-  '|Ufi  U'S  câdavrett  «les  qiiatri'  clit'valicrs  et  du  Imitre  di»  Maj^ance  ; 
les  iraors  dos  <:Iit_'va\ix  inoaliTtil  i|ue  Sadoc  et  i*i^  nrvcux  »e 
sont  rt^ruiK^if^s  en  Loonois.  Aprctf  Ins  avoir  fait  oiUurrer  tous  liw 
cinq  drtns  la  cimpfllo,  Marc,  pn-voyanl  la  guerre,  priMid  toutiTS 
les  dUp4)«itjuTi»s  pour  dtllVnulre  le  pays.  Le  conte  retourne  a  par- 
ier des  lelres  que  t'apfixtole.  de  fiotn*  eniH>ya  au  roy  .Vorc  '.  Le  pupc 
demande  au  roi  d'envoyor  du  secours  pour  Jérusalem  *.  Marc,  voulant 
on  (irofiier  pour  envoyer  Tristan,  lui  offre,  par  l'entremise  d'un  rhap&- 
pHaio,  U  lihert*^,  s'il  veut  aller  en  Terre  sainte.  Trislao  se  refusa  à 
eroiro  qtie  le  pape  l'ait  mandé  et  dit  :  o  Lors  quant  je  voutdray  aUr  en 
petierinage,  je  prendrai  Ut  crois  et  meneray  averques  moy  dcJi  hommes 
de  Uimois.  n  Mare  t^crit  alors  une  lettre,  et  y  devisa  que  t'apoxtote  niandoit 
a  Triitan  qu'it  srnalagt  delà  mer;  il  y  ajouk*  le  &reau  du  pape,  car  1/  tn 
sawit  fiiouU  inen  nuvrer  et  du  «•«/  et  de  sa  (1.  ta]  ircire,  ^VauK  a  mervcilU* 
soutif,  et  envoie  par  un  autre  chapelain  ^  m  leUre  à  Tl^^taD,  qui  tant  y 
rejfarda  quil  cognul  tout  appcrtrmeiU  que  te  roy  Marc  avoit  ces  tfclrcs  .wu- 
tirres.  Il  charge  en  riaul  lu  chapelain  de  dire  â  Marc  qu'il  s'en  ira,  â 
ci>ndilion  de  ne  (winl  i>lre  accompaftné  par  les  chevaliers  de  Marc  : 
«  ancois  y  tn^nray  dct  luiem  chnaliers,  car  «  1/  eM  roy,  et  je  sut  fllx  dé 
roy.  n  Marc  n'a  parde  d'arreptJT;  il  sait  que  Tristan  ne  Uiiueroit  pierr* 
dessus  aultrc  en  toute  Cornoailte  ".  Pendant  qu'il  pense  à  cela,  on 
apporte  sur  îles  civières  quatre  chevalier**  :  le  premier  a  été.  transpercé  1 
d'une  lance,  le  second  rt  In  hroA  droit  coupf^,  le  troitiiëme  la  cuisse 
iranchùe  et  le  quatriérao  estoit  fcrut  d'un  lilaive  et  d'une  espee parmi  ta 
teste.  IU  difteul  qu'ils  ont  6l6  mis  danft  ceiil'Ui  pur  les  Lt^onois,  qui  onl 
l'Dvahi  la  Contouaille.  et  rccommaadcol  à  Marc  do  s'enfuir,  car  les 


1.  OlNcr,  Mnlnry. 
ï,  O»  voit  nue  «  el  M.i'—  - 
d*AlLMnilr«rorptt«U(i.  lO-i  ; 
S    rot  fplftode  le  rcimu.' 

L  lA  Mire  «M  Ubr t^ata  fur  M»i«  d»M  Uak<r< 

Q,  Id  108  puae  II  Perovftl,  qui  dicTwidie  m  nornomlllc  |cf.  |<.  ms). 


tit  le  r<.V)t  de  VetnprlHiinrnMBt  dsTrittU]  k  l'^plMl» 
■  <<r    p.  Ittff),  <|iii  rti  itDune  ttU«nU(inemtQ(   le  oiMut 


—  203  — 

racordera  mies  qe  il  n'a  fei  jusffa  ore  et  cens  pardonira  son 
mautalant.  Si  vous  parliez  [naintenant,  les  traîtres  diraient 


757.  etc. 


eont-'ini»  sont  trlli-iuent  fénKrcs  qiin  rifo  ne  iM*tit  ïciir  r^sisler.  Mnrc  90 

ordntiup  às*is  hoiiinips  d»'  sumipr  «t  do  In  «uivm.  Le  frlon  roy  oublia  a 
ordonner  cculx  qui  gordoirnl  ii  prison  ou   Tristan  utoit.  car  il  extoit  à 
durement  «mrnW^/iVj  et  eshaU  qu'il  ne  intvfii  qu'il  devfttist.  Il  s'i'n  va 
mtre  lui  et  la  compaignir  a  Tintagttrt^  et  tftntQit  aprrs   cr  nr  demeura 
gairti  it^  3119  r)  que  aventure  aporta  Pareeml  rn  CnrnoaitU .  «t  demanda 
nowMllei  de   Tristan  et  tant  te,  quist  qu'il  Apprit  comnicnc  Marc  rayait 
trait4^.   Il  di^Jtuvro  sa  prit*»»  et  flst  tant  par  son  sens  qu'il  fu  dtiitrts. 
Pcra'Vttl  priii  TrislJin  de  voair  en  l^^^oi».  Trisuin  vi^ut  Uipii.  mnis  il  p^rceval  arriva 
croit  dcvitir  tTdUVftr  son  pnint  pour  pouvoir  s'en  allor  â  linsii  du  roi      «délivre  Tris- 
Matc.  Il  d(*mnnde  n  PiTt't^Tnl  pniirqtini  il  pst  venu  m  Cunniuaill»',  et     ^^ 
B/rfut  qu'il  s'en  atoit  parler  au  sa/jf  eterc  de  Gat^s  ',  ot  rpfuBC  de 
ni  Coraouaitle  plus  dt*  tomps  qu'il  nVn  fimi  pnurpnrler  une  fois 
Tuj  rni  Man;.   Les  di'UT  h*'ros  s entrfcoinmantimt a  Dieu;  Porrrval  s'en 
va  ehet  Marr,  ['«rcald»*  de  rcprrvhnfl  o(  |o  mnidci'  de  la  viMignance 
d'Arthur  et  dos  compagnons  do  U  Tnblo  Uondo,    «  S'ils  snvaioDt  la 
vérité,  ri'pothl  Marr,  jl»  ne  inr  lilflri)i'riii<*iit  puint,  rf  non  pour  (/uonl,  Promesse  da 
t'fmnrur  du  ray  Artus  et  rfr-t  autriA  compatgnont  pow  arreanleje      tJ-YuBr  Tri^ 
nme  ro>y  quejn  sui  qu'il  avra  bonne  fytu  de  par  moi,  rt  de  ce  saie:  voui      um. 
atseur,    »  SI  Parcevat  t'en  mrrae  mnuU,  et  moult  lui  présente  son  serviee 
pour  l'amour  de  TV.  ht*  n»  !<•  prip  i\--'  rcîitt'r  quoique  (ojnps  avoo  lui,  el 
lui  fait  mouit  MU  chiej-e  el  <  .  muits  IVrwvnl  dit  qu'il  nVu  a 

pas  k»  loisir  *l  ponnuRsitt'ir,  ,  '[ue  Marc  tiendra  ta  iiarolo  '. 

282  f.  Voynni  «on  rnyaumn  *n  aventure^  Marc  cnvoio  an  abbé  dire 
au  «i'nôchJil  do  lAmniji  quo  la  torrv  qu'il  a  onvahio  apparliont  au  pape, 
F(  DOD  pnn  au  n)i  Marc  :  «  Car  il  n'en  atnit  delà  la  mer,  et  avecques  lui 
maint  rheraiier  de  pns  a  ses  gaiget  et  a  set  denieri...  fie  quoi  je  vous 
par  '''■;•'-  cfj.  fntij  /n  saincte  terre  de  Jherusatein  sera  en 
fc  I  undci  bons  chrtstitns  du  monde,  s*»  mtire.  Ayant 

ir  M  lie,  Marc,  quant  H  fu  menus  arn>r«i, 

dr  lua  (*ans  gp  pri'oa'upiT  «l»'  lnpr(mii*ssc 

l'ficv. ;il   '.  'Jt''  '      if^  jef  Aïs/s  fu  Tr.  en  prison,  Mr--   '  ■*'    nou- 

Ui  porfin  en  fu  '  par  le  etinsHi  ^t  par  l'aidé  ^j^ 

'\*t:  ear  elle  /ni  Utnl  qurlU  sout  la  reriW  du  Ueu      mu, 
ou  Tr.,-:  :  M  pourchaçart  fist  tant  quitfu  df  livras  sans  ce  que  |]c6tdélivr4par 

te  royjltareen  »ceid,t  nulle  ritns  \  «I  lui  mandepar  uw damoiselte  gueiinê  Iseut. 


I     llU-«vaii<- •Mual.in  k  l'«miU«>[f<  lAlf  IV    p.  IM| 

]    DaiM  Tn^ian,  1m  ffwnet  nr  «■  («••CTï'r^»«iMl  palalblctnent  :  my.  f^  -«pr**. 

3.  Iiltktalrs  lU  l*   nx*e  cm-  <  ir«   Ici   ï>on..'.  -  '  •''  {T«rmnl, 

SaavÊf.  fcaliMil  Imr   <c-nii"it.  i.orTHiuill»  >-  n^tti  une 

lf«tf>  BTilt  mU  TrKt.1T]  en  {irl'-  <:  -i  TtnUutvel   n       .        .  :•   qu'it  im 

mrtrvfa  ■  -  i  Uc/rt  sir  [^l^■n    !■  i--j;t  3;'P^»«r«r  ÛUl  l'n'inçlltr  bu  <vt  il«  M  JAmib 

(Ut*  d«  D>  <  :  Maiv  l'ou^irbunae  M|«U'tant  dr  Dntimu.  LimMilArtMKl  êfttÊ  ^B 

A.  ytAi>  r>oiBt  twBt  <lBi  1«  délirn.  te  mbS  1m  bUUluls  de 

tioBnte.  •,.     -  v-'it  en|irlM«aiDaDi.  aprto  le  Mpmx  «i«  Nn«rai. 

ItauUfamw Mt  rot  UMt,  qtu  TrMUt»  Mi|tnsouu)  k  MM  tour,  vtmr  U  Mlle,  **f . «i^ita. 


757,  etc- 


î» 


—  204  — 

t|ue  vous  vous  Has  enfui  parco  que  vous  aviez  peur.  Et  Dieu 
vous  enverra  entre  temps  aucitn  comeill  meilhr  que  vous 


$e  maustrast  a  nul  Honwu  tnorM  doiuxnt  ce  gu'eUe  tvi  mandast  ;  tjue  t9  il 
savoit  que  Tr.  fuH  hon  de  pris^m,  ^xte  il  oceiroit  lui  et  laroijne;  et  pour 
Tristan  se  lient  ^  ''^"'^  ""*  •?"  '^  '^  Umm  quot)  (P*  100  a).  Si  lui  mandf  par  la  damoi- 
CHchâ.  setle  er  tju'it  routdra  qu'Hie  fncr  ;  mr  tlU  fsioit  appnrfiltee  de  faire  sa 

voient^  tjue  qu'il  m  doit  avenir.  Tristan  i*sl  au  coiiilih'  de  la  jrtic  ;  il  pensa 
moult  lonQuntwnt  a  rexUi-hosf.  et  tant  ffprnsû  quil  savnrdf  qu'il  nutn- 
dcroit  a  ia  dame  la  ro^ne  qu'elle  fae*  opparcillier  unr  nef  pour 
passer  ou  royauim  de  Logrts.  11  i^rcinl  do  rt'ucn.*  ci  dn  parchftmin 
cl  A.Til  utic  liHlrt'  qu'il  «iouue  k  la  iU*[n(»it>i*llt>  ;  il  lu  chaigi'  on 
mÎTiiL'  U-nips  de  dire  ii  Ih  rt'iae  <|u'(dle  fasse  ce  i|u'p11o  lui  demariiip 
dans  lu  It'llnî.  Uoul  list  1res  Jisinjsée  à  aller  en  lèpres,  im  Marc  iw 
{juiirru  lue  griver;  et  ayant  fait  pn^parer  le  vai^tteau  ^  elli'  l'annonn* 
àTristau,  eu  lui  n*commiiT\danti\u'or  pertsaxl  comment  il  pourrait  ejtptaic~ 
ter  du  iurpius  uienerafln  en  telle  manière  qu'il  regarde  ttirn  qu'Hz  netoienl 
apparceii:.  TrisUm  pense  qu'il  faut  mcilre  Mure,  en  tel  tieti  qu'il  ne  puùsa 
nuyre;  et  lors  dist  a  soy  mexmez  que  ce  ne  putt  estre.  se  il  ne  fait  lani  qur 
il  le  utelte  en  tel  lieu  quil  n'en  puitsc  pas  iiur  a  sa  vHenlé.  Si  fisl  tant 
que  il  parla  a  une  partie  des  barons  de  la  terre  qui  moult  baioient  le  rmj 
Tri<itiin  fimnri-  •"'"*''•■•  **'  tant  parlèrent  ensemble  qu  Hz  s'aeonlerenl  qu'ils  ayderoient  n 
âoimo  &Iarc.  '^''-  **  prendre  le  roy  M.  de  Cornoat.  et  a  mettre  en  prison,  et  tant  firent 
qu'ilzsorenl  que  le  roy  iV.  [fiffiif]  a  privée  mesme  et  a  un  sien  chnstet, 
qui  près  d'illecques  csioit  ;  .^i  atlrrtnt  dr  nuit  rn  ecllui  chastcl  en  la  conipa' 
gnie  do  Tr.  Ils  deinandtMit  à  parler  an  nij  priveement  ;  jU  ^'nlreiit  déguî- 
st'ii  ;  perscMtne  ne  les  rei^tiinait,  et  Umt  firent  qu'il:  prirent  le  roy  M,  et 
l'enmenerent  au  tieu  niesinesou  Tr.  avait  este  emprisonnas.  Et  sarhiês  que 
Tr.  l'emprisonna  en  eelte  prison  mrjmes.  Et  quant  il  ot  ce  fait,  tl  prîst 
confjiè  deceulxqui  lui  avoient  aidié.  Il  leur  fait  pn»niottrr  di*  ne  délivrer 
Marc  ([ne  lorsqu'ils  sauront  les  amant*  en  Lop"<*«,  et  ils  se  MVpnrciit 
—  -         sans  plus  dire.  Tristan  va  rejoindre  Iseut  ;  et  tant  parlèrent  ensemble 

s'emlinniuonl  7"  ''^  appareillèrent  trur  erre  en  telle  manière  et  entrèrent  en  ta  nef  que 
pour  l'i  tovQU-  ta  ruyne  avoH  fait  appareillier  et  tojxt  errèrent  parmi  la  mer  *  qu'il* 
me  dr  LooTea.  viudrent  ou  royaume  de  Log.  —  Pour  la  suite»  voy.  ^  338  b. 

103  282  g.  Lo  vaiKM*HU  prt^paré   par  Iseut,  la  amspiraiion  rlo  Tristan 

avec  les  barons,  la  travertn^e  on  Lugro»,  tout  a>la  est  inconnu  à  lOÎÎ, 
Verard,  Jauut.  Ces  textes  rapportent  briéveinenl  que  Tristan.  df^livHi 
par  suite  de  la  ri^volte  des  Léonois  Ivny.  plus  haut),  enqirisnnnp  ii 
sou  tour  le  nû  Marc,  laisse  la  lorro  à  Dinas»  s'en  va  avec  Iseut,  Hran- 
Kflil»  ol  rrouveriial  en  Leouoiss  donne  ce  pajns  n  Gouvernai  ol  lui  fnil 
épouser  nraii^iiii.  Tri!*Uiu  et  iH'ut  quittent,  pour  ne  plus  jamais  les 
revoir,  leurs  lidides  serviteurs  devenus  roi  et  reine  do  Léonois,  et  che- 
vauchent vers  lo  pays  de  Logros.  —  Pour  la  suite»  voy.  §  338  c. 

Trt^«aa  3âS  h.  Lu  vr>ntiun  de  Tressan  un  rattAche  à  la  fois  â  celle  de  99  et  i 

I.  C«i  trait  lin  vAlMiuiu  lurailAln:  uii  ieho  mltàUili  ilc  Ik  vnntal  4v  7ft7.  ito.  [T.  g  m)  j  cf,  It 
M|mriflqiw  Iplua  IhiiI)  ri  l'Blliuinn  il  la  iraTM>^  (d-i1*>ui)RD. 

•t.  Im  nSdftctMr  p«o«>  «rlOnnmnt  à  U  tnventfe  àem  MumU  Metibi  durt  TftT.  voy.  ptu  l»la. 
Ce  MTAit  dnnc  le  txnliitake  tnit  comtnim  II  n  «vac  la  renlon  da  TIT  :  piMS  loi  lUux  aotrea,  ««7-. 
plu  li*ut< 


naws  eii.  — 


—  205  — 
Je  feslorai  <Ioqc.  —  Voire,  par  mon  lox.  »  Ils       757.  eii\ 


tttt»  d«  103  ;  raaifi  e^  snat  fp.  i4?|  lc«  amours  du  hérw  avec  l&eut  qui 

fit  de  Tristan.  Apros  son  retour  en 

: ■•'   nntp,  tinl.   Tristan  voit  souvent 

[I-tiil  tiiti  Uiuaa,  il«>i»i  if  ctiAii'au  est  c<insiniit  eu  labyrinlhi^  *^ffyp- 

yi^.  Amlrpt  epîn  Ice  amauis  ec  procun?  an  rtù  r4X'''asion  de  les  nur- 

Ire  haan  di'fenH'.  Ils  mmu  enfermes,  lui  dans  une  nlitieiiri*  (iristin  i*i 

1  dan»  la  lour.  Apn^>  i^tie  U'Uti'  U  cuur  a  v.iin«»mfni  intori'-ilt-  va 

'liiveur  de  Tristan,  Ouuvfrnal.  craiftaunt  pour  Ich  jours  de  !M>n  mailre. 

pari  M'crèleinenl,  pour  revenir  avec  le*  Leounai»  le  délivrer  ù  tnaia 

arm^.  Opendant  l'erecval  arrive  ii  la  cour  :  reuseijru^  »ur  ce  qui  s'iîbI 

pas»>.  il  enln*  lirusi|Ui'nienl  dan»  l'apiiArtement  de  Marc,  le  traitt^  de 

rvy  (tUm  et  parjuré,  et  loi  demande  la  cauise  de  ses  priM:éd(^.  Marc 

rt^poad    avw:   baniour  el    meuaci*    Pertvval,    qui    sVMauce    sur  lut; 

Andrel  veut  tin-r  hou  cp^,  mais  l*erceval  le  nai^iit  el  le  jcIIh  jwr  la 

feuéire.  Il  terrasse  le  mi,  l'iddige  k  prêter  serment  de  mieux  vivre  n 

l'avL-uir  avei*  ni  femme  et  wn  nevifu.  se  fait  rt^metlre  les  defa,  hrise  !(•« 

fer»  de  Trtittan  et  délivre  Ueait.  Puiii  il  fait  promettre  aux  barons  d«' 

veillera  ce  que  Marc  tienne  ?;i  (Kindr,  et  pan  pour  volt-r  aux  {inindes 

aventures  i)ui  lui  HonI  prt'<li(*>s.  Le?  amattU'i  continuent  û  se  \fiir  clie-A 

Dinas  ;   Amlret.  t|ui    le*  ^pie  tyujeurs,   muiit»-,    »rnM>  d'un  arc  et  di* 

Oi'clii*&,  sur  un  pin  fort  innlVu  qui  i^'éleve  uu  di;ssus  des  mnrs  tlu  grand 

'  janlin.  Il  %oit  |«»u!  wirlir  d'un  plliutre  p*nnt  à  fo'j^que  et  Trisuin  s<' 

lever  d'un  sîr*gi'  (]<•  gii/on  qui  ^^  trouve  dauîï  nii  Imsquel  voisin  ;  il  tire 

*ur  Trisfau  une  fltM'lir'.  qui  lui  pnrrc  IVimnIif  de  part  en  part  et  dont  la 

pointe  eflleurt»  celli"  dlsiMit.  Lh's  tlcu\  amant:;  se  quittent  hieu  vite^ 

une   seeond*'  Utrhv  frisi»  ta  jtorge  i\v.   Tnstan,   au  mnment  où   il  ae 

déroho  aux  r«tfiards  d'Andret.  Tristan  e*t  caL'hé  par  Oinas  chez   un 

bnnime  Rùr.  Im»ui  attribut^  ?a  l^gèn'  hlessun*  à  IVpine  d'une  ronce; 

^Marc,  pn^vemi  jiar  Andrei,  la  taquine  sur  n*tie  blrssure,  et  fait  de 

fnocrêtoit  penjuit«itionw  pour  découvrir  la  retrait*'  dp  Tristan.  Hi^ureu- 

fcument  dune  ce    mf^me   tempt<   le    n^i    Uelya^,    rennemi    mortel   di.> 

IMatc,  envahit  la  Comouaille  *.  Marc  est  asïtiegtï  ot,  »ur  le  cun^ùl  de 

I^Dîiiafl.  demande  à  Triitiau  son  secouK.  Tristan  (Vït  bien  dinposé.  mai^  su 

I  lile<i«ure  l'euip^Lbe  eucore  de  porter  le*  armes.  Il  arrive  au  Iwut  de 

Six  jours:   à  la  i^mte  du  combat  ^in^ulier,  le  royaume  d'Helyai<  est 

If  et  ua  dame  rentrfut  triompbauts 

;  iacible  dan«  la  jiilouHie  et  la  haiue  : 

tl  o-  iiiiriiMuiucr  Tristan,  Sur  i"es  enln'faili-s,  Gou- 

vr:  .-miai*;  W<s  baron!*  w  r»fvrdlenl  conlrt*  b'  roi, 

n-rnr!»  «pi  il  b'ur  attire.  11.*  ilélivrcnl  Trii«Uui  et  l^ul ,  et 

ir  s»'ipn»*nr  ilans^  lu  nu'mr  [iriwni  uù  il  avait  jeti-  Tristan, 

vu  if   cliarfffant  des  rntMnes   fors.    Aiidroi  est  mis  en  pièces  par  le 

peuple'-  Tou!^  vont  uu  ilevanl  de  Gouvernai  et  de  l'armée  de?  Léoo- 

|.  Un  v«il<itti«  nri*a>I.>!>  Ar'-  ^«nc»  «il  jtrtfoMfc,  dÉnsTranaii,  Ua  rfett  do  premier  antvi- 
•I-  ''•■«Hmilt  Trl«Di«e*l  Mfn  moU*^:  I»  nnloodctM.eU.,  M 

'^  AIééVi  1  roman  «n  pnue,  U  mvit  •f*Anitr<l  n'est  {«s  ncnatér,  bon  ploi 

I  ant  AmmU-  im  {•**■  Hit..  ItMl  M»rc  l«  fftlt  tMr«vr*t  11  »#rt  ileTHstu.  Dkna 

MbImt,  tl  'u6  Ituu  103  (Verira.  Jsnot),  U  m  nôte^  tnaiérflttciiKnc  «ruii    te 

.t. 


Tr«s8an 


—  20G  — 


7&7,  ete 


Tressa  ti 


283.  Iseut  realre  et  fait  partager  à  Brangaîn  sa  joie  de  ca 
heureux  dénouement.  Le  roi  arrive  après  elle,  se  couche  6^ 

iiftis.  Tristnn,  qui  De  veut  pas  rentrer  dans  U  ville  pour  y  bràver  Mar 
(Uu6  ses  fcrs,  appelle  les  barons  de  Cornouaille  ;  il  les  prie  d'accepté 
l)in«8  pour  les  gouverner  pendant  la  captivité  du  roi,  les  lais^^e  maitreé 
fin  t*>mpsfiue  cette  captiviié  doit  durer  ei  leur  fail  jurer  de  ne  [win^ 
aitcnipr  à  la  vie  de  Marc.  Knsiiid*  Tri:»lan  et  Iseut  vont  en  I^onnisj 
comme  iU  ponsenl  ne  pouvoir  «  y  rester  ou  speouicle  avec  di^cenre  oj 
ils  »o  diVivicnl  à  aller  en  Logres  vl  a  n'y  confier  leur  arrivée  qu'ï 
LniiLoIot.  IU  umrieut  Draugain  à  Gouvernai,  quti  Tristan  fail  agri'ei 
aux  barons  pour  son  tieuieiiant  ol  {Mmr  leur  roi,  dans  le  cas  où  luî^ 
même  viendrait  à  mourir.  Il  pussent,  sur  un  esquif,  un  Logres.  —  Pou 
la  suite,  voy.  §  338  d*. 

I.  Uwtl.'Llïbr.  «t  rBnoyel.  Drltinn.  mlvnt  UMoontli:  vcnriaa.  PMtr  I»  r4c)l  bien  difl 
4M  donDCDl  Ht  Kle.  lU»  cnf>rli4>tiucine>iu  dr  Triiun  et  du  T»j«e«  ita  uuadu  ta  Lostm,  Wf. 
plu  Mb.  D*  mtaH  povlft  Tav.  Rit,,  t»>.  Si;il7.  nute. 


It5»9 


283  a  *.  En  ceste  partie  dût  U conta  qur-quattl  (premier  mot.  du  fo2?3| 
Gaheries  (1 .  Guerrez]  vit  <fhe  ta  case  csluit  a  ce  vtnue  qtu  si  Itère  ne  baoien 
fors  a  ta  mort  de  Gariet,  U  en  fi*  moût  dftlenz  ;  il  part  avec  un  écuycf 
Guerrct",  clteivliant  partout  son  Uvrr  GaheriiU,  le  trouvoenlin  chea  u^ 
rorefltier,  ou  U  Qixoii  malades  molt  durement,  à  cause  des  remords  qn's 
(éprouve  d'avoir  tU(5  sa  mèro.  flucrrtît,  qui  l'aime  beaucoup,  le  tonstde 
en  lui  disant  que  cette  chote  n'rjt  poi  si  inerveilleuse  quv  ausint  inervnl 
Iriisc  rt^  soit  aucum  fois  avenue^,  Ir  In^f  choK  un  ctipvalier  ami  et 
lui-nit'ni<!  à  la  cour  d'Arthur  prochacirr  la  pès  de  son  frère.  En  atlr*ii-1 
dont,  Oaheriet  s'aloit  joiant  et  rsbatant  et  près  et  toing ,  einsint  coin 
votoit^  une  ore  avant  et  autrr  arrirres.  Un  j(»ur,  il  rencftotre  son  Itou  an 
Hector,  qui  le  décide  à  aller  avec  lui  au  tournoi  du  Chastcl  conwaioit^ 

Chemin  faisant,  ili^  rencontrenl  Gauvain,  Agravuin  ol  Mordrei.  Coni-4 

Combat  de  Ga-  bal.  Agravain  aiTJi()ue  If  premier  Gaheriel,  qu'il  haoit  de  Urne  ten». 
beriet^  contre  ^nt  renversé  par  lui;  Gauvain,  ayant  jet^  Gabenet  à  terre,  (?at  ahatti 
par  Hector,  ainsi  que  Mordret.  Hector  prie  vainement  len  apre&fienrs  i 
cesser  celte  lutte  révoltante,  et  on  so  bat  à  l'épe^»  avec  acharnement 
Galieriei  a  Ip  dessous  contre  Agravain,  jiar  qui  it  savoit  bien  que  tout 
ceste  haine  esloit  venue ,  ot  contre  Mordroi.  Hector  lui  vient  eu  aide 
se  bat  vii:turieu$ement  avec  Gauvain  jusqu'à  midi,  car  a  celte  hore  drot 
tentent  creissoit  tout  dis  la  force  de  Gauvain  et  sum  ardement.  Hi^ureii 
reiisemeut  pour  les  deux  compagnous,  Lainorat  survient.  Ayuul  reui^ 
ver»i!  A^ravam,  qui  s'upîtrêtiùl  k  couper  U  tète  de  Gaheriel,  et  Mor 
dn^l^  il  arri'ïle  la  biitaitlu  d'Hector  i4  de  Gauvain  en  leur  rappeUut  leu 
senniMit  dr  la  Tablfi  llunde,  et  n'pri?s*înie  à  Gauvain  que  si  Gaheriel  J 
tn^.  sa  mnre,  on  ne  doit  \ias-  le  faire  mourir  pour  cela  :  si  ce  lion  chevi 
lier  était  tué,  sa  mort  ferott  rnout  plus  a  pt-aindre  que  la  mort  d'une 
dame.  Gauviiin  reconncist  que  cil  ne  ti  dit  se  vérité  non  el  prie  se&  friTcs 
de  pardonner  ti  G;iheriel  ;  ils  consenlenl  ù  cuntre-cii'ur.  Apprenant  le 
nnm  de  Lamonit.  qui  raconte  qu'il  cherche  partout  le  nirurlrier  de  son 
père,  dont  la  mort  a  mis  le  royaume  de  Lisieuoia  en  pourU  et  en  eun£~ 


SCS  frûres. 


t.  \-< 
ï.  I.- 
I.  r. 


"13. 

■■■■  <h:  cijtetaatMnl 


—  207  — 

Fait  semblant  de  dormir.  Le  lendemain,  il  accable  Andret  de 
reproches  et  lui  interdit  la  cour;  puis  il  se  réconcilie  avec 
Tristan,  et  une  vie  pleine  de  délices  commence  pour  les 
amants. 

284.  Un  jour,  Marc  va  à  la  chasse;  Tristan  allègue  une  Le  roi  Marc,  à  la 

cnnssc  sçul 
indisposition  et  reste  au  logis  {V  40).  Le  roi  poursuit  un  cerf, 

Gauvain,  pour  se  débarrasser  d'un  compagnon  aussi  dangereux,  déclare 
qu'il  ne  chevauchera  pas  avec  celui  dont  le  père  a  tué  le  sien.  Lamorat 
proteste  humblement  :  «  Li  enfant  ne  doivent  pas  comparer  Us  meff'ait\s\ 
des  pères ^  »  mais,  voyant  Gauvain  inflexible,  il  s'en  va  avec  Gaheriet 
et  Hector.  Gauvain  et  ses  frère?,  après  avoir  été  soignés  dans  un  ermi- 
tage, rentrent  à  la  cour.  Le  roi  leur  ordonne  d'aller  chercher  leur  frère 
pour  l'amener  à  la  cour  et  lui  donner  satisfaction.  Ils  repartent,  et  tant 
firent  que  Gaheriet  trouvèrent  et  Uestor,  qui  esloient  gari,  et  qui  viennent 
d'un  tournoi  feriz  cella  il.  celle]  semainne  a  une  jornee  de  Londres  ;  Gahe- 
riet en  avait  été  le  vainqueur.  A  la  cour,  ils  furent  receii  joiosement 
(f"  '2i']  quant  il  i  vindrent.  Et  sachient  tuit  cil  qui  cest  conte  escoutent 
que  droitement  après  ceste  venue  envoie  [\.  envoia]  li  rois  Artus  en  Gaulle, 
por  deseriter  lo  roi  Claudas,  mun  seingnor  Gau.  et  Boort  et  Hestor,  |«t]  les 
eompeingnons  de  la  Table  Reonde,  et  assidrent  a  celui  termine  la  cité.  Et 
neporquant,  ja  ne  l'eussent  prise  ne  le  roi  CL  destruil ,  si  li  rois  Artus  ni 
fust  venuz  a  tout  son  host  ;  et  par  sa  venue  fu  la  terre  des  deus  roiaumes 
conquise,  de  celui  de  renoir  (I.  Benoic)  et  de  celui  de  Gaunes,  si  com  la 
grant  estoire  de  Lanc.  se  [\.  le)  doit  deviser.  Puis  le  rédacteur  mentionne 
brièvement  les  événements  subséquents  du  Lanceiot  icf.  P.  Paris,  les 
Rom.  de  la  T.  fl.,  V,  323  ss.i  :  la  conquête  de  la  Gaule  par  Arthur  sur 
Krolle  *;  l'arrivée,  à  l'occasion  de  la  fête  de  la  Pentecôte,  de  la  tille  de 
Pelles  à  la  cour;  la  folie  de  Lanceiot,  qui,  pendant  sa  desren'e,  fist 
mainte  merveille,  que  li  contes  del  saint  Graal  ramentoit.  Mes  avant  conte 
une  autre  chose^  que  nos  n'en  poem  laissier  que  nostre  estoire  n'en  fust 
corrompue.  Or  endroit  encomence  l'autre  istoire.  Cette  «  autre  histoire  » 
raconte  la  quête  de  Lanceiot  entreprise  par  une  quarantaine  des  com- 
I>agnons  de  la  Table  Ronde*.  Sur  le  conseil  de  Mordret,  qui  trouve 
que  les  quêteurs  sont  trop  nombreux,  on  élit  les  vingt  meilleurs  pour 
continuer  la  quête  ;  les  autres  doivent  retourner  à  la  cour.  Seul  des 
refusés,  Erec  ne  peut  s'y  décider;  étant  nouveau  chevalier,  il  ne  veut 
pas  se  présenter  devant  Arthur  sans  avoir  fait  aucune  chose  ^. 

284  a.  Un  jour  d'hiver,  Erec  rencontre  une  demoiselle  emportant  à  Aventures  d'E- 
cheval    son  chevalier,   tué,  à  ce  qu'elle  raconte,   à  la   Fontaine   des  ^^• 

Merveilles.  Erec  s'y  rend,  malgré  la  demoiselle  ;  arrivé  dans  une  val- 
lée profonde,  près  d'une  haut«  et  belle  tour,  il  aperçoit  dix  pavilluus 
et,  devant  chacun,  une  lance,  un  écu  et  un  destrier.  Une  belle  demoi- 
selle, montant  un  palefroi  norois,  apparaît  et  lui  fait  savoir  que,  pour 

1.  MentiODoée  sosal  dans  le  Tristan,  |  18. 

3.  La  folie  de  Luieelot  figure  aussi  dam  U  rédaction  de  7Ô7,  etc.  icf.  ISOOf.avecnne  nouTcUe 
Tertion  de  la  qaéte. 

S.  On  pane  anx  aventom  d'Erec  ;  le  rtdaeteor  paraît  avoir  mvlé  des  épiaudeg  du  Lanetlot  k 
llùstoire  de  LamoraL 


—  208  — 

qui  l'eûtraîne  en  fiiyanl  plus  tost  qxie  veni,  et  ii  chien  $\ 
revont  après  si  granl  oirreqil  poent;  granz  et  U  glatissent  { 
gr.  est  li  glatissemenz)  des  brache%  et  la  vois  et  H  so7ieîz 
cors.  Li  uns  braient,  li  autre  crient  :  «  Or  après,  or  après  / 
La  forest  eri  vet  retentissant  de  toutes  pars;  qui  alors  fustl 
celle  chace,  adonc peiisl  il  oïr  assez  bêle  meloilie  qrie  du  glati 
sèment  des  brachez,  (/ne  de  l'abai  des  chiens,   des  levrie 


Dix  Cheva- 
Uers. 


passer  i>utrt>.  il  mt»  nblîgf^  de  vjiincre  dix  chpvalier^,   ôlus  parmi  1^ 
mpilhnir!*  du  pays,  h  à  mninti,  Uii  dii-iïllc.  quo  vous  ne  vous  niottiez  i 
men  conduit,  en  prumotlaut  (/«c  voi  Hnu  tout  c«ï  an  n'escondiroiz  damt 
selle  tir  choià  ifuelU  vo.t  requiert.  «  Eroc  choîsil  It»  poriiliui  oi  t^c  vii( 
(|mHir  d(>s  dix.  Au  inonieul  de  s'en  nller,  il  caX  uliordè  par  uut<  uut^ 
cJomuisi'lli>,  ijui  vient  lui  deinuiidi*r  uq  don.  quVlk*  ut*  i'iH:UiDfru  qf 
ïdrsqu't'llo  L'U  vorni  urc  et  point.  Ei'oc  irimsinil.  Gtiiiirae  il  iJiisse,  ft-\ec  âu 
compagup,  devant  le**  pmillunft.  uul»  demuisollo  desus  ta  porte  lui  crie  :^ 
a  AlU'udt'2  I   VoUK  a'avez  pas  eutuire  assi'i:  fait  pour  conriostre  tsttt 
proesce.  a  Erec  s'arréto  malfîrc*  les  iu»tani:eK  de  aa  compa^uc.  Un  clie% 
lier  t*n  arniurf*  noire  sort  de  MiV/ts,  aiiuouce  à  Ërec,  en  l'aLstiul 
excuses,  qu'il  e»t  UtTcv-  de  jmuUm*  uvim:  lui,  le  dt'fKarroiine  riiilcaiiMiLJ 
s'cD  va  tout  la  chemin  de  la  foreste.  Ërt*r,  ftirtointMit  Idessc,  osl  «ui^ 
dans  It*  rhàt(*au  *.  Il  est,  conmii!  il  ttt*  Tait  racoultr  par  un«  dHU)nisf«lli 
L«  cliQlrtaii  dos  dans  It»  t'IiAli'au  dus   Dix  Chevaliers,  où  chaquo  dievaliur  frranl 
oldigi?  dp  joutf?r  avec  l«;s  dix  des  pnvillons  ri,  s'il  Iriumphe  d'eux,  an 
le  oh&ielnin  ;  vainqueur,  il  devient  lo  maître  du  châtoau  ;  vaincu,  il 
retenu,  dan?  le  cas  où  lo  sf'i^neur  aimerait  mieux  s'*'n  aller  que  de 
ter,  en  rpinplacenient  di*  relui-ci,  et  doit  sVnpa^ter  par  sfrnu'ul  à 
]ias  partir  avant  d'avoir  chevalier  contfuix  el  iIp  lai.si^tT  un  autre  sringr 
en  teu  df  soi.  La  demoiselle  rassure  Er*^^,  i[ui  craint  rt't'tre  C-ondamu 
par  sa  nouvelle  portillon,  à  une  iimi^ion  fârhousc,  en  lui  disant  qd 
Ipur  maitrc^^se  a  un  cnuenii  uiurtel  dan»  la  personne  d'un  ebâtela 
voisin.  Elle  raconte  encore  que  la  coutume  a  Ht*  êtaldie  pour  l'amour 
de  cette  dame,  dont  le  jK're  avait  éluigné  les  prétendants  en  dêclarao 
que  nul  ne  l'épouserait  ^i  sa  valeur  n'égalait  pas  la  beauté  de  an  lîLlj 
EnRn,  un  jeune  chevalier,  oi««  povre  de  semblant^  s'était  présenté  i 
s'était  oITert  à  prouver  sti  bravoure   en  combattant  d'abord  dix  des 
moilleurs  cbevalierii  du  pay«t  et  ensuite  le  wig-ucur  lui-même.  Il  Tm 
vainqueur  et  épousa  la  jeune  fille.  Mai»,  le  jour  mAnie  dv  la  na 
arriva  un  chevalier  qui  le  haïssait  «  ne  savom  porguoi  »  ;  il  trouva 
nouveau  marié  la  tl^fors  en  la  plaerie,  r.t  l'ocùt  toi  umintenant.  De  cl] 
grin  le  t^eifriieur  tomba  malade  et  mourut  apri's  avoir  désigné  conU 
wm  fiucces>.eur  ei  mari  de  sa  lillc  celui  qui  pourrait  vaincre  dix  choK 
lier8  qui  dnvTaient  stationner  devant  le  c bateau  ;  il  onlonna  que 
vainqueur,  dans  le  ca«  où  il  refuserait  la  main  de  la  chAlelaine,  fili 
contraint  â   r^^>tp^  i^cigneur  jusqu'à   ce  qu'il   eût  été  vaincu  à 
tour.  Celte  coutume  ne  doit  être  abandonnée  que  lorsque  la  damoati 
trouvé  un  mari  digne  d'elle.  Eroc  apprend  aussi  que  le  chevalier  i 

1.  n  B'«*t  pliM  «itMatiiD  <Je  U  damoUeUe  qui  •rail  rMtaU  li-  J011. 


tnt  après,  que  ae  la  noise  des  corz,  que  t£^^^ff$^ffs^ 
rfors,  que  (lfl{e]  rftendssemtnt  df  la  forest,  et  toutes  ces 
choses  fesoient  A.  grant  son  de  diverses  vois  auques  acor- 
danz  '.  A  J'enti*ée  de  la  nuit,  te  t*oi  se  trouve  seul  dans  la  foréi 
et  ne  réussit  pas  à  rassembler  sa  suite  au  sod  du  cor;  il 
s'égare  de  plus  en  plus  et  ne  rentre  à  Tiolagei  que  le  Jeade- 
main  malin. 

285.  Les  chevaliers,  qui  avaient  veillé  lard  en  attendant  le 
relour  du  roi,  s'elaiont  euBn  endormis  çà  et  là  dans  la  salle. 
Marc  U  traverse  sans  les  déraugcr  et  gagne  la  chambre  à  cou- 
cher de  la  reine.  Pour  ne  iK)itit  éveillor  Iseut,  il  ouvre  la  porte 
avec  une  clef  iju'avail  fait  faire  .\ndrel  et  dont  rcxiàtcuce  était 
ignorée  de  toni  le  monde  :  il  entre  et  trouve  tes  amants  endor- 
mis dans  les  bras  l'un  <lc  l'autre.  Hors  de  lut,  il  tire  son  épée; 
mais,  au  moment  où  il  va  frapper  Tristan,  celui-ci  se  retourne 
jdans  le  lit.  Le  roi,  toujours  poltron,  craint  qu*il  ne  se  réveille 
et  s'enfuit,  en  ayant  soin,  toutefois,  de  fermer  ta  porte  à  clef. 
Tristan  s'éveille  tout  à  fait  et  aperçoit  le  fuyard,  que  les 
amanlfi  prennent  pour  Andrct;  il  sort  et  se  mêle  aux  autres 
chevaliers. 

t.  Cf.  le  liel  écho  de  cftte  poésie  du  Mo>i»ii  Age  dans  Shakespeare^ 
It  Songe  dunt  nuit  d'éU^   IV,    t,  nù  Th^Hce  dévetuppe  l'idée  de  la 
musical  cuarueion  Of  liouotU  and  écho  in  nmjunclion  «. 


Marc  trouve  les 
amants  endor- 
mis dans  les 
brts  l'un  dtt 
l'autre. 


IsTiLÎt  il^sarronné,  est  Hector  de?  Mares,  qui,  arrivé  par  hasard  au 
i'hlteau,  en  écaîl  devenu  le  fieigneur  aprèn  avoir  tué  Anii  priVlt*ce*st'ur. 
]8ï  un  chevalier  venait  à  vaincre  tes  dix  pendanl  U  conviàle5;(*ence 
id'Erec,  ce  dernier  auniii  le  droit  de  s'en  aller,  le  nouvel  arrivé  devant 
irHtpf  à  sa  plac«.  Ainsi  Erec  séjourne,  tnalgrê  lui,  dujis  le  chAle^u,  et 
Il  lui  coucia\t  a  l&airr  la  questt  une  pièce  <kt  tens.  Le  conte  reiourne  à 
I.,ftnceIol  fou- 

285  a.  Cehii-ci  arrive  devant  un  pavillon,  niî  il  se  met  à  donner, 

iver    nar  éyév,   de   uruad:'  coups   sur   un    écu   f:u:*pendu  devant   un 

rbreisfL  II  est  accueilli  p.ir  Blian,  le  frère  «le  nelinnn  •.  Son  hùle 

D(  él*'  poursuivi  jusiiiie  dans  Iji  salle  de  i^od  cliâteiiu  par  deux  enne- 

Lnnrelol  It»s  rlusit-,  iq.rèti  avoir  ntmpu  les  anneaux  de  fer  dnpt 

li  «vail  eachuiné  Ipp  pieds.  Après  deux  ans  de  séjour,  Il  s'en  va  un 

'aprèB  tm  «anplier  qui  paisse,  fuyant  [devant  de?  veneurs.  I^e  nain 

p!*!>  Dlian  le  suit.  Lani.-elot  est  lileââé  ù  la  cuîs^m?  [lur  le  sanglier,  qu'il 

I  lue;  il  e*t  «oigne  par  le  itain  et  un  ermite,  qui  sur>ienuent.  Une  nuit, 

au  dair  de  liuui,  il  quitte  Temiitage,  oii  il  a  été  rvconcu  par  deux 


cr,  r.pMth  t.t^p.»7:. 
Lôanv.  —  Tristan. 


U 


286.  Marc  va  se  coucher,  méditant  de  s'emparer  de  Tristan 
pendant  sou  sommeil,  et,  harassé  de  fatigue,  il  s'endort  aus- 
sitôt. On  trouve  son  cheval,  on  cherche  le  roi  et  on  le  découvre 
enfin.  Iseut  comprend  (jue  c'est  lui  que  son  amant  a  vu  dans 
la  chambre  ;  elle  fait  venir  celui-ci  ei  l'avertit  du  danger  ;  tou- 
tefois» Tristan  est  sans  peur. 


chevaliers.  D  erre  dans  la  fort^i  pendant  trois  mois  et  8e  tient  g<ïnéra- 
lemenl  ttvec  des  p&lres,  qui  lui  donnent  du  pain^  lui  prennent  î^es 
habits  et  le  tondent.  Il  «e  nomme ,  mais  un  ne  peut  croire  que  ce  soit 
Laiicolùt.  Pendant  le  demi  an  ci  plus  qu'il  reslc  avec  les  bergers,  il  a 
tant  de  mesaise  de  hoivre  et  de  mangier  qu'il  mange,  a  toui  le  cuir,  la 
chair  crue  des  bèt«s  qu'il  peut  attraper  *. 

286  a.  Au  cb&teau  de*  Dix  Chevaliers,  Gauvain  succède  à  Erec. 

A  rp    ^®'"'*C'  arrive  à  la  Fontaine  des  Merveilles,  où  les  chevaliers  du  pays 

j^ç  *  avaient  coutume  de  jouter  avec  les  passants;  on  suspendait  à  un  pin  les 

écus  do  ceux  de  la  maison  d'Arthur  qui  étaient  vaincus,  et  on  leur  fai- 
sait flaneier  de  realer  fian.*  i^u  jusqu'à  ce  qu'ils  pussent  en  enlevpr  un 
à  un  chevalier.  La  merveille  qui  a  donné  son  nom  à  la  fontaine  consiste 
en  ce  que  les  chevaliers  (|ui  y  arrivent  ne  peuvent  ne  pa£  être  â  la  fois 
joyeux  et  affligi^s  :  joyeux  do  pouvoir  combattre  leurs  fnnemis  et  affli- 
gés de  la  défaifc  de  Icur^  amis  en  cet  e.ndruit.  Ainsi  Erec  ^e  désole  Cii 
apercevant  l'écu  du  roi  Lac,  son  père,  mais,  au  même  moment,  il  voit 
avec  jnie  venir  Mordret ,  sou  ennemi  mortel ,  qui ,  cette  année  méine, 
avait  assassiné  sou  cousin  Ûriant.  Combat.  Erec,  vainqueur,  laisse 
partir  Mordret,  dont  Tépée  s'est  brisée,  et  reste,  pensif  durement,  devant 
l'écu  de  sou  père.  Survient  une  demoiselle  qui  lui  apprend  qu'il  ne 
saurait  avoir  des  riourf//«  do  son  père  ni  de  Lancolot  que  par  elle- 
même.  Erec  ayant  promis  dt-  lui  prouver  sa  recounaisfiance  des  rensei- 
gnements qu'elle  voudrait  bien  lui  donner,  la  demoiselle  déclare  qu'elle 
n'ose  se  fier  aux  sernieols  souvent  fallacieux  des  chevaliers  de  la  Table 
Houde.  Alors  Krec  jure  devant  Dieu  ([uejamès  deeouventuil  ne  mentira, 
s'il  i  devvit  lessier  ta  vie;  si  t'en  repenti  puis:  car,  par  suite  de  ce  voeu, 
il  coupa  plu4  tard  la  tète  â  sa  sirur  et  perdit  la  vie  dans  un  combat 
contre  Gauvain,  qui,  pendant  la  quête  du  (îraal,  l'ailaqua  hlessé  pour 
veuger  Ivain  aux  blanches  mains,  qu'Krec  avait  tué  par  mesconoisance, 
ce  dont  Gauvatu  fut  blAmé  par  Ilectar  devant  la  cour  d'Arthur,  si  cotn 
cist  livra  le  devise  apertet/iant  del  saint  Graal  [sic).  Erec  ayant  prêté  ce 
serment,  la  demoiselle  le  renseigne  sur  le  .sort  de  Laneelol  et  i»"o(fre  à 
le  lui  faire  voir.  Quant  au  roi  Lac,  qui  était  arrivé  au  château  un  mois 
auparavant,  il  avait  été  vaincu  et  blesse  par  un  chevalier  du  pays,  puis 
vengé  par  Hector,  qui  avait  tué  le  vainqueur,  et  enfin  soigné  et  guéri 
dans  une  abbaye  voisine.  Erec  suit  la  demoiselle:  le  lendemain,  on 
trouve  LaDcelot  endormi  à  une  fontaitie.  Ërec  ne  peut  le  reconnaître. 
Hector  survient;  il  court  embrasser  sou  frère,  mais  le  fou  a  peur  et 
s'enfuit.  On  le  cherche  inutilement,  Ueclur,  malade  de  chagrin,  est] 

I.  Cf.  torfelt,lialtf<)a/wtncc/0r,  dcUfotUdiTrliton.SlOl. 


^^  211  — 

287,  Le  roi,  pour  ne  pas  alarmer  les  amants,  ne  modifie  en  T' 
rien  sa  conduite  cnvera  ciu,  mais  il  envoie  secrèlement  cher- 
cher Andret  et  le  consulte  sur  le  parti  à  prendre.  Andrct 
promet  de  faire  en  sorte  que  Marc  puisse  s'emparer  de  Trisian 
par  surprise.  Cependant  le  roi  trouve  de  son  cûlc  un  moyen  : 
prétendant  que  le  sommeil  le  fuit  depuis  quelque  temps,  il 
s'adresse  à  un  fisicien  et  commande  un  breuTaj;;e  qui  Tasse 
dormir;  il  a  Tinteotion  de  le  faire  hoiro  à  son  neveu  ^  Ayant 
mandé  Ajidret,  il  lui  ordonne  de  rassembler  ses  compagnoDB 
pour  saisir  Tristan  endormi.  Le  soir,  comme  le  roi,  avant  de 
se  coucher,  va  prendre  une  coupe  de  vin  et  que  Tristan  est 
resté  seul  avec  lui,  Marc  fait  présenter  le  narcotique  à  son 
neveu  par  un  valet.  Tristan,  sans  défiance,  boit  et  s'endort  ; 
on  le  saisit  et  on  l'enferme  dans  la  vieiJle  prïâou  de  Tiutagel, 
oCi  il  doit  rester  à  tout  Jamais,  selon  Tarrût  du  roi,  qui  n'ose  le 
tuer.  Afin  de  ne  pas  éveiller  de  souproas,  on  fait  courir  le 
bruit  que  Tristan  est  parti  de  Cornouaille  avec  Lamorat,  qui 
est  venu  réclamer  son  secours.  Gouvernai,  cependant,  a  des 
doutes  :  il  ne  conçoit  pas  que  Tristan  se  soit  éloigné  sans  le 


le 

!      -■  UT' 

mi  a  i  aide 
d'ua  iiarcuii* 
que. 


I.  Dans  la  version  de  99  ua  retrouve  le  soporifique;  voy.  p.  301. 


aotgnê,  pcudaQi  (piatrcanâ,  ditns  rern)ita>,'c  où  Laiicelol  avait  ctê^  Erec 
lui  tient  comi)aguie.  Â  la  cuur,  ou  cuuuiieuce  à  le-5  croire  morts  *. 

367  a.  Lancelot  arrive  à  Corheaic,  où  il  reste  longtemps  ioconcu. 
Tootâ  les  ans,  à  la  Noël,  ua  gi^iittl  vient,  «tuoe  île  [leuplêe  Je  ^liauts,  ù 
la  cour  du  roi  Pelles  pour  lutter  avec  les  deux  hommes  les  plus  forts  du 
royaume  d'Ânhur.  S'il  est  vainqueur,  il  peut  s'en  aller  librement; 
'  ainoa  il  doit  rester  â  la  disposition  du  roi.  Lorsque,  le  jour  de  No6l, 
Uu  de  ces  géantâ  s'est  présenté,  un  jeune  chevalier  a'olTre  h  le  com~ 
Ijatire.  «  Nun,  vous  n'^ieit  pas  de  force  k  le  vaincre,  o  dit  Lamorat 
(f*  243  cj,  doni  li  contes  parle  en  arriéres  *.  Ou  s'avise  alors  de  donner 
pour  adversaire  au  f^éaiit  Laneclot  fou ,  t\u\  [wirvient  à  le  mer.  Il  est 
icooooQ  jKir  X^imorat  et  g\iéri  pur  la  vertu  du  t^aînt  Graal.  I^  roi  le 
tù\  ioculler  dans  Tile  des  géants  après  eu  avoir  chassé  ceux-ci,  et 
XftooetiK  y  reste  avec  Gulaad  et  sa  mère  et  uue  quarantaine  de  que 

I.  9^  >49  II.  tu»  or  IHua  U  c«mt«4  «  parUr  d'eU  tant  ri  rttone  s  Otncwlol  par  cmtUr 

evacal  tifu  éeti'  -  -^  -" '-  r^rtenfrif.  H  -r-^  - ---.--  «-•---;  ,fg  ifyrroM  fait  tafOir 

pmr  awrit»  m  Iffi- :  '   rnnu  Htff  ■  a  tane^l»!  mrimt  pttr 

faf  Hffvt/w  n>p-  confc   lit  ■*•  '^»''>i  itttrz  vr'tn^mort 

»•'•  '     ■  -,  a 

»»  --  ■'  '  • 

#IA  1-  ■  fr 

Wpvrifr**-*^  '-iBi  i>i 

Mrr*  «Mcnr '«M   ■  ''i 

Ptmi*  fmft pcrn -i  ■■<■«# 
a  Mrtrv. 
t.  Os  a'ixpUiiae  pu  Up>r£««ac«  d«  Lataontk  UooordeFeUM. 


—  212  — 

prévenir;  d'autre  part,  îl  ne  peut  croire  que  tirois  Ugieremem 
Veiist  ainssi  ffl  prendre  par  tel  traison^  por  ce  qiie  ci  bel 
samblant  li  moustroit. 

Tristan  sera  délivré  d'abord  par  LanceLot  du  lac,  plus  tai 
par  Perceval  de  Galles  '. 

388.  On  juge  de  l'étonnement  de  Tristan*   lorsque'à  soi 
réveil  il  se  voit  enfermé  dans  une  prison.  Chaque  jour,  un 

1.  Fin  du  ins.  lUO  ;  la  suite  dans  101.  —  757  n'annonce  pas  la  d^l^ 
vrance  par  Lancclol,  tout  en  la  dounaoi,  comme  les  autres,  ptu^i  loiii 

2.  Début  du  niB.  101. 

dames  que  damoiseles.  Ayant  fait  faire  un  écu  (pii  le  représente  lai- 
méuic  â  geuuux  devant  la  rt>in<>  Giicniêvre,  il  le  sut^pend  û  nu  pin  afin 
que  cette  image  lui  rappelle  coatiuuellemeut  qu'il  s'estoit  mesfait  vers  ia 
damv.  Conime  il  ne  veut  pat}  dire  ï;on  nom  aux  demoiaellns,  une 
d'elles,  pour  i'éprouver,  fait  venir  son  chevalier,  Alban,  qui  provmiuc 
Lancelot  et  est  vaincu.  De  cette  victoire  les  demoit^elleH  témoignant 
une  joie  telle  que,  depuis,  l'île  fut  appelt^e  l'Ile  de  Joie.  Un  antre 
chevalier  du  pays,  Arion^  ae  noie  pendant  la  traversée,  avant  d'avoir 
comhaUu  Lancelot.  Des  chevalicfii  de  toutes  j>arl»  arrivent  jHUir  se 
mesurer  avec  ce  dernier  :  ils  sont  louii  vaincux  ou  tués  sans  «voir  pu 
apprendre  le  nom  de  Lancelot,  qui  se  fait  appeler  le  chevalier  mesfait. 
Il  reste  ainsi,  dan»:  l'Ile  de  Joie,  dix  an.s  et  quatre  jours,  plongé  dans 
une  profonde  mélancolie  ;  seule,  la  vue  de  son  fils  Galaad  adoucit  un 
pou  sa  douleur  * . 

.amomlaucM-  288  a.  Gauvaiu  était  resté  plus  de  six  ans  au  château  des  Dix 
Chevaliers  Chevaliers,  car  les  chevaliers  errants  qui  étaieui  arrives  pendant  ce 
temps  avaient  été  ton»  vaincu»  par  les  dix;  mes  après  ce  que  iane.  fu 
mù  en  l'hh  de  Joie...  atint  que  Lamorat  se  parti  de  CorbeniCf  et  pensait 
qu'it  iroit  a  la  eort  le  rot  Àrttis  por  savoir  se  Lanc.  i  serait  aies,  ce  qui  ne 
l'erapécho  pas  de  chercher,  chemin  faisant,  les  aventures.  A  l'entrée  de 
ruai,  le  hasard  le  mène  au  chAteau  des  dix,  qu'il  dé.«^arronne  tous,  aîusi 
que  Gaiivain.  Comme  il  refuse  la  segnorie  du  chtlu^au,  on  te  met  en 
prison.  Gauvain  s*en  va,  heureux  d'iMrn  débarrassé  de  sa  garde,  mais- 
vexé  d'avoir  éu^  désarronné  par  ce  chevalier,  dont  il  espère  bientôt  cou 
naître  le  nom,  Lamnrat  consent  enfin,  pour  sortir  de  sa  prison,  à  époï 
set  la  chàU^laine  :  ainsi  fu  osiez  It  maiis  passages  gui  devant  estait, 
por  ee  ne  perdi  mia  |l,  mie]  ti  cfiastiaux  sum  nom.  I*e  jour  m<''mr  de 
noc*f,  Agiovnl,  Tor,  fils  d'Ares,  et  Driant  s'cntrecontrercnt^  ent{r'\l 
hore  de  midi^  en:  et  mileu  dei  diastel,  sinsint  com  aventure  le  fist.  Etafl 
restés  dix  jours  avec  leur  frère,  ils  partent  pour  la  cour  d'Arthur,  dôa 
rant  avoir  des  nouvelles  de  Lancelot,  dont  iU  poursuivent,  eux  auss 
la  quête.  Lamoral  obtient  la  permission  de  le»  accompagner,  en  pro- 
mettant de  rentrer  le  plus  tôt  possihle  Au  bout  de  quatre  jours,  n'ayant 

I.  sua  I'bbaIj'w  d«  P.  Pirit,  ttom.  d.  t,  T.  a..  V.  S3T-0.  It  i^loar  «le  Uuwlot  fc  CottMale  art 
neenK  «aMnUcnrt&vnt  de  même  :  pAiml  In  a6uila  qiil  j  aiftèrrat  ert  le  rùk  dt  I.AOKirat|  ^ 
•  MM  ÂnU  it^  iBttxaU  par  I*  «'ompiUleiir  de  IIUHf. 


I 


I 


Arrivée 
de  LaaceIoL 


» 


lusur  sa  fenêtre. 
Trislao  souffre  et  se  lamente  en  voyant  le  réveil  de  ta  nature 
au  printemps.  A  la  fia  il  tombe  dans  une  e&lrémc  faiblesse.  Il 
reste  ainsi  emprisonné  pendant  sis  mois.  Le  valet  qui  lui 
apporte  sa  nourrituro  se  seul  gagné  de  compassion  et  t'aurait 
ToionLiera  délivré. 

289>  Un  jour,  le  roi  Marc  est  à  Tiutagel  avec  Dînas,  qui 
avait  oi  corisoner  a  ne  sai  qui  que  Marc  tient  Tristan  en  prison. 
Arrive  un  écuyer  tenant  une  lance  a  ./.  petit  penoricil.  11 
demande  au  roi,  sans  le  saluer,  si  Tristan  est  à  la  cour.  Marc 
joue  son  r6le.  Alors  Téouyer,  au  nom  de  son  maître,  un  che- 
valier d£  Logrcs,  qui  est  resté  dehors,  provoque  les  chevaliers 


trttwé  aucune  aventure,  ils  décident  de  se  séparer.  Oriant  passe  la 
Boit  chez  uiii'  dame  vetne  et  reuaiutru  If  leDik'nmiu  Gauvaifi,  Agra- 
vaia  et  Mordrei  iIhoé  la  for^l  de  Lacen  [f  218).  Mon  dt»  Dnaui  et  Je  Monde Ltmorat 
Lamrirat,  puis  arrivw  cl  séjour  do  Percevaî  k  la  cour  d'Art  bur  *  etdeDriaat. 
(f*  550  ti  s*.î  raconlés  essentielle  oie  ni  comme  dans  757,  etc.  *  Perce- 
val  quitte  Ucour  pour  se  mettre  en  qui>te  de  Lancelot  ;  ici  (f"  254  b) 
finit  l'ncciird  *  :  Perceval,  conduit  par  une  demoiselle,  arrive  dans  la 
/lorcJf  prritltuse,  préti  d'une  île  où  »a  ^œur,  d'-^inini  venger  la  mt>rt  de 
"^  ""  or  et  de  ses  frère»  sur  Gauvain,  a  fait  eoiistniirc  deux  tours;  elle 
elle-m^oje  dans  l'une,  après  ovotr  piisté  dans  l'autre  dix  dievaliers 
de  sa  iwrenié,  qui  doivent  jouter  avi^  le;*  chevaliers  pamtanlK.  Les 
TÙDous  Aont  fore^ft  de  n*bier  et  de  6e  battre  avi?c  ceux  qui  arrivent. 
P«rc*»val  y  vient  et  lutte  victorieusement  avec  Gaberiet  ;  sur  le  conseil 
de  IVrceval,  qui  ne  se  doute  pa^  que  sa  su!ur  est  dans  l'ilo,  tous  deux 
s'eabiient  ensemble  du  château  *.  Pour  attirer  les  ehevalîer»  qui 
passent,  la  Rite  de  Peliuur  taii  dresser  une  croix  avec  une  tnKcriptîon 
cfoi  l«a  iavîte  â  venir  au  chiteau  voir  le  meilleur  dievalier  du  moude. 


389  a.  Erec  était  resté  quatre  ans  avec  Hector,  malade,  dans  l'ermi- 
Uu  jour,  pendant  une  promenade,  il  reocoDlre  un  chevalier  qui 
i  rend  pa»  mo  salut,  et  dont  le  nain  le  Idesseau  vma^i.>en  lui  lan- 
çant uof  oorçieê.  Ërec  va  chercher  ^es  arme^.  Il  quitte  Uector,  qui  dort, 
afin  de  poursuivre  le  chevalier  orgueilleux.  Dans  la  fortH  ^'Ai^n  \At0- 
àon),  iï  reocootre  le  Lait  /Mzrdt  emmenant  une  demoiselle  qu'il  ne  peut 

1.  Fin  kua.  ilaiw  Le  ««.,«■  «ntn  rvd«ct«ar  «  dAcUré  ae  pnlnt  Tooiotr  rMooln-  TtjHrée  4m 

I.  ^aar  im  ruUav»  a«  IMn,  vqj.  wbs  le  leifa  d*  '17  ^  JIO  ».). 

1.  C«4  Meort  «'«VflîQM  t«  plâ  pNteUanait  par  la  Mppoitticn)  fwm»  woone  epammita.  «lui 
IkfMOe  on  poomlt  MnpfKwacr  qwlqva  cfeow  eooUDsvBe  •  gnledB*^«Llf»flU  de  ^flvor  ■, 
oiBpMte  «  aiw  époqw  oô.  Ic9  ftveun^™*  --^i— ir-«  ée  Perrevkl  M«iit  denow*  ttup  tonailM. 
o  <'«»1liirMi  iwliHii  rhil^ifi  «a  r  R.  rc  de  tuate  m  parratir  (rf.  |  IMt.  twamc 

«to  est  é»  rtcle  daoa  le  rmiuti  âe  cbv  tu4r«  du  père  nu  dn  fr^rr*  rirai  M>Nodra 

MilMaDWBil  k  otllc  du  au,  fc  excmpir  lUui  ir  .ihliattiu,  pr«uilèr«  p*rtic  du  Pmi^tmr^*.  H 
b  fWrt— .  —  Dua  le  cw  piéMOl,  fbiilolre  do  qnalm  AU  H»iituin  &  pa  wrrir  de  modMr  pmr 
«Hto  fvM  4aqmUr»  Ils  d«  PellMir,  oâ  Isa  1m  sb>.  du  Tritlam  «anint  prb  m  ^u*iU  ncoauml 
ém  ■■■iMiiii  iliïiMiiinl  iil  11  Maftira.  C«Ue  prir*  doit  être  potbérieare  aa  LmaetM,  qa'eUe 


4.  CL  ITiliailfii  MMi  iMibUM*  de  U  loUe dt  Trtsiwi  d Lamotat  <Uoa  lile  i  ^  1*7 . 


—  214  — 

du  roi.  Personne  n'ose  accepter  son  défi.  Dinaa  blâme  le  roi 
Marc  d'avoir  cru  le  déloyal  chevalier  qui  a  calomnié  Tristan  : 
«  Vous  avez,  dit-il,  chassé  de  votre  bôtel  tout  honneur  et  retenu 
toute  honlci.  »  Mai-c  déclare  ({uc,  s  il  savait  où  se  trouve  Tris-a 
taa>  il  le  tarait  venir,  a  Vous  n'avez  qu'à  demander  à  Andret, 
réplique  Dinas.  Andret  répond  d'une  manière  évasive,  et  Marc 
rompt  l'entretien  :  n  Or  lessiez  ccste  parole  atant^  car  bien  ai 
(l.  en]  vendwTis  a  chief.  »  11  dit  à  l'écuyer  que  ta  joute  aura 
lieu,  dùL-il  la  soutenir  lui-même.  L'écuyer  dépose  la  lance 
va  rendre  compte  à  son  maître  de  ce  qui  s'est  passé.  Dîna 
ajoute  en  souriant  quAndret  doit  être  préféré  pour  le  comba 
puisque  c'est  lui  qui  a  enlevé  Tristan  à  la  GornouaîUe.  Andref 
s'y  déclare  prêt,  à  condition  que  Dînas  joutera  aussi  :  celui- 
ci  consent. 

Andret  et  Dînas  ^9^-  Andret  est  vaincu,  aussi  bien  que  Dinas;  ils  devioo- 
vBincusetpri-  Q^ut  iQQg  les  deux  les  prisonniers  du  chevalier.  Marc  n'ose 
sonniers  de  .  -i         i      .  i..  *  i        t..  ■. 

Lonceloi.         jouter,  car  il  se  doute  que  1  inconnu  est  Lancelot.  L  ecuyer  dit 

à  son  maître  que  personne  ne  se  sent  le  courage  de  succéder 
aux  deux  chevaliers  abattus.  Le  vainqueur  exprime  son  dédain 
pour  les  mauvais  cîiovaliers  de  Mure  et  se  r*:n(l  avec  ses  prî^ 
sonniers  à  un  château. 

On  l'y  désarme  ;  Dinas  admire  sa  beauté  et  lui  demande 
nom.  C'est  Lancelot  du  lac.  «  .le  suis  venu  en  Coruouaille, 
dit-il,  seulement  poiu-  voir  Tristan.  »  —  Vous  ne  pourrez  le 
voir  que  grâce  au  chevalier  que  voici,  »  dit  Dinas  en  indiquant 
Andret,  «  car  il  le  tient  en  prison,  je  ne  sais  où.  »  Andret  a 
beau  se  défendre,  Lancelot  tii'e  son  épéc  :  «  Vous  êtes  un 
homme  mort  si  vous  ne  me  le  rendez  !  »  Et  il  fait  mine  de 

1.  Lacune  de  deux  feuilleta  dans  772. 


posséder  avant  d'avoir  vaincu  les  trois  premiers  chevaliers  qu'il  rea 

conirera.  Er**c  la  délivre.  Le  Laidjhardi,  ayant  appris  le  nom  de  :    

vainqueur,  dil  que  le  chevalier  rju'il  ptouii^nil  e*tl  Monlenart,  «eigueur  de 
Vlsie  rrpaste^  ellui  con.seille  d'aller  au  chAieau  de  la  Hoche  liauie,  doiii_ 
Moiu<*nart  s'est  empaii^,  au  pri^judice  d'Arthur.  Sagremor  y  doit  ég&li 
ment  aller  pour  combattre  Montonart. 

290  a.  Erec,  ayant  envoyé  le  Laid  hardi  à  l'ermitage  pour  tenir  com- 
pnçnie  à  Hector,  9e  remet  en  route  et  arrriveà  un  cbAte&u  dont  lademoi- 
fielle  lui  fait  promettre  de  récoucilîer  avec  elle  son  amant  Gauvaio. 
Son  père,  te  châtelain,  les  suqirL'nd  ensemble,  et  lo  lendemain  Erec  se 
réveille  dans  une  nacelle  au  milieu  d'un  lac.  Il  s'emprei*se  d'aborder  à 
la  rivOi  où  il  trouve  son  cheval  et  ses  armes.  Un  chevalier  arrive  et 


—  SIS  — 


vouloir  lui  couper  la  t5te.  Ce  n'est  d'ailleurs  que  pour  Teffrayer, 
car  il  ne  le  iuerail  mie  tHtlentiers^  puisqu'il  est  [son  prison- 
nier. Aadret  a  peur  et  contosse  la  vérité  :  Tristan  est  cnformé 
dans  la  vieille  prison  construite  par  le  père  du  roi  Marc,  qui  y 
laissa  mourir  un  haut  homme,  son  ennemi, 

391.  Le  lendemain,  Laocelot  quitte  ses  prisonniers,  qui 
restent  au  chAtoau,  et  s'en  va  à  Tintagel.  Marc  est  à  dîner. 

P  Lancelot,  tout  armé,  se  tient  devant  lui,  sans  rien  dire  ;  le  roi, 
alarmé,  so  plaint  de  ce  manque  de  courtoisie,  a  Je  suis  venu 
pour  avoir  ton  jugement,  dit  Lancelot;  on  m'a  dit  que  tu  es 
un  homme  sage.  Ecoute  donc  et  porte-moi  uu  jugement  loyal, 

l<omme  c'est  ton  devoir;  car  rois  nti  doit  oricqKes  metilir.  m 
El  il  lui  expose  le  cas  :  il  était  jadis  un  serf,  qui  avait  su   une  ailtVgorie. 


l.anc«lot 
coaroDil  Marc 
ar 


pai 
aïltV 


Don. 


L^désarçonnc  Eroc,  qui  te  n'trouve  <]an:<  un  pavillon,  exig*?  udr  Inttf  à 
PVépëe  et  est  vaincu.  I^  chevalier  est  Bohort  de  Gaunes,  que  le  chAte- 

Inio  Mabon  le  noir,  lenchanletir,  a  dêlivrt*  de  sa  prison  pour  qu'il  le 

rengp  d'En'C,  à  qui  les  enchantemeals  ne  peuvent  nuire,  à  cause  d'une 
^fraœ  dont  l'a  garni  sa  mère  Ocise,  qui  ft'ontendaît  aux  onchaatemeala 

mieux  qu'aucune  auU¥  dame  de  son  époque.  Bohort  quitte  Erec  pour 

aller  trouver  Hector  à  l'ermitage. 

Î9!  a.  Erec  arrive  chez  Sagremor,  qui  doit  jouter  avec  Monteoart  et  Eroc  tue  Mont*- 
qui  refuse  de  lui  laisser  celte  bataille.  Erec,  simulant  la  colère,  repari 
en  prenant  le  chemin  par  où  on  lui  a  dit  que  Montenart  doit  venir,  et 
rencontre  Brandelit»  et  ensuite  Muntenart.  11  tue  ce  dentier  et  envoie 
par  Braodelis  sa  lête  à  Sagremor;  puis  il  rejoint  à  l'ermitage  Hector, 
qu'il  trouve  en  compagnie  de  Bohort  et  du  Laid  hardi,  et  qu'il  guérit 
en  lui  apprenant  que  I^nreloi  e^st  en  Iwnne  ftant^,  nouvelle  que  vient 
de  lui  donner  une  mestsagére  de  la  Dame  du  lac. 

he*  quatre  rompagnonti  qniueni  l'ermitage.  Après  huit  joura  de 
marche  commune,  Hector  et  Erec  se  8(?parent  de  Bohort  et  du  I^aid 

'hardi,  et  arrivent  à  un  châtejiu  où  ils  rencontrent  une  dcranîselle  qui 
letir  raconte,  soua  le  «ceau  du  secret,  qu'un  des  hommes  du  ch&leau 
meurt  Uiules  les  fois  qu'un  chevalier  errant  y  entre.  Ils  voient  le  Laid 
bardi,  qu'on  chasse  honieuseraent  de  ce  chÀleau  et  qui  s'en  va  avec 
emc.  lU  sont  rejoints  par  Lionel  ',  qu'Hector  n'a  pas  vu  depuis  six 
aZM;   il  attaque  et  d*^sarçonne  Erec,  en  leur  disant  qu'il  expliquera  le 

'  motif  de  ce  procédé  plus  lard,  à  la  cnur  d'Arthur.  Quatre  chevaliers  ne 
devant  pas  marcher  ensemble  wdon  la  coutume,  que  rappelle  le  Laid 
hardi,  no»  compagnons  &e  séparent  l'un  de  l'autre. 

Hector  arrive,  au  bout  de  deux  jours,  à  l'ile  de  la  &ceur  de  Perceval. 
U  lit  l'iascription,  croit  qu'il  s'agit  de  Lancelot,  passe  à  l'île  et  est  forcé 
d'y  rester.  Survient  Gauvain,  qui  a  le  dessous  dans  une  longue  lutte 
avec  Hector.  I«8  deiu  combattants  a'élaol  fait  connaître  l'un  à  l'autre, 


Aventures 

d'Hector  nt  d'E- 

rec 


l.  Ito.  1  Umm  mmu. 


—  216  — 

s'acquérir  presque  autant  de  pouvoir  que  son  seigneur.  Le  bon 
et  puissant  voisin  de  ce  serf  entra  à  son  service  dans  Tespoir 
de  miex  avoir;  il  se  pril  dune  si  grande  ainilié  pour  le  serl, 
qu'il  faisait  tout  ce  que  celui-ci  lui  ordonnait.  11  arriva  que  lef 
seigneur  du  serF  se  courronrA  contre  lui  et  voulut  lui  ôter  sal 
charge  ;  le  serf  tut  secondé  par  son  ami,  qui  tua  le  seigneur  et 
fit  affranchir  et  enrichir  le  serf.  En  récompense,  celui-ci  atta- 
qua son  bienfaUeur  et  l'emprisonna.  —  Marc,  n*y  enlcndanlJ 
pas  malice,  estime  que  le  serfu  mérité  la  plus  vil  mort  ^u^l 
Ven  potToit  petiser.  «  Très  bien,  dit  Lancelol,  vous  veneïdoj 
vous  juger  vous-même  ;  »  et  il  lui  explique  son  allégorie.  Loi 
roi  est  confondu;  il  répèle  qu'il  ignore  l'endroit  où  est  Tris-T 
tan  ;  mais  quand  11  voit  que  Lancelol  sait  tout,  il  a  peur  de  ce 


Hector,  qui  croit  toujours  T^ncelot  ompriHuuné  dans  l'ilc,  hc   laiue 
décider  par  Gauvaiii  à  atisailiir,  avec  lui,  I(*s  dix-huit  chevaliers  du 
chitGau.  Ceux-ci  sont  matisacréd.   La  châitelaiDe  et   ses  demoifieUtM  | 
accablent  de  reproclios  Gauvoio,  qui  est  blâmé  aud^i  par  Ueclor.  Celui-  î 
ci,   appreuatil  enfin  que  son  frère  n'e^t  point  dans  le  ch;lteau.  s'en  v»  | 
avec  Gauvain.  Ils  passent  la  nuit  dans  unt^  galesche  toge  ei  trt>uvent,  le] 
liMidemalu,  une  ahl>aye  où,  au  bout  de  ileiix  jours,  Hector  quitte  Gau- 
viiid,  alVtiihli  par  nés  blessures,  pour  m  mellre  t'ii  quéïe  df;  Laïicetot. 

Au  chdteau  d'/iti^uf,  ain^i  appelle  en  mi-niriiro  do  saiiti  Augustin, 
Erec  délivre    XJuborl,   'lui   uv;iit  tut»,  ii  fou  corps  di''f«'ndant,  le  tiU  du 
diilteluiii,  et  qu'où  allait   uu-Uro   à  mort.    Les  deux    amis  s'en  vont' 
ensemble  et  reucuutn-nt  Blioberis  et  Hagremor  en  une  valec,  devant  \ 
deus  pavêillom,  dont  le  seigneur,  frère  di-  BluilxTJs,  les  traite  fort  bien 
peudaul  les  quatre  jours  qu'ils  y  restent.  Du  jour,  à  midi,  comme  lia* 
sont  à  table,  ils  voient  arriver,  sur  une  mule  blanche,  une  demniselle 
la  plus  laide  et  la  plus  coutrefaile  qu'on  puisi'i'  imaginer.  Robert  de 
lïorron  dit  avoir  vu  à  OxsenefoH,  dans  le  in'sor  de  l'abbjiye  tie  Smnt 
L'imaec   d'ar-  1''""'*^  *"^*^  image  d'urgent  représentant  c<!ltc  demoiselle,  ([ue  W  nû 
geni.  Arlbur  avait  fart  faire,  et  qu'il  avait  laissée  à  Ossenefnrt  parce  qtte  ciii 

qui  après  lui  vendroîent  li  reixsent..  ;  el  encor  l'i  puet  (en  veoir^  et  litriti 
la  damoiselo  en  sa  main  une  verge  d'argent  i]ui  fu  faite  del  lone  Erec^  ne\ 
puis  ne  fu  apetiece\e\^  et  par  celr  verge  poent  contwistrc  cil  gui  la  roieat\ 
eom  birn  Erec  fu  lonc.  Lu  demoiselle  apostrophe  Krec,  le  blilmani  do  i 
n'avoir  pas  mené  à  fin  l'aventure  du  chilleau  d'où  il  avait  vu  chasser  le  | 
Ijid  haidi.  Elle  s'en  va  ftUs$iK>t,  el  l'on  cberohe  à  lassurer  Erec.  Hlîo~  , 
beris  lui  dit  qu'il  y  aura  uu  grand  touruoi  à  Camaaloth  devant  trois  jon 
la  PentecQste  '. 

Lancelot  se  ilislingue,  devani  Guenièvre,  au  itmnioi  de  Camnalotb.j 
au  ]"oiDt  que  Galnodin,  chef  du  parti  adverse,  s»»  voit  forcé  de  protester  :1 
v  Lancelot  a  tU)'  aujourd'hui  six  chevaliers  ;  or,  nous  sommets  venuAj 
ici  pour  éprouver  nos  fttrcc»,  cl  non  pas  pour  mourir.  a> 

I.  Ici,  u  P*  948  r,  I)  y  I  onc  cntoun*  hUndM.  lodlniuiit  ivliliunmuQt  aM  licnsB  J  ruiiinlt  \ 
où  étall  a«BaduBla  nuruiitéela  'Mllrnoce  de  I.Aiic«lnt  dr  rn«  4r  Jnîe, 


—  217  — 


que  TerA  le  roi  Arthur  en  apprenanl  ces  nouvelles,  et  envoie 
deux  chevaliers  pour  ôler  Tristan  de  la  prison.  Ils  ont  Je  la  Marc  fait  mettre 
■■  jveine  a  le  trouver  dans  l'obscurité  du  cachot.  U  est  dans  son  lit,     JerîS!"  *"  '' 
'  très  atfaibli  et  amaigri,  et  se  réjouit  à  l'idée  qu'on  rient  pour  le 
mener  à  la  mort. 

'B  292.  Marc  ordonne  à  Tristan  de  sortir  de  la  cour;  s'il  y 
revient,  il  lut  fera  i^mui  du  cors.  Lancelot  blâme  fortement  le 
roi:  il  lui  rappelle  qu'il  a  assassiné  son  frère  <  et  lui  fait  des 
menaces.  Marc  comprend  qu'il  a  devant  lui  Lancelot  et  ne 
répond  rien.  Lancelot  part  avec  Tristan,  â  qui  un  chevalier  de 

Ises  amis  donne  son  cheval.  Quand  iU  sont  arrivés  au  chilieau, 
Dinas  dit  à  Tristan  que  son  lihénileur  est  lancelot  ;  la  joie  est 
grande.  Lancelot  déclare  qu'ils  iront  ensemble  en  Logres,  et 
iu  lendemain  il  laisse  partii'  Andrci  avec  Dinas,  qui  n'ose  res- 
ter^  craignant  qu*Ândret  ne  l'accuse  de  trahison. 


i.  Cf.  J2Î. 

Brtthu»,  au  bout  d'une  anrKtn  pr^ndnnt  In/juflli*  il  n'avait  pas  porté 
d'arroe*  parce  qu'il  avait  oU-  •'  "itirr  Oyrfenin  *,  va  à 

Vfincairt  pour  «o  \t'ngt.'r  di.  r  *    Il  If  trouve  à  la 

di&i«».  ei  il  esL  recouou  par  uu  it/t^'/r,  au  ojU|M{u'il  duime  â  un  san- 
'^''f,  <AT  il  n'y  avait  fu  Gramlc-HrelaKriP  nul  chevalier  qui  ter  eux 
iitof!'  '  Il  solfiiient  Urehuz.  On  IVmpriBODue :  k' chÂti?lain, 

t  iT  1  el  U*  lUs,  ïiH  If  m«?t  ei-p-iHlaut  pas  à  mort  :  il  veut 

;  au  juffr'iii'.'iit  d'aucun  prt'nrr  dr  tcrrr.  A  la  ncmvrlle  de 
I  l'eu  ,  .    iiieai  di!"  Hn^hus,  Morgaiu  arrive  fl  (âclie  i\o  U"  rachtHer. 

?92a.  Suite  du  tournoi  derant  Camaaloth.  I^ancelot  «e  distingue  avam 
«lOB.  Hector  abat  Het'i  du  Pay^  ft'lon  et  ea  lui-nx^nio  aîmtiu  par 
tr*  li  urtrntiz.  Le  li?nilpuiaia.  Bf>b<»nfi  Lionel  sont  nhlijfrs  ilf  jmriir 
iioiïH'lIpft  à  qui  iirt  ont  promis  d(^  reiYmipitirir  rUi'ritrtge 
■iu...-i.-1'lli- iléshéritée,  en  luttant  cuutn:  Atpinjuu^s el  pour  <rtti7- 
Qu.  Au  looniui,  h'oin.  ayant  revêtu  les  armes  d(.'  I^ucttlol, 
0  le  |>arti  de  Galebodiu,  k  lVxct<pliuii  île  Palauiéde,  aiec 
|ui  i)  «e  bat  ju«^|u'Â  ce  qui^  sonne -lo  cor  dt*  la  retraite.  —  A  la  prièm 
l'Arthur,  tous  le^  chevaliers  rei^ttuil  â  la  cour  pour  assister  à  la  f<^tu  de 
la  f*tul«*ii|p. 

I'  luiuanl  lo  louruoi,  ilélivrt*  unr  ih'Oioiiwlle  enlevée  par  Ip 

ib  ■  ilo  la  iKmloureuw  Tour^  Karakadin,   doul,  apri»  une 

II'  il  parvient  a  irronifïhcr. 

*>  ri'ho-   chari^i'  il*"  ft'i-s.  clii^x  li»  roi  (iuisrart  de   Surbtlande, 

\   ■■.-■'  Mfeni  iiar  des  enctuiitementï:    (Mus  lanl,  il  vint 

'  f'-if-  'lUf.  osta  If  rhr\!cHeit  df  la  tonbr  ifue  Brtus  avoit 

[/oil  mfirt  m  ientfiancir  de  ton  cors  meemet.  Il  trouve  un  chevalïpr  kp 

1.  fimm  «TCW  dijt  tmT«  cm  ptiMungi  ten  W  ;  tOT-  V-  l»*. 


Bretiaa. 


—  218  — 

293.  De  retour  auprès  du  roi,  Aadrel  lui  raconte  que  Lan- 
celot  veut  revenir  en  Cornouaille  pour  l'en  déposséder.  Marc 
demande  conseil  et  forme  avec  Andret  le  projet  de  luer  F^ncelot 
secrètement.  Avec  quarante  chevaliers  et  soixante  '  sergeants, 
Andreipariavec  Andret  va  rejoindre  Lancelot.  Au  point  du  jour,  ils  arrivent  au 
comiioKnons  cliAteau  ;  tout  le  monde  dort.  Ils  entrent  librement,  la  porte 
pourtiicrLan-  étant  ouverte,  et  pénètrent  dans  la  chambre  où  sont  les  deux 
compagnons.  Lancelot  a  été  réveillé  par  les  plaintes  de  Tristan, 
qui  est  toujours  soulTi*ant,  Apercevant  les  chevalten»,  il  saute  au 
bas  du  lit,  tout  nuz  fors  d<^  ers  braies;  il  lire  son  épée,  enve- 
loppe sou  bras  d'un  manteau  et  fait  merveille  ;  mais  la  lutte  est 

1.  C9ni  101,  349,  340;  ijuarante  97.  Lacune  dans  772. 


La  Pontnt'f^tedit 
Graul. 


promenant  avec  sa  Temme  :  à  la  vue  de  Brebus,  qu'ils  croyaient  mort, 
tous  les  (Inijx  B'cvanuuJsscnt  ;  Drehus  va  lc«  écraser,  mais  l'écuyer  du 
chevalier  lui  ttift  son  cheval  et  court  vers  k*  chiltoau  en  criant  au 
secours.  On  ]>uursuil  toutitcnient  Brehu»,  qui  s'est  eoroncé  dans  ta 
furet.  Y  avant  trouva  une  demoisollc,  duul  le  chevalier,  Saphar,  frère 
de  Palaméde,  le  fait  fuir,  il  regagne  son  château. 

203  n.  La  veille  de  la  Pentecôte,  arrivent,  à  la  cour  d'Arthur,  deux 
cbevaUers  qui,  aprè»  s'être  battus  quarante  jours  do  suite  sans  a^-oir 
perdu  de  sang,  cm  résolu  de  se  livrer  une  bataille  décisive  devant  le 
grand  roi ,  chacun  d'eux  prcl.end  qup  l'aulre  l'a  lioni  de  sa  feme.  Leur 
combat  ost  arrêté  par  deiut  chevaliers  qui  viennent  raconter  que  l'un 
des  deux  atmhatlanlsa  euterré  vive  sa  femme  et  que  l'antre  a  pendu 
la  t^ieune  a  un  arbre  par  U\s\  pie^  en  un  buis;  il»  afllrment  que  les 
deux  dames  sont  injugtemont  soupçonnées  parleur*  maris  et  s'ntTrenlà 
le  prouver  en  se  battant  avec  eux  en  combat  singulier.  Le  lendemain, 
lo  jour  de  la  Pentecôte,  la  bataille  double  a  lieu,  eu  présence  de  la  cour 
et  des  deux  dames,  qui  sont  arrivées  entre  temps.  Les  deux  maris, 
Utantier  et  Guincel,  sont  tués  par  leurs  advers-iires.  Hanier,  l'Ermite  du 
Bois,  et  Gautier  té  brun,  qui  andoj  furent  hermites  a  celui  point,  mè^  il 
avoient  esté  devant  chevaliers  de  grant  proecce  ;  ils  s'étaient  chargés  de  la. 
défense  des  deux  dûmes  par  pitié,  et  te  niaîHre  hermile,  li  ^jni  /termite 
Guitielnie,  le  leur  avait  commandé.  Le»  dames  rentrent  dans  leur  pays, 
où  elles  se  remarient,  et  Us  ermites  retournent  à  leur,-*  ermitages. 

A  la  cour  deCamaaloth,  il  y  a.  ce  jour  de  Peotecftte  (f"  277  c),  rf 
grani  feste  et  \si\  grant  joie  que  douîs)  Uns  dnu  (1.  ou  le)  roi  Luces  de  la 
Grant  Brttangne  se  crisliana  ne  fu  ttlie  si  grant  joie  ne  si  grant  feste  «n 
nus  pais.  Tous  les  compagnons  de  la  Table  Ronde  sont  présents,  sauf 
Lancelot,  Bohort  et  Lionel  ;  nlz  .11  f.  vindrml  avant  tfve  la  grant  tnesu 
fUst  eanlee.  Et  missire  Thstans  i  vint  celui  jars  meesmes  fnsint  com  li 
contes  ttou  sant  groals  '  te  tesmongne  apertftnent',  dont  je  ne  vous  tn 
conterai  riens  de  sa  venue,  poree  ehe  (1.  que)  bien  est  trastatee  dé  taiin  en 

I.  CMi-à-41r«  le  Ontl  luierpoM  âm  l»  VrittM  -.  cf.  f  190  h. 


trop  inégale.  Enfin  un  serffeant  met  une  lance  parmi  le  cors 

de  Lancelolt  tiui  tombe,  dans  une  mare  de  sang,  en  s'ccriant  : 

«  Je  suis  mort.  »  Oo  le  laisse  pour  tel;  Andret  fail  prendre  Oniaissel^nc 

TnslAn,  qui  n  a  pas  nn^me  la  lorce  de  se  mouvoir,  cl  1  enferme  Tmiao  enfermé 

dans  le  chAteau  du  Pin,  Ses  cooipacnons  massacrenl  toul  ce     dans  ïe  cha- 

quu  y  a  de  vivant  dans  le  château  où  Ion  vient  de  prendre 


fmnçoiapor  (I.  par\  atnti:  ainz  Undmi  tna  droiU  voie.  Mis  afonl  laisHli 
conlet  a  parler  de  teste  aventure  et  parole  dou  roi  Artm. 

Lp-â  compagnons  de  la  Table  Ronde  PlanI  partis  ea  quéto  du  Graill, 
Anltur.  tombé  malade,  It^gue  son  myaumi^  à  quelque  chevalier  de  la 
Ugnée  de  Ban  dans  le  ca»  où  ni  Laucelut  ni  Tristan  ni  Bubort  n'en 
voudraient  acvpter  la  [to^Hes^sion.  La  muUdiedu  roi  est  ducà  Murgaia, 
qui  avait  recommandé  ait  orgoilleus  chevaliers  de  se  melire  eu  quôte, 
pour  honir  les  chevaliert  dou  roi  Artus,  et  celui-ci  apprend  que  quarante 
chevaliers  aioient  trestttit  tnsenble  ocianl  \ei  compagnons  de  la  Table 
Ronde.  Ueureusement  Galaad,  entre  lui  et  mon  seingnor  Tristan^,  \es 
•us  à  morl.  Arthur  guérit  a  la  umuvmHh  de  l'entrée  de  Lance- 
j.infl  Corbenic;  xi  U  fu  avù  que  la  queste  fu  finet,  et  Uuenièvre  sn 
ivjuuit  de  ce  que  I^ancelot  enpartoit  l'onor  de  la  queste  cerlaineinent . 
Peu  après,  le  roi  Marc  vint  faire  la  guerre  ù  Arthur;  de  celé  aventure  ne 
tas  conterai  ge  pas,  ançaii  terrai  ma  droite  voie  (c'est  pourtant  raconté 
plus  loin,  §'2116  a). 

Neftorde  la  Fontaine  nu  de  Gauues,  le  6ls  de  Blin tiens,  tue,  devant 
Arthur,  Margus  le  fi*lon.  Puis  il  triomphe  de  Ligoret  etdfi  Carsers  le 
Cnrt,  neveu  de  Margus. 

l>efiUdu  Morbnut,  Golùfanf  '.qui  veut  venger  son  père,  est  diez  5tj7U* 
rant  le  brun.  Celui-ci  lui  promet  d'aller  avec  lui  en  qu^lc  de  Tristan 
et  de  l'armer  chevalier  dès  qu'il  num  vengé  la  mort  du  Morhout.  Golis-  Bigurint 
tant,  impatient,  déclare  qu'il  ira  le  lendemain  se  rendre  en  ta  baitie  de 
fùKesIre,  Sigurant  en  rit.  Ace  moment  on  voit  quatre  vilains  condui- 
sant, cur  nn  ine,  un  chevalier  toz  nus  en  braies,  garrotté  et  ensanglanté 
|iar  fruîle  des  conpâ  de  corgiees  qu'il  a  rei;u8  *.  GuUstaut  menace  le» 
vilains,  et  Sigurant  en  lue  trois;  le  quatrième  raconte  que  Dinadan 
^  !  •  violé  *a  fille  et  qu'on  le  menait  chez  le  suzerain  pour  ^trejuRé. 
.■-ij  ;rint  le  laisse  partir,  après  lui  avoir  recommandé  de  ne  jamais 
fUrv  la  maiu  sur  un  chcMilicr,  et  fait  soigner  Dinadan,  qui  le 
line  au  suj''i  de  sa  voracité,  due.  dit-il,  à  cp  que  la  mère  de  Sigurant 
ff'était  oubliée  avec  un  loup  '.  Dinadan  lui  parle  aussi  de  I^oncelot,  de 
'raload  r-\  iîp  Tristan.  Dinadan  est  guéri  et  chevauche  un  jour  avec  Sigu- 
( .  A  une  fontaine  ils  trouvant  Galaad,  LÛicelot,  Tristan 
,  Pà  ,  figurant  l»is  invite  ajouter  sans  écouter  Golistant,  qui  le 

spplie  de  le  faire  chevalier  pour  qu'il  puisse  se  venger  de  Tristan. 
Il  renverse  F*alaméde,  Tristan  et  Lancelot,  mal*  refuse  de  jouter 
:  Galaad  et  s'enfuit  danii  lafurùl  suivi  de  Golistant.  Dinadan  leur  dit 
^1^  c'est  le  clicvalier  au  dragon,  enchantez  dusque  a  tant  que  U  siège 

I.  liÉfmJill  coniBW  «n  p«naruiA0»  daat  II  a  4^  èU  qnestwa. 
t.  CM  <yfcttji'  «C  k  •olraot  m  rrtnmreat  iUu>  U  m».  SM.  t*  <>. 


brun. 


la 


—  220  — 


Tristan,  afin  que  la  mort  de  I>ance1ot  ne  soit  point  connue? 
Après  un  dernier  regard  sur  !o  héros,  qui  est  encore  en  pAmoi- 
son,  Andret  fait  promettre  à  ses  compagnons  de  ne  rien  dire 
Andretreioume  de  Ce  qui  s'est  passé.  Puis  ils  retouruenl  à  Tintagel.  Pour  eiplL- 
^  *"  *8  •  qyyj.  (gm.  grand  nombre,  ils  diront  que  le  roi  les  a  envoyés  "^ 
Port  de  la  Cavey  ou  l'en  H  avoit  fait  entendant  que  ger 
estrange  devoii  ariver.  Dînas  ne  peut  donc  savoir  la  vérité 
Cependant  Lancelot  n'est  pas  mort.  Plus  tard,  le  roi  MarC' 
Andret  le  revorvont  bien  portant  *. 


Lanctiloi  soiVnâ 
clioz  un  crie- 
valior  de  Léo- 
nois. 


294.  Ivancelot^,  grièvement  blesse,  couché  par  terre,   au 
milieu  de  cadavres,  est  trouvé  par  un  chevalier  de  I^éonois, 
dont  les  écuyers  bandent  ses  plaies  et  font  une  civière  pour 
transporter.  Revenu  à  lui,  Lancelot  raconte  que  Tristan  a  et 
tué  et  que  lui-même  a  été  blessé  par  ordre  du  roi  Marc.  Le 


Lancelot  et  Ga* 
load. 


1 .  EsUce  une  allusion  à  la  vengeance  telle  que  lu  donne  la  TavoU 
liitoTidaî  Voy.  §  574  note. 

2.  Fin  de  la  petite  lacune  de  77?. 

peritttus  ne  fu  eonplis  ci  vainqueur  du  u>urnoi  de  Vincestrr.  Pftlamê* 
promet  à  Galaad  do  se  faire  baptiser.  A  prnp<)s  d'une  demoiselle  qu 
Dinndaa  promet  d'abord  de  c4induiro,  pui<i  abanduune  en  déclarant  voi 
loir  ie  mettre  en  sa  guette,  Tristan  le  blinie,  mai»  Dinadan  r<^pund  qun 
Tristan  en  a  fait  autant  en  laissant  Iseut  dans  la  Joyeuse  Garde  *. 

Palamède  va  chez  Arthur  t't  se  fait  baptiser'.  Siguranl  quitte  Vio- 
cestre  pour  aller  à  Vlsle  non  sacfuint  où  il  prynd  la  croix  ^. 

Oalaad,  Lancvlot,  Tristan  cl  Dinadan  sont  logt^  dans  une  abbaye  i 
Uinadaa  raille  uu  moine  vurace,  est  lui-même  railli^  par  Tristan  elLad 
celot  et  se  défend  avec  succès.  Le  lendemain,  Tfalaad  arrtHo  le  bl< 
mobile  dans  le<iuel  Merlin  avait  conjuré  le  diable.  Puis  les  quatre  cou 
pa^nonit conquièrent  un  cbàteau,  où  ([uarante-qualre  chevaliers  es&aic 
de  les  empri&unner,  et  dont  ils  suppriment  les  mauvaises  coutumes, 
leademaiu  ils  se  séparent. 

394  a.  Nestor  de  la  Fontaine  tue  d'abord  un  chevalier  qui  le  pour- 
suit, cl  ensuite  Aschalor,  qui  avait  privé  Vlareie  de  son  royaume. 

Lancelot  est  dcsarçonm'  trois  fuis  par  (îalaad  dans  uu  tournoi  erwo- 
nwiicgzentre  .II.  damoisseltes  dont  l'une  estait  fttle  d'un  mens  et  l'autre  fi Ue 
d'un  sers  que  sutnheritage  U  volait  calongier....  Mes  il  [(ïalaad)  ne  iavo\ 
p(M9«'if  (Lancelot)  fust  son  père.  Lors,  quant  il  ne  (l.  en)  fu  certains, 
enpritt  la  pénitence  par  ta  boette  du  tiennile,  que  ti  Minanda  en  tiu  de  penfî 
tence  que  il  s'en  alasl  a  la  mer,  ou  il  avoit  un  chastel  a  larrons  que  desro' 
boi\m\t  Ireslos  U  [I.  les]  traspassanz  fC  286  a/,  tiahmd  venqui  tote  la  place, 


ue      , 


I,  I/iin-iv<<«  il04  amanU  k  Iji  Jnymito  Oorde  tgvn  |iliu  loin  >Uiia  Ir  ntrun 
7.  r.fX  ^ri>ni-(iH-nt.  dooni  Id  8«iu  iUuIIb,  esl  ncuaU,  -lim*  lira  cÎTcofisUDOCs  (ootcfl  dUKrenUs 
et  bien  [ilos  aa  lonn,  auil  duM  U  Tinloa  eycUQW  :  vo) .  )  i&). 
t.  On  Tuli  par  là  •vcntara  di  Slgnnat  que  notra  corapUaicw  utilisait  «ohI  It  rouMii  û» 


—  221  — 

>  clioraljer  de  Léonois,  désolé,  fait  rechercher  le  corps  de  sou 
illustre  compatriote  ;  mais,  comme  on  ne  trouve  rien,  il  pense 
qu'on  l'a  emporté  à  La  cour.  H  fait  porter  Lanrelot  à  son  chi- 
leau  et  Ta  lui-même  à  une  abbaye  voisine  demander  aux 
naoines  d'ensevelir  les  morts. 

295.  Pendant  sa  convalescence.  I<ancelot  promet  à  son  hâte 

mit  a  mort  \^  tarrons  pt  ilonrm  It'chÂt'^au  n  ud  chevulior  ijuiacelui  p<nnt 
Irtspassoit  derant  iui.  Ayanipnr  hasanl  rt»nconlri?  1-anct'lot,  il  licrir  wfrci 
de  t'otrage  qu'il  li  awit  fait.  Ppndaiii  lour  p[itrp[ii>n  Rurvîennt^ni  quiiixt* 
vilain»  mpnnnl  deux  lit^moisellps,  qui  mont  au  »ocour*  et  qui,  dtli- 
vn^  par  Ip  p('»re  ni  I(î  fils,  l^s  diVi'Ii'nt  ;i  atTrandiir  le  pays,  subjugué 
ii\e»  vilain».  Le  leiirli'innin,  Galiitul  et  I^ncolul,  a!:)<i!>U>s  jtar  qua- 
olievaliers  délivrcit  île  pri»on  par  une  *loD)ui»ïlle,  triuinplieut  di' 

%vro  cf->u(  ciiiquant'-  vilalnâ.  Ayant  rendu  lo  pouvoir  aux  maîtrt's 
l^itiraeé,  ils  partent  et  roncoutronl  Alyon,  conduit  à  la  aiort  |uir  dix  chtH 
valieni.  Oalaad  le  dt'ii\ro,  et,  l'ayant  fait  acijuitter  par  U*  cuinlt.'  qui 
r&vaJt  ctindamnéf  il  s'en  va  aprù^  Laric«lut,  qui  était  allé  supprimer 
\es  mauvatseâ  coutumes  d'un  château  voisin. 

Bliol)en.t  rojuiut  (îauvain  et  Agravain  qui  viennent  de  tuer  le  roi 
Bademagii  de  Gorre  et  qui  enlévpnt  deux  pucelleA.  Le  long  comhat  de 
BlîoK'hs,  qui  al)at  bieti  vite  Agravain,  avec  Gauvaio.  dont  la  force 
augmente  à  midi,  est  arrêté  par  Hector  et  Gaheriet.  Ce  dernii^r  fait 
iransportpf  »•&  fnVos  dans  un  chUteau.  EJlîoberi»  et  Iloctor  s'en  vimt 
les  demoiselles  délivréea.  Gahehet,  ayant  tué  un  cbevulier  dans 
lountoi  de  Brequeham,  pst  !>ur  le  point  d'être  voiaou  pur  quaniatt' 

Bvaliers,  lorsque  BtinlKTis  et  Ilei-lfir  lui  viennent  on  aide  ;  il  s'en  va 
peu  après,  invité  par  le  tluc  dtr  lirequeliam.  pour  voir  cummeut  celui- 
ci  fera  ja&ticp  des  (piamnte. 

îy5  a.  Tristan  suit  un  chemin  que  conduist  a  itne  qurrote  ou  i\  joioU  Tristan  et  lebloc 
que  dames  que  damaiseUes  .CX.,  et  cnmi  ta  qurroU  dt^<  un  fust  portrait  pleurant, 
a  la  vtoniere  d'une  roine  cvronee,  et  drles  celui  fwt  avait  un  autre  fust 
portrait  a  la  manière  d'un  chevaliers  prison,  que  moût  cstoU  corrode:  por 
(I.  por)  umbtant.  Trit>tnn  appn»nd  que  cela  a  été  tMabli  par  un  clievalior 
da  pays*  que  s'est  vantes  que  ii  tnetra  Trixtanz  m  prison  devant  la  reine 
Ttait,  et  qui  f-r  tn>uve  |Miur  le  moment  «  au  cimitrrc  ta  aval,  que  Merliru 
U  profetes  tt  tcritt  (I.  rirrû'j  tetru  que  lcstnoigne\nt\  que  Tristatv:  dfi 
Lamms  doit  venir  Utec  oprH  et  que  li  siège  jKritleus  de  la  Table  lieondé 
doii  rstre  acompliz.  Il  doit  osier  dé  celui  cimet\c\re  un  perron  qui  totevoies 
jftetU  termes  ptrpertuis  que  il  o,  »  Tristan  ùie  le  perron,  lue  le  chevalier, 
qiu  (i'appelle  XJkaro/,  et  se  fait  raconter,  par  un  des  frrres  de  celui  tm$- 
tier^  que  Merlin,  logé  une  nuit  a  teians  n,  avait  vainc"  un  de*  frèreii  qui 
eamença  a  lenser  a  lui  ;  ce  frère,  nnmmê  Loenoys  du  pay»  dont  il  était, 
Vêtait  fllnpi*  mis  à  pleurer.  En  partant,  le  «  propliêtc  »,  prie  par  l'abhé 
dp  laÎKApr  au  moûiier  unrt  merveille,  fil  ceUe  ûu  perron  a  la  sene/ianee 
dm  Urmcj  des  dis  dou  frère. 

Triittan,  arrivé  à  un  château  conquis  jadii  par  Ijincelol  «mr  Nabuendan 


—  2S2  — 

de  venger  Tristan  ;  guéri,  il  part  avec  un  équipement  conve^ 
nable  et  deux  écuyere.  et  arrive  en  Logres. 

H  Assiégé  p&r  Corbarant,  sauve  les  assidgi^s  en  leur  envoyant  ipiaranj 
sommirrs  oliar^és  de  vitaUle,  pur  h'9  charretiers,  ii  qui  j)  fait  croire  qv 
le  château  est  rendu.  Il  défie  Corbnrani,  qui,  craignant  que  ce  ne 
\m  dos  trois  clievaiiers  qui  seuls  lui  font  peur.  c'(»st-à-dire  Galaa 
Tristan,  Lancelot,  se  fait  remplacer  par  un  g('tant  :  si  Tristan  peut  I 
vaincre,  le  siëge  sera  levt^  ;  puis  Ctirbar.int.  i!omme  l'exige  Tristan, 
faattru.  avec  lui  à  sou  tour.  Le  géant,  qui  ne  se  diftingue  que  par  ; 
fore  pmdîfçieuâc  sans  ssixoir  d'assaut  ne  d'escrimie  nulle  riens,  attaqu^ 
au  pas  de  ettur^e,  Tristan,  qui  guincka  un  petit  ;  le  géant  tombe  à  ter 
cl»>pÂnie;  Trialau  ue  parvient  qu'avec  peîupô  lui  irt.uperla  l^le.  Corl>i 
rant  s'enfuit;  Tristan  s'eu  plaint  aux  quatre  chevaliers  qu'nn  lui  ava 
donnés  comme  otagi^;  dans  leur  tndigniitîon,  ceux-ci  t^'en  vont  tufl 
Corbarant.  Uoe  mêlée  éclate  ilans  l'armée  des  assiégants,  qui  s'en 
tr'égorgenl.  Tristan»  étant  resté  six  jours  dans  le  chAteui  délivré  pa 

Tristan  à  Corbe-  lui,  s'en  va  et  arrive  devant  Corbenic.  ilfs  it  ne  H  valut  ri>n.t,  que  par  sa 
nie.  luxure  it  n'i  pu^t  mie  entrer  ne  mètre  le\s\  pies  dedens  le  chastel  ou  li  Mint 

graal  estoit,  ainz  s'en  parti  d'iUc  honteusement  (f"  292  b],  après  avoir 
désarçonné  quarante  chevaliers  ti-és  devant  le  roi  Peltes.  Il  est  rejoint  par 
Agloval.  qui  cherche  vainement  à  le  réveiller  de  la  rêverie  où  l'a  fait 
tomber  le  souvenir  d'Iseut.  Sun'iennent  quatre  chevaliers  d'Orcanie, 
proches  parentit  de  Gauvain,  qui  assaillent  Aglovul  et  l'emmènent  pri- 
sonnier; il  implore  eu  vain  le  secours  de  Tristao,  qui  continue  à  chc 
vaucher  mai  et  pensts,  jusqu'à  ce  qu'il  est  arrêté  par  une  demoiselle  qo 
le   blâme  de  laisser  ainM  mener  à  la  mort  le  frère  de  Perceval,  par  qn 
lui-même  a  jadis  été  délivré  de  la  prison  de  Nfarc.  Alors  Tristan,  laii 
saut  enlin  son  penser,  rejoint  et  menace  les  chevaliers,  à  qui  Agluvd 
fait  croire  que  c'est  Dapnonei,  le  fou  d'Arthur.  Tristan  lue  trois  * 
ceux  qui  conduisent  Agioval,  délivre  celui-ci  et  lui  fait  ses  excuses. 
rencontre  plus  de  quarante  chevaliers,  chassée  par  leurs  ennemis  mor 

Tri»tan  ot  Iau-  tels  ;  Tristan  et  Aglov.il  se  tournent  contre  ces  dernirts,  qui,  repoussé 
celoi.  Bont  chassés  à  leur  tour  par  les  quarante.  Survient  un  chevalier  qii 

voyant  fuir  quatre  cents  chevaliers,  leur  vient  en  aide  et  chasse  les 
quarante,   Tristan  le  défie,  et  une  lutte   terrible  s'engage.  Agloval, 
craignant  que  les  deux  combattants  ne  se  mettent  à  mort  l'uu  l'autr 
parvient  à  les  séparer  :  il  ùte  le  heaume  de  Tristan  et  ti  abal  ta  twntoi/IJ 
pour  que  le  chevalier,  qui,  comme  le  devine  Agioval,  n'est  point  Teo- 
nemi  de  Tristan,  puisse  reconnaître  celui-ci.  I/icconnu  est  Laucelol  '| 
on  juge  de  la  joie  qu'éprouvent  les  deux  amis  en  se  retrouvant.  Agio 
val  va  demander  aux  chevaliers  qui  attendent  le  résultat  du  cou  ' 
la  cause  de   leur  inimitié;  ils  répondent  que  deux  nicee  chevalier 
s'élanl  entr'égorgés  après  une  discussion  sur  la  valeur  do  Lancelot  < 
de  Tristan,  le  pays  s'était  divisé  en  deux  parties,  et  o  porvengUn 
Jf.  que  se  mistrent  o  ta  mort  en  somes  nos  conbatus  p.  Tristan,  Lancel<] 
et  Agioval,  ayant  passé  la  nuit  ensemble,  se  séparent  le  lendemaîE 


I.  udim  dannepudedthaltaiar  leqaairtone. 

t,  Voy.,  year  l«  comtet  unalognÉ  neanM  duM  SmiklM,  |  <9S.  Doto. 


—  223  — 


î6.  Il  rencoolre  un  messager  qui  va  parlouL  mander  les        Lanr^loi 
à  la  cour  d'Arthur  pour  la  fiHe  de  la  Pentecôte.  S'étanl     "^''LoiJrM.  ° 

itml  triomphe  d'Akarin,  qui  vieat  «te  pendre  quinze  Heraoifielles 
f  par  1  e*  tnarn^s  :  ■  Le  jour  dt?  la  PentMÙle,  où  commeDra  la  f|u^'t«  du 
Grsa^,  raconte-t-tl,  J«,  que  dou  tout  haoù  U  roi  Artm,  en  iUspil  dé 
lin  tneofnit%enfai  une  autre  qualê  ;  j<*  cherchais  de;;  ilemoisellc^  pour  lea 
faire  mourir  de  faim  en  prison,  mais  une  auiir  demui.wlle,  qut'  j'ai- 
mai?, leur  donnait  à  niniiger  sor  ma  dtfense  ;  m'en  Hnni  aperru.  je  tâa 
pcndië  UMilf*.  »  Agtnvat  l'envoie  à  ta  ri'ine  liurniévro,  qui  le  fait 
mettre  en  prifwn  à  pi'rpétuitr,  puÎK  ayant  fait  tmnsportrr  les  demoi- 

|fi«ll«c  dans  un  hAu^l  dr  vilains,  il  $e  mUt  en  sa  qwste. 
S96a.  Or  dit  H  contes  que,  a  celui  painf  qur  li  fil:  Oon  fl.  Dou]  fit  stnus  Aventures  de 



I 


OM  efuutet  Ares,  que  dit  aïoit  est^  Ares  son  aiol,  il  trova  H  chasteauj  tôt 
I  ptoins  d'enchanlement .  Il  est  puipt^r hé  par  uu  chpvalïpr  de  caivrt  fait  por 
{\.  par)  grant  joutilircf  d'cnlrer  dnns  le  chiilpjin.  et  w  lope  //  bore  chi/s 
une  entre  dame,  qui  radn?>i()e  â  une  insmplinn  tto  tronvnnl  devant  la 
[iOrte  du  château  et  di»Aiii  qu'au  moment  iVi  la  lira  (rinict,  Gataad 
Tiendra  altattre  le  chevalier  de  cuivre.  Otte  prédirtiou  est  roalist^e  le 
lenilemaiu  ;  iiilttet  hVu  va  aprèt*  Gahiad  sans  l'atteindre.  C'ciil  Mor- 
gaiu  qui  a  f^tahli  l'enchantement  du  château,  a»  tena  que  Trittani  de 
Loenoysse  mitt  en  guesle  por  ti  trorer  '.  SUese  mist  dedens  celui  diaslel, 
en  la  garde  de  celui  chevaliers.  (lifTIet  lue,  en  joutant,  AUxans  l'orgueil- 
intr  {de  la  Lande],  qui  par  son  nrfïtieil  avait  rnnduit  mille  chevaliers 
du  rviautne  amJurc'iX  dan*  le  Val  Brun,  im  presque  tous  furent  tUi^. 
n  qui  avait  épousé  la  aïèce  de  tialehout  le  brun  malgré  les  parents  de 
vlui-d.  Gifllct,  qui  doit  reprendre  la  quête  du  Graai,  donne  le  pays  â 
Gis,  dont  le  père  en  avait  (Hé  privé  {>ar  AUxans,  et  part  npn^s  avoir 
Mrmé  le  jeune  homme  chevalier.  Il  arrive  chez  Otton  *,  et  dérouvre  quo 
U  femme  du  sénéchal  de  celui-ci  a  substitué  ses  quatre  tiU  aux  quatre 
1  tiU  d'OttOD. 

I      LiciDpl,  regreiUul  l'outrage  qu'il  a  fait  h  son  frère  Bobort  et  la  mort 

de  Calogremaiis,   ipj'il   a  tué  (cf.   le  Percevaf],  se  rvnd  à  un  moûiier 

|iour  Caire  p^'ailence.  Le  diable,  qui  s'y  est  déjà  rendu,  déguisé  eu 

,  liûcberoD ,  arrange  une  liaison  entn^  l'abbcsse  et  Lionel,  Ionique  Oalaad 

L^rrive  et  blâme  celui-ci.  Surviennent  Gauvatn  et  Agravaîn,  à  qui  le 

■Ulle  Eût  croire  que  Galaad  est  un  lecheor  qu'il  faut  punir.  Ih  l'al- 

Hltaent  le  lendemain,  ^ODl  désarçonné;^,  partent  après  une  explication 

avec  l'aLbt^se,  qui  leur  dit  le  nom  de  lialaad,  et  rencontrent  deux  clie- 

valiers  qu'abat  Agravaîn.  et  dont  l'un,  quoique  criant  merci,  est  d<W^- 

pité  par  lui.  l^at&ad  el  Lionel  arrivent  à  une  fontaine,  où  Merlin,  par 

une  inscription,  avait  déjà  annoncé  leur  arrivi^e.  Galaad  déclare  que 

'  f'il  n'était  en  qnéie  du  Graal,  il  irait  chercher  le  grand  sage.  Ayant  ri 

d'ane  demoiselle  qui,  prenant  Lionel,  tonsuré,  puur  un  prélro,  le  prie 

de  venir  confesser  sa  mère,  les  deux  chevaliers  se  séparent. 

Driant  ",  quittant.  Ires  vexé,  le  chAteau  de  Corbenic,  où  il  n'a  pu 
entrer,  délivre  son  ennemi  mortel  Guerret  qui,  avec  une  dame,  est 


Giffloc 


et  de  Ltonet 


t.  Timm  tf«T«i  nmré  «ocase  tne«  de  ecUe  teUU. 

t.  LaoBM  M  MoClabw  dan»  le  ■■.,  qui  tatndoit  OttM  tout  toliilciacot  sans  qu'il  mit  éU 

nÛM  J«  lai  iUM  «  qd  prfcMe. 

*.  BiMlt»(«i««nwMtephBfea«Cftt«t)l 


—  n\  — 

rendu  t  une  maison  de  religion,  consti'uite  par  les  chevaliers 
errante,  Laocelot  y  apprend  que  Gauvain  *  et  Agravain  vien- 

1.   Dani«  772,  Ifî  nom  île  Gauvain,  pr<^ïique  |jiirtoiit  où  ce  chevalier 
joue  un  rôle  peu  honorable,  a  iM/'  gratié  par  une  rnnin  postérieure  et 

mem*  a  la  mnrt  par  quairo  chevuliors,  ilont  l'un  csl  Ir  mari  dp  la  darar. 
Puis  Driani  îun  un  sanplïor  poursuivi  par  six  chevaliers,  qiii,  fAch(*(> 
de  cette  intorveniion,  atlaquonl  Driani.  Survieni  liu^rrel,  qui  nfTro  a 
»on  llhOraleur  <le  faire  cossor  U>  comlint  on!»o  Imitant  avec  lui  i»  la  placi? 
de»;  six  chevalier».  Drîunt  le  prie  d'alteudre  qu'il  ait  comliallu  \ci  Dix  : 
lors({u'il  eu  a  abaitu  deux,  la  dame  de  Giierret  qnilt<?  sou  anuiiil  un  lui 
reprochant  de  no  pus  secourir  celui  qui  vient  de  les  délivrer.  Guerret 
s'avance  alors  el  prend  sur  lui  la  bataille  avec  Driani  :  ils  sout  à  la  fm 
Bf^parés  par  \m  cbevalicrs  ^spectateurs,  et  lous  se  séparent. 

Or  dit  li  contes (/ne  apri-3  ce  que  monseignor  Yvaim se fu  partis 

dou  cimitirû  \  il  trouve  la  tombe.  récommeoL  faite,  du  roi  Badeniagii  de 
Gorre,  que  (îauvain  avait  lui?,  et  s'en  va.  en  pleurant.  veraCorbenic.  Il 
rencontn»  unchevalierdèsarm»',  i|ui  vient d*y  voirie sainlGraal  ;  c'est  fi^y* 
de  Carefor.V'  301),  qui  nicoute  qu'il  a  vu  Tri^ian  abattre  quarante  che- 
valiers, devant  le  pont,  tuant»  pouvoir  entrer  au  i;hiUi'au.  Elyss'ea  va,  reu- 
conirc  Ayrav^iinet  le  dèsarr.unne.  Ivain  est  renversé,  à  CorlH'nio,  par 
le  ebeviilier  du  pcnt  ef  ne  peut  entriT.  et  ce  fu  por  le  pecMcs  que  en  tuî 
estait  por  la  reine  de  Galvaie.  iMus  tard,  il  inmve  Grimiel  le  fort  et  Gras 
le  hardi,  qui  se  battent  p'iur  l'amour  d'une  dem<nse!le;  ce  dernier  r»t 
sur  le  point  de  succomber,  quand  Ivain  intervient,  tue  Grimiel,  aprrà 
uni'uml»al,elfa)l  transporter  ttrazàriiûtel.  Douze  chevaliers,  [tarenls  tie 
Grimiel,  renoncent  à  In  venger,  intimidés  par  huit  chevaliers  qui  .sitnl 
avi'C  Ivain.  Au  bout  de  quinze  jours,  celui-ci  s'en  va  et  arrive  devant 
un  mostirrs  de  nnnains.  fllec  aro»|r7i|/  viiiaîns  abatua  les  portes  jvr  Irorcr 
titaillfs,  que  en  lor  piis  estoitentrre  la  (ammie...,  el  les  nnntsins  se  itefai- 
doirnt,  ijue  par  àtsor  te  clocchîer  que  estoU  s'tr  l'^glàe  gHioitnl  pirrrrx 
puingnal.  Ivtiiu  cha^it^e  tes  vilains  après  une  rude  baUiille.  Le  lendemain, 
il  trouve,  à  une  fontaine,  doux  demoisnilw  pleurant  la  mort  do  son 
frère,  Ivain  Vaioutrr,  tué  par  Gauvain.  Arrive  uu  cheval  avec  un  cava- 
lier mort;  c'est  Garisde  Lainbale^  neveu  du  roi  Ihrnart  de  Tjambale;  it 
était  cumpa^mon  de  la  Table  Ronde  el  aroit  m(k  muU  aeoinlcz  de  Agrû" 
vains  H  orgutilUis.  Survieni  un  chevalier  qui  &'enruil  ii  la  vue  d'Ivain 
ou  train  de  ereuser  une  tombe.  Celui-ci,  ayant  enfois  Garts,  s'en 
va  apri^s  le  chevalier  et  en  rencontre  un  autre  qui  lui  dit  que  Ic 
fujTird  pat  lîauvain,  el  que  lui-m^me,  Aristoe  te  forl^  cherche  Ivain  pour 
ne  battre  avec  lui.  Après  un  combat  (HMÛble,  Ivain,  ayant  coupé  le 
bras  à  son  adversaire,  lui  dit  :  a  8i  j'ai  tué  ton  i»ère,  ce  fut  à  mon  coi*ps 
défendant;  loi-ménie  \a-l-en,  ai  tu  veux  «auvcr  ta  vie.  n  Arisloc,  pré- 
férant I:i  mort,  expire  apri*«  avoir  fisséné  un  dernier  coup  à  Ivain,  qui 
d'on  va,  arrive  devant  un  mostiers  que  teoit  m  une  petite  isl*  vl  y  est 
conduit  par  uu  mauier  (I.  marenier)  dons  ita  ^otm. 

297  a.   Or  dit  li  eonUs  {t°  303;,..  que  li  roi  Mare  de  Cornoaitle  avoit 
passez  fa  mer  ;  venu:  s'en  fsloit  el  roiaume  de  Logrrs,  avec  (frant  compain" 

1.  Sic  t  on  *i>it  nnntîeti  la  (xnnpilktioii  e«t  ni»l  fnitc. 


oeal  de  quitter  cette  maison,  où  ils  avaient  été  soignés  après 

remplacé  \e  plus  souvent  par  celui  d'Agravain  ;  ici.  où  Agravain  figu- 
rail  tléjà,  c'est  Guem*l.  Ce  priicôilë  tinil  an  f"  331»  c,  où  tommence  une 
autre  maia  ;  cf-  $  hO'i  note  ;  mai«  dès  le  §  â29  la  maiu  correcirtco 
réparait. 


t 


^ 


^ 


ptif  Hn  etuvalitrt  de  Jon  pM  :  «t  dtt  hom*$  a  pies  ono/l  il  si  grarU  pUm  - 
Us,  fv  (i>  ion  pms  que  de  fa  solder,  que  it  awit  f^uh]uf!}jè  et  dévaslf^  loul 
]»  royaunip  dp  T/^Rres;  rt  it  nr  (usl  Gnlaaz  Uir*$  tom  chft<iiifrs,  que 
dëSùr  sou  'i'n3(u5  ft  /w  fliv>i(  mis  a  lUionfiturf ,  Man*  aurait  faoî* 

iMmnt  t  1  Arthur,  dntit  lou*  les  bouï;  chovalit^r-*  piaient  à  c«  j^icadocb    à    la 

momonl  ou  ijinu*  rlu  Granl.  tV/u  la  chose  por  quoi  ti  rot  ArUis  ne  isii  ors  joyeuu  Garde. 
df  Ctt'fialol  Quaitl  li  rais  Sfarc  de  Cormaàite  fu  dc4c*jnfkz  jHtr  \].  pari  ta  bonté 
de  Gataas,  il  fm  alafuiant  entre  [cf'}  lui  ft  .t\  chnalirrs  de  TmtUfol^tt 
furtnt  tant,  qw  de  Jor  que  de  nuit,  que  il  furent  venus  a  lu  JoioMe  Garda, 
ou  il  sawit  que-  ta  roine  ïsett  tttoit.  Il  se  fierheija  et  bore  del  chastel.  St  a 
i'endemain  ottques  par  teiis  avint  que  un  chetatiers  treipassoit  devant  la 
Joiouse  Garde.  Deux  de  6*^3  écujer»  pont?ul  chacun  uq?  k^lt  d'homme 
sur  U  poÏAie  de  la  laace,  et  chacuu  mène  un  destrier  aux  arçoQâ  duquel 
e«t  suspendu  le  heaume  d'un  chevalier;  deux  autres  portent  deux  écua 
ptrtuîseï  ei  detrenehiei  en  nutinte  tint.  \a>  chevallier,  ayant  fait  poner 
une  t^le  »ur  le  mur  du  cliiti?au,  attacher  un  cheval  à  l'anneau  de  la 
porte  et  XHsteriHec  un  écu,  8"t?n  va  avi^c  s*'tî  l'cuyers.  Ii;eiitu;M'//«  Gertùft 
d*  Kamttht,  que  jwr  ton  cors  garder  s'estuit  mis  en  la  Joioute  Gardt  : 
m  Cirars,  fait  site,  or  après  a  celui  chevaliers.  »  (îirarl  aitt-iul  le  cheva- 
lier, qui  raconte  que  pour  plaire  à  »:na  amie  il  a  attaqué  et  tué  Tris- 
UD  et  ÎJUicelni,  dont  il  de\ail  porter  les  léte;-  a.  la  Juyeuse  Garde  cl  k 
CaoualiiCb.  Gimrt  le  traite  de  menteur  et  IcprnvoqutJ.  Et  quant  Alcha- 
doc  \cn.l\  soi  desfier,  il  s' aftartilla  de  tajostê;  il  i^t  dèsarronn^'  t^t,  refu- 
suit  d'aller  conter  sa  di-liiynulé  à  Gutîni^vre,  décapité  par  Girart,  qm 
•'en  retourne  pour  reuî^'ijrner  Iwut.  ' Ù^  l'autre  part,  /i  roi  Marc,  que 
ht$n  tatait  que  la  roine  YsoU  esloit  en  Us  Joiouse  Garde,  porchaça  tant  que 
a  tntra  drdenset  prist  la  rtnne  ïsolt  et  la  conduist  en  la  Co[r\noaille ;  il 
fu  tonl  liei  et  tantjoieus  de  celle  aventure  que  bien  li  fu  ains  que  il  \etist] 
gaagnUdemiU  monde  *.  lors^  quant  il  /u  en  Cornoaille,  il  derendà  tout 
le  mondu  de  découvrir  à  I^eul  c(.'  qui  s'est  pa^i5.  A  la  même  époque, 
FergUB,  se  battant  avec  Espinodes  de  la  Joitmse  Garde,  apprend  par  lui 
qa'liieul  s'en  est  allée,  et  lui  ordonne  de  dissimuler  cela  â  Tristan  pour 
enipt'cber  celui-ci  d'abandonner  la  qu^te  du  Graal  ou  de  mourir  de 
chagrin.  Les  deux  chevaliert-,  «'étant  logés  ensemble,  se  séparent  le 
lendemain.  Ik  Vautre  part,  la  roine  ïsolt  apellc  Brrngem  sa  damoiseils, 
et   '  w.>r  par  elle  quinze  demoiselles  en  Lfigres  pour  chercbex 

M  ::  .-tan.  Marc,  de  son  côté,  envoyant  (]iiixninlp.  valets  parmi  le\s\ 

foraUi,  fitit  répandre  le  bruit  qu'Iseut  e?t  mone  ffuinze  jours  après 
loo  retour.  Un  de  ces  me^saçer»  trouve  Tristan,  qui  s'évanouit  en 
■|»|irGnaai  la  tau&se  noavelle,  et  fu  en  pasmoison  toU  celle  nuit,  l^e  len- 

l.  Dm*  1*  PrtéU»  oMtfiatn  (vnr  I  Mt  «  ),  l'eal*t«««t  iPlMUt  urieUc  to  MbttB  d'Aribur. 
L0  tÊtn»  4*tUl*  «w  ii.->titii>  1U99,  id  «t  sa  fan  pb»  I«1b,  de  nmtolra  4«>  vMUitt  Bprèa  le 


—  226  — 
l'issue  malheureuse  d'un  combal  contre  Bliolteris  de  Gannes. 


[Ivinain  arrive  uue  demoiselie  ([ui  chernhe  un  mtrf,  ayant  (i.ins  wi  mai- 
son uo  clit'valitT  lilessij.  KUe  piji'rit  Tristan  en  lui  m'Hinnt  flans  la 
liouclit'  iint'  ht?rl»c»  qu'elle  est  tUl^t>  prendre?  au  jardin,  ot  Ini  dit  qu'il  y  a 
chez  ulle  une  denioisollo  qui  le  demanda.  Tristan  ayant  tu  la  lettre 
d'Ueui,  charge  la  niesHagèrcî  de  dire  i  son  amie  qu'il  sera  dans  ï« 
Morois  aux  Pâques  fleuries;  il  ne  veut  pas  faire  une  Iclire,  craignant 
qu'elle  ne  tombe  dans  des  mains  étrangères.  Il  quitte  la  demoiselle  el 
R»  remet  en  voyage. 

Nestor.  Nestor  do  la  Fontaine,  ayant,  dans  la  for^t  voisine  de  Bendigran, 

comliadii  avec  Meleaguant  le  félon,  qui  est  im*  peu  après  par  Oauvaio, 
retrouve  son  père  Utioberiâ.  Ils  sf-nt  attaquas  par  Antcrin  tirl  i'at  fan^ 
aux,  lils  d'une  jaiaiiz  que  jadis  avoit  tste{e]  en  Nonberlandê  a  i'iutei  ttou 
roi  Richars.  Nestor  le  tue.  Puis  le  père  et  le  fils  trouvent  deux  oonsin*, 
Gosmerin  le  blanc  et  Vgier  le  graile,  qui  se  italteni;  îilioberiK  njel  fin  à 
In  bataille,  ci  on  va  se  loger  ensemble.  Le  lendemain,  Dliolteris  et  No»- 
•  lor  se  5<^pareDt  pour  chercher  le  GraaI. 

Keu.  Le  s>>nci;hal  Keu  se  travailla  tant  qu'il  arrive  à  Corbenic.  Désarçonne 

par  le  chevalier  du  pout,  il  renverse  à  son  tour  Hubert  te  Frisoi}.  fils  de 
Salatriz  de  Frise.  Vaincu  par  Akaritis,  il  est  conduit  à  Aliyroumlant,  qui 
hait  te  séni^chal  parce  que  celui-ci  l'avait  privé  d'une  demoiselle  à  la 
cotir  d'Artlmr,  eu  le  faisant  combattre  avec  Lamorat,  qui  l'avait  vaincu. 
Keu  est  délivre  par  Bliobehs,  qui  survient  et  qui,  accompapné  du  *t>np- 
chal,  arrête  et  combat  un  clievalier  enlevant  une  demoiselle.  Celle-ci  est 
ravie  par  un  autre  chevalier,  qui  vient  à  passer  ;  Keu  s'en  va  à  ?a  pour- 
suite. HUolteris  lue  son  adversaire  et.  averti  par  une  demoiselle,  rejoint 
et  sauve  Keu,  qui  e^it  sur  le  point  dV*lre  tué  par  le  ravisseur.  Celui-ci 
raconte  que  le  nom  du  chevalier  tue  par  Hlioberis  est  Arctious,  et  qui* 
lui-m^me,  né  en  Orcauie,  s'appelle  Orcanei.  Hhuberis  l'enviie  dans  ce 
pays  pour  y  rester  prisonnier  peuduot  doux  aus.  Keu  conduit  U  demoi- 
selle a  son  chttstel;  BUoberih  rejuiiil  ('nsuile  un  chevalier,  qui  s'enfuit 
aprùs  en  avoir  tué  un  autre;  il  se  loge  avec  lui  dans  une  tour  auq\ 
defensabU:. 

Goaeain.  Goscain  (f°  309)  arrive  an  pont  de  Corbenic.  est  abatux  en  l'eive  et  se 

mUt  le  lendemain  en  un  sentters  [qui  conduissoit\  a  Burcedanz.  Il 
triomphe  d'un  chevalier  qui  n'a  pas  réussi  à  entrer  dans  Corbenic,  el 
qui  lui  dit  que  si  un  chercheur  du  Graal  u'est  pas  admis  à  ce  cbâicau, 
il  a  le  droit  d'abandonner  la  quête.  Goseaiu  passe  la  nuit  chez  un  che- 
valier que  jadis  fu  ruz  el  rcaume  de  Logres,  et  qui  lui  demande  des  nou- 
TcUcs  de  son  frère  Hernart  :  <<  Sire,  Hernarl  remcst  a  la  cort  dou  roi 
ÀTtvs;  sine  le  vt  je  prm  ffn*.f,  »  répond  Goseaiu ,  qui,  le  lendemaiu, 
rencontre  un  chevalier  int'nanl  prand  deuil  :  «  Mon  amie,  raconte- 
t-il ,  que  j'avais  tenue  dusque  hui  si  ehiere  cnme  H  cuer  de  mon  rentre^ 
..s'en  est  ak4  avw  un  eha:alier  Tf  en  a  portes  mes  armes  et  mon  cheval.  — 
Montent  sur  le  mien,  dit  Gi»seain,  ou  volez  vos  tjue  je  deseentU  et  vos 
montez,  et  je  aterai  a  pies,  et  quant  je  serai  estaint  je  monterai  et  vos  (ie4- 
cetuieres  et  tant  chevauchèrent  (1.  Ttvnsl  en  tel  manière  que  nw  trorrron* 
H  chevaliers  et  In  demoiselle  ?  »  L'autre  ataieple  avec  joie,  et  ils  arrivfot 
chies  li    chewitierx^    qui  donnait;    il  est  réveillé  par  la  demoiselle, 


—  227  — 

S97.  Le  lendematû,  LaaceloL  rencontre  Reu,  le  sénéchal,  Uncelout  Kcu. 
qui  est  en  aventures  el  qui,  fans  le  reconnaître,  l'invite  à  jou- 

qui  lui  crie  :  «  Aux  armes,  que  d  est  venuz  CtarùtaTis  liardiz,  »  et  laisse 
Orre  Cdntrn  son  rival  H*^sann(^.  Gdsoain  prnlcslo  Pl  prôtp  ses  anin*s  el 
Dn  ch'^val  à  Cliiriaiant.  Et  fjuant  Atariz  le  vit  apamiliez,  il  s'iUance 
coDlro  lui,  mais  il  est  vaincu  par  Claristaol,  qui  dojâ  ticuideta  teste 
trinchcr,  lorMjue  la  deaioiïiclli;  accuurl  et  prist  Cioristans  panne  te-tpen- 
daru  et  H  tstraint  H  dureniml  que  H  cluù  delft  Àlarit.  lot  pasnwz.  Celui- 
ci  8e  n'Iéve  Pl  arrache  lo  lit-aume  du  son  t^nnemi.  Goseaio  intcrviont, 
rcRveifu»  Âlariz,  prend  la  demoiselle  par  les  tro&ses  et  la  ttre  arrien. 
Mes  celle  tmoit  Clarùtans  jmr miles  pendans  si  destroiUment  que  Goseain 
nelii  puet  remuer  se  petit  non.  «  Oex  aidf  t  lui  dit-il,  inaUuiU  cticse,  por- 
guoi  occis  tu  cestui  chevalier?  »  et  il  nieoacp  de  la  f.U(>r.  Alarix  va  lui 
coiippr  la  t4>ïf ,  li)rnf|u'il  est  renverst^  i;L  faulé  aux  lùods  du  chpval  par 
Kou  irEstraus,  qui  survient,  et  qui  coupe  les  deux  bras  à  la  demoi- 
9(?lle. 

Irf  lundt^niain,  Kou  d'Eslraus  rpparl.  D(<sarr;orini^  à  Corhonic  [>ar  le  |^^y  d'Eslraua. 
chevalier  du  pnnt,  il  paft»*  lu  nuit  cht^s  un  foroi^tior,  qui  lui  dunno  un 
miuvean  i-iievul ,  le  $ien  il^tant  navres.  Le  Iciidemiiin,  ïl  Ke  bat,  sani»  le 
rfinnaitre  d'abord,  a\iîc  tlclis  te  btoi,  comnu'  Kru  compa^uon  d*3  la 
Tahli'  Riindo  ri  cbifrcliour  du  Graal  ;  comme  tous  deux  wml  furliimeHl 
lilessrs,  deux  '  cbovaliers,  qui  surviunnent  ^  les  transporleut,  sur  une 
civiitrc  failp  de  bra.in*ln'S,  daus  uni*  abbaye  voisioo.  Les  nouveaux  veuue 
sont  Alistan:  ol  Gloans  li  ros,  nez  en  .Vice.  Quaud  les  bleHsi^g  sont  gut^ris, 
tous  vont  à  Gamaatutb,  en  abandonnant  la  (juête  <lu  Gntal  parce  qu'ils 
n'i>m  pu  entrer  dans  Corbenic.  Il»  disent  à  Guenit'vre  qu'il?  ont  vu 
LaueHot,  Uohort  et  grant  partie t\e  la  li);née  de  Ban;  il»  meniiônneoi 
les  maui>è.'t0[i]  avères  de  Gauvain  el  d'Âfçravain.  La  reine  demande  auBSÎ 
def*  nouvelles  de  Nestor  de  la  ]''onlaine  ;  a  Onques  n'en  oimes  parler,  t 
fait  ïielis.  Oucnièvre,  uUendant  la  venue  de  Laucelot,  eht  ?i  envoiset 
que  toute  la  cour  croit  qiri41e  ci'at  toio  la  Joie  dou  monde.  Que  vous 
diroie  jef  Li  rois  Artus  mande  st»s  clu^valier)*,  que  il  voloil  tmir  jmrle-' 
ment  a  iaus  dr  l'outrage  que  [il]  /i  avait  fait  ti  rois  3(arc  de  Comoaille  en 
dt^vastant  le  royaume  de  Lngres.  Quatre  mille  cbevaliers  arrivent;  un 
décide  d'aller  en  Cornouaille  au  rewmV  rf*  I^ucelot.  Le  conte  parole  dn 
roi  Marc. 

598  a.  Cplui-ri  (r*  311),  apprenant  par  un  valet  \es  projets  d'Arthur, 
fait  venir  Iseut,  qui  lui  conseille  de  demander  du  secours  on  Irlande. 
Marc  lui  dit  qu'il  sr  voit  nhligé  d'envoyer  chercher  Tristan  ;  s'il  nu 
peut  le  trouver,  Iseut  doit  aller  en  Irlande  pour  on  faire  venir  des  che- 
valiers. Celle-ci  s'y  déclare  prêle,  <i  mes  de  vostre  nevetts  avez  vos  faillis 
a  cestui  point,  que  vo\  laves  tant  cnrrocciez.  —  Dame,  fait  li  rois  Marc, 
je  sent  en  lui  tant  deboneretes  que,  lors  quant  il  savra  ma  bessoingne,  H 
s'en  verra  hastivement  hen  Comoaitle.  »  Ayaut  ouvovt^  quarante  valets 
chercher  partout  Tristan,  en  leur  ordonnant  de  dire,  au  retomifr,  que  son 
neveu  est  mors  et  mis  en  terre,  il  comande  a  ses  gens  que  il  doiertt  bien 


l.  M»,  froiaifluih). 


—  228  — 

ter.  Lancelot  refuse  et  sa  voit  traité  de  poltron  par  Keu,  qui 
]e  persifle  sur  son  intention  d'aller  à  la  cour  d'Arthur.  Survient 

garder  sa  wtles  el  ses  chaiiavs;  a  Itnort  *  tnwna  ses  amis  carnet,  et 

tn  len]  T^titajo/  mist  il  les  chevaliers  desasoldee  et  maint  cJuraliersdf  celui 
pals  meixmc^  et  en  Mont  ngxtz  mist  il  la  roine  ïsolt.  Il  mande  en  Irlande 
au  lingnage  de  la  roinr  Ysolt  que  il  secorrent  Cornoaitle,  puù  envoie  en 
Beris  a  tresto:  sts  amis...  Quaud  il  a  faJl  ses  prtSfKinilifK .  il  aiinonce 
au  roi  Arthur  que  il  vienyne  quant  il  voudra;  celui-ci  attend  imputietn* 
ment  le  retour  de  Ijancelot  el  des  auln'S  compagiious  do  la  Table 
Roudo ,  et  molt  iigisl  desor  H  cors  l'outrage  que  ti  roi»  Marc  h  aroil  [fait] 
par  JJ.  fois  *.  De  l'autre  part,  ti  vallet  s'en  wnt,  el  de  tex  i  f\i  que  bien 
iroxsa  mon  seinçnor  Tristans.  Mes  uns  vatlet,  que  Gossadin  estait  aptlltz, 
le  trova  ou  ii  se  conbatoit  au  chevaliers  que  Ackadens  estoit  apelles .  Tris- 
tau.  blos»é  au  côté  drcdt  enparfont,  est  soigné  par  une  belle  dame  qui 
était  survenue.  Gussadin  s'en  va,  empurtaul  la  ceinlure  de  Tristan, 
qu'il  a  trouvée  gissanl  a  la  terre;  a  celle  ceinture  avoit  un«  amosniem  qut 
la  roine  Iselt  avait  fait ,  et  dedeni  i  muni  un[e\  aneliet  a  une  piere  pre- 
eiuse.  ou  1/  estoii  portrait  un  chevaiiers  armez  que  tenait  entre  ses  main* 
un  cuer  d  onie  tôt  vermoill.  Et  celui  aneliet  avoit  jadis  esUsdou  roi  Mare^ 
et  la  reine  tselt  l'avoit  embtes  et  dones  a  mon  seinçnor  Tristanz.  Celui-ci 
est  cooduil  au  chdioau  de  la  dame,  qui  le  gui^rit  après  une  rechute 
causi^e  par  la  dduleur  qu'il  éprouve  de  la  disparitiou  de  Vanel.  Il  laiste 
Pristan  dans  lo  ta  queste  dou  saint  Graal  et  passe  la  mer  et  se  mist  tn  te  Morois,  vestus 
d'une  robe  tute  noire ,  a  une  etuspc  d^esenbrun  desus  ses  armes.  Et 
s'eberçie  e\n]  une  tor,  ou  il  avoit  jadis  estes  avee  la  roine  ïsoU^i  il  atoit 
illec  auques  coiement.  lit  l'autre  part,  (îuss-idîn,  de  retour  eu  Gor- 
nouaille,  prétend  avoir  trouvé  la  ceinlure  dans  le  tombeau  du  cheva- 
valier  qui  l'avait  pot^sédée.  Iseut  s'évauouit  et  ne  revient  a  elle  qu'au 
bout  de  quatre  jours.  liran^ain  chert-he  vuiiiemeal  ù  la  consoler;  elle 
parle  de  se  faire  nonaine  et  a  uuc  nouvelle  syncope  de  deux  jours. 
A>aiU  repris*  connalsHaiice  :  «  Hoi  Marc,  s'écrie-t-elle,  car  me  faites 
jiortrr  et  conduire  en  Irlande.  ■>  Brangain  la  guérit  â  moitié  eu  lui 
meliaut  d'un  laloaire  en  la  bocfie  et  promet  d'aller  chercher  Tristan  dans 
]e  Morois,  xax  Pitques  fleuries,  a  Li  cuers,  dit-elle,  me  tet  devinant  que 
Tristans  sera  en  U  Morois  ensint  corne  il  nos  CQinande  *,  Marc,  de  s<m 
cflté,  fait  le  déAolé,  maj4|îl  espère  vainement  faire  oublitr  Tristan  à 
Iseut.  Elle  lui  reproche  la  malheureuse  cxpé<litiim  on  Logrcs  :  «  Si  U 
fellon  Palamedes  ne  m'eûst  tri{n)cJiie:  a  ceste  fois,  répond  Marc,  Galaad 
ne  m'aurait  pas  vaincu.  »  Iseut  lui  rappelle  le  lai  qu'il  avait  envoyé, 
del  l'estre  de  Lancelot,  qui  pourrait  bien  se  venger,  a  S'il  vient  «o 
Cornnnaille,  dit  Marc,  je  m'enfuirai  à  Mont  agus.  d  Brangain  est 
envoyée  par  Isnut  dans  le  Morois  ;  et  fu  tant  illec  que  elle  trova  Trù- 
tan,  qui  lui  dit  qu'il  vera  procheinement  son  amie.  A  cette  nouvelle, 
Tseut,  déjà  très  prés  de  la  mort,  retorne  a  guarison.  Le  coûte  parole  dû 
Sagremor.  Cherchant  le  Graat,  il  dé&arronneun  chevalier  qui  f:'enfuil 
naos  attendri)  le  combat  h  l'épée.  Apprenant  eosoite,  à  l'b6itil  de  U 

1.  Ml.  adhêrt 

3.  L'ftivMlon  cl  Ib  UI  i  cf.  cl-<klMHH. 
».  V«y.  I  U. 

4.  Cf.  dHlensa, 


MoroLs. 


—  229  — 

IgraTaîn.  qui  cherche  Blioberis;  Keu  lui  dit  ([ue  ce  chevalier  Gauvain.  A^r 
H'csx  eodonni  prés  d'une  fontaine  voisine,  lui  déconseille  en     drè"'horciiai< 
Tain  de  le  poursuivre  et  s'en  va.  Agravain  court  à  la  fontaine;     Blioh«»ris. 
Laoceloi,  qui  aime  beaucoup  Bliobcrig^  le  suit.  Gauvatn  et 

dama  qui  a  guéri  Trioua,  que  celui-ci  est  allé  eD  Gûrnouaille,  il 

^décide  d'y  aller  pour  !»*  irY>uver,  eu  atmnJonnaril  la  quête.  I^a  dame  lui 

l'il  liVn  a  j»as  It*  dnâi  avatu  d'avoir  élé  refusé  â  Corbonic.  Il  y  va, 

in-ouné  {tar  le  i^hinalier  du  pout,  »o  reud  ù  [a  cut'r  el  (laMt^e  en 

Du&illi^.    n  va  chez  Dînas,  qu'il  cODn;til.  On  lui  <lil  que  TrisUn 

orl,  mais  il  n'y  cniit  pas  vt  s'en  va  ;  Dinas  rinfurrae  de  la  guerre 

aî  vienl  d'^laur  et  lin  recfimmaQde  d'être  prudenl.  A   Icntrée  du 

Idnrttf,  Sapn'mur  n>ucunlre  un  clieviilier  envoyé  par  Andrel  pour  s'aii- 

lïuror  si  aueum  chevaliers  se  fust  mù  tldu^  la  forêi,  apprend  par  lui  que 

^TristsR  Ks\  à  la  lour  el  lo  délie,  t  Ja  ne  place  a  On  li  tas  puissanSy  fait 

AlarU,  que  je  refus  ne  joste  ne  batailU  d4  vous.  »  H  est  taf^  et  trouva  par 

AcKln't,qui  triparti  avec  quatre  chovaliers.  Dans  la  forftl,  ilsrcncontrtml 

l&agrrmor,  qui  abat  Aiidret,  tue  Âtmeriz  de  Morott  avec  un  det«  autres 

01  cbaïj^  Andret  el  le  reste  dp  ses  compaK^noui>.  Audret,  croyant   avoir 

rtrncunlré Tristan,  se  fait  charger  par  Marc  de  1b  suncillauce  d'Ii<eiit. 

îvi^çremor  trouve  Tristan,  qui  ordonne  à  une  demoiwdle  de  prévenir  It-eut, 

le  lendemain,  car  Marc  *  mot  etpiez  ».  En  ce  moment  arrive  BmnKain, 

qui  lui  dit ,  de  la  part  d'Iseut ,  qu'Andret  st  mist  por  H  garder^  et  qun 

Marc  vet  querre  Tristan  avec  quatre  cents  chevaliers  :  «  Tant  fail\es\, 

'omar  de  li,  tjue  vos  rtiomes  el  reaume  aventurrus,  que  puis  \qu\il  otra 

nUr  de  vos  protcces  et  chevaleries,  il  laissera  la  •tueste  de  vos.  — A  '  Dex, 

fait  moTueingnor  Tristan,  concdui  traîtres  de  Andret  tue  w(  datorbantde 

mon  affaire!  Sfh  se  je  le  truis,  ja  mes  ne  fera  encontre  vu>i-  ■  Qitê  vos 

firoie*  A  Vendemnin  se  parti  mon  seiru^nort  Trutans  de  la  for  rntrc  lui  Tristan  rotoum» 

If/  Sagreinors  le  desreez,  et  comande  la  dame  '   et  tote  sa  compaingnie  a        ^^^i^'^nr 

IJTer,  et  encore  Brengein  ne  obtia  il  pas  .  et  s'en  c«ï  el  roîaume  de  iogres,  et  ^^ 

rirow  maint  des  chevaliers  de  la  Table  Hettndeen  la  qiêeste  dou  saint  Graai. 

ïl  se  mist  aulresi  en  la  queste  et  ftst  grant  mtrvoilUs  d'annu.  À  ehief  de 

.//.   mois  retorna  en  VQ\r\noaille  entre  lui  et  Sagremon,  qM  U  roi  Kare 

m  avoit  ct[r\chiex  tos  li  îtorois  mire  lui  et  sa  compagnie.  MH  a  tant  laisse 

iJi  contes  a  parler  de  cesie  aventure  et  retome  a  parler  de  iletis,  H  (iU  dô 

I  seinffnor  Boort  de  Gaunes  (1^  314  c). 

£99  a.  Or  dit  H  contss  ..  queaprhceque  Urtis...secofiMiasson  père,  il 

n'cKt  fçuén  de  m'i  blessures  qu'un  muiR  plus  tard.  Pendant  sa  maladie, 

^on  chevalier  avait  promené,  auacfaé  à  la  queue  duo  âne,   l'éeu  de 

nhort-  Ilelif:    l'avait  poursuivi;  le   médecin   l'avait   fait  reconduire 

ni  À  la  maillon;  guéri,  il  part  de  nouveau,  alteini  le  chevalier, 

pétait  arrêté  à  une  qiserote,  et  le  force,  en  le  vainquant,  d'avouer 

riu*  :  6or>  <(c  été  tué  par  Bnhorl,  qui  s'était  logé  dans  le 

i  d'une  .  -iecouru  par  lui,  Il  y  fut  assailli,  «  dévala  en 

I  laViur^  vainquit  quinze  chevalier*  et  s'en  alla.  Son  écu  avait 

par  le  chevalier  dauf*  la  tour.  «  Vous  étei;  nu  déloyal,  dit 

'Helii  ;  je  voiu  mtoieroi  m  prison  de  tel  que  la  felionie  est  assez  pis  que 


rit 


—  230  — 

NforJi-et  rejoignent  Agravain,  ei  tous  trois  arrivent  k  la  fon- 
taine ;  mais  là  ils  voient  Bliobcris  éveillé,  armé  ot  monté.  On 


Gftlaad. 


celte  de  Breus,  ce  ett  Gatirains,  H  neveuz  dou  roi  Artus.  *  L'autre  va  trou* 
wr  GauNiiin,  qui  tidona  congies,  en  tnuaut  a  ffrant  desdeing  «  que  Ilrlù 
avoit  dii  de  lui  *.  Celui-ci  pat>8e  ta  nuit  chez  un  f<jrefitinr,  ipii  lui  f/iit 
grant  joie,  que  antre  fm:  estait  herbergiez  en  celui  hoxte}.  Lp  Icndnraain, 
i)  Lue  un  chev^itior,  ijui  le  ilèli^,  fil  attnqué  )inr  un  nulro.  dout  la 
(leniiiiscllp  tlt-inamlo  ta  ti^to  d'iii^lig,  triomphe  <U>  lui  iiprf's  uu  combat 
pt^nilile,  U  abat  la  venlaille  el  vu  Ip  tuer.  Mit  il  le  conut ,  sisse  iraîst 
c/wuï  de  lui  et  dist  :  «  Agreains,  trop  estes  noieux;  la  qu^^ti»  du  Graal  ne 
fut  pas  en  tel  manière  encomcncee  que  vos  deiei  conduire  damoiselle  par 
earnel  i>o(unte*  (f"  SK)  h}  ne  que  ists  detissie:  odre.  aucuns  chevalier,  por 
telx  ochasion.  *  drecce  eneontremont  te  chevalier^  et  s'entrefUrentsi  dure- 
ment amont  desor  li  heaume  que  il  en  aboient  grandtssme  chantiaux  a  fa 
terre;  que  cous diroie  jeY  U  cheratiirs  nus  savait  de  Vacherm\e  si  mer- 
veilleusement ([UL*  nul  ne  peut  Ir  ferir  a descovert ,  taudis  qm?  lui-m<^ine 
feroit  son  enani  a  descovert.  Si  ronrra  de  tel  manière  Beddoier  le  cones- 
MA^  qu'il  e}>t  vaincu  ;  il  lu  fuit  d^saruinr  ]iarquatrn  viluius,  qu'il  appelle 
ou  s4)nuAUt  du  cur,  ot  porter  cliez  sa  dame ,  â  laquelle  il  auiionrr 
quVHe  aura  hienlûl  les  arraurefi  An  quarauto  chevalieri;,  aiusi  qu'il  le 
lui  a  promis.  Il  en  a  ili^jà  envoyé  se'iw  à  celtf^  dame,  qui  tétait  la 
reine  ko^ee  de  Riviers.  Après  la  mort  de  son  mari,  lo  chevallier  un,  .«ou 
serf,  l'avait  prisr  affine  force  et  t*avoil  enchaenec  et  atachiee  a  unt  colonne 
de  marbre,  eu  lui  pronuuiant  de  lui  envoyer  li*:*  tirmures  d*?  quarante! 
chevaliers  qu'il  s'Mait  fait  fort  de  vaincre,  tox  nus  m  sa  chemise,  sauf 
que  il  avra  son  escu  a  son  col  et  ti  heaume  en  la  teste ^  son  glaive  et  sas- 
pee.  Kl  quant  il  avra  ce  fait,  i(  l'ostera  d'ilec  cl  la  prendra  a  forlaine  *. 
Ilednicr  se  logi?  dans  une  ttmr;  son  hAte  lui  dnnue  les  arme*  et  le 
cheval  û'Olinz  dou  carefor ,  qui  venait  du  mnurir  leeni.  Le  leDd(<main, 
liedoierparl  et  rencoulre  un  chevalier  qu'il  envnie  vaincu  (*e  cunslituer 
le  prisonnier  du  chevalier  u».  Celui-ci  le  force  de  se  hatlre.  inomph« 
do  lui,  envoie  l'armure  à  sa  dame  et  puis  s'en  fet  asson'ostel.  BMnie-r 
va  ttOnrhenic,  oîi  il  est  déitanjounâ  par  le  chevalier  du  pont.  IjPi  conte 
parole  de  OalaaJ  (f  317  b). 

Il  rencontre  un  chevalier  qui  lui  montra  en  mcnnranl  les  t^tes 
de  vingt-six  chevaliers  8uspooduL>s  à  une  tour,  n  Gardez  vos  de  moi, 
fait  Grandines  li  cruel,  que  je  vos  deffi.  »  Oalaad  le  tue,  il  iniuvc 
ensuite  la  reiue  Hosée,  qu'il  délivre  et  qui  le  couduil  à  la  tour 
où  se  tient  le  chevalier  nu.  Celui-ci  descend  pour  jouter  avec  (îalaad, 
tjui  U-  sofri  a  hrisier  son  glaive  desor  lui,  et,  an  passer  que  il  fl^t, 
gitta  Galattz  sn  main  et  le  prist  al  teaume  ft  le  arrache  ftort  des  arpons, 
et  puis  le  fîatinl  a  la  terre  si  durement  que  il  le  debrisse  et  decasse  taz  le 
cervelle,  et  les  iet:  li  mesle  en  la  teste  ;  et  puis  le  defulte  toz  de%  piez  de  son 
ehetaus.  Ayant  ainni  iu6  le  chevalier  im,  Gulnad  arrive  à  un  cimetière 
où  il  trouve  un  ermite  et  un  clerc  :  uu  autre  clerc  lui  dit  quo  Lancelot 
dtail  derniéroniGUt  xtian  ii  ceitui  eemetle]re ^  conduisant  tu  chevalier  Itié. 


I.  Cf.i  ST.  474. 

1   Mf;   i«ir  «utu   de  qitrliiHfi  pnnAtiUa.  1»  au.   tmiipAiic.  sHi  «vertfr,  l«  rteU  M  mUlM 
éttMf.  amitun  louir  diiTotviiht  4r  '-nllm  (t*lio)lN,  dntil  II  n'Mt  pli»  i|ticall<iD. 
3.  liiu  lolQ  MinlaiKt  i  i<.-t.  tontitttte  (tulUiia),  «MivntKlnv .  mulrvaftC. 


I 


jout£  :  Gauvaiu.  puis  Mordrct  et  Agravain  soat  désarçonnés,  tes  tnsin 
Maintenant  Umcelol  se  pr*5ifenle  et  demande  à  BUoberis  la 
[tcrmissîon  de  raccompagner  ;   mais  comme  il  n'a  pas  voulu 


dont  Galaad  su  raganler  la  lomltp;  il  y  vuil  tatrts  e$cntes  qui  dinent  : 
Ci-git  Gaiancn:  de  Benoic  quo  Gauvairi  tua  por  une  dosnoiSêHe  gtu 
U  avilit  avw  lui.  L'ormito  ïiii  in(li(|UQ  une  tombe  Je  marliro  ;  si  un  ch<v 
valirr  la  sonli'vp,  il  mi  suriini  un  nutn»  qui  s'en  w(  a  celle  autre  tombitet 
kiQvnteiffn  ^itftu>  orx  un  chevaux  phan<ïird'ar9m«nt.  fil  dont  baiailU  dure 
H  nrjtre,  s'il  ■■''•;  BÎnsi  ri  a  ottlrvzCtMtruin,  Agmvnin,  Gupirrt  eï 

M*'rtin'i.  G.i!  l'a\*'Dture.  le  chevalier,  It»  voyant  s'nvanwr  pour 

jouï*T,  jetu?  uu  cri  /i;/rf«Ai  ot  h^spOfntabU'  oi  tomln?  à  lerro.  qu£  tû  tui 
n'aparut  fors  les  oisfs  seutemrnt  Une  voix  s'^n  ist  âti  t>a  t)>tn  et  fait 
Mvoir  qu'il  est  puînn  et  qu'il  ^(<^l  yau\t'  :^\  dd  lui  dooDe  le  âudI  bap- 
tême. L'ermii^'  k-  bapiif  et  sr  humilif  moût  enrrrs  Galautl.  Survient 
Guit  U  cheitif.  ptmriiuivi  par  Mortlret.  qui.  peudajil  la  quétp  du  Unial, 
n'woU  fait  se  desioiaute  non.  Gataail  prend  Gulî  bou^  &u  prutectiou; 
déxarçouDe  Xfunlrr^t.  qui  iD!^iI^te  inutiteuioul  puur  avuir  uu  cuniltat  à 
Vépée^  els'ea  va.  Mordre!  «pprend  par  fermile  que  c'est  ti  fr^  Mm  c/ie- 
vûHfrt,  U  lit:  ianeeîot,  rega^iDe  t'endroil  ou  ses  frcrts  VaUnûoi\rn\t  ec, 
quafU  U  fu  descendus  entr'aus,  leur  raomte  ce  qui  s'esi  pa^^t^.  A;fretains 
parole  et  dist  *  :  m  Celui  linçnaçe  d$  Benoic  nùs  honira  trtstous.  «  et 
autntei  diertl  rhascuns.  Oalnad  arrive  â  uu  cliâU'Au  qu'uu  ci(mt«,  Guincé' 
fnain,  cherche  vainement  à  détruire  au  moyen  di-  iiuiiirepcmerM;  il  i-^i 
en  iroia  de  faire  lancer  par  le^  perrieres  cent  liix  '  pri^>nniers  dans  le 
cb4t«au.  Oalaa'l  trtncftâ  l«s  cordes  a  a'ejpee,  d**livre  les  prif^oiinien:  avec 
l'Aide  do  ceux  du  chiltiauet  couiineuce,  en  criant  :  «  Curhenic,  (iOrl>e- 
nie,  ■  le  combat  avec  Guincomaiu .  qu'il  tue  parce  qu'il  sait  que  c'cM  uu 
D!  '    ■  "lame.   Une  sortie  a  lieu;  tTalaad  (au  fuir  U'S  eonr^mis  en 

c,  irs  :  '(  Corb«mic.  Corlwuic,  f  c^r  il  ne  veut  tuer  aucun  che- 

valier Si  ii  tte  fusi  murtre  ou  taéron  ou  pleins  de  fellonie,  puKs*'  la  nuil  au 
chiT-rin  r\  I.-ipritTcdu  seigneur,  nomnit*  Boncfwri  (f^  319  d'i,  et  décide 
r.  'ftce  û  se  fitin*  iiiinne  du  rviUvctil  île  Carefor.  Le  ItMidcniain, 

il  ii-é  p;ir  uu  forestier,  dont  l«  vuiiiin  le  minaçoii  que  \i  U  tou- 

4rxHt  M  fiUe  affine  force;  le  p^ire  lui  avait  répondu  que,  dnuH  ce  ca&.  il 
k'efi  irvii  a  ne  rre  justice  OU  ruiappeUes  il.  Peliez)^  ce  est  U  riche  mi  Ptteheor. 
iS  :i...  vint  Galiittu^  armés  n  sa  guise^  et  bote  la  porte  a  terre.  Ijl 

j. .1  le  forestier  ont  recours  ii  Gulaad,  qui.  quoique  toz  riuî  m 

M  chemise,  parvient  â  s'armer.  Galieuen  tué  ',  et  (ïidaml  s'tMi  vadfwrt 
ta  fort^te.  Mes  a  tant  ttuse  ore  ti  contes  a  parler  de  Galetas  et  retortte  a 
parkr  de  mon  siingnor  Tristans  por  conter  partie  de  ses  aventures.  {Puis 
au  r  Z'àii  d,  di'S  miniatures  représeulanl  la  traversée  de  Tristan  avec 
b«ut,  de  <>)miiuaille  en  Lopre»,  et  leur  arrivée  à  ta  Joyeusi»  Garde).  £n 
etttt  partie  dit' tet'  H  contes  que  «dr'ruitîr  tnot  du  f*3i*0)  quant  [preixuej- 
uiot  du  r  321 1  .T.  fu  venus  de  Cornoaille  on  reame  de  Logre:,  si  cwn  ii 
en  amenvit  avec  lui  ma  daine  Yselt,  et  îlot  trotrc  Lancehch  dim  lac,  etc. 
La  V)*r5iuu  par  laquelle  r25'J9  remplace  ici  tout  à  coup  la  mauvaise 
et  coufuiw  compilation  qu'il  a  donnée  jusqu'ici,  eu  citant  souvent  VhÏ6- 


sont  attdtius 
par  liltotieris, 
qtiî  trnit«LAn- 

colot  de  pol- 
tron. 


•-  lin  rrerv*  >1«  Uvpirvt  D'ett  («s  «Obvaeak  InaifOé*. 
!.  caelUé  cfHu» 


—  232  — 

jouter,  Blioberis  le  soupçonne  «le  poïlronnerie  ou  de  trahison 
et  refuse  rondement;  il  part,  et  1-ancelot  le  suit. 

Keu  repar&ii.  398.  Os  reacontrent  Keu,  qui  donne  à  Bliobcris  des  ren&eî- 
gnemcnls  sur  Jes  agresseurs  et  le  conSrme  dans  l'opinion  que 
Lancelot  est  poltroa.  Tous  les  trois  coatiaueut  à  marcher 
ensemble. 


Les  IroîscomiKi- 
gDODs  »?  ai»- 
put«DtIadAin« 
d'un  chevalier. 


Combat  de  Lan- 
cftloi  et  de 
Blioberis. 


*299.  On  est  rencontré  par  un  chevalier  accompagné  d'une 
belle  dame.  Keu  veut  la  gagner  :  il  triomphe  du  chevalier  et 
emmène  la  belle  ;  mais  au  moment  où  il  va  quitter  ses  deux 
compagnons  avec  ello,  Lancelot  le  lui  défend  en  faisant  valoir 
les  lois  de  la  chevalerie,  d'après  lesi|uelles  les  deux  autres  ont 
également  le  droit  de  ]>ossédcr  la  dame.  Keu,  tout  en  refusant 
de  la  i-endre,  se  déclare  prèi  à  un  combat.  Il  est  abattu  par 
Lancelot  et  renonce  à  la  dame,  à  qui  le  vainqueur  permet  de 
choisir  entre  son  ami  et  lui-même.  Elle  se  montre  Gdèle  et 
veut  aller  retrouver  le  chevaUer.  Là  dessus,  Blioberis  se  fàcbc 
et  prétend  à  son  tour  avoir  droit  à  la  dame,  ce  qui  occasionne 
un  nouveau  et  terrible  combat  ;  les  adversaires  tombent  enfin 
à  terre  tous  les  deux.  Lancelot  refuse  de  recommencer  et 
cède  la  dame  à  Blioberis,  qui  est  assez  généreux  pour  laisser 
Lancelot  décider  de  son  sort.  Celui-ci  soutient  toujours  qu'il 
faut  lui  laisser  le  choix  à  elle-même;  la  dame  choisit  comme 
tout  à  l'heure,  s*en  va  librement  et  rejoint  son  chevalier. 

Uncdoi  arrive      300.  Les  trois  chevaliers  se  sé[tarent  ;  Lancelot,  qui  n'a  pas 

à  la  cour.       voulu  dire  son   nom.  va  se  loger  au  château  de  DueUe  '  et 

arrive  le  lendemain  à  la  cour  d'Arthur,  à  Oamaaloth.   Il  y 

raconte  les  aventures  qu'il  vient  d'avoir  et  apprend  que  le  nom 

de  Tristan  se  trouve  toujours  inscrit  à  la  Table  Ronde,  que,  par 

conséquent,  Tristan  n'est  pas  mort. 

Lffs    chevaliers      Le  lendemain,  tous  les  chevaliers  de  la  lignée  de  Ban  qui 

Ban  pSnnem  ^^"^  présents  à  la  cour  font  visite  à  Lancelot.  Après  les  avoL- 

la   r^Mluiton  complimentés  de  leur  bravoure,  celui-ci  leur  apprend  que 

de  Marc.^"^^*^  roi  Marc  est  désormais  l'ennemi  mortel  de  leur  maison.    Il 

I.  Les  autres  :  Ouilt 


loirc  lie  saint  Graal,  le  plus  souvent  pour  excuser  des  suppressions,  est 
celle  doiinL^e  par  I«s  mss.  755.  etc.  (voy.  §  338  b),  et  avec  lo  même  luxie. 
C'est  là  la  Iruigiùmerddaclioo  juxtaposée  dans  ce  nu.,  qui  conliuue 
à  U  suivre  jusqu'au  point  où  il  s' arrête;  voy.  §  568. 


—  233  — 

raconte  loin  ce  qui  lui  est  arrivé  en  Cornouaillc,  où  il  est  allé 
pour  revoir  TiisUn,  (>our  qui  son  amitié  est  plus  grande  que 
pour  tout  autre  chevalier  étranger.  Enfin  il  dit  (ju'i)  compte  sur 
s«s  parents  pour  se  venger  du  roi  Marc.  Tous  déddeni  d'aller 
en  Cornouailie. 

Mai*  l'expédilion,  qui  devait  avoir  lieu  après  la  fêle,  n'est  pas 
mise  à  exécution  à  cause  d'une  aventure  qui  arrive  à  Laocclot. 
Il  s'Agît  de  sa  folie  et  de  son  séjour  auprès  de  ta  Gtle  du  roi 
Pescfaeor  *  ;  il  ne  revint  à  ta  cour  qu'au  bout  de  dix  ans.  Il  est 
donc  nécessaire  de  donner  ici  une  partie  de  l'histoire  de  Lan- 
celot,  pour  montrer  comment  Texpédition  en  Coruouailte  fut 
emiif'hro. 

Helyabel,  la  fille  du  roi  Pelles,  déaire  revoir  Laocelol  et  '''îr."'?*^^?.  ** 
obtient  de  son  pero  la  permission  de  se  rendre  à  la  cour 
d'Arthur  avec  Gaîaad.  le  fils  qu'elle  a  eu  de  Lancelol,  srâce  au 
hreurage  que  le  roi  Pescheor  avait  fait  boire  à  ce  dernier.  Elle 
vient  à  la  cour  et  est  bien  reçue  par  Arthur.  La  nuit,  Lancelot, 
croyant  entrer  dans  le  lit  de  la  reine,  se  trompe  et  prend  ta 
demoiselle  pour  Gunnièvrc.  Celle-ci  tes  surprend  ousemhle  ; 
hors  d'elle-même,  elle  onlonne  à  son  amant  de  sortir  de  chez 
elle.  Il  obéit  et  s'enfuit;  son  chagrin  est  si  grand  qu^il  eu 
devient  à  moitié  fou  et  perd  le  souvenir  de  tout  ce  qu'il  a  fait  ^. 


Folie 
de  Laocclot. 


301 .  Les  chevaliers  de  la  lignée  de  Ban  se  mettent  en  quête 
de  Lancelol  :  Blioherïs  et  tes  autres  parents  s'engagent  k  ne 
revenir  h  la  rour  avant  de  l'avoir  trouvé.  Cette  quête  dura 
aus.  D'autres  chevaliers  s'y  associent,  mais  bientôt  iU 
■liandonneront  la  partie,  à  l'exception  de  Perceval  de  Gallef«, 
qui  mettra  la  quête  à  bonne  fin,  eu  délivrant  Lancelol  de  Tlle 
de  Joie,  et,  par  sun:roîl,  délivrera  Tristan  de  la  prison  oii  le 
coi  Marc  Ta  fait  enfermer.  Gela  él:int,  rwtts  coiivit'txt  il  trcre 
ttrt  celui  conte  qi  devise  la  vie  de  ce  héros  et  d'aliord  raconter 
oommeat  il  vint  à  la  cour  et  se  mit  en  quête  de  Lancelol  après 
les  autres  compagnons  (f*  54). 

U  Cf.  I2.S99:  S  287  s. 

f .  Nous  Aviin»  ilrjà  vu  cette  histoire  dans  13590  [v.  |^83  a] .  ce  ou. 
la  donor  d'aj»rôfi  Ii,^  Lanctlot  (of.  P.  Pari*:,  Rom.  tt.  t,  T  ft.,  V,  324  sb.), 

<I'-  ""  I 'I'"  TT)?,  etc..  à  quelques  détails  près  :  la  fille  do  Pelles 

>  '!•],  et  non  Ilelène  ;  il  n'est  pas  qut'stion  de  Brisanc,  la 

■1>.  ^.<-  >.'  >»  [•rtDce«9i?,  vl  l'oo  ne  voit  pas  figurer  ta  deuioiritille  qui 
Ϗac  Lancelut  au  lit  ;  il  se  trompe  tout  simplement.  Il  est  [lus^iMe 
ffue  notre  rédacteur  ait  raconté  tout  cela  de  mémoire;  nous  retrouve- 
rons la  version  du  Lancetot  plus  loin,  dana  97,  349,  101 ,  voy.  g  38da. 


On«« 

en  qudte 


mot 
dfl  lut 


—  234  — 


Lot  Rladd  Peii-      3(12.  Lc  roi  Pclinor  a  eu  cinq  fils,  qui  se  disUnguent  &  la 
"°'''  cour  d'Arthur  au  point  d'éveiller  les   plus  vives  jalousies; 

Arthur  lui-même  les  estime  beaucoup.  Le  cinquièoie  lils,  le 
jeune  Percerai,  est  encore  chez  sa  mère.  Lamoralest  supérieur 
à  ses  frères  ;  il  fut  tué  par  Gauvaia  *  penrlaat  la  quête  de  Lan- 
celot.  Or  leis  quatre  lils  de  Peliuor,  Tor,  fils  d'Ares,  Agloval. 
Driaut  et  I^imorat'^,  dont  la  mort  sera  racontée  plus  loin, 
jurent  de  maintenir  hiquôte  de  Lancelot  pendant  un  an  et  un 
jour  or*  plus,  $e  a  plesir  lor  vcnoit,  mes  non  autrement.  Tel 
est  le  serment  des  chevaliers  qui  n'appartiennent  pas  à  la 
lignée  de  Ban;  les  descendants  de  Ban  s'engagent  â  ne  pas 
revenir  avant  d'avoir  retrouvé  Laucelot,  ou  du  moins  appris 
quelque  chose  de  positif  à  son  sujet.  Les  (ils  de  Pelinor  seul 
haïs  de  Gauvain  et  de  ses  frères  k  cause  de  leur  gloire,  et  aussi 
parce  que  leur  père  avait  tué  le  roi  Loth  d'Orcanie.  U  est  vrai 
qu'en  revanche  Gauvain  avait  tué  le  roi  Pelinor;  mais  ce 
meurtre  est  ignoré  de  ses  enfenla.  Plus  tard  les  amours  de  la 
reine  d'Orcanie  avec  Lamorat  furent  une  nouvelle  cause  de 
haine,  et  la  reine  fut  à  la  lin  tuée  par  son  lils  Gaheriet^.  Par 
suite,  c'est  naturellement  Limomt  que  les  fils  de  liOth  dési- 
rent surtout  mettre  à  mort.  Les  chevaliers  partent  pour  la 
guôle.  Nous  raconterons,  en  premier  lieu,  les  aventures  de 
ûaheriet  *. 


Gaheriel  et  La- 
moral  abattus 


aa  dame. 


303.  Gaheriet  s'approche  d'une  montagne  cl  se  trouve  tout 

par  Brunor  pt  ^  ^**"P  ^^  '^^  *^*^  Bruiior  le  noir,  le  chevalier  à  la  cotte  mal 

prisonniersde  taillée^.  Brunor  aime  une  demoiselle  de  la  parenté  de  Gale* 

hout,  qui  lui  a  imjwsé  la  tâche  de  la  venger  de  Gauvain  *, 

meuitriei  de  son  frère.    Brunor  a  donc  pris  son  poste  près  du 

L  Agravain.  772;  cf.  §  296,  note, 

2.  Pour  lo8  noms  des  quatre  frères,  cf.  §  250. 

3.  Nous  avous  déjà  v\i  mentionner  v.(ts  caus^  de  haiae  dans  lu  ver- 
sion do  334,  Ole.,  qui  raconte  asaez  au  long  la  mort  deU  reino  d'Orca- 
nie ;  voy.  §  450  <?t  255  sa. 

^ .  Pour  les  avealure&  de  cette  quête,  la  version  de  757,  d'une  |uirt, 
ot  la  compilation  de  12599,  de  l'autre,  ne  suivent  plus  le  riVit  du  tan^ 
celot:  voy    p.  207. 

5.  CpIî'i  quéti',  dont  les  avpnMjre.s  onl.  sans  doutfl  étô  empruntées  a 
un  roman  l>in|K'nii»hi([ut«  sur  Brunor  et  à  U  Geste  des  fils  de  PeUnor  (v. 
p.  213.  e»i  dunnée  absolument  de  même  et  d'une  façon  très  inat- 
tendue aussi  par  le  ms.  9y,  f"  519  d,  dans  dfts  circonstaoues  toutes  dif- 
férentes (voy.  g  ^88  a,  note)  jusqu'à  l'arrivt^e  de  Percoval  à  la  cour;  v 
ib.  eiJ)3tU. 

6.  Agrttvaiu,  772;  voy.  §296,  note. 


—  235  — 

iieau  de  la  lielle  el  joule  avec  tous  les  chevaliers  cjui 
passent,  dans  l'espoir  de  trouver  ainsi  )e  coupable.  FI  abat  Gahe- 
riet,  déjà  blessé  auparavant,  l'épargne,  en  chevalier  généreux 
qu'il  est,  et  remrafrne  au  château  comme  le  prisonnier  de  sa 
dame.  Lamorat  arrive  à  son  tour;  également  blessé,  il  est  traité 
de  m^mc.  La  demoiselle  veut  faire  mourir  G.'ilii^riei,  le  frère 
de  son  ennemi  ;  mais,  à  ta  prière  de  Lamorat,  elle  lui  accorde 
1&  vie  et  retient  les  deux  prisonniers  sans  leur  faire  de  mal, 
émeni  au  vœu  t|u'elle  avait  fait  de  traiter  ainsi  tous 
levaliers  qui  tomberaient  dans  ses  mains,  jusqu'à  ce  que 
sa  vengeance  fiil  accomplie. 


de  m«m 
^H  de  son  6 
^^l&vie  e 


305.  Cependant  Gau\'aia  rencontre  un  chevalier,  accompa- 
çrwÇ  d'une  belle  dame,  iju'îl  veut  lui  enlever.  Il  n'a  pas  de 
peine  à  triompher  du  chevalier,  qui  est  sans  armure.  Surnenl 
Driant,  qiii  prend  le  parti  de  la  demoiselle  et  rappelle  à  Gau- 
raJ»  les  princîi>cs  do  la  chevalerie.  Ils  joutent  :  Gauvain  est 
près  d'élrc  vaincu,  quand  arrive  Ivain,  qui  stnèic  le  combat. 
Gauvain  8"éloigne;  la  demoiselle  veut  rejoindre  son  cheva- 
lier eit,  l'ayant  trouvé  mort,  elle  se  tue  de  d6iC6poir. 

306.  Gauvain,  vaincu  par  Brunor  et  livré  h  la  demoiselle,  Ganvain  délivré 
est  délivre  par  Lamorat  et  conouit  a  un  château  que  Galebout 

avait  donné  ii  Keu^  (TEstratts.  Gahcriet,  tnis  en  lilierté  pour 
l'amour  de  Lamorat,  rejoint  son  frère  el  son  compagnon  et,  au 
bout  de  trois  jours,  part  en  aventures  avec  Lamorat,  non  sans 
avoir  essayé  d'inspirer  à  Gauvain  des  sentiments  de  reconnais* 
saoce  pour  leur  sauveur-  Gauvain,  retenu  par  ses  blessures, 
ne  part  que  six  semaines  après,  toujours  eu  quête  du  Lancelot. 

3136.  n  arrive  à  une  fontaine,  où  il  trouve  trois  demoiselles. 

ut  étaient  parties  en  voyage  avec  leur  sénéchal  ;  Gauvain  lue 
cmenl  ce  dernier,  l'ayant  assailli  avant  qu'il  se  soit  sulli- 

immeut  préparé  k  la  joute.  l'uis  il  combat  avec  Lamorat,  qui 
survient,  sans  que  les  deui  adversaires  se  reconnaissent.  Gau- 
vain est  désarçonné  et  s'en  va,  tout  confus 'd'apprendre  le  nom 
de  Lamorat.  Il  reprend  le  chemin  de  Camaaloib ,  abandonnant  la 
quête,  qui  a  dépassé  le  terme  d'im  an  et  un  jour.  Désormais  il 
est  décidé  k  tuer  Lamorat  et  à  se  vengt^r  de  la  lignée  de  Peli- 
nor,  à  la  premiéi-e  oa-^sion  qui  s»?  [irésentera  (r  05).  11  ren- 


I.  Vw.  ffry.  —  Urtiis  la  Ytngeojux  de  tiaguidel,  U  daxuf  du  Cautda- 
trmt,  i[ui  tutit  Gauvain,  licut  cetui-4:i  l>l  G^iberifl  ea  su  prisuu. 


^_  236  — 

Gouvaïn  et  ses  contre  Ses  frères  Monlret  et  Agravain  ';  tous  les  trois  se 
frères.  mettenl  à  la  poursuite  de  Lamorat  el  de  Drianl  pour  les 
mettre  à  mort.  Gauvain  recommande  à  ses  frères  de  n'en  rien 
dire  t  Gaheriel,  qui  serait  capable  de  secourir  leur  ennemi. 
<t  S'il  fait  cela,  dit  Agravain,  je  n'aurai  pas  de  scrupules  ii  Je 
tuer.  »  Ainsi  fut  porpensee-  la  mort  de  Ijamorat  ;  de  la  lignée 
du  royaume  de  Galles  ne  issi  puis  nul  si  bon  chevalier  que  lui  ; 
cap  Perœval  nefu  ne  si  bon  chevalier  ne  si  preuz  d'armes,  11 
est  vrai  qu'il  vïi  partie  des  merveilles  du  Graal  et  qu'il  fut  un 
des  douze  ^  compagnons  qui  eu  icrmini^reQt  la  quête,  mais 
cela  n€  li  avini  mie  lant  par  (a bonté  de  [sa  757)  chevalerie 
comme  il  avint  par  la  bonté  de  sacfiar,  qi  loialmenl  garda  a 
nostre  sire  virginité^  tant  comme  Perc.  demora  envie;,,  se  fu 
la  bo^nté  de  Perc.  *  Et  si  ne  di  ge  mie  qe  il  ne  ftist  bons  oAcïjo- 
liers  a  merveilles  de  la  terrieyine  chevalerie^  mes  sanz  faille  il 
n'iert  (var.  ne  fu)  mie  si  bon  chevalier  c^ymme  Lamorat  se4 
frères^  ne  nou  fut  nul  de  cestui  lignage  Jte  devant  n^avoil 
esté  K 

Grant  tetis  dura  ceste  futïne,  qe  por  tele  achoison  comme  je 
vous  ai  dit  commetiça.  Pendant  cinq  ans  Gauvain  et  ses 
ù'ères  ne  retrouvent  ni  Lamorat  ni  Drianl;  il  ne  retomerent 
pas  a  c-orl  dedens  celui  terme^  ains  fu  vérités  qc  misire 
[Gauvains]  dernora,  pendant  ce  temps,  dans  le  chiteau  des 
Dix  GhevalicrSt  où  les  passants  devaient  jouter  avec  <Ux  che- 
valiers. Gauvain.  au  bout  des  cinq  ans,  escliapa  toutes  voics^  a 
qitfl  que  paine.  Lamorot  sanz  faille  l'en  délivra  (P'  02  c). 
Mt\*i  se  ne  vous  deviserons  nous  mie,  comment  il  le  gita  (var. 
délivra)  do  ce  chastel  **,  car  trop  avofis  a  deviser  d'autres 


1.  (hterrel,  772. 

2.  Pourpartee  \os  RUtrf*B. 

3.  La  quête  est  terminée  par  Galaad,  Pcrceval  et  Bohort  [dus  loiE 
dnnA  noire  roman,  d'après  \m  mits.  qui  i^uivnnt  la  (huste  du  saint  Graa^ 

h.  Sa  char,  que  il  nettement  garda  a  nottre  sire  virginitâ;  ce  fu  la 
de  P.  101,  349,  340. 

h.  Ce  passage,  ainsi  que  tout  le  reste  de  rhistotre  des  frères  de  Per- 
ceval,  aura  été  cupii:  dans  un  roman  bio^^raphiquc  sur  les  fils  île  Pelinur, 
cf.  p.  213.  Le  rédacteur  de  ce  roman,  probablement  po^Léneur 
aux  récitii  du  Graal,  cherche,  cammo  on  le  voit,  à  motivpr  la  préfé- 
rence i|u'îl  en  devait  doouHr  au  principal  pen»ouuage,  Lamorat,  »ur 
Perce  val. 

6.  Cet  épisode,  quo  supprime  le  rédacteur  du  TriiUxn,  eut  donné  par 
le  compilateur  do  1251)9,  probablement  d'après  le  roman  des  fi b  de 
Pelinor  ;  voy.  J  288  a,  et  noie. 


» 


» 


—  237  — 

àtow»;  ains  vândt'ons  au  plus  tost  qe  noita  porrons  ■  a  fes- 
toire  de  Perc.^  c^r  par  C4?ie  twus  convient  il  (o  757)  revenir  a 
nostre  esl^ire^  ou  nous  vous  deviscroTis  comment  et  en  qurtie 
manière  messire  Perceval  délivra  T.  des  mains  le  roy  Marc  [de 
Comottaille  101.  349,  340)2. 

307.  Gauvaia,  parti  du  château  des  Dix  Chevaliers,  trouve,  y^rt  Je  Dn«nt 
eniiormis  à  une  fontaine.  Mordret  et  Agravain,  «jui  le  •*  '^«  Uroo- 
cherchenl  depuis  cinq  ans.  Apprenant  d'eux  que  Lamorat  les 
a  di^scon/it  la  veille  ^,  Gauvain  s'exclame  :  «  U  cuers  me  dit 
que  nous  nous  en  vengerons  prochainement,  n  Les  frwrea 
passent  la  nuit  dans  une  maison  de  religion.  Le  lendemain, 
après  avoir  assisté  à  la  messe,  ils  partent  et  renconlreut  dans 
la  forât  de  Lacenne  *  Drianl,  accompagné  d'un  seul  écuyer;  il 
ae  les  reconnaît  pas  parce  qu'ils  ont  /ors  armes  novelement 
changées.  «  Voilà,  dit  Mordret  avec  joie,  une  bonne  occasion 
de  nous  débarrasser  du  meillor  des  frères  fors  Lamorat.  ■ 
Gauvain  *  envoie  Agravain,  qu'il  regarile  comme  meilleur  che- 
Talier  que  Mordret.  contre  Driant,  qui  le  désarçonne,  ainsi 
que  Mordret,  qui  essaie  de  venger  son  frère,  mais  il  est  lui- 
m^mc  renversé  par  Gauvain  et  tombe,  blessé  ii  mort.  Le  vain- 
queur ne  permet  pas  à  Monlret  découper  la  tête  de  Driant,  et 
les  frères  s'en  vont,  ne  voulant  pas  Olre  surpris  i)ar  quelque 
chevalier  de  la  Table  Ronde  sor  celui  fei  ^.  Ils  ne  sont  que  peu 
éloignés,  quant  aventure  aporta  c-ellepart  Lamorat,  lebon  che- 
valier, navrez  moût  durement  de  .V.  plaies  grant  (1.  ijranz)  et 
par  fondez,  reçues  dans  un  combat  avec  Dodinel  le  sauvage, 
qui  vient  d'être  vaincu  par  lui.  Lamorat  trouve  Driant 
mourant,  qui  lui  indique  les  arm^j  des  agresseurs,  et  Lamo- 
rat, pleurant  sous  son  heaume,  se  remet  en  roule  pour  punir 
le  meurtrier;  ses  blessures  se  rouvrent  de  la  grant  ire  qe  il  a. 
U  aiteiut  Gauvain  et  ses  frères  dans  le  fond  d'une  vallée  ^,  les 

1 .  Vous  lrm(f«TO/u  au  plus  qe  notu  porr.  757. 

2.  Comm.  et  en  q.  mon.  misire  T.  fu  délivré  de  son  oncle  757.  De 
tnémc  99,  uù>  puuruiit,  U  délivrauce  de  Trii^fian  a  ilêjâ  Hé  racontée; 
voy.  p.  Î03. 

3.  La  i>eiiU  manque  dans  97. 
1.  Pour  ce  qui  «oit,  le  ms.  12599  donne  le mÔme  («xtcque  757,  etc.  ; 

cf  l  2S8  a.  —  La  Cenne  97,  Ucenne  lOt,  349,  340,  Laeenrye  99. 

il.  Qui,  ajout»^  IS&ng,  hait  Lamorat  parce  qu'il  a  appri-*  que  c'est 
(lar  lui  qu'il  a  Mé  d(>sarr-oané  devant  le  cbét^au  des  Oix  Cbeviliera. 

6.  Cfi  motirn'pst  pas  dûnn**  p.ir  I*?599. 

7.  £ii  ufl^tuUM  07,  0;i  un;  ttt/et  .149,  muRMMOI,  340. 


—  238  — 

roconaatt  et  défie  Gauvain,  qui  est  désarçonné.  Mordret  et  Agra^ 
vain  se  ruent  alors  sur  Lamorat  et  lo  renversent;  il  s'éraaouit. 
Gauvain  lui  arrache  le  heaume  et  lui  dit  do  se  déclarer  outré, 
en  le  frappant  h  la  lOlc  avec  le  pommeau  de  l'épée.  Lamorai 
rouvre  les  yeux  :  «  Tu  es  un  homme  mort,  lui  dit  Gauvain;  si 
tu  ne  tt)  rends  pas  à  discrétion,  je  ferai  aiUant  de  toi  corne  je 
fis  de  to^n  père  »  ;  ci  lors  s' aperçoit  Lamorat  qe  il  avoit  son  pew 
ocis,  *  Puisque  a'ous  avez  tué  d'aliord  mon  père,  lorsriue 
j*étais  encore  un  enfant,  et  puis  mon  frère,  répond  Lamorat, 
je  ne  vous  crierai  point  merci.  Tuez-moi;  il  se  trouvera  tou- 
jours quelqu'un  pour  venjjer  ceste  jurant  félonie.  Si  Dieu 
m'avait  donné  de  connaître  plus  toi  le  meurtrier  de  mon  père, 
j'en  aurais  pris  vengeance  moi-même.  «  Il  s'eslunt,  implore  !a 
miséricorde  du  Christ,  s'estatil  une  autre  foi^  '  du  ijrant  ffuvl 
qe  il  a  et  se  pasme,  et  tnisire  Gauvain...  en  fist  adonc  une 
cruauté  moût  (var.  st)  grant  qe  nttl  preudoim  no  (var.  ne  le) 
feïsl  par  (var.  por)  nulle  avimlure,  car  il.,  li  douTUf  ^  si  grant 
cop  g't[/]  li  cope  le  chief  et  {ey\,  9'J)  chiete  (1.  gieie)  la  leste  en 
voie  ',  et  dit  qe  or  li  est  il  {bien  99)  avis  qe  il  ait  bien  '  vengée 
la  mort  de  son  père  ^.  Comme  il  monte  h  cheval,  un  religieux 
eu  robe  blanche  survient,  apprend  les  noms  de  Lamorat  et  de 
Gauvain  parccUu-ci,  qu'il  menace,  l'ail  transporter  les  corps  de 
Driant  et  de  Lamorat  daus  une  abbaye  appelée  La  petite 
aumosne  ^,  porte,  dans  un  vase  d'arj^ent,  la  îèiG  de  I^amorat 
ta  t<^ie  do  Lft-  h  QuempercorcfUin  '  et  lu  présente  au  roi  .\rthur  en  disant  : 
téà"Anhur.  *  •  ^^^^  ^*  *  ^^^  bonnes  ouvres  qe  ti  paraît  font  es  qxmsles  aven- 

1.  Il  ne  s'élRnd  qu'une  foi»  dnn»  12599. 

2.  12599  :  Ri  m.  Gau..  qui  grant  crucUé  enfiil..,  H  donne,  clc. 

3.  'Hl  :  Et  le  prenl  et  gietle  en  VQte;  349  :  Chiep  et  le  gieta  «i  my  la  ' 
voie. 

4.  BimnjHnqiK*  datis97,  101,  3Ut. 

5 .  La  mort  dn  Liimurat  eel  rapportée  difTércmmeai  dans  lo  ms.  1 03  : 
V.  p.  186. 

G.  90  :  Lap,  aumottre-,  757  :  dana  une  abbaye  voisinn  [satï»  nom). 
Oa  trouve  uuo  oxpUcolion  de  cl*  quiu  du  couvent  dans  U*  Lancftot  :  Un 
rui,  cuuYffLi  par  Josoph  d'Ariuialliie,  t*t  s'étunt  exilé  voloutairt'meot, 
arrive  À  uur  abbaye  ».'l  y  diunandt*  l'auniôut*;  l'abbaye  qo  ^arde  II* 
Dotu  de  La  petite  aumt^sne. 

7.  Quepercorentin  99,  Quemprrtorentin  7λ7,  Quenparcorentin  772. 

8.  l'J5y9  :  a  Vois  ci  la  têt*'  d'un  des  raoillours  dicvaliors  du  moniîc, 
r|UoJ'apportt?  pour  ()ue  lu  la  faiîscs  gardera  ftofwrjus<|U*à  ce  <|Uo  vioum» 
11!  veugf'ur.  o  Le  roi  regarde  avec  douU-ur  la  tête,  qui  u  itins^né  s-i 
cuubnir  rouge:  il  demande ipii  est  le  meurtrier.  —  n  Vitutf  le  saurez 
quaud  les  quâleurs  du  Lancolot  scroot  do  retour,  s'il  ne  se  parjurent. 


—  239  — 

tweuses  *  ;  il  viennent  de  luer  Lamoral,  qui  surpassa  tous  les 
boas  cbcTalieradu  monde,  n  Le  roi  baisti,  en  pleurant,  la  tête 
d(  -;  il  erprime  la  douleur  (|ue  lui  cause  sa  mort,  ^/ 

O"  luit  li  aulrt's  ti^  lecnz.  »  Qui  es?t  le  mevirtrier? 

J'en  prendrai  jMsticf,  »  dit  Arthur:  mais  le  preudons  s'en  va, 
en  déclafant  qu'il  ne  veut  dénoncer  personne,  «  car^  dit-il, 
st  par  ma  parole  estoit  home  lii^ré  a  mort,  a4ont  je  seroie 
eopabU  de  celé  mort.  Vous  saurez  bientôt  la  vérité  »  un  tel 
ci^fatl  ne  pouvant  être  longtemps  dissimulé  -.  »  Arthur  soup- 
çonne pourtant  fine  le  œupable  est  Gauvain.  Le  récit  retorne  ii 
Agloval  pour  deviser  comment  îl  conduisit  son  frère  Pei-c^val 
à  la  cour  d'Arthur  "•(f  64). 

308.  Après  avoir  clioirbéen  \*ain  LanoeIoL  pendant  six  ans,  Agïora!  ei  P«r- 
Agloval  arrive  dans  un  pays  jfûufaje  et  divers,  près  de  la  tour  «val. 
OÙ  sa  mère  *  s'est  retirée  avec  le  jeune  Perceval  el  où  elle 
pleure  la  raort  de  Pelinor,  de  Lamorat  el  de  Driant  ;  elle 
espère  au  moins  empêcher  son  fils  c;idel  de  devenir  chevalier. 
Agioral  rencontre  Perceval,  qui  aloit  lot  contre  val  la  plaigne 
gitans  et  lancent  javeloz  que  il  tenait,  et  corroit  une  heure 

car  c'iïSt  uo  d^  ceux-là.  •  L«  rui  px[uimt?  son  cliai;riu,  el  &v  sigup  ilVlou- 
DrmRni  fo  a(«pn*uant  que  U  nturi  reniunie  ù  liuù  jours  :  oq  croit  u 
l'encluinKfnient.  ho  nn  pread  lit  tête,  quidoienl  aussitôt  si  noire  el  si 
taimçrt  Oit»  elle  devait  aire,  n  Vous  élRs  tltinc,  ilit  lo  prriiituin.  île  ta 
p«renttf  (lu  mcurtnpr  ;  car  une  «Jt'tiioisollenKMlit,  peu  apn''*:  le  «ifarin*, 
fu'iine  ckarvjeroit  Ja  colnr  devant  qu'il  cherrait  entre  ta  mains  d'aucuns 
é4  4*$ffmêtnis,  »  lÀ-des««s,  le  religieux  s'en  va.  Les cht?v;ilier>(/*' /Wc/u, 
apprenant  par  le  roi  fpie  c'e^t  U  U'tc  de  I^morat,  le  pteignent  axse:  et 
rtçTfient.  La  l^to  remest  leieni  en  la  cort,  ne  t'estmrt  ne  dévùe  pas  que  li 
roii  tnftet,  ain:  s'en  taist.  Puis  l'arrivée  d'Agloral  chez  6a  mi're. 

J.  97  :  Font  en  querrant  les  aventura. 

•?  T.^  rr.î  ne  demande  pas  le  nom  du  meurtrier  dans  772,  97,  101, 
3i  '.  qui  »e  bornent  à  dire  que  le  prtudom  s'en  va,  pour  ne 

|ti,p  '.  M  ■.  ,:••  '.'L'  de  dï^noncor  le  coupable. 

3.  Ici  00  termine  »m  inierpolalion  faite  sur  lu  texte  do  757,  elc,  ; 
et  §§  303  el  388  a.  Ce  qui  ëuil  jus(|u*ao  départ  de  Percevul  de  la  cour 
(I  3i2J  se  relruu%edane  la  version  ordinaire  et  pnihuliIrmtMit  plu^pri- 
tatlive  du  Laneelot,  doul  lelt*xte  e&l  cependant  uu  peu  plu?  serré  et  qui 
diffère  |H)Ur  desdf^lails.  Cf.  P.  Paris,  Les  romans  tie  la  TaltU  ftonde,  V, 
3î6.  el  Jonck1iti>et,  U nonian  de  la  Charette,  p.  xLt-u  ;  l'imprim»'  du 
IjtnerUtt  t^t  d  iiocôrd.   Ca*  texte  comtnuu  du  Lancelot,  auqurl  fiasse  ici 

luit  plus  loin  aussi  p;ir  '.il.  3-iy,  KM.  75K,  au  milieu  de» 
»!•  ..rpulées  dans  lijus  ces  mss.  d'apn's  le  Lancelot;  v.  §  388 

"■a.  —  Uaoê  la  version  de  331,  etc.,  on  ne  doniii-  i|ue  rorrivtV  de  Per- 
ceval â  U  cour  sans  raconter  les  aventures  ijrécwientw  ;  iT.  §  254. 

4.  Appelée  Larcine  dan»  1351)9. 


—  240  — 

avant  et  l'auire  arriéres t  une  haut  et  l'autre  bas  '.  Les  arme» 
d'Agloval,  à  qui  celle  semaine  meïsmes  J.  chevalier  avoit 
donné  totes  noveles,  brillent  au  soleil.  Perceval,  n'ayant  jamais 
rien  vu  de  plus  b«au,  cuide  tout  vraiement  qe  ce  soit  ou  Dieu 
ou  aïufre^\  il  se  lesse  maintenant  cheoir  et  dit  ses  pri'ires. 
Agloval  s'arrôte,  pensant  que  le  valet  a  peur.  Celui-ci  s'avance 
et  lui  demande  s'il  est  Dieu  ou  an^.  Agloval  rit  et  explique  ', 
sur  la  demande  du  jeune  homme,  les  noms  et  rulilitè  de  ses 
armes.  «  Il  est  heureux,  dit  Perceval  à  propos  tlu  haubert,  que 
les  biches  et  les  cerfs  que  je  chasse  n*en  aient  pas  comme 
cela.  »  Il  amuse  beaucoup  Agloval,  qui,  dès  que  son  frère 
s'est  nommé,  se  fait  conduire  par  lui  chez  leur  mère. 

tMort  de  la  mère  309.  L'ancienne  reine  se  désole  d'abord  de  l'arrivée  d'un 
dePereeval.  chevalier,  puis  se  pâme  de  joie  en  reconnaissant  son  fils;  elle 
maudit  la  TaMe  Ronde  et  Merlin,  qui  IVtahiit.  Pendant  les  dix 
jours  qu'Agloval  reste  à  la  maison,  Perceval  ne  fait  que  regar- 
der et  essayer  les  armes  de  son  frère,  qui  li  avoit  ja  tant  ^ 
conté  lies  afere:  du  wîaume  de  Lotjres.  Il  désire  aller  à  la  cour 
d'Arthur  pour  être  armé  chevalier  de  la  main  du  roi,  comme 
il  le  dit  à  son  frère  un  soir  qu'ils  sont  seuls  dans  un  prael. 
Agloval  lui  tait  remarquer  que,  pour  obtenir  cet  honneur,  il 
faut  éli'e  plus  preuz  que  autres,  d'autant  plus  que  leurs 
ancêtres  ont  été  d'une  si  haute  renommée.  Perceval  assure 
qu'il  tient  d'eux  et  qu'il  sera  preudome  :  «  Sachez  que  je  veill 
estre  chevalier,  et  mes  cuers  si  acorde  du  tout,  el  nature  te 
me  commande'^.  »  Agloval  sudil  bien  que  ce  serait  dommage  si 
ce  bel  enfant,  si  aperi  ^  et  si  forni  de  membres,  perdait  sa 
jeunesse  entor  sa  metv,  mais  il  est  retenu  par  la  crainte  que 
celle-ci  ne  meure  de  chagrin  en  voyant  partir  son  fils.  Alors 
Perceval  monte  à  cheval,  le  lendemain  malin,  et  part  à  Tiusu 
de  louL  le  monde.  La  reine,  qui  s'évanouit  à  la  nouvelle  de 
ce  départ,  force  Agloval,  en  menaçant  de  se  tuer,  d'aller 
ramener  son  frère.  I*erceval  se  décide  à  retourner,  sauf  à  s'en 
aller  de  nouveau  dans  deux  jours  ou  ù  se  donner  la  mort  si 
on  ne  veut  le  laisser  partir.  «  Vous  feres  ce  que  vous  voudrei, 


1.  Une  haut,  otc,  uiant|ue  dans  |*259'J. 

2.  Lem^mtf  trait  dans  Ghr(Hii»ii,  \e  Conte  du  Graal. 

3.  Pas  d'explicaiion  daiiu  12jt»9. 

4.  roui  757. 

5.  1*^599  abrège  uu  peu  celte  coQversaiioa. 
C.  i4p9r<  manque  d.  13&99. 


I 


^ 


» 


loi  répond  Açlova!,  pourvu  que  vous  reveniez  inaintenani  à  la 
maison  avec  moi.  »  La  reine,  revoyant  son  fils  ai<i»;l,  l'em- 
brasse et  lestraint  avec  une  effusion  de  joie  iclle  qu'elle  se 
tksront  tote.  et  li  ctiers  H  part  cl  ventre  ;  si  chiet  arrière  toU 
enverse.  Pcrc^val  7ie  cuide  mie  q'elle  soit  iiuyrtù,  ainz  croit 
bien  q'elle  xoit  pasmte.  Et  AgL^  qui  plus  ne  pooit  veoir  le 
duel  qf  sn  mère  fesoity  vient  a  ses  armes  et  tes  preni  et  monte 
€i  se  pari  de  Uanz^  et  autresi  fet  Perc,  ne  Agi.  necindoit  mie 
qe  la  royrie  fust  morte  ne  nou  cuidoit  Père  *. 

3IU.  Us  arrivent  à  Cardueil,  en  Galles,  k  la  Ma'leleine  et 
se  rendent  à  la  cour.  Tous  ccui  qui  cherchent  I^ncelol  sont 
de  retour,  sauf  Bohorl,  Hector  çl  Lionel  -.  AgJoval  est  reçu 
avec  joie.  Un  jour  •*  le  roi  Arthur  aperçoit  F'erceval,  qi  serw>it 
Uanz  avec  les  autres  jovenciar,  se  fait  dire  qui  il  est  et 
déclare  qu'il  ressemble  au  fiaut  lignage  dont  il  est  estre:;^  sur- 
tout k  Laniorat.  Un  Jour,  après  dîner  ^,  Agiovai  prt^scnte  son 
frère  au  roi  et  le  prie  de  l'armer  chevalier.  Arthur  consent 
aussitôt.  Sur  sa  prière,  Perceval  est  fait  chevalier  le  lende-  Percerai  armé 
main,  un  dimanche,  après  avoir  veillé  la  nuit  dans  l'église  "^  ^"^  ^^' 
{t  06).  Les  barons  pleurent  d'émotion  en  se  rappelant  la  mort 
de  Pelinor  et  de  I»imorat.  Gabcriet  fait  observer  à  Gauvain 
que  le  jeune  chevalier  pourrait  bien  venger  Pelinor,  Laniorat 

I.  De  même  135U9.  pour  le  fond.  —  Dans  te  Lancthl,  Agtoval 

èv^  Percerai  à  sa  mère,  et  l'on  n'y  cherche  pas  à  IVxcu^r. 

t.  Ici  1^599  :  Ij>s  quêteurs  uni  élu  si  lon)rt«n)pir  uh^oDts  que  ce 
Otoïi  men-nllt  qu'il  n'atoienttuit  mort  df\l]  travtiiU  gu'U  avoient  si  long 
Itm*  tnduré.  Erec  iatiz  faille^  qui  n'cstoit  mir.  de  erls  qui  atoicnl  tsté 
ctIcUs  «1  ia  qtuste,  n'élait  pas  non  plus  rr\enu;  npK'S  avoir  acquis 
b««a«oap  dft  glitiri'  (rf^ndant  la  qu^te,  il  s'i^tait  arrèti?  avec  Hwlor  chics 
FermitU;  rn^uitc  les  deux  cninp:i^ut>ns  (Haiml  partis,  et  avait  atort 
Brec  tant  ftàt  rn  un  pou  de  terme  t}v  ele  I.  911  en)  n^  paroloit  h  df  lui 
non  (cf.  S  283  a  ss. ).  Apluval  t-st  rern  aver.  joie.  Aprôs  le  diuer  le  roi 
ippinle  Ip^  rniripaçiiuiii'  df  la  qinHe.  Il  los  prie  de  raconuT  leurs  nvcD- 
luree.  n'icom  il  contoitnt  metnimt  tictfrt«n*scrit  la  aventurai, 

Tiaïu.!  je  de  meutiouatr  l'assassinat  deLamorsi.  Personne  tie 

i  uiîrde  dt^iails  fiur  I^ncelot,   le  roi  et  leë  autres  se  d»^- 

ti..:.  .,..  .;ie  iv  déAeflpêre à  l'idée  d'avoir,  par  sa  propre  faute,  perdu 
ion  aman»,  mai»  elle  ne  peut  parler  de  son  chagrin  à  personne;  c'est 
ta  eKo$t  par  cui  elle  cuidr.  plus  tost  morir.  Va  jour,  le  roi  aperçoit  Per- 
Qnral,  etc.,  cumme  dans  7  J7. 

3.  Au  bout  de  Mpt  jours,  7!>7:  fendemain,  !e  Laneelot. 

A.  !?599  :  Le  roi  déclara  que  s'il  peut  égaler  sou  père,  mott  CavTûtt 
^>«»  fit  çraeitus.  Après  le  dîner,  Aploxal,  etc.  —  Dan?  1p  Ijxneelot  aussi 
c'prt  l«  m^me  j^-ur. 

tàtm.  —  Tritlatt.  \t 


el  Dt-ianL,  Rt  il  exprima;  la  haine  que  lui  inspirent  les  lâches 
mcuririers,  sans  remarquer  la  colère  de  Ciuvain  '. 

L«  Siège  péril-      ^H-   On  va  dtner.  Et  sachiez  que  en  la  maison  lo  ro'f 
leux.  Arttis  avoit  .111.  manières  de  tabler  :  la  première  et  la  plus 

Iwmtorable  estait  la  T.  Re,  ;  de  celle  table  es t oit  campai ns  et\ 
sire  le  roy  Arthv^.  L'autre  table  estait  appellee  la  table  det 
compaiijnofiS  errans^  et  ce  csloienl  cil  qui  aident  querant  les 
aventures  du  rot/aume  de  Ingres,  iu  il  ne  faisaient  pas  le 
Sereiuent  de  la  court  t/uant  ih  entroient  es  questes^  aussi 
comme  faisaient  les  compaignons  de  la  T.  Rc.  Ceulx  de  la 
tierce  table  estoienl  ceux  qui  de  ta  court  ne  se  remuaient 
grantment  et  qui  n*»  se  metloieni  pas  es  grans  aventures  ne 
les  questeji  ne  chereiioient,  et  estaient  cil  clœvalier  appelle  les 
chevaliers  maiTis  prisiés  -.  Porceval  prend  place  k  cette  dcx- 
nièrc  table.  A  tant  ez  vous  venir  devant  lui  une  des  pMCeles 
la  roine,  moût  bêle  damoisele  et  motit  avetiant  ^,  mes  ainssi 
H  estait  mescheU  *,  par  la  volenté  nostre  sire,  q'ele  oncqnez 
n'avait  porté;  les  uns  rappelaient  la  demoiselle  muette,  les 
autres  la  damoisele  qi  oncqtiez  ne  (parla  ne  ne  757)  mentit. 
par  ce  qe  elle  îi'avoit  oncqucz  dit  voir  ne  mençonge.  Ayant 
longtemps  regardé  Perceval,  cette  demoiselle  se  met  soudain 
à.  parler  :  «  Perceval,  dit-elle  en  plemant,  serjant  de  Jhesu 
Ctist,  virge  chevalier  el  net,  va  l'asseoir  dejoste  (var.  Joste, 
delez)  le  Siège  périlleux^  que  Dieu  t'a  réservé  ;  car  tu  es  digne 
d'estre  ./.  des  pttis  souverainz  chevaliers  de  la  queste  du  saint 
Graal  ^.  a  Elle  lo  prend  par  la  main  et  le  mr'ïnc  droit  au  siège 
dêlez  le  Siège  periltcct.  Quand  elle  a  soulevtî  le  drap  de  soie 
dont  il  estait  couvert.,  en  gver  et  en  esté,  on  trouve  inscrit 
le  nom  Je  Porceval  sur  le  siège,  qui  lui  est  ainsi  désigné  par 
nostre  sire.  «  Perceval,  poursuit  la  demoiselle,  tu  voiz  hiei\ 
cest  siège  que  ien  appelle  pei'iUciur  ^';  en  cest  siège  s^asena 


{.  La  convor«atiuu  (lo  Ouheriet  avec  Gauvain  manque  daos  r2ri99, 
ainsi  que  dans  Ip  Lancclot,  dont  k  U-xtc.  cominu  uuuâ  l'avons  dit,  nsi 
en  génf^rul  plus  court 

2.  passait?  copi(^  dans  101;  f^  40  b;  les  autru»  easpatiellement  d* 
mémo. 

3.  Accsmee  12599. 

4.  Avenus  757. 

5.  i)f  [toute]  ta  TabU  lUwuUtl  detaq.d.  s.  G.  772,  97,  lût,  34d, 
340. 

G.  Sést  siège  periilex  757.  Bn  céstie)  siege^  qui{l)  ut  apêliês  li  Siept 
périlleux,  s'aserra.  olc.  1*2000. 


—  243  — 


I 


(rar.  sera)  H  bt^neiJrez  chevalier  qi  mcnra  (var.  meira)  afin  les 
av^tnturci  du  roiahnf  d^  Logres,  et  lu  serras  (var.  seras)  *  a  sa 
d€$lrt^  par  ce  ge  tu  li  seniblcras  ^  c/e  virgin[i]tét  et  misire 
Boorz  de  Gannea  serra  a  la  semestre,  et  bien  savront  encore 
cil  de  cest  ostel  la  senefinnce  de  ceste  chose.  »  Elle  le  prie  de  se 
souvenir  d'elle  quand  il  sera  devant  le  saintime  vessel  et  de 
prier  Jt^suâ-Chnst  pour  son  kme,  car  elle-mômc  va  hicntôt 
moorir,  et  tant  dit  la  damoisele,  ne  puis  ne  paria  devant  <felU 
vint  a  lamortetqetlerertttCorptisOoviini^  mt^saforstUst  elle: 
■  Jkesu  Christ,  aies  merci  de  moi,  »  ne  plus  nedisl.  Elle  e.\pire 
quatre  jours  après  ^  que  Perc.  ot  conquis  l'onor  de  la  Table 
Blonde.  Celui-ci  devient  célèbre  à  cause  de  celle  befle  mer- 
veille, et  on  prie  le  roi  <k  retenir  le  jeune  chevalier  à  la  cour 
jusqu'à  la  qu^edu  saint  Graal,  71  par  tens enc-ommencera^  si 
comme  li  ancien  home  du  roiaume  de  loQrez  vont  disant  ^cav 
si  Pcrceval  moroit  jtar  aucune  aventure,  la  Table  Ronde 
sérail  trop  domagie.  Il  est  donc  retenu,  à  son  grand  regret  :  il 
aurait  mieux  aimé  aller  en  quête  de  Lancelot. 


» 


P 


I 


312.  Un  jour,  à  Vcnir^ti  de  l'hiver,  Arthur  dîne  dans  son 
cbÂieau  de  Caradigan  *.  T^  roi  est  enlour-é  de  chevaliers  de 
toul  Age;  parmi  les  jeunes  se  trouve  Pcrceval,  qui  avoit  la 
ehiere  moût  simple  et  moût  douce,  et  ne  re^ambloit  miecheva- 
icr^orgueillej:.  Keu,  l'ayani  regardé  pendant  longtemps,  le 
a  Mordret  en  lui  demandant  :  «  Qxu^  vous  semble  de 
l?  —  C'est  un  chevalier  qui  préfère  la  paix  à  la  guerre. 
—  Oui^  c'est  ce  que  prouve  son  écu,  où  il  n*ot  oncf/uez  cop 
féru,  o  Cesle  parole  entendi  .[.  fox  de  la  cor t;  il  vsk  gaber 
Pcrceval  et  lui  indique  ceux  qui  viennent  de  dire  les  piiroles 
malveilianies.  Perceval  est  confus  et  décide  de  quitter  la  cour  Perceval  quitte 
pour  aller  cherchpr  Lancelot  et  de  ne  retourner  que  Iors(|U'il 
saura  aucune  certeinet^  '"  de  la  mort  ou  de  la  vie  de  celui-ci. 
n  part  furtivement  eu  compa^^nie  d'un  écuyer,  à  qui  il  permet 


UcDur 


I.  Slno$s«ron  12599. 

?.  iVoi  ti  resenbieron  12599.  —  Pour  l'accomplissemont  du  Siôge 
périlleux  par  Galaad.  vuy.  j(  387  ;  pour  le  ms.  103,  cf.  p.  187. 

3.  IVinème,  [H>ur  lefniiti,  12599.  qui  jiourâuit  ain&i  :  La  deinai- 
•ellc  r«t  enterrôe  dans  la  cnthf'tdrtile,  et  itn  fait  mf'ttxc  «n  escrit  tMtc 
«sm/urr.  On  retient  Perceval,  qui  est  fort  honoré  parce  que  par  tel 
mweiite  aroit  gaagnU  le  siège  df  UiT.  He.,et  en  disirent  aucun  t/ue  Dcj:  lor 
«oA  envoie.  Lui-mômc  aurait  préféré  aller  en  quéie  de  h&DCteiol. 

4.  Var.  :  Cardueil. 
Var.  :  Àveunes  luntxeiki  ;  le  lancilot  :  Vrain  noutelUs, 


X.|y 


^    T 


-  544  - 


(le  le  suivre^.  Li?  hniit  des  exploits  <]u'îl  l'ail  en  coumnl  tes 
aveDlures  réjouit  le  roi,  mais  afflige  Gauvain  et  Mortlrcl.  Ou 
apprend  bioniôt  i|ue  ce  soui  les  paroles  de  ce  dernier  el  de 
Keu,  qui  cal  causé  le  départ  de  Perceval,  et  le  roi  les  blAme  A 
ce  propos. 

'les  goutte»  tio  313.  Un  jour  d'hiver,  Perceval  passe  devant  la  courdeOar- 
ueffe  ^^^  '*  ^*^°'  '*  ^*^*^'  *^^  '^  ociye,  trois  gouttes  de  sang,  qui  le  font 
penser  k  Hclainc  sans  i^ir  "',  une  l>eJlc  dame  de  la  cour,  et  ac 
perd  dans  une  rôvei-ie  conteuipialive.  A  la  cour,  on  croit  q» 
c'est  un  chevalier  qui  veut  jouter;  Keu,  Mordrei,  Ciauvaia  •* 
présentent  et  sont  successivement  désarroaaés  ;  le  vainqueur 
s'éloigne.  Uuc  demoiselle  étrangère,,  venue  ce  jour-là  à 
cour,  l'ait  ou6n  savoir  que  c'est  Perceval  le  Gallois.  —  Gau^ 
vain  el  ses  frères  se  décident  *  à  ohercber  Perceval,  dont 
craignent  la  veugeancc,  pour  le  mettre  à  mort  ;  ils  partent 
mais  De  le  trouvent  pas.  —  Nous  arrivons  maintenant  à 
délivrance  de  Tristan  par  Perceval. 


Les  trois   ta- 
bleaux à  ta 
Joyeu6«  Garde. 


ival  empor- 
^_.  Z'écu  (le 
^lïiaeelot. 


Une  demoiselle 
lut  fait  jurer 
de  délivrer 
Tristaii  avant 
LanccluU 


314.  Perceval  vient  au  château  de  la  Joyeuse  Garde,  où 
admire  le  tombeau  de  Galehout.  On  lui  montre  trois  tableaux 
à  droite,  Laucelol;  ii  gaurhe,  Tristan  ;  au  milieu  le  bon  cJie- 
valier  qui  mènera  à  fin  les  aventiu-cs  du  royaume  de  LogrrîH 
si  l'un  des  trois  vient  à  mourir,   le  tableau  qui  le  représenifl 
tombera.  Perceval  apprend  encore  qu'il  reste  certaines  ai*eii- 
tures  à  accomplir  au  château  et  que  ni  Lancclot,   ni  Tristan 
D'en  sont  venus  à  bout^.  Un  lui  fait  voir  l'écu  que  Lanceloi 
porta  premièrement,  et  qu'on  garde  religieusement  au  chil- 
teau.  Perceval  s'en  empare,  en  laiss;mt  le  sien  à  la  place.  Il 
est  poursuivi,  mais  parvient  à  s'enfuir.  Pou  apn'îs»  il  est  ren- 
contré par  Bohorl,  qui  l'abat,  prend  Técu  et  le  porte  k  un. 
ermitage,  o(i  se  trouve  Calogrinant  blessé.  Perceval  arrive  ij 
son  tour  à  cet  ermitage  *,  que  Bohort  a  déj.'i  quille.  Une  demoi-j 
seilo  ^  survient  et  décide  Perceval  à  différer  sa  quâte  de  Lanc 
lot,  pour  aller  délivrer  Tristan  :  Lancelol  ne  souffre  pas  comm^ 

1.  Ici,  dans  12509,  Perceval  arrive  chez  sa  SŒur;  voy.  §  288 
Pour  la  ^uiledaiisle  Lanceîot,  cf.  |  388  a. 

2.  Cf.    103;  [>.  187. 

3.  Agravaiii,  77'2  ;  v.  §  29B,  ootc. 

4.  Ici  commt'iict*  le  friigmonl  141)4. 

5.  Il  n'u  pa»  (Jlé  (luestioii  tle  cula  dans  ce  qui  prdc6de. 

6.  Il  u'eât  plusquesiiun  de  l'écu. 
7-  Cf.  In  préface  fX. 


I 
» 


TristaD  et  ne  pourra  (railleurs  ôtre  délivré  tant  i|ue  celui-ci 
n'aura  pas  regagné  s:i  lilierttî.  Percoval  fait  le  vœu  de  ne  point 
rclouraer  A  la  cour  araot  de  les  avoir  di^livrés  tous  les  deux. 

315.  Il  pari  tout  seul,  arrive  au  lac  de  Marse  et  trouve  un 
peiil  vaisse«iu,  où  une  demoiselle  l'invite  à  entrer.  Il  s'em- 
barque, el  le  lendemain  il  se  voit  arrive  en  Cornouailie  :  la 
demoiselle  a  disparu. 

316.  l!  apprend  par  un  lalioureur  que  le  roi  Marc  assiège  Dini»   »s&i6gâ 
en  ce  momeat  Oiuas,  son  sénéchal,  '{ui  avait  pris  le  pïu-tî  de 

Tristan,  et  qu'il  se  trouve  au  châteiiu  de  Corinde  '.  Perceval 
s*y  rend  el  rencontre  une  nouvelle  demoiselle,  qui  le  connaît 
et  lui  dit  qu'on  l'attend  depuis  longtemps.  Perceval  est  cxtrtî- 
mement  étonné  :  il  croit  à  un  enchantement.  La  demoLselle  le 
rassure  el  le  conduit  à  un  chÂtcau,  habité  par  la  mère  d'Iseut. 
Il  ne  s'eïpli<]ue  pas  bien  la  grande  joie  avec  laquelle  il  est 
accueilli,  comme  celui  qu'on  alteodait.  La  beauté  de  la  vieille 
reÎDe  d*  Irlande  lui  fait  comprendre  ce  qu*îl  a  entendu  dire 
4*Ie«ul,  Ba  Hlte  ^ 

317.  Perceval  surprend  le  roi  Marcel  Andrel,  qui  viennent  Marc  fait  déli- 
vrer Tristan 
et  jure  de  □•? 
plus  le  pour- 
suivre. 


I 


passer,  triomphe  d'eux  et  lus  amène  prisonniers  h  l'un  des 
'chj\teaux  de  la  mère  d'Iseut.  Il  force  le  roi  d'envoyer  une 
iselle  chercher  Tristan,  enooi*e  emprisonné  au  cbÂtcau 
du  Pin  et  gardé  par  le  frère  d'Andret.  Tristan  sort,  piUc  el 
wéoonoAissable  ;  le  nom  de  sou  libérateur  t'étouuc,  car  il  n'a 
laïaats entendu  parler  de  Perceval.  Voilà  déjà  quatre  ans  qu'il 
a  passés  dans  cette  prison,  comme  le  dit  Perceval  en  devisant 
avec  U  demoiselle  qui  amène  Tristan.  Le  roi  doit  jurer  de  ne 
plus  poursuivre  son  neveu,  qu'on  fête  beaucoup  à  la  cour  •"*. 


» 


1.  Ce  nom  n'e^i  pas  dans  101  «l  a  disparu  lUas  un«  dôchirure  da 
U3(. 

?.  I^  pn^ecbce  de  ta  mère  d'Iaeul  en  Cornouailie  n'est  paa  expli- 
qua. 

3.  Utuii  la  Tùc.  Ril.  (cf.  au  ^  253),  Trii^tan  est  remis  en  liberté  une 
wule  fuis,  par  PiTceval,  I^  déjivrunct»  e*i  racont<*e  à  pou  près  comme 
dan»  757,  etc.  Pen:(*val  pari  après  avoir  obUmu  (jue  Tristan  imiprisoane 
Marc  vt  Aadret.  Puis  (p.  3-10),  a  la  priori?  ij'lseiit,  il  p.itiso  la  mer  avec 
*ll<*,  Bran^n  ei  Alcardo  pour  nllor  à  lii  Joycii«e  Oard<?.  En  Lof^rfs, 
ib  '-  '  T..m«x*!ut,  ijui  est  en  chemin  jionr  la  Cornouailto  dans  l'in- 

ttti!  ivHT  TrisUii.  Pour  U  HUÎte.  voy.  §  338  e. 

l'iiur  !-■  rt'cit  ijps  rmprijnonrmpnl*  el  îles  délivrances  de  Tristan 
>lan»  l'autre  vt-rsico.  voy.  §  ^S'2  ss. 


—  246  — 

318.  PercovuL  pread  congé  pour  reprendre  la  quâte  de  Lan- 
celot  j  Tristan  le  prie  de  saluer  Lancelot  de  sa  pari  et  de  lui 
dire  qu'il  viendra  plus  tard  le  rejoindre  '.  Nous  paseons  au 
rucit  de  la  façon  dont  Tristan  termina  la  guerre  du  roi  Mai-c 
avec  Dinas,  le  sénéchal. 

319.  Tristan  reprend  ses  assidtiilés  auprès  d'Iseut,  au 
désespoir  du  roi  ;  elle  consent  à  aLer  avec  son  amant  on  Logres, 
dès  que  l'occasion  s'en  présentera. 

ifilio-      320.  A  cette  époque  Blîoberis  arnve  à  la  cour  {l'arenture 
bens.         Caporta)  et  scntrciient  avec  Tristan.   Apprenant  que  Maïc 
assiège  Dinas,  qui  lui  a  jadis  sauvé  la  vie,  il  va  trouver  ce 
dernier  à  son  cbàtcau  de  Hocbc  noire,  l'assure  que  Tristan  ne 
l'a  point  oublié  et  se  raet  à  sa  disposition.  Il  dirige  une  sortie 
et  fait  des  prodiges  de  bravoure;  les  assiégeants  sont  couster- 
nés.  Pour  venger  celle  honte,  le  roi  Marc  lait  crier  les  ùant  et 
ordonne  à  Tristan  de  prendre  part  h  la  guerre.  Tristan  désire 
Marc,   i3fiut  et  profiler  de  celte  occasion  pour  passer  à  l'ennemi  avec  Tseul, 
au^^' amn      ^^^  ^  obtenu  du  roi  la  permission  de  l'accompagner  au  camp, 

321.  Durant  la  bataille  Tristan  se  montre  tellement  inactif 
que  le  roi  exaspûnî  envoie  douze  chevalier-s  pour  se  saisir  de 
lui  :  Tristan  les  tue  tous,  va  trouver  Iseut  et  parvient  à  se 
sauver  avec  elle  dans  le  château  de  Dinas.  On  comprend  la  joie 
avec  laquelle  ils  y  sont  re<;us. 

Tristan  posse  à  322.  Le  roi  Marc  promet  le  tiers  de  son  royaume  de  Cor- 
Iseui^"'  ^^^^  nouaillc  A  quiconque  lui  apportera  la  tête  de  Tristan.  A  la 
bataille  suivante  Ulloboris  et  Tristan  se  si{^nalcni  sans  cesse^ 
Cent  chevaliers  de  l'armée  de  Marc,  désireux  de  gagner  le  pria 
pi-oposé  par  le  roi,  se  mettent  en  embuscade  pour  s'emparer 
de  Tristan;  mais,  quand  il  arrive  pri^s  d'eux,  ils  ne  se  senloul 
pas  le  courage  de  rattaquerd  abandonnent  la  partie.  A  la  tin, 


I,  AusKilôl,  ajoutent  Icï*  autres  ms8.,  qu'il  aura  atteint  certain  but 
qu'il  s'est  firopc>sé.  Percevul  pan  ,  il  irouvo  enfin  Lancelol  dans  TIlu  de 
Joie,  avec  la  flile  du  mi  Pcllos,  et  le  ramène  à  ta  cour.  Mais,  conii 
le  Livre  de  I-ianceloi  en  traite  suftisamrarmetque  ce.  réril  csl  étrange 
à  notre  liîstciire,  le  c^jnte  n'en  dit  rien  et  s'occupe  de  Tristan.  —  07," 
101,  3-19  doanenl  cependant  plus  loin  ce  récit  ;  v.  |  368  a.  C'en  uû(f 
interpolation. 

Pour  le  même  récit  dans  «  le  Livre  de  Lancclot  s,  v.  P.  Parie,  Boni.  d. 
t.  T.  II.  V.  329. 


—  247  — 

Triilân  iibnt  le  roi  Marc,  qui  csL  emmené  prisonnier  au  château 
avec  Andret.  Iseut  ^i'oppose  à  ce  qu'on  mctle  sou  mari  à 
mort.  Lgs  Utrons  offrent  la  couronuc  à  Tristan,  juais  il  la 
refuse  ;  Blioberis  i-epart.  —  A  l'arrivée  du  printemps,  Tristan 
Toul  6e  reodro  eu  Logres  avec  Iseut  et  fait  préparer  un  vais- 
seau; il  ne  saurait  reicter  dans  un  pays  où  ii  a  eu  tant 
d'ennuis. 

333.  Un  jour  que  Tristan  poursuit  â  la  chasse  uu  cerf,  il 
rencontre  une  demoiselle  qui  le  conduit  au  bord  de  la  mer. 
Elle  lui  montre  un  vaisseau  merveilleux  destiué  à  le  porter, 
avec  Iseut,  dans  le  royaume  de  Lo;{rfîs.  Ce  vaisseau  est  i^oloiré 
la  nuit  par  une  escarboucle  placée  au  sommet  du  mât.  La 
demoiselle  ajoute  qu'elle  repartira  avec  le  vaisseau,  s'il  la  fait 
attendre  trop  ton^'lempis.  Tristan  court  à  la  belle  Fontaine  du 
Cerft  où  Iseut  avait  coutume  d'aller  prendre  l'air.  Il  l'y 
trouve  avec  un  grand  nombre  de  dames  et  de  chevaliers.  Elle 
se  déclare  prête  à  partir  ^t  dit  avoir  entendu  parler  du  vais- 
seau (il  la  Nef  de  Joie  *  ■). 

Tristan  prend  congé  des  Cornouaillais  présents  :  «  Il  me 
faut  aller,  leur  dit-il,  en  un  mien  afere  qe  vous  ne  pocz  mie 
savoir,  et  je  ne  puis  emmener  personne  d'autre  que  la  reine 
Iseut.  Je  ne  sais  pas  au  juste  quand  je  pourrai  revenir;  mais, 
si  je  reste  plus  de  sis  mois,  je  vous  prie  de  remettre  le  roi 
Marc  en  li))erlé,  k  conililion  qu'il  pardonnera  â  Dinas.  » 
Comme  les  assistants  sont  consternés  de  ce  départ,  il  leur  dit 
qu'il  reviendra  plus  tôt  qu'ils  ne  le  pensent;  puis  il  fait  mon- 
ter Iseut  sur  un  palefroi  cl  part  avec  elle,  en  défendant  qu'on 
raccom|>agne  et  inseusil^le  â  l'atlliaiou  "que font  paraître  les 
Cornouaillais. 

32  i.  Les  amants  arrivent  à  la  mer  et  li-ouvent  le  vaisseau.  Départ  des  a- 
■  Voulex-vous  entrer  dans  cette  nef  ou  dans  une  autre  plus         "Mis. 
grande?  »  dcuianile  Tristan  à  I»cnt.  «  Je  veu:£  entrer  dans 
celles:!,  et  non  point  dans  une  autre,  répond-elle,  car  c'est  la 
Nef  de  Joie,  que  Merlin  fit  pour  le  roi  tle  Norbombellande  et 
|>our  Af/ad,  son  ami  ^.  Elle  sera  détruite  après  la  désastreuse 

I.  Od  %i«rra  plus  loin  (S  334)  que  c'est  Maison  rencb&nieur  qui  a  en- 

7.  Pu  un  mut  dn  Gouvornal.  Plus  ti)ia  |$  38fii,  il  «tt  6ii  que  Tribun 
loi  A  «oa&é  le  n>yQuuit'  Je  Léooui»  ol  iju'il  l'u  marié  a  unt  soê  cûutine, 

3.  Acad  17'î.  —  757  porte  :  Pour  If  roi  de  N.  fi  pour  chasser  *on 
caoemi. 


—  248  — 

bataille  de  la  plaine  de  Salehierest  quand  Arthur  aura  quitté 
le  royaume  de  Logres  «  (f*  80).  Iseut  promet  do  raconter  le 
reste  pendant  la  traversée  ';  elle  s'embaiijue  avec  Tristan  et  la 
demoiselle. 

325.  Les  voyageurs  trouvent  sur  le  vaisseau  une  harpe, 
une  gigue  et  des  armes.  Its  partent  par  un  bon  vent;  la  voile 
de  soie  se  dirige  d'elle-mônie.  Le  trajet  est  très  agi-éable  et  se 
pA^c  en  entretiens  ou  à  chauler  au  son  de  la  harpe.  Quant 
vient  entor  la  mie  nuit,  T.  prent  la  harpe  et  le  plairon  0IJ 
commence  a  acorii<'y  sn  har^)€  en  tele  manit*re  que  les  cordes 
de^ouz  et  les  cordas  dcswf  respondent  par  droil  chant  au  bot' 
don  e$  aa:  groiisses  cordes.  Si  quant  il  a  tempré  sa  karpis  et 
Qcordee  si  bien  com  il  savait  fere  et  sclon^^  droite  musique^  il 
commffnce  adonc  a  luiir]per  tant  soefet  tant  doucement  que 
nus  n*ûîst  celé  mélodie  qui  trop  volontiers  ne  l'escoutast,.. 
Quant  m.  T.  ti  (à  Iseut)  a  karpà  .1.  laij,  eh  s'endort  e>»  in 
douçor  et  en  la  rntlodic  du  son.  Et  quant  misire  [T.]  voit  quête 
c'est  end*>rmie,  il  s*end(yrt  dejouste  /im,  et  la  demoiscle  s  endort 
de  Vautre  part;  si  se  doruient  et  reposent  luit  trot  en  tel 
mau iercjusques  a  l'endcmain  que  li  Jors  ca*  vcnuz  biax et  clt'rs 
et  que  ta  clarté  du  soleill  se  fu  espandue  par  le  mondes  <?*<*«' 
par  la  mer  con  par  la  teire. 

Vde  la  Pon-  3?6.  Le  vaisseau  al>orde  à  VJsle  de  la  Fofilaine,  où  il  y  a 
"^°'  une  tour  et  un  beau  pin.  Sous  cet  arbre  se  trouve  une  fon- 
taine, dont  l'eau,  jaillissant  d'un  grand  vase  d'argent,  coule  jus- 
qu'à la  mer;  devant  la  ibntaine  est  placé  un  grand  bloc  de 
marbre  bis,  taillé  par  droite  qnarreiiro^  auquel  est  attachée, 
par  une  chalue  d'or,  une  coupe  d'argent  pour  ceux  qui  dési- 
rent boii-c.  Tristan  lit  les  lettres  gravées  siu-  le  bloc  :  «  Qui 
veut  voir  des  merveilles,  remplisse  d'eau  la  coupe  et  la 
répande  sur  ce  bloc.  »  —  Tristan  a  déjà  entendu  parler  de  la 
K  Fontaine  des  Merveilles  »  et  n'ignore  pas  qu'il  est  dangereux 
d'y  satisfairesacuriosité;  car  Blioberis,  qui  était  arrivé  piu'hasard 
a  rite  de  la  Fontaine,  en  avait  [wirlé  à  la  cour  d'Arthur.  Iseut, 
néannioîuB,  veut  prendre  la  coupe,  sans  écoutei*  les  objections 
de  son  amant  ;  elle  consent  pourtant  à  lui  laisser  le  loisir  d'al- 
ler prendre  ses  armes.  Il  revient  armé  de  toutes  ces  armes, 
fors  son  glaive,  qui  estait  remés  en  la  nef.  Iseut  l'accuse  de 
couariJiHe  et  ordonne  à  la  dcmuîscUe  de  verser  Teau.  Dés  que 

I .  Cotte-  jiromos«î  u'c»t  pas  réalisée. 


—  e40  — 

cdle-ci  a  obéi,   le  cbunl  des  oiseaux  cesse  tout  à  coup  ;   le 

l€mps  s'ûbscurcil,  au  poiut  d'ein[>dcber  Tiistao   et  les  deui 

dames  de  regagner  le  vaisseau;  la  pluie  tombe  à  verse;  l'orage  L'omgo  cnnsé 

est  déchaîné  ;  la  IcmpOle  fait  trembler  l'île  :  on  dirait  le  juge-     Ja*  d^seut!**" 

ment  dernier. 

337.  En6a  le  temps  redevient  beau.  Un  chevalier  sort  de  la  Corebtt   canin 
tour,  reproche  h  Tristan  de  1  avoir  eirrayé  par  l'orage  qu'il     iaîour.'^Y«° 
\ient  de  provoquer  et  le  défie.  Ils  joutent;  Tristan  lue  le  che-     tuô. 
valier  sans  le  vouloir.   Il  entend  Iseut  qui  pleure,  parce  que 
leur  compagne  de  voyage  vîeul  de  mourir  de  la  peur  que  lui  a 
C3U9éG  la  tempôtc.   Les  amants  retournent  au  vaisseau;  mais 
celui-ci  n'est  plus  au  rivage,  et  ils  le  regardent  qui  s'éloigno 
et  disparaît.  Iseut  déplore  sa  curiosité,  qui  les  a  jetés  dans  cette 
fâcheuse  aventure  ;  Tristan  la  console  avec  douceur. 

328.  Ils  entrent  dans  la  tour  et  y  trouvent  un  chevalier  qui  Keu 
dort.  C'est  Keu.  11  est  charma  d'apprCDdre  la  mort  du  déloyal 
chevalier  de  la  tour. 

329.  Cependant  la  dame  do  la  tour  pleure  sur  son  amant  La  dame  de  la 
mort,  qui  s'appelait  Pharant  '.  Elle  s'embaniue  avec   le  corps     ^Jî^u^^a"!}! 
et  va  trouver  ;t  Cnrrmr  -  le  roi  Arthur,   pour   obtenir  son     thur. 
secours  centre  le  meurtrier.  Elle  découiTe  tout  au  roi.  sans  le 
connaître  d'abord,  après  lui  avoir  fait  promettre  de  la  venger. 
Les  vaUts  cherchent  vainement  à  i*elenir  Arthur,  à  qui  Pha- 
rant  a  jadis  sauvé  la  ne.  U  entreprend  la  traversée  avec  un 
volet;  la  dame  reste  pour  faire  enterrer  le  chevalier. 

330.  Le  roi  Arthur  ne  résiste  pas  au  désir  de  connaître  les  Arthur    vaincu 
merveilles  de  la  ionïaioe.  La  temp(?te  passée,  Trislan  sort,  se     parTrwtAn. 
plaint,  comme  naguère  Phai-ant,  et  défie  le  roi.  Le  combat  est 

ble.  car  les  deux  ;idversaires  font  preuve  d'une  valeur 
Arthur  aca)mplit  îles  prouesses  avec  EscaliOort,  celte 
lameosc  épée  dont  la  bonté  aparut  aucques  celui  jor  que  U 
toi  Artus  tti  fist  giter  on  lac  par  Cirftez^  le  fils  Do.  Mais  Iseut 
sort  de  la  tour,  et  son  apparition  i-eaouvelle  les  forces  de  Tris- 
laOf  qui  triomphe  de  son  adversaire,  mais,  à  la  prière  de  la 
reine,  ne  le  tue  [>as.  Tout  à  coup  le  vaisseau  reparaît,  et  les 
amants  parlent  sur-le-champ.  Keu  et  le  roi,  consolé  en  appre- 

I.  Var.  :  ferrtuit. 

î.  Aiibti  757  et  772;  Carrtiwi  I  t3i;  les  autre»  :  Carttueil. 


—  260  — 

nant  le  uom  de  son  vaii](|iieur,  rctonrncnl  à  lu  cour,  oh 
Arthur  raconte  ce  qui  lui  esl  arrivé  et  le  lait  inscrire  dans  lo 
Livre  doâ  aventures  K 


331.  Tristan  el   Iseut,  voguant  au  gré  du  vent,  arriveni 
devant  le  château  de  Corbenic,  appelé  aussi  le  ChAteau  aven- 
tm*eux,  parce  que  les  chevaliers  qui  l'ont  (juill<î  ne  9<iiiraient 
RunconirA  avec  plus  le  retrouver.  Là  se  trouve  le  saint  Graal.  Ils  reaconlrenl 
,ic  roi  Pcschtior,  j^  ^.^j  Pcschoor  2,  qui  se  promène  en  bateau  et  qui  reproche 
Tristan  sa  déloyauKÎ  envers  le  roi  Marc. 


335.  Le  vaisseau  entre  dans  la  rivière  de  Camaaiolh. 
Arthur,  qui  est  h  la  chasse,  arrive,  par  hasard,  seul  près  de 
la  rivière.  11  a  eu  d'autres  aventures  ce  malin-!.^;  mais  elles 
seront  omises,  n'appartenant  pas  à  noire  matière.  Le  roi  aper- 
çoit le  vaisseau,  y  entre,  trouve  les  amants  endormis  et  adjnir* 
leur  l>caulé.  Il  se  rappelle  qu'il  a  déjà  vu  le  chevalier,  mais  ne 
parvient  pas  à  le  reconnaître.  Retourné  k  terre,  il  sonne  du  cor 
pour  faire  venir  ses  gens.  Mais,  pendant  ce  temps,  le  vaisseau 
s'éloigne  et  est  bientôt  hors  de  portée. 


Les  aman  ta 
irouvi^  jwr  Ar- 
thur. 


Sitour  cher  Ma- 
Don  l'cncban- 
teur. 


MonnOTUU.  Gry- 
sindo  et  Ma- 
bon. 


333.  Tristan  et  Iseut  arrivent  devant  le  château  de  Mabon  ^ 
renchantcur,  qui  ddclare  1cm*  avoir  envoyé  le  vaisseau.  Il  les 
traite  bien,  malgré  s;i  réputation  d'inhuiuanité,  et  leur 
explique  pourquoi  il  les  a  fait  venir  de  Cornouaille  : 

334.  I!  y  a  douze  ans,  Mabon  était  chevalier  errant,  et 
l'amitié  la  plus  sincère  le  liait  h  Mi'nnona.s  *.  Mais,  au  bout 
de  quatre  ans,  ils  s'éprirent  tous  deux  de  la  même  fcimne, 
Orifsinde,  qu'ils  avaient  trouvée  au  bord  d'une  fontaine,  en 
cora|viî-'nio  d'une  autre  demoiselle  Ils  se  la  disputèrent,  Mon- 
uonaB  abattit  Mabon,  mais,  quand  il  voulut  emmener  la  dame, 
le  frère  de  Grysindepnatesta,  se  battit  et  fui  tué  par  le  ravis- 
seur. Mennonas  erapOcha  Grysinde,  folle  df  douleur,  de  se 
donner  la  mort.  Elle  partit  et  se  logea  dans  un  chrtleau  voisin. 
sans  savoir  que  Mennonas  en  était  le  propriétaire.  Elle  ne 

t.  L'épîBCMle  d(*  l'Ile  de  Ik  Ktitiiaine,  auquel  il  n'oM  ffûl  aucunt* 
allusion  par  In  siiiU',  esl  visiblenieiit  imil^  du  Chftviitr  au  Lyon  d<' 
Chrétien  (i.  370  ss). 

2.  Appelé  Petta  ou  Petleih}ttn  dans  [as  mss. 

3.  Cà  et  l  :  .Vniort. 
^.  Var.  :  Manonas, 


—  251  — 

voulait  point  de  lui,  lui  témoignait  son»  cesse  la  haino  qu*il 
lui  ini^pinLii  et  lui  dis^tit  qu'il  n'était  [las  asf^ez  bon  chevalier 
pour  une  danie  de  sa  l>oaulé.  A  la  6n,  Mennonas  se  t'.lcba  et 
lui  déclara  qu'il  la  baissait  tout  autant.  Us  coDTinrcnt  que 
Grysinde  couperait  la  léte  h  Mennonas,  s'il  était  vaincu,  et  que 
Mennonas  la  couperait  à  Grysinde,  «  une  autre  dame  rem- 
portait sur  elle  en  beauté.  Mabon  avait  emmené  chez  lui 
Tautre  demoiselle,  la  compagne  do  Grysinde;  elle  oc  tarda  pas 
à  apprendre  les  encbanlements  que  Mabon  tenait  du  prophète 
Merlin  et  connut  ainsi  que  Mabon  la  trompait  avec  une  (jentil 
dame  du  voisinage.  L'ayant  vainement  averti  du  danger  qu'il 
courait  en  la  trahissant,  elle  se  laissa  enlever  par  Mennonas, 
venu  pour  voir  Mabon.  Puis  elle  enchanta  ce  dernier,  de 
manière  à  le  retenir  toujours  dans  son  château  :  toutes  les  fois 
qu'il  voulait  en  sortir,  il  perdait  la  vue,  et  reochantemenl  devait 
durer  tant  que  Mennonas  et  Grysinde  seraient  en  vie.  —  Mabona 
envoyé  le  vaisseau  en  Comouaille  pour  avoir  le  secours  de 
Tristan  etd'Is«mt.  qu'il  croit  capables  de  vaincre  Mennonas  et 
Orysinde  :  si  leâ  amants  ne  veulent  pas  l'aider,  ils  ne  quitte- 
roDt  jamais  son  château. 


335.  Ils  consentent  et  partent;  Mabon  leur  fournit  ce  qu'il 
faut  pour  voyaiTcr  convenablement  dans  le  royaume  de  Logres. 
It  leur  donne  un  écuyer,  et  aussi  un  nain,  en  seneftance  de 
gentiUescâ  ;  car,  aux  temps  du  roi  Arthur,  personne  n'avait  un 
nain  dans  sa  suite  à  moins  d'Ôtre  de  très  haut  parage,  sous 
peine  dese  faire  tenir  ^)Mr  fol  et  non  sachant.  Tristan  demande 
à  Mabon  si  jamais  il  reverra  le  vaisseau  :  «  Oui,  répond  celui-ci, 
vous  le  reverrez  dans  le  moment  le  plus  triste  de  votre  vie  '.  » 

L'écuycr  conduit  Tristan  et  Iseut  au  château  où  se  trouvent 
Mennonas  et  Grysinde  et  leur  rappelle  que  le  sort  des  vaincus 
est  de  perdre   la  tùte.   La  beauté  d'Iseut  est  déclarée  supé-  Triiiian  et  &ul 
rienre  à  celle  de  Grysinde,  à  qui  Mennonas  traoche  la  tête.  Lui- 
même  est  vaincu  pai*  Tristan,  qui  envoie  les  deux  têtes  à  Mabon. 


Ifennoaas 

et    Grysinde 

vaîQCUi^  par 


33C.  Tristan  et  Iseut  reparlent  et  font  halle  prés  d'une  fon- 
taine: Iscui,  qui  n'est  pas  habituée  aux  longues  chevauchées, 
s'endort.  Son  amant  s'apprête  à  suivre  son  exemple,  quand  un 
cri  de  femme  se  fait  entendre.  Malgré  les  instances  du  nain, 
IVisUû  veut  aller  voir  ce  qui  se  passe. 

f .  Il  n'en  est  plm  (jpie&ûutx  par  la  siûie. 


i^ 


—  252  — 

Il  trouve  uoo  demoiselle  pleurant  sur  le  corps  de  son  amaut, 
que  Monlrel,   accompagné  d'Agravain  et  de   Guerrei,  a.  tué 
lâchement,  parce  qu'il  s'était  permis  de  juger  la  lignée  de  Bao 
supérieure  à  celle  d'Arthur.  Tristan,  à  la  prière  de  la  demoi- 
selle, transporte  le  cadavi-eft  une  abhaye  voisine. 
pSroi,  Agra-      Cei>eadaut,  Mordretet  ses  frères  trouvent  Iseut  endormie  et 
'eiaLattus'r^ar  admirent  Sii    beauté;    de   même   Blioberis,   qui    arrive  à  ce 
Trisittu.  moment.  Les  trois  frères  veulent  emmener  Iseut,  quand  Tris- 

tan revient.  Il  les  abat,  puis  s'éloigne  avec  Iseut  et  sa  suite. 
Blioboris  Ucniaude  à  se  joindre  à  eux;  mais,  sur  la  réponse 
négative  qui  lui  est  faite,  il  se  retire  et,  rentré  h  la  rour, 
raconte  ce  ipi'il  vient  de  voir. 


juidaban  et  aon 
frère. 


337.  Tristan  et  Iseut  vont  prendre  leur  logis  dans  un  chA- 
leau,  où  ils  trouvent  Pidamcde.  Guidaban  *,  le  lils  de  leur 
hôte,  s'éprend  d'Iseul  et  part,  accompagné  de  son  frère,  pour 
se  poster  sur  ie  chemin  de  Tristan  et  se  battre  avec  lui. 
Palamède,  eu  proie  à  ses  peines  de  cœur,  se  met  également  en 
ciiemin  et  trouve  les  deux  frères,  qui  lui  communiquent  leur 
projet.  Paiamède  les  menace;  une  forte  baUiille  s'engage  : 
Palaméde  en  est  le  vainipieur,  griico  i  la  présence  d'Iseut,  qui 
rejoint  les  r.ouijjaltants  avec  Tristan.  Guidaban  est  tué,  son  frôrc 
grièvement  blessé.  Paiamède  court  aprèsiesamants;  ilavaitaca/is 
faille  recouvré  glaive  d'un  chevalier  que  il  avoit  tôt  main- 
te/mnt  encontre.  Il  ordonneà  Tristan  de  lui  céder  sa  maltresse; 
Palamèdo  épar-  maj^  ,1  est  désarçonné.  Tristan  laisse  à  Iseut  la  décision  sur 
f"n.  ^'^  '^*  le  sort  de  Paiamède  :  elle  le  prie  d'en  faire  ce  qu'il  voudra. 
Tristan  vante  Paiamède,  si  bon  chevalier,  si  courageux!  Il 
étail  pre-sque  outré  en  arrivant;  ses  blessures  ne  l'ont  pas 
empêché  d'attaquer  aussitôt  un  nouvel  eancmi  :  il  est  digne 
qu'on  l'épargne.  Iseut  est  du  mémo  avis. 


Duiit&  pas- 
sent devant 
Oimaaiolli. 


338  (I*  93).  Ayant  quitté  Paiamède  2,  les  amants  arrivent 
devant  Camaaloth  ^.  Le  roi  Ailhur  a  fait  tendi'e  des  pavillons 

I.  Var.  :  Guideban. 

"2.  Qui  fu  tant  dolant  de  ceste  aventure  qu'it  en  lessa  bien  J.  an  entùr 
a  porter  armes  ujouteut  757  l't  1 134. 

3.  Ici  $0  rt'uui!i80iit  tes  tcxtoii  des  m»s.  el  dea  imprîntés  qui  cuo- 
lieunont  cpu«>  partie  du  roman,  aprf»  Il*4  raccourcisse  meut  â  et  It^ 
(liviiff^pnceB  do  réilafîlion  (voy.  p.  185  »^.)  :  336,  etc.  ne  donnent  pa£  Xv» 
uveuLurt'B  du  la  tnive-rst^e  ;  seuli»,  330,  U'j  H  7&8,  ipii  renvoie  au  Grant 
Livre,  y  Tonl  allusiou.  Trestwm  |>arle  d'un  i«u]tiif;  dans  103  ou  va  à 
cheval. 

OtjpondanL  336,  utc.  doaneaidu  passage  des  amants  devant  Camaaloth 


Bm 


—  253  — 

dans  la  pUioe.  et  la  reine  »  estait  venue  par  ie  commandement 
le  roi,  avec  une  grande  suile  de  dames.  La  fôteesl  magnitique, 

et  de  leur  Kirivéu  k  la  Ji>yeuM<  Ganle  un  récit  ahn^.  336  se  lîeal  le 
plus  près  du  texte  île  757.  otc.  ;  94,  SD.  Malory  (os^iMitirlk'ment),  758 
cl  12599  (iroisit'mp  partie  do  ce  mg.;  voy.  p.  i;3'2)  ilôuni-at  le  ini^mp 
Ipxlp  f\ixe  755  ci  760,  suivi  on  partie  ausr;i  par  i03  et  lus  imprimés, 
sauf  TressoD  et  la  Tavota  Ritonda.  —  Vuici  cet*  toxios  iilirégèe  : 

338  a.  336  (Piïup  cp  qui  poScWe  daos  ce  me.,  voy.  p.  191)  :  En  ctiU 
partie  dit  k  compte  gue  tfuanl  mons.  T.  fu  venus  de  Corn,  ou  roy.  fU  L.  et 
il  cti  out  aifc  lui  vîmes  ta  roi/ne  Yse^tt  de  Corn.,  il  lui  advint  adont  qite. 
ttdrenturr  l  amena  {adoîU  *j  devant  la  cité  de  Kamaalolh.  Et  a  celui  point 

338  b.  755  cic.  :  Kn  ccAle  partie*  dit  /i  cont^  qf  futant  in.i.  Tristan 
fu  rcnuj  au  reaume  de  Loçrea  et  il  ot  ametU  acte  lui  madotne  Ueut  et  it 

1.  7M  «1 1M  coannenomt  Ici  i  poar  DM»,  voy.  p.  Uti  M  n-fimid 

f  SVft  i»4e-    —    n,  sprts  1m  mots  :  tft  rtnariHt  «h  r-  ', 
«Iful  '.  «•  iti  /Wvnf  n0«i(  Mf*  rte^tm...  €l  tuniatt  mon- 
mÂoiU  X  *'  '><•  r*n/  (ouf   droit  a  f«  cvitrr  r«  r^y  .1^  < 
«BaM  é#«  romp.  de  la  T  Re  Jui^Ufl  a  .TlHI  .cL-  .  ft>mn,>   7  '  >    H'c 
— ^~' — I  deTratAD  i  Lfturelot  ro  tiii  «OTof sat  un  uiDcxti,  et  lwii|iMti'. 
ntii  ["nu-Ion'  j-ir   Mlbur    —    *ôi.    -s  fv    .,1.1    pti  ■■■■le    !.■    t! 
f(r    ;.     , 


tilcn  iirgagil taùw n Mit,  toi  di 
4«  i«r  CiM  "i"'     /■--  'n-i^iru  .1. 

jm<v  rfM   rtry  -'- 

/taf«ttf  rtt^mat  r.        1, 

TU,  «te    tx.  ci-<W«ui»-   im  1 

Ub.  ft  ,  it,  H)  T'jlLiiAiu  E- 

^  4«iA>é  iU  pr«uv«»  «il  Car«ur  »•-  --r 

tmnamif».  —  IOI.«iiiatt.lalBXUdeltiitld«aplHlo4a  |»44«<r). 

et  7ii  (vor.  d-di  Mnoi). 


:  on  itnuiKvu; 


"   -j.  (»wy.  p.  104)  (Kiaraolt 

■  .uf.  ttu  l4e,  fut  *t  aui/t 

.  .j  ptttirwrt  i*f  tant  fv'il 

'    •rifutaM  U 

M  nt  (hrl 
'  n  fflkpinin 
:  hlen  voir 
'l'on  (Mjs 
-.  •  Vuus 

P.  ivb 

iiiAii  11  n'a 

I  .iriiM-r  (jm    niiiatlU   a'««ll 

dooike  ilM  bribes  tltl  tutr 


757, «le 


336 


755.  M. 


lus 


TreMOfti 


338  c.  103  (Vêrard,  Janol)  :  Tristan  et  Iseut  chevauchent  ver»  le 
paxs  de  I^tgres  [vi^y.  p.  2fl4),  pour  arriver  à  lu  JayiMisc  Gnrde;  car  on 
avait  dit  à  Trislaii  qu'Artliur  y  était.  Prés  du  c<Uemlrtiit  ils  trouvent 
d»  paMlIouB  :  c't^taient  Arthur  et  set^  chevaliers  ;  Tristan  en  abat  cinq 
à  rarrîvéo,  puis  vingt  autreâ  :  Uauvaitt,  Gaheriet,  Guerret,  Sagremor, 

38S  d.  Tressan  :  Arrivés  pu  Logres  (voy.  p.  306),  les  anianla  s'en 
Tont  vent  la  Joyeuse  Garde  ;  ilt*  soûl  surpris  d'apprendre  r|u' Arthur 
habile  co  château  depuis  deux  jours  et  qu'en  reinurnaut  a  Cramalol,  U 
g^amase  à  loir  jouter  le^i  chevaliers  de  la  Table  Rouile.  Iseut  décide 
Tristan  à  se  rolirer;  mats  c'est  déjà  trup  lard  :  Tréu,  k*  «énéchal,  et 

338  e.    Tawta  Ritonda.  :  Tristan  et  I&îut  continuent  leur  chemin  Tavola  Riioada 
avec  LaDceloC  i;voy.  S  317,  nute)  *.  Quand  il»  sont  près  de  Camaaloth, 
Triàlan  du  iiu'il  \eut  ^rder  l'incoj^nitn  et  aller  ^e  reposer  à  la  Joyeuse 
Garde.  Le»  aman t&  sxiiventde  loinlADcelut  et  arrivent,  peu  après  lui, 

itemMuitn 


_  254  — 

7S7,  etc.  et  la  nu  il  estaient  en  tel  envoiaeSre  et  il  M  seoient  of  tables 
communementj  a  tant  ez  vous  veyiir par  devant  etia  misire  T. 
avec  Iseut.  Leur  train  se  fait  remarquer  par  son  élégance  ;  mais 

SUR  «stoit  li  roy  Artfis  (Uhors  Kamo[à]toth,  en  tentes  et  en  partitions,  ou  it  te 

déduisait  aveaiues  i«  barons  de  son  royaume  et  des  compaignons  de  ta  T. 
Ronde.  Et  quant  tes  compaignoiis  virent  vions.  T.  passer  par  devant  les 
patxiitonî  sans  leur  riens  dire,  ils  en  ourent  despit  et  dedaing.  Poursuivi, 
Tristan  porsistp  à  ne  vouloir  pas  s'expliquer  et  abat  .XIUl.  des  compa- 
gnona.  Lanct'lot  vient  àsoa  tuur  combattre:  n»ù  Tristan,  l'uyaut  rccon- 
DU,  ne  VBUt  point  jouter,  atiu  «0  /Ist  eongjioistre  tout  mointonant  a  lui. 

755,  etc.  ol  troti  m.s.  Lane.  en  celé  wnue  qu'il  vint  davant  le  roy  A.  et  H  amenoQ 
avec  lui  madame  ïseut,  abati  il  des  compagnons  de  la  T.  fie.  jusqu'à 
.XI Uï.  M.s.  lane,,  qi  por  wnger  celé  honte  qu'il  leur  avoil  faite,  s'estait 
meUsdespateiUansporjosteram.s.  Tristan,  quant  il  reconnut  m.s.  Trist.. 
Çi  a  lui  te  /ist  vonnoirtre.  si  li  /ist  grant  joie  et  qrant  [este,  ce  ne  derroil 
nus  Iwm  demander,  et  quant  ilconut  la  roitu  Yseut.  it  ne  fu  gurre  tnains 
joians  de. ta  vtnue  qe  it  fu  de  m.s.  Tristan.  Qe  vos  dtiviegef  Grant  joie  fisi 
[et  a]  li  uns  (cl)  at'autre^  et  porc*  gem.s.  Trist.  ne  wtoit  mieqe  le  roi  vnsi 
la  roine  ïseut  a  ceslui  points  ne  nus  des  autres  harofts  de  c<lui  astel  la 
veissent^  prislrent  il  conseil  '  «/tire  lui  et  Lane.  et  siqeil  s'acordcnt  a  ce 
qe  il  emrncnroi\en]l  la  roine  ïseut  en  ta  Joiewte  Garde,  qi  estait  un  chastet 
moût  fort  et  moût  riche  et  estait  proprement  monseignor  lane,  car  il 
t'acoit  conquis  par  force  d armes  eni  ou  commencement  de  sa  chev^slerie^  et 
por  ce  que  cisi  chastiaus  estoit  fors,  riches,  biaus  et  aaisié{e]  de  toteschoses,  i 
menoient  il  la  roine.  Car  li  chastiaus  ne  pooil  eslre  pris  a  force  en  nulte 
manière  de  gens,  se  la  rotne  i  fust  :  car  a  force  nel  pooil  \on\  aeisiemait 

1.  et  tort  prtitrtHi  eoMM   7U. 

108  Tvain,  Kon,  Tvain,  ftU  d'Urien,  Pprceval,  Hector,  Bros  de  te  lande\ 

le  chevalier  à  la  ait e  mal  tailli5e,  Cnradoc,  etc.  Lancelol,  pour  les  ven- 
ger, juutc  aveu  Trisl&D  qu'il  reconnaît  à  première  vue;  il  recounail 
également  Ii>eul  et  leur  fait  grant  Joie.  Tristan  le  prie  de  les  couduire  à 
un  endroit  où  ils  puisecnt  vivre  inaperçus;  Lancelot  les  mène  à  la 

1.  Ver.,  iiiD.  ;  Bror  et  la  lande. 

rressAD  Dinadan  viennent  leur  demander  leurs  noms.  Tristan  joue  la  timiditi^: 
il  dit  qu'il  est  un  pauvre  chevalier  et  chemine  avec  sa  soeur  à  une  abbaye 
où  elle  va  s'enclore.  En  feignant  toujours  d'être  très  inexpérimenté, 
il  abat  Keu  et  Dinadan,  qui  sont  forcf^s  de  garder  sa  prétendue  «UMir; 
Bliomberis.  les  |tjruis  neveux  d'Arthur  et  dix  autres  chevaliers  sont 
abattus  à  leur  tour.  Quinze  ^  des  chevaliers  du  roi  enluureul  déjà  le 

1.  Uili  U  y  M  ATBlt  aelH. 

Tarola  Ritonda  au  pavillon  du  roi.  Tristaa  Bonne  du  cor  pour  înnler  ii  la  jonle.  H  abat 
Gauvaln,  Mordret,  Agravain,  Troiano  et  dix  autres  che>alierB.  EoGn, 
Lancelot  vient  rejoindre  Ii»s  amants  ;  ils  parlent  avec  lui  pour  la  Joyeuse 
GardCi  où  Alcardo  oat  armé  chevalier;  à  l'avenir,  il  porte  le  nom  de 


—  255  — 


ne  pouvait  constater  si  Iseut  était  belJe  ou  laide»  car  tlU 

stoit  si  durement  envelopee  por  Le  cfuiut  du  soleill,  que  mal 
%e  li  felst,  que  vous  7i€  pe'ùssie:  de  lui  veoir  ne  oueill  ne 
iMire  c/u>se.  Tristan  passe  sans  mot  dire,  et  l'on  tient  cela  a 
trop  granl  orgueill.  Le  roi  reconnaît  P^u  qu'il  avait  vu  dans 
]a  nacelle  (v.  S  332),  et  le  dit  à  ses  chevaliers.  Keu  demande  la 
permission  d'inviter  le  chevalier  à  venir  piirler  au  roi;  Arthur 


7S7.  êic. 


lot  eat  beurpox  paniciilitTetnent  de  la  venuR  d'Iseut  ;  c»r  il  osl  336 

jilus  sûr  île  (garder  Tristan  aii|jrés  dt*  lui.  fU  i'acordtrmt  guiU  en 
ient  ta  roj}ne  Y.  a  la  Joyetur  Gardf,  rhAiotm  irr^  fort,  \tH  beau  et 

che:  Dl  Iton»  fstoit  file  friWi  atwfir.  xe  lechastfl  n'eost  est/  prins  en 

ûrrerin  et  fnibl^  comme  ii  fu,  à  romnif  nous  votu  devueronjt  sa  avant 
m  ncstn  ttvrw.  I^AiicrloI  ordunno  aux  babilnnU  df>  cr  ctiAtirAu  An  hieu 
garder  Iseut  ;  —  4  partir  d'ici,  336  pour&uitcomino97,  349»  !0I.  772; 
roy.  I  344.  aole. 

irendrt,  por  g'H  clist  Uan:  un  pou  de  boni  genl  qi  le  vousist  défendre.  En  T&à.  elo< 
iiel  guist  rom  je  vos  cont  vtnt  Trisi.  au  eliastrl  de  la  [Jloieuse  Garde  en  la 
tompaçnie  mottafrie  Yseut  H  [d4\  wonseignor  Lane.  Tuit  cil  dou  ehastel 
fure[re]nt  adont  q'il  garderotenX  ta  roinn  Y.  comt  tsur  dam*  lige  de  onte  et 
i^  vergoiçM  \a  tor  pooirj,  et  firtnt  feauté  a  m.s.  T..  par  le  camande- 
Bient  de  m.s.  Cane,  meeme.  Quant  m.s,  Lane.  ot  tant  demore  en  la  Joi.  6. 
tom  il  lui pUit  et  il  ot  auques  tenu  eompagnie  a  m.  Tr.  et  a  la  rotne  T..  (/ 
té  parti  d'avec  ans,  était  partir  q'il  fisî  pria  moH  m.*.  Tr.  qeqant  vendrait 
tn  la  tnHson  le  roi  A.  q'il  ne  feist  nulle  parole  d'ans,  se  ce  n'estait  a  la 
rvine  Gentvre  et  \que\  ee  fust  encart  chose  molt  relee,  car  il  n$  rotuist  tnîe 
•lignons  de  la  T.  He.  seùssent  q'H  fitst  en  tiel  manière 
/«ioflrei,  etc. ;  à  partir  d'ici  atminc  y".  34y,  lUl, 
l'ii  VU).  §  U4Î  uute. 

Jjoyeuse  *  château,  et  y  rwto  «voc  enx  Utnt  com  il  lui  pUul  *  ;  103 

[»uis  il  pj -     ei  reloumo  i  la  cour.  Tristan  le  prie  de  ne  ripn 

fti   Cl'  u»*»»  a   (iuPDiêvrfl,  et  que  ce  fiisl  chose  cetee.   LAUcelot, 
Biré,  ne  veut  rien  dire  du  loui.  Pour  la  suite,  voy.  S  35?.  note. 

I.  VolU  dM  fnifiiMSU  du tfxU  d«  76&,  tl«i  et.  el-dcau. 

eval  do  la  dame  inconnae.  Alors  m  préseoie  Lanutol,  venant  de  la        Treasan 
d'Arthur  et  di^nt  que  le  chevalier  est  baus  dûute  Tristan.  Un 
fait  tnrnhpr  Ipclipval  de  Liiuctdut.  Tristan  se  fait  connaître  et 
BToie  uiut  le  niuade,  sauf  Diuadau  et  I^^uicelot,  avec  letM{UoU  il  3e 
j^cndà  la  Joyeuse  Garde;  Arthur  et  sej*  chevalieris  reiiitiraeiu  â  Camaa- 
kuîvIb  deux  jours  aprë?  de  Lanceloi  et  Dinadan.  qui  laissent  les 
Dts  maîtres  absolus  de  la  Joyeuse  Garde.  —  Pour  la  suite,  voy.  § 
S8I.  nou^ 

■Ijantris.  Lancelot  reste  six  jours  à  la  Joyeui^e  Garde;  puis  il  retourne  à  Tavola   Ritonda 
ICamaalolh,  et  ce  n'est  que  pluît  lard  qu'il  met  le  roi  dan>  le  ?ecrpt. 
Il'our  U suite,  voy.  §302,  note. 


—  ?58  — 

s'agenouille  devant  Iseul,  en  la  priant  de  racccpter  poui  sou 
clievaliei'  ;  «  Commandez  nioise  queil  vo'ttsplera.  Carce  iHex 
me  conseil,  riens  que  je  fetsse  por  si  raillant  dame  coitxe 
vous  estes^  ne  me  porroil  torner  a  nul  travailL  » 

Aux  pavillons,  oti  s'«^tonno  do  cette  réconciliation  subite. 
K  Je  suis  sûr,  dit  Gauvain,  que  Laacelot  amènera  le  cheva- 
lier, u 

813.  Tristan  demande  conseil  h  Lancelot  :  il  s'agit  avant 
loul  de  mettre  Iseut  en  lieu  sûr.  Lancelot  olTre  un  de  ses  ch^i- 
tcaux,  qui  est  si  forl  iju'îl  n'est  pas  besoin  d'avoir  (lou/cinoe, 
m^s  que  la  porte  seulemeyit  fttst  close.  Us  s'y  rendent 
ensemble. 

344.  Arthur  œmprond  que  cesie  chose  touche  si  durement 
a  Lanc.  qu'il  ne  veut  pas  qu'on  en  sache  rien.  On  va  à  la 
fontaine  :  n  Si  enrore,  dit  le  roi,  nous  savions  le  nom  de  ce 
chevalier  qui  a  ainsi  troublé  ma  cour!  Mbs  nos  Vavofts  si  tost 
perdu  corne  ce  toute  ceste  chose  feust  songe.  »  Personne  n'ose 
blAmer  Lancelot,  ^  présence  de  la  lignée  de  Ban.  Lancelot 
Lcsam&nts  n  la  aojène  les  uuiaûts  ii  la  Joyeuse  Garde,  dont  les  habit<intd 
Joy«isct.ard('.  furent  aillant  liez  de  sa  ve?nu'  com  il  fussent  de  Dame  [>ieu. 
Le  château  est  un  des  plus  forts  et  des  plus  beaiLX  que  Tristan 
ail  jamais  vus.  Il  y  veut  rester  quelque  temps  avec  Iseut,  A 
cause  des  rivières,  des  foriîts  et  des  autres  déduits;  plus  tai-d  il 
l'y  laissera  pour  aller  à  la  cour  d'Arthur.  Lancelot  ordonne  à 
celtr  de  leens  de  garder  aussi  chierement  celé  dame  et  plus 
encore  que  son  cors  '.  Lancelot  reste  trois  joui-s  avec  sos  hôtes 
{!•  95),  et  a7\çois  qu il  s'en  partist^  moxistra  a  mon^>  T.  Us 

).  Var.  por  vos. 

3.  liant  en  dut  dû  nwsire  T.  ajoute  757. 

—  Ici  »L»  t(?niune  la  copio  faite  par  340  d'une  panie  de  la  version  de 
757,  etc. ,  et  3^0  pa&so  {et  alant  sent  est  U  comptes,  I""  204  f),  «u  P»  205  a, 
&  la  mort  de  tiupnièvre,  etc.,  voy.  §  G'JS. 

3.  \\Z\  poursuit  abBotuinenl  comme  757.  Mai?  «loDS  97,  349,  101. 
77''2.  ainsi  <iut?  dans  336,  qui  donne,  à  partir  d'ici  fv.  p.  ?55)  le  mr-nn* 
texte  f|Uf  tvs  m.ss..  on  trouve,  à  la  plaoj  de  l'i^pisodo  d(?s  imriL"^'^ 
donl  il  a  di'jà  été  question  pluK  liitul  (§  31  i),  des  prières  ndr 
Tripiftn  à  Lanc»lol,  afin  qu'il  ue  (rahisao  ijoinl  le  secrpt  de  I  i 
aniHnli)  en  Logros.  Voici  le  loxlp  de  ces  mss*.  ,  que  nou;!  avons  copuS 
dan»  772  «.'t  (roinpari'  iiux  autres  :  mis  ninz  Qu'il  s'en  partist,  ti  pria 
mont  miurf  Tnstan  f/u'il  ne  fctU  nule  p-irolr.  tieutsa  home  terrien,  se  ca 
n'estait  seulement  a  ta  reine  (Juenievre.  Il  ne  voul  ptta  que  les  compa» 
gnuD»  d?  la  Tahie  Iloude  «ichonl  qu'i'ï  fttssmt  en  tête  manière  venus  et 


I 

I 


\ymQffe3  de  Ta  chapele  qui  estoient  par  tonor  (Veh.  «  éff 
sachies,  fat  i7,  que^  parcest  ymagc  on  il  napert  encore  nuUs 
Mres,  tavroiz  vous  le  twn  désires {\.  del  très)  [bon  chevalier]^ 
celui  meUmes  qui  doit  fxtre  acMceor  et  mètre  a  fin  les  aitfiv- 
tures  ...  rfu  roialme  tie  l/xjres.  >i  Tristan  voudrait  bien 
appixndre  son  nom.  «  Vous  le  saurez  prochainement,  dit  Lan- 
cetot;  que  li  tens  aproche  durement  ifue  li  beneiirfz  cfisvatiers 
vendra  a  cort  et  que  la  grant  queuc  du  Graal^  la  d^nait^e 
queste,  sera  erieommmciec,  et  H  sièges  périlleux,  qui  tarif  Ion- 
gtàement  a  duré  el  esté  souffreteux:  de  seig[n'^or,  fera  acomplir 
(I.  sera  awmpli).  Et  je  croi  bien  que  tote[s]  ces  choses  aveif 
dront  a  f*este  pentrcj^ste  que  est  près.  Car  li  preudome  de  la 
grant  Bretaigne,  U  Uermite  et  li  home  de  religion  qui  sevcnt 
aucune  vérités  de  choses  qui  sont  a  avenir  le  vont  entrer 
disant,  —  Vraiment,  fait  Tristan  ;  alors  jene  me  poiToie  tenir 
en  nuU  guise  que  je  ni  fusse  a  c^fluijor,  ci  leroie  madame  ïs. 
oeans  «i  bone  garde^  et  je  me  metroie  en  la  fiaute  queste  du 
s.  Graal.,,  ;  mauves  sera  li  chevaliers  qui  en  celle  queste  beneû' 
ree  ne  se  metra.  n 


Les  Lma 


345.  Après  cestui  parlement  se  parti  misire  Lanc.  de  la  J. 
.  9i  le$sa  l[à\iens  nu>njt  T.  eUnad.  Ys.,  qui  se  déduisent  et 

cent  et  menrul  [si  W^V  joietise  vie  comme  H  veulent.  Ils 
promènent  dans  la  forùt  voisine  el  vont  voir  Icii  lùntaines. 
Iseut  Alatt  déjh  depuis  longtemps  à  la  Joyeuse  Garde,  quand 
les  geos  da  chAieau  eurent  enfla  qui  elle  était. 

346.  Lancelut    chevaucha  puis   tant    ..    que  il  vint    a 


rMWHM  d«  Logra  comme  il  eUoieni  *  et  pour  ee  dût  qu'ii  demorroit  ore  a    Autre  version. 

la  JaUuse  Gûrd/.  uru  pieté  det  temps  au  plus  ccletinenl  qu*il  porroi  et 

que  it  se  dfduiroit  avu^e  ta  reim.  PuÎa,  eit  telle  manière  comme  je  vous 

conl  te  parti  Lanc.  de  la  J.  G.  et  leua  laitn:  T.  et  mad.  >'.,  et  puii  ehe~ 

vaudui  tant.,  qu'il  tint  a  Kafnaaloi.  A    la  ctnir  ou  lui  (li'inundp  des 

dt'rtftilâ  sur  le  bon  cheralier  qui  avoit  aOatuz    XUIÏ.  ■  chevaUen  de  la  T, 

H.:  mai»  i)  mc  vfui  rii'ii  dire  *,  excejit/'  à  ht  reine,  qu'il  met  :iu  fart,  au 

plus  celrcmrnt  ipitl  le poui  faire...  Mais  It»  ri>t  »l»'c<njvr*.'  lé»  st'rret  de  Tri«- 

lan  H  'ri^'tii  ilani  fist  quUl  sceul,  fHc),  el  tant  encercha^   qv'il  iout 

cer  qu'il  faUtiient  leur  demeure  dedens  ta  Joiouse  G.  Pour  U 

Ml-  ,      .V  ib^. 

%,  A  vnir  •l'tol  Ica  «m.  TU,  7«o,  inn.  H,  n,  lU  daatimt  ti  artne  bnic  a«K  VT.  t«e.i 
■Cf.  tu 

(.  VK'  '-'''•  u  n'T<o*urail')0<'4(>i»«  {rvj.  ptiu  liMt)  ;  lot  («iij.  flIScl  -.riotU 

wtm^  tT*i  '  IC  d  :  «itultT».  —  et.  r4lliwino  h  nttr  'téhlU  Oc  1 1 flMT    m  ^  iWi. 

9.  Irl  I4«t  aiii'^ucu  rmluo  tic  Wï,  «Ic.  i  foy .  ei-éamu.  —  Le  reste  de  rcTaonxau»  rt<*  mpM 

émm  JM  rt  oamparé  4n  «nm 
i.  OMMiUlorrOKBUimlBldli  uwu 


—  260  — 


757 


ADQonce  de 
Peniecôte 
Grftal. 


Camaaloth.  A  la  cour  on  lui  demande  des  détails  sur  le  bo7i 
cfi^'alier  qui  si  bien  s'estoit  csprovez  as  jouiez,  mais  il  n'en 
veut  rien  dire  '.  Toutefois,  le  roi,  qui  se  doute  que  c'est  Tris- 
tan avec  Iseut,  ohlient  de  Lancelot  Taveu  qu'il  a  deviaC*  juste, 
H  la  condition  que  le  secret  ne  noit  pas  divulgui^  :  aucun  autre 
que  Tristan,  dit  Arthur,  n'aurait  pu  se  distinguer  ainsi.  Quant 
k  la  reine,  Lancelot  n'ose  rien  lui  cacher;  en  apprenant 
quUseui  est  si  près  d'elle,  Guenièvre  déclare  qu'elle  veut  aller 
la  voir  (P*  95  d  fin).  Puis  U  co)Hes  revient  A  Tristan  et  rapporte 
comment  il  partit  de  la  Joyeuse  Garde  pour  aller  à  la  cour 
assister  à  la  grande  fête  de  la  Pentecôte,  quand  tout  le  peuple 
du  royaume  de  Loties  s'assembla  pour  voir  les  merveilles  qui 
devaient  se  produire  en  ce  jour  (0*  9fi  a,  début)  2. 

j*  347.  Un  jour  Tristan  rencontre  dans  la  forêt  unvalet^  mes- 
sager d'Arthur,  qui  Ta  envoyé  partout  dire  aux  chevaliers  de 
Ixjgres  de  se  trouver  avec  leurs  dames  îi  la  cour,  pour  la  fête 
de  la  Pentecôte.  A  cette  ftite  sera  encommenciet'  la  qu(5te  du 
saint  Graal  ;  v  la  Table  Ronde  sera  accomplie,  m  et  le  Siège 
périlleux  trouvera  son  maître  ;  car  le  bon  chevalier  qui  doit 
mener  à  lin  les  mei-veilles  de  la  Grajide- BrelJigne  viendra  à  la 
cour  à  celle  Pentecôte.  Guenic\Te  fait  prier  tout  particulière- 
ment Tristan  et  Iseut  de  venir.  —  Iseut  a  envie  d'y  aller,  mais 
renonce,  parce  qu'il  y  aura  trop  de  monde  :  «  J'irai  une  autre 
fois,  »  dit-elle.  Elle  veut  que  Tristan  se  rende  à  la  ftHe,  pour 
qu'on  ne  dise  pas  qu'elle  le  garde  toujours  auprès  d'elle.  U  y 

1.  Ici  1434,  au  f'  Gl,  oi^  commcuco  une  êcrimre  dilTéreuie,  adopte 
U  vcmon  de  07,  olc.  ;  voy.  §  352. 

2.  Ainsi  l'uT.  Cm  ms.  devait  Jouaer  ly  récit  de  laPejitecdte  du  Graal 
immôdiaU'nioat  après  les  avt^muriis  suiviinttis  fcf.  §  351),  qui  simt 
propres  à  757,  et  qui,  à  l'exi-epiiim  dp  l'épisode  île  Daf^riu»,  sont  en 
rapport  avec  1*^  Graal.  t)ans  loiis  les  autres  ms».  Pl  dans  lijs  iinprimds, 
Triftlan,  avant  dn  partir  uu  i|u^rle  du  *»raal,  reste;  encore  toute  une 
amu'O  (v.  §  387)  à  la  Joyeuse  Garde  et  a  plusieurs  avt'ulures.  Il  pn>nd 
aussi  une  part  t'mint'iiU'  au  tounmi  <lc  Louvezerp,  arrangô  par  Arthur 
pour  lauirer,  comme  ou  le  verra  dans  Tanalysedeces  mss.  fl  est  pro- 
baille  qm-  ce  tournoi  rsI  une  KuperlY'lalion  postérieure  et  qu'il  «îst  fait 
6ur  le  modèle  dos  pr<^c(^dents,  tels  que  le  loumoi  devant  lo  château  aux 
Pucelles  (cf.  le  tournoi  de  Lovorzep  dans  le  Lancelot;  P,  Paris,  Rotn. 
fte  la  T.  a.,  IV.  5  ss.).  Il  est  moins  vraii^erahlable  que  757,  où  la  îélpt 
du  Graal  est  représenli^e  comme  élan)  in^  proche  (v.  §  3-U,  où  1434  est 
d'ftccord),  ail  sup]»rim(5  ce  tournoi.  Malheureusement,  757,  qui  sruJuoUtt 
a  conwu-v^  celte  trace  dune  rèdacûou  plu.*  primitive,  l'abandoune  toul  a 
coup,  un  j»eu  plus  loin,  pour  adopter  la  version  ordinaire;  voy.  ^  351 
note. 


coQâcnt  ;  maisTresnnicorc  trop  \M  pour  partir  :  U  attendra  jus-  757 

qu'a  lu  veille  de  lu  PcnteciMc. 

3AS.  Le  loudeinaiii,  Tristan  chasse  dans  la  forôt.  Il  ren- 
contre une  demoi.sell'.^  (jui  porte  une  belle  ôpée  au  cou  ;  elle  sft 
rend,  dit-elle,  à  la  cour  jiour  voir  la  «  grande  joie  el  le 
grand  chagrin  du  roi  Arthur,  sa  richôs^sc  et  sa  pauvreté,  sa 
grande  gloire  et  sa  destruction  ;  car  sa  grande  joie  et  sa  grande 
'•urneront  »mi  chagrin  el  en  pauvreté*,  H  de  sa  ^^rande 
liirâ  sa  grande  honte.  »  El  elle  verra  amvercela  bous 
peu,  dit  elle  en  s'éloignaut  '. 

349.  Tristan,  retournant  vers  la  Joyeuse  Garde,  rencontre 
DaganuSf  un  chovalier  d'E^'osso,  do  haute  lignée,  cfui  est 
devenu  conipa);non  de  la  Table  Ronde  après  le  d^îparl  de 
Tristan  et  de  Marc.  Tristan  lui  ofire  l'hospitalité  de  la  Joyeuse 
Garde:  Dagarius  y  tombe  aussitôt  amoureux  d'Iseut  et  ne  fuit 
que  la  re^'ard^ir,  ce  dont  Tiistau  se  courrouce  lort.  Dagarius 
va  juscju'à  s'offrir  à  Iseut  pour  son  chevalier;  alors  Tristan, 
hors  de  lui,  le  provoque.  Ils  se  battent  sans  armure,  et  Tris-  Tristan  luo^ 
Lan  (ail  voler  la  iàie  de  son  ennemi.  —  Gel  incident  fut  com-  garia». 
mente  k  la  cour,  le  jour  de  la  Pentecôte. 

350.  Lg  jour  d'après,  Tristan,  se  promenant  comme  d'ha- 
bitude dans  la  FonU,  rencontre  un  chcvaliep  fesant  granl  duel. 
Ce  chevalier  dit  iju'il  ira  à  Ciimaalolh  voir  le  deuil  et  la  pau- 
vreté d'Arthur  et  la  destruction   de  son  hôtel;  il  doit  y  voir 

jsai  sa  propre  mort:  tuais  il  ne  peut  s'emp^her  d'aller 
Bgarder  les  luerveillf'-s  ■'.  Tiisl^iu  veut  savoir  la  cause  de  son 
lagriu ,  mais  te  chevalier  refuse  tout  net  de  satisfaire  sa  curio- 
^l^  et  s'en  va.  Tristan  fait  apporter  ses  armes.  On  a  beau  lui 
repi-escnter  qu'il  ne  doii  p;is  attaquer  le  chevalier  potu*  si  peu 
de  chose  :  TrisLin  répond  que  ses  pjiroles  hardies  lui  ont 
donné  envie  de  se  mesurer  avec  lui.  Il  le  poursuit  et  l'atteint. 
tJu  erand  comhat  se  livre,  et  s'arnUe  aussitôt  que  tes  deux 
;l  -3  ont  dit  leurs  noms.  Le  chevalier  s'appelle  Arioras  Adoras  d«  rUo 

I       u  Ptrt ,  il  est  compagnon  de  la  Table  Ronde  el  fils  du 
roî  de  ITIe  du  Port,  qui  est  mort  tout  récemment. 

i.  Ct'lle  deiuuisell«  réparait  \e  jour  de  la  Peat«cdto  à  la  cour,  où 
ftUe  (nvili^  b^s  ihi^viilitTs  k  ceindre  l'cïjéc,  cf.  SS  39*2  ri  306  a. 

2.  Ptuit  loin,  à  lu  ft^te  Je  la  PenieciNto,  dqus  rfttrouvoos  un  chevalier 
«fui  ««  tut?  ai^rt*»  avoir  chaulé  un  loi,  v.  §  1193;  oQ  peat  pens«r  aussi 
à  celui  'lui  fut  brûlé,  r.  ^  VJt, 


(lu  Port, 


—  262  — 

7S7  35!.  Tristan  rentre  Mcssé.  Iseut  lui  reproche  d'avoir  ùié\ 

trop  orgueilleux  et  lui  fait  pi-omettre  de  ne  plus  jamait»  moa»" 
trer  d'orgueil  h  aucun  chevalier.  Elle  pause  ses  blessures.  Il 
reste  avec  elle  jusqu'à  la  veille  de  la  Pentecôte,  où  il  pari  pour, 
la  cour  '. 

1.  757  poursuit  ainsi  :  Mes  ore  en  lesse  atant  li  contes  a  potier  e|1 
retourne  a  Adoras  de  l'Hic  del  Port  pour  d<!viser  pour  <iuelle  mcrixitle  in 
morut  en  Ut  vteson  te  roy  Artux  la  veilh  da  ta  Pentecoste  (f"  9X  H.  tînl.f 
Puis,  l"**  99  a,  ilfUiiil  :  Or  dit  li  contes  r/r  quant  tnisirr  T.  fu  guariz  det\ 
ptaii'S  qe  Adoras  li  avait  fait  en  la  bnclaillc. , ,  il  li  prist  vulenté  d'ater  diacer^  ' 
etc. 

Ainsi  s'arrête  brusquement  ce  fragment  d'une  version  plus  ancienoe 
(cf.  |).  »fi()  note),  ïutn»  que.  nous  puist^ions  dirt*  comment  oitc  potirsuî-| 
vjiit.    Il   etîL  probîiblfi  qu'imm^liaicraont  après  l'iSpisoile  d'Adoras. 
l'nr.cJiiRion  du()ij(!l  aHtf  version  donnait  sans  doute  dpjû  quelques  dèlailsl 
rcl'ilif?;  au  Graal  (comme  nous  en   verrons  pluR  loin  dans  la  version  d< 
117.  clc),  «Ile  devait  raconter  le  di^part  de  Tristan  pour  la  cour  (v. 
388-389). 

Aux  mots  :  or  dit  H  contes  rje  quant^  etc.  (v.  ci-dessus),  l'orrangn 
dr  757,  Sîins  dumicr  la  suite  de  l'histoire  d'Adoras,  reprend,  en  rcl 
naat  les  mot;:  d'introduciion  de  l'autre  version,  la  rédaction  ordinair 
(cellp  de  97,  etc.);  mais  il  l'abrègu  et  l'altère  pour  l'adapter  mieux  ; 
l'autre;  voy.  §  35fi,  note. 
LWtre  version.  Je  reprend»  maJutenanL  la  version  dcti  autres  mss,  (97,  349.  101, 
772,  330,  755,  7(!0,  !>.Vjy/.M.  99  (Malory,  en  abrégé),  758,  1434); 
pour  IO;i  [Venird-JaniH),  v,  ^  338  c  et  ei-dessous.  Nous  en  6lJon| 
aux  recherches  faitos  par  Arthur,  qui  parvient  il  savoir  que  Tri 
et  ts.  Ront  à  la  Joy.  G.  (voy.  p.  259).  97,  etc.  pourfiiiivcnt  ainsi 


Arthur    se  dé-      ^^*'  ^^  '"*'*  Arthur  irait  volnniiers  voir  Tristan  nt  Iseut;  mn\*  i| 
cid«  à  arron-  n'ose  pas,  craignant  de  leur  di^plain?.  U  aviso  à  d'autres  moyens  ol  fai 
p-r  un    tour-  proclamer  un  lourooi  qui  aura  lieu  devant  le  chàtiNtu  de  U)uvezerp  ', 
Se'LouvMonT  **'**"'  ^"'^  l'Humhrc,  âi  \x\w  demie  journée  Ati  la  Joyeuse  Garde.  AnhuïJ 
^'  peusf  ([ue  Tristan  viendra,  quand  il  eutendra  parler  du  tounioi,  a  ei^ 
qnr  '  il  nr  fist  mt'A  pieça  guerci  d'amies,  et  no  peut  extrs  qu'il  n'en  sut 
gruiiiment  destrranz.  Quant  il  ol  une  nuit  auques  pensté  a  ce^te  chose, 
t'and':^min  quant  Lane.  fu  wuu:  a  court,  qui  a  celui  point  est'nt  bien 
ptn.\  pmsant  ehemlicn  del  monde,  et  d'amis  et  de  terre,  comme  cil  qui  gra 
Ugwsge  awiit,  et  acoit  adont  toute  sa  terre  recouorrc  et  awit  te  roi  Ctaud 
\de  In  Iteserte]  d*-^fieritf,  si  que  a  celui  point  utoit  bien  Lanc.  li  plus  poû<« 
sanz  ch^>'aUers  det  monde  et  le  plus  redoutez  sans  couronne,  dont  il 
vnuloit  encore  penre  la  hautesee.  Ix»  roi  qui.  moût  chter  Vavoit  à  cau«e  d< 
la  gloire  dont  son  hôtel  lui  est  redevable,  le  tret  n  un«  part  (!t  lui  dijj 
qu'il  y  a  demi  an  et  plus  qu'on  n'a  vu  de  tournoie  en  Logres  :  «  Jfa 
sommes  dtwnus  mauves^  ce  me  setnble.  »  Loncolot  OHt  d'avis  d'urgaoîsc 

I.  Vu:  Inuitterpli.  /.orrfsff,  Lumeterp.  Umattp  [\tÈiory)i  —  lA  Ta*.  M,  |r.  SU  t)  n 
h  pftrUr  d'Ici,  la  v«nl(in  ilv  7M.  eU:. 

i.  Loa  péaMft»  en  UMivtt  frÉuvAt*  itnt  ilé  copitm  dans  Tîii  et  eûmparèa  aux  aatru.  Jusqu'il 
I^Biln4t«o  7i1  reprend  U  rrrUnn  ar<UD«ir>;  ()  IU«;. 


—  263  — 


(iroulamA. 


(iardu. 


un  tournoi  ;  \(i  roi  veut  qu'il  stiit  encore  plus  brillant  que  celui  du  rhil- 
teau  aux  PticeUes,  ot  nx|iliquA  comniunt  fienjot  orrnngt^s  Ira  partis  *  : 

353.   Lp  royaump  (li>  Logros  «f^ra  d'un  cAit'%  avec  inmu  ilOrcanit»  *  et     Divisioa  du 
deNorgalIcs;  do  lautro  sproot  rirlaude,  l'Ecosso,  io  iiav."  <1<'  (jalles,         tournoi, 
ceux  do  Gorrfl,  cpux  dp  Stireloi^,  ceux  di*  Ijstenoiii.  ci?ux  île  Nolio- 
berUndn  pt  t*)UB  I(*s  aulrog  qui  rtdéveut  du  roi  Arthur  en  dwà  de  la 
mer  *. 

Lancolol  trouve  que  le  roi  a  fAit  moût  jifre*  partie  :  «  Comnieut  trois 
royaumes  pourraient-ils  iiinir  contre  tous  les  autres  ?  i-  Mais  le  roi  : 
M  Si  mwt  ùex  n,  dit-il,  «  puis  qtteje  amsi  l'ai  devisa,  airai  sera  it  fût  qunt 
yw  pfrte  il  en  doit  avenir  sor  nostre  partie.  »  Laucelot  demande  dovïul 
quoi  etiÂl^>au  le  tountui  aura  lieu,  «  Vuu$  te  saurez  demajii,  quaud  ou 
le  proclamera.  »  répuiul  Arthur.  La  date  e^t  flxi^  a  un  moi^  plus  tard, 
au  troisième'  jour  de  uiai. 

3â4.  Puiti  U' roi  faitcri>r  le  t'Ournoietonvoio  ses  intJ«t(AgC!r$  l'aiiuoti-  i^;  Tuiiruois  do 
cer.  Lancelol,  cnlendaiil  parler  de  lAmvezerp,  comprend  que  le  roi  Tail      I^mvexerp  est 
proclamer  cp  tournoi  pour  voir  Tristan  et  lueul,  que  Tristan  amènera 
sans  douto,  parce  qu'elle  n'csloit  pas  acoiatumee  d9  oioir  tournoicmenz  *. 

355-  Tristan  est  donc  à  la  Joyeuse  Garde;  il  v.i  ions  Ins  jours  à  la  ifia  des  amanu 
ciuisse,  car  personne  en  LogrPR^  n'eut  meilleur  <!hasseiir  que  lui  ;  le  à  la  Joyeaso 
soir  il  rentre  au  rliâtciiu,  où  il  trouve  vtadame  Ysfutt,  qui  mont  estait  liée 
€t  joiciue  quant  ele  U  vtoit  venir;  teU  vie  mainnent  ambeflui;  ii  ne 
demandent  autre  afaire;  art  ont  il  tant  de  joit  comc  it  veulmt*  ;  ils  ne 
craigneut  ni  le  roi  Marc  ni  aucun  autn'  homme  au  monde.  Sauf  le  roi 
Arthur,  la  reine  et  Laucelot,  personne  ne  «ait  rien  d'eux,  pas  m^me 
cit  de  fa  J.  G.,  qui  U'h  appellent  lui  le  bia»  chevalier  et  elle  la  dame 
avnmnt:  ils  ne  savent  f>i  Iseut  est  hlanHie  imi  noire,  car  iU  ne  l'ont 
jamais  vue  a  descouvert.  L<ir!*que  Tristan  va  chasser,  il  est  toujours 
arnifi  ■  ayant  maille  à  partir  avw  |)lus  d'un  chevalier  errant,  il  est  forcé 
de  *e  tenir  sur  «es  gardes. 

356.  Un  jour  '  qu'il  chasse  dans  une  forât  voisine  de  la  Joyouse 

I ,  109  (VL'ranl.  J^nut,  voy.  t  I9H  k,  fin)  :  Arthur  »f  dmiM  mv  c'est  TrIaUn  et  hMl  ()iift  Ijini-elnt 
«  ronttnftHh  li  iir-  II-  Lan  (^  Ml  c)  fimin  If  rog  itu'tl  frntU  rtin  uup  tawraittfmfmi  drtmnt 
le  cttattrl  dr  l.urmrp,  qui  •^ât  n  rlrmjf»  Jaitrnr^  ér  lit  Joff.  Ii    Trlnlia   \\r  «ntirriK  m«n*|Uvr 

a'y  «cuir,  n  A|>pclle  Lniicvlot  :   *   iVotii  tomme  rnnutatê.  lui  •111-11,  Un! »n'«r, 

HOMf  NI'  loumoiaaMts  ptu»  a  lUmjf  nu.   l"  forai  iToiOttHK'r  tiu  Unintol  •]<  i>'l  «lu 

cblLc«tian:t  Pucvlln  ■  LanfclDl  cat  eUMinri  le  roi  in<1t<)iio  U  <llnp>Jilll>in>lil  ■    .  \-exU: 

de  un  jHiurviU  cuDUDu  lea  aiitrus  (de  luËtiw  Vei-ard,  Jutul)-  ^  ^*"  Tre««nn.  i'.  ^  ■>>l,  imiU-- 

J  Au  lien  «Hyrcaitie  (700  *erni«iJolir»'>f!)««t6.  tl  y  •  ttfnurMaiHr  lUmi  ytf  («nlorf),  IlT,l4», 
101,  713.  TS-i. 

3.  It  y  a  runftuiaii  Jaui  773.  uiniMton  tï»tn  3»1  cl  tmw.  -Utis  7(9. 

4.  Ahtti  7«0.  139»,  3M.  M;'?»»  lUM     ^raitMl».  97.  8tu,  101.  771  ;/0ii]  Tftë  :  Iflltff. 

—  1.4  plirKM  A  ^t^  MHIi'q  1 1.1  r    II  >.l 

5.  Ainii  7;»s.7A*.  1  ti;_ii»  fMilorj!,  »ï,  a4fl,  loi.  W3,  7ôB  .  mi  ;>r*»<rr  Jour; 

II.  I.«iiailut  fAlt'I."  ..  .  >  ,-<iiir(|tt'liniitpulssr  r«l|ftnler  leajaututl'uii  «nilruU  canlié,  tUl 
Mulor).  'luI  A  ^viilomirii^nt  lu  t  aiffltt  «u  llM  <ie  Trtifan. 

7.  AlnM  TU.  7«i).  HH,  \1M"J.  ^l^ni.  »1,  714.  mAU  «D  lM*lorj-).  97,  «U>.  101,  773  :  |wRwaM  wj 
nuHid*]  U  miumjiip  tiV«l  [iaa  klm»  lOi. 
f).  Var  1  Joifutr  de  ffrant  ttanti^r*-  lovrM  fu  fiH»  «M'«iM  U  v«it,  GfMjoit  HemmlHxul  eult 

9  lu  7&T  raprand  mlilt«ni#nt  U  vsnlnn  àm  ?&k,  vtc.,  i]ttl  psnill  iibrrff4«  «t.  |Mdr  t«  reiiooatro 
dt»  troit  dieviUlcri  k  )«  fonulQ^,  un  [^«a  allérér  par  l'amuiirear  de  et  nu.;  Wf.  g  Ul,  iwWt  rt 

ol'dMVMH. 

Tratan,  du  7»'.  ru  a  U  rtame  (</  ft  pritt  mlwnU  d'aler  cHaerrt  f  0»).  Il  «at  flir- 
prU  par  la  uiiU  en  imunnlvaut  un  rcrf  cl  a'vBilurt  b  uuv  (unUilue.  Lo  lentUsnuin,  on  »>vell' 


Tri«un  «M  Ure- 
buA  QV&e  U  hcstp 
glatiMont. 


Us  disputent  lu 
bôie  à  Pala- 
mode,  siirve- 
au. 


Brehuâ  rensei- 
l^e  PulatnÈrIfl 
311  r  l>is  mat- 
bcursdeMarc. 


—  264  — 

Garde,  et  coinnio  il  est  sur  le  poinl  ilo  quiiLtr  une  fontaino  où  il  s'cet 
ropiisf^  apn's  avoir  éUtitchc  sa  soif,  il  cscoute  et  ot  la  beste  glatissant  venir 
vers  lui,  et  pour  cr  qu'il  l'avoit  autre  fois  veUe,  la  rrcognut  il  rrraumml, 
et  Pal.  vrtwit  aprh^.  Uirs  se  trel  un  pot  arriéres  de  la  fontaitine  pour 
savoir  s'ete  vendroil  a  la  fbnttUnne  boivre,  et  il  se  regarde  et  voit  venir  vers 
la  fontainne .  /.  chevalier  armé  de  toutes  armes,  et  cstoit  trop  bien  montra. 
CVst  Urtkus  sans  pitié,  qui  arrive  »  la  fonlaiao  avant  la  bote.  Il  va 
buire,  nuaiul  il  aporroit.  TrisUm.  Il  vont  savoir  ROn  nom;  Tristan,  qui 
Di»  \p.  rt^ronnait  pas,  ne  vptit  pas  le  lui  dire,  et  Bn^him  le  mmtacH.  Kn 
Cf»  moment  survirnt  la  beste  glatissant,  qui  se  désaltère  à  In  foo- 
tain*»  auplus  tosl  quête  pot,  pour  ce  gu'eîe  voit  les  chevaliers  si  près  de  lui, 
et  quant  elc  ol  beU,  n  s'en  va  de  l'autre  jvirt  auti  courant  commr  se  ta 
foitdre  te  chacast.  Ctinime  les  deux  cbevaliers  parlent  de  celle  étrange 
Ih'Ip,  un  nuuveau  personnagn  survient;  c'est  l^aJamède,  qui  avail 
roamimenoè  saolia^i^e  halûluetle.  Il  leur  demande  s'ils  ont  vu  passer  la  ^ 
brstc  glatissant,  u  Qui  ^les-vous  qui  noui^  Finies  celle  demande?  »  dit 
Urohus,  —  Un  chevalier  errant  qui  vois  en  un  mien  afaire,  i>  ri^pond 

Palanièile.  Tristan,  iiui  de  voir  savait  (var.  conojoil)  que  ce  estoit  Pal 

responl,  pour  olr  qu'il  dira,  qu'ils  «mil  aussi  désireux  que  lui  de  chasser 
la  merveilleuse  biHe;  mais  Palamédo  déclare  qu'il  ne  snuirnra  pniiii 
que  d'autres  se  mettent  sor  sa  dtace,  qu'il  a  maintenue  si  longtemps  et 
avec  tant  de  peine.  Brehus,  qui  n'a  pas  reconnu  Palaméde,  tient  cete 
patate  a  troporgueiUeuse,  et  fait  savuirà  Pnlaincde  qno  sa  défensp  ne  leur 
fera  pas  abandonner  leur  entreprise  :  «  Nous  ne  sommes  pas  de  ces 
chwaliers  quivous  doutent.  »  Palaméde  veut  se  battre  :  «  Je  ne  renon- 
cerai à  mn  chasse,  dit-il,  que  dans  le  cas  où  je  serais  vaincu.  »  Alors 
Tlrebus  jVn  refrainl  eu  sm  disant  que  ce  chevalier  est  assur(*meot  preu~ 
dôme  durement.  Palaméde  l'invite  toujutir»  à  se  battre  ou  à  renoncer  ii 
la  cliansp.  «  car,  dit-il,  je  ne  veux  pas  de  compagnon.  »  A  oc  mut 
brebus  commence  mont  forment  a  sousrire  :  «  Prenex  garde,  dit-il,  vous 
qui  ne  voulez  iius  de  CJimpagnnn,  qu'il  ne  vous  arrive  les  mêmes  mal- 
heurs qu'au  roi  Marc  do  Cornonaille  :  lui  nou  plus  ne  voului  pas  de 
parçonit'f  a  sa  moilier,  et  le  voilà  maintenant  q\u  a  perdu  honneur, 
femme  et  terre;  jo  crois  m^me  qu'il  est  emprisonné.  «  Cette  nouvelle 
éloiuifl  Pftlam/'Jo,  qui  no  savait  pjis  encore  te  fet  del  roi  M.  ..;  Jo  soit  ce 

I.  Et  Pat.  twnoll  Mprit  manque  dani  13b»9,  SiS,  lOa. 
9.  Var.  :  mua. 


lADt.  Il  it|terv"U  a«iis  dievilien.  Rnliat  ot  Ip  rtiev.  a  li  htttt  otêittÊÊmml .  'iiil  •juient  vcnn 

citfcmT'Ir  et.  •t<'V«-»<1<.ti  k  U  fi'fiUlnc,  af«4ent  ttnn  çrant  pttrlrmrnt  enttmf-l^.  Ouitnt  m.   T, 

r»tf  ■       ■  ■          '        '»•  Ui  fontaitnf,  H  iuuf  rt  |><#-i  'oui  mat-n          "  '    ■        - 

gêtf  rf  il  rtipnmili-nt     ■  \itut  ivmrt  cl*aiti> 

ijir'h  ''ir-rti*  -  i^r  tr  .  r  -rrr^i-mt     'fetxtynn 

VI  f"  ■ 

Uii.  ■  • 

9t  tlilt  It  titrlti  ..^;u4r;f    i,t!rnt;-i, 

rupotit     '  Jr  fit  <  tir  m.  T  ext  a  ta  J  ' 

tmjfla  ro^nti  Y   il*  •  '  'if  t*  îf  Irngi  rttri-i.  -i 

r  MN  ravlrê.j^  itUvi*  u*  h^Mti.  i^ma-^:  V-ii.  *'iI*hC  ctttf  nau'rlle,  U  r«sfi»h(  .  ~  Lu  :■  • 
rh^ralirr.  punw  ^  a  la  Jni.  G.  tfil  rrmyr  la  tÀauté  »t  itrp»*  itA  mnnàf,  fte.,  k  {Wr; 
747  iliirrij,'  I-  ■mm,'  (,ïi..  !..](■  7f,4,  «le.   (r.  p.  3flij,  c«  )ia«UKP  Mt  nwl  iir^*euW  ptir  7^7     .  -i,. 
n'AiiT  '-rut,  l'Il  uvkitiNi  «Ile  ut)  d'nlllean  iMmuta.-  ru«ini«nu)t J* 

wBi  -■jt.(voj.  Ib.)  nniToieot  ctaln'm''nï  Ji  l«  "Itorowl'jn  *1«  Pal  »t« 

Brehut,  ;^.,t  .j...  .«■...,. .,--i  ..-^,  clc. 


DOl. 


roiaume  tftf  Logm  en  («ir  tmw 
demindo  des  liûlJiils.  Brulms  s'iMoniie  <iu'un  chevnlu-T  errant  puisse 
ifCQurer  de  pareilles  nouvelles.  Palamode  répond,  ausi  con  t'it  tu  teû4t 
ritns  de  T.  :  *  Certa,  Je  sui  ou  premier  /ni  uu  j'en  oisie  ongues  mes  par-- 
1er.  B  Brebus  lui  nîj)êt«  alors  que  muiDlonaal  les  aventurts  sont  tomets: 
Tristan  est  libro  et  Marc  ou  priiMia.  Palaiii6de  pnitcste  qu'il  iiri'-roro  de 
l»eaucûup  8j|\i)ir  Iseut  en  ta  letine  de  Trislau  qu'en  «'cl!**  d**  Marc  : 
Moût  etl  pîîu  couvtnable  chose,  dit-il,  qtté  la  plui  brie  dam«  dcl  monde 
it  avuec  le  meilhr  chetHilier  et  Uptm  hel  del  monde,  que  li  rots  Mars  ta 
t.   a  BrHliu»  eo  l'sl  daccord;  il  racoali-  à  PalamiMli.'  ce  t|ui  s'est 
pms^  .  M'iiUinent,  il  ne  »Ah  pas  où  Tristan  et  Ispiit  font  leur  demeuft  en 
ÎAtfjvi.  PaUuitHi«  (U'cJarfl  qu'il  s'attarlitfm  à  trouver  l'endroit  où  ils 
sont  :  c  Je  veux  voir  ta  rose  et  la  biaxitt  de  \out  le  monde  * ,  eêle  ijui  a  piLtamôdcscmct 
passé  de  biautt'  toute\s\cr(es  gui sonl  oreen  i-ie  '-  Or  sachiez  gueje  me  lieng      en  quâta  d"l- 
a  trien  riiré  *  de  ces  nouveles  ;  des  are  mes  roiu  Icsse  Je  la  chace  de  ta  heste         ° 
glatiaanS^  car  en  autr^  giiestc  me  mettrai  '.  « 

357.  la  ov  il  estoient  entr'ets  en  têtes  pisrotes,  a  tant  es  vous  Utieiiz  Le  valet  annon- 
venir.t.  valet  metsaijier,  enviiyt'  iH»ur  annoncur  le  tournoi  de  I^ouvezerp.  ".'âot  le  lour- 
Tnsuu  '.qui  I*»  n-counaitiHHir  nn  envovf*  d'ArUiilr,  j'en^fa^à  lenrdire 
ton  tiie«8age.  Il  leur  décrii  alor?  les  partis  et  les  royaiimi"^  qui  pren- 
dmnt  part  au  tournoi,  comment  li  troi  roiaitmes  sont  d'une  part  et  luit  li 
êtilr»  encontre  ;  le  roi,  coalinut^t-il^  Y<<ut  que  tuulo;:  les  grandi*»  liâmes 
e^icol  présentes  à  cetti?  nsseinblt^e. 

35S.  Siirviont  Bliolieris.  qui  abat  Palamède.  Brohus  s'enfuit  et  lui 
cric  qu'il  n'a  garde  de  jouior  avec  lui  «jui  raabaïuideniit'remoat  devant 
h  Gué  du  Moutin  ".  Dans  ^ia  fuile,  il  renconim  Hpptor  des  Marùa, 
Perceval  et  Erec.  le  DU  de  Lac.  Gomme  il  a  lieu  de  craindre  ces  cheva- 
lier» 'il  '  '[utf  Bliipheris.  il  recourt,  eu  celle  di^lrefM',  à  une  ru&e  : 
il  dii  Ji\i  par  Brehus,  i-t  les  lroi<  «hevaliers  lui  accordent 
leur  pfoU.'i:Uuu.  BUubens  Its  rejuint  el  ■  et  Perc*vaJ,  mais 
quand  il  liiiïe  amire  Hecinr.  iU  sont  iJ.  .  l'uu  et  Tauln?  *. 
Briîhu?  *-n  pmliic  puur  aller  rpn\rTM'r  bliotw'iir.  •|tii  vient  de  se  relever. 
Le*  autr^^  •*  iniiipuimt  dr  ctMiM  làdu'l»',  ei  Eruc.  reienam  le  cheval  de 
Bmhus.  le  hlâme  de  ?a  çiuiduite.  Brelnis  promet  de  se  rendre  â  leur 
volonté,  mais  à  peine  Erec  a-l-il  lâché  prise  que  Brebus  œurt  de  nou- 
veau renverser  BlioU-ris.  En'c  veut  monter  â  cheval  pour  le  punir,  mais 
Brehuii  ne  lui  en  laisse  pas  le  temps  el  le  n.Mi\erse  ;  il  imrvient  co(*eu- 
il.Kil  il  monter  en  selle  peu  après,  el  Bndiu»,  dont  le  cheval  est  excel- 
!cut.  (i'aafuit.  Ou  reciiiinail   BlioUeris  '.  Arrive  PaUmi'de  cherchant 


Blioberia  pour- 
suivant Ere- 
hus. 


I    OfU  n'csi 
VTkBRrtici  ■- 

T.  ie:  '■■'  •■■ 
i.   Vi- 


i!!'.>>    i.ic    liLt  (il   Lf.i    :&H   ■'  -â-  1.  JUtis  In  mat.  qal  «Bp* 

cf  t.  M«t. 

y.  ......  ..•.....-..»...  _.u*  ta  akas-qalgin- 


•i  MHMl  lltfl.  773,  «U.). 

X  :  dettua  l*CM  M  HoMfl  i  tBA04|W  dau  tM  H  VâloTT.  — 

.-  DintdAD.  pwl»  de  l'arfwa  M  muStno. 

;73.  «'«it  BiKlor  «al  Mt  Kbat»  le  pnoier  et  Grvc'iiil  M  Ut 

L*  r^K  BiS.,  f.  u>.  i>MÉe  *  TiMuï  ta  etavnmUos  At  l'iltme*!*  artie  Pvetnl  B'jrtst 


—  i6(i  •— 

DIJobnris,  dnnt  il  veut  ko  venger.  Uoctor  l'en  (létournc  en  lui  repré- 
«entiinf  II*  dangor  qu'il  courrait  i>'il  â'expoitait  il  la  haine  de  la  Ugnéc  d»t 
Baa,  el  Polamùdu  y  ruounco,  ru  expriinaat  sud  admiration  pttur 
Laucolot,  Trisiau  et  Laïuoral. 

p  .  359.  Quant  Percex^al  ot  parler  de  Lamorat,  H  il  entent  que  Pal.  U  tait 

demande  k  "  durement  ban  t,  i7  ne  dût  mot ,  mes  il  est  ri  durement  iriez  que  a  poi  qu'il 
PaJanicde  des  n'enrttgc  de  durl.  Il  enpleure  desouz  son  hiaume  mont  durement,  n'it  nt-  u 
nouvelles  de  p^gt  ig^ir  iiu'it  ne  die  a  chiefde  pièce  :  «  fta!  ku.  cy«  doutereus  downagc 
^^^^  •  fisl  cil  a  nostre  lignage  qm  Lam.^  mon  frère,  m'oeist!  lia  !  Des,  eon  grant 
mesclieame  que  Je  ne  puis  ow^ues  aprendre  ijui  si  grant  doumage  me 
fisl  !  »  Aprits  se  tourna  devers  Pal.  et  si  li  dit  :  «  Pal.,  biaus  dous  amis, 
par  lieu  el  por  courtoisie,  dites  moi  nouveles  de  ce  nue  je  vous  demanderai, 
se  vous  tesavez,  —  Dites  moi^  [et  Pal.^  si  orrai  quereesl  que  vous drinati- 
dez.  —  Por  Dru,  fet  Pure,  m'enseignrries  vous  qui  Lam.  ocisl.  Plus  me 
chaut  de  fa  mort  de  lui  qu'il  ne  fet  de  la  mort  mon  perf>  ne  de  tout  mon 
autre  lignage  Pour  Dru,  sire,  se  vous  savez  qui  Vocisi,  si  le  me  dites,  car 
bien  sachiez,  se  jA  puis  aprendre  en  nule  manière  qui  ce  fist,  il  ne  remain- 
dra  pour  nute  aventure  del  monde  que  Lam.  ne  soit  venchiej.  —  Certes. 
ce  dist  Pal, ,  de  ce  ne  vous  sai  ge  assener .  or  sachiez  bien  que  a  maint  preur 
dotne  ou  a  v\aint  bon  chevalier  de  la  mort  Lam.  ai  oi  parler.  Mes.  se  Des  tne 
consent,  onques  n'oi  chevalier  qui  seiist  a  dire  qui  l'ocLit,  et  si  en  ai  jf 
maintes  foiz  demandé.  Car  la  mort  de  si  preudome  cojnme  Lam.  \erl  rew- 
jassc  je  volentiers  por  aucune  bonté  qu'il  me  fisi  Jadis.  —  Ua!  /ter,  ditl 
Peir.,  comme  il  fu  ocis  en  rcpost  et  en  traison,  quant  l'en  nt  puei  onques 
savoir  qui  l'ocisl*.  » 

36(L  Palamêdo  s'en  va;  il  est  toujours  décidé  à  abaiidonoer  la 
chaise  delà  beste  glatissant  pour  alli'i'  parloul  chercher  Iseui  ;  niais  wiU' 
quéle  ne  Ini  vaudra  jamaie  ipie  des  ennuis  et  du  chagrin *.  Le  noii 
revient  k  Tristan,  qui  i^tait  rente  seul  prèft  de  la  l'oniaiae. 

1.  C«tt«  iwo<rcrMUrrn  Ak-  Pnlninbdo  nrec  Pcrt-eral  ntr  Uimanl.  qui  ituii<|tM  lUni  'JB,  a  iU 
dnanée  cl-doMU  d'kitri'i  773.  ^  J0>  a.  vi  mini-aiVv  nux  iulrca  (W).  A'kfcnl  iKwr  le  food,  dlf- 
Ua*  Un  pm  f*  rt  là  rjOATit  »ut  «x|in;«la«i),  \nlel  1p  Uxt#  de  <<«  itMvg»  û*n%  T5T,  f-  mi  : 

JVÛIH  (I.  ^>liriMri  ftrc.  ot  l*arli!T  de  Lamontl,  rt  %t  Mittrut  qmt  fal.  fr  raH  êi  i/i' 
il  nt  (Ht  mM  A'Hti*  gtant  fittef  .tftris  f*  tornv  veri  l'ai  tt  tt  dit  ;  *  Pat.  M. 
par  nitti,  piir  roilre  eiirloi»tf,  ditfj  mni  notiiflet  il«  fif  qy*  }«  mu»  demaitiUiu-,  ■-   ■ 
â»f€3.  —  Ditti.  rt  dtt  fal..   »l  orrai  gur  ce  nt  (jvf  vam  itr mtmdtf >ti-  —  For  ttieti,  et  ' 
l'trr.,  m*"  §arroii  r*«tl  ttun»i^itr  on  j»  puhtr  trouver  ttm-i-or.  ""tn  f^*r*'f\tf  lu*u,  i 
tttMi  ttittiun  il  fit.  Il  ne  u  •Ulfi.  car  (■<»■«  »at:hif-  <ime  crj- 
êrai  li'til  nrtndroit  a  (Ut .  car  Ai  a  yiiinf  Irht  <jf  J*'  n^/  lï.  — 
aat  Jr a.tfirrr.  'ir  •artiir-:  M>"t  ./<  rj  maint  clifrattfr  *f  u   fti  . 

M*t  i  1  iiije  cheraiier^t  mf  fflàit  a-Uit  n"u- rii/i  nuiifi  d.- lui.tt 

»l  rt,  —  Ha  '  Oies,  tt  dit  fcrc.,  corn  t/  têlrtijMêt,  »t  eom*J«  t«  trr- 

rotf  I...  uir.     . 

„  .  7.  '.K-ln;.  '      ■      .  is-M  , 

0  :   Aventures     (du.  ^i"•  : K-r  n«  rB^iui 

d'Alixandre      v»iiicu.  .vrrf  .li  f.»*»«ï  .ih*  qu'ijs  i 

l'orplielln.  conn*ti»pnt  i  ^^Ht•>(  **■■  tl'ic;.»rf  i>tjt(  I   1^".  i-Af,  Ji;  li'iiiliMiiAiiÉ  i  il   ^»l  (v'iii*jt(rné.   Il  ont   iibluy 

tilAuchc.  «UT  nn  rtievAliiT  Télnn,  Marçot  I»  rciMj,  (jai  retiptit  utin  i1f>inoi<irUn  ilun*  ion  pjtiiUa 
SAi>tiiif  *«  rvixl  il  Li  HocKf  Mif,  OÙ  et  L-tieralier  itc  tkui,  ihiut  le  oombiittn    U  «il  ««ùtiu 
piilt  tt  k  le  itc«4nus  ilaiiB  un  c>>inC)*t  *VK  lAitcelot,  QD'il  rencunirfr.  «1  qui  f«U  tnnsporter  saplur 
(liUift  une  slibAvr,  ixi  on  le  wl^^e. 

\Mc»xt  If  r.otitiUI(!r  *l*iil  M  luttp»  »Tec  Atluiuln.  Il  ort  TiJtica,  (Nirl  \r  ' i.-t...o.>  .-t   .-.,. 

onntr*  iUKTrnior,  qui  vx  «'■Miaycr  b  Mu  Uiur  et  t|iil,  V7iln<-u  ^ipilenMnl,  n\-^ 
mrticvxKnl  A'A'rtW,  DMInel  lo  uiiviire  nmve;  «I^Mr^onoA  et  nulcmeni  * 

iiU"Alis«ll'l'P  I'*  f"'!  fiH^rlr,  AfT.tvuln.cjo]  vl«nl  plni  t*it!,  n'est  pn»pliiii  li-ui.  .;\  .,\-..-i,r.  ri:  ir 
tjnir  ij'ttw.  San*  rointitt-r  le»  chciatlrn  -l^Jk  ralncin.  iXt\ix  mille  naUc»  i/tTrirMti  •  AlciAOâr* 
leur  ciiiii^iirs,  pùur  If  (hi\h  qm  <")  tni  ntiUl.  Il  vnnilTjit  ivpendknt  ^prdUVPT  au»!  I&  fnroe  >!« 
I.tttK-cWt  un  (le  Tiistan.  Ea  cffcrt.  Lttncrint,  nrrrll  et  ramlult  |Ar  une  datiulvcllv,  ic  rend  4  UeUe 
(lanlc    lUna  le  roJe  cuiabkliiul  «'vuKagc  entre  cut,  \lU«U(ife  &  le  desuus,  mais  I^nwlol  □>< 


ïAi 


—  267  — 


361.  U  «>Qoe  du  cor  pour  ra^iâcnihtor  le*  chiens.  Un  chevalier  qui 
.  vieat  du  Chasteï  antif*  et  t>e  reod  au  touruoi  accompagne  Trutaa.  \U 
renomireot  DiDJulan.  qui  sait  qucTrislau  eoi  eu  Logres  et  le  cherdw  Tristan  rrocoo- 
pariout-  n  ne  le  reoduaait  pas,  car  Pausebreuil,  le   bon  cheval  de  Winadau. 

Trt&tao,  e»t  nuiri  depuis  Umgteinpâ  '.  Do  eugti|;e  une  di»custiiou  mur 
l'amour,  et  DinujiUn  Llùine  ceux  qui  se  livreut  a  o*?tle  passion.  Il  dit 
»on  nom.  Tristan  rofu&c  don  faire  auUmt  ei  pl^isault*  Ut'aucoup  Dina- 
dan,  qui  (wt  furieux  *.  Arrivo  Espinagm.  filf  du  nù  {\f  NftholH'riande  Bspinogro». 
rt  aniriumix  de  In  lille  du  roi  de  (ialles.  liinarlaii  U*  pnivôque.  ej*l  ren- 
verse et  s'en  va  en  xtH  méchaolt'  humeur.  sui\i  de  Trinlau:  le-*  dt»ux 
outres  chevalier?  piuif-nt.  Tristan  ei  Dtnadau  se  \fahtnt  niu'  ' 

TrigUin  Tinviio  a  venir  avec  lui  à  la  Joyeuse  (àarde  v\\  lui  i  ic 

de  lui  dire  des  nouvelles  de  celui  qu'il  cherclie.  Dinadau  refu&r,  iurt  en 
colère  :  «  Je  ne  veux  («is  de  vous,  lui  dit-il  ;  il  oie  semble  que,  ii  jac- 
I  Ofptaie  votre  oftro,  Tristan  m  vûndnnt  pu.  • 


Tristan  abat 

Ajrravain  ei 

(iuorret. 


3*i2.  Tristan  rentre  donc  seul  h  la  Joyeuse  Oanle.  où  il  trouve  (out  le 
monde  pleurant  sur  un  chevalier  dti  rhAteau  ;  Agravain  et  Gucrret 
vïpnnml  de  le  tuer  por  ./.  pou  rf*»  pat'otes  ^u'enlr'eù  tint  ■*.  Tristan  l<>s 
priimtuit,  les  abat,  et  triomphe  d  «-ux  dan*  le  combat  à  IVp«*c  *.  Us 
rentrent  a  la  cour  ei  raci^ntout  leur  dt'faitp.  Le  roi  |»pnse  ii  Tristan  et 
I  Morit.  Alors  Lanrrlut  conqireml  que  le  roi  sait  que  Tristan  est  n  ta 
I  JoyruMf  Garde,  jusqu'alors  il  ne  Mvait  !««  encore  91M  U  rois  seûst  ew- 
)  ttmfmant  q»  minrt  7.  fiut  a  ta  Joieuse  Gardf. 

3fi3.  Trist*n  reniro.  lîteut  et  lui  se  dérident  à  aller  afeister  au  lour- 
f  not  ioojfniitu.  lia  vaUi  annonce  que  Dinadan  «'est  Ut^é  chez  un  vavas- 
ieur  <Uii  -,  Tri-^un  proix>seà  Iseut  de  l'envoyer  chercher  pour      HrUeuTnvec 

leauMra-.  'int.  u  quant  a  moi.  dit-il,  je  me  retirerai.  ■  Uout    uinadan  &  la 

!4e  pn^te  ia-iu'  i.l«w*anlerie,  et  s'amuse  de  Dinadau*;  elle  invente  ime  Joyeuse  Gard«. 
iLi^çtturv  de  trois  frères  qui  veulent  lui  prendre  sa  terre  et  contre  qui 
I  élu»  implore  te  sccour*  de  Dinadan  :  mais  celui-ci  ne  se  i<»ucie  pas  de 
■e  mesurer  avec  trois  chevaliers,  et  i*'y  refuse  abftolumeni.  EU'*  par- 
vient eutio  à  lui  fairr  nrwplor  un  heaume  orné  d'un  penonctl  de  soie  ver* 
nteille  ^.  qu'il  doit  porter  p«>ndant  le  tournoi. 

I.  D»ntt»4  ton»  Itm  nalt^-%i^f.itu  rhmttéi  kBnltêi,mmt7%7,q9i9an»dm€h.  mmç^rf,9t  91* 
M,  Ml,  06  «e  elW'ftUct  >  1  d^i^râ  Atmutaiot  • 

1     to  ^KfBlW  n<>  Sgurv  .  . .  ni  lUti»  U  far   Ail.,  «ù  TfMu  MOUM  k  t»  Jar<  U  ■ 

[  «H  flWaMUv  Dinadan    ,1 

}.  C«n*  RmaniM  t><  ■«  ir->u  <  ■  :    iM,  13Lï9. 

a.  I>uia  u  r«r. /M/ .  |>  k;.:..  M  imnt  rt  rnsUa  rthooitm  PtlalaMê«tn»l»rtK■ 
'^KL  «t  ir  k*  rf.  ..r.riiUni,  o  bKu  ;.  1  _  i«  jaj.  u.i  |«iiUpinTcra*llaad*laaiit*vc«01n** 


k 


urrmi. 


».    1 

« 

T. 


"■---'ti*  la  mnrl<l«  LaoKiral. 

-  la  Imuim.  Tof,  I  aMt,  nuU 


:  im  •■  *lrto(T»  n»rï>i-«n  hmrt,  M  tut  (imttff  lltlaiAtn  <t'.%UHAn(tr«  pw  !♦  }wm  lifns 

-  *••.    ■*    '  i   maria  las  aanwt)  ■»«■  le  ratuoniemcnt  dei  b«ron«  de  1a  ^ 

^«UaWlerfi>.                                  i    w  prfMitr  fc  aevcncer  d«  Mare.  AtUandrt  !■  prie  de  vrolr  k    innnâ»    Ii'kaIIb 
.*MkiaM4r ^.«w»™ii,lSl.lil-ll.>  MiK^mtorlt»  Wr».  .  Ua-   *P°S"Ji„„ 

notM  <Uii»  MB  payi  irer  la  beUc  Pèlatioa,  nacoalrs  «a  Joar,  dana  ta  torêl, 

■  raa^,  SU  df  t>«m^l  le  rovr.   Combat.    Hd^aa  Ml  lo4  an  bl«MB*  morMtvRMRl 

■  I  AnImt^»  la  Mlcrinv:  Ira  dcasamanU  mnrcflt  datw  Icf  bra*  l'on  darutrai^  ilS 
I  *  ^  ftntisJtrt,  ctc  ,  eoaum  TiïT  «l  Ira  aoiru. 


Aiixandre 


Pèlerine. 


Leur  mort. 


—  268  — 


Gahoriet  avec 
Oinadan. 


354.  Le  loDdomaîn  Dinadan  part,  et  Tristan  le  suit  pour  voir  K*i1 
dr»f«ndra  sou  hoaume  ' .  Tristan  feint  d'avoir  peur  dos  clievaliers  errants 
et  so  met  sou»  la  sauvegarde,  de  Dinadan.  On  rencontre  Gaheriei,  qfui 
Blmt  Dinadan  :  TrtKtau  le  fait  enrager  par  ^es  gaberia  sur  culte  di&mi- 
veuluro.  Gaheriet  propose  une  liataillo  à  l'épée,  mais,  sur  l»  tkÎus  de 
9i??i!?î!f?,.^?°„-*^  Dinadau.  il  l'en  dispense  :  «  Sachies,  lui  dit-Û,  que  je  ne  U  dxsuie  miepar 
haine  que  je  a  vous  eusse  '.  —  Certes,  fait  Din.,  granl  amour  y  aiV_j  rutu 
txnremeat  :  je  m'en  sut  bien  apperceù  :  de  la  gratU  joie  que  vous  eustes  de  ma 
venue  me  portasles  vous  si  durement  a  tetre  que  encore  m'en  dsulent  let 
oj  '".  Gaheriel  ne  peut  s'rmpvdifr de  rire;  it  croit  reconnaître  Djiindan 
et  lie  nomme  ;  Dinadan  en  tait  de  m^nie.  Ils  causent  ;  Dinadan  lut  parle 
de  la  dame  de  la  Joyeui^e  Ganle.  Gaheriet  »e  doute  que  c'eiii  Ineut, 
d'autant  plus  qu'il  avait  euLendu  un  mut  <pie  Lancelot  avait  dit  a  un 
de  s«^  amis,  à  savoir  que  ta  J(»yeuse  Gante  abritait  maintenant  le 
jdus  grand  trésur  du  monde,  tout  !•'  prix  de  la  elievalerte  et  la  plub 
grande  heaulé  trrreblre.  Gaheriet  avail  compris  qu'il  iiarlail  de  Tru»^ 
lau  et  d'Iseut,  et  pour  les  voir  il  était  parti  do  la  cour.  ~ 


Palamède 
arrive. 


305.  Un  chevalier  qui  survient  les  provoque.  Il  aLat  Gaheriet  et  e?t 
lui-uiômt>  abattu  par  Tristan,  ti  qui  il  court  dt'mander  ^on  uom.  Tri^Uin 
lui  demande  le  sien;  c'est  Palauiede  :  «  Je  cherche,  dïl-il,  mon 
ejmemi,  Tristan.  —  Et  que  feriuz-vuus  de  lui.  si  vous  l'aviez  eu  votre 
n  s©  riVconcili*  puuvuir?  n  PalamtMe  déclare  qu'il  ne  le  tuerait  p!LS;  il  espère  d'ailleurs 
avec  Tristan,  (jm.  ses  forces  graudinmt,  s'il  peut  avoir  l'occasion  de  se  l>atlre  avec 
son  rival,  et  il  demande  encore  le  nom  de  Tristan,  qui  le  lui  dit.  Ils  m 
réconcilient,  niaic«  la  [uiix  ne  doit  pas  être  de  longue  dur^. 

Tous  ipiatre  prennent  le  chemin  de  I/ïuvexerp,  et  vont  voir  U  plaine 
où  le  tournoi  aura  lieu;  Dina<lan  rappelle  celui  qui  avait  él^  arrangii 
par  Arthur  et  Galehoui,  et  où  lancelot  fut  vainqueur  *. 

On  trouvo  le  300.  t^iur  un  vaisseau,  aux  hnrds  do  riliimhre,  lU  trouvent  le  corpis 
de'^fa  Citïver'  ^^^  '""'  ^'^  '*  '^''^  venneiile.  Ix'  roi  mort  lient  à  la  main  «ne  l^tlre  qno 
meille.  l*-*'?  marins  ne  pennetleni  de  lire  qu'a  celui  qui  veut  .-ie  charger  do  la 

vengeance.  Palamëde  la  prend,  puis  la  donne  à  Tristan  :  «  Lisez-la, 
vous  ci  mieuts  saves  lire  de  nous.  »  Pulumèile,  quoique  païen,  avait  aprû 
ielres  latines  entre  crestiem  puis  qu'il  vint  el  roiaume  de  logrr.i.  9Sès  cr  /u 
en  en/ance,  Palamède  u'nyaut  que  iiuntre  (vnr.  dix)  ans  quant  son  père 
l'amena  ou  roiaume  de  Logres  avec  ces  autres  enfam.  Tristan  lit  la  lettre, 
dans  laquelle  le  roi  lègue  sea  terres  à  celui  qui  vaincra  ses  assatifiins. 
Tristan  n'ose  tenter  cotte  aventure,  craignant  d'arriver  trop  lord  au 
tournoi.  Palamède  e'cn  charge  et  part  avec  les  marins;  il  promet  de 
Taire  tout  ce  qu'il  pourra  pour  arriver  à  temps  au  umrnoi. 

'^Tristan  367.   Le»  trois  autres  rencontrent  un  chevalier  qui  leur  offre  l'hospi- 

^''"Ea?***     tnlité  et  les  emmène  à  son  château;  ayant  reconnu  dans  Trirttan  cfdui 

son  n   0.       ^^-  ji^yj^^  jy^  gQQ  fj,^^^  pQ  Comouaille,  ce  chevalier  le  délie,  le  suit,  au 

I.  Ls  Tar.  m/.  «Itère  ■-  Oa  bUmlii*  d'irr^tn  OlniitUn  c|iund  U  r«oi  partir    Ixi  nr 

«llw  «u  touriKJ,  *rec  Iseult  pour  U  •ultc.  roy.  §  aRD,  not«.  —  Milory  m  i>*r'' 

3.  MaL»  ;tJ,  77fl.  ÎW.  VO,  9i,  •?,  H-f,  lui  r«n|'t««ot  «tle  remwnoc  p*r  Ica  m  -  _ ,  •f 

VQHi  h^  mil',  AlitE  U  raiii  lit  par  amort. 

1.  7^7  s'cxiirlnii  un  p«u  plus  brluvuuimt. 

<.  Dtiu  Hàiiaj.  U  y  ft  une  cunvcrutlon  sur  rkMMiiul  d«  I^wncint,  Htmi  à  mort,  dit  PaU* 
mMt,  ft  Hordret  le  )<rar  mdine  ou  t,«itiortl  *vKit  rtloeo  lUtii  on  toonMl  1  cf.  101  (p.  IM). 


—  269  — 


Joutes  cau- 
sées pir  le 
casque  (le  Di- 
Qâdan. 


d^(>arl,  pi  est  vaincu;  il  r€>:9te  sur  tn  place,  éutunli.  Tristao  il(>maude  : 
«  Veistes  vous  ont/uet  rnèi  nul  si  fol  chevalier  comtne  cisl  e^loit  f  —  Toub 
ilevicanL'iit  fous  avec  Triâtaa,  »  répood  DioAdac, 

3GA.  Cumme  ils  conttnu«iil  Imir  roui**,  iU  voient  sortir  do  la  fonH, 
lirroi  dfrs  Cent  Chevaliers,  qui  s'appfllo //rrâuMtOfprei  *,  accoœpa^uéde 
ficpirades.  Le  roi  croit  que  le  heaiuue  de  Diuadan^  e«t  ou  prruent  de  la 
reine  de  Norgalles,  sua  amie;  ît  joutis  donc  avet:  Diaadan  qui,  dét^ar- 
eouoi^,  dt^pose  le  heaume  parterre  ei  l'abaDdouneauroî.  Celui-ci  euvoie 
u»  écuyer  le  prendre.  Tristau  le  lui  défend  ei  fait  ramasser  le  heaume. 
LÀ  di*si»u.«  un  combat  entre  lui  vi  le  roi,  qui  e^it  vaincu;  Trit<lan  lui 
prend  »oa  beanme,  qu'il  donne  à  Dinadan.  —  Eni^uite  B^irade«t  abat 
Galieriet  el  est  Iiii-oii^aie  almttu  jiar  Tri;t[an  ;  Dinaibin  se  dispense  de 
juute-r.  Ou  se  quitte  ;  Trinlau  emmène  w6  deux  con)|)agnon]«  i^  la  Joyt^u^e 
Garde. 

369.  Pendant  ce  temps,  Patamède  cnntinup  &on  vnya^:*  ^.  Il  passe 
U  nuil  dans  une  île  que  le  roi  tué  avait  peuplée  ;  Palamède  est  logé  au 
Cka$M  marin.  Un  chcvalipr  1**  ri>nt:«>igne  «ur  le  roi  d*»  la  Cité  vermeille, 
où  Palamède  se  Tap|ielle  avoir  at-sisté  h  la  baiaillp  de  deux  chevalier-:,  à 
l'époque  où  il  »*laii  enc^ire  écuyer  :  Doux  des  serfs  du  mi  avaient  «u 
gagner  ^e?  bonnes  ^îrâces;  il  le*  avait  armés  cbe\"aliers,  et  il  î^»  laissait 
eir  ■  LTiider  par  leur*  conseils.  Ils  l'avaient  décidé  ;•  us 

le-  iii  royaume,  mi^me  ^Km  frère,  à  qui  il  avait  don:.  ,iu 

avec  \i\l\  cuni/ueslee,  comme  ce  frère  le  dit  plus  t&nl  à  Palamède.  sor  le 
reùuuig  de  Gorrc.  Un  jour  de  chasse,  ils  assassinèrent  leur  maître  et 
**«n[»ar^n*nt  de  ses  lerre«.  Mais  un  chevalier,  Hebal  '.  leb  accusa,  et  il 
fut  cuQvoiiu  que  les  serf^,  ]H)ur  prouver  leur  luuoceace,  combattraient, 
demi  moi»  plus  tard,  un  chevalier  de  la  Table  Ronde  *  qu'Helral  ferait 
venir.  Celui-ci  étajt  allé  trouver  le  rcû  mourant,  qui  «'appelait 
ArwMnt  *,  et  qui  lui  a\-ail  cons^'illé  d'envoyer  la  nacelle. 

Le  lendemain,  lor^pie  PalamWe  va  6'embarquer,  le  frère  du  roi 
mon  sort  de  la  nacelle,  et.  voulant  éprouver  Palamèfle,  déclare  qu'il  so 
cbai^  lui-m^me  dn  ta  vengeance  ;  vaincu  dans  la  joute,  il  témoïg'iie  sa 
joii!  de  \uir  le  ^Tuud  chevalier,  dont  il  avait  beaucoup  entendu  parler. 
Pnlamcde  arrive  â  lu  Cité  vftrmeillt',  :^iluéi^  sur  i'IsU  delitai/U;  le  frère  Palamède  à. 


Histotrf^  d(i  roi 
de  In  Cité  rer- 
meille. 


la 


d'Armant,  nommé  Marin  ',  y  va  également  et  arrive  avant  Palamède. 
Les  serf»  *e  eonsuleut  i^n  apprenant  quft  Ifi  ehevalîer  venu  pour  les  com- 
batlrt^  n'i^ït  ]ias  de  lu  liynéc  de  Ban,  car  ils  n'avaient  pas  encore  oï  j/ron- 
mmt  parier  de  Pal, 

I.  Ot  m.  ta.  lui.  Hrrtii  ?«9,  //«rraux  Ma,  Horiamv  l»Mi  1m  «Uns  |p«l  da  BooiAui 
lOS)  (  Btramt  (AfrwM  M,  UiXtry).  —■  Du»  le  L»tetiùt,  e*  proinilgt  «M  aaofflA  Agnlelatar  al 
Malwiirfoi  MnntI  II  9U  MDJbnda  «vcc  le  nil  Afnisut  (d'EMCM). 

z.  DwMM*k)mt:f,|s«4iiute),0iD.  porto  ktaBuaw  de  TriMu,préRatd*lsat.k4tdbi  niai 
àà  SofBUu  r«vaU  dua>4, 

a.  riB  Ad  a».  77ft. 

Dmiu  1*  f9^  jHI.;  IM  JoalM  oÉOriM  {Wf  1«  kMame  da  liiM&ut  aal  fin  Aenat  Iwat  eUe-ménie, 
«I  «M  en  fvato  povr  «Ua  m  toonué  {wnr.  |  9M,  doIcj.  L'«pl«)d«  ds  ni  de  la  QiU  tbtid.  «M 
émaé  «n  «wlqoM  moto.  p.  M»,  Ttiatu  et  tm  nom  cMliswat  Irai  ebnUn  •(  urlTMit  k  Lea. 
«Mm.  »àte  4  n4w  M«t. 

4.  nr.  t  ffMt  (TM  t  Blaux,  bitu).  —  Dim  lUlDfjr,  était  Sbel  ini-aitiM  qui  OU  «  wédk  fe 
NknM« 

5.  Il  n'MS  fat  expUQHé  eaauDBni  on  ucspti  PtlimM*.  qat  «t pûn H n't^pmi* U TU1« 


CilévermeiUo 


6.  V«T  :  tfrrmmnt,  7M  riiipaUe  fferwuiat,  tlerrauft  M  Haaiu,  «m  attribniuil  tw  domler 
iwai  ftSMl  à  U  CIW  vffmeUte.  Dus  104  !•  roi  o'Mt  pM  Bumm^  —  Tct   A)r.  :  .érdmmaa. 
2.  tNrmgmdt  Hâiarj. 


—  270  — 

370.  ho  combat  crmmencp.  Palara^de  tufi  d'embltSe  l'un  des  dmtx 

frèros,  main  il  est  abattu  jMir  l'autre,  Helain,  qui  ratla^up  montt*  sur  son 

cheval,    que    Palfun^de  ee  voit  ainsi  forc)*  de  tuer  ;  après  une  lutt^^ 

(nniible,  il  tue  ausî^ison  adversain;. 

Palsmède,  vain-       Ptmr  rt^romp^^ns*',  il  no  demande  en  don  '  qu'tuic  iicf  pour  allor  à 

queur.  teiour-  Louvezerp  ;  quant  au  rnyaiime,  il  veut  qu'im  le  donne  à  Marin,  tà^ 

zen).  '  Peuple  se  désole  de  »on  départ.  Ou  lui  fournit  toutc<?  dont  il  a  besoin. 

37i.  H  part  et  arrive  à  Lomglai^,  cité  qui  est  à  une  demi-journ^ 
de  Louvczcrp  ;  puis  il  va  chercher  ses  rcuycrs  à  Louveïerp,  et  se  rend 
enlin  à  la  Joyeuse  Garde.  poUsijé  tiurti>ut  par  son  amnur  fiour  Iseut.  H 
va  prendre  sou  logis  chez  un  vavasîieur,  car  personne  ue  peut  entrer  à 
la  .foyeuse  Garde  sans  le  eou^eutement  de  Tristan,  qui  avait  ordoniu^ 
Tristan.   G&he-  qu'on  l'avertît  dès  qu'un  chevalier  arriverail  au  hourg.   Dinudau,  qui 
rief  et   Dtna-  l'ruii  allé  aux  ron.seignenientP,  vient  annonrer  que  le  nouvel  arrivé  est 
^k-^a"»^^"^  l'alaraède,  et  va  le  voir  avec  Tristan  et  tiaheriet.  On  cauise.  *  Je  vai* 
vous   raconter  quelque  ^chnse    qui   nou)^   e^t   arrivé    pendant    votre 
alisence,  w  dit  "Tristan.  —  Moût  mI«  ortx  apparillés^  fait  Dinudan,  d# 
raconter  de  nos  aventures.  t)ex  daint  qe  jg  vous  voie  en  tel  ku  dont  Je 
gabtr  ivujputue»  qi  souteni  vous  gabfs  de  moi.  & 


Palnmôdc. 


Dinadan. 


Tristan  i-aconie  3^*2.  Et  Tristan  racoute  comme  quoi  un  jour  que  Gaheriet,  Dinadan 
iioii  mf-fiaven-  et  lui  se  promenaient  dan*  la  l'orét,  ils  avaient  trouvé  un  chevalier  irt 
n'nliHln^  ""^  ^  "'"^  helle  dame  endoruiië  prés  d'une  rontaiue,  au  pied  d'une  roche  en 
trop  biau  Uu  et  trop  tolaceits  *''.  La  vue  de  la  dame  avait  animé  ai  hien 
Gaheriel  et  Dinadan,  qu'ils  se  rélAient  di.iputée  par  les  armes,  à  la 
grande  joie  de  Tristan.  .Mois,  pendant  qu'ils-  ne  huttaienl,  le  chevalier, 
rt'veillé,  partit  avec  ^a  dame.  Tristan  en  ayant  informé  les  deux  coni- 
baltanLs,  Gaheriet  abandonna  la  partie,  mais  Dinailan  persîMa;  Tris- 
tan lui  indiqua  par  où  te  chevalier  était  parti,  et  Dinadan  courut  ai>re>; 
lui,  siivi  des  deux  auin;s.  Dinadan  et  Gaheriel  furent  dé^irçonnéf, 
mai?  Tristan  triompha  du  chevalier  et  lui  laissa  la  demoiselle.  Ce  che- 
valier était  Bruuor  le  noir,  lu  frëre  de  Dinadan,  qui  ne  l'a^iiit  pas 
reconnu  *. 


Brehua, 


373.  Tristan  et  Galieriet  reuireul  à  la  Joyeuse  Garde,  et  Dinadan 
reste  avec  Palamède.  Le  lendemain ,  les  deux  autres  chevaliers 
reviennent,  et  tou:^  quatre  vont  se  promeaer  sans  autres  armes  que 
leur»  é[)ée8.  lia  rencontrent  Brehus,  qui  veut  savoir  le  nom  du  cheva- 
lier qui  est,  lui  a-l-on  dit,  à  la  Joyeuse  Garde.  Tristan  refuse  de  le  lui 
dire,  et  Brehusr'élance  contre  lui,  mais  il  est  prévenu  par  Patamùde,  qui 
le  renverse.  Tristan  lui  dit  alors  son  nom.  Puisils  Quittent  tous  les  quatre 
Brehus,  qui  n'a  pas  voulu  se  nommer,  et  retournent  vers  lu  Joyeuse 

1.  Den.  'M.  7M.  1U4.  «M,  iSbM.  10»,  nub  «t.  M.»7.a4S,  77«.  101.  :U,uUnid«rfa*, 
portant  t  auti  i-«itjê  qmf  votu  aeampiUiiat  ta  moie  toiviti. 

t.  Aloii  U<,  ïiUVt.  ->  TftT  :  Laomc«lai.  —  7&6,  7«l>.  14M.  M.  UU  :  /««Mffffy,  —  SU,  77t. 
101  r  l.om'fginr:  07  :  Lottiélor  :  9»  :  LonRtffior-,  nikiHiae  dAU  MaIott.  7U  :  LffrfirMi. 

».  V«T  4tUiaMf. 

40Ue  blst<ure',pu  île  rïdtiUns  yaluryt  eit  daDDéeparloiu  IMKIU.  suif  M,  77t,  7ba.  «Utta  ' 
le»qnei»,  k  U  nlai*«.  TrUUii  ri^  ncsjntf  qtit  l'Avcntore  do  rasqqe  •!«  UlssiUn.  t*U«  «in*'  nmu  la 
ronnklssoQS  •lAJl,  K-^t-rr  uni*  HlLOration  liiu)  su  <1^^r  dr  ne  pr>lnt  Caire  Uiinl>«r  unmin^x  nin«itati  ? 
On  {iciU  l£  (rrutte,  Ueti  not  la  repAtlUoD  d'tiac  hiihtUe  iJi^à  racoaUc  toit  Uti  amtonae  nilx  lutil- 
tnitw  du  proMUor. 


—  27t  — 


^GardG  :   ils  apprennent  par  ira  chevalier  *   qtii   le  pourrait  rpie  I«îiit 
iv<!raaîre  était  Brebus,  qu'ils  reprett*?at  htoa  d'avoir  laisisft  éclmpïM»r. 
Palamcde  rest*»  avec  les  autre»,  iovîié  par  Tristan,    qui,   npri-s   I»;  FaUmède   à   la 
[retour  du  messagor  **nvoY^  par  lui  |iour  m  renfteipniT  ^ur  le  Itnirnoi,    <ioymse Ga.Tde. 
kravoie  deux  pavilluns  dans  la  for^t  de  LnuYezerp:  il  compte  s'y  loger 
Iftvec  sa  suite.  F^lamèile,  on  proie  à  aes  peines  de  ctetir,  ^  promet  de 
faire  de  son  mieux  pour  surpa«se4'  »:on  rival  en  bravoure. 

374.  Enfin  l'on  se  nif!t  en  chemin  pour  aller  au  tournoi.  On  renconin^  Patamède  abat 
\nw  dizaine  de  chevaliers  dt,*  Sf>rt'luis,  parmi  lescyueU  se  inmre  le  Galebodin. 
rni  Galehodin.  qui,  ayant  choitii  s.es  cjuatre  meilleure  chevaliers, 
menare  d'emmener  I»etit.  Palamède,  d<mrpux  de  se  signaler  devant 
I  ccilp  qu'il  aimt\  ohûent  lu  Itataille,  qui  oki,  dît-il,  trop  peu  de 
i  chose  pttur  un  chevalier  de  la  valeur  de  Trit^tan.  Il  abat  successivement 
[les  quatre  chevaliers,  puis  le  rui  lui-même. 


375-  Oo  rencoulTtf  ensuite  Gauvaui,  Ivaiii,  Sayn^mor  et  Dodinel. 
[Gauvaiu  iuîiiste,  mal(çr^  le  conaeii  d  Ivain.  pour  «avoir  le  nom  d'Iseut, 
deftâui*  des  joutes.  Palamt-de  abat  Sa^remor,  Dôtlinel,  Ivain  eï 
lenlin  GauvaÏD,  qui  i^tait  plu;>  faible  (|ue  Palamf''dv  '. 

Peu  apri's,  Gauvain  rencontre  Galehodin,  qui  l'a  dêlivn^  jadis  de  la 
I  prison  du  seigneur  du  chastel  Marquis  '.  On  poursuit  en  vain  Tnetan  et 
[m  suite,  qiû  pani'iennent  à  leurs  pavillons. 

376.  Palam^e  *  et  Gaheriet  restent  auprès  d'Iseut.  Tristan  va,  avec 

Dinadan  (>e  renseiffner  sur  le  tournoi;  avertis  par  un  chevalier,  ils  sa 

rfîodent  à  Va-^^      '  '       '.s  dix  *  roi«  (Urangcrs,  alhé*  contre  Arthur  et 

assemblée  pou  :  r  le  plan  de  l'attaque.  Le  jeune  rui  d'Irlande, 

qui  préside  n  1  j..-.sruibloe,  evt  le  parent  d'Iseut,  qui  lui  avait  accorde  le 

royaume  d'Irlande,  il  e^l  appelé  Morhout  eu  souvenir  du  son  fameux 

^aîeul.  —  AyanI  i|uiu6  1  assemblée,  Tristan  et  Diuadau  vont  vers  I>ou- 

:n«u>rp  pour  jtavuir  Vordenenifnt  que  fera  le  roi  Arthur.  Un  chevalier 

j'ils  rencontrent  leur  apprtiud  que  la  reine  Gueniévre  resle  malade 

uu  château  voisin  et  qu'elle  ue  pourra  a.sMSter  au  tournoi.  Tristan 

courouâés  :  il  aurait  voulu  voir  Guenièvre  dtjoste  la  reine  ïsett. 

.  compagnons  continuent  leur  chemin  et  reucontreut  Arthur, 

i  château  de  Louve&erp,  avec  une  grande  «uite,  pour  aller  voir 

I  du  tuuruoi.  SHfrremor  prend  Tristan,  qui  monte  le  cheval  de 

■  ,  pour  celui-ci,  en  jiarle  à  Gauvain  et  raconte  au  roi,  sur  sa 

j  l'i  -■  i". ,  •...'Oiment  iU  ont  été  renversés  par  le  chevalier.  Tristan  s'en  va 

Iter»  hkforOl,  mai»  Arthur  envoie  Gifllet.  qui  le  décide  à  revenir  en  lui 

^arafltù«ant  que  le  roi  ne  lui  demandera  piui  son  nom.  Devant  Arthur 

%.  P»lmMe,  ait  173.  oa  pMTfe&l  pu  k  «batt»  Gumao.  1m  jclklvM  m  biiui»,  el  {le  tutaimi 

V4pif  r«M*  ItMiécb  :  coh  te  doue  tooilMnt  i  terre  ;  cf.  f  t9t.  nou. 

a.  D*  la.  T«.  1U4,  U.  IU,  7&I ,  mtrdkU  3U.  SM,  !»•».  —  JUmrUt  97,  U9,  toi.  99.  -  773  ■ 
Mê^  i  waaqvm  dâm  tUlory. 

4-  Dma»tat*f- JtW-.flPTrtTgt  LouTMwp tomatfrtBiBCBt Kprii  la  d<p«rt  dt  P^Uabde  jwitrU 
CtW  TCraicUlr  \^f>J.  «o  II  MS|  «t  ka  «Twmri»  qai  oecapcnt,  aaa  l'uûljrïs,  l'lntemU«  «ntrt 
•«a  mnm  «t  i'arrlvet  *  Loovnafp  gat  M  inppiiaiâefl.  Arrirta,  lU  aoDt  imu  pv  ÂgloTal 
%p^  MPI.  d  Mitn  fitll  Ml*  troU  ftrfDùo»  ;  .Vribur  lUl  «ntmttcer  que  h  prix  da  toomof  gani  k 
'^Itil  4«1  «nttfvn  m  <tnpua  v^^nt*  «q  tniUra  •!&  pt^.  I^e  r^lt  da  Jdota  àêa  cbrraUer*  BMrMtx 
•^t  «MCI  A^taQM  rt  différa  de  «loi  Ua  m»s-  —  QnantI  nu  cal  A<  rrtwir  act  iwvUtonit  flllwilgl 
^lU  pMter  Mlunèilc .  TritUn  l«  fili  rvair,  rt  le  Icnamtaia  oa  rs  nsatnMc  an  uonwl.  (Ont*- 
''^K(tvf«a*MlpMBu]"il*<l>tMl»  rur.  Jlif.f  £(dte  jMI,  nirte. 

>  (kHriA«a'ca«pM<iu»ii:.  »ty.  Ut. 


Gauvain»  Ivaio, 
Sagremor 
et  Uodinol  ab- 
battus  par  1^ 
Inm^de. 


Rencontre  avec 
A  rthur. 


—  272  — 


il  se  dit  né  vers  Gales  ^ns  vouloir  dunner  de  détails  ;  ensuite  il  relonrae 

avec  Dlnadan  aux  pavillons. 
Le   tournai    de       Lf  lendcniaÎD,  tins  quatre  chevaliers  vont  assisteraux  joutes  desoon- 
Louvezerp  :      veaux  clu'valier.-5. Gaberit't  joute  avec  l'uud'eux.WWtcfj  *,ueveuduroi< 
vaLers    nou-  ^"'^^  Chevaliers;  ils  i^'abitltcul  l'un  l'autre,  et  les  quatre  cumpagnoi: 
reaux..  relournuut  aux  pavîlluns. 

377.  I>e  roi  Arthur  ordonne  à  Keu  de  compter  les  comparons  de  la 
Table  Honde;  leurs  non]siïont  in^critâ  fïur  le  drap  de  soie  qui  recouvre 
leur  plai>^,  aiusi  qu'il  a  (Hé  établi  par  Merlin,  et  le&  conifiaguoiis  *'a|>- 
pellenl  l'un  l'autro  :  il  eu  manque  dix.  —  Un  de»  valetnU-  Laucclot  lui 
rapiHirie  que  Tristan  et  Iseui  sont  venus  au  tournoi  et  qu'ils  ae  sont  Logés 
dans  la  forêt. 


Première  jour- 
née. 


Deuxième  Jour- 
née. 


378.  Le  Icudcmain,  Tristan  et  ses  compaguous  arrivent  avec  Iseut. 
Us  prennent  parti  contre  Arthur  et  &e  rangent  du  ciSté  des  roiii  d'EcosM 
et  de  Galles.  Les  batailles  s'ouvrent  par  l'attaque  des  gens  d'Orcanie, 
coniinandt^s  par  deux  chevaliers  de  ta  lignée  d'Arthur  et  parents  du  roi 
Loth  d'Orcanie  *i  uonimét^  Bercloas  et  Sadoc^.  Ils  abattent  les  roi« 
d'Ecosse  et  de  Galles,  mais  tous  les  deux  sont  désarr-onués  par  Pala* 
méde,  qui  avec  sot  couipaguon»  chasse  les  gens  d'Orraoie.  I*c  roi 
Arthur  su  lance  alurs  avec  Lauwlol.  Blioberis  et  Hector  contre  Tristan 
et  les  autres.  Lancelot  abat  Tristan,  dont  le  chmal  est  fatiguû;  liliobe- 
ris,  lieclor  et  le  roi  renversent  Palaméde,  Gohoriel  et  Dinadan,  qui 
tous  sont  harassés  de  fatigue .  On  s'etforce  de  les  prendre;  à  cette  L'p'>'"in 
les  lois  des  tournois  défendaient  à  un  chevalier  de  porter  les  ami> . 
qu'il  avait  tSlé.  fait  prisonnier,  si  son  vainqueur  le  lui  interdisait.  Trir.t.iM 
abat  Arthur  et  donne  son  cheval  au  roi  de  Galles,  quï  vient  de  lui  cf^dor 
lésion.  Puis  Tristan  retourne  un  instant  aux  pavillons  pour  prendre  de 
nouvelles  armes,  car  il  ne  vi'ut  point  ôtre  reconnu.  Pïilamède  se  dis- 
tingue devant  Iseut.  II  abat  Lancelot  au  moment  où  le  cheval  da 
celui-ci  tombe,  et  est  lui-uiême  rlcsarçouué  par  Hector  :  Tristan,  sur- 
venu, renverse  ce  dernier  et  donne  son  cheval  à  Palamède,  avec  qui 
Lancelot  veut  recommencer  la  joute,  mais  Palaml'de  comprenant  qu'il 
ue  pourra  vaincre  Lancelot,  le  prie  de  ne  pas  lui  faire  perdj-e  le  prix  de 
cette  journée,  et  Laucelol  y  consent.  Palamède  remporte  le  prix,  et  on 
retourne  à  la  forêt.  Dinadan  se  moque  de  Tristan  parce  qu'il  n'a  pas 
obtenu  le  prix. 

379.  Jje  lendemain,  Tristan  et  ses  compagnons  s'acheminent  vers 
la  lice,  eu  laissant  Dinadan,  qui  dort  encore  et  que  Tristan  ne  veut  pas 
réveiller.  Le  roi  Arthur,  parti  avec  Lam^lol  pour  voir  arriver  Iseut,  les 
rencontre  à  l'issue  de  la  forèl.  Il  reganle  Iseut  de  trop  près  et  est  abattu 
par  Palamède,  qu'abat  ensuite  Lancelot;  Tristan  veut  le  venger,  mai* 
Lancelot  refuse  de  jouter  avec  lui. 

Ce  jour-là  *  les  gent^  d'Orcanie  sont  conduits  par  Ivain  et  Lucan  le 
bouUllier,  qui  abaltenl  les  rois  d'Ecosse  et  de  Galles.  Tristan  les  venge 


1.  VAr.  ElicfJ,  EiM*s  i  «M  i  H«ti44»i  lUl  :  EHori\  07.  SI»,  LOI.  «9  (M&Iorr),  9<  :  CfUet. 

S.  Pm  p.  Lot.  7&7  i  fiiut«.  7TI.  »7.  UU,  101.  9«,  M,  1&8  diflcst  toot  ooort  :  tl*  lA  ll^nfie  4» 
LuUi,  uni  numm«r  Artlitir    tiati*  U>x  rien  ttii  lixit. 

».  Var.  F.rclaat.  —  Sardoc  7M-  —  llfrrhiat  et  .fadnth  MO,  T&d,  ISb9».  Krdoiu  T7S.  T4*v 
*0  :  Kraoart  lui.  M'j.  F.rdouarx  v:-,  tîdward,  MAlar]r.  —  Etfikuu  7M.  Oiloart  'H, 

i.  km  mUlra  àm  e«tle  d«tnhffl«  joiimét  «'orr^lc  l«  mt.  N. 


—  273  — 

et  se  sigaalr  bifatûtau  point  d'éclipser  Palamédo.  Il  va  encore  changer 
ses  armes;  à  son  arrivw  Dinadan  s'éveille;  c'est,  dit-il,  pour  l'empè- 
cher  de  voir  sa  mauvestié,  comme  il  Ta  vue  la  veille,  que  Tristan  l'a 
laissé  dormir  aux  pavillons.  Ils  retournent  ensemble  à  la  lice.  Pala- 
mëde  b's  reninnuît.  se  fuit  donner  les  armes  d'un  chevalier  qui  sort  du 
tournoi,  el  attaque  Tristan  ;  il  ne  réussit  pas  a  le  ilésarronner  et  c»'de  la 
Imtaille  à  Lancelot,  mais  Gaheriet  et  Dinadan  interviennent.  Ce  dernier 
ayant  abattu  Lancelot  a  la  traversse  est  renversé  par  Palamède,  ([u'abat 
«ensuite  Tristan.  Lancelot  reconnaît  enfin  son  ami,  et  ils  échangent  des 
paroles  flatteuses.  Tristan  a  le  prix  de  cette  journée. 

380.  Iseut  est  irritée  contre  Palamède,  et  quand  on  est  de  retour  aux  '**"*  ^?'*  desre- 
pavillons,  elle  le  blàme  de  sa  jalousie  et  l'accuse  d'avoir  blessé  Tristan      lamède. 
exprès  au  tournoi.  Palamède  s'en  défend  et  Tristan  prend  le  parti  de  son 

rival,  en  disant  qu'il  lui  pardonne. 

Deux  chevaliers  viennent  voir  les  amants.  Ce  sont  le  roi  Arthur  et  Arthur  et  Lan- 
Lancelot  ;  on  les  reroit  avec  la  plus  grande  joie.  Ils  partent  après  une  sfte  à  Iseut^eï 
longue  conversation.  à  Tristan. 

381.  Le  lendemain,  on  est  étonné  de  voir  Palamède  pleurant  pen-  Troisième  jour- 
dant  son  sommeil.  On  se  rend  au  tournoi,  et  la  troisième  journée  com- 
mence. Palamède  renverse  Keu  d'Estraus  et  se  fait  beaucoup  remar- 
quer; Dinadan  taquine  Tristan  sur  le  succès  de  son  rival.  Tristan  se 

mêle  alors  aux  joutes.  Il  désarçonne  Keu  le  sénéchal  (var.  :  Keu 
d'Estraus'i  et  se  distingue  fort.  Il  abat  également  Arthur;  Lancelot 
tombe  de  cheval  au  milieu  de  la  foute.  Hector  abat  Palamède  et  donne 
son  cheval  à  Lancelot,  mais  Palamède  prévient  ce  dernier  et  regagne 
son  cheval  ;  Hector  en  donne  un  autre  à  Lancelot.  Blioberis  fait  remon- 
ter le  roi.  Quand  Tristan  voit  que  le  parti  d'Arthur  est  presque  vaincu, 
il  passe,  en  criaut  :  «  Léonois,  »  de  son  côté,  comme  il  avait  été  con- 
venu entre  eux  pendant  la  conversation  de  la  veille,  avec  Gaheriet  et 
Dinadan,  mais  Palamède  refuse  de  les  suivre.  La  tournure  du  combat 
change  aussitôt.  Arthur  *  désarçonne  le  roi  d'Irlande  et  Palamède  ;  le 
roi  de  Galles  est  également  renversé,  et  la  victoire  est  désormais 
assurée  au  parti  d'Arthur^.  Désespéré,  Palamède  quitte  le  tournoi  Palamède  quitte 
et  s'arrête  à  une  fontaine,  oii  il  se  livre  à  sa  douleur,  car  c'est  à  *hiÎ-^"t*^'» 
Lancelot  et  à  Tristan  que  revient  la  gloire  de  cette  journée.  Les  rois  ^  *"  '®  "^'^  *° 
d'Irlande  et  d'Ecosse  le  trouvent  là  et  le  consolent  ;  c'est  le  roi 
d'Irlande  qui  parle  le  premier;  tt  savait  plus  que  cil  dEscoce^,  et  tant 
dût  li  rois  a  Pal.  bêles  paroles  et  tant  U  promet  sa  compaignie  et  bonté  et 
courtoisie  et  servïse  *  qe  Pal.  s'en  va  avec  eux.  Ils  l'accompagnent  aux 
pavillons  ;  Tristan  y  est  rentré  avec  les  autres  ;  Hector  et  Blioberis  sont 
venus  avec  eux.  Palamède  déûe  Tristan,  qui  en  est  très  affligé.  On  rentre 

l.  V*r.  :  Lancelut. 

3.  Dans  U  Tav.  RU.  (voy.  ^  .t;)i.  note)  les  évêDemenU  da  tournoi  sont  issez  ch»ngvs  ;  ce  a'e%\ 
KOère  qn'nn  pAc^^riqae  %m  Tristao,  et  I'od  n'y  voit  point  agir  la  Jaloosie  de  Palamède.  Arthur 
bit  Cilre  des  statues  en  rtioDoenr  de  Triattn  et  de*  chevaliers  les  plus  rciiommés  ;  lears  éi>ées 
•ont  emportées  par  Charlemagne;  cf.  |  4iO.  Puis  la  Tar.  Bit.  passe  (p-  393)  an  combat  de  Lan- 
eelotarec  Bmnor  deTant  le  due  d'Uandeboarc,  Toy.  §  178.  Pour  Treisan,  rojr.  pins  toio,  p.  275- 

S.  Cette  remarque  n'est  pas  dans  757,  33S,  l'iô99. 

4.  Et  %o»lé  Jusqu'à  tmttê  n'est  pas  dans  7&7,  336,  13099.  —  Dans  103,  toot  le  passage  est 
•Itéré. 

Iajsbth.  —  Tristan,  !S 


—  i74  — 

Il  la  jMytiUHf  (>artto.  Hoctor  u(  Htiulivri»  vont  vtiir  lu  reioe  Guenièvre, 
i|ui,  C'tmti  iiuutrniulu,  D'aviiil  pas  ttsââlè nu  lûurnoi  *  ;  ils  luîendunaent 

«iesniiuvelk'S, 

raluiti*'ile*.'l  Es-       383.  f*)ilnmtHle  q^uilL*:  les  rois  uL  vm'  au  luisanl.   t)  tninw   E&pi- 
ffiiiogi'es.  nuj|<iv>,  ipii  lui  rafimir  iju'un  rhrvalitT  vippl  il(!  lui  enlever  sa  dame:  il 

eriiil  (|U(*  II?  ravisseur  est  Soyunidfîs,  mais  c'of-l  1«  parent  de  cnlui-ci, 
Helyor,  i|ui  piirli;  dna  armf'R  sonihlalilfit  aux  sinniieiï  pour  lui  fairt*  lioti- 
nour.  H8pim>f;rpi<>  avujl  etilevi'  la  dame  à  son  man,  parce  quo  li*  pt^ro  de 
cclli?-ci  avait  rcrusi'  do  la  lui  ilouutT. 
Comlinl  d'He-  1'*  s'arn'ti'ut  a  nu  L*rnii[age;  Es|tiui)^rL>d  s'cmlort,  ul  I*alamt»dc 
horavuc  Sa-  songi*.  Tout  a  coU]»  Ik'ljor.  portiut  un  *'«ru  vert  avec  un  lion  d'arj^rm, 
I'"*"'-  arrîvu  avec  la  daniL*  cl,  aprèc  eux,  le  frèrt'  de  ï'alanitslc,  Saphar  *, 

i|ui  i?8l  à  liMir  reclicrda*.  Il  uimu  la  <1ainp  et  la  diiFputi*  à  Helyur. 
I'alaiiH'<tu  no  r«:unnait  pa*  son  Irére,  |iiu'ce  qu'il  purto  le?  arme-s 
d'Hc'clur  tli*s  Mari^,  qui  l'aime  beaucoup  ^.  l*alamcdi*  vuil  qu'Ilelyor, 
qui  Kn  liât  tt  Tiqn^p  avw:  Hapliar  apnVs  avilir  èl^  ilrsartonn»*,  ne 
pDurra  tenir  lion  il  lu  lun^ie.  II  entre  alor^  dan»  l'ermilupe  |Hinr  an 
Jain*  armer;  Inrsiju'il  eu  sort,  Saphar  a  triom|>lir  d'Helyur,  qui  lui 
crie  merci,  se  ilt-rlare  inrêrieur  à  lui,  lui  ct'de  la  datm*  t't  s'en  vn. 
Saptiar  tirlic*  eu  vain  de  ninsiiler  la  dame.  PaUmiile,  voyant  le  cha- 
grin de  eidte-ci.  inl(»rvienl  It^  i  iK)  :  <s  Itamr^  fei  il,  confortes  t\/tts ;  ne 
vous  (temantiei  si  {urt,  et  tant  médites,  s'il  vous  plest,  conoisl\\,  coneUstes) 
vous  oncquez  ./.  chcivtfier  gî  Espinogres  ext  appelés,  et  est  de  Sorehys,  ce 
me  sejnbteY  h  Et  il  lui  dit  qu'il  est  venu  pour  la  délivrer.  ïNiphar.  vuyani 
_  BtdePala-  f™irieuer  la  dame,  proteste,  et  les  deux  frèreiî  se  battent  saii!*  pe  rf^con- 
mt'>tt>avoc  &on  najlre.  Mai^  le  comltat  devient  plus  diftirile  que  Palaméile  n'avait  cm, 
r^vro.  |(>  chevalier  se  montrant  tn*fi  tort,  et  ils  sont  obligés  de  se  rejinfcr;  pen- 

dant celle  jiause,  l'alamède  demande  uu  chevalier  aud  unui.  t|u'il  dit. 
Siir-le-diamp  r'nlamèile  se  l'ail  c-/innaitre.  et  Sajjliar  cède  la  dame  a 
Kspinngres.  Lo  lendemain,  Palaméde  part  avec  wjn  frt're. 

383.  Ih  sont  cmprisonnf^ft  par  lc«  fe^up  d'un  chAtelaio  tue  nu  tournai 


prlAt.iint'  pj,r  î'ajiimcile.  Snplinr  (^l  mis  en  lilierti*,  mats  nn  fait  conduire  Pala- 


palflmf  lie     Piu- 
prlAt.nnt'  ^  

LaùcVlo't  ^'"^  nii'de  par  ilouze  chevaliers  chez  le  pi'rr  du  soiRneiir  mort.  L'n  chevalier 
de  la  Joyeuse  Garde  en  avertit  Tristan,  qui  part  pour  délivrer  con  rivTil, 
mais  il  est  pr<!vonu  par  Lancolot,  qui,  étant  venu  à  passer,  triomphe 
saiiB  peine  da  dotuo  chevaliers.  Tristan  amène  Palaméde  cl  Lancelol 
à  la  JoyouKC  Garde. 

381.  On  eautie  avec  Laocotut,  et  on  lui  demande  des  iiiiuvelles  île  la 
cour.  I*alttinede,  qui taifins  demeure  *,  «outïro  beaucoup  «le  revoir  Iseut  '. 


I,  Fin  •tii  fniftntfnt  linl. 

i.  V»r,  Srpfitàr 

a.  Ciitiftuiluo  lUii*  Malury. 

I  UnM  :::,  .    -l,  IV  '■'  .  siV.  rsO.r.'i   —97,  ml.  7*3,  TM  (WHi ut     ■;'M  J    U,,,,-».,  .Ifu,   fu.-l, 

I  ■.     firfj  de  tt  mon      ! 

1-.     V  —  7iJ  .  .-1.  MOlJftll  1  j         .-  ■ 

i,    n  ils,  MAtiirr  «t  IM  (VcnH.  Jnnot),  en  inirlcot.  U«lor>  i 

t^nwlu;  ,->.  -..  .-.«.. ...  .i.....,,i. .  j »,  Mcevntwgnè  d'Uwtar  (411I  ett  IntnjJaU  liiul  «ifalt*- 

mvitlj,  \o*  1  r«H*  fr«  kntijonrt  atmeymnnt  grunf  jvife  etgranl  fui»,  -vl  «u  rMffif^êlhMt 


—  275  — 


rSf^  {HÙnes  triuntiiir  Ip  font  niAÎfrrir.  et  quand  il  est  fwul,  iJ  exprime  ses  Doul'^irr  Hp  Pn 
^d(*»irs  aniounMix  di»u«  (K*-*  f!littii?MiU£  T«t  lit'H  laî*  *.  Uû  jniir,  il  t'sl  luwitj      I*in6di-. 

KUpri-s  il'uoL'  fuuimut* .  il  cluuiU*  uu  lai  uouveuu  qu'il  a  uimpust-^  liii- 
hn^mr  :  Ùedaus  amoun  vient  dous  penser,  fir.^*.  Mai*  TrisLai»,  i)ui  l'Uasw? 
\Aaxi9>  la  for^t,  Ur  siir|irimil  el  le  Jt^tio;  il»  s*.*  ilumif.ut  »*iiliu  n*uJi*i-vi(UH 
|ft  U  fitoUiue^  'a  nuidJti*  jours  *1h  U;  PaJ:uuMe  (var.  Tmlaxi)  rapiM^llc  lu 

nniJ«-voud  au  Perron  Merlin,  où  il  u'éuil  pas  venu,  cl  ils  »*»  quillrnl. 


Trislan  d.»fl(* 
l'iilamniln. 


3H5.  Mais,  |)i'u  tU-  leijn[is  apri^,  Triatau  estl  liltrH»è  jKïadiLUl  la  cli:i--'-. 
par  la  luaUiIrr-M-  (lutt  anlier.  **l  lnr!*i|ue  le  jour  tis«^  pour  le  nul..- 
vouft  v*\.  am%(V  il  partit*  timjuun^  le  lit,  tti  liifii  iiu'à  t'urrivi'r  dii 
PaliuDMl**,  il  •/»'  voii  l'on:<^  ili*  n'iiomlM»  au  ini*îi^a>r<*r  envoyé  |>Jir  son 
riMil  qu'il  [l'i.'si  pas  nncorf  hu  l'Ial  île  se  balln*.  Palaniérle  t'en  va, 
Ui's  ^uli^rait  au  foûd  de  pouvoir  w  ilitipenscr  tl'uu  combat  i|u'il  a  toulr 
niiN>û  ili*  ojaiutln;. 

(^uauil  Trislaji  est  KU^ri,  il  chejchi*  porlout  Palaméde  et  r(*inptil  tout  T^^,"  ** 
Ir  n>\uuiae  ilu  Iiruit  de  ses  expliûis.  Il  cnmmpnce  m^me  à  apcticier  lu. 
rmiommée  de  I^nc^tot,  el  le  roi  Marc  eu  irojiihk*  île  jKîur.  (Juelijueîi 
dievalu'n»  de  la  liguée  de  Bao,  mt''ConteDU  de  voir  î^ncelot  éclipsé  par 
TrÎFtau.  auraient  bien  voulu  mettre  re  dernier  à  mort,  mais  {..aurelot 
lec-r  «i^ifie  que,  s'ils  tuent  Tristan,  ils  ue  jMmrront  plu:?  compter  sur 
»oa  amitié  ;  ^rAœ  à  cette  décloratiua,  Tristan  csi  cpargné. 

386.  A  celte  époque  arrivent  di»  Lêonui^i  pour  revoir  leur  sei^eur      ^75]**^ 
Tri&tan  '  ;  ils  le  prit>nt  de  retourner  dans  t?on  pays,  mais  il  refu^-e,  *:txr  -coaoïs. 


S(- 

çnnlc  nu  point 
dVclip*»*rl4in- 
celot. 


fwmrtprM  tjmr  nmfi^m  Tr.  ftftta  mf^*  r<^w/t  ,  mntt nMn*  f  *mtt  t*  r^nijt**  rf»  tM»t.*t 

p*rU  40  fr          -     -  'I    i»iu*i 

pHMnit  iMt  (sc  criai 

d«an«kL<T. 

famm  wMvraNat  «ni  «rtMOHiiu  vneêàam  lamMIatootM  la  mu>n  Ae  IHaUN  i  *vy,  f  uu, 

t-  Oe  m^oK  IU4.  fc  r«ti  V  o«i  épUode  {loj.  g  4»,  nota).  — 77S,  SM,  lun, 

7té,  M  .  Ifo^-m't  H«(t  -Ir.vT.XO,  101:  O'tm.  m*  rigmt  t.  tf,  ^.,rtc.— 

7)A'  t^ dirl;  nm.ir  i  ;»>,• 

-t  I.Vf».-.,i  ' 


Mv  ■ 

itisw  fil*  -ji;  i;  *r  "-.U  ijrcc  rn.*L. 
••la  U  tau  ruQn  rliuaé  ptr  le  «v 
ta  «MPit.  Il  i^nl^  iMt  «Trotorc»  1 
9tmt0—  «tAo^nrux;  il  aitmA  i 

4nw4.xn.<   .1.  «tk.nU\'.   r     l    ill. 

Artl> 


t  da'inuh  t(ty.  I  M9. 


ore  XI).  SB  milkn  detaijiMlli<  ■nul 


*-  276  — 

il  np  veut  pas  privpr  Gauvornal  de  sa  tMTP,  qu'il  lui  avRît  doon^  ;  il 
l'avait  nmri^  â  uttr  soc  cousine.  Il  pri^m^'t  cop«*nd.int  d'allor  ïfjîr  le  roi 
(iniivornal  IVli^  prochain,  prnji^t  qui  n'aura  pas  de  ru)U>  h  oauiit*  de  In 
i]u(*w  du  nainl  Graai.  x  laquHk'  Trii^tnD,  aiirM  l>ien  quo  les  auirc!)  che- 
valiers di<  la  Table  Htmdr,  duii  prendre  pari ,  celtn  quî>lo  (iit  CdUtte  que 
TrÎAtaii  {terdil  Isoul  et  que  le  roi  Mare  ta  ncavvra.  J/Af  orvottt  ttstt- 
rom  a  porter  de  cttui  conte  et  retornenfin  sor  une  autre  matière  * . 

(>)mmeiice-  387.  Après  le  départ  de«  Lt^onuis.  TristJin  reste  k  la  Joyeuse  Garde 
muiits  titf  la  pendant  le  reste  de  eet  été  et  tout  l'hiver.  St  quant  H  nouvittx  ttmjtt 
reifairc  entmur  fa  Pasque,  yw  cil  bois  commeticeni  a  revrrdir  et  rit  oisriUon 
commencent  tor  chant,  ttd'mc  vient  *  un  saint  hennitr  a  la  nmr  et  fit 
savoir  [V  l'iA)  au  roi  Arthur  que  le  S.  Gnial  appitniilra  dans  sou  hôiH 
il  la  IVntec<file  et  nourrira  de  sainte  Haude  sfs  chevaliers  -,  rt*rmite 
ordciniieau  rot  de  faire  réunir  tousses  chevulicrs  :t  lu  cour  ileCiiniaalolh 
pour  la  fête'.  Le  bon  chevalier  terminerai 'a  veiiuire  du  Sie^e  p«'rilli'ux  *; 
J)nur  les  détaiU  de  ce  siejte,  il  f;JUl  consulter  le  fattn  et  Ir  livrf  de  Roft.  lir 
Borron,  car  cil  le  devise  tôt  cteremetttet  te  moslr»'  tout-ajiertetnenl  ainutni_ 
cûtn  ta  tiaule  ystuire  del  saitit  Graal  le  nous  fet  a  savoir. 

Artbur  lionilra  '*®®-  Arthur  envoie  partout  de<  lettres  pour  aunoneer  qu'il  tiondrn  une 
une  cour  hril-  cour  encore  plus  hrillanle  <|ue  celle  de  son  courttnnemeut.  Ij?  bon  «be- 
lanio.  valier  est  (lalaad,  le  fils  de  LanctdoL  el  de  la  tille  du  rxii  Pelle»  ^. 


nut-lf  du  saint 
lira  ni. 


»  tMtt  fvii,  i'»r  (••<•«  I  utrm  rf/it/m-r  ^MiiHt  u  et  «r*  (rmin  tt  Icuf.  ri  imrolr  J*  ta  {rr^aj 
court  QV  la  quftte  itel  i   tintai  r>  "C. 

I  parmi  ta  form  it«  AamauWh,  Il  «rri*?  par 

<  t-fitntt  rfpfitui  por  tS^nttr  la  m^iit.  4|Uc  k 

.  iii'iMii  triinn  iHKrimlaUDn  raltr  «fons  401, 

l'nrntiiireHr  {«mit  «itiir  rtinlu  <U**)- 


î.   ..lorrhitn'.  atiHl  f/ur  (i 

lNU«r<>  'Ii-VOIM    In  ••hlfnr  ■t'uti 

n»l.-:,'       ,  :- 

«;,  ;'. 

S.    : 

4    i 

4.  iw  ii>i,  j:.  JiJ,  'jj.  : 

(ir>l,  ^  1*0  i-y  ,ir.«o  >ir..< 

BKS  a.  '/r  di/  Il  ron/ct  ifur  il 


IK 


un.   i-,   LViJ 

'  <lr  rkMi4> ,  rar  ^i«k 

l  >ftfr  J>  j«(itTUiir«4  ehftUit^ri  W  Vi  plwi  truiirf.iu  #(  fi  p/w 


.  .      .  ,  BRB  a,  '/r  tli/  li  canin  ifu<  il  •iiinl  i/ur  J>  uniruUrtÀ  cMfitUten  W  Jt  ptmt  comrl.iif  #(  fi  p/u 

tnlerpoiation  ao  ^reiu  cf  It  itiui  tiôtonnaUci,  <  V»l  Minueingneur  l.tmcf\ol  du  Uw,  fini  pur  bnHH*  arrittur^ 


101,  BlC.  JMir  itfttus  VHtf  p-r 

tor  If  pont  itr  Cor  ' 
ir  It  fille,  tout  lir  i 
«Innolsrlk'laiu  In 
le  ttncelol  :  t.  P.  < 
■  iinilO  \m  nnc  •!■' 
|«>ut  ; 
lr»r. 

l'iiH 
lain<  ' 

unii 

iIpI^i 

e'«l   I  !■..■' 

pour  lr->iiti'ft   k-.ir  «>.  te.  —  l'i  \(t1tii.il  lut  iiiuiiT  iIkiaII^i  l'ci.<.  jI.  «lUi  .jiir.U;  ;  .j- 

•Iba  pareil»  4t(i  Kru  rt  <lc   Mnnlrel  :   auis'CDt  *c*  .ivPtiturc*  ;  \\  <iullU-  Putritif     . 

i'rriliUt,  119)  vl  LTuUtr  U^kn  i  Ui  *«  iMUcDt:  nuUtlca  (te  liurs  bliUMirci,  Ut  Xiiii  ^  .....  _.    u 

MlBl  nnmli    U>iK*olnt,  lu-rueini  (lar  nilnat,  #»t  fulln  pi>Vt  |ttr  on  rrmlu  ul  «rrivr  à  Uorbcair 


"Il  npptUail  If  potit  lU  rorfifnif  \TttH  lont  l'imrl 
•t  tuut  mrlnlmanl-  t^l  qtumî  il  ilntjMti/ntt  a 
■■  Sire  ckeiulim.  lu  e/niritllutoul  ntlent.  -  S'il: 
t,  ito  la  OArt^^i-         '■'    1  '•■■■■-'■     -' 
mr.  H..  V.  ■■'  r 

■  -■»ip|  boipm  r 

.Aiii'im.  iMi«  \en  inTVi'Jli''t  1(111  ^iiir  >iiiii«  t-  vi.,t\  nviuKuiiri  .  miU 
^n  MVktt  vti  (fni'<iiit<^  tlaii*  le  LiincTltil\.  TiiU  II  rrU>iini«  \  U  coin,  ri  Ir  r»nle 
(f*  l?"t  ffr  dîf  /i  r(jnr<-i  v«ir  /I  r"|w  Jrlut  ttiott  mint  rtr    r.nirjtirTrr 

rid  fulutini  lui.  tfT,  BU  (vut.  :  J<»fll.  m 

.  '.-.r,-.  !■   I'  ,  Mir, f  Mï.--  .II..'.  \   -^r  *-  -  ir 


l.aoi<n 

s.  i.- 


•■'■*  -; ■  '■•■■■•■-  -  ■■=•  ■■"■«-ié  h  «rtle  qUi>to|  le»  avctituiv*  (1m 

t  ;to;i  sa   AyHDl  raruiiU  U  muri  di> 
V,  |i   M»), 
.Miir;ut:ii  i-crc-  ju.ii^i  a  m  ^u>:risun  tl'Uector  et  de  Percoct  ité 
\  necUit  (inr  JuiickbKwt.  It  Itomtiit  Jr  la  l'h'irrettt.  |i    xi.t*i.i 


—  ?77  — 

lK>ut  refuiii*  il'aller  .\  U  crmr  puur  la  télv  ;  Trit:lau  vnui  alurv  re«l«r 
*vvc  L*lli>,  msû^  ellH  Ut*  U>  liu  |it!rn)f't   |ta^  :   ou  thraJi  tjui*  Tni»t:uj  a 


t.  BUaa  TaM  icriv^i  •  u  ta  «K  c«tt* parti*  <|0)r  v 
IttfdllBnii  OOMBIUM  k  kNM  tV  MM.,  Mtf  j  7>7.  > 
tl«a  *1irir«w  ;  Mtte  tntariwUnnn  ■  MrtMt  m  |«mi 
9«iir«iaiiM«4Banal«t  Buta  k-l  k  pnt  nrte  comni  ' 
BU«  «TAU  âéjk  m  iBeU  nfteaer  il'iillar  k  là  «u«r  <t 

44  tint  .l.ill*    Ift    il.^  *li<T>H  .lIM   ■••«  Ipi  («•  niirililrlli-i 


4it>  «airv^  ai**  .  ••>»    ri-ii#^»vu»- 


fil» 


la 


389.  Tristan  pari  loul  seul  ponr  la  cour.  II  rencontre  PaU-  Trisua 


mode,  qui  aurait  bien  voulu  lailaqucr*.  mais  il  y  renouco  ^ 
quand  il  le  voit  sans  armure  '•.  U  a  mt^mo  la  yénérosilé  do 
donner  son  cbcral  à  Trislan,  qui  est  en  retai-d,  afin  qu'il 
puisse  arriver  plu»  vile  h  la  cour. 

I.  Cf.  Ift  n>*tf  ^ii]f>ftsus. 

î.   It  ■         '  (cf.  îi  3H01  Tristan  i-mfinint*»  l'armnri'  iVnu  dicva- 

U«.  Gai  iluntj;  «pns  un  loim  i-nmlmt.  I*;il;im(«!«  a  lu  di'-ssoi»* 

rt  ciniî»»'nl  a  V  laire  ImptisiT.  Tn«lan.i*t  tinllpriin  stmt  m*»  pitrraiiii;. 
l*Ut*  lia  vtiul  A  In  cour  (l'Arflnir  ;i  fliiriiiialniti  -M   a— iist»'nt  ii  In  ft'U-  nù 


Cour, 
nincontns  \ 
l>in4tde. 


t»Mi  r«<Md  4'>  «Jivr,  «te.]  mmIbIcum  lit,  tnl,  «ic..  }"•«■ 


M>.  «a.  7M  r«iiiMiM  Afl  Bièv»  p^llUmi  *i  I'oMk  dfr  rermtte,  slnaj  qiw  Im 
\  rtff  ir.  icctm  •!»  falT»  iwrt  rt  wr  la  trlmlcur  •!•  u  »u  iiirArtbar  v«rt  dniiii*r  onl 
»  oa»  Mi  I  ^i-»i  ^•liluamrnt  pn«r  *f\Ui  **-*  fvlili^  iitir  tr*  sbr*!».  t   E  »»7.  tiwte 


—  l'7Ô  — 


Ev^noments  de 

la  veil)*-'  Je  1a 
PcntBcûte. 


390.  Ils  se  séparent,  et  Tristan  tant  chcvau4:he  qu^il  vient" 
a  Camaalot  droit  au  jor  de  la  Pimtecoste  apn^s  (liner  K  Et 
sachent  tuit  qe  a  la  veille  de  la  Pentecoste^  le  samedi,  Luncolol 
avait  armé  Cialaad  chevalier  dans  une  ahbaye  voisine  -,  cl  ce 
samedi-là  la  splendeur  de  la  cour  d'Arthur  avait  été  mer* 
veilleuse  :  Et  por  ce  que  *'  ce  fu  festc  et  passe  feste,  votus  en- 
commence  *je  *  les  paroles  en  tel  manière  que  les  paroles  do  si 
merveillettse  ffste  &t  si  honorable  com  celé  fu  se  deim[en]i 
encommencier  ^,  Douze  rois  chrétiens,  vassaux  d'Artbur, 
étaient  présents. 

Arthur  demande  au  roi  Bademagu,  centenaire,  mais  toujours 
allègi'e  et  bien  vivant,  s'il  a  jamais  vu  une  cour  aussi  splen- 
didc.  Il  répond  triâtemenl  :  r  C'est  la  cour  avonlureusd  dont 
le  roi  tnaaitjnié  vous  parla  devant  moi  il  y  a  cinq  (var.  :  onze) 
ans.  H  vous  dit  qu'après  toute  cette  joie  viendraient  le  chagrin 


Galaad  prit  place  sur  lo  Si^^e  périlleux.  Tnas  les  cbevatiOTs  dp  la  Tahle 
Roud*»  se  apparent:  Tristan  rotourno  ù  la  JDveusp  Garde,  itt  Palnmndi'» 
fie  feront  en  poursiiilc  dn  l.i  bestc  /flatitsant.  Puis  rii?n  sur  Tristan  dun» 
Malory,  avant  los  romarquos,  aux  fiOges  478  oi  l'Ji^  sur  la  mon  ilv 
notre  lirrus  ;  cf.  au  §  b\h. 

1.  Aiuîti  757,  P'  \hÙ.  70"»,  I  :590  —772.  ^  180  c  :  —  lanl  chrMU- 
cita  r/w'il  oint  mont  pr^4  dr  ta  ciIï"  île  Kamauhlh.  Mts  alant  Ifte  li  'vifW'r»^ 
a  parlr.r  dr.  viomcignnn'  T..  pour  «  qu'il  w  vint  pas  a  couri  la  <  i 

fatc  ne  Ir.  jot\  drvant  «pnH  dù/ncr.  cl  parole  de  ta  nobtescr  de  r.  i 

des  nrentuirs  gui  i  avindrrnt  la  xmtte  et  te  jor  ainz  que  mUirr  Imian 
vrnuû  a  court.  Hf  mrnio  :î;î(Î,  iO|,  U7,  3^'J,  09,  758.  ijiji  'ppcndanl 
ahn'^ciit  la  plira^^G  finfllc;  '^J6  :  Mh  atani  w  laiitt  orê  le  conte  a  parier 
de  T.  et  pamlf  dr  ccutz  lui  esloienl  ttnuz  a  ta  feste  de  ta  Pcnthfcuxte , 
1Û(,  (Hc.  :  Méx  at.  tr.ue  ores  ti  e.  a  parler  dt  T.  et  parole  d'autre  chose 
{de  cels  ki  estoienl  venu  a  ta  f.  de  la  P.  ujmili»  75i*J.  Puis  .336.  77i. 
101,  nïc,  |>ar1i*nt  di>  la  H]dondoiir  do  la  fèifi,  éh  leur  texu»  hft  rouivHUpe 
»vec  ctMui  do  757,  fie.  (puiir  Galaad  armé  chrvaïiw,  voy.  %  392  ai. 

3.  Sidun  In  Questo,  Lancelot  ét^ùt  parti  la  veille,  niai»  ne  l'avuil  armé 
chevalier  (jue  le  lendemain  ;  cf.  §  392  a. 

3.  fil  por  i'anutr  de  «  que  772,  33G. 

4.  Vous  en  conterai ge  772,  336. 

5.  755  el  !2.'»U9  alirepenl  un  peu  {de  si  haute  feste);  77Ï  :  eonwie  la 
paroles  de  xi  haute  (este  et  de  si  haute  honorable  joie  corn  ele  fu  âdonques  sf. 
dinvetit  aicom mander .  330  ;  rt  en  tel  inan.  comme  on  doit  jMrUr  tte  si 
haute  feste  et  si  honourabls  eomtne  ycellr  fut  adoncqucs,  et  dit  Ir  nmie  qm 
ify  commence  Ui  qurstc  du  saint  Gruat  h\v  ni.  772,  f'  l'JO  .i.  en  vtslt-lto  ; 
Vi  commanre  fatoire  det  S.  Graal  de  t'cstoire  de  Tristan^  te  nereu  au  roi 
March,  aver  une  niinialiire  d^'-t-oupL-el. —  KM,  97,  3P.I,  99  :ilirèp->iti 
lout  ce  pasun^e  :  El  frt  ce  livre  vous  vuuldruy  rai'onler  cftmment  elle 
courtj  fu  assemblée  et  pour  quelle  chose,  et  en  quelle  manictr.  les  pa$'uï 
s'en  doivent  eneommencier;  7.58  c=  757, 


—  27Î)  — 

et  la  honte.  —  Bah  !  dit  Arthur,  le  roi  mehaignié  n'est  nulle- 
ment aussi  digne  de  foi  que  Merlin,  car  ii  uns  fu  adès  trouvez 
voir  disant  en  toutes  paroles,  et  U  autres  ne  set  qu'il  dit  '.  » 
Bademagu  regrette  l'ahscnce  de  Tristan  et  diseut,  et  Arthur  la 
déplore  avec  lui. 

391.  La  fête  se  célèbre  très  gaiement.  Le  roi  fait  des  présents 
à  tous  ses  hommes,  et  plus  les  povres  que  les  riches...,  et  s'il 
pense  des  chevaliers,  la  roi/ne  pense  des  dames...;  elle  s'ingénie 
à  leur  faire  plaisir,  et  les  dames  se  disent  entre  elles  que  voi- 
rement  est  ce  la  plus  vaillant  dame  du  nxor.dc  et  ta  plus  sage 
et  la  plus  courtoise;  tant  a  en  soi  pris  et  valor  que  bien 
devroit  estre  dame  de  toutes  régions  del  monde  '^. 

39i.  Le  lendemain,  à  l'heure  de  prime,  le  roi  sort  de  sa 
chambre,  la  couronne  sur  la  tôte  et  dans  son  costume  doré  de 
couronnement  ;  il  fait  porter  devant  lui  son  épée  et  son  sceptre, 
et  les  chevaliers  le  suivent  en  procession  :  Lancelot  y  est  avec 
tous  les  chevaliei-s  de  sa  lignée,  sauf  Galaad  ;  il  viendra  lui  aussi, 
comme  on  pourra  le  voir  dans  Robert  de  Borron,  qui  s'occupe 
beaucoup  de  cette  fête  dans  son  livre  et  y  donne  les  miracles 

1.  Confusion  dans  757. 

2.  TÛT,  75.5.  12599.  — 97.  349,  !01.  772,  99,  lÔS:  dame  de  toutes 
les  dames  du  monde;  33fi  :  dame  de  toutes  les  terrez  qui  sont  soubz  le 
ihrone. 

ïfi  757,  755,  12599  passont  aiiv  ôNcnomonls  du  Icndomiiin.  mais 
77"i.  ^3R,  ICI,  97,  3Î9,  758,  99  poursuivent  ainsi  : 

392  a.  Ensi  comme  les  dames  parloient  en  tête  manière  comme  je  vous 
conte,  lors  entra  en  ta  sale  unf  damoiseïe.  Ello  s'adn'sso  au  roi  :  «  Sire. 
pour  Vcu,  dites  moi  se  Lancelot  est  en  ceste  sale.  —  Oit,  luir,  (et  U  rois,  veez 
te  la;  »  si  le  monstre.  Et  t'Ilo  va  à  lui  oi  k*  prio  de  la  jiart  du  roi  !  Viles 
de  la  suivre  dans  la  forêt  ;  elle  ne  veut  pas  en  dire  davantage.  Ça*,  pas- 
sage a  été  ciipié  par  l'arrangi'ur  de  la  réilaction  772.  etc..  dans  la 
version  onlinaire  de  la  Queste  du  saint  Graat*.  «pii  commence  ici. 
En  effet,  tandis  que  757,  755.  I25U9  {cf.  ci-dessus',  donnent  en 
ahrépé  le  début  d'une  Queste  jdns  lirève.  attribuée  à  liidiert  de  Borron, 
772.  etc.,  copient,  mot.  à  nmt,  le  déhul  de  la  Qwste  délayée,  attrilinée 
H  Gautier  Map',  mais  en  utilisant  aussi,  en  partie,  l'autre  version; 
ces  mss.  vont,  iNmimenous  le  verrons  par  la  suite,  ju.sf]irà  donner  nue 

1.  i^  .</»«(  r.ratU  pnJ.lislictl  hjr  FurnÎTjiU  iHvst.arjrlie  CluM  ;  Lomlon  1861-63.  ilaiiris  ileux 
■nss.  lia  Mds>^  britannigTie. 
î.  Pour  Indvu.^  TcrHif»nn 'li-  I.i  Onf%tr,  xnr.  n.  ParW,    Vt'ùi,  I'.  tix.  l-i  Romania.Wl. 


—  280  — 

qui  aFrivèrent  :  le  perron  de  Merlin-^  le  chevalier  qui  fut 
brûlé,  par  la  volonté  divine;  l'épée  qui  laisse  tomber  des 
gouttes  de  sang  dès  que  Gauvain  la  ceint,  —  tout  cela  est  dans 
le  livre  de  Rob.  de  Borcon  ;  ce  serait  donc  peine  perdue  de  le 
répéter  (P  156)*. 

Le  roi  va  entendre  la  messe;  quand  il  est  rentré,  Lucan  le 
boutillier'^  vient  dire  qu'il  est  temps  de  manger,  «  car  hore  de 
midi  aprouche.  »  «  Vous  avez  donc  oublié  la  coutume,  dit 
Arthur;  je  suis  le  roi  des  aventures,  et  Diex  me  mist  en  cesie 
honoT  par  aventure  merveUleitsej  ainssint  corne  sevent  tout  de 
voir;...  tout  mon  (1.  mi)  fet  ont  aie  avant  por  Dieu  et  por 
aventure,  tant  qe  de  vioi  sera  parlé  et  des  merveilles  de  vui 
vie,  tant  com  H  siècle  durera,  La  costume  de  cestui  jor  savez 
vous  bien  ;  m'en  cuidez  vous  doncquez  oster  ?  Nous  ne  pouvons 
dîner,  le  jour  d'une  si  grande  fête,  avant  que  quelque  aven- 
ture soit  arrivée.  » 


i.  Cf.  G.  Paris.  Merlin,  p.  ly. 
2.  Dans  12590  c'est  Keu. 


version  toute  cyclique  de  la  quête  du  S.  Graal,  en  reproduisant  la  plus 
grande  partie  de  la  Queste.  —  Ils  continuent  (mot  à  mot  comme  dans 
la  Queste,  dont,  tous  les  petits  détails  se  trouvent  répétés)  :  Lanceiot, 
conduit  par  la  demoiselle  dans  l'abbaye  des  nonnes,  arnu'  Galaad  che- 
\ali«M'  le  lendemain,  assisté  par  lioliort  et  Linm'l,  avec  qui  il  retourne 
à  la<;our,  où  la  supérii-nrc  a  pnunis  d'cnviiyer  tlalaail.  Les  trois  eousins, 
en  attendant  la  rentrée  du  mi,  qui  est  allé  cnlenrlre  la  prand'messc, 
trouvent  les  li'ttres  du  Siéf^i'  piTilIcux. 

Le  roi,  rentn''  dn  mouticr,  ((''nioignc  sa  joie  di'  revoir  I^ancflot  e(  ses 
cousins  et  ciininiande  que  1rs  Jw pes  soient  mises,  ear  il  esi  temps  de  diner. 
Keu  |)n>teste  :  «  Co  si-rait  enfreindre  la  coutume  ;  jamais  vnus  ne  vous 
êtes  mis  à  table,  dans  une  haute  f'èle,  avant  qu'une  avt'Olnre  s(dt  arri- 
vée. »  Le  roi,  confus,  s'excuse  de  la  joie;  causée  i)ar  l'arrivée  des  trois 
cousins  :  «  Cela  m'a  fait  oublier  la  coutunu!  que  ge  avoie  louz  jorz  main- 
tenue jusques  au  jor  d'ui.  »  Qvanl  ce  t-int  a  heure  de  prime  que  li  rois  devait 
porter  coronne,  il  sort  de  sa  cbambre,  etc.  =  757,  voy.  §  39'?,  sans  les 
reniarques  sur  les  miracles  et  le  renvoi  à  Rob.  de  liorron  ;  772,  etc., 
passent  à  nous  dire  ce  ipie  fait  le  roi  :  il  va  à  l'éfflise,  puis  Lucan, 
ele.,  (ont  connne  dans  757',  mais  ai>rès  la  répiimande  a<iressée  à 
Lucan  par  le  roi,  77'2,  elc,  racontent  l'aventure  du  larron  : 


I.  CctU-  reprise  «In  ti;ite  itc  7ô7.  <|ui,  naturellement,  ne  !io  trouve  pas  «litns  l.t  Çurstt-,  nt 
bipn  (^aiirtie  ;  diins  773,  otv  ,  du  mms  a  (U-jâ  <Iit  'inc  le  roi  t^tiit  allé  H  l'é);liso  et  qu'il  était  reotri 
(viiy.  ci-ilrsaiisj  ;  la  r<')iriiiiaii<k'  ailn-sséc  iiar  1;  roi  îi  Liu-aii  Tait  c^ilcmcDt  JouIjIo  emploi  avec 
ccÛe  iJitDuëc  au  roi  par  Ki'U. 


—  281  — 

393.  Pendant  que  le  roi  parle,  un  chevalier,  pauvrement 
habillé  et  pleurant,  vient  lui  remettre  une  lettre,  en  proférant 
de  tristes  prophéties.  Arthur  lit  la  lettre,  qui  est  en  vers';  il 
s* effraye,  mais  dissimule  son  émotion.  Un  valet  apporte 
une  harpe,  et  le  chevalier  chante  un  lai  qu'il  a  composé'*; 
c'est  son  chant  de  mort,  dit-il  en  rappelant  la  légende  du  chant 
du  cygne.  Arrive  un  autre  chevalier  qui  le  provoque,  et 
alors  le  premier  arrivé  se  tue,  en  disant  qu'il  aime  mieux  se 
tuer  que  d'être  mis  à  mort  par  son  ennemi.  Puis  on  va  dîner. 
Il  arriva  encore  d'autres  aventures,  qu'on  trouvera  dans  Rob. 
de  Borron.  Nous  verrons  plus  loin  pourquoi  ;le  chevalier  se 
tua  et  qui  il  était  ^. 

Galaad  arrive  au  dîner*  et  achève  l'aventure  du  Siège  péril- 
leux^. Maintenant  tous  les  chevaliers  sont  présents,  sauf 
Tristan.  Le  roi,  fAché  de  cette  absence,  accuse  Iseut  de  retenir 

1.  Cette  lettre,  dans  laquelle  on  prédit  la  honte  du  roi  Arthur,  com- 
mence ainsi  :  A  toi  faiz  savoir,  rois  Artus.  —  101,  97,  349  :  A  toy, 
roys  Artus^  qui  es  seigneur;  pas  des  dans  758,  99,  772,.  336;  —  Pour 
la  place  de  cet  épisode  dans  772,  etc.,  voy.  ci-dessous. 

2.  N'est  joie  qui  ne  viegne  a  fin,  etc.  (12599  :  \j]oies  n'est  qui  n.  v. 
a  /".).  772,  336,  758.  99  :  Rien  nest  qui  ne  viegne  a  sa  fin,  etc.  ;  pas  de 
m  dans  101,  97,  349. 

3.  Promesse  non  réalisée. 

4.  Gai.  vint  droit  au  digner,  etc. 

5.  Pour  Perceval,  voy.  §  31 1. 


393  a.   Un  valet  vient  dire  au  roi  qu'il  est  arrivé  un  grand  perron, 

qu'il  a  vu  floter  par  dessus  l'eve.  Ils  descendent  tous  le   voir,  etc., 

mot  à  mot  comme  dans  la  Queste  :  —  on  trouve  une  helle  épce  tîxée 

dans  le  bloc;  des  lettres  gravées  sur  le  pommeau  disent  que  le  meilleur 

chevalier  du  monde  pourra  seul  retirer  cette  épée.  Lancelot  refuse 

d'essayer  ;  Gauvain  'et  Perceval  s'y  essaient  en  vain  ;  aiirès  eux  personne 

n'ose  tenter  l'épreuve.  «  Maintenant  qu'une  aventure  est  arrivée,  dit 

Keu  au  roi,  vous  pourrez  dîner.  »  On  monte,  et  on  laisse  le  bloc  à  la 

rive.  Suit  l'épisode  du  chevalier  éploré  qui  apporte  la  lettre,  chante  le 

lai  et  se  tue,  comme  dans  757*  (voy.  ci-dessus;.  Puis  on  va  dincr. 

772,  etc.,  sans  reproduire  les  remaniues  sur  les  miracles,  pa.ssent  à 

i'arrivée  de  (lalaud  en  copiant  la  Queste,  tandis  que  7rj7,  etc.  se  bornent 

à  indiquer  les  faits  (voy.  ci-dessus)  :  Le  roi  est  assis  a  son  haut  dois, 

<?tc. ,  comme  dans  la  Queste  ;  Galaad  est  intioduit  par  un  vieillard,  qui  le 

fait  asseoir  sur  le  Siège  périlleu.v.  Puis  772,  etc.  reprennent  le  texte  de 

*"ô7  eu  reproduisant  les  mots  :  Galaad  vint  droit  au  digner,  et  donnent 

'a.  mention  de  Tristan  et  la  réprimande  adressée  au  roi  par  Lancelot. 

1 .  Linrelot  préJit  à  G«uv,Lin  nue  cette  i}|>ée  le  hlessera  plus  tard  ;  et.  S  hOZ,  note. 
1.  Cet  épUode  ni»Dque  par  <-oi]sé<iaent  dan^  la  t^urste. 


—  2«2  — 

soQ  amanl.  Badcruagu  le  rassure,  el  Laacclot  adresse  à  Arthur 
d'éner|,'i(|iie.s  reproches  surix  manque  de  confiance  en  Tristan. 

39 1.  Grmit  est  la  joie  et  la  feste  qu'il  font  en  celui  astel. 
Âf^rh  me}igier  vont  hohordcr  pour  fere  la  feste  greignor. 
Gataad  brise  ce  Jor  si  bel.,  lances,  que  tous  disent  qu'il  esi 
certainement  bon  chevalier. 

la  ou  il  ostoient  hors  de  la  citét  ez  vous  mons.  T,  venir 
entr'elz  :  il  n'est  pas  Iicsoin  de  demander  s'il  fut  reçu  avec 
joie.  On  lui  raconte  l'acconiplissement  de  l'avcuture  du  Siège 
périlleux;  Tristan  complinicnie  Galaad  et  se  déclare  son 
chevalier  *. 

!.  Pour  772.  ctc  ,  voy.  §  391  a. 

Iti  7ri7,  etc.,  jLliWigeat  (voy.  ci-tlmifiiiii},  maî«  772»  Plr.,  reprennent  In 
le.'tle  du  \aQualc . 


%  39A  a.  Lori  commence  Ut  fMte  grant  par  Urnz,  ei  fnnt  moul  ffrarUi 
Uonor  au  chcvaiier  nouvel,  t\u\  a  pu  tcrminor  l'avrouirn  du  SIm^iiI 
périlleux.  Après  lo  dincr,  Giitiiai)  «clirvp  l'avoniuro  du  Moc  de 
inarbro,  «l  la  druiLiisfilIo  vient  annoncer  l'apiiaritiuD  du  sumi  tlraul.  Jj* 
Tiii  fait  arranger  un  bohordelt,  où  (lalnad  ko  di^lingun.  Pui«,  comme 
757  (voy.  ci-df'ssu»)  :  Gai.  britr  eejorxi  hfl  Innccâ  que  («us  disnnt  qu'il 
est  œrUinenii'ot  I>on  clievuUer.  Ici  336.  7S8,  91'  disr-nt,  cumnit'  "57  : 
La  ou  U  Mhicnt  hors  de  ta  ciU,  TriMan  urrivo  el  (*st  nxw  avuc  une  grande 
juic,  Utndis  (pif,  dniiH  77'2,  97,  319,  lUI.  ti  conifs  rrtorne  a  tnont.  T. 
pour  nirniUf^r  qu'il  nrrivr  dun^t  la  |il,iJno  dp  C^imanUiih  piMidaut  1l< 
bokardilM.  Arthur  k  voit  rt  lo  munlro  u  Laiicfrlol,  qui  mi  nu  drvnni  df 
lui,  PI  le  roi  lui  t'^inoi^irt  sa  ji>io  de  sî»  vonuo.  Puis  les  rmis  lexii^s  sk* 
roncnntrrnl.  à  ci'tln  i)hmsn  :  Quant  U  ont  a  T.  conl^  comment  l'airM- 
lure  du  S.  p^t'iU.  rxl  acomptie  (il  n'csl  rien  dil  do  l'avenlun'  du 
bloc,  quo  77■^  otr.,  ont  inior]inli'o  d'apros  la  Quelle,  cf.  la  pri^f. 
I  XI)  ol  vont  ODi^enihle  jusi^u'aux  muU  :  il  ni  a  nut..  fors  que  joir 
mener  (voy.  §  îiy.'i}.  Ici  7.*»7,  etc.,  abrôgont  jvny.  ^  .195  ps.),  tnndi*  i|uo 
772,  97,  349.  101,  336,  99,  7.'iS  poursuivrnt  c*imnni  la  Quette  :  Quant 
U  bohordeis  fti  rcmfs^  on  Imuvi'  que  Gnlnnd  a  abattu  tous  ttauf  Lnuc^^loi 
ni.  Pf^rr4ivAl.  Au  .i(iu|itfr  a  liou  l'apiuLrilion  du  naiiil  lïnia).  quo  Oauviiin, 
dont  IVxi'mplc  nslsuivl  par  tous  W»  aiitr^-s  chevnlirr*.  fait  vnru  do  chor- 
rlicr  ppudiuit  un  au  ri  un  jiiur.  Lr  vieillard  eiivnyï*  pur  "Nasi'icn  viryil 
leurdiMendro  dVmmrner  lours  Toinmes.  L<*lond<'niiiin,  los  compagnons 
ent^Midi'iit  lu  inoftM' ;  sur  t'invitaiinn  du  roi  Uad-'UKutu,  Arllnir  fml 
o.\t\Mr\vr  les iainU .  Suivant  liMlésirdi'  Itjtdeniiifai.  ^alaad  jorcb- premier, 
et  après  lui  louii  le»  compagnons  de  In  Table  Uoudr,  au  nimibro  de  cr-ni 
rinquanlo.  772,  rti:.,  doiim-nl  leurs  noms;  la  Qucsic  ne  dimne  que  les 
sept  pn'uiiers. 

Voici  u.>s  noint»  : 


—  283  — 

395.  Grant  fu  la  feste  qu'il  font  a  tnons.  T.;  il  ni  a  nul 
qui  autre  chose  face  fors  que  joie  mener;  tuit  enksndeni  a  fere 
Joie  K  Celui  soir  après  souper  fu  sanz  doute  empi'ise  la  Qeste 
del  s.  G.i  ou  tant  de  bons  chevaliers  mourirent,  et  ce  fu  por 
Camonestement  de  motis,  Gauvain  ;  cil  en  tint  primez  parle- 
ment^ et  tuit  H  autres  après.  Et  maintenant  fist  chascun  veu 
por  qoi  il  ne  poet  remanoir.  Por  celé  qeste  sans  doutance  tome 
a  mal  et  a  povreté  le  grant  pooir  del  roi  Artus  et  de  la  T.  Reo. , 
parce  que  tant  de  bons  chevaliers  moururent  pendant  cette 
quête,  qui  sera  aussi  la  cause  de  la  mort  de  Tristan. 

!.   772,  etc.,  reprennent  ici  la  Queste;  voy.  §  394  a. 


395  a.  Galaad,  Lanceloi,  Gauvain,  Perceval,  Bohort,  Lionel,  Helyas 
le  blanc  ',  le  roi  Bademagu,  le  roi  Ydier,  le  roi  Ryons,  le  roi  Karabaus"*^ 
le  roi  de  Claros,  Gaheriet,  Apravain,  Guorret^,  Mordret,  Keu  le  séné- 
chal, IsainGIs  d'Urien,  Sagreinor  le  desreè,  Gifilet,  lilsdeDo,  Dodinel  le 
.«auvapp,  Gui^enain  Cuer hardi.  Galegantin  tcGallnift,  Guiiret  de  Lambale  ', 
Maditr  do  la  Porte,  Blitilieris "*,  Banyers^,  Hector  des  Mares,  Dinadan, 
Tristan,  Ivain  l'avostrt,  Arthur  le  petit,  Agloval.  Erec,  tils  de  Lac, 
Brunor  le  noir,  Giiinglaiu  'Guif{lerin  97,  3i9.i,  Harlisle  bloi' ,  Calogri- 
nant,  Brandelis,  Meraupis  de  Portlesgnez",  Pharau  le  noir,  Keu  d'És- 
traus,  Lambepues*,  Taulas"*  :var.  :  Caul.;,  Abaradan,  DamaVia  (var. 
Adam.  .  Amant  te  bel  josteor.  Ganemor  te  noir",  Haiyin  le  dur*'^,  Acos- 
tant,  Lamal*^,  Sr/nades*\  le  Beau  Couard,  le  Laid  Hardi,  Melyadus  ", 
Mandin  le  sage,  Andeliz,  Brûlant  des  îles.  Ossenet,  Estrangot  '*,  le  cheva- 
lier d'Escor^',  le  valet  au  cercle  d'or,  Kahedin  (le  blanc,  ajoute  336), 
le  valet  de  Gluie^^,  Enroes*^.  Ferpus.  Loth,  Bedoier  le  connétable**, 
Meliadus  le  noir^',  Aglons  des  Vaux^^,  Lanborc'^^,  Lucan  le  boutillier, 

I.  Qntitf  :  llrtrmam  ir  blond  ;  *3C  :  i/riain  If  Mane,  le  (11»  de  Dohort. 

».  De  m.  VI,  îV.i,  1»!  ;  —  Cartmbaus  ;w,  Karabant  tW;  t'Iarahatix  336,  où  pn.'cède  le  roi 
Carados- 

i.  Unidir  d.  »;,  U9.  101. 

t.  Ctiih-rt  de  L.  ;iS'i.  Ouhfrrt  de  L.  1W. 

).  «^  aji-'iite  :  BUtHor  de  OauHei. 

6.   Banni,  le  fiUeul  dw  roi  Ban  9^6. 

;.   Ainsi  ti;.  4(9,  101  ;  —   758  :  ^rtts  :  —  3M,  99  :  Jrtuê  ;  —  772  :  flanfn. 

*.  3x4  ajoate  :  .ihhrs  Ir  renommi,  doirain,  firadmt. 

».  .tVM'7uiajuate»M. 

10.  AM  donne  aprv*  TauUs  :  T'rdain.  Oamuaeal,  Damai  ;  puis  %ient  .tmant  le  b.  J. 

II.  fiaifHor  a  la  hell^  amie  33A. 

It.  //.  de  l'estroite  marche  336,  qa\  ajoute  Ârottrimt  le  léger,  Dauubif  te  couraçtur. 
la.  Baral  XUi. 

11.  33<ajmiU>  .lurel. 

Kl.    VrliotlrriM  97  ;   Meliandrris  .11»  ;   Mrl.ant  dr  li%  -Ud  :  Vrl^aa  758. 

16.  f>.  ri  Jntnçof  'J',  lHV,  IHI,  9»:  .Ittirmrr  rt  Frainjot  Ibi*;  Oteniita  d'Uttrangol  336. 

17.  Lr  rk.  dn  cor  ;J36.  W. 
IH.  Glaire  90. 

19.  VuitlrM  33t>. 
M.  Bedoreit  le  e.  336. 

SI .  Mrl  toutcoart  MS,  <|ai  ajoute  Gmherit  de  Aaraheu  ,  — 10!  :  .Vedeadmi  I.  h.;  Melianderit 
•ans  plus,  99. 

».  Ja'-  tout  court  i^in. 
ii.  4M:Lamborl. 


—  284  — 

396.  Arthur  est  l^l^s  coulent  de  voir  qe  ta  T.  Reo.  est  acom- 
plie  (kl  tout,  car  tnit  li  compaifjnoni  estoicni  donc^  qu'il  n'i 
avait  oncques  nu)s  veil  ensemble.  Mais  celle  joie  ne  dure  qu'un 
jour;  car,  au  soir,  quand  il  voit  que  tous  prendront  part  à  la 
qufîte,  adonc  commence  le  duel.  Et  por  ce  qt!  mons.  fl.  de 
Boirom  devise  tout  aperte[menl]  les  nons  de  celz  qi  la  qesie 
jurèrent  '  et  dit  la  reson  por  qoi  il  (l.  elle)  fu,  enprise,  rw  oous 
en  voiU{e)  Je  si  plus  parler  2,,..  ainz  m'en  irai  oultre  et  corn- 
mencerai  autres  choses  et  dirai  en  tele  manière  : 


i.  Ces  nom«  sonl  donnas  par  772,  etc.;  voy.  §  395  a. 
2.  Var.  n'en  voit  je  ici  parler. 


le  roi  Galegantîn  * ,  Apuiscans  îvar.  :  Apiiisans)  d'Ecoeso,  Bnmor  de 
Plessie  *,  If»  roi  Malaquîn,  F*alridos  *.  Kalaart  le  pptil  "*,  Sibitias  aux 
dun's  niJtins  '*,  Apf/isal  lu  gros  •,  Sartoc  le  lilond.  iVai{/ûj(var.  MeIio«j  de 
l'espinf.  Argoier  le  (el  [758  :  Agoier  ,  PatrïdoR  a»  e^rclp  d'or  ',  Maudin 
Vtnvoitié,  Gritigutat  le  fort  *,  Malaquia  le  Galloiâ  ',  Acriojr*^  I«  \w\, 
Gati/ndcs  **,  Margomics**^  Kaenlins,  Aigliu:?  des  vaux.  Ansoi't  de  la 
rivière  ",  Escalibvrc  le  mécouuu  '  '.  Sephar  '''.  Nulmti,  Esclamor  *',  Ati~ 
WW^,  Aran,  .Iryaanor''',  Jffi/i/or,  Melyadus  le  blauc,  Malaquin  le  yrtis, 
Arguas  l«  bel  '»,  Armand  le  bel  ",  l/trmin  lé  [et  *',  f>/i*". 

396  a.  Ou  [)ieud  congé;  Laucelot  monte  â  clieva!  avec  les  autrn« 
aprê»  avilir  cherche  à  cuitôùler  la  reîue,  etc. ,  tout  cnmme  d&u:»  la  Queitt. 
Arrive  la  demoiselle  avec  l'épée  que  Gauvain  fait  saigner  quand  il 
Tempo  igmo. 


I.  iiai^tiutit}  5Ji«. 

9.  l'Initthr.  v&r.  —  Arwwrfr  Uialmart,  îSt*. 
H.   rarcMtà  34C, 

4.  httUinrot  («•  p.  '»"i  Tvtant  le  fi.  JIM, 
».  Fima*a.  a.  m.  aas, 
A.  ri»*mn  iir  y,  fv. 

7.  ftttfiiUi  aur\  4'or  HSfl;  ttatn4rt  aue.  H'or  91,  1»l. 

8    Var.  l'.ringiti't,  -'»■  Ir  f-  :  —  firiit^alei  /«•  /*  Sàil  :  Uomffoia*  It  f.  W, 

9.  jluiti'Utiftli;. 

ir>.  Ynr.  .igrhar,  Mrtcvr;  07  ualv  Ir  fli>m  «t  dimnc  lealemeul  U  M  —  .iyrl^rinéa*  Sl^. 

II.  r.aHnyuft  UKi  ,Va/Urf^i  7M. 
If.    VatyrmHnM  in|,  HiH. 

13.  Kntoir,  hMil  conrl.  UG.  f!»  tonl.  «ini  plHi,  101 1  Kmiot,  EmMUt.  wn»  iilaa.  97,  U9,  •*. 
7M. 

M.  Kirhurfttnrt  tf  m.  7&H  t  ^irfstvr /r  «.Aïe,  91:  BirMtt  lOI.  819:  t7  Ct  949  «>QQteDt  t 
Jfitff  U  mi-tfonnut. 

Ib.  t.f  nc-icififiii  ii}out«  SUA. 

lit.  rinuiiir  3,^r,,  tMilahnT  TM 

17.   Jhbri  rM,  'JV,  loi  ;  Jltktu  T.'ifl' 

19    ^nrtKiiitir   lu]  :   Marfauar  MS. 

m.  Or0U<M/fl6   3.UI;  .imnu// /#  A.  101.  349. 

W.   itrrman  /r  nodr  U3«  ;  Ira  «UUM  :  (f^jermaNfO  ''  "• 

n    Vjir.  /'Ar/fj  1  iitsa  .  fatu  i  TIt  I  ttkrtti.  —  (ID  niU  iiuc  Isa  Autclu^iuiit»  nonu  ne  mbi 


—  28:»  — 

397.  Quand  U  quAiç  eut  été  jurée,  et  lendemain  de  la  Peti' 
ste^   pour  un  an  cl  un  jour',   la  douleur  dos  dames  fui 
Ktr^me:  elles  pleuraieni  leurs  mari^,  leurs  Amants  ou  leur» 
'^parents  qucllot»  n'cspëraienl  plus  revoir. 

^9S.  l.^  ronipAj^aons  prennent  congtî  du  roi  en  pleuraul, 
car  ils  savent  <|u'ils  ne  reviendront  p.is  à  la  cour  de  lon^'Utnips. 
Ils  partent,  et  enireni  dans  la  grande  foiiSt;  le  lendemain  ils  se 
èparent '^  fit  prist  chascun  sa  voit'  aiftsi  c^om  volonté  li  sorve- 
it.  Mes  a  tant  lesse  or  U  contes  H'euiz  touz  et  retome  a  mons. 
T.  por  derisûr  parti f  rf*?  ces  aventures  qi  en  cellfl  [qeste]  li 
aviridrenl.  Et  sachent  tuit  qejevoiil  reconmmxcer  de  lui,  por 
ce  qe  m.s.  R.  de  Borron  en  conte  mains  assez  qc  la  haute 
ystoirr  du  saint  Graal  ne  detise'^.  Et  pnr  ce  qe  li  faiz  de  ci 
prcMtlome  comt?  fu.  rnons.  1\  ne  d<rvoivnt  pas  estre  obUe{e)z^^ 
en  voUl  je  ci  conter  partie  de  la  vérité,  et  commencerai  mon 
conte  •■'. 

I.  /*.  u»  an  tt.  im.  jours  757. 

î.  CfUe  mniinpifï  a  Pt»'*  [)a.«sên  dans  75S. 

5.  Mai»  772,  vie.  ronûnuriit  k  suivre  la  QuesU,  voy.  §  398 a. 

4.  Teii  )5fiU9  ;  ieils  755,  qui  ajoute  :  tn  si  yrant  utre-i  rom  crtln  iLrt 
tiraai  fttrrnt. 

5.  fin  telle  maniert  ajooient  7'.^    (•?^99 

397  11.  Lf"  peu  ronvoie  li-i*  (•ni|iii-i('ur-  jusipi'.!  I^ntri'i*  »!••  la  fnivt  par 
tUoant  te  chastrl  Vaifoii  '.  Liv  roniiwi^riuîi-  l'iuri'iil  iliini.  la  fun'l  vl  vunt 
ea<<i!*ix)lilc  ju!M]n'.iii  chastrt  Vagus  ,  cil  Vagus  '  taloil  A"»m  de  grant  aage  *t 
mont  preudons  et  de  bone  vie. 

398  a.  I^*  Irndt'mttin  U-v,  nnqu>Meurs  »?  e^par^ot.  Mh  a  tant  te  Ust  ore 
li  lymtej  d'suls  touz  et  paroted*  Gat. ,  . .  pour  ce  que  commeneiee  doit  etl''e 
la  qursie  par  l\%t\i  *. 

Kt  772,  t*U'.,  continaptit  â  enivre  In  Qucste  pour  racfmltir  comment 
Galnnil  nvut  wio  (Vu,  tandis  qiio  7ô7,  etr..  arrêtent  ici  l'jUtr^gt^  qii'iU 
ont  linant^  de  l'iinirt'  version  dp  lu  Quette^  puur  pasKT  uux  avi>Dluri'>  •!•> 
TrisUiri  (voy.  ri-dcsMi*.).  ilonut^cM  plus  loin  par  772,  ctc,,  (|ui,  aup/ir.i- 
vfiut,  rapportent,  d'jph't»  In  Queste,  Ibi^luirtf  Jo  l'écu  de  Ualanil  cl 
rar-uiTtrnt  *ie»  iTciiiur»?»  avec  Mdi«n  (\ar.  Melian),  IIU  du  roi  du  Uanr- 
ntarehe  (ciMtP  (juaiiSc^tiou  n'est  pas  dous  la  Qutité).  Puis  (.lahiml 
triiimphi*  dw  «epi  flit'valipr»;  frttrosi,  ipii  avajt^nl  lue  l'ancieo  wiffoeur  du 
chAtrnii  AUX  PuooMp^,  Ip  duc  lÀaixor  {Litxoy,  Quctte).  Le  pofiita^  Kiiivant 
dv  tiauviin  a  ét^  PÎfacé  dans  772,  pt  chang<^  par  on  lecteur  [lost^rieur 

I,  Ataidte^vril  ..'ilUli  —  AsfMii  »9. 

I.  AlBri  ne  ;  f,i:  tf . .  M  :  «n  ekMMift  JujNm. 

ttOitt  Bmi^mt,  9U        ■  ■  ■      -■•  ''U-  .  IM  i  eh.  JHbrwaMf»il  .- 

rtt  flIfOK,  cic  ;  101.  'j7,  3U  .  Martunajim  {  yurfiiniQum' .  th'li  VaQHmi.vW 
t    t'our  ekau  fsr  au  ntwtmtrmrkrmrmi  neoH  rti*  •!*  la  ^Mutfr,  Çiutét. 


—  28G  — 

TriMaiiemiuôte  399.  Lu  première anuée  de  la  imôle  n'est  pascacore  passée*. 
Four  ne  point  être  reconnu,  Tristan  s  est  prornre  un  ccu  vert 
c/ un  seul  laint,  h  la  manière  des  chevaliers  nouveaux  du 
r(}po<|Me.  ['n  Jour  il  arrive  h  une  foiUaine,  ou  il  descend.  Il 
n'oso  retourner  h  la  .îoyeuse  fianle  :  Iseul  le  retii;ntimil.  Un 
chevalier  vient  se  plaindre,  sans  apercevoir  Trifil.in,  de  ses 
peines  d'amour.  Comme  deux  auti-es  chevaliers  viennent 
abreuver  leurs  chevaux  à  la  fontaine,  il  s'y  oppose,  dès  que, 
»ur  sa  question,  ils  lui  ont  dit  qu'ils  ne  sont  p.iâ  anioureax  : 
les  fonUiineK,  la  verdure  et  la  joie  ne  sont  pis,  dit-il,  pour  les 
personnes  qui  n'aiment  point;  leur  pUice  est  dans  les  vieilles 

1.  A  pArlir  d'ici  loui*  les  &t<pt  ms».  ilotint*ni  le  m^me  lexio;  cf.  ci- 

RD  faveur  do  c*^  chevalier;  cf.  §  ?90  ni)le,  (A  l'i<n()n>it  4)ii  l'erniile  ci'Siw* 
il(?  prêcher  à  Gauvalu,  ruinme  eil  ammoncstenumi  seroil  paiiut  perdue.  9tJ 
I>asRi'  ù  Trisian). 

Gauvaiu  (juini»  l'iTmito  ol  reacnotre  Agioval  l'I  Giffli»!;  iipri*»  quaLrâ 
juur*  (le  marchu  il»  su  ^^3|m^luit  (pour  et-,  ujouU*  772,  t/u'it  n'estoit  pas 
ne  mon  ne  lirais  f/ii'i'i  aiitaent  rnsemblt,  pour  cr  se  departoient  il,  gwint 
il  tentrtttrouvoient).  Mts  a  tant  tesse  ore  îi  contes  o  parler  tl'euls  tota  el 
retourne  a  monset'Qnvr  T.  A  |Kirliril'in  772,  i!tc..ilunneiil  le  im>{nc  If^ti? 
([lit'  757,  ylc.  ;  pour  yj.  \uy.  ci-ilniHiiR.  —  }a*  rnorOL'uti  snivani  île  la 
Questv  Kl"  tniuvo  uliliw!  plus  loin  jar  772.  l'tc..  voy.  §  rj.î,  itoli*. 

Ij'  hiP.  103  rr<sumo  plus  loin  (vuy.  §  4d0,  noto,  Ûii)  t*n  itiipli]ues 
m*(ts  li'n  suitL's  (Je  ci-Uu  (juèU'  (luur  Tristau» 

La  Tavoltt  Ititonda  {]}.  \î6-UlVi  dumic  le»  i^vt'm'iucuU  di'  la  Pcnlo- 
cflio,  d'apW's  la  Queste,  cf.  19U,  aolc;  c'osl  uui*  int^rtalaliou  iiialu- 
(ïroiU».  — Four  Malorj*.  vo>.  p.  277. 

Datiti  Tre8t!au  (|juur  ce  qui  prmtde  liaûs  bou  analyse*,  vuy.  S  384, 
uotei,  il  s'agit  d'uiio  wmpJtiK',  Pi  non  pas  d'une  Kinipte  quiHt*  du  GranI, 
gardi5  par  le  nti  Péchour,  qui  avait  *^té  frappé  di?  la  lanef  sacrt^,  parce 
qu'il  a\ail  rfpardé  rio  trop  pr<>s  uno  jeune  iièlerine;  il  ne  sera  guéri 
qu'à  l'arrivée  de  fVrceval.  (îc  mi  rt  les  |irinrÉ»s  «f»  vni«in8  eniretien- 
iif'iu  «III»  ariiiéc  pri^U?  h  amibnltro  [Kttir  In  défense  du  (\('\nM  hnvvé. 

Hieii  «pu'  Tristan  ne  vnhH  rien  pour  l'enlèvement  do»  saintofi 
reliqui^s.  il  es^i  tenté  do  se  joindre  ft  l'armc^o  d'Arthur  pour  obtenir  le 
pardon  do  ses  péchi^tt. 

Arthur  t^'éyare  dauft  la  fonH  de  DarnanK^s  cl  arrive  |)ri?s  lïu  tombeau 
de  MerUn.  qui  lui  dit  :  «  Mainlenaot  il  est  temps  de  cunriuérir  le  S. 
Graal  ;  relui  qui  accoaqdira  reiilrq^rine  est  n^.  et  il  a  reçu  chnoUrt'f  de 
ta  main.  » 

Tristan  prête  donc  le  serment  de  prendre  part  à  l'expédiiion  {it  mit  tét 
mains  (4  celtes  H'Aftttt).  et  consent  à  se  iséparerd'Isout.  —  Puis  Arthur 
réconcilie  Trihtan  avec  Marc,  à  qui  It^eut  est  rendue  ;  Trii^lan  abandonne 
la  quéie  du  Graal  et  va  retrouver  sa  femme  ;  cf.  103  (voy.  §  iîïO,  noiej. 
—  Pour  la  qu*He  du  Graal.  l'imprimé  de  Tressan  piu-ait  donc  avoir 
duuiié  un  récit  assez  difTérent  du  celui  de»  autres  imj»rimL^». 


Âfc 


■^=nq 


—  287  — 

isons  délalu^es  *  ;  les  ueiges,  la  pluie  et  le  mauvais  temps, 
00  qui  Iciir  couvicnt!  Us  insistcut,  ^nt  Jéâarçoua<3s  ot 
partent.  I^  rhevaliei  continue  sfts  |iiainles  et  chante  an  lai:  trisuneiHely» 
Am*trs,  de  v(>ttr«  ocoifiletnent,  aie'.  Il  apen;oil  enfin  Tristan. 
CanTcrealtun.  Tristan  lui  défend  d'Aimer  Guenîèvro  ou  Iseut; 
lâ-dcs£UB  une  longue  bataille;  pendant  une  panse,  Trîïitan  se 
nomme.  Le  chevalier  lui  dit  qu'il  est  le  tils  de  ce  piince  de 
5rusoni>.  Helyan(l),  qui  avait  onvalii  la  Coruouaille,  et  t{u'ii 
avait  piirioui  cherché  Tristan  [tour  venger  la  mort  de  son  père'. 
•  C'efet  domiuage,  ajuute-l-ÏI,  <jue  notre  hat;iiUe  n'ait  p;is  de 
témoins^.  »  Quand  lU  ont  recommencé  le  combat,  Tristan 
|ieul  loi  montrer  des  témoins  qui  aiiivent  :  ce  sont  douze  cheva- 
liers, et  fin  milieu  d'eux  leur  parent  Palaméde.  Celui-ci  dispute 
la  liataille  U  Tristan,  rjui  no  veut  pas  la  céder;  pendant  leur 
dîKUSâion.  les  chevaliers  saisissent  le  tils  d'Ilelyan,  <)ui  avait 
lue  uo  de  leurs  parentâ,  et  remmènent.  Palaui6dc  les  suit. 
On  mène  le  captil'  vers  le  chiïteau  du  père  de  celui  qu'il  a  tué. 
PaUmède  en  est  trè:?  mécontent  ;  il  prùIY:ru  se  hallrc  avec  le 
cbevaiier,  qu'il  délivrerait  volontiers  s'il  pouvait. 

400.  Tristan,  très  en  colère,  raconte  ce  <jui  vient  do  se  passer  à 
Golicrict,  tjut  survient  et  (|uiaemetsur  te  champ  â  la  poursuite 
des  chevalier*.  Tristan  le  suit  de  loin.  Pour  se  venger  sur 
Gaherict,  qui  lavait  at>attu  dans  le  tournoi  d'AifjreiHil  (var. 
Aigteofttj^  Palamôde  lui  fait  vider  It's  arrons  â  son  tour.  Ensuite 
TrisUn  rejoint  Palaméde  et  ses  cOm|>agnons,  désan;oaue  le 
premier  cl  triomphe  des  douze.  Le  chevalier  délivré  rend  bom- 
mo^  A  Tristan ,  renonce  h  son  amour  ()our  Iseut  et  dit  son 
nnm  :  étett/s  (var.  /h'itjcs]  :  ils  \oût  prendni  leur  logi^  ensemhle; 
courtoisement,  Tristan  innle  aussi  Palaméde,  (|ui  feint  de  lie 
pas  re»:onnaitre  son  rival.  Il  se  dit  que  le  service  qu'il  a  rendu 
â  Tristan  la  veille  de  la  Pentecôte  empêchera  celui-ci  de  lui 

1.  Id  finit  It*  niB.  755,  au  milieu  d'uue  phr^isp  ;  mni  doit  tôt  adès 
atf^  «•'  veilles  et  dfchauita,  m  uutisson^. 

t    On  voii  ipio  757,  i)Ui,  n  (tariir  du  f*  99  (voy.  p.  263),  suit  U 

t('r>i oiiiiuuue,  fiJt  ici  Hlluiijoii  k  l'rpiMHlp  tic  l'invuion  iIca  5csnei 

(\>  fjui  parait  iucuuuu  ù  lu  rrdaclion  plu»  primitive  cotiser- 

»'  I  miutîriî  \tarUv  ili*  7rï7.  —  Au  rrsito,  la  mort  de  cet  Uelyaot 

('  df  la  main  di»  Tr.  wt  une  imiivi^autf^  ;  d'après  331,  ê(c., 

|v..»-  y  -..'..,  Tr,  l'avmi  au  ctitilrain'  i^pargn^. 

4.  iMbut  du  ms.  3tAllO  au  milieu  d'un*"  phrase  :  [cêMte  èataiHe\ 
f«a  CTi  tel  maniert  est  perdue  ;  elle  est  bien  perdw,  quant  nuls  ne  la  voit 
fors  nous  dnts,  Hc. 


iHaadon. 


—  288  — 

faire  rlu  niaJ,  et  U  y  a  lidjà  un  an  tout  entier  qu*ils  ne  â«  soni 
vus.  Il  accepta  donc,  et  s'en  va  en  compagnie  des  deux  autn*s. 

401.  l'alamùiie  parle  des  merveilles  accomplies  peadant 
celle  annf^e  tnèini>  \M\r  (tîilaad.  qui  a  v.iinru  quairp  clievalier5 
Jôfondanl  le  puni  où  passent  nos  Iwis  compagnons.  —  L'u 
vavosseur  leur  donne  l'hospiuliLé.  TrisUm  reconnaît  HalaniÎMÎe 
et  le  menace;  celui-ci  répond  avec  fierté.  Tristan,  voyant  tpi'il 
n'a  pas  l'air  eiïrayé,  sourit  ei  dit  qu'il  n'a  pas  lui-inôoie  envie 
de  se  Uillre  pour  le  moment  :  «  Entendons  a  autre  chose.  — 
Volontiers,  »  i^pond  Palamède,  et  il  continue  à  raconter  les 
exploits  de  Galaad  ;  il  dii  comment  lui-raùmc,  îi  la  jtoni-suiic 
de  Brelius,  était  venu  k  la  Croix  de  la  FonUnnet  où  il  avait 
trouv(i  fvain  et  Gaheriet-,  corametït  Galaiid,  survenant  tout  i 
coup  et  poriant  un  écn  l)lanc  avec  une  croix  rou^^e,  les  avait 
ahaltns  tons  trois;  comment  enfin  il  avait  été  poursuivi  par 
lui-même,  qui  fut  vaincu  aussi  &  Tép^^e.  IMus  Lird  Galaad  avait 
triomphé  des  quali-e  défenseurs  du  pont.  —  Tristan  exprime 
son  admiration  pour  le  grand  chevalier. 

'iO'2.  Dinadan  arrive  cherchant  Tristan.  Celui-ci  lui  fait 
promettre  de  raconter  ce  qui  lui  éuùi  arrivé  de  plus  glorieux 
et  de  plus  Iionlcnx  depuis  qu'ils  ne  s'f^taicnt  vus.  Dinadan 
raconte  qu'il  chevauchait  un  jour  en  Sorelois  avec  Gaheriei. 
Gnuvain  et  Sagretnor.  Ils  rencontrèrent  Galaad,  dont  IVcu, 
couvert  d'une  housse  vermeille,  ne  put  être  reconnu  par  les 
quatre  compagnons;  il  était  accompagné  de  Brehu.s.  quu  alla- 
qut^  par  Sagrcmor,  l'aliatlit.  Galaad  avait  désarçonné  Gaheriet 
et  Gauvain;  puis  Dinadan  avait  à  sor»  tour  renversé  GalaAd 
avec  son  cheval,  qui  était  lomhé  sous  lui.  —  Un  autre  jour,  ei 
c'est  son  second  récit,  Dinadan  a\-ait  trouvé  une  demoiselle» 
près  d'une  fontaine,  en  compaj^'^ncfrunclievalier  qui  devait  la 
conduire  h  la  cour  d'Arthur  et  qui  venait  de  la  (|uitler  pourj 
savoir  ce  qu'il  en  était  d'un  cri  qui  s'était  lait  cntenilre  dans 
le  lK)is.  Dinadan  la  prit  sous  sa  sauvegarde.  Maie  il  fut 
abattu  deux  fois  par  un  chevalier,  lequel  donna  la  demoi- 
selle à  un  autre  qui  survint  oi  la  réclama  sans  que  Dinadan 
osât  engager  une  nouvelle  joule;  pins  t^ti-d  il  avait  secouru 
Dinadan,  i|ue  pressaient  vivement  deux  chevaliers. 

403.  Ce  chevalier  qui  l'a  vaincu  puis  aid»';,  Dinadan  lo 
reconnaît  dans  Hclys.  On  part,  et,  an  soir,  on  se  loge  chei  un 


1^    chA 


fain,  paivM   .'î        ,■  du  roi  Bademagu,  à  qîu  Arinur  si 
l  cadeau  du  Leur  hôte  leur  nictiulo  comment  un 

chevalier  —  on  &oup'.u}nDe  que  c'est  GaUad  —  a  vaincu  vingt 
cliev?i!iers  apostcs  pour  jouter  avec  ctcux  qui  passent;  celte 
ooulume  avait  «île  étaMie  pur  les  pareats  d'une  (l64U(»isc.ne,  qui 
ne  voûtaient  accorder  sa  main  <iu'au  vainqueur  des  vingt 
champions. 


404.  Le  lendemain,  on  se  remet  en  marche.  Le  temps  prin- 
icr,  la  vcnlure  de  la  fori5t  et  le  chant  des  oiseaux  rappellent 

viremenl  à  Tristan  le  souvenir  d'Iseut,  en  Tbonneur  de  qui 
il  fait  un  tai  *  :  Grant  ^  tens  a  qrje  ne  vt  ctaUt  etc. 

405.  A  une  fontaine,  on  trouve  Oalaad,  dont  l'écu  est  rxyu-  tjomiMX  Ae  TrU- 
vert.  11  aîjat  Palamède.  Helys  et  Dinadan;  long  i:ombal  entre  [JJ^f '*"'^*' ^"' 
Galaad  et  Tristan,  qui  tient  bon  ;  pendant  un  reitos,  its  se 

disent  leurs  noms,  et  la  Uitaille  se  tenuine. 

> 

406.  Palamêdc  et  Helys  s'en  vont.  Tristan,  Galaad  et  Oinadm 
se  logent  chez  Blanor.  Galaad  part,  huit  jours  plus  tard,  guéri; 
mais  Icâ  blessures  de  Tristan  ne  lui  t>ermoLtont  [ins  encore  de 
monter  à  cheval  ;  il  reste  avec  Dinadan,  qu'il  envoie,  au  bout 
d'un  mois,  à  la  Joyeuse  Garde  donner  de  ses  nouvelles  à 
IseuL 

407.  Arrivé  à  la  Joyeuse  Garde,  Dinadan  apprend  à  Iseut 
que  Tristan  a  juré,  comme  les  autres,  ^e  maintenir  la 
qncle  pendant  une  année,  et  qu'il  reviendra  prochainement; 
il  lui  raconte  également  le  combat  contre  Galaad.  Puis  il 
retourne  au  château  où  il  avait  laii^é  Tristan  ;  mais  celui-ci  est 
déjà  parti  il  y  a  quatre^  jours  |H)ur  la  Joyeuse  Garde,  où 
cependant  il  n'arrivera  pas  de  si  tôt.  car  imc  aventure  l'en- 
traînera  jusqu'à  l'exlrt^mitc  du  Sorelois,  où  il  restera  en  prison 
pendant  loo^temps;  ensuite  il  tombera  malade  *. 


!.  l>'um!  seule  «U^iplie  ^y  vers). 
?.  De  m.  ri5'J!i;  les  autres  :  lancUfvt. 
3.  -UIL;  — 336  :  .///, 

r  (V  m.  l^ntilK  Slitis  au  lieu  rti*  la  remontue  6ur  In  inaUdie  de 

■-  fi  les  autres  ilutuitMit  rînierpulatina  suivqnb»  :  (i!  fin  mis 

rt  pui$  l'en  asta  Pal.,  U  botu  chrvalùrrs  sarrtKÎnâ,  cil  qui  Si 

Ufoçti  '  Ut  bcste  glat.,ei  pour  Vantour  de  c.£  qu^  je  nevom  ai  pas 

détint  ■■'  _  :r„n  la  h.  g.  e$t,  U  vot  dcfijurai  <je  arfjidmH  tout  errau- 

ffiMU  sanx  nul  ddai.  L'estoiré  dist  gw  ta  &■  g.  «voit  UsU  de  serpent, 

LosKTU.  —  Tristan.  19 


—  290  — 

.  Lettre d'Unut.  iÛ8.  Quand  Iseut  voit  quo  Tristan  ne  vient  pas,  elle  fait  une 
Icltrc  qu'elle  charge  un  valet  de  lui  porter;  il  a  1a  bonne 
chance  de  trouver  celui  qu'il  cherche  dorntant  près  d'une  fon- 
taine, ii  l'entrée  du  Sorelois.  TrisUin ,  qui  est  accoinpagué 
d'une  demoiselle  et  de  ses  écuyers,  se  réveille  et  lit  la  lettre  (en 
vers)  d'Isput  :  A  vous^  amî(s),  ami  verai^  elc  *.  11  dit  au  valet 
de  l'accompagner  jusqu'à  ce  qu'il  ait  pu  faire  sa  i*éponse,  car  il 
s'est  engagé  à  aider  la  demoiselle  dans  une  aŒaiiFe. 

4U9.  Ils  s'approchent  du  château  de  Bcauregart  '^,   ainsi 
appelé  à  cause  du   beau  coup  d'œil  qu'il   offre.    Avant  d'y 
arriver,  il  faut  traverser  un  poutft  rcxtrémité  duquel  se  trouve 
une  tour;  là  se  tient  un  chevalier  de  Gannes,  qui  ^arde  avec 
Jîmilîn  gnrdani  succès  le  pont  depuis  deui  an».  C'est  Clatidin^  le  fils  du  roi 
uSL^n.''"  f^»a"^'»s  Je  la  Déserte  \ 

Le  chevuliiT  A       410.  Ou  reucoulrG  un  chevalier  porlânt  un  ecu  d'argent,  qui 

at»ftuu  pai"(Iuu-  ^^'^'^^  Tristan;  ils  ne  s'abattent  pas,  et  Tristan  refuse  de  conti- 

^^'  nucr,  parce  qu'il  tient  à  ne  pas  être  blessé  à  cause  do  la  balaillc 

(|u'il  doit  prochainement  soutenir  pour  la  demoiselle.  «  Trop 

d'excuses  \  «  dit  son  adversaire.  Tristan  se  f^che,  mais  refuse 

toujoui's  de  se  battre;  l'autre  s'en  va  vers  le  pont. 

41t.  Le  chevalier  de  la  tour,  Claudin,  fait  mettre  une  bar- 
rière a  l'entrée  du  pont,  et  un  yalet  explique  au  nouvel  arrivé 

(24400  :  —  chaça  la  b.  (jlaiUxant] .  xi  eom  Je  votu  dirait  mamtcnanl. 
L'istoire  disi  qiw  la  b.  y.  avmt,  etc.!,  et  te  col  avoU  rie  d  une  baie  que  l'tn 
apr.lc  Douce  'var.  Dûlcr;  IttS.  *i  HOO  :  Dotor]  en  son  langtnje.  et  te  Oin  m^ttii 
ele  d'une  beste  qw  l'en  apele  tieparl.  «t  les  piez  avoit  ele  d'une  bute  yue  l'tn 
apels  cerf,  et  les  cuisses  et  ta  (jeue  avoit  ele  d'une  bcsl^  n\tf  l'en  apelt 
Îj/OH,  ri  quant  ele  alail,  il  issoit  d«  son  ventre  7.  ii  trt's  granl  gtatis- 
scmenl  comme  s'elc eust  dedens  lui  truiqua  .XX.  broches  i..X.  hr.  99,  a7, 
34^^}.  bc  tel  façon  «toit  la  b.  g.  Mes  a  tant  leste  ore  ti  contes  a  parler  dé 
Ti\  et  dt  Pal.  et  de  la  b.  g.  et  retorne  a  parler  de  la  roïne  Y.  Quaml 
Iseut  voit,  etc.,  comme  757.  —  La  descriptiou  da  la  b.  g.  $.  pourtant 
été  donnée  <léjii  pi"**  haut  (v.  §  71  a). 

1.  Lie  m.  t25y9.  — .•!  vous  Trislran,  ami  wraS,  etc.  fvnr,  vrai),  |«s 
autres.  —  A  v.,  7*.,  mon  amis  m'ai:,  etc.,  Î4400. 

2.  Beaui:esin  757,  nms  plus  loin  Hmuregart  (§  *40). 

3.  Qui  déâliérita.  ajoutcui  757  et  liTiUO,  lo  roi  Bun  de  Benoic, 
<tin5^i  coin  nom  avons  tout  aptrrtement  devisé  en  son  \nostre  I  ?599|  livre, 
..ri  comme  on  \wul  If  voir  <lan^  1»^  livre  de  Gautier  Hape,  qui  dirent 
If?  siAgt»  t\o  (lauups  au  poitU  que  U  rois  Ban  fa  deUeritis,  et  donnf*  grant 
partit  dofi  exploild  que  (it  CUudiu,  —  Pour  le  noslre  livre  de  J2599, 
cf.  p.  36.  note  ;  le  $on  l.  da  757  e»i  probablement  uue  fauio. 


—  591  — 


quelle  est  b  couliime.  Ayanl  accepté  la  joule,  le  chevalier  & 
Vécu  ilarçeal  est  ^Mivei^é  avec  son  cheval  et  lomlie  à  l'eau;  il 
ea  sort,  grAœ  h  U  force  de  sou  cheval  qu'il  prend  aux  èiriers  *. 

4 là.  Puis  c'est  le  tour  de  Tristan;  son  cheval  u'6tan(  point 
babilné.  comme  celui  de  son  adrersaîro,  à  sentir  le  pont  trem- 
bler sous  lui,  la  partie  n"est  pas  égale.  Les  deux  chevalière  Trîswn 
fl'âliattent  l'un  Tauire;  les  cbc^3ux  tombent  dans  l'eau,  et 
Tristan  aussi;  il  s'en  tire  en  se  cramponnant  au  cheval  de 
Cbudiu. 


tombe 
à  l'eau. 


U3.  Le  chevalier  aux  armes  d'ar^i^ent  revient  au  pont  et  force 
Claudin  à  engager  un  combat  où  l1  commence  à  avoii*  lo  dessus, 
quand  Blioberis  survient:  Claudin  s'excuse  alors  auprès  de 
Tauire  chevalier,  en  se  dodaranl  prêt  à  reprendre  la  lutte 
quand  il  aura  dtifendu  sou  pont. 

Blioberis  est  épuisé;  il  a  été  rudement  blessé,  le  jour  mémo, 
p?iT  Arthur  le  petit,  fils  du  célèbre  roi.  Il  est  abattu  par  Claudiu, 
et  son  cheval  lomïje  dans  l'eau. 


Blioberis. 


k 


414.  M.aidtoiiv'mt  le  chc-vaiior  aux  armes  d  aï'gcni  insiste 
lur  avoir  sa  bataille.  Mais  Claudin  s'excuse  :  «  Je  nai  plus 
hore  x^olenté  de  conbatre-y  les  nombreuses  joutes  que  je  viens 
de  subir  doivent  me  permettre  do  m'en  dispenser  pour  cette 
fois,  jo  L'autre  s'en  va,  en  le  traitant  de  couard. 


^15.  Tristan,  qui  était  resté  spectateur,  adresse  à  son  tour, 
Claudin  la  môme  demande  que  vient  de  lui  faire  le  chevalier 
k  l'écu  d'argent  et  reçoit  la  mi*oie  nîpousc,  «  Kn  eflèt,  n  dit 
Tri&tan.  en  partant  :  «  ce  fut  plutôt  le  courroux  que  le  désir 
de  me  battre  t^ui  me  fit  faire  ce  défi  ;  nous  nous  reverrons 
peut-être,  n 

416.  Tristan  ne  veut  pas  aUer  au  château,  ot  la  demoiselle 
l  ■  dans  la  forél  chez  une  d;imede  sa  famille.  Ils  TOient 

li     - x\  le  chevalier  à  Técu  d'argent»  qui  a  également  évité 

le  ch&teau,  parce  que,  comme  le  dit  la  demoisellCr  il  a  aucune 
acoiniance  en  la  forest  ou  il  vet  ". 


1.  De  m.  12599.  —  L^s  aulrM 
î.  De  w.  iî5îlQ  ;  —  les  auUes  : 
U  i'en  rW  tout  di^^Àirmml, 


:  aux  crins. 

il  a  ai  la  forât  aucune  fontaine  ou 


■^^  292  — 

Htiioh-Hointle-      417.  Arrivé  A  l'hôtel,  Tristan  apprend  par  sou  hôtesse  que 


'**"  'a  demoiselle  est  de  haute  lignée,  fiUe  d'un  cooile  iiui  est  mort 
erni»nisonné  sans  avoir  partagé  sa  teiTc  entre  ses  enfants  *. 


moi  sou  e 


Kllc  avait  éU3  chassée  du  pays  par  sa  sœur  aînée,  amie  d'au 
proiu  chevalier;  poor  rcnlrei*  dans  son  hcrîtagc,  il  lui  aurait 
fallu  un  champion  qui  triomphât  de  t'ami  de  sa  sœur.  Cet 
ami  étant  mort,  la  demoiselle  déshéritéo  était  allée  se  plaindre 
auprès  du  roi  Galehodin  ^  de  Soreloia;  mais  elle  avait  été 
accusée  par  sa  srt'ui"  d'avoir  empoisonné  leur  père.  On  lui  avait 
alors  permis  d'aller  chercher  un  chevalier  qui  pût  la  défendre.  i 
Un  valet  annonce  que  le  repas  est  servi  ^,  et  l'on  soupe.       ^B 

Lo  chevnlier  h  418.  Etant  monté  à  sa  chambre,  Tristan,  avant  de  se  cou- 
répara!  1°'^*^*  "*  cher,  commence  une  réponse  pour  Iseut.  De  la  fom^lre,  où  il 
s'est  placé,  il  aperçoit  tout  à  coup  le  chevalier  aux  armes 
d'argent,  qui  se  désole  tout  seul.  Tristan  se  fait  armer  et  court 
h  sa  rencontre;  il  le  trouve  à  une  fontaine,  où  il  se  plaint  dL» 

Ceai  Palâni.'f.le.  ses  peines  d'amour.  C'est  Palamède.  Il  aperçoit  Tristan;  ils  se 
disent  leurs  noms  et  se  menacent;  mais  Tristan,  voulant  tou- 
jours éviter  d'Oire  blessé  à  cause  de  la  bataille  qu'il  a  entreprise 
pour  la  demoiselle,  quitte  son  rival  sans  combattre  et  renlre  au 
château.  Le  lendemain,  il  termine  sa  lettre  (en  prose'),  et  la 
fait  porter  à  la  Joyeuse  Gai-de  par  le  valet  d'Iseut. 

410.  Celle-ci  est  désolée  d'apprendre  que  Tristan  ne  revien- 
dra pas  eucore  dt;  longtemps.  Trois  jours  après  qu'elle  a  reçu 
la  lettre,  elle  va,  avec  sa  suite,  se  rafraîchir  k  une  fontaine  oii 
elle  a  fait  dresser  un  pavillon. 

EreceiUeui.  420.  Erec —  par  une  yrace  qui  lui  est  particulière,  il  n'a 

jamais  dit  un  mensonge  depuis  le  jour  où  il  fut  armé  chevalier 
—  arrive  et  cause  avec  Iseut.  11  lui  raconte  cûn»raent  un  jour 
quil  était  avec  Pcrceval,  Sagrcmor  et  Gninglain  '•*,  le  HIs  de 
Uauvain,  dans  la  forêt  de  Brequeham  ^,  ils  avaient  rencontré  li, 

i.  Au  milieu  de  ce  récit,  12599  (P*  501)  pr<56eme  une  lacuae  qi 
attend  jui^qu'iiu  lai  chanta  par  Trittlan  chez  Hrf>hu».  vuy.  §  53H. 

2.  Var.  fautive  :  GalehoU  ;  cf.  S  iU. 

3.  Au  lieu  de  ccUo  aouonce,  757  ioditpio  une  lacune  de  txoii 
lignes. 

4.  A  vous,  ma  chiere  danu  y.,  etc.  (757  :  A  v.,  ma  danif  ehû 
Yselt,  L-tc). 

5.  Vor.  Giiyan. 

6.  Var.  Brtquriwtx,  Brequthen. 


Trtîfftn  r(*H- 

^     .i  1  in- 

itia 


fille  du  roi  de  la  Cité  vermeille  avec  sa  suite.  Sa^omor,  qui 
avait  à  se  plaindre  de  ce  prince,  voulut  emmener  Ja  daaie  ^i 
CamAaloth.  Là-dessus  LaUiilIc;  les  quatre  compagnons  tiirrenl 
ou  cbassèreol  les  dt-fcnscura  de  la  princesse,  fl  S;i^Temor 
allait  remmener,  quand  Tristan,  (jui  se  trouvait  dans  l'escorte. 
l'en  empêcha  et   les  akitlil  loiis  quatre;  puis   Porccval,  en 

_    se  battant  avec  Trislao,  reconnut  son  épce,  et  tout  finit  pour     .^..^ 

B   le  mieux.  On  était  allé  ao  divertir  chez  Sa^remor  dans  son  c\\\- 

H  teau  :  Tristan  était  parti  au  bout  de  deux  jours,  mais  Erec  élail 

^^«8lo  quinze  jours  à  cause  do  ses  blessures.  — 

I  421.  Gauvain  arrive  et  demande  à  voir  Iseut.  Six  chevaliers  Amvoe  acuau- 

lui  défendent  le  paîssayc,  mais  il  s'en  rlcbarrassc.  H  hait  Erec 
et  en  veut  h  Tristan,  qui  TaTait  humilié  récemment  devant 
Lancolot.  Il 'voudrait,  pour  Ifi  cmtrrmt:r  df  Tr..  qu'Iseut  fût 
une  des  dames  les  plus  laides  du  monde.  Il  dit  donc  à  If^eut, 
sans  la  saluer,  qu'il  a  vu  des  dames  d'une  beauté  supérieure  à 
la  sienne.  Erec.  qui  était  allé  se  faire  armer,  reparaît:  ayant 
blessé  et  désanjonné  Gauvain,  il  s'en  va.  La  lOto  de  Gauvain 
est  demamitfe  en  vain  par  une  demoiselle,  dont  il  avait  tué  le 
frère,  qui  cependant  lui  avait  cric  merci  '  ;  c'est  la  demoiselle 
qui  raconte  à  Iseut  ces  événements-.  On  soigne  et  gutîrit 
Gauvain,  3fh  a  tant  lesseoreli  contre  a  parler  de  luictretome 


» 


» 


I.  Mais  ilan.-*  ','.'2,  f  3l."i.  la  main  posl^ripum  (cf.  §  29'>  omIi'i  a 
ftllr-n-,  en  olïarant  «t  on  sun.'liargwint ,  tnut  ci'  pa^tMi^  si  ppu  Hatt^'ur 
|Miur  Gnuvniu  :  m  violenctf  est  <lue  à  ce  qu'il  uf  veut  pa?  *lro  rrcminu 
Umt  dit  suilfî.  n  Ut'  jimlt;  avt-n:  Ertt:  quu  puur  l'éprouver;  Erec  el  lui 
ff'ajiiitlfnt  l'un  l'autri*  ;  Gîunaiii  st*  fait  coniiaîlrf  et  explique  svs  pruci^ 
dés.  On  lui  fait  ft'tf.  —  I/inUTVi'nlion  «le  la  deraoist'lli.'  e*l  suiipniiiét'. 

î.  Mais  «laij!^  !•'>  iiutn'"  rrr*s.  la  lU'in.  uv  li's  racooti.*  p«?. 

3.  Maië  li's  aulrL'i!  :  Mis  a  tant...  rfinrne  H  ctmtfs  a..  Galaad.  U  ban 
f/iiToiiVr,  pour  comptrr  [ajouH*  336  ;  UÔ,  nusj>i,  «loiiuo  quelque»  mots  Jû 
tnuisilîim)  partir  des  advtntures  qui[t)  lui  attcindrent  dt  puis  qu'il  se 
parti  du  cttastel  Blanor  de  Gaunes  (vuy.  §  4l)Gl.  ou  il  laissa  mnns,  T.  m 
ta  ciimpaiçfiit  de  Uyn.^  le  quel  rstoit  leam  deinourés  pour  les  btrce^lires  que 
fHess.  Gaload  lui  nvoH  faites,  Ofinme  le  conte  txtus  a  devisé  sa  arriéres.  •— 
En  elTi'l.  772.  'JT.  319,  101,  758.  ÎUOO,  'J9  prêtwuipiK  ici,  aau» 
«Tcrtir,  une  lacuut*  Ati  l'épitiode  il'Erec  el  de*  pwjiiii'ires  aventures  Jt» 
(îiiluul  et  J'Eupèae  (757  seul  Jouue  l<iul  cela);  ila  ne  reprïmiieiit  que 
là  m'i  ct»s  dievaliers  rencuuirenl  la  (ItMiioinelIc  lraîlws?e  (voy.  §  it!). 

33^  ilonue,  uu  indiquaul  la  «u{>pro8.siua,  xxu  abn>|tfi^  altéfé,  ponr 
lequel  vuy.  %  437  a. 


—  294  — 


7S>7iErecBuchâ- 
loau  d'Enldc. 


425.  (757,  f  179  a).  Ercc,  ayant  quille  Ueul»  reste  quatre 
jours  chez  un  chevalier  son  parent  et  arrive  ensuite,  si  oom« 
l'aventure  le  porloil,  vers  la  fin  de  Norgales  H  près  do  Sore- 
loys.  11  sarr(*te  à  un  cliAieau  qui  a  Pair  tout  désert,  comme  on 
en  voit  en  temps  de  guerre  ;  Déanmoiû&,  il  s'en  fait  ouvrir  la 
porte.  Au  moment  d'entrer,  il  voit  venir  deux  chevaui  portant 
une  bierc  chevalerescc.  Deux  écuycra  la  suivent,  qui  lui 
disent  que  le  blessé  qu'Us  apportent  ainsi  est  un  chevalier 
errant,  nwui  prodomes. 


<less6 


G&lftad 
par  Brehus. 


i23.  On 


Honnc  de 


i'^.i.  un  soigne  le  blessé,  et  on  désarme  Ercc,  qui  s  Otonnc  < 
ne  point  voit-  d'hommes  dans  le  cliAtcau.  H  ho  i-ensei^^no  auprès 
d'une  demoiselle,  r|ui  lui  répond,  maUo  et  pensive  et  en  bais- 
sant la  t(ite,  que  les  trente  preux  cbevalior-s  du  chAleau  sont 
tous  morts;  il  ne  reste  plus  que  les  valet^^  lesêcuyers  et  pocre 
gent  du  chastel,  qui  j^'aident  les  murs  Jour  et  nuit.  Ërec  ne 
demande  plus  a  la  dcmoi&cle  de  ceste  fiouvefe-^  il  voudrait 
savoir  (lui  est  le  chevalier  blessé  et  va  le  voii*.  Le  malade  est 
très  grièvement  atteint;  les  écuyers,  ne  voulant  pas  découvrir 
son  nom,  parce  qu'il  a  l'habitude  de  garder  rincognito,  se 
bornent  ù  dire  qu'ils  ne  pensent  pas  qu'il  ait  orendroU  en  cest 
mondi^  Jllf.  chevaliers  vieiihrs  de  lui.  Alors  Erec,  plus  dési- 
reux encore  de  savoir  qui  il  est,  s'en  va  ôter  la  bousse  vermeille 
qui  couvre  Vécu  appuyé  contre  le  mur  et  reconnaît  l'écu  de 
Galaad,  Lesêcuyers  lui  racontentqucleur  maître  s'étanl endormi 
le  jour  même  près  d'uuc  i'outiiine,  un  chevalier  élait  survenu; 
apprenant  [>ar  les  valets  que  le  chevalier  dormant  était  celui  qui 
venait  d'abattre  sa  devant  ks  deux  chevaliers  des  pavillons,  U 
s'était  prccipilc  sur  lui  et  lui  avait  porté  uu  grand  coup  de 
lance,  puis  s'était  enfui  effrayé,  lorsque  Galaad  s'était  mis  sur 
son  séant  *.   Galaad  s'était  fait  transporter  au  château.   Les 
écuyers  suppoi^enl  que  ce  traître  chevalier  est  Brehus  .sans 
pitié,  et  racontent  que,  quatre  jours  auparavant,  Galaad  avait 
trouvé  dans  une  vallée  Brehus  en  train  d'enlever  une  demoi- 
Bcllc,  dont  il  venait  d'abattre  le  chev.ilier.  Elle  implora  le 
secours  de  Galaad,  qui  en  eut  pitié  et  qui,  api*ès  avoir  vaine- 
ment prié  Brehus,  qu'il  ne  connaissait  pas,  de  ne  pas  inquiéter 
Kl  demoiselle,  l'abattit  et  s'en  alla.  Brehus  l'aN'ait  suivi  pour  le 
menacer  d'une  vengeance  prochaine. 


1.  Une  attaque  de  ce  genro  do  la  port  de  Urehus  contre  Gal:ud 
est  mcQtiomiéo  plus  loin,  voy.  §  473. 


qui 

■     silen 

0 


—  205  — 

424.  Au  souper,  Erec  trouve  la  ImïJIc  maîtresse  du  château, 
qui  est  cepontlant  aussi  triste  que  les  autres.  Oa  man^'o  en 
silence.  Iji  ohâielaine  fait  des  excuses  dit  son  peu  de  gaieté; 
sait  bien,  liîl-elle,  qu  elle  devrait  honorer  un  tel  chevalier, 
5  cUe  est  la  demoiselle  la  plus  malheureuse  du  monde.  Le 
souper  fini,  Ercc,  plein  de  cx>inpassion,  lui  demande  la  cause 
de  son  chagrin,  en  lui  promelUml  de  la  secourir  de  son  mieux. 
ËUe  raconte  qu'elle  est  de  lr(s  haute  lignée  et  très  riche,  mais 
fortu)\e,  la  maie  cose,  lui  a  port^  envie,  et  de  toutes  ses  nom- 
breuses possessions  il  ne  lui  reste  maintenant  que  ce  château. 
«  Qui  donc  vous  déshérita? — Un  gentilhomme,  parent  du 
roi  de  Norgalles  et  le  meilleur  chevalier  du  pays.  II  avait  long- 
temps été  le  corapiignoM  d'armes  du  duc  de  liuiscam,  mon  pi^ro, 
et  seigneur  de  cent  ch.1teaux  el  de  six  cités.  Ce  comp^tgoon, 
Aftpelé Sennhar  S  très  riche  lui-m^me.pnnf  au  derrain  gtierre 
encontre  luon  père  et  avint  cinssi  un  jor  qu'il  ocist  mon 
perr.  Puis  qe  mon  pcre  fit  ociSt  nttnest  un  mien  frcrc^  bon 
chevalier  et  de  grani  af&rc,  qi  reco^ninença  guerre  .1.  hnc 
lens  niè$;  mes  après  [a]vini  par  pechié  qe  Senehar  tocist  ./. 
/or  iiexvnt  ./.  chastrl  ra  rlevnnt,  et  ensint  avint  qe  mon  père 
et  mtm  frère  furent  tjcis  df  ceste  guerre,  Seuuhar  inc  priva  de 
tout,  excepté  de  ce  château;  mes  hommes  m*at)andonncrent, 
et  les  chevaliers  qui  ra'élaienl  restés  Sdèles  ont  tous  péri  pen- 
dant le  ?iêL'e  du  rhiteau,  dôfeudu  dès  lors  .seulement  par  les 
écuyers,  les  valets  ei  la  povre  gent  de  eest  cJtastel,  qui  est 
assailli  prest^ue  chafiue  jour;  Je  sort  qui  m'attend,  c'est  de 
perdre  le  peu  qui  me  rc*ie  et  de  tomber  entre  les  mains  de 
mon  ennemi  mortel  :  voiU  des  raisons  suffisantes  de  se  désoler; 
aussi  ne  demandé-jc  à  Dieu  qu'ime  chose  :  la  mort.  » 

■\-2S.  Erec,  1res  ému,  la  console  el  lui  dit.  eu  faisant  allusion 
k  Galaad,  ipi'il  y  a  tout  près  d'eux  tel  chev:il)cr  qui  pourrait 
iiieu  au^ues  tutstivement  mètre  conseill  en  cesl  afere.  Le  len- 
demain, il  se  faint  q'il  ne  soit  mie  bien  haitie:  et  reste  au 
cliAteau,  partie  por  la  pitié  q'il  a  de  la  deirwisele  et  jmrtie 
por  ce  q'ele  H  sembla  trop  bêle  et  trop  avenant.  Le  nom  de  la 
dame  est  Enide^  et  fa  mouiUier  de  Erec.  Celui-ci  raconto  à 
Galaad,  qui  va  mieux,  Tbistoirc  d'Ënide,  et  les  deux  chevaliers 
décident  de  l'aider  de  leur  mieux,  d6s  que  Gaload  sera  com- 
plètement guéri.  Enidese  rassure  un  peu  au  récit  des  merveilles 
de  bravoure  qui  rendent  iliusti*e  le  nom  de  Galaad. 


757  :   L'histoire 
d'Eaide. 


1.  Ati>!Û  Srnchar;  une  foi»  Srnfuar. 


—  296  — 
757     Brec  ftu      426.  Un  jûur,  l'enncmi  altamie.  Erec  veut  sorlir.  Galaad, 

uno  sortie  t  ,.      .    .  ,^  ,        .     ,.  . 

pour  jouier     qui  csL  encore  au  lil,  lui  représente  ({u  on  le  tera  prisonnier. 

oveclesenne-  ^  jg  sortirai  par  une  porte  que  je  connais,  répond  Krcc,  et 
je  demanderai  des  joutes  corps  h  corps,  k  la  guise  des  cheva- 
liers errants;  s'ils  sont  tant  soit  peu  courtois,  ils  ne  me  feront 
paH  prisonnier.  —  Mais  ils  ont  déjà  assea  montré  combien  ils 
sont  peu  courtois! — C'est  égal,  j'ai  trop  envie  do  sorlir,  u  —  et 
il  s'en  va  par  une  fauce  posterne  qi  ovroit  devers  une  fontaine. 
11  aperçoit  une  centaine  de  chevaliers,  dans  une  plaine,  devant 
la  7nestre  porte.  On  vient  d'envoyer  dire  à  Enide  ilo  rendre  le 
château;  sinon,  clic  sera  bientôt  tart  au  repentir.  Mais  la 
présence  de  Galaad  a  fait  reprendre  courage  aux  aââiêgds,  qui 
rerusent  de  se  rendre  en  disant  que,  sous  peu,  ils  seront  déli- 
\Téh  et  que,  si  leurs  ennemis  en  savaient  aut.'int  qu'eux,  ils  ne 
vioudi-aicnt  plus  jamais  devant  le  chillcau.  Ceux-ci,  ne  compre- 
nant pa»  ces  paroles,  tiennent  tout  a  gab  quant  qe  il  dient. 

Le  père  et  le  uia.  437.  Cependant,  Erec  s'avance,  et  son  écuyer  crie  :  «  Voici 
un  chevalier  errant!  Qui  veut  jouter?  »  Un  chevalier  nouveau 
va  se  présenter,  mais  son  porc  le  retient  en  le  priant  d'attendre 
que  les  autres,  plus  expérimentés  que  lui.  se  soient  ossayés 
conU'C  le  nouvel  arrivé,  qui  doit  ùWe  très  bon  chevalier  pour 
les  provoquer  ainsi.  ÏAi  jeune  homme  sirrile,  son  i)èry*  insiste. 
Le  nis  lui  reproche  de  vouloir  |sa  honte;  le  père,  tenant  lou* 
jours  la  bride  du  cheval,  répond  qu'il  craint  pour  lui,  qui  est 
son  fils  unique,  et  lui  ordonne  de  laisser  commencer  les  autres: 
«  Si  le  chevalier  errant  est  désarçonné,  vous  pourrex  voua 
essayer  après.  »  Le  jeune  chevalier  se  rend  cnlin,  et  les  autres, 
qui  étaient  restés  «»  voir  l'eslrif  del  pera  et  del  fiU.  choisissent 
.A.  des  pîu^  preudomes  de  hr  compagnie  pour  jouter  :  il  est 
renversé  moût  feloneusement,  aux  applttudissèmeuts  des  gens 
d'Knide,  qui  regardent  du  haut  des  mui-s.  «  Navais-je  pas  bien 
raison  de  te  l'aire  céder  la  joute?  »  dit  lo  père  du  chevalier 
nouveau  à  son  Gis,  qui  répond  qui!  peut  maintenant  jouter  en 
toute  sûreté  :  «  Si  je  suis  dé3ar(;onné,  je  n'en  serai  plus  désho- 
noré. »  Le  père  le  prend  encore  par  le  frain,  mais  son  fils  dit 
que  plus  on  le  i*ciienL  plus  il  a  envie  de  s'essayer  :  a  Cette 
fois-ci  personne  ne  m'en  détournera!  »  Le  père  pleunsfiere- 
mrnt,  lui  reproche  de  ne  pas  en  user  avec  lui  en  fils,  lui 
souhaite  bonne  chance  et  le  laisse  del  tout. 

HS,  Le  jeune  homme  tombe  de  cheval,    blessé  à  mort. 


\ 

—  297  -" 

Galuad  eateod  les  cns  de  triomphe  :  un  écnycr  le  met  au  ffût.  757 

Très  chagrin  de  rester  ainsi  au  lit  au  lieu  de  so  Liitlre,  il  promet 
de  se  venger  de  Brehus,  s*il  le  découvre,  ainsi  tpie  le  mc*rite 
un  tel  liiiltre.  Il  a  toujours  peur  qu'on  ne  prenne  Erec. 

Celui-ci  jotite  avec  un  iroLsième  chevalier,  dont  le  cheval  ne 
couroit  mie  xi  droitfmeut  corn  il  vousist.  Il  est  renversé  avec 
le  cheval,  qui  s'enfuit  vers  la  fonîl.  Erec  lui  dit  qu'il  le  ferait 
prisonnier»  si  les  autres  étaient  moins  nombreux. 

4S9.  Voici  que  Senahar.  dépité  de  voir  désarçonner  ainsi  ses  t^nahar  et  «es 
chevaliers,  s'apprête  lui-tui'mo  a  jouter,  son  frère  parvient  h  SJ^Jl*^  '*' 
l'en  cmpôciîcr  en  lui  rcprcsentani  tout  ce  qu'une  pareille  déci- 
sion aarait  d'imprudent,  et  Senahar  envoie  à  sa  plac«  un  cheva- 
lier, qui  est  abattu,  mais  non  sans  avoir  blessé  Erec  (*(  costr 
setK'Strc,  ce  qui  décide  celui-ci  îi  renu*er.  Les  gens  du  château 
le  reçoivent  avec  effusion;  ils  U  vont  ahorant  corne  se  ce  fusi 
./.  dame  Dieu. 

430.  Les  ennemis  se  désolent,  surtout  de  la  perte  du  jeune 
chevalier,  le  plus  noble  do  tous  ;  sou  père  déclare  qu'il  ne  veut 
pas  survivre  à  sa  norreture.  Senahar  et  les  siens  se  retirent,  en 
se  proposant  de  pi*endrc  une  terrible  vengeance,  et  suivis  des 
cris  de  joie  des  gens  ibi  chAleau. 

On  soigne  Erec  ;  Galaad  se  fait  fort  de  guérir  vite  sa  blessure. 
Les  habitants  du  cbâleau  servent  désormais  Erec  a^es  plus  q'il 
ne  font  GaL,  car  il  cuident  veraicment  (fil  soit  jneillor  cfieva' 
iier;  on  le  couche  dans  la  même  chambre  que  Galand. 

431.  Ils  sont  prcaïue  guéris  tous  deujt  quand  arrivent,  por  ^benï^ufioT 
Uerhûrffier^  BJioberis  et  Hector.  Et  jo  estaient  îeÀenz  traitez  tor. 
parvJts  qe  Erec  voloit  h'ntde  por  inoitlier,  ot  elU^  s»  atendoit 
hfien  fl  mont  en  estoit  lie. Quant  /i  dut  cornpaignoHt  hébergés 
et  désarmés,  ont  appris  par  uite  demoiselle  qu'Erec  et  Galaad 
se  trouvent  dans  le  chMeau,  ils  en  sont  enchantés,  car  Gai. 
désiraient  il  a  v&dr  sof  touz  los  autres  chevaliers  del  monde. 
Sur  leui'  prière»  la  demoiselle  les  conduit  à  la  chambre  des 
deux  chevaliers,  qui  sont  en  train  de  jouer  aux  échecs,  déjà 
assez  Ktiéri.s  pour  porter  les  armes,  et  molt  sciUrefont  <jrant 
joie.  Erec  se  dit  qu'à  eux  quatre  ils  pourrout  faire  merveille, 
en  parle  à  la  chtltelaine  et  lui  recommande  de  rendre  hon- 
neur aux  trois  chm-aliers;  chacun  les  rc(;oil  en  ctTet  de  son 
mieuXt  si  bien  que  Hlioberis  déclare  n'avoir  jamais  trouvé  si 
eortoise  gent  eom  il  sonL 


I 


—  208  — 

757  Galaad  raconte  aux  nouveaux  veuus  comment  il  a  été  blessé, 

et  Hector  devine  aussitôt  que  c'est  Brehus  qui  l'a  assailli  ;  puis 
Galaad  leur  fait  part  des  dangers  que  court  la  châtelaine. 
^MixlenUaider  "  ^^^^  devriez  l'aider.  »  dit  Hector,  et  ils  s'accordent  à  ne 
BnidQ.  point  se  séparer  avant  d'avoir  rendu  sa  terre  à  la  dame.  Un 

valet  annonce  que  Seuahar  viendra  à  la  nuit  assiéger  le  châ- 
teau avec  deux  cents  chevaliers. 

433.  Senahar  arrive,  en  eflet,  dans  la  nuit;  les  gardes  des 
murs  rai)er(;oivenl,  et  Ton  échange  des  cris  de  déG,  delpis  q'ii 
seveni  dire.  Avant  le  lever  du  soleil,  le  chAteau  est  cerné.  Les 
quatre  compagnons,  ayant  enttnidu  la  messi^  montent  sur  les 
murs  et  regardent  les  tentes  de  Tennemi.  On  lient  conseil. 
Galaad  s'en  rapporte  à  Blioheris  qui.  dit-il,  a  plus  d'expérienc* 
que  lui.  Bliotieris  est  d'avis  qu'il  faut  aUuiidrc  jusqu'à  ce  que 
les  ennemis  se  mettent  à  tabKt;  lors<|u'Us  vntendront  au  men' 
gii'T^  les  (juatrc  sortiront  ;  les  deux  entendront  au  ferir  ça  et  /<î, 
et  les  deux  autres  s'en  iront  au  pavillon  de  Senahar  pour  s'era- 
]iarer  de  lui,  ce  qui  ne  sera  pas  diflicile,  vu  le  peu  du  valeur 
de  ses  gens. 

On  approuve  ce  conseil,  et  on  va  déjeuner;  les  gens  du  châ- 
teau reçoivent  Tordre  de  suivre  les  chevaliers  ipiand  ils  sor- 
tiront. Galaad  et  Ere*'  devront  s'attacher  à  pren<ire  Senahar,  et 
les  deux  autres,  avec  la  foule  du  château,  iront  courant  par 
i'ost  por  vietre  /wt  a  dncon^twe. 


On  eitrpiYod 

Senntiar  l'tHOD 
artnf^e. 


i33.  Un  valety  venant  du  dehors,  annonce  que  Senahar  est  à 
lable  et  que  les  ennemis  sont  h  moitié  désarmés.  Les  compa- 
gnons sortent  en  armes  avec  tous  ceux  qui  peuvent  porter 
répée.  Ei-ec  envoie  deux  valets  au  pavillon  de  Senahar  : 
«  Ferez  sor  lui  tout  mainte7iant,  leur  dit-il,  si  qeje  conoisse  ii 
qiex  ce  est.  »  Blioboris  et  Hector  jettent  l'épouvante  partout 
dans  l'armée  mal  préparée  des  ennemis.  Galaad  et  Erec  courent 
&  la  tente  de  Seuahar;  les  deux  valets  vont  droit  â  la  table,  et 
se  fiûrcnt  parmi  tout  a  cheval  ainssi  com  ii  cstoiont.  Senahar, 
cITaré,  veut  s'enfuir,  mais  un  valet  qi  illec  estait  et  qi  le  haoit 
morlehnent  por  S07i  père  tfil  H  avait  mort  le  frappe  par  der- 
rière et  le  fuit  tomber  à  lern3.  Le  valet  veut  le  tuer,  mais  Erec 
le  lui  défend  et  lui  ordonne  de  le  mener  au  château  ;  ses  hommes 
prennent  la  fuite  sans  essayer  de  le  détendre.  Le  carnage  est 
considi^rable,  car  on  a  trouvé  Icsennemis  sans  armes  :  on  en  tue 
et  prend  tant  qu'on  veut;  du  château,  tout  le  monde  accourt, 
et  les  gens  de  Senahar  sont  massacrés  impitoyablement. 


P      43i.  ( 


—  299  — 


lOM 


431.  On  veut  motire  Seaahar  h  mort,  mais  Galnad,  71  anioU  757 

/)!>«,  dit  i|u'ii  est  irop  l>on  chevalier,  et  pour  l'amour  de  Galaad 
on  décide  «lu'on  le  tiendra  en  prison  perpétuelle;  en  effet, 
Senabar  ne  quitta  plus  sa  prison. 

Enide  fui  ainsi  délivrOe.  Des  assiégeants,  vingt  chevaliers 
seuiemenl  échappèrent,  ayant  eu  la  chance  de  trouver  leurs 
chc\-aux  près  d'euj.  Le  frère  de  Senahar  s'enfuit  dans  un  de  ses 
I  châteaux  avec  un  compagnon 

435.  Trois  jours  après.  Erec  épouse  Enide.  l-es  trois  compa-     Er«  énoi 
gnons  aâsislent  aux  noces  *  et  restent  encore  trois  jours.  Après 

leur  départ  ils  trouvcnl,  à  l'entrée  d'une  for^t,  une  croix  de 
pierre,  ancienne  moût  durement,  indiquant  trois  chemins 
diEKientfi  ;  on  s'embrasae,  et  on  se  quitte.  Hector  prend  à 
gauche.  Galaad  U)ut  droit,  et  Blioberis  k  droite.  Si  ko  des* 
partetit  atant.  }fcs  niant  lai^e  ti  ctmtes  a  parler  d'eh  et 
rtiorne  sor  mons.  GaL  pour  conter  partùs  de  ces  aventures 
(fol.  184). 

436.  Galaad  est  fort  triste  d'avoir  quitté  ses  dcui  chers   GiUod  trouve 
parents.  Quant  vint  entor  hore  dt?  none,  il  li  avint  g'il  trova 

une  fontaine  et  un  chevalier  dormant  illec  sor  son  ^cu  et  près 
fi!o  lui  son  escuier;  si  dornwient  amdui.  Galaad  s'approche 
doucement  et  re^pajxle  le  donneur»  (jui  avait  àu^  son  heaume; 
c'est  un  des  plus  beaux  chevaliers  que  (ialaa*!  ait  jamais  vus,  et 
estait  jone  enfant  a  mcrveillez.  lialaad  en  parle  h  ses  écuyers, 
qui  lui  disent  qn'h  en  juger  par  l'armure,  le  chevalier  doit  être 
de  Gaule*  >*  Je  voudrai»  qu'il  s'éveilllt,  dit  Galaad;  si  che- 
vaucherions ensvmitlc  et  aprmdi'oie  q'H  f^JSt.  »  En  effet,  le 
cberalicr  se  réveille  â  l'inatani  même,  et  Galaad  se  retire 
immédiatement ,  tje  it  ne  ti  tornast  a  annui.  L'autre  le 
bUme  de  s'être  embalu  sur  lui  pendant  son  sommeil.  Galaad 
a'exCQse  poliment,  et  le  chevalier  se  déclare  satisfait;  il  lui 
demande  i]ui  U  est  et  oii  il  veut  aller,  en  disant  que  lui-mdmc 
e»t  un  povre  chevalier  cstrange  nouvellement  venu  de  Gaule 
pour  apprendre  la  chevalerie;  il  voudrait  donc  un  compagnon 
ffi  ne  fust  iiùe  de  trop  /tante  chevalerie  et  qui  par  suite  ne  put 
point  le  dédaigner,  ol)sour  ronituc  il  est  et  peu  sachant  des 
arrnes.  Galaad  répond  en  souriant  qu'il  est  compagnon  de  la 
ToMc  Ronde  et  chevalier  nouveau    11  refuse  de  so  nommer  ;  il 

I.  iJtuM  VSrcc  et  Enide  «Iv  Chrétien  t\e  Trrjîirs  il  m»  w»  irouvc  nucunc 


—  300  — 

757  n'esl  pas»  dit-il,  gramment  ahses  ne  conneiiz  par  sa  proesce. 

L8  chevalier  s'en  félicite  cl  propose  Je  faire  roule  ensemble. 
Gahiarl  accepte,  en  disant  que  de  Gaule  viennenl  les  bonscheim- 
Hors  par  Hattirct  ei  Jui  demande  sou  nom;  l'autre  ne  se  fait 
pas  prier  :  il  s'appelle  Eugène  *. 

HS"*f  ^'  ^"'  ^^'^'  ^'^  paitenl;  au  soir,  l*hospitaIité  leur  est  donnée  par 
ensemble.  un  vieillard,  dont  les  dcui  fils  haïssent  les  chevaliers  d'Arthur 
à  cause  d'une  vilenie  que  Gauvain  leur  a  faite.  Un  valet 
annonce  que  cinq  chev.iliors,  haïs  des  deux  frères,  seront  dans 
peu  devant  le  château.  Lea  frères  se  font  armer  sur-le-champ, 
malgré  les  instances  de  leur  père,  dont  les  plaintes  touchent  le 
cœur  de  Galaad,  qui  part,  accompagné  d'Eugène,  avec  les  deux 
jeunes  hommes.  Galaad  ne  prend  point  part  i\  la  bataille;  il 
Luue contre     veut  voir  comment  liugène  s'en  tirera.  Les  trois  chevaliers 

cinq  chcvaliera.  triomphent  des  cinq,  qui  leur  crient  merci;  les  frères  veulent 
les  tuer,  mais  y  renoncent  sur  les  instances  d'Eugène,  lis 
blâment  Galaad,  mais  Eugène  le  défend. 

438.  Au  château,  aussi,  Galaad  est  traité  do  couard;  il 
n'en  fait  que  rire,  et  Eugène  prend  encore  son  parti.  —  Un 

t.  1)0  celle  rcaeonire  dû  GAJnad  avec  Eugène,  ainsi  que  d^s  évèoo* 
mtïDis  qui  précè<lent  dans  757,  336  donne  une  rédaction  abrégée  et 
Dvidonimt'ni  alt(^Tt>o  (cf.  J  lîl,  note).  Comme  772  eic,  330  possA  à 
Galaad  (voy.  ib.],  mais  en  pnure^uivaut  aiiisi  : 


Ri^dactinn 
330. 


de  -137  îl.  En  crstr  partie  dist  If  amtr  qur  de  puis  que  mess.  Gai,  sr.  fu 
partis  dr  mi'ss.  T.  et  de  bynad.^  qu'il  chn^aucha  niaintrs  jmtnurs  une 
hnire  avant  ft  aultre  arrierr,  et  sachifs  qur  il  fist  mainx  yrans  f^s  dr  chc* 
vaU-rif  et  maintes  ffrans  inrrveitlrs  ctunme  celui  qui  avnt  force  et  harde- 
mmt  oultre  mesure  plus  qve  chnalier  qui  a  celui  lemja  fuKt  ou  royaume 
d^  Logrrs  ne  en  Inut  le  monde,  mes  pour  ce  que  trop  Umyue  chtae  terutt  de 
ra&mtrr  mot  a  Pwt  tout  ce  qu'il  fist  par  le  royaume  dr  Log.  et  em  pluson 
attitrés  Irrrw,  et  par  aventure  pt/urroit  aucunement  ennuier  a  ceuls  qui 
ccsttii  fonte  orront,  s'nn  passe  k  transtalrur  asses  briefment.  Et  dist  que 
mess,  ijal,  ehevauchoit  .1.  jor  par  devant  le  chastel  Enyde,  et  lois  tit  uni 
moût  cruelle  bataille  assés  pris  de  cilui  efiostely  et  estoit  celle  balattk  de 
erulz  du  r.hastrl  e.t  d'un  chevalier  de  celle  contrée,  qui  avvii  non  Faudar  *, 
te  quel  citevatirr  avoit  assrmbUr  grant  foison  de  chevaliers  en  sa  amipai- 
gnie,  ft  estnit  wnus  courre  sus  a  ceuU  du  chastel  Enydr  pour  une  haine 
mortelle  qu'il  avoit  a  niti. 

438  a.  Galaad  s'arrôte  oi  rcganle.  ïjcs-  gens  du  château,  bien  mnin« 
nombreux  que  leurs  unnemiB,  onl  le  desBOus  malgré  In  Bpcourfi  qur 
leur  prt'tL'  un  chcvaliiT  (étranger,  qui  élail  arrivé  avant  Galaad,  Ce  der 

l.  Poor  cv  ùota.  wj.  |>lu  lotn,  4  Hl .  v>{« 


—  301  — 

vaUi  ayant  reconnu  l'écu  blanc  avec  la  croix  ronge,  on  croit  à 
une  contrefaçon  de  cet  écu  célèbre,  et  les  deux  frères  parieni 
le  leudeiiiain,  avant  Galaad  cl  Eugène,  et  les  attendent  dan& 
un  fourra,  décidés  à  enlever  à  (iabiad  son  écu  el  à  se  venger  en 
môme  temps  de  ce  qu'ils  ne  les  a  pas  aidés  la  veille. 

Les  deux  compagnons  arrivent,  et  les  frëres  se  présentent. 
Galaad  refuse  de  jouter  ;  Eugène  intervient,  el  les  fn^res  leur 
permettent  à  la  6n  de  s'en  aller  sans  encombré. 

Galaad  promet  maintenant  à  Kugèoe  de  ne  plus  refuser  Les 
joules  aux  chevaliers  qu'on  rencontrera. 

Ils  Font  halte  k  une  fontaine,  où  Galaad  s'endort.  Arrivent  Eugène  jout? 
Lancelot  et  Keu.  Eugène  veut  réveiller  son  compagnon,  mais  avec  Lanceioi et 
les  écuyers  l'en  détournent  en  lui  demandant  s'il  a  peur  des 
deux  cheraliers.  Alors  il  se  tourne  vers  Keu,  qu'il  abat.  Puis 
Lancelot  et  Eugène  s'abattent  l'un  l'auti-e,  mais  Eugène  est 
enfin  vaincu,  et  Lancelot  part  avec  Keu.  après  avoir  refusé  une 
nouvelle  joute.  Eupène  s'endort,  de  très  mauvaise  humeur, 
contre  Galaad  aussi,  donl  rinacLion  œmmence  à  l'imporluner. 

439.  Réveillés,  ils  reprennent  leur  marche  el  arrivent  au  Gaiftad  ei   Ed^ 
pont  de  Claudin,  qui,  après  le  départ  île  Tristan  ^  avait  fait     Su°^po!5"^de 
inscrire  sur  un  gros  bloc  placé  sur  le  pont  que  Glaudin  avait     Ciaudiii. 
abattu  vingt-quatre  che\'aliers  de  la  Table  Ronde  '  et  plus  de 
cent  autres  chevaliers. 

1.  Voy.  §  415. 

2.  Leur»  noms  snnt  êaumérés  Uvain  de  Lonoft  ot  Gûheriét  tU  Con- 
eheu  )  figurant,  Tristan  cl  Palnixiéde  aui^i,  bieu  qu'ÎU  D'&ieot  pas  dit 
leur  000)  à  Clauilin  :  le  [>aftsa^f.  uura  été  emprunic  tel  quel  à  un 
roman  biographique  sur  ce  chevalier). 


nifv  {iot(>r\ieDt,  &auvf>  le  «hevalier  et  bat  K«udar  avec  see  geoâ  ;  pois  il 
se  '  ■    ■  \i  forêt.  Lp  chevali'.»r,  désireux  de  le  connaître,  lo  suit  iM 

le  ~  r'iniu  à  uup  fontaine.  Il  lui  dit  que,  blesst^  comme  il  Ve^l, 

il  r  pafi>  swi\î  6Ï  ce  n'était  pour  savoir  qui  il  est.  Galaad  lui 

diM  nom.  «I  Jp  suis  un  chevalier  titranffer,  rf'pond  l'auire, 

u:  '-e  ;  ceux  qui  me  comiaissonl  m'appelient  Kngmet.  »  Pui» 

n.ti  itnmo  iiu?3i.  parce  fpie  le  chevalier  s'oiH  tant  iratrillU  dé 

trrnr  après  /ut,  et  fhircc  qu'il  l'a  vu  si  vtûllaut.  Ëugt'ues  lut  demaailf 
bamblooieot  m  racconii>agner,  et  Galaad  y  consonc.  Gomme  Englue» 
est  rorUrmeol  ble^é,  un  vu  se  loger  tlaud  un  ch&teau.  où  Engeuthi  est 
soigni^  par  un  chevalier  iiui  promet  de  lo  guérir  dans  quinze»  jour». 
Gui.  veut  rester  avec  lui  pendant  ce  temps.  —  Pour  la  suite,  voyea 
il,  note. 


mm 


—  302  — 

757  Galaad  prétend  n  élre  venu  dans  ce  pays  que  pour  éprouver 

Ctaudin;  c'est  poimjuoi  il  ne  veut  pas  céder  ta  joute  k  Eugène, 
((ui  sonlient  qu'il  y  a  droit,  étant  meilleur  chevalier  que  »on 
compagnon,  et  propose  de  le  prouver  eu  se  bailanl  avec  lui. 
Alors  Galaad  lui  dit  son  nom,  mais  Eugène  le  traite  de  fanfa- 
ron et  s'élance  vers  le  pont.  11  ett  aLiatlu.  Puis  Galaatl  Iriompho 
de  Claudia,  ((ui  promet  de  ne  plus  garder  le  pont. 


La  stolue  de 
GoIobJ. 


440.  Au  cbiVleau  (Beauregart)  on  admire  GaJiiad,  et  on  lui 
érige  une  statue  en  bronze.  Lorsifuc,  plus  de  ceai  trente  am 
après  la  mon  d'Arthur  (C*  180).   ChaHemagne  eut  conquis 
l'Angleterre  el  qu'il  eut  vu  les  images  et  les  inscriptions  attes- 
tant les  hauts  faits  de  Gal&ad,  de  Tristan,  de  Lancclot  el  de 
Palaraéde,  il  ne  put  s'erapucher  de  considérer  Arthur  comme 
un  roi  de  très  povre  sen,  car  avec  quatre  chevaliers  comme 
ceujt-ià  il  aurait  pu  subjuguer  tous  les  royaumes  du  monde  '. 
On  peut  trouver  cela  dans  l'Histoire  de  Charicmagnc,  71  ''"^' 
a  Ais  en  PicharUieala  chapelle;  ilUc  devise  une  grande  pj:  1  ; 
des  merveilles  que  ces  quatre  chevaliers  firent  en  Logres,  ci 
Charlemague  lui-mAmc  eo  Ut  faire  un  gros  livre  ;  1.^  on  lit  que 
Les    épées   do  Charlemagne  emporta  d'Angleterre  les  épées  de  Thstin  cl  de 
Palâmèdo!    '  Palamèdc,  iju'il  avait  li-ouvées  dans  une  al»baye.  Ou  les  com- 
para A  celle  de  Roland,  el  on  les  éprouva.  li'épée  de  Pala- 
mède  fut  jugée  meilleure  que  colles  do  Roland  el  de  Tristan. 
Charlemague    la    gai-da    pour   lui-même  et   donna   celle   de 
Tristan  à  Ogier  le  Danoys  ;  c'est  avec  cette  épée  que  le  Morhout 
avait  été  tué.  Ogicr  la  trouvant  trop  longue  et  trop  lourde  la 
fit  raccourcir^  ce  qui  lui  valut  le  nom  de  Cortaine  *.  Tout  cela  m 
trouve  dans  la  Vie  de  Oharlemagne,  (jui  dit  encore  que  dans  sa 
vieillesse  Charlemague,  pendant  ses  repas,  se  fit  réciter  par  un 
clem  les  aventures  des  quatre  chevaliers;  il  plaignait  surtout 
la  mort  de  Tristan,  qu'il  trouvait  sans  pareil  et  supérieur  à 
Galaad,  comme, il  préférait  Palamède  à  Lancclot,  je  ne  sais 
pour  quelle  raison,  car  l'histoire  du  saint  Graiil  ne  dit  pas  que 
Lancelot  soit  moins  digne  d'éloge  que  Palamèdc  ■•. 

l.  Un  "ÇiAAnngp  8(imldable  ne  irouve  dans  lo  préambuli^  du  Guinn 
Ir  Courtois;  voy.  P.  Paris,  Mss.  fr.  \U,  58.  —  Plu»  loin  (Ji  5:i'2  , 
dnns  772,  etc.,  Chorloroagnc  Tait  i'rigor  une  statue  on  l'hunuLMir  iji* 
Gnlaad . 


?.  Co  pA;isage,  UQ  peu  changé,  so  retrouve  dans  la  Tac.  Bit.,  p. 
392;  cf,  S  381.  uoti-.  —  Pour  l'épée  du  TrisUn,  voy.  Fr,  Mi 
Tr..  11,  165  83.  elHagcn,  Minne^inger,  IV,  578. 

3.  Ce  jugemeoi  porté  par  Gharlemagao  est  évidemment  l 'invention 


391* 
ichfl. 


k 


—  303  — 

VU.  GalaAd  ^  reste  quatre  jours  au  château,  parce  qu'Eugène 
avait  été  blessé  [lar  Claudin.  Au  cinquième  Jour,  ils  partent 
et  rencontrent  une  demoiselle  qui  avertit  Galaad  du  danger 
qui  le  menace  do  la  part  d'Assanon  {Àssahn,  Àssanor), 
le  frère  de  Senahar,  dont  Galaad  avait  vaincu  les  gens  devant 
lechAleau  d'Enide.  Depuis  celte  victoire,  Assanon  a  fait  t-pier 
GaJaad  :  il  connaît  le  résultat  du  combat  avec  le  cbcvalier  du 
pont,  et  il  sait  que  Galaad  va  combattre  le  géant  de  la  Montagne 
noire,  comme  Galaad  l'a  dit  l'autre  soir.  II  a  rassemblé  <]ua- 
ranle  (var.  onze)  chevaliers,  avec  lesquels  il  attend  son  etinemi, 
dans  une  vallée,  pour  le  mettre  à  mort.  Eugène,  qui  n'a  pas 
encore  recouvré  toutes  ses  forces,  décide  enfin  Galaad  à  retour- 
ner, ce  qu'il  fjiit  bieu  malgré  lui  ;  il  rappelle  comment  Tristan 
et  Dinadan  vain(|uircQt  les  trente  chevaliers  (voy.  S  108).  Mais 
la  demoiselle  esi  une  traîtresse  qui  a  été  envoyée  par  Assanon 
lui-même  pour  faire  tomber  Galaad  dans  Tembuscade. 

44^.  Les  deux  compagnons  rencontrent  un  \icux  chevalier, 
qui  les  avertit  de  ce  qui  les  attend.  Eugène  veut  retourner  et 
refuse  de  suivre  Galaad,  qui  persiste  k  marcher  tout  droit.  U 
engage  vainement  sou  compagnon  à  suivre  l'exemple  de 
Lancelot,  qui  n'avait  pas  craint  de  combattre  cent  -  chevaliers 


L'embust^g 

des    quarante 


.  d«  que-lque  rédacteur  désireux  de  motiver  U  préférence  que*,  dans  le 
[  fttman  de  Tristan,  ou  w  crt^yail  obligé  Je  donner  a  w  h<*ms. 

!.  Ici  Ifs  aulre«  mss.  n^prennent  ie  tovu*  do  7->7  ;  vny.  M21,  note. 
33G  (pour  O!  qui  précède  Jann  nv  tu».,  vuy.  §  4:<>(  a  ;  Aussi  eommr 
I  je  vous  cntf  't^noura  GaL,  Ir  l^m  chrtalirr.  en  ceiui  ehastrl  par  l'espocr 
dr  .XV.  jtiuis  rtitirrs  ptmr  tfuir  cotnpaçtiif  a  Engentt,  qui  n'estnit  mif  bim 
nisiés  de  cAfiYiwc/ii'«r.  Et  quant  ce  vint  au  .JP  jour,  ^w  Kngmet  fU 
auqv^t  tournés  a  guaii^on,  iU  »  partirtnt  de  Uans  et  rencontreat  la 
ilcmoiftt'Jlt:  iraitrfKîîe,  elc.  a>mnip  7.*(7. 

77Î,  U",  349.  101,  99,  758.  24ÏU0,  après  la  ktosbc  lacune  non  indj- 
^jué*»  |Voy.  $  M\,  noto;  :  Sne/ste  partie  dit  ii  omtrs  que  .XSHII.  (90  ; 
.IiIti.\Jon  demoura  Gai.  m  cet  efuutft  [sur  lef|uel  on  ne  donne  pas  de 
tWtails),  por  ce  que  Eu^mes  (iniroduil  aiu.ii  sans  plus;  ^-ar,  Bi^tnes] 
n'estait  mU  bien  aisitz  dr  chrvauckier.  Au  vint  et  einquiesme  (.JP.  99) 
I  jtr  u  partirent  de  Uenz  t»L  rencoalrent  la  liiun.  iraiiressc,  etc..  comme 
ii3U  ftl  757.  (99  8uppriint.«  d'abord  Ku^^ne.  pour  eiKiamolcr  la  lacune, 
puis  le  Cail  pr«;ûJK'  port  à  la  conversiiiiou  t«>ul  sou»Iaia  un 
336ot  77*i,etc.,rpprr«iaisonl  !(*«  r^Tnarquei-sur-Sonaliar,  d 
dar  ISanar)  dans  77^  {Sandar  lh%^  Sa/dar,  Sadar  24i00,  Saimiitr  U9, 
Faudar  j.Ui.  cf    $  437  a,  Savar  97.   \0{ .  Saurar  349;;  cod  fréro  : 
Àuanun  {A»sovm  3110,  Àssalon  ?4400)  ;  la  victoire  sur  Clandin  c»t  men- 
ikoaaêe  aufiisi  :  la  Kuppressioa  o$L  donc  maaiJ^esu^, 
t.  Oau cents  7Û7. 


Cnl.iiif)  ri  finhin 
tiitnpniiunnés 
Ureliu». 


—  30i   — 

pour  venger  ï'cnlèvemont  de  In  reine  Giienièvre  p;ir  MeleAguant, 
et  qui  les  eût  tous  vaincus,  s'ils  ne  l'uesent  pai-vonus  à  tncr  son 
cheval. 

^'^'^.  (ialaaii»i|uitl<i  par  Kug^no,  Itic  Assannn  ol  Irionvplte  de 
BCft  chcvalict-s;  un  d^nlre  eux  le  suil  ({uand  il  pari,  pensant 
rabutlriî.  Beuversé  Jui-mûnic,  il  invile  Galaad  à  venir  se  loger 
chez  lui.  Celui-ci  accepte  et  accompagne  le  nouvel  arrivé,  (jui 
preud  la  i-ésoluliou  d'emprisouner  Gaload  pour  le  livrer  au 
comte  de  HuigeJian  ',  doul  U  avail  lué  le  fils.  Ils  rencontrent 
Brehus,  le  cousin  du  chevalier  qui  vient  d'inviter  Galaad  et  ifi 
s'appelle  Dahin  (var.  ûctijm).  Brchus,  apprenant  que  cea 
Galaad,  fait  promettre  à  Dahiu  de  venir  chez  lui  :  il  dira  à 
Gaload,  que  le  chdtcau  de  Brehuts  est  le  sien.  Galaad  Ica  si 
donc  chez  Brehus,  (pi'il  ne  leconiiuît  point,  et  ce  dernier  U 
emprisonue  tous  les  deux,  car  il  n'y  a  pas  encore  uu  an  Dahin 
avait  voulu  faire  tomber  Brchus  dans  une  embuscade.  Us  soui 
enfermés  dans  une  fosse  profonde;  un  des  valets  de  Galaad 
réussit  cependant  h.  s'échapper. 

444.  Tristan  est  resté  dans  l'abbaye  d'on  il  avait  envoyiî  sui 
lettre  à  Iseut  ^..  Le  lendemain,  il  se  rend  h  l'endroit  Dû  il  doit 
combattre  pour  la  défense  de  la  demoiselle  déshérilée.  La  sttur 
de  celle-ci  est  arrivée  avec  un  chevalier  qui  défendra  sa  cause. 
Tristan  envoie  son  t'alel  prendre  des  renseigueraents;  le  nics- 
sagw  revient  et  lui  dit  que  le  chevalier  est  Palamùtle;  do 
mùme,  le  valet  qu'envoie  celui-ci  reconnaît  Tristan  Cl  en  pré- 
vient son  maître. 

CombRide  Les  deux  champions  se  présentent  devant  le  roi  Galchodiu. 

Tristan  avec  Pu-  f^g  combat  se  iirolonee;  il  arrive  aux  deux  advei-saires  de  chai_  _ 
jlçmoisollo  dés-  ger  d  t'pées  :  Palamede  ayant  porté  uû  grand  coup  a  rnstan^l 
qui  saute  en  arrière,  l'épOc  de  Palamède  s'enfonce  dans  la  terre 
ju8f|u'â  la  garde;  vivement  attaqué,  il  est  forcé  de  la  laisser  \k . 
puis  il  renverse  Tristan  et  s'empare  de  l'épée  dont  avait  ùié  tué 
le  MOrhout;  Palamède  la  reconnaît  à  la  brèche.  Tristan  court 
aloï"s  prendre  celle  de  son  rival.  A  la  fin,  Palamède  lîoramenco 
à  se  lasser.  Tristan  lui  propose  d'abandonner  la  bataille,  en  se 
faisant  fort  d'arranger  l'affaire  avec  le  roi,  mais  Palamèd(| 
refuse  avec  indignation.  Enfin  les  chevaliers  spectateurs  crieni 

t.  Ià:  comte  s'appelle  Baijurham  ilann  33t>,  Bayujufhavi  dan*  77Î, 
97,  319,  Mil,  758,  Drangehain  dans  24400,  BagurJiun.  dans  99. 
2.  Voy.  I  418. 


lu^ritée. 


^Êim 


^^^B 


—  305  — 


an  TOI  ae  les  séparer,  ce  que  l'ail  celui-ci  en  prometlani  d'ac- 
coraraoJer  l'affairo  des  demoiselles  *. 

Tristan  prie  Patamèdc  de  ne  plus  le  haïr  si  fort.  «  Mais, 
répond  Palamède,  j'ai  mainte  fois  mis  de  côlé  la  querelle  qui 
est  eiure  noua,  et  vous  rcconimcncçz  toujours.  »  —  Ils  mangent 
dans  la  mt^mé  ëcuelle.  Tristan  reste  une  semaine  et  deux  jours. 
Palamède,  dont  tes  blessures  sont  plus  graves,  ne  peut  partir 
qu'au  bout  d*un  mois  et  trois  jours. 

44ô.  Tristan  dirige  sa  marche  vers  la  Joyeuse  Garde.  11  Tristan  dmnri- 
quilte  le  Sorclois  et  entre  dans  Je  Norgalles.  Malgré  ses  écuyers,     îî?°paî'iSa- 
il  va  passer  la  nuit  chez  un  chAtclain  dont  il  a  tué  le  61s.  Son     oM^ 
hùUi  demande  n  une  demoiselle,  qu'après  la  mort  de  son  tils  il 
avait  envoyée  aux  renseignements,  si  ce  n'est  pas  Tristan;  elle 
veut  pas  le  perdre  et  répond  que  non.  Mais  un  valet  qui 
it  assisté  au  combat  de  Trist.in  contre  Palamède  te  reconnaît, 
et  le  chiiclain  force  la  demoiselle  ile  confesser  la  vérité;  puis 
il  fait  prendre  Tristan,  pendant  qu'il  dort,  pour  le  mettre  à 
mort. 

Palamède,  ayant  ([uitlé  le  roi  (jalehodin,  marche  vers  le  ponl 
où  il  a  été  désarçonné  par  Claudiû,  atin  de  venger  cette  honte. 
Il  arrive  au  château  où  Tristan  est  emprisonné.  Le  cb&telain, 
croyant  qu'il  fera  grand  plaisir  à  Palamède,  lui  nicoute  com- 
ment il  a  pris  Tristan,  Ku  cU'ct,  Palamède  en  est  très  content  : 
après  la  mon  de  son  rival  il  se  fera  baptiser,  et  il  pourra 
irer  au  cœur  de  sa  dame.  Mais  le  lendemain,  quand  il  voit 
er  Tristan  à  la  mort,  il  se  sent  pénétré  de  compassion,  et  se 
dit  qu'il  ferait  mal  de  ne  pas  délivrer  un  tel  chevalier.  Tristan 
le  prie  de  porter,  après  sa  mort,  son  écu  et  son  èpéo  à  la  cour 
d'Arthur.  P;ilamède  tue  le  châtelain  et  délivre  Tristan;  celte 
victoii'e  lui  est  facile,  car  tout  le  monde  est  sans  armes.  Puis 
il  part  avec  Tristan  '.  Us  descendenlà  un  château  que  le  roi  de 
Norgalles  avait  donné  à  Gaheriet,  dont  Tristan  revÔt  l' armure 
blanche. 

446.  Eugène,  ayant  quitté  Galiad  avant  le  combat  contre  les 

I.  On  peut  comparer  le  comluit  d'ivain  contre  GauvaJa  pour  une 
dfHUOÎJelliïdéshC'ritéedaDH  le  Chevaiierau  tyondeChrétieu  [v.  4703  ss.). 

î.  Cette  histoire  Je  romprisoimcinent  do  Tr.  diUivrc  après  par 
Palam.  jm»  n'irouve  dans  la  Tav.  (Ht.  (cf.  S  4*J'2  liii,  nule),  où  Mt  racoulê 
aut«t  ip.  -i^4-i55)  comnicutTr.  tua  te  lils  {Lucanoro)de  sou  hôte,  après 
avoir  été  incité  4  joulcr  par  lui  ;  cela  peut  être  une  inrcntiun  posté- 
rieure. 

lÂssm.  —  Tristan.  20 


—  306  — 

quarante  chevaliers,  marche  loul  seul  et  assez  mécontent  de 
lui-même.  Il  rencontre  Gaherlet  et  Sagremor.  Perdu  dans  ses 
songeries,  Eugène  n'entend  pas  crier  Sagremor,  et  est  renversé 
par  lui.  —  Il  leur  parle  de  Galaad,  qu'on  va  chercher  à  l'en- 
droit où  il  a  vaincu  les'quarante,  mais  personne  n'y  sait  rien 
de  lui,  et  Eugène  en  est  très  atïligé  (P  201).  Les  deux  compa- 
gnons *  se  déterminent  à  s'en  aller  en  quête  de  Galaad.  Gaheriet 
refuse  la  compagnie  d'Eugène,  qui  pourrait  leur /aî7/jr  comme 
il  failli   au  meilleur  chevalier   du   monde.   L'ayant  quitté. 
Gaheriet  et  Sagremor  font  fausse  route  et  ne  trouvent  point 
Galaad. 
lugèneenquôie      Eugène  s'en. va  seul,  demandant  partout  des  nouvelles  de 
aa  .       Galaad  ;  par  malheur,  il  ne  s'approche  point  du  château  de 
Brehus.  Ayant  cherché  en  vain  pendant  quatre  ^  jours,  il  trouve 
une   demoiselle  qui  lui  dit  que  Galaad  est  le  prisonnier  de 
Brehus,  qui  a  l'intention  de  le  faire  transporter,  à  la  nuit, 
dans  une  autre  prison  pour  rendre  impossible  toute  tentative  de 
délivrance  ;  indignée,  elle  était  partie  pour  trouver  quelqu'un 
qui  pût  le  secourir.  Elle  s'arrête  avec  Eugène  à  une  fontaine 
où  Brehus  doit  passer.  Elle  raconte  qu'elle  a  été  envoyée  par 
sa  sœur,  que  Brehus   retient  chez   lui   malgré  elle,  et  qui, 
ayant  été  très  bonne  pour  Galaad  pendant  sa  captivité,   doit 
êti-e  délivrée  par  lui  des  mains  de  Brehus,  s'il  peut  sortir  lui- 
même  de  prison, 
ialaad    délivré      Enfin  Brehus  arrive  ;  craignant  une  embuscade,  il  se  sauve, 
par  Eugène,     poursuivi  par  Eugène,  qui  aperçoit  six  hommes  et  trois  demoi- 
selles ;  il  comprend  qu'ils  emmènent  G;daad,  et  il  le  délivre. 
Les  deux  sœurs  se  retrouvent,  et  tous  vont  se  loger  dans  un 
château  voisin,  dont  Eugène  connaît  le  maître;  là  on  fournit  à 
Galaad  tout  ce  dont  il  a  besoin.  Il  raconte  que  l'un  do  ses 
écuycrs  est  mort  et  que  l'autre  s'est  enfui;  (juant  à  Dahini, 
Brehus  l'a  tué  pour  une  mrole  qu'il  H  dist  ^. 

Arrivée  de  147.  Claudin  arrive,  et  Galaad  lui  permet  d'être  leur  com- 

aaudiD.        pagnon.  Ou  part. 

Galaad  choisit  le  chemin  du  Sorelois,  où  en  ce  moment  il 
y  avait  plus  d'aventures  à  chercher  (jue  daus  les  autres  états 
d'Arthur. 

1.  757  ouvre,  ici  uno  lacune  qui  si'arrêlo  à  remiroit  (lù  Eugène  s'en 
Vil  seul. 

2.  .xl.  jours  772  et  les  autres  [sauf  3'il),  (jui  porto  AT). 

3.  Quant  à  Dahim,  dit  757  en  f^aufanl  le  reste  de  la  ithrase. 


I 

I 


' —  307  — 

On  Tcncontre  Tristan  ci  Palamède  qui  vont  vers  lo  pont  de 
[Claudin  pour  se  vonger  de  lui.  Ils  reconnaiasenl  ré<:u  de  Clau- 
]din.  Tristan  cl  lui  s'abattent  l'un  l'autre.  Tristan  furieux  se 
cipite  sur  son  adversaire,  que  la  chute  a  étourdi»  lui  arrache 
l<}te  et  jette  au  loin  son  heaume.  D'autre  part,  Palaïuédc 
abat  Eugène,  qui  s  apprOte  pour  le  combat  à  l'iîpée.  Cependant 
Claiulin,  étint  sans  heaume,  se  retire,  poursuivi  par  Tristan. 
Galaad  représente  à  ce  dernier  que  Claudin,  ayant  la  t^-tc 
découverte,  doit  ^'tre  considéré  comme  désarmé,  et  l'invite  à 
fSC  battre  avec  lui-môme.  Tristan  accepte. 

448.  Ils  se  montrent  à  |>cu  i)rès  égaux  ffaiiâ  le  combat  ;  toute- 
fois, les  spectateurs  trouvent  que  Gala-id  a  le  plus  bel:  ain&sinc 
nevêtpas  de  la  baciaillcde  Pa/..  qui  triomphed'Eugènc,  et  qui, 
voyantque  Tristan  a  le  dessous,  lui  propose  de  se  tourner  contre 
Eugène.  Tristan  fatigué  se  relire  un  peu.  Galaad  en  fait  autant; 
il  voudrait  bien  savoir  qui  est  son  adversaire  :  ce  ne  peut  être 
Trielan.  dont  il  a  appris  l'emprisonnement  et  qu'il  avait  Tin- 
lention  de  délivrer  en  entrant  dans  le  Sorelois;  il  ne  sait  donc 
qu'en  penser.  —  Maintenant  Palatnèdc  défie  Galaad,  et  ils  se 
battent.  Tristan  se  tourne  vers  Eugène,  que  bientôt  il  laisse 
épuisé.  Puis  il  veut  remplacer  Palaméde,  sur  qui  Galaad  gagne 
du  terrain.  Celui-ci  leur  reproche  cotte  lactique  :  il  est  indigne 
de  se  rcnjplaccr  ainsi,  dès  qu'ils  se  sentent  fatigués,  contre  lui 
qui  est  seul  tout  le  temps.  Il  les  prie  d'attendre  que  l'un  d'eux 
aoit  vaiucu;  alors  l'autre  pourra  se  battre  avec  lui  après,  ou 
bien  il  les  combattra  tous  deux  à  la  fols.  Tristan,  qui  se  doute 
que  c'est  Galaad  'f  prcud  la  bataille  sur  lui.  Cette  fois,  Galaad 
le  trouve  bien  meilleur  ;  il  se  retire  et  lui  exprime  son  étonne- 
ment  ^  En  ce  moment  arrive  la  pucelle  qui  avait  fait  délivrer 
Gnlaad  de  la  prison  de  Bi*ehus,  ut  :l  qui  Galaad  avait  promis  un 
<^on,  qu'elle  rcclanic  &  présent.  Il  veut  terminer  le  combat, 
mais  elle  ne  le  lui  permet  point  ;  Tristan  y  renonce  également, 
à  la  prière  de  la  demoiselle.  Galaad  ne  veut  pas  dire  sou  nom  : 
«  C«la  ne  presse  pas,  dit-il  ;  quand  nous  nous  serons  rencontrés 

1 .  CHte  rpmarqur>  est  tlono^  stinlement  par  757. 

2.  Maw  772.  97,  349,  101,  758.  4140».  y9  :  Âmhedui  tsloiml  ptaln 
4e  haiàit  proaet,  mh  a  ta  fin  rte  pot  durer  T. ,  car  Gai.  If  m/nmf  {auqua 
Î7ÎJ  fl  sa  TolmU,  or  ça  or  la,  si  /lum  ptm  d'eurf  l'eliit  mrnê  jutqu'tfi 

se  la  bataWr  rûsi  fifus  Uifujuemmt  duré.  —  33fi  :  —  dt  haule 
*l  rtovt  ftwirnt  forer  ft  hardeitirrtt .  Si  arùit  que  quant  il:  te 
nt   C'imbùtu$,   que  T.   te  o  ^. 

ûoi  it  couja  recciiu  ri  donnas  >j:^  ,i- 


Combdi--.   •;•-■ 

Tnslan  et  il».- 
t*iUaai''do  con- 
tre Gtla*d. 


336 


—  308  — 

une  autre  lois,  notis  nous  feron»  conuaUre.  »  Et  il  jartavecla 
(iumoiscllc,  Kugèno  el  Claudiu. 

757  449,  Tristan  el  Palaméde  causent  '.  Tristan  ditquesesfoi'ces 

ment  U  pouoit  piuM  Tnaintenir  l'assauU.  Et  de  i'aulre  part ,  Gat.  esloU  plus 
iravcitlié  que  mrsticr  ne  lui  fust. 

1.  Pour  Ifs  avi'niiiro&  <|ut  suivent,  lo  L«xte  de  757,  aiiqnel  104  viea* 
dm  bieut6t  se  joindre  (voy.  §  45U]  a  été  abrégé  par  les  antres  mss.  : 

449  «.  336,  r*  170,  [iour«uil  aiusi  (aprrà  le  départ  di*  Galud  avec 
Eugène  Cl  Claudiu)  :  Le  conie  dit  que  mons.  T.  et  Pal.  se  partirent  dn 
,111.  chevalirrs  et  chevauchèrent  tant  qu'ils  trouvèrent  ./.  chevalier  d* 
Leonofjs^  ieqvel  se  mtH  en  hur  compagnie,  et  depuis chevatu:hrrent eut:  Jll, 
tant  qu'il:  tnndrent  seur  le  ru  de  unA  fontaine  ou  Hz  truuiercnt  .t. 
dtsvaîier  qui  atoit  assisprèsde  la  fontaine  et  la  chantait  H  doutcanail  ti  *i 

77Î,  etc.  449  b.  773,  «7,  .U'J,  101  (après  U?  dépari  de  Galaad  avoc  Eugt?ue 

pl  Claudio  *)  :  Tristan  i-l  Palaméde  demourerenl  moul  esbahi.  Triftau 
ne  pout  imaginer  (jui  est  le  dievulier.  «  Le  coonaissoz-vuus?  »  demande- 
l-il  à  Palamèdc,  qui  répond  eu  «ouriaut  <|u'ils  unt  voulu  «  é]>uiiM?r  la 
mer  »  en  essaN-anl  de  vaincre  co  clievalt<:r-là.  «  Vuus  le  c(>iinai:4iH*2 
donc?  —  Oui,  et  vous  aussi.  Or  sachic:  que  c'est  misire  Gai,.  «  El 
Tristan  n'apa»  de  peine  à  le  croire  :  Reul,  Galaail  aurait  pu  se  distin- 
guer ainsi.  9  Bien  avom  esté  deeeû  quenottJtne  îecoçneftma^  di(-il.  — El 
que  ferons-nous?  doinamle  Paliiméde.  —  A'of«  m<mtentn ,  fet  mis.  T., 
et  cheviiuclxeron  ensemble^  s'il  vous  plaist,  tant  qu'aventure  nous  départe. 

I  07,  M't,  ]01  Notui  rctoamemna & Trlitin  ci  aux  ij-ut  rberallen qol f bilrut  «vm  lui. — 
Triiuu  it'a  pcMirUiit  qu'an  mrI  n>iDiKi|[Duii  :  PftUntètle  i  eu  Ifole  mw.  M  rtppmrlxml  donc  (et 
du  l«!X(f  de  7b(t.  34400,  Vif  i  *OT.  ci-<lesai>lu. 

758,  etc.  ^^^  ^-  "^^<  24400,  99  (après  lo  départ  de  Galaid  ftvec  Eupèm»  ei 

Claudia]  :  Mais  a  tant  laisse  ore  li  conter  a  parler  \d'eus  el  retorne  a  parler] 
de  Tri.  el  des  deus  chevaliers  ki  avoe^j  lui  ctieeaticboient .  fin  cesle  partie  dist 
li  contes,  et  la  vraie  cstoir9  le  te4tntnn>/ne.  ke  rne-sire  Tristans  el  H  chevaliers 
al'esctivertnelet  Pal.  checauchment  ensembl[e].  et  s'estoient  acompttigni 
d'aventure.  Si  tour  avint  K'il  ctievaucliierfnt  .  C///.  joun  tuus  entiers  aow 
aventure  ttvuvcr  nule  ki  a  tvnter  fâche.  Si  lour  acint  d'at^nture  au  noo 
vismr  jour  k'il  vindrent  pur  devant  un  cfiattei  ki  estait  apeUs  Castimu 

103,  Huslicien.  440  d.  [-c  ms.  103,  f"  339  n,  el  Verard-Janut.  ayant  raconté  \r 
départ  de  I^ncolot,  amené  à  la  «luyeui:e  Garde  par  Tristan  (vtiy.  §  394  , 
notf'),pa.sspnt  lonlsnhilemenlau  dievalier  à  l'écu  vermeil,  eu  donnant 
untOJclequi  e.sl,  essentiel  lemcnl.  celui  de  Rustirien  de  Pîjvh  (les  niMi.  340, 
1463i35â  ;pour  ce  qui  précède  dans  HuBtiden(voy.  §  62S].  La  rédaction 
deRusiicicn  est  un  iihréf;rédeceUedu757,  avecun  épisiide  déplus  qui, 
peul-êlre,  a  été  supprinn^  dans  757  :  cf.  §  466,  note.  Voirn  le  texte  de 
10J3  cl  de  Ruslicien  : 
'En  cestepariie  dit  Iccompte  que  après  le  tournoiement  de  Lovre^ep  '  avait 

l.  Uutldei  (*co,  ^  n  b)  :  ffitr  .ttU.  m«vt  \apri»  a  (te  Hrk$  U«»)  ivumwni'iir  ««(  fu 


tim 


IB 


—  309  — 

ont  augmeotë  dès  qu'il  eut  Jevitu*  qu'il  sa  battait  avec  Galaad. 
Palamètle   loue  Tristan  aux  dépens  île  Galaad  el  maudit  !a 


757 


nemgnt  qu0  c'csUiiit  .A  grant  detiuit  de  le  oyîr  *.  Apercpvnnt    1»^  33G 

valiers  tl  so  fAch'*  et  W»  MUair  de  n'être  atn»i  embattu  éiir  lui. 
hr^pood  cuiirtuiscmi^nt,  vx  le  chovaltor  se  hi^s^  ndimtûr;  la  suite 
ÏQ8  757  et  104.  voy.  }[  453. 

I.'UU  (v*r.  3  <U)  M'crt  jmM dduj. 

—  Ci  eût/  je  bien,  i  fet  Pal.  lU  parleut  et  intirLhfut  huJl  jours  Mm  ttmi-  ^i  «te- 
vwd'avpotun'i*.  Au  nfin-ii*m»' jour,  i-utnuit'  iUiravrifîrul  uue  belle  fortl, 
PU  parlctul  df  loufor  el  d'envotseùtt  el  eu  tmiant  (ialaaii.  Pal.  ir  regard» 
9t  voit  .1.  chevclier  qui  cttevauchoit  après  euls  en  la  compagnie  d'un  escuter 
teuUnunt^  qui  li  pûrl<fit  son  eseu  et  Sûn  glaiee..  Ses  escus  esloù  verviata 
a  ./.  lyon  d'argent  rampant.  H  estoit  montes  auques  durement,  air  U  Jor 
dnani  s'estait  eombatu:  a  Gahrriet,  le  frère  mons.  Gauv.^  par  rrieicognois- 
s,  fi  s'eatoient  durement  enlrcgrevé:  »u  rt'slp.  il  aviiit  d^jà  »?tt'  blossô 
■  lirrhuit,  (|tii  l'itYml  frappi^  d'un  Klaivr.  |iftidaiil  qu'il  donnait  priv 
Bfr  fontaine.  Le  num  de  ce  i*lifvnli>'r  l*sI  Brunor  Ir  doit  '.  /(  iVn 
!  droittment  a  la  court  te  duc  d'Antebouir  (v:ir.  Anuebort]  '.  ou  itaroit 

I.  BftjiiH  duu  771  -,  mv  llm  ilu  wm.  Dur  main  vatXirtarm  m  mriAnné  m  BMto  :  ^ÂM^mUtt 
éf  tmtÊiiÊ  pr^êr*  tt  d^htr4iment  ptt  U  vàïtt,  n»  ^tnUtrtaU  VKMmn  ftimmlé  Matf  wnil 
1.  lUU  ff  •  1- -> 

ffion;..  eUe  /y  criui  chastei  kt  clusi  quant  Gai.  et  U'jors  et  Perc.  i  furent        "W,  olc, 

etupriionné.  Lff  trois  chevaliers  reiirxmtreul  une  ileoioiselle  j^orUinl  ud 

é|wrvier,  etc.,  tuul  k  fiiil  comme  pluï  loin,  où  t»^t  racrmlt^e  lu  destrui> 

tioudu  Château  félou  (voy.  $530i;  ici,  cependant,  il  u'y  a  pan  d'iiL^crip- 

IJou,  et  lecunslrucleur  e*t  appeU'  Galanatar.  il\Mjr]77'2,  voy.  p.  312  *j. 

Nos  trois  ï'appriKlieut,  et  quant  cil  du  cfiastel  virent  Us  .///.  chevt^iers 

près  de  ta  porte,  ki  moût  estaient  grant  genl ,  si  envoient  duska  ^l.  rhe- 

tôliers  a  leur  tn<ontr€  p</ur  eU  retenir.  Les  trois  s'exliortiut  muluelU*- 

lUftOl;  Tristan  aliat  eepi  cheTaliera,  et,  avec  ses  cumpa^nons,  se  signale 

I.  0)a«*<Uu  tn.aa  llMdHeetor  «I  IMBOgii.  lM«mnHCnoM 4«  Q«l.  ml  Id  Boboriet 


I  -uns  dus  meiUâurs  chevaliers  du  monde  ou  royaume  dé  Logttt ,  na  rwt  ns  103,  Ruaiicien. 
oit  son  nom.  à'f  portait  ung  escu  vermeil  a  ung  Ujon  d'argent  rasnpant. 
U  l'i^ipeltoit  on  le  clievatier  a  l'esai  vermeil.  Si  afint  que  ung  varUt  que 
Tristan  avûit  envoie  aprendre  nouiielles  du  bon  cfiftfatier  a  l'eicu  t^ermtit 
rira  a  la  Jogeuse  Garde  et  fro'iiyi  Tristan  et  Patanvdf-<  et  ung  eheralier  de 
JAonois,  quiaxtc  Tristan  demottt^it.  F.tquanl  lerarlet  fuleamvenu,  its'en 

1,-1,    ./ ^r  I ,..     I ..    ■!•.'.      / 1  f.--,,  ,.|„£  j„    ,^|.     4-   »  ...       I      tp, 

-,-.  d'armrt,  .-•■. 


OM.  ï^^  fui-».  vriitii'î-K-- 
tâ  MTi  Jifl;«J  /Ml  eut 


a  l'efU  tf 
r.  W  m   /■' 


—  31Û  — 

lyj  demoiselle,  qui  si  iost  vint,  Tristan  repousse  ces  éloges  avec 

modestie,  et  contredit  Palamèdc.  qui  se  refuse  à  croire  que 

ITi,  iMc.         emprûK  une  balailie  pour  desfendre  J.  ehevclier  de  (rauon,  n  comme  ii 

ranta  dfcissrra  ça  avant.  Paluniède  et  TrisUiii  s'arrêtent,  ho  chexTiliiT 

1rs  atti'inl  ;  fin  si-  .sainr.  PjiInmL'dn,  \iiyant  que  c**  ch«-'VrtliiTrst3ron(  rt 

parcreit  et  birn  fitrni  de  iouz  membret  vi  qu'il  chevauchott  a  grant  mer- 

vcUle  bien  a  manière  de  bon  chevalier,  cnmprpod  qu'il  *>sl  de  haut  afaire, 

et  désire  mnul  durement  a  savoir  aucitne  chose  de  son  eitre,  si  qu'il  tel 

peilst  cof/noistre.  Il  lui  ileniumlu  <innc  sim  nom,  ni;iis  eu  vain  ;  il  iii^tsste  :  ' 

«  C'«hI  parole,  gastee,  a  dit  If*  chovulittr.  Palamède,  irrité,  veut  j»»uU'r; 

rautrf  répond  «lu'il  n'en  .i  pus  piivii»,  étant  blessé  et  devant  subir  pro-J 

diauifmonL  un  comhftt.  Mais  l'alumode  n'en  démuni  point,  est  désar- 

çdiiné  rt  su  pilme.  Tristan  veut  lo  venger,  ot  le  chevalier  a  l«?au  refuwrj 

In  joute;  il  nbnt  lo  chrvftl  de  Tristan  sans  renverser  !«  cavalier,  guar 

v\U.  T.  neiti/it  iex  chfwtiers  i]ue  l'en  p«ft#|  aisUtmtnt  deichevaudiitrA 


.  iMc. 


;ï  ce  peint  qut'  k^s  ueu8  du  cbdti-au  su  d<'inandfnl  s'ils  unnout  puint  drs 
ilialdr.'',  siirlis  d'iniCrr.  Quant  le  chevalier  a  l'escu  vermeil  voit  tfuil  »ant 
auqufs  esba/iiy  il  quillo  furlivcnicjil  ses  compagnons;  —  maintenant 
conimn  77*i,  otc,  voy.  p.  M'S.  —  Un  \oil  que  758,  f!tc.,  ne.  font 
qu'abréger  II*  texte  déji'i  raceourci  de  772,  etc.,  en  (lubliant  de  pn-înenter 
lo  cheviiUtT  (le  r.énniiiti.  ipii  apjmrail  subiltimentpluâ  luin. 


Tïusti'îicn.  vint  vers  Trintan  et  sagcnouUe  devant  lut  et  dit  :  «  Sire,  je  von*  appnrt9j^ 
nouvelles  de  cepourquoy  vous  m'cnv^iyastes.  Le  chevalier ei-l  Ui(j<'  a  guatr 
iïCMM  pii:4  [propres  1  ÏO^l  de  ey.  et  s'en  ea  '  ;i  .ludpbourc  pour  faire  Uflê\ 
batailk  dctxint  le  duc,  pfur  ung  chexaUcr  fjuiest  apjiC-lU  tU  traxsim  (Hus4..  '. 
à  Aud.  au  duc  pour  faire  une  bat,  pour  [par  i  103)  ./.  ehco  f^ui  de  (r.  «al 
appeliez).  aTrisian,  encbanlé,  annotiee  àses  bûtes  gun  intention  de  par*j 
tir  pour  aUeindr*!  le  cbevalior,  acwpto  leur  offre  do  l'accompagner  el,| 
le  lendemain  matin,  ils  quittent  Isoul  et  s'en  vont,  avec  troift  écuyen».] 
lU  arrivent  enfin  dans  le  royaumi»  de  Norgalies,  où  ils  apprennent  de 
nouvel1ei«  de  l'ineonnu  :  celui-ci  chtrauchoit  devant  futx  eftviron  si^ 
Ueues,  en  sa  compaingnie  deux  chrvaUiir.t.  Bt  se  aucuns  mf  deviandoi'en) 
qui  itz  estaient,  je  diroie  que  c'estoit  mestive  Yvain^,  /il:  au  roy  Vrien,  »È 
Girel  ^  de  lauibale  ^  Le  conte  pa^»e  au  chevalier  avec  ^6  compagoau^j 
llfi  arrivent  devant  un  château  appelé  ilarpinel^.  ets^en  aiment  a  Aude 
bourc  pour  faire  la  btitaille*.  Btsai'hif-sqtteen  celluictiastetdeifiouroient^ 
jusqties  a  t\wdnuH»^  chevalier»  de  grande  valeur,  qui  faiftaieul  honte 

3.   ^  IV  Ivalti.  U  tiU  U.l. 

8.   :•*  !•»  ■   f^thrt-itt, 


K  J0MMNi<  liUU 


'   ''4 
...  .   «ti 

'  »■  , '^  ».rM.(  <.')   .f.i   I  ,n-<i-fiirf_  et  ■A.MfKr'A.tM'Hi   ■ft^-anXT' 
I   eie. 

.-..  Chnr/Hnr/  (.-t  Ï7J  ;  p-  SU).  _ 

<  ilrt  iiU-itut  drçil  n  ^Ntftf^wrc  {rtt.  HeiHétb  .  ÂMtbmrt).  îm  OH  l«  *•• 


—  311   — 

Galaad  soit  le  meilleur  chevalier  du  inonde  (cf.  §  495).  Puis  '^ 

il  iaWie  PalamHe  à  venir  avec  lui  Â  la  Joyeuse  Ganle;  ils  Tristan  ei  Pala- 

oublieront  leur  rancune.   «  Vous  allez  recommencer,   »  dit         mhîB. 

Palamède,  mais  Tristan  promet  de  ne  plus  se  courroucer»  et 

PaJamède  lui  déclare  i[u'il  n'ira  plus  jamais  de  compagnie  avec 

lui  s'il  ne  lui  tient  parole. 

Palnmi'ilc  veut  ntiirs  se  haitrt'  h  tVpiif,  mais  n'en  Hrsistr  quand  Ir»  ch*»-         7TJ,  etc. 

VAlirr  lui  dit  i|u'îl  no  peut  pa^  k  «-Jiusf*  du  oumliiii  qui  Taiiond.  Kii 

rpTunrhr»,  i'alaiiiéde lui  d"m.indo  un  don,  cVsl  do  lour  pnrmotlro  à  lui 

Kt  h  wa  eitai{ia^'n>>u  di*  uianbnr  htpc  lui,    «   tant  t/H^nrtnture  nous 

dqnsrtf^  u  nt  il  respont  ijue  cr.  ti  ptaiat  frùr/i.  Pni»  iU  vout  li  Tristan ,  qui 

rvnumtn  a    dirval,   quand    il   lo.-*    voit    vt'iiir,    Trislau  ol    Palnoimlt' 

dpiRMnik'nl  purdim  ou  diovuliordo  l'avoir  as^illi  fotemeixl;  il  lour  |iar- 

fliiiiiM-    <'f  .lit  ipjc  cetto  «vt-nturo  no  lour  fait  puinl  tioote.  car  tnainUt 

/'  ■i>it  -/.  cftrtatier  tU  pvvre  nfatre  abat  ./.  bien  preudoma.  — 

Il  ri  n'orwil  mit  aU  granment  i/u'il  encontrent  ./.  chivatier, 

d  >■!  ormes;  cil  ciievaiifr  eitoii  de  Léonais  et  estait  apeU:  MoréM  ' . 

Il  4.>.iM   jiiittë  snn  (liiy?  pmir  s"  inottro  ouqur^tj*  ile  Tristan,  car  trop  le 

éetirroit  a  venir puur  ta  grans  bieru  tfu'ii  en  aroil  niz  tiirr.  Il  nliliont  dt*« 

trois  rompugnims  (.1  porinÎRsion  do  niarolior  .ivor  oui.  //  ti  demandent 

de  ion  estrr,  et  il  leur  en  disi  ia  vérité,  msûn  il  no  jiarvioni  jutH  à  It^ur 

tttro  il     '  t'tta  tant  'nie ytus  n'en  p^oif.  Tristan  n( 

PaUn  ::  lo  uuin  du  chovalior  à  l'^ni  vornifiil, 

r  ijuïl  Ai  vtuU  aicr  cniyrt  euUyits'ensue/frent, 

■■■rf  cnmp.ignons  arrivcdi  à  uno  ItoMo  |iluino,  au  milieu 
de  Uquf'Ilt-*  f.nt  uuo  rucUi- tvjinne.  f tu- rvetHeitie nient  hatite.  .-umii>nlôo  d'nn 
chAtettu  oxirêiuomL'Ul  fitrt.  Los  wi^rat-urs  ou  sunt  iroisfivriw,  qut  avaîoni 

I.  «r  1 4M.  —  m  r«pp*iiii  id  Moné». 

ttdesplaisin  *  auK  pa.<>ttant«.  Douu»  chi^Taliers  ifnfVnt,  dcmandooi  à  itof  103,    Rufttklon- 

IroU  h'ih  Biint  thovatii'iv  ormatis  et,  sur  uuo  rôpim^o  (ifHmialiro,  .lf« 

d^fitmt  ',  Bninttr  '  »«•  dislinpim  :  il  on  nlmt  qualro.  dont  doux  «oitl  lut^. 

Inîn  M  liui^rol  on  aliaitonl.  ohaain  qualn*  *.  1^'h  douzi*  itonl  litialoniiial 

Vitoru»',  «urlmU  pur   ta   liraviinro  do    Bnuinr,   dos  onii"ini*,    i|i.inln« 

restait  œurti:  «tir  la  plaoo.    Surt  un  ftrand  nrimliro  do  cho^^lir^r^  dn 

cWriwiti:  il*  [nnivaiont  lnon  Airo  quarauto  *.  I,ps  trois  cumpaîîuniip  nr» 

^  ■  point,  ol  uno  Intlo  pi-nildo  sonjjatro,  ffr;l<'f  â  riiirn»jTiblo 

pr  Ilruuor  '^  les  a^o^si'urs  s-nul  ini*' on  fiiito.  [.os  Viiinquoups 

•'m  wim ,  lri»*=  fntipu^.   ot  les  cbevaliorn  du  oh.^toau  unionnoni  nu 

champ  dtf  bataillo,  où  il!:i  tnmvout  murU  huit  do  liMirv  ramanidos.  11.< 

1rs  i*nlon-pDl.  en  menant  ei  çnwi  deuil  qu'nn  nVAtpu  cntfoilu  (Hou 

Uinmnt  *. 

Ixa  tniis  cumpa^moQs  nh^vauchont  tant  fM  ^r  ehemin  te*  aporta 


IM  tmb  mQ)|u|nMu  maidt  a/Ai>»|  ^jrtaMf  ff»frv  »/t  du  b»N 

'  1»  M't«  iu«r  t>la*aeer)mtiM'UW 
^titnitor  d>u«  41»,  (M. 

:ilU/4*nTi  |tt»«. 


—  3Î2  — 

757  Ils  partent  en  parlant  de  Gniaad,  que  Tristan  tient  toujours 

potir  le  mcillour  chevalier  du  monde;  Palamède  soutient  qu'il 
eût  eu  le  dessous  si  la  demoiselle  n'ci'U  arrcté  le  combat.  — 
Ils  arrivent  îi  une  fontaine  oii  un  chevalier  Idessû  est  soigné 

77Î,  ctc,  déshérité  leur  p^re,  qu'ils  tiennent  en  prison  ;  ÎIk  ne  craifciïrnl  ne  liieu  ne 
honif.  fte  liflnt  h  In  toivo  du  chAtoaii.  H  foiii  u\n  clicviiticriç  orraiitt*  et 
niix  ()amo»i  du  nt)  ntimt*  dn  Lo^rcc  UmtrK  U'^  rriiniili'*^  i*t  tous  li*!^  drpïlet 
pûssihW,  01  sjHH'ialompni à  (■('lix.de  la  iniiisnn  d'Arlliur.  Dix  rhovalior* 
«0  lifnnftil  loujoiirs  dt'vanl  la  \>orU'  pour  arn-lor  Im  poifsnit»,  Haini  U 
furt(*n*88t'  il  y  vu  iiituitranlrqui,  au  lH>suiu,  virniif^nL  vn  aidcntix  auln*. 
I*ps  prisniiiiiiTy  siiiU  prtî,s«'ijU's  aux  Iniis  fri'ri's  :  se  ce  cstoit  damoiseU 
qui  [eut  a  priaicr  tk  OiauU,  il  gaoifut  îuit  Iroi  o  tut,  et  puis  la  metoienl 
hors  dit  cliaslei  tout  a  pté,  et  li  chevaliers  qui  ta  eunduivjit  extoit  aeii. 
(^uuiit  aux  chi'valiors  ilf  la  maison  d'Arllmr»  lU  Ifur  font  cotipi-r  U 
l^'^if,  fil  les  autres  qui  dé  celui  hostel  neftoiêul  faisaient  fuster  par  mi  la 
vilU  {et  puix  mètre  hors  det  chastri  Uml  a  pié  1 1  tout  désarmer.  Le  clitlli*:iii 
a  nonï  i*fiarpitiet  '  ;  dtfpuis  Mt>pl  ans  It's  li-ois  Irtrc^  inainliruniMil  ces  HeJt- 
hiautez^  que  fonml  cc8ï>er  lîalaad.  lïoliort  pI  Pt'n:i"Vid,  et  re  dmsre  li 
contes  ra  avant  aprrtement  en  nostre  livre,  aj(iule772)  '.  Le*  i:fim|>.-tfMii>iifi 

I.     Ij-  (Fiir..--   i."ri.    Ui..  -lin.  5M   \y.  \*.  HO). 

I.  Cl-  ;T'J,  lainriiii*i*i>nfti%|i>nnvt-.  '    'V. 

Ob  rtniii'  li'iti  1$  .'r.«i  M.l,   —  nui*  11"  I  Mr. 

(▼.p.  ai),j,.  - .  ,1.    .-  I--..  ,  rri'ntilcinfiit,  h  ce  que  le  j.i--.b,'.    .>     *   ■  i....>..i -.n-lc   l9 

TrfMpi»  fftom,  çonunr  unna  l'niiiwvaont  par  157,  «le.  (vajr   ^  ifta). 


103,  Husticien.  ii  la  fïraitdo  pI  1ii'11c>  Tuur  du  pin  rond  ;  r-I  avait  devant  umj  des  plus 
beattx  ;h/u  qui  fust  eu  monde  [un  pin  qui  estait  le  plus  bel  du  monde 
Uusl.)'.  C('ll<*  loiir  ("St.  hal>iloft  jinr  unij  des  meilleurs  chevaliers  du 
monde  pour  jousler  [par  un  [chevaluT  qui  psI  le  meilleur  JnunUeitr  du 
monde  Hust.).  Tous  Il^s  jours  il  l'ait  snsjR'ndn*  au  pin  ^  un  ^cu.  que  les 
passant»  nt»  pniyout  alialtri'  sans  jouter  «'ni*nile  avLi*  k*  rhi^valit'r;  vnîn- 
queur,  il  suspcuf]  l'écu  du  son  ailvcrKuirn  au  piu  vt  y  fuit  inscrim  5iin 
uom,  et  faisait  pendre  Us  eactts  aux  karneaux  de  la  tour  et  dit  {et  puis  si 
le  faisoit  pendre  a  .1.  des  carnious  de  la  tour  cl  ditoit  Hu!it.}  qu'il  iimin- 
licudi-ail  cette  coutunit"  jusqu'à  ce  (|u'][  fùl  dosart-nniif^.  Cidu  durnît 
dôjà  depuin  Heise  aus^;  [tentlant  critr  pôriodi*  oui rtr  r(*nv(*nir!t  d(*u\ 
crnlsr.li«valiers,  il<int  le.st^rus  pendent  aux  cr^ne^iux.  Lr»i  trois  nrrivrnt, 
et  appronnont  la  ruulumt'  parties  leureii  taillées  sur  un  marbre  qui  vAl 
à  cMê  du  pin.  n  r,ei}uel  ile  nous  aJiatlrtt  l'tk-u/  »  du  Ivnin.  Hrutior 
refuse  en  ili^nt  qu'il  a  tant  ailleurs  a  faire  qu'W  ttii  lartle  (qu'il  a  moût 
affaire  ailleurs,  cl  qu'il  lui  t.,  Hust.j  ilV-tre  la  tenu.  Guivret  sedêi:lnrp 
alors  pr^l  ajouter.  <«  Seigneurs,  dil  lirunor,  je  ne  pui^  re.*ier  ici,  Kir 
moult  me  hasle  ma  besmngne.  <•  Il  s'en  va.  Guivret  almt  l'i^'u,  est  défié  juir 
>  chevaljerde  la  tour  et  défiarroriiiépar  lui.  Ivaiu  essaie  ili*  |i*  ve«f[er  r 
il  est  renvtfr!<é  aver  îiondievul.  Les  deux  camarades  laistie.ut  leurs  iVtuh, 
se  nomoieul  et  rejnif^ueul  Bruuur,  qui  a  vu  leur  défaite  :  a  Jit  vui?, 
leur  dîl-ilf  que  [aventure  -m  faull  {pas  t03)  par  irn  I4ri3)  vovs  *.  — 

I ,  pour  l'i-phoOr  il»'  la  Tour  du  ptn  nmA,  f  f.  f  4IW,  Dofe. 

i.  A  .1.  p'u  AKi,  ja;>. 

tl.   .f.   MOM    li<U. 

4>  Duu  UO,  iiti,  U  ne  illt  pM  orU,  (tikU  ImtT  «laowDdt  l'IU  ont  penln  lem  tva% 


■ 


—  313  — 

■par  ses  écuycrs;  son  écu,  de  couleur  vermeille  cl  orné  d'un  TSÎ 

llion  (rargent  rîtmpaut,  tst  suspemlu  A  un  arbre.  Près  de  lui  ^^lécii'vJrrat'il. 
Ipleure  une  liellodecnoiselte,  accompagnée  d'un  rilain  nain. 


ivnni  >»n»«I*»moipelle  qui  fnit  grant  4euit.  KIU»  viontd'^tre  la  victime 

UPS  -,  fpii  onl  tiit^  son  dii»valîpr.  ft  prie  les  nouvpaux  voims 

ie  r-  -liais  Tristan  Hit  qu'il  n'on  pont  V'tr*'  qu<^l)OD  ,  tH  pile  lt\s 

ijuitu*.  —  lis  luoni  qiKitn'  ri  nhationi  six  i\f>  dix  chpvftlipr?.  Puis  sori'-ni 

quarante.  ï,p  ohevalÎT  \  IV-nj  vermeil  »«o  *ignaIo  tl'iino  manit'n' 

itity  ni  f."fi  rohjct  ôc  l'admiration  de  TristaD  ci  lU.'  Paluniéde.  qui 

lisiingnriit  furi  d*.*  leur  cûti'.  Lvi  qiiulre  cuaipAgnufit*  gagat^iil  du 

Irrrniii  sur  IVMincuii.  I^  cheval inr  à  Vécu  ^ormeil  ndiiiirc  Tristan  H 

l'itUnttHJo.  qu'il  croit  bien  capable»  do  vaincru  les  quarante  >>au>;  uidt> 

ltiC4lDe.  Il  voit  quo  les  ppu*  du  château  n'ont  plus  la  force  de  se  dd'fendre. 

nr  Ie«  deux  chevalier»  loti  onl  tiuil  cstoutoiez  qu'il  It^tr  vouMrnl  guerpir 

f«.  El  gitant  it  voit  (tttuf  fft,  il  sf  part  de  ttt  meUff  au  jttus  t/uoiétncnt 

fii'U  plut  * ,  rùmme  cil  çiti  ne  vousist  en  nulle  manicrt  que  U  cumpaiffnan 

tcogneiitunt  et  pan-e  qu'il  voulut  l'vitor  tout  mfschief.  â  cau*o  ili*  <a 

iMitaiUf}.  ajoutent  97,319,  lOIJ  *,  et  pour  ce  s'en  vet  it  of<^nt  are.  et^ 

tnoine  ûrte  tui  it>n  ncuier:  i\»  s'enfoncent  dan::  une  fi>n>t  vnisine  du 

[lAlrau,   et  n'orent  guerfi  ehnauchié   qu'il  alaindrent    JI.  chnutliêrx 

rraru  rfc  ta  meton  le  roi  Artu.^,  et  se  uiijt  U  cArfd/wrj  a  t'tseu  vermeil  ^n 

}àr  eompaignie;  c'c^t  [vain,  le 'fil»  d'Urieu,  et  Guivret  tte  Lambaîe. 

ïiffti   "  tUftftrfi  (te  f*t  mellee-  ii  chevaliers  û   l'etcu  rtrmttl.  Tristan  vi 

'  pa*  aiK.Ti;U!*.  Tridlau,  a\ec  laide  de  Falaniede 

-,  nu't  Ith»  ennemi*  adeicanUture.  cl  l'alanii'de 

neut  qu  a  f^i  .i  eniptjcher  Tristan  de  péut^lrer  dauK  le 

ku.  *M*'.,  —  lit  cuttiim*  757,  etc.  'voy.  §  -157].  —    On 

fm\  par  la  suite  lifcurer,  dan»  77*2.  etc.,  desallufiioiiïiudei^  traitfi»ui>- 

^rioiés  dan-  ee«  m»^.  [iar  i^uile  du  mauvais  raccourciBrictnent  du  le\io 

757;  aiiwi  ^i  itî5,  4G7.  (71. 

Il  a  dï^jit  eit^  dit  plu**  haut  qu<?  758.  ?4400,  99  pn^senieul  an  U'^tte 
fcl  abr^g^  de  celui  de  77?,  qui  mu  le  meilleur  desnif^s.  de  sa  famille. 


7TÎ.  etc. 


I.   A  >Értir  (Tic^  MTDrd  «ver  7 
'  ÏL  TW.alc..  tw  «funiirtit  |hu  'Ii 


viijr.  p  110. 


.  ne  w  inutv*  ((M  d*B«  'ïf 


\Ah^iu  * ,  ainsi  V4nt:s  ou-nuttyi.   ■  A  l'bùtel  d'une  veufw  t03,    Husticien. 

>  dame  iMW,  il  rteùWTent  (reeeureut  1  Wj3  orenl  :Ut», 

■  In  partent  (en  ri-merciant  iK-ancoup  ceux  qui  les  uni 

Le  colite  retourne  a  Tristan  et  a  -^vs  compufj^nons 

•ura  pn.%  \d.    mie  Hunt.,    gramment    \V  3U)  que 

•n  le  chevalier  <Ie  L»'iinoi>   arri\énMil  devant  le 

iiu'l  '.  dont  les  clievaliera.  ^*  pr(*pH*.ant  de  veupi^r  leur 

/■■  Hur  len  nouveaux  venusi.  de^ceudenl  tous,   leur  de- 

i'iU  sont  chevnlierf  ernmls  et ,  Palamêde  ayant  répondu  que 

Sent,  ff(  sachiis  {st  j.  HubI.)  tjw'il:  eitoient  bien  cinquante  che~ 

i,  TrisuiQ  eu  abat  au  premier  poindre  xroïs  (quatre,    103),  el 

,  K  Ht  léypsAul  wm  kt  deux  (1«m  Uo.  »&». 


757 


Lâchelf^  de  (rau< 
vaiD- 


—  314  — 

450.  Lorsque  ce  chevalier  voit  Tristan  et  Palumèilc,  Il  monio 
'a  cheval  inalgrtî  sas  blessures,  r^ir,  dit-il  h  Trîslan,  il  est  ilu 
devoir  d'un  chevalier  errant  de  joiiler  avec  lesohcvaliors  ([u'il 
trouve.  On  joute,  fil  nos  deux  compagnons  sont  dés.ir<;onn(^; 
Tristan  veut  se  battre  api*àsà  l'épée,  mais  y  renoncJï  quand  le 
chevalier  dit  être  trop  Taiblo  pour  continuer.  Gauvain.  ((ui  est 
.Hurvcnu  avec  Gaheriet,  invite  alors,  malgré  son  frère,  le  che- 
valier à  jouter.  Celui-ci  s'excuso  sur  ses  blessures;  GauvaïD 
insiste.  L'autre  l'appelle  mauviis  chevalier,  mais  Gauv.iin 
demeure  inllexiblo,  renverse  le  chevalier  et  est  assez  lâche 
pour  lui  passer,  à  cheval,  deux  fois  sur  le  corps.  Tristan,  inJi» 
gné,  bh\me  fort  Gauvain  *:  pendant  qu'ils  discutent,  le  cheval- 
lier, qui  s'était  évanoui,  remonte  à  cheval  et  abal  Gauvain, 
mais  il  ne  lui  rend  pas  la  pareille;  il  ne  veut  pas  rabaisser  sa 
ehetialerie.  Gauvain  reproche  A  son  frère  de  ne  l'avoir  |ias 
vengé,  mais  Gaheriet  déclare  qu'il  ne  fera  jamais  une  vilenie 
pour  qui  que  ce  soit.  Gauvain  s'en  va,  H  Oaheriel  pmposc 
une  joute  à  Tristan  et  à  Palamode,  mais  ils  n'acceptent  pas.  II 
dit  son  nom  cl  celui  de  son  frère,  cl  indique  comme  .sa  desti- 
nation le  Cfiastel  Lande,  h  Moi  j'y  vais  aussi,  »  dit  Tristan, 
qui  refuse  de  se  nommer  cl  qui,  À  son  tour,  demande  en  vain 
le  nom  du  chevalier  blessé  [1*  207). 

451.  On  se  sépare.  Tristan  A  Palamède  sont  logés  dans  un 
^  château  que  le  roi  de  Norgallcs  avait  donné  à  Blioboris.  On 

I.   Ici  {Qvant  m.  Tr.  voit  cesl  oulraiffe,  tflc.)  se  ti^rmint»  la  grauili* 

Innini'  ilc  lOÎ  (viiy.  p.  i'2â),  i{ui  suit  iIiin'iiMvjtit  \v  fcvli-  «h»  TTiT 


lliisticieri.  XViliini.Vie  quatre.  It*  chevalier  t\o  Léoniti*-  h  fei  t-^alcaiiMil  Irt.^  Itic 
nos tinis font  prpuvp d'une  liravoun»  mirai-nlfuaf,  ntnntjinimi'niTri^tj 
qui  csl  adtnin'  par  sr-s  cuni[mgU'inï*  commi*  par  les  rnncmis  ' .  Cpii\"-cf 
soûl  mis  en  ruil*>.  et  sachiét  qu»^  Trîsitnn  sr  futt  tnix  dedrns  tt  chastft  Oi'rtp 
fliiir  «  tir.  f)tst  t'atamedti  qui  te  détint"*.  I>'5  rhmalinrs  friUrpiDcl, 
dont  douze  gitiii  m<irt8  dans  \a  bataillo,  ont  uin»i  t^*.i'  vaincus  par  .If, 
fois  m  ung  Jowi  tt  bien  ont  aelteU  (iU  ont  chiormfnt  wluU  RuHt.)  lè 
bonté  qu'ils  faisutoitl  ua\  plissants  :  tl  ne  srraja  mais  {j»ur  Ifust.)  ^u'it 
ne  hur souvicn^tifi  di?  IcurH  viiiri(pi(>urî^.  Qiw  ww  diroyejef  Tri^lan  ette> 
tûmpaingnons  «c  partirent  d'iliueq,  las  et  travailli/*.  etsê  mistrent  auch^ 
min  et  chevauchierenl  tant  que  leur  chemin  les  ain«na{aporta  R\iM,)decani 
une  grant  '  tour.  —  A  p.irlir  d'ici,  il  y  a  acconl  coni|iU'l.  avec  7  j7.  i■^c^. 

I.  V%j  !(■»  entuunU.  wntntncnt,  Mn.      "IQ 

3.fUi|«Tr.  it  tH'uloiî  m*Hrt  litdtHi  leck   i*  nt  fait  V  .  v«i  »* /Ml  Utiâiiiai*^  Ruai 
W«t«  dcctf»  IDH.;  ivy.  %  U7. 


757.  I«. 


Le  clierali^r  i)o 

LétiDOift. 


P 


—  315  — 

cause .  et  les  genâ  du  chilloau  préLcndcnt  que  les  chevaliera  de 
1a  liipxéc  dû  Ban  sont  les  meilleurs  du  monde.  Un  chevalier 
inger  qi  laienz  estoit  les  coQii-e<lit.  Selon  lui,  Tristan  et 
mvde  leur  sont  Ineu  suptirieurs;  si,  dans  ce  chàleaii,  on 
préfère  la  lignée  de  Ban«  c'est  qu'on  est  dans  la  dépendance  de 
Blioberis;  et  s'adressanl  aux  doux  chevaliers  nouveaux  venus, 
il  les  met  en  demeure  de  lui  dire  lequel  f;st  le  meilleur  clieva- 
lier  de  Tristan  ou  de  Blioberis.  Tristan  opte  pour  Blioberis; 
l'autre  ne  comprend  pas  ce  diro  :  après  les  exploits  de  Tristan 
au  tournoi  de  Louvezerp,  où  il  a  complètement  vaincu  Pala- 
mèiJe,  Tristan  doit  être  rejjardé  comme  le  pi*emier.  Ce  discours 
d^plail  fort  ii  Palam6de;  il  demande  au  chevalier  qui  il  est. 
M  Un  chevnlier  de  Léonois  et  un  des  hommes  de  Tristan,  u 
rC'poud-il.  Alors  il  est  à  son  tour  accusé  de  parlialittï  par 
Palamède,  mais  11  ou  appelle  k  l'opinion  commune,  et  se 
contente  de  dédarer  i|u'jl  préfère  Tristan  k  Galaad,  qui  est 
su|>érieur  h  ceux  de  la  lignée  de  Ban.  «  Et  quelle  est  votre 
opinion  sur  Paiamôde?  —  Je  le  hais,  car  il  m'a  fait  un  ^nd 
déshonneur.  Tristan  aiu^ait  di\  le  tuer,  parce  qu'il  a  eu  la  har- 
diesse d'aimer  îsout  ;  il  n'y  a  que  sa  pilié  et  la  bonne  cheva- 
lerie de  Paiamôde  qui  l'en  aitmt  emi>^hé.  »  —  Tristan  fait 
l'éloge  de  Palamède,  qu'il  compare  h  Lancelot,  mais  en  le  pla- 
cent au  dessous  de  Gaload. 

452.  Ils  restent  sept  jours  avec  le  chevalier  de  Li^onois,  qui 
C6t  blessé:  ii  doit  partir  avec  eux,  mais  il  ne  sait  pas  leurs 
nome.  Au  huitième  (dixième,  104)  jour,  Tristan  et  Palamèdc 
se  promènent  sur  les  mui-s.  Us  voient  sortir  de  ja  forôt 
Claudiu ,  Cngène  et  ensuite  le  chevalier  à  l'ècu  vermeil ,  (pii  Le  chevalier  A 

u*  une  vallée  avec  la  demoiselle:  il  joute  à  contre-cœur  l^Vaii!"" 
avec  Eugène,  qui  est  abattu,  ainsi  que  Claudin.  Maintenant 
Trisiiut,  Piilamède  et  le  chevalier  de  Léonois  se  font  armer  et 
courent  après  le  vainqueur.  Il  ne  veut  ni  jouter  ni  dire  son 
nom,  car,  à  quatre  jours  de  là,  il  doit  combattre  un  rhcvalicr 
très  renomme,  au  Ckasiel  estroit  en  NorRalles.  On  cause;  selon 
le  chevalier,  Galaad  et  Trist;in  sont  supérieurs  à  Lancelot ,  et 
il  donne  la  qualriiïmc  place  à  Palamèdc.  Tristan  lui  propose 
de  marcher  ensemble,  mais  il  refuse.  Les  trois  compagnons 
rentrent,  et  s'en  vont  le  lendemain  vers  le  Chastel  eslroit  pour 
voir  la  bataille. 


-15a.  Le  chevalier  de  L«*ouois,  craignant  que  sa  présence  ne 
^(u  les  deux  autres,  demande  et  obtient  encore  une  fols  la 


T,  «M. 


Ivain  t't  liui- 
vrol  de  Lnm- 
biltt. 


—  316  — 

permission  de  marcher  avec  eux.  Comme  ils  traversent  une 
belle  Ibrôt,  et  que  Tristan,  plongé  dans  une  douce  raélancolie. 
pense  A  Iseul,  ils  onteinlenl  chanter.  Us  descendent  de  cheval 
cl  se  laissent  guider  par  la  voix,  jusqu'à  ce  qu'ils  arrivent  à 
une  fontaine,  décidés  il  ne  pas  déranger  le  chanteur  qui  s'y 
trouve;  c'est  le  chevalier  A  l'écu  vermeil,  qui  exprime  enchan- 
tant SOS  peines  d'amour  :  «  Vos  qui  n'amez  traiez  mw 
ffU5,  n  etc.  *.  Ayant  chanté  son  lai,  il  aperçoit  les  chevaliers 
et  leur  demande  ce  qu'ils  lui  veulent.  Tristan  répond  cour- 
toisement, et  le  chevalier  5'd/i  vci  -  ancqrs  repairont  tin 
CGiTOs  qt^  il  avoit.  Il  r-efuse  toujours  de  dire  son  nom,  et  on  le 
quitte,  Tristan  et  Palamède  se  rappellent  l'avoir  vn  quelque 
part. 

45  i.  Us  rencontrent  un  chevalier  chasseur,  qui  leur  raconte 
qu'on  va  célébrer,  â  un  cbAleau  voisin,  la  fête  annuelle  dite 
d'L'ter'';  or,  comme  les  chevaliers  errants  ont  fait  domtnaye 
des  chevaliers  do  cest  pais  et  intis  s  en  aloieni  (jabanl,  ceux  i|ui 
y  viendront  pendant  cette  lète  seront  forcés  de  jouter  avec  dix  * 
chevaliers  sous  peine  de  laisser  leur  cheval  et  leurs  armes;  s'ils 
sont  vaincus,  on  leur  fera  beaucoup  de  honte.  —  Arrivés  à 
l'hôtel.  Tristan  et  t*alamèdc  voient  venir  le  chevalier  à  l'écu 
vermeil,  accompagné  de  deux  demoiselles  et  de  deux  cheva- 
liers, Ivain  et  Guivrt't  de  Lambate,  qu'il  avait  abattus  après 
que  Tristan  et  les  autres  l'eurent  quitté  h  la  fontaine,  et  qui 
avaient  cru  que  c'était  Tristan;  l'inconnu  leur  dît  que  non, 
mais  en  refusant  de  se  nommer.  Alors  ils  s^étaicïlt  décidés  h  le 
suivre  ju8<|u'à  ce  quils  pussent  savoir  qui  il  6U\l,  et  l'aulre 
leur  avait  permis  de  lui  tenir  compagnie,  tant  que  cela  leur 
plairait,  en  disant  qu'il  ne  pouvait  leur  défendre  les  roules.  Us 
passent  sans  descendre  devant  l'hôtcI  oi'i  sont  Tristan  et  Pala- 
mède.  Tristan  dit  avoir  vu  Guivrel  se  disliniiuer  dernièrement 
et  promet  à  Palamède  de  lui  raconter  plus  tard  cette  aventure, 
quand  ils  chevaiiclicrout  eascmble. 

455.  Le  chevalier  à  l'écu  vermeil  et  ses  deux  compagnons 
arrivent  devant  un  chiteau  où  ils  rencontrent  un  ra/ff  qui  leur 
déconseille  d'approcher.  Un  ancien  chevalier  d'Arthur  est  lo 

i,  104  '.  Trahes  vous  lai  Qinn'am»  mi>,  etc. 

2.  Ici  330  rejireml  le  Wxle  de  757,  104  ;  voy.  p.  309. 

3.  Vterpandroffon  3.1G. 

4.  Ikuw  757  (tnuifi  plus  loin,  j)  467,  dur). 


2 


—  317  — 

maître  de  a»  cliAlciu,  qu'il  inaiolieut  maugré  le  foi  de  Norgales.  757,  iw.  S3a. 
Il  arail  étô  condamné  à  mort  avec  son  frère,  à  cause  il" un 
crime  fpi'ils  avaient  commis;  son  frère  avait  été  tué,  mais  le 
cbÂteUiu  s'ét<iii  enfui  cl  avait  juré,  avec  sa  Tamille,  de  se  ven- 
ger sur  les  chevaliers  d'Arthur.  Il  y  a  soixante  chevaliei-s  dans 
le  châieau;  le  passage  s'appelle  le  Ticspas  felon^  le  château  Le  Trépas  félon 
Harpinel  et  le  chitdaiu  Harpin  le  rowje,  d'a^lnei!^'' 

156.  Les  trois  compagnons,  cependant,  ne  veulent  pas 
reculer.  Des  soiJEante  chevaliers,  il  en  descend  plus  de  vingt. 
Le  chevalier  à  Técu  vermeil  les  défie,  abat  le  premier,  Aganor 
le  petit ,  et  tue  ce  qui  reste  des  cinq  neveux  d'Ilarpin,  qui 
l'attaquent.  Ivain  et  Guivret  l'admirent  et  vont  jouter  à  leur 
tour.  Ivain  tue  un  des  ennemis  *,  Guivret  en  abat  un  autre,  et 
Brunor'^  en  renverse  également  un  ^.  Ensuite  ils  font  ensemble 
une  pointe^  sur  les  gens  d'Harpinel  et  aballent  chacun  son 
homme.  On  est  émeiveillé  de  leur  ln*avoure  :  a  pièce  mes 
n'obUeront  il  ceste  jornce;  tuit  qoi  se  tiennent  et  tuit  mu 
devant  la  porte  deî  chastel,  et  vont  li  uns  Vautre  entre 
regardent.  «  Nous  pouvons  nous  en  aller,  »  dit  Brunor  ;  et  lors 
s'en  vont  outtre.  Au  château  on  est  confus  de  cette  défaite 
honteuse,  de  cinquante^  chevaliers  par  trois.  Uarpin  le  roux 
n'a  pas  pris  part  aux  combats,  parce  qu'il  ne  pouvait  se  battre 
avant  que  tous  ses  hommes  fussent  aussi  corne  a  ouUrance,  et 
ce  avait  il  juré  por  Camar  d'une  donwisele  ^.  Les  trois  s'en 
vont  tout  joyeux  ;  mais  les  vaincus  font  grand  deuil  de  leurs 
camarades  :  ja  en  porruit  Ven  mettre.  XIL  en  bières'^  cnr  les 
âmes  en  sont  parties  des  cors  (les  âmes  estaient  ja  des  corps 
parties  336).  Les  trois  continuent  leur  chemin,  lr<^  contents, 
et  dient  entrelz  que  se  les  .U.**  chevaUcrs  [jl^  devant  i  pas- 
sèrent en  eiissent  autrctant  fuit,  cilz  pa^snge^  ncfust  mie  tant 
rêdnlt^z  Citi/i  i^  rstijît  »*'  xi  pi^i  ideux  ^^. 


I.  CouruMoii  ilajiei  75T. 
î.  Cf.  p-  3!l,  0*3. 

3.  ÙetLC  10  t. 

4.  Vnf  empainlel'Ù. 
h.  Soùnnlf  lUA. 

6.  tf^mf  330.  —  La  rnman|ui>  nVst  paj;  (lans  104. 

7.  Ja  en  porroient  melre  en  b.  l'û  ;  ja  tej  povoit  t'en  faire  itutlrt  cm 
336;  bien  an  peut  l'en  mètre  ..Xff.  dedenz  tn  h.  lot. 

H.  Trwt.  eï  Pal.,  cf.  |§  450,  452. 

9.  SeHautreqilftl. 

10. Cf.  iL'nkitde  103,  RusUcien;  p.  311.  313. 


—  318  - 

t»".  m,  33C.  /,57.  Tristan  ot  ses  compagnons  quiUent  leur  hôtel.  Un 
valet  leur  apprend  le  danger  qui  menace  les  chevaliero  en*anis 
au  chAteau  d'HarpincI,  de  la  part  d'Harpin.  Les  trois  com- 
pagnons Roupronuent  que  le  chevalier  à  l'écu  vermeil  et  les 
deux  autres  ont  passé  par  là,  et  ils  veulent  y  aller  à  leur  tour. 
Us  rencontrent  une  vieille  dame,  la  belle-mère  de  l'un  dés 
chevaliers  de  ce  château ,  elle  vient  de  voir  sa  lillo  et  a  remar- 
qué le  deuil  qu'on  faisait  des  chevaliers  morts.  Elle  cherche 
vainement  à  (l*5tourner  nos  trois  compagnons  de  provoquer 
les  lyens  d'Harpinel  au  moment  où  ceux-ci  sont  lurieux  de  la 
défaite  qu'ils  viennent  de  subir.  Ayant  appris  par  la  dame  les 
exploits  de  Brunor  et  des  deux  autres,  ot  en  parlant  du  cheva- 
lier h  lêcu  vermeil,  les  compagnons  prennent  la  direction  du 
chAleau,  oii  ils  arrivent  aprùs  heure  de  vespres  *,  et  où  Toiï  fait 
loujonrs  grand  deuil.  Le  garde,  à  la  vue  des  trois  chevaliers, 
sûiuie  ilu  cor;  on  montft  aux  murs  et  aux  l'réneaux,  et  on  se 

Tnsun  oi  ses  ^^^  ^^^^  maintenant  il  faut  i*éparer  la  récente  défaite.  Des  che- 
compaçnoas     valiers  sortent,  décidés  â  venger  leur  honte  ;  ceux  qui  sont  sur 

^'^  uàrpfiier  "  ^*ï®  ^^^'^  crient  aux  trois  compagnons  :  «  Mal  vieii'jnez^  sei- 
gnorSy  »  et  leur  prédisent  '•'  que  mal  jour  leur  est  venu,  mai» 
Tristan  et  Palamèdc  ne  s'intimident  point.  Ce  dernier  ^  propose 
au  chevalier  de  Léonois  de  ne  pas  prendre  part  h  la  bataille 
contre  les  cinquante  chevaliers  d'Fîarpincl  :  Hores  *  refuse  avec 
indignation.  Les  ennemis  se  sont  arrêtés  au  milieu  de  la  route  ^. 
«  En  avant!  ^  s'écrie  Palamède;  passons  à  travers;  il  n'y  a 
point  de  danger.  »  Les  trois  font  des  merveilles  de  bravoure. 
Mores  lutte  tant  qu'il  peut;  épuisé,  il  se  retire  et  admire  les 
hauts  faits  des  deux  grands  chevaliers,  qui  â  la  fin  triomphent 
des  ennemis;  pieça  mt)s  nv  sera  jors  tfue  ceux-ci  ne  ptaigyient 
celte  jotirnee  '.  Le.s  pleurs  et  les  lamentations  auraient  empêché 
d'entendre  Dieu  tonnant.  A  la  uuil  tombante,  les  chevaliers 
d'Harpincl  .se  retirent  dans  le  château.  Tristan  veut  y  pénétrer 
pour  les  poursuivre  encore,  mais  Palamcd^  ^»  cet  aviesuré  '* 

1     II  estait  ja  auques  Utrl  757. 

S.  C4.'Uc  prt^liction,  avec  lu  remarque  suivaaio,  n'est  pas  daus  7ô7. 

5.  Dmis  336,  c'o?i  TrisUin. 
4,  Ijc  num  du  cbt-valior  de  Léunois,  vyy.  $  459. 

6,  CetU>  romarquf  manque  dans  7ô7. 

6.  Or  tost,  aor  euls  757»  sans  ;ilus*. 

7.  AV  seraj.  q'ii  tie  s*en  plaignant  757. 

8.  Pal.,  ct*i  arn.  ch.,  jusqu'à  :  Pal.  le  fient,  etc.,  manque  dans 
[bounlon], 

9.  Dameiurés  104. 


é 


* 


—  319  — 

chevalier,  le  retient  *  en  lui  représentant  que  ce  serait  de  la 
folie  et  qu'ils  ont  assez  fait  de  vaincre  cinquante  adversaires. 
Tristan,  sans  Técouter,  veut  soi  ferir  dedens  le  chastel,  mais 
Palamède  le  tient  au  frain  toz  dis,  en  déclarant  qu'il  ne  le 
laissera  pas  entrer,  et  Tristan  y  renonce  enfin,  à  regret.  On  va 
chercher  un  hôtel.  Tristan  '^  déplore  que  la  nuit  soit  venue  en 
aide  aux  agresseurs,  qui  sans  cela  auraient  pu  être  tous  mis  à 
mort.  «  Certes^  dit  Palamède,  ih  peuent  seiirement  dire  que 
maul  jor  lour  est  ajornez^  don  je  vous  di  bien  quejemais  ne 
serai  jors  que  il  ne  lor  soveinqne  de  nostre  venue  ^.  —  Si  je 
pouvais  croire,  poursuit  Tristan,  qti'ils  fussent  prêts  à  recom- 
mencer demain,  je  les  combattrais  de  nouveau.  —  Oh!  répond 
Palamède,  ils  ont  trop  souffert  de  la  part  des  chevaliers  errants 
pour  en  assaillir  de  sitôt.  »  Tristan  parle  ensuite  du  chevalier 
à  l'écu  vermeil  et  déclare  qu'il  désire  ardemment  le  connaître  *. 
Ils  continuent  leur  chemin,  en  parlant  de  Brunor:  ils  passent 
en  revue  ceux  de  la  Table  Ronde  dont  il  peut  être  question. 
Palamède  ^  nomme  aussi  le  valet  à  la  cotte  mal  taillée,  avec 
qui  il  dit  s'être  battu  en  Sorelois  et  qu'il  considère  comme  égal 
à  Lancelot.  «  Ce  ne  croi  ge  pas,  dit  Tristan  ;  que  trop  est  Lanc. 
bons  chevaliers  et  de  haute  prouescc  ^  ;  »  il  avoue  cependant 
avoir  entendu  Lancelot  appeler  cet  inconnu  le  quart  "  cheva- 
lier del  monde .  «  et  por  ce  cuideroie  ge  que  ce  fust  cestui  ^. 
—  Certes,  ce  dit  PaL,  si  croy  je  ".  n 

458.  Ils  arrivent  devant  une  grande  tour'o.  «  Ici,  dit  Pala-  un   exploit   de 
mède,  je  défendis  une  demoiselle  contre  douze  chevalieis.  après      l^alami-de. 

i.  Ici  772,  97,  349,  101  ,  758,  24400,  99  reprennem  lo  texte  de 
757;  voy.  p.  313. 

2.  Ce  pas^go,  jusqu'à  l'endroit  où  Tr.  parle  du  clunalier  à  lécu 
venn.  manque  dans  757. 

3.  Dire  que  J.jour  félon  leur  vint  hui  ;  si  chiercment  sont  chaitii's  que 
pieça  mais  ne  sera  jour  que  de  chevalier  errant  ne  leur  souviengnc 
336,  etc. 

4.  Dans  104,  336,  il  dit  q\iO,  coûte  que  coûte,  il  veut  le  cunnaitre 
avant  quinze  jours. 

5.  Tristan  757  {faute;. 

6.  Cette  remarque  de  Tristan  n'est  pas  dans  757. 

7.  De  m.  104  ,  33G  ;  —  99  :  un  des  meilleurs;  772  et  les  autre;-  :  H 
plus  preuz. 

8.  Cette  remarque  n'est  pas  dans  757. 

9.  La  remarque  de  Pal,  n'est  que  dans  lOi  et  330. 

10.  Pas  de  tour  dans  772;  var.  :  une  tuur.  —  A  partir  d'ici,  103 
et  Rusticien  avec  les  imprimés  donnent  le  même  texte  que  757,  etc.  ■ 
cf.  p.  314. 


—  320  — 

le  tournoi  de  Louvczorp;  Técu  que  je  portais  était  btanc.  » 
TrisUin  le  raille  en  l'acousuni  de  se  parer  des  plumes  du  jxion. 
Au  soir,  ils  sonL  logés  par  un  châtelain  qui,  apn::»  avoir  jadis 
couru  les  aventures  quand  il  ûtait  chevalier  d'Arthur,  s'était 
enfin  retiré,  ayant  perdu  Je  bras  gauche  dans  un  tour^ 
noi.  Il  leur  dit  que  le  chevalier  à  l'écu  vermeil  et  ses  Jeux 
compagnons  ont  passu  devant  le  chdteau  sans  s'arrêter.  Il 
contirme  aussi  le  récit  <le  Palamède  :  un  chevalier  portant  un 
ccu  blanc  et  blessé  était  resté  quatre  jours  dans  ce  rhAtcau  ; 
après  lui  il  en  était  arrivé  un  autre  avec  sa  demoiselle.  Lo 
premier  venu  se  plaignait  fort  de  Tristan ,  qui  Tavait  honi. 
Douze  *  chevaliers,  parents  de  l'hùte,  étaient  survrnus,  et 
Lielyu.  parmi  eux  son  neveu  Helyas'^,  qui  avait  été  armé  chevalier 
par  Arthur.  I^  demoiselle  lui  plut,  et  quand  elle  fut  partie 
avec  son  compagnon  et  avec  Palamède,  —  le  chevaher  qui 
était  venu  le  pr<^micr,  —  il  essaya  d'enlever  la  dame,  mais 
Palamède  le  désari^onna  avec  les  onze  autres  et  s'offrit  encore 
h.  combattre  à  1  epéc;  l'un  des  douze  accepta,  mais  ^  il  fut  ren- 
versé, et  Ton  se  quitta. 

439.  L'hùte  se  dit  Incapable  de  reconnaître  ce  chevalier, 
qu'il  n'avait  pas  vu  désarmé,  k  Est-ce  nu  do  nous?  »  dit 
Tristan,  mais  l'hôte  peut  affirmer  que  ce  n'est  aucun  des  trois 
compagnons.  Puis  la  nouvelle  de  la  défaite  des  cbevaliers 
d'Harpinel  est  rapportée  par  un  valet  Ix  l'hùte,  qui  engage  nos 
trois  chevaliers  à  so  nommer.  Seul,  le  chevalier  do  Léouois 

1.  rnrfic  758,  2U00,  91). 

2.  Ainsi  i04,  330,  103,  Rustiden  ;  —  /ie/yw  772,  lOl ,  758, 
2U00  :  Uelies  97.  3^9  ;  HtUczer  î»9  ;  Uyîtu  lUI. 

3.  Aiii8i737,  Ifli,33f>,  103  (Vernrd,  Jaiiot},  Husiicie^i.  —  772,97, 
319,  ItH  ubrcgcnl  :  rhôlr'  tlofeml  l'cscrimp  cl  pormot  an  vainqueur  <ïc 
s'en  aller  avec  ses  cornptignous  sans  encomhro.  Puis  arri\(?  un  vaicl 
qui  annonce  la  dofaitn  sarvcnuo  à  liarpincl.  —  Dans  758.  îiiOO,  99, 
il  y  a  un«  confufiion  de  la  victoire  de  Palamède  avec  la  diTuite  à  llnr- 
pinpj,  nom  que  ces  irais  rass.  ne  donnent  pnint.  758,  'M  i(H)  disent  :  La 
nuit  si'pare  les  deux  CDinl>atUuts,  et  ils  vont  se  loger  dan.^  un  château 
qui  était  près  iViUucc.  Mail  li  sires  de  laiem  lour  dût  [2-^100,  plus 
clairement  :  l'Iiùle  dit  îi  Tri^t.  et  à  Pal.),  quant  il  tes  vil  (reuiitrque 
crronde  de  758)  :  u  Je  uc  vous  coanaissiai»  pa»  ({uand  \u\is  enirAles  chcx 
moi;  maintenaot,  uu  vaiet  oie  dît  que  c'est  vuuk  qui  fïloji  ia  discon/l- 
iure  (aie.  sauH  pri^ciscrK  i>  l'uin  il  les  prie  de  se  uoininor.  9U  ;  «  Mais  «. 
dit  riiAle^  ayant  nieulioiind  l'escrime  des  deux  chevaliers,  c  je  ne  $ay 
pas  comment  ils  se  cfurvinnl  (/'l'Ur^uM  en  avant  (altération  grossière  du 
texte  de  758).  On  me  dit  c)uo  vous  fîtes*  cela  »,  et  il  les  prie  de  te 
nnnuDcr. 


—  321  — 

i^pond  à  cet  appel  :  »  Mon  nom  est  Mores  K  dit-il,  et  je  6ui9 
tout  récemment  venu  en  Lo^res  pour  apprendre  usage  âcchc- 
vaierie.  n  U  se  déclare  hors  d'étal  de  pouvoir  satisfaire  la 
curioâilé  de  l'hiMe  tjuant  aut  deux  autres,  dont  il  loue  la  haute 
ciievalerie,  puisque  ceux-ci  veulent  se  dissimuler.  — o  Ce  je 
est'iie  en  vitsire point,  dit  l'irite,  je  ne  tendroie  en  tutle  manière 
hr  conpaigaie^  et  fussent  encore  plus  ptimanz  qe  n'est  U  rfiis 
Artus,  —  Cela  me  plaît  pourtant,  »  répond  Mores. 

460.  Cette  nuit  Tristan  est  effrayé  par  un  rêve  :  il  lui  Rôv»  de  Trla- 
sernble  voir  un  oiseau  f|ui,  venant  en  Logres  de  Cornouaille  et  ***** 
|K>rtant  du  feu  dans  son  hec,  euijdit  de  flauinies  toute  la  con- 
trée, s'empare  de  la  Joyeuse  Garde,  enlève  Iseut  vers  li  mer, 
s>nvûle  ù.  Cansaaioth  et  abat  la  couronne  de  la  Léte  du  rot 
Aribur.  L<n  autre  oiseau  ariive,  et  triomphe  du  premier,  qui 
est  poursuivi  par  Tristan  ;  et  tant  fesoit  quil  l'ataignoit,  et  U 
7isea,r  tornoit  sor  lui  et  h  ferait  qe  il  [le]  metoil  d'un  cop  a 

iort(P"216  h). 

461.  Le  jour  suivant,  lorsiiuc  les  trois  compagnons  vont  La  Tour  du  pin 
partir,  le  rbiUcIaiu  leur  dit  qu'A  rentrée  d'une  forôl  voisine  il  "*^^- 
y  a  une  l)elle  tour,  faile^  nontelement  et  appelée  la  Tour  du 
pin  rond  •',  ou  maint  *  un  chevalier  preiuc,  puissant  et  excel- 
lent youvieeur.  Ce  chevalier  fist  .1.  veu,  a  une  Qrani  feste,  a 
flusd'un  titt  ^,  car  il  dist  ^  qu'il  pendvoit  s'tn  fscu  au  pin  ', 
|u'îl  joulerait  avec  tous  les  chevaliers  puissants  qui  ahaUmient 
Técu  et  qu'il  maintiendrait  cette  coutume  jusqu  à  ce  qu'il  trou- 
vât son  vainipieur.  Ola  dure  depuis  un  an  et  plus  ".  Des  che- 
¥31101*5  de  toutes  parts  sont  venus  et  ont  été  désart;oanés  ^.  «  Que 
tsfits  diroîeje?  M^yut  en  tj  est  venu,  se  Ùietvr  tne  doint  bonne 

I.  Jf.  da  Hlu  104.  Le  Dom  roampie  dans  33f>»  HutvticÏMii.   —  Cf. 
p.  311. 

i.  Fennee  103,  Huifticien. 
3-  Vaf.  I  la  Tour  au  pin. 

4.  2*fmorït  757,  !04.  103.  Ruslicien. 

5.  Plunn  d'unanaeompU  104,  336;  pi-  ad.  an  entier  Ru^ticien;  pas 
dedat**  daiie  103. 

A.  Fitl  faire,  aurugrant  ftsir,  itajaun  an  parn,  rin  «scu.  f(dtf<l,  etc., 
77t,  tt7.  101.  Sh^K  'J'.l.  758.  2440ti. 

7.  Pin  roont  103.  ftiKticina. 

g.   t'n  (in  entier  \î^\.  un  an  fnlier  ft  p!ttf  336;  îaisemoi/  1463;  Jn« 
tffu  103.  3tO,  355:  dans  09.  —  Ensuite  103 

çt  Ku^tiuf^n  :  «»  V"'u-  ur,  etc.  « 

9.  CeUA  phruAO  manquo  dans  757. 

Lû««TJi  —  Tristan.  il 


—  322  — 

CûDveraotiûii.  adveiiture;  plus  en  y  est  venus  de  cetti,  et  telle  a  esté  s'avm' 
ture  par  la  grant  force  (/u'il  a  et  i?*)r  la  bonne  chevalene  tic 
lui  que  encore  nen  y  virii  Juil  '/u'il  nabntist  '.  Par  celle  tour  • 
passerez  ifo«j,  hien  le  sç^y^  et  a  celui  pin  que  je  vous  di  pour- 
ras vmis  i^eoir  Vescu  pendre  pour  q^ii  maint  chevalier  ont  esté 
iriez  et  vei'ij  oing  niés  ^;  telz  l'ahatoit  tfui  puis  en  estoit  viltaim 
nemeni  abatun.  Se  vous  celui  chevalier  poués  abatre^  je  voué 
pronxet  nue  vous  en  conquerrés  }tris  et  los  *,  ce  vous  di  je  bien 
C4'rtainement:  mais  tant  vous  di  je  tjue  ja  pur  le  ehex^alier  flê'] 
la  tour  ne  strés  arTestés  se  votis  l'escu  n'abatés  *  a  terre,  ni 
se  vous  a  Cescu  touchiez,  a  la  jouste  estes  venu  et  a  la  bataille. 
Le  chevalier  n^areste  nul  chevalier  trespassant  se  ih  ne  lui 
font  rergoigne.  u  Puis  l'bôte  Ifts  |trie  ftncore  île  lui  dire  leur 
nom,  mais  Tristan  lefuse  toujours  ".  L'hôte  se  rdche  :  o  Voua 
ôlcs  le  plus  vilaifV!  "^  chevaliers  que  je  Ofujucsmés  trouvasse^; 
jo  saurai  pourlaui  vos  noms  bientôt,  et  pour  cela  je  veux  partir 
avec  vous.  —  Comment  vous  y  prcndiez-vous?  —  Jo  vous  le 
dirai,  pour  vous  vexer  '•*  :  -Je  sais  bien  que  vous  irez  vous  battre 
avec  le  chevalier  qui,  étant  un  si  bon  jouteur,  vous  désarçon- 
nera, mal{i;ré  Li  pruuessc  quo  vous  pouvez  avoir,  cl  Icra  ins- 
crire vos  Qoms  sur  vos  écus,  qu'il  faudra  lui  laisser  pour  t-tre 
suspendus  aux  crf^ncaux  de  la  tour'<^  ;  car  c'est  ainsi  qu'il  traite 
tous  les  vaincus.  J'apprcmlrai  donc  votre  nom  sans  vous  en 
savoir  gré'*.  »  Mais  Tristan    ne   se  montre  point   effrayé  : 


1.  Ain*i  'S'àCy;  et, PSnoulio.Uwïiïuit,  758,  J04;  deint^me  les  aiun-îî,  «m 
manquent  cepcuilanl  les  mots  :  Qua  v.  dir.  je*  et  :  Plus  Jo  cfni  suol 
venus. 

2.  Par  celte  tour...  jusqu'à  Sf  votts  cflvi chm.  nuimnji»  dans  757- 

3.  340,  356  :  Par  qtti  tant  de  cfirvaliem  sont  abalus  et  honnù  ;  11);^, 
WCt'A  :  Pour  quo\f  plus  dr  drux  am  chevaliers  ont  esté  mis  a  terre  |rf 
hunis  14t73). 

4.  Conquerras  honneur  Ruslicim.  —  Ici  Thôle  demande  Ipurs  txams- 
dan?  104,  103,  Rui*ticifn. 

5.  Ici,  don»  757,  l'hiilo  deinaiidi?  Itîuis  noms. 

6.  L'(*piwid(.' «uivant  se  Iniuvi;  ftURsid(in>  U  Tav.  Hit.;  cl.  \u  141. 

7.  Un  des  maïaa  rourlow  757,  336  ;  l«  mainx  court»iK  \i\'\,  riit^ncicn. 

8.  Oncques  veiae  ' h"! . 

9.  Pour  tsow  V.  mauqu»  dans  97,  101,  349. 

tO.  PourMre,eU:..  manquit  dans  757.— y9,  WT,  101,  349aio«»ent: 
il  a  bi(»n  abattu  cent  chevalier»;  77?,  24400  :  deux  Gcat£;  758  :  .U., 
fauto  pour  ,1^  , 

1 1 .  Savoi  r  hon  ffTrf  9  7 ,  1 0 1  ;  savoir  nul  gré  104,  34  9  ;  vré  ne  grâces 
757  ;  j'appr.  v  n,.  et  si  ttti  sera  mir  \ne  fi  mie  I4C3,  ne  l«  xaray  mi>340. 
355)  par  \yoslr9  vattnté  ne.  1 1)3]  par  vostrr  cvurioisie  lUd,  RusUcii'u. 


—  323  — 

«  Chevauchons  *  donc,  dit-il  ;  je  vous  promets  de  me  garder 
autant  que  possible  d'ôtre  renversé  par  le  chevalier.  » 

462.  Les  trois  compagnons  partent  et  sont  bientôt  rejoints 
par  l'hôte,  qui  est  accompagné  d'un  valet'-.  «  Vous  vous  travail- 
lez (var.  lassez)  par  noient,  lui  dit  Tristan .  car  nous  n'avons 
pas  Tintention  de  jouter  à  la  tour.  —  Se  vous  acestui point  me 
gabés  ^,  répond  Ihôte,  ne  me  gaèeroiz  pas  en  .1.  autre  lieu  *,  » 
et  bien  une  lieue  emjtesche^  l'hôte  vet  tôt  adès  ramponant 
tnons  T.,  [et]  T.  nes'e  [n]  [et  se  solacier  non  et  rire'^. 

Un  valetj  parent  de  l'hôte,  apparaît  et  lui  annonce  que  ie  Le  seigneur  de 
seigneur  de  la  Broche^ ^  son  ennemi  mortel,  se  rendant  avec  ^  ^^ 
six  chevaliers  à  la  cour  d'Arthur,  approche  et  va  venir  sous 
peu.  L'hôte,  effrayé,  veut  s'en  retourner  :  «  Ores  estes  délivré 
de  ma  compaignie,  »  dit-il  à  Tristan,  en  expliquant  tout. 
Celui-ci  le  retient,  et  pour  lui  faire  peur,  feint  d'être  très  en 
colère  contre  lui.  L'hôte,  qui  est  au  désespoir,  passe  des 
menaces  aux  prières.  Cependant  Tristan,  riant  sous  son  heaume, 
reste  inflexible  et  ne  lùche  point  la  bride  du  cheval  de  l'hôte. 
L'ennemi  arrive  et  veut  se  ruer  à  l'instant  sur  l'hôte.  Tristan 
lui  fait  observer  que  son  advcrsaii'e  est  désarmé,  état  qui  l'obli- 
gerait même  à  le  défendre  si  un  autre  l'attaquait,  m.iis  le  sei- 
gneur de  la  Broche  persiste,  et  une  bataille  générale  s'engage. 
Les  nouveaux  venus  ont  le  dessous,  et  Tristan  fait  jurer  à  leur 
maîti*e  de  vivre  à  l'avenir  en  bonne  intelligence  avec  l'hôte, 
qui  maintenant  est  encore  plus  désireux  de  savoir  qui  sont  ses 
sauveurs,  continue  à  marcher  avec  eux,  bien  que  Tristan  l'en- 
gage à  s'en  retourner,  et  déclare  qu'il  ne  quittera  pas  Tristan 
avant  de  savoir  son  nom,  que  celui-ci  refuse  toujours  de  lui  dire. 


1.  Lacune  dans  103,  Rusticien  depui»;  chevauchons  jusqu'aux  mots  : 
car  nouît  n'avons  pas  l'intention. 

2.  D'un  chevalier  lOi,  772,  97,  101,  3i9,  Dî»,  758,  2-i40U. 

3.  Se  vous  gabez^  vous  ne  me  gaberoiz  mie  longuement  104.  —  340, 
355  passent,  après  cette  phrase,  aux  mots  :  Or  estes  wus  délivré  de  tna 
compaignie. 

4.  103,  1463  :  {lieu,)  En  telle  manière  vont  partant  par  te  chemin. 
Quant  ils  ont  chevauchié  grant  pièce,  bien  une  lieue  anglesche,  ainsi  c^mune 
je  vous  ay  compté,  ils  mncontrent  le  valet. 

5.  Et  rire  manque  dans  772,  97,  101,  99,  758-  —  104  :  fait  fnrs 
que  rire  et  soulacier;  349  :  fet  se  soubzrire  non  (sans  et  rire]  ;  ■MiOU  : 
fet  fnr  q\u  H  dedur[e]. 

6.  Delà  terre  de  la  B.  336  ;  de  la  Roche  103,  Rusticien.  —  Par  la 
iiuite,  757  porte  plusieurs  fois  :  le  seigneur  de  la  Mote, 


Ou  IrouvE*  LuD- 

DfllOt, 


i(»3.  Oq  trouve  un  heau  cleMriiîr,  et  Ton  «e  sépare  pmir 
chercher  le  maître.  Tristan  trouve  le  chevalier  donnant  ;  il  ne 
le  t'crorinaîl  pas  tout  d'abonl,  mais  Palamètle  lui  montrant 
l'épée,  il  voit  que  c'est  Lancelot.  Quand  celui-«:i  s'c^t  réveillé, 
ils  se  font  connaître.  l,ancelol  et  Tristan  conihlent  Palamt-de 
de  compliments'.  Il  rivalise  avec  eux  de  modestie  :  «  Lorsque 
Tristan,  dil-il,  s'est distin^utl  par  un  exploit,  il  se  fait  souvent 
passer  pour  Palamédc,  dont  la  gloire  a  ainsi  été  exagérée  con- 
sidérai demi^ii,  »  el  ce  qu'il  disait  là  éUiil  bien  vrai.  Uincelol 
vient  de  Sorelois  et  s'est  chargé  d'une  affaire  iiuportaute,  qui 
le  contrainl  à  voyager  tout  seul.  Il  peut  donner  des  nouvelles 
du  chevalier  à  Técu  vermeil;  dernièremeal  il  lui  a  vu  abattre 
trois  chevaliers. 


Un   oxploil 
Guivrut. 


464.  On  aperçoit  maintenant  le  chevalier  de  L<^)iiois  et 
l'hôte,  qui  viennent  à  eux,  et  Lancelot  pan,  en  prîaniTrigtan 
de  ne  pas  parler  de  son  arrivée  dans  le  pays. 

do  ^65.  Lorsque  les  quatre  compagnons  se  sont  remis  en  route, 
Palam<!:dc  rappollc  à  Tristan  la  promesse  qu'il  lui  avait  fiiiiela 
veille,  à  UiMe,  de  lui  raconter  au  trait  de  l'histoire  de  Guivrei*. 
El  Tristan  raconte  :  «  Je  revenais  du  royaume  de  U  Tarn 
foraintf ,  où  j'avais  réglé  les  affaires  d'une  demoiselle,  pour 
i*\ller  en  Logres  délivrer  Ijiinctilol,  eraprisouné  dans  un  cliâ- 
tcau  d*où  il  oc  pouvait  sorLir^an;  grant  force  de  chevalerie;  â 
cette  mi5me  époque  jetais  en  grande  colère  contre  vous.  Arrivé 
dovaut  un  chAteau,  je  fus  défié  par  un  cbeviilier.  .le  te  tuai  et 
m'endormis  apri's  d.ins  la  loriot  avec  mon  écuyer.  La,  six  ^  che- 
valiers, parents  du  chevalier  tué,  me  surprirent  iM  nrcuuuc- 
Dêrent  pour  me  livrer  au  père  du  mort,  mais  Guivrct  1» 
prévint,  en  abattit  qualie  et  en  tua  deux':  comme  j'étais 
blessé,  il  me  lit  transporter  à  une  abbaye  on  il  me  laifîSA.  Je 
me  demande,  continue  Tristan,  si  le  chevalier  h  l'écu  vermeil 
est  venu  par  ici.  »  F^alauièdo  répond  tpie  c'est  probable,  à  en 
juger  par  les  traces  de  chevaux. 


I.  Ceci  n'osl  pna  dnns  103,  Rusticien,  où  Tristan  et  LauciMnt 
cnufipnt  seuls  juMfu'à  ce  que  I*ulumo«lo  «H  le  vM^.  di»  Lt^noift  vifunoni 
à  eux  (v.  ci-aprê»)  :  il  a'ust  pa»  dit  tïxpri^ssômont  que  l'hôte  \em  a 
quitus. 

î.  Voy.  S  \^\.  —  773^  otfi.,  iibatitumPiU  de  m^'me;  cf.  p.  313, 

3,  757  :  -J.  (au  lieu  d«  .Xff.;  voy.  la  noiosuiv.j. 

é.  757  :  il  alidi  dix  des  douze  el  ea  lue  deux. 


"  ■  ■ — - 


—  325  — 


4G6.  Les  compagnons  arrivent  à  la  Tour  du  pin  rondV  Un 
t'ofet  messager  les  avertit  que  s'ils  abattent  l'écu  suspendu  au 
pin  il  faudra  jouter  avec  le  seigneur  de  ta  tour.  Il  raconte 
ensuite  <|u'en  se  reposant  sous  le  pin^  il  avait  vu  trois  cheva- 
liers a'arrôter  pour  regarder  Técu;  l'un  d'eux,  qui  portait  un 
écu  vermeil  avec  un  lion  d'argent  rampant,  s'en  éuh  allé  en 
disant  qu'il  n'abaUrail  point  l't^cu,  ayant  trop  allors^  a  ftrre^ 
L*un  de  ses  coinj^iagnons  abattit  alors  l'écu  et  lut  renversé  par 
le  chevalier  de  U  tour,  ainsi  que  l'autre,  qui  avait  voulu 
le  venger,  a  Tous  les  deux,  ajoute  le  vaUt ,  sont  ï>ourtant 
renommés  à  la  cour  d'Arthur;  je  vous  recommande  doue  de 
ne  {las  suivre  leur  exemple.  «  Sur  la  il«mande  de  Tiistan,  il 
leur  apprend  que  \e%  deux  chevaliei-s  désarçonnés  sont  Ivain  et 
Guivrei  de  I^nibale  *.  de  fort  bons  chevaliers.  «  El  le  troisième, 
dit  Paiamédc,  était-il  Ik  pendant  la  dôfaitc  de  ses  compagnons? 
—  Il  éuil  assez  près  \to\iv  les  voir  dé*iarçonner»  mh  onc^fues 
n'en  fixîO  semblant,  ainriVn  alo  oultt'e  *.  »  Le  x^aUl  se  relire, 
et  Trisian  demande  ;  a  Lequel  de  nous  abattra  l'écu?  »  Le 
chevalier  de  I^onois  en  obtient  la  [>ermission  :  il  est  renversé 
|vir  le  chevalier  de  la  tour.  Puis  PalamMe  et  re  dernier  s*al- 
laj^ueni  si  violemment  que  la  secousse  fait  tomber  morts  les 
deux  chevaux;  le  chevalier  est  tué  également.  Palamëdo,  Mort  <la  cbpvn- 
grièvement  attcini,  reste  avec  le  chevalier  de  L*îonoi8,  qui  est  ÏÎJ^  nto'*roa2L 
hles.^  iuissi,  dans  la  tour,  on  TrisUui  les  fait  accueillir  en  mena- 
çant la  ch:Uelainc  de  la  mort;  elle  dit  qu'elle  baissait  le  che- 
valier mort,  qui  avait  tué  son  père  *  et  son  frère.  Tristan  veut 
rester  aussi,  mais  se  rend  entin  aux  instiinccs  de  Palamède,  après 
r^Tûir  prié  de  venir  à  la  Joyeu.^  Garde  quanti  il  sera  guéri. 

467.  Tristan  part';  il  emmène  Tun  de»  écuyers  et  laisse 


ta 

I  wimn 


1.  Cf.  s  461. 

î.  Sota  .ievarU}  cri  arbre  104,  336,  1U3,  H(i3,  3J6  ;  i.m5  un  arbre 
veixin  340. 

3.  Jr  *  I   |ue  dans  103.  1 4e3.  355. 

4.  Il  Kusticicn,  les  jmiu^s  de  Hrunor  «l  cotnpaguon»  à  la 
du  jjijj  luuil  liirmi'nt  un  t'pi^od*»  ;»iitVia!  {v.ji  410  \\\.  l\  .«omblTait 

inie  75".  «tcainiit  stipprimôivt  (>|ii?<><U'.  que,  (•t'iMniilaiii,  quelque 

eocnpiUieur,  ncontnni  de  nii^moire,  a  \i\i  fuhriqurr  il'siprrà  li*  n'cit 
Dût  p:ir  T#  rflM  "»  *1nnn('.  ci»n)me  ou  U»  voit,  )I;iiis.  HuKlici(*n  aussi. 
Ml!  —  Au  lieu  de  Guivrol,  24400  dcril  Guinira. 

—  '!«  haut  :  Vrien  et  Gahtriet. 

5.  Var.  :  tat.  Pic.  —  Oitltrt  sa  voye  103. 

6.  767  :  S"     .  u  frère. 

7.  n  u'e»t  plu^  iiuesiiun  de  l'hôte. 


—  326  — 

Trtsian  se  si-  l'autre  avec  Pakmèilc;  puis  il  chan^je  soa  écu  el  en  prend  un 
S"chevaiierà  toul  noir  *.  Il  désire  rejoindre  le  chevalier  à  IVvmi  vermeil  pour 
iv,cu  vermeil,  assistera  la  liatain»' ijiril  doii  soutenir.  Il  appri>che  dcl  chasU^t 
rret.  fjxû  H  (^stoit  enseigniez,  on  on  célèbre  lafâlâd'Uler^*  el  trouve 

Ivain  et  les  autres.  ïvain  et  GuivreL  adinettenl  Tristan  pour 
compafjMion  ;  le  chevalier  à  l'écu  vermeil  ne  dit  rien  ^.  Tristiin 
leur  parle  do  la  mauvaise  coulume  du  cbâLeau>  oii  il  faut  8e 
hatlro  avec  dix  chevaliers.  Le  chevalier  à  l'écu  vermeil  voudrait 
éviter  toute  hataille.  —  On  an-ivc  :ï  une  aiguë  où  il  y  a  un 
pont;  du  coLé  opposfi  se  trouvent  deux  des  chevaliers;  »*iU 
sont  vaincus,  lo»  autres  leur  succéderont.  Tristan  dispense  le 
chevalier  à  l'écu  veruïe4l  de  la  jouti?,  se  dit  pojt  à  se  délwirrasser 
lie  ces  deux  et  lesrenverse  daus  l'eau,  où  ils  se  noient.  Puis  il 
prie  ses  compagnons  de  lui  laisser  l'alTaire  pui3i|u'il  l'a  com- 
mencée: il  est  heureux  de  pouvoir  se  signaler  devant  le  che- 
valier à  l'dcu  vermeil.  Il  délie  donc  les  chcvaïicrs  du  chAleau 
de  choisir  les  meilleurs  d'entre  eux;  il  triomphe  de  ceux-ci  et 
se  lance  ensuite  parmi  les  autres,  qui  étaient  au  nombre  de 
plus  de  soixante.  Ses  compag^nons  lui  vionnnnl  en  aide  :  ou  met 
plus  de  vingt  ennemis  hors  de  combat,  et  on  chasse  le  reste.  Us 
s'étaient  bien  battus  avec  soixante-dix  ^  chevaliers. 

Ivain  et  Guivret,  étant  blessés ,  restent  dans  une  maison  de 
religion;  ils  sont  donc  forcés  enlin  de  renoncer  à  suivre  le 
chevalier  à  l'écu  vermeil  pour  apprendre  son  nom. 

nrunor  cl  Tris-  468.  BruDor^  et  Tristan  partent  ensemble  en  ^Mrdant  l'ia- 
ensembltv**"'^  cognito.  Ti'islan  se  dit  un  chevalier  df  pauvre  affairtf.  Brunor 
raconte  t|u'il  n'a  élé(iue  trois  l'ois  à  la  cour  d'Arthur  :  quand  il 
fut  armé  chevalier,  ijuaud  il  re<;ul  l'honneur  de  la  Table  Honde 
et  quand  la  quête  du  saint  Graal  fut  entreprise.  «  Vous  avez 
donc  vu  Tristan,  i[ui  y  arriva  à  celle  dernière  occasion? 
demande  son  compagnon.  — Non,  répond  IJrunor,  je  ne 
faisais  pas  allention  &  Lui ,  parce  (juc  j'étais  alors  très  malade 

1 .  Var.  :  loul  rtouw(. 

2.  Voy.  S  h'^k.  —  Dp  même  772,  etc.»  103, etc.,  bien  qu'ils  n'&ieiil 
pas  eucor*'  parité  île  co  chAieau  ;  cf.  p.  313.  —  I-e  nom  d'Dtnr  [Vner 
75T  nVsi  [iji-  (Janf.  les  nutrcçi  ms». 

:i.  Ainsi  757,  ini,33fi.  Oans  77-2,97,  3i9,  101,  75S,  ^UOD^Oλ.  il 
ilit  ijiin  noin  bit  plaît  liîen.  Dnnit  tll3,  Riisticion,  il  lui  dit  qu'fiyaii| 
cbi>vaucli'3  par  le  p^iys,  il  doit  couuatm*  a\tc\inc  avtntuve, 

4.  Vw.  :  cinquante,  tin<iuank-Uix  {.t.;  ./jp.J. 

&.  Le  chLH'alior  à  VéiM  vermeil  ue  se  aummc  lui-iiuVmi*  q 
pluttl&ra(§  480). 


tf^ 


—  327  — 

(ia.r  suite  d'une  blessure.  •  Puis  il  donne  des  détails  sur 
la  baiaille  qu'il  va  livrer.  Deui  comp;^ou8  de  h  Table 
Hou'le  donnaieul  côte  à  c/jIc  près  d'une  fontaine,  cjuand  uu 
chevalier  survint  el  tua  iàchcmcnl  l'un  d'eux,  qui  «^Uiit  de  la 
lif^née  de  Ban.  famille  que  le  meurtrier  haïssait  uiortellemeni. 
\ji  ronipagnon  du  tu»'*  ayant  Hv  Morn-M^  d'assassinat  et  mi»  en 
prison,  un  d<'s  membres  de  la  lignoo  s'filait  <Migag<;  à  prouver, 
au  bout  d'un  mois,  que  cette  accusation  était  fondée,  contre 
Brunor,  qui  avait  pris  le  parti  de  rincul()é.  —  Tristan  trouve 
très  probable  que  c'est  Lancelolqui  s'est  chargé  de  la  défense 
de  son  parent;  Bmnor,  cependant,  ne  s'en  inquiète  point. 

469.  Brunor  mène  Trist^iu  vers  un  bûtel  «  où,  lui  dit-il, 
rons  pourrez  voir  une  belle  demoiscllf  ijiii  chante  fort  agréa- 
Idement  el  joue  de  la  harpe  si  babilemenl  que  ce  T.,  qi  (I.  cui) 
tout  aeit  orejidroU  qe  Ujs  U  mondes  prise ,  tmoU  la  aoe  harpe, 
|7  TU'  sernit  gaires  plus  pn'xiez  tiv  lut  t  (f*  22.'ï).  Ils  sont  bien 
reçus  par  le  rMtelaiu,  dont  Hrunor  a  jadis  sauvé  la  vie.  Sa 
6Ue,  à  la  prière  de  Bmnor,  fait  apporter  sa  harpe,  iiu'elie  corn- 
fnence  a  nteviprer  si  l  ien  corne  rlc  If  sauoit  ftrre,  tm  teîe 
mani^'e  qe  les  arnU'ji  tlesus  respondaint  a  celé  dnoz  par 
droiu  concordance  ei  par  droit  son  de  musi*ju£.  Elle  demande 
ii  on  veut  le  lai  qe  T.  /ist  ou  des  tatjs  Lanc.  ou  relui  7e  ma 
ime  ïs.  la  roîne  d^  Cornoallefist,  el  déclare  (|ue.  quoûiue 
ne  connaiss;int  pas  encore  laujour.  étant  pucelle.  elle  préfère 
leâ  lais  de  TrisUtn  à  tous  les  autres.  «  car  »,  dit-elle.  —  et 
Brunor  est  de  son  avis  —  «  personne  ne  sait  comme  lui  trou- 
ver Vîuv  ni  les  paml(»s.  »  Rlle  aime  surtout  le  lai  qu'il  avait  com- 
jMwé  après  le  tournoi  de  Louvezerp  ;  le  Hecort  (var.  Laî)  de 
Vic-foire.  n  C'est  là  un  de  ses  meilleurs  lais.  »  dit  TrisMn.  La 
demoiselle  le  chante  très  bien  :  Aprds  ce  que  f  ai  eu  victoire,  elcJ . 
Puis  Tristan  exécute  le  Boivre  amoureua:  :  La  ou  Je  fui  dedens 
la  mer^  etc.  ^ 


470,  Pendant  qu'il  ch.'»nie,  Dinas.  le  sénéchal,  arrive. 
Tristan  le  prie  de  ne  pas  le  faire  cx)nnaîlre.  Il  refus/*,  de  terminer 
son  lai.  Ï«T  demoiselle  devine  que  \t\  chanteur  r»si   rrislJin,  et 


Arrivée  dr. 
Dinan. 


I.  Manqui*  xVau»  103,  comme  ilani»  Rustidru,  qui  uv  donne  JamAiK 
tic  Ui«.  Apr,  cetf.jc  euvictnin:  llU  \~quc  feue.  34y);Jff  oy  v.  07.  Apr. 
ehw  keaic.  758;  A.  c,  q.  j'ai  hett:  r.  34400;  il.  c.  q.  jt  ta  v.  99;  A.  e. 
gwoir.  336.  Puisque  foi  v.  104. 

t.  Pour  II*  Boivre  afwmmw,  ipii  manipie  (iaiiï:  103,  cf.  ^  80. 


Nouveau  rt^ve 
de  Tristao. 


Brehus. 


—  328  — 

le  dit»  amis  ou  ne  la  croit  pas.  Dînas  raconte  h  TrisLin  que, 
pour  l«  revoir,  il  a  quitté  ]a  Coraouaillc  ei  ensuite  ta  Joyeuse 
Garde,  où  U  avait  promis  h  Iseut  de  ne  pas  retourner  avant 
qu'il  eiU  dos  nouvelles  de  »:elui  qu'il  cherchait.  Il  avait  reconnu 
aussitôt  son  ami  au  Jeu  de  harpe.  Quant  aux  choses  de  Cor- 
nouuillc,  le  roi  Mai-c  a  envoyé  une  dép'îclie  h  ses  ennomis,  les 
Sennes;  Tristan  et  Dinas  n'eu  voient  pas  le  motif.  —  On  va 
donuir. 

Wt.  Tristan  voit,  dans  un  nouveau  rave,  la  Joyeuse  Garde 
et  Iseut  brûlées  par  ïme  flamme  venant  de  Cornoiiaille,  et  luU 
nn}nie  abattu  par  le  roi  Marc,  qui  lui  arrarJie  les  br;is  du  corps 
et  le  cœur  du  ventre.  Cependant  il  ne  s'épouvante  gwéi-e  de 
ce  songe;  U  sait  que  M:irc  n'osi  jtas  assez  Tort  pour  faire  la 
guerre  en  Logres,  comme  le  i-eniaiYiue  Oinas,  à  qui  il  raconte 
ses  deux  rêves  le  lendemain,  quand  ils  se  sont  remis  en  route. 

472.  Dinas  a  déjà  vu  Brunor,  mais  il  ne  connaît  pas  son 
nom.  A  la  cour  du  roi  Marc,  racouLc-l-il,  lininor,  qui  gardait 
lopins  strict  incognito,  avait  vaincu  trois'  chevaliers,  qu'il 
combattit  pour  la  défense  d'un  chevalier  accusé  de  trahison'; 
puis  il  avait  triomidiéde  vinj^t  chevaliurs  i|ui  s'étaient  mis  en 
embustuidc  pour  le  luer.  Soigné  dans  nue  abbaye,  par  suite  de 
ses  blessures,  il  fut  pris  par  les  hommes  du  roi  Marc,  quivou* 
lait  le  mettre  eu  iirisan,  niaifj  Dinas  ont  pitié  de  ce  pn^ux  che- 
valier et  le  délivra  sans  être  vu  par  lui-même,  qui  n'apprit  le 
nom  de  son  libérateur  que  par  les  marins  qui  le  passèrent  de 
Cornouaille  ou  Logrcs. 

'i73.  Kes  trois  coinpa.i^nons  se  re|>09enl  à  nue  fontaine ^.  Sur- 
vient un  chevalier  qui  s'ari*êle  prr'S  d'eux  sans  saluer;  il  dit  les 
connaître,  se  déclare  leur  ennemi,  mais  i-efusc de  leur  apprendre 
son  nom.  Tristan  devine  que  c'est  Brehus  :  a  Oui,  je  suis 
Brehus,  »  s'écrie  le  nouvel  arrivai  en  s'enfuyant  à  l'instant, 
suivant  son  habitude.  Brunoren  est  désolé»  car  il  hait  mortel- 
lement ce  triste  personnage,  qui  lui  a  fait  beaucoup  de  mal  : 
ainsi  il  l'avait  cruellement  blessé  un  jour  qu'il  l'avait  surpris 


1.  Quatre  DU. 

S.  77Î,  97,  101 ,  349,  758.  244uO,  99,  ne  parlrni  pu»  de  trnhiïion. 
Cf.  le  r<''rii  dilTéreuide  Bninor  fjj  483),  (joi  ne  dit  rion  dt^  sa  ditlivranc» 
par  Diimi*. 

3.  L'épisode  suivant  du  combat  do  Brehus  contre  Gianûn  mnnquo 


—  339  — 

endormi.  Tristan  s'ùtoone  que  ce  misérable  soil  encore  en  vie 
a|tW>s  toutes  les  horreurs  doul  il  s'osl  rendu  coupable;  plusieurs 
riievalici-s,  el  parnû  eus  Galaad  *.  d'après  ce  que  TrisUiu  a 
entendu  dire,  ont  été  attaqués  par  lui  de  la  ni^mo  façon  que 
Brnnor.  «  Si  j'avais  le  temps,  dit  celui-ci.  je  me  vengerais.  » 
Tristan  se  dit,  pour  sa  pArt,  moins  irrité  contre  Brebus,  qui  lui 
a  donné  l'hospiialitô  et  qui  sVst  montré  très  poli  pour  lui. 
H  Bab  !  l'ait  Brunor.  r'esi  qu'il  avait  peur  de  vous  ;  vous  ne  lui 
en  devez  aucune  obligation.  » 

Mi.  Arrive  (jau\*ain  cberriiant  Brebus,  de  qui  il  a  A  se 
plaindre.  "Brunor  le  reconnaît  pour  celui  (pii  l'a  renversé 
tâchemeul  au  moment  où  il  était  épui&é  de  fatigue-.  Tristan  ne 
lui  dit  pas  que  c'est  Gauvain,  el  Bruuor,  pressé  par  son  atîaire, 
ditl'ère  sa  vcngean:^e.  Tristan  ayant  déclaré  que  Brehus  ne  le 
cède  pîis  en  bravoure  à  Gauvain  et  que  ces  deux  sont  aussi 
bien  faits  pour  se  comprendre  que  ta  félonie  el  la  trahison  3, 
Gauvain  le  déHe  sans  reconnaître  ni  lui  ni  Bruuor.  Tristan  le  rîauviin  M^nr- 
désarçonne,  rengage  à  se  cxjrrigcr  de  ses  gravons  défauts  et  lui  ^Tpiiun"^ 
déclare  qu'il  le  priverait  de  son  cheval  s'il  n'éiait  le  neveu 
d'Artbnr.  Il  lui  indique  la  direction  qu'a  prise  Brobus,  et 
Gauvain  s'en  va  à  sa  poursuite. 

175.  î^»s  trois  autres  se  remettent  en  chemin.  Trislan 
apprend  maintenant  ^  Brunor  que  c'est  Gauvoio  à  ijui  il  a  eu 
air;iirc.  «  Comment!  s'écrie  Brunor;  ce  serait  ce  héros  dont 
lout  le  monde  a  laot  loué  la  courtoisie  et  la  valeur.  —  Oui, 
répond  Tristan;  c;ir  il  est  bien  changé;  à  présent,  c'est  tout  le 
contraire  V  u  Survient  le  cheval  de  Brehus,  les  brides  outre  les 
jambes.  Tristan  le  (ail  prendre  et  mener  avec  eux. 

ihns  RuAtidon  rt  103,  mi  les  compagooDs  orriveni  immédiatement  au 
lieu  du  combnt  [cf.  ^  47S). 

».  Cf.  §V23. 

î.  Rucomé  (lanit  757;  voy.  §  450.  —  Le»  mst*.  ipii  ahrôftcnl  à  ce 
rioniier  endroit  re |)roilui*ent  ici  la  romanfiir  »\\r  l'attaque  de  Guuvuiu  ; 
cf.  p.  313.  —  Dans  772  (f  289  c),  In  main  c.»rr«ciricc  (voy.  §  290 
nute)  a  altéré  t4>ul  co  pai^sajte  si  peu  It  itu>ur  pour  Gauvuiii,  jiistju'aux 
vnou  :  Urehus vient  d't^trcdésarvounépariinelipvulier  qtii.t^tc.  l84"5): 
(iauvain  et  Tristan,  dit  le  eiirrcetfijr,  jtiuicnt  vi\  fiiisanl  prt'uvo  tous 
lt>.s  dpHx  d'une  égale  bravoure;  enfin  ils  se  reposent;  Ontivain  dit  aon 
nom,  pl  Tristan  jette  ses  armes.  Aprè«uii  peu  de  conversation,  Gauvain 
B'eu  va. 

3.  Cf.  ^  37 

4.  «  L'ftuienr  du  roman  de  Tristan  poursuivit  le  xn6me  but  [que  Tau- 


vuin  coDiro 
Drefauft. 


M.Tuiitrîa  (lu 


—  330  — 

Brobus  vicnl  rt'Ûlre  désarçonné  par  un  chovalicr  qui  Tavait 
trouvé  près  d'une  fonlainc.  «  Ramenez-moi  mon  chevaJ,  dit-il 
au  vainqueur;  cela  est  de  voire  devoir,  puisque  vous  ôtesclic- 
valicr  errant,  litre  qui  oblige  à  faire  toutes  sortes  de  courtoi- 
sies. M  En  ce  moment  survient  Gauvuin  ',  ce  qui  fait  ^and'pcur 
îi  Brchus,  non  pasà^uise  de  la  valeurdeGauviiin,  mai.s  parce 
qu'il  est  à  cheval.  Kn  effet,  le  nouvel  arrivé  u'hèsiLe  pas  à 
Combat  diGau-  galoper  contre  Brehus,  qui  tue  te  cheval.  Le  cavalier  tombe,  et 
Brehus  lui  arrache  le  heaume.  Suit  un  combat  à  l'ôpée, 
Gauvain  a  beaucoup  de  difficulté  à  se  couvrii*  contre  les 
atUujues  furieuses  de  Brehus,  tout  en  étant,  on  ne  saurait  le 
nier,  meilleur  escrimeur  que  celui-ci.  Le  chevalier  qui  rc^'ardc 
voudrait  bien  mettre  tin  à  la  bataille,  mais  il  iic  sût  comment 
s'y  prendre.  G'e-sl  le  tils  charticl  du  roi  Marc,  Meraugis  de 
hii'tlesguez'^',  pour  des  détails  sur  ce  personnage,  on  pourm 
consulter /a  qrant  kstoirc  démons,  T.  ^. 

476.  Surviennent  Brunor,  Dinas  et  Tristan.  Ils  regardent  le 
combat.  Gauvain,  qui  se  sent  prés  d'âtre  vaincu,  bondit  sur 
Brehus,  l'enlace  dans  ses  bras  et  le  jette  k  terre.  Déjà  il  va  le 
tuer,  quand  Brehus,  lui  envoyant  ses  deux  pieds  en  pleine 
poitrine,  le  renverse,  en  recevant  entre  ses  pieds  l'épéc  de  son 
arlvci-saire,  que  celui-ci  a  laissée  tomber.  Tous  les  deux  se 
relèvent;  la  situation  de  Gauvain  est  devenue  cxtrimcmenl 
critique.  Brehus,  se  rappelant  leur  ancienne  compagnie  d'ai'mcs 
du  temps  où  Gauvain  était  eu  (luôte  du  vainqueur  de  la  Dou- 
loureuse Garde  *.  se  diiclare  pr<ît  h  l'éparj^ner.  à  une  condition  : 
c'est  qu'il  portera  son  Ocu  «  sens  dessus  dessous  »  à  la  cour 
d'Arthur  et  que,  chemin  faisant,  il  dira  à  ceux  qu'il  rencon- 
trera qu'il  a  éiù  mené  à  outromce  par  Brehus.  Gauvain  ayant 
refusé,  Brehus  s'avance  pour  le  frapper,  mais  l'autre  fait  un 
saut  Je  côté  et  donne  un  violent  coup  sur  le  bras  de  Brehus, 
dont  ]'(ipéc,  volant  à  torrc,  est  ramassée  par  Gauvain.  Brohus 


leur  du  I^ûcoïot],  ni  alla  infirao  plutt  lotn,  en  dénaturant  le  caractère 
roiittaort^  dt^  Gauvuin  au  profit  du  hcrros  (!(«  la  Comouailln.  n  P.  Paris, 
Rom,  fk  (.  T.  fl,,  V,  153,  noltf. 

1.  773  [cf.  ci-dessu»)  remplaça  ici  Gauvain,  dont  lu  nom  est  etTac^. 
par  ûrianl  des  Itles. 

2.  Var.  Merengis.  —  "57  une  foi»  :  Pioti^fues. 

3.  Upremift  livre  de  mom.  Tr.,  33fi  ;  If  Uvre  dâ  Tr..  772 ,  117,  349, 
101,  «9,  758;  rifudu  uiul dans 24400. 

4.  772  attribue  a^la  également  à  Uriaut. 


—  331   — 

saisit  celle  lie  son  «adversaire,  un  présent  d'Arthur,  et  presque 
aussi  bonne  iju'EscAlibor  *,  Peu  après,  Gaurain  lance  un  coup 
forniiflalile,  '|ui  faii  Priser  l'épée;  il  ic  pri^cipitc  alors  contre 
Uivhus  pour  lutUîr  corps  à  corps,  A  la  (in,  celui-ci  a  le  dessus, 
el  Gaurain  tombe.  Brebus  l'aurait  lue  ^i  Merau;;is  n'était  veau 
lui  ôier  l'épée  de  ta  main.  Brehub  en  appelle  aux  autre»  : 
«  Moi.  rtii>on«1  Tristan,  je  dois  tenir  pour  le»  »Tjm|iagnons  de 
la  Table  Ronde  ;  tout  ce  que  je  puis  fn'ut  pour  vous,  c'est  de 
TOUS  rendre  votre  chL'val.  —  .ïc  réclame  au  moins  l'épée  du 
vaincu,  n  proteste  Brehus,  mais  Meraugis  la  lui  refuse,  et 
Tristan,  tout  en  donnant  raison  à  Brehus,  aime  mieux  rester 
neutre  :  <t  Ge  endioit  de  vwt\  dit-il,  nd  in'eti  entremeirai  Ja 
entre  tant  de  preudomes  CAtmme  ci  a.  »  Brchus  s'en  va ,  en 
remcrriant  Tristan.  i|u'il  appelle  le  meilleur  chevalier  du 
monde,  et  <>n  menaçant  Merau^is.  Brunor  rejoint  Brchus,  qu'il 
essaye  vainement  de  décider  h  lui  dire  le  nom  de  Trisuin  ;  trop 
>n  chevalier  pour  fiuployer  la  force  contre  un  adversaire  sans 
i.  il  laisse  partir  Brebus  et  retourne  à  ses  compagnonSv 

477.  Meraugis  donne  son  cheval  à  Gauvain,  qui  part  avec 
lai,  en  pleurant  de  rage.  Il  sera  mis  a  mort  par  Gauvain,  deux 
mois  plus  tard,  comme  on  le  trouvera  dans  le  livre  de  Robert 
de  Borron. 

Branor,  désireux  de  savoir  le^iuel  est  le  meilleur  chevalier 
de  lui  ou  de  Tristan ,  aurait  bien  voulu  changer  ses  armes  ytonr 
provo<|uer  ce  dernier  à  la  joule,  mais  il  n'en  pourra  rien  être 
avant  qu'il  ait  soutenu  sa  bataille. 

478,  On  arrive  au  Chastel  estroU,  ot\  la  bataille  aura  lieu , 
le  lendemain,  devant  le  duc  de  liand^borc  ^.   Le  chevalier 


Défitio  de 
Caut-aia. 


l.  Var.  Ssealiboure('t].  —  TT'2  n^dil  c«pcniUi)i  pus  que  Driant  l>ùt 
tvnse  Ju  f«i  Arthur.  —  Cf.  !*•  Lawtht  {V.  Pari»,  Rom.  <ir  I.  T.  ff.,  U, 

2^  De  tné!ne104, 33G.  tiauiUbaurc  i>t  Audrh(Htrc  99;  Audebourr.  103, 
Uusiicipji  {cl.  it44*Jdi;  inauipip  doiiti  97,  .U9,  lOt  (cr.  U9b);  fitoebourc 
772  {ci.  ilt.|;  BrUbimrc 'Itii,  Btihehourche  24400;  Diubfrgo^  Ùubergn» 
Ànduîltrrgho  i\At\^  la  Tar.  Rit.,  où  l^-inrolot,  étant  en  nvontures,  trouva 
Ilrurirjp.  qui  lui  n»prorJie  lu  morl  dp  son  frûn»  Banifl  ;  iti;  s'jiccnnlGnt  à 
-  ;  iUrf  a  milraiiOT  dixjimrïi  [ilu?  lard.  I*iiii?  Rninor  vu  à  la  JnynuBf» 
t^J/*,  nû  Trisijiti  cons*-'nl  à  lui  pr^l^r  ses  armos  :  rnsuilo  il  rrtonmp 
i>l  ne  lut  avtf  I..niii:i.'lui.  qtii,  voyant  If"*  armps  di'  Tristan,  crtut  avoir 
aiTurr  H  lut.  Jiruiior  revient  à  U  Jny.  G.  et  dit  qu'il  A  ou  un  cttmhiit 
avrc  uti  clit'\-ulier  utrungor.  Mnis  LanotMot  vrut  »  vengPT;  la  suit* 
coinni«>  lUnfi  757,  voy.  ^  48'J. 


—  332  — 

accusé  de  trahison  est  le  frère  du  chevalier  à  l'<!cu  vermeil.  On 

se  loge  chex  un  vavasseur,  qui  va  se  renseigner  à  i'hÔtcl  de 

Tadversaire  di^  Brunor,  el  apprenr!  qun  cVsi  Laacelot  71  la 

bactmlle  devait  fere,...  et  il  avait  amen^  en  sa  compai'jnie 

Blioberisot  Heelor;  loduo  l'o/iore  de  çuaîit  que  il puet.  Brunor 

Lapccloi  croit  cependant  no  nord  pas  courace.  Lancelol,  de  son  côié,  envoie 
devoir   cora-  1  .    .-    p  j  1  .  •  .       /a      •    j- 

bftitreTrisiaa.  un  valet  s  inlormci'  du  nom  «0  son  antagoniste.  On  indique 

Ti'istan  au  messager,  qnî  le  reconnaît,  cl  qui  rend  son  maître 
très  chagrin  en  lui  rapportant  c*«tle  nouvelle. 

Tristan  reste  avec  Brunor,  quoique  craifjnant  que  Lancelol 
nes'on  fâche.  Il  se  propose  de  s'éloif^ner  le  lendemain,  à  l'insu 
de  tout  le  monde.  Il  pit^te  son  écu,  son  heaume  et  son  épée  à 
Brunor,  qui,  pendant  la  nuit,  veille  dans  uue  église,  avec 
Dînas  et  Tristan.  Celui-ci  se  fait  armer,  le  lendemain,  de 
manière  à  ce  que  personne  ne  le  reconnaisse,  el  on  va  à  l'en- 
droit où  le  comliat  doit  se  livrer. 

Cimbat  de  Lan-  479.  Par  courtoisie,  le  duc,  seigneur  du  pays,  dispense 
ch?'vaUer  à  Lancelol  de  priiter  le  serment  qui,  gt-néralemcnt,  prWdail  tes 
l'écu  vermeil,  liatailles  de  cette  nature.  Brunor  se  signe  et  se  recommande  à 
Dieu.  Tristan  le  met  en  champ,  el  la  lutte  s'enj^age.  Les  deux 
champions *V/i7iv;>or/^/i/ à  la  terre  et  s'évanouissent;  revenus 
enfin  à  eujc-inémes,  ils  commencent  rescrime.  Le  combat  est 
long  el  terrible.  Brunor  fait  preuve  d'une  grande  hravoure. 
Lancelol.  qui  a  reconnu  lépée  de  Trislan,  nién;ige  ses  forces  à 
ce  point  qu'aux  yeux  des  spectateurs  il  p.isse  déjà  pour  îivotr  le 
dessous,  lorsque  la  bataille  est  arrêtée  par  un  chevalier  qui 
vient  révéler  lu  vérité  sur  la  cause  :  «  J'arrivai,  i*aconle-t-il, 
avec  unconipayuon  d'aruics,  à  une  fontaine  où  dorm.^ient  deux 
chevaliers  ^  Mon  camarade  tua  l'un  iVeun  et  m'emprisonna 
ensuite  pour  m'emptîchcr  de  le  perdre.  Ayant  recouvré  ma 
lil>crté,  grAce  au  secours  dune  demoiselle,  je  courus  ici  pour 
dénoncer  le  coupable.  »  —  L'assassin,  un  d*>8  xr^'^uds  soigneurs 
du  (lays,  se  voilà  la  fin  force  de  confesser  son  crime,  cl  est  mis 
en  prison.  Brunor  quitte  le  duc  sans  vouloir  s«  nommer,  en  le 
priant  do  dire  an  chevalier  accusât  dont  rinnoccnce  vient  d'être 
prouvûc,  qu'il  pourra  le  li-ouver  s'il  se  rend  vers  la  .ToyfuA*! 
Garde 


J.  Voy.  S  46Jï 


—  333  — 

480.  Tristan  reste  *  plus  de  huit  jours  '  avec  Brunor,  qu'on  Tnsiiin  n»îi« 
soigne  dans  un  hôtel,  ei  envoie  Dinas  à  la  Joyeuse  Garde  con-  Jk*U  **"*"^'' 
soler  Iseut  en  lui  assurant  que  son  amant  rentrera  pi-ochaine- 
nemenl.  Il  continue  a  tenir  compagnie  au  chevalier  à  Vécu 
vermeil,  dont  il  veut  absolument  savoir  le  nom;  il  s'est  aperçu 
quo  l'iaconnu  aime  par  amours^  et  il  suppose  bien  qu'un 
tel  chevalier  a  mis  son  cwsr  en  haut  leu  et  qu'il  doit  aimer 
une  dame  comme  Guenièvre  ou  lâout.  Brunor,  pendant  sa 
convalescence,  joue  de  la  harpe  cl  chante  des  lais  ^  toujours 
ioconnus  à  son  compagnon,  qui  lui  demande  entin  poun^uoi 
il  ne  chante  jamais  de  lais  de  Tristan,  «  ja  esloieni  il  si  Aon,  ConversatioD. 
ce  disoient  plusors  qenz.  »  L'autre  répond  qu'il  a,  quant  aux 
lais,  le  mâme  sentiment  que  {>our  les  armées  d'autrul,  qu'il 
n'aime  pas  à  porter  si  elles  ne  sont  de  son  Roiit.  Il  reconnaît 
devoir  toute  sa  renommée  à  son  amour.  Tristan  le  questionne 
sur  ce  point.  Le  chevalipr  lui  demande  s'il  aime.  «  Oui,  n^poud 
Tristan  ;  je  ne  cuit  qe  en  nostre  têtu  sou/f'rist  [a]  tant  chevalier- 
par  amors  comme  J'ai  soii/fcrl;  ce  qui  me  soutient,  c'est  la 
conscience  d'aimer  la  plus  helle  et  la  plus  noble  dame  du 
monde.  —  Dans*  kg  ras.  nous  aimons  la  niéme  personne.  — 
Biih!  chacun  cruit  aimer  ta  plus  belle.  —  Mais  la  mienne  l'est 
réellement.  —  Dites  son  nom,  et  nous  verrons.  —  Quoi! 
découvrir  mes  amours!  L'en  le  me  porroit  atorner  a  vHoniet 
et  par  reson.  — Ah!  vous  n'osez  pas?  Votre  dame  ne  mérite 
donc  pas  vos  tîloges.  n  Ils  s'accordent  enGn  k  se  faire  voir  leurs 
dames  Tun  à  l'autre. 

^81.  Dès  (jue  Brunor  est  guéri,  ils  partent  ensemble. 
Trisliin  rappelle  la  convention  qu'ils  viennent  de  conclure  : 
•  Soyez  trauquillc,  dit  Brunor;  vous  verrez  celle  que  j*aime; 
chevauchons  maintenant  c^/Ze  paî't,  car  il  me  l;irde  de  nie  rap- 
proi'her  de  ma  dame.  »  Son  compagnon  chante  des  lais  ([uc. 
pour  donner  le  change  à  Brunor,  il  prétend  avoir  appris  en 
Cornouailte  par  Tristan ,  avec  qui  il  a  passé,  dit-il,  deux  *  ans 
dans  ce  pays.  Puis  la  conversation  tourne  sur  l'escrime  et  le 

1.  Dans  1o3.  Trit-tnn,  nninnr  et  Dîna-*  rentront  immiMiAtt^imnit  à 
la  JoytMJsit'  GanU*  i  «  Noti^  iu>  nou«  occuporon!<,  pas  de  leur  \u\BgB  ; 
ce  p4>rait  trop  longue  malière  »  );  RuHticien  f^iii  d'aecurd,  sauf  pour 
Dimu^.  voy.  §  487,  uute. 

2.  Var.  :  huit  jours. 

3.  Var.  :  Jilf.  lait  et  dons  ehaaa  fcoafuÂioa  avec  douse). 

4.  jywft772,  97,  340,  loi,  758,  24400,  99. 


^^ 


—  3:^'»  — 

jeu  «i'échecs,  el  l'un  et  l'autre  se  diseut  (lasséj*  maîtres  dans  vea 
doux  nobles  nrls. 

482,  Ils  s'approchent  de  la  Joyeuse  Garde.  Tristaa,  recon- 
naissant la  conir)i*%  coiniirend  qu'Iseut  est  In  dame  du  cheva- 
lier à  r<Scu  vermeil.  Il  se  dit  que.  si  elle  l'a  trompii.  il  f'oc^irra 
.,et  le  chevalier  autressi  ',  mais  que,  si  celui-ci  aime  comme 
Palamède  par  cxempLef  il  ue  lui  fera  aucun  mal.  D^jàon  peut 
voir  le  château,  et  le  chevalier  avoue  que  \h  se  trouve  sa  dame, 
qu'il  dit  aimer  eu  tout  bien,  tout  honneur.  Tristan  demande 
des  détails;  on  s'arrôte,  el  Brunor  raconte  : 

CûBunoDi  Bru-  483.  <x  A  rép0(]ue  où  Tristan  était  emprisonné  en  Cor- 
nor  s'éprît  nouaillf,  avant  sa  ilOlivranoe  par  Porceval  le  Gallois,  j'en  appris 
la  nouvelle  par  uu  chevalier  de  Cornouaille,  que  je  rencontrai 
en  Logres.  Je  passai  immédiatement  en  Ornouaillc  pour  déli- 
vrer le  célèbre  héros;  mais  personne  ne  put  me  reni»eij:ncr 
sur  l'endroit  où  on  l'avait  enfermé.  M'étanl  rendu  à  la  fèie 
commémorative  de  la  mort  du  Morhout,  célébrée  dans  l'île  de 
Saint-Sanson,  je  vis  pour  la  premi^'re  Tois  la  Iwille  Iseut  et  on 
tombai  auisçilôt  amoureux,  à  ce  point  que  jo  ne  pus  m'emi)tl- 
cher  de  la  regarder  sans  cesse  pendant  les  jeux  d'armes  onlre- 
pris  h  cette  occasion  solennelle,  auxquel.s  prirent  part  le  séné- 
tlial  Dînas  et  les  auli-es  chevaliers  présents.  Le  roi  Marc  me 
lit  inviter  par  un  valet  à  jouter  :  je  refusai  avec  dépit.  veJté 
d'être  dénmgé  dans  ma  contemplation.  I^o  lendemain,  les 
choses  se  passèrent  de  même.  Au  roi  Marc,  qui  m'envoya  cette 
fois  une  demoiselle,  je  répondis  comme  la  veille  :  «  Encore  îus 
mfi  prie  nul  por  qije  feïsse  d'nrnu-s.  »  Marc  s'adressa  alors  à 
Iseut,  qui  envoya  —  à  contre-cœur,  car  elle  était  fort  irisle  • 
—  une  demoiselle  me  prier  de  la  part  de  la  leine  et  des  autres 
(lames  de  rompre  une  lance.  Jugez  do  mon  bonheur  :  jo  me 
tins  pour  riche  et  mieux  payé  que  si  le  roi  Arthur  m'eùl 
donné  sa  meilleure  cité.  Je  gagnai  le  prix  de  r«tle  journée, 
malgré  la  présence  de  plusieurs  compagnons  de  la  Table 
Ronde,  qui  étaient  venus  pour  délivi'or  Tristan  et  parmi  les- 
quels se  trouvaient  Gaheriot,  Hector,  Lamorat  *.  qui,  cepen- 
dant, comme  plusieurs  autres,  s'abstenait  de  porter  le^s  armes.  Je 

1.  Mois  77Î,  07,  349.  iOI.  758,  24400.    99  :  il  tt  saira  (tnir 
crime);  24400  ujoutc  :  tlrs'en  rq)wilir<2U. 

2.  Car  elle  ne  Mvait  rien  de  Tristan,  ajorne  757. 

3.  104  ;  Li  moras  du  lauUs,  fauie  pour  :  Laiziuraz  de  Gaule. 


■ 


quiiiat  la  coiir  luflTveraenl  et  ^gnai  lu  mer,  où,  jiar  une  yisf, 
je  me  fis  passer  ouitre,  et  puis  ni  en  alai  a  an  henniftige  ou 
je  avoie  geû  dclz  nuiz  devant  '.  Le  troisièmo  jour,  m'étaûtfait 
inviler,  de  ta  même  façon  que  la  veille,  à  prendre  part  auj 
joutes,  je  lus  de  nouveau  vainqueur  dans  le  tournoi;  mais 
lorsque  je  voulus  partir,  le  roi  me  relini,  et  je  consentie  a  rester 
quelque  temps  k  la  cour.  ApW^s  sept  mois  de  séjour,  je  fis  mes 
adieux  à  Iseut*  qui  eut  la  lionté  dem'acccplcr  pour  son  cheva- 
lier, eu  tant  que  l'honneur  de  Tristan  n'en  soulTrirait  point. 
Le  même  jour,  Dinas  fut  accusé  d'avoir  tué  un  chevalier,  et, 
se  trouvant  être  blessé  %  ne  put  soutenir  le  combat  à  outrance 
nécessaire  pour  prouver  sou  innocentée.  Voulant  taire  plaisir 
à  la  reine,  je  me  chargeai  de  la  défense  du  séurchal,  et  je  fus 
vainqueur  dans  la  lutte  ^.  Je  quittai  la  CoruouaiUet  où  je  ne 
suis  revenu  qu'une  fois,  sans  trouver  Iseut,  qui  était  partie 
pour  le  Logres;  je  passai  dans  ce  pays,  et.  ayant  appris  qu'elle 
était  À  la  Joyeuse  Garde,  ofi  son  amant  ne  se  trouvait  pas  en 
ce  moment,  j'y  allai  la  voir  pour  me  faire  dire  par  elle-mi^me 
sa  vrjlonlé  V  Elle  me  reçut  avec  bonté  et  me  lit  loger  convena- 
iilemeni  dans  le  village.  Depuis,  je  n'ai  jamais  eu  le  bonheur  u  voui  sllfr  la 
de  la  revoir,  mais  nous  voilà  déjà  tout  pn.V»  de  la  Joyeuse  .  revoirai* 
Garde,  ou  j  ai  I  intentiou  d  alK-r,  pendant  I  absence  de  Tristan, 
saluer  celle  que  je  n'ai  cessé  d'adorer,  et  A  qui  je  suis  redevable 
autksi  de  la  gloire  ({ue  j'ai  pu  gagner,  car  sans  mon  amour  pour 
cUe  je  n'aurais  jamais  acquis  la  répuiatiou  de  grand  cheva- 
lier. 1) 

Tristan  lui  demande  s'il  n'a  point  eu  d'Iseut  des  Êiveurs 
plus  marquées  :  —  «  Non,  est  la  réponse;  je  n  étais  d'ailleurs 
assez  renommé  pour  «jipirer  à  cela.  Je  finirai  probable- 
it  comme  lelils  de  Hoiïl,  Kahedin  *,  qui  morutbien  par  lui 
(Iseut)  amer,  et  encoreen  sai  (je  hion  le  laiqe  il  JUtd^  S'amor 
a  sa  mort,  ou  comme  cet  autre  malheureux,  qui  eut  le  même 
sort,  Celices  *^,  parent  de  Galehoul,  et,  pendant  deux  ans,  mon 

t.  Var.  :  Is  tcir  {la  nuil]  devant. 

2-  Au  lieu  de  ceUt?  remarque,  Il>b  mus.  des  fiunillp)»  de  77t  cl  Ul"  99 
iNiitem  :  ■  Diuas  Ht  moi,  uou»  m*  nouâ  étious  point  vus  saiu  araiure, 
car  iti  SL'oéchal  avait  été,  jusqu'à  mou  dt^part,  m  la  ^n  de  ComoaiUe.  u 

3.  Oi>  oela  Uioas  u'avail  dit  mol  (voy.  J  472). 

h.  Var.  :  ionptfsir. 

5.  Df  mémi»  104,  33fi;  cf.  S  100.  Les  autres:  Naninut:  ait$*i  772, 
uù  il  y  a  uuc  coufii^iou  à  celeodrail. 

6.  Var.  :  CiUsa,  Ceiittu. 


—  336  — 

compagnon  d'armes.  Ce  fui  lui  qui,  {)Our  la  preiiiiùro  fois,  me 
parla  de  l'iacoiuparable  Ijeaulé  d'Iseut  ;  plus  Uird.  les  louau};o9 
qu'il  avait  l'habiludo  de  prodi^'uer  partout  à  sa  daaie  lui 
valurent  une  terrible  bataille  avec  l^incelol.  »  TrisUn  insiste 
pour  avoir  cette  histoire,  et  Binmor  la  lui  raconte  : 

Combat  di«  C&-  48K  Celîces  avait  vu  Ineut  lora  du  combat  de  Tristan  nvec 
ilîncelo?"^'^*  Galehout,  dans  l'ÏIo  îles  Géants,  romlmt  qui  fut  arivl^  par  le 
roi  des  Cent  Chevaliers  *.  Puis  ii  avait  passé  en  Cornouaille 
et  s'était  distingué  au  point  de  rendre  Brunor  désireux  de  sa 
compagnie.  Un  jour  les  deux  compaj^nons  firent  halle  à  une 
fontaine.  Lancelot  arriva,  et  sans  les  connaiii'c,  ?e  reposa  aïoo 
eui.  Celicos  ne  l'aimait  point  :  il  no  lui  avait  pas  parduurié 
d'avoir  été  la  cause  de  la  mort  de  Galcbout  *.  a  Quel  est  le 
meilleur  chevalier  du  monde?  lui  demunda-l-il.  —  Il  nVaquc 
quatre  chevaliers  qui  compleut,  répondit  Lancelot;  les  deux 
sont  parfaits,  et  les  deux  autres  nv  sont  mie  de  celé  bonté. 
À^'ant  tous  il  faut  nommer  Tristan  ;  après  lui  vient  le  jeune 
Lamoral;  le  U*oisit>.me  est  Palamèdc,  et  *lel  quart  ne  m? 
demaviles  mie,  ar  je  ntf  vous  en  diroic  riens  ■*.  —  Fort 
bien  !  Del  quart  me  sosfoTai  Je  bien  a  ceste  fois,  car  je  le 
cuit  bien  (var.  auquos)  connoistrt't  »  dit  Celices,  eu  l'fn-  • 
géant  ensuite  h.  nommer  les  plu^  belles  dames  tiu'il  ait  vu  .- 
dans  sa  vie  :  «  La  plus  belle,  répondit  Lancelot,  c'est  la  reina 
Gueniùvi-c;  la  seconde  est  Iseut  de  Cornouaille;  après  ces  dei 
viennent  Heloine  sans  pair  *  et  la  fdlc  du  roi  Pelles,  »  M&il 
Celices  n*a(V,epta  point  ce  jugomcut.  «  Comme  Tristan  ,  dit-il, 
est  le  premier  en  chevalerie.  Iseut  est  la  ppomière  en  beauté.  • 
Lancelot  prolesta  :  «  Vous  ne  dites  mitJ  vérité,  «  [et]  cil  ir*- 
pondi  qe  si  fesoit.  Et  en  lele  manière  conimetiça  la  mellee  de 
euh  deuœ,  dans  laquelle  Lancelot  aurait  eu  le  dessous  si  les 
combattants  n'eupsent  été  séparés  par  deux  chevaliers  do  la 
Table  Ronde,  qui  survinrent. 

485.  Tristan  et  Brunor,  arrivés  à  la  Joyeuse  Garde,  se 
logent  chez  un  vavasscur  ^  Tristan  ne  se  fait  pas  désarmer;  il 

1.  Vov.  §  4L 

S.  Dana  le  Lanc«m  (P.  P»ris.  Rom,  lie  la  T.  «.,  IV,  ;i48-350}»  il 
est  raconté  que  Galplioul,  cntyarit  t^nncnhit  mort,  en  niRurttl»  chn^io. 

3.  La  tiernière  phrase  manipie  (Uns  les  famillp«  tla  772  ri  de  y9. 

4.  ManiiuR  dana  771'.  —  'JT,  lUl,  'i^'^.  7ôS,  1*9  ;  tîrlame  fsîimt  sur- 
nom) ;  fnutc  ilans  24  100  :  lu  irui-siemoest  Ilelaino,  In  HHu  du  n)i  PcIIm, 
et  In  quatrionip  la  roioe  d'Orcanie. 

5.  Cf.  8  371. 


I 


—  337  — 

dil  k  Bruaor  qu'il  ira  au  chAtoaii  trouver  un  de  ses  ami.s,  et  il 
C4>url  embrasser  IseuU  Elle  lui  apprend  (|ue  Dînas  et  Dinadnn  ' 
Tattendent  depuis  quatre  jours,  et  (fu'il  les  verra  bientôt,  lors- 
qu'ils seront  revenus  de  la  chasse.  D*accord  avec  son  amant,  Trisun  et  ImoI 

Iseut  envoie  un  valet  inviter  Brunorà  venir  la  voir  au  château,     r/""^  ^*'°'î^ 
rwt  .    1      ■   •       .     \  I         .•  I  Urunor  a  la 

Transporte  de  joie,  le  bon  chevalier  peni  conlenauce  :  son  Joywuse  u&nto. 

trouille  est  tel  qu'il  veut  courir  chet  sa  dame  sur-le-champ,  armé  ; 

le  valet  est  obligé  de  lui  rappeler  les  convenances. 

486.  Ayant  fait  toilette,  il  se  rend  au  château.  Pendant  qu'il 
devise  avec  Iseut,  on  vient  tout  îi  coup  annoncer  Tai-rivée  de 
Tristan.  Bruiior,  cousterué^  veut  se  retirer,  mais  Iseut  ne  le  lui 
permet  point.  On  jugede  sustupéfailion  lorsque,  dans  Tristan, 
il  reconnaît  son  compafînon  de  voyage.  «  Rtes-vous  venu  pour 
ma  honte  ou  pour  mon  honneur?  o  lui  demande  Tristan,  qui 
voudrait  lui  Taire  peur.  Lics  deux  chevaliers  se  retirent  dans 
une  autre  chambre,  et  Briinor  déclare  qu  il  aime  uiieux  mourir 
que  d'abandonner  son  amour  pour  Iseut.  Tristan  ne  lui  en 
veut  pas,  maintenant  qu'il  connaît  et  admire  tes  hautes  qua- 
lités de  son  hûte,  qui,  sur  la  piùère  de  Tristan ,  dit  son  nom , 
qu'il  disslmulaitdepuis  si  longtemps  :  Brunor  le  noir,  le  i^aht 
à  la  cotte  mal  taillée  *.  Tristan ,  fort  content  de  donnei-  l'hos- 
pitalité à  un  ai  renommé  chevalier,  s'empresse  de  lui  affirmer 
qu'il  ne  lui  garde  p;is  la  moindre  rancuue  de  son  innocente 
rivalité. 


487.  Dioadan  et  Dinoâ  ^reviennent de  la  chasse,  et  Diaadau  PlatMotenes  de 
lémûïgne  sa  joie  de  revoir  Tristan,  qui  lui  dit,  en  lui  indiquant  l'in**»"'»- 
son  frèie  Brunor  :  «  Conn;ussez-vous  ce  chevalier?  —  Oui, 
réplique  Dinadan,  il  n'es$  mie  granment  plus  sage  de 
vouSy  car  auqut^s  estes  an4ui  d'un  sen;  je  m  sai  le  plus  sage 
eslire  de  vous  deuh.  —  De  moi,  fait  Tristan,  vous  pouvez 
dire  ce  que  vous  voudrez,  mes  de  cestui  laissiez  ester  le  parle- 
tint,  qe  vous  n  estes  mie  son  pareill.  »  Dinadau  répond  en 
Duriant  :  «  L'uti  sa'je  vet  Vautre  hcntf  et  H  u/u  fox  ne  blasme 
mievolentùrs  C autre  ;  se  je  fusse  fox  aussi  corne  il  esty  aussi 

I .  I^  irrre  de  Brunor,  que  celui-ci  avait  fait  prier,  par  le  duc  de 
Handeliourc.  de  venir  ïr  rpjnindre  k  la  JoyeuseGardo;  cf.  $§  47ft,  479. 

î.  CF.  !^  UiS,  nute.  —  104  l'iippello  Bruruhorz. 

3.  DiiiAw  manque  «Uns  7&7,  104,  33G.  —  Diniis  i^tail  arrivr  iloU7<* 
Jourii  auparavant .  dit  Husticion,  ttans  explication.  —  Daûd  1U3,  Uina^ 
xnixe  avec  TrivUu  •■(  Brunor;  cf.  $  480,  nute. 

UWBTU.  —  Trialan  22 


■ 


Arrivée  de  Pa- 

Inmôde. 


—  338  — 

grûnt  pris  «w  donisnez  cimi  vous  fêtes  a  lui;  andotts  voum 
eonois  dusques  es  cucrs,  »  On  rit  et  lu  joie  est  grande.  Tous 
les  ImbitanUs  tic  la  Joyeuse  Garde  honorcni  beaucoup  Dînas,. 
Dinadan  ei  Brunor.  IseuL  raconte  comment  Gauvain  ',  i'ayant.1 
oiVcnsée,  avait  été  vaincu  par  Krcc.  Tristan  promet  de  se  ven- 
ger, s'il  trouve  Gauvain  per  a  p0i\ 

i88.  Trois  jour-s '■  plus  t.ird,  au  soir,  après  souper,  la  con- 
versation roule  sur  les  Lons  chevaliers  de  la  quête.  On  parle 
justement  de  Palamède,  lorsciu'il  arrive  un  valet,  qui  dit  ï 
Tristan  :  n  Sire^  Pal.  vous  salue,  et  ^  (757,  f*  Ï45  c)  si 
vous  mande  par  moi  qe  il  vcfuira  a  cestsoir  kerbenjier  avec- 
quez  vous  en  ccst  chastel.  »  Airissi  come  il  parloient  erisamble, 
alant  fj  roiw  venir  a  la  porte  Pal.;  maintenafit  qe  il 
fu  descendu  en  la  corl^  ez  vov^  J.  autre  vailet  qi  vient  devant 
vions.  T.  et  U  dit  ;  «  Sir$^  bones  nouvelles  vous  aporte  : 
sachiez  qe  Pal.  est  ceenz  venuz;  jV  est  la  jus  descendu  en 
ia  cort.  »  Tristan,  Dinadan  cl  Brunor  courent  le  recevoir,  et 
on  lui  fait  fêle.  Il  reste  à  la  Joyeuse  Garde,  et,  tous  les  jours, 
les  amis  aloient  en  bois  et  en  forfst  por  euiz  solacicr.  Mus 
atunt  Icsao  li  cont<'s  a  parler  de  tos  euiz  et  relorne  a  parler  de 
mons.  Lanc.  et  de  ces  frères^  qiremés  estoient  el  champ  tievant 
le  duc  de  HaudcborCx  en  telle  manière  corne  vous  orrais. 

!.  772  remplace  el  iillère,  assez  sollemonl;  cf.  §  4îl,  noie. 

2.  TroU  jnuis,  lt?8  fflsi*.  do  lu  fam.  d»;  772. 

3.  1(13  (Vcrarti.  Janot]  et  Ruslicii'n  poursuivent  commo  757,  hq 
abrégeant  le  récit  de  l'arrivi^e  du  Pulam6do  :  //  ne  dftjioura  pas  quatre 
jours  tjue  Patamtdti  oint  et  Uynadam,  le  (rhc  lit-  flrUDur  (103  :  ^vé 
Palamedri  et  Dt/nadan  vindrent],  (inuide  joîc.  Itz  aloient  tounjours  en 
forest  ckucier  al  déduire,  mais  a  tant  teisse  te  compte  a  parler  d'eux  et 
retourne  aparter  de  lancetot  el  de  ses  frères  (310,  S'ià  :  en  forest  el  en 
chace,  mes  atant  kssc  ores  li  contes  a  parler  d'etts  et  retourne  a  parler  de 
Lanceiot  du  lac  et  de  tous  ses  frères).  —  Dans  l'Mi-l,  îl  y  îi  utio  lucunr 
depuis  la  liu  du  conibai  de  Handebourc  jU8<|u'à  Lanceiot  cûosulUinl  sc« 
frères;  §-189). 

772,  97,  3V.»,  tôt,  758,  ÎUOO,  aussi  bien  nue  104  et  33fi,  au  lieu 
de  donner  l'arrivé  do  Palaincdo  el  les  combats  de  Tristan  coulro  Lan- 
crlol,  passontît  la  itLMivranve  de  Palamûdo,  emprisonné,  selon  ces  mamis* 
crils,  tt  la  Tour  du  pin  rond;  voy.  p.  347, 

99,  f"  663  d,  comracnct'  par  suivre  772,  etc.,  mais  uprirs  l*w  mot»  : 
Tristan  trouva  Palamède  délivré  (voy.  p.  348),  ce  ms.  donne  le^coinitats 
de  TrUlan  contre  Ijincelot .  comme  757,  qu'il  suit  ju^qu  à  la  j>ocoDde 
r<5couciliation  dos  deux  chevaliers.  L'arrangeur  de  99  parait  avoir  en 
fiouâ  tes  yeux  le»  doux  n;daetiinLs,  t|u'il  souilt;  pnf^omldn  siins  e:iplu}uer 
la  pri^senci?  do  Palaméde,  qui  doit  prcDdrt;  part  aux  coniliolii,  —  Pour 
la  Tav.nu.,  voy.  §  478,  note. 


^ 


—  339  — 

•489.  Lancelot,  blessé,  est  soigné  dans  le  château.  Leduc  de  Cuiére  <le  Un- 
Handebourc  fait  couper  la  iéle  à  l'assassiu.  I^nceloi  cl  ses  '^'xrisSn*" 
frères  retournent  à  ia  coup:  il  s'imagine  toujours  avoir  eu 
Tristan  pour  adversaire  dans  le  combat  singidier.  Arthur  et  ses 
chevaliers  ont  déjà  entendu  direqu^il  n'a  pas  eu  le  meilleur  du 
la  bataille'.  Gueiiiôvre,  afiligée  de  ce  qui  s'est  pass^^,  mande 
l^urelot,  (pli  vient  avec  Blioberis,  et  leur  exprime  son  resseu- 
tlmcnt  contre  Tristan.  Les  deux  frères  tiennent  conseil  avec 
Bohort  cl  Hector,  et  on  résout  d'albsr  le  lendemain  à  la  Joyeuse 
Garde  pour  meure  à  mort  celui  qu'ils  considèrent  maintenant 
comme  leur  pire  ennemi;  ce  sera  partie  égale  :  quatre  contre 
quatre,  puisque  Tristan  est  avec  Brunor,  Dinadan  eiPal&mède^. 
Pour  ne  pas  être  reconnus»  ils  d<Scideul  de  porter  des  armes 

rt  devistft'nu'nt  •'.  11$  s'en  vont  se<Tàlement,  de  grand  matin, 
"^sans  écuyer  ni  compagniCt  et  prennent  leur  poste  dans  la  forêt 
voisine  de  la  Joyeuse  Garde  ^.  Deui  chevaliers  de  ce  château 
Tiennent  à  passer.  Ils  sont  vaincus  par  Hector  et  Bobort,  qui 
leur  enlèvent  leuw  armes  cl  leurs  chevaux  ^/irfwp»*  rf^  Tristan: 
a  Oîtes^Jui,  s'il  veut  venger  votre  honte,  quil  vienne  à  nous; 
nous  l'atteodrons.  n 


490.  Tristan,  apprenant  cette  nouvelle,  croitque  c'est  Brehus  Combat  de  Lui- 
ct  se  fait  armer  à  la  hàle.  Ses  trois  bûtes  s'offrent  à  l'accompa-     THsiarTà  la 
gner  :  a  Le  fxlz  au  roiMeliadus  de  loonotjs  ne  veult  ^^compai-  Jt>yeuse  Oarde. 
ffiîie  por  (faire  chtn^alierSy  v  rt^pond  Tristan,  rjui  sen  va  grant 
aleiire  vers  la  forêt.  Les  autres  le  suivent  néanmoins  :  a  On  ne 
saurait  vous  laisser  vous  battre  tout  seul  avec  un  tel  preudomt 
que  Brehus,  »  lui  dit  Dinadan ,  mais  Tristan  est  trop  iriez 
pour  se  prôler  à  geu  g'it  H  die  ^\  Ils  arrivent  près  des  ennemis. 
Lancelot  se  réserve    pour  adversaire  Tristan,  en  désignant 
Palamède  à  Blioberis,  Dinadan  à  Bohorl  et  Brunor  à  Hector. 
S'éUint  menacé  de  part  et  d'autre,  on  commence  les  joutes  : 
Lancelot  et  Tristan  s'abattent  Tun  Vautre,  Hector  et  Brunor  en 
font  autant,  Palamède  désarçonne  Blioberis,  et  Bobort  ren- 

\,  CeUo  doraiéro  remarqua  manque  dans  757. 

î.  Il  n'est  plus  question  dr'  Dia.is  ilnns  ancuDc  des  d«ax  Torsions,  et 
un  n**^pliqii'^  pas  rnnimimt  Lanfeintet  ses  frênes  oui  appris  In  prfeo-ncc 
dr  Ilninnr    lin  IlinadHn  et  de  l^Uméile  li  Iri  Joyeuse  Garde. 

3.  •-/1MO3,  d«ruùe«m.,dMNem«U  99,  dîMTW  340,  355: 

—  IV  ■ 

i,  A  d-rmittntf  'J'j 

5,  AV  i/ifrl  757. 

6.  Âj9Unnt^iO,  ^hh.  a  jtu  SS,  ÎAt^Z^jMwr  faire  attention  à  etaiùZ. 


—  340  — 

verse  Diaadan.  Suil  um?  bataille  h  IV-p^e,  la  plus  elTroyablcj 
qu'on  puisse  ima^aer  ;  aiimin  îles  corubalLanm  ne  cède  le  pas 
son  adversaire  '.  Prévoyant  un  lugubre  déiiouomfînl,  lesécuyers 
de  Trislan  vont  h  la  Joyeuse  Garde  prévenir  Golislant  ',  le 
chevalier  qui  sire  estait  ^  del  ckasUl^  car  mons.  Lant-elot  li 
avoil  balle  a  (farder ,  et  moût  de  bien  voulait  *  à  Lancelot,  ainsi 
qu'à  Tristan,  jtor  Camorde  miss.  Lancelot,  qui  prié  lenavoil  ^. 
11  arrive  au  lieu  de  la  bataille  avec  douze  chevaliei'&.  trouva  les 
combattants  Tort  lassi^s,  reconnaît  Hector,  son  tion  ami  cl  com- 
pagnon, avccqui  il  avait  été  nourri,  elle  blAme  de  lutter  contre 
Trisun,  l'ami  de  Uiacetoi.  Hector  lui  demande  de  ne  pas  inter- 
Réconciliftiion.  venir,  cl  lui  dit  que  Lancelot  est  prissent.  GolisUiut  va  alors 
adresser  des  reproches  h.  celui-ci  ot  à  Tristan,  qui,  apprenant 
qu'il  s'est  battu  avec  son  meilleur  ami,  jette  le  peu  ijuL  lui  reste 
de  sonécu  el  court  acoUer  I^ncelol,  qui  $e  guenchist  ''.  Tristan 
s'afienouille  ',  rend  son  cpée  et  se  déclare  vaincu  :  a  Je  sui 
Tristan,  le  vostre  cfwvalicr  et  le  vostrcchier  ami  *.  »  Lancelot 
lui  ayant  reproché  l'airaire  de  Handebourc,  Tristan  s'empresse 
de  dissiper  le  malentendu;  alors  Lancelot,  à  son  tour,  jette 
son  ccu  cl  s'agenouille  aussi  '*.  en  rendant  son  épée.  Sur  l'ia- 
yitalion  de  Tristan,  tous  se  rendent  à  la  Joyeuse  Garde,  où, 
après  ({u'on  a  pansé  leurs  blessures,  ils  vont  présenter  leurs 
hommages  à  Iseut.  Au  souper,  Tristan  taquine  Dinadan,  quia 
le  visage  enllé  el  mange  peu  :  «  Dieu  soit  loué,  lui  dit-il,  que 

i.  Ici  99  :  Tristan  setirast  i^oUntien  arrière  ponr  savoir  qui  est  son 
advcrsoiro  Pt  pour  rfprendn^  haleine?,  car  il  a.  perdu  liii  ^ing;  mais 
I^ncolot  IVn  fimp^hc  rn  li?  serrant  de  près,  el  Trielan  su  déTend  si 
bien  que  eu  rt'eit  se  vierceitte  non. 

2.  Oans  la  Tav.  Hil.y  Golislant  et  LaiHris,  les  doux  vicarii  df*  la 
Joy.  Garde,  vienuont  Ëiau>$  (Sire  appelés.  —  Golatan  lU^,  GoUsiatit  99, 
Coiestant  340.  355.  Ce  per^ouuage,  meatiiiuiié  ici  t^eulemonl  dans  uo? 
msB.,  t'ai  plus  ramiLier  à  la  Tav.  Hit.,  (lui  l'intruduil  pour  la  pnnuiere 
fuis  (p.  35-tJ  à  l'occasmu  du  d('|iai-t  des  aniauU  pour  le  Umriioi  de 
I..ouvu/.erp,  sann  prêcii^er  le?:  fonctions  qu'il  remptil.  Dans  12599 
(vuy.  p.  Hîb)  ligure  un  certain  Girarl  de  Gamaalolhf  ^séjournant  n  la 
Joy.  G.  pour  defeiuîre  Iseut. 

3.  Kstoil  sirr  10.1,  U63. 

4.  U-s  autres  :  baillié  en  garde  et  {car  103)  mouU  grant  bien  vouhit. 
û.  9'J  :  ds  vont  à  la  Juv.  Garde  **\  iimntenl:  mt  chisUf  que  Ir  chevoiùr 

gardoii  de  par  monsieur  Lancelot,  <jui  riioult  Iwj  voulait  grant  trien^  aiiitti 
qu'à  Tristan,  pour  leurs  amours  d'entrr  ï/mcelot  rt  lutf. 
G.  Sangatichistlh7^leguanchist*J9,  1463. 

7.  757.  1*63. 

8.  767,  99,  H(>3;  les  autres  :  Tristan,  levostre  chier  ami. 

9.  Le  mot  autsi  manque  dans  757,  103. 


nous  ayons  eu  votre  secours  dans  la  bataille  d'aujourd'hui  ;  sans 
cela,  nous  aurions  été  vite  vaincus.  —  El  vous,  rifwîstc  Dina- 
dan,  vouscrùtes  trouver  Brchus  et  dites  que  le  fils  de  Meliadus 
pouvait  hieu  aller  tout  seul  contre  quatre  chevaliers,  mes  ^  bone 
aventure  doint  -  Oies  au  fih  le  roi  Ban  de  Benoic ,  qui  vmi$ 
n  hui^  tenu  a^  frain  :  contre  lui  seul  vous  avez  eu  bien 
besoin  de  secours,  —  Vous  vous  ôtcs  montr<î  fort  sage,  dit 
Palamède  à  DinaJaa,  d'envoyer  chercher  du  secours auprtis  de 
Golislaat;  »  Uiuadan  excite  la  ris(ïe  gtînérale  en  rappelant  h 
Palamède  cominenl  Bliobcris  la  tenu,  cort  ^  i>endant  la  mêlée, 
et  il  se  défend  tn^s  bien  contre  toutes  les  attaques.  Lancelot  et 
ses  frères,  étant  restés  à  la  .Toyeusc  Ganle  |>endant  un  mois  ^, 
retournent  à  la  cour,  accompagnés  de  Tristan  et  de  ses  hôtes, 
qui  désirent  voir  Arthur  et  ses  chevaliers;  ils  sont  bien  reçus 
par  le  roi,  à  qui  Dînadan  raconte  ce  qui  s'est  passé. 

I.O  coule  pasftt*  ii  parler  dune  moult"^  balle  [et  riche  I463|  aventure 
tfià  atint  a  i\&r.en)  altui  temps  en  (\nr.  a\  la  court  du  roy  Arités^  ainsi 
eomme  (var.  ijvej  roui  pourrez  air  j/oy  aprèi  (var.  oir  en  arantj  •. 

im.  Arrivi^  k  la  »»ur  uup  dami'  plniiK^'  (lan.s  In  doijil.  Klle  monte  LaflUeducomte 
un  piilefnii.  et  avait  devant  lui*  une  eliartte  atourrue  moult  richement*^^  ***  Norgallo». 
que  deux  palefrois  menaient  ol  (pii  \H\rW  U"  chevalier  lue  rA:pmm«nt. 
Elle  va  H'a^vuouilk'rdrvanl  Arthur,  imî  la  fl^t  taniost  drecier  en  estant**. 
Elit*  i^o  «hi  la  titJp  d'un  rirlip  conitri'^  de  Nor^allnï  el  dr  U  strur  du  roi 
liadcina^ru  du  (îorrt».  Son  pérfi,  avant  di-  mourir,  la  marin  avpc  Anumt 

Un'*.  Quatre  ans  phis  lard,  Irois  cuuiiîuti  de  la  danio,  Meloaf^ant, 
de  U«idem.igu,  Anjoiuirej**  el  Elys*^,  frère  du  diTuier.  réclumèrcut 

1 .  Mes  a  tv  fUmie  Brehus  fans  pitié,  anfois  fu  le  ftts  au  roy  B.  99. 

2.  Dont  757. 

3.  Ce  mot  n't^l  pas  dans  340,  355,  99. 

4.  Var.  au  (en)  fraing. 
&.  Tenu  et  jnaiiirié  340.  355,  lui  A  «M  maùtrt  99.  —  103,  1463  : 

il  TOUS  a  assor.  mnntn^  i-a  tinnié. 

6.  ris  rcMeut  tant  roinmr  vous  avez  oy  340,  355,  qaî  u'ont  pourtant 
mentionoi^  ipie  le  séjour  est  d'un  moi»; 


'>9  ;  ttr  nWtnc  tfi  ttjrrti. 

urt.  »*  eomr  rouâ  0rTwii  7h1.  —  L*^i4KMSe  nirsat  ■«  MtrawC  q«c4AM 
b<'  ■■'■■Xit    puMDC  à  rkbrioir*  da  U  DnovWIc  InireÉtl/ de 

Tr-'  Uiai'pTMWna  tonil  4lMiSB  boonlon;  cf.  In  ninU 

•1^  '    '  t'M     —  UaM  90,  U6aU«  mw^Hturr  nt  lurif^rk  U 

t'  <  ;  «IK  •«  rvpreml.  «pria  U  Ursne  tc(.  Iti.),  Ma 

B  <      p.  U». 

imiati  109. 
I j .  v«nr.].jiQui .  l0»x.  rmilM  iiottr  fiM^u  (rf.  |  5»  a.  MU)  i  la  Q  «un  M 

1  I  >3,  Jmamt,  ttat  rowi.  Mn    JUi  U  mi<i((  aoin  manunUdëUM  140. 

Ift.iga  ./Ml**. 


—  3«  — 

tcrr43  d'Amant,  qui  rofusa  oi  fut  luê.  Les 
om^iart^i-  dt>  lu  torre,  la  vouyp  liv  cita  devant  II»  roi  de  Nurf^alk'K;  Avaut 
ubtODU  quarante*  jours  puur  prouver  sou  droit,  i>lU>  élail  ail(>o  à  la  cour 
d'Arthur,  pn  Dniport.iiit  Ip  curpg  dp  sfjn  mari.  iVrc^^val  s'olTit'  à  dtîfpûdre 
fa  cause  ol  pari  le  Ifodcmain  avec  la  v£?u\o.  11»  '^oui  attuqu*^»,  dans 
la  ktrH,  par  quatre  clinvalir*rp  envoy»^  par  Mï'Ioapuaul;  Pi-rcoval 
irioniphc  d'eux,  »t  ou  arrivn  h  la  cour  du  roi  de  Norgalli^,  r*Vidâxit  au 
cliillpau  di»  V Orgufilieusr  Garde  '.  Trois  jours  apri's,  \c  conilial  a  lieu 
devant  le  roi.  Lo  chevalier  qui  l'appel  devoit  deffendre  *  vient  avi^:  qua- 
rAnte  ^  chevalitTs;  parmi  fux  se  trouvrnl  le-;  trois  cousins,  qui  avaient 
eiUU qw Anjomirti  fcroii  ta  baiaiiU.  Pereevalusl  vainqueur.  ArKondres. 
einpriâoun*},  n'est  pas  mis  à  mort,  âur  la  prière  du  rui  Biidemagu.  La 
dame  ayant  ainsi  recouvré  sa  terre,  Pcrccval  retourne  à  lu  cuur;  il 
évite  de  parler  des  exploits  qu'il  vient  d'accooiplir.  mai»  uu  de  «es 
écuyer»  révèle  tout,  et  Tou  fait  grande  f^te  au  preux  chevalier.  Met  a 
tant  laisse  ti  contes  a  palier  de  cestui  affer$.  et  pattcra  H  maistre  d'une  da 
plm  biellels]  ao«titure4  du  mond*  et  de*  {^Hn^/nor,  ettfi  con  vous  pores  Hoir 
6/1  avant  K 


Guerre  entre  los 


ruoi.v  o«..»  .w-  ^^*'  ^^  ''**'''  /"""'"*  ''•'  '•  <'""''  î***  entre  '  U  roi  d' Yrlandt  et  le  roy 
rois^dTriandô  («*'  757)  de  Xorgalles  aisjU  '^  trop  duremerU  giranl  discort  pour  l.  efuutel 
et  _do  Nor-  gui  mnrdtùsmt  a  l'un  et  a  l'autre,  car  [et  io3|  chascun  U  vouhit  avoir 
jM»ur  soij.  {Or  avint  qu'ilz  se  defftcrent  103,  UGSJ  cl  encommencierrnt  "^ 
uni!  moult  "  grant  guerre,  et  '  chatcun  manda  [ptrs  et  loing  103,  !i63) 
a  toui  IM amxx  que  il  teur  mn W"l  aidiri*'*.  Il  mandèrent  a  ta  court  a»  roy 
Artm;  car  le  roi  dp  Ner^llrs  <':*l  du  lij^iiafi*'  de  Itan,  du  rùti'  de  tsa 
mète,  et  pour  ce  maftda  il  a  Lancetot^*  (du  lac  I03J  que  il  lui  vctiist 
iiidi(v  a  tout  sonitovoir  Le  roi  d'Irlande,  qui  avait  nom  le  Morliout,  eu 
luénioirede  sonaieul  tu(^  parTrislnn,  e>!t  le  neveu "d'I-itMit  ;  iU'adroH^J 
donc  ù  Tristan  pour  «voir  du  secour.*,  Liw  doux  firands  chevaliers  pri^-* 
vienuent  ïeur»  amis  ;  Lancelot  est  secondé  par  sea  rrt'rcs,  ses  cousins 


I.  lA  amvpillrut  chatM  IIAS. 

t.  Qvt  ht  kaiaUle  Uerott  faire  Ili3. 

.1.  l'iMUt  KWl. 

4.  Alliai  1 163  i  a  parler  d'cMlt  «t  r»lomr»r  a  parlrr  ((nno  Je*  '/*IU«  atffltirtu  4n  mvmét, 
^mi  Inn  atlrint,  fi  cnmmi'  roui  jtoMrr»!  tilr  {el  tntfndre\  f/ry  a/irri  MO.  it>b -,  a  pnrtwr  tU 
PfrrKn*t  ri  rf«»  aulrrt  ri  retourne  a  partir  de  Trittan  «f  de  LancttM  pintr  compter  ung 
çrant  mulîaieHt  f  m  ir  ntyt  entr  ruts,  r»m/  iviu  portai  uir  |iiA. 

h  Do  mime  7.^r.||tll  rrl.rtMiil  Iri;  L-r  n.  m,  iiule,  -  103.  ^  lllfi  .1,  ol  V*r«r.l-J-"i.i  il..>M,-r,| 
MQU  »  c«t  ctniniil  giKliiur»  iiioU  iiir  nuire  ltfr>t%  :  F,a  c.  p.  dit  te  couplé  ^m*  .. 
TtutaM  et  Im  net  lot  or  fut  titè  wn4  Iftapt  a  In  rourt  U  loy  .'■'H*  aprit  la  t 
Joyeutf  f.iintr,  frUtait.  <jMt  latrntirrÉ  nrulutl  rtir  lu  rnfptr  lirait,  pnnt  eowjt^  "»  "v  "* 
/MHcetot  el  4ti  autr-tt  rumpmmynfitu,  et  te  mitt  am  cktm(n  tant  fuYI  rint  a  im  Juy«it«« 
Garde,  to  OU  il  trv%'«  ytrult.ijui  ^rant  ja^ti  granl  ffttti  lui  fitt ,  ri  aloit  TriMlait  ntfttt* 
en  boi$  et  en  forrâtt,  el  anut  monlt  twii  Irmpt.  Si  avini  tu  criltit  trmpt  tjar  rntrr  le  ra^  de 
Sarffntti  «i  If  tt>g  d  Irlande  atvit  unr  f/ntm  ilutorite.  eU-.,  omir»"  ilnn»  Iimtiif'icn. 

r..  7j7  plus  lirliveiDtat  .  nrotent  guerre  p<iar  .1  f:ha»iel  ^ve  rft«ir«n  •■nlr'H  orotr  Or  «l'fnf 
tf'il  t'itndirrttf  ntt  el  mandttrent  por  Ion  amli  v'ti/]   Irurt   i  ■rrr.   Lu  roi  ds  Xot- 

Itklleirtt  'lu  liicnnca  J»  llui,  clf.  ■—  HlSi  -  ont  eti'i'Httle^tnefj'  '■ .  ftcteitoit  atcaiu 

pour  .1.  rliailei  i."  chAlcAD  oit  aunimtf  .ttarckot  dmii  la  vct>i   i  r  p.  'H%. 

7.  Commenctrput  1(V3,  HU. 

il.  tfoult  ounqiM  d.  108:  MNMMr.  Çhwre  UU. 

t.  DoHi  n». 

m.  IIAB  fl  ctinitrum  fatt  uit  etfbrt  pour  mler  priitdrv  Itt  cMailitt*i,  etthmituiu  M««4r.  «tr. 
—  lO»,  cotniuii  Ti>7.  pMM;  au  roj  je  Nurf:&Ut».  <iul  rst  do  LlgiiAt;^  île  Bjin 

II.  Oublié  'luu  7t»7 

11.  UtastN  d.  I4M.  —  7^7  :  le  roi  d'irl. .  qui  Ml  l'oocle  d'iaeut.  t'iAtvm»,  Ht. 


^ 


d'IelAUMlol. 


'—  343  — 

fliRvalien»  ',  pq  ttmi  oinipianto  fort  httt 

ftppri'Dunt  i:tflii.  Trislan,  di»  smi  rCiU\,  maiulc  scsnniis  pinir  iiu'ils  aillent  

.»wc  lui  stfiiunr  It^  mi  illrlnmlo.  El  sachirs  (vratfrnent  757)  t/ue  Tristan  Kouvelle  inirol- 
[■«wif  fa  cetuipoint  T.Î7  -  grant  haine  sor  mnns,  Lancelot,  et  c'estoit  avrnus  ^^^  ''**  Tristan 
por  «  quti  atott  01  dire  t/e  mons.  Laiic.  avait  dit  paroles  wm  bien  rouiv- 
nahta  '  de  la  hatailU  qui  avoit  «le  entfrlz  a  ta  Joùmie  Garda  :  p*iur  ce  * 
disi  a  suy  meismts  iju'il  ^  roudent  a  cestut  point  qu'il  H  tnostrc  aperteinant 
quilne  lui  revit  nui  bien.  TrÎÂUm  n^uiiit  niirnnl  dr  rhrvatiprs  quo  Lnn- 
cptot,  c'est-â-din»  cinqtiaate  *,  ci  il?  simt  do  prnnd**  rnnnmmw;  nnus 
nommf.'nins  Palaïuvdi?  *,  I»'  clicvalinni  in  rtAu*  ninl  tailItV  ',  Gabpricl, 
frcrc  de  Gauvuin.  Ouivm  df  Ijainlmln  *,  Ernc,  Dînitd.in  ".  Ils  voni 
trouver  le  nn  d'Irlande,  tjui  est  a  un  [sien  310,  355,  103)  cftastei  situé 
à  t'\t$u€  de  ia  iei-r»**,  et  se  cftinpont  avec  le  roi  et  TrisWn  rlev&nt  le 
chAtt^u  disputt*.  où  D«  tordt»  pas  à  arrivtr,  avec  Sfin  nrrai^e,  Ip  roi  do 
Norjîîilli'»,  *ïui,  au  bout  de  quatre  jours",  envoie  BliohorÏR  et  un  cheva- 
lier de  Notules  annoncer  une  daiaille  pour  le  lendemain,  dans  le  cas 
où  le  roi  d'Irlande  n'aliandonneraii  pas  le  chAteati.  Tristan  rf^pond,  sur 
ï'ordri'  de  son  parent,  qu'on  s'est  d^cid(î  pour  la  bataille  :  ■  Demain, 
ajoute-t-il,  Laiicflrit  pourra  me  imiiver  ofi  rhcmp,  rnr  je  ne  suis  venu 
que  [Hiur  le  cnmhaiire,  lui  qiiï  \int  à  la  Joyeuse  Oarde  m'a«snillir  à 
l'imprnvistp;  mait  je  lui  fait  assavoir  que  je  te  deffi.  Demain,  je  ne 
oï'altafiueraî  qu'a  lui.  »  Lancelot,  recevant  ce  message,  déclare 
qu'il  inetira  au  bas*^  l'orgueil  de  Trittan  ",  Sur  5on  contueil.  lo  mi** 
fait  former  quatre  cor^s  de  Itatiillc.  de  imis  Ci-'nlfc  ehe\ii!iersrhacnn'*; 
lui-même  en  conduit  un**,  et  Lanc«tot  un  autre,  où  t-oat  nin^"^*  ?e« 
cinquante  chevaliers.  On  se  met  en  marche,  Laneeloi  et  w  Kanni^rt^ 
en  it'U',  pour  aller  à  la  reut^jutre  di't*  fîvu*  du  nii  d'Irlande.  (%'u\-ri  s** 
çunt  ammg<'i*  absolument  de  la  mt?m«'  fa^on  que  leur«  ennemis;  il& 
snrltfut  du  eamp.  et  Tristan  s't'laao'  rontre  le?  chevaliers  du  lignape  de 
flou  :  lui  et  IjiuceloL  brirtent,  en  joutant,  leur»  lance*)  «ins  s'abattre; 
ei.  au  milieu  du  carna^.  ila  «'attaquetit  /iront  a  front  avec  fureur  :  les 
Cûoibais  au  Perron  UerHn  et  à  la  Joyeuse  Garde  ne  furent  noiant  («n)- 


I.  Alairi  I  iU  ;  àua  737,  Il  nmMrqar  car  In  iiutisuu  de  Laneelot  msaqH  i  MO,  au.  tOl  : 
Il  WÊk  WÊtonAé  n*r  *n  eomêttiÈ  tt  Ir  ^  l..  .  n  ..,   ,.-.n     »,     -",.i  {toH\<i%)  Ufua^t 

I,  HUO'  ■'*»■  l^'l  t'^'*^  -J«a-  '  qu'M  raMcmhlA  hlen  riv- 
^■■■ti  liiiiW  iliimlli  I  ■          fHii  I                                                                     '     r.  S<0,  ItU  {<fil|   aurnn^ 

ifAr9h  mom  himh  coutwmhtt  ï*;,  —  i.«  hu    n"  .  j"  :■  riwBt  7*7.  «.«(tHijar  Ip.int 

T^M  nuC  aon  eoarMMbl*  :  D*«|«rt«  le  t>rall  T<St>^u'1u  [  <.4Ucrlot  k>  v&nUll  lartoat 

é'swlr  à  pn  pr*i  ntsrn  TT{«t>t]  »  U  ioj.  Uard« 
S.  OMIa  iAÂm  in  ' 

4.  Âll^lMSiV"  «IffH^l/hMiMiKl/v,  If  nthiittuttn.  ».  UO,  «M- 

%.  OuarmmU  Jb: .  '       «nU  pinn  loin. 

«.  âoBUdce  «juuu  /^ll»w^uI.  «a)  Rwixiot  4.  109,  7^7  :  m  «lUrnler  tM.  te  txtt  r«p«a4«nt  Hfm- 
I  m  filu  Lmii.  dtnt  u  tuulilc  :  immarut  49  Caun**  {failli  poar  t.  <r«  <;iiliu}  t  cf.  l»  iiMw», 
izni. 

T.  ItfS  kluulc  S*«T«ffl0r 

t.  aïO.  U»:  6'a4(tWfl  <( /;'! VrM if^  £afl»4dte.  Oolvret 4«  t.   maaqa*  4.  7&7. 

•    ^''''••>"  1 "  X  r-  te  rJiev.  fc  u  «oUc  m.  t.  dasg  KM.  146*.  —  tau  U>  rMk4e  M  tef. 

i  ».'  .1, 

t<>  ■  '  hr  4m  Xar9i$Umë  H«i.  Ulat  «»  la  tinmf  Urr»  |U. 

II.  ;^,  >.^.  .'     >'^  '"-xv  lW  iiiutn  Juur*  tii  luttmilt  f»  uettaml»*,  tt  t'as  m  iv^pu*  de  put  «l 
a'««tr*    te  l«iil«tu4lu,  le  ml  de  Ttitrgkllcs  fatt  funuer  i|iutrv  b*uiltiitis,  sur  U  odomU  de  Lui- 

1<    ^.ploM  140,  U&. 

U-  en  l«  tout  le  IcndeoMln.  «Jouieoi  &4p.  tMk. 

11.  lin  liilMlilliiM  p«r  iM  |<r^iur«Uri  Au  nil  <l'lfl«B4«. 

tftt  iM  tretM  rmf*,  etc.,  pu  doas  7»7  ■ 

I«.  O  étriu'r  7)7;  U  reflUfiue  nuUMine  «Uns  103,  UOS. 


—  344  — 


lia  ociml'ul 

siDçuUer  esl 

décidé. 


twricwltf;  rtiAcun  doux  »e.  dit  qu'il  sera  di^slionor^  ii  jamais  s'il  Rsi 
vaiuctiici.  et  c'est  bien  mortel  baiaiUe  '.  «  Vous  avi^  devunl  vous  cpIul, 
dil  Tristan,  qui  n'esl  pas  venu  vous  assaillir  en  repost,  si  eoiiu  rotu 
feistes  lui  i\  U\  Joyouso  Gardt»,  mai»  qui  vnus  a  aunonr*'*  maîntos  fois  ' 
qu'il  vous  i^iinliatLrail  en  ceste  bactailU  mortel  '.  Dt'londox-vuus  cj»mmc 
voui*  pourrez,  (tar  TrisUiii  voubnieltru  à  mon  j'i(  oneffues  *  puft  —  Vetz 
ci  Laitcdoi^  répond  l'aulro,  qi  pou  prise  tus  menaces,  ainz  vous  fera  acha" 
ter  chierrment  vnjtre  sorcuiftaucc  ^.  i>    [U  reiiretiiu-iil    la  lutte  ol    «î 
lialKnit  avec  uno  iVftnIp  liravoun*  ;  à  la  lin,  \e»  lorces  leur  font  défaut,  pt 
ils  seraient  niorts  uius  deux  «î  le»  pan'iils  di*  Laucclot  n'élsicut  vpdus 
eeUpart .  ce  que  voyant,  les  «min  de  Trisiaii  se  liaient  d'y  all«r,  et  le 
combat  devient  de  nouveau  pênèral,  sans  qtie  le*  uns  puissent  gagui*r 
de  t4?rrain  sur  les  autres.  I/tt|iproche  de  la  nuii  les  force  île  cesser;  un 
se  retire,  et  on  enlève  les  cadavres  pour  les  enterrer.  Des  pariisatti<  du 
roi  de  Norgulles,  cent  clievaliere  sont  morts  *;  leurs  ennemis  ont  fait 
une  porte  encore  plus  considéraMe.  On  se  reiMise  pendant  quatre  jours. 
Le  roi  de  Norpalles.  voulant  éviter  un  nouveau  massacre  ^.  fait  )ircvpn- 
msr  par  deux  **  clievalinr^  un  coml*al  sin^ilicr  au  mi  d'Irlande,  pour 
arranger  l'allairi';  celui-ci.  tout  en  accejjtanl,  dit  qu'il  a  encore  besoin 
de  se  reposer  '"'.  Tristan  alors  ât>  met  avant  et  dit  aux  me:tsa><ers  :  n  Vous 
voyeïs  bien  que  le  roi  est  tnqi  blessé  pour  soutenir  ce  comlmt,  mais  il 
eu  cbargera  un  de  ses  hommes,  et  ce  sera  moi-mùme;  seulement,  je 
ne  me  battrai  ]ias  avec  votre  seigneur,  mais  avec  Lancelut.  ■  Le  ruî 
d'Irlande  y  cousent,  l'I  les  parleuieutaires  relourueul  â  leur  camp. Lan- 
celot,  le  cuer  enflé  et  plain  de  mautalcnt^  »e  déclare  pr^t,  et  accompsiCDe 
le  riii.  ipii,  avec  vingt'*  chevaliers,  va  an  milieu  des  deux  r-amjis  pour 
acrranter*  '  la  bataille.  Dt'ux  chevaliers  sont  envoyés  [mur  pnnenir  le  rtù 
ennemi;  celui-fi  vient  avec  vingt  ehevaliert*  et  Tristan,  àipii  TjinceUtt  dît 
qu'il  veut  savoir  dera  bfmche  meisme &"i\  est  vrai  qu'il  l'a  ainsi  provoqué  *'. 
Sur  uno  n^ponse  affirmative,  il  se  déclare  l'ennemi  mortel  de  j;on  ancien 
ami  et  exprime  sa  jide  de  devoir  le  combattre   à  outnince.  a  Je  ne 
demande  de  vous  se  baclaUe  non,  répond  Tristan,  et  je  veux  qu'elle  »oit 
iixée  a  df*main  '^   —  Vous  vous  montre/,  biiMi  désireux  de  vous  battre 
avec  mon  frère»  lui  dit  lli'ctor.  Sachez  que  vous  ue  seres  pas  longtemps 
en  vie  puisque  vous  ^les  devenu  notre  ennemi.  —  0\i\  j'ai  petit  jtaur 
(et  doui\r]û  1403}  de  vostre  lignage,  k  Hector  veut  répondre,  mais  Lan- 
celol  lui   ordonne  d'être  en  paU^*.   I>cs  rois  déclureul  les  furma1il<>s 
remplie?;  Laucelol  et  Tristan  se  donnèrent  les  gaines  de  la  bactaJlc  et 


I.  r.«Uc  demiferc  phnwe  tD«ai](w  ilaoi  T&7.  ID9. 
S,  PM  ncaatâ.  3lalnl0i  foii  awanw  4mu  103. 
t.    VatUi  nuoqoo  d.  7)7. 

4.   ttHv^tM  nuiDiiW  d.   tiîl . 

b.  Félannie  310.  Abi,  IIM  (rtfJ  t*rnu4im»tt  \«i]. 
(t.   BCani|ue  4.  767. 

7.  tteoi  7)7.  ce  WDt  IM  mcsucen  qui  aiwnl  qae  le  ml  i  «tte  InietlUm. 
H.  Çuo/r-R  UM. 

i.  Lgs  mcaMitcn,  rcruHM  prH  ^t  leur  miiitre.  dl«cnt  -  •  Le  roi  d'Irlande  ne  posm  perter  1 
tnoei  JOMia'k  uu  mon  t  «  767  :  U  m  P«ul  («■  A«r«  ;  toa  :  poi  «neort^ 
10.  Tn-NMTI.;. 

II.  Var.  ertanUr. 

l'J.  l>ao»  7A7  II  lui  ilMiMUtda  tont  slmplimicnt  h'U  t'a  bit. 

H,  CflK  ï*i«nui'  «le  Tr,  ir«it  fMU  U«D«  10.1.  ou  e'cjl  L*nr«]nl  qnl  dit  .  -  J*  »eu»,  ««.  m 
14.  Liitireloi  ne  ini  Un»*  li>3,  MO-l    —  7»7  ;  Mali  U  T<>.t  4»  Norgaift  «n  fritt  a  pvrttr  a 
roi  4'S'rUinde  (puar  AcrMnt«r  ta  twtiUlci. 


» 


—  345  — 

^p^l^mt  a  l'andemain  *.  On  *t»  j^jKirc;  tnui  In  mondo  pst 
lrf<tHon»é  •)(*  la  b:Uu.'  tiiuiu(.'llL>  dus  ileui  hôroe,  qi  touioient  atre  si 
jfrans  (l>ons  t03)  amis  ^. 

1-  Et  ta  rtmHrmt  a  (.  TiT 

t.  Id  D'J  rvt<rrnd  j[tf4«  la  Uaisc  (ruy.  p.  Sl|,  iutu|.  Le  Heit  |irabftMcBi«Dt  pmUrteurqM 

dARiKK-inr  (^  *7>i.i-...   .1.^  .,,.r,,.ii^.  K..»i.iii. .  .«.,.  Tri.i...  -(    t,<iaeclot  Ml  txwocaap  pîw 

taB|rq<w«tat  de  R"-'  n«     ^       »    .    - 

Ot  •.  Blàabab  i»  t^U>t,  la  Tciltc  du  comtul   ^  =  U>nu>at  flO- 

tlrtiriHr*-;  H  !'■  Mttif  .  .  i  la  monito  IMTM  *u  ttiw.       gulier. 

»-*tii  fi   'i.c  .-..  i.-,<  .  i-.  i  ,,.|i,  DiuidKn  ounv  avM 

P"  ••'  '  i-ii  >.l  df  c*Kt»  «vvDliira,  MiM 

F^u  i.  r  In  i.:..-7L.ii      —  ,:  ■  ma  tic  Boui.  — Uaii 

jt»:.-  r-    -i-----    —  l!^■  .  «ib- snltl^.  .  «t  Triataa 

I  •':•"■  ■'■>.  «st  demra  tvtaaiaé 

■-'■-■■-.  /  mt»mu  d«  e*n^turtt 

|ir   I.:   'Il-,  ,' Il  »  Uaio%ii4a  fcd'Mitm 

|<tir>  ni' ri    <i  I      '._  L-    |uv  ;Ljr  wu  esuumc.    giuat    a   luiu-miate,    poonnit-il.  LunloC 

:-:,  :t.  :.  tnil  :i.]  fond,  pslMe,  MM  »*èlr»  C"^  renseicoi  aar  hc»  riiU,  U  art  rrati 
i;uir  I  ÎA  J' ^ïnv  MarUe,  —  Mal»,  dtt  PalBmftdc.  il  jvjÎi  tmit  iifn  ilp  rnoa en  nnlatr, 
'i;   iiir  vku»  rirki  eoabalto.  —  Titm,  s'il  ia'>v»lt  ^  /lianf,  II  n'eût  pu 

.f-  ,''.ii-r  iM  *p[«ravc«,  MRS  «'mfiirtncr  mieai  t  -  :  vn.  »frtr  Linne).  fe 

•-XtnpcIU.'  ds  ïlotrv-nwnB,  j  relllr  tunu  U  nnlt  rt  »■■  ,'i .   _.^.  .  .nnlt«  de  cette  eh»' 

K  Aptte  oa  paa  <1é  wminKll,  Il  COUnd  U  mev^  ri  rvumrae  arer  Km  fn-rr  a  fcMrj   lofu.  na 
t  te  dut  oKaffirr  mm  ptià.  Trtitoa.  ftrcomra'i»'  «tu  rhrrmller  à  la  rv>tl«  mal  taitlic,  va  ^c«Je. 
cal  Ydlter,  •■  owRi^retRittfDittw  ta  t —    '^^  -  ■■-x' cfwpelle.  Avant  iWJcaiw-  a  fan  lofU, 
n  OlMiM  Mir  U  MprrtM  dMVal  qw  te  r»l  i    \iiaai  et  va  ik  IVmlrwiii  <ta  mmlMit,  o» 

IadosIoI  arrira  peua|>r«aj  looa  1^  drti^  '  <i.:i><*a  de  Iror*  amla,  et  nn«  roalc  nnin- 

Ifcnw 4* «iwctaicon ratonre  la  t>U-  i  damlr  pcMua>-  la cbfMea  aiwl  laid  et 

OklfMOI  la  eoUfV d*Ajtbar.  Le  M:  nrc  nmmitei  partUwa  ao  mldeNorRallca 

M  «Anjaal  preadre  I«  «enuvol  *!■  ■>  Tn'aroinrf  taie  promiiti  qwnt  In 

9m%tet  fMrrut  çecît»  .  U  veut  |nT>)v^«cr   •  i.>n  i    liNaer  le  clialiiaa  de  Marrer, 

oanft  do  la  Kverre,  eu  pn>inrtUnt  de  pardonner,  i  >  ^  «wfmfM  (4  rfawiofw  «n^ 

lai  a  fuu- Trtatan  pmtr-«t<' un  ^■a.  mèli  le  rai  lui  fol»  rtraadlié  aa  armuraenni 

l'«iUie4anMafeai,«tM  )<:r«aMt«iim]r«ï;n)rler  le  uieaaice.  Ui«l«lelCsfvaUM,  Tttranl 

«TMdMKtokwrf'^'  r«aimwiUUU.raaaallaU>edotellUlrevandK.pwiab« 

■■■■fan  I  *  Je  ttfM:  'itlcao  aa  rai  ■l'Irlnud-' .  s'il  rrronnaît  publiqoeiiicnt  que  J'en 

«bla  MstllOM  itruiffkuùi:.  .  4>liit-«l  rff«iM.»nr  -  .irat  aadfnaamli 

«BtraMcn  okanp  lUtriaeal  lettre  laneee.  te  Ix  vttEot  l'ab  l'entra 

•ftalMdwvam.  doTenuk  eut  d'ane  Inntnir  <--  :..,i^i  niou  Oe  d<n.  lU 

aacatfantla  InCte^r/p^;  la  fatl^nr  !.'«  '  i"-e*r.    Lca  aaeMaati  eoat  éoMr- 

T«i]Ma4«(va«  miaiiitr*  moi  r^relllr.  ■'  uni.  IcromliaL  reprend:  •  C  r'f 

trttp    M.our,./    ...i.    .*..;r    ..,■.,    » 1 1.   ..—    Tilt^uS    «IH    4e 

pw»a«'  •iiLaueclOt, 

>«  •«*•  >  kfttâ  ém 

'*  "•■  ■.!  eacAatnv 

'.)  btmtUra 
r  .'tf    FlVaj*. 

'■■  ;,iu*. 

^..-.n-M-  -  ,,Jft« 

■"!'  '  .'.-ee; 

/  'rr  :  Il  r«Ul  raliicTr.^er  r«  ^ueit»  la  MiepMrf  fefe^f 

'  r  .m---  i|.i^  Trit[;in  a  l<!  dcftnu,  mate  le  cbemller  fc  U 

«<  -      *        '  I,  dlUll.  en  a   fait  auUtit 

n     ..        r     .  ,  'rinlIOi.  laqOJct  -Ip  l'a{>[M- 

f' "'-  '."iar«  t^oasd  il  c«ral>atiAit 

u-:                              .    '  utùOaul  tnHti,   ruciilc  flB   |*u  i«our  «ulr  norl 

If  !■  ■'!•>'  \  ■:.-■  \    If.      .  .ire  k  bout,  «t  fait  iJvqvtJr  enr  lai  dr  grands 

o'ij-j    T  iri     •>    h^  -,  j  ...  (iieitr.  Il  lArtwra  nu  m^-i»*    I--  "■-  fut*  éint  otttrr 

lB»-Hitau:    r<  «era  i..  .  :mi  davulr  i^\b  un  tel  >■■                       i  dp  TriaUti 

«WMpfcttoeBl  <]tt*il  1  -  .  .■«.  Oa»Dt  k  le  taf-tv^ii»  d>-                          <  r.«fia  dll  ni> 

raM^varrr  1(11  *>loit' '  -•  .tu  mutut-ntitu  ........  i...  .n.'^liHiokla&t 

ifftvalamé    n..>iiiipiM  romme^'a  iw  I*  «fdant  la  >m taille 

d'AodHMitn'  Ot>«ii<l' -  Tri«tanet  d'aaaiilrereornie  lui^métoe 

k  Cmmi;  TfMati  -w  ■  -l'^L  M  dierontbKMpalBt, 
<a>4<»e  Ile  akai  «mu  < 

Aaa»(nM>it,afau  \rtlnr  |Mir  MMBcUkr  laa 

4aHrala.  Ar«Maivrtt  "^ -ivi  •■■  îli-^--.  i                                              .-^  rbfvallert.  aeaconpa* 

KDaa»,Malp«|«waï^  ^r  '<■«  cAr/NiM».  j  •  <ii  raawpafaant  aanere 

lael  Maé»  <to  Jillgae.  Il  t*  mtt  parmf  !■■  ,  ■  <  luinp  eft  a*|«re  les  ooca- 
tlBOT  Ladaus  rola /terra' •>!*/>'/;'/,  et  u^tirnin  lca  liUme.  as  uam  d'ArUnr,  d'avoir  permit. 
pOW  Bft  «OlMirtax  dlftteaa.  le  cuotiMl  de  eva  deax  ffnads  cèeralicrt,  aaVMl  Arthur  n'earaU 


—  346  — 

Réconcilitliod.  Oravint  (que  \Q3,^i4&Z) celui  jvr  wiwimm  que  la  bactalU  fu  aonantm 
{commcnehk  t03)  \que  340,  355)  moM.  Gauo.  vint  ',  ge  li  ruù  Artui  i 
avoitmnud/pormetrepeientr'elz.AccompAfin^dvilfuxcojïls^  ohevalirrs, 
il  s'en  tint  entre  l'un  champ  et  l'autre^  et  fist  commander  aux  àrux  rots 
do  venir  lui  parler.  Il  laur  ordumie,  dt?  par  Arthur,  dp  poaser  la  guprn', 
S0U8  peine  de  perdre  loiir  lorro.  ^i  dose  jinj-tfoUT  dt'vanl  lui  dan*  un  * 
inni8  :  celui  qui  a  droit  au  chllti?au  en  sera  le  jHtascssfur.  Le*  mis 
ohélasput,  et  chascun  t'en  {re]tomcrfnl  en  lorjHnsH\\nr.  a]  toute  lors  gent . 
Et  mons.  O'aumin  hiasmt  \moul\  *  mous.  Tr.  et  rnuni.  L.  de  ce  qu'il 
avaient  emptise  \lû]  bactalle  mortel  ^  entamhk.  Puis  s'en  ala  mom.  Gau- 
ivim  dedens  "  le  ehastel.  et  le  /Ist  garder  de  par  le  rotj  Artus,  ri  puis  il 
retuurneà  Camuulolh,  nù  il  rend  cumpte  de  sjti  mir^jun  il  Ariliar  ^ ,  qui, 
comme  toute  la  cour,  est  vivemeul  étuané  d'apprendre  que  Lancelot  el 

1.  t'iit  nrJiJrr  Oauvatm.  Car  la  ruy  ^.  lui  (1.  ri}at0lt  euvog^  lOS,  Al  tint  mênmiùfmar 
CffVnifH,  QHf  li  r.     t   ki  amit  m.  1463.  nue  li  r,  .4.  y  mo*'  tHtofi  ^wratl  MO.  Wk 
S.  C*nt  14(1,  aitS  ;  rtnjl  100. 
t.  Quairo  lOi.\ie,a,*.L  M,  d-dtaoïu. 

4.  hit  moHi  ntiwi  a  14t9. 

5.  La  hntailU  run  rnntrt  t'amtre  103,  ruprit  f^rtmtlt  •■  ,  ,  ,■  i  i 
iant'Jit.  Vit)',  ci-'towiu.  Dtttia  lu  7Vir.  8if.,  Iltvloi  kI  l.muvt  i  a^ 
«u  la  JvMoiu  cuQtro  TrUlui  duu  U  kdUllU,  |-r<ivlciiUGal  .'.  '  :  l^ 
mettre  Itn  à  1a  guem. 

s.  Orctrni  Jusqu'à  ri  jrtU*  muiiiae  (1,  7&7. 

7.  luutm  lo;},  U  neoatc  «nsii  (|oe  l'alhlre  tortoiuéf,  TrUlui  et  P«)udMc  «Uitat  àUét  k  ta 
Jojr.  tj«rd«. 


{wicoflunti  pour  un  roytome.  Il  leur  r«procti«  d'Avoir  viiAi  l<!va  Mnn^nt  4e  I»  Tahl«  Bonde  «a 
wmiTTmnt  ijae  deos  oamiMpianit  f-r  baUluoni,  et  Iriif  ordnnne.  ile  par  Arthur,  de  fMire  nmrr  te 
i-nnihat  et  da  lai  IhTcr  Ip  chit«aa  xiont  qn'il  le  alonrc  k  rrltti  k  qoi  Arthnr  l'soconlrm.  Va  rui 
d«  Ifi-fEiilIra  veut  ■Virm»,  m&U  Qauval»  r«ri»o  i]f  l'Acoulcr,  «n  )'«dr«fla«Dt  h  ArUiar,  (jul  doit 
vvnir  bli-nti'it,  et  In»  niU  ^r  .l,Vî-rrtil  (in"'U  à  i>l>t'lr  A  itraiide  jwlnr,  Oaiiraln  iihlteiit  il"  l.ïti.Tlut 
«t   de  Trhtan  qu'il'    i  :         i    i>atnin«.   Il  fait  l»Ror  timt   le  inonda  duo*  U^  tf  <  'i 

rliftteac.  on  r^wn  .i  ■■  pcïiir  i»  ml  AriltUT,  qui  vlvadii  iLaa^  cinq  ^  six  j  i  ' 

romlMttjtnt*  «ont  •  nit  pttr  nnr  lettre  tia  (î&uvAln  ,  Artbnr  tmr*  ilix    .  ~i 

[dus  Urd  :  Il  m  *oyji4;t:  Itutcnieiit  \iaat  loUacr  le  teidpi  de  ga^lr  aux  daux  blaaéa.  Il  mootic  au» 
inA»Dl»nli!Bt(!nl  «ii  d«  a'iaiLniteniiiil  1411'avpc  ['alaiDfcda  al  QauvAin.  La  jour  d'aprèa,  il  Ikit  r«all 
d«wil  laJ  Ijinrclot,  Trlutaii  et  1m  deux  rnls.  et  bUme  cm  deratan  d'arolr  «DtMprla  lUio  goem 
norteUa  miu  le  lui  foire  savoir,  ds  •'étro  parjorta  tmran  la  Table  Ronde,  d'avoir,  pour  i«  tlrtr 
ifairalra  «ux-m^nief,  bit  ront'hattrc  i  outrance  l«i  doua  f  lolrc*  de  la  T*M*  Hoiid»,  k  laqatlle  U 
randrall  mlrax  •  tt'*f  ''<^aj  |  ut  |  fuaift  Jnmai$  nn  et  tout  tjvanlqmt  romt  mvit  futt  fomém  m 
ubumr,  *  eiila  II  a>lrc«»e  dc«  Tr|irud>r»  k  Triatan  et  k  LaocâlM.  i;*  dernier  lui  racMlc  tout  « 
«lUJ  «'«al  x»iaé  I  In  inirm*  avait  rouia»iieé  â  mUM  du  'thUlefla,  «t  W  deni  ti.ii«aralMt  Méaeeoa» 
TU»  )air  Wuraami*;  le  roi  d'irlntida  u<r  pouvant,  tilené,  saium^r  avaut  un  moU  le  r^-i^'--'  ->■  -r-- 
lîCT  i»r»ptia4  par  son  rival.  TrliUn  i'«n  était  fait  rlitr^r  contn'  l.am'Clot ,  <)al  »>  \t 

ieM|Mr.  lUplMMant  que  c'euit  bkti  le  àMt  de  Triitan.  U  imilienl  août  quv  1«  <  .       -t 

a  au  ralaon  da  lui  r^der  le  nimltat  *  «a  |irltTC.  et  nlga  «a'ArUmr  «raorde  k  dUtrjia  a  rc  iiriMre 
on  bien  iai>  U  UUille  nrcmmtnet.  EnMiiteTrUiaa,|toar  «•|iiMt0M',ra|)p«11«eoBuaMM  Laocaloi 
l'a  aU««|ii<  Uf^TV'incnt  |ir««  0*  la  jnxr^'H'  Onrd«i  U  aa  ddrlan  frtt,  )«(  am^l.  k  mntottraBM 


saeoilda  ItalH.  Ijtm^loT  lui  rvprorti 
«■  lien  de  ae  meltro  k  In  dl«|icMi' 
prMndra  le  contraire.  Je  aula  itj' 
ann  çatpr,  iiu»  Triatan  rat  vmpr. 
mande  ralkmcde,  no\  ilunnv  rni>< 
fittil  alm«  le  plii»  au  mon-ti-.  tx  |> 
Uertor,  et  parvWot  fc  le  ntm  '  '  r 
rtàU  iUhx.  qui  onqtttt  j-ui-  , 
Jamm*  fail  (    Sur  la  dnir 


■mpagné  DruDor  et  dv 
>i.  cacnpainm  d«  In  1 
.  ^iffrerifr fifir  mn»  ■  • 

:     ■,'■!;     ■>1iii-ri  /  .  n 

j   te  Trliutt . 
Il  api^rll'  I.>> 

'  '"  1  I'.  ' ^iit  piwf  eeii' 


'!«  atiQ  anirar* 
-  si  Tim>  oan 
■:-Il,  fil  K-tinl 


LancpliM  "t  Triabiti  iirirnt  Atlitur  <U'  iiif-tvirr  uitami*!»  facorti  >1ea  lient  thu  <i<MUt  an  eUi4t«aii, 
pt  de  paidonncr  A  b>iu  Ira  iviinfa^ons  fl«  In  Table  flonde  qui  unt  e*té  en  rejte  bci<ii|ra« ,  li 
mnapiit  Ft  oriltioue  aux  roUdc  *^  tiiiuver  devant  lui,  dan»  riuiilrr  tn<d«,  A  CiUiiMilolh  .  Jlu<|ar-U 
Ir  rtulU^ti  d'iil  etrv  (lanltf  pnt  llauv^ln.  ■.•■  lendfmain.  Arthur  rvpttrt  [Mur  CainAAlotb.  TaotcIM, 
TriitAn  et  tiïHti  le5  aatrca  d*  U  Tnblc  Buodf  *e  lamettcnt  à  In  i)Urti-  du  Ura^l  t:i  aptfi  ^at 
auijMira  Tritiatt  ruii  4»m«urÀ  muc  purt  a  In  ^iittlf,  U  â'r.n  rêlaurna  »  ta  Jn^ttur  tittrde,  'i 
lnUtmatira  ru  ffraiit /ogr  «t  grant  lifti»  par  ayvttn  Inmjii  m-r^un  la  rofitr  l'seutt.  Ptlb  k 
«oau  paasa  à  Unlaad,  ijul  r«nc<aolrD  l>aUuiird>-  U  4K4|. 

1.  Cf.  ta  rérUde  U  récnadUatlon  Oaiii  MD,  SU,  d-duwoui. 


waî^vaîpn^fÏÏTVprii»  un  combai  â  outrance,  rt  moût  en  parlfrfnt^ 
H  uat  et  ti autre  de  cestechotf^.  1^')  :  Ortonui  U  mestre  auHerratn  ^e  son 
ticie,  par  ce  qc  c'est  ia  gretgnor  mrnxiU  i]i  avenist  a  celui  ten$  l'sir).  Mè$ 
a  tani  en  Usse  ore:  li  conics  a  parler  et  retomera  en  une  autre  manicrt, 

493.  I.itrsfjuc  (îiiuvain  es^l  j«rli  iipK'f  avoir /d«  la  comorde,  TrisUta 
M  9*^  CKOipiignons,  ^tiuit  rvslès  dix  jours  chez  k*  rtû  d'Irlnmio  en  grant 
feUê  H  en  grant  Joie^  s'en  vont,  arcnnipimints  bien  trois  lieva  p&r  le  roi. 

Tristan  rentre  seul,  le  lendemain,  à  la  Joyeuse  Garde,  où  Tristan  renireà 
il  reste  un  mois  avec  Iseut.   Un  jour  arrive  un  niess;»ger,  qi       ^Gârdo.** 
dista  mons,   T,  :  «  Sire,  /et  ï7.  Pal.  l'oits  salue ^  et  vous  prie 
qe  vous  Le  secorez,  car  cil  d'un  chastel  qi  est  a  deux  jortiecs  dé 
ci  l'ont  enprisonné,  et  en  prison  le  tienent;  et  por  te  qu'il  ne 
U  est  pas  avis  q'il  pc'ùst.  estre  délivré  si  ftar  vous  non  ,  por  ce 


I 


1  .n^mUM. 

T  lUHabÊaaouatietltTriHam  yoarpUHrftdnsmtaiMilf  Parcev»!  (cf,  |IM)  t  Im  <lms 
marm  sus.  d*  mwariw,  MOl  S&6.  twsaatM  a'MJbotû  catuMst  Arttor  ifaonrttf»  Iw  dans  ualk 
tfit.  W  ,  d  llui— i)  r  Kt  mmUt  «a  p^rtùient  pmr  tante  tu  rtMtrt.  Oaeniml  «le»  illi»iiiél«  Il  f 
IwvpM.  tt  lenl  lUelJH»  fsm  -u'timr»  yranUMiir  r  ■   •»»!  t*  fm'it  *mrt  mit  pttix 

wmtrfmlKdeu^.  Il  iat  miad*  A  te  onv  daCasml":  .  -mit  avccjale.  Ai>r^  le  n-pM, 

k  m  la  niiuinll  #•  «M  cteMftrtf.  ofe  lia  noCMrt  <lo  .nluv  aaaii.  Mtn  w  f^rl»  Le 

rallc««ançe  «  r«BjDa*r«aiUiA.l>f*tkBrl|K«d  «n  buai  'l'u/if  ^iuhI  pitrr  lu  r*»'/ -fr/tre»  J&&^  i 
■  Je  ne  «Minia  rlu  vntta  nAMor  (  ■!  J*»!  M  trnU  rantn  Ltarelot,  «Tnt  pour  pttrtia 
fiV  J<  itmir  Ay  rfrfr-  tfw'il  Jrr<ii'  irfvf  Jtfr»  l'iu'i'  'l'i-U  .-titn  l'i'f  Jt  nt-iv.  ^ùul  J»  cntf,  »t 
cvnBff  >'«y  pmf  <(r  tMl  m  Mm 

nm  i  rfonf  >'  di  «ini  «  I*m  Ira 

)9mrt  il#  •d  T  -  tn*    •   i^[icvl«t 

«i»a»mi  ■■  -   Jp  «««fl   r'-'  '  11. 

#4  WWy  ■'  '  .  >ir  A   u  riXlt  /l 

,.<  «i  t'amlfé  ée  />mIv  cAdM,  poumiit 

-  -     --■■-•■' —  -rr  o 

.•'i 
*t 

'UivMti  m  M  Brtow  «idrotl 
->ot<  !■  4#|Hirï  -ir.  r«îjmi''(l*. 
I      Tr.  fu  4tiS:  <  .-Ht 

[  ra«r;  «r  A  '  <i'i 

'  H  Ut  j.  t;..  .  m 

'  fa  lu  Ci3m;iaiitnon,  «f  ^>'  v  lu!  Jr  l'oy 
'  ^M  If  rvp  itar<  ilflirr«§  4t  prttQtt,  maiê 
:r   fié'}  ifu.'f.  l*uu   l'.i    V'-  -i»ri',.   ii'.k|.)UK 

.  eXuai  (luirv.1'  U 

^  "  .   ilhti)l4>i.   _.. :    ...     „   .   ,  .    .         ;!iit. 

ilv  liiS.  ■  imnir  drs  rcnwniiKs  anr  UqoAle 
VV.  IM  M. 

-  '  -■  ■  '  -  '■—  — •-""  m 

.  i.--t 


arvngvr 

wptéxwu  -  

«aJOlIlrllrtliriii   nnniiir    1  rr«N 

«la  Of^l.  k  Ml*  laiprbniV  [utr 

IHlui  û   f  •       '" ■     - 

rtdt  Tri-tjiii   '.: 
dM  l«te.  P   U2 

Triatu,  dfiirar. 


MdtOrMli  viry.  I  «M. 


lljj     Pn;»    U    /flr,    rtif     {uue  à    Prr.-^^al,  eo 


3.  Ici  773.  97,319,  IDI,  758,  24400,  101.  336  vieum'ot  xejuûidreà 

757  ifS.  ^  4Krt,  ntilp)  :  Pal,  v<t%  salue  et  vos  jtrir  <pie  wus  le  srcaurr:,  car 
dt  del pais  ou  ruuj  U  Ussaalrs  l'vnt  emprisane  :  c.-à-il.  les  tiabilants  de  la 
TiHir  du  pin  c<*tKl(!i4Kf>),  conimo  k*  dit  101;  carcit,  etc..  mauffuedans 
24400.  —  (»our  yy,  vny.  ^  488,  uuU'. 


—  348  — 
vous  prie  il  qe  vous  l'aitlies  detivrer^.  »  Tristan,  por  la  grant 
amor  q'il  aitoiia  Pal.,  part  le  lendemain.  En  tel  manière  con 
je  di  demora  mons,  T.  avec  la  reine  bien  .t.  mois-;  adonc  se 
parti  de  la  Joiousc  Garde  por  délivrer  Pal.,  mes  a  celé  Aor«' 
q'il  3  (i)  vint  la  le  trouva  il  délivré.  £n  celé  voie  '  se  eombati 
mons.  T.  por  la  dame  de  Noant  en  Ifumbellande'^  encontre 
Galaad,  et  de  celé  hactalle  distrent  cil  iji  veiie  ravoient  qe 
mons.  Gai.  nen  avoit  mie  le  meillor^\  En  ccle  saison  se  com' 
bâti  mons.  T.  au  roi  Artus  meesmes  par  mesconnoissance ;  en 
autre  leu  devise  lot  cestui  conte,  mes  or  lesse  a  parler  del  roi 
Artus  et  retornerai  a  mons.  Gai.  por  deviser  comment  il  se 
combali  a  mons.  7"^. 

Gaïaad   ren-      -i9i,  Grant  picce  ap7'^  ce  qe  Gai.  se  fu  combatu  encontre 

«m^ro      aia-  „„^yjj     p   ^^  ^^^  manière  corne  nous  vous  avons  devise  ça 

arrière^,  avint  que  Gai.  ckevauchoit ./.  jor  par  une  forest^,  à 

l'entrée  du  Norgallea;  il  est  accompagné  d'un  seul  écuyer.  Son 

écu  est  tout  blanc,  sans  la  croix  rouge  'o.  Il  entend  •*  une  demoi- 

1.  DÎUographie  dans  757. 

2.  \<S\,  336  :  Il  demeura  qx^atrf  jouri .  772.  758,  2U00  ;  aru«  la 
rotnf,  mèjt  ilseparti^  etc.,  sjuis  iudicaliuu  de  temp(«,  99,  97.  101,349: 
Tant  deimmra cûfiime je  voits  ay  dit,  mr;  il  se  départi^  t<lc.  —  Dans  lO-l, 
Tr.  ftmmt'tii'  tant  de  chevaliers  cûmnie  it  tiplut.  Bmnehorz  [c.-à-U.  Uru- 
nor)  et  Utnudau  prcuiieut  cuiigô  ot  s'vu  vuot  chez  leur  père,  le  boa 
clievalitïr  Aans  peur,  roi  d'Estrangorre. 

3.  Dpm.  ll»i.  336.  inaitquantil  77?,  elo. 
i.  L*'8  ri?mar(|uea  suivanU's  ne  se  irouvonl  ijut^danft  757,  104,  336; 

lett  aulreAm^!*.  pas^fntâ  Galaad,  qui  rencontre  l'alanu^de  (§  494). 
â.  8ic757;  ladaoxtde  yorhomÙellandfMii:  tatiamedeyaharrs3dS. 

6.  Ici  336  ajonu*  que  cotti>  iMlailt»  valut  plus  de  ^luire  k  TrisUn 
qu'aucune  autre;  depuis  lors  on  no  fiavait  loquet  riait  lo  meilleur  de  c«« 
deux  cliesaliers. 

7.  101  :  ret.  a  motu.  Tr.  por  deviser  commfnt  it  li  avint  après  tU  xu 
aventures aprh.  —  336  :  rr.i,  a  mons.  GaL,  et  dirons  en  tel  tnanirrr.  Et 
cesmss.  p;i5seiiL  à  Gai.,  qui  imU'ud  chanU-'rladpnn)iin»lli».  —  Des  aven- 
tures supprimées  auxquelles  ou  lait  alUisiou  ici  je  n'ai  Irouvi*  aucune 
trace  ailleurs.  Quiuit  au  combat  iuvulontairo  de  Tr.  contre  Arthur,  oa 
vuit  que  757  on  auuoiicfî  le  récit,  qui  aura  disparu  dans  une  lacuno.  Les 
mots  qui  connnenceui  la  laisse  snivanu»  doivent  se  rapporter  nu  der- 
nier CôuiUal  L'outre  Gnl.;  ou  les  rairacherait  nvoc  moiu:^  ilo  profiahiljté 
à  celui  que  nou«  avons  vu  au  §  il8. 

K.   Pour  la  dame  dr  Naharcs  ajoute  33G. 

9.  Ici  les  textes  se  réuui«spnl,  cf.  ci-desfius. 

lu.  Celte  rumarquc  mauquo  dans  77'2;  les  autres  :  Son  écu  était 
couvert. 

11.  Il  n'est  plui- question  de  la  demoiselki  qui  tétait  venue  le  chercher 
(voy.  S  m). 


^ 


I 

k 


—  349  — 

selle  qui  chante  ei  uiu>  autre  i]ul  crie.  Comme  il  va  eecourir 
celle  (lernitïre,  il  esl  arrôlê  par  Pa,l,imt'iî«,  qui  le  prend  pour  n  le  ïff^ndpour 
Keij   (f*  251  c);    li  Sfiu*scfw.r  li  avort  dite  une  vilenie  celé  *^*"- 

semaine  meesmes  et  i^oiant  T.,  et  A'ftr  poitoit  a  celui  point  J. 
autretel  esca  corne  fèsoit  mons.  Gai...  Pal.,  qui por  tioutancê 
de  mons.  T.  n'osa  main  mètre  en  Kex  en  ceUti  point,  force 
Galaad  de  jouter;  sans  être  (iésan.'OiiQés  l'un  par  l'auire,  ils 
brident  leurs  glaives.  Palaraède  est  désolé  :  il  avait  promis  k 
une  deiuoificlle  qui  se  plaint  non  loin  d'eux  de  lui  livrer  Kcu 
prisonnier.  Il  veut  se  Italtro  i  l'tipée  :  m  La  coutume  m'en  dis- 
pense, répond  Galaad;  car  je  n'ai  pas  élé  désarçonné.  »  Pala- 
raède  s'en  va  à  conlre-copur  et  eu  lui  lançant  des  invectives. 
Il  rencontre  Gauvaio,  A^rravain,  Monlret  et  Ivain.  Gauvain  lui 
fait  apporter  une  lance  pour  jouter.  «  Maint  chevalier  errant 
sont,  dit  Palamède,  gui  coiilent  le  baslon  dont  il  sont  batu,  » 
et  il  renverse  les  quatre  chevaliers,  l'un  après  l'autre'. 

495.  Ayant  avisé  Galaad.  qui  s'était  arrêté  pour  regariler, 
il  le  dé6e,  croyant  toujours  avoir  aflaire  à  Keu ,  lui  donne  sa 
lance  et  en  prend  une  autre  h  l'un  des  chevaliers  qu'il  vient 
de  renverser.  Galaad  lui  demande  son  nom  :  il  ne  voudrait 
jouter  ni  avec  Tristjin.  qui  esl  compagnon  de  la  Table  Ronde, 
ni  avec  Palamède,  qui  est  si  brave  aux  armes.  Celui-ci  se 
nomme  et  insiste  pour  avoir  sa  joute  :  il  esl  désarçonné,  et  le 
proverbe  (|u'il  vient  d'adresser  aux  quatre  désarçonnés  lui  CBt 
renvoyé  par  Mordret,  qui  s'en  va  avec  ses  compagnons.  Pala- 
mède, furieux,  court,  l'épée  à  la  main,  après  Gala<td,  qui  lui 
représente  tout  ce  que  sa  conduite  a  de  peu  convenable,  et, 
pour  l'apaiser,   lui  dit  enfin  qui  il  est.  L'autre  réplique  ^  : 

f .  77?  n  Kiin  de  dp  pas  faire  abattre  Gauv&in  ;  cf.  §  396,  nute. 

2.  104  el  3UG  dunufni  cette  ni^me  ajKwtrnpht»  de  PalomtHle  ;  cf. 
I  41A.  Cependant,  an  milieu,  104  pri.Wnl«  une  lacuim  qui  sf>  termine 
ail  pdKaa^*  riû  il  osi  dit  que  Marc,  ayant  enlevé  ÏJ^eut,  conlitmc  à  Tai- 
nwr  malgré  le  mauvais:  semblant  i]uVne  lui  fait  (voy.  §  â34J.  —  772 
(f"  ,H  I  a)  el  les  luitri'K  niss.  :  Palainwlc,  apiimnant  ipu»  c'est  Galaad, 
jpUr  **)n  pi'ii  cl  s<in  hi\aiimf%  prêsonto  son  épôe  a  Galaad  el  se  déclart* 
mUr^.  Gnlaud  n'acoepti'  pas  et  ilemaudi!  un  don.  m  Tuut  ce  que  vous 

indn*3!.  rninmd  Palainedo,  fon  srvlement  crafien  devfnir.  —  Ifonl  vous 
mant  çr  a  Dot,  frt  (ixxlaad.  — Et  ge  vous  suivrai .  »  frt  l*a\  A  tant  se 
dfpartrnt  ;  Ji  l'm  ret  Pal.^  ma  a  tant  teae  art  li  contts  a  partr-r  de  lui  et 
rrtonu  a  nionseign.  Gai.  En  crste  partie  dut  li  contes  ifue  ijunnl  mitira 
GaL,  libonsch((i{iUcrt.  ir  fu  partis  d^  Pal.,  il  etin^ucha  tant  par  tes  jor- 
nea  qu'il  vitit  m  ta  Forrst  gaste  [la  Giut€  Forcst  336) .  Il  renaiiilre  Lancielut 
et  Perceval;  puî»  772,  etc.»  intercalent  de  lung«  morceaux  de  la  Quests 


—  330  — 

K  CerteSt  je  tieng  a  fol  et  a  niées  loz  celz  qi  vous  dofient  tel  pris 
eom  il  vous  donenl.  Je  n'ai  vu  de  vous  rien  de  très  étoonaat, 
cl  vou»  oe  valez  ccrlaineuïent  pas  Tristan.  Je  ne  vous  lais- 
serais pas  pjirtir  sons  haUilIe  si  je  ne  nie  sentais  l'uiUc  après 
un  combat  que  j'ai  eu  dernièrcmont  avec  Bliotteris,  mais  gare 
à  vous,  si  je  vous  trouve  une  autre  fois!  »  Et  Pal,  s  en  va 
d'uM.  part,  et.  Gai.  s'en  vet  de  l'autre  por  veoir  dont  li  criz 
estait  venus  q'il  avait  oï ,  mes  tie  Irova  rient  safis  faille  a 
cele  foiz;  assez  qist,  mes  riens  ne  trova  ^ 

Épisodâa  de  la      ^96-  Galaad '^  rrucontre  Lancflui  uL  Percoval  tk^vant  la  niuii^uiiDpMe 

fjueste.  d'une  rrnciuse^  les  ilcsarmnne  inus  Irs  iIpux  ,  et  s'en  va,  poursuivi  par 

eux. 


497.  Lancriot  arnvi*  à  la  clmprllt'  tiù,  .^tmimeillanl  Pl  ctimmc  para- 
lysie, il  sp  liiissi?  prtîndrp!  snu  cheval  el  st!S  armes  i«u*  récuynr  du  cho- 
valiiT malade.  Ij*:^  Iroh  mtits.  Un  ermite  prÊcho  longuemRUlà  Lancelol 
(la  parabolo  dos  trois  scrvileurs). 

408.  Pcrceval  rt*Uiurue  auprès  de  la  reucluse,  qui  est  sa  lanio; 
ancinnne  rt'ituî  de  la  Ttrre  foraine  ',  elle  s'étaîL  eofuie,  eraignautuo  rtij 
ennnmi,  Harlan  *  ;  son  IïIb  Diahil  ^  wx  chez  te  roi  Pellett.  Elle  appreud 
à  Percuviil  la  mort  de  sa  mért>  H  lui  raoonie  l'histoire  tin  Graal. 
Percvval  i)art  pnur  sp  nuMtre  :i  la  disposition  de  Galaad;  *a  Uuile  lui 
reiMjmmandr*  d'aller  au  chàtpau  de  Gut  *,  et  de  U,  s'il  le  Taut,  h  Gorbeuin. 

499.  Ayant  trouvé  Mordroin  (autrefois  Evalac)  allié  et  bleiu^é  dans 
un  inoulier,  Perrcval,  attaqu»^  par  vingt  clievaliers  et  secondé  par 
Galaad  ,  re^lc  dans  une  prdfiinile  triRli>*»o,  priv  d'une  roclic,  au  milÎPO 
d'un  pay^afip  désnrt.  Tcnlatinn  par  le  dinide,  sous  forme  d'une  joune 
fille;  le  cheval  noir;  le  lac.  Porceval  tue  uu  &erpoQt  et  délivre  un 
lionceau.  Vid^ion  alléf<orii]Ue,  oxp]i[)uéo  [»ar  un  perfionuage  arrivant  ixit 
une  nef.  Nouvelle  tenlatiuu  par  le  diahle-deuioi^oUe.  1a*  ciel  envoie 
enfin  une  nrf  à  Perceval. 

du  saint  Graal  (vov.  §  49G],  à  la  suite  de  ceux  que  nous  avons  déji 
vnîs  (cf.  §  398  a). 

I.  Ici  336  passe  au  teilp  Je  772,  eic.  :  Et  por  ce  m  laiiXf  te  conU 
aparlcr  Jfcrt(fma/icr|(î|,  Ktdit  tecontf  gueqitant  mMj.  GaL.  fr  biin  eke- 
vatier,  se  fit  partis  de  Pat.,  il  renronire  Lancelot  et  Perceval. 

7^7,^252  c  :  El  por  ce  en  fesse  li  contes  aparUr  H  dit  q'il nr  demora 
pas  granment  rfr  tens  aprt^s  ee  qr  il  oï  dire  tje  ti  rois  M.  avoit  assegié  tr  roi 
Artiu  dedens  Camatoth,  A  partir  d'ici  757  douuc  un  Uîxie  ubréfri-  iprnu 
retrouve  dauH  760  et  i463;  voy.  $  534,  note. 

3.  Lm  iFpIlodM  ■ni\-Bi]ta  anot  li)t(<rctlt^«  dans  172,  87,  Btf.  lOlt  H-^  }  i>^, 

bom).<VBp<r<*  I*  f^tttr  truriilvnll,  |i.  tH  ta),  <l<ip|  In  trala  «l  «a  ç  kh 

I    OH»»tt  .  Jerrt  oattt.  l»  m'tilo  l»  Tur.  Rit.,  uu  le  r4ell  dl  la  *)>i  .:.   ■,^. ^i.cioà 

U  IWIUM  c»t  ih\*nw  Ia  «rruT  de  Teivcrnl  (]■■  tVl) 

«    Pc  m    TM.  -mm ,  nrrlan  w.  Uerlam  H«"lt  ^7.  »I0.  101  \  Lut/rm  »«,  U*im.  9«M«r. 

h.  OtnetH  [BtaHctno].  Tar.  tlit.  U-  (mmo  n'est  pu  QaiiS  la  Çneête, 

I,  Co  li4(Kl(  Ctrvf  «9|  <i*tr.  Çutitt. 


—  351  — 

5Q0.  Lancflot  iftiiu**  rt'rmiUfi^*.  Il  Lruuve  Vcnnite  qui  pleur»  ta  mort 
de  é*m  omu[iAf[nnQ  cl  a>ujiiro  le  «Jialile  pour  avoir  dec  dtîloils  sur  c«tl« 
mort  miraculeuse.  .Scrnum  «le  l'ormite  au  profil  Ae  Loncclot  (la  parabole 
de*  noces  du  fili»  ilo  IViu^torour).  Rt^ve  inyftUi)UP,  expliqua  par  un  autre 
t*rœil«.  Lantîi^lot  est  vaiiicn  dans  un  tournoi  allt^gnrii]ue.  Nouvelle 
visîoD.  Il  ri>^tp  triiiiomincul  nu  n4>uv^  de  Marrom.  iu>  n^comniandaot  à 
Dieu  '. 

TiOl.  Bohorl  lrioniphi\  aprùs  plusieurs  vi:^j<>us.  di^  Priadan  le  tiotr'. 
Lîon**l  pn  <'h**misfi,  Itattu;  ta  pucoUe,  l'ormitp.  Hohfirt  retrouve  Lionel 
PTi  mort.  Encore  le  diaiïle-dem<iiseUo.  Apn^s  tjne  Lionel  a 

lut  ait,  les  deux  frères  wmt  «ur  le  poirU  de  se  laltro.  quand  le 

I  miervîeut  et  ordonne  à  Bubort  d'aller  à  la  mer.  où  il  trouve  Percoval. 

502.  Galood  arrive  i>oodani  ce  temps  li  la  fonluine  qui  bout*,  où 
l'aïeul  de  Laiicelot  avait  fu  la  u^te  iraticlu^e  pendant  qu'il  buvait .  iia 
tèle  et  son  corji»  fur*Mit  enlevéi*  et  enterrf^  par  «on  tils,  maigre  les  lions 
ganlienit.  Galaïul  termine  ItM  avenlnn^  du  ccttc>  runiaioe  eu  pimaui  de 
l'ORU,  après  quoi  il  va  chei  un  ermite. 

II  rencontre  ensuite  Hclam  le  hianc  *,  qui  conquit  Rome.  Ce  che-  Helain  le  blanc, 
valier  est  le  fils  de  Robort  et  de  la  tille  du  roi  Braiigitrre,  épousée  par 

Bohort  â  Tépoifue  où  il  vainquit  dans  un  fçrand  tournoi  arrangi^  dans 
la  terre  du  roi.  La  princesse  en  était  le  prix;  en  outre,  Ie«  douze 
chevaliers  qui  s'étaient  distingués  le  pitw  après  le  vainqueur  devaient 
être  mariés  à  douze  demoiselles  par  Veleeion  Vord^iinncf  33fi',  du 
tuiiqueur.  Bohort  ne  voulut  pas  de  la  princesse,  mai»  elle  6Ut  oble- 
nir  sa  compagnie,  d'où  nai[uil  Helain,  cumme  nous  le  dît  rbisbûre  de 
Lanceloc  ;  pour  l'histoire  d'ilelain,  on  [kîuI  consulter  le  livre  de  Robert 
de  Bornon.  —  Helain  joule  avec  GaUad ,  qui  ne  [tarvicDl  pas  à 
l'abattre;  une  voix  leur  ordonne  de  ^  S4$|>an*r. 


503.  Gâlaad  ;irrive  à  un  cliAtoau  où  se  livre  un  grand  tour-  G*i"a'i  trouve 
û  ^  et  dont  les  défenseurs  ont  le  dessous.  Il  se  r.inpe  de  leur     un  tournoi. 
lié  et  renverse  rudement  Gauvain^  qui  comprend,  comme  il 
Tient  de  le  dire  â  Braodelis,  qu'ils  ne  pourront  rien  faire 

I  Id  n«  aetil  (laatM.  a«  P  I^  le  Minre  d«  nftqv»tii  «t  €}Ut%at  <iai,  dau  U  Qu^ttt  «ami, 
|r6cMe  («•  ivraum  M  floti(«  t  rf.  r-nnlviU.  rtxs{atn  vn. 

t.  un  «vbodle  i^t  I  1  M«,  MU)*  «d.  Mt»  doDMr  dr  d<H«Us  nu 

RMtet  S  4»ti4è  tk9  •m<rt ,  fU-ii  U  ',fuf>tf  .xU  ii'cK  poorUDt  pM  racooU.  —  Om«  u  Tae. 
ta.,  p.4i4,  (tel.  ilétiim  u  corps  qui  hrulDi  pnli  nasdAmolMll*  leeùadaltu  iMrd  di  la  ner, 
9« Il  tro«v«  ptrMVkl  rihahûrt.cr.  i  :>ii. 
4.  Ln  rœaoU*  an$  Helain  n'ttt  |a«  diu  t»  Qméat*. 

5.  Nous  voyons,  par  la  présence  de  notre  héros  dans  ce  tournoi,  que 
le  roman  de  Tristan  reprend  ici  aprè^  les  épisoiies  intercalés  ;  cf.  §  iue. 
—  Brandeiis  ne  tigure  pas  dans  {nQurste,  qui.  naturellemeni,  nednnne 
pa«  Triîitaji  mm  plus,  et  qui.  après  le  lourncii,  raconte  l'arrivée  de 
Galaad  chez  rermito;  d.  §  &1D. 

6.  Auâsi  dans  772,  où,  k  partir  du  f^  339  c,  une  autre  main  com- 
mence; cf.  S  Î96,  note,  et  529,  noie. 


—  352  — 

contre  lo  bon  chevclier,  dont  ils  ool  reconnu  Técn.  Hector  se 
retire  :  il  ne  veut  pas  se  l»altro  avec  son  neveu.  Galaail  trouve 
Trisl^in,  et  le  hurle  du  cors  et  tle  tescu  si  durement  qu'il  U 
fet  flatir  a  terre,  puis  .s'en  passe  outre.  Il  remporte  une  vic- 
toire complète  sur.  le  parti  opposé  et  part  ensuite  ruiiivemenl. 
Gauvain,  gravement  blesaé,  reconnaît  la  vérité  de  la  prédiction 
que  Lancelot  lui  Ht  au  moment  où  Galaad  retira  l'épée  du 
bloc  ^  ;  il  est  soigné  au  cbÂteau,  d'où  il  no  sort  qu'au  bout  de 
quatre  mois. 

rristan  et  Ga-  50^.  Tristan  court  après  Galaad,  avec  qui  il  voudrait  faire 
ln"eSfe.''°'^'  connaissance.  Il  ratieint  à  l'entrée  de  la  forêt  d'Ancore"^,  et 
s'étant  nommé,  le  prie  d'accepter  sa  compagnie.  «  C'est  moi 
qui  devrais  vous  adresser  celle  requête,  «  r**poDd  Galaad. 
Tristan  lui  demande  ensuite  s'il  a  vu,  avec  son  chevalier,  la 
beste  glatissant,  dont  Gauvain  et  Gaheriel  lui  avaient  parlé  un 
jour  qu'aventure  les  amena  oisemble.  Gataad  répond  que  oui, 
en  lui  racontant  ce  qu'il  avait  entendu  dire  de  ce  chevalier, 
qui  est  si  preux  :  u  Quel  (lommage  qu'il  ne  soit  pas  chrétien!  » 
dit-il  i  Tristan  est  de  sou  avis. 


mède. 


riB  écotiieni  les  505.  Surpris  par  la  nuit,  ils  trouvent  une  ancienne  maison 
mour de  l'oia'  tie  forestier,  inhaliitée  depuis  lonjfiemps;  les  murs  en  sont 
auques  dérochiez.  Ils  se  décident  «i  y  passer  la  nuit  :  ils  seront 
toujours  mieux  là  que  dans  la  forint.  Pendant  qu'ils  causent, 
désarmés,  de  ces  choses  dont,  plus  leur  estoit ,  e^est  du  saint 
Graal  et  d€s  îjranz  merveilles  du  roiaumc  de  Logres,  un  che- 
valier arrive;  il  se  désarme,  ayant  lui  aussi  l'intention  de 
coucher  dans  la  vieille  maison,  u  Sire,  tenez  vous  cot,  dit 
Tristan  à  Galaad;  si  o^rron  l'estre  au  chevalier;  car  il  ne 
cuide  pas  que  noussoion  ci  (var.  :  soions  si  près  de  lui).  »  Le 
chevalier,  a.ssis  sur  son  écu,  coumença  a  penser  durement,  et 
quant  il  ot  pensé,  il  ijela  ./.  pleinl  de  parfont  cuer  ;  aprHi 
coumença  trop  durement  a  pleurer  et  a  feire  si  grant  duel  qu^> 
cil  qui  iescouloient  efi  estoiefit  luit  esbahi.  Au  bout  d'un  asses 
lony  temps,  ce  chevalier  se  met  ik  parler  ;  il  exprime  ses  peines 
de  cœur  et  déplore  qu'il  n'occupe  pas  la  place  de  Tristan  auprAs 
de  la  ]>clle  Iseut,  qui,  dit-il,  a  assujetti  tout  son  ôtrc  ;  à  la  fin , 
il  s'endort.  Galaad  dit  :  «  (listes  vous  onques  si  fol  chevalier 


1.  Cf.  p.  -ÎSi-îHî. 

2.  Ânchore  758,  2440U;  Antorr  99;  Aurore  97,  349.  lOl;  Enloivrt 
336. 


—  353  — 


I 
I 
I 


con  cist  est?  t  Trislan  répond,  furieui  r  «  Il  ne  connaît  pas 
encore  aussi  bien  sa  folie  que  je  la  lui  ferai  connaître  avant 
qu'il  nous  quille.  Mal  lui  prendra  de  cet  amour,  (|ui  lui  vau- 
dra la  mort,  s'il  n'est  compagnon  de  la  Table  Ronde.  »  Gal;iad 
n'ose  blâmer  Tristan,  qui,  par  égard  pour  son  compagnon, 
s'abstient  de  counr  tuer  tout  de  suite  le  chevalier.  Se  ileman- 
dantqui  son  ennemi  jxiut  être,  Tristan  s'endort.  Mes  ce  ne  fist 
mie  GaLf  qui  prie  Dieu,  jus(]uc  vers  l'aube,  de  le  préserver 
du  péché  et  de  lui  accorder  de  voir  aucune  chose  des  secre:^  du 
saint  vesseL  Quand  il  s  éveille,  à  l'arrivée  du  jour,  il  voit  que 
Tristan  dort  encore.  Le  chevalier  —  c'est  Palamëde,  portant 
un  écu  noir  avec  un  lion  d'argent  —  est  debout,  très  vexé  de 
n'avoir  pas  été  seul:  sûr  qu'on  Ta  écouté,  il  prend  la  déci- 
sion de  s'en  aller  au  plus  vite.  Dans  la  semaine,  il  avait 
passe  devant  la  Joyeuse  Garde,  oi"i  il  avait  vu  Iseut,  et  tantost 
con  il  la  vit,  pour  Ui  grant  biauté  tjui  en  li  estait  Varna  il 
iuhnt  de  si  tfrant  amour  qu* il  n'amoitautretantsoi  neautnà. 
Il  e$t  afIUgé  ce[>end<)nt  de  se  savoir  beaucoup  moins  beau  que 
Tristan  ;  il  se  console  en  pensant  à  sa  prouesse  aux  armes.  Il 
part,  rencontre  Habc  le  renommé,  l'abat  et  prend  son  écu 
en  lui  laissant  le  sien. 

506.  Galaad  n'a  pas  voulu  réveiller  Tristan  avant  le  départ 
du  chevalier,  atiu  que  celui-ci  ne  fût  point  tué  devant  lui  pour 
si  povre  acftoison  con  d'amer  la  reyne  ïseult.  Trislan  lo 
conjure  par  la  foi  qu'il  doit  à  son  père  Laucelot  et  aux  compa- 
gnons de  la  Table  Ronde  de  lui  dire  les  enseignes  de  Técu  du 
chevalier  et  par  où  il  s'en  est  allé.  Galaad  y  consent  à  contre- 
cœur. Il  ne  veut  plus  accompagner  Tristan,  qu'il  quitte  en 
disant  qu'il  a  affaire  ailleurs. 

507.  Trislan  rencontre  à  son  tour  Hahé,  est  trompé  par  Técu 
de  Palamède,  qu'il  porte  toujours,  et  le  délie.  L'autre,  qui  a 
reconnu  Tristan,  a  beau  lui  crier  de  s'ari-étcr  :  il  est  désar- 
çonné et  blessé  morlelleraent;  non  content  de  cela,  Tristan 
veut  lui  couper  la  tête,  quand  Habé  lui  fait  savoir  qu'il  est 
compagnon  de  la  Table  Ronde,  et  une  explication  a  lieu.  Habé 
a  passé  la  nuit  dans  un  château  voisin ,  avec  Oaheriet.  Son 
écu,  emporté  par  Palamède,  était  d^anjent  a  une  teste  de  ser- 
petit.  Survient  Gaheriel,  que  Tristan  prie  de  faire  soigner 
Habé  et,  s'il  meurt,  de  le  faire  mettre  en  t^jrre  benemle^  coume 
chevaliers  erran:  doit  estre  ;  car  lui-mâmc  n'a  pas  le  temps  de 

Lôssm.  —  Tristan,  23 


llabtS 

le  renommé 

tu^  p&r  Tristan- 


—  354  — 

rester  avec  lui.  11  part.  Gatieriet  aurait  e^ajré  de  venger  son 
compagnon  si  Tristau  n'eût  été  do  Ja  Table  Ronde.  Habé 
meurt»  et  Gahcriet  le  fait  enterrer  au  plus  honoreemeju  qu'il 
j)Ot ;  l'épitapho  dit  :  Ci  gist,  Habez  U  ronoumes,  j/up  Tristan^ 
H  niez  le  roi  Marc,  ocisiK 

508.  Tristan  rencontre  Dodinel  le  sauvago,  qui  lui  dit  qu'il 
vient  d'ôtpe  désarçonné  par  le  chevalier  que  cherche  Tristan. 
ënRê^winhoi  Celui-ci  atteint  enfin  son  ennemi  dans  une  vallée.  S'élanl 
wniMs'^  Paia-  ^^^'tu  l'un  l'autre  avec  leurs  chevaux,  il-i  commencent  ensuite 
mède.  rescrime.  Survient  Blioberis,  qui  re^rde  le  combat,  admire<j 

les  deux  chevaliers,  trouve  probable,  à  cause  de  leur  prouesse, 
qu'ils  sont  de  la  Table  Bonde  et  résout  de  les  st^parer.  Les 
deuA  combattants,  se  reposant  après  le  premier  assaut,  sont 
émerveillés  de  la  bravoure  qu'ils  ont  trouvée  l'un  chez  l'autre-, 
Tristan  est  pourtant  moins  lasssé  que  Palamèdc,  qui  se 
demande  ai  son  adversaire  est  Galaad  ou  Lancelot  :  «  Si  c'est 
Tristan,  se  dit-il,  j'ai  eu  tort  de  le  combattre,  car  j'aurais  dû 
m'en  abstenir  pour  l'amour  d'Iseut,  n  Voici  que  ISlioberia 
B*avancc  et  leur  demande  leurs  noms.  Tristan,  tout  en  se 
fj^chant  de  cette  intcrveution,  consent  à  se  nommer  et  pardonne 
à.  IBliobcris  dès  qu'il  a  appris  son  nom.  Palamède,  s'étant 
nommé,  rappelle  h  Blioberis  qu'il  lui  a  sauvé  ta  vie  dernière- 
ment, lorsque  les  deux  frères  de  Gauvain  voulaient  le  tuer ', 
et  le  prie  de  lui  rendre  le  service  de  décider  Tristan ,  avec  qui 
il  ne  doit  point  se  battre,  A  laisser  lo  combat.  Mais  Tristan  est 
intraitable,  quoique  Palamède  lui-même  le  prie  de  cesser  le 
combat,  et  veut  se  ruer  sur  son  rival.  Blioberis  intervient 
encore  :  n  Or  7ie  cuitlasse  je  viie  que  vous  rcfusfssii^z  ma 
prière,  a  Tristan  répond  iiu  il  n'en  orroit  prière  de  nul  fioumc. 
Alors  Palamède  s'agenouille,  se  déclare  vaincu  et  rend  son 
ôpée.  Tristan,  ne  pouvant  plus  Je  tuer  sans  se  parjurer, 
d'après  la  coutume  de  la  Table  Ronde,  abandonne  la  bataille, 
maisenmeuaçanlPalamède,  qui  répond  humblement:  «Quant 
vous  m'asaudreZt  il  m'en  pèsera,  n  Puis  Tristan  se  tourne 
vers  Blioberis  et  lui  fait  savoir  qu'il  ne  l'aimera  plus  tant  que 
par  le  passé  :  «  Si  vous  n'étiez  de  la  Table  Ronde,  li  maus  en 
revenisl  seur  vous.  Si  sachiez,  s'il  vous  mescheoit  demain ,  il 


1.  CeUe  mon  est  anDuacée  au  commenccmnnt  do  notre  romna; 
voy.  §  Î7. 

2.  Gela  n'a  pas  été  raconté. 


—  355  — 


I 


^ 


W 


nt  ni'en  peseroit  poinL  »  BliolKiris  se  dit  très  fiiché  d'avoir 
encouru  la  colère  de  Triatan  et  s'excuse  sur  l'obUgation  ^u'U 
avait  à  Palamède.  Tri^Lan,  monté  à  cheval,  avertit  ce  dernier 
qu'il  se  battra  avec  lui  h  outrance  au  premier  endroit  on  il  le 
trouvera.  Palamède  répond  <]u'il  éWierade  son  mi»»ux  tout  com- 
bat avec  son  rival.  Tristan  part.  Païaméde,  ayant  beaucoup 
remercié  Blioberis  *,  s'en  va  également,  et  les  trois  chevalicrâ 
suivent  chacun  leur  chemin. 

Tristan  arrive  au  château  de  Sagremor  —  présent  d'Arthur 
—  Cl  y  passe  Ja  nuit.  Le  lendemain,  en  sortant  de  la  forêt,  ii 
rencontre  I^mbègue,  qui  lui  indique  un  château  où  la  joute 
est  de  rigueur,  et  où  il  a  été  désarçonné  lui-même;  il  dit  être 
k  la  recherche  de  Blioberis. 

509.  Tristan  se  rend  à  ce  château,  qui  est  superbe  et  rfra- 
cùz  sus  una  eue  reide  et  parfondt*;  on  y  est  en  fête,  le  roi 
seigneur  devant  être  couronné  le  lendemain.  Dans  des  pavil- 
lons se  tiennent  Jusqu'à  dix-  chevaliers,  qui  attendent  les 
chercheurs  du  saint  GraaI.  Tristan  s'approche  rêveur  ;  il  songe 
toujours  â  l'amour  de  Palamède  pour  Iseut,  ne  aventure  ne  li 
estait  mes  pt'eca  avetiue  dont  il  fu  si  iriei  coume  de  eeste. 
Arrivé  aux  pavillons,  il  est  abordé  par  un  chevalier  qui| 
apprenant  qu'il  est  de  la  Table  Ronde,  dit  haïr  ceux  qui  en 
sont  compagnons.  Tristan  l'abat  mort  et  tue  ensuite  un  autre. 
Le  roi  en^-oic  son  frère  inviter  Tristan  à  dire  son  nom.  Celui-ci, 
ayant  refusé  absolument,  voit  prendre  son  cheval  à  la  bride 
par  l'envoyé,  qui  commence  à  le  mener  vers  les  pavillons. 
Tristan,  le  voyant  sans  armes,  le  laisse  faire  pendant  quelque 
iemp6;  à  la  fin,  impatienté,  il  lui  dit  de  Iiicht?r  prise  :  «r  Siuon, 
je  vous  tuerai  ;  si  sera  In  honte  moie,  et  U  dommages  voslres;  » 
Tautre  n'en  démordant  point,  Tristan  lève  sa  lance,  et  le  tue 
après  lui  avoir  adressé  un  dernier  et  inutile  avertissement. 
Alors  le  roi  envoie  plus  de  cent  cinquante  ^  chevaliers,  dont 
quinxe  sont  armés,  h  la  poursuite  de  Tristan»  qui  en  abat 
quatre  avant  de  briser  sa  lance.  Après  qu'il  a  fait  des  mer- 
veilles de  prouesse,  on  lui  tue  son  cheval ,  et  il  reste  à  pied 
eoDire  plus  de  cent  hommes;  il  est  enfin  près  de  succomber, 

%.  On  pourrait  expliquer  la  conduite  de  Palamède  en  cellf  occasion 
fêx  ozie  prunitisj^.*  douaée  à  heui  de  ne  point  combattre  TrÎAïao;  cf, 
i4.  uot 


^r 


Die). 


Combat  Ae  Tris* 
tan  conlro 
ceatcinijuttnle 
cbevaliera. 


î.  Var.  mille,  dix  mille. 

3.   Cmt  cinquante  dix  IbS  [ttLUUi]. 


—  350  — 

quand  viontîi  passer  Palamède,  qui  rocoannlt  son  rival,  Tadmirc 
cl  se  (lit  que  ce  st^rai!  une  lAcheié  de  ne  pas  faider,  malgré  la 
haine  ([ue  lui  jtorte  Tristan  ;  car  touz  U  mondtfs  sevoit  empi- 
Hez  du  la  mon  a  si  preudouuie.  H  alxit  le  premier  qu'il  ren- 
contre el  donne  le  cheval  à  Tristan,  qui  rcoonuall  celui  qu'il 
vient  de  menacer  de  la  mort.  Malgré  tous  leufs  efforts  ils 
auraient  été,  à  la  fin,  tués  ou  fails  prisonniers  devant  ce  cbA^ 
Palaroède   et  teau  de  Hopart  ',  si  Galaad  n'(îtait  survenu.  Il  ne  tarde  pas  à 

TriïUin 3OC0U-  gecourir  les  dcuï chcvaliei'S  et  triomphe  bientôt  dcleurs  adver- 
rus    par    bii-  ,      ..   .         ,  ■  i   .       i,    ,     •       . 

luad.  aaires,  (jui  prenucul  la  hute.  Le  roi  sort,  plein  d  admiration 

pour  Galaad,  ordonne  à  ses  hommes  de  cesser  les  hostilités,  el 
les  trois  chevaliers  traversent  le  chAteau  kuis  qu'on  les  arrête. 
Quant  il  ont  l'cve  passon,  Tristan  exprime  à  Galaad  sa  recon- 
naissance, el  Palamède  les  quitte  immédiatement.  «  Qui  est-il  Y  n 
demande  Galaad  à  Tristan,  qui  lui  explique  tout  ce  qui  s'est 
passé.  Galaad  approuve  ta  conduite  de  Palamède.  «  mais,  dil-il, 
je  leplaing  trop  durement  rfa  ce  qu'il  n'est  crestiens.  —  Ki  qi» 
ausi  »  fet  Tr.  A  la  nuit  ils  vont  prendre  leur  lo^s  cher  la  sa»ur 
do  Dodinel  le  sauvage.  Ils  font  route  ensemble  pendant  trois 
jours.  Tristan  soulFi-e  beaucoup  de  ses  blessures;  un  autre, 
étant  dans  le  même  état,  n'aurait  pu  supporter  comme  lui 
Triatan  reste  les  latigues  de  la  chevauchée.  Au  quatrième  jour,  il  est  obligé 
bnye  "wesfé'  ^^  descendre  à  une  abbaye,  où  un  vieux  chevalier,  qui  le 
soigne,  lui  fait  remaniucr  que  ses  blessures  sont  dangereuses, 
parce  qu'il  les  a  trop  portées  sans  regarder,  «  Oh  !  répond 
Tristan,  li  cuers  me  dit  que  Je  n'aie  douté  de  rtiort.  n  (îalaad. 
qui  ne  peut  rester  longtemps,  le  quille  au  bout  de  deux  jours, 

Aveniurca  do  510.  Galaad  arrive  chez  le  roi  Pelles,  qui  célèbre  l'annivor- 
(Jûiaod.  saire  do  son  couionnemenl.  Un  enchanteur,  dont  Tari  t'aii 
défaut  devant  Galaad,  est  forcé  de  conterson  histoire  ;  Sarrazin, 
originaire  de  Berbana,  il  avait  été  baptisé  par  l'ermite  Nascien, 
et  s'était  plus  tard  fait  serviteur  de  Dagon,  le  maître  des 
maîtres  des  enfers.  Il  est  emporté  par  les  diables.  —  Etiezer, 
le  fils  du  roi,  part  après  Galaad,  dont  il  désire  éprouver  U 
force;  désarçonné  deiuc  fois,  il  retourne  sur  ses  pas. 

Gbes  un  ermite,  Galaad  se  confesse*,  puis  il  part  avec  une 
demoiselle  (la  sœur  de  Perceval ,  1^  356  b),  qui  promet  de  le 
mener  k  une  «  belle  aventure  >».  On  traverse  la  forêt  de  Caîeise  '. 

1,  Ainsi  336;  Uchastelde  la  pari,  les  autros. 

2.  Var.  Catiat.  Dan&  la  Qtteste  (cf.  §  n03,  note) ,  OaltinH  nr  «•  cnn- 
fease  pas  ;  après  avoir  lravcr«^é  la  forfl ,  iiiipiîlée  Ctietibe^  ils  arrivonl  au 


k^i^^^^^^^^^Li^ 


—  357  — 

Une  cousine  de  la  demoiselle  recouvre  la  raison  par  la  seule 
présence  de  Galaad.  On  rencontre  Bliobcris  et  ensuite  cimj 
chevaliers,  ennemis  de  la  lignée  de  Ban  :  Caillas  le  grand, 
Scnelas,  Baridan,  Damas,  Oamadas.  Combat;  les  cinq 
tombent  mortellement  blessais. 

A  l'hôlel,  nos  voyageurs  trouvent  trois  ùères  :  Amant, 
Gaenor  et  Harpin.  Une  jcimc  fille  entacluîe  de  lôpre  est  guérie 
par  la  haire  de  Galaad. 

511.  Bliobcris  les  quitte.  Les  trois  frères  attaquent  Galaad 
par  jalousie;  vaincus  en  un  rien  de  temps,  ils  se  battent  après 
avec  Âcourant  et  Darubre  (f^  357);  le  premier  sua*orabe,  mais 
Darubre  tue  les  trois  frères. 

La  demoiselle  et  Galaad  arrivent  à  la  mer,  où  ils  trouvent 
Bobort  et  Perceval  *. 

château  do  I»  demoiftello  et  trouvoiu  le  londoxnain,  à  la  mer,  Bohort 
el  Perceval  {voy.  ci-après), 

I.  A  partir  d'ici,  Ifsmsa.  poursuivent  comme  la  0ii«s(0  (cf.  ci-dessus), 
que  suit  aussi  la  Tùv.  /îil.  (voy.  §  502,  note)  (l'histoire  de  Tristan 
reprend  au  §  516)  : 

512.  La  (lemoist'Uc  et  Galaad  s'embarquent  avec  Bohorlol  Pprcoval,  Kpisodos  de  la 
eion  arrive  a,  un  Hi'u  dAicrl  H  stiuva^n;  là  ou  trouve  une  autrr»  nef^  QuesU. 
symholisnnl  Tt^gliso  et  accessibU-  seulL'mt'nl  à  un  croyaui  parfait.  On 

Piun?  dans  cntlc  ne/Mon  y  trouve u»  lit  l'tuue  fip6e  (description  commo 
dans  !a^urit«).  Dos  Ifiurns  qui  «•  trouvent  sur  lépco  diseut  :  «  Pnr- 
«onnp  ne  m'unipuignera,  sauf  un  seul,  u  Pcrcfival  et  Bohort  ossaienL 
en  vaiu  de  l'cmpoifrucr  [cet  essai  seulement  dans  336  el  la  Qutsie). 
Alors  Perceval  et  Bohort  prient  Galaad  d'essayer',  mais  il  dît*  qu'il 
veut  voir  toute  la  manière  de  l'^pé»*.  Il  trouve  d'autres  leltr»-»  :  «  Que 
personne  ne  s'avise  de  nie  tirer,  s'il  ne  Rail  mieux  frajfper  que  liw 
autres;  sinon,  il  est  un  homme  mort,  el  cesie  chote  a  esté  esprouvee.  ù 
Boliorlet  Perc^?val  »untintimidô»<  par  o-'diff'ensnX  rf'uoneeut  a  «'essayer'. 
AlortsIademotHelleleurdit  '  u  Li  Irairr^M^rradsà  tou»  sauf  iiuo  seul. 
et  si  vom  dirai  *  comttuint  il  $n  nvint ,  n'a  mir  encore  moût  lonc  tens  *.  8»it 
l'hiMoire  de  Lamr''  et  û'Urtain.  MaiuienauL  Galaail  veut  essayer. 
«  Attendes,  dit  la  demoihelle.  que  voui*  ayt^x  mieux  examiné  les  mer- 
veilles de  cette  épee.  n  Un  voit  des  lettres  ^ur  le  fourreau,  et  on  s'aperçoit 

1 .  Dans  V9,  Ils  liU  dtaent  ;  •  Viia»  nrbcvf  rci  c«lt«  rVi»  *  Lcn  nalra  tam.  ^]aat«nt  :  -  Piiiiqn'Ui 
n'Araient,  (lbrat>iU,  i<u  Ir  f'iiro  enx^m^niBS,  ■  hUm  une  mU  Mtil  tmmttti  MOlMntnt  ditn  3M. 

9.  VU  n  retKoM»  Nlun  l>i;>«v  «t  voli  it'antrc*  IcUrei.  sse,  Çtw5t>)  ■-  U  tilt  voQlotr  Totr  il'nnlTM 
mervelll". 

X.  Ii«lua  y  renonce  éfCKleucot,  aajl.  Çueti*. 

<.  0«n<  9'i  In  cnmiMifpiini  <U*rnt  rata  :  \m\i  U  t)ain[>lvUr  :  <  C'est  nati  «hn»,  ilIt-HlG,  gui 
Mliléjli  «rrivi^.  ■  t^i  tUt  iN«-(int«  l'Iiislnlrv  ilv  LAv»r  ut  -ITrlulti. 

i.  Si  r«iM  dirai  [otmmrHl  US],  earjê  focfair.  itmdrtHt,  ntc.  s;,  MV  t  «f  r  «t.  e»mmt^nt  Jr 
U  irnp  )0|,  7&8.  ittoti.  El  il  roMa  dirmf  «nmI  coMne  il  tm  ariHt  19«i  «I  m  reiw  dtral  d»n- 
mrn(  t(r(i  a':,  ^urUr.  " 

A.   Il  r  a  lonirt«tfii>s,  VV. 

7.  Auat /jimArrc.  -^  I.nbrau  MU.  t.ombnr.  fittrUr ,  ttret  ttt  LamtfVr  *J ,  tHV ;  tnrmi  «t 
Lawbar  toi  ;  l.an»r  UV  :  Lnnar  {htran  vt  /./im«nr7M,  344(H>. 


^  ?58  — 

guB  [es  rengcs  sont  de  chanvre  et  très  (iiibles;  oo  lit  les  kïUres,  q^ 
dïwnl  :  «  Le  porteur  do  cette  épée  doit  être  meilleur  ([ue  les  aut 
iiommcs,  et  les  renga  doivent  élre  changées  ]>ar  une  vierge,  fill 
do  roi  et  de  reine.  »  Sur  la  prière  do  Perceval,  Gnlaad  retourne  Véji 
et  trouve  de  nouvelles  lettres  *,  qui  disent  :  «  Qui  plus  me  prisera  ptus  ' 
1  trovera  a  blasnuT  au  grant  bfsning.  »  La  dcmaiselle  dit  alors'  i 
Perceval  :  «  Mon  frère,  cela  est  déjà  nurivé,  si  vous  dirai  quani  tt  ft- 
quri  gent.  »  Et  elle  raconte  l'histoire  de  Vhle  tornoiani  (Niificion;  le  r<4j 
mehaignié  '.)  «  Kous  voyons  donc,  disent  les  compagnons,   que 
lelires  n'nrapi^hent  pas  d'casayor  l'èpée.  o  Ils  regardpni  In  ht,  dont  le 
troi$  fiissiaus  avaient  chacun  une  couleur  particulière;  li  contes  fOTft| 
une    digression    pour  ouuk  ou  donner  l'hiittuîro  *,   qui  est  racoat' 
comme  dans  la  Quate. 

513.  Le«  trois  compagnons,  ayant  regarda  la  nef^  le  lit  et  les  troiâ 
fussiaus,  relèvent  le  drap  et  voient  une  couronne  d'or,  au  dessus  de 
laquelle  est  une  belle  aumôuièro.  Là  dedana  Perceval  trouve  un  britf 
qui  expose  la  vianio'e  dts  fussiaus,  comme  le  conte  Ta  devisé.  Lors  dist 
Perceval  :  «  Il  faut  aller  chercher  '  la  demoiscHe  qui  ces  rengcs  cAan- 
gera;  saos  cela  on  ne  pourra  emporter  l'i^pée.  —  Ce  sera  difficile, 
disent  les  autres;  nt^*anmoius  nous  nous  inellrous  en  quête,  u  Quant  ta 
damoiself  qui  srur  Prrc.  estuit  *  l'entendit ,  elle  dit  :  «  Ne  vous  esmaies.  ■ 
Ello  ouvre  un  escrin  [coffre,  Queste)  qu'elle  avait  apporté  avec  ollc.  Ëlto 
y  prend  des  purle-i^pée,  faits  de  ses  cheveux,  f[ui  sont  merveille 
ment  Ik'AUx;  les  ayant  substitués  aux  renges  d'étonpe.elle  dit  le  nom  < 
l'êpt^i  ;  l'espee  aus  estraiiges  rcngrs.  Quant  les  .l!(.  compaignon  ouïrent 
cette  nouvelle,  iUea  ourent  grant  joie  '.  Bnhort  pi  Perceval  prif-nt  Gabiiul 
do  s'essayer  pour  avoir  cette  épécsi  d(Vsir(''e  en  Logres.  «  Si  j'y  /aii,  dit 
Galaod,  elle  ne  sera  pas  à  moi.  »  Il  l'empoigne  :  it<>s  doigts  passèrent  a 
l'encontre  l'un  l'autre.  «.  C'est  donc  la  vôtre.  »  disent  si*s  compagnons, 
Galaad  la  tire  et  l'admire.  Et  ta  demoiselle  lui  oste  celle  qu'il  avait  eeitUe 
et  lui  ceint  celle  aus  estrangrs  renges.  Elle  dit  que  maintenant  il  ne  lui 
chaut  quand  elle  mourra  ;  elle  est  la  pucalle  ta  plus  bnureuâe  du  monde, 
car  elle  a  fait  le  plus  preudomn^e  du  monde  dtevalier,  co  qu'il  n'était 

t.  Oatu  M  U  ICM  tronre  miu  tUe  [irlé  «le  lUiarehor. 

1.  Alllii  SSi;  et  U  i^rtte,  anla  dknii  In  ntitrM  :  -  Je  VTMKtniU.  dll  r«mev«l  k  0»Uad.  <._ 
TO«a  |sl«tcx  eMU  éiféUt  niftli  iMliitcB*nt  Je  om*  •l<>ti<-  plu«  toub  cngt^er  A  U  inadra.  —  r.'mi 
■ne  cboee  Mfik  •rrlvée,  dit  U  dnant*» lie.  el  elir  rviintr  l'hUtok*  d«  Vltit  tnrnoUnA.  —  W  : 

•  it  «oailnH  qn  voui  prinaiet  cette  t\'*^  •  «  A'*»  fmti.  dit  GifaMd,  fitf  J«  m'fn  ^ohMc.  • 

•  li  adtint.  *  fait  la  cfamotffUc,  —  t>uii  l'IilHolrc  fk  1  Ile. 

-1.  L'étKMiUHdfiM^^T^npnMnLsiriiKiQatite-tiuAtr*  («iaqHiite-lialt,  T1l"*)Til  rr^llt  t»M<W 

4.  P9.  tout  roart  :  SI  toMi  dirai  romtnrnl. 

h.  AlR*l  aSC,  ftol  (mrti>  enativctni^t flal.u>d  itu  Ikn  d*  Pfnwml,  et  la  Çuinlf.  Mftl«  Tli  ttlat 
Mitrr»  (aaui  Ih  Tar .  mi  ■)  ■■  l^n  4ltt  pfrrrral     •  Hlçti  s«.'ll  li»0*,  ijul  DOQi  k  pcnnît  •!«  »oir  d«  || 
ban!»  merrelUt-9.  •  /.f  rampaigmtmittfiit  autreUl.  torw  dit  ta  ttamolirtf  n  fiai.      •  ''flr:  mft  , 
etftr  ftjitf  î  .■  F.t  »IIc  lai  ilU  <ju>I)«  l'a  .itn<<n^  kninv)  d<^  r«tt«  ^im~-«,  iiiril  faut  iiii'll  tiamyr    «IJ 
IMHt  U  titvT  de  U  Kstnc,  il  m  le  bon  rliertltar  qai  tomliien  Ici  avfiittirr^  ila  ■•ufcm    Gfti«l4 
•yaill  (Ut  oofnnwdoir  «e»  enin|txi;noii«,  qnl  ne  r^xlouint  p.i^  ttrc  r^|><'«  rt  l'-tiliBirv.  •  Milt  t. 
BVM|st  «Mran  un*  cfaciM.  dit  U  dcmoLsvUa  -,  ït*  rtnif^M  «int  trop  inauvaivra,  m  rO  Arr«[(  rfijt] 
tim'U  e»uri*nt qa'eta  totent  rfmufripnr  filt«  dr  roi  finri-l^.  EU*  Ut  ft-ni  ifé  la  thntê  ^m'ft»  t\ 
ptià$  ekitr*  dtMUt  fwl ,'  poL»  elle  ilvlt  m»tre  tr  aan  a  rtxtr  atprf.  •  ElU  Iput  dll  que  efUA  doRUiV»  J 
toile  Mt  dto-mtaie  «t  tire  le*  rcnjfi  d'un  rctuUt  qu'elle  purl»  na  kkIii.  airrtN  qu«  Piim««l  ft  1 
dltiiBlI  faot  ftll«r  rlicfcbcr  fttle  demoUctla,  bl<?n  <|ii'iU  i||ncmrtt  ou  «Ile  Mtt,  rt  »  qanl  (^tl, 
r^t">nd  1UC  Dira  Ury  midsr»  cdiqiik  dluhitode.  Le  remiilnrvinciit  des  rtn^tê  r«c<mté  odium  \ 
U  {>««#(>.  ^alt«  ri-deSMlu. 
,    li.  liAus  U  fjiietit  et  d ,  381,  elle  •  cat  Ml  couaaitni  aa  mumcBt  Ae  l'emtttniaenwnl. 

7.  CatU  miMnjue  tnaniiae  dini  U  (fntitt. 


—  359  — 


^ 


bail 

I 


phtsC  «ram  d'avoir  m."  •.  Gftland  s  -on  chmalCerpcrar 

toujours.  Adont  la  dw'-  r  dist  -.  *  i  'leurs,  dis  ory  mH 

nnu  pifii^  vota  de  ry  par^r  tt  airr  en  vnstre  afatre.  m  Et  lors  yssrnt  de  la 
nef  et  vùnnait  a  Èa  roche.  IVrcoviil  dit  À  Galand  ipi'il  mmercirra  tou- 
jours Dieu  d'avilir  pu  issist^r  li  une  «i  Iiautr  «ventur**.  Et  Utrs  vindrtnt  ou 
Intr  nef  rstoit;  iUrntrnnt.  LiMont  « /im  ou  voiU* ,  qui  toît  tfs  oui  etton- 
gnifj  de  la  rtèchr.  Et  torsatint  qM  ta  nuit  tturvint.  lU  se  domandenl  l'ua 
à  r«utrv  it'ili  «uut  pr^s  ûc  la  terre,  ut  pa^eut  toute  lu.  uuit  »imh  l>oirQ 
ni  manger,  car  ils  n'uul  i>a»  4i*  viande,  gi  trur  ovint  qu'il  arriverrnt 
i'êndtmain  a  J.  thûitei  que  i'tn  appflte  QuarUtom  (Carchelois,  Quetlr; 
ChttrteUa,  Tav.  KL),  ittstvit  m  la  marche  d'£«coc«'. 


514.    Cn  feuver   vient   leur  demander  qxu    ils   sont;   appreuaxil 

i'ilti  appanienueut  à  la  maison  d'Arthur,  il  lea  quitte  aprL^»  leur 

•r  dit  qu'tU  sont  arrivi^s  pour  leur  otalhmir  à  ce  cbAteau,  car  on  y 

i  II*  cht'valier*  d'Arthur*.   Ils*  eniendenl  ?ouner  uq  cor.  Une 

dcmnts<>lte  vji.'nl  It'ur  poser  lu  mùmn   qut^Ubu  quo  IVTuyer,  el  lea 

prie  vainement  do  roliiunier.    En  ce  munient,  ils  voient  vonîr  par  la 

mettre  rua  jui>4{u'à  CX.  {.X.,  Questr)  dievalicrs,  qu'ils  metlrut  en  fuite. 

îé»  chileau  apparLÏPnl  au  aimte  ilemoul  ^,  emprisomit'  par  t^es  tmis 

ftjs.  iju'il    avait  voulu  rhaiiser  piuir   venger    leur  sœur,  déshonorée 

H  tU(>«  par  eux.  ÎJ*^  trois  cfimpaffnons  triomphent  de  tout  te  monde. 

Le  cûmti*,  qui  est   mourant,  engage*  Galaad  à  aller  gu<^.nr  le  roi 

inejiagnié. 

Ils  parti*nt  et  voient  un  cerf  blanc  conduit  par  quatre  lions,  symboli- 
sant lu  Cbri»t  et  les  quatre  êvangi^lùïtcs.  Pcrceval  prccul  l'ancienne 
ép£e  de  Galaad  *. 


^    ép^ 

^H  515.  Us  arrivent  au  chiUcau  où  l'on  demande  une  écacUée  du  sang 
^H  d'une  vierge  pour  en  guérir  la  chûtelaine  de  la  lèpre  '.  La  iœur  de 
^H    Perceval  »e  eoiunel  voloiUaîn?menl  à  ce  traitement,  et  meurt  après  avoir 

m 


'    r^<iaMtm  d«  MS.  Me.  (voy.  «1-4«wbi)  :  U  «ItmoiMlU  «jut  4oiiii«  t  Yif^  te 

•'f  ê»trn»e*»  rven.m  BMsnw  M  éarie ■•■  ToUe;  ilon  Ita  trate  mnimsu* 

tht.  On  s'nvfr'i  r-t  i.aaw«ri».  Oalaad  •  nvt*  dl  domlr  M  ta  eaacte  nr  !■  Uu 

,n<i  II  Vrt.'Mk.  éftHi  t  en  btenltHa  4e  TcnAniU  oâ  vi  a«fta  trmv*  la  tiImmb.  a 

fmthf,  dl  «rrlml  à  a<i  --uiMÉlvtiMat haute  et  wa verte d'vtirM  i  M  pl«4  <l«  rcUe 

tndHU»  RllcrçOiTCtll   Wt.  -r   ■    r"rtt  r^lph'-.   Iti-lrtl  rV^iUi*  lU-  J^ITHilcm     II  i«Att    fié 

cipMéftBfréa*lkS»cr  |Mi  /  >u;»tu»r  i  U 

•'»  |MW  mMf«  iifte  ar%»  «MM  ftn>  p- 

'i<vwi  «I  rBcuiibrht  i<'  ^ui;»  -m  iii  ^  U  tl«n>.i4*^U,  «lUt  >iU  ^m 

I  rm  dont  »llc  nul  pifra  parler.   Initji  lli  oooUantai  i  rrrtr  n 

.    i-eU»  mpariu  4f*^Kt  mm  ehoMtel  fmi  teoit  imi  Im  mer  0*  diAtcM 

«  In  riir.  Aif  :  V.  rl-0«MQD,  U  l'on  jTBtttent.  MtlDWiksot  11  y  a 


«*««  «isa  (IM  plu 


...I   ,i.-.-.,.,..  ,1  —..,-,..1  ^n  écQ  MVpnyé  k  l«  porta  a'aut 
-  1M  ebmlle»  d'ArUiiu  â  Mfh 

'ive  à  Cardwli^t. 
aiat  *lmt  leur  41f»  qs'on  a'aaa 
'  viMvau  4w  cb»v«UOTi  «I  daa 
•3,  Ttentwntà  leor  raarunti*: 

M^nt  ciH  on  raiic.  L^  rniicas  «pptflUat  aa  courte  Ilcr- 


.'  ir  la  .Iriiint*!  llr.    |1 

3ï(l  et  U  QucâU. 

4  ira. 

ft.  nui»  772.  etc..  Il  pne  il'ftbard  u  «nnne  dt  taira  awDrflTa  %  ArUvr  le  Prf  «idbw  de 
LaOnatot  pemr  (Iucu]*vt« 

t.  CflUe  nu«n)ii«  nii«i»iii<-  -Un*  UO. 

7.  Ui  ■riBiHWBiw.  du*  »*.>.  t*  ïtl.  WM  Uraiw  inl  Snltaa  pMMp*  on  roà  4«nuade  paritoa  a 
fmiMaé  i  ««y.  ï  13S,  mA«.  —  P»ar  I»  ctàtKma,  crf   «  ». 


—  36U  — 

chargé  Pcrccval  do  mc^lLre  son  corp;»  sur  UDe  ru/' qu'il  relrouvAri  à  U. 
oiU^  an  Sarraz,  el  de  rviilerrvr  là  au  Palais  esperiteL  Elle  prie  ies  corn- 
pagnuas  de  su  tiéparer  dès  le  ieudeniiùii  pour  se  retrouver  plus  tard 
clit'i  le  roi  mo/ia^m^  *.  Samurlest  veii|<i*eparuno  fumiîdable  tempête. 
UuhurL  parL  en  poursuivant  un  chevalier  qui,  lui-m^me,  poursuit  un 
autre  cbevalier  blehué.  Perceval  et  Galaad  ne  séparent  eiitttiile  daus  U 
Turt^t  ô'Âube. 

Ici  loK  m.ss.  passent  à  l'histoire  de  TrÎKtan  (cf.g  511,  nûttt)  :  Mis  or 
ksu  U  vontc-1  a  parler  de  Perc.  et  rrtournr  a  Gai.  ptmr  conter  comment  U 
H  avint  au  retour  qu'H  /izl  u  roiautnr  de  Logres  et  couinent  it  dtlîvra  U 
roy  Artu  en  sa  venue  ci  (var.  en]  la  terre  de  Logrti  des  Setnes  qui  venu  { 
tstoienl  par  te  cnnseit  tr  roy  JV.  de  P.,  et  devise  t'cstoire  par  qui  conseil  it  i 
vindretU  a  câst  point.  (Cette  dernière  phrase  DiaDipie  dan^  'S'Sfî.)  —  La 
Questc,  où  manque  le  nom  do  la  forèl  (Aulte),  pa^i^o  à  Lancelot,  qui 
trouve  la  nef  ponant  le  corps  de  la  so;ur  de  Peroeval,  voy.  §  532,  note». 
—  Pour  757,  7fiO,  104  et  U63,  qui  présonteut  un  texte  abrégé,  voy. 
S  534.  note.  Pour  12599,  cf.  §  297  a.  Voici  la  suite  d'après  772,  elc.  : 


Invasion  de 

Marc  avec  les 

Saxons  dans  lo 

Logrcs. 


616.  Le  conte  dit  que  le  roi  Marc  avoit  bien  oî  dire  que 
Trislan  6Uît  arrivO  en  Logrcs  avec  Iseut  et  qu'ils  étaient 
installés  à  la  Joyeuse  Garde.  Ayant  pour  Iseut  trop  d'amour 
pour  pouvoir  Toublicr,  il  en  estoU  tant  a  maleise  que  nus  pins. 
Il  eiist  rnainie  foiz  mandé  au  roy  Àrta  qu'il  li  rendist  Yseult^ 
mes  il  ii'osoitt  connaissant  l'amitié  d'Arthur  pom-  Tristan; 
il'ailleurs,  Arthur  u'aurail  osé  le  faire  pour  ne  pas  se  brouiller 
avec  la  lignée  de  Ban.  .\insi,  Marc  a  vécu  sans  Iseut  pen- 
dant deux  ans;  il  hait  fort  Axlbur  et  lui  nuirait  volontiers.  La 
nouvelle  lui  arrive  que  les  compagnons  de  la  Table  Ronde 
sont  morts  à  la  quitte  du  saint  Graal.  Sur  le  conseil  d'Andrel, 
il  propose  alors  aux  Sesnes  de  marcher  avec  lui  sur  Arthur, 
leur  ennemi  mortel.  Les  Sâjne^  acceptent,  arrivent  en  Grande- 
Bretagne,  a  f/rant  force  ite  .7fl«-s,  et  cheminèrent  vers Sytieiloc\ 
Marc  et  les  Cornouaillais  arrivent  au  môme  port  que  les 
Stvft\es.  Ayant  attendu  jusqu'à  la  nuit  tombante,  les  deux 
armées  marchent  surCamaaloth,  où  on  espère  trouver  Arthur. 


1.  Ditn*  772.  otU  i¥4->Mntnnfi'l(t  h  Qui  il'ftll«r  mucbI  k  CMn*«|nth,  car  *  Jrttit  a  prant  ^têotM 
guf  roiu  r'çnlrz  it  tiu.  •  Dr  iaCn)«  1m  utnc,  amutii»,  lu  f^utUt  el  U  l'ar,  tut.,  qni  futrn 
U  KtiérlMtn  tl«  Pelln  «voy.  <  &e9|,  lolvtr  ûa  reiUi  d«  U  qséte  flU  llraal,  et  duuiui  amuta  rinvaalo 
âm  Uiirc  (••■t.  In  milv  tulTMitc), 

1.  .Mnuquo  dans  336.  Synedec  \i7 ,  349,  101;  Sinedù*  75S;  TVnl. 
21400.  —  Oann  la  TVir.  Hit,  'voy.  la  note  précétlenlo).  outre  Marc  el  le 
roi  des  Sanes,  \g6  rois  de  Ouaia/jnia  et  de  Sobois  (Sorelois}  prennent  port 
à  riuva»ion.  Ueut  est  eulevi^e  pendant  une  promenade  au  jardin,  et 
apràft  une  forte  bataille,  uû  tiolislaniel  I^auiria  penlirent  la  vie,  pui& 
envoyée  en  Gornouaille.  Braugain,  se  voyauL  toute  ^eule  à  la  Joyeuâe 
GardJe»  en  meurt  de  douleur.  Puis  la  Tav.  Uit.^  p.  477,  pae«e  on  abro- 
geant au  siège  de  Camaaloth;  voy.  §  534,  note. 


Bolcvement 
d'iâeut 


—  3GI  — 

Après  sii  jours  de  roule,  quii  jw»  firent  vilennie  ne  Uiduret 
les  envahisseurs  arrivent,  un  samedi  soir,  à  la  Joyeuse  Garde. 
M.irc  y  entre  avec  cinq  cents  cfaevaliers;  les  portes  sont 
ouvertes  jour  et  nuit,  les  habitants  ne  s'attendanl  pas  à  une 
Mtai[Uo,  et  Marc  s'en  ala  tout  droit  la  ou  il  cuidoit  (fue  la 
ret/ne  ïseuU  ftist,  et  la  prist  a  force  la  meesmes  ou  ele  tjesoit 
en  une  chambre  o  <jrant  compagnie  <U  daines  et  de  datnoi^ 
selles.  Après  il  fist  meitre  le  feu  en  la  vile»  et  peu  échappèrent 
au  massacre.  On  be  remet  en  route  après  s'ôtre  emparé  de  tout 
ce  qui  a  quelque  valeur;  Marc  ne  demanda  riens  de  tout  cet 
eonquest  qu'il  orent  fet,  car  il  avoit  la  reyne  YseuU;  ains  leur 
dist  :  m  Or  pensez  du  chevauchier  jusqu'au  roi  Artu.  »  U 
espère  surprontlrc  le  roi,  qui  réside  à  Camaaloth. 

517.  Arthur  est  fort  triste,  car  il  sait  que  plusieurs  compa- 
gnons de  la  Taille  Bonde  sont  mortâ,  et  Û  maudit  la  quâle  du 
Graal  et  celui  qui  avait  juré  le  premier  de  renlreprcndre.  Un 
vaUt  arrive  :  «  J'apporte,  dit-il,  de  fâcheuses  nouvelles.  — 
Si  la  en  apportais  de  bonnes,  fait  le  roi ,  ce  seroit  fnerveilles, 
car  il  a  ja  grant  tens  que  je  noî  nouveles  $«  maies  non.  »  Le 
messager,  qui  est  parvenu  à  s'échapper  de  la  Joyeuse  Gaiiie, 
rapporte  ce  qui  s'est  passé.  Défiolé,  Arthur  déplore  Tabsence 
des  preudomes  de  la  T.  H.  Lors  saut  avant  un  comte  d'Irlande, 
frère  d'un  compagnon  de  la  Table  Ronde,  DucadesdeGarlot^, 
U  encourage  le  roi  :  «  Vostre  meson  n'est  pas  remese  seule ^ 
qu'il  n'i  ait  encore  des  meilleurs  du  monde  malgré  rabsenco 
des  compagnons  de  la  TaliIe  Fonde.  »  Le  roi  se  réconforte  et 
mande  ses  hommes;  au  bout  de  trois  jours  il  en  a  réuni  plus 
de  deux  mille  a  armes  et  a  chevatts^  et  d'autres  a  plentè, 

518.  Au  quatrième  jour,  à  l'heure  de  prime,  deux  chcva-  DnutUef<i  siège  ^ 
Uers  annonceul  au  roi,  qui  est  dans  sa  chapelle,  où  il  vient    '*•-' '^*™'»*ï»">' 
«l'entendre  la  messe,  que  les  ennemis  sont  tout  près  :  «  Jaeti 

U  ci  .X.  mil  tous  jnontez.  »  Le  roi  fait  former  dix  eschieles^ 
igage  ses  gens  à  se  bien  défendre  ans  couine nçai lies ^  se  fait 
armer  et  arrive  au  champ  de  bataille  arec  denx  centii  cbeva* 
tiers.  De  toutes  parla,  il  voit  tomber  morts  ses  hommes;  déses- 
péré, il  s  élance  dans  la  môlée  et  fait  merveille,  mais  le  nombre 
des  ennemis  est  tropgntnd.  Marc  réussitâ  blesser  et  à  renverser 
Arthur,  qui  est  dcUvré  cl  ramené  à  la  cité  par  ses  hommes. 


1.  Var.  Ihicardet  de  Gaiùt, 


—  362  — 

La  perle  esl  considérable  de  part  el  d'auli-c,  surtout  pour  les 
Cornonai liais,  tlont  il  y  eut  t<inlocis  qu'a  painneen  peùst  en 
sanoir  le  conte;  pourtant  los  Sesnes  et  tes  Cornounillaîs  sa, 
consolent  à  l'idée  qu'Arthur  est  blessé  k  mort.  Un  ouvre  le 
siège  de  Cain;ialoth,  oii  l'efîroi  est  i^and  !x  lu  vue  du  roi  blessé; 
heurousenient.  les  médecins  se  font  (orts  de  le  ^6rir  pro- 
chainement. W(\ï  a  tant  lessc  U  contes  a  parli*r  ireuls  (ou-  et 
retourne  a  GaL 

Gûlaad  trouve  519,  Galaad  ^  ayant  quitté  Perce%'al,  trouve,  trois  jours  plus 
pataiiièdeet  '  l^rd,  à  l'heure  de  prime,  deux  che\*alier?  qui  se  battent  dans 
Esclobor.  une  vallée  au/fin^s  jmrfoïide;  un  autre  chevalier  regai-de  la 
bataille.  Ce  sont  Arthur  le  petit,  fils  du  roi,  et  Palamède;  le 
spectateur  est  Esclabor,  le  pôi-e  de  ce  dernier.  Au  moment  où 
arrive  Galaad,  les  deux  combattants  se  reposent.  PalamMe, 
qui  a  reconnu  l'écu  de  Galaad,  dit  h  son  adversaire  :  «  Si  j'étais 
aussi  bon  chevalier  que  celui  qui  vient  d'arriver,  je  triomphe- 
rais bientôt  de  vous,  quand  môme  vous  auriez  te  pooir  cnc-ore 
de  tiex  .UïL  chevaliers  con  vous  estes.  —  Pas  possible!  — 
Certes,  si  ferait  tiens  .  V,  Allez  donc,  pour  vous  eu  convaincre, 
provoquer  ce  chevalier,  de  même  que  vous  venez  dem'assaillir 
moi-mJ5me  pour  savoir  lequel  de  nous  est  le  meilleur  chevalier. 
Contre  moi  vous  n'avez  point  encore  eu  le  dessus;  vous  avez» 
au  contraire,  plutôt  perdu  que  gagné.  Lessie:;  donc  ceste 
batmlle  a  tant,  s'il  voxis  plest,  et  montez  et  voits  alez  essaiera 
lui.  a  Arthur  y  consent,  .sauf  à  recommencer  la  lutte  avec 
Palamède  à  la  première  occasion  venue. 

5*30.  Galaad,  voyant  le  combat  Bni,  s'ca  va  vers  Camaaiolb. 
Arthur  le  suit,  ainsi  que  Palamède  el  son  père,  pour  voir  de 
cet  chevaiier  abatre  l'firgueil  et  le  bohan.  Arthur  est  abattu 
avec  son  cheval  par  Galaad,  qui  reprend  son  chemin.  Pala- 
mède fait  remaniuer  à  Arthur,  qui  s'apprête  à  poursuivre 
Galaad  pour  se  battre  à  l'épée,  que  si  le  chevalier  ne  Ta  pas 
mis  à  mort,  c'est  par  courtoisie^  et  non  pas  à  cause  de  la 
bonté  qu'il  aurait  trouvée  dans  son  adversaire,  et  il  le  hldme 
d'attaquer  ainsi  les  passants  :  »  Il  faut  croire,  lui  dit-il,  que 
vous  portez  envie  aut  bons  chevaliers.  »  Arthur  s'en  défend  : 
il  est  chevalier  nouveau  et  a  besoin  de  los  et  de  pris,  et  an 

\.  Ui  sa-ur  de  Porcovftl  lui  a  dit  d'alior  aid^r  h»  mi  Artliur;  voy. 
§  51ô,  Qotc.  Daus  757|  760,  t463  il  culond  parler  du  »iog<',  voy.  §  534. 
note. 


«.  363  ^ 

chevalier  ne  doU  ni  rofiis^r  la  jdutc  ni  se  reposer,  mes  f^e  tff» 
sa  joiÀvenle  dvMC  ihnt  il  soit  loez  en  aa  vietlece.  u  Cest  voin^ 
fet  Pal,,  inùs  toutes  voies  ne  doit  il  fere  vUennie  pour  riefkit 
puw  qu'il  est  chevaliers.  » 

Arthur  aueinl de  nouveau  Galaad, qui,  fâché  d'iJtre  arrdté.  Je 
renverse  eu  lui  donnant  un  grand  coup  d'ép(îc  sur  le  heaume  ; 
puis  il  s'éloigne.  «  Or  tne  dites,  fait  Pal.,  vous  powriâz  vous 
acorder  a  ce  que  cils  chevaliers  soit  li  mieudres  ctufvaliers  du 
%onde?  —  Nanil,  certes,  fet  À,,  car  de  meilleurs  on  î  a;  ne 

fU  m^mmes  ne  servit  pas  itardis  de  dire  ce  que  vous  dites,  — 
Cm$  voirs^  fet  PaL,  car  s'il  fesoit  loerie  de  soi  meesmés^  nul 
U  orroit  dire  q\U  a  honte  ne  H  tournast,  mes  pour  cff,  sHl 
%*estHit,  ne  remaint  mie  qu'il  nel  soit,  et  si  est  il  sanz  faille.  » 
Mais  Arthur  ne  veut  pas  le  croire  avant  d'avoir  éprouvé  encore 
un  peu  ce  chevalier.  «  Eh!  suivez-le  alors,  dit  PalamôUe,  et 
vous  ne  me  tendrez  pas  a  mençongnier  hmjuement.  —  Où 
liez-vous?  —  A  Camaaiolh  ;  on  m'a  dit  que  Marc  et  les  Sesnrs 

"asïièf^enl  le  roi  Arthur.  Et  je  aim  tant  le  roi  Artu  que  m4)i  et 
mon  père  li  alons  aidier,  et  je  sais  bien  que  ce  chevalier  y  va 
aussi  pour  l'aider;  si  vous  ôtes  ;\  Caniiuilolh  le  jour  oîi  il  arri- 
vera, vous  verrez  si  j'ai  menti  :  il  se  battra  seul  avec  toute 
l'armiîc  et  fera  adont  toutes  les  merveilles  que  onques  cheva" 
tiers  ftfîst.  —  Puisf]ue  vous  aimez  le  roi  Arthur,  plus  de  ran- 
cune entre  nous!  »  Et  Arthur  le  petit  propose  daller  ensemble 
à  U  cité  assiégée.    Palamède   accepte  en    disant  qtu   de  sa 

^^lompagnie  est  il  moût  liez, 

521.  Galaad,  suivi  à  son  insu  par  les  trois  compagnons,  Galud  vndorml 
arrive,  sur  la  roule  de  Camaaloth,  à  un  pont  gardé  par  Guin-  "^cJj'ngiïio*' 
glain,  le  fils  de  Gauvain.  Ayant  peu  dormi  do  la  nuit,  Galaad 
s'endort  sur  son  cheval  et  n'entend  pas  le  cri  de  Guinglain  , 
qui  l'abat.  Il  tombe  dans  l'eau,  d'où  il  parvient  à  sortir.  Guin- 
glain lui  rend  son  cheval  h  condition  qu'il  ne  passera  pas  sur 
le  pont.  Il  y  consent,  étant  pressé,  et  passe  par  l'eau.  Arthur 
ïe  petit,  voyant  tout  cela,  croit  avoir  la  preuve  de  la  couardise 
de  ce  chevalier  que  Palamède  a  appelé  le  meilleur  du  monde  ; 
celui-ci  est  lui-mâme  très  étonné.  Arthur  attaque  ensuite 
Guinglain»  qu'il  précipite  dans  l'eau  avec  le  cheval,  et  qui,  ayaal 
saisi  un  fust ,  se  maintient  jus(]u'i  ce  qu'on  puisse  le  secourir. 
Ijts  trois  compagnons  passent  outre.  Arthur  dit  toujours  du  mal 
du  chevalier,  que  Palamède  défend  de  sou  mieux.  Au  soir^  ilsse 


—  364  — 


Galaad    délivre 
SyiDftu. 


Mort  d'Ansel. 


logent  chez  \mc  dame  vexwe^,  chez  lai^ucUe  Galaad  estoil 
rcmt'j  également.  Arthur,  voyant  ce  dernier  sans  armes,  avoue 
qu'il  est  li  plu^  biaus  chevaliers  dei  monde  et  ii  mieuh  tait» 
liez. 

522.  Au  malin  s'en  partirent  de  henz  et  clievauchierent 
ta7U  qu'il  vindr€7it  a  Vabaie  on  Symeu,  li  j}eres  Voys,  etstoit- 
en  feu  et  en  (lainheen  la  croûte  desouz  la  chapele,  et  ot  demourè 
en  tel  douleur  et  en  tel  desirece  dès  le  tens  Joseph  de  Barhnacie 
jusqu'à  lors,  si  con  li  contes  a  devisé^.  Celte  aventure  doit 
âtre  terminée  par  le  meilleur  des  chevaliers ,  dont  le  nom  est 
inconnu  aux  moines  de  l'abbaye.  L'un  d'eux  sort,  demande  k 
nos  quatre  s'ils  sont  chevaliers  errants,  et  leur  donne  deà 
détails  sur  l'aventure  ^.  Galaad  cnlro  dans  la  croute\  il  l'ait  ses 
prières,  et  le  feu  s'éteint.  La  voix  de  Symeu  le  remei-cie  et 
conte  la  vérité  de  son  estre,  ain.si  con  Vestoire  a  d^visé^* 
Galaad  trouvera  Moys  dans  la  forêt  de  Damantes^.  Sous  la 
la}7ie  ils  trouvent  le  corps  de  Symeu  fortement  brùM.  Galaad, 
qui  ne  veut  pas  qu'on  lui  fasse  féie,  s'en  va,  suivi  des  autres. 
Arthur  lui-môme  commence  à  croire  que  c'est  bien  le  meil- 
leur chevalier  du  monde. 

Ils  trouvent,  près  d'une  fontaine  qui  souî^doit  au  pié  d'un 
sicafnor,  uti  chevalier  blessé  mortellement,  te  Je  suis,  leur 
raconle-t-il,  Anselt  compagnon  de  la  Table  Ronde.  Je  viens 
de  me  battre  avec  mon  frère  Sinados  pour  une  demoiselle 
que  nous  trouvâmes  ci  devant  et  que  nous  voulûmes  posséder 
tous  les  deux.  Je  coupai  la  tôle  à  mon  frère  et  emmenai  la 
demoiselle  jusqu'à  celle  fontaine;  n'en  pouvant  plus,  je  m'ar- 
rêtai et  lui  dis  que  pour  l'amour  d'elle  J*avai&  tué  mon  frère  et 
qu'elle  serait  la  cause  de  ma  propre  mort,  ot  j'ajoutai  :  «  A 
«  mourir  vom  estu4!t^  car  je  ne  voeil  mie  que  ja  fm%  autre 
«  muirent  pour  vous.  »  Lors  Ireiz  Vespee  et  li  cuidai  ta  t^fstc 
colper,  mes  elle  s'en  foui.  »  Ayant  terminé  son  récit,  il  meurt. 
Galaad  i>orte  le  corps  h  une  maison  de  religion,  où  les  com- 
pagnons restent  ce  jonr-la  pour  enterrer  Ansel. 

i.  Var.  une  vieille  dame. 

2,  L'épiaode  de  Symeu  précède,  dans  la  Quale,  l'arrivi^c  ilc  Gai.  et 
de  ï'crc.  àCorbenir;  voy.  Fiirnivall,  p.  SSA  et  cf.  |  .'»68,notB. 

3.  On  voil  par  ceue  dernière  remarque,  t]ui  manque  ilang  336 ,  que 
\e&  8cril>os  copiaionl  servilement  la  Queite. 

I.  Ces  remarques  ne  «ont  pai^  dans  la  Quesie. 

5.  Cf.  la  nolo  ci-dessus. 

6.  Cela  manque  dans  la  Quesie, 


CoraouaiÛe. 


—  365  — 

523.  Le  lendemain  •,  comme  ils  traversent  la  forêt  de 
Caniaalolh,  ils  font  rcûcontre  de  quatre  Sesnes,  qu'ils  tuent, 
et  d'un  Cornouaillaia  de  qui,  en  lui  acconlant  la  vie,  ils 
obtiennent  des  renseignements  :  la  situation  d*Arlhur  est  fort 
mauvaise,  malgré  le  secours  que  lui  a  porté  le  roi  Caradoc,  qui 
est  venu  avec  une  assez  forte  année  ce  jour  même;  une  bataille 
est  Hsée  pour  le  lendemain.  Pal.  saut  dont  avant  et  demande  is«uieaTo^fl 
des  nouvelles  d'Iseut;  à  son  grand  cba;n*in«  il  apprend  par 
l'homme  de  Marc  qu'elle  a  été  envoyée  en  Cornouaille.  Le 
Cornouaillais  s'en  retourne  au  omp  et  raconte  ce  qui  lui  est 
arrivé;  on  déplore  la  mort  des  quatre  Saisnes^  qui  étaient 
riches  et  noMes. 

Lesijuatre  compagnons  descendent  à  un  ermitage  situé  près 
del'entrée  de  la  forêt»  âi  une  demi-lieue  de  Vost.  Sur  le  conseil 
de  Galaad,  on  se  décide  à  attendre,  pour  att;iquer  Tennemi. 
que  les  assiégés  fassent  une  sortie.  Celé  nuit  pria  moût  Gai. 
nostre  seigneur  qu'il  meist  c^nsîfH  u  roiaume  de  lAg.\  si  le 
roi  Marc  venait  à  triompher,  ce  serait  grand  dommage,  car 
sainte  église  n'estait  a  celui  tens  tant  honorée  courne  f/i  la  Gr. 
Br.^  7i«  u  moTuU'  n'avoit  pas  adont  tant  de  bons  chevalins 
caume  ilavoit[encelui  roiaume]. 

531.  Le  lendemain,  ils  partent  après  avoir  entendu  la  messe. 
Arrivés  dans  la  plaine,  ils  voient  que  les  gens  d'Arthur  sont 
sortis;  le  roi  Caradoc.  leur  chef,  se  distingue.  Les  quatre 
^arrêtent  un  chevalier  qui  se  retire  grièvement  blessé.  Il  leur 
pprend  que  l'année  d'Arthur  a  le  dessous,  étant  inférieure 
en  nombre.  Alors  Galaail  :  a  Fewn  le  bien,  dit-il,  si  leur  alons 
aidiCTt  et  se  nous  ne  somes  que  AU.,  nostres  sires  sera  ^  U  Galaad  exclut 
quarz  en  ncstre  compagnie,  qui  plus  nous  vaudra  qu6  ne  ^^lii%'ôi^S^ 
feroient  cent  mil  ^  chevaliers.    —   Coument?  fet  Pal.^   ne  Marc. 

tournes  JilL? —  Sanit,  fet  Gai.,  vous  n'estes  mie  de  nostre 
Cfynxpaigni^^  puis  que  vous  n  estes  cresiUns.  —  Non^  fet  PaL^ 
or  querez  qui  rousalU,  car  je  suicilqni  ne  vous  fera  se  nuire 
non^  puisque  vous  m'avez  ostéde  vostre  compagnie.  »  Lors  se 
totirne  devers  le  rog  àfarc  et  deffie  son  père  et  Gai.  et  Ârtus  le 
peiiz  et  tou%  ceus  de  la  mt'snîee  te  roi  Artu.  «  Puisque  vous 
n'avex  pas  voulu  me  considérer  comme  chevalier,  »  dil-il  à 
Galaad,  «  je  tous  montrerai  si  je  le  suis  ou  non.  a 

1.  Le  lendeinain,  pas  dans  336. 

2.  Var.  fera. 

3.  Vw.cctW. 


-~  306  — 


DâfaiU)  des  Cor- 
Douaillai»  et 
des  Scsnrx. 


Marc  attente  A 

lo  vie  dti  Italaad 

et  de  Ktran. 


Gnlaad  abat,  h  la  lance,  deux  cents  cbcvaliei's;  Arthur  et 
ËscLabor  se  signalent  égaloment.  et  k  eux  trois  les  compagnons 
en  irebuchieTeiU  plus  de  dcujc  mille  '.  I^  roi  Marc  qw\  Ie« 
prend  pour  des  chevaliers  de  la  Quête,  amenés  par  le  hasani, 
se  dit  qu'il  faut  avant  tout  se  débarrasser  de  si  redouUililes 
adversaires;  il  se  lourne  ver?  Esrlabor  et  l'abat  blpssé,  avec  le 
cheval.  Voyant  cola,  Palamède  n'y  tient  plus;  il  s'élance  contre 
Marc  et  le  renverse.  Il  est  sur  le  point  d'être  tué,  r^uand 
Galaad  intercède  en  sa  faveur.  Tout  fuit  devant  Galaad  et  sa 
merveilleuse  épée  ans  esirancfes  renges.  Arthur  le  petit  est 
enfin  convaincu  et  admire  le  grand  chevalier.  Marc  cl  les  5«9n««  | 
sont  mis  en  fuite;  jamais  il  n'y  eut  une  défaite  pareille  en 
Lx)gre8  :  trente  mille  hommes  et  plus  y  moururent. 

525.  Voyant  que  la  victoire  est  remportée,  Galaad  part  et 
entre  dans  la  forôt.  Le  roi  Caradoc  le  suit  et  le  prie  de  retoiiraer 
pour  aller  voir  le  roi  Arthur.  Gala;id.  qui  voudrait  garder  le  plus 
strict  incoguilû,  s'excuse  sui"  une  affaire  pressante;  il  consent 
cependant  à  dire  son  nom.  Caradoc  le  quitte  après  lui  avoir 
présenté  ses  bons  souhaits. 

Le  roi  Arthur,  ayant  ainsi  manqué  Galaad,  fait  venir  les 
trois  autres.  Il  engage  Palamèdeà  se  faire  baptiser,  mais  celui- 
ci  refuse  à  plusieurs  reprises.  Le  roi  lui  demande  des  nou^-elles 
des  compagnons  de  la  Table  Ronde;  il  est  très  content  d'ap- 
prendre que  son  fils,  Arthur  le  petit,  a  fait  preuve  d'une 
grande  bravoure  dans  la  bataille.  Mais  la  reine  a  beau  se  ren* 
scigner  sur  Lanceloi  :  nos  trois  compagnons  n'en  savent  rien. 
Au  bout  de  six  jours  ils  partent;  Palamède  résiste  à  toutes  les 
reqtiêtes  de  ae  faire  baptiser,  bien  que  le  i-oi  lai  offre  Camaa- 
loth  en  récompense.  Il  quitte  ses  deux  compagnons  pour  re- 
prendre la  quéle  de  la  beste  glatissant. 

526.  Galaad  descend  à  un  couvent,  et  estoiml  cil  de  leenz 
(l'ordre  blanche;  les  moines  sont  charmés  d'apprendre  qu'il  a 
pris  pari  h  la  l)alaille.  Arrive  Faran  le  noir,  Je  la  lignée  de 
Lothet  compagnon  de  la  Table  Ronde;  ayant  appris  le  siège, 
il  était  parti  pour  aider  Arthur  et,  renseigné  par  les  moines 
sur  la  défaite  des  ennemis  du  roi,  il  converse  avec  Galaad. 
Arrive  ensuite  le  roi  Marc,  en  fuite  et  escorté  de  dix  ^  cbeva- 


i.  Dp  même  97,  349,  101.  (7(n9  cents  336,  deux  cents  75S,  trois  cents 
24400. 
2.  336  :  -VL 


—  367  — 


'  liers.  11  De  se  fuit  point  counattrâ  et  se  tienl  à  l'écart.  A  l'en- 
Irée  de  la  nuit,  il  regarde  dans  la  chamhrc  où  sont  lea  deux 

I  chevaliers,  W  vit  par  aventure  pfirulrea  un^  couhmhe  l'escu 

\Galaa<i.    Ses  hommes  lui   pro]>osenl  d'attaquer  leur  ennemi 

I  desarmé,  mais  Marc  préfère  se  venger  d'une  autre  manière.  Il 
envoie  un  de  ses  chevaliers  demander  à  qui  appartient  cetécu  : 
«  A  moi,  répond  Galaad  ;  pour  coi  le  demandes  vous  ?  —  Pour 
avoir  rhonneur  de  la  connaissance  du  meilleur  chcTalier  du 
monde.  »  Gai.  a  honte  de  ce  qu'il  le  ht-  si  durement  ;  si  se  tcsl. 
Le  CornouaiUais  revient  à  Marc,  qui,  voyant  que  les  deux  che- 

I  valiers sont  blessés,  —  Faranaeuderniàremcnlune  bataille—, 
leur  offre  un  boivre  excellent,  dii-il,  pour  les  blessures;  c'est 
du  poison  qu'il  a  apporté  pour  Tristan,  qu'il  n'espère  plus  tuer 
que  par  trahison.  11  a  fait  chercher  son  neveu  en  Ix>gres.  |)ar 
plusieurs  messagers,  maisils  n'ont  pu  le  trouver,  parce  qu'il  est 
encore  malade  des  blessures  qu'il  reçut  le  jour  où  Palumôde  et 
Gulaad  le  secoururent  ^  Les  deux  chevaliers  boivent  le  poison  ; 
Faran  ca  meurt,  mais  GaLaad  ne  s'en  ressent  point,  et  la  ouil 

\  se  donnait^  vint  un  hom  si  grans  et  si  biaus  que  testait  mer' 
veille,  qui  Vapda  et  lui  découvrit  la  vérité  sur  ce  likhe  atten- 
tat. Galaad,  qui  ne  s'éveille  pas  aranl  le  jour,  ordonne  aux  che- 

I  valiers  de  Marc  de  lui  indiquer  le  roi,  qu'il  ne  connaît  pas,  et 
comme  Usrefuseut,  en  abat  un  d*un  coup  deplald'épée.  ËnBn 
und'entreeuXt  qui  n'aime  point  Marc,  le  montre  à  Galaad,  qui 
force  le  roi  de  tout  coniesser  et  (ait  connalti-e  sa  trahison  aux 
moines;  il  ne  veut  pas  le  tuer,  poiu*  l'amour  de  Dieu  et  par 
égard  pour  son  ran^.  Marc  part  avec  ses  chevaliers,  et  Galaad 
fait  eoieiTer  Faran.  L'abbaye,  dite  jusqu'alors  d'Uterpeu- 
dragon,  fut  nommée  dès  lors  la  Merveille  Galaad,  Celui-ci 
part  le  lendemain  et  i-eprend  le  chemin  de  la  Ibrùt  pour 
apprendre  des  nouvelles  de  Camaaloth  [t*  381). 

ô37.  Il  fait  route  avec  un  écuycr  qu'il  rencontre  '^  ;  c'est  le 
Gis  de  FroUe,  prince  d'Allemagne,  tué  par  Arthur  devant 
Paris.  Le  jeune  homme  veut  être  armé  chevalier  par  Galaad, 
mais  il  dit  de  gros  mots  à  celui-ci  quand  il  refuse  de  jouter 
avec  AgravaîD,  qui  survient  avec  Gaheriel  et  Mordret,  et  l'on 


Htrc  part, 

éparnul  par 

Gua&d. 


1.  Voy.  §5119. 

2.  Cetl«  r4*nL*untrp  a'esl  pas  dans  101,  349,  (fui  disent^  peu  aprè«, 
qu'an  des  écuyera  de  Galaad  ipiilte  «ton  service  en  l'accusanl  de  cttuar- 
dise;  plus  loin  [%  552),  ces  ms^.  aUribuem  pourtaat  i:ala  au  dis  de 
ProUe. 


-^  368— 

Golaad  iraiié  de  croil  Galaad  couard.  Peu  après  on  rencontre  quatre  chevaliers, 
couard.  j^g  jj.Qjg  fj^p^a  en  désarçoanonl  trois,  tandis  que  Galand 
engage  son  adversaire  à  renoncer  à  la  joute;  il  est  traité  de 
couard  et  fortement  yalfé  par  tout  le  monde.  Au  château,  où 
les  chevaliers  descendent  pour  y  passer  la  nuit,  lia  disent  leurs 
noms.  Celui  de  Galaad  tHonne  les  frères,  maisAgravain  leur  fait 
observer  que  maint  homme  sont  apelé  Gai.,  et  que  l'écu  qu'il 
porte  ne  prouve  rien  du  tout.  On  admire  la  beauté  du  prétendu 
lâche,  et  on  trouve  qu'il  devrait  être  appelé  biau  mauves.  «  C*j 
Galaad  que  nous  voyons  ici,  dit  Agravain,  est  le  pire  de  loi 
les  chevaliei-s,  tandis  que  l'autre  est  le  meilleur,  »  el  de  cesl 
parole  se  gaboieni  txiH  fors  GaL.,  —  qui  est  vexé,  —  et  disoienf 
que  trop  aMoit  bien  dit  Agr.  Une  demoiselle  exprime  également 
ses  regrets  de  voir  ce  couard  si  beau ,  et  on  s'amuse  pendant 
toute  la  soirée  à  railler  Galaad,  qui  plusert  pesiblcs  et  a7nem~ 
rez  que  nus  autres  clievalters,  et  qui  prie  beaucoup  Dieu  dans 
la  nuit.  Le  lendemain,  ayant  entendu  la  messe,  il  apprend  ai 
frères,  qui  avaient  l'intention  d'aller  aider  Arthur,  que  Mar 
a  été  vaincu  et  chassé;  on  se  détermine  alors  à  reprendre  la 
quête  du  Graal,  et  tous  vont  vers  le  royaume  de  Teire  foraine, 
où  cette  quôte  sera  achevée  (P  383}. 

528.  Galaad  quitte  ses  compagnons  à  un  carrefour.  Mordret 
représente  à  ses  frères,  qui  en  sont  bien  d'accord,  qu'ils  ont 
mal  fait  do  ne  pas  6tcr  à  ce  lâche  son  écu,  qui  ressemble  par 
trop  à  celui  du  meilleur  chevalier.  On  rencontre  Oauvain , 
Keu  et  Brandclis,  qui  sont  également  en  route  pour  Camua* 
loth,  avec  l'intention  d'aider  Arthur.  Les  frères  leur  disent  que 
c'est  inutile,  et  Braadelis  voit  ainsi  conlirmor  les  nouvelles 
qu*un  chevalier  lui  a  données  hersoir;  les  nouveaux  venus 
reprennent,  eux  aussi,  la  quête.  On  leur  fait  part  de  la 
couardise  de  Gai ;iad,  et  toussent  décidés  à  lui  enlever  l'écu, 
dès  qu'ils  pouiTont  le  retrouver.  L'occasion  se  présente  immé- 
diatement après,  mais  Galaad  les  ayant  tous  désarçonnés  ^  ils 
comprennent  que  c'est  bien  le  bon  chevalier  à  qui  ils  ont  eu 
affaire,  et  ils  courent  après  lui  pour  lui  faire  agréer  leurt 
excuses  ^.  Gala.'id  leur  pardonne  Tnaitt  debonairement. 

i.  Gauvain  n'est  pas  renversé  daiis  772,  nù  roparaîl  ici  utif  main 
postérieure  qui  efface  ou  surcharge  pour  sauver  la  rf'pnution  do  Gauv. 
(voy.  §§  29 1) ,  note  et  503,  note).  De  môme,  ci-apK»s,  Hector  dt*Û4», 
non  pai»  Cïauv.,  maift  Agravain. 

2.  Fin  de  1a  lacune  de  99  ;  voy.  §  515,  note. 


—  360  — 


520.  Comme  il  veut  los  quiiter,  Hector  des  Mares  et  Meraugis     ilocior  dâfio 

d«  PorllesgU'^z  survienrienl.  Hector  salue  avec  joie  GalaaJ,  qui  «^"I."?- ^£."^ 
-  .      ,.        ,  1      ..  ...  ,  vongCT  la   mort 

se    mit  dire  le    nom   de   Mer:iugis,   (ju  u   estime  beaucouj».         d'Eroc. 

Meraugis,  plus  empariez  qu'Hector,  ayant  appris  par  Galaad 
<|ui  Bout  les  aulres  chevaliers^  remercie  Dieu  d'avoir  trouvé  te 
déloyal  Gauvaiu,  sur  qui  il  veut  aussiliM  ven^jer  la  mort 
d'Erec,  et  ausi  flhl  ihctor.  Ce  dcruier  va  à  Oauvain  et  le 
di'fie  pour  avoir  tué  en  trahison  Erec.  le  fils  de  Lac.  Uauvain, 
qui  esl  rudement  blessé,  fait  valoir  le  compagnonnage  de  la 
Table  Ronde,  qui  les  empêche  de  se  battre  :  Hector  pourra 
Taccuser  a  la  cour  d'Arthur,  «'il  veut.  L'autre  iosiste,  mais 
GaiivaÏQ  déclare  quVlanl  blessC*.  il  a  droit  à  quarante  jours  de 
répit,  et  qu'il  ne  seroit  terme  d'apetor  qu'après  ce  laps  de 
temps;  s'il  &e  souslrait  alors,  sou  ennemi  sera  autorisé  à  l'as- 
Stiillir  armé  ou  dt>sarmé  au  premier  lieu  où  il  le  trouvera,  sans 
être  blAmé,  selon  la  coutume  du  royaume  de  Logres.  «  Mais  si 
vous  mana-pioz  ici,  ajoute  Gauvain,  je  vous  accuserai  à.  U 
cour  d'Atlhur,  où  je  vous  sommerai  de  comparaître  dans  1a 
quinzaine,  dedéloyauté  et  de  parjure,  »  Hector,  se  voyant  obligé 
de  différer  la  vengeance,  s'en  va,  en  priant  Galaad  de  le  sui^Te  : 
«  Il  ne  faut  p;is  rester  avec  ce  chevalier  déloyal  ;  ntw  ne  pour- 
rait demounr  eniour  lui  r/tiî  arnfnder  en  fmiil.  —  S'il  a 
meffait,  dit  Galaad,  il  se  regardera  mieœ  une  autre  fois.  »» 
Meraugis  déclare  que.  seule ,  la  présence  de  liabiad  Temiiéclie 
de  venger  Erec  sur-le-champ. 

530.  Galaad,  Hector  et  Meraugis  s  en  vont  ensemble.  Lea  GoIa»!.  itet^ior 

'■  '  Miers  «t;iienl  partis  pour  aider  Arthur;  ils  apprennent 
[>  il  que  le  i^irgo  eft  h'ni ,  et  tous  les  troifi  prennent  le 

chemin  de  la  Terre  foraine.  Après  quinze  jours  de  marche,  ils 
arrivê-iït  devant  Ih  Chaxtol  feîon.  fis  rencontrent  une  demoi- 
selle qui  va  à  pied  dans  la  plaine  en  portant  un  épenior  m^ 
son  poinij  *  ;  elle  lâche  en  vain  de  détourner  nos  voyageurs  de 
s'approcher  du  chAle<iu,  qui  avait  été  construit  par  Gabanasar, 
de  la  lignée  du  roi  Priam  '  de  Troie,  après  la  destruction  de 
celle  ville.  1^  chAtcau  était  habité  par  des  Sarrazins,  que 
n'avaient  pu  convertir  au  christianisme  ni  Joseph,  ni  Josepbe, 

I.  Nuuâ  avoQ»  (léjii  vu,  au  |  449  c,  le  début  de  l'épisode*  du  Cfa. 
félon  iUds  758.  eUOl),  W;  cf.  pour 77*2,  |>.  3!3.  Gel- épisode  a  proba- 
'  '  ici.  vti  la  snitiKtiltitiiin  il'ltfclor  tH  de  Meniugis, 
l<»nigrnphf  précvd-'tit,  a  Hoburt  el  k  Perccval, 

LôsBTu.  '  Tristan.  24 


c<tXf(>:raugisaa 
Château  léloo. 


—  370  — 

ni  saint  Auf^uMin,  et  qui  nvaiciil  su  se  d<!readre  coulrc  le  roi 
Utei-peiidnigou  r-l  le  roi  Arthur,  sou  fils.  On  y  tail  grand  mal 
aux  chrclicirs;  fiiirpùm,  le  cliAlelain,  t'.ûl  mourir  les  clieva- 
liors  et  retient  les  dumoiselles  ([uî  toml>cnl  dans  ses  mains; 
malheur  aux  passants,  qui  se  laissent  altiror  par  une  inscrip- 
lion  trompeuse,  pratiquée  i\  rel  elTet. 

Los  compagnons  entrent-,  ils  sont  d'abord  très  liiea  reçu», 
mais,  pou  après,  oa  les  attaque  à  Timprovlsle,  et  on  les 
cmprisunuc.  Gaload  passe  le  plus  de  la  nuit  h  prier  Dieu. 
Dans  son  rOvc  il  voit  un  hel  homme  qui  lui  dit  :  «  Domain, 
tu  seras  délivré,  car  /*'  hauz  int'sU'es  a  oie  ta  priera^  ei  tu  doi« 
détruire  le  chAteau  {PHarpiOa  et  remettre  en  liberté  les  prison- 
nières. M 

Dc»trucU(>n  du  53 1.  Le  lendemain  un  oi-aco  éclate,  ol  la  tour  où  sont 
cnrcrmés  les  trois  (compagnons  fen^U  en  .11,  parues  paru 
mileu  rfd  haut  Jvsfjut*  a  val,  ai  >pie.  Vune  moitié  versa  a  destr 
et  l'aulrea  scnestrc,  sans  faii-c  de  mal  aux  prisonnière,  qui 
pilmont  d'épouvante.  Revenus  à  eux,  ils  remercicut  Dieu  cl 
sortent.  Une  demoiselle  leur  fait  ravoir  leiii-s  armes.  Ils  ma»- 
sa(!rent  lc.s  païens  et  miUtont  le  Feu  i\  la  ville.  Au  milieu  du 
cbAlcati  se  trouve  un  donjon  qui  sert  de  prison  A  plus  de  cinq 
cents  demoiselles,  i\n\*n  fesoit  ouvrer  d'or  et  de  soie  K  Trente- 
deux  en  ont  cessé  de  vivre,  par  suite  de  retTroi  que  leur  avait 
causé  l'oraj:©;  d'autrfîS  sont  étendues  sans  comiaissimce.  et  k 
trois  chevaliers  les  croient  mortes  :  ti  Oivits  ait  merci  dé 
âmes,  dit  (.tabiad.  — Am^n,  »  font  H  compaignon.  lors  tes 
vont  par  leenz  dri'rn/it  en  leurseont  et  les  ascnrent.  Les  pri- 
sonnières s'îigcnouilient  devant  Galjiad,  leur  libérateur.  Il  l^ur 
demande  comment  elles  pouvaient  savoir  qu'il  les  sauverait. 
Elles  répondent  que  la  lllle  du  roi  de  Norgalles,  cniprisouoi! 
comme  les  autres,  le  leur  avait  prédit  avant  de  mourir,  mai^ 
elles  ignorent  d'où  elle  en  avait  tiré  In  connai^nce. 

53^^.  Le  lendemain,  les  trois  cbevalicrs partent.  Lesiufiiiéles 
qui  restent  dans  le  pays  se  font  ba[Éliscr.  Deux  cents  demoiselle 
se  rendent  chez  Arthur,  qui  est  uiaiutenant  guéri  de  sa  blc 
sure  ^t  et  lui  communiquent  ce  qui  s'c^t  passé.  Le  roi,  ayant 
envoyé  les  demoiselles  dans  leur  pays /ors  cWc5 . m /»;/«///<! ^wi 
0  la  rejjnc  voulaient  remaJioïr^  se  rend  au  chi'iteau  détruit,  ufi 

1.  Cf.  nie  (les  Pucolles  dani^  Cbn^lioo,  Chnatiir  au  lyçn^  5186». 

2.  Vuy.  S  5IS. 


—  3^1  — 

il  (ait  venir  des  charpentiers  et  des  maçons  ;  son  intention  est  de 
remplacer  la  population  infidèle  par  bonegent.  Mais  deux  mille 
cinquante  *  des  nouveaux  habitants  meurent  subitement,  et  les 
autres  s'enfuient  épouvantés.  Arthur  comprend  que  le  ciel  s'op- 
pose cL  son  dessein  et,  laissant  le  chAteau  gaste,  il  se  contente  de 
reconstruire  la  tour^  mes  guanque  li  oum'ier  i  avaient  feit  eti 
.XV.  jourz  fondait  en  une  nuit.  Le  roi  risqueune  troisième  ten- 
tative, mais  une  voix  lui  prédit,  une  nuit  qu'il  est  dans  son  lit, 
que  cette  tour  ne  sera  reconstruite  qu'à  l'époque  de  Charles, 
roi  de  Gaule,  qui,  meilleur  chevalier  de  l'Eglise  qu'Arthur,  et 
descendant  du  roi  Ban,  convertira  le  peuple  et  régnera  sur  le 
Logres. 

Au  matin,  on  vient  annoncer  à  Arthur  que  ta  tour  est  tom- 
bée de  nouveau.  Le  roi  abandonne  la  partie,  fait  mettre  par 
écrit  tout  ce -que  lui  avait  dit  la  voix,  et  fu  mis  celui  escrit 
en  la  mestre  eglyse  de  Camaalot;  si  fu  puis  gardé  jusgiua  la 
venuede  Charlemainne,  qui  conquist  Engleterre  et  maint  autre 
roiaume^  si  con  la  veraie  estoire  le  devise  (f*  388).  En  eflet, 
Charlemagne  ayant  entendu  parler  de  cette  tour,  après  la  con- 
quête de  l'Angleterre,  résolut  de  la  restaurer  pour  l'amour  de 
Galaad.  Il  y  réussit,  et,  se  l'estoire  ne  ment,  ne  trouva  l'en 
puis  en  sa  vie  quil  onques  feïst  plus  tors  en  toute  la  Grant 
Bretaigne.  Puis  il  fît  faire  un  chevalier  si  ricfiement  ouvré  con    charlemagne 

Venpotmieuz,  et  li  fist  feire  un  autretelescu  et  autretel  hiaume  ^^''  faire  une 
\,    ,  ,         J    ^  .  .  „  -  ,  statue  représeu- 

con  Oal.  ot  portée  et  fist  feire  une  chaere  a  or  quon  plaça  au     tant  Galaad. 

haut  de  la  tour,  pour  servir  de  siège  au  chevalier  représentant 
Galaad,  et  fist  desus  lui  mettre  ./.  arc  volu,  que  la  pluie  ne  li 
peiXst  seurvenir  de  nule  part.  Cette  figure  est  si  solidement 
pratiquée  qu'elle  ne  tombera  point  à  moins  d'être  abattue  par 
force.  Elle  tient  à  la  main  une  pomme  d'or  en  semblance  et 
en  sene/iance  qu'il  ot  esté  touz  li  mieudres  chevaliers  du  monde. 
..  Enmi  son  piz  ot  une  pierre  si  merveilleuse  que  quant  il 
estoit  bien  oscur  tens^  adont  la  pot  l'en  veoir  de  demie  jour- 
née loingy  tant  jnerveilleusement  7'eluisoit  la  pierre.  Cette 
image  demoura  en  tele  honeur  et  en  tel  haiitesce  bien  .ce. 
anSf  mes  puis  en  fu  ostee  par  les  ^natives  rois  de  celé  terre ^ 
qui  vindrent  a  povretéet  avoient  par  de  faute  "^  leur  chevalerie 
entrelessiee  ^.  Mes  a  tant  le^se  li  contes  a  parler  de  cesteaveu' 
ture  *. 

1.  \&r.  deux  mille  soixante. 

2.  Var.  par  leur  defaute  du  tout* 

3.  Cf.  la  statue  de  Gai.  mentionnée  dans  757,  §  440. 

4.  Et  retourne  a  Lanc.,  car  grant  pièce  s'en  est  teiis.  Et  772,  etc., 


—  372  — 


TriBt&n  apprend 

Ïu'il  a  perdu 
sent. 


retourne 
ifion  pays. 


533.  Galaacl  ot  ses  couip3p;aous  arrivent  .'i  l'abljave  où  Tris- 
tan était  resté  pour  faire  soi^'nor  ses  blessures  K  Ay;iut  appi'is 
par  eux  les  tristes  nouvelles  do  la  Joyeuse  Ganlc,  il  se  pâme  de 
douleur  et  a  une  rechute  dont  il  ne  revient  qu'après  un  dtmi 
an  et  plus.  Les  trois  compagnons  le  <|uitteat  au  bout  de 
quatre  *  jours  *- 

531.  Marc,  s'enfuit  en  Cornouaillc  avec  une  trentaine*  de 
chevaliers,  le  i-esle  de  son  armée  ^. 


racoutiml,  d'iiprùs  la  Quctlt  ((T.  §  515),  couimvut  le  ii\A  envoie  à  Liin- 
cclot  (voy.  §  500  la  nef  portant  li*  L*or|>s  (iu  lu  sa-ur  dp  Pcrceval.  Lanr<y- 
lot  iroQvt'  le  roi  Gtiieiganiin  1319,  101  :  Gaït*gttq*ic;  758  :  GaUho» 
ditis;  ?U00,  99  :  Galfsanti»,  3J6  :  Gates  Gûuges;  97  :  Goleigangurt ;  pas 
uommé  dans  la  Qufsli^).  Il  part,  et  quanl  it  ot  tone  tfm  par  la  mer 
gawTi^  ..i7  avint  un  loir  par  nuil  que  la  nef  arix>a  deltx  un*  fur^H.  La 
Qiteste  (Fum.,  p.  '2?'îj  paf^e  ici  à  ta  rnncontre  de  Lanc.  axpc  Galaad; 
voy.  g  551,  ïioit*.  Mais  772,  ptc,  font  maintoaaui  arriver  Galaaii  cl  en 
compagnons  à  Trodroit  où  pst  Trii^tan  (§  533). 
\.  Voy.  §509. 

2.  Do  mémo  97,  lOI.SUOO,  99;  troUJ.  349,  T58;  Au«>.  336. 

3.  LVpisodf^  suivaut  mariffue  dans  9i9,  101,  qui  passent  au  voyago 
do  Tristan  [%  535). 

4.  Quarantaiw  99. 

h.  Ici  le  t«xlo  (le  772,  etc.,  se  rencontre  avec  celui  de  757,  qui 
donne  du  l'invasion  ,  d«  si^gc,  etc.,  un  n^cit  abrégi^  dont  dmuh  «von 
dôjii  ciU"  Ifi  début  au  §  495,  non*  (Gninad  enlvnd  dire  qu'Arthur  i 
as>.itV''  l'itr  Mim^)  :  Le  roi  Marc  tWait  arrivi.^  avt^  Ici^  Sesnet  ot  li»*  Cor- 
nouaillnifi.  Il  alla  à  la  Jovrusp  (Vsirdo  do  nuil.  s'empara  H'Isout.  qu'il 
envoya  imniiMliatonicnt  ru  Coniouaillc,  aynut  peur  de  la  p*'rdrft  «in 
Logre».  Il  attaqua  ensuite  .\riluir,  le  battit,  parce  qu'il  avait  un  bien 
plus  graud  uitmbre  de  riirce;;,  ovrasKié^pn  dans  Camaalnth.  Arthur  fui 
navrf.3  et  dssconfiz  pilrment,  et  /Ist  hgier  ses  gens  rntor  la  eitf.  \'n'\r,  pour 
lies  dêtaiU,  le  livre  de  liob.  de  Buron,  car  il  devise  lot  mot  a  mot,  el  por 
ce  nel  voill  jV  ;»aj  deviser  en  calui  livre.  Ualnad.  qui  se  tnnne  alrir»i  tm 
Nfirgates,  retourne  immédiatemonl,  rt  il  chevaiicha  lanl  qu'il  troupapal., 
Bsclaltorel  Artu  le  petit;  avec  eux  il  arrive  à  Camiuiliuh.  Carorloc  Hrief 
liras  fair  unn  sortie,  mais  il  aurait  t'tè  battu  Mms  Palamédcet  (înlnad; 
ce  dernier  ko  signale  au  point  de  mettre  en  fnile  toute  l'armr'e  du  roi 
Marc,  et  part  ensuite  furtivement.  Marc  s'enfuil  en  Ci»rno»itil!e  avei; 
une  vingtaine  do  ohevaltera,  etc.  —  A  partir  do  là,  mi^mrloxl^  qoe 
773,  etc. 

A  757  vient  se  joindn'  h^  ms.  700,  qui,  après  avoir  parlé  de  la  dou- 
leur qu'éprouve  Pnlainède  à  Ut  Joyeuse  Garde  (voy.  g  38  V  note)»  pour* 
suit  ainsi  :  Sih  or  laisse  ore  li  contes  a  parler  de  Pat.  et  retnrne  a  pari  ~ 
de  mons.  T.,  et  deviserom  rr\  i/uet  manière  it  inomt.  Or  dist  li  cimt«s  qn 
il  ne  demora  tnïc  grament  ijue  li  rois  Marc  de  Cornoaille  aooil  assegié  ti 
roi  Arlitsdedcns  Kamaiot ,  sans  doute  li  ruii  Marc  esloit  venus  au  rniaumt 
de  Logres  a  force  de  gent,  ulc>,  comme  757,  jusqu'après  le  renvoi  à 


—  373  — 

Les  Cornouaillilis  sont   très  atDigés   de   l'immense   perte 
(Vhommefl  qu'Us  viennent  de  subir,  mais  Marc  se  console  h 

l'idéo  d'avoir  de  nouveau  Iseut  auprès  de  lui;  pourtant  il  n'en 
a  i]iic  le  corps,  car  le  cu'ur  est  avec  Tristan.  Istnïi  pleure  tou- 
)urs;  (>our  Marc  elle  n'a  i(ue  vilaines  paroles  et  mauvais 
•semblani;  cependant,  l'aniourquc  lui  porte  toujours  son  mari 
ne  peut  s'en  affaiblir  ',  cai-  il  n'y  a  rieu  au  monde  qu'il  aime 
autant quMscut  ^. 


UeuL  irritée 
contru  Mftrc. 


Hubert  de  Buron;  760  ftoureuii  aiasi  :  Aetlui  Irrrru  que  li roù  Marc  avott 
en  tel  mainirrc  asscgii  U  ntù  Artur  tUden:  Kamalot,  Gai.  en  hoi  parler. 
Quant  il  toitijiié  ceetloit  veriUs^il  dtl  ffu'it  ledetn^eroit,  cil  ontj[ue\s putl^ 
rt  maintenant  le  /Ul  au  chemin,  et  tant  chfvaucla  qu'il  trote  Pal.  el 
Kstanbor  rt  Artus  te  petit,  te  /ils  le  rois  Artiu,  rnâint  con  je  vas  ai  conté. 
Celui  jor  issi  urs  de  la  cité  li  roti  Karados  Brief  Bras,  hIc.^  comme  707. 
qui  esl  {tounauL  itoul  à  iloniuT  une  viiigtoinr  au  lieu  H'unp  tn^nlaioB 
de  chovaliers  acaimpafçnnnt  Marc  en  fuite.  —  Pour  la  manièTc  dont 
est  prtivrnu  Gftla:ul,  cf.  §  519,  note.  —  Quoi  qu'en  diiw  760,  ce  me. 
n't  Dulleuieul  jiitrli'  <ïc  la  rcncoulre  de  Gai.  avec  Pul.  et  \(^  autres. 

Loms.  1463,  P  87  d,  |>usiictuut  subitement  des  tiveutun^  de  Guiron. 
Segunides,  etc.  (tmv.  Jj  628}  nu  sio^r*»  do  Camaaiutli  par  Marc  :  Or  te 
taUt  li  contes  de  cist  dui  et  titrne  oimment  ti  roi  iVarz  asseie  Kamalot. 
Or  dit  U  contes  (/tte  li  roi  hSarz  avait  aixegie  U  roi  Àrttu  d&lenz  Kamaaloth  ; 
sans  doute^  li  rois  Mari  estait  venu:,  olc,  itl>i«n[umeul  ronimc  700,  avec 
1«  n'uvoi  â  R.  iji*  Ii<irruu  ei  les  mou  :  entint  con  je  v^  ai  conte  ;  le  U;xle 
^  ce  m»,  est  ^uivi  jusqu'à  la  fin  de  I  iGlt. 

Lacune  dan»  Hi\  (v.  au  $  M):*  et  d-apWy*),  pi  dans  12599  {v.  g§  *I7. 
&38,  nou*}. 

La  Tae.  Rit.  (vuy.  §  5lfi,  unie),  a)iri>ge  légalement,  mais  en  difT^^miit 

on  peu  du  récit  de  757,  etc.  :  Arthur  ej^t  aide  par  PalamiHle,  Mcrdrei 

et  autres  Gal.iaj)  pus  nununi^).  Tris^tau  est  renseigné  par  l'un  des  mes- 

:  euvovês  de  la  Joy.  Garde;  il  a  abaudounè  la  qu^le  du  Graal  et 

rveacontrc  le  messajfcr  apri*s  s'^lre  mi»  eu  chemin  pitur  revoir  Iseut. 

Puis  sa  rencimlre  avec  Keu  et  DtKlinel ,  etc.,  comme  757,  voy.  |  53."i. 

Pour  103  (VtTiird,  Jauolj,  TresBJUi  (Uuulop-Liebreebt,  VEncyciopxdia 
Britannicait  vny.  [>age  347.  TrïstAu  y  retouruB  eu  Dretague,  et  le 
récit  de  An  mort  eflt  donné  comme  daus  la  version  des  puèuies,  quoique 
le  m9<.  ait  annoncé  le  dénouement  ordinaire  du  roman  en  pntse  (cf.  )j| 
191  ;  270,.  0*tte  partie  tinale  de  103  a  été  publif'*e  avec  de^  remarque-:» 
d&n^  la  Rûtnania,  W,  481  f(&.,  par  M.  Rédier,  qui  démontre  que  103 
fît  Eilhart,  en  ce  qui  concerne  le  récit  Onal,  remontent  à.  une  ttourcfl 
commuue,  qui  était  iJêrtml  ou  une  version  voisine  de  celle  de  Réroul. 
Je  renvoie  à  re  travail  pour  les  détails,  eu  me  bornant  a  citer  des 
variautv$  données  par  bw  imjtriuiés  \535  a»*,). 

t.  Ici  n'prend  104,  apre^  la  lacune. 

2.  757,  760.  Iii4,  1463  dirent  ici  :  Ou  comprend  le  désespoir  de 
THsiau.  quand  il  apprend  lu  triste  nouvelle.  11  part,  el  un  jour,  etc., 
comme  Uw  auin-s.  —  Pour  ta  Tav.  Rit.,  voy.  ci-dessus. 


—  371  — 

535.  ISnfin  gu(^*n,  Tristan  part  el  pt^nd  la  direction  de  ta 
.Toyeiisc  Garde,  plongé  dans  de  iristes  pensées.  Un  jour  que, 
dans  cette  disposition  d'esprit,  il  marche  parmi  une  fon-sl  ',  il 
TriBiûn  port  pi  rencontre  Keu  et  Dodinel,  nui  viennent  de  la  .ïovcuse  Garde, 
et  Dmlinol.  Tribtan  est  renversé  par  Kcu,  qu  il  n  enlcnd  pas  crier;  ce  n'est 
pas,  dit-il,  la  première  honte  que  Keu  lui  ait  faîte.  Il  cbarjre 
le  sénéchal  de  présenter  des  amitiés  au  roi  Arthur,  el  ajoute  : 
«  Si,  avant  de  quitter  k*  Logrcs,  je  trouve  celui  qui  parla  le 
premier  de  cette  malheureuse  qu5te  du  Graal,  je  le  lui  revau- 
drai, et  je  vengerai  sur  lui  la  mort  d'Erec  et  de  Lamorai.  » 

Trois  jours  après,  Tristan  se  repose  près  d'une  fontaine, 
non  loin  do  la  foret  de  ûian^-.  Arrive  un  chevalier,  portant  un 
écu  vermeil;  quand  Tristan,  qui  dôcIinG  la  joute,  s'est  dit 
chevalier  de  Cornouaille,  son  écu,  qu'il  avait  suspendu  à  un 
arhre,  est  jclé  dans  la  fontaine  par  le  nouveau  venu,  qui,  ayant 
l'cfusé  de  le  ramasser,  est  désarçonné.  Tristan  prend  Técu 
vormcil.  qu'il  jette  à  son  tour  dans  la  fontaine,  et  s'en  va  ^. 

53G.  Il  rencoDlre  une  demoiselle*  criant  au  socourH  :  atta- 


1.  104  :  la  fortM  (U  Dardoinne. 

2.  la  f.  d'i'jvc  77Î,  ii3C,  la  f.  de  ta  Joie  757;   pas  di".  nom  4anii 
^VtOO.  ni  dausiA  Tav.  RU. 

3.  Ici  99  rtbiôgo;  voy.  |  538.  notn;  peut-étro  le  cnpiate  «-i-il  6\é 
itdné  par  lo  pyu  do  placo  qui  lui  restait  ilu  volume. 

4.  Dans  la  Tav.  Rit.,  celto  <lfmiMSpnci  .ipporieÀ  Mftm,  do  In  pari  de 
Morgain,  le  glaive  dontTr.  avait  tiiô  IIuQe&oQ  (cf.  {|  191). 

KÛ.  imprimas.  535  A.TrisUn  (v.p.3731,  rcv<^nuâlacourcrn(iMftJCflraV4''ii  Petîto* 
Bn*Ui^ne,  parle  û  Runalen  *  lies  nnioursqu'pnLretifni  celui-ci  HvwCaryw)- 
lain  ',  la  Toninio  du  nliAtolain  Redalix.  Un  juur  rjuo  lo^  doux  nmiït  3<>ttt 
h  laclia^sAo,  fa/lto^npportn  à  Ruaalpn,  do  In  part  do  Gnrgoolaiii,  1>m- 
prcinte  en  ciro  do  toutes  les  clofs  du  cliÂtouu  ;  lr«  tondoinaiu ,  Tri»^t«Q 
fait  venir  Gottdri*,  un  /h'ro  do  Nnutt» .■*,  venu  de  Nicole  \HniT  t'aniourdf! 
TriRlaQ*  :  «  GCro  k  (wwri,  •  lui  dit-il,  qui  de  moi/  tient  ung  ehditti, 
ni.'  me  suri  pas  connue  il  le  devrait;  c'est  pourquoi  les  guetta  du  diMtel 
m'ont  envovL'  le*  sfaulx  do  toutes  las  (wrtoft  dos  loun*  oi  dos  iorU}- 
reft.se»,  »  et  il  charge  le  eerruriordorairodcis  clefs. 


Ln     révolto    du 
corolo  Umoy. 


I 


53C  a.  Après  la  mort  du  roi  HoCl  de  Karahôs^,  llrnoy  *,  le  comte  de 

T.  Viir    /IiirviUiii  VenrO  ut  Tmas  iD^Jnon  :    RNni/tnii  Janat  toiijnitra  .  Hunaltmt,  —  Cm 

!  >i.itt  «uTittUiié  h  KâticNlia.  ilMi  u  mon  «  ék  fMonU»  plaa  haut  iTuia  le  rumia  m 

.11.    inrliiuerilt,  V«r»ril,  lantit, 

é.  t  litliuL 

i.  I-  -,  Jitftnt, 

»,    r.  1.  .     ..  ir..!,.,n,-  ,l.i-i»  V,.r»f.!    ,l«n.rt. 

8.  0«  mrnir  \mr  . 

r.   ^  x*nxx  <l'Ui  1 .-  :  iinelqan  ntwnnrrlqementi  t*.  «In  ftlUniivni, 

cninmp  lOS   U  ne  pcti...   i--"  "'  -  '- '        ...i .  tleii,  «1  il  1m  rvmplMcv  (ur  dM  rMnarqilti «nr 

TrisUti.iut  ne  [x-nt  oubltvr  tMiil  Ul>lua4ff,  el  qu'Unii,  «.o  mouHot,  oonjorc  <lc  proliffwltaulut. 

fi.  Truffli  Trrwjin. 


—  375  — 

quée  par  un  chevalier,  elle  s'était  laissée  tomber;  puis,  voyant 
son  frère,  qui  l'accompagnait,  désarçonné  par  ce  chevalier,  elle 
était  remontée  à  cheval  et  s'était  enfuie,  poursuivie  par  l'agres- 
seur, qui  est  Brehus.  Celui-ci  arrive  et  est  renversé  par 
Tristan,  qui  lui  ramène  son  cheval.  Le  chevalier  qui  vient 
d'avoir  son  écu  jeté  dans  la  fontaine  survient  :  «  Il  n'est  pas 
possil^le  que  vous  soyez  de  Cornouaille,  »  dit-il  à  Tristan  .  qui 
sourit  sans  répondre.  Brehus  promet  de  ne  plus  poursuivre  la 
demoiselle,  qui  les  quitte. 

537.  Brehus  invite  les  deux  chevaliers  à  venir  passer  la  nuit  Tristanchez 
chez  lui.  Ils  acceptent  ;  le  nouvel  arrivé  espère  ainsi  connaître 
Tristan.  A.  l'hôtel  de  Brehus,  le  souvenir  de  son  amour  est 
vivement  rappelé  à  Tristan  par  les  sons  d'un  lai  chanté  par 
une  demoiselle  '  ;  c'est  le  lai  qu'il  avait  composé  quand  il  se 
trouvait  avec  Iseut  sur  le  vaisseau,  pour  aller  en  Cornouaille  -. 

i.  Dans  la  Tav.  Hit,  ils  trouvent  dans  une  tour  une  dem.  qui 
chante  *Wu.\  lais. 

"2.  Le  Boicre  amoureux,  cf.  §§  80,  409. 

Nantc?,  lt*vo  l'ôtendard  ilf  la  révolte.  Ilest  fait  prisonnior;  les  Nantais 
sont  mis  en  fuite,  et  Tristan  assiège  la  ville  de  Nantes,  qui  se  rend; 
seul,  Corbd  au  court  menton  *  résiste  dans  une  tour  située  hors  de  la 
villo,  A  l'assaut,  Tristan  reeoit  sur  la  tête  une  grosse  pierre  lancée  par 
Corlu'l,  qui  lui  fond  ensuite  la  joue  *  avec  une  autre  pierre  et  l'abat 
dans  le  fossé.  Tristan  fait  alors  miner  la  tour;  les  traîtres  sont  pendus 
aux  portes  de  Nantes,  et  le  comte  ^  est  mis  dans  une  éternelle  prison  â 
Karahès  '. 

537  a.  Un  jour,  après  sa  giiéri.«ion,  Tristan  se  promène  au  bord  de  LVpIsode  de  la 
la  mer,  avec  son  neveu;  il  se  souvient  de  la  reine  Iseut  et  exprime  le  folie, 

désir  de  la  revoir.  «  Ce  sera  facile,  dit  son  neveu  ;  car  vous  me  ressemblés 
mielx  si>t  ',  ad  ce  que  vous  extes  tondu  et  a  la  playe  que  vous  avés  eu 
visage  '',  que  nul  homme  qui  soit.  »  Le  lendemain,  Tristan  fait  tailler 
une  gonnclle  d'un  lait  burel,  prend  cent  sous  et  voit  '  un  vilain  qui 

t.  L'i'oc  Trewin. 

■i.  Ce  mut  R  rt  '•  snat  '■  iL-iii:)  103. 

3.  UtJ  jMirte  gijfujr  Ix^nur  (/ufiii).  Ver.,  Jiin.  «lonncnt  l.i  mûmc  fnate;  cf.  p.  311,  note  12. 

4.  Dans  Trcssan,  Tristan  perti  connaissance,  et  Run.ilen  crie  k  Lestoc  qM  le  corat«  t'rnots  est 
mort;  Lcstoc  S4'  renil,  et  Bunalea  lui  cunfle  le  eommamtfmt-.U  de  U  ville.  Tristan  est  siiign^ 
par  M  femme,  i|u'il  rend  enfin  parfaitement  beureuM  (ile  mf-mt  VEn'gel.  Hrit.];  par  suite  de 
cette  imprudence,  ses  plaies  s'enveniment,  et  on  déseipère  de  sa  guérisou.  Pour  la  suite,  voy. 
f  bii  a. 

Ou  ne  trouve  pas  ilans  T^o<l^.'ln,  mais  bien  'l^ns  DonL-Ut-itr  et  i'Eneyct  Brit.,  répisode  sai- 
Tant  de  la  fdio,  pour  Ic'iucl  voy.  le  travail  de  M.  Lut<>sla\t-âki  (Rom.  XV,  bll  ss.),  gui  montre 
que  lOS,  et'.,  et  Eilbart  ont  suivi  ieî  une  source  csmmune.  Ptutr  cet  épisode  interpole,  le  texte 
de  103  se  troavc  imprinu-  d:tn«  le  mi^me  travail.  ave>-  li^  variantes  de  l'imprimé  île  Ri^ucn  ;  la 
pins  ^mnilc  i>artîe  du  texte  de  l'imprimé  de  IhHO  I.Mirh>-1  le  nmri  est  donn.^par  Fr.  Michel, 
TriM'an,  U,  23i  ss.  Je  no  rcK'rerai  les  variantes  dont  |'ai  pu  m'a't.surer  dans  Vcrard  ,  Janot  et 
Micliel  Le  Nuir.  qu'en  tant  'iirelles  différent  de  celles  de  l'édition  de  RoaeD. 

5.  C.  ro«*  stmblei  m.  rttre  sot  V.,  i.iil. 

R.  Cette  explication  manque  dans  V.,  J.,mal9  se  trouve  dans  M. 
7.  Et  s'en  part  et  voit  V.,  J-,  M. 


—  376  — 

Trisian  recon-  Tristan,  voyant  l'autre  chevalier  sans  armure,  reconnaît  Hector 
SÔb  Mûris.  ^''^  des  Mart'Sj  qui  le  console  beaucoup.  Brehus  apprenant  le 
nom  d'Hoctor.  son  ennemi  mortel,  se  relire  et  consulte  la 
demoiscUc  qui  vient  de  chanter  et  qui  est  son  ara.intc.  Elle 
suppose  que  le  compagnon  rl'Hcctor  est  TrisUin.  Une  autre 
demoiselle  vient  prier  Brehus,  de  la  part  de  Tristan,  de  lui 
envoyer  celle  (jui  sait  chanter  et  jouer  de  la  hari>e.  Rrehu» 
consent;  la  pour  l'empôcbc  de  se  venger  d'Hector. 

Nouvenu  Ui  de      538.  La  deuioiacUc  chaalc  devant  Tristan  le  lai  d'lE>eut  : 
TriH  an.        U  soleux  luist  et  de i s  et  btaus,  etc.  *  Elle  parvient  à  lui  faire 
dire  son  nom,  et  lui  demande  de  chanter  un  lai.  TrisUin  dît 
en  avoir  composé  un,  comme  il  traversait  un  jour  la  forât  de 
Hautone  -;  il  le  chante  :  D'amour  vient  '  wioi»  cJtant  et  mon 

1.  Voy,  SOI. 

2.  Utf.  de  Haut  700,  33(1,  la  grant  (tn'fsi  de  IJunt  \(\\  ,  un*  fot'cst, 
^ans  num.  les  autres  (lacune  dans  14C3i. 

3.  Amors  revft  monr/i.  e.  m.  p.  l'tl . 

(luno  \iu&  inaKSUe.  Il  va  ù  lui  et  tui  touU  *  ;  puis  s'en  ta  toute  la  marine, 
tout  nud:  pies  *,  la  machue  au  cvi  ^.  Au  i»orl,  il  trouve  une  nef  qui 
fî(oil  a  un{;  bourifois  de  Tinthanei,  fjut  .\'rn  vouinit  rater  en  ^on  jtais  '. 
IVisiait  prend  fc$  dfnifU  et  tes  ivtnvtençu  a  jetter  partout  en  sotoU  ".  he>» 
marinf>  lui  pprmcUvnt  rjy  sVmlmrqiir-r,  ri  on  arrive  «  Tinthimr»!,  Le  roi 
Marc  (5tait  vonu  jouer  et  eshanoicr  *  au  port.  Ayant  pris  un  fromage 
dans  un  tonneau,  Tristan  saute  û  tnrrc;  il  fuit  i>nir  au  rcii,  qtii  g>n- 
fcrmo  rfaas  le  rh&titnu  et  repanie.  avec  lî^eut.  le  fini  d'iiue  fen/tre  : 
«  Quête  ftomhle.  lui  riil-il,  de  la  reine  Iseut? —  Certes,  fait  le  fol^  i«je 
gejoie  uitr  nuit  avec  fiHc'\  elle  me  renrlraii  nm  misou,  rpie  j'ai  perdiio 
pour  ell«.  —  Ou  fu[s\  tu  néf  —  En  Aiijiflelerre.  —  Qui  est  Ion  ]ièrcï 
Dng  rourhin.  — Et  ta  mère? —  Une  luebiK  ;  num  jn'Tr  m'envoya  cha'* 
pour  te  lain»  cncu.  ■  Un  ril.  Marc  mlniel  »n  eluUt'itu  le  (inj ,  dont  les 
8ailli(%  iRinuspn!. 

ô'ÏS  n.  Un  jour,  e<imtne  In  rni  ji.iue  aux  êcl"'*'»  avec  un  (:lK-\iitiei\ 
Trifilan  r<'frarde  |onfnii'ni''Ut  In  reine.  F.lle  le  fnipp**  «ur  le  ani  on  disant  : 
«  Fot ,  pftu r  i/uoi  me  regardés  *voux  ainsi *'^T  —  Crrtrs.damr^fait  Tristan, 
fût  suis  je*  \  voilà  hnitjourK,  pour  l'iimuordr  vous.  Je  voua  prie,  uu 

1.  ToUiit  a. 

H.  /».  «■*»  II*  »iw=  p4f4s  V..  J.._H. 

I,  tl  :  ti  tan  tal. 

i.  M  tr>"j>.  ■  n ^ft'  ri,,tavel,V..l..  «. 

ft.  T  ■•.ut  illéigtttapitrlomttH».,  V..J.H. 

e.  /  f  ,  ,  J.  «. 

T.  >r  .  ■>,htuttctllty.l>,  M. 

a.  r#  V..  j  11. 

I».   ft.  :  rtf/ai^i'r. 

lu.  Aitui  auui«uc  ilaia  V..i4.  M. 

II.  CêrHé^ftUHKdume.r,*^.  \..J.,V. 


—  377  — 

plor^  etc.  *  —  Brehus  est  heureux  d'apprendre  qu'il  donne 
l'hospitalité  à  Tristan,  qui  a,  dernièrement,  empêché  Blioberis 
de  le  tuer  *.  Il  promet  à  ses  hôtes  de  se  nommer  quand  ils 
partiront,  et  les  traite  fort  bien  :  c'est  la  première  courtoisie  courtoisie  de 
qu'il  ait  jamais  faite;  cependant,  le  motif  qui  le  pousse  est  Brehus. 
plutôt  la  crainte  que  la  reconnaissance.  Quand  les  deux  che- 
valiers ont  pris  congé  et  qu'ils  sont  déjà  sortis  du  château ,  il 
leur  dit  son  nom,  puis,  immédiatement,  fait  mettre  une  barre 
devant  la  porte.  Il  leur  fait  savoir  qu'il  ne  les  a  si  bien  reçus 
que  parce  qu'il  avait  peur  de  Tristan,  et  qu'à  l'avenir  il  évitera 
de  son  mieux  celui-ci ,  aussi  bien  que  les  autres  compagnons 
de  la  Table  Ronde,  ses  ennemis  mortels. 

1.  Par  ce  lai  (cf.  Wolf,  Ueber  die  Laù,  facsim.  VIII)  reprend  Icms. 
12599  après  la  lacune;  voy.  §  417,  note. 

Il  a  été  dit  plus  haut  (§  â3ô,  note)  que  99  abrège  un  peu  ici;  voici 
comment  :  Tristan,  ayant  jeté  l'écu  du  chevalier  dans  la  fontaine, 
arrive  au  châtean  de  Urehus  et  rencontre  Hector,  qui  veut  s'y  loger. 
On  les  reçoit  bien.  Il  y  a  là  une  demoiselle  qui  moult  bien  harpoit, 
Tristan  dit  avoir  composé  un  lai,  .qu'il  chante  (D'amour  vient  mon  chant 
et  mon  plour^  etc.);  à  partir  d'ici  comme  les  autres. 

*2.  Pas  raconté. 

nom  de  Tristan ,  de  ne  plus  me  toucher;  car  le  boire  '  que  vous  et  lui 
biitos  en  mer  ne  vous  est  pas  si  amer  qu'au  fou  Tristan.  »  Iseut  se 
retire,  et  ordonne  à  Camille,  sa  demoiseUe '^ ,  d'introduire  le  fou  dès  que 
le  roi  sera  parti  pour  la  chasse.  Tristan  vient,  et  Iseut  lui  dit  :  «  AmiSy 
or  me  dites  qui  vous  dit  que  Tristan  m'amoit  '  ?  —  Vous-même,  répond 
il;  do  cela  n'a  pas  *  ung  an.  »  Il  se  fait  connaître,  mot  au  doigt  un 
anneau  ([u'elle  lui  avait  donné  quand  il  la  rendit  à  Marc  et  qu'Arthur 
en  fist  la  paix^  et  il  lui  ^  disl  qu'elle  ne  cretist  de  lui  chose  que  on  luidmt 
devant  *,  selle  ne  veoit  l'anel.  «  Je  vois,  poursuit-il,  que  vous  avez 
maintenant  un  autre  amant,  »  et  il  se  plaint  de  la  manière  dont  elle  l'a 
traité  '  :  n  Et  certes  je  suis  a  bon  droit  clamé  fol  *,  moi  qui  ai  quitté 
mon  pays  et  que  vous  faites  battre  la  dehors  a  ces  paulonniers  '.  »  Iseut, 
convaincue,  l'embrasse  plus  décent  fois,  et  il *^  elle.  Elle  lui  donne 
robes  linges  et  dit  à  Vut/ssier  de  faire  un  lit  au  fou  quelque  part.  Si  lui 
fist  dessoubs  umj  degré  en  ung  anglet  d'un  potj  d'eslrain  et  de  deux  lin' 
dieux  que  la  rn'yne  Iny  donna  '  ' . 

I.  /.«  b.  amoureux  V.,  J.,  M. 

3.  Camille  ne  flinire  qn'Si  l'emlroit  pn'wnt.  Drangsln  ^tait  mtve  ea  Lconais;cf.  p.  Sut. 
S.  V.,  i.,  y.  :  -4my,  gui  routn  dit  que  Ttittftn  m'aymef 

4.  Pas  n'a  u.  a.  V.,  J.,  il. 
i.  Xi  tut  d.  V..  J.,  U. 

8.  Deraitt  in.inqiit!  daQ!i  V.,  J..  M. 

7.  Les  mots  ;  Certes,  dame,  il  tn'rMt  mouU  bel  Jus<]u'îi  je  ry  ja  telle  heure  {r.  Laloslawski), 
maoqaent  dans  V..  J..  M. 

8.  Et-fol  munqae  dans  R,  mais  se  rvîronve  (saos  Et)  dans  V..  J.,  U. 
».  ^  cet  paut,  ta  dck.  V..  J.,  M. 

10.  Lui  V.,J..  M. 

II.  Ce  passage,  depuis  elle  lui  donne,  etc.,  manque  dans  V  ,  J.,  M,  —  L»  coi^e  de  Fr.  Uldiel 
s'arrête  ici. 


Oeon. 


Hureles. 


—  378  — 

539.  Les  Jeux  compagnons  quUlent  Iû  Logres  et  entrent 
dans  le  Norgallci;.  Hector  cherche  toujours  &  consolej-  TrUtan. 

5i0.  A  une  foniaine  iU  Irouvent  Geon^  avec  cinq  compn- 
gnons  et  dos  daniosi  on  Ice  invile  h  jouter.  TrisUin  iriompho 
de  tout  le  nmnde,  mais  Hector  esl  à  l;i  fin  iiésarronn*i  ei  ïAe^é 
par  le  jeuno  flerelcs  -,  le  meilleur  chev;vlicr  liu  Norgallcs,  inii, 
ayant  poUmenl  invité  Tristan  ajouter,  est  ù  son  tour  renversé 

1.  Tar.  Jean;  li>  miin  mampioilarut  33ti. 

*i.  Viir.  UerUs^  HorcUs.  —  hn  Tav.  Itit.  alUirt'  a»B  nnms. 


lort  do 
RunaUn. 


b30  a.  Mure  est  ui.-iiuU»  jtar  Arthur  il  Ctinlucl,  a]tn^a  ftun  tl<Sf>art, 
Tristan  vu  chu'z  Isrul.  L'uyisicr  '  s'isii  .'i|rtîrçoii,  rogarilt'  par  udp  cro- 
vasiio  du  mur  et,  l«  Iciidâmain,  aTortit  lou  chambellans.  r|ui  st'  pnipoHoul 
cr.t)>ast(*r  iitii  t'Sjtions  dons  la  cbamlire'  *.  A  la  auit.  Trihian  dil  à  Ii>oul 
(pj'il  faui  y'i.*n  aller,  car  il  a  vu  Vuyisifr  çt  le  chamliellan  causer 
ouflemble.  Isuut  lui  demanda  un  don ,  qu'il  accorde  :  s'il  meurt  *  ou 
qu'il  ait  mal  itf  mort  avant  elle,  il  doit  se  faire  metlrri  dans^  un»  Mf  et 
apiiorlM  cliitx  «H*!  *;  la  moitié  do  la  voile  sera  lilancho.  pt  l'autre  moi- 
lit*  noire;  si  cV'sl  la  mort  on  mal  rfr  mort,  le  noir  doit(<tre  rais  devant; 
s'il  l'si  hiim  portaru,  le  blanc  sera  devant,  ot  le  uoir  derrière;  elle  t«n 
fora  aiitam,  «  s'il  avitnt  de  moy  ain»  que  fie  t^ms.  a  ÎU  n^'omUrMi-^nt 
l'uu  l'aulrt-'',  \tl  Tristan  rulourut?  à  Kuraliè*  nvr-i:  un  marcliaud  do  ce 
pays.  Ia*s  cliauilicllan^,  ([uï  n'ont  pa^  fait  proiidrt'  Tri^ian,  crai^m^nt  la 
co1i>rQ  dû  Marc  t«t  sa  dotormiDeut  ii  (garder  le  ât^cret. 

5iU  a.  IJ  n  jour  (|uo  Tri^iian  ot  Uunalen  sVnlrctienninu  du  lour^  voknUs, 
Goudri,  \c  j^orruricr.  upporle  le»  cU'f«,  t|UL'  Tristan  noua  toutes  cMcmbta* 
a"^  uf\g  tas  df.  XMjê.  Le>4  deux amii-  parlent  [M.»nr  IcohiUeau  de  Bf^dalm.  ijui 
est  11  la  chaj>se.  Us  ouvrent  toute»  les  pories  rt  tixmvfiit  Gaiifeoliiin 
dniifi  fn  i.hambrc,  qui  rsl  couverte  do  j«>nc5  el  garnie  d'nnt-  liflle  tour- 
linr.  Hunalco  commence  la  r.cmvprsatiiKi  avfc  won  amante".  Tristan 
sVbnirne  un  peu,  prend  une  poifint'-r  dr  jomi:s,  se  couche  sur  l'herlte» 
tout  envers,  et  commrnche  les  j'mes a  lanchcr  et  atachrr  m  la  courtine  l'un 
dedetu  l'autrt^.  7'oul  ii  coup  il  nniend  le  mari  qui  rentre,  et  avenii  son 
ami.  IU  partcDl.  Bcdalis,  inquiet,  mmace  sa  fpinmc,  qui  lui  dil  tpic 
Ruualeii,    itecondi^  par  TriBlun,   lui  a  Fail   violuoci*,  pI  va,  avec  mb 

bommeij  à  la  poursuitede»  deux  compogiionA,  qui   avir rii-  ]a 

i'orèi.   Uuaalen,  ayant  tufi  Auihon  '*,  pat  lui-mOme  bb  par 

Dodalii^,  el  Cadio,  le  frère"  d'Authon,  lui  cuupo  U  tru-    in-iaunsi 


If»  parler. 
'  l'i. 

-^ "'f*- 

,  I. 
t'K  lUut  V.,  l. 


I.   L 

S.  I< 

a.  i> 

I.  I' 

».  Il 

*■  t  ■ 

?.  /il   ^  ,  I 

M    I.M  TMl*"  •le  lt>a  (*'*y-  UMI«n  ne  ■*  retroumit  |w«  iUtt«  W,  i 

9.  Tr.  t'^luiitnv  Ub  ttvt  et  ruminent*  hà  jtitrt,  e|i-.,  V.,  ). 

10.  Var.  ÂnthtfH  ;  «iMl  pnrtnat  V.,  t- 

II.  l^  f om^fTNffii ,  V..  J. 


—  379  — 

par  lui.  Geon  prie  les  deux  chevaliers  erraats  de  rester  et  de  se 
nommer,  mais  ils  s'en  vont  sans  vouloir  faire  ni  l'un  ni  l'autre. 

541.  Ils  arrivent  au  pied  d'une  montagne  au  sommet  de 
laquelle  se  trouve  une  tour  où  naguère,  dit  Tristan,  il  y  a  eu 

un  fâcheux  passage.  Un  géant,  Lucanor  *  le  grande  habitant  la  Lucanor 
tour,  tuait  ou  emprisonnait  les  chevaliers  «{ui  passaient  ;  quinze 
compagnons  de  la  Table  Ronde  étaient  déjà  dans  sa  prison, 
lorsqu'il  fut  enfin  mis  à  mort.  Hector,  devinant  que  c'est  Tris- 
tan lui-même  qui  a  tué  Lucanor,  parvient  à  le  lui  faire  avouer, 
et  ie  prie  de  lui  raconter  ce  combat,  pour  l'aider  à  oublier  un 
peu  les  douleurs  de  sa  blessure.  Tristan  consent  *  : 

542.  Ayant  beaucoup  entendu  parler  de  ce  géant,  et  étant 
parti  pour  se  mesurer  avec  lui ,  il  trouva  Dinadan  ,  qui  avait 
également  l'intention  de  combattre  logeant,  et  qui  devait  com- 
mencer parce  qu'il  était  venu  le  premier.  Lucanor,  qui  se 
trouvait  être  sous  sa  tente,  dressée   auprès  d'un  arbre,  fut 

1.  Var.  Lucan. 

2.  Dans  la  Tav.  Rit.,  qui  adéjà  raconté  le  combat  (voy.  §  106,  note), 
les  Jeux  compagnons  rencontrent  une  demoiselle  à  qui  Brehus  vient 
d'enlever  un  écu  qu'elle  portait  à  Lancelot  de  la  part  de  la  dame  du 
Lac  {cf.  l'histoire  semblable  de  l'écu  fendu,  §  37).  Puis  Tristan  quitte 
Hector,  qui  reste  à  l'hôtel;  pour  la  suite,  voy.  §  544,  note. 

frappe  par  Bedalis,  à  la  hanche,  d'une  lance   empoisonnée,    dont  le  Tristan    blessé, 
tronçon  reste  à  la  blessure.  Il  s'enfuit  à  Karahes. 

541  a.  Bedalis  et  ses  hommes,  craignant  ta  vengeance  de  Tristan,  Bedalis  et  ses 
s'embarquent  et  arrivent  â  Caussie*,  une  yslc  belle  et  noble,  close  de  hommes  pirates. 
mer  et  de  montaingnes  ',  uù  ils  se  font  ulages.  Les  barons  marchons 

de  Costentin,  de  Flandres,  de  Sessoingne,  de  Normendie  et  de  par  tous 
les  pors  ^  se  réunissent  en  Cotentin  pour  se  consulter.  Sur  le  conseil 
d'un  marchand  de  Cotentin,  Guiffroy  *,  on  envoie  une  nef  bien  garnie, 
que  les  pirates  ne  manquent  pas  de  poursuivre;  on  réussit  à  s'emparer 
d'eux,  et  on  les  fait  passer  au  lil  de  l'épée.  Ainsi  fu  le  pais  délivré  de  ces  ^ 
ullagues  larrons  de  mer. 

542  a.  Avertis  par  Tristan,  ses  hommes  trouvent  le  cadavre  de 
Runalen.  Oargenlain  entend  leurs  lamentations,  accourt  et  meurt  sur 
son  amant  inanimé;  à  leur  enterrement,  l'archevéïiue cAanfa  la  messe  •. 

Parmi  les  médecins  de  Tristan,  il  y  en  a  un,  Agar  ^,  qui  retire  Ir 

1.  V«r,,  duaa  103  :  CatiMif. 

S.  l'ne  brtl'  itU.  dote  de  montaignet,  V.,  J. 

S.  Lft  h.  m.  dr  Flandre»,  dr  Constantin, de Soitiaii*9n»«l  df  .Vorm.  wriimUsent,  etc.,  V.,J., 

4.  tieoffrog  V..  J. 

b.  De*  vtUigur»  V..  J. 

8.  Chanta  mttte  V.,  J. 

7.  Ançar  V.,  J. 


—  380  — 

appelé  par  Dioadan;  au  lieu  de  le  reBverser,  le  géant  le  saisit 
par  les  bras  et  l'enleva  en  rroupe.  Tristan  lui  cria  dos'orrOter  ; 
il  ne  parvint  pas  à  rabattre,  mais  lui  donna  avec  l'épée  un  des 
plus  merveilleux  c-oups  iju'il  eût  jamais  assrntts,  et  fit  voler  la 
tdte  de  Lucanor,  dont  tous  les  prisonniers  turent  ainsi  remis 
en  liberté. 


SolernR. 


5'i3.  Hector  (;yl  tiùs  youlVraiu  cl  rcsic  à  l'hôtel,  OÙ  Tristan  le 
quille  au  boni  de  trois  jours. 

futt  de  la  tance.  Pui:^ ;n*i5t  lauhin  de  l'auf  tt  le  lie  sur  la  }ila\fr  aaruplus 
faire  '  ;  il  rla]irlie  le  saii|(  nu  moyeu  <i"un  cinjilniro  cowipust*  Je  jta  tU 
plainttàn  et  d'achr.  ri  de  fanoul  rt  sel  '  ;  In  jnnilM*  '  Jtn  lent  plus  nwinî  que 
\a>  mé'JetMn  de  tlu   charbon.    Vn    iiutrt'   nit'dtTiii   pfiiivn',    fniin    i^mcmlu    Jt^    to»Ie» 
L_i  j^  Salcrpc,   fiiii  ri'mfirfpior  que  /«  jambe  est  ja  toute  pleinru  de  feu^ 

rt  s€  le  feu  passe  Ux  fnintte.  nul  n'y  pouroil  mettre  conseil  jairioù  *. 
Mais  ses  collègues  le  fnnl  chasser;  Isuul  lui  dmin»'  on  marc  d'argent  tt 
Ir  vesti  bien  et  aj/pareilta  '  et  tui  donna  beau  patefroy  •.  Li*s  autres  mwin- 
ciiis,  voyttiU  qu'ils  jwmlcut.  leur  [«'Im*,  aliuniloiiuent  U  p-irlie.  Tri-sian 
|)i*nsL'  alors  à  Iseut,  f-ou  amie'' ,  il  io  nippolli?  qu'il  avait  en  la  ville  vng 
jriCTi  compère  Hiarinc/"  ,  unmmé  Genrs  •.  Il  le  luiiiule  o-l  lut  ilil,  on  |>ro- 
nn-Kunt  de  marier  richcmeal^u  Ulle  /seul,  la  lilUaiIe  de  Tristan,  (l'aljpr 
RU  nornoiinille  avt>rtir  Itieiil,  dont  îl  lui  remet  l'nnneuu  ;  s'il  piirvieiil  à 
l'nmener,  la  voile  de  sa  uer^era  hlîuidie;  sinon,  la  voile  sera  noîrt». 

Mort  d'Andrut  543  a.  Gcnes  nrrive  en  Cnrnouaille  soûl»  lUimme*^.  Iwul  lu  Toit 
ctniitod  laeul  veuir,  lui  dit  riue,  le  leiidomaju.  elle  veut  oter  en  gibier  '*  ol  lui  doniu* 
w»  mstrucUous.  Marc  elanl  piird  pour  la  cour  u  Arihur,  cm  va  a  m 
chasse,  bicut  prétend  iju'un  faucon,  qui  vient  de  preudre  i^un  estior,  eal 
allé  s'asseoir  8ur  le  imU  de  la  nr/'de  iieDi's:  elle  i>'y  rend  avi'C  Anilivl. 
Gen<%  U  fait  eutrer  pur  la  plancliR;  Androt,  voulant  la  hiiivre,  enl 
aliatlu  danf>  l'eau  par  O^ne»,  d'un  coup  d'avirnn.  U  se  cuidoit  atrdre 
pttnr  soy  relever  '".  mais  (îenefi  le  frnjipe  une  seconde  fois  pt  rntre  ilanH 
le  vaisfleau,  qui  couri  au  large    Andrel  se  noie", 

I.V.,  J.,i)ul  a'ant  |vu  t-uini>rU  Ipuii  /Mulrtn  d*  t'auftr  Iga  oirxt  /i/jyf  tnitJ  plut. 

V.Lm  (ngnmicnLt  do  l>m|>IAirc  m«iii)i»BBt  tl*n»  V.,  J. 

t  la  Anfirb*  \ .,  J 

4.  .Vni  n'f  fiourrott  Jajuait  mfltre  ranifU  m  tui//r  tnanUrt  V  ,  J. 

ti.  f.t  app.  iiuiigur  lûii*  V-t  i- 

n.  t  êtç.  pal.  V.,  J. 

7.  D<n<t  TT-mn.iti  II  »'nfU  «Ir  ta  Mmmrt  r«ctM  pcr  TrUlun k  Xnuti»  (nij.  |  USii.anltt.  c'«l 
tit  '    l  {irtiwr  tu  tmHin il'lwiil  U  liloniles  ptllTrtifiiB  iaHk  kM 

I  r  lU  |>IU«.  >ontcot  •■«'U  «Hnitu  im  meMgW  W  CuntPiulDa. 


avoc  liones. 


'^cUtMtc  V..  J. 

.MiVi.lv  llffi.!*  it.  Crn"iiii]1Ir,  Trii-(»!i  fil    IT5i  (■oiirittli  »lii»I 


( 

11.  ÀvfiWer  T..  J. 

Il-  ie  c.  pmnttr*  a  ia  pttawhf  V.,  J. 

U.  ihnt  iRinurt  il'Amlr«tttau«  U»  «ulr*»  ««ntona,  roy,p,  ïui. 


'.ifrKii»      *-   lli  H* 

'(«11"»  IHTir*  l'ItN 
-II    1>    tUlto.    ro»  .    ^{~ 


—  381  — 

544.  Tristan  *  gagne  la  mer,  trouve  Sagremor  et  s'embarque 
avec  lui. 

545.  Ils  arrivent  en  Cornouaille  et  vont  chez  Dinas  -.  Iseut  TristaactSaffre- 
trouve  moyen  de  recevoir  Tristan,  mais   (0*  2G0)  pour  des     Sin'ar"' *^*'" 

1.  Dans  la  Tav.  Bit.  (cf.  §  5U,  note) ,  après  que  Tristan  a  quitté 
Hpclor  à  l'hôtel,  Lancelot  y  arrive  et  apprend  par  le  malade  l'outrage 
que  Brehus  vient  de  lui  faire  (voy.  il>.).  Il  jure  de  le  mettre  à  mort, 
part,  rencontre  Brehus,  le  tue,  prend  ses  enseignes  et  va  à  son  château 
pour  délivrer  les  prisonniers.  Il  se  repose  au  Perron  Merlin;  Tristan 
survient,  prend  Lancelot  pour  Brehus,  et  un  nouveau  combat  au  Perr, 
Merl.  s'engage.  Puis  ils  rejoignent  Hector.  Tristan  part  dix  jour:*  plus 
tard  et  arrive  à  un  palais,  où  il  ne  trouve  personne;  il  prend  place  à 
une  table  bien  servie,  tue  un  serpent  qui  apparaît  et  délivre  de  sa 
prison  la  demoiselle  Bima.  Puis  il  gagne  la  mer  et  trouve  Sagremor, 
qui  va  avec  lui  chez  Dinas  en  Cornouaille. 

2.  Cf.  le  poème  italien  sur  la  mort,  mentionné  par  M.  Rajna, 
Scella  di Curiosità  letierarie,  1873,  p.  lviii-lix. 

544  a.  Tristan  *,  devenu  trop  faible  pour  observer  lui-même,  sur  le 
port  de  Penmarc,  les  vais.-ieaux  qui  passent,  en  charge  |sa  filleule.  Mais 
il  a  éveillé  les  soupçons  do  sa  femme,  qui  force  la  fille  de  Genos  à 
tout  avouer,  en  lui  rappelant  qu'elle  l'a  molt  souef  *  nourrie  et  en  mena- 
çant de  la  chasser  d'auprès  d'elle,  si  elle  ne  lui  révèle  la  vérité, 
Iseut  se  désole  :  «  Qui  aurait  pu  croire,  s'écrie-t-elle,  qu'il  en  aimât 
une  autre  que  moi?  Mais  ils  n'eurent  jamais  autant  de  joie  l'uu  de 
l'autre  que  je  leur  ferai  avoir  de  douleur  '.  »  En  ce  moment,  elle  voit 
venir  le  vaisseau  portant  une  voile  blanche  :  «  Je  m'en  vais,  dit-elle  à 
la  jeune  fille;  et  toi  lu  resteras  ici.  n  —  Tristan  est  à  bout;  il  n'ot  ne 
e/itent,  maïs  toutcxvoies  appella  il  l'abbé  de  Gandon  *,  qui  devant  lui  estait, 
et  moult  d'autres,  et  leur  dit^  d'envoyer  son  corps,  quand  il  serait  mort, 
au  roi  Marc,  avec  une  lettre  attacht-e  àsonépi-e  et  un  escrin.  Sa  femme 
arrive  et  dit  qu'elle  a  vu  venir  une  nef,  dont  la  voile  est  plus  noire  (|ue 
meure  *,  Tristan  se  retourne  et  dit  :  «  lia!  doulce  amije,  a  Dieu  vous 
comuuznt;  jamais  ne  me  verres,  ne  je  vous;  Dieu  soit  garde  de  vous.  A 

Dieu  t  je  m'en  vois  '.  Je  mus  salue.  »  l/)rs  bat  sa  coutpe  et  se  [commande  a  w    .   .    •p-î-»-., 
Dieu.  Et  le  coeur  lui  crevé  et  l'ame  s'en  va.  et  d'Iseut. 

545  a.  Iseut,  la  reine,  aborde  et  s'évanouit  à  la  nouvelle  de  la  mort 
lie  son  amant.  Ayant  repris  connaissance,  elle  entre  dans  la  chambre 
de  Tristan,  qui  est  étendu  sur  ung  aes^  et  le  lavoit  et  appareilloit  la  con- 

1.  Ici  reprend  Treuan,  cf.  ci-detsos. 

2.  Souffmrnt  V..  J. 

3.  PeDt-vtre.  dit  Treunn,  eorlwge-t-eUe  an  jiUisir  il  K  venger  dea  deux  amants,  h^-las!  qui 
ne  sont  déjà  plita  qu'amis. 

4.  CaHdon,  V.,  J.,  jdris  loin. 

b.  Et  m.  d'autre»  ouMIl'  dans  V. — J .  :  fa.  de  C.  et  d'autres  qui  dtrani  tuff  ettottut  rt  I.  d. 

e.  Qoe  nulle  meure,  V..  J. 

7.  Dieu,  Je  m.  r.  J.  —  La  cibitiun  'Lins  Daal.-Llehr,,  p.  8-i,  comme  d-nns  Tressan,  qui  tw 
donne  pas  les  mots  Je  m'en  roii,  sauf  la  phrase  Dieu  soit  garde  de  roui,  qui  mnnqoe;  après 
eowunand  il  r  s  an  tiret.  —  Dans  Tressan  c'<at  la  Olieule  qui,  sur  l*ordre  de  sa  marraina,  eont* 
le  mensonge  à  Tristan. 


ptaîls^nSu^onsiilier  le  livre  de  Lucas  ddCait.  Elpor  ceqé 
cil  le  devise  si  clercmeni,  iiH  voill  jo  pltts  deviser  en  mon 
contt3,  ains  torne  tant  com  je  puis  sor  la  fin  de  mon  livre  *, 

1.  IX*  même  104  (sauf  pour  le  nom,  qui  est  luea  d*  Cronl),  {3599 
{Luee  dutt  Gant),  t>t  336  \Litet  de  GatU;  —  cf.  le  prologue).  Dans  760, 
Utia,  772,  97,  3i9,  lUl,  758,  2SiOI),  'i'J,  ou  ae  trouve  ai  ce  renvoi 
uiciîltf  uxaiî^t)  ^ur  la  Hingulièn*  brit'vt'lé  ilu  rtjcil,  un  pt»u  plus  rl^tAÏlIc 
iliiDs  la  «pult*  Tamia  Ritofuta,  t\\\\  noiiR  dit  (p.  404)  fpj'Iwut  laiïpn  porte 
nu*»  Tristan  puisse  alU*r  |:i  voir  ilti^'Uiitt!  en  domoisi'llp,  pl  U13  amants 
pnK^cni  i|uairf  jouniû*^  plt'iiioe  t\f  bonh*»ur.  A  la  cinquirme  nuit  ils 
Puni  chacun  un  r^'V(>  alli-poriquo  qui  pri''S'!fn^  leur  mort,  mais  tout 
«mi^rsau  lionht>urdu  moinfni,  ils  uprt'cii  ^«lurif'nljKiînl.  Le  lendemain, 
cumini?  iU  stutt  t'Hâoinblr,  jouiiut  aux  ikliecK  et  chaulant  h  rni-vuix  un 
souaol  (pi'l8Cut  vii'ut  de  composer  pour  Trislao  (Wap"t'  cA'io  v'ô  riv*^ 
duto,  0  vita  vtia,  etc.),  Andrct  \ioiit  ix  paâsor;  il  entond  cbanlor,  recou* 
uail  la  voix  du  Tristan  et  l'^iurt  avertir  Marc,  qiii,  furioux.  HaiâitMtos  y 
peu&or  le  glaivu  que  Mvirgaiu  lui  avait  MUvuy^  (cf.  §  536,  note),  s'eo  va 
ref>ardt>r  par  un»?  fenélrt*  ^'rillee  Ht  voit  TrittUo,  qui,  vêtu  d'un  potu^ 
point  Jo  («oio,  était  inchinaUi  ai  giuoco  (degii  scfuicchi,  ujout*.'  le  m»,  do 
Kifuooj  ch'fgli  fœtn»  con  isotta,  io  quale  vuiUq  gU  diUltava.  Mure,  plf>in 
de  colère,  lance  le  glaive  contre  son  ocveu  et  le  blense  net  /ianco  dot 
laio  trtanco.  A  [tartir  d'ici,  atmme  It^  mss. 

Malory  (cf.  §  3S!),  note)  :  Parmi  It'jt  chevalierii  de  In  Table  Rondo  qui 

ttsae  de  Montrelki  * .  Iseut  Tait  ti<rfrf«r  la  chambre  et  tombe  ^^vnnouip  sur 
le  corps  de  Tri.-ttoa  ;  revenue,  elle  lui  lasta  au  patix  ^  fit  a  ia  vainne,  VL 
tUt  :  «  IhuU  amy  Tristan...,  or  ai  perdu  *  ma  wir  et  rua  ptine  et  vtfui 
pffrdu  *.  Et...  puisque  l'amour  ataté  enlrcv*>ui  et  moi  a^  ta  vie,  bien  doit 
(Stre  a  ta  vwrt  *.  «  Lors  l'etntfroûe  de  sca  bras  outre  ton  pis  si  fort  'pirlU 
peutt  '  ci  se  pasme  sur  le  corps  rt  /«■/«  u)m  souipir  *,  et  te  a>eur  lui  part, 
cl  t'ame  t'en  va*.  En  l'bouneur  deTrislau,  on  érif?e  iino  Ih»Miî  croii  : 
un  chevalier  la  ({anie,  la  renouvelle  tous  les  ans  et  m  tient  bonnr  rentr, 
et  s'il  ne  le  fatsoit,  il  penlroit  sa  rente*''.  i.o  corps  est  omliaumé,  et  te 
U»   corï»8  en-  cousirent** eaung  cuir  de crrf,  et  ïseiUtrn  ung  aulrr^  puis  mlslrcnt*^  te* 

voyiVs  «a  (^r-  devx  corps  m  ung  totmel*^  en  unentf,  qui  pari  pour  la  Cornouaille 

noiwille. 

1.  Monf$met\  .  s  t  MontetlTnaein. 

3.   -iux  ifruU  V.,  J. 

«.  Jy)e  p.  V..  i. 

4    Ttui  mft  pat  tt  lûutt  ma  patnt  H  mm  pfrdu  T.,  J. 

fc.jrn  V.,  J. 

0.  EUrdoit  bien  titrt  «  I.  m.  V.,  j. 

7    rditf  rftmme  «IU  f«ui  V  ,  i.,  de  ai&mc  Diiiil.>Uahr.,<9nIX4uQnf  U  fluil*  tnttt  pair  ronj. 

K.   f:r  ijfttr  n.  i    H  itp    tvr  I  r.  V.,J.,  l»onl.-IJrI>r. 

».  Tf-  i'-..**  pÉrtë  0« 'li-roWrMdlv  .    -     ,  i.rti  le  ridi 

>)•<  In  n  "  ,  Mion  II  iMiiluinr  qu'on     '  tUm4«U 

T4t'lp  H'  ■  rmcf 'f"  T-l«r.i'-  p"'"'''"''  f-  '  ■-'•  «tbu*é«i 

ft  U  irar  ,<TrIit 

navTi>  «1  t  Ift 

l.rt.'Tk'    ■  ■■■■...■         ■■■,  U» 

•t.  .  t,  SUT  leiJUd  il  t'CUil4I\)Ut)AUUl. 

1;,  />!  >tiiti«J:  M^rtflf  V  ,  J. 
1S,  r<mfrc«ii  V..  i. 


—  383  — 

5'iG.  Un  jour  *,  Trislan,  se  trouvant  avec  la  reine  tïansl'ap-  Tristan  mortel- 
partement  de  celle-ci,  harpoit  un  lai  qu'il  avait  composé  -.  w^Marc^^^** 
Andrel  l'entend  et  va  prévenir  Marc,  qui  blesse  mortellement 

Cïîsaient,  par  «les  manipulations,  dt*  gumr  Sir  Urre,  sont  l'riamus.  qui 
fut  crystned  jiar  Tristan,  et  Bellangere  le  beuse,  le  lits  d'Alixjinilre  lur- 
phelin.  qui  fut  tué  par  la  trahison  de  Marc;  et*  roî  tua,  avec  un  plaivo, 
aussi  Tristan,  comme  celui-ci  jouait  de  la  harpe  devant  Iseut  une 
remarque  sur  la  mort  di*  Tristan  et  d'Alixandre  se  trouve  aussi  à  la 
p.  4T8i.  Grand  fut  le  chagrin  de  tous  les  clievaliersdu  leni|ps  d'Arthur; 
la  niurt  de  Tristan  et  de  Lamurat  furent  celles  <jui  éveillèrent  la  plus 
grande  douleur.  Bellaugere  vengea  son  père  Alixandre,  et  Tristan  tua 
le  roi  Marc  iif\  et  Iseut  mourut  en  (léfaillaut  sur  la  jioJtrine  de  son 
amant,  et  tous  ceux  des  gens  de  Mare  f|ui  avoient  cunsenti  à  la  mort 
de  Tristan  furent  tués,  comme  Auilret  et  beaucoup  d'autres.  —  Fin  du 
Tristan  de  Malory. 

ï.  Le  beau  récit  de  la  mort  des  amants  est  imprimé  dans  V.  Paris, 
Mss.  Fr.,  I,  -200-208,  d'après  le  ms.  101,  comparé  avec  les  autres.  — 
J'en  résumerai  les  traits  principaux  avec  quel(|ues  rcctilications-et  des 
variantes  de  la  Tav.  Rit.  et  des  Due  Tristani  cf.  la  Préface,  p.  xxiii  . 

2.  Due  Tristani  :  Tristan  est  bien  reçu  à  Tintoyl.  Un  jour,  dans 
l'appartement  d'Iseut,  il  joue  de  la  harpe,  et  elle  chante.  Puis  ils  s'en- 
dorment sur  le  Ut.  Andret  les  épie.  Une  voix  d'ange  se  fait  entendre, 
prédisant  la  mort  «  du  bon  chevalier  ».  Iseut  se  réveille,  prie  lïioix  que 
ce  no  soit  ytas  stm  bien-aimé  et  se  rendort.  Andret  prévient  Marc, 
qui  court  à  la  chambre  avec  une  lance  empoisonnée;  trouvant  la  porte 
fermée,  il  saute  sur  un  palco  à  guisa  d'una  caméra,  et  di  rimpetto  al 
Ittto  dclla  reina ofi  unantiporta  ditavoie.  Delà  il  lance  son  arme  contre 
Tristan  et  lui  fait  une  grande  blessure  sopra  le  natiche  ;  puis  il  se  sauve. 
Tristan  extrait  la  lance  et  cherche  à  rassurer  Iseut,  qui  panse  la  bles- 
sure. Il  monte  sur  un  cheval  que  lui  amène  Gouvernai,  et  tous  les 
deux  s'en  vont  au  château  de  Sagremur.  Les  médecins  ne  sachant  c]ue 
faire,  on  mande  Iseut,  mais  elle  ne  peut  venir,  étant  enfemiée  dans 
une  tour  par  Marc,  qui  veut  l'empèclier  de  guérir  son  amant  cf.  la 
Préface,  p.  XXVI).  I^e  roi,  chaque  jour,  se  renseigne  sur  l'état  du 
uialade  et  se  réjouit  avec  Andret,  taudis  qu'Iseut  se  lamente  ;  il  s'émeut 
pourtant  eu  apprenant  que  son  neveu  est  mourant,  et  va  le  voir, 
mandé  par  Sagremor,  que  Tristan  a  envoyé. 

54G  a.  Les  m.trins  arrivent  au  port  de  Tinthanel  et  trouvent  une 
petite  vielioti-  \  descendue  des  montagnes  du  bois;  ils  lui  disent  qu'ils 
apportent  les  corji^  de  Tristan  et  d'Iseut,  et  lui  donnent  dix  sous  pour 
les  garder;  puis  ils  s'en  retournent  dans  leur  pays. 

Les  Cornouaillais  accourent,  aux  lamentations  de  la  vieille.  On 
construit  une  chapelle,  et  on  y  garde  les  corps  jour  et  nuit.  Un  ermite 
envoyé'  pour  avertir  Marc,  ipii  est  à  Canluel,  rencontre  à  Cachmis  *  le 
roi,  qui  retourne  ',  et  lui  dit  :  «  Qui  jtrend  le  deuil  *  o  '  son  caur  et 

1.  rue  rir.itU  V  ,  J. 

-t.  f.'a  eh'n'*,  lO-i:  le  nom  inan(|:ii'  d:iQS  V..  J, 

A.  Comme  prÂient  •l'.Arthur  p:)ur  I-M>ut,  M.ircipptrtc  nii  m  linnoiiart. 

I.  U*  taatK  en  deul  n'ett  pu  tlana  V..  .'. 

■>.  £iiV..J. 


—  384  — 

Trislau  d*uuc  lance  empoisonnée qiie  Morgaia  lui  avait  doaaée  *. 
TrisUin,  ne  |»ouvant  atteindre  Le  roi,  qui  s'est  onfui,  st  rend  au 
cliAleaii  de  Din;is.  Les  mt^decins  ne  savent  que  faire,  el  le  blessé 
souffle  honiblemï^ut  ^.  Iseut  pleure  et  se  désespère;  elle  est 
décidée  h  ue  pas  survivre  à  sou  amant,  Marc  voudrait  voir 
Tristan  avant  sa  mort;  il  s'attendrit  au  récit  des  soulTrances 
de  son  neveu  et  se  repent  de  ce  qu'il  a  fait.  Iseut  ne  désire 
que  la  mon  et  se  livre  k  sa  douleur,  sans  se  soucier  du  roi; 
quand  elle  sait  que  Tristan  ne  vivra  que  trois  ou  quatre  jours: 
«  Qu'il  meure,  s'éarie-t-elie-,  quand  cela  plaira  à  Dieu;  je 
l'accouipagiierai  :  le  jour  ofi  il  mourra,  je  me  tuerai  3.  « 

Tristnn  fait         h\l  Tristan,  se  sentant  près  de  sa  fin,  désire  parler  à  Marc, 
°"*oncîe.**'"     M*^'*'  ''onsidi'ire  comme  moins  coupable  qu'Andret.  Un  messager 

!.  Voy  8  191. 

2.  La  TtK.  Rit.  dévelop|)«  ici  —  au  lieu  do  parler  de»  ooufTrAiicos 
du  malmlp  —  los  snirr»  fâchmisof:  d(>  la  mon  do  Trii)tJin,  qui  i^tait  alors 
à  l'Agi'  do  TrpnuvU"ois  ans,  deux  piois  ol  troiie  jours;  îl  mourut  au  ïtoni 
de  dix-huit  jouri», 

3.  Dan»  la  Tav.  R(t.t  qui  abrègu  un  pou.  elle  dit  cela  devant  le  roi 
et  lea  barons. 


wur(ett  '  yir,  it  3g  pari  de  fiigu  et  donne  son  corps  et  son  atn^audrabîc.  m 
Marc,  avant  tout  appris,  dôcluro  que  IVistJUi  lit*  ^^tu  pas  triiiorrf  daus 
le  payn  *.  Quand  il  est  urrivi^  lui  port,  Ifs  Curnuu;Aillai&  lui  crieotde 
preiiflre  tout  Irur  avoir  ptuir  mettre  a  honneur  en  ierrc  '  relui  qui  It*s  a 
(liMîvrés  du  servagr.  Al(trs  Marc  vn  ouit  pitié!  *;  il  ouvre  i'escrin  ei  fait 
tire  a  t'archevcsque  ^  tachartre  qu'il  tnmvr  dedans,  ot  dans  laquelle  mq 
uGveu  lui  dit  la  vt^rili^  sur  Ir  pUiltre  ;  <•  5irr,  pour  Dieu,  ni  rfiiordf» 
mùon  te  j'tn  puis  mais  ',  sefay  aymmfc  ïseuH,  quant  j$  fay  fait  par 
force,  n  Marc  n?grcttc  qu'il  u'uil  pus  su  vf\a  nuparavaul  :  «  Je  la  rûim 
ainchois  celés  et  consinlus  (ju'ilsf  ftisl  ja  parti  il**  moy  ^.  ■  Il  Taii  pnrter  lff^ 
Marc  fait  onler-  corps  à  lii*  chapello  cl  (Milencr  si  rirhfmrnt  comme  U  appartimt  *  a  si 
rer  lea  corps,  hauttegent.  dans  deux  CLTCucils,  l'un  de  valcfidoinc  m  l'aulrt!  du»  beril  *"; 
Ini*  amant*  roposenl  chacun  il'un  côté  do  In  chapelle. 

547  a.  /'^n'fitt**  déclare  vouloir  resioraux  tombeaux,  où  Marc  fuit  fain» 

1.  Heurt  yp^  V,  J. 

I,  Dftai  Tr«^«Mi(i.  Mnrv'.  Aii-ti-m  <!«  uVoir  titi*l4eiil  éull  KllAe  MJaIntiN  TrliUR,  M«MahU 


iits  H  Pfi  -itrrt ,  (ju*[iit  nrrlK'  le  T^U^ona-  n  ne  i-«rmfi  i 
'-.niAls  ayjrilliiL)  lettre,  ilonl  IccotiUuaMl  rotuRtfl 'IxMla 

iicr  lea  anuuta  iitec  pnm|M. 

.14  Uaus  V..  J. 

.  J. 

„    -1.1....  V      j, 

I,  iej'tH  |)»it  M,  V..  J. 
,1  Jn  jNirU*  lie  mn\f  V.,  J. 


nniHk  pour  ; 
qu'on  en  1er  r 

t.  I 
«.  ■' 

8.  l  ■  ■■  ■-! 
«.    '.H 

?..:■■ 

9.  Appartenait  V.,  J. 

10.  ttrielW.  i. 

11.  /vrNM  Juoti  09rnu4\vntit,  plm  loin  pmtu.  da  ptiviiituisv  a'«  in»  eu  tn^nllciiid 
(lii{Mi«  le  pMMS*  oâ  II  ^>  «vee  Tr.  eo  lïuramuUU,  nj.  |  Û  tef.  t  xi) 


^ 


—  385  — 

C8t  envoyé  ',  cl  le  roi  vient,  ti-ès  chagrin,  avec  sa  suite.  Il 
pleure.  Le  blessé  veut  se  mettre  sur  son  sOant  -,  mais  U  est 
trop  fuible.  a  Maintenant,  lui  dit-il,  votre  joie  est  complêtCt 
puisque  Tristan  est  venu  à  sa  Éiu.  L^bcure  viendra  cependant 
où  vous  ne  voudriez  pas  l'avoir  tué  pour  la  moitié  de  votre 
royaume  ^.  a  Lo  roi  ne  se  sent  pas  la  force  de  répondre,  n  Ne 
pleures  pas»  mon  oncle,  reprend  le  malade,  mais  accorde&-moi 
la  grâce  de  \*oir  encore  une  fois  tseu^  ;  c'est  Lu  deruière  requête 
que  je  vous  fasse.  »  Marc  y  consent  aussitôt,  et  Iseut  ^  vient. 

548.  Tristan  n'a  plus  la  force  de  se  dresser  à  Tarrivée  de 
celle  qu'il  a  taul  aimée.  «  Hélas!  dit-il,  votre  venue  ne  peut 
me  guérir  *.  Tristan,  votre  ami,  est  mort.  »  Iseut  pleure  ^  et 

1.  Dînas  v»  Ini-m'^mp  porter  c*  messnge,  dans  ta  7iip.  Bit. 

2.  Pardons  Iji  Tav.  liU.  où  Trisl.  nr  failqup  si>  lamenter, 

3.  Ici.  dons  la  Tav.  flU.,  il  purdoiino  à  Marc  et  ohiioni  de  lai  son 
pardni)  Mari:  lui  fait  la  ni^tiu'  quf^lîon  que,  )>1us  Loin  dans  le^  mss., 
Iseut  (Faiil-il  que  vous  nioiirii-zY)  ;  puis  TriMnn  te  prie  d»?  faire  venir  la 

Bine,  »?i  Mure  envoie  dntiz^  harons  h\  ohercher.  Elle  prie  Dieu  do  ne 
I  lu  laisser  vivre  si  Tristan  doit  niutirir.  I^  mahule  retrouve  un  peu 
dp  force  à  la  vue  du  désnapoir  de  an  bico-aimée;  grâce  à  cela»  il  vit 
trois  heures  de  plus.  L'immcase  douleur  quVprouve  Iscul  la  consume 
inu^rieuroment  sans  paraître  aux  yeux.  —  Les  promiores  répliques  des 
amnnls  sont  comme  dans  les  rm^s. 

4.  Elle  s'évaQouit  à  la  vue  de  sou  amant,  ot  prie  Dieu  de  la  laisser 
mourir  avec  lui,  Dtu  Trùt. 

ô.  CF.  la  Préface,  p.  xjtvi. 

G.  Â  l'idée  que  Tristaa  mourra  per  la  tardanm  del  suq  aiuto ,  Uw 
Trist, 


Iseut  vient. 


un  hahitaclf  pour  lui,  et  où  il  est  retrouvé (jatIp  fidèle  chien  lleudent*, 
qui  commrncf  a  fairr  ri  forte  fin  ijur  chasatn  w  mervriHoH  '.  Poriuis, 
qui  reste  Iti  avec  le  chien,  Kins  boire  oi  uiauger^,  mande  de  Léouois 
Gouvernai  et  Brungain  *.  Du  tombeau  de  Tristan  pousse  une  ronche.,, 
qui  aliit  par  demu  la  chappelU^  rt  eUscrndoit  U>  InuU  de  la  ronchti  rur  la 
tomltr  YseuU  et  entruU  dedeiia^.  Marc  la  fait  couper  Lrt^is  ^ii.«,  mais  elle 
repousse  toujours  le  lendemain.  Cest  miracle  esloil  sur  Tristan  et  sur 
YseuU  *.  Gttuvernal  ei  Hranpaïn  s'en  vont  avec  Heudenl  et  Perinis,  et 
txsijuirent  ensemble  tant  tjtie  Dieu  las  vouit  prendre  a  sa  part.  Si  ^  face  il 
de  nous!  Avxen  *  ! 

1.  téeu4n«\:,i. 

1.  yrm  ttmuTtUittit  V  .  J. 

l.  Çkmi  fc  wianf^r  tuAoqOe  <Uns  V.,  J. 

i    Cf   [t.  Ml». 

&.  TreaM.»  >llt  hritreniptii  (rooTemifl  r{<^  pIi-mTf  wtn  Buitn  et  «ott  fttrt,  finâin,  It  fldda 
kT9rli*t.  fÂT^ie  le  l»3i>«-An  dp  Tit*j  dt  la  Immbt  J' 

4,  TVMua  :  clU  iv|inawe  Utaif^-.-  >'ir  tur  tritT,  -ult  à  Ion! 

jmmmUmtfemr.  Fin  neTroMO.  — 1.>  >*  revoir*  dau-  r«j.n.  IVS. 

r.  .thut  V.,J. 

«.  Jmem  Bsuiue  dau  V.,  J.  —  td  asUveit  IM,  V,  j.,  Dn].4Jcto.  H  VBnetct.  Srit. 

tourra.  —  Tristan.  35 


Heudent 


soupire  '  «  Trîsiaii ,  dit-elle,  mon  bel  ami,  est-il  possible  que 
voiis  soyez  près  île  mourir?  —  Oui,  il  laut  que  Tristan  meure, 
lui  qui  avait  tant  de  force.  Voyez  mes  bras  *  :  ce  ne  sont  pas 
le»  bras  de  Tristan,  mais  ceux  d'un  homme  mort  ^.  Tristan 
penche  vers  son  dd-clio;  celui  qui  valut  tant  el  fut  si  redoute 
de  Tunivers  entier  est  mort,  u  De  la  journée,  il  ne  dit  plus 
rien  ;  il  a  presque  perdu  la  vue. 

Le  lûndomaiD.  ^'*^'  ^  l'arrivée  de  l'aube,  il  prie  Sagremor  de  lui  apporter 
son  épée  et  son  êcu,  pour  qu'il  les  voie  une  dernière  fois. 
«  Hélas!  s'écrie-l-ii  5,  mon  épée,  que  ferez-vous  désonnais? 
Maintenant  vous  allez  quitter  votre  maître  ;  jamais  vous  n'en 
aurez  de  si  bon,  et  à  l'ax^enir  vous  serez  moins  redoutée  qu'au- 
paravant. »  Il  ditàSagi-emor  ;  a  Aujourd'hui  je  prends  congé 
de  la  chevalerie,  que  j'ai  bien  aimée  et  honorée;  elle  ne  sera 
plus  honorée  par  moi.  »  Après  une  pause  :  «  Sagremor,  il 
faut  que  je  vous  dise  une  chose;  je  ne  puis  m'en  empêcher. 
Voulez- vous  entendre  la  plus  grande  merveille  du  naonde? 
HéLis!  comment  le  dire?  Voulez-vous  entendre  la  parole  la 
plus  honteuse  que  Tristan  ait  jamais  dite?  »  Et  il  se  lait,  puis 
reprend  :  «  Sagremor,  je  ne  le  puis  plus  dissimuler  :  je  suis 
vaincu  M  j»  Il  pleure,  k  Sagremor,  dit-il,  je  vous  rends  mes 

1.  Ùua  Trist.  :  Vuici  la  lële,  les  yeux  qui  vous  regardaieat,  ot  les 
bras  cliepfr  v(tstro  sennlio  solcvano  coHtrastare.  —  La  Tav.  Hit.  jin^w  nu 
lendemain.  Trisitan  fait  udc  !i>nguo  prioro  et  appelle  ensuite  un  arclu*- 
v^quc,  iIl'î)  i'vê<pios.  des  aliltés  et  des  p^Oi'rius,  qui  élaîeut  venus  le  voir 
do  tous  le-îj  pays,  et  se.  ciMift^sse  à  eux.  Pui*  il  prie  Sa^îremor  d'apporter 
son  i.^cu,  son  hcaumo  et  son  épéo,  et  de  dominer  l'épde.  Il  la  regarde 
letidromcni  el  lui  adresse  la  parole. 

2.  Ifeut  sY'vimnuit  de  nouveau  et  appelle  la  mort.  Elle  examine  la 
blessure  et  y  applique  des  méilicjtments,  mais  en  vain  :  le  venin  a  déjà 
pa.><sâ  au  cœur.  Le  lendemain.  Tristan,  dont  la  voix  commence  à 
s't^C'indre,  essaie  rie  consïfder  Hf-nl,  lui  rappelant  que  tout  Hrc  doit 
mourir.  Puis  il  k*  tourne  vers  les  autres,  en  implorant  la  miséricorde 
de  Dieu,  et  prie  Ba^remor  d'apporter  Vécu  et  lï'ipt.^e. 

3.  La  Tav.  liil.  ejâ^eDliellenieul  de  uiAmo ,  l'ordre  des  rt^pliques  y  esi 
un  |jou  changé.  —  Dm  Triât.  :  «i  Ûh  !  mon  é\}éc,  que  je  suit<  aflligé  de 
le  quitter  si  Lût  I  n  Sagremur  la  remet  dan»  le  fourreau.  Tristan  du,  en 
jtleurant,  qu'il  a  trouvé  son  vainqueur  :  «  leeul,  s'écrio-t-il,  tu  demeu- 
reras défiormais  sans  moi  !  n  l.'ieui  ue  peut  répondre.  Tristan  reprend  .- 
c  Puluni6de,  uuh  iuiuiîtiéït  mtut  Unies;  Dinadan  el  met!  autres  amif«.  je 
n'uunti  plus  le  boiilieiirde  viiu»  rovoiri  »  11  se  désole  su rtiiutdi-  nuiurir 
«ans  bataille,  dans  mu  lil.  ViÙB  il  cbarge  Sa^çromor  d'apporter  IVpêeel 
lécu  â  la  cour  d'Arthur. 

4.  Sur  celte  exclainalion,  la  T'ai'.  Bit.  fait  de  louguee  et  fastidieuses 
remarques. 


—  387  — 

armes,  je  vous  rends  ma  chevalerie.  »  Et  il  le  charge  de  s*iluer 
de  sa  part  Palamède,  avec  qui  il  ne  se  battra  pas  *,  Oinadan. 
qui  ne  l'a  jamais  tant  gabé  comme  il  se  trouve  fjabc  à  présent, 
et  Lancelot,  et  le  prie  daller  présenter  son  épée  et  son  ècu  à  la 
cour  d'Arthur.  Il  baise  en  pleurant  la  lame  et  le  pommeau  de 
l'épée  et  l'écu  -  :  «  Oh!  pourquoi  dois-je  mourir  si  tùt?  Adieu,  Tristan  dit  adieu 
ma  bonne  épée  ;  je  vous  recommande  à  Dieu,  car  je  ne  pourrai     ^  ®°"  ^P*®* 
plus  vous  regarder.  La  douleur  faitéclatermon  cœur.  Sagremor, 
je  vous  baille  mon  citer  et  marne  ■';  honorez-les  comme  moi-       ^rdoMe 
même,  si  jamais  vous  avez  aimé  Tristan.  »  Il  pardonne  au  roi        à  Marc. 
Marc  *.  Puis  il  se  tourne  vers  Iseut  :  «Que  ferez-vous  après  ma 
mort?  Est-il  bien  possible  qu'Iseut  puisse  vivre  sans  Tristan? 
Ce  serait  comme  le  poisson  sans  l'eau  ou  le  corps  sans  l'âme. 
Mourons  ensemble,  ma  belle  et  douce  amie!  »  Iseut,  dont  le 
cœur  est  près  de  se  briser  ;  «  Mon  ami ,  c'est  la  chose  que  je 
préférerais  à  tout,  mais  comment   faire?  Si   vous  le  savez, 
dites,   et  je  n'hésiterai  point;  s'il  sulhsait  de  la  douleur,  je 
serais  morte  plus  dune  fois,  car  je  crois  que  jamais  dame  n'a 
été  si  ailligée  que  je  ne  le  sois  encore  davantage.  —  Oh  !  ce 
serait  une  honte  si  Tristan  mourait  sans  Iseut,  nous  deux  qui 
avons  été  une  chair,  un  cœur  et  une  âme.  Et  puisque  vous  le 
voulez,  nous  moui*rons  ensemble  ■'.  »  Tristan  adresse  un  der- 
nier adieu  à  ceux  qui  l'entourent,  et  prie  Iseut  de  lembrasser, 
pour  (iu*il  meure  dans  ses  bras.  Il  l'enlace  en  disant  :  «A  pré- 
sent je  ne  me  soucie  jms  de  la  mort,  puis^jne  ma  dame  est 

l.  Cf.  ^  50f*. 

*2.  Ici,  it  panlonne  à  Maro  dans  les  Duc  Trist. 

3-  Yar.  vion  c.  cl  vies  aru^es. 

4.  Dans  la  Tav.  Rit.,  il  lui  n  déjà  [liinluimc'  (voy.  §  5i7.  not(^).  La 
convorsatidii  sulisf'qiu'ittr  n'y  ditltTc  pas  lii'iUK-niip.  l.«Piit  tmiiltc  ;i  demi 
morte.  Tristnii  purdomio  «Mn^nn'  une  fois  k  Marc. 

5.  Due  Trist. ^  où  cette  rnnwrsatidii  des  amants  fsl  dunnée  ossen- 
tiellement  comme  dans  li*s  m.-s.  l'uis  Iseut,  qui  n"a  jdus  la  force  do 
parler,  .se  rend,  avec  liouv.'rnal  ol  Hraiif:ain,  à  l'éjîlise  île  Notrt'-Damc 
pour  y  veiller  la  nuit,  espérant  ohtenir  ainsi  de  Dieu  la  vie  t](^  son 
amant.  Lf  hMidcnuiin,  Tristi^n  se  confesse  devant  rarchovêque.  «  Oh! 
mon  Dieu,  s'éi.-rie-l-il,  j'uunpioi  ne  m'avez-vous  pa.«  pfrmis  d'être  à  ta 
conquête  du  saint.  Giaal,  m-'  laissant  mourir  aussi  jeune  sans  Jiataille?  » 
Il  se  ilemandi'  ce  que  fait  en  ce  mument  Lancelot.  et  se  recommande  à 
la  pitié  dr  la  S;iinti-Vier;;t'.  Il  veut  que  Gouvernai  et  Pranpain  se 
marient  euM-uiMe  «-l  fioiivernent  le  Lénnois  au  nnm  de  son  lils  Trixtano 
il  giuianc,  confurnirnieitt  au  testament  qu'il  fit  dans  l'Ile  del  Piotlo 
(cf.  la  Prêt'.,  p.  xxiii  ;  il  donne  à  Iiranf:ain  sa  terre  de  Bdrossi.  On 
lui  met  à  la  main  une  chandelle  allumée;  tout  le  munde  pleure.  Tri.staa 
adresse  un  dernier  adieu  aux  assistante,  etc. 


—  388  — 

avec  moi.    »  l.n  serre  si    fon  qu'elle  étouffe  S  et  uu  xnômc 
Mort  tin  Tristan  moment  il  expii-e  lui-môme.  Ainsi  moururent  -,  à  cau&e  de 
et  d  seul,      j^^^j.  .jjj^qjj,.  mmucl,  le  meilleur  chevalier  fors  Galaad  ^  et  la 


plus  belle  dame  fors  Guenièvre  ei  la  fille  du  roi  Pelles 


4 


S50.  Gr&nd  est  le  deuil  du  roi  Marc  et  des  Cornouaillais; 
ecux-ci  •"'  rappelleiii  les  scnices  rendus  au  pays  par  Tristan, 
dijut  ou  wi  devra  plus  espérer  le  secours  contre  les  IrlandaiSt 
ni  contre  les  5ewies,  qui  viendront  sans  doute  venger  le  dom- 
mage (ju'ils  souQrirent  en  CornoxtniUe  ^\  n'a  encore  mie  lonc 
tem.  Seul  Andret  est  content.  Ses  compatriotes  le  haïssent  à 
mort,  et  dient  qe  encore  vendra  qi  vengera  la  mort  de  T.;  il 
ne  puet  autrement  estre  '.  Li  rois  Artus  n'est  mie  morz^,  no 
i'.Udeîa  Tah.  ite.,  t/i  l'amoientcom  c'it  fusl  hr  frère  charnel  '*. 
On  so  porte  vers  le  château  de  Diii.is,  et,  en  contemplant  les 
amants  morts,  il  dient  que  c'est  la  plus  grande  merveille  qe 
ancquez  mèa  avcnist  en  nulle  region^^^  quant  li  uns  est  fine 


1.  La  Tav.  Rit.,  qui  parlu  à  iilusicurs  reprises  du  grand  alTaiblisse- 
meni  d'Iseut,  fait  ici  remurrpior  que  les  nmaiitsninurun^Dl  nrni  pas  j*ar 
suilt'  dVtreiulP  im  de  fitri'u.  mais  ptr  debolezza  et  per  proprio  dotore; 
Itieul  Diuiirut  uu  iuslaiit  avant  Tristim,  qui  aurait  pu  vivre  une  heure 
depIuK,  ir'il  u'avail  vu  raurte  relie  qii'il  aimait.  —  Due  Tritt.  :  Il  bacià 
la  reina^  et  stndo  ambcduc  abbracciati  boeca  a  bocca  gti  usci  l'anima  det 
corpu.  La  rdna  vcttcndolo  morte  nellc  sue  braccia^  per  t'immenso  doture 
cite  n'hebbc^  lecrcpo  il  ctturr,  et  mofi  in  bracd"  a  lui, 

2.  Comme  nuus  Ustonsou  livre  de.  la  Grant  estoire  104. 

3.  Kt  Lanctlot  ajoute  U  63  .  Galaad,  le  fils  de  Laneetot  7(30. 

4.  33(>  :  la  plus  belle  dame  du  monde  san»;  ]Aa».  La  fttUi  dt  Ptllet 
miinque  dan.s  12d',ï9,  104  t,>t  dans  <t9,  qui  abréfie  ces  remarque».  — 
77'2  :  ta  fiUe  au  roi,  puiii  une  lacune,  qui  lînit  à  l'endroit  où  Bantaliel 
trouve  le  roi  Arthur;  §  557. 

5.  Ce  passade,  jusqu'aux  mots  :  SeuIAndrcl,  etc.,  manque  dans  09. 
8.  Ou  royaume  de  Logres  y?,  lUl,  349.  758,  24100. 

7.  il  ru  p.  e.  autr.  mauque  dau»  336,  104,  dans  S4400  :  7*.;  or 
le  mrait  U  nn  Artu  atos  Irt  cimpnignon  de  la  T.  li.  [sunif  plu»],  dons 
758  :  T;  cetera  li  rois  Arltis  et  li  compaignon  de  la  T.  R.,  qui  moût 
amoienl  7*.,  et  dans  9!(,  où  manque  le  pa&.stgc  entier,  ju»4fu*à  U  dient, 

8.  Li  rogi  Artus  el  ccuU  de  la  T.  R.  97,  saus  verbe;  la  même  faute 
dan»  101,  349. 

9.  Cftarnet  munquo  dans  7f)0,  14G3.  —  Due  7rist.  :  On  prédit  que 
la  vengeance  sera  pri?«  par  Arthur  et  9C»  chevaliers,  H  cla  ifçui  dapoi. 

10.  £n  n.  rrg.  manque  dans  1463;  760,  seulement  :  que  c'est  une 
grande  niervcille. 


—  389  — 

por  Vautre  :  bien  ont  mostrê  apertement  que  *  Camours  dont 
il  s'entr'amoient  n'estait  (var.  n'ert,  ne  fu)  pas  a  gas  ■;  tant 
coin  U  siècle  durera  sera  parlé  ^  de  ceste  amor.  Et  dient  li  fol 
et  li  sage  *  [que]  c'est  amour  et  passe  amour  ^  que  (var.  com^ 
car)  de  T.  de  ieonoys  et  de  la  raine  Y.  de  Cornoalle  ^. 

Le  roi  Marc,  qui  est  si  dolanz  qe  pou  q'il  ne  muert  de  dou^ 
lour'f  fait  transporter  les  deux  corps  à  Tiniagel,  et  dit  qu'il  funérailles, 
les  fera  enterrer  ensemble,  puisqu'ils  ^  se  sont  tant  aimés  l'un 
l'autre^,  car  li  uns  ne pooit^°  sanz  l'autre  demaurer^^,  [en)si 
estait  leurs  cuers  [et  lor  volenté  757,  1463)  ensamble.  Et  por 
ce  q'il  s' en  tramaient  tant  en  lor  vie  con  Je  vous  cont^'-y  les 
fist  le  roi  Marc  mètre  ensamble^  por  qHl  fussent  en^^  lor  mort 
aisié{\Ar.  a  aise),  aussint  con^^  il  furent  en  lor  vie  '^  Les  funé- 
railles ont  lieu,  avec  pompe,  dans  la  jra/i^(var.  maistre)  église 
de  Tintagel.  Marc  fait  faire  une  sépulture  si  riche  et  si  mer- 
veilleuse '*^  qe  devant  n'avait  esté  nulle  si  riche  en  CornoaiUe, 


1.  757  :  apertement  a  la  mort  q'il  s'entr'amoient.  H  en  sera  puisa  [si] 
grant  tens  com  H  siècle  durera  parlé  de,  etc.;  33G  :  apertement  comment 
il::  s'entr'amoient  sans  nule  fainiize;  tant  comme,  etc. 

2.  Gabene  97.  mieagas  12599,  104. 

3.  Parlerait  on  24400. 

4.  DUnt  bien  tuitque  97,  ICI,  3iO,  99,  758,  et  dient  toz  que  2U00. 

5.  336  :  ce  fu  amor;  757  :  ceste  amor  pass^eom;  24100  :  cest  amor 
est  plus  que  amor,  de  Tr.  ;  349  :  amour  est  passe  am.  ;  !  2599  :  li  amor  T. 
de  L.  et  de  la  r.  Y.  de  C.  fu  amorsetplus  que  amors;  1463  :  ce  dit  amor 
et  passe  amor;  760  (liourdon)  :  parlé  decest  amor  et  pas  amor, 

6.  Que  T.  et  Y.,  la  royne  de  C.,  maintenaient  99. 

7.  Cette  phrase  manque,  ici,  danii  99;  que  plus  ne  puet  33G;  104  : 
qui  tant  est  dotenz^  sans  plus. 

8.  12599,  336î  104,  24400  ne  donnent  pas  le  motif  suivant. 

9.  Comme  vous  avez  o'y  ajoute  99. 

10.  Po:e)t  757. 

11.  Ne  nuit  ne  jor  760,  ne  nuit  ne  jor  ne  nulle  hore  du  monde.  Et  s'il 
n'estoient  tozjors  ensamble^  {enjsi,  etc.,  757,  1463. 

12. Comme  vous  avez  oy  97  ;  la  phrase  manque  dans  758.  Comme  vous 
avez  oy,  sîestoit  leur  roulentéet  leur  cuer  ensemble,  et  pour  ce  qu'ilss'en- 
tr'ameront  {l.  ^erent  tant  en  Uurz  tie'i.,  lez  fist,  etc.,  101;  la  rai^me 
dittographie  dans  349. 

13.  A  lour  mort  758. 

14.  Aussi  ainsi  comme  97. 

15.  99:  L'un  ne  pouvait  demeurer  sans  l'autre,  et  de  si  vraie  amour 
s'entr'amoient  que  le  roy  lez  fist  enterrer  ensemble,  ainsi  comme  Hz  esloient 
ensemble  en  leur  vie. 

16.  Et  si  merv.  manque  dans  24400  ;  et  si  belle  99. 


—  390  — 

U  lomijcoa-  ,,^g  puisne  fu  mes  >,  fors  seuUmmt  celhd^  Galehôut  =..  ;  celU 
tombe  do  Gai.  estoit  tôle  d'or  ^  i^t  pleim  de  pierres  précieuses..; 
/*(  sachez  f/fl  ci!  Gai.  fu  princes  et  roi  (var.  sire)  de  .XXfX.  * 
roiaumos,  et  U  ama  tant  Lanc.  rju'à  la  fin  il  mourut  pour 
l'amour  île  lui.  Au  pied  Ju  toml>c«iu  ^,  coustruit  au  milieu  de  la 
superbe  éprli&e  de  Tiniagel"*,  le  roi  fait  placer  rïeux  iuia^es' 
représeiUitnt  uu  chevalier  et  une  ilamc,  droites,  de  cuirre^ 
erUregetee^^^  aussi  gratU(ï.rjranz)  corne  ./.  home^K  Le  cheva- 
lier, qui  est  si  bien  ovré  qu'on  le  croirait  vivant,  t^toil  jta** 
main  senest7-e^'^  devant  (var.  sor,  an  mi)  son  pis  tote  close, 
aÎTissint  corne  se  il  teiiist  les  atacfies  de  son  mantel,  et  le  l/ra7 
destre  teixoit  il  tendu  vers  lesffejis;  et  tcnoit  en  celle  main  /«- 
;jt(i'''  tonte  nue,  et  c^  estait  celle  espee  meiames  dont  li  Morhons 
fuja  ocis^^.  Et  ou  plat  de  Vespee  avait  le  rof/  fait  faire  Ictros 
[d'or  336)  qui  disoient  ainsi/  :  «  Celui  en  qui  main  je  suis  délivra 
jadvt  le  rof/aume  de  Cornoaille  du  servage  o  c-elni  d* Irlande 
par  .1.  coup  qu'il  fist  de  moy  sour  le  MorhoU  d^frlande^'^.  »  St 

t.  Si  rielie  ou  roiauuie  de  Log.  ne  dt  C,  n  comme  jd  eroi  tUt,  ne 
depuis  ne  f\alut  grant  tens  aprh  1251*9. 

2.  Lo<t  rciiiarqu<>s  mr  (inlclinul  manquent  (Ihos  tOI,  13599,  3Ï&. 

3.  Estait  d'argmt  9y. 
^.   Vtnut-huU'M,  !01,  3VJ,  *!UOu,  dia:-huit  7&8.  quinze  IW. 

5.  En  celte  tcpuUute  1259!». 

6.  Cello  r<.'Dmri)ti('  vif  ni  plus  luin  <lAa«  33fî  ;  voy.  ci-ftofisun- 

7.  D'or  et  d'argrnl  et  de  pierres  prcciouscj  Ifl4 . 
H.  Con  'hl,  eurnt  tt03,  cueute  TlîO.   HnnteS'tntng.  mauijUL'  dao* 

75fi,'irUHI.  rfroilM-ft/ime manque  duos  104. 

9.  Ouvres  'Jll. 

10.  Aussi homr  manque  dani^  'Jy.  —  33*'»  :  Lt"»  ima|;t*s  sout  «h» 

cuivre  mtregetlés  et  très  tfien  dor^-$  cl  avssi  grant  commelnt'j  .1.  iunnttie. 

11.  Trri.  ff  5rtm.  700.  ICT».  *n«  ra.  H63. 

12.  Var.  :  sainain. 

13.  Une  fjp«;ur..  in4. 
U.  00  t  (nue),  c'iitoit  la  tignifianee  qu'il  avait  leM.  o.;  '}khOO:{nw), 

en  signe  quitot  le  X.  0.;  07,  349,  tOl,  758  r  (nu#),  et  esUUt  pnur  signe, 
d^nt  li  AT.  fu  o. 

15  D'apri't  330.  Dans  101  l'itiaoription  *ur  \v  plai  d'éïKlie  r^9t  *un«j 
ciinrue  ;  De  reste  cspea  fui  occis  li  yrans  Morhols  d'Trlandr,  et  cr  oftrra- 
lirrs  qui  gist  ici,  pur  cu\i]  ces  iiiiaifl«  furmt  ainsint  faites,  fitl  aprtes  T. 
de  hoenays,  U  /iz  au  nubte  roi  McliwiM,  ft  cit  délivrai  Cnmunitte  dou 
granl  sfirttjfjvd  ïrlande.  Dans  757.  l'ipseripliou  *iir  If^jilaur^piV  parai! 
avoir  été  supprima' ,  ce  ms.  pas^e  dos  mois  tt  tf-noil  en  cftte  nusia  fcs]>et 
n  Et  aroU  fait  frre  H  rois  M.,  tHc,  —  07.10».  310.  00,  75H.  U\i)i)  : 
letm  qui  dittiient  {]w  ce  estoit  T.\Ci'st)  'fist  T.  2fc400:  — 90  supprime 
lu  reaU*  du  pussîijpi  vu  piissaul  ici  à  Sayninior;  —  M63  ;  lettre  d'or 
tnmi  tt  pis  qui  disaient  T.;  coaruHÎua  dans  760  ;  tettrts  d'or  enmt  le  pis^ 


—  391  — 

avoit  *  faii  fere  H  rois  M.  letres  (for  en  mi  Is  piz  du  chevalier 
qi  disoient  :  T.;  li  autres  yrnafjes,  qi  >sstoit  fet  en  Sf^mhlance 
Â'  feme  [dame  t04).  avoit  {aim  10»)  letres  onmi  U*  piz  '  qi 
diioient  :  Vs.  \  Et  {bien  104)  sachiez  qe  Von  ne  peiist^pas 
trover  a  celui  tens  en  tôt  le  monde  ^  JI.  ymages  si  bien  fêtes 
qe  6  célU^s]  ne  fussent  en^iore  '  mieh  "  [faites  104). 

551.  Sagremor,  portant  l'écu  de  TrisUn,  couvert  d'un  drap  ^Jg^'J^^^^gJ 

de  soie  batu  a  or^  et  l'épf^e  suspendue  a  son  col,  retourne  en     ivcu  et  lépée 

de  Tristan. 

ft avoit  Mrt  qui  disfit  :  T.,  li  autre  :  7.,  H  âothifs,  l'ic);  et  en  fautrt^ 
qui  faite  tstoit  en  innblanci  de  fernmt  (var.  damr),  etc.;  dans  c«8  nus. 
nous  avoop  probablement  ici  un  hourflon  amcn^  par  les  deux  ditoient. 
—  Pour  12599,  la  7'cir.  Mit.  et  IorZ/mt  Tr.,  voy,  la  noie  ci-apréa. 

1.  104  piiur^uit  essentiellenieui  comme  757.  Mais  336  {après  l'io»- 
criptioa  sur  le  plal  d'i^)ti^)  :  La  daiiw  at^U  une  touronnt  tn  sa  UsU  fcf. 
'Î4i(l0,  plus  loin,  §  580],  et  avoit  son  visage,  tourné  drv«n  H  cttevalier  ût 
te  regardait  en  manière  de  dame  très  dotante  et  triée  par  umbtant,  et  avait 
tes  .If.  maint  croisiu  seur  son  pis.  f'ui^  vieui  la  remarque  sur  le  lom- 

lu,  qui  vif-i  placé  au  uiîlif'u  ib*  la  âuiM^rbo  t^glifte  de  TintAgel.  Pui^  ; 
>  deiu  imiifîCi^  scttit  si  liimi  exéctiit^ûs  quc'  t'en  nepeàit  pas  a  celui  temps 
9uter  .if.  ijinages  si  bien  fais  que  eeuts  ne  fUtient  enccre  mieuîx. 
^Bagr<tmor,  etc. 

2.  Ou  pu  97.  101,  319,  758,  24400. 

3.  Que  ce  fjtoit  Y.  Irs  m^mes,  sauf  24400,  qui  porte  :  Ci  gist  T.  ^ 
97  pa.sse  ici  à  Sagremor. 

4.  Var.  fnutive  :  puet, 

5.  Manque  dans  l(»4,  ou  monde  101.  349.  758,  24400. 

6.  Qe-mielz  manque  dans  101.  349.  758,  24400. 

7.  Encore  tnanrpir  dans  1463,  760. 

8.  12.599  renverse  les  phrases  ni  prtSsente,  à  partir  de  l'onilroic  où  il 
est  parlé  pour  la  promièrft  fois  des  deux  imapi»s,  un  textr  pnrtictiUor. 
qui  sp  retrouve  rn  partie  dans  24400  plus  loin,  là  où  ce  ms.  donno 
une  seconde  description  du  tombeau  (§  TiHO) .  Chactino  d«_«  deux  ima^ccs, 
dit  12599,  purtail  letre  au  front  Utillie  de  fin  or;  si  disoient  les  ons  des 
Irires  :  T.,H  la  autres  :  Yseit,  etsaichicstiuet'ennepwt  fl.  pot  o\i  peilst) 
pas  trover  a  cet  tens  deus  ij^nages  tant  bien  faites  queceU[i\  ne  fustront 
asses  »ii(i:  ;  elles  gonl  si  bien  ext5cut<^-*^  qu'on  les  croirait  vivantes.  Le 
chevalier  tenoit  satjuiin  sentitre.  etc.,  coraroe757,  jwsqnn  isiTi/M  «/ci»; 
12599  continue  ainsi  :  Et  tenoit  esi  «Wr  main  une  espee  toute  nue,  ei 
avoit  au  brant  de  l'espee  script  un  taj/  qui  fhjnas  li  seneschal  avoit  fait 
por  T.,  et  disoient  les  lotres  en  tel  manierr  :  «  Seignors  hnrons  de  Cor- 
nnailte,  Qui  tant  detitraates  ma  mort,  Morssui;  mèsain:  qur  luem  Igrant 
24ïOft    t^ns  attte  Ptorerts  [vous  24400)  T,.  qui  r%t  innr:.  Rom  Mareh, 

■  U  si  fort.  En  euida  mou/  {e.  muelz   '  m  faitle; 

S'  ,ui  tl.  ançois  que)  yranz  tens  [cxit  a/r  En  plo- 

rrra  for  descvnfort  [in  phrait  tl  par  d.  ?410U|.  *•  Et  en  {'autre  ymage, 
qui  tant  ettoit  nche  qu'tU]  n'est  home  qui  dire  le  sciitt,  avûU  un  tay  escript 
enmi  te  pis  gui  Uynas  m^smes  awrit  fait  por  ma  dame  tsett  autresini  ; 


—  392  — 

Logres  pour  aller  présenler  ces  armes  à   la  cour  d'Arthur  '. 
Débarqué,  il  prenJ  le  chomin  de  Caniaalolh  'K 


lîpîsodDdp  la 


(I  Amis  T.,  QUI  je  amoie  So:  (I.  Sor)  tout  et  (I.  loxaceus]  qui  sont  (I.  furmt) 
au  tiionde,  Se  {Et  I25fti))  vostreoorsmorut  por  mot,  Porvos  morut  YteHl9 
btundc.  \!ioi\  Mardi  [Lirai  M.  24400)  ruida  prous  faire  {farprotu  !2ri99) 
en  [a  24400)  soi^  Mais  ainnçois  que  Tyntaot  fùndc  S'en  claitnéra  U  fMaiÙ 
roi.  La  niort  .T.  le  monde  affontte.  )<  Si  eUaient  Us  d€\a  i/mages  ausi 
grantcom  J.  {\.te)eftevatier,  et  l'autre  comia  dame  awU  fMé,  por  quM  les 
yviages  estoient  faites.  Sa^'n'iimr,  t'tc. 

Dans  la  Tav.  fîtt.,  t'inmKî'  l'ôtninine  tient  une  Qeur  À  U  main ,  car 
Isnit  fut  lii  Ili.'ur  du  niotulc;  il  y  a  iiussi  d(»s  (^pitnfdif^s  indit^niiDl  l'Affw 
dos  deux  rtm:iuij»  :  ukiiIs  nel  CCCLXV/ff  anni^  ils  ôuient  n»'»,«.  Tristan 
nel  CCC.XXII/l  anni  vl  Iseul  nel  CCCXXXVIf  anni.  Une  vi^nt«,  donil'uno 
dos  moines  jiousiBC  du  cœur  de  Tristin  et  rnutri'  de  colui  d'Iwrit,  pro- 
jotlc  son  ombro  &ur  les  deux  inia^s  Irombiuaisoii  do  la  version  de  103, 
voy.  §  547  a,  avec  œlle  des  ituircv  msa.);  cette  vi^ne  porte  de» 
raisins  de  trois  Mpèrcs,  rcprt'-sentant  Ii's  tre  nature  dcf  iuuanl«.  —  Lo 
deuil  à  la  cour  de  Marc  est  décrit  n  p»;u  pn'ts  de  même  que  les  m«j}. 
décrivent  le  rtouil  lï  la  cour  d'Arthur  plus  loin,  |  570.  PuisSa^remor 
porte  les  armes  en  lA>grns. 

Dans  les  Ouc  Tristani,  Marc  fait  eut<^rrer  les  amants  dans  un  magni- 
fique tomlienu,  avec  c{>ttc  iiiâtTÎption  :  Questo  ^  il  premio  cht  l'atiiore  da 
à  suai  servitori.  Sur  la  tombe  est  repri^sent<^  un  bateau  an  milieu  de  la 
mor,  sans  avirons,  le  màt  brisé  et  les  voiles  baissées,  avec  une  inscriiH 
Uon  expliquant  rallêgorie  do  cotte  barque  d'amour.  —  Kindu  premier 
volume  deiî  Due  Trisl.;  le  lomeseamd  contionl  l'histoire  de  Tristan  fiU, 
Tristano  il  giovane  ;  œ  sont,  â  c**  qu'il  semble,  des  inventions  mudernos. 

1.  Comme  le  lui  avait  demandé  Tristau  avant  de  mourir. 

2.  Four  la  suite,  daus  767,  etc.,  voy,  §  568.  — 33G,  97,  349,  ICI 
(lacune  dans  772),  758,  24400,  99,  reprennont  ici  les  aveiuun»  de  la 
qufîte  du  (iraal  : 

Galaad,  ayant  quitté  Tristan  (§  533),  arrive  —  il  n'est  plus  ques- 
tion de  ses  duux  compagnons,  Hector  et  Merauf^is  —  à  une  chaprlïc 
où  il  s'installe  pour  dormir.  Une  vnis  l'éveille  et  lui  dit  d'aller  ù  h  mer, 
où  il  pourra  trouver  une  aventure  ngréalile.  Il  obéit  et  trouve  le  \Tiis- 
wau  où  sont  le  corpw  do  la  so-ur  de  Percevnl  et  Lancelot  ',  qui  attend 
la  venue  du  bon  chevalier,  selon  la  promesse  du  prudliomrae.  Galaad 
se  tiipuo  el  eutre;  eanj*  le  reconnaître ,  Lancelot  pense  bien  que  c'est  le 
bon  chevalier  et  lui  souhaite  la  bienvenue.  Il»  se  nomment,  caueeul  • 
ot  SI*  raconlont  leurs aventurcis:  ils  en  irouveiit  d'ailleurs  beaucoup  peo- 
danl  leur  voyage;  souvent  aussi,  ils  passent  devant  des  Iles  qui  ue  sont 
habitées  que  par  des  animaux.  Enfin  ils  arrivent  au  pied  d'une  mon- 
tagne '  où  ils  sont  abordés  par  un  chevalier  jportant  de»  armes  blanches 

1.  Dém  9V.  '"i  i.'(i(nincac«  kl  'un*  |ju>iine,  nous  doiib  reirouvoo*  avtc  L«tim>lol  cbffi  le  ml 

■'«wbeor.  v<>«,  l'Iuft  ■•«m.  i  ■^Ml. 

3.  A  iMirtir  <J1''<,  tnut  *  '"'1  comme  «LiiuIb  (^y\tt  {of.  p.  il'i),  Jn*<)n'iin  iU|k«n  il*  nal. 

.     1,1    .i'ii>  'i;,  une  «<>ll  iltife  lïnbind  dit  «iirtlr  de  la  ntif,  i|iil  «'t>lul)ruv  liiitin'  liiU-rii-iil   â<rtt 

)  ,.)  fl)u'r(iilt  ttn(*h<'i*l  lilam*,  «Uiu-M  k  un  xfiiri-.  il  itnf  t^Jlf  p  ■    '  ■'  'Hè; 

,  ,  f(tm  qu'il  Vint  n  PattUttir  oit  it  rtty»  Mo'Jniint  çUoif    U  Ir  ua  A 

la  cri    ,!.■     nin.rlii*  Cl    *•*  KWVn    lliII(îtMniH  «MC  llll ,  jUKJU'i  CB  dH"»   TOlC.    Wa  s-  —•  -  -'-■    J«  •* 

bM  vo  «hvillcr  tus  ormct  blADvliès,  mewiiit  an  climl  IiUnu  «m  dêttrê,  (>«t^..  cuma  *M  rtft. 


—  393  — 

pt  nit^oant  un  cheval  m  destre.  Il  dit  à  Galaad  .  de  par  lo  haut  maître, 
de  monter  sur  le  dip\al  pour  aller  au  hasard  des  aventures.  Galaad, 
ayant  pris  congti  dt*  Lancvlot,  dont  h*  vaUooau  est  outrumi^  par  lu  vent, 
dcsc('Dd  â  UDO  abhayi;  où  il  trouve  Murdruin,  i[ui  meurt  dan»  st'S  hraa. 


Galaad  cbes 

Dedoin  de  la 

If  arche. 


55*-  Deux  jours  plus  tard  il  arrive,  un  soir,  à  l'hôtel  d'une  dame 
txvtv,  fjui  \f  reçoit  bien,  il  la  voit  fort  tristt^  et,  plf^in  de  compasfioD.  il 
lui  offre  son  secours  de  chevalier  errant.  Elle  lui  dit,  les  napi»f's  loviies, 
que  luin  fn'*re  l'a  dfshfritee par  sa  fora  et  sans  raison^  et  qu'il  a  tué  doux 
de  ses  fils,  bons  chevaliers;  elle  craint  que,  pour  avoir  m  terre  tout 
entière,  il  ne  la  tue  elle-m^me  avec  les  deux  jeunes  fils  qui  lui  restent. 
Elle  n'a  pa?!  ost^  aller  demander  du  secours  à  Arthur.  Son  frt're,  ipii  a 
l)e;iucoup  d'hommes,  s'appelle  Betloin  dt  la  Marcité;  il  réside  au  chÂteau 
deïi  Marche,  siiué  sur  la  rivière  du  Toivrp*.  h^  lendemnîu,  Galaad  s'y 
ind,  sans  .ivoir  pu  entendre  la  meîise,  faute  de  chapelain.  Une  demoï- 
lUe  lui  dit  qu'au  château  le  comte  est  en  train  Je  jouer  aui  <k;heca 
conirt  la  dainoiselle  tli^ye^.  Guluad  entre.  Ou  lui  tieut  l'étrier,  car  oa 
fait  bon  accueil  au\  chevaliers  errants  pour  l'oinour  dtr  liodiucd  le  sau- 
vage, qui  est  le  parent  du  sei(fneur.  tialaad  w»  fait  indiquer  le  comte, 
s'avance  et  le  somme  de  rendre  en  qu'il  a  eulevt^  ii  sa  i^oiur,  sou&  peiOB 
d'une  guerre  à  outrance.  Le  comti!  te  tint  a  fol  et  a  musort;  il  lui 
ordonne  de  sortir,  en  aftirmant  i|u'il  ne  céderait  poiut,  quand  m^me  tous 
let^  chevaliers  erranttt  l'en  prieraient.  Galaad  le  délie;  le  comte,  qui  le 
vuit  tout  seul,  le  laisse  partir.  Ils'arrêi«à  unefdj^f  ^afMc/jequ'il  trouve 
dans  un  boschel,  et  ko  promet  de  ne  pas  quitter  cee  lieux  avant 
d'avoir  reudu  à  la  dame  sa  terre.  En  ce  monieul,  deux  chevaliers 
viennent  vers  le  château  y  chercher  l'hospitaliti^  :  ce  sont  Tiohort  et 
Perceval,  qui  &Vtuient  renci>ntri<s  pur  hasard,  tîalaad  leur  mctiute  ce 
qui  s'est  pa^s^,  rt  ïh  dèeidfiil  ùi*  l'aidera  assii^jîcr  luchAteau,  qui  iwl 
déft'udu  par  plus  dv.  trois  cents  chevaliers.  C<»mine  lee  dt^ux  cnmpa- 
g:nuns  dr.';c(!ndenl  et  commeuceut  à  faire  uue  autr«*  loge,  a  lanl  a  wus 
venir  vrrs  euLe  un  escuier,  monU  %eur  J.  granl  cheval.  11  rivimnaU 
Galazid  à  son  écu,  s'a^eiuiuilU'  i>l  demande  un  fton.  Galaad  voit  qui» 
c'est  le  fîls  de  Frolle,  prime  d'Allema^'ue,  celui  uiéoie  qui  l'avait  Samaliel ,  te  Ois 
înjurit^  récemment*.  Il  lui  accunle  le  don  en  ajuulAut  qu'il  ne  di-vrait  'l*^  FroUe. 
pas  le  faire,  ayant  été  ainsi  traité.  L'écuyor  implore  r^n  pardon.  «  Oh  ! 
je  le  pardonne,  dit  Gahiad,,  ^uor  se  tu  me  fris  viltenie,  fUe  ne  fu  pas 
mnije.  mii  teua.  n  L'autre  demande  à  élrt*  aruié  chevalier  par  Galaad. 
C4'lui-ci  consent  :  «  Mais ,  dit-il ,  il  faudra  attendre  jusqu'il  ce  que  je 
puiftst^  trouver  un  cheval  et  des  armes.  •  Scnialicl  reste  donc  avec  Galaad 
et  ses  ajinita^nons. 

553.  Trois  chevaliers  snrteDt  du  chAteau  pour  sof  eMbatrt;  ils  sont 
■rtDé«,  cor  à  cette  époque  teaoit  on  a  viUenie  quant  J.  etuvaUêr  ehevau- 

—  Mf  cl  loi  fal*rot  y7,  fiMis  en  iir*«eaUnt  oivt  l«<Rn«  'l«|iuiiliirrlftf«dcX.'n('  et<le  Oal.  k  U 
■tODtvfiM  Jttsqn'k  rarrivta  de  er  dernier  k  rAfihaTc  iIf  Mir^lnln  ^  'r.^  M  f  (inn  'tinDl  IkrUtrc- 
nent  qu'on  Inniirc  U  cbaraUer  UUbr.  que  i'i  <'.  '''T^lnàUi  t  At 
U  11  nUminv  k  L«n(rlut,  ijul  t'alUii'1  <Ud^  'tltunr  fnU 

l.  /t-,fr^l,,-r  Mir.-     ..il'  :.-'*  v'p"-.-:  n-..i(rtL-T.;-  ■  :,   ■]»  tlrtUAn. 

—  ■  .1  *  -. -iiiH-f  lit-  l,.u.'|.it,  gulafritvé 
C                                                                                                 '.niii«*  AsnAuUavnilraU..*^-  Ib. 


3,  Hota  t.foa*  erUtuauictl  td  tmc  cu^uc  faite  Xiat  uu  rooiait  di  ebeirmlerl*. 

).  or  i  tn. 


—  394  — 

choit  saiu  arniet.  Bobort  ubtient  la  pennissioD  do  se  charger  de  U 
liataillo.  Il  abat  deux  des  c-hGvaliers,  nt  permet  à  Samnlirol,  npr^s  qup  \& 
troiftiùme  a  priii  la  fuite,  do  prendre  les  armes  et  le  cheval  ilo  l'un  des 
ctievuliors  renver^^és,  Gal»ad  promet  au  jouae  hommo  do  l'anner  cho- 
valier  le  laDilemain  mutiu.  L(!«  deux  désarçonnés  soqi  renvoyât  au 
chAteau  dire  à  leur  seigneur,  de  la  part  de  Bohort  de  Gauncs,  qu'il 
sera  mis  à  mort  s'il  ne  rend  la  terre  de  sa  sœur.  Ce  message  iritimide 
le  comte;  il  s'imagine  qu'Arthur  a  envoyé  loâ  chevaliorK  pour  prundro 
parla  la  guerre.  Il  les  fait  questionner  par  un  vaiet,  qui,  s^e  disant  de  la. 
maison  d'Arthur,  obtient  des  confidences.  Le  comte,  apprenanl  le  nom 
de  lîalaad,  a  grand'peur.  Il  sort  furtivement  avec  deux  cousins,  à  une 
heure  tardive  et  par  une  fausse  poterne,  afin  de  tuer  les  chevaliers  «  si 
aiiemeni  que  nuls  forz  now  .///.,  rlii-il,  ne  /*  sache,  «espérant  ainsi  évi- 
ter la  vengeance  d'Arthur.  Mais  Onlaad  ne  dort  pas,  élanl  en  train  de 
faire  ses  priiVos.  11  aperroit  le»  trois,  les  abat,  blesse  grièvemen»  le 
comte,  qui  se  pAme,  lui  arrache  1<?  licaunn'  et  lui  porte  des  coups  dans 
la  l^lfl,  de  manit_V4>  à  y  faire  entrer  tes  matlle.fi  de  la  cùi/fe.  Le  vaincu 
lut  crie  merci  et  dit  qu'il  lui  sera  avanlaji;eux  de  le  laiftser  vivro- 
Gaload  comprend  que  c'est  un  haut  homine^  et  pour  ce  fait  il  innblant 
qu'il  le  hee  mortclment ,  si  li  dist^  aussi  comme  par  orgueil  :  «  ÏHmoy  ton 
nom,  ou  tu  es  morsl  »  L'autre  so  nomme;  Gala;ul  lui  faii  promettre 
d'ob^r  à  tous  ses  ordres  et  le  mène  aux  loges.  Les  compagnooit  du 
comte  s'cnfoDCcat  dans  la  forêt,  n'osant  rentrer  au  château  sans  leur 
soigneur.  Galaad  rt^voillc  Bohort  et  Pcrceval ,  qu'il  charge  de  conduire 
le  comte  chez  sa  sœur,  et  les  quitte,  après  leur  avoir  indiqué  leur  che- 
min :  «  Je  veux  m'en  aller  pr^  di  cy,  en  aucun  tiou,  dit-il,  avec  8ama- 
liel  pour  le  faire  chevalier,  x  Bohort  et  Pcrceval  se  séparent  de  lui  h 
regret. 


Samaliol  cl 
l'ôpâe  de  son 
père. 


554.  Galaad  se  rend  à  un  ermitage  connu  de  lui.  L'ermite  chante  la 
mf>sse,  et  Sauialiel  est  armé  chevalier;  il  est  de  si  haute  laitle,  qu'à 
l'hAtnl  d'Arthur  on  ne  trouva  pas  do  chevaliers  plus  grands;  il  acquit 
plus  tard  une  brillante  renommée.  Il  fait  viuu  d'égaler  eti  bravoure 
son  père,  et  quitte  Galaad,  qui  s'en  va  chercher,  comme  d'habi- 
tude, les  aventures  du  royaume  do  Logres  devant  être  mises  à  fin. 
Et  tant  qu'il  lui  amnl^  .!.  jour,  qu'il  enconlra  Samaliel  en  uru  valUe  Le 
chevalier  nouveau,  fortement  blessé,  lui  dit  i|u'il  vient  de  se  battre 
avec  Ivain,  qui  l'avait  as.«:aiUi  et  qu'il  avait  laissé  dans  un  triste  état. 
Pendant  leur  combat,  une  demoiselle  avait  emporté  l'épéc  du  pêro  do 
bamalicl,  qui  avait  reçu  cette  épée  hersoir  et  l'avait  suspendue  h  un 
arbre,  où  elle  avait  été  trouvée  par  la  demoiselle.  S'élaut  séparé  de 
Galaad,  qui  lui  recommande  de  faire  attention  à  ses  blessures,  il  se 
met  à  la  poursuite  de  la  demoiselle. 


555.  Galaad  va  trouver  Ivain,  à  qui  il  veut  du  bien  à  cause  de  sa 
bravoure,  et  qui  reconnaît  l'écu  de  Galaad,  pour  en  avoir  entendu 
parler.  Celui-ci,  l'ayant  conduit  à  une  altbaye  vuisiue, oïl  un  vieux  che- 
vaher  le  soigne,  resleavec  lui  pendant  quatre  jours;  Ivain  raconte  qu'il 
s'est  battu  avec  Samaliel  pour  veuger  Lucan  le  boutillier,  qui  avait  éié 
renversé  par  le  jeune  chevalier»  doul  il  loue  beaucoup  la  prouesse. 


556.  Samalicl  mUnpo  \a  J(.<[UoiM<l)o  «H  lui  ttalî 
nïpnac<*;ï.  rc|nS.'.  quil  ;ituch{»  aux  ar'-ons.  An  f^oir.  il  arrive  ânnp  mai- 
son où  p'osl  lopi*  Ken,  qui  r^t  vivement  étonna  do  lui  ^wr  i>ortcr  dpux 
iypôfM,  ct^ta  nVUnl  nulloincnl  ordinairp,  oxft>[ili*  [»ar  siiiu?  d'un  va'uou 
~i'uo  fi<'rm''nt .  «mtrfinent.  un  ch"-""va!ifr  port-ant  dnix  ôp<5es  devait  sou- 
air  le  ciinilial  dviv  deux  cht'valJHra  V  Le  «tinéclml  le  quostionno, 
f/UiJif  1/  oii  in/i  ptiini  4f  parler.  Sam&lîel  lui  t«xpliquc  tout,  et ,  lorsipie 
Kf'U  lui  .1  apprih  la  criutumo,  il  fait  vhmi  do  porti>r  toujours 
deux  ^p^s,  puisqu'il  sVj^t  ainsi  trou^^-  le  faire  ^ans  connaître  l'usage. 
<■  Voiîâ  uu  vœu  daugcreux!  ■•  dit  Keu.  Sam&liel  lui  demaude 
iou  nom  ;  Keu  »ti  nommu  et  ^e  dit  OfUipo^çaou  de  la  Table  Ronde, 
fionialiel.  enteudant  parler  d'Arthur,  bâissu  la  tèle  et  soupire.  It  dît 
iïh  qu'il  e6t  le  fil-t  de  Frulle,  le  prince  d'Allemn^^e,  tué  dans  une  Ile 
■devant  rari.»^  par  Arthur,  qu'il  diût,  par  conséquent,  hairplus  qu'au- 
cun ature.  Keu  lui  fait  eavoir  qu'il  compte  di'feudre  sou  seigneur  contre 
sea  ennemis,  et  Taverul  de  {ireudre  ganle  à  lui  quand  il  sera  hors  de 
l'btjtel.  Kamatiel  accepte  ce  dï^li.  Le  lendemain,  il  va  entendre  la 
xne!4!te,  car  il  mène  1res  bonne  vi*<  di.'piii.s  qu'il  est  nhevalier,  et  il  ne 
voudrait  tuer  p'>rsoQne,  âauf  le  roi  Arthur.  Il  part  ot  atteint  Keu,  qui 
rufieud  pr('<K  d*?  la  route,  et  qu'il  reuvi>rsi>  asvc  ftou  cheval.  Il  arrive 
Wiituite  à  reulrt'e  d'un  Inturg  et  se  lojLre  chez  un  forestier;  hlesgi^  il  a'y 
fait  «uipiier  piMidiinl  un  moi».  Ayant  repris  su  marche,  il  reucoutre,  uu 
jour,  liiitu'riei  ex  tiiflleL,  quiit'irritt^nt  â  U  \'Ue  de.s  deux  i^ptkïs;  iUstiul 
désarçunnés. 

..-     o        ,    ,  .    ,  .,.,  T  iT  Bamaliol 

,->rii .   Samali'd  commence  a  devenir  célèbre  en  Loprcfi.  Un  jour,  au  éptivuc  Arthur. 

commencement  rie  l'hiver,  comme  il  chevauche  dans  In  forint  de  Camaa* 

lotb,  il  trouve,  à  une  fontaine,  un  chevalier  endormi    et  accompagné 

d'un  M'ul  écuyer.  C'est  le  roi  Arthur,  qui  â'esl  ^aré  à   la  chasse. 

Apprenant  iKir  l'écuyer  le  nom  de  son  maître  *,  Samaliel  rend  grdces  à 

Dieu  d'avuir  trouva  son  ennemi  et  s't^^rie  :  «  On  aie  gt  dahtz  m  je  m 

renché  la  mort  mon  père  qu'il  oeist\  »  L'Aïuyor,  effraye*,  eaMJe  vaine- 

meot  de  réveiller  Arthur,  qui  dort  profondèmeol.  *  Ne  lue  paa  le  roi ,  ■ 

dit-il  â  tSiimaliel,  eu  «'agenouillant  devant  lui,  »  carte  lu  l'oeis,  tous 

H  mondtt  U  hUumrroit  «t  diroU,  qttant  tu  airoM  n  preudoume  oeù, 

qu'après  m  mort  w  «iroîrj  hanUmmi  (te  parler  contrt  chevalier.  *  A  ces 

mow,  Samahr'l  d-x-^-iid,  frapp»^  ;  il  regnrili?  Arthur,  et  réfléchit  sur  Ia 

parti  à  prendn-.  Kiilin  it  se  fait  connaître,  renonce  à  tuer  le  roi,  dont  il 

»e  conipntc  de  prendre  IV-p^^e,  eu  lui  laissant  celle  de  son  pire,  et  s'en 

va.  Animr.  apprenant  tiMiiccl.i.  admin?  la  g^nénisilë  de  Samaliel,  et 

fia  meUrt  en  tscrit  ctau  a^nlurt  u  grant  livra  des  aantura.  Le  cunte 

revient  à  Lanceloi. 


5.*if$.  Quand  Galaad,  &on  llii^,  l'eut  ipiitté,  Lancotot'  arriva  dans  la 
nuit  il  Corbcnic,  chiltoau  invisible  à  la  plupart  des  chevaliers,  et 
construit  par  l'eucbauteur  Tanaburs.  Lanceloc  ne  réudsit  pus  à  pénétrer 
daaf(  ta  chambre  du  Graol.  Hector  des  Mares  arrive,  mats  les  portes  te 

1 .  a.  I  ». 

1    M  ^filt  In  Ismne  de  m-,  wj.  p.  Et», 

*    '  't.  —  VànhitOa  L»ac  k  Cortecfr  flM  rMoaUe  «aHMlun  ti  OMKe,  lurtai 

riuinu.  —  uv  Kprud  aprt*  u  tMcuoÊ  (voy.  f.  (M,  imU),  m  ibIBM  do  rlell4s 


Lancelol  À 
Corbcoic. 


—  396  — 

fprment,  ol  il  ii'ust  pas  iidoiis.  Dësetfpér*^  d'nvoir  él6  ainsi  iraiu^  en  ph?- 
iH!fDct5  lit?  Lanc(*lut,  Ilt'clor  quitto  le  cbiloau  *  ol  rencontre  Oativain  el 
Galteriol.  Il  n^pimd  à  tmir  salut  eoume  courvucies.  Gnuvaia  cn»u  ipio 
c'tidl  pimr  l'amtmr  d'Erec*,  qu'il  a  tué.  Gaheriet  «lécido  Ih-cUtr  à 
rftcontur  su  nn-saventure,  etleconsnlo  :  «i  AHpî:  vous  roijosur,  lui  ilit^il, 
dans  uiif  forlen«a6i»  voisine  qui  appartient  à  une  mienne  parente,  el 
tttt4.Midûz  là  que  je  soi»  do  retour  de  Gorboiûc,  »  Les  deux  frères  partent, 
ol,  lorsqu'ils  voient  Corlieuic,  Gauvain  prie  Dieu  de  l'y  Inisf^er  trijuver 
moins  de  déshonneur  que  ta  dernière  fois*.  Ils  pénctreut  jusque  devant 
lo  PalaiK  uveutureuN,  U)ais  ou  ne  les  ailinet  pad;  une  demol»elk*  leur 
dit  qu'ils  nonl  pai;,  djiiit-  celle  quête,  uswhî  servi  le  Seinineur,  el,  quand 
iU  e'éloij^nenl,  les  dume»  el  le»  chevaliers  les  yalNsnt  de  ce  prompt 
départ.  Ganvain  est  trt«s  vexé;  il  maudil  le  château  et  voudrait  que  la 
foudre  le  détruisit  *;  son  frère  se  voit  forcé  de  lui  rftp;ieler  que  le  «aiot 
(îraal  s'y  trouve,  Gauvuin  propost»  d'abandonner  la  qui^teetde  retourner 
à  la  cour,  muis  Galieriet  fait  observer  qu'aucun  des  compagnons  n'est 
encore  reutrè  et  qu'eux-raiVraes  ils  ne  pourraient  le  faire  sans  honle  ;  il 
cttnseille  d'aller  en  aventures  pour  encore  une  année  ou  deux  :  ils 
rol^unieronl  <|UHud  ils  t^aurout  que  les  cumpagnoas  cummencrnt  à 
rentrer,  l'eudaiit  ci;tte  conversation  ils  reucontrent  une  demoiselle,  lu 
Bti'ur  d'ivain  i'avoutre.  Elle  re[iroclie  à  Gauvuin  les  trahisons  et  hts 
méfaits  qu'il  a  commis  pendant  la  quête.  Gauvain  traite  cela  de 
caluuiuiet!,  et  Guhehet  le  croit.  I..U  demoiselle  entre  au  clidieuu,  et  les 
frères  se  séparent ,  Gauvain  nu  teiuint  pas  à  revoir  Hector,  i|ui  le  bail. 

Îï59.  Gaheriet  rejoint  Hector  el  lui  raci>nle  ce  qui  s'est  passé  à  Cor- 
huutc,  d'uù  arrive  maintenant  I^ncelot,  qui  désire  ennAuIcr  Hectnr.  Tniift 
leji  trois  partent  enw=tmlde;  Gaheriet  ne  peut  se  décider  à  parler  à 
Hector  de  Gauvain  et  d'Erec.  On  rencontre  In  htate  glatùuant 
et  Palamè<le,  qui  la  dia^ao  depuis  quatorze  au*;.  Il  renverse  Hector,  qui 
l'avilit  pmvoquè,  et  Gaheriet,  mais  Lancelol  el  lui  s'olmtlent  l'un 
l'autre  avec  les  chevaux.  Palamèdc  oblioDl  la  permission  do  les  ([nitUT 
sauî«  cumltat  ultérieur. 


Palamâde  560.  Il  arrive  chez  Arthur,  à  Camaalolh.  On  le  prie  taiu  '  de  ise 

hnplisjé,  cnmpa-  convertir  el  de  devenir  compagnon  de  la  Table  Ronde,  qu'il  se  hut 
^Rnndifet  cl^p^  ^"'*"  baptiser  dans  la  mestre  ajlise  de  la  ville.  Puis  il  l»rêlo  le  senm^nt 
cheur  du  Graal.  ■!•■  ''*  Table  Ronde  et  demande,  en  dan,  la  faveur  d'aller  chercher  le 

GwaI  ;  ayant  fait  le  mftrae  serment  que  lea  autres  chercheurs,  il  se  met 

en  quête  le  lendemain. 

561.  [|  atteint  huit  chevaliers  de  la  Table  Ronde,  prés  de  Corbenic. 
A  un  lUirrcfour  où  iU  vont  se  séparer,  ils  voient  venir  d'abord  Galaad. 
qui  t<c  rend  à  Oorhcnic  pour  le  saint  Graal,  puusfUÎ  par  le  Ciel,  car 
autrement  rui  seùst  il,  et  puis  un  autre  chnvaliex,  qu'ils  tie  rtvunnaissent 


■-  h  lu  eoiir  d'ArUinr,  rt  retotirne  k  V  < 
.  {cf   |>.  art»,  nutc),  eiitulu  k  1*  i'  ' 


I  Ml'i),  et  cuftn   Jt  l'atihayr    ' 

s.  ItAiu  779  tfftiçurf  et  ctMnjt«in«iit,  oimmn  d'orilMuirr,  pfntr  dlwnliwT  nsuv.,  of.  $  ïH.  luilc 

5.  AU'Ulvo  <i<ix  ov^'iimnvuD  rnconléi  tUbt  le  Loiteelot  (!•.  e^rls,  fi.  d,  (.  T.  A..  V.  3&a  «.j 
4.  T73  -  M  tiMUiia  l'tMiirit  At  m  [wl«uno«>. 

6,  t«  ticlX  i)u  b«i>Uinc  il*  PaI.  asl  on  p«D  déUr^iUtn  W. 


—  397  — 

point.  C'est  fVrct'VAl,  qui  venoît  par  Ule  aivnture  <iw  vrnmi  Gal-^  ai 
ijuaml  Um^  les  cbuvatiors  jrnfrceounoùic/if ,  il  te  font  Joie  grant, 
Paloniètlc  donne  dus  miavL'llr'A  du  Ia  cour  et  U-ur  ai»preiid  sùu  Iwipli^iufl. 
Graadt!  joie.  Us  arrivoul  à  Gorheuic  ;  au  poal^  un  trourc  um*  l«*l!e  nef, 
Btînêc  a  emporter  le  Graal  *. 

562.  Galaail  fM^ril  Itï  rui  Vù\\ù&  avec  la  lance  eangtaoïe;  rapportaul     Gui^nson  de 
cette  lanc«^  diius  la  sainte  chambre,  il  v  trouve  uu  homme  maigir  et         Pelles, 
déoûluré,  qui  implore  !*on  wcoure  :  trois  *c<>uleu\n*5  loi  pendent  au  cou. 

Ga);iud  Itrs  t'ite  ;  l'humme,  ainsi  guéri,  meurt  uu  nn/i»  apn>».  fui»  douze 
dent uisi^l les,  pauvrement  vt>ïufs,  ï^upplieul  Galaoïl  diî  les  délivrer,  eu 
qu'il  fait  en  lec  menant  hurs  du  paluii«.  Rn^uile  il  ressoude  l'OpiV  de  Galaad  reiai>ud« 
Joseph  de  DarimucJo,  entre,  avec  le  roi,  dan^  la  sainte  chambre,  uù  une  Tépôe. 

musique  divine  i^e  fait  t'ulendre  <'t  oii  ti*ut  e^L  lumière  ut  itarfum.  («alaad 
voudrait  y  rester  toujours,  maïs  une  voix  lui  fait  savoir  qu'il  doit  ptir- 
ler  le  t«aial  Gr^ial  à  Harros.  Il  prie  >on  aieul  de  lui  expliquer  ce  <]un 
sont  le  Graal  et  la  lauce  qui  luiigne.  Le  roi  y  cuustïut  :  «  Mes  Je  sai 
bien,  dit-il,  que  nnt$  le  sarxs  numl  bien,  mh  J«  U  tvui  conférât,  pour  ce 
qur  les  gens  ne  le  sevent  pas  tuit.  o  El  il  racoule  commeut  une  femme 
gUL^rie  de  cécité  recueillit  le  sang  du  Christ  dans  uu  vase;  j>uis  le 
Christ  apporta  ce  vase  et  la  lance  dont  il  avait  été  blessé  à  ra.s»embbVî 
des  disciples ,  le  jour  de  la  Pentecôte  ;  il  donna  le  vart*  k  JoMiph ,  qui 
l'apiiorta  en  Bre(n|;ne.  uû  il  était  resté  peudaut  di>s  siècles  jUK4|u*au 
impti  du  roi  mehaigniê*.  Pui»  Galaad  demande  des  détails  i:ur  l'homme 
X  couleuvres  et  les  douze  demoiselles  ;  lU  étaient  du  nombre  do 
ceux  qui  n'avaient  pas  voulu  croire  au  (îraal;  une  voix  avait  pn^lit  que 
MoYâ  resterait  en  l'aUe  tU  la  sale  périlleuse*,  dans  uni*  cave  do  feu,  et 
SjTueon  (Symeu)  dans  une  autre  eave  de  feu  se  trouvant  dans  une 
abbaye  à  trois  journées  du  Camaalolh,  ipit;  ifani^^  '  resterait  au  juluïs 
ei  porterait  les  couIouvT<*a,  et  que  les  douxe  demoiselles  seraient  fouet- 
tées troiâ  foi«i  pux  jour  et  par  nuit;  tt>us  strraiunt  délivré.*  parGalaad. 
puuitiou  eut  lieu  en  Cleucide,  aujuunrfaui  Galles  eu  GrandtvHre- 
ne.  —  Galaail  repousw;  les  caressée  de  sa  mère*,  puis<|u'il  doit 
porter  le  ^^aint  (îraal.  Bohurt  arrive,  et  lui,  Galaad  et  Perceval 
portvnt  le  Graal  à  la  nef,  s'embarquent  et  partent. 

563.  Palaroède^,  ayant  quitté  Corbenic,  descend  à  une  fontaine  où      (Vimbat  de 
ivent  Laiicelot  et  Hector.   Le  premier  dit  à  son  compagnon  i|u'il  Polamède contre 

'^udrail  i^pronver  ce  chevalier  dans  un  o^mbat  à  l'êpêe,  comme  il  a        Lancolot. 
dt-mièrement  •  appris  à  eonuoitre  son  habileté  à  la  lance.  Tl  envoie 
Hector  inviter  courtoii;ement  PatamiMie  à  la  bataille;  quoique  ^'Lonn^, 
celui>ci  accepte.  La  lutte  est  rude;  Hector  voit  que  Lancelot  a  le  plus 


1  Abu  U  Çtte§ît  ivoy  $  »M.  aolel,  0*1.  et  I*«tT.  urlrtnt  i  Cottwfilc  «rec  lluborl.  qa'lti  ««t 
rr — ■:••"  •■■  rrr  c«  qui  «ntt,  le  téfit  àtm  «v^oemeiiU  et  Iwr  ordre  dWftrtot  iUh  U  Quitta  («f. 
I  >r  M.},  q»  panJl  inlvrv  U  far.  ffi(.  (p.  4*4  m  ;  cf .  |  ftl&,  Bolef. 

>    '.«i»r«'.  dAsa  bikini  f:r<ta/(>l«hat).  —  Duu»!»,  l01.lMé*tecfMiiti4*U  pMrt«eM«>w« 

anla. 

ï    LMnoau  de  S)-meao  et  il«  MÛUmI  n«  anot  |>m  àua  849,  lOI. 
S.  %atU  duu  U  Ov^jU  (Fnrnlnin,  p.  319). 

T.  La  Qtintr  nrotiaiM  k  docnter  la  «rtntom  à»  Oftlud  st  •!«  Ha  dMX  cantpagiwaa,  qol 
■niToitk  Sami;  el|Aff7. 

B.    Va;.  I  »M. 


Agravain. 


—  39S  — 

bel  âe  kt  bataille,  mis  nen  mie  de  viout.  Pondant  que  les  deux  cunitiiu- 
lanl»  m  rrp).>soiit,  Palami^di*.  so  rloutaul  qui'  sonailvprtiairo  («81  compa- 
gDOa  de  la  Tiiblu  Uuiido,  lui  udrc>uë«  la  parole  d'une  \oïx  devenue 
rauque  à  causi^  des  coups  qu'il  a  donnés  et  reçus ,  el  lui  demande  i^on 
nom.  Lanoelol  avouo  qu'il  n'a  commencé  cette  baiaille  que  pour  epmu- 
\cr  celui  qui,  comme  iJ  le  sait  maintenant,  est  un  de*  meilleui>  cheva- 
liers du  monde.  Palamède.  apprenant  le  nom  de  Ijancploi,  se  dt^clare 
vaincu.  H  lui  dit  qu'il  est  devenu  compii^non  de  lu  Table  Ronde.  i  A 
l'avenir,  ajoute-t-il,  prenez  ganio  d'assaillir  Mjïi'ronieni  des  clievaliert 
que  vous  ne  connaissez  pas.  »  Lancolot  lui  pri'SL»nti*  sog  ("xeuses.  pjla- 
miîdc  raconte  comment  ils  avaient  été  jusqu'à  duuze  cumpa^uons  cliez 
le  richâ  roi  /'«cWr  et  ce  qui  s'y  était  passe.  Lauceloi  et  Hector  pleureut 
à  cbaudus  larmes  à  l'idi^G  de  ne  plus  revoir  Galood  et  Boborl.  Lauculol 
et  Palamède  foni  bander  leurs  ptaius. 

Dfincontrede  ^^^'  Palamède  s'en  va,  grièvement  bless*',  il  reucuutrcGnuvaia  *  et 
Palamëdo  avec  Agravain,  qui  Kaoient  plus  tnortelmeni  Pal.  que  nul  autre.  Gaavaiu,  le 
Gfluvain  et  voyiuit  chevaucher  avec  diflicultû,  comprend  qu'il  n'estait  mit  du  tout 
sains.  Il  le  montre  à  Agravain  eu  disant  ;  a  Vuilà  le  chtev^liL-r  que  jo 
haiEt  plus  qu'aucun  autre  et  qui  plur  tu 'a /e/AonlD. —  Etauireîtlvousdi,  n 
fet  Agr.^  qui  exprime  cependant  la  craintn  que  lui  inspire  ce  preux 
chevalier.  Gauvain  lui  assure  qu'il  n'y  a  pus  de  danger,  Palami'<li< 
étant  furtement  blossé,  et  les  frères  le  provoquent  au  combat.  PoUmùde, 
plein  de  respect  pour  son  serment,  denmndo  à  Agravain  si  dos  com- 
pagnons do  la  Table  Ronde  peuvent  se  butlre  par  tnaltalent  fnn»  t^c 
parjurer,  a  Nenil  rctr,  réponJ  Agravain.  —  Ihntcst  cfste  joutte  reinae, 
car  je  suis  maintenant  conipagnon.  »  Alons  G»uvaiu  tant  devant  ft 
dist  :  a  Ihxi  Pat.^  ce  n'a  mestitr;  certes,  vous  estes  a  la  mort  venu:,  yiM 
nus  fors  Dieu  ne  vous  en  paurroil  garantir.  »  Palamède  objeclf  qu'il  na 
pas  mi^ritt^  la  mort  vers  Gauvain  et  fait  valoir  encore  sa  qualité  de  com- 
pagnon, mais  Gauvain  s'écrit?  :  <■  Se  vous  voulez,  si  vous  de/l'endej,  et  se 
vous  ne  voulei,  si  vous  lasies  ocirre^  car  a  ce  en  estes  vous  renui  sam  faUU  l 
—  Dans  d'autres  circon^ilances,  répond  Palam^dt*,  je  ne  craiudrius 
point  un  combat,  mais  pour  le  moment  je  uc  pourraie  paa  bien  me 
dt'Xeudre,  parce  que  je  viens  d'6tre  blessé  par  Lanceloi.  Bl  nepour^uant, 
puis  que  deffemire  me  convient ^  je  deffendrai  >na  vie;  et  se  je  muir  a  tort, 
que  qu'il  aviengne  de  non  cors,  noslres  sires  ait  merci  de  m'aous,  se  lui 
ptestt  V  Et,  portant  la  main  à  l'épéu  :  u  Or  vie n/jtie  avant,  dit-il,  ctluide 
ivjuj  qui  premier  se  voudra  parjurer  !  »  (.^auvain  .s'avance,  en  répétant  : 
<t  Ce  n'a  meslier,  a  lu  mort  estes  venus^  si  m'aiit  Dirus  f  •>  et  il  lui  doune 
un  si  gnind  coup  sur  le  heaume  coume  H  pot  amener  de  haui^  rt  Àgr. 
tefet  tout  aulretet;  si  l'asaiitcnt  en  toutes  ies  maniera  qu'il  peuent  rt  le 
gricMnt  a  leur  pooi'r,  et  il  se  de/fent  moût  duretnmt,  sehnc  ce  qnit  puet. 
Mais  ses  Idessures  ite  rou\reut,  et  lu  place  eï^i  bientôt  tninte  et  rrr- 
meitte  du  sanc  qui  U  ehaoit  ;  à  la  lin  li  cwrs  cl  toutes  les  metuffres  ti  fait- 
tirent  ;  il  yuerpi  les  arçons  et  vote  a  terre  ausint  con  s'il  fu,it  mor:.  Gau- 
vain saul<>  à  terre,  lui  arraclte  le  heaume  et  va  lui  couper  la  tête. 
Agravain  lui  cric  :  «  //o  i  merci ,  frère  l  ne  U  feitet  plus  mat  que  fet  H 
atKm,  qu'il  est  mors  sans  recouvrer.  El  je  ae  voudrais  pour  l'icn  au 


I.  pvii  m,  Mordnl  lui  ui  nbiUtorii  et  %  vit,  nvto, 


Mort  dB 
Palamcde. 


^^'ton  dîr  que  voue  eu&siez  Ci^upd  In  t^t«  à  nn  m 
_  Vi>AMU-f>n!  oou?  avons  trop  fait,  —  Eli  bien  '  fniisquo  vous  np  le 
Toiilcz  pas,  jo  ne  lui  cou[>orai  pai>  la  U^te,  nièi  ainsi  ne  me  p\ut  il 
«$chapcr.  n  Et  tors  li  toHlieve  le  pan  du  hauberc  et  li  boute  i'espre  u  cors. 
Et  Paiainfiies,  qui  se  soit  adont  férus  a  mort  sanz  restorancf.  gietr.  un  cri 
tiwitl  angoisseus  et  dist  aprh  :  a  llaf  Jhtsu  Crist,  aies  merci  de  moi!  n  Et 
tort  i  estent  de  Vangoiste  qu'il  sent.  Gauvaio,  voyant  que  c'est  o^  chose 
4e  lut,  romoulo  à  cboval  ot  dit  à  sou  frôre  qu'il»  pouvont  partir  :  «  De 
cestui  souma  nous  asseùr,  qu'il  ne  noia  fera  ja  mes  honte.  —  Alons  dont. 
ri'poud  Agravain,  puis  qu'a  est  ainsint  avenus.  H  m*enpoise,  »  Dieu* 
m'aist,  car  il  estoit  trop  bon  chevalier,  et  cestui  doumaçe  sera  mauveisetnent 
retUtrex.  ■>  hvs  dt'ux  frères  s't^u  voul. 

565.  Lancâlot  et  Hector,  qui  viimnent  ù  p&ssor,  irouvoDt  Palaniôd^ 
mourant;  hors  d'eux,  il»  se  lasent  cheoir  seur  lui  ft  eoumcncent  a  feirt 
.!.  dwl  si  çrant  et  si  merveiUeus  devant,  con  s'il  vHssent  tout  le  monde 
mort.  IHilamMi'  sefforce  de  tout  sonpooir  tant  qu'il  les  puet  veoir.  ..  Et 
lors  li  atendroie  le  cuer  axsts  plus  qu'il  ne  feisoit  drvant,  à  l'idée  de 
quitter  ta  compaçnie  qu'il  avoit  trouvé  m  ces  .IL  preudomes  et  en  mains 
autres.  Il  le»  prie  de  ne  [tv^  l'oublier  et  dit  à  Lancelol  qu'il  est  riiomme 
du  munde  qui  lui  a  été  le  plus  cher  après  Galaad.  «  G'efti  Gauvain, 
[K)ursuit-il,  qui  m'a  lue,  sanz  reson ,  Dieus  li  pardmnt,  etjesi  fat;  » 
i-timme  Agravain  n'a  pa^  cun»L*iili  à  sa  mort,  l'aloniéde  ne  veut  pas 
qu'il  .«oit  de  riens  achoisonnes .  Il  le»  charge  de  ^^aluer  le»  cttm])agTiODS 
rbftz  Arthur.  Puis  il  bat  sa  courpe  en  pleurant,  prie  le  Christ  d'avoir 
pitiiî  (II'  lui,  demande  à  la  mort  pourquoi  elle  est  venue  si  UjI  et  après 
redist  :  t  lia  !  Jhesu  Vrist ,  père  de  pitié^  en  tes  mains  cornant  je  mon  espir,  t 
et  lors  met  ses  jnains  en  crois  scur  son  pis,  et  tnaintenanl  ti  part  l'orne  du 
cors,  si  que  U  dui  compaignon  U  virent  trespasser  m  iiem  parûtes;  tuule 
la  nuit  ils  so  livrent  à  leur  douleur. 

566.  Le  leadetnain  arrive,  par  hasard,  le  vieil  E^clalior,  qui  s*6xtL-  Baclabor  meurt 
Uouit  à  la  vue  de  son  fils  mort.  Hevenu  à  lui,  il  prie  Irs  deux  cum* 
pugoons  de  transporter  le  cadavre  dans  une  abbaye,  lui-m^me  étaut 
trop  faible;  Lancelot  et  Hector  font  co  qu'il  leur  demande.  Apre»  leur 
dtqiart,  KïfClaiior,  dont  l'amour  pour  Palamcde  avait  étcS  plus  grand  que 

our  80S  autres  fils,  fait  faire,  dans  l'abbaye,  une  niapnifique  lanie  d'ar- 
pni,  «ou»  la<|uellc  son  fils  est  entend.  Ijîs  moines  dt^siraut  prati(]uer 
«ur  la  lame  un  brief  en  manière  d'êpitnphe,  avec  des  lettres  d'or, 
Esclabur  obtient  d'eux  le  don  qu'ils  feront  le«  lettres  en  se  servant  de  ce 
qu'il  leur  enverra  le  lendemain.  Il  part  avec  un  «'cuyer  et,  ayant  passé 
U  nuit  sur  une  montagne,  il  su  désarme  et  ordonne  à  l'écuyer  de 
porterson  heaume,  qu'il  lui  donnera  rempli  de  sang,  il  l'altbaye,  où  il 
dira  aiu  frères  d'érj-ire  les  lettres  avec  ce  sang.  Il  ne  veut  pas  «urvivre 
là  Palamède,  car,  dit-il,  «  après  la  mort  de  si  glorûus  chevalier  ne  sigra" 
fdfXLS  con  fu  ffion  fils  ne  doit  vivre  inellart  si  foible  ne  si  mauves  con  jt 
sui.  u  II  di^siro  qu'où  mette  son  corps  prés  de  celui  do  stm  fils,  c  non 
mie  avec  lui,  carje  ne  xui  mie  dignes  d'ejlrt  [avec]  si  bon  chevalier  con  il 
fu.  a  Puis  U  t!e  trauHporce  bt  poitrine  avuc  une  telle  force  que  la  pointe 
de  l't^pt^  !>on  â  r«.VhiDe,  giete  aoant  son  hiaume  et  refùil  de  son  sanc  tant 
eon  il  meesmes  puet  souffHr.  il  donne  le  heaume  plein  de  son  sang  à 


après  avoir 
fait  enterrer 
Palamôdd. 


—  400  — 

lycuycr,  qui,  tous  esbahis  de  cette  tnert^lU  qu'il  voit,  s'en  va  le  jKirlflr  h. 
l'iilihay)».  in'i  on  ext^ciib*  lue  VDlontéssuprt^mes  d'K^claJMir,  —  Quaud  lo 
rut  Arthur  upprïl  tout  ct^la,  il  fudoleru  inenvillcmemcnt  ol  dût  qucja 
a  Oieu  ne  ptvllst  que  Gauvain  \  ses  niés,  revenist  a  Katnaatot. 

Mon  d^  Galaad  567.  Galaod,  Percoval  et  Bobort  '  pagoont,  avec  le  saint  Graol, 
ei da  PurcevaL  Sarraz,  où  arrivB  également  la  nef  <\Mi  porte  !r*  corpîi  de  la  scpur  de 
PficevaM.  lU  porlt-tit  It^  Graal  au  Palais  ctprriUl  cl  enterrent  le  coq>e 
dv  la  morte.  Miracle  du  perclus.  Us  dt'poiteiit  te  Graal  devant  le  ?:aint 
sit'içe  pri^paré  par  le  selKUour  p(»ur  Juwph.  Le  n»i  Escuranz  les  fnil 
emprisonner;  apriw  sa  murt,  Galaail  e»l  proclamé  roi.  Joseph  fil*  appa- 
raît et  lui  fait  voirciiGu  les  mystères  du  Gnialj  alors  lialaud  prie  Dieu 
et  meurt.  Lo  Groal  est  enlevé  par  une  niaiu  et  emporté  aux  cieiix. 
Pereeval  se  rend  a  un  ermitage  voisin  de  la  ville,  il  aieurl  nu  bout 
d'un  an  et  den:t  *  moi»,  et  est  enterré,  à  o'ilé  de  sa  nœur,  par  Bobort, 
t[ui  l'avait  suivi  ^aus  abandonner  le  e^jsiume  mondain  '. 

56ft.  Un  jour  que  Safj^remor^  chevauche  dans  une  fortît',  il 
rencontre  un  chevalifîp^  armi?  de  loules  pièces.  Ce  chevalier, 
qui  vient  de  la  couf",  qu'il  a  quittée  il  y  adeus'^  joy^g^  raconte 
h  Sa^Tunior  qu'on  est  bien  triste  ciiez  Arthur  :  le  roi  a  élé 
très  affligé  par  la  nouvelle  de  la  mort  de  Palamêdo,  de  Badc- 
mngu,  d'Erecel  de  beaucoup  d'autres  compagnons  de  la  Table 
Stgremor.  Ronde.  «  Hé'.is!  s'écrio  Sagreinor,  il  sera  encore  plus  désolé 
de  la  nouvelle  que  je  lui  apporte,  m  et  il  nomme  celui  à  qui 
appartenaient  l'écu  et  l'épéc.  Le  chevalier  raconte  que  Lance* 
lot,  Hfxlor  et  Blioberis  sont  revenus  de  la  quôle  du  Graal, 
que  plusieurs  chevaliBrs  de  la  lij^'ni^  de  Baa  ne  sont  plus  eu 
vie  et  que  le  roi  est  désespéré  de  toutes  ces  morts. 

36!).  Ils  se  quittcnl*^  Sagrcmor  arrive  h  la  cour  un  luadl 
matin.  Le  roi  est  surtout  allligé  de  la  mort  de  Palamède;  on  a 

I.  UtirdTPt.  773  K  i  Ml). 

?.  luiiiUci  ilM  nvei)tUT«&  de  b  Quettr  iet.  ut  |  663). 
X.   Uftii*  U  Tu*.  itiT.  p.  1Tb,  lUtrouTcntee  VkliMau  h  Oarbcnlr. 
4.  La  Tiir-  IJt  ,  ([oi  mlTtgt  ce  qui  pr^cttle  :  i/Nrti'rr  moli. 
ti.  Iri  l«  rmtan  rcUiunir  ii  Stirromor  en  rt-piunt.  en  partla ,  et  qui  a-nit  drjk  6U  itll  (là  MB 

Vojfnft*  fvof.  S  û:>I)  ;  S«4;rcuii>r  »'ciDt)aniU«.  arrive  en  Li^grcf  «I  ic  "11'  ■  '>  !  '•■■"  ■'"'■•  '"*  pfui 
hii*Uremeitt  if  H'if  paurrott  h  Oafliulatk.  t*n  Jour,  il  trouve  tin  ebe«  .>  -M  da 

771,  «br.,  trrcncatitn  lie  atMTUui  «Tcc  «lui  <Ie  161.  etc.   —  l.a  r^irr  ,  .-r  de 

Ikiltart,  i  qui  ktIcui  «umI  \h  TonUtD  eycUqoc  dB  TrUUo  «firto  1Vi->t--^>^  ù<  .-«k>c«iu<*  <n>y. 
S  ft7l. 

6.  Cf.  §  551,  note, 

7.  Dana  lOi  seul,  il  chevauche pantii' te  ^rant  cité  d' Allie. 

8.  C'est  Keu  le  sfSnédia!  dan«  la  Tat.  flit.,  p.  509. 

9.  Fin  ilu  m*.  i^DUO,  dont  les  derniers  feuilletii  ont  été  enlevé*. 
10.  De  mi-me  760,  1463.  Douze  les  autres. 

II.  Ce  que    dit    Ilr.-tkelmann    sur   la  conversation    do   ooft    d«ux 
(Zt\t$chrifl  flir  deuische  Phiiotogie,  XVIXI,  86J,  repoms  sur  uoe  erreur. 


—  40J  — 

appris  que  Sagrcmor  (Slail  allé  en  Cornouaille  avec  Tristan,  el 
l'on  espère  recevoir  par  lui  de  iiunncs  nouvelles.  Il  prie  le  roi 
lie  faire  assembler  tous  les  compagnons  de  la  Table  Ronde. 
M  AssenibUr?  fet  H  rais;  certes,  je  neîporroie  fere,  co^  plus  en 
sofU  mort  d^f  .xi.  en  ceste  qufsie  ihuloreme,  qui  dit  maie 
heure  fu commencée^.  »  Cependant  il  fait  sonner  le  manuel ^, 
signe  de  réunion.  Les  chevaliers  viennent,  parmi  eux  Lance- 
lot,  qui  pleure  la  mort  de  Palamède. 

570.  Quand  Sagrcmor  a  tout  raconté,  et  qu'il  a  présenté  f  -  ■■ 
l'écu  et  l'épéc^,  le  chagrin  de  la  coorest  immense  *.  Lanceloi, 
qi  tôt  enrage  de  duel,  dit  tôt  apertement  qc  dès  ore  mes  devrait 
bien  tout  ti  mondes  finer  :  4  Puis  r/e  U  bon  T.  est  mori,  et^ 
ioU  chevalerie  est  morte.  »  Cest  doUtrde  la  mort  T.  fu  main- 
tenu ./.  an^eii  la  meson  le  roi  Arius.  Arthur  fait  le  Lai  roy.il  sur 
la  mort  de  Tristan.  Lanceloi  fait  également  un  hi  ",  de  mOme 
que  plusieurs  autres  chevaliers  et  la  reine  Guenièvre.  Et  (sachiês 
que  336)  chascun  [jor,  quant  il  ^]  fesoimU  te  duel  de  T.  [et)  ^ 

I.  Ccttf  n^plique  manque  ilnns  758. 
î,  Var.  ntaifnel,  mattiel,  moiener. 

3.  Dan»  9'J,  la  fin  est  uu  peu  ehang^pi  :  Lo  fleuil  oM  prand;  Arthur 
je  pUinl  «mèronicni,  1^^  nutros  aussi,  uouimmeul  Lauwlol.  01  i\»  sutu 

mois  avant  d^  se  n^conforter.  Chaqup  jour  %ionnfnl  de  tristes  nou- 
velles deciJiDpagnon^  uu's  pomliint  U  qu^Uv  Lancolot  aurait  bien  voulu 
aller  vongor  Tristan,  mois  UuenièsTe  lo  lui  il^fend. —  Fin  du  tus.  99. 

4.  Fin  du  ms.  760.  dunl  If  drruier  feuillet  n'ejït  qu'un  fragment 
dA;hir(*. 

5.  Et  n'est  que  dans  757.  — •  104  :  puisque  li  boni  T.  «1  mort;  touU 
alerté  ejl  morte,  puis  que  fpu»  que)  mêxiira  T.  est  mon. 

6.  104  -.un  an  ft  un  jour,  «  corntnr  nottrt  livre  dient.  101  :  fUstbien 
tinUnue  <n  la  m.  349  :  0*  Inngiienunt  maintenuf.  en  la  tn,  97  ;  Cat 

oleur  df  la  nuiri  T.  [rar^  trfjp  est  maintenue  m  la  m. 

7.  Qui.  «joute  104,  fU  apelrx  Lnii  de  plour;  nuanres  Brunétiors  li 
oirs  an  flsi  un  autre  ou  royamne  d'Eiirnngnrrt,  ^uani  il  oï  tes  novetts  de 

(|A  »»wrï  mon  toinçnour  .  T. ,  qui  fu  t  apctr:  Laijt  tanz  joie  ;  meinle  chevalier 
»n(  tni  (fjinto  ^Aideolc  pour  madame  Gue.  an  fist  ./.  lai)^  lequel  eU 
Lat  de  jritié. 

8.  Qit'il  I4(;.1. 

9.  Frsoifnt  ducts  'M400  ;  fasoient  duel,  et  ti  tay  atoitJU  r«ccurdé^  et 
nfiturçoient  Ui  dehttrs,  et  por  la  détour  de  mon  tcingnoiér  T.  il  n'ai  nul 

r  qui  ne  pourtoît  robe  noire,  et  luit  cît  qui  estaient  a  la  court  dou  roi 
fArtus,  et  de  celt  delor  vindrent  les  robes  noires  tout pretnirrement  104.  — 
136  .  \lts  tais  rec'^rdfs).  Et  avec  ce  tous  ctuts  de  leans  portèrent  robes 
t.  Et  d'iltuec  furent  premierenimttriHtvees  tes  noires  rotes.  —  Î4100  : 
rtertnt  <utl)  li  cJirvalier  de  la  T.  R.  un  am  entier  robe  naire^  a  de  \a 
furmt  premieremant  Irovee  Ut  robe  noire  a  porter,  pour  l*ttmor3  de  ta 
mort  T. 

Lôscm.  —  Triiian.  tS 


Vu  de 

j.ri!- 

:icour 

d  Aflliur. 

tjeuil  à  la  cour. 


—  402  — 

estoienl  li  lay  recordtiz  ',  {et  ï463,  24*00)  por  celé  doulor 
portèrent  iuUcW  de  la  cort  robe  noire^,  {et  1463)  de  }a  furent 
trové  {en)  premièrement. 
Epilogue.  Axsez*  me  siti  {of  757,  1Î63)  travailliez  de  cestui  li\>re 

mettre  afin  eCasseï  i  ai  entendu  et  longue  euvre  ai  achivee  ^, 
la  Deu  merci,  qui  lou  sens  et  lou  pouoir  m'en  prestai.  Biaus 
dis  et  plaisant  et  delitaubles  i  mis  ^*  partout  a  mon  pouoir  por 
lesifentix  homes  soulacier  et  lieduire  '.  Et  *  por  les  biauœ  dis 
qui  i  S07U,  li  rois  qui  est  ores  sires  de  cestui  pais  en  fut  moût 
liés^  quant  li  livres  fu  fuis  ;  il  ai  bien  lehu  et  relehu  Contenez 
ment  don  livre  dou  chiefen  chief.  Et  por  ce  que  il  li  est  bien 
avisque  il  ai  plus  trovê  du  latin  ou  livre  (L  au  lii^redu  latin) 
que  luit  li  translateur  de  cestui  livre  n'ont  retrait  &r\  langue 
française,  pour  ce  m'fl  il  requis  par  soi  et  par  autres^  et  par 
sa  bouche^  pur  ce  qu'il  ai  trouvé  que  assés  (vai*.  moules)  choses 
faillent  en  cestui  lii>re  qui  bi&n  i  seraient  convenaubles  a 


i.  y?  :  eJtloit  î$  lay  r'ecordt. 

2.  1463  :  portent  tuii  crans  de  lac. 

3.  \ar.Ilobes noires. — 77i;,3iy,  101,97  :  roftfr«7ioir«[r.  dr  ru»ir  97, 
—  dans  lOl,  une  ciiûii  i«>sU\ricun'  ainU*rcald  ou  surcharge  Ira  mois  tt 
furent)  Irouvêes  premicremcnt.  7r»8  :  robes  noires  premièrement. 

h.  L'ôpilnpui»  (lu  pritlentlu  Elic de  lîorron,  dunnû  par  Itîs  mss.  !04, 
757  (cf.  Iliichi'r,  ie  Saint-Graal,  I,  !6U),  liG3  «l  760,  ct^minn  un  pnul 
l'untrevoir  par  U*s  (|Ut:l({uei>niuU(luderuit!r  feuillet  dccems.,  se  trouve 
tV'tlement  à  la  fia  du  336.  voy.  p.  407.  Lu  Icxie  de  10 i,  qui  est 
plus  (îtendu,  a  éïé  publié  piir  I*.  ï*aris  {Mss.  fr.,  1,  137) ,  Uucher  [le 
Saint-Graal,  I,  38)  ut  Wolf  ({/ffwr  die  Lais,  p.  241  ;;  d'ftpii's  tui  lu».  do 
Viouue]. 

h.  Lonffuemcnl  i  ai  entendu  et  l.  ovfe  ai  aehevil  b1  ^  336;  tontjuemant 
hi  ai  auutndxjts  et  longuement  uvrê{e)  et  Vai  achevé  I4G3. 

ti.  Ai  [mis]  por  (1.  par)  tout  757,  1 403  ;  fay  mis  a  mon  p.  336. 

7.  Por  tes  g.  h.  —  déduire  mancfue  dans  les  autres. 

8.  14G3,  757,  3J6  :  El  p.  L  biaus  dis  q.  i  sonl .  que  (<t  1463.  d  gut 
757)  li  roi  Ilenrins  (var.  fhnrri,  Henry)  d'EmjIelerre  a  bien  vefi  de  chief 
en  chief  [et]  en  voit  encvre  savent  foi;  rom  cil  qe  forment  s'en  (*'•  757,  330) 
délite  [se  757]  m'est  {il  336]  avix  que  parce  qu'tt  \a]  asses  plus  trouv4![r)  au 
livn  du  latin  que  aux  li  traslaUor  de  cestui  livre  et  vont  encore  met  en 
lentjue  franchoise  {»ic ;  i.  avt*c  336  et  757  :  que  luit  ii  translateur  (i/i«2n( 
li  t.  757,  faute),  de  cestui  livre  n'ont  retrait  [en  ont  tret  757)  en  langue 
française],  m'a  il  requis  el  prié  por  soi  et  por  autres  rf  por  sfs  lettres  et 

por  sa  bouche, eic.  —  757  :  mes  il  requiert  et  prie  { ,  lacune  indi- 

quée)  et  por  autre  rt  por  ses  ( ,  lacuiiL' iridiquëo)el)Wr  jû  toicAc-.  i*lc. 

336  :  m'a  il  requis  par  soy  et  jtar  auilrui  que  ;<  lui  voulsisàe  translater 
cestui  livre,  lequel  j'ay  tramlati  eomtne  pour  mon  seigneur.  Kt  pour  w, 
maintenant  [^uf]  la  froidure  de  cestui  yter,  etc. 


à'i  porroient  mie  dtisdrfiMis  ",  7144  je 
autre  fais  mv  trtnHiiUasse  de  faire  un  autre'  livre  ou  toute  la 
iiu)itié  (I.  matière)  fut  contenue  qxti  en  cextni  livre  faxtt  ^.  Et 
je,  t^uisa  prièrent  son  commandenieni  n'oserai  mifl  trespasser, 
ii  promet  hten  en  la  /in  de  awh«  mien  Uvre  *,  comme  a  nvofi 
soiwjnour  droittirier  '»,  que  tout  meintenant  que  lagrant  ^froi- 
dure de  cestui  yver  sera  trespassee  et  fious  serons  en  la  douce 
saison  que  ion  apele  le  tens  de  ver  ',  Je  *,  qui  ado7\c  me  serai 
repousez  "  après  le  granl  iravail  que  J'ai  ehu  de  cestui  livre ^ 
en  tout  cui  ai  demoré**^  au  mien  escient  ctnc  ans  tous  entiers 
et  plus,  si  comme  je  erow",  si  que  Je  en  ai  laissé  toutes  les 
hautes  chevaleries  dou  mondeet  tous  les  antres  qrans  desduts^ 
me  retorncnii  adont  sor  le  qrant  livre  tfou  latin  cl  selom  les 
autres  qui  estrait  sont  an  la  gentil^^  langue  françxtisc,  et  de 
ce  que ^^  je  verrai  que  il  faudra,  si  lou  voudrai  amender.  Et 
sehm  ce  que  je  trouverai  du  grant  livre  dou  latin  ferai  je 
un  autre  grant  livre  t<yut  entier,  ou  quel  je  croi  bien  acom- 
plir^^  toutes  les  choses  que  messires  Luces  de  6'an('^,  qui  pre^ 
mierement  fut  comme  ru:  terres  et  ordenerres  de  translater  de 
latin  en  français  les  grons  livres  de  la  Taable  Roonde^^,  et  meU- 
mement  je  croi  bien  touchier  sot  les  livres  que  maistres  Gau» 


Kpilo^c- 


I .  Q'il  m  convendrcU  rnetrt  757 ,-  fiu  en^rt  vendront  a  mettrt  1463, 
fautes. 

?.  Porroit  dès  orem^  757  :  pooient  désormais  1463. 

3.  Ou  toit  conttnm  tôt  ce  qw  en  cat  [livre]  faut  1463,757. 

4.  Pronistdeta  fin  de  etsiuitivre  757;Miiui  livre  UfiS. 

5.  Droit,  pas  dans  \&»  autros. 
fi.  Manque  (].  les  auLrc«. 

7.  757  :  la  Maison  dtuerie;  1463  :  ta  saisons  <Favrit. 

6.  Quêodûne  757.  Et  adont  1463. 

9.  Rep.  J.pou  Ihl,  aucuns  ptrirepousés  Md'i,  rM seray  J.poi  rcp.  330. 

10.  Après  le  grant  iravaill  de  catui  livre  qe  ftt  ai  ai  ùemoré  J,  an 
trUUri  ai  \aitié  totcs  chevaleries  et  tos  nuirez  iouUi:;  me  relorn.  sor  le 
livre  de  latin  rt  sor  les  a.  livres  qi  trait  sont  en  fronçons  757  ;  (cestui  livre] 
ri  7u#  je  ai  demorés  un  an  cnl.,  si  que  je  ai  laissie:,  etc,  {comme  757), 
14G.1  ;  [cest,  t.]  entour  qui  j'ay  demouri  .  V.  ans  entiers ,  si  que  je  en  a^ 
iessié  toute  chevalerie  et  tovl  aultre  soûlas,  nu  ret.^  i^tc.  (comniH'  757)336. 

II.  Un  an  tût  entier  Isaos  plus),  les  aulrea. 

12.  Cf  mal  manquo  dons  les  autres. 

13.  Bt  proverai  de  chief  en  chief,  et  de  ce,  etc.,  t463,  336 ,  omuaion 
dans  757. 

14.  Oujeeompilerai  (cmnpUral'lhT,  ZZ&)^té!Hexplû(sttoieeqwi^Gtjc,^ 
1463,  757,  336. 

15.  Lueesdet  Qait  757,  lueesduQaut  336,  1463,  cf.  le  prulogut!. 

16.  Que  premieretniint  ciimmenfa  a  trtsletitier  1463,  757,  336. 


Épilogue. 


—  401  — 

tiers  Maup  '  fisi^  qui  fii  lou  propre  '  livre  de  vionsoingneur 
iancetot  don  Lac;  et  des  autres  gratis  livres  que  messires 
Robert  de  Berron  fit  voudrai  ^  je  prendre  aucune  flar  de  la 
matière,  et  don  grani  livre  dou  latin  voudrai  je  prendre  lou 
soutill  entendement,  et  de  toutes  ces  (lors  ferai  je  une  corone 
a  )noti  grani  livre,  en  tel  manière  que  li  livres  de  ynonsoin- 
gnoiir  Luces  de  Gant  et  de  maistre  Gautier  Maup  et  de  mon 
soingnour  Robert  de  Berron ,  qui  est  mes  amis  et  mes  parens 
dutrnex^  s  accourdcront  au  mien  livrées)  et  li  mietis  s'acordc* 
ronl  (1,  s'acordera)  en  meintes  choses  as  lour,  JÇt  je,  qui  sui 
appelez  llohjes  de  Berron,  qui  fu  angendrez  don  sanc  drsgen' 
tis  paladins  des  Barres^  qui  rftj  tout  tens  ont  esté  commen- 
deour  et  soingnor  d'Outrer  en  Romenie  qui  ores  est  appelée 
France,  tout  c-e  que  je  n'ai  mené  a  (in  je  voudrai  mener  a  celo 
autre  fois,  se  Dex,  de  cui  tout  li  bien  viennent j  wu»  [donne 
tant  de  vie  que  je  le  puisse  failre  a]  ma  volonté. 

En  la  fin  de  cestui  Ui^re  merci  je  tant  comme  je  puis  mon 
soingnour  te  roi,  cui  hons  je  sut  liges^  de  ce  que  loo  et  donne 
pris  meintenant  a  cestui  mien  livre  et  de  ce  que  il  a  pleii  a  la 
soe  sovereine  majesté  d'ouir  et  de  reciter  te  grani  ordenement 
des  translatcmens  de  mes  livres;  quar  se  Dex  ne  m'en  cnst 
domié  grâce,  je  ne  fuisse  mie  dignes ^  ne  ne  sui,  que  je  de  si 
grant  emprise  m'osasse  C7i,ire7nettre  comme  de  translater  de 
latin  en  français  si  haut  ei  si  mervollieuse  histoire  comtne  est 
celle  de  la  grant  Taafjle  Roonde.  Et  por  ce  que  fempris  si  grant 
hardement  sour  moi,  veuil  je  prier  a  tous  les  gentix  homes  qui 
cest  mien  livre  feront  devant  ans  lire  ne  conter  que  se  aucune 
chose  {/  ait  a  amender  par  la  grant  mesprisure  de  moi ,  que  il 
le  me  pardonnent  par  lor  grant  gtmtillesce. 

Au  de/inement  cestui  mien  livre  rent  je  grâces  et  merci  a 
noslre  soingnor  de  ce  que  il  m'a  donné  seilr  entendement  et 
force  et  pouoir  de  fenir  si  honoraul/lemeiit  et  si  ordmeemcnt 
quea  cfiascun  gentil  homo  qui  si  ententivement  l'escoutent  lire, 
cestui  livres  qui  est  fine  plait  et  plaira  tant  comme  li  mondes 


t.  Map  li63,  33G;  Gauticrs  mts  757. 

2.  Primier  1463  ;  la  pro]>re  livre  de  latin  757. 

3.  {LivrfdeLanc.\,et  M.  H.  de  Boron,etje  méismes,  quésui  apclis  Uetyes 
de  Boron,  toi  tjuc  nos  n'avon  nutUs  af/in,  je  acomplirai,  se  Des  mes  dont 
tant  de  vie  qw  jf  pefase  celui  lit;re  mener  a  (in.  Et  je  endroit  moi  merci 
moût,  otc,  [cf.  ci-ilessûus).  1463;  et  maiitre  Rub.  de  Boron  [et  336]  tôt 
ce  qe  nous  n*avons  mené  a  fin.  Je  acompHrai,  elc.  (comme  1463),  757,336 
\je  fintray  la,  te  Dieuz^  etc.,  336). 


■_  405  — 

durrai;  U  quer  est  appelés  ti  livres  don  Bret.  —  Fin  du  ms. 
lOi.  —  1463,  757  et  3:î6  ai.rc^'ciU  la  fin  de  cet  épilogue  :  Et 
jf  endroit  moi  (cf.  ci-dessus)  merci  moui  te  roi  Henrinc 
(Nenrri,  757;  Henry  d' EngUlerre ^  mon  seigneur  336)  de  ce 
que  (qu'il  757,  336}  loe  le  mon  {{,  mien)  livre  et  de  ce  que 
[q'il  757,  336)  /(  done  si  grant  pris[donne  pris  336).  —  Kin 
desmss.  !  163,  760  ei  757,  —  336  ajoute  enroi-e  ceci  :  En  la 
fin  de  c^ilui  mien  livre  merci  je  nostre  seiijneur^  le  créateur 
du  ciel  et  de  la  tctro,  de  ce  qu'il  m'a  donné  pouoiret  force  de 
finer  U  livre  du  Bret. 

571.  Les  mss.  77?.  336,  97,  349.  101,  758.  24-100,  après  avûir  Rohôrt  rftïimrnil 
parlé  des  rottrs  nuira  (vuy.  p.  40?),  s'occufwot  de  Buhurt  (cf.  §  567),       ou  Ixgres. 
([ui  quitu>  Sarraz  l't  rcioiimt*  en  Logres.  Dans  \&Qu«sU  (et  la  Tao,  iïil., 
p.  47()),  il  arrive  îmmtMiaiPincnt  a  la  cour  ilArthur,  mais  flan»  les 
uiauusfîhts*    il  ilfîgccnd  à  la  mairan  d'un   forestitT  '   où  êlait  dett- 
çentlu  également  un  che\*alier,  qtii  raconte  qu'il  a  vu  le  roi  Arthur 

,  Caniaalulb  il  y  a  à  peu  prô>i  sis  Csppi,  772}  jours,  fju'il  a  {oîas^  deux 
Cfnis  clievaliffâ  \grant  quantitf  33G)  t\c  la  ligné»;  de  Ban  à  la  cour,  oii 
on  cruil  Bubort,  Pere»^val  et  Galaad  mnrts  pondant  ïn  quOïo,  qne  le 
UfTr>n-M)d  de  Gauvain  (Mordret,  772,  cf.  Jî  558)  et  d'Hector  osX  ter- 

IJné  iifUctrllfinenl,  Lancclut  ot  le  roi  le»  ayant  r(?coucilit*8,  et  que  los 
IHirenl.^  d'Arthur  comptent  lui  dênuaccr  les  amuum  do  Laocclot  avec 
la  reine  Guenièvre. 
Ijs  loodoniain ,  Bobort  arrive  à  la  cottr  ;  oa  le  reçoit  avec  joie ,  et  U 

l.temm.;:  JcBotertàUuoBT. 

S.  A  ptrtjr  '1  rr  «*m  1m  urtn»  nu  ,  dim  In^nrU  nom 

fOMU  ftaltfKT  1  «rmin  (rof.  ii-4CMaaaJ.  Utnli»  qu*  ti4AO,l4lU 

CB  t'dcaapaal  t>rjtix->ci'  ic  fuliiirL  cl  de  1a  i-uur.  ncunu  Intuc— mmil»  (aerretl»  Umn  motr* 
Diau  «t  niiuiUn  t%  U  mort  ùe  e*  4«fiU«ri  à  1»  Sa  ««t  Inuml^  cnmm*  duu  7&>  {roj.  |4ttk 
lot*),  U  Mort  jtrht.  Voki  t'uulrM  d«  la  dernière  partie  de  lUùO  ; 


vavasseur. 


S7!  «.  Bohort.  do  retour  en  Logrcs.  se  loge  (0*  187  d)  chei  un  vavas-  Bohort 
«rur.  Au  Koir,  apr^'^s  le  couper,  «on  hôte  lui  demande  qui  il  est  :  «  Un  gôé  par  un 
^cbvvalirr  errant,  rt^^pund-iU  quia  longtemps  êu>  en  quête  du  saint  Graal, 
tengué  ru  rnt  mis  tui  nut  fait  don  je  fusse  si  iûJ  corn  jr  suiûece  que  je  viê 
''ïui  mis  an  cesthéstf;  Iteneoit  soU  ti  houre  que  je  y  antrait.  —  Ahl  mais. 
dit  li^  vavHsseur,  il  y  en  a  d'autres  qui  e'en  plaignent  de  ceuo  quête,  » 
et  il  maudit  Gauvain.  qui  la  fit  entreprendre,  car  tant  do  preux  cheva- 
liers sont  raorifi,  et  la  maison  d'Anhur  e&l  devenue  pauvre  et  triste  à 
ipff  de  Uquêt*».  Bohorl.  effrayé,  demande  d(<s  nouvelles  de  la  cour  à 
_  I  hi^Le,  qui  dit  y  avoir  été  il  y  a  à  peu  pn*^  un  mois .  et  qui  raconte 
que  Lnnrçlnt,  Blioheris  et  Hector  sont  rentras  sains  ot  saufs.  Mois 
B4khort  msDfpie,  ni  on  craint  qu'il  ne  lui  s^oit  .irrivt^  un  malheur,  dns 
autre.-t  pnrentt  la  (piête  a  enleva  juitqu'à  huit.  Le  roi  Badema^  de 
Gorre,  Croc  et  Palamêdc  ont  été  tué»  par  Gauvain.  Cependant  tout 
n'est  encore  rien  :  le  meilleur  chevalier  du  monde,  a  cui  Galaail  ne 
'.prist^  n'esiete  plu».  Bohort  ne  comprend  pa?  à  qui  pense  :!^uu  hôte, 
qui  lui  demande  :  a  Quels  soûl  donc  le»  Iroin  oieilleurs  chevaliers  de 


—  406  — 


tiApport  de 
Boborii  la  cour. 


raconu?  ci»  ifui  lui  ont  iirrivi.  I.t*  roi  fait  lumclior  par  iVril  lec  avenluras 
ilo  la  qu^tc  flu  saiul  (àraaL  (Ici  finit  la  Queste).  Ri  quand  \<*  roi  ot  ce 
ftt^  li  dist  :  u  Sfigtusur^  gardis  entre  voua  tjuanz  de  tws  compaignons  noM 
Mans  prrdu:  en  orste  questt.  t  On  trouvi!  qu'il  Po  mariqin.^  cinquanlo- 
tnns  •  par  conlfi  fait  3'.U\),  et  de  tous  ceus  niavoit ./.  srut  ^  qui  m  fust  mort 
par  armes.  Lt>  roi  avait  i^nlj'-ndii  romontr*  qiip  Gauvain  en  omit  ùHt 
pJuseurs*.  Il  lo  l'ait  veuir  :  «  Jo  vou«  |ino,  lui  dit-il,  pur  lo  -lennent 
quo  vitus  me  fik'S  quand  je  vous  armai  chevalier,  dp  ri^pondre  aux 
ijrifstinns  i[U(!  je  vais  vnus  poser.  —  Sire,  fct  misira  Gauvain  (  Ip  reste 
manqup  dans  772.  qui  linit  ainsi;  —  336  Pt  Ins  nutros  eontimipnt  :| 
«  vous  m'ov^s  tant  mnjurf  que  je  ne  latroie  en  nuiie  tnaniere  du 
monde  que  ^  je  ne  h  ww  deisse ,  et  /)ut  ore  via  i/rani  hontn  *.  ■>  Lt>  mi  lui 
demande  combiru  il  pmisr  avoir  tu<5  de  chevutiors  ppudant  la  qutHe. 
Gauvain  haisso  In  \Hp  vers  terre  et  pense  moût  dttretnent  "^ .  L«  roi 
insifitci  :  u  Jv  voux  ie  savoir,  on  dit  que  vous  en  avez  tant  mis  à  tnnrl 

Gauvain  con-    que  c'est  tnerveitU  *.  »  Gauvain  avoue  alur«  en  avoir  tud  trdutp-truis*; 

fosse  8P8  ossas-  c'est  arriva  par  mr-xelieance  el  par  son  peckié  '**,  dit-il,  ei  non  pas  parce 
biiuits.  (pj'ji  ^j^-j  meillour  chevalier  que  les  autres.  Le  rr)i  reprend  ;  «  Avftt- 

V0U8  tué  le  roi  Badomagu  do  Onrre?  —  Oui,  et  jamaiii  je  ne  mcftui»  lani 
reppoti  d'une  choHP  que  de  cette  mort,  n  Arthur  lui  dÂ^lare  (|n'il  a  hien 
r:ii!iou  de  «'en  d^oler,  »  car,  dil-il,  plus  est  mon  host^t  etnpiriés  de  sa 


I.   rrffSU  ST.  JIV.  ICI. 

9.  ToHE  ritotéitt  mor^  par  itrmt*  BT.  MV  jdAahlrallB  •Uoi  loi).  f(  lU  tau*  rtutx  n>  avttt 
mir  .tilt.  ■!■•'  toui  n«  fussent  au>r«  pitr  ttnnra  j  SM. 

ù.  fHt*  raN 

I.  97, 119.  lAl  '  m  ai«(t  «WfS  n€it  ;  Mit  :  m  «noU  «f ei«  ta  grftçnruT  partit 

S.  n ,  H9  :  qns  J«  ne  laHssp)mir  pomr  rticu  ifUê ,  loi  niv^jtntUrouSÉaroteairtpanrn^ii 
ftM. 

K.  Hfa  honte  UT  -,  er  tfttoit  na  konfa  101  -.  ■<•  f'fttoit  ma  mort  on  ma  k^nté  H9 1  aie  >r 
e'rstnit  ma  çront  hou",  it  erîsnrtir  que  vnijurâ  a  rhrraltfr  arfiil»!  TMt. 

7.9',  All>,  loi  :  FI  mous  tiutiratn  jMnif  Mo  ficttt :  7 Ut  :  uNi)  pru. 

ft    (^ue  rv  n'fi  !•■  mm-ftllf  ngiiTSA.  JL'«<t  ft  41miii/  fNr  itNU  t^Hfittt  «««éK  mft*97,  S4>, lOt. 

V.   yfaJf  0:,  loi.  M9    Pii-kltlt  7t«. 

10.  •  C'mt  xrrivA,  non  itu  fwr  nui  ehévaleri;  Mtais  paT  mon  freiné  ^  97.  M»,   101  ;  —  lU  : 

jisr  Mr«-*rriit«p,  fui  lAiinui  piiu  j«r  moi  «)w  nt  au  oonpiiDoiu. 


'24U)0 


l'univppîi?  —  Le  meilleur,  c'est  iTalaad.  —  Bah!  ce  n'est  pas  l'avL*;  de 
tout  le  monde;  ilyenaqui  aj<8Urnnt<iu'it  y  en  eut  uude  la  même  valeur. 
—  Et  qui  est-ce  donc? —  Jene  vous  le  dirai  pas  encore:  nnramea-moi 
hw  doux  antres!  —  Après  Galaad,  c'est  Lancelol  du  lac.  —  En  non 
f)es,  huinai  alUz  rous  fors  de  voir .'  Ne  vous  souvient-il  point  du  tournoi 
de  Louvezerp?  Qui  en  fut  le  vainqueur?  •  Hohorl  avoue  que  c'est 
Tristan.  <t  Gh  bien  !  dit  le  vavasaeur.  Tristan  f-e  montra  n  cette  occasion 
supt^rimir  â  Lancelot;  il  est  meilleur  chevalier  que  lui,  et  pourquoi 
alors  ne  le  nninmez-vous  pas  avant  Lancelot'^  »  Bohort  donne  raison  à 
stm  hAin,  qni  prétend  ensuite  que  Lancelot  est  inf**rieur  aussi  ft  Palft- 
m<'tlp,  ce  dont  on  aurait  eu  la  preuve  dans  ne  m^mn  tournoi.  Cette  foi."* 
n*>hnr[  routredit  énerRiquemenl  :  a  II  n'ynqnn  troi!4chevnliprs7Mron(ii>tf 
nn  hal  pris  monteir  :  Galaad  ,  Tristan  et  Lancelol,..  ri  de  toi  atre  tous 
taisics  '  l*alanu'de  n'ap|tniehe  \uii  de  ceux-là.  n  I/hrtIe  lui  demande  «on 
nom  en  disant  qu'il  e-^t  sûr  de  l'avoir  déjà  vu  quelque  jwrl.  Hohort  «e 
nommp,  et  le  vavaiiReur  loi  dit  un  pleurant  qu'il  trouvera  la  maiftOD 
il'Arthur  bien  changée  et  plonfïf^e  dans  le  deuil,  un  y  pleure  la  raort 
de  Tristan,  Rnnonci*.«  par  Ôo^rcmor  :  tons  aoni  v^tus  on  noir,  a  lu 


I 


—  407  — 

personne  gu'U  n*e.it  des  .(IL  mriWmrx  qui  en  la  guette  soient  mors  *.  »  Fin  do  Is  <raMa 

C^sU  parait  dist  le  roy  Ariiii  du  roy  Bandrmagm  de  (hrre^  dont  mcssire        (la  (îPAal. 

Gauv.  fut  assifs  pltts  a  mataiM  qw  drvant  ^.  Si  se  taist  ort  le  conte  <i  tant 

des  afcnturtsa  du  saint  Graal,  que  piu%  n'en  parole,  pour  ce  qur  bien  la 

nvons  menées  (sffin ,  ne  il  n'est  nuù  qui  aprh  test  conte  *  m  petist  auttni 

choti  dirt,  s'U  ne  voutoit  mentir  *.  I33G  *  ajout?  l'optlogufî  il'ilcliis  vuy. 

au  g  570.)  Pin  des  mss.  336,  97.  349.  101. 

I.  Fmpir.  é»  ùt  nnrf  d*  Iml  fM  ((M  froU.  etc..  TMj  ra^  i/amoM  m»fft  l»t  mUni  éé  i&tm» 
mmtai*  «}.iiit»nt  yT.  M9,  loi. 

^    ._...._.,.;.      --(1  ,  gf  fi  frtj^i  --     -ii  tl  r*i>U  ^*f  '  ~   ^-     '   -n  ilu  raf^mt» éM 

La,  "ti  air»*  v"  ''  ""'"  "  P^'*'  ^  *"iV  limmmr- 

»r..  -lài-ftTTl  [I.  t.:-  ,  M  M  RI  .  'liWnMlt,  OOOtflM 

3i4^wi,  :..  .;  [.:4«^nTAr  i-so-:  Tj-'U<  mimt  o'>nin)c  Jan^  v.  l'ar.i ,  tiow^.  4.  l-  T.  Jl., 

V,  U1  m,  :*■  méAu  Ajriuli>  r^pilojroe  aarllAnUet  Hjtp. 

J.  Aod'  •  nracai  9  /ta  fu*  a/trit  et  troitt*  n'e*  ponmtif  ikulz  ri«U  4if* 

fM'fi  R^  nr nF-jt  yl.  .it'j .  lui  im^n'^it   fi  esterai. 

I.  I>«  m.  le  au.  do  UaiiB  nrtt.,  Efitrton  IM,  cf.  Ward.  Cota),  ef  AnMJww,  I.MS. 

maingvJ'nl  anlrc  pici  *.  wm  c»(  lyui  annâge  de  duels;  cha^pc  jonr,  It  S4W0 

riimira  de  pnmr,  ils  font  apporter  l'tfpi^c  ol  V«*cu  de  Tristan,  duvaot 
lesipiels  ils  s«  li\Tent  à  leur  douleur.  Boliort  se  lamente  de  celle  inurt, 
fkil,  avec  sno  hAle,  vie  grands  <^li>ges  île  Tristan,  et  part  le  leDdemain, 
sans  vouloir  consentir  ii  rester  quelcpies  jours  de  plua  avec  le  vavaâSGur 

573.   Bntor  Aourv  de  vespre  il  reocoatre  un  chevalier  quittant  un 
cbAteau  tjui  est  8itu<*  sur  une  montagne.  Ils  rc  saluent.  «  Qui  est  le  Bohoi-t  .L-vonili.» 
seij^neur  de  ce  ch:\i'*fni?  demande    Buliorl.    Le  c.hc\'alier  n-pond  en       uàdciogu. 
pleurant  :  «  Le  ru  ii,  b  et  luireccanmandede  ne  pas  y  entrer, 

parce  que  le»  che^  Mit*  y  Boni  mallraït^H  depuiït  la  mort  du  roi. 

Bohort  se  dil  qu'tt  li  seroit  atorn-eit  a  mavistie-^  à  lit  cour  d'Arthur,  s'il 
rnculait.  Il  y  va  donc,  roalfîré  son  (V:uyer  et  malgré  ud  autre  chevalier 
qui  le  rencontre  tout  près  du  château.  On  sonne  du  cor;  trente  cheva- 
lierif  !M>rtenl  et  marchent  sur  Bohort,  i|ui  a  pris  «a  position  contre  une 
éfïUse,  le  d08  appuya  au  mur.  H  refune  de  rendre  iie«  armeft.  Pt  la  méléo 
B'en^a^,  Dohort  se  signale  tellement  que  eos  advertiaîres  m  voient 
dans  la  n<^ce«;âit>^  de  tuer  eon  cheval.  ï\  est  fait  priAounier^  uiaie  on  ao 
veot  pafi  le  meitn*  à  mort  a>ant  de  savoir  sou  nom;  il  le  dit  en  mprî- 
mant  ses  regrets  de  la  mort  de  BademajLTi.  Alors  on  lui  fuit  des  t-xcuses, 
et  un  le  Mii^^ue;  étant  resiù  dauH  ce  diÂleau  plu6  de  qut[ue  jours,  il  se 
remet  en  chemin  et  arrive  à  une  fontaine  qui  est  à  deux  journées  de 
olh. 

^73.  Là  il  trouve  un  chevalier  perdu  dans  sa  rêverie.  Il  est  pile  et    Bohort  trouve 
,.     ,,  ,        ...   j    .  .  -,  u      I    .  un  chuvalierqui 

maigre,  vêtu  d  une  robe  nnire  tote  denrte,  nn-pieds,  sans  cheval  et  sans       jg  désole. 

armtaî,  sauf  l'étMV;  ses  larmes  tom^MMii  dans  la  foniaine.  Bohort  des- 
cend dp  cheval  et  va  le  saluer  r  «  Sire  rhevalier^  liex  vos  sal  !  —  Je  oe 
liuis  plus  chevalier.  —  Oh  !  si^  viiu?  i^Ij-s  toujours  ehevalît-r;  tout  votre 
chagrin  oe  p»'ut  vous  l'rapi'clhT  île  I^Hre,  puix  ^ur  ihw  fust  [es]  ehefoUer. 
-—  Des  ayde^  lire  vessal!  corn  itvts  are  parlez  sainement  !  Pour  Twieunt  fut  or 
ai  SaUmont  pttur  dire  une  si  satye  parolte.  Avez  t-oi  ore  tant  panceil  pour 
mettre  avant  yeestui  ditf  Le  rot  de  Norgalle-i  n  penlu  sun  royaume  :  le 
teuex-vousi  toujours  pour  roi  malgré  cela  ?  Aoi  abaitu  a  dechessiel  n'est 

U  Xof^faereitttminmàtn.UnoUàtM.  VSniu  tm  JM  et  MirùM,r   ltJ9. 


—  'i08  — 

Conversation,  mie  roi,  ne  twme  viorl  n'est  pait  home,  ne  fal:  âonnier  n'est  pail  itonier; 
do  nn^m*'  un  chevaliGr  suns  houopur  u'esl  pas  chfvalîpp;  ol  mni  je  suis 
d^^ahoDort^  Hpîm  rifi=  vilj,  plus  honit,  plus  failit ,  ptw  nerrant  ci  plus 
mouvait  quf  nrfutonque  chevalier.  Voiis-mômo,  jH^asPï-vous  Hrr  che- 
valier xîa  vf^rln  dfts  arnirs  ([Hh  vous  ]»ortpi V  Vous  ^(es  aussi  bi^ri  Héshouorf 
que  moi,  ot  se  je  voloie  bien  dire  voir  de  vostre  eslre,  je  diroic  to:  plaint!~ 
vianl  que  vox  esteit  d«  chnatier  Dangueneit  ' ,  a  je  cuise,  se  iieje  me  consant 
{[.  consaut),  que  misire  Uangucnei  soit  wstrt  muedre  eompaint  et  que  vns 
porleit  arme  pur  anvie  de  lui  a  por  gamingnicr  si  hal  pri$  corn  H  ait 
gaiaingniez  par  te  roiame  de  Logre  \  »  ii  ces  moU:,  il  se  tait  pI  continue 
à  (if  livrer  à  smi  chagrin.  lîohorl,  dt'?iroux  de  savoir  cpii  c'pst,  lui 
dpoiandi'  poiiniuoi  il  pleuro.  «  bant  chevalier^  je  ploure  pour  mai 
meire  que  n'est  jnirele  ;  je  ptuure  pour  ce  que  h  fotz  an  ligne  partmiant  a 
qii'il  me  vigne  si  ivoir,  car  se  je  or  ne  phresxe,  vos  qui  exteit  campainl  des 
fols  ne  f\tsiez  pait  si  aresteit.  Et  qur  diroic  je  f  Je  ploure  pour  vos  faire 
museir.  Vos  aijr  or  birn  responduit  f  —  Vtius  pourriez  parler  plu*  cour- 
toÎHniDont  ;  .ippiirt'innieiit,  vous  ùle^  un  chevalieryaiTwwiir,  —  Série,  gai- 
bcuur  fu  je  ja  très  boin,  tozH  mur.dre  qui  (ut  az  inonde^  un  tenip  futja; 
bien  savoie  gaibeir  saut  doute  a  fuh  a  lai^r,  mats  desorinaii  est  It  «tient  fait 
a  et  venus  que  li  gaibrir  mï  gaibeit  plus  que  nul  atre,  car  j'ai  ('\ô  gobe  par 
celui  contre  qui  je  no  snuraîfs  me  dcfcndro,  »  nt  il  prit»  Itohort  dp 
pasBc-T  son  chemin,  «  car  bicnsaiche  par  vérité  que  je  oins  tant  tai  conipa- 
gnie  queje  te  vodroie  muelz  orendroit  .11.  jornec  aiutu)  de  vioi  que  ee  que 
tu  dcmoresxe  cil  une  soullehouredejor.  —  I)iu^s-mni  Vdtrf  nom,  et  je  m'en 
irai.  »  L'autre  répond  qu'il  a  nom  honit.  recréant  a  mouvait  :  i  le 
gais  (|ui  m'a  gabè  a  di^slionon^  tous  :  I»  li  boin  an  stmt  deveniu  mauvait, 
el  je  voudrai»  binn  gaber  à  mou  tour  relui  qui  nont*  a  gah/s  ainsi;  il 
Oât  vrai  que  pour  lui  |i;  dommage  ne  serait  point  ausîiï  faraud  que  U-  mal 
qu'il  m'a  fuit.  —  Vous  n'êtes  pas  sage  de  Idànior  ainsi  Dieu.  —  Pen- 
sez do  moi  tout  cc^  que  vou»  voudrez!  He  v^slre  pris  ne  de  vostre  lot 
amanderoir  je  or  mon  j*etist  n  el  il  ri-^^Wîle  ses  ^'riefs  contre  Dieu,  en 
pleurant  fort.  Didiort  demeure  longtemps  sans  parler,  (^coulant  Ie« 
plaintes  du  chevalier;  enlin  il  dit  :  «  Je  vos  prie  por  lie^  que  vos  me  dites 
celle  ptrde  don  vos  foj  plaingniez  si  durement.  —  Kant  rus  por  Des  me 
re&Ures,  or  feroie  je  moin  por  vos  que  je  ne  feUse  devant;..  Diini  m'a 
perdu;  je  ne  veux  plus  être  des  siens;  je  n'ai  plus  cure  de  lui.  n  Boliort 
le  c/mjuro  nlorn,  par  ee  qu'il  aime  In  jdus,  de  lui  dire  la  cîiuse  de  son 
chagrin,  en  lui  promenant  de  l'aider  de  son  mieux.  "  Mais  \(iu»  n'y 
pourrez  rie»,  est  la  réponRe,  à  moins  que  vous  ne  possédtex  le  secret dfl 
roijsusciter  un  mort.  Dieu,  devenu  homme,  re&au^cita  bien  Laxare,  mni^ 
il  n'était  mort  que  depuis  quatre  jours;  comment  alors  puurrier-voue 
rendre  la  vie  à  celui  que  je  pleure,  qui  a  ce«5i''  de  vivre  il  y  a  d«^jii  InuR* 
temps?  —  Au  moins,  dit»ii»-nioi  qui  est  ce  mort.  —  Vos  m'aireis  tant 
eonjureiz  que  je  vos  an  dirait  partie,  »  Il  fait  aa.seoir  Dtdiorl  el  couli- 
DUO  :  tt  Dieu  criSa  un  homme  qui  fut  la  lumière  du  munde;  il  ^tait  de 
lignf^e  royale  de  tnte  jwrf,  plus  l»eau  que  les  an^cs,  bon,  courloi»,  che- 
valier parfait,  reniporUint  le  prix  d'arme;»  partout,  .le  me  mi»  en  qu»Me 
de  lui  el  eu*'  le  bonheur  de  le  inmver;  n(»us  étions  ennemble  jusqu'à  Id 
matie  keste  du  saint  Graal,  par  snile  de  laquelle  une  dame,  aimée  de  ce 
clievaU^r,  Tut  enlovrfo.  Il  la  rejoignit,  mais  Dieu,  por  destrutrt  tôt  le 

U  urMKtarAlArthiir,  voy^  ra,  loi,  ni. 


—  409  — 

mondt,  soufTrit  que  Itï  roi  Mnrc»  U  Hesloias,  li  plus  citaiti,  H  plus  noiant 
o  li  plus  oocirl,  le  Trappa,  par  irahiâon,  d'iino  litnrfî  oinpoi»>iin^e ;  il 
mimrul  rto  «•  coup,  qui  fut  bit*n  le  ci>up  Je  noirn  morl.  île  mnn?  abaù~ 
stmanX  ;  jp  dirai  ménii»  qiip  c'est  par  en\ie  de  sa  haule  choMlerie  que 
I>ifU  n  permis- sa  mort,  o 

574*  Bobortsoit  alurs  que  c'est  do  Tristan  que  parle  le  chevalier,  et 
il  exprlmp  lui-m^me  sa  doulcnr.  Le  chevalier  enlcDdanl  prononcer  le 
nom  dn  TrisUn,  «*•  lais**  tomber  û  terrr.  Bobort  le  relève  en  pleurant  Dinadanyeui 
el  reconnaît  enfin  Dînadaa,  que  le  chagrin  a  rendu  méconuaissuihle;  il  venger  Tristan, 
déclare  vouloir  lui  tenir  rompapni»»  jusqu'à  ce  que  sa  douleur  '«•>  «oit  un 
peu  apaJM'e,  et  sp  ncimnie.  Oinadan  lui  dit  qu'après  un  moît*  de  «'•jour 
k  tacHur,  il  était  parti  quinze  juur?  auparavant  :  il  ûo  (wrtera  d'année 
ni  ne  nmnii'ra  à  che^^l  avant  tl'tHre  arriva  en  ComuuaJIle  et  d'avoir  vu 
la  si^puUure  dp  Tristan,  et  il  vengera  .sa  mort  sur  le  roi  Mure  '.  «  J'au- 
rai;^ Hé  heureux,  dit  Uohort,  de  vous  aider  à  accomplir  cette  vengeance, 
mais  il  me  tarde  de  venir  à  la  cour  et  de  revoir  mes  proches  pareuls  ;  au 
roidni),  je  vous  prie  de  laisser  votre  deuil  ;  »  mais  Di  nadan  ri^poud  que  c'est 
im|Mtfl<;ihle.  Il  charge  Bohort  de  présenter  ^es  amitiés  à  U  cour,  et  lea 
flfux  chevalier?  se  séparent;  Dinadan  dit  qu'il  ira  passer  la  ouil  dans 
un  rrmitafie  où  Tristan  et  lui  ont  souvent  cmiché,  ei  Bohort  va  pnuidre 
son  logis  au  chAteau  de  Kcu  le  sénéchal.  Il  part  le  lendemaiu  et  arrive 

~iD  àComoaloth. 


li  •  la  iffCMirr 
laubr  reniu. 


à  w.. 

v«ni^  I 

rt-i -    .  ■    -  .1 

A»  1«  fni|>fMT  kU  ■ 
lUal  lie  Ir  tuer,  ii 

àa  (Vl»>Mink-r;  le*  ihIik    i>ji<xi-r,iL<:ii.  m  ^*   Lurur.     \rUiiir  ni-xinn 

«amr* .  al  M.irc  Mt  lai  [vinloDoc.  et  cvliii>fl  •»  avenir»  générau     i  t 

Mtl<ncr  U  bleanirc  ttc  Uak,  l'enfenaetit  (U&ku&«  nf«aB  brat<t  u-  ■ 

btMid«lruua,  ta  lui  Oinat  i|a'U  doit  gmtcraoa  lunrr*  nrart,  poîMiu  n  . 

M  Pf  f»Tit  uanMttrt  i  «n  baHancnt  fc  U  Mi  «iMnidMil  n  mlfanB^,  a   i  * 

Bnailr-<I'~3T  ait:'-^,  tt  in-url  dUiMU.  ^  Aithar  n'en  retname  «pria  avoir     > 

Hto  i  te  flair,  «jovia  la  Mari  Jrtu. 

lyy  ~-atÈUt  d'uBe  naniàrv  lUB^mite  dana  l«  <Xfrain  tnnr— an  ^  c*«9l  «a 

*f*»>''  1-  —du ma,  »«t,^  Win  (rdj-,  pourcc  m».,  rappcndlr»)  : 

SU  c   t«  ml  nniinrt.  qnl  avait  «W  k  t'mtanmetiX  •)«  Laacetol.  dont  U  fc^t  fait  feinter  U 


■:'.i-fiJL-l!l  'Irin,  rrul->i!  fl 
,  pul«  n»ti  [i.u  «>iii  nrvvu. 
1  ■  f,  'irrM  n  T  pauc  aT>-  «ah 
'ii>«M«  <t«  Laucvlot.  1« 
rut  Varr  ft  Im  >«iom. 
.  ■■-  la  rlll. ■>:'_<  Il   riM« 

.■irrt.itu.tl le,  il  vt  iU>^<.tïiit  ItnailAg^  (■"  -  -   •     '3 

i4o  a'avattrtf  et  ni  tnpyt  l«  prunlrr.  dm  i 

'nr^Utf  du  Il<na«« 'le  Dan  ,  qal  </l«U  114. , .  l.  .Ic4 

'1er  ea  t«rrf  mn«MTr«<r;Ua  TfnunrDt  <l<*ftnt  rormiufe  : 
n.  —  tt  l«  ma.  SaU  en  aluutant  cet  ^fdUignt  -,  .St  iV» 
■ /..'.-    .,..-1....-  ..    — ,    Un    jfia^  tau  atirii, 

'■-   in    firM.t    ,%\.-.  pt  </• 


.  par*.     ■.-    n-i    \l..rr    ,li-    ...■.n, 
beat  Mnt  rnoTta  il  }r  a  i>ltu  do  M>|>t 

«rm, 

_|t|ti 

Di1< 


—  410  — 

Bohortàlacour.  575.  n  flcsccnd  à  lliôU^I  de  LanoploL,  01  on  jupe  de  la  joie  itëc" 
Inqneile  on  lo  reçoit.  Quand  le  rni  Hait  i^up  Bohort  est  arrivt^,  il  I0 
mandp  '.  Bohurt  le  rpnsoigiie  sur  la  fin  clo  Oiilaad  et  d?  Porce^'al.  Le 
roi,  afllip^,  lui  parle  ûc  la  mort  de  PalumiMlo  et  de  Trisian  t'i  fait 
l'tMogo  dfi  rcdeniipr;  il  pleure  el  dll  quo  c'est.  grAce  aux  prpux  clievu- 
liorA  do  son  hôtel  qu'il  n'a  pas  déjà  perdu  sa  coumnne  :  n  Aiiii^i,  Lan- 
colot  arrangea  t'ull'airc  de  Giilehout;  a.yriii  Laacelot  vint  T.  an  mont 
oitct  ;  il  fui  la  Qeurdo  la  chevalerie  «on  f  Galaad,  qui  pocdernorait  entre  tuu. 
Lorsque  les  sept  rois  m*attaquêrp.nl  —  le  roi  de  CarmeUdt*  (ms.  :  Term.), 
le  roi  Brangorre  et  les  autres  cinq  —  à  l'époque  oh  LanceluL  éLaîL  dans 
rXlede  Joie,  tous  mes  hommes  m'abandoDOL-reat,  sauf  ceux  de  la  Talde 
Ronde,  et  je  fus  assiégé  daos  Carlion  :  je  croyais  tout  perdu  ^  quand 
Tristan  vint  en  Logres  pour  me  secourir  et  euira  dans  Curliou  '.  Alors, 
reprenant  courage,  nou^t  fimeft  une  sortie;  la  bat^iille  ilura  tout)*  la 
joumfve,  san.<4  beaucoup  de  perte  de  notre  côté.  Le  lutidetnain  ,  Trtsiaa 
sortit  k  notre  insu  et  invita  leif  ennemi»  à  jouter  :  il  en  dt^oarrouua  Aotito 
(lesraeilleurï^,  et  aprt^s  cela  personne  n'ot>u  se  me$ur>*r  avec  lui.  Ensuite 
il  s'ofTrit  à  combattre  deux  ou  trois  h  la  toits  ;  le  roî  Orangurre  et  les 
rois  de  Garmelide  et  de  Norgalles  accepti-rent  ;  iU  furent  vaincus  et 
ctintilituéfi  prisonniers,  l^is,  apré»  une  nouvelle  sortie,  nous  mimes  les 
ennemis  en  di^roule,  grAee  â  la  hravoure  de  Tristan,  qui,  œ  jour-là,  me 
6t  vêrital)lement  roi,  mais  à.  l'Iieure  qu'il  est  nous  sommes  tou»  niortA 
avec  lui,  et  je  peux  bien  rendre  ma  couronne  avant  qu'on  me  la  prenne 
à  force.  »  El  le  roi  et  Lancelot  avec  toute  la  cour,  autrefois  si  gaie, 
pteureul  vl  so  désolent. 

576.  Dioadon  va  se  loger  à  l'ermitage  '.  L'ermite  ayant  prononce  le 
nom  de  Trisian ,  Dînadan  se  donne  un  grand  coup  de  poing  en  pleine 
poitrine,  et  lui  demande  pourquoi  il  a  renouvelé  sa  douleur;  puis  il  se 
redonne  uns  atre  wp  don  poingne  an  mis  le  pis,  a  puis  mal  dit  Dex  a  tes 
te  «lonrff.  L'ormile  le  blAme,  et  dit  que  Tristan  a  mérité  son  sort,  à 
cau.'^e  de  ta  mauvaise  vie  qu'il  menait.  Dlnadun,  furieux,  (ire  son  épéc, 
chasse  son  hOte  et  ferme  la  porte  siu  lui  pour  qu'il  ae  rooire  pu,  car  il 
n'aime  pnit  sa  compagnie. 

Dinadan  en  ^"7-  ^  lendemain,  il  part  el  ga^ne  la  mer  où  il  a  la  chance  de  trou- 

Cornouoilles.     ver  un  vaiss**au  faisant  voile  jHJur  la  Comouaille.  11  y  rencontre  un 

cht'valier  dfhaitiet  qui  va  en  GoraouaiUe  voir  son  frère,  el  qui  permet  A 

Dinadan,  <iu'il  ue  prvnd  pas  pour  chevalier,  de  faire  la  traversiHs  avec 

lui.  L'on  arrive  â  Tïnlagel. 

578.  Mais  les  Cornouaillais  n'aiment  point  tes  chovaJiersde  Logres, 

qui  les  ont  déshonorés  maintes  fois;  ils  arrêtent  donc  le  chevalier  et  le 
mènent  devant  Marc,  qui  lui  demande  comment  il  eut  lurrlttnant  de 
venir  an  Cornuaiîle^  »achaul  que  les  Coruouaillttis  sont  le^  ennemis  mop 
tels  des  habitants  do  la  Grande-Bretagne.  L'étranger  dit  avoir  ahs 
lument  ignoré  cette  haine,  mais  Marc  le  fait  emprî&onner  quand  mi>me; 
on  ne  s'occupe  pas  de  Oinailan,  qui  n*,i  pas  l'air  d'être  chevalier, 

t.  t'arrtvde  et  le  rapport  de  Boh.  iomI  donaii  «owi  plu  loin  du»  1*  mt^  «uj  f 3  Ml ,  'Oti 
«tcf.ltli. 
t.  Oi  ne  tTDUTc  «XKUM  Inc*  aUltvn  d«  mi  uploiM  <1«  TrUt«ft- 

I.  vor  $»;«. 


—  411  — 


j!^avM3?3f7*îui  *"^i  sur  î^  porto,  voit  paftfi«>r  Dinadtui  H  ttii 
I  ufTri)  riio^ptUlilé.  Il  pleura  avec  lui  la  mort  de  Tristan,  <?t  raconta  que 
I  Marc  regn^tit'  sou  neveu ,  iju'îl  a  Jil  iiu'il  aurait  mieux  aimt^  ponlr^  lu 
liontiit*  lie  son  rnyaiimiL'  avec  la  ri>im!  Iiieui,  comme  il  comprfiul  main- 
Iti'Uiiut  rju'il  a  honit  luuL  l'uHiviT»  en  iisi^^siiiaui  TriaLaa.  et  qu'il  a 
Igraiidiieur  qu'Arttiur  nt'  viciiue  prtrudru  voujcesucc.  «  C'est  eu  qui 
l-pourrail  tieu  arrivor,  t,  fait  itinadan,  et  il  répèiu  devant  le  vavasseur  ce 
qu'il  a  dit  à  Bohort  et  h  l'erniite,  f{u'il  n'e^l  plus  chevalier  après  la 
mort  de  Tristan.  Après  qu'iU  sa  sont  de  nouveau  livrés  à  leur  chaf^rin, 
Dinadan  se  nomme  ei  déclare  <^ire  venu  pour  voir  la  tombe  de  Tristan, 
[Son  hôte  lui  dit  que  Marn  vient  cha/jue  jour  pleurer  prte  doc^tetomlM^ 
[ainsi  que  les  autres  Comouaillais,  et  que  le  roi  a  fait  un  lai  qu'on 
Ltppelle  U  Lait  de  dueU;  etuicun  maitin  le  vaii  kerpeir  devant  ta  stpuUe- 
f  <ure,  et  lu  U  atre  plourt  communemant,  antrvnt  que  li  roi  herpe  te  tait. 
|d'niitrr»  barons  de  Cornouaille  ont  également  comp^tst*  dus  lais  en 
Finèinnire  de  c^tle  mort.  Celui  qui  su  dûsole  plus  que  luus,  c'est  Diuns, 
hp  sénéchal,  qui  a  fait  un  lai  raeneilleux.  L'h6le  offre  des  habits  à 
[pinadan.  ipii  déclare  qu'il  ne  changera  pas  de  costume  avant  d'avoir 
]  vengé  Tristan. 

580.  Le  lendemain,  ils  vont  à  la  rnaistre  eslitt.  Description  du 
ttomheauV  Dinadan  ioml»eà  lerre,  anéanti  par  la  douleur,  il  se  déchire 

^vi&a^*,  se  donne  un  coup  de  poing  dans  la  poitrine,  et  désire  que  la 
le  frappe  devant  la  dernière  demeure  de  Tristan.  Il  évito  copen- 
1  de  se  faire  trop  remarquer,  non  qu'il  ait  peur  de  la  mort ,  mais  il 
né  mit  ftM  nu>rir  devant  orn  qu'it  fieUt  oy  U  lait  que.  li  baroni  (U  Cor- 
nuaitle  aooit  fait  por  la  mort  de  T.  Au  reste,  comme  tout  le  monde 
pleure  devant  ce  tomlteau,  ou  ne  prend  pas  garde  au  deuil  de  Dinadan. 

581.  A  l'heure  de  fnm^,  l'église  *e  remplit  de  chevaliers  et  de  damen, 
jour  se  trouve  ùltv  l'annivei'saire  de  la  di^faite  du  Morhout,  et  la 
jft  féle  cJiramt^morative  de  cet  événement  se  célèbre,  depuis  la  mon 

Tristan,  dani^  la  cathédrale,  et  non  plus  dan.s  l'île  de  fîaînt-Sanson. 

[ÏjO  n^i  Marc  arrive,  imploré;  il  est  décharné,  et  ses  cheveux  sont  tout 

blancjt.  Il  adre.«so  aux  deux  imaf^  repré-^entant  les  amants  des  discours 

ns  lesquels  il  se  roprnehe  vivement  sa  félonie  et  sa  trahison.  Il  Mo 

;a  courouucet  la  place  sur  la  tète  de  Trislau  en  s'agenouillant,'  enlîu 

s'assiffd  et  fait  dirci  à  son  harpcur  le  lai  qu'il  avait  composé  en  l'hou- 

etir  de  son  neveu  :  (font  grant  duel:  que  a:  curr  me  dent  Mai  complainte 

\fair« covient ,  etc..  et  le  deuil  reprend  au  point  d'empêcher  d'euteudro 


Fël«  rua6br«. 


1.  t44M.  qvl  ^n  baot ,'(  i^"\  rft  •rarecffd  »tm  Im  mat.  Ot  m  CuoIUa  poor  cMM  daicrlplfoo, 
k4eaiMldd'âprtel«Unt-  ..  3M.  UM.  7M.  It&M  r  DtawUfUftTW  Hn  tM»,  «tR 

I  nfltat.  «n'ilcUfmi  '  *>tei1  lersai.  al  u  miUM  (1«  faïQMlle  «  4imm  l« 

rjfcipiHhiM  iMiimw!  QUI  '  Un  coaMndrei  loM  MOK^al  U  TorainA  dtaitmt  qw 

^mùt  n  n'y  ivftii  cti  va  Lugm*  uu  *i  ruiK  tumbcaoi  mai  celil  de  OAidun.  \n  pM  0»  oe  loa»- 
l«M  «p  iTMvritt  d«ii  crtutfM  InusN.  cluu«w  4*  l»  telUa  d'an  bom»*.  éeni  l'nc  refHmatu 
m  cfar*»lict.  ti  hfi  a  11  fnltmuiit  tt  n  nmttlJrmant  frMffflrl  qn'oB  le  oroiMlt  vlnBL  llUent 
1«  n^'  f  ttnitf  iti  Mr«fr*e  île  iohx  mamtfl.  L* 

krai  m  çtitf  main  uni!  fift*  tnli  mur,  tt    t» 

'•r'o'  ^ta  le  plat.  Uuc  *  bUt  fkln  «les  Icnre* 

ir.t  •  e'ast  U  nèim  LU  qM  doaiM  It^M 

:-iot  •or  U  tMe  une  tnpfrta  coarnaot  d'or 

T..   ■  '   'i^  tua  BUntoui:  a  t'tUrt  autl»  fraoK  dcnu 

•Urr,  «I  a^-i  ■  rifU  giM  âitotr  tille  paroUt     *  Ami»  T.  v** 

'*,  t%t  ,  *U  •-.  ■  ÙTOU  «n  mti.  l§  ftont  Utrm  v»'  <C*Mte  .    T.,  m 

n(  §ittrrrn  i*:irf  ,jn  in\:  u   irtint  fui  tHid*  .  T  —  lin  de  la  de»crl[)Uo&.. 


JiP^ônnant;  \o  roi  Marc,  u  force  lio  s'éKralignyr,  se  meMÔûnî^HwîS» 
on  «ftPR,  et  Dina<lan  ne  refait  mie  viaimirt  dueh.  I*uis  Uiiias  prend  lit 
Imrpo,  raccnnif  ot  dit  &*»n  lai  :  Tnste,  dûtatit,  comance  m(mt  plaure  ;  A  iw 
ws  mervilliet  se  je  ptourr,  oie. ,  apr^s  quoi  recoinincnct.'  le  ilrtiil,  qui  dure 
ju&qii'à  l'heurp  de  noné;  alors  le  roi  Marc  ropr^ml  »^  cuuruime  ei  liaÎMi 
la  st^puliuro;  les  auti-cs  ayant  t-uivi  eoa  exomplv,  il  s'cu  va  avec 
bommes. 


Prépanitîfa  do 
guurrd. 


58?.  Le  Tavassfîur  dil  â  Dinadan  rpiR  tf*  roi  vient  ainsi  manifester  «a 
duultmr  \c»  trois  jours  dr  la  fùlo.  Dinadan  est  fort  (^tnaiié  de  irouvpr 
Loat  co  duuil  l'h  Comouaille  :  il  avait  cru  Marc  liât  et  jotant.  A  l'hctirp 
dn  vâjinw,  il  rentre  avec  l'hAte. 

583.  Dinadan  se  tif^ndrait  pour  honnit^  si,  à  l'exemple  dn  Marc  p\  An 
Dinas,  il  no  faisait  un  lai  sur  Tristan.  Il  se  mot  à  l'cnuvre,  et,  bieotût, 
son  lai  est  compusi^. 

5R4.  Le  imiBième  jour,  à  la  tomlie,  quand  Dînas  a  rliant«<  le  »tnn, 
Dinadan  s'nvariCLM't  lui  prond  la  harp4>,  dont  ÎI  «ait  fort  bien  jtiuer  : 
déjà  avant  dtt  connailre  Tri.siau,  qui  lui  eu  a  beaucoup  apprit),  il  i^tail 
iri>s  avancé  dans  c*^X  art.  Il  s'atcsic^l  par  terre,  [trl-f.  du  roi,  qui  no  h 
reconnaît  |Kiiui  et  tt'étunne  comme  tout  le  monde.  Dinadan  accorde  la 
harpe,  regarde  la  tumbe  et  se  met  â  chaut^r  en  pleurant  :  Awt  que  tvtf 
i<nt  m'aloigne,  A  ma  dolor  croiste  et  ejlongne,  etc.  Le  roi  recunuait  ontin 
le  chanteur,  dont  Taccouiremenl  modoHte  lui  fait  pitié,  car  il  i*ail  ipio 
Dinadan  ûtail  un  des  chevaliers  qui  plus  eorloiermant  te  tfruiit  attês  an 
robe;  la  pâleur,  la  maigreur  i|U*on  lui  voit  après  la  mort  de  Tristao 
(éveillent  aussi  sa  comp:i<'8i4>n ;  d'autre  part,  il  n'a  pntnt  ouldii^  1m 
mauvais  tours  que  Diuadan  lui  avait  joués  en  Lopres,  à  ]'ép(H]ue  ofi  il 
y  était  allé  iK>ur  tuer  son  neveu  ;  et  comme,  depui^  la  mort  de  ce  seul 
défenseur  de  Marc,  plusieui-fi  de  t^es  barons  guettent  l'occasion  dn  l»» 
chasser,  ce  duut  le  ruinété  informe,  il  st.*  dit,  en  vuyaot  Diuadan.  quo 
c'est  lia,  pour  lui,  un  eunemi  de  plus.  Il  w  promet  doncde  l'emprisouncr 
ou  de  l'expulser  d(>  Gornouailte.  Mais  il  ne  fait  seniblaut  de  rieu,  em- 
brasse, eu  pleuruul,  Diuadau,  lui  tt^moigue  Ka  doul(*ur  de  la  mort  do 
Triatau  ei,  toujours  en  pleurant,  le  mène  avec  lui  au  palais. 

5S5.  Dîuas  salue  avec  joie  Dinadan.  le  conduit  à  son  h6tel,  et  loi 
recommande  de  èc  tenir  sur  se!«  Kurdes  contre  Marc. 

58H.  Le  roi  uiîinde  et  connulie  Audret,  qui  lui  couReilIe  de  faire 
chasser  Dinadan  et  dfl  mettre  eu  prison  Dinas.car,  «  dit-il .  le  s»^n»^cbal, 
tnuten  étaai  voire  homme  lipe,  futancontre  vous  de  ta  cfsi  fait.  *  Cepeo- 
dont  Marc,  qui  ne  veut  point  que  Diuadan  lui  échappe,  ordonne  à 
Andrel  do  s'emparer  de  tous  les  deux.  Celui-ci  obëit  et  part  avec  qtia* 
rante  chevaliers. 

587.  Dinas,  pr(?vcnu  par  un  chevalier  qui  lUail  auprès  d'Andrwle^ 
qui  aimait  heancoup  le  w^ni'chal,  se  rnnd,  avec  Diuadan  et  cent  chôTa- 
liers,  ù  l'hùtel  d'Andrel,  rennnce  a  y  entrer,  cwuinie  la  l(mr  en  est  trop 
forte,  et  sort  de  Tintngnl.  Il  se  retire  à  un  de  ses  ch&leaux,  —  pas  k 


I 


* 


—  413  — 

celai  oùTrUun  moarut,  mnh  k  un  autn*,  qui  n'fstoit  mie  moin  fors, 
car  dtpuis  la  mort  T.  .wint  fûUtc  ai'<Ht  U  rvi  Marc  rendttj  a  Dynat  tos  ces 
ehaatiais,  plus  par  pmiur  fjueparanior.  Oc  là,  traprès  Ip  ninspîl  dp  Uina- 
dati,  on  fora  la  guorrct  au  roi  Marc,  en  ctimpUnt  sur  l'a^âUlnuct*  iki» 
liATou»  nii-cuntciiU  ;  en  eflVt,  U  uouvellt*  di'  U  dcnûérG  déloyauté  du 
roi  a  (ail  quitter  son  parti  û  «oîxautc  hauts  baron». 

588.  DiuiLâ  hésiU.*  imm  uù  pou  à  guerroyer  coulrv  son  iu?if;neur,  mais 
Dinailan  pronoatu!  devant  les  baruii»  urj  discours  dans  Inquel  il  actru.se 
Dioad  do  poltroDDorie.  et  lo^  engage  vivement  à  commencer  la  guerre  : 
«  Je  vous  aiderai,  «'écrie-l-il,  et  avant  trois  mois  Marc  sera  obligé 
d'abandonner  sa  lerrel  ■  Les  barons  l'approuvent,  charmés  du  recours 

îo  chevalier,  et  prO-teot  serment;  on  devra  se  r»^unir  au  Château 
ainsi  ap[)elé  d'un  Itarun  do  Gaule  qui  l'avait  fait  construire. 

589.  Marc,  averti  par  un  chevalier  et  encouragé  par  Andret,  ras- 
semble des  tnmpes.  Mais  il  a  les  esprits  contre  lui,  et  son  année  est 
battue.  Il  ne  peut  même  pu.»  retourner  à  Tintagcl ,  le  pa^sago  étant 

barré;  il  s'enfuit  vers  la  forêt'  et.  quoique  vivement  poursuivi  par  ses    Marc  en  fuite. 

cancmifl.  il  réussit  à  gagner  une  profonde  vallée,  où  il  pk'ure  et  &c 

désole  d'avoir  perdu  eon  royaume.  Il  se  dit  qu'on  le  cha^era  de  terre 

on  terre,  parce  qu'il  a  tué  sou  ueveu  :  «  C'est  moi-mérae,  *'écrie-t-il, 

cl  non  Triiftau,  que  j'ai  mi»  â  niuri  !  »  Ne  voulant  plus  chevaudier,  il 

laiâse  sou  cheval  s'en  aller,  sa^-i-ied  à  nuefunlaine.  a  tient  ces  .11.  maint 

a  soi  fac€. 

590.  A  l'entrée  do  la  nuit,  de  bruyants  hennissements  «o  font 
entendre  dans  la  forêt.  Le  roi  a  peur,  quille  la  fontaine  a  se  met  devant 
1010  roche  an  \me  essnmbre:  il  n'a  plui*  ni  tance  ni  é^K-e.  et  son  heaume 
est  resté  â  la  fontaine,  où  arrivent  i»eu  apnS*  deux  chevaliers ,  qui  f-e 
plaigueai  de  la  grandi*  p<;rte  que,  eu  jour  même,  la  Cornuuaille  asubie, 
sur  le  champ  de  liaiailln,  grâce  à  son  roi/ir/on,  le  meurtrier  de  Tristan. 

591.  Marc,  les  voyant  endormis,  résout  de  s'esquiver  et  d'alIiM"  au 
boni  de  la  mer  pour  trouvt^r  un  vais.seau,  Jésintnt  pa.^ner  n'importe 
quel  autre  lieu  que  la  Oirnonaille.  II  s'éloigne  limt  doucement,  trouve 
son  cheval  mort  et  marche  toute  la  nuit.  Arrivé  à  la  mer,  îl  voit  par 
bavard  une  nef  prélc  à  partir,  se  fait  conduire  eu  bateau  a  ce  vai5*eaa, 
qui  quitte  déjà  le  port,  y  entre  et  y  trouve  uue  fuule  de  voyageurs  qui 
«*en  vont  en  Logre#  iKmr  éviter  les  horreurs  de  la  guerrri  :  tous  w 
lamentent  du  grand  malheur  que  le  pays  \ient  d'éprouver  par  suite  de 
la  désastreuse  bataille  de  la  veille. 

1^692.  On  peut  juger  do  l'elTroi  de  Marc  quand  il  se  voit  ainsi  entoura 
ses  ennemis  mortels;  quoique  se  (."oùan/ de  son  mieux,  il  t-st  reconnu 
et  menacé  de  mort.  11  letir  crir  niercit  k  plusieurs  reprises,  pleure 
très  fort  et  tant  an  fait  (/ua  U  aquant  an  on  pitiet ,  por  ce  que  lor  sire 
«fiffii.  Uni  genii  hons  s<iutient  qu'on  devrait  plutôt  tuer  son  eiiftint  q«(î 
son  seigneur  et,  snr  son  con-eil,  on  décide  de  retourner  en  Gomounille 
pour  livrer  le  mi  à  la  merci  des  grands  barons. 


1.  OmoM  i»  T0W.  BU,  vuàï,  Mmk  OÊmlt  lim  t^itt.  9,  4B». 


Marc  oxposé 

daus  uni}  Ile 

dôsorte. 


593.  Cet  ttrrôl  remplit  Mort  do  lU'scspoir  ;  «  Tuez-moi  plutôt  sur  U 
champ  !  8>crio-t-iI  ;  si  serait  ma  dalor  finff.  »  Il  avoat;  avoir  mrriii'  h 
mort,  parce  qu'il  a  luy  Tnslaii.  Sos  pleurs  oX  «ws  lanien  lai  ions  mmlovfTnt 
eucore  la  pitiiS  des  vuyaguurs,  f]ui  Hedi^l*irminc'nl  enlio  âabaailimner  le 
roi  dans  uun  ili»  iubaliîli^  ilevaul  laquelle  on  passe.  Marr.  nn  rst  tr^îs 
content,  et  Uf  vaisseau  retourne  en  GttruouiiillL',  uù  l'ou  se  fclicited'ètre 
déharransd  do  cv.  coupable  roi,  et  dieni  tu  que  an  tel  tieu  i'antpuisi  ilaler 
H  vue  malle  honte  li  puisse  avenir. 

594.  Oinas  refuBH  la  txturoune  qu'oa  lui  oITre,  gI  propose  de  s'adres- 
sor  au  roi  Arthur  aGn  iju'il  leur  douue  uu  souverain.  Ou  charge  do  co 
meesa^o  un  chevalier,  ia[n\dunas,  qui  part  avec  dix  gi^aliUhomnics. 

595.  Marc  altead  la  morl  daus  soo  île,  en  so  répétant  quo  c'est  lui- 
méme  qu'il  a  tué,  et  nou  Tristan.  Le  lendemain,  il  voit  la  mer  forte- 
ment houleuse;  il  ne  relire  un  peu  el  adresse  uu  discours  à  l'ucéau,  lui 
demandant  si  sa  rage  vient  d'orgueil  ou  de  courroux.  L'orgueil,  c't^tde 
la  folie  :  lui-même,  ayant  tu6  Tristan  par  orguuit,  a  été  fortt'nietK 
bumilid.  Lo  courroux,  c'est  encore  de  la  folie  :  lui-mûme  aurait  .sujet  a 
BO  courroucer,  lui  qui  est  à  présent  tout  à  fait  dêsbouoré,  mais  la  mer 
uo  doit  point  ètro  eu  colère  contre  lui,  «  car  nul  ne  s«  doit  coresier  que 
moi  $or  foi.  n 

596.  Et  il  apostrophe  ainsi  la  mer  toute  la  journée.  A  l'approche  di* 
la  nuit,  il  voit  venir  un  bateau,  qui  se  ferii  a  terre  aike  prhs  de  lui,  si 
durcmant  c'aipoc  qu'il  n'eit  los  dtbrisiez  ;  un  homme  y  est  coucIk^,  la  fm 
contre  terre.  Marcprani  la  corde  don  baitel,  a  la  tire  si  duremant  a 
si  qi$il  tire  bien  la  moitiez  don  bailel  a  terre;  si  l'ataicîie  adonc  a  une 
roche  qui  iluec  estait.  Il  entre  et  trouve  l'homme  vivant,  mais  il  avoit 
to$perdm  tos  le  joru  a  U  memore  a  lo  pooir  dez  mambre  à  la  suite  de 
l'épouvante  que  lui  avait  causiSe  la  tomiante  de  la  mer. 

597.  Le  naufrof^â,  revenu  à  lui,  passe  la  nuit  saaa  parler;  le  lende- 
main, il  dit  ^tre  un  pécheur  du  royaume  de  Logres,  aux  environs  du 
chAleau  de  la  Cairiere^  emporté  par  la  tompi^to  jusqu'à  a;tte  ile.  Marc 
Si*  donne  pour  un  chevalier  qui  en  a  tut^  un  autre  sur  le  vaisseau  nù  il 
«0  trouvait  :  a  Tout  d'abnrd ,  dit-il,  on  voulait  me  mettre  à  mort,  mais 
on  se  contenta  enGn  de  m'abaadonnerdaus  cette  ile.  »  C'est,  raconte  le 
pi^cheur,  Vile  redoutable^  nommée  piu*  d'autres  VSspraeve  Utrrpandragon, 
parce  que  ce  roi  y  fit  une  grande  pruuesse  deux  ans  avant  sa  mort.  Le 
roi  Marc  dit  se  souvenir  vaguement  de  cette  histoire,  qu'à  mi  prière  In 
pécheur  lui  rappelle  ; 

598.  1  Aujt  temps  d'Ulerpeodragon,  un  géant  doué  d'une  force  pro* 
digieuse  habiuiit,  dan»  celle  lie,  une  belle  et  forte  tour  dont  vous  pou- 
vez encore  voir  les  ruines;  il  avait  enlevé  une  demoiselle  noble  du 
royaume  de  Norgalles ,  et  atre  mainie  avait  il  ancorc  avec  luj.  Dans  \ca 
nuits  sombres  el  orageuses,  ce  gt^ant  allumait  du  feu  nu  haut  de  la 
tour,  attirait  par  là  des  voyageurs  qui  étaient  en  péril  sur  la  mer  et  les 
mettait  à  mort  àleur  arrivée;  de  là  le  nom  de  l'Ile  redoutable.  Uo  jour, 
le  roi  Ulerpendragoo  fut  jeté  par  une  tempête  près  de  cette  ile;  nevou- 


—  415  — 

Unt  point  manquer  l'occasiou  de  onmbattrc  II*  K<^aat,  il  aborda ,  revétU 
le«  année  tpi'on  tn>uva  dan»  1i'  viiiss(.*au,  et  fondit  ^xir  If  mnitsin*,  que, 
dv^  tntib  cciups^  il  tua;  un  mnssnr.nt  ensuite  les  autrt'ç,  sauf  la  tlcinoi- 
icWtf,  et  on  di^mulit  la  limr.  Le  roi  Ht  venir  la  tête  du  gôout  l'U  Lojçrcs , 
|u>ur  qu'on  admir&t  ra  bravoure,  ou  trouvait  ccpeudaut  que  c^t  eiploit 
avait  plutôt  été  dicté  par  la  Folie.  • 

599.  Le  pécheur  console  Marc,  Teogage  à  compter  *ur  Oieu,  qui  no 
\e3S  oubliera  puiot,  et  lui  donne  du  pain.  Le»  doux  compognonâ  d'ia- 
fortune  restent  en^mble  tuuie  la  juuruée ,  ili^  n'oublient  pa&  d'aller 
voir  loâ  ruines  de  la  tour.  Le  lendemain,  le  pêchcor  part  en  emmenant 
Marc,  qui  entre  dans  le  bateau  en  se  signant. 

GOU.  Quel  voyage  pour  un  roi  t  Le  pécheur  ramo,  ot  Marc  l'aide  de 
8i>n  mieux;  au  6oir,  iU  arrivant  au  cltâieau  de  la  Cairitre.  situ^  sur  le? 
cimûoit  des  ro>-aume»  île  LojffOJii  l'i  de  Kùrfrallw.  Le  p»^chour  loge  cbei 
lui  M&rii,  qui  M)uirre  de  se«  blessures  et  envoie  .^>d  hôte  au  chitcau 
truuvej-  un  mi^eciu.  Le  fdgneur  du  chAteau  fait  prupo^r  â  Marc  de 
rester  uvt'c  lui;  o^lui-cî  accepte  avec  emjiressiîaient-  Ou  If  »uigne,  et, 
grâce  aui  peines  que  se  donne  le  sei^Tiour,  nommé  Hamedont,  le  bLessé, 
qui  ne  veut  rien  révéler  de  son  estre,  est  guéri.  Ayant  plu  à  llamedont, 
il  est  gardé  chez  lui  comme  son  compa^an. 

601.  Sur  ces  eutrefaites,  Bohort  arrive  à  la  cour  d'Artlmr',  «ù  ou  Lacourd' Arthur 
port*  toujours  le  coslumo  noir  en  souvenir  de  Tristan  ;  pendant  l'aniiêe  pleure  Tristan. 
lie  deuil,  le  roi  n'alla  jamais  à  la  chasao  ne  fframmant  ne  chrvacluàt  ne 
ne  fil  samblant  de  lieue.  Chaque  malin,  à  la  rentrée  de  l'ê^tiâe,  tout  te 
monde,  y  compris  la  reine  avec  le»  dames,  n'assied  par  terre  ;  deux  che- 
valiers, ayant  api>ortê  l'êcu  et  l'épée  de  Tristan,  montent  &ur  un  eiêge 
luiul,  celui  qui  porte  répéo  la  tire  ot  la  montre,  eu  nfcitanl  le  lai  sui- 
vant :  Signor,  saùs,  gardes,  vees  Le  brant  Trùtant,  qui  an  cat  atis^  etc. 
Atnrs  *Ylëvent  des  cria  de  doubnjr,  et  tous  vuntj  en  ])leuniiit.  baiser 
!e  jioniracau  de  I  epéo,  ainsi  et»n  ce  fust  uni  saintuaire;  l'autre  cheva- 
lier 6to  la  housse  vermeille  qui  couvre  l'êcu,  et  le  montre,  en  disant  le 
lai  qric  voici:  Signor,  iv«  ri  û  miraour  Qui  don  mande  fujai  /twttr,  etc. 
L'  iops  reprennent.  Ensuite  Arthur  ?e  levé,  va  devant  l'écu 

g%  iplainte  par  soit.  Et  sav:h%et  que  celle  complainte  estait  faiU 

sanblancr  de  lait,  a  de  dit  a  de  champ,  et  estait  diliee  en  tel  tnaniert  i 
t  guf  j(  vott  que  defineir  Covient  mes  ftnt  a  deciineir,  etc.  On  pleure; 
Lancrlot  prend  la  place  quittée  par  le  roi  et  dit  celai  :  Ami,  qui  dé  tott 
6ontei(  Àvies  te  mvnde  j»rmont(it ,  etc.  Puis  c'c^l  le  tour  de  la  reine 
Guenièvre  :  Signor,  vtes  si  uns  «xcu  Su  taM  œme  ces  sire  ot  veeu^  etc. 
Plusieurs  autro!»  récitent  des  lais,  et  Blioberis,  Ucclor  des  Maréi}  '  cl 
Gafaeriet  disent  leur«  complaintes. 

GOï.  Qohori  est  tréa  ému.  Arthur  avait  composé  auHsi  tui  lai  à  l'oc' 
casiun  de  la  mort  de  Palamède  :  c'eist  le  Re^frai  de  Patamides  ;  a  par  ee 
que  vos  sach  ùl  quel  li  tait  jut,  le  tos  devuerai  je  tùs  plainnnT\ant  a  dirait 
en  tel  mùttiere  :  Per  d'jlour  fait  *na  eonpiainte  |  Ùonl  j'ai  le  cuer  paille  a 


l.  Cc(|ikla<lOk^ti>ncoat^f  voy.  |(7»fter.  H604rteir 
a  Ma.  atettr  ée  Motm, 


—  416  — 

iainU,  Ole.  Main  Lanc.  an  fit  un:atrt  Uùt,  tmut  bien  dii^quifut  ajtelte^ 
k  floitre  di  Pat.  Cu  dauil  dura  Lion  une  tLauée  entière 


Le  corps  de         ^^^^    Arthur  fait  transporUT  à  0.imaal(ith  tH  di^f»09fir  eplftudidi'raout 
Piilamëde  Irons-  dans  la  viaistre  l'gltse,  nommt^o  Veglùif  de  S.  Ettcnne*,  le  oofps  r!i*  l*al;i- 

portéÂCamaa-  nii\lp'.  Il  voulait  faire  lovor  aussi,  de  Cumouaille.  le  corjis  île  Tnéinn 
pour  Ur  pliippr  à  cMé  Af  fion  j:rand  émule  :  aiuui  tout  K»  monde  vifo- 
drtiit  À  Camaalulh  voir  le;  tiimbr'uii  dos  deux  meilleurs  clie\ii)ii>n$  dM 
monde;  mais  ce  projet  n'oul  pus  de  suite,  le  roi  aym»  apprJK  à  oiîi 
époque  ÏM  le  fait  de  Lanc.  et  de  tu  ro'yne  Guenuevu  ^.  Depuis  que  PaU 
lui'de,  mort,  t*e  trouvait  û  Caïuaalotli.  Gauvaiu  ne  vol  onque  puis  tt< 
antrvr  :  par  là  au  r(n:unnul  qu'il  avait  tUL^  II*  ciJUdin)  cbt.>valjer,  ce  dont 
il  (j'tilaii  toujours  dèfeudu  Jusque-là;  bL'aucoup  Iti  prirent  en  Imiue  h 
cause  de  ce  meurtre,  et  notamment  les  membres  do  la  lignine  du  rui  Iton. 

GÛi.  Hobort,  e'iîtaut  repo&é  quatre  jours,  est  prié  par  le  roi  de 
raconter*  les  aventures  qu'il  a  eues  pendant  la  quête  du  saint  Gnuil. 
comme  la  mort  de  Peii:eval  et  do  Oatuad,  et  l'aventure  «  cl  atfaiui^e 
range  a  de  la  serùulz  Perxeval  y«e  iluec  fut  ",  ansi  corn  on  le  m'ai  a/rUe:  ». 
En  ce  moment  entre  le  elenr  qui  mol  par  éerii  les  ]nor\eilleu<ieii  aven- 
tures trouvik's  par  les  chevaliers  errants,  el  Bohorl  raoïnta  tout  ce  qu'il 
t>e  rappelle. 

605.  Arthur  rente  à.  Camaaloth  pendant  trois  mois.  Marc  a  quitté  le 
cliAtcau  de  la  Gairiere  pour  se  rendre  cliez  Arthur  ol  lui  crier  mereit.  Il 
a  liDO  grande  confianocî  dans  la  gi^iièiitsUi'  bien  c<jnnue  di*  ce  pnnr,e,rt 
espère  qu'il  lui  donnera  œun  boin  oonsoil  nn  sa  povrelHt. 

60G.  Les  chevaliers  d'Arthur,  fatiguoj'  de  réterne!  deuil,  ou  cniipormt 
des  suites  fâcheuses  pour  la  ronommiV*  do  la  cour,  ol  représentent  au 
roi  que,  s'il  a  perdu  de  brillants  chevaliers,  Ijincelol  lui  reste  A\fC 
Bohort,  Hector,  BUoberis  et  d'autres  :  qu'il  cease  donc  do  su  Uvnir 
chsgi'in,  et  qu'on  aille  dès  le  lendemain  à  la  chasse. 

G07.  Le  roi  y  cousent,  et  Ton  va  cha«»er.  Un  cerf  entraîne  u>ut  1« 
monde.  Blioberis  en  proHttî  pour  retenir  Lancolot,  à  qui  il  veut  dini 
une  parotle  :  un  peu  indis^posé  la  veille  au  s^oir,  il  s'était  courbr  |Hiur 
dormir  «  an  une  des  chantfre  Ia  roi  si  priveemani  que  nul  ne  m'i  savtfU 
leant  »;  aiiii-i  il  avait  pu  entendre  tme  conversation  d'Apnivain  avec 
Mordrel  :  les  deux  frères  comptent  rtWéler  h  Arthur  Iiy  amours  de 
Lancelot  et  de  (îucnièvre.  Une  guerre,  dit  Blioberis,  serait  très  déplo- 
rable: quinze  cbevaliers  de  lu  lignée  do  Ban  simt  morts  peiidanl  lu  quête, 
et  on  no  pourra  plus  compter  ni  sur  Tristan  ni  sur  l^alaniédi*  J^-incrloi 
confesse  son  amour  pour  la  reine  ;  cet  amour  (pii  déshituon?  la  lign^» 
est  dû,  dit-il,  aux  enchantements  de  la  dame  du  Lac;   au  resie.  la 

1,  WnnMMtraoTcinisttfchiiniw. 

9.  Vox.  i  M«. 

•.  Dm  Toit  qM  DOtrr  imnRCdr  ne  w  seal  pu  II  «oonge  âa  blra  imuiNirtat  la  «adamA* 
Trtotu  à  OiiBUloUi.  comma  II  rkut  <I«  le  tUn  iM»ar  PsliuiiMe,  4mu  l'iJiKatton  «vld«IU«  <to  IMl 
MitiMiitrer  dau  U  eftl>lt)ilo  •t'AtUiiiT 

4.  C'eaC  {oiur  1b  dousUmc  fub  ilaaa  ce  ma.i  Toy.  g  6r&  et  et.  |g  «01  el  il*. 

a.  c(.f  aiSH- 


—  417  — 

guerre  ne  lui  fait  pas  peur  :  les  ineilleurs  chevaliers  du  monde  et  du 
royaume  de  Logres  se  rangeront  de  son  cùté.  «  Mais  si  le  roi  vous 
surprend?  —  Je  saurai  me  parder,  comme  je  l'ai  fait  jusqu'à  présent.  » 
A  ta  prière  de  Blioheris,  Lancelot  promet  d'être  prudent. 

608.  Arthur,  mieux  monté  que  les  antres,  jirend  les  devants  sur  eux 
en  poursuivant  le  cerf,  qui  so  jette  enfin  dans  une  fontaine;  là  il  est 
tué  par  le  roi,  dont  le  cheval  toml)e  mort  d'épuisement.  Arthur  sonne 
trois  fois  du  cor,  mais  à  la  place  des  chevaliers,  qui  sont  trop  éloignés, 
arrive  le  roi  Marc,  qui,  traversant  la  forêt  jiour  aller  à  Camaaloth,  et 
entendant  le  son  du  cor,  espère  trouver  quelt|n'nn  de  la  cour  auprès 
duquel  il  puisse  se  renseigner;  il  n'a  d'armes  que  sou  épée.  Les 
deux  rois  se  saluent  sans  se  reconnaître.  Ayant  demandé  des  nouvelles 
d'Arthur,  qui  se  nomme,  Marc  se  jelte  à  ses  pieds  et  implore  son 
secours  :  ses  liommes,  dit-il,  l'ont  chassé  et  lui  ont  pris  sa  terre,  uni- 
quement parce  qu'il  avait  tué  un  chevalier.  Arthur,  ne  se  doutant  pas 
que  c'est  le  roi  de  Cornouaille,  lui  promet  de  l'aider  et  veut  l'amener  à 
Camaaloth,  eu  le  prenant  sous  sa  protection  contre  ceux  de  la  cour  dont 
le  fuyard  dit  être  haï.  Marc  ne  se  nomme  qu'après  que  le  roi  Arthur 
lui  a  garanti  qu'il  n'aura  rieu  à  craindre  en  Logres,  fût-il  son  ennemi 
le  plus  mortel.  Arthur,  très  vexé  de  s'être  laissé  ainsi  surprendre, 
recommande  à  Marc  de  rester  dans  la  forêt,  chez  un  ermite,  afin  qu'à  la 
cour  on  ne  le  tue  pas.  Enfin  les  chevaliers  arrivent  ;  Marc  se  fait  passer 
pour  un  chevalier  étranger,  et  Artlmr  le  conduit  à  l'ermitage. 

Ce  jour  même  arrivent  Landunas  '  et  ses  comi)agnons.  Arthur  leur  Marc  restauré 
déclare  qu'il  faut  reprendre  Marc,  malgré  tout  :  s'il  commet  eucore  des  P*""  A*"'""^* 
trahisons,  qu'on  le  mène  prisonnier  en  Lopn's  pour  être  puni  i>ar  Arthur. 
Landunas  risque  en  vain  une  ohjection.  Arthur  dit  qu'il  fera  savoir  sa 
volonté  aux  Gornouaillaispar  une  lettre  {[ue  leur  apportera  un  chevalier, 
accompagné  <lu  roi  Marc,  et  Landunas  retourne  en  Cornouaille,  où  on 
s'afilige  beaucoup  de  la  décisitm  que  vient  de  prendre  le  roi  Arthur. 

Au  bout  de  dix  jours.  Marc  repart  donc  pour  la  Cornouaille;  il  est 
accompagné  d'Ivain.  le  fils  d'Urien.  Ses  sujets  le  reconnaissent,  d'assez 
mauvaise  grâce,  pour  seigneur,  et  lui,  de  son  côté,  prête  le  serment  de 
les  bien  gouverner. 

609.  Dinadan.  désolé  d'avoir  ainsi  perdu  sa  peine,  et  craignant  la 
félonie  de  Marc,  retourne  en  Logres.  Il  prend  terreau  Chasieldont  Port 
et  se  rend  vers  le  manoir  d'un  chevalier,  son  parent.  Il  descend  à  une 
fontaine,  où  il  s'endort  ;  dans  son  rêve,  il  se  voit  attaqué  et  tué  par  deux 
bêles  féroces  :  il  se  réveille  en  sursaut,  très  effrayé,  se  signe  et  prie  le 
ciel  de  le  protéger.  Au  soir,  il  arrive  chez  son  parent;  c'est  Ârin,  son 
cousin,  qui  le  reçoit  avec  une  grande  joie  et  à  qui  il  raconte  ce  qui  s'est 
passé  en  Cornouaille.  Dinadan  est  toujours  chagrin,  préoccupé  de  la 
mort  de  Tristan  et  do  son  rêve,  qui  inquiète  aussi  Arin.  Il  ne  croit 
pas  devoir  accepter  l'invitation  de  son  hôte  de  rester  avec  lui  quelque 
temps  :  on  ne  dira  pas  qu'un  songe  l'a  intimidé  à  ce  point.  Il  part  deux 
jours  après.  Arrivé  a  demi  jornee  de  Camaaloth ,  il  jireod  a  son  conduit 
une  demoiselle  qui  attend,  à  l'entrée  de  la  forêt,  que  quelqu'un  vienne 

I.  Voy.  S594. 

LosKTH.  —  Tristan.  27 


—  418  — 

qui  puisse  raccompagner.  Elle  dit  être  partie  de  Norhonberlande  pour 
la  cour  d'Arthur,  a6n  d'y  voir  son  frère  malade. 

610.   Un  chevalier  les  rencontre  et  dispute  la  demoiselle  à  Dinadaa. 
Après  avoir  vainement  décliné  la  joule,  celui-ci  laisse  courir  son  cheval 
contre  le  nouveau  venu,  ([ui  n'est  autre  que  Brehus  :  tu  li  livre  gue  de 
l'Uloire  don  .s.  Graal  paroUe  font  mansiont  de  lui,  ...et  por  la  grant  viUH 
nie  de  lui  an  parolle  tu  li  livre  qui  de  la  halte  istoire  don  .s.  Graal  sont 
extrait.  Ils  se  désarçonnent  l'un  l'autre,  puis  chamaillent;  tous  les  deux 
sont  aike  d'une  force  et  voudraient  liien  cesser  de  se  hattre.  Brehus  se 
retire  peu  à  peu  vers  son  cheval  pour  y  monter  et  attaquer  ensuite 
Oina<lan,  qui,  comprenant  ce  manège,  court  monter  lui-même  :  a  Vous 
savez  plus  que  pain  manger,  lui  dit-il  ;    mais  cette  fois-ci  vous  ne 
m'attraperez  point.  »  Bn?hus  renonce  alors  à  la  demoiselle.  Dinadan, 
ajtprenant  le  nom  de  son  adversaire  :  «  Quel  diable,  s'écrie-t-il,  vous 
fait  donc  vivre  aussi  longtemps?  Je  regrette  bien,  ainsi  que  tout  le 
monde,  (pie  vous  ne  s<iyez  |>as  mort!  «  Et  il  veut  reprendre  le  combat 
pour  venger  tos  le  monde.  Brelnis  lui  fait  dire  son  nom  et  l'accable  d'in- 
jures en  lui  renvoyiintsaiiueslion:  t  Quel  dialtle  vous  fait  vivre?  Voxfust 
tos  jor,  Dtjn.y  dnlaiit,  chaiti,  noiant ,  couart,  jrngleir,  madisant,  inapar~ 
lier!  Ont^ue,  voir,  n'oiy  si  honie  latigiw  cmn  la  i^ostre!  Les  iirud'hommes 
monrcni,  el  vous,  le  maiiviiis.  survivez  toujours  ;  ce  ext  damage  por  tos  le 
monde,  griynor  (ju'il  n'est  de  mnil  »  Dinadan,  tivsen  colère,  exige  un  com- 
bat, mais  Brehus  refuse  :  «  Bats-toi  avec  tuu  écuyer,  si  tu  veux;  moi,  j'en 
ai  assez!  » 

6H.  Survient  une  dame  avec  une  grande  suite;  elle  désire  savoir 
pourquoi  les  deux  chevaliers  se  sont  battus,  leurs  noms,  etc.  Dinadan 
lui  expliqufî  tout.  La  dame  saine  avec  joie  Brehus  :  c'est  Morgain ,  qui 
l'aime,  jinrce  qu'il  hait  Lancelot.  Elle  le  prend  à  part  et  se  plaint  de 
n'avoir  pu  ironver  un  chevalier  assez  courageux  pour  avertir  Arthur  de 
sa  honte,  Ions  craignant  Lancelot;  «  mais,  ajoute-t-elle,  il  mevieuiune 
idée:  si  je  chargeais  Dinadan,  (|ui  s'en  va  à  la  cour,  d'apporter  au  roi,  de 
ma  part,  une  lettre  dans  lai]uelle  j'ai  tout  révélé?  »  Brehus  l'approuve, 
et  elle  donne  à  Dinadan  la  lettre,  qui,  dit-elle,  lui  a  été  remise  par  un 
chevalier  de  Norgalles  jiour  qu'elle  la  fit  parvenir  au  roi  Arthur.  Elle 
ne  veut  pas  se  nommer  et  part  avec  Brehus,  qui  refuse  définitivement 
de  se  battre  avec  Dinadan.  Jlais  la  demoiselle  fait  savoir  à  celui-ci  que 
cette  dame  est  Morgain,  et,  arrivé  à  une  vieille  maison  déserte,  Dina- 
dan, qui  se  plaint  à  son  écuyer  do  se  sentir  indisposé,  descend  et  lit  la 
lettre  :  A  tog,  roi  Artu,  qui  aignour  Es  de  Bretaigne  la  grignour,  etc. 

inadon  mortel-  G12.  Bendanl  qu'il  maudit  la  mécliante  femme,  Agravaiu  et  Mordret 
lement messe,  arrivent;  ce  sont  les  deux  ennemis  mortels  de  Dinadan,  non  pas  qu'il 
eût  mérité  leur  haine,  mait  par  la  grant  ftllonie  qu'il  avoicnt  hcrbergiel 
an  lor  cucr.  Ajqu'enant  son  nom,  ils  se  retirent  et  se  consultent  : 
«  Voilà  une  belle  occasion  de  nous  venger,  dit  Agravain;  la  cour  le 
croit  en  Coniouaille;  nous  pourrons  donc  enfin  punir  celui  qui  nous  a 
si  souTent  di'shonorés.  »  Et,  malgré  les  instances  de  son  frère,  qui 
craint  la  bravoure  de  Dinadan,  il  délie  leur  ennemi.  «  Qui  ètes-vuus?  n 
demande  Dinadan,  cachant  son  iu(|uii'tude.  «  Al  cop  resevoir  le  sawreit 


—  419  — 

roî,  réplique  Agravain;  montez!  ou  jp  vous  frappe  sur-Ie-clianip.  » 
Dinadan  se  !^CDt  gagner  par  la  colère,  munie  et  dt5$arronne  J'aburd 
Agravain,  puis,  en  rompant  son  glaive,  Mordret,  apré.-!  quoi  il  part 
avec  la  demoiselle.  Lorsqu'ils  sont  arrivés  eu  vue  de  Camaaloth, 
Dinadan,  repris  de  son  malaise,  descend  pour  se  reposer.  La  demoiselle 
ne  veut  pas  le  quitter;  elle  lient  à  la  main  la  lettre  (|ue  Dinadan  avait, 
laissée  pour  jouter.  En  ce  moment,  les  deux  frères  reparaissent. 
Dinadan,  averti  par  son  écuycr,  monte  à  cheval.  Fatigué  conmie  il 
lest,  par  suite  de  son  combat  avec  Brelius,  il  ne  peut  longtemps  sou- 
tenir les  coups  que  lui  portent  à  la  fois  ses  ennemis  mortels.  La  (\?moi- 
selle  et  l'écuyer  regardent  en  pleurant  ce  combat  inégal.  Dinadan 
commence  à  reculer;  les  agresseurs,  se  disant  qu'il  est  a//fj,  l'assaillent 
de  plus  belle.  Mordret  le  suriirend  enfin  a  la  traverce,  le  tire  par  le 
heaume  et  le  fait  tomber  de  cheval  tout  étourdi.  Agravain  saute  à 
terre,  a  lor  souHete a  Dyn.,  après  lui  avoir  arraché  le  heaume,  lepant 
é^nt  haber,  a  U  boule  Vespee  on  vantre.  Le  blessé  jette  un  cri ,  se  recom- 
mande à  la  merci  du  ciel  et  étend  ses  membres.  Les  meurtriers  parteut 
en  disant  que  désormais  Dinadan  ne  leur  fera  plus  jamais  honte,  et 
vont  prendre  leur  logis  dans  un  château  dont  Arthur  a  fait  cadeau  à 
Ivain,  ûls  dUrien. 

613.  Us  rencontrent  Hector  des  Mares,  qui  vient  de  ce  château.  Une 
reconnaît  pas  les  frères,  «pii  ont  changé  leurs  armes;  eux,  de  leur  côté, 
désirent  l'éviter,  étant  en  mauvais  termes  avec  lui,  et  quittent  le 
grand  chemin.  Hector  s'en  étonne,  soupçonne  qu'ils  ont  peur  et  envoie 
un  écuyer  leur  demander  qui  ils  sont  et  pourquoi  ils  se  sont  écartés  de 
la  route.  Us  disent  être  des  chevaliers  de  Xorhonberlande.  qui  ont  voulu 
se  sou.'îtraire  pour  cette  fois  à  la  joute,  et  Hector  reprend  sa  marche. 
Agravain  et  Slordret  arrivent  chez  Ivain  et  lui  racontent  les  amours 
de  Lancelot,  inconnues  à.  leur  hôte,  qui  en  est  très  fâché,  et  déclare 
qu'a  moins  d'y  être  forcé,  il  n'aidera  point  son  .seigneur  lige  en  cette 
affaire. 

Hector,  attiré  par  les  pleurs  do  la  demoiselle  et  de  l'écuyer,  vient  à  n^^^Han 
Dinadan,  qui  se  meurt.  A  sa  prière,  on  lui  raconte  re  qui  s'est  passé, 
et  il  se  reproche  d'avoir  laissé  échapper  les  deux  chevaliers;  apprenant 
le  nom  du  blessé,  il  éprouve  une  vive  douleur  et  se  lamente  :  «  Petit  de 
tant  aveit  durcit  après  le  vostre  chier  ami  monsignor  T!  n  Quant  Dyn.  ol 
parleir  de  Tr.,  i7  ofvre  les  eulz  et  exprime  sa  joie  de  voir  Hector  assister 
à  sa  mort  ;  puis  il  dénonce  les  deux  frères  et  prie  son  ami  de  le  faire 
porter  à  la  Table  Ronde  ;  s'il  succombe  avant  d  y  arriver.  Hector  priera 
Arthur  de  l'enterrer  à  côté  de  Palamède,  son  ancien  compagnon. 
Hector  le  fait  conduire  sur  ime  bière  chevalerescf.  A  la  nouvelle  de 
l'arrivée  d'un  nouveau  mort,  le  roi  .4rthurest  aflligé.  Lancelot  descend, 
et  Hector  lut  dit  que  c'est  Dinadan.  que  Lancelot  embrasse  en  pleurant. 
Grand  chagrin  à  la  cour.  Hector  dit  les  noms  des  meurtriers,  porte 
Dinadan  à  la  Table  Ronde  et  lui  dit  qu'il  est  là  où  il  avait  désiré  venir. 
Dinadan  regarde  faiblement  les  assistants  et  dit  qu'il  a  maintenant  ce 
qu'il  veut.  Il  recommande  son  âme  à  la  grâce  de  Dieu,  engage  les 
compagnons  à  prier  pour  lui ,  demande  qu'on  le  mette  à  côté  de  Pala- 
mède, se  signe,  se  recommande  à  Dieu,  en  pleurant,  et  meurt  dans  les 


Dinadan. 


—  420  — 

bras  de  Lancolot,  qui  lo  maintenait  dans  ce  moment  suprême  *.  Grand 
deuil.  Le  lendemain,  à  midi,  Dinadan  est  enterré  à  c<)té  de  Palamède. 
La  nouvelle  arrive  an  château  d'Ivain;  Agravain  et  Mordrain  pré- 
tendent être  les  victimes  du  mensonge  et  de  la  calomnie. 

614.  Au  bout  de  quinze  jours,  Arthur  est  décidé  par  ses  chevaliers 

à  aller  chasser.  Lancelot,  que  Guenièvre  a  vainement  tâché  de  consoler, 

est  chagrin  et  distrait  à  cause  de  la  mort  de  Tristan  et  des  autres.  A  la 

chasse,  le  roi  s'écarte  en  poursuivant  un  cerf,  et  rencontre  un  écuyer 

saignant   et  Tuyant  un  chevalier;   il  le  retient,  en  promettant  de  le 

protéger  contre  celui  qui  le  poursuit  et  qui  arrive  aussitôt;  c'est  Brehus, 

qui  vieut  de  tuer  le  frère  do  l'écuycr,  un  chevalier  qui  était  son  ennemi. 

rthur  apprend  Après  une  joute  indécise,  Brehus  apprend  au  roi  que  la  reine  le  trompe. 

38  amours  de    Arthur  se  loge  ensuite  chez  un  vavasseur  ([ui ,  sans  le  connaître ,  lui 

Guenièvre.       raconte  les  amours  de  Lancelot.  Le  roi  rentre  à  Camaaloth,  où  les 

chevaliers  de  Sorelois  et  de  ta  Terre  gasto  envoient  lui  proposer  un 

tournoi  contre  ceux  de  Xorgalles  et  de  Northumberlande.   Lancelot 

refuse  d'y  aller;  le  roi  fait  venir  Gauvain,  qui  lui  conseille  de  ne  pas 

provoquer  la  lignée  de  Ban. 

i  fontaine  qui       615.  Lancelot  part  secrètement  ])onr  le  tournoi,  et  trouve  â  une  fon- 
pe  guérit  plus  taiue  S<'gui-udes  avec  une  demoiselle.  Celui-ci  lui  raconte,  à  propos  de 
après  lï^mort  l^*^unt*ii"'i  q"'""  roi  païen  de  Camaaloth,  Camaalis  —  de  là  le  nom  de 
de  Tristan.       la  cité  —  avait  jadis  défait  l'armée  chrétienne  de  Joseph  et  de  Nascien 
et  chassé  les  chrétiens  devant  la  Tour  aux  Géants,  située  près  de  la  fon- 
taine, où  l'on  v(nt  aujourd'hui  une  autre  tour.  Un  coml)at  singulier 
entre  Camaalis  et  Xasoien  fut  lixé.  Viw-  voix  dit  à  ce  dernier  d'enfoncer 
son  ghiive  dans  la  terre  :  une  fontaine  jaillirait,  qui  guérirait  les  bles- 
sures jusqu'à  la  lin  du  Uoi  aventureux,  mais  cette  vertu,  la  fontaine  l'a 
perdue,  dit-on,  depuis  la  mort  de  Tristan;  c'est  une  des  merveilleuses 
aventures  du  saint  GraaI.  Cependant  Lancelot  lient  l'engendrement  de 
la  beste  glatissant  pour  plus  merveilleux  encore,  et  Segurades  le  lui 
raconte,  à  sa  prière  : 
tiistoire  de  la       La  Qlle  du  roi  Ypomenes  aime  son  frère,  qui  la  repousse,  voulant 
\"besiel%lfs^-  B'*"'*^'"  **  chasteté  pour  jilaire  à  Dieu.  Klle  va  se  tuer,  lorsque  le  diable, 
tant.  ï'ous  la  forme  d'un  bel  honmie,  lui  (iromet  de  l'aider  si  elle  veut  lui 

accorder  sou  pucelage;  elle  y  consent,  aime  désormais  le  diable  et  liait 
son  frère,  qu'elle  veut  mettre  à  mort.  Le  diable  lui  conseille  de  trouver 
moyen  d'accuser  son  frère  d'avoir  voulu  la  prendre  de  force.  Elle  réus- 
sit, et  le  roi  emprisonne  son  iils.  Les  barons  le  condamnent  à  mort,  el 
la  demoiselle  exige  qu'il  soit  livré  à  des  chiens  c/famez  de.  VII.  jour.  Cela 
est  exécuté,  ajirès  que  l'inculpé  a  iirédit  (pie  sa  sœur  mettra  au  monde 
une  bête  dans  le  ventre  de  laquelle  glapirtiut  toujours  des  chiens  pour 
rappeler  la  honteuse  mort  qu'elle  lui  fuit  subir.  La  demoiselle  accouche 
de  la  bête;  ses  dames  en  meurent  d'épouvante.  Le  roi  la  force  entin  do 
tout  avouer  et  la  fait  mourir.  —  Segurades  est  blessé  ;  c'est  pourquoi  il 
était  venu  à  la  fontaine.  Les  deux  chevaliers  passent  la  nuit  dans  la 
tour  et  se  séiiareni  le  lendemain. 

1.  Cette  mort  <le  Uioftdnti,  de  la  iiinln  d'Airravaio  et  ilc  MurJrct,  annoQC*!e  «laaa  les  mss.  de  U 
TL>nlon  i'yrli(|iic(roY.  |  'ib^),  est  ntcoiitdi-  iculcmeiit  dans  ?ilUO. 


—  421  — 

616.  Laucflot  tnmve  uno  tlonmisello  qui  so  plaint  do  la  coiiardipc 
d'un  dps  clipvalirrs  d«  la  maison  d'Arthnr  :  it  devait  IVjidUscr.  ci  elle 
s'était  hrouillôe  avoc  son  père  pour  l'amour  di-  lui.  Elle  se  rendait  au 
tournoi  avec  sou  fiancé,  quand  un  chevalier  les  renc<mtra  et  réclama  la 
demoiselle,  qui  fut  lâchement  ahaudonnée  pur  son  compagnon.  Le 
nouveau  venu  se  voyant  n'jioussé  par  la  dame.  lui  avait  permis  de 
s'en  aller.  —  Lancelot  lui  dit  son  nom.  Pcuaprès.  ils  rejuipuenl  '  le  che- 
valier nui  venait  d'être  refusée:  c'est  Lucan  le  Imutillier,  nui  a  chance  f'*°celot,  Luca 
«es  armes.  Il  dispute  la  demoiselle  a  Lancehtt  et  joute  avec  lui.  Lan-      fort. 

celot  enlève  Lucan  hors  de  la  selle,  le  jette  par  terre  et  s'en  va  avec  la 
belle,  qui  lui  dit  que  l'autre  chevalier  s'appelle  Erdoant  le  fort. 
«  Oui,  dit  Lancelot,  c'est  un  chevalier  hien  couard.  >»  Itientôt  ils  l'at- 
teigneut.  Erdoant .  voyant  que  la  demoiselle  est  maintenant  avec  un 
autre ,  a  le  courage  de  la  réchimer,  Lancelot  feint  d'avoir  peur,  refuse 
de  jouter  et  propose  de  la  placer  entre  eux  aliu  qu'elle  choisisse. 
Erdoant  accepte,  se  croyant  toujours  aimé.  Elle  choisit  Lancelot 
et  .^'éloigne  avec  lui.  Erdoant  les  poursuit  :  Lancdot  refuse  toujours  de 
se  hattre  et  laisse  Erdoant  l'inmener  la  demoiselle,  tout  en  ne  les  quit- 
tant pas  et  en  .<'amusant  de  celte  petite  comédie.  Survient  Lucan,  qui, 
ayant  appris  par  Enloant  re  qui  s'est  passé .  se  dés<de  d'avoir  été 
désarçfmné  par  un  chevalier  aussi  poltron.  Il  rt'clanie  la  domoi.-:elle; 
cette  fois,  Erdoant  refuse,  mais  il  est  renversé.  Lancelot  intervient  et 
abat  Lucan. 

617.  La  demoiselle  arrive  avec  son  prot(»cteur,  au  Chaslel  gai^ 
qu'Arthur  avait  donné  au  roi  d'Irlande,  nommé  le  Morhout.  Lancelot 
y  a  été  déjà,  et  on  s'y  loge.  Arrivent  aussi  Erdoant  et  Lucan.  Uincelot 
prie  ce  dernier,  dès  qu'ils  se  sont  reconnus,  de  ne  pas  h*  faire  connaître 
au  tournoi.  Lucan  h'  lui  jiromet  et  dit  à  Erdoant  qu'ils  ont  été  désar- 
çonnés p?r  le  plus  grand  poltron  du  royaunn*  de  Logres  :  Lenadus  le 
eouarl.  Erdoant  a  entemlu  raconter  comment  ce  Leriadus  avait  été 
(iechevauché  jiar  la  demoiselle  chenue  dans  une  grande  fête  célébrée  à 
Camaaloih,  et  il  pnniiet  à  Lucan  de  li-s  venger  tous  les  deux. 

La  denioisirlle  raconte  à  Lancelot  que  le  roi  Arlhur  s't'tait  logé  chez 
sfm  père,  qui,  ne  le  cruinaissant  pas  encore,  lui  avait  dit  la  vérité  sur  les 
amours  de  la  reine.  Lancelot  déclare  «pie  la  perspective  d'une  guerre 
avec  le  roi  ne  lui  fait  point  peur.  Le  lendemain,  ils  parlent,  suivis  de 
Lucan  et  d'Erdoant.  (jui  provoque  Lancelot  et  est  renversé  par  lui.  Au 
soir,  ils  arrivent  à  l'endroit  du  tournoi,  où  Lancelot  réconcilie  la  demoi- 
selle avec  son  père,  qui  était  également  venu. 

Gif*.  Lancelot  ne  jirend  pas  part  auz  respres  du  tournoi.  Le  leniïe- 
main.  il  -^e  range  dueùté  dt'S  gens  de  Sorelois,  et  .\rthur  en  fait  autant; 
les  adversaires  ayant  dahonl  résisté  avec  succès,  furent  complètement 
vaincus  le  lendemain,  grâce  aux  compagnons  de  la  Table  Ronde  et  au 
roi  Arthur. 

6Ï9.   Le  tournoi  fini,  on  retourne  àCamaaloth.  rt  quant  H  voit  Arlus        Retourà 
fut  venus  a  Camaaloc,  a  il  se  fut  rep'iseit  une  pièce  dont  tcvip ,  il  fist  crier      Camaaloth 

].  Id  denx  feailletl  d'ane  i-critare  diflvrcnto. 


—  422  — 

unz  tornoiemant  an  la  plainne  de  Vincestre.  Maix  atanl  se  laisse  or  li  conte 
de  cest  chose,  a  commance  a  retorneir  a  parleir  comment  mesire  Boor  con- 
tait a  cort  lez  avanlure  qu'il  avait  reiiz  an  la  keste  don  .s.  Greal  * ,  a  eom- 
ntanl  Agrevaint  eseusait  mesire  Lanc.  az  roi  Artu  dont  fait  de  la  royne 
Guenuevre,  a  quant  Agrevaint  ot  rancuzeit  la  royne,  li  roi  lez  fit  gaitict 
parAgr.^  elAgr.  les  apiait  tant  qu'il  tcztrorait  ansanble...  H ^in-^i,  succinc- 
temoiit,  tout  lo  rrstir  de  Iti  Mort  Artu  t^sl  aEïiicxr'^,  jusqu'au  iiassapi.'  où 
Laneclnt  trnuve  à  l't'rmita^e  Hliohoris,  rjui  deinorait  leanl  tôle  sa  vie.  Et 
l'arrarificur  du  uis.  -4UHI  turmino  on  renvoyant,  pour  tout  ce  qu'il  a 
raconté  ici,  au  livre  où  la  mort  du  roi  Arihur  est  écrite^. 

].  Rai-niiU'  fli'iiT  fois  tli-jî:  v..y.  f;j  :i7.»  et  «ni.  —  Il  p«t  poMililf*  «jne  îiïno  reproiine  ici,  en 
rabn^giMiit,  K-  t^-Mi-  il,-  ï.j.-*,  .m  l.i  M-n r  J,tti  ïuit  inimi-'Ii  itffinent  les  repriK-lit;*  alrCMjv^  par 
Arthur  il iiiiuvain  1  \>iy.f  &7I,  fin,  tio;.-. 

ï.  CumiTiP  liant  P,  l'.iii^.  /tum.  rf.  /.  T.  i(..  V,  332  ss-,  et  l'imitrimé.  —  l,n  Mari  .4rlM  «e 
trouve  iijniit.v  :iii»-i  iLiri-«  7-'i.-i  vny.  (  :>7I.  Un,  iin:i>i,  oii  elle  {Mniit  moïnt  «br^-gco  i^ue  <lnns 
SI4(M>,  ctiliitisl,!  Tuto/'i  liiloiila  (vi>y.  $  :>;  I  iiot«-). 

3.  Il  y  n  tiiiitc  n])i),-miirti  <|iii*  l.i  v.rr-i"ii  i'>c.i  l'ic  dfiiin.-iiliiii-eâ  In  mort  du  roi  Marc,  jwit  avant 
U  Mort  trtii,  (MUiiiif  ■laii'*  l.i  Tuf.  ISil.  <'f.  i;  ,>rf,  imto),  loit  ji|>rt»,  comme  dans  le  ma,  'HO  (cf. 
I  r.7!>  n)  et  dans  le  .U<-WJm  iod.  G.  l'.itis.  [l.  LXI,  Llj. 


APPENDICE 


LA  COMPILATION  DE  RUSTIGIEN  DE  PISE  *  ET  LE 
ROMAN  DE  PALAMÉDE. 

6Î0.  Rulirique  du  début  ^  :  Ci  commetice  le  livre  du  roy  Meliadus  de 
Leonnois,  qui  fu  père  au  bon  chevalier  Tristan^  neceu  au  roy  Marc  de 
Cornouaille,  et  premièrement  de  Brannor  le  brun,  qui^  avott  .17.  vins 
ans  d'aage*,  et  comment  il  vint^  a  la  courl  le  roy  Artus  et  amr/ia  une 
noble  demoiselle  avecquej  lui,  et  comment  il  abati  de  coup  de  lance  .XII.  • 
roy*  et  tous  les  chevaliers  de  la  Tab.  He.,  ne  oncques  ne  le  parent  remuer 
de  selle.  Et  parole  après  du  bon  chevalier  sans  paour  et  de  Guiron  le  cour- 
toys  et  de  Ariokam  de  Soissoigne,  qui  estoitjaiant,  et  des  autres  bons  che- 
valiers qui  a  ce  temp^  eslnkni  et  des  diverses  aventures  qu'il  trouvèrent  et 
achevèrent  a  leur  temps  en  la  Granl  Bretaigne  et  en  la  Petite  Bretaigne. 

Préambule^  :  Seigneurs  empereurs'*  et  princes  et  ducs  et  contes  et 
barons  et  chevaliers^  et  vavas^eurs  et  bourgois  et  tous  les  preudommes  de 
O'stui  monde  qui  avez  talent^^  de  vous  déliter  en  rommant,  si  prenez 
eestui*  '  et  le  faites  lire  de  chief  en  chief;  si  orrez*^  toutes  les  grans  aven- 
tures qui  advindreut  entre  les*^  chevaliers  errans  du  temps  au  roy  Vter- 
pendragon  jusques  au  temps  au  roy  Artus,  son  fîls,  et  des  compaignons  de 
la  Table  Reondc**,  et  sachiez  tout  vraiement  que  cist  livres*^  fut  translatez 

I.  Cf.  lesrmuinm»  k  la  fin  de  I'Aa%Ta^.  Pour  les  manas^riti  (310,  Ahb,  1163,  »A7  i.  5(78-), 
et  les  imprimés  [\>r.ird  .  Janol).  vor.  la  VTt'Urf,  f  1-2.  et  ^  fi-W.  l/analystf  «t  ilotinife.  Jusqu'à 
riaterpolation  du  PtilimèUf  (v.  |  It-?^>|.f1'aiiri-s840,  ci>m]Mré  avec  Ira  nntrea. 

t.  Cf.  P.  Paris.  Mis.  fr..  Il,  3VJ;  111,  ■'><>.  —  La  ru)iri(|Ue  m.iniiue  <t  tns  1163. 

3.  Cf  commanef  Vi/ttoir^  tte  M'^ti rtut  et  de  t:]fri>n  U  courtoi*  et  du  ehfralier  tans 
paor.  Et  parti  prrm  emnent  le  mettra  fui  If  lrnn<tat  i  dr  Branor  Ir  brun,  le  rirt  r/ieralier, 
^ui,  etc.,  S5A  :  c.  c.  rht/tfoire  de  t.tfroit  te  eourtoi*.  Et  parte,  etc.  icominc  Z'ai),  VcrarJ. 

4.  riut  de  eêHtan*  d'at«ie.,  3.'»S,  Veraril. 

5.  Lfqutt  rint  n  la  ronrf  itu  roy  trliiM  a  eomtwy  ne  d'une  dnmnitelte  arec  tui,tfHi  rnrnyii 
ton  rartet  a  ta  court  jiour  xmroir  x  il  y  aroit  huIz  cheraliêrt  qui  roulMist  jouxter  3.V».  De 
m.  Yerard  :  acomp.  tt'uue  damiy^etlt  pnur  n'etprourer  a  l'encontrc  des  jeune*  rtfralirrx  a 
Mcaroir  tel  quels  t<toie»t  Ir*  plut  yaillanx  ou  les  Jeune.*  ou  les  rieulx;  et  comment  il  Itt  fist 
par  unç  sien  rarlet  dfffier  de  par  luj. 

«.  Atfatitt  te  roy  Jt-lu.*  et  Mlll  roy»  et  t.  l.  rA.  de  fa  T.  H.  de  coup  de  lance  Ahh,  (jni  arrêta 
iri  o*ttp  ro'jTiqrK  <-t  en  itj  ntte  nui>  autre  airiADÇLiiit  l.i  viotiiro  tli*  llraïuir  sur  le*  rhrrvuliers  de  la 
Taille  Ronde.  Ver«r.l  ;  i/tiatorze  royi  qui  et  »a  ntmffai^ni'  eit'tient,  piii»,  a\m%  Innce,  en  ter- 
minant la  robrîi|Uo  ;  ht truiffe ledit  tir rc •!'  pluyi-urx'jra'tdrt ad 'tUfiures  qui  jitdis  attrindrent 
avjr  cheralim  errum. 

7.  Cf.  P.  P.iris.  .Vvc.  fr..  il.  3:.5. 

8.  S.  e  et  nii*  el  ;ir  I  l>iS.  «.  e.,  royt,  prinret,  d'icz,  eontet,  bar-mt  {ch-raliers  Verard'. 
viceutr*,  bouriffoift   et  Wr.    l-ni^  li-i  pr.  3.ï;i,  Veranl. 

9.  BaroHZCiiui.er  1  Itia. 

10.  Tat.rtdetfr:,:,1,.  Ver.inl. 

II.  Bnuman*.  /.rifn':  r'\tity  cy  H^A.  Verard. 

12.  .(i  r /rooT»'.»  ll'M,  «ifl.  piirtie  de  fiiuf.  XerarA. 

18.  .4dr.j'idii  aur  Viîr.ird. 

It.  l'tetp.  et  du  roy  .1  .  *<tn  /S/;.  Et  *nichez  Virant. 

1%.  Cestug  l.dii.  Verard  i  erstui  rum<tnill*ii. 


—  424  — 

Au  livre  monseigneur  Edouart  * ,  le  roi  d'Engleterre.  en  cellui  temps  qué  il 
passa  ouître  la  mer  ou  service  nostre  seigneur  Dame  iJieu  pour  conque$ter 
le  saint  sépulcre,  et  inaistre  Rusticicns  de  Pise,  le  quel  est  ymagines  yei 
dessus  ^,  compila  ^  ce  rommant.  Car  il  en  translata  *  toutes  les  merveitteuses 
nouvelles  et  aventures  qu'il  trouva  en  cellui  livre  '  et  traita  tout  certaine- 
ment de  toutes  les  aventures  ^  du  moj}de,  et  ^  si  sachiez  qu'il  traittera  plus 
de  monseigneur  Lancelot  du  lac  et  de  monseign.  Tristran  ,  le  filz  au  roy 
Meliadusde  loonnois,  que  d'autres*,  pour  ce  qu'ils  furent  sans  faille  les 
meilleurs  chevaliers  qui  a  ce  temps  fur>'nt  en  terre  *,  et  li  maistres  en  dira 
de  ces  deux  pluseurs  choses  et  pluseurs  nouvelles  que  furent  entre  eux*^ 
que  l'en  trouvera  escnpt  en  tous  les  autres  livres**.  Et  '*  pour  ce  que  le 
maistre  les  trouva*^  escrips  ou  livre  d' Englderre^  si  metraune  grant^  ^aven- 
ture toitl  premièrement,  qui  advint  a  Kamalot  en  la  court  le  roy  Arius ,  It 
sire  ^^  de  Brctaingne. 

„  .    j    j    u  621.  £n  ecste  partie  dit  li  contes,  ainsi  comme  la  vraie  histoire  le  tes- 

nor  le  brun"!  "  moigtie,  qu'Arthur  pst  ii  Gamaaloth,  un  jour  de  Pentoc6te**.  A  sa 
cour  il  y  a  Iieaucuup  tlo  grands  porsonnagos  et  maint  preudomme^  et 
proprement  des  compaignons  de  la  Table  Reonde,  comme  le  roi  Caraduc, 
!('  roi  Yon^''  d'Irlande,  le  rui  de  VEstroite  Marche,  le  roi  do  Xorpalles", 
le  roi  ù'Oultre  la  marche  de  Gallonie*^^  le  roi  des  Frans,  et  tant  des 
autres  que  bien  y  furent  .XIIII.  roys;  Lancelot,  Tristan,  Gauvain,  Pala- 
mède  et  Lamorat^"  y  sont  (également.  Après  le  dîner  apparaît  un  che- 
valier de  taille  gigantesque,  conduisant  une  demoiselle  qui  porte  un 
riche  drap  d'or  et  une  ctjuronne  d'or,  et  dont  le  palefroi  est  couvert 
d'un  riche  samit  vermeil  jusques  aux  talons;  elle  ne  semblait  pas  chose 
[dame  9'JJ  mortel,  mais  chose^*  cspirituel.  Le  nouvel  arrivé  envoie  un 
de  ses  truis'^^écuyers  à  Arthur  pour  provoquer  les  chevaliers  à  la  jout«  : 

I.  Odoard  11C3. 

s.  Imag.  detonre  l{fI3,  qui  kqI  donne  c«tte  InuBCi  dans  3&&  et  \>rard,  II  a*cn  est  pas  pvU. 
R.  Ciimjiitr  HKH. 

i.  Trenfaite  14fi8,  car  il  translata  ihâ,  car  d'icfHui  livre  au  roy  Edouart  d'Jngleterm 
tran»/ata  il  Veranl. 

6.  Tout.  If X  très  mrrrrilltuse  Horelles  i/u'tl  truevf  m  c.  I.  rt  totet  le  grei nfneu r  art-nfurt» 
MRS;  tout,  les  mrrteilleusn  et  adretiturez  350,  t:ml,  les  merr.  adtanturet  qui  sont  en  eesiml 
I.  Yernrd. 

«.  Les  grandes  nr.  35S.  Et  traitera  tul[7\  son  meemant  (aie)  de  taule»  les  jrraits  or.  du  m, 
1463.  —  Veriird.  gui  abrt'ffp  le  reste  du  pruloguf,  ne  dimne  \a»  les  cxpHrations  suivantes. 

7.  .Vèf  si  s.  liC3  :  et  sach.  .H5&. 

8.  <,>ue  de  nul  autre  H63. 

0.  Que  fussent  a  tour  tem  enterre  1468;  qui  a  ce  temps  riraient  Z^h. 

10    Qu'ils  firent  ens  iMO.  l'bt*.  nnur.  miiRqiieut  dans  3A-V  /'/.  ch.  et  pi.  baitailles  1463. 

II.  Que  ne  trueveret  e.  en  trestaus  l.  a.  l.  I4f.3.  en  autres  livrin  Sbb. 

12.  A*f  innn<)ited.  I4G8,  qui.Hvnntff  metra.Aonnv  un  mot  ilIMblc  (atésT);  3%b  ponrsnit  ajosi  : 
{autrez  lirrezi  et  atisxt  d'autrez  de  leurs  fait,  de  quay  n'est  nulle  meneion  qu'eu  eestup  Urre, 
£M'>  Partir  d'ifi  Verard  est  d'nrcnnl}  raeompte  première  ment  le  maitire  d'une  merreiUruse 
adreature  qui  jadis  adrint  au  roy  Artus  {eu  la  court  du  r.  .é.  Verard  | .  par  unçjour  d«t 
prnthecouste  en  sa  rille  de.  Kamalot  (au  il  ettuit,  arumjiaignié  de  la  plus  grant  part  de  set 
barons  et  çentilt  hommes  Ycrardj. 

13.  Truere  1463. 

14.  Crandismes  1483. 

li.  Sire  de  Logres  et  de  Or.  1463. 

]A.  Ot  épi»<Hli.\  qnl  a  éb5  utill9<<  |>ar  lems.  !i!l  (fofiHTc,  rf.  p.  3(1.  note),  fnrtnr  aoail  lefoml  da 
poème  en  prcc  inciycn  pulilié,  d'après  vnn  di-r  Haften  ,  dans  Kr.  Mirhol,  Tristan  ,  II,  371  as.;  cf. 
i-î-de9ium!i-  3f  n'en  ni  paît  trourt^  trace  nlllcu»  ;  lur  Brnnnr,  cf.  |  tiSO  .i. 

17.  Ce  nom  manque  dnn^  30.'). 

18.  14R3  ajoute  :  le  ri>l  de  N'i>rli<>l lande  ;  U'J  njout?  :  le  nd  de  Norhelnnde  et  le  r»l  R.idemaga  il« 
Oitrre. 

19.  !>3  :  Oultrr  la  mer  de  Caltnnur. 

30.  ti»  duiiiir  au  Ik-u  de  I.ininrat  :  Dllotiori?,  Daliort,  Hector. 
tl.  Mais espirituet,  Zh\\eTxr*\, 
tî.  /;«Hj:  MO,  3»&.  Ver. 


—  425  — 

le  vainqueur  doit  possédor  la  demoiselle.  La  cour  est  vivement  étonnée 
do  cotte  audace.  Palamède  sort  le  ipreniii-r.  avec  la  permission  du  roi. 
Le  chevalier  lui  demande  ^tm  nom  ,  dit  qu'il  a  souvent  entendu  parler 
de  lui.  et  déclare  qu'il  ne  veut  pas  d<*  rnml)at  à  l'i-pi-e  s'il  parvient  à 
désarçonner  son  adversaire  :  «  Je  poserai,  dit-il,  cette  mt'-me  condition 
à  pluseurs  de  leans  '.  »  !>ans  daifrner  jtreudre  une  lance,  il  renverse,  par 
la  force  du  choc  qu'il  produit,  .successivrnienl  Palimn-de.  Gauvain,  à 
qui  il  demande  son  nom  *,  Limurat  ^.  (Taheriel,  lïohort.  Ivain.  Sajrre- 
mor,  Blioheris,  Segurades.  Saphar,  Hector.  Guivrct  de  Lamhalle  *;  de 
ces  douze  chevaliers,  neuf  furent  pravement  hlessés  ''.  La  cour  est 
émerveillée.  Tristan  sort  iHiur  venper  ses  camarades.  Le  chmalier  lui 
demande  qui  il  est.  l't  lui  dit  qu'il  aurait  évité  de  jnutiT  avee  lui,  si  la 
demoiselle  ne  l'avait  oldij:é  di'  se  battre  avec  tous  les  compa(:nons  de  la 
Table  Ronde,  mais  qu'au  moins,  pour  l'honorer,  il  prendra  une  lance. 
Tristan  est  renversé  et  blessé  à  l'épaule  pauche  à  li'iiaule.  9y'.  Lan- 
colol  s'essaie  ensuite:  ajqm'uant  sou  nuui .  le  chevalier  dit  qu'il  désire 
depuis  longtemiis  se  mesurer  avec  lui.  et  que,  pour  le  cnuihattre,  il 
prendra  une  lance,  i-tiuiuit*  tout  à  l'heure  il  l'a  fait  jpour  l'amour  de 
Tristan*.  Lanc»*liit  prie  à  son  tour  le  chevalier  de  se  nommer;  celui-ci 
répond  qu'il  lui  est  p()Ur  le  moment  défemlu  de  dire  son  nom ,  que 
Lancelot  saura  prochainement.  «  mais,  dit-il,  vous  net  il.  n'en  avrés 
guerez  preu  quant  ce  xera' .  »  I^ncdot  est  renversé  ;  à  la  cour  on  le  cntit 
mort.  Maintenant,  Arthur  ilemande  ses  armes  "  ;  il  veut  jouter,  inalf^ré 
Guenièvre.  qui  meuact'  de  se  tu*'r  s'il  ne  renonce  pas  à  aller  a  sa  mort^ 
et  malgn*  tous  les  autres^.  ïj^  rois*"  et  les  hamus  se  font  l'jîalemenl 
armer  et  montent  à  chi'\al  jiour  suivre  Arthur,  qui  s'avance  tout  seul 
vers  le  vainqueur.  A  la  cour,  on  prie  Dieu  p<uir  le  roi;  Guenièvre  se 
retire,  désespérée,  dans  sa  chambre,  où  ses  dames  la  consolent.  «  Etes- 
vous  fantasme  ou  enchantement  ?  »  demamle  Arthur  au  chevalier,  en 
menaçant  de  lui  faire  honte  et  deshonneur**.  L'autre,  apprenant  que 
c'est  le  célèbre  roi.  répond  :  «  Vous  auriez  tort,  car  je  fus  grans  amis 
au  roi  Uterpendrapon.  votre  père,  et  je  lis  jadis  plus  pour  lui  que  pour 
aucun  autre  chevalier  de  son  hôtel.  Je  vous  aime  assez  pour  l'amour  de 
lui,  et  je  vous  rendrais  volouliers  mon  épée  si  je  pouvais  me  dispenser 
do  la  joute.  »  Arthur,  pensant  que  c'est  aucun  ancien  chevalier  de.  eculx 
de  la  maison  de  son  père,  lui  demamle  sou  nom  et  sou  estrc  :  «  Mate- 
rnent, lui  dit-il,  m'avez  ci  moustré  que  vous  fussiez  amis  mon  père  et  le 
mien,  gui  estes  ci  venus  pour  mon  hostei  mettre  a  honte.  —  Quand  vous 

I.  Duo»  99.  U  [irie  Pil..  <i  celui-ci  est  renvera<î.  de  ne  lui  ilemamler  ptui  rfr  mn  ettrf. 

S.  Mais  'isns  9'.<  il  tuï  •lit  ;  >  Si  Je  n'avait  runnu  rutri»  père,  }ti  n'auraif  ikih  pris  une  l.iii»  prtnr 
TOTis  abattre.  ■ 

S.  Le  rheralier  à  U  cotb*  mil  tiill^.  au  lieu  «le  Lnninrat,  djni  9^,  iiuî  p<)urtAnt  iatrmluit  (ilus 
loin  ce  diirnier,  ilunt  Ia  oiurt  a  <>tê  ncontve  plus  haut  <Iaii<  le  m«. 

4.  Gaherift  de  !..  .îirt.  aiô.  V«r.  —  99  iMrto  rfr  /.amft'ii',  avoc  liu-une  indi'j'it-e  du  iin'uoin. 

i    Furent  dêsarfonnéfl  par  Vaneifn  rh^tatifr  i^^^,  AUh,  Vei. 

G.  Cotte  •lemicre  rcmiiniue  n'nt  pandARS  9'.*- 

7.  93  :  .V.iii  r<)Mi  n'rtKrei  gairrt  apria  <iti:in*  e<  sera,  -il'*,  355,  Ver.  ;  .W«i*  dr  cf  voui  Hg 
ares  gnrrfi  de  prea. 

9.  L»  ptêmo  çrec.  (|iii  commence  p-irl'.ipparltîofi  ^In  •'Fi<>v-:ilierîni'->nnu  â  la  cunr,  atTrele  môme 
fond  que  RiMticiea,  laiis  dilTi-r^'  pir  K*i  iPtuli  ;  -.ûn-ii  ii.ileh  xit  J-mte  apr^f  «ivivaiti,  et  Lui<>'lot 
olitient  de  Trltwn  la  p.*riiiissi.i;i  de  Jouter  av.int  lui.  ^rtliur  se  pre^-'ule  aprî-.  e:)T.  inai-t  1 1  Joutti 
n'a  pu  lien.  PuU  le  v.iin'(u«ur,  ifii  a'.i  v-t-ilu  ui  dire  i>a  n<im  ni  dôo-iut-rir  son  visige.  seo->urt 
la  demolseUe;  vuy.  cl-dcunua. 

9.  Dans  1483,  99,  il  Jure,  arec  colère,  qu'il  ira  Ji')ater. 

10.  Um  .XII.  rois  aift.  Soi,  Ver. 

H.  Dau  99,  il  nemtiiaoe  pis,  et  la  r-pliquc  da  chevalier  cantmcnee  par  iei  mntt  :  Je  fas,  etc. 


—  426  — 

sanrpz  le  fel,  votre  hniol  aura  honneur  et  non  mie  honte;  quant  à  mon 
nom,  je  vous  lo  ft-rai  (■ciniiaitri.'  sous  |n?n,  n  et  il  s'oxcuso  di*  se  dissi- 
muler ainsi.  Le  roi  s'élnigno  pour  joutor;  son  îidvorsaire  l'abat  avec  la 
lance  iiristî  en  sou  honneur,  et  le  blesse  enmi  le  pis.  Les  spectateurs 
croient  qu'Arthur  est  tué.  (lauvain  ,  Lancelot,  Tristan  et  d'autres  (les 
autres,  340,  'i^h,  Ver.)  chevaliers  s'empressent  d'aller  lui  6ter  le 
heaume;  il  ouvre  les  yeux  et  exj)rinie  sa  stupéfaction  de  la  prouesse 
incroyable  de  l'inconnu  *.  Puis  Garadoc  va  jouter,  richement  acesmez; 
il  se  nomme,  à  la  prière  du  chevalier,  qui,  encore,  ]jrend  une  lance, 
surtout  pour  rendre  honneur  à  Arthur.  C.arailnc,  lui  ayant  indiqué  les 
autres  rois  présents,  (pii ,  dit-il ,  viendront  jouter  à  leur  tour,  est  ren- 
versé et  jîrièvenient  hlessi';  ensuite  est  désarnnnné  le  roi  Yiiii^,  et,  tjue 
vous  en  diroicjel  Tous  les  (piatorze  rois  eurent  le  même  sort,  et  plusieurs 
on  furent  blessés.  Le  vainqu<'ur  drmoura  puis  une  granl  pièce,  mais 
voyant  (pie  personne  ne  se  présente  plus  pour  jouter,  il  ûte  et  donne  à 
l'écuver,  avec  sa  lance,  son  éru ,  tpii  l'st  pins  grand  de  la  moitié  que 
ceux  des  autres  chevaliers  ,  et  estoil  mipartis  de  blanc  et  de  noir  [et  de 
/onc340,  3n5,  Ver.].  Il  va  deviint  Arthur  et  lui  ilit  qu'il  n'a  pas  porté 
les  armes  depuis  quarante  ans,  qu'il  eu  a  lui-même  cent  vingt^  et  qu'il 
est  venu  ]iarc(^  qu'il  di'sirait  éprouver,  avant  sa  mort,  les  chevaliers 
d'Arthur,  plus  renommés  qiu'  le-;  antres,  et  savoir  li  quel  estaient  meil- 
leur chevalier,  ou  li  ancien  ou  li  nouvel.  II  ajoute  tpie  deux  cents  cheva- 
liers d'Arthur  ne  seraient  pas  capables  de  soutenir  une  joute  avec  les 
deux  chevaliers  de  jadis,  llerlor  le  brun,  li  ainznés*^  \e  meilleur 
chevalier  de  son  époipie,  et  ^  son  lils,  liG3),  Gakhont  le  brun: 
«  Voireiiient  fu  cestui  le  meHl''ur  chevalier^  du  siècle  a  son  temps^;  des 
autres  assez  ne  vous  di  Je  mie,  >jui  furent  plus  nouviaux'^^  et  des  plus 
anciens,  comment  fu  Phehus,  rjui  de  haulle  chevalerie  pa^sa  '.pa^se  1  i63) 
tout  le  monde.  »  Il  refuse  encore  uni'  fois  de  se  nommer,  et  répète  qu'il 
mandera  son  nom  et  son  estre  assez  tost'^,  et  qu'il  est  l'ami  et  le  bien 
voulant  lin  roi.  Il  exprime  ses  re}.'rets  di^  ne  i)Ouvoir  accejiler  l'invitation 
d'Arthur  de  rester  quelques  jours  à  la  cour.  «  A'ons  nous  dires,  lui  dit 
celui-ci,  liquel  furent  bon  chevalier  anciennement .  »  Le  vieillard  s'en  va 
avec  la  demoiselle.  Arthur  et  les  autn-s  se  font  soigner.  Personne  ne 
sait  rien  sur  le  vieux  elievalier  ni  ne  peut  imaginer  qui  il  est.  Comme 
le  recommandent  Tristan  et  h's  autres,  Arthur  fait  mettre  par  écrit  tout 
l'afferc  de  cesle  aventure,  sans  connaître  le  lu.mi  du  héros;  m^s  le  livre  le 
nous  nommera  ci  après  (f"  ■{].  FA  sachiez  [lot  voiremant.  1463)  que  ceste 
nouvelle  [et  1  iG3)  aventure,  qui'^  veull  {lousist  14()3j  regarder  le 
temps  et  les  aventures  qui  avindrcnt  par  le  temps*^,  cesle  ne  serait  pas  lie 

I.  1.0  rciti-  (le  If^jiiîtinli'.  il  m*,  ni',  c-it  ii'T.ln  ilaii"  mn'  Lh'Hii-,  «|iii  va  ju«|ii'.i  h  cinvcrMllon 
dp  IIlil''>^■vi^  jivnr  l-  ni  il"  N  tj  illri  -t  1. m  .l  ■•  av  i:it  l<-  s.i'.inil  onin'>;it  'le  ro  dernier  ïtcc 
Tristiiii;  viiï.  Il,  -ili. 

a.  l '.•'■'■  ;ii''iti'  :  i.xji  fil*  i.li'isi:,!  :ii.>it  ;  |i'i..  v'  ,t  A-;rii..ini  iVn  ■("■»(■,  ijui  fut  «Ii-sarçonn»'. 

S.  ./  /,  :i.>;i.t.;i  .1-  \  V     -  N.-r.  .  -■x  x-  .-v 

4.  C' iihit  m  ii;)iT.''l.i'i-!  I  iO;.  -     I'.itu  ;    ^1!    :is,  ,1.  Jï  C3l',  fillt  a. 

r>.  Vit.  :  a.i'-  '■•■>'■>  ■'■'  /■''  '■  .■(.■  ■■■- .  ■'  ,  .■■■■ 

fl.  ]  i'i.i  1  l'un-  <,■!  ,'  r  if.n  .-(.■*  f.i  ■■■  I -i  '  ■  i  r-hfitilirv  da^rn-i'  nilnri,  liirn  (f  mritlor  dr 
fo;  /.■  i-.(7<-  Il  >n-l  I-  i:. 

7.  l  îti-î  :  If  '■'■;  '''  ;C  '/'*  ■  f"'''iif  'Il  s  il'""  n-iiir  ,  f^>•.  —  Ver,  :  ftiii  furent  fie  phis  cirant 
reno  II.  'f  ''f  *  I-!"'  a.ii'--,i  ,  .•!.■. 

«.  /■;,■•')■■■,  .■'..■  •■  '■'{  iT.i- .'.  •■•i".iiitii>  iii'.s. 

'.'.  f^fiii  luiniiiic  ilms  -iO 

10.   finir  a  II-»*,  m-  urnul  ;'.1«  1 IC-,  Ir  fi-ii}ii  ilr  rr^'c,  \n. 


—  427  — 

mettre  en  escript  ou  chief  de  cestui  tivrej  pourcc  que  teiz  nouvelles  sont- 
escriptes  en  cestui  livre  aprcs  eesle*  qui  furent  assrz  devant,  mais  pourcc 
çutf  maistre  Hustidem  le  trouva  '■  ou  livre  au  roy  d'Enyletrrre  tout  premiè- 
rement et  tout  devant  en  fist  il  ehief  de  son  livre  pource  qu'elle  est  la  plus 
bette  aventure  et  la  plus  merveilleuse  qui  soit  escripte  en  trestotts  les  rom  maiis 
du  monde. 

622.  Le  cimtetlit  qu'à  la  cour  d'Arthur  «foi't  venue  ttne  damoisel le  tle  si    Aventures  de 
toingtainc  terrecomme  de  Ltstinois,  etavoit  demuuré  ala  cort  le  ruijArtus  ''anor. 

bien  ./.  »ioyï,  et  lui demandoit  tousjours  aide.  Eilee^t  fille  a  une  veufve^ 
dame,  gui  fu  suer  a  mtms.  Lamoral  de  Lislenois.  Sa  nuTO  l'a  envoyée 
demander  du  secours  contre  un  ])uissaut  comte*,  leur  voisin,  qui,  à  la 
tOte  de  quatre 'cents  chevaliers,  les  assiège*  dans  leur  château  depuis 
un  an.  Bien  qu'Arthur  ait  promis  son  secours  à  la  demoiselle,  celle-ci, 
ayant  vu  la  hravuure  du  vieux  chevalier,  quitte  hi  cour,  sans  prendre 
congé,  avec  deux  valets,  ses  comi)agnons,  el  rejoint  cet  inconnu.  Elle 
se  jette  à  ses  pieds"  ;  ému,  il  promet  de  l'aider.  Elle  lui  expose  l'alVaire  : 
«  Je  suis,  dit-elle,  la  nièce  de  Lamorat  de  Listenois,  qui  moult  fu  bon 
chevalier,  [et  14G3)  celui  Lamorat  se  mourut  avant  que  Vterpendragon,  le 
roy*.  sans  laisser  d'enfants;  ainsi  ma  mère  hérita  de  sa  terre,  qu'elle 
tînt  lun(:temps  en  paix,  mais,  tout  dernièrement,  un  jeune  comte 
voisin,  fort  ]tuissant,  lui  a  pris  toutes  ses  terres;  il  nous  assiège,  avec 
quatre  cents  chevaliers,  dans  le  seul  château  qui  nous  reste,  cl  nous 
n'avons  que  cent  chevaliers.  Le  roi  Arthur  m'avait  promis  son  secours, 
mais  j*ai  jiréféré  le  héros  dont  j'ai  vu  aujourd'hui  la  grande  prouesse,  » 
L'inconnu  répète  qu'il  lui  viendra  en  aide,  en  ajoutant  que,  depuis  jdus 
de  quarante  ans.  il  n"a  porté  les  amies  et  qu'il  n'avait  volenté  de  plus 
faire  d' armes  :  Lamorat  de  Listenois  était, dit-il,  son  lion  ami.  On  arrive 
en  Terre  foraine,  où  l'on  reste  trois  jours.  Le  lendemain,  après  (jue  le 
vieux  chevalier  a  laissé  la  demoi.selle  qu'il  avait  conduite  à  la  cour,  ils 
gagnent  le  Listenois  et  réussissent  à  entrer  dans  le  château  assiégé.  La 
châtelaine  hlâme,  devant  douze  chevaliers,  les  plus  5a^f5  du  château,  sa 
fille  d'avoir  amené  co  vieux  au  lieu  d'un  champion  comme  Lancelot, 
Tristan.  Ganvain.  l'alamède  ou  des  autres  bons  chevaliers  de  la  Table 
Reonde  jusqun  a  .Ml.  [chevalins,  liO-'î.  La  demoiselle  rassure  sa  mère 
en  lui  rai.'onliint  commen!  elle  a  vu  leur  hôte  désaremmer  plus  de  trente 
des  meilleurs  chevaliers  d'.\rthur,  et  l'on  va  soi  humilrr  devant  lui". 
JjC  lendemain,  après  dîner,  le  vieux  chevalier  se  fait  dire  par  la  châtelaine 

1.  Cttle*  qui  rntujfrcnt  q>ii  furent.  Ver. 

9.  ftellr  n«î3. 

4.  IKins  le  poèmt  kt**''.  Ost  l>;  r>i  ili.-»  Ont  Chevari»». 

&.  llfl-ï;  —  les  «ntr<?*  ■t'<r)iii>nl.  ji-i  cl,  cl-i;>r.-<,  oitui  cent*,  malsqtut»  conta,  k  1»  desrrii'tlun 
d:  Ift  Ij3l;iîi;c. 

<.  t)li'«  fl  li-iir<  i-rr.t  .-(i  vi',i-r'<,  a'  -'iin  1  i':J.  cf.  ci-il.-<«.nii. 

T.  Daii«  te  r  viii- i:r-v,  i-f,  [-'.'x^  !.i  i:,  >•'.>  »'.>  Iji'ï-s.-  iiu  vî>ii\  <!i.n;ilJer  sur  \c  conseil  fl'Arthor; 
Icï  détail*  fciir  ;.i  il.iiii-;-  V.f  uv  -  v  t  j'  t«. 

».  ./i .  t"  r'i;,  l  '   .;..-,;  ..-  ..  ,..,(./,/  f.i.m.H  1,1.  l/uf-r.  l'i  h-,  1  (H3. 

;t.  DiiH*  Ici-  '.■:ii-  ■-■^."  :.  ^i  :-.  i.:  ■  i  ■  ;  '.•:  t  ■-:  r ■■:;;.■  |-..i7  .  ■'  l--  *  -lii  -Ii'i*.-iti:  il  iiVnvi.i*-  |>,is 
de  inM*ii:",  K  «.  >:■,  :.  ■.  1  -  •.  l::i.  .iv.--  I  -  .i-itr.".  I.  •r*-\'i-'  '.  ■■.  .i-^i-'-ir-  n-U  •.•■■■•  -lif  !■•  V"''"-  ■'■' 
tliompïr*'>'.  lu  vi  -i\  .  ■■.  r  ni.-  !-  I  ■  .r  l  ■-.■.:-,.:.-.■:.,  r  .  ;".  !  >  m  ■■  ■  i  ■  ;  -  ■  r.  ■  '■  .1  -ii  liii. 
il  rentre  cJi  r.  lui  *.-.-  %.;;;..>  .i  ■  ;■■  -r  it  •  ;  ■  '!ii;.  ■:!>.*  .il  1  :ii  -,  ,  ■  i.-  ■;  ■;.■•■.!  .  ■  !  i  i  -n  -t'Ue 
aille  i  1.1  ri.ur  rv;in-î:ri'   K'ilti-    m  r-i  Mttiir  t'/  ••;ï-i/xt;0/     •■//■    ■/  /.'  F.  ■  :    ■  '  ■  a 

nDltli>->Ie  r;i.'  iitcr  ijuc  le  vù-u^  i-lK-vjlii.-r  a  |-T»iiiij  c:'.  i  j'i  t-'i  .-n.i:;t  'le  ■(i^.tu-r  ;.i  t-  ir  .  —  I  iii 
da  [kieme  fn'cc 


—  428  — 

que  la  domoisoUe  lui  a  raconté  la  vérité  r[uant  au  comte,  (pii  poursuit 
uno  cause  injuste,  et  déciilo  qu'un  sortira  le  lendemain  pour  livrer 
liataille.  Il  envoie  vaiiieiuent  un  valet  inviter  le  comte  à  cesser  les  hos- 
tilités, et  la  sortie  a  donc  lieu  le  lendemain.  Le  vieux,  ayant  attendu 
que  tous  les  ennemis,  (jui  sont  au  nombre  de  quatre  cents  —  deux 
bataillons  contre  un  —  prennent  i>art  au  combat,  les  met  en  fuite;  le 
comte  est  fait  prisonnier  et ,  sur  le  conseil  du  vainqueur,  marié  à  la 
demoiselle.  Ge  comte  s'appelle  Guiot,  el  le  nom  du  cliûteau  assiégé  est 
Belloe. 

Après  un  mois  de  w'-jour,  Vancien  part.  Il  rencontre,  dans  une 
forêt,  Sadocli,  qui  avait  coutume  de  poursuivre  les  chevaliers  errants, 
il  triomphe  de  lui  et  de  ses  vingt  chevaliers.  Puis  il  rencontre  un  vieux 
chevalier  et  sa  femme;  Karados,  un  chevalier,  a  enlevé  leur  fille.  I* 
vieux  clievalier'  l'atteint,  est  vainqueur  après  un  long  combat  et  rendia 
demoiselle  à  ses  parents.  Il  les  quitte  le  lendemain  et  rencontre  un  che- 
valier, mené  par  quatre  clievaliers,  et  sa  dame,  qui  supplie  le  vieux 
chevulier  d<^  leur  venir  en  aide.  Il  tritmiphe  des  quatre  et  conduit  ceux 
qu'il  a  délivrés  à  leur  repaire;  chemin  faisant,  le  chevalier  lui  raconte 
queieji  quatre  étaient  ses  ennemis  mortels,  ipii  avaient  tué  son  père  mru 
nulle  achois'-m.  Le  lendemain  matin,  le  vieux  chevalier  s'en  va,  avec  ses 
écuyers,  a  leur  hostel ,  où  il  est  bien  reçu  par  sa  demoiselle.  Cette 
demoiselle  est  la  soMir  de  Sigurades  (var.  Sigurant)  le  brun  et  nièce  du 
vieux  chevalier,  et  tout  ce  que  vous  avez  oy  advint  au  viex  chevalier  a  ccst* 
fois  {['"  \0].  Or  vous  trult  compter  le  tnaistre  qui  estait  li  viex  chevalier  et 
dont  il  fu  ne:..,  C'est  liranor  le  brun,  oucle  de  Segurades  le  brun.  Il 
est  le  chevalier  le  ])lus  élancé  de  son  époque  et  un  des  meilleurs;  il 
appartient  à  la  puis.sant(i  liguéi»  a  ceulx  de  Brun^  dont  on  parle  dans 
maint  livre;  de  cette  lignée  était  le  célèbre  Phebus. 

Itrauor,  rentré,  envoie  un  messager  à  la  cour  d'.\rthur  déclarer  qu'il 
n'a  voulu  ([u'éjirouver  la  force  des  chevaliers  du  roi  et  voir  li  quels 
esluient  meilleurs  chevaliers,  ou  H  ancien  homme  ou  /i  nouvel  :  il  s'appelle 
Branor  le  lu-un,  le  chevalierau  dragon,  et  est  le  cousin  d'Hector  le  brun. 
Grand  étonnenient  de  la  cour,  où  on  l'avait  cru  mort  depuis  longtemps; 
(ui  l'appelle  maintenant  le  meilleur  chevalier  du  monde,  et  le  roi  fait 
ajouter  son  nom  au  récit  de  sa  victoire. 

62;î.  Ce  furent  les  derniers  hauts  faits  d'armes  de  Branor;  mais  a 

tant  laisse  li  maisircs  a  parler  de  mons.  li.  le  br et  veiUt  retourne''  U 

maiitre  Ituslieiensa  acompHr-  son  licre  des  merveilleuses  ^  aventures  '  de 
tous  les  bons  chevaliers  dit  monde  et  traitera  premièrement  de  point  en 
point  sans  riens  adjoustcr  'ju'il  ne  face  a  dire  setonc  les  fais  qui  en  ce 
temps  advindrenl  des  "'  barons  d  des  batailles  el  aventures  qui  aventureuse- 
mint  advindrent,  des  batailles  et  aventures  qui  furent  entre  mons.  Lanc.  du 
lac  et  mons.  Tristan  et  (1.  de)  Loonnois  et  viaint  auti'e  chevalier,  ainsi 
comme  vous  orrez  ycy  après  clerement,  se  il  vous  pîest  a  l'e^couter  [V  10). 

1.  Ii-i  iliint  ^:i:i  (f*  fi),  reiirisp  tic  quolriu*.*^  vpisodcs  du  rnmbat  des  chcv.  d'Artb.  contre  Bniur 
[1  fiMlilk't,^  ;  tiiii-<  mnm|ili-  iruti  fciiîllrt. 

2.  ./  rominl'-r  1  Ifi;».  au  roitiplir  ^ir>j,  u  romptir  Verar<l, 

3.  Itf  tr«'\  iurriiltfiifr^  llUB. 

4.  fiut  adiindrent  a  pliisieurx  l>ont  rAiM-u/ffri  durant  la  rie  du  roy  .4rtu$,  et  tratc'er». 
Veranl . 

b.  Di'i  hatnilift  rt  arfntiivfx  i/iii  furent  entrr  mimx.  Lanr.  el  mont.  T.  de  L.  *15,  Veriri; 
et  traitent  tôt  priaiieremvnl  Urt  mrlle[e\.*  et  mal  ri>illan\e]e.t  que  furent  entre  m.  La»e.  ifM 
lac  et  de  m.  T.  Ig  fii  nu  r.  .V.  de  L.  (nans  |>lu9),  14ti8. 


—  429  — 

Or  dit  li  contes  que  monseign.  Tristan^  te  filz  \le]  roy  Mel.  de  loonnois,  estait 
venus  ou  royaume  de  l^tgres  nouvellement  en  cellui  an  meïsmes  qtiil  avoit 
pris  a  femme  Yseult  aux  blanches  mains.  Si  chevauchoit  parmi  une  forest 
qui  estait  toute  la  greigneur  du  royaume  de  Logres  et  la  ou  on  trouvait  plus 
d'aventures.  Monseigneur  Tristan  chevaucha  tout  cellui  jour  sans  aventure 
trouver  ne  homme  ne  femme  ne  maison  ne  recel.  L'arrivée  do  la  nuit  le 
force  à  descendre  prés  d'une  fontaine  où  il  s'endort,  et  où  arrive  Pala- 
mède  ',  qui  se  couche  sans  voir  Tristan.  Entre  ces  deux  héros  il  y  a  une 
grande  haine,  datant  de  leur  séjour  en  Irlande  el  née  de  leur  amour 
pouriseut.  Palamêde,  ne  pouvant  dormir,  commence  à  se  plaintire  de  ses 
peines  de  cœur.  Tristan  se  réveille  et  le  défie;  ils  s'abattent  l'un  l'autre, 
puis  chamaillent  jusqu'à  ce  que  la  lassitude  les  oblige  de  se  reposer. 
Survient  le  fils  de  Lac,  lirandelis,  qui  leur  demande  la  cause  de  la 
bataille;  sans  réjiondre,  ils  rejirennent  le  combat,  mais  le  nouveau 
venu  les  sépare.  Tristan  déclare  que,  seule,  la  mort  pourra  le  réconci- 
lier avec  son  ennemi.  lirandelis,  ayant  réussi  à  leur  faire  promettre  de 
ne  plusse  battre  de  la  journée,  les  quitte  sans  les  connaitn».  Pulaméde 
propose  à  Tristan  de  fixer  un  rendez-vous  ou  pltis  desvoiabte  Heu  pos- 
sible, où,  sans  être  dérangés,  ils  puissent  coml»attre  à  outrance.  Tristan 
accepteet  laisseàPalamède,  qui  connaît  le  pays  niieu.v  que  lui,  lesoindc 
fixer  l'endroit.  S'étant  engagés  à  se  trouver  au  Perron  Merlin  à  un  Jour 
nommé,  ils  partent  chacun  de  leur  cùlé  ;  Tristan  se  loge  dans  un  cou- 
vent de  nonnes,  connu  de  lui;  Palamêde  va  chez  une  tante.  Au  jour  Combat  de  Tris 
nommé,  Tristan  sp  rend  au  Perron  après  setre  confessé  et  ayant  entendu  ^'^^  contre  Lan- 
la  messe  du  Saint-Es|>rit.  Mais  Palamêde,  qui  est  tombé  malade,  ne  jHçyUn. 
vient  pas.  A  la  place  arrive  Lanceb)t,  qui  est  en  aventures.  Après  uu 
long  cnnibat,  tes  deux  amis  se  nomment  et*  vont  ensemble  à  l'hôtel  de 
Tristan  ;  cliacun  a  plus  de  douze  grandes  blessures.  S'étant  fait  soigner 
pendant  un  mois,  ils  partent  pour  aller  à  la  cour,  et  trouvent,  le  lende- 
main, dix  chevaliers  gardant  un  pont  qui  est  de  la  Marche  de  la  Gaule. 
Tristan  obtient  de  I^incelot  la  bataille,  abat  les  dix  et  délivre  trois 
chevaliers  prisonniers,  Ivain,  Sagremor,  Agravain.  Lancelot  envoie 
secrètement  un  valet  annoncer  à  Arthur  qu'il  amène  Tristan.  Arthur 
avec  Gauvain  et  cinquante  autres  chevaliers  va  au  devant  d'eux; 
on  fait  grande  fête  à  Tristan,  qui  reste  un  mois  et  devient  compagnon 
de  la  Table  Ronde  et  de  l'hôtel  du  roi  Arthur.  Comment:''  Le  livre  n'en 
fera  ci  mémoire  .0*  1  i  .  Car  bien  le  moustreray  en  avant  ^. 

6"2-S.  Tristan  quitte  la  cour  pour  aller  en  quête  d'aventures^; 
Lancelot  olfre  de  l'accompagner,  mais  il  vent  voyager  tout  seul.  Au 
bout  de  six  jours,  marchant  dans  la  Périlleuse  Forist,  il  lomlif  sur  trente- 
six  chevaliers  de  la  fée  Morgain  qui  emmènent  iirisonniers  Uinadan 
et  Do<linel  le  Sauvage.  Tristan  triomphe  des  trente-six^  el  délivre  les 

].  Pour  répis»)'le  suivant,  voy.  fl  Cantarr  di  Tristan  t  t  LaiirifloUo.  p.  par  M.  Bajnx,  SceltÀ 
dt  Curioiità,  lS7:i  Ict.  Hum.,  IV,  Il2i  ;  Je  cnii*,  rutitrairoment  à  M.  Itajna,  tjuo  IVpisixIc  <lc 
Rutkien  et  le  |>cK'uie  re(n<<iit«iit  à  une  suarrc  cummune.  —  Cf.  le  coiiitiat  3naloi:ue  ilaus  li'M'J, 
oô  c'est  Agloral  qui  s.-[>art.-  Tr.  et  I.,inc.  (p.  TÎ2), 

3.  Vcranl  :  fit  puis  t'en  alitrtnt  en  uny  moitat'eie  qui  prit  d'illrc  tsltit  ;  gairis.  Ils  vont  k 
la  coar  d* .Arthur,  mais  a  tant  se  taist  le  compte  d'eulx  et  commencr  cy  a  parirr  des  faiti  de 
Cjfrom.  le  Courtois.  Dca  avuntures  tirées  du  Patamid/r  oecupeut  en  ciTct  presque  Umt  le  reste 
de  l'imprimé  ;  on  commence  par  U  victoire  de  (îuiroDSur  le  tK>n  i:bi:vjliersanspeur(cf.  p.  tâu-l). 

S.  Promesse  non  rê^lîséî.  —  Cf.  US  -^^i  '^^^' 

4.  Cf.Tressu,  toj.  su  ^   237. 
».  et.  i  108. 


—  430  — 

(Ifiux,  ù  qui  il  refuse  de  dire  son  nom.  Ils  vont  se  loger  et  restent 
huit  jours  ensemble.  Lorsque  Tristan  est  gut^ri,  ses  compagnons  le 
quittent  pour  aller  à  Camaaloth.  Los  chevaliers  de  Morgain  vont  rendre 
compte  à  la  fée  de  leur  défaite.  Dinadan  et  Dodiuel  retournent  à  la  cour, 
m'i  Arthur  fait  coucher  par  écrit  cette  aventure.  Tristan  se  loge  chez  un 
châtelain  dont  il  avait  tué  le  fils  pendant  son  combat  contre  les  trente- 
six.  Il  est  reconnu  par  une  demoisolb*  qui  l'avait  vu  à  la  cour  d'Arthur, 
et  on  reuiprisonne.  Palamède  arrive  '  ;  voyant  son  rival  qu'on  mène  à 
la  mort,  il  finit  par  se  dire  qu'il  serait  indigne  de  laisser  mourir  ainsi  le 
célèbre  héros.  Il  le  délivre,  et  ils  se  logent  tous  les  deux  chez  un  vieux 
chevalier  (f®  171.  Puis  parle  le  maistre  d'une  autre  matière  qui  n'est  peu 
du  livre  {qui  ne  est  pas  d'une  con  eest  lîG3),  et  veuU  orendroit  parler  de 
Galaad. 

Galaad.  505    Cpiui-ci  s'était  logé  chez  le  père  de  Dalides^,  amoureux  de  la 

belle  Helaine  del  chastet  du  Plain.  Le  jeune  Dalides  s'en  va  après 
Galaad  quand  il  part ,  le  force  à  jout(?r  et  est  tué  ;  son  père,  qui ,  avec 
douze  chevaliers,  l'a  suivi  pour  empêcher  le  combat,  arrive  trop  tard. 

02ti.  Palamède  et  Tristan  quittent  leur  vieil  hôte,  trouvent  Galaad  et 
se  battent  avec  lui  ;  il  leur  reproche  de  l'attaquer  tour  à  tour'.  Crai- 
gnant que  Tristan  ne  soit,  de  la  lignée  de  Ban,  il  arrête  le  combat  :  tous 
se  nomment  et  vont  se  loger  ensemble.  Un  soir  arrive  Bannin,  de  la 
Bannin.  lignée  de  Ban;  il  était  tout  récemment  venu  en  Logres  et  ne  congnois- 
soit  pas  gramment  de  chevaliers  de  son  lignage  fors  que  par  o\r  dire.  W 
leur  raconte  qu//elys  le  roux,  devenu  l'ennemi  mortel  des  chevaliers 
errants  après  la  mort  de  son  neveu  Gaulas  *  de  liojemont,  tué  par  les 
hommes  d'Arthur,  vient  d'emprisonner  Lamorat  et  Blioberis.  On  va  les 
délivrer;  puis  ou  se  quitte.  Palamède  et  Tristan  vont  à  la  Joyeuse 
Garde. 

()27.  Bannin,  Blioberis  et  Lamorat  rencontrent  Erec  et  sa  femme, 
qui  se  rendent  à  leur  château  de  lielloe^  présent  d'Arthur.  Erec  ab:it 
Bannin  et  Blioberis,  mais  son  combat  avec  Lamorat  est  bien  plus  dif- 
ficile. Enide  fait  enfin  connaître  son  mari ,  et  les  trois  chevaliers  sont 
hébergés  au  château.  Arrive  un  valet  qui  va  à  la  cour  d'Arthur 
cherclipr  du  secours  pour  Lionel,  emprisonné  au  château  à'Adimpons 
par  Morgain^\  laquelle  veut  venger  la  honte  qu'Hector  lui  dist  jadis. 
Tous  partent  pour  le  remettre  en  liberté. 

Le  chevalier   à       G"28.  Quatre  mois  ai)rès  le  tournoi  de  Louvezerp,  arrive  en  Logres 

1  écu  vermeil.    |,.  chevalier  à  l'écu  vermoil  ;  pour  la  suite,  voy.  au  §  449  d.  Après  la 

n'con("ili;itiitn  iléliriitive  di'  Tristan  avec  Lancelot  (p.  347),  les  mss.  de 

Rusiii.'ien,  en  passant  a  des  aventures  do  Perceval,  donnent  la  conipi- 

lalion  suivante  : 

G29.  Joute  ^,  devant  un  pavillon,  de  Saphar  le  méconnu  avec  Perceval, 
I.  r.f.  f  ii.'>. 

a.  r.  1  tM'i-'>'K-s  suiv^ur.9  te  rctrdui'iîTit  lUn-i  n[ni>riiilii  do  Jimati  cf.  cl-dcasouB, 

3.  1:1.  (  l.-i. 

4.  ■/■"  .'Il  ,  iw;o. 

b.  V'  ■'//,  .,.,;  lie.-!. 

6.  Lrs  •'|)i>T>di's  <;iiiv;i;iîi  «fintiiiis-il  'I  ins  k-s  iin|irim  -i  ili>  J  unt  (.-f.  i-i-dc<i>U'*l,  et  <îiî  VerarJ» 
r^Oi  60  coin|>léteQt  l'un  rautre,  J.i:ii3t,  abxu  Immiiit  te  texte  du  t'iiLimiJe  {ci.  |j  G33,  a.),  pour 


—  Î31  — 

qui,  ensuite,  délivre  Sapremor,  que  Brehus  faisait  battre  par  deux 
serjanz.  Guerre  soulevée  contre  Arthur  par  Galehout  le  brun,  qui,  sur 
la  prière  de  L.incelut,  devient  l'homme  lijre  de  son  ennemi,  et  bien 
furent*  entre  la  royne  Genièvre  et  Lancelot  aucune  chose  de  laquelle  le 
maistre  ne  fera  ore  mention,  jwur  garder  Vanneur  de  l'un  et  de  Vautre'^,., 
et  bien  sont  autres  livres  qui  le  comptent  en  autre  manière.  Un  nain 
implore  le  secours  d'Arthur  pour  <on  maître.  Hahes  le  renumnié,  qui 
avait  été  vaincu  et  einmein''  prisonnier  par  Palamède,  parce  qu'il 
s'était  obstiné  à  chasser  la  brste  glatissant.  Le  roi  envtiie  Ivain  diro  au 
chasseur  de  la  beste  de  laisser  Hahes  s'en  aller.  Laniorat,  qui  hait 
Palamède,  s'emjjresse  d'aller  se  haltre  avec  lui  ;  ils  sont  séparés  par  •.  .  . 
Ivain,  et  Palamède  obéit  au  mi.  Seyurades  le  lirnn^,  quitte  le  roi  Urfng efde  Gui- 
Leodagan  de  Garmelide,   va  vers  le  pont  fiardé  pour  l'amour  de  lui  ron. 

par  Galehout  le  brun  ^,  et  triomphe,  devant  une  chapelle,  des  quarante 
OUDcmis  fl'Hodoris  fvar.  Hoderis].  un  chevalier  qu'il  preml  sous  sa 
protection.  Le  lendemain,  il  renverse  deux  fuis  Galelumt,  qui  envoie 
Girart  (var.  Girant,  le  barbu,  an  Val  Ilruii  pour  annoncer  cela  aux 
habitants  de  Vile  non  sachant,  où  !i'  messager  arrive  en  compagnie  de 
Hub.u)an  le  brun.  La  joie  est  extrême  chez  le  i>ère  de  ti^e^'urades, 
Hector  le  brun ,  et  celle  joye  et  crlle  feste  dura  bien  .XV.  jours,  mais  a 
tant  laisse  ores  li  contes  a  parler  de  Seguradrs,  et  retourne  H  viaistres 
a  messire  Galehott  le  brun  et  a  Guiron  le  courtois  du  Bois  verdoiant  pour 
compter  une  belle  aventure  qu'il  leur  advint.  Ils  rencontrent  Lamorat  île 
Listenois  (ceci  se  retrouve  dans  k'  ms.  :i;V2r)  ;  v.  §  IJIM  h;,  (jui  désar- 
çonne Guiron.  est  lui-même  renversé  par  Galehout  et  a  le  dessous  dans 
le  combat  à  l'épée,  lorsque  survient  b-  roi  Meliadus,  qui,  les  ayant 
séparés.  V(»nl  se  battre  avec  Gab'hout.  parre  que  celui-ci  lui  a  fait  un 
déshonneur.  G  lehout  triomphe  de  Meliadus,  qui  le  quitte  d*'  tnule 
querelU'  debonnaireimnl.  Le  \ainqueur.  dvshaiiicz ,  reste  au  château  de 
Itertlielais.  tiniron  va  au  Royaume  sauvage,  triomphe  devant  le  château 
appelé  Berthelais.  du  Imn  rhevalier  sans  pi'ur  et  s'enjra^e,  comme  lui, 
à  tuer  l'un  ib-s  deux  géants  qui.  tenant  le  château  f«  serrage,  venaient, 
tons  les  ans,  enlever  des  jeunes  gens.  Ils  sont  vaiurjueurs  et  parlent. 
Guiron,  dissinuilant  son  nom,  est  attiré  par  une  demoiselle,  qui 
s'empare  de  son  écn,  chez  \v  châtelain  Poupart,  se  voit  forcé  de  se  faire 


passer  à  des  .H'ciitiircs  ilii  pfL'Miit  paraîïniplie.  itni.  ilît-il,  <-^iit  cruMrc  iii^ilitcs,  ri>rnnii'iii'e  par  l.n 
il^hlte  lie  (Inleli'iUt  par  Si'jiirclcs  et  iiniir^iiit  l'umiiif  3^'>  ins<itr,tiis  aventures  <]«  (iiiirun  aver 

le  bon  f"Iiev:ilivr  s.  p..  niiip-'Iant   turm.v*  ilms  Veninl    "nit îm--  'Im-  J.iin't,  ini  l'Hi  piv.t-  au 

S4*jour  inactif  'l'- Onir.iii  ;)ii  Val  Ilrnii ,  en  irir'I.mi  ii;ir  ■lUtr,ii-tî"ii  l.i  pIir.KC  'I"  traii- linn  de 
Triii'*!''!»'  fcuji|Ti!iii'-  '/■;-)*>■*  '/•'•■  i:i/r«%  f  fut  p'nlti  tt-'  lu  ihiani '••'!■  •i"-  l'a  mit  ••mpriMimaf  ; 
pni«  r.<nitii<-  ;.').■.  j'i-i,  lavr.-  ï.i  v:.  i.-ir.-  -le  f-if:r  fies  -iir  Tr.«t.iii  •■!  !•■*  aiitri-*  :  ii'i  ■>iipi>ressi<iii 
de  J'.'i'i*«Ii*  di-  li  .  ::  i.,  1)111  c-r  ■Im*  V.i.isl,  et  y\->:vjr  :t  i'aiTi^i'-i'  du  nain  'Jt  ttU'Tre  de 
nal.-h'iii!  i-*t  *i!|-;r;n:."-'.  .■■■  '(i-.i   n'.  iir-iliv  |ms  |.'  T' l:clfiir  d  v  f.ii  ■■■  .illu^i  'lil;  pu  ■»  io  eomtiat 


d<-  ('.T^-iM-.,!  .-  .|,;i.-   -.1;  'iir 

.'t    1)  d 

'..iri!ii'<'  de   ^   .r'-.iM;   ('■<'.>   :   -'L"i.ii-e  1 

lie   ne  i-i*  re^peeier 

.1:  ■■■   !..•■!  ' 

--■rp   .■•     !...:;i»-r.M :---!e-l.'.; 

■'r'i'  :pii-.  en  suîv.ii  t 

r..rlrede^..:.    lii^.lrM- 

Il  !■:!■-.  .■ 

îi..  j'i-  .'i'   "1  ■!   i'  l'T  d-'  Il  m;  h:  l'î  i".':)!;' 

.jrri  in*  p  -uv  s.-i-..iirir 

1.  H  f  3  ifl.  ;.-.... 

2.  M-'i.  f-  f«  e.n-f  m.  :i 

;■'  ;  (te  !■  « 

■lis  jv .11;  11.'.   :■■  M   ;;a  li>,  ii'ii  ir  .:;vc  1. 

'■tl*  .'  Il-    '    s   ,i;t   t'    tl't 

.:i.'  et  I-iiltiau  ■;■  i;JS  . 

3.  -Ml  lirii  d-  <:■':•.  1  :-i 

r.i.-  .■!■■•  . 

w  'i.tlt  nit  avoe  (-in'i 

ehevalÙT-.  1'.:'-  ■  ■•  !:i-     >'  . 

rtefi.ilii  l  .n.i'it  l.i  d   'i-  ■ 

4,      (;-iTi:rii'.-  ii-:ii  V.:  -  ■•;■ 

:■!  ■:-;-■  1  1 
.!-■  M  r.; 

■  r  i-  -.r.  •. 

1    ■•■'!Ti:.  .  ■•■   -1  .■*.  ; ,  -.1  .N   '  :   ■lue  Vr   "• 

.■:■!.;  .::ii-  .";.    -■.  ■•.:,•  ,;■■  ■!     :■  !  ^i     ; 

;  '.   ■-.  .i-.n  ;<v.-i,tiires 

-.  !■■  I    r:  i:  e:i  futur 

pour  m.i»>;iifr  l.i   ;,i     !;■■ 
fetrnuv.uit d.iii'  !■•  iii-i,  '"T 

I.  ■  .■   ■!.; 

'  :i  .  .|i;j  !j  .::.  .i.-:.,  -.  1  ■    1-  -i  il    ',  -';;.  ay.i 

-.-■1   d--.    /J("„f  •.■ 
:.:  e:.te;:  M  pirict  de 

Setni^A''^*'  ^  cliarite  ite  l.i  d-.fiiiti;  du  p  >iit  p.'^ir  î.iir^-  ■*  1 


—  432  — 

connaîtrn'  et  se  rcmï,  en  laissant  l'ôcu,  aurai  Brun.  Là  il  reslfi  long- 
tenii)?  sans  rien  faire  ;  pourquoi  ?  Trop  serait  longue  matière  a  ramentevoir. 
Il  part  avec  lo  roi  lïohort  do-  Gaunos,  qui  survient,  désarœnoo,  près  de 
Carniolidc,  dans  la  Forest  gasle^  Escanor  de  la  Montagne  el,  blessé,  est 
stiignw  dans  un  couveut.  Duliurt,  chevauchant  en  Soreloïs  avec  son 
frère  le  roi  Ban  et  Lamorat ,  Meliadus,  Lac,  rencontre  un  chevalier  à 
l'écu  (r()r.  ([ui  l'abat  avec  tous  ses  compagnons.  Lamorat  et  Meliadus 
se  mettent  eu  quête  de  lui,  ot  rencontrent  d'abord,  dans  la  Plaine  attx 
noi/Sf  Guiron,  guéri  et  cherchant  le  mt>ine  chevalier,  puis  Lac.  Us  f(tnt 
route  ensemble,  trouvent  leur  inconnu,  qui  n'est  autre  que  Galeliout, 
et,  trompés  par  son  écu,  le  prennent  pour  Ilcnor  de  Norhombellande,  un 
très  mauvais  chevalier;  Lac  jette  l'écu  dans  un  fane,  où  il  est  ensuite 
précipil.!^  lui-même  par  lo  chevalier,  qui  s'éloigne  sans  vouloir  jouter 
avec  Meliadus  (le  même  épisode  dans  33^5;  §  G31  b).  Peu  après  on 
le  n»trouve  :  il  abat  Lac  et  Guiron.  Les  compagnons  retournent 
au  château  du  Fort  Trespas,  où  ils  avaient  laissé  IJohort  et  les  autres, 
qui  vienruMit  de  partir,  et  \v  récit  passe  à  Segurades  le  brun,  le  clie- 
vaiicr  au  dragon,  vainqueur  dans  le  tcmrnoi  de  Vincestre;  le  maistre 
vous  fait  assavoir  (lu'aucuii  de  ceux  qui  l'attatiuérent  —  el  parmi 
eux  Lancelot  —  ne  put  le  renverser.  Avec  son  écuyer  Golistan,  qui 
hait  Tristan,  parce  que  celui-ci  a  tué  son  père,  Segurades,  ne  voulant 
pas  rentrer  oncur(ï  à  Vite  non  sachatit,  se  met  en  aventures  dans  le 
Logres.  Accompagné  de  Dinadan,  il  desctsnd,  dans  une  forêt,  chez  des 
vilains,  qui  les  îiébergi^nt  chacun  dans  une  inaison,  les  logements  étant 
triqi  jietits  pour  les  abriter  tous  deux.  Dinadan  fait  violence  â  une 
pncelle^,  et  est  surpris  et  malmené  jmr  les  vilains;  Segurades  survient 
enlin  ut  le  délivre.  A  une  fontaine  on  trouve  Lancelot,  Tristan,  Gauvain, 
Paliunède,  Ken.  Segurades  les  abat  tous,  sauf  Umcelot,  avec  qui,  dit-il, 
la  dame  du  Lac  lui  a  défendu  de  jouter,  Suit  un  nouveau  morceau 
détaché  :(ïn/man^,  leiilsdeGuiri>n,  rencontre,  ])rès  d'une  fontaine,  Arthur 
avt.'C  des  chevaliers;  il  renverse  Keu,  Amador  de  la  Porte,  Gaheriet, 
Hector,  Gauvain,  le  roi  Arthur,  Blioberis,Galehodin  letiallois,  Saphar, 
Ivainet  Lancelot.  Palamède,  qui  avait  tout  vu,  fm2»UJc/ii£3  dans  la  forêt, 
se  propose  de  venger  cettt'  honte  d'Arthur,  qu'il  vénère  ;  il  atteint 
Galinan  et  le  désarçonne  tel  atourné  que  ja  mais  ne  ferra  coup  de  lance. 
Mais  atant  se  taist  li  contes  de  ccstui  fait  et  retourne  a  parler  de  l'ancien 
chevalier  (f"  7'J  c  ;  355,  f"  G  i  f)  ;  jmis,  après  une  lacune  de  trois  lignes  : 
Explicit  li  rominans  du  rny  Arlus  el  des  cftevaliers  errans.  Ici,  3r>5  pré- 
sente un  intervalle  de  trois  lignes,  suivi  de  cetHs  annonce  :  Ci  après 
commence  li  lurez  \\.  livrez]  du  roy  Mrtiadus^qui  fut  pe\r€\s  Tristan,  el  de 
[nterpolatîon  du  Qni,.(,n  /(,  courtois  et  des  chevaliers  de  la  Table  Roonde,  Et  ce  manuscrit, 
o  ami  e.  ^^^  ^^  j,-  ^  après  la  rubrique  suivante  :  ('/  eMroit  commence  le  livre  de 
Meliadus  et  de  Guiron  te  courtois  et  de  Palamedes,  intercale  presque  toute 
la  ]»remière  partie  :'cf.  §  fi3S)  dn  roman  de  Palamède  avec  le  long  pro- 
logue du  soi-disant  Ilélie  de  liorrou  ^ 

1.  ennn  le  m*'.  -iS'ih .'("  l-'i  (  ss  ;  c(.  S  '1^1.  n.),  rcît  .ivonture»  ^mit  rncnnMea  h  Dimnin,  qui  arrlrM 
(111  rhAtr.iii  OH  flli'n  tint  i?ii  lieu.  —  Vcninl,  tmiir  ne  [las  rottrudiiirc  Jan'it ,  fait  arriver  OuiroDi 
5ii>rti  ili>  )irid<>ii,  clict  U.maiti,  .ivi^t-  iiui  il  est  vaimiunitr  (I.iim  le  toiiruiH  du  chAtena  de*  Dcdx 
Sd'iirs  ii-r.  1;  B3-.'). 

2.  Cf.,  |>i)ur  (.-et  driicKiK'  et  le  suivant,  I.i  r<iii][ilI.-iti()Ti  <lii  ma.  I'i599,  p  SI9. 

3.  Ca-i  l'iilso'le  se  r.Hnmve  k  lu  11»  de.  l'iiiiitrîiii-  rit-  Vcrnr.l  (v.  g  037  bi,  et,  aTCc  dea  ddtailt 
<llll'<.-rc»tf.  (l.'inH  ii.'iO,  R;'.-J%  If  G.1i>,  ii.).  —  Pour  (Jiilinnn.  v.  ^  FtHl,  n. 

4.  l'uur  lii  dutti  ;c<>:ninr-nLH:meiit  tlu  \iii  '  s.),  du  l'alamc-U,  cf.  Ward,  Catalogue  af  RotnaneeM. 


—  433  — 

La  brève  analyse  dp  ce  roman ,  ilonn«^  dans  la  suite,  otii  hasC^  s.ur  Manuscrits  du 
355*,  crtinpar^  nommai  rem  pnt  avoc  Ips  qiiatontp  antres  manii'inritfi  i!*»  Palaméde. 
Paris.  Dv  C4» manuscrite,  oxiùh  se  trouvent  à  la  Bibliolhùque  NaliMnaJe  : 
338  (anc.  6959;  cf.  P.  Paris.  Mss.  fr..  Il,  345;  comnu'ua'mcQi  du 
XV*  siMel,  350  fane.  6970;  ib.  367;  xm'-xiv»  a.],  306.  357  (anc. 
6976-7:  t*.  m,  61;  wv*  s.),  358.  359»  360.  361.  365.  363  (auc. 
6978-6983;  ib.  63  ss.;  xv*  b.),  5243  (Nouv.  Acq.;  fin  du  xîv'  s.;  dea- 
sinp  coloriôs  du  xv*  s.):  troie  appartiennent  à  la  bibltuth^uo  de 
rArwaal  :  3325  («ne  218  B.  B.  1'.;  xin'  «.),  3477.  3478  (aac.  ÎÏ'J 
B.  F.;  comm.  du  xv*  a.). 

338,  350,  356.357.  3477-3478  necontîpnnpnt  que  U  pivniiére  par- 
tin  du  roman,  ainsi  que  359-360-361  ,  auxquels  font  suite  3r>'2-363, 
qui.  seuls,  mms  ont  ronservi^  nu  d^nuuemenl,  faliriqué  sans  doute  à 
une  époque  postérioure  (v.  J  638,  dorn.  note).  35fi,  rangé  ù  tort  par  It*â 
arrnnifc'urs  ou  les  iicribes  avec  359-363,  et,  dan»  leur  seconde  partie, 
3325,  5243  contiuuaeni  dt!«  rMaciious  particulières  (t.  ^  630  a, 
631  a.  h). 

i)m  familles  nettement  diftiactes  sont  Tormées  d'un  câté  par  338, 
356-357,  3477-3478, dont338,  tuul  en  étant  consiajument  d'accord  avec 
let)  autres,  auâsi  pour  des  faule&,  ofîre  parfuis  des  divergence»  peu 
importantes,  et,  d'un  autre  c6t^,  par  355  (340)  avec  la  dernië/e  partie 
de  357,  3478  (357»,  3478";  cf.  §  635,  n.),  qui  ne  dilÏÏTent  de  355 
que  par  de  menus  détails.  Kntrfi  c€i>  deux  clatineA,  plup  prtr«  de  la 
aeccinde,  Replace  350,  dans  lequel  a  éit>  annext»  un  morceau  du  romau 
des  Prophetits  tU  Mtrtin  (§  638,  n.);  à  la  Tamille  de  ce  manuscrit 
appartient  la  première  partie  do  3325  [cf.  |63Û,  n.)  et,  80QibIo-t<il, 
de  5243  Icf.  §  631 ,  n.),  fragment  qui  pri^scute  de  petitct»  diiTérenc<*i«  de 
Qui  '■<,  et  dont  le  classonicnt  e(>l  rendu  fort  difficile  par  de 

Al.  i.icune^.  359-3C0-36I  cuu^tiiuent  une  aous-famille  w  ral- 

^Mftcli'Lal  ^  J38,  etc.,  malgré  quelques  croi^tenieot:*  a\ec  le  texte  de  355. 
^PlpXie  Palaméde  des  mits.  de  Pari^,  loin  d'être  te  roman  original,  se 
compose  d'un  vaKte  amas  do  pièces  et  de  morceaux.  Ou  s'y  beurte  à 
de  grave»  laruir^-    Hloie,  §§  633-631;   le  cbevalier  â  Técu  d'argent, 
§  635,  n.;   I  V  (137  ,  le  Morhout,  %  038,  n.)  et  à  de*!  ruccour- 

cidafmems  i-  ■    '-^  Ae^^tnfanea  de  Guiron.  tetouruoi  d  Hencdon, 

%  C32,  le  manqui»  dt'  la  fin  cyclique  primitive,  annonctV  au  §  638);  de 
plus,  les  scnbe>i-arrunpeun;  jwiraissent  avoir  afTectionn»!  le  système  ijui 
cortsiste  à  souder  ensemble  deux  textes  difTérent.(i  (cf.  les  notes  aux 
$1  639,  635;  une  fois  noui;  voyons  même,  au  milieu  de  la  pro«e,  un 
morceau  rimé  ;  $  63 1 ,  deru.  note}.  Dans  ce  fatras ,  dout  je  ne  saurais, 
avec  mes  mat^^riaux  défectueui ,  rcconstniire  par  le  menu  le  fond  pri- 
mitif, on  distingue  au  moins  une  idée  conductrice.  L'auteur  a  voulu 
avancer  au  premier  plan  des  héros  qui  étalent  les  pères  ou  qui  pou- 
vaient apparaître  comme  les  prédécesseurs  des  célèbres  chevaLier»  que 
le»  nimanï  cuuraiii:^  de  la  Table  Houde  avaient  depuis  luagtt;mp9 
rcndns  familiers  au  public.   Kn  déroulant  lei?  préludw  de  l'hisioire, 

t.  M«.  «i.  pn«r  Ir  utrr,  t.  Ift.  rt  %  «39.  Le  rtiintn  k  M  tic  bonne  btnrt  dtvtatf  eu  drttt  iMitMk 


lWUl;«<u 
I.  110  ' 

fin  <— ttw  de  «•  H'wnnafe,  ni  (Um  SM  ni  4saa  140. 

Ulsmi.  —  Triitan. 


">tnr  f '■ppeUlt  peui-eir* 
'.t. 

-  -irilciikdiadai.B.), 
nctth  cÂertÈher,  Il  n'«ait 

28 


—  i34  — 

(bvouuo  iianalo.  do  répaque  illustrée  jar  les  corjiihdof)  ordinaîraa  de 
la  cour  il'Aiihur.  tioirt^  prot^alt'ur,  cdiunie  les  |)4>èteïi  cvi'li<)UL><;  ùe  l'&n- 
lir|uitô,  avait  l'avauta^  de  |in*»ontor  nu  loctpur  des  aventurt^s  cl  dfiê 
jit.*xek)[iiiagu8  qui  m  recoiumuiidaieQl  {mit  Io  cïmnuc  de  la  uuavea^uti^. 
Au  iiremier  rang  du  cos  prijcursours ,  florissant  pondant  la  promit^re 
pCTÎudu  d'Artbur  ou  ver*  lu  Pin  du  règne  de  sou  ptVe  Uterpeudragou, 
août  placés  Moliadus,  Uuîrou  ',  Uanaiu,  Lac  ol  le  bon  chevalier  fiauii 
peur,  rival  deMulindus,  tous  iuférieurB  à  un  êmiiietit  héros  di^funi, 
Galelioul  le  brun,  fils  de  feu  Uector  le  bruu,  dont  il  était  le  digne 
émule,  et  père  du  jeune  et  vaillant  Febut*.  D'autre9  réi;ils  sur  le;* 
UrunB  se  trouvent  dans  35Ô  (§  C3Û  aj,  daiL^  les  coinpilatintis  de 
Rusticien  (v.  §  fi21  sa,  p.  431-î)  el  do  1*251(9  \v.  p.  219j,  ain«i  qu'.' 
dans  les  i^raphtHM  de  Merlin  (cf.  Additions,  §  038,  n.);  on  y  an?! 
en  scène,  outre  Galohout.  les  menilirns  dune  branche  latérale  de  la 
Tamillc  des  I^runs,  Hector,  Branor,  et  surtout  Siguranl  (ftejturade**), 
dnul  aucun  ne  figure  danii  k'  Patantède  de»  niss.  de  Parii^,  ni  dium  la 
rédaction  qui  fomie  lu  seconde  purlio  des  fra^ineuts  3325,  b"M3^.  — 
Is'otrc  roman  repose,  eu  partie,  sur  les  données  des  /ïurM  antérieuni,  que 
l'on  ue  manque  pas  do  citer  (voyex,  par  exemple,  au  §  G31J. 

Je  joins  à  ces  remarques,  pour  les  quinze  manuticrils  du  PtUauU4t , 
un  »cliénia.  dont  la  précision,  nouimment  en  ce  ([ui  couc«*roe  la  place 
a$«ignée  à  â243,  pourra  sans  douiu  être  augnieutèe  par  des  rMclierctim 
plus  minutieuses. 


I    L«priawuW,il»t!tlâult{|'BborilUclUtliis,Psltr<>aifi-iV(>A  •■ "   i'-  r:i..>..>>iri. 

7.  Le  StfgQrxdea  et  li^  Oitlehiiut  des  r^man^  iintt-riPtini  nuiil  - 
i).  L'tiUloIr*  Oom|>U1o>les  nmtt*  «l*  tr>iiivrr.ill  njiniti'v  4u   i 

m»,  tlo  Tarin,  k  e»  Ju^o-  por  le  «InfQlltrfirolofruc  dUl  ypr^cJ.  ■  i .  ..    .  .1   ..i.  .  ;  -l'i 

par  U.  llnjtiA  'Un.t  U  Hon>aniit.  IV.  J<Ib.  Nout  lia  Murliitu,  ar«c  ivaiit-^ur,  «tlrilutr 

j'un  «tyli-  as>uréc«Dt,  k  l'auleurdc  i^ire  mnMn  :  fXt  poï'riitiliiHPiiBï.iMr  rr-)iii.ri 

riial'ilQitn  ((^uèffilo  de  tescoofrèiv- 

ilxtii  un  /'piloirue  In  ftverttneiiD 

plulûl  )  voir  l'^vâUl-pniîi-M  il'iin-- 

ri'<l*cLi'mh  Uititulci- 

Kv>>lr|trnt«nnx  tiitr  '  ' 

[Hir  ili*i  Ic^n^itlLif'-"-  : 

to|il0f  iitr  L'i'  ■■ 
fiamttrt.    Irtr  :■■ 
omiri- 
lliiU-,  — 

llittit    If    ■  .    !       . 

m«UDD.  llU>.-tic  II  »E 

\uu  erreur  ou  \hit  lr.a'l  • 


itMlerelut'Ci. 

10». 

•  lU  le»  Irai* 


Wn. 
.  (tna, 
iiifitr- 

fllTuri!!!!  lia  rciinJtu  «Ti, 

- ,  .      -  .     -lin  rK«tnpUireOii/'ti'.i .-.-     ..-  , isiiaUï 

«ntiDDcéu   dam  ce  tommalrt  dc  uaible,  pui  plui  uiw  relli't  il«  :iit3-i)im  et  de*   mu.   A» 

niivii-'lpi^i  roinnnt<>r  nu  l'alamidr  ryrllqMC  ,  vu  Ir  rnxni|ur  it'aUiu^loni  k  U  quOtp  dg  Gnu]  «AU 

V     -     '  '       .-t.  "i  tM\.  —  i'uur  en  rcrenlr  »iu   Bruni,  ••■)  pcoi  m  dMunn'Ier  ti  rnuleur  lU 

ntll  In  rantr»  »iir  la  bmirJie  Intcnlr,  «ill  i|ric  re*  «otite»   faiwi^l  eHruri'  p*il 

lU'ili  jlcut  éif6  invtmU'B  t'Ius  iar<I,  Ou  '»lBn,  Unit  **ii  Iw  0'nnnif-.^nl,   r'i-t-tt  T">tnl 

•■■r,  oti  n-t-U  pr\fiTi*  le»  r»i«T»er  k  lasuitr,  à  ett;       ■ 

■  'ï  rf.-.' :  t.'ir  Ir*  Hnins  flWvi^.?!!!  il'tirr  innr.r  , 


ivi 


■    Ji.ll  liJiu  i-iHifu*..jj  ik  l  un  I  -lii 

iflV*  r«  'lïTiiU-r    KptiUl  iJUr     :  i>   lie 

.■fir.i,  (1    nti    I.'.-.  i:'iii.   Hii;(  .    _    i.iilriiB 

•  n*    Il  }-  rit  B<>o*t'iit  aiiKiiv-  iluifiiii  ilit  ((m  d*! 
'■t  ijf-lS.  leb'^'MtP'uialt;  d'aprtsk  tgxU,  d'ail- 
, 1.  ^:.  ■ -11.  île  ses  vusAUt, 


'_  435  — 


Si:  «♦— ivirnn 


*t;n- 


K 


1 


.  (i|i>,  ;  3;.7-.^I:B3 


ftiïi  (pr-  pt — *»«  (I*  Pi 

Les  vieux  impriin*''.<  qui  si?  ratinchcMit  à  uotre  roman  n'en  donnenl  Imprimôsdai 

ae  lo  oionvaii  que  nctu»  viiyuns  inlerjiolé.  plu?  ou  moins  coraplvte-        fontèd^. 

eûl,  AU  milieu  des  niss.  de  nusiitien  ('355,  3i0,  357',  3478^).  Kn 

Vt.  leséilitiuus  <le  D.  Juuut ,  .Vetiadus  de  Uormoys,  ParÏB ,  153z),  et 

A.  Veranl  {Gyron  te  Courtois,  Paris,  viTtu  iôOI,  selon  Urunet)  —  le? 

,ulrt>s  u'cii  paniisseiit  pas  ditTiTLT  essentielleinful  —  no  sODl  aiilro 

lies*"  qu'une  ropruducUon  du  («le  entier  de  ces  ms^.,  coupC»  en  deux 

1  r^'parti  sur  chatiue  tmpriiu».*,  niairi  Odèlemenl  t^uivi  sauf  <ju*'lqup« 

maiii^nienls  cip^r^'s  le  plus  nouvent  pour  conihler  des  lacuueh.  (Joiiut 

mua  a  peul-éJrecnusnné  une  fuis  (v.  jî  632,  n.)  des  épisodes  inauijuaul 

laus  It'j*  mRs.,  tandis  ijue  Veranl,  qui  copie  en  |j:»^nt*ral  ^7ih  n  ton  et  à 

avers,  parait  avoir  ajouté  de  ?on  chef  le^  détails  i|u'il   douue  «ur 

«ini^'matique  chevalier  à  l'ècu  d'artîont,  j|  fi3fi,  n.)  Le  Meliadus ^  qui 

l'imvn'  par  Ii»  prologue  et  le  comniencenieut  du  Palamède,  fi»rnjc  le 

lupplèmrnt  duG»iron,  qui  débute  par  le  prL'oinbut»  deRui^ticten  t§6?0), 

trécédi"  d'une  Orvise-  (peu  ancienne;  des  armes  de-  Utus  tes  chevatiers  de 

Tahlr  Ronde.  Les  rédacteurt  de  res  r*dlliuus  ont  évidemment  consi- 

lérê  tout  le  contenu  de  leur  modèle,  qni  a  été  'iïfît,  ou  un  ui?.  irè» 

fÎHiD  de  355  (340),  cumme  IVruvre  du  compilateur  pisau,  dont  ils 

avaient  lu  leprolojrue  et  l'épilogut*  (§  Gt3l.  Gelr» explique  la  sult^tîtution 

levw'parM.  \V.inI  Cataio^juc  offtomances,  I,  3G(i)  ilu  mtm  de  Husticien 

ceJui  d'Iièlie  dans  l'avant -propos  de  l'iniprinu'  île  (jtilliol  du  Pré,  sult- 

ituliou  qui  ai^  retrouve  dan»  Janut  ;  no6  éditeur»,  embamu^és  de  la 

eniinn  du    faux    Hr^lie  de  Bornia.   dont    le  Palamède  avait  éLê  m 

uchement  interpola'  dans  355,  ont  cru  tout  mettre  d'accord  en  faisant 

isparaitre  le  nom  d'H^lie  et  en  attribuant  la  partie  interpolée,  aussi 

lieQ  que  l(^  rpstit,  à  Huàtirien,  dont  iU  suppriment  l'éptloirue,  remplacé 

ns  jjinot  par  le  r(V:it  \\f*  la  mon  de  (M>n  héros  Meliadus.  —  Le  rumau 

titulê  La  triumphatttë  rt  vrtitable  hittuire^  etc.,  Au  prince  Me liadxa .  et 

duit  de  l'espn^rnol  par  le  chevalier  du  fllergé  Hoyal  'Lynn.  1534, 

Serre  de  8aiiirie  Luou»;,  u'u  de  commua  avec  le  i'aUn'ûde  que  le  nom 

Meliailui«;  les  aveatures  qu'on  y  prête  à  ce  roi  paraîâSK^nt  être  tout 

fait  moderno!)'. 


Ht  «ut  fDAOïiMTiw  't  tui  tmtiriaié*  qui  ne  m  troavcnt  pu  hu  bibituuifsina  d«  pmru, 

I  %'èX  im  cMmiucr  dr  i>rM.  >e  m»  liorM  à  éanutitwt  «a  ««  J'ai  -wm  ellM  Amo»  le*  oia- 

1 1»  ixNn  'II"  tiitlp'n  -m  <1f  MfllaulTn  i  rv<  tltrr^  —  mrt/nit  le  rtmiln' .  cf  r^iUngVc  dt 

llana  xagr.-  'tmlkunif 

|m  I)"-  --iik, .  un  i  l'idtttuce  a.iUri,  :.i}| ,  «n  Ji  llodèm 

iiQf,  /  eûdiei  fr.  d*Uài  Mr^-  ««M.  £*f^n««.  M, 

\  Ailuflw  uâ«  •(«^rlpitoii  il.!  e«  lr*^itn<l,  ditnt  lequel  H  RCromMl  nmiM  bu  *pl*wl« 
ftifcmWf,  la  pnici>B(n<  it«  1I«1U4«»  »vw  le  cfatTtlkr  de  CHBulotti  c(-  f  «Mj,  dm  k 


—  436  — 

I^ss  oKtraitB  du  Palamède  dûnnés  dans  Dunlop-Wilson ,  Btslory  of 
fietion,  1,  188,  233,  pepoeent  sur  les  imprimés  de  Galliot  du  Prë,  1558, 
et  du  Verard  de  1501. 

Jo  passe  maintenant  nux  analyses. 

Début  du  Pakt'      ®^^'  ^  Palamède,  après  le  prologue',  commence  ainsi  (355,  338, 
mède.  3177,  356,  359,  3325,  Janot]  :  Ik  grant  valeur  (et  355]  de  grant  puis- 


lODinê  (décrits  par  M.  V,»xA .  ralaloçHf  af  Homaneifi,  1 .  364-371  :  Itu  d»  ce*  nu»,  rarironlo 
M»entl«ll«DUit  svcc  k  Paiamede  ilo  .\^lh  .  l'aotro,  qui  ilrtrute  an  ralli«o  do  récit  <«it  k  Gairat^ 
I  «a&,  0.,  |«r  le  clMToUcr  *  Vérà  ml-p&rti ,  <\Mm  Jn\  clc  .  k  »f>pr>H-])e  da  tM  pnor  }*  bori  de 
naUun,4  U7}.  deux  fe  VonUet^rf,  J«iv>h.  OtUfrl.  lur^wltiuri  pomt»  rurttuj  4t  rtrnt  4m  /V  , 
Vil,  IA;,  Ib9)i  la  premier  coaiaivncc  psr  lu  •IHmt  un  [>«ii  ctuui)CP  'lu  i'nlamrHt.  m»*  irnr  le* 
vftriuitctMlOiNntà^UlillT  UMpareattiMirei  l'av<>nMnwnt  it'Arthiimt  (lié  à  ''^'-  ' '"  '  vtl\  ; 
l'an  Wti  Iw  «VtrM  :  l'an  8.  Le  Mcnad  il/tnitp  par  In  b^xts  \\a\i  que  il<inrient  i-|i|- 

aode  de  la  oiort  d'Abealon  :  cf,  fi  6U.  n.i  au  IW  de  la  tant^  /IN*  Satn.  lire  /:  .     \<iw 

arani  (huI^  pltta  han(  dn  aocond  ma.  d«  Mn<l>-n«,  d«s  troin  >!«  TiiHn  ri  iir-  ■•■lui  •iv  ttiniK. 
—  Det  ImptiBW^.  le  .WeftorflM  de  aalUot  du  Pr^  IIAÏS)  a  ^U  mentlnuBé  ci-dMaïu.  noii*  nmitrt 
•iiBt  dtéf,  eu  uatR,  le  fîuirofi  de  Jehan  le  PrtUcL  Mldinl  \r  N.iir  {nitnm.  il<i  -ivf  ■  l  tm  auir* 
de  Miebtlk  N»lr(lfel9),  imU  du  tradBrU4>Ra  lUIientMi  du  .V«N«ifwi  (Venue.  i.litx-, 

IU9-C0}.  M  du  GKlroA  (Part*.  Calderlo-CUadlo,  IMS;  im)>rifl)d  «nr  l'nrdrt.  .nit> 

touvrai^de  Taaai,  Hironr  U  cttrttn  CFlonoce.  19U).  <Un>  lequel  ^«t  pul'li  i.  um 

tttUciiM  (cf.  Rajna,  failli  dfW  on  fur.,  intn^l  ,  M-&t|.  ne  m'a  pasétè  ac««i4thU'. 

1.  Le  prolofoeeit  Imprima,  d'^ptca  ï3ti.  dai»  i*  luru  \Mtt.  fr.,  ii,  au  ai.)  Mqale«tdWfh 
UT,  Ml  aptMuUent  an  d^il  du  n>man;cf.  l-i~aIlrl^*).  <lan«  tluclirrif  Sainl-nrnûl,  I,  l&d).  v1. 
d'apri»  on  m»,  de  t«D<lrca,  daua  Ward  lf'<irn/u<;uc  of  tlamanc*i,  I,  8iT&]  ;  tf  Die»,  ^*t  «'a 
«Cmiw  jwtftr  cl  eiifrlN  cf  mémoire,  etc.  *>  pr^-Ami'uU,  |<rtVédt-  •!'«»  autre  «lai»  un  m*,  de  Tnrta 
(vny.  p.  484) .  maiMttie  h.  333b.  i  IW.  'U^nt  li>4  |>roriil(.'n  fi-iillleb  •lùi  éUf  ciileitM.  ci  au  fna- 
neniasiX  (ri.  p  4il9};  1m  autres  co  ntîTcol  le  im^me  t«-<le  qun  UA.  mail  un»  la  1m-iiim  dl 
wm  de  hotfert  (cf.  <1  l'ari*.  Vfrlin,  I,  ixxiv  i  l«^  duii^nteilta  tklti  dam  lialhot  du  Pr*  ,  tt. 
Ward.  »Wî.  c*  cl-de«Mui.  «  rcnoiiTcot  dant  Janot).  0»  virra  répéter.  p*r  la  suite .  le«  rewToh 
k  ■  mon  livre  da  Bret  u  \ttrHl  Januti  et  à  Robert  de  Dorron,  <•  nioD  compagnon.  • 

néductioa  de  358       ^Oa.  Le  ma.  4A8.qai  noointoatem^DD  mnTceaii  d'uitf  v«r»lon  d'AventnRSdeaDlron  et  dM  Dntna, 
diatinct«dn  l-alamHt.i\m\t\nt:if>in\  dn  traita  roinimtni  avecrc  roioaD.»ec«MB|>Qtilctleui  paf- 
Uci  difTéiantr^,  dout  U  Jiutafiosition  n'ral  pn*  rliiiremrnt  vxallqafa  daaa  le  nUBOtmi.  \ji  pre- 
iniferr  c)t  iluc  cttruuliiue  d'Au|cU-teiTr   lnr>'Kiip)«'tr,  qui  rewemttle  fort  à  Mlle  dvot  M    P.  N*:>et  ■ 
puUli*  drt<*^lniltïdttn^  Ip  BvUrtin  dr  ia    <neirté  dfg  ane.  tf^tfS  fr  .  IS'S,  p.  IW  (cf-  \Vafd. 
Caialogut',  SIA,  '2V2\.  Oébtit  :  Jn  tfmjtt  ifHt  U  prfu  HereultM  el  Theteut  rtçnfrtttt  m  6'r«c'  M 
tttait  jmft  dit  pfMptf  li'ltratl  iing  nommé  Jan  .  qui  fut  l«  tmuirm'  aprrz  Jn*%r .  atar%  fitt 
rfgtaftt  en  Sirte  ut?  1res  pulitant  my  nainmi'  bn>diriAt-  vkmt  rn«ulto  le  nVil  de  l'arrivé 
d'AlMne  avM  ne»  «ixurt  eu  Altiion.  Ce  conte ,  qui  se  tnrave  itnlAment  dnuA  «iz  taM.  lalina  da 
MaWc  hritannique  (IntltuW  Dt  oriçine  ffifantum  ;  inpiint^  dan*  VRuiugiui»  //iiloHnrwM;  cf. 
Ward,  108  m.),  et  dont  Dom  aroita  auisi  une  trailorlion  en  vtrt  françola  {M.  iuhftial .  ^irr. 
rÊ€UêU  df  rantft.  Il .  SSl  t  ("-f-  WaH,  l'.*S|.  lervilt  quclqnofuû  de  prolngrw  A  VIUstAHa  f#9Kai 
SrICansiitr  da  Oaufrcl  du  Uunmoutti  |v.  Wnrd,  34ti|,  et  précnlMlt  souvent,  eu  maulÈrc  d'luln<- 
dlHftloa,  Ica  cbronlqtua  d'Asglebrrre  Irf.  P.  Mrrer.  p.  lU  aa.f    Ue  pr^eate.  poor  (vtte  til»w»- 
rlcMa,  dea  d^talla  que  Je  u'ai   {«a   retruUréi  aitlour»;  alaal    U    rui   t)tiMlU-la«  Ar    ^"rt>,    t^.trr 
d'Albloe,  de  aea  treute-troU  •«ittn  et  de  tea  Uuls  ntr«a,  4pouH  d'abord  la  rt;. 
de  rAIrenue,  It^utl  iiruif  nom  Jlbama.  pula.  aupcaeriveinaot .  JlfiiiialHe,  • 
Le  chroniqueur,  a'êtant  borti^  i  dire,  quant  à  ta  défaite  des  Kr^r.i'. .  qti'ftii: 
domina^  aux  i:«iaaai>  et  aux  Irlandai».  lia  hirent  vaJacai  par  V- 
dtt  crontequr*  de  t'iilt  d\il(non  .  npth'lM!  Orande-lireU(ae,  '  i 
par  F.nfiMl  euit  a  nom  v4nçl*-lfrre,  MimmœvonemMyttn-'' 

en  la  cronteçug  de  Brnelv*  l€  porrei  p(u$  nmpl'menl  rtvir  i  f  XJ  <|  -,  auit  uuc  ntWi^u* 
anoiinçAtitlerfeU  —  tton  duané;  la  dernière  cotnnn4>  du  ^  n  d  m  re«t<>«  tilandi?  —  de  la  naU< 
■asec  de  DmL,  qui.  ajvit  Wé  Ma  p«r«  par  metrhUf,  l'enfult  en  Or^ce  et  j  dericut  d«r  dea 
TroTena. 

C«  T^t,  anaunr^  aeulemoal  daca  U  pramlire  partie  de  it>»,  flgnre  dan»  la  «cconde .  qil  OMh> 
tient  lemmaadoOiUruD  :  le  rMacteur,  qnl,  tunten  cltaul  OaiiUcr  d'Otfonl  ir'  -.^ " '.  ■"<>-itf\, 
QtilUe  VJtittoHa  de  Oauft^I.  a  Jufé  eooTenable  de  faire  procéder  ton  anarj*  <  !  Tou- 

rnant la  chronique  dea  premlen  roia  d'Anf[leten«,  proeM<  oontre  lequeJ  >rii  '  l'ao- 

tow  du  prologue  de  Turin  (yojr.  plna  haot}  Cett*  aeennde  partie  de  »be  (<ninT:><-  j.  ■■ .  .>  i  r-  \s  a, 
apr^a  une  fTMde  mlnlsbire.  par  ea  prolufctw,  dmit  le  dtbut  est  luiprimi^  daua  lieiiale.  Cabinet 
det  ,Va.,  I.  H7  T  .frt  evmmmcrmnt  dw  rrfKffiir  rfti  Mif*  Je  Brvth .  tfHfwe/  (I  pl'ilAt  autfne(\ 
pur  l'ordi/KHa-'  •  mteiçarvr  tM\fi,  dvf  de  ttaurUm.to^ 

a4fo*iite*tpf  '  •'")  prêtent  rolumedu  no6te  ttrrede 

lu  r«M«  /1f«>i(/    ,  ■    'Utet  tiei  rogi,  pnttcet  et  fSri-Qh*rtrt 

anirrei  nnmniri  ou  ;i  nA,  et  fu  (•yci.-ia!  ,lu  no&fK  et  rvHlant  fktTulier  f;t(jriiH  (i 

eanrtoU.  duquel  nou  '  raronler  tat  fait,  proetstj  et  ratUanm,  et  rniitment:eroni 

atitit  comme  rn  iMi!  ■  .',iMr  a  ramenlevotr  tt  deurtprt  en  ^(■lf/  f«  roMmcNCfoirAr 

ifM  m^nulme  de  tu  Gfani  Biel^égne,  «wf  arei  êtt  An^lettre»  opprllee,  tt  île  ««vii  |wi 
reyntrvnr  o«  <|J(  royan/aw  el  de*î«*/J  /Mrr«(  rxlratf  /a  rey  fiAer/irn^ra^en  ,  père  du  mif 


—  437  — 

grant  fnroùc/ïrtf,  et  ptain  de  fjranl  déduit  et  de  tjrant  .tuiitas 
|«  degr.  liedutt,  etc..  359  ,puûsùnc4,  degr.  enwt^eHre  plains,  de 
r.  diduU,  d4$r.  «.  3325;  d*  gr.  vatmtr,  puissane*,  déduit,  et  degr. 


j  <t  ptmtymn  mmttw  rey»  *t  priutu  it  cÂrtitUm  itmmmtt  oa  àét  Uvr*  4»  U  T»Ur 

f  BmnéS.Ut  filitf  m*«fi.iA    f  ..,..'  f,,-Ji..n  lUimn,/,  pTtl.,vjf>t.  --'  .f..f  ifi"*:.,ii'.    a«»  e  tit  ».•••  >•!> 

mUlf  i'  10- 

,U*c  "  .  -  . 

flrr' 

ri  le. 

oattT- 

*fiii . 

If 


rrnlwrr-i  qvi  fadn  adtîniirtitt  aspr^s  d'trrmi: 


f  qn'it  app^tl*  mm  llvr*  île  BrstA,  tkUM  [f*  lH)  k  QnltiH) 
.1  étall  i)r  u  nuUnn  do  Vruurr  et  )»  flli  d*  LrttOr  4*  la  llmhtae.  ao  ilM 


t  U  mén  tQ  BHttmt 


n-ax, 


^a  Hcrtar 


inivra  OniM,  Mloa  SU ,  doBt  iw  bdicàiisB*  M  Minl  ai 


nftJibo«i 


dottndant 

Smtot,  k  Bt  >  ' 


Etlkla  (TirtN  d'Undorl 

I 
IlKtor.  KrMwr.  ■ndkastt 


van  «rneclor  Md'EItelû,  IpaoM»  d»  L««kir 


Oatcnn 


|T= 


—  438  — 

Soutaj  Jaiiol)  fu  le  roi  Artui,  qui  tiionUt  sur  Ip  tnVie  iroi:*  (quatre  f.*nl*, 
33'2ri)ajis  après  le  cnicitieraeiil  tlo  Ji^sus-Chnst.  Hon  père  et  prêdé<:e*- 
seur  UlRrpRDdragon  avait  mis  Un  au  inbui  que  ïo  royaume  de  Lofrres , 
comme  tout  l'univprs  jusqu'à  l'Indo,  dvvtùt  à  l'empereur  de  Koma. 


caitt"-  " 

r»HI--;t  - 

(fcl   -■;  :• 

l«   ri'rll 
p«ur  e: 

par  II*  ■■-! 
Vftn  ■■.- 
niie  'm1  1- 


"HirftirtlTrniont.  Oilehoul»»  dtrtlnr 

,   11^  A   nu  «rbrr.  In  <  iMVAlirr,  ;^  i  ■ 

,-.  t   ;,..,!-,■.[   ;.  rm   l.i-adaqau 
)   I.   rui  dans  un 


H'if,  i>'iiir  l-i  .,.11^,^     1. 


iomUM 

r.-,r,  (n 


l'iMil  BU  <>«nriL  11  «U  v.iiH<)iicur  cl,  v1i>a  U  <~"' 


La  «ont  tiia*  ' 
•r  \  *nt .  Hl'i  I 


tur  nn  aatrt  irlMralirr    t' 
lier  Util  prar  fi  (.«cour  i  ^ 
HwbT  Ubmn.  m,  nvix: 
tiqiurant.  qiit  on  lu  rerKOTmi.  ,. 
p.»3).  elrvtuununt  ««M  Im  ni>  '- 
chef  Oolrrxi,  w  hm  KViv  l'il  MH- 
coscnihlr.  lî 
■liatW  le*  ' 
tliils  »i-riti.'  i 

le  n>i.  U11  lie*  ■mil  rt»  (jBlleirrhlln  n  mi 

^riftOAl,  >)ni   .'^l    f.ii   .fil    !.;■>*,    cl    une    . 

rti>al  let  trr- 
l'alinor  et  < 
l'iicTiir-ii-v-  , 

bniii,  .  .     ,  -'        '    ■   -'  ■     ••  ••  '"  ^    «'■■  a*nH 

propTrti  ni»,  tMrr«  qite  l<^r  p"Tp  n'*««U  (m*  »■ 
IMT  (iniruii.  <tul  l'étirit  (la  ilelj  _  «la>l  ■'•ii; 
fMtri-  ■■:    -1  -•--■■    '■      -Il        I  ■    -,t  mi'fltk  l'y  tr 


hc<'<L>'ii»  J'Arili.tf,  »nx  nul  kieuifiii 
'U  le  iinm  du  tmn  rtivvallrr  wius  |tc<ir  ,  m 
r  lie  h  (UW^  rcrmeillo,  ur  »r  rriifi-ji    !■ 
•  Ikti:  k  MIA  'lii  r»l  JLari'' 
>lle  k  )'r«i^  dttrt*'.  <Hi  II 


ou,  " 
Incun 


•il.  il  trtttnphA  du  bon  ^h" 


Incumiiftraltle.  Orn 
«S  on  f«U  1"  culn 
D»n.> 

fort.. 
feinii 
0«i 

l>er*«(<;.  i.- 

«nftilui,  rt 

lt*r«  i*)i.«ftW>4,  •|iii  ■ 

rxrviirnt  ehrvjili     ,  .uif 

.Veliantti,  'jiM  |t'  t    .    . 

don»  tl  tl.'4ire  le  •'■■    . 

♦cntjt*  «'or  a-Jmlri! 

A'Atût.  i|(llJ^uU;  *tl  rm'jj  .un-    n.-'irraW     r   ;-, 

U'«ii*p<irt<ï*  lUn*  on*  «'il*«yf.  I,v  l-un  dicriill>-r,  <iul   foit  te  iwt»  tla  rbcmln 

tHnmph*  (Ir  Katinr  .  )ltt  ilkcrù.  «VAnt  m  l'>  iln^iiM  i-ônirr  in  "htteUtn  et  tti  Imminei  1. 

eilsoifif  ilaii*  le  aixntir  i]ii  nnn  '    >  ilc  U  KuerteJ'.VruVatil.  icr.ntrue  *• 

(>uni)l«.  nhouilD  fAlMDl.  Il  irl.i  ■■  AuM  t*  Fof't  Ufifobie  M  Wmn , 

à  l'hiM"!.  UaiiTtlti.   nvpi-   i|ii|  |:  'm  un  rUlVraH   .iti   !'ciii  rVtt   xdRiq 

Aïo- 


>C|iU    •*  l-f»* 

■w  «imtbaIttM. 

-^'!I^  OoirMil 

'••ulU*. 

M.  oO  b 

.  .•-uenl  4f 

•  Lt  |<M  tmm- 

I  naa).  sur  1« 

'  <   Aroti>w  M  dto* 

'-(Me  iittiWuuMOi  1«  Mtgnai 

•  ïfTMtcttrt  wnt  tota  M  ■!■ 

iiMjiIllI  p*r  •ifMtrv  <!■■  tttt9tr 

ili-  |Niri;(iU,  i>st  «econni  [4T  .#for  /*  />*A, 


pt«e   totre  arec  lut  rbrx  un  chAtclâlo 

•If'Ul  ea  tmln  rjilcau  e ■■■•    **'-•'. 

-'•  l«  DlfllUtn.  Vt  -d 
17«tr  tf«fr<#.  II  par 
lei  deui.  irT«rciB<^ 


4 


fff  < 


•  4u  t  yj  diiiitul  <ri  en  iU't  (Mi»  ya'W  rt^tuttl  ru  tlrd«f  AuHMl«f  ■' 
.  i  Lniuvr  nulle  part  U  «liu. 


de  P«lBnii><le. 


—  139  — 

L'otnpire,  affûbli  par  la  papauté,  était  tombé  eo  décadeore  dès  lo  r^goA 

do  Constontia  (Auf;u»tin,  355  ;  Auguste,  Janul;  la  Démarque  oiani^ue 

.  dnn?  359),  ei  Ifc»  Houiaiiis  reiiuncerent  â  punir  !l»  Lojçrwf,  où  tu  ^loin» 

ikif»arile  d'Arthur  attirait  tous  les  bons  chevaliers,  hc  pavs  Fut  libre 

l^qu'aus  temps  de  Charlemaftne,  qui  le  conquit  avec  1*^  ri>«U!de  TAu- 

rietCTre,  et  qui  déclara  qu'Artbur  avait  vraiment  eu  cu*r  d'enfant,  lui  

'qui,  a)*ani  à  «a  disposition  tant  de  héros,  s'était  conliîulé  d'un  polit  ^^     "^^" 

coin  de  terre  au  lieu  de  subjuguer  le  monde  entier.  A  répitque  du  cou-  *^]£  p.u'm.u» 

Hfonnemenl  d'Anhur  vient  à  la  ronr  de  l'empereur  *  de  Rome,  faisaol 

artir  du  tribut,  EscJakir',  un  gentilhomme  païen  de  Habylone,  &fté  de 

"  trente  ivinfît-cinq.  338,  356,  3477}  ans.  avec  sa  femme,  !*on  fr/sre  et 

se»  ;d(iu7.r,  3325)  enfiiuts,  dont  le  préféré  était  Palamede,  qui  porte  le 

iDom  d'un  sifn  aieul.  Kticlaltor  sauve  la  vie  de  l'empereur  ^ittaqiié  par 

l|p   II'jd  du  palais,    et  gafiue  aiutii    les   bonnes  grâces  de  Httï   maître. 

hArrive  un  messager  qui ,  ayant   rapporté  cummeiil  le»  niij<  Ban  de 

■'îipiioic  ^ii'i  commence  350)  et  Botion  de  Gauncs  ont  rendu  hummage 

À  Arthur,  tandis  que  leur  ennemi  Claudas  de  la  Déserte  esl  resté  fldèlô 

â  Home,  raatnle  Taventure  du  perron  et  de  l'épée  (  renvoi  à  KobtTt  de 

Born»n,  c'»!Sl-à-dtre  au  iterlin\  survenue  au  rouroniiement  d'Arthur, 

qui  A  fait  la  Table  Honde,  dimt  tes  chevaliers  sont  au  nombre  de  cent 

I  eiuquaiile  (cent  un,  359  ;  feuilIeL*  enlevés  dans  Janol).  I.es  euuriisan» 

romainj),  jaloux  d'Esclalior,  lui  tendent  une  embûche,  tuent  ptu'uiéprise 

srin  compaftuou  Gratien,  le  neveu  de  l'empereur,  et  imputent  ct>  meurtre 

au  Babylonien;  le  vrai  coupable,  Lxiee  le  grand,  est  enlin  di^rouvert  et 

exécuté.  IVaccord  avec  son  frère  Alphtaar  [Arphasar  356,  3177,  35(>, 

Rafasar  3325),  Esclobor,  ayant  obtenu  In  permission  ih'  l'empereur, 

part  arec  sa  fomillo  pour  h*  T^ogres  et  débarque  en  N(irhoml>er]aiu]e, 

^|>ri*s  de  la  cité  de  LoneQÏni  'L/tneylnys  3ôf>,  Lnfneffloi  359,  Pmgrn  33^5, 

[J'wy'oy  Janol,  yeetiffjloi  ^^'k"»'.  Aidé  de  son  frère,  il  triomphe  de  deux 

aliers  de  C^niaab>tfa  *,  qui  attaquent  le  n^î  du  pays»  Pelinor  [var. 

or),  chassant  ilans  une  forêt.  Le  rot  promet  d'épargner  les  agre»* 

(;  aelon  la  coutume,  il  m»  p*'ut  n.tmpre  une  iwin^ilb*  promesse'. 

mois  pins   tard,   les   Babyloniens  quitu*nt   Pelin*»r,   et,   après 

BOrs  aventures  qu'on  p»>urra  lire  dans  je  livre  du  Btet,  lU  arnvriil 

aloth,  cité  qui.  étant  particulièrement  aimér  d'Arthur,  fut,  pour 

fwttn  raison  même,  détruite  après  sa  mort  par  le  mi  Marc;  ïlobort  d« 

'  BoiTDD,    II    tmm    compagnon   n,    commença  a  dirt  m    son   Um   de 

CPlle  destru'Mioo,  ainsi  que  de  la  discorde  d'Arthur  avec  ta  lignée  de 

Laoovlot  (c'est-ii-<Iire  la  ifort  Artu  *J.  msii  a  cestt  fois  m'en  taira»  dujqws 

%,  9mg émtyuiSê ma etl  tmvtnm,  nanti,  no^iarat dm»  IM,  isiwi,hla  nllt.  «6 en  l'es 

t.  aarw^  pv  ci  par  U,  le  loieutuiv. 

a.  ul  êftwâi  te  iv»n»gai  kUi  çtmw.  Aat).  toi  ^rtwtt  Jt  niwyipw—  Itmata  tmntmft 
1  rtrit  iwiu  «te  fntillvu. 

P     a.  OMWii.  «lOBteDt  IM.  tm  Cb(!BM  4*9S  »t4«) .  i|aJ  «tam  iBtqBTtu  Uatp»  d'EMUor  U 
IlSEMd.  dr  IrataM,  4e  Hordr«t.  il'Afnvianrt  de  Calinm  le  Bok   'v''.  -'•'^  fnttr.  dvoot  Ia  Puo* 
~  '   I  da  Mb.  «Uiuu  tjuicelot.  Ueewr.  Kliiiberk,  kcn,  Artlii^r  '.t  Uk  par  r>*LuDè<lr, 

imat,  d**»  Mmp  iW  Unce  'cf.  poar  cet  tflaoAt  p,  <3X)  ;  '  1 1  i^ii'aii  mimde  U  tt*7 

!••, —  ■' — '*•■ •»-^'-- '•  '■•limèile,  iMunint,  tà,^.- .  ^  <murn  it  i»  fomatte  6r  at 

f  Aani--'  'jmuit  utre  qw  Triatan.  tMtmt»  nm^ncat»  dvif  U 

•••Dn<:  ,  -ili  n  noBiMil,  0««*il>  m  fit  m*  triste  répatatlnn.  lui 

qBl,Mn>iiT:i<4Ti^"m>-iii.ir.  u'^z\r  a  vruinr,  «VtMit  looatr^  Bltofal:  cecluafmtM  40  ctncifac  (Bt 

.  le  fnli  du  dMcrIa  qvu  liprooTa  de  voir  u  glotM  wjwUnle  dit  tanialM,  Titeo  cc  Falaafcl* 

t.  Id  Wtt,  na  !■  nlle  da  f^  S  ne    tfvn,  par  ose  &iite  de  rtfllirc,  qa'aa  ^   Cl.  et  at 
BMAqMM  la  iBolB  mon  rompaymon ,  Miaulé  de*  rcmar^ne*  qal  tt  TetMTMl  dana  bb  laa.  d< 


—  440  — 

a  tant  que  point  virn^ne  du  deviser.  Nus  voyageur»  soot  biiin  reçus  chez 
le  roi,  où  loul  le  luunJi*  vifiit  ù'i'trc  (li>uU)un?us<*ineiil  iinpres^iiiuiii' 
par  la  mort  *iv  Ni.'slor  fvax.  A'rt-ior;  3^'2b  :  iie$tor)ùfi.  Gaunes  (ju'avail 
lut',  par  un  nmllieunnix  liasaril,  scm  propre  frère  (til^,  359,  350,  3;i2â) 
UliolM't-is,  «c  ainéi  que  jt*  l'ai  rapporté  dans  mou  livre  du  Bret.  m 

Arrivi^  à  la  cour  d'uufl  nr/",  qu'Arthur  dit  avoir  déjà  vue  près  de  la 
Douloureuse  (îarde  a  celui  point  qu'il  tun  Brun  le  fchn;  sur  cette  ntf&c 
trouve  un  chevalier  qui,  ayant  envoyé  un  natn  demander  un  e.heval. 
di^tie  Icâ  preux  de  la  Table  Ronde,  âoulîent  un  rude  combat  avec 
Bliol>i*ns,  accepte  l'hospitaliic^  du  roi  et  est  ree<»nnu  par  une  demni»»ille 
pour  l'ennemi  d'Arthur,  le  roi  Plmramnnl  {Feramont  ^243}  de  Gaule. 
Blioljoris  fait  le  récit  de  la  prouesse  de  ce  prince  u  lu  cour  du  ruî  Dan 
de  Denoic,  qu'il  avait  vaincu.  Arthur  raconte  comment  le  Morhoul  [te 
Muflotk  ô'M3)  d'Irlaude  l'avait  délivré,  lui  Arthur,  de  la  prisuu  du  duc 
de  HaudelKiurc  en  triompliant  de  trente  chevaliers.  Un  nieïy*!i(rer  de 
Gauni-s  annonce  la  ujurt  du  lils  de  Phammont  dan»  une  expédition 
cuiilre  Mau  ;  puis  un  chevalier  vient  pour  tuer  Arthur,  qui  est  sauva 
par  Ganvain,  chevaliemouveau  à  celte  éjH>que  et  dëjàlré*  renommé.  Le 
roi  pardonm*  à  l'jigreKt^eur  et  raconte  ensuite  cuioinent  le  Morhout 
l'tait  venu  à  la  cour  déguisé  en  demoiselle.  Convers^aiion  sur  le  roi 
Meliaduii.  Meliadus  de  I^^onois,  tirillant  Iiérosi.  qui  fii.  reculer,  par  sa  Itravoure, 
l'armée  d'lJterpendm^)n  iissiépean»  Phnnimonl  ;  Meliadus  est  le  père 
de  TrisLan,  dont  nous  verrons,  dit  le  romancier,  mainte  merveille. 
Pharamont  part  sur  sa  ncf(c^.  l'analvïse  de  Dunlop-WÎIson,  F,  191 1  et 
arrive  au  chÂtcau  de  Tranin  [var.  Traxin,  Tarsin,  Trart]^  pore  de 
ScHurode?,  qui  était  nncj^re  damaùtiaus;  il  triomphe  du  châtelain  et  e<l 
il  sou  tour  vaincu  par  le  Morhout.  Sans  se  connaître,  les  deux  cheva- 
liers âe  racontent  des  aventures  :  comment  la  femme  de  Pharamoui. 
enlevée,  puis  rendue^  par  le  roi  Ran,  et  pluR  tard  ravie  par  le  Morhout, 
ipie  le  mari,  désarçonné,  n'osa  allaquer,  fut  ensuite  abandonnée  par 
vainqueur,  hiertsé  par  un  archer,  cummcnt  un  che\"alier  qui,  orîginai; 
de  la  marc/ipde  Gaule  et  du  la  Putilt^-Dreiagne,  doit  à  sa  ham«  valeirf 
le  iturtiom  de  Saru  Peur,  et  qui.  dau6  le  seul  château  qu'il  possède,  no 
reconnail  aucun  seigneur  lige,  reconquit  sur  le  Morhout  uno  demoi- 
selle que  celui-ci  lui  avait  prise;  comment  Meliadus  el  ce  bon  ehevahiT 
sans  peur,  se  jalousant  l'un  l'autre,  se  batiirtMit  d'abord  sans  résulut, 
puis  fte  rencontrèrent,  f^an-t  armure,  dans  nu  tournoi,  où  Meliintus  eni 
peur  et  évita  la  joute,  après  (pioi  son  anta(ionii*le  reçut  d'Ulerpendragon 
le  royaume  d'EsIrangorro. -^  I*  Morhout,  amant  de  la  femme  de 
Trarftîu,  tombe  entre  Um  rnaiiis  du  mari  et  est  délivré  par  le  bon  cheva- 
lier Bans  \^\xr  (cf.  Uunlop,  ib,  *]. 

631.  Meliadus  ayant  en\c\6  la  femme  de  Trarsia  au  Morhout,  celui' 
ci  se  mol  en  route  avec  le  bua  chevalier  sans  peur  pour  aller  au  tournoi 

Liiftilres  ( Waril,  sue}  i  U  rvmmacier  promet  de  compléter  U  Voit  Jrtu ,  «t  ft«aa  oriraie  q<M  1« 
pand  roi  aurait  bu(nlll<^  tct  ennctnii.  il  TrUUui  et  PalninMc,  tlt^tk  morte,  camiM  •  §ê  Koi  értt' 
trrHl  ;  «vnitsul  pu  lui  venir  en  kMc  —  l^r<gne  iAoa  ûaO,  <jiiJ  rcpruatl  *o  rulHett  d*  r^piuda 
lie  In  n^A  ■-  rmir  rNnmnrr  Of  U  .Vort  Jrlui,  cf.  )  C^. 

I.  AjMtt*i:  !.•)'- '■     ■  '^   ■•    '     ^.Ir  tiK- Li  «lc:t    '     ■"     "' -li't.iHt       i  Vttf  itfmtA^m 

wllu  rrra»t  fut  lu  <  -,  •  Mclladu-  .    iDilrr  In  r.irtkiaottJ^ 

aplirfnd  ilai»  un  <  .nt  poiirrlcLi  r  le  psitsKp  du  /'mw 

p*riUnêj,  %^t^i  yttt  jcj.^  criw.uicri  i>ii  runiaiMit  vetig«r  leur  i>^tv .  ir  «cftut  Brun,  toé  ptf' 
UterjMtndn^n . 


—  4U 

jtlean  Un  Pin  du  Gfont  l'oln'  le»  rois  de  Norhomlipr-  Aveninres  du 
lundi'  cl  d'Irlaiidiv  lis  rfiicuDlrcnl  GauvaiD,  dout  la  force  dut  Uiiksit  Morliom  et  du 
apn'5  i'axsnublre  d'Arlliur  avec  GaU'Iiout',  et  Blinheri»,  (lui,  abatlii!*  sans  peur 
|)»r  11'  Iwn  ilii'xulifT.  intuvL'Ul,  le  Inidemaio.  Keu  l'I  Sagremor;  cph 
ilfmit-r«  jionl  t'galciiiL'nl  rt»u\ersè*  par  1»*  in^nif,  qui  suniput  avec  Ip 
Mnrhuiit,  et  qui  niruiiU*  par  quel  in:ilhoureux  quiproquo  il  d«>viiit  It* 
nioiirtner  il»»  s»ia  cunipngnoa  d'armes  Lamorat  de  Ij«ienois,  fitTe  de 
f\>liiiur  et.  i:omtni'  lui.  iWn  d'un  Pcliuor  :  Lamorat,  rfîtouroant.  rodf- 
mpnl  btt.'S9^,  apr^s  avoir  tué  l'un  do  deux  ennemis  d'Utcrpondrafçun, 
H  |»urtant  les  armes  du  mort.  Tut  n>neontré  et  mortetlemenl  Ide.^é  par 
si>n  ami,  qui  U*  prit  p4tur  irelui  (|ui  veiiïut  de  ftuecnmlier.  I^  tumlieau  du 
e(<l«ltrL'  heni!»  m:  Irouvi*  dans  une  hellr;  clta|udle  dmant  laquelle  uu 
|taA«t*  ;  «ur  la  tomi»e  est  plarrc  la  ntaluc  dori^e  d'un  chm'alier  armé, 
aviv  une  m.-^cripljuu  im  v«n*.  Le  jour  :mivant,  Gauvuin  et  ses  compa- 
^'m)tLs  sotii  aliaitus  à  on  gué  pnr  Arthur',  qui,  étant  parti  clandestine- 
ment |Hiur  le  iiiurnoi.  ^'e^^t  engn^ê  â  ^rdi*r  IVaiir  jui^u'à  ce  qu'il  MÛt 
vaincu.  Peu  apr^s  sur\ient  Ksolahor,  qui,  depiiiti  rhi  arrivée  ii  lacour. 
li'i'tail  beaucoup  diïttiufnié:  il  est  renveri^é  |»ar  le  rui  aim^i  que  le  Mor* 
Ituul.  qui  arrive  aviv  le  ï»on  l'hcvalier  sans  peur.  Ce  dernier  abat  le  rui'. 


I    Va  pM  y\v%  Ma.  U  >mi  \nbur  «Mi  OMit'«l>.  an  i 

jrtnit-''   -"■■'  '-'-'■■■ '- '^-' - 

/  V 


I  dh  4M  il  M  bon  eltf  f»ller  Mwnlt 


11**).  <;r,  »ur  ;  ■  i-, 

[>r<riiTcr  u  fiifve  m  tiunt  on  c^i^x  T^m 

Mint  ilcmcar^n    l>l&Brli',i  >e 

■it    11(1    fr.ltK" 'it    >I'uiir    f'  1- 


«rwr  /M|rf-<,  (êic  d  lv*iii,ii«U  |>iliuB  it*i  (intt  n-irgaJat»  Je  nicboru*  «rcjuaMrr  Ira*  MpitlcuMtst 


Ui 


I ,  Muf  l'ont  4ucU|U«^  yuliila  il'iui  inUrM  «p6ci&] 


Lac,  Brrbiurt  U  r^»! 


RédaclioQ    de 


'~      UII'UIC    l  iWVBllfC     tf      Ikl'l.     il      11      I'  'l 

um  u  caUiv  d«  u  •UiiiP.  v>mi1   i  ti 

■^<- BranUs* iuiqa'lk  l'»mr^  -îr-  u 


LStBTB.  —  Tr'ùtan. 


.  urf/ta- 
.  «lâoilc 

. ÀC    ÛKlllUil 


—  U2  — 

qui  110  porini'i  pas  i|u'uo  n.»lit'um»  le  vaimiuciir  citromp  tl<*R»nn(««r  *!« 
pont,  1.0  bon  cbevali<?r  avaiU  raconté  a  Artliur  ctunnifut  il  i-ut  un 
iiudveau  L'Oniliai  iuilvci»  avec  Meliatlutt  itpn*»  li;  Iciurnni  du  Cfuutel 
ancien  va  ïrlaniic,  va,  sans  su  laiwiT  inlinmliT  par  um-  inscnptii>n 
riniêe,  cl  lnujuurx  ac-cuinpagiiû  «tu  MuHiuul.  à  tu  Haute  Garde,  <•{  jutiU* 
hrillamniiMit  ilcxaiil  a*  rhilli'au,  noniino  aut^i^  la  Drjulouri'iise  Ganli>  a 


k  l«  FouUlBc  tlu  Pùi.  «uuiurt  «lU  rcHcantnt  de  l>*Uincilr  nv.-^  f  •••  -^        ,.;........,,......,. 

TrxUn.  ftfiiil  iitwnutu  1»  tf«t'(«/i-»iri  avire  (aéi,  llii^l  «Je  i:  - 

IKirt*  DU  tira  d'axnr  nil  llfMi  rcrtnril.  pr^n-l  t-n  tanauit  Ir.i  Jm 

In  attltT  ù  Uiiuvftf  Hriditi'    •  -  ■  .      ■  •   -■'  >  -.un  j^nj  arriTi-    r-  ii.  i.   i"  -  m 

<Mfc-A(i  ilv  Li'Uterc)'.  '•*■  'I  'I   I  Alli'<riil  <li'  Ltitaonln,  "Il  l'y  f:  ' 

tiiilUentic  uii  otnlut  l'im  ;  "H  i-'-nt"?  [wulri.  rt^f-tt^fir  «I»  le 

iJc  U  Doul'MrrtiH.-  UnrJc. 

HtiricitM  »uj<ru.  Iiui»  un  i  ti 

lira  tli'OT  If'^l*l^t  ;',Tr  tF-'f'. 

(f-1l 
ki>ll|><. 

it  II  b 

liât  ■■.       . 

un»  (H'itr  l'i  ItfhHtiu.  ii>iiF»it  fi  liaiiriiii 'oiiiltiui  ■•;  a  [i»«i'    - 
vftTUACDT,  f'  lfi9,  leur  fait  Ir  xv<i\\  <li[  ciiniltAt  de  Ouiroit,  >l<  i 
(rf.  HUi  I».  438;.  (juJrou  nc«nu;  il  Damli.  i  ..jimi.  ;>i    i.:.i  m  n 
Nn  rtuivtUvr  iMin  et  lAiil ,  et  qu'avait  )t'. 
mnUen  liberté  t  CDnJKioii  de  coniliatti 

du  dél«lU  sur  »<m  ciaiirUotincuicul  [mi  1  ....•.:   -:..■...-,-  -^ .. 

le  nuir.  pruclw?  pareul  du  g^nl  Candi>c  Ue  la  U(»lsurt<itte  Vnur.  et  ^ 
rftf   V'fmbtt.    11  arrive  «vec  Doukki  ii  uu  i-bateau  oii  U   tout    |>iiii. 
ftlMlti-iit  llrrliti*  ul  Lar  ijul  soûl  firrri»  île  s'en  iillrr  <i«li>ii  la    >    ' 
(f*  I9i)v-n  «ugrenlr  iXe  sa  défaite  |*af  ua  |>elit  chevalhcr.  ' 
eiiaulle  Ciimrrwnl   <',iilrT<it.  ijn'll    m- i-'.nnuH^it  pe»  rtn-iH*"!,  - 
(lotit  II-  t»  fi  I  :u%Uril   '.Il 

à  Mili  Viur  •  '  '  "iiatitMt  <U-  li< 

[ur  VUrjltli'i     1  ■■  liV  r,itr(:r  -. 

l>«lliM  di'   r.i'tir   .  I     \-'\       .1   (.iiii.'  II.  ji'i 

tUnakii,  re  dont  Giilruii   ne  Mit  lii'ii;  ii 

sli  m<>la  (iitrrclA  atwrniir  cx)>lii^ttl>j^  t\.i. 

allldi'i  (l'EstaDur.  (jul  lei  iiSAMllInu'..  iwuiuul    ' 

ruiiLTvnt  ■'<,'«»->  1  tl  tuiil  riHjtc  uvc  n\\    I,a>-,  .j 

do  la  Uflul<)ur«ii*c  Oardv,  r<sri>tiiiait  U  i'I.iltn'    i. 

tnarit,  k  ecieiidruil.  lYUtit  mil  ett  n'. 

Hvburt,  l.4[nor.tt  et  >lella>iiu,  ot  arant  r> 

l^r  rii--'"r,i,i il,., ■1,11,.  !..  1 11,1,.' ,,v.., 

ijur  •» 

V«||.'> 

aAOt  ■■■■ 

t-'éUlt  d'il). 

t«J  tHltHil-- 

rt  iftie  4e  la  •  H'iii    n- ~  v  n'i  . '■   iii:i.ri.i.i  :,     . 
nittn,  (tulniii  II!  '■•lurltiiï,  lut  fiit  doint^  di-  nu' 
iTwmj»^.  inal^  nr  tit  ^k*  !,■  iinm  di;  iiJiL'Iitiui     i 
jicUf  i,        .         .    '  .  l'f.^n*!!  l'un  I  ■ 

lin  II'  .  r.'frrcnf^,  n<i 

tueur  I  I  ■h-if.-.îr.-    rr 

au  i>> 
,VoA.- 

d'Vr  .^  J\i  u).  Cl  r-iruuu  viuinti.!,  m-i^..^  .l^><.^  •im 

tfWK  I  ,  <!,  iiyaiii  renrenii'  Lniuoral,  [>4ri>e  lut^  ««-liil-cl  a< 

cmul:      -  i:-  Icf.  Huaticiou,  p.    t-lll     i,iilt  >li  >'I   II  ' .  i>\  >i  1    . 

Mutra  i.tUttHj,  IrouT^ut  Kco  hiewé  i    r 

vtnyt  rtievalieri  de  I.oiivcre|>,  dotil  l'ai' . 

cùuiId  de  Datiain,  avait  (-^^b)(^  a^rrtl:    - 

IdrMt'  Icwuécbjl  lui  tieut  eu  aldi',  rt  1»  vmtct  *"nx  :, 

(Uitetnent;  r'cfll  Ir  nil  Liodapiui  ileCnrtiurlid?    i:<idv< 

Ikr  ann»  peut  it»ei' L«t  et  IJr«lm».  Unir  ■.  ■  i,..iii  .,  .,.  . 

■AmI  l>éod>C>iiii  ((ui  Vent  fnit  rlinvallrr  >  |utr  m)U  aim 

•lie  e»l  In  •'"'tr  du  ml  I,™th  <\u  irmnle .  >  r  te  toi  d4>  N   i 

l.éD>t    -  ^11  de  U'>Tm',  .  iic*iihrr  rnni»wni  à  M-u.- 1  J-..IJ-..?,    ri  «.-  rptii;.»! 

euniti  iir  vulr  le  cbaiDpifn  de  t*  diQKuiu  léM  d«ux  rula  tant  rouH 


—  U3  — 

C4U^  iKh  CrUtf  coatuineïi  qu'on  y  «vail  «^lahlies  pour  vengjer  uu  aocirn 
wigDeur  tui*  par  Ult^ri'**"*'''**^'^"  ;  si^lim  Merlin.  coneuUê  par  le  iwn 
chevalier  sad»  |Mîur  —  cumme  ccJui-ci  h-  raormie  à  un  r^hAlMain  —  chez 
Pitlînor,  imniLMiatemiioi  apK*«  la  mort  de  Datuir  te  htond,  frèn»  darmpc 
Ae  ce  roi.  la  Douloureuse  tiartle  sera  «Mnfïuiîip  par  un  seul  chevalier,  da 
mt^ffle  qu'uu  autre  délnrera  la  Cornouaille  du  (rihut  irlandais*.  Le 
chételain  entretienl  noe  deux  '.'urnihifcnniis  de  Mi'li.iduit  :  «  Tcml  rér^ni- 
meot.  dit-il.  je  trouvai  uu  clMwjiIier  qui,  perdu  dan»î  ses  rêveries,  se 
Ift'-  •ner  par  mor  *aup  protester;  cinq  autres  'ce  sont  Arthur, 

(1.1  1,  que  nous  renc^mt rames,  me  foreêrent  à  lâi:her  prise. 

sur  U  pra-iT  ile  mon  priMuinier,  qui  renverra  d'abord  Keu  d'Estraus, 
m!r\*»nii.  of  puis  les  cinq.  Il  ne  ti'attnquu  point  à  moi  parce  que  je 
!'■•  de  mort  à  l'époque  où  il  tua  mon  pnreiil  Detis.    n  — 

M'  *  outre  uu  chevalier  nouveau,  s'amuse  à  faire  le  polLron  et,  Biplolts  de  Uo- 

diuiD  uu  eiiàieau  où  iU  logent,  queî^rioune  i'tl•^te,  yaimon  |var.  Maimon,  Uadus. 

iVayiipnO,  Kurlelum  chevalier  naus  peur,  son  grand  conrnrreni  ;  la  riva- 
lité df  ces  d'*ux  liénis  fvi  nomparahïi*  à  rpllr  dn  Trinlau  '-l  de  Palamêde, 
dont  le  niulif  prma|ml  éiail  leur  amour  pour  Isrui.  Meliadus,  qui  dit 
purtor  les  ariues  depuis  quarante-cinq  (dix-sept,  338,  3b0)  ans', 
rnconie  conmiem  uue  fois,  ayant  altattu  le  roi  de  Norgalles  et  non 
nevt'U  Edran,  et  ayant  tutf  le  géant  Varmon,  il  dêisarroiuiu  te  boo  rbe- 
v»lier  sans  peur  el  [.amoral  de  Mîdenoi?.  Ses  auditeurs  le  traitent  de 
menirur.  Le  lendemain,  \aimon  part  avec  pes  liiMes  pour  le  tournoi. 
5(pi;  ,1,.  v-.irte  un  instant  |HuiraIlt'rspfonrjr  Arthur,  emprisono^  avec 
s»"-  ■df'jmr  II-  nuk'hant /.'œr/r  de  pierre.  \\  les  délivre  en  trioui- 

ph.ini  .H-  vni^t  cliovaliers  ù  l'i-ndroil  où  Arthur  lit  ensuite  cnnslruim  uu 
chAtrau  en  l'httnneur  du  vainijut-ur,  dont  lu  statue  d'arpeui,  placée  èur 
la  nt^ùtre  tour,  en  surmontait  vinf^t  autren  t*\\  cui\Te,  rppn^pniaiit  des 
vaincu*  qui  reudt'Ui  leurs  éjn-rs  ;  d(.'ux  eeiiiji  ans  plus  lard,  l^harlemajcue 
fi'  la  couronne  de  cetii'  nuat^e,  qui  n'avait  pas  de  pierre» 

pf  ■  T  uiif  autre  d'or  el  pamio  de  pierreries,  el  le  chAteau  fui 

h*  rrc  que  h'  |?nind  empereur  aiTrancJiit  '.  —  Mctiadus 

r»';  '!esdeniule«;t  rencontre  Mare  •.fVroidoConiouaille, 


t    fjwMtnt  (t4.  V  PmrK  Itvm .  il«  /d  T  A  ,  I.  IM  «■.>«!  Triiltt  ||  S»). 

X.  i:&«ntlw  iMiutoui  k  l'flffr  itr  «lli-sri^  4»  (Ut.  JaooI  :  rlnd-jvpt  1  MO  ;  Inila:  US  : 

X-  £»  ilfflt  <1«"  r*  si  Tli-riT  -■>(.(.  ,1t.  I*  fi.«u-rlr.'  rif^s^i  Itettsila»  ta  •1f«»->Qt  Ae  TrtU*H,  nu'll 

IfOV^e*.)^);  I  ,ril 

■  Tri«Lir.   3i:r  1  ■  -«H 

;  -1  II  rtMBUti,  «I  était  as  iMrnUtMt 

,ul  mt  mt*t.  A»  MlMtM  plM  loin  r« 

1  jf>  itkl  j*»  «BOVMimnfflt  \»tU  duii  mua 

'   MHUdt»,   p<7ur«uil  au  prr*rtil  mdrolt  le 


t\afX  (XL. 
'  -aitlUKlim  .    .' 

um  appcfliloii  tljuts  la  mi' 

!  lialffbftHl.  UO  -,  iMtiB»  d«n> 

'<l<j*  moaral  «n  dnnuiDl  U  vie  k  f 

•mut;  ei.  I  TU).  —  Jaoat  fpréf.i 

'.'  ^t'iilrlrrr  ut'Mpimnnmi  <iue  rr  r 

■  If  ù»u%  rm%  rbronbiBc*.  oa  il  ul  {itrU  île  i.3/0 
■  fforrtt.  Il  «si  tÂI  qav  cette  féo^alo^  nt 


nmrl 


—  Ui  — 

qui.  après  a,Voir  lue  Tristan,  atteignit  no  âge  coosîdt^raMo.  n'a  cocore 
qun  tronte  ans  ;  il  est  vpuu  pu  Ijjpres  pour  lâcher  lïe  tlôlivror  sun  pays 
dix  if rani  servage  (VlrUiidi'.  Mcliadui^,  uytiui  abattu  GaMuain  d'ËAirAD- 
gurru,  s'ëloigue  Iirus(|uemonl,  frn  vain  chi*rchê  par  Marc.  CoiiV(>r»atioa 
à  lu  cour  sur  Motiadua,  i]ui  roroit  à  l'hôte)  la  visite  t]'Aithur  avec 
Gauvain  ol  autres,  reiiwntro  Pi»lin»r  de  Li^ti?nois  avec  Prrcrvat.  le 
meilleur  des  chevalier»  de  ce  princp  *,  apprcud  d'un  vimut  chevalier. 
cuniiaiiê!banl  Merlin,  la  prëdîctinii  du  doviii  rplmive  à  la  bUp«<rioriié  de 
Tristan  sur  son  [H're.  et,  [lour  montrer  sa  ftirpc,  porte  un  t^norrue  bloo 
Lfl  tournoi  du  <le  pierre,  qu'il  d^pow-  d«ns  une  *^gli*<^  '.  Uiins  le  grand  tournoi  du 
Pin  du  Géant.  chiUcau  du  Pin  du  géaul  •',  où  Itli^dtcni*  «'Ul.  le  prix  des  wsprers^^ 
Meltadusot  le  bon  chevalier  sans  prur#f  diîiliiiguenl  ;  h»  troisième  jour,* 
ce  dernier  blesse  gravement  son  rival.  Plmraraont  retourne  en  (jaule, 
en  faisant  un  crochet  sur  le  Léonois.  Melîadus  rencoriire  iviîpor  et 
apprend  par  lui  qu'Arthur  avait  couronné  comme  roi  d'Esii  '■  '  ■ 

bon  chevalier  sans  peur;  celui-ci,  qui  a  été  l)le>i»ê  la  veille,  iif  i 
chaiU  ver»  «ou  royaume  en  guise  de  chevalier  yrraut.  Meliadut  le  detn 
et  triomphe  de  lui.  IVliuor,  qui  veut  tuer  le  mcui'ïrier  de  son  frère,  efll 
(•Kt  empi^ché  par  le  vainqueur  et  retnurne  en  Lislenoiti,  où  tient  de 
naître  son  til;;  Lamorat  de  Galles,  qui  mourut  jeuue.  as»a86inf'  par  làau- 
vain  (cf.  §  307).  —  Meliadus  tombe  épenlument  amoureux  de  la  remc 
d'Ecosse,  et,  soulTrant  de  *es  peines  de  cœur,  il  retourne  dans  son  pa>* . 
de  L<>nnoi&.  Etant  l'homme  le  plus  habile  de  l't^poque  en  fait  de  cha 
stins  et  de  jeu  de  hiype,  il  exprime  ses  aspirations  amoureuseii  daaft  un'' 


RMâCiion   de 


l.  Qtil,  (MMiT  r«innnr  «le  IdJ.  «pi-clft  <Iii  ooni  de  PerçevKJ  vn  ilc  seaftlii,  dont  Rohert  d«  lkirT«a, 
QauUitr  Mal'  *t  '■  >**''  'i"  ''■■(iil  >.Qt  s.Fir.^i.t  yirlt. 

i.  i'tnuir  ■  .  oloc.  l'»UnUa,(:)«ii>nii.  Riait-  ClMiil 

et  Itninor  •<   ' 

9,  Au  mil.i  <:  Au>|.;  p«Meif<  tb  ut  h  une  «ulrc  r«4iirUi| 

préMaU*  furt  luv»m|>l^;«iuviil:  oust.  miiiI>U'.;->1.  uiin  «ult«  <lel^ell(  >le  3AÏ&(t  «SI  aj.  La  «ol4| 

I  Ml  t'.  DrcJlUii  quitte  IJtr  i  lyMirreMp  I-nur  all«  »'^ntnrm^r  *nr  If  c^fv^liiT  ijtit  KMt  r^^r, 
ilD  MWitwl  |Miar  In  ic«it>  *1>;  lu  nouUiir«n5i- fîKTile.  Kri! 
lac,  tiff  fipvi  la  rvnwlsiier  lur  leclMiniiton  ,  'Hi\  mi  |>  . 
■tne  lattà  pour  k»  iMltlE-int*  dp  tn  0  l'iInTirontr  n  jfli' 
L-ouvreicp  <ilf  m  rMi|>lr  iloalilr  -i. 
Htlynanl  tlri  flft    |»riii)p| ,  pt  <!' 
petKlJint  UM  partit' i!c  ii,.i^s(  [',.- 
cbeTalItr  Hua  pvMT.  ■■         ■■     i  'it  Uiu\  rt^i. 
avait  ceaaé,  ci  U  >'qnc|jo.  Sl-^i  i, 

a*«nparer  de  [jic  Cl  lir.i    (liilmn  n  .     h 

(1«  t«  UxalmtrvuRe  liurJci  U-  utucatrv  fui  tué  {■4r  l'iuL-tii,  •jiii  <:u  «:'v<l^-t    la   UU  *  i:4[i(ikbh)(k 
(!■«■.),  t>AnAlii,  Uuiruij  et  Lénlngatitrinmiihitit  île  «li  chcv^llpM  iI'E»c«mir.  rt  trtiu*ent  Hlloberta 
•  Tci^  Breliu*<lan>  ua  ctiit^Ad  ou  It  faut  Jtnitcr  pmir  vXrv  iofy-  |la^,|.  .irliiti«>'  "    '"'■■    >  '    .■.i.»-»n 
romnirut  1«  rai  Ktonain  île  Caniielldr,  njant  tttmrti,  on  Joiif  dr  rlituiM ,  :i 
rn  ioo  mari  tilc«»e  par  *on  wrr,  venait  ïl'arroïKlKT  «*nnt  U  terme.  U    ■ 
p^^eet  l'rnfsnt  ilann  un  rliatrAO  m  la  ilnme  mnarui,  nulitn!  Im  v>:"  ■ 
^pnas  fpi^lt  et  vnln<)alt  l-tentùt  aprH  dan»  iin  tournai.  Puiir  ne  pn< 
ti»  ebcvaller  Ju  piiv»  »  en  viutinra,  pr^tenilit  *trB  r4'lHl  'itil  »t«li  i 
aulu  de  U  tille  du  roi ,  tn>lii  II  Itit  ili^flé  i>i  Vai  psr  le  mi  valniioeiir,  i}-::  <. 

vrvr  R»ona)n,  emprlMinnô  {wir  »on   trvTr  '  l.»r.)    ArinliAii  et  l.fci|]afn>n  trrm.  -i| 

eettc  année  mj'me.  rt  une  femmi-,  \\r*.  flm-un  i  'in  ?>iltri>  ^nr  nn  mari  'itii  '■ 
Itxii  farre  l.i  d^tnc  de  onnfcciwr  ijn 
pcnilaot  iju'll  iltirmalt,  et  le  mn: 
)m>tfli«ni  ilu  {K>nt  lie  pierre  lu  r*, 
dMnolacKe  ll«v  llnUiéuil-- 
ehff aller  <le  la  luur  Mtic  1 

Hirtlcni'^-iil  ri  .li'\Ar.;' 

ren-ii' 

>»4".,.  ■■'■.-■-:.     .-- 

■W  Umu.  a  «4,  41(-il,  (i<  r«  d»«Mtl  ««il*  cAM«t  «tt«Mir.  £tt  f*ii«  a  tUu  <!•  ftilii,  Nmiv.  Ao^j. 


—  445  — 


lai  V  <Tu'il  fait  chanter  par  un  de  ses  inttmeiii,  devant  la  grande  dame, 
aune  cour  piénière  tenue  par  Arthur  *.  Peu  après,  il  y  va  lui-même; 
ayaot  fait  monter  un  géant,  venu  pour  se  mosuror  en  force  avec  les 
hommes  de  la  Table  Ronde,  sur  un  énorme  l)loc  de  marbre,  le  Perron 
a  lajaiande,  il  porte  et  jette  ensuite  à  terre  le  bloc  avec  le  géant,  qui  se 
casse  le  cou  ^.  Ses  amours  avec  la  reine  sont  découvertes  par  le  mari, 
qui,  sur  le  conseil  de  son  parent  Arthur,  part  pour  son  pays  afin  d'y 
faire  bien  garder  son  épouse.  Meliadus  le  poursuit.  Ses  amis  ne  par- 
viennent pas  à  lui  faire  entendre  raison  :  il  enlevé  sa  maîtresse  et  Guerre  de  Me- 
i'emmène  avec  lui  en  Léonois.  Là  dessus  une  guerre  formidable.  Les  liadus  contre 
alliés  de  Meliadus  sont  les  rois  Pharamont,  Claudas  et  Marc,  qui 
viennent  le  rejoindre  au  château  à'Hanthone  ';  du  côté  du  roi  d'Ecosse 
se  rangent  d'abord  Arthur  avec  ses  fidèles,  parmi  lesquels  se  trouvent 
le  Morhout  et  le  bon  chevalier  sans  peur,  puis  les  rois  Pelinor,  Urien  et 
enfin  les  rois  de  Norgalle-s,  d'Irlande,  de  Galles,  de  Norhomberlande  ■*, 
de  la  Gîté  vermeille  *.  Meliadus.  dont  les  quatre  corps  de  bataille  ne 
peuvent  à  la  longue  tenir  bon  contre  les  huit  de  l'ennemi,  se  voit  à  la 
fin  sur  le  point  d'être  fait  prisonnier  ",  lorsqu'il  lui  arrive  un  secours 


le  roi  d'Ecoase 
et  Arthur. 


1.  Parce  qchii,  le  royal  trouvère  voulut  imlniuer  qu'il  eumptMitlaistifr  tout  aulret  chani.  Le 
Ui,  qui  débute  ainsi  :  Dame,  a  roui  eettui  lai  amant  (var.  manl),  fut  le  premier  t-hant^  en 
karpe,  et  derant  eetui  n'aroit  auquel  lai  esté  dit.  ne  ne  fu  puis  j'U'IQ'sux  temps  où  Tristan 
eoiniaeofa  d'en  composer.  (Oi-aprèa.  cependant,  Ueltailus,  dans  3ôd,  etc.,  eu  fait  un  antre,  et, 
pin  loin ,  aux  §s'  6ii.  t>i7,  le  lat  des  Deux  amants  est  attribué  à  Guiron) 
S.  Fin  de  3&»Vauqael  fait  soite  360. 

ft.  .\prës  Meliadus .  Tristan  fut  le  seul  qui  pût  soulever  le  perron,  auquel  Arthur  avait  fait 
ajouter  le  poids  en  plomb  du  géant. 

4.  jiuthonne  8&&,  jinthoiine,  Jauot ,  Jttchone  3&0.  .Après  qne  Claudas  loi  a-  parlé  de  la  pro- 
phétie de  Merlin  au  sqjct  de  la  future  gloire  de  Tristan  (cf.  ri-deuus).  Meliadus  voit,  dans  au 
rire,  aon  Sla  tuer  par  Marc. 

ft.  Le  roi  de  Norhomberlande,  arriva  au  camp,  a'insbille  sous  un  t>eau  pavillon  dont  lui  avait 
Jadis  fût  cadeau  Esclabor,  le  p^re  de  Painmê<le,  qui  n'aroit  encore  mie  treize  (trois,  338,  3&6, 
3477)  ans.  (La  remarque  sur  Palaméde  manque  dans  Z'M,  36(i^ 

C.  Arthur  prononce  une  allocution  diins  Uquelle  il  rappelle  le  fait  des  Troyeni  :  Meliadus, 
comme  Jadis  Hector  dans  Truie,  est  menacé  par  son  Acliîlte ,  le  bon  chevalier  sans  peur,  qui  est 
dtfort. 

1.  Darts  338  ,  856,  3477,  360.  vers  la  fin  du  récit  de  l'unique  bauille  que  donnent  ces  mss-, 
le  texte  prosaïque  est  continué  par  on  morceau  en  vers  octosrllabiqnes  k  rimes  plates  de  dlx- 
hoit  lignes.  Ce  morceau,  présenté  avec  distinction  de.s  tiirncs  par  338,  360.  et  dans  une  laisse 
spéciale,  mais  sans  distinction  des  lifmes,  par  3ï6,  3477,  se  trouve  au  milieu  de  la  descripUon  de 
l'écrasaote  attaque  des  gens  de  la  Table  Ronde  et  commence  ainsi,  après  les  mots  (les  iustru- 
mcnta  de  guerre  font  un  bruit  tel  que)  on  u'i  oltt  mie  Dieu  tonnant  (que  c'estott  grant  mer- 
vtilles  de  les  ojr'r  360)  : 

{Et  3477)  Il  roit  Metf/adut  oy  (1.  o()  la  noise. 

Dont  au  ruer  pou  {point  338 ,  aucun  poi  360)  ne  grant  n'en  poite. 

Car  il  a  le  curr  detirrant 

D'avoir  hounour  [D'onneur  aroir  360),  ce  ra  querani. 

Et  le  cort  fort  {Et  tort  fort  356)  et  rolentieu 

De  bien  faire,  s'il  en  roit  lieu  ; 

Carten  ib6,3il7}  contre  lui  roit  Vaatie  (/"«an^c  360], 

Et  il  tet  que  il  a  [t>onne  3M)  amie 

Bêle  et  bone  (Bonne  et  belle  3477]  et  dé  cran'  lignage  {Et  belle  et  de  gr.  t.  3&6), 

Et  quant  tant  ett  et  belle  test  belle  36fi)  et  tage. 

S'il  ne  fait  tant  qu'il  toit  plut  preut 

Que  nui  dei  autret  et  plut  preut  {plut  teurt,  360  ;  ce  vers  manque  dans  3477). 

//  ett  (yerf  338]  dont  honnit  et  perdus. 

Se  et  là  [rit  lui  360)  failtent  tet  rerlut. 

Qui  le  reltt  Ion  afflchier 

Et  ta  grant  lance  paumoier. 

Bien  diroit  :  ••  Cil  qui  l'atenilra 

Onquet  jour  tel  fait  n'cncharga  {ne  ckarga  360).  •> 

Pnis  reprend  la  prose  :  Meliadus  se  tance  dans  la  m^lée  et  fait  merveilles.  —  Je  n'ai 
pas  trouvé  ailleurs  dans  lo  Palamède  d'entrefllcts  poétiques  de  ce  genre.  Le  prosateur  nu 
quelque  scribe- arrangeur  se  seraient-ils  amusés  h  fair^  di-s  vers  ':  Ou  bien  aurait-on  inséré  dans 
notre  romtn  nn  débris  duo  itoême  sur  Meliadus  ''  Uu  bien  encore.  uurioiii-nnu5  aiTi>>re  à  une 
mise  en  prtise  incomplète  d'une  version  qui  aurait  été  rimée  dès  le  prinWpe  (cf.  le  Cuiron  en 
Tcrs  cité  à  U  p.  43i»  ? 


—  447  — 

li32.  O  ht»ros,  —  ce»i  Guiron  Uhr.  Giron,  Gyron,Gnron)  le  courtois,  Guiron  le  cour- 
te chevalier  à  l'écu  d'or,  —  après  avoir  été,  à  l'âge  de  quiuze  ans,  le  ***^^- 
compagnun  de  Gatehuut  le  briiu,  qui  esperoit  grant  bien  en  lui ,  toml>a , 
par  mauvais  barat  (par  fraude  et  barat  3G01,  entre  les  mains  du  géant 
luce,  qui  le  retint  jusqu'après  la  mort  dUterpendragon;  il  recouvra 
enfin  sa  liberté,  ayant  combattu  pour  la  femme  du  monstre  (cf.  §  634), 
et  se  mit  en  aventures  sans  connaître  ni  Arthur  ni  les  chevaliers 
de  ce  roi.  Il  triomphe  de  sejjt  géants,  parents  de  Luce,  de  chez  qui  il 
ramène  une  demoiselle  captive  à  ses  parents;  là  arrivent  Léodagan  de 
Carmelide  et  Ariohan  (var.  Haroan,  Ùaraon)  de  Saissonie,  qui  sont  de 
la  famille  de  la  demoiselle.  Les  trois  chevaliers,  sans  se  connaître,  vont 
le  lendemain  en  Léonois  assister  à  la  guerre.  Meliadus  est  délivré,  sur- 
tout par  la  bravoure  de  Guiron,  qui  désarçonne  le  chevalier  sans  peur, 
Arthur,  te  Morhout ,  Blioberis,  Gau\'ain  et  bien  d'autres.  On  fait  la 
paix  :  la  reine  d'Ecosse  est  rendue  à  son  époux.  Guiron  et  ses  compa- 
gnons, étant  partis  furtivement,  rencontrent  une  messagère  envoyée  par 
la  nièce  du  roi  de  Xorgalles,  une  dame  de  Xorhout,  désirant  le  secours 
de  Léodagan  contre  deux  cousins  qui  l'avaient  faussement  accusée 
d'avoir  empoisonné  leur  neveu  dont  ils  convoitent  la  terre  :  ils  espèrent 
ainsi  s'emparer  aussi  de  celle  de  leur  cousine.  Léodagan,  rais  en  garde  ''^odagan  et 
par  la  messagère  contre  les  trahisons  auxquelles  il  s'expose,  quitte  ses 
compagnons  afin  d'aller  combattre  pour  la  dame  à  Hetin  {Hecinj,  à 
l'extrémité  du  Norgalles  :  «  Là,  dit-il  à  Ariohan,  vous  pourrez  me 
retrouver.  »  Mais,  emprisonné  jiar  trahison,  près  de  l'endroit  du  com- 
bat, il  manqua  le  jour,  elce  fut  Ariohan  qui  le  remplaça,  ainsi  comme 
vousorrés  ci  avant  (lemprisonnement  n'est  pourtant  pas  décrit  ;  cf.  p. 
448).  Ariohan,  s'étaut  séparé  de  Guiron,  trouve  mort  son  cousin,  qui 
vient  d'être  attiré  dans  un  guet-apens  par  une  des  sept  demoiwdles 
traîtresses,  qu'Escanor  de  la  Montagne  a  envoyées  en  tous  sens  pour 
venger  son  oncle,  tué  par  un  chevalier  errant  ;  d'un  ermitage  voisin, 
Toncle  d'Ariuliau,  Sagremor  du  Tertre,  anachorète  et  ancien  chevalier, 
vient  prendre,  pour  l'enterrer,  le  corps  du  mort ,  qui  eut  nom  Sagre- 
mor du  Tertre  deveé.  Ariohan,  ayant  desconfis  d'abord  diMix  et,  quatre 
jours  plus  tard,  cinq  chevaliers  d'Escanor,  et  emmenant  prisonnière 
la  demoiselle  traîtresse,  dont  il  confie  la  garde  àsesécuyers,  va  se 
faire  soigner  dans  une  maison  de  religion,  et  se  remet  le  lendemain  el 
chemin  ou  il  baoit  aler.  Le  conte  pusse  à  Blioberis,  parti  de  chez  Aventures  de 
Arthur  pour  courir  les  aventures  du  Logres,  II  tricunplie  de  Paridès  v  i-a'd*iVet 
l'amoureux,  déguisé  (?n  demoiselle  armée,  et  amant  de  la  dame  Despi-  Gauvaio. 
teuie  d'amour;  quelque  temps  après,  ayant  rencontré  Meliadus,  <jui, 
guéri  de  ses  blessures,  était  parti  pour  cliercher  son  libérateur,  il  se 

(il  ■iriTc  à  l'endriiit  uii  est  I&  demoiselle), >tc..  v.  p.  410,  et  suit  le  texte  de  S3ft,  33»  Jusqu'au 
départ  d'Ariobm  avec  LêDdagxn  pour  la  Carmelide;  ici  J.ii)ot  contioue  ainsi  ;  A  la  conr  d'Ar- 
thur on  est  longtemps  sans  rit-n  fatrf,  après  le  dciKirt  d'Arîiibaa.)asqu*à  cc<iue  sen^pand  partout 
le  bmit  delà  bravoure  d'un  rbevalier  à  Vévn  d'ur,  Guiron  iv  courtois,  tcdu  Donrellement  en 
Logres  ;  les  cheratiers  partent  pour  le  trouver,  ainsi  )li>liadus  awvc  Uauvain.  .\rttiur  fiiit 
proclamer  le  lournnl  d'Ilene.|on,  dans  leitricl  fui  vain()ueur  (>ain)n,  qui  on  partit  furtivement 
et  i'acompaiçna  -lo  Usn.iîii  W.  ronx,  t>ou  chevalier,  gui  fut  le  premier  à  savoir  le  nom  de 
son  compagnon.  On  pmcl-imu  un  nouveau  tnuruot.  tjaimn  va  à  Malciiault.  Suivent  les  aventures 
do  Meliadu.<)  arw  Oauvaiu  ranmtées  comme  dans  ^ihi  (vov.  ci-dessons}i  Janot  auMlfait  allu- 
dOQ  k  leur  empriumnemnit  chez  E«canur.  êpiMhte  qui  n'est  pas  donné  dans  l'imphmé  :  il  ne 
p«nrient  donc  à  iiiaïqurr  qu'à  dirmi  la  suppression  en  faiï.int  K^rer  Ueliadns  et  (iauvxin  parmi 
ies  eberrhcun  de  Guiron.  l'oar  la  suite  Janot  concorde  avec  -iîi  et  les  autres  mu.  Sur  l« 
rapport  des  deux  versions,  voy.  ci-ilcssous. 


mnt,  vnmmo  lui,  en  i]ii^-tP  do  cet  incnnon.  Da  trouvant  i^.nsuii»*  (^an- 
vnin,  (|iii ,  lut  aiii4»i,  iJierrlm  It^  otirviilitir  û  Tmi  d'nr.  Ayant  i^ecotiru 
iiitc  tJi'S  (loiiioii^^Hr'ç  ii'IC»!anor,  itu'ullnî]  iiinr  Lambe^ues  dr  la  Forrst 
csirangf,  IfS  troijî  cjtmpagnon.*  w  liiiswnl  m^nor  par  cIIp  au  rliâu>au 
ihi  gt'iint ,  tiù ,  aprôs  uni?  \wv  rt'yislanrp,  Gauvaiii  M  Rliolioris  sout 
laits  prisoank'rs,  du  ni^ine  que:  M^liadus,  qu'un  fuil  tomUcr,  eu 
feignant,  Jl*  fuir  devant  lui  .  dans  un»?  ffi!î.v  rouvprl4\  —  Guirun 
délivre  la  dmuoisellt»  de  Larqniman  (var.  Laijuinani),  qup  v»»nl  de 
luor  I»'  m'ant  Trwlrt  U?  in)ir.  ot  nirl  à  uiurl  le  monsln.'  lui-même  npré-s 
avoir  \uincij  trois  de  sob  houinics.  Au  hmit  dp  c?*  exploits,  Arthur 
HG  projwfli*  d'arranger  un  lourmii  (Miur  faire  la  connaissance  de  re 
faiiH^ux  luTOK,  qui  attaqui*  t-iisuiti»  le?  ceu»  du  ch&tcau  dEscanor,  **l 
vainqueur,  coupe  In  br.is  au  ^t^anl,  qui  tnVnfuU,  et  diUivn*  Mrlindu»  avec 
les  autroît  pris(tnniers;  le  lendemain,  il  part,  atvdiupaficné  d'une  demoi- 
selle qu'il  a  l'ail  flurtir  de  la  prisiui  de  Tnidet,  AmfAidf,  aniuated'lîmanl 
Ac  la  lattde  i'A  cuusiui*  île  iMnaiti  U  roux,  l't'poux  de.  la  dame  dn  Ma' 
Guiroa  «t  Da-  laaui  [mxt.  Silatoant^  hlalehauli'.  IlitaiTiveMlaudullrande  Danain,  qui  l»f^ 
nnin  fjijt  i^.  curupa^çuiui  d'iiruies  de  GuinMi.  En  ct.ite  partie  r/iii  li  contes  que  li 

mis  Artus  et  li  chevalier  de  ta  Tabk  lUninde  pnstrent  un  taumojrment  au 
chaslel  de  Hemtlon .  pource  //»«  li  chevalier  arfnturrus  aloient  plus  celé 
part,  pour  trouver  h  rhfralier  a  l'e-icit  d'or  ((iuinin  1.  Kt  [la  356^  fu  li 
toitmoiemens  {fait  3ti(l) .  Danaytu  e-^tint  maladrs  et  navrfs^  si  n'i  f>tU  aler  ; 
il  edl  le  •ii^ul  À  qui  le  lirillant  inctuitiii  ait  révi-lé  mm  nom.  (îuinm  est 
vainqueur  dans  le  luurinii.  Arthur  et  s»-»  pens  étant  désfdés  du  t'e  qu'il 
.s'en  ejpt  allé  si  quotirnent  ',  tiu  uouveaii  tournoi  —  au  idiàteau  det^ 
IffAix  Saun  —  est  pruL-lamè,  pitur  l'allirer,  enti-e  les  rois  de  Nnrhnm- 
lierlande  eL  de  Xor}:;altc*s.  Guirnn  va  à  Matuaul.  où  on  lui  fait  bon 
aer.ueil.  Ia:  rtV*it  (lasse  à  Artohiui  :  un  va  nous  couler  conmient  il  til 
mourir  la  demoiselle  pour  voûter  son  cousin  -.  (trdist  ti  contes  que  puis 
que  Anjhoan  sefu  partis  du  roy  Leodayanlen  tel  tnanirre  comme  nous  avons 
ça  en  aniere  devix^,  il  arrive  à  l'endroit  uù  il  devait  mettre  h  mort  la 
di'moisvllii  ^  ;  il  1a  fait,  mer  par  un  de  se»  ikuyers,  tout  ainsi commt  ti  H 


I.  On  tnil  qiio  le  Wttmui  d  ll«f>«iluti  Ml  «bnlfit  <lttlu  ilM,  «te.  :  Il  vn  m1  il*  nwme  ite  aft&  M 
J«Bfti  (r.  fl-ilt^oim  <  rimftrlm-*  pU^e  U  m^^tti-iii  Ou  i>>urjQul  a|>ré»  lerebdtr  dv  LA*<la(ftn  a*ac 

Ariotiiiu   Ml  l'.uriiicllilc.i.  rii»  Inin,  Ifc  «ii  Mrlûittu^i'anverM  avk  Oanvain,  fif .  (cJxlrohMU.oB 
i>.  ti>  illt  'l'iL-  >li>-it  'P  tiiiriiiil  ivKr.  /lait'lum,  Hfi*edHW\.  le  n»i  <l«r  T(i)rttulla  m  éU  InrMnir  *■ 

roi  lie  ^'|ll(■lM■t,.  -:,n;.]r 

7.  i>oir  — 

>,  iHinr  riti. 

tliia*  !■<■*  m*-' 

V'ii",    l'Uii   lie  tiuUTuiu]    'Irliilli  -" 

l'cu<iirlaiL>iiDPni<til  (1*  [.<'iwl.%f;nii     i'  ,  ,  ■ 

marlfettr,  MaU  ruc  noavpU*!  reuc'^ttrt!  «lu  fctitce  «luuu  A\ti    le  i 
comlwl  il  iMilnucE  i|iic  cT!ut-vt    *n   suuteulr  c>L  liivralicralilalilr  <•'■ 

t-'- '■■■■  ■'"  'iTitMLeuf.  i"  *»l»  i«irnt  h  i-r"'"'  ■!■'  ■  i-"<i  .!.-  j.  j  .1 

iffu  parlti  ilu  rai/  Leoitar. 
iiiik  li:»  iu*<.    •!•.*   l'iifii.  >!•-   ' 


.*.iB.  S80. 

>  l»r^c^lt?  •Inu  &lLâ.  clc.,  nmii  *ert<inK  ittillgda  U'AdiBfttnt 

-iir'fjMll    .r..l-"ril    IIIK-    |i.ii,l.-!Ir     rrii.'..t  Hc-    -l'Vrii.tuHi    a-e- 


qiu'liiir^  lililU   ilv     Li 

,.■,1.  -'m-,  .u  ;iifl,  r-, 


Kvuir  quiU^  û  rdUf  tl'Artluir:  Ik  cuuiImI  ■itigttUer  rnUc  1«  |>riixv    do  S«\ona  <\  MclliillU, 


—  449  — 


avoit  promis,  et  st»  reml  en«(Uite  ver-^  Vissitê  de  Norgailc*  pour  rcjointlrp 
I^otlnican,  rnmmp  l'rluî-ci  li^  lui  avoil  indiqué  au  il(>p.in.  Il  arrive  au 
chltTAu  ^'Hêsan  [tJelan  360 i  le  jour  même  où  \e  roi  fut  omprisonné, 
ainsi  comme  jr  vous  a*/  conté  ça  arriéres,  et  le  remplace  dan»  \c  combai 
singulier  contrp  U*i  dcuï  cou»n&  de  la  d^me  de  Norhout-  Il  PSl  vain- 
queur el  part,  suivi  du  «eigneur  de  VSstroite  Hfarthe,  qui  olaient  la 
permiKsion  di*  l'accompagner,  cL  qui,  >îur  son  ordrf*,  va  délivrer  lo  roi 
t.<!odagan-  Cplui-ci,  ayant  rap(tf^I('>  avt>c  dépit  la  irahifton  de  la  domoi- 
«elle  qui  l'avail  fait  jf^tor  en  pris<in.  rinourno  avec  Ariohan  en  Carme- 
lide.  Le  cuott?  rt.'>ipnl  ii  Meliaduit,  àOauvaiu  t*t  u&UulH.>rig,  qui,  guéris 
Aes  ble^sitrefl  qu'il»  avaient  n$r;uea  au  (!li&leau  d'Escauor,  sont  rejoints 
par  Lac  '  ;  celui-ci  leur  parti*  d'un  iocoonu,  qu'A  sua  <^u  d'arfÇLMit.  M/u 
msirt  iaintur€ ,  il  a  cru  recoanaitre  |>our  lu  boa  chevalier  «ans  peur,  et 
qui  a  triomphé  de  ({uarauie  adveruire.«  auprt>s  d'un  pont  du  sîoreloiB. 
Lesquatrevovu^urs  partent  uji^iiihle  pour  aller  au  tournoi  du  château 
de«  Deux  8npur».  Ils  tmvenceut  une  forvl  dont  la  vue  rappelle  k  Gau- 
Tain  sa  victoire  sur  Htiiadel  de  Nnrhnnilterlantle,  à  Htiotieri»  la  honte 
que,  uprê«  avoir  ren)}M>rté  le  prix  du  tournoi  de  5afrir,  il  avait  suhiede 
la  part  de  son  hôte,  qui,  en  li^  d('*surrunu»nt,  l'enipt^clta  d'enlever  sa 
femme,  et  enfin  à  Meliadu.«  conunent,  vainqueur  dan§>  le  tournoi  de 
landfmort  arrangé  par  les  roiiï  de  NurhomberUnde  et  de  lîalle.*,  il 
avait  été  indiKUeaieiil  trompé  par  uu  lecfueur  de  sa  deinnii^elle  :  oa 
Iniitre  ayant  aubÀiitué  ses  armes  à  ce)lR6  du  \aiaqueur,  endormi  prés 
d'une  fontaine,  le  mi  fut  contraint  de  pnnidre  la  place  du  misérable 
sur  la  charretlt*  du  di^shonanur.  Après  que  les  héru^  de  ces  avenlurea 
en  ont  fait  le  rétût  à  leurs  compagnons  de  route,  on  rcucuutre  Heliadel, 
qui  abat  Oauvain,  et  qui  e«t  à  S4in  tour  renversé  par  Mehadu^.  On 
laisse  ài'hûlel  Gauvain  bleâsé,  et  ou  arrive  à  l'endroit  du  tournoi  '. 

633.  Guirou,  qui,  pendant  sou  séjour  à  Maloaut,  a  résisté  aux  propo- 
sitioofi  amoureuK>8  du  la  femme  de  son  ami  ^,  va  avec  lui,  incognito, 
au  tournoi ,  dans  lequel  ils  Bont  vainqueurs.  Danaiu  part ,  eu  confiant 
non  épouse  à  Guiron,  pour  venger  un  coiuia,  le  chevalier  de  la 
MartMchiere,  tué  par  deux  frères  de  la  Terre  foraine.  —  Lac  se  sépare 
de  Meliadua  afin  d'aller  enlever  la  dame  de  Malouut  revenant  du  tour- 


La  dame  de 
Maluaut. 


I 


4nM«  a*  aatal  4k  Trlim  oosfrc  Hclfu  Q  «TS).  panrrmli  Ua  Mre  da  Mt  de  l^utnr  da 
fmimmtâê^  «A  !*«•  moit  aoawM  dt  «es  Ucox  ranuasM  naonrciéa  d«  noMiu  «MiriHim,  n  ta 
dMOrfvtkia  de  U  ipMm  À*  IMiadm  «««a  l«  M  d'BctMM  MX  l*eA>t  «TsTOIr  été  ibréc^é  «Un 
SIS.  «w.  D'omt  p«rl,  eMnua»rriuaKBl>lHiiplnlMntMBHilinparMtMd«IM.MC-.«lasi  U 

prcnUn  appcriti»*  de  Gilroa  l«  cnonoto,  m,  frmmién  rwaaimtn  me  Ousfat  la  nmz,  wa 
pWBritu  cxptoàu,  ««1  k  flnmt  Uot  «damt  k  u  amt  d'ArUiB,  «t  m  «aile  par  MwllidiM. 
ttmvkUl,  aDotMrli  ;  N-ilMH  MMi  H9»  iMOiA  neotlc  Im  nulbwm  d«  1»  dana  de  Muttaut  k  paa 
pria  canma  UM.  XI  «enll  m  moiom  pMaibU  «M  «tentne  dM  den  Tviloai.  «Btn  kavuUw  !• 
ftvcnoit  tiuauit  ealtii  dut  SM  *>  matM  aliiffnU>r  ponmii  narqoM  an  trall  d'Halao. 
r*(ffcMMBtut  «M  vwtle  d«  U  rddwIfM  ortslMirc.  qol,  «rant  ànmi  U  capUvlté  dm  Mellada» 
flU,  eu.)  fft  471»  mil  1«  roi  d*  Ldorudi  m  mrpon  «rac  Oninn.  unit  amanite  ruaott  1« 
«■/lnwid«<«.iwraUeri'cf.a3S.<tcJ,  —  Pgv  c«  ^  nM.  tooa  t«  nn.  liu  paUmiUw oSntAlm 
m/êmm  ftmd. 

1,  DnaSy;.  Jari»(.  IM,  MO.  U«  cmlttoniiu^nani  «oitlide  U  prtsMidTMwMrwiBt  UêUian. 
OmivkIb  '-  '•«  troll  mot  -  iillnbcrk.  CmI  prabablentort  «n  nele  d'aam 

rMMXkHi  :  Dan  nn«  m  Watt  de  Bon*.  V«  le  CnUMWM  dA09  909.  ««I 

ploa  likii:  Lit    >>i.        >  1  iv>rnHi«  le  irnltl/iiiii  fr*Mn"'T. 

'  r  c«  deru)«r  |<r.  p    Ul|, 

U"  ^  rcovolc  Ml  Ottéron,  M 

S.  La  OfMi  dost  crci  nt  prtiwaw  fluu  Im  one»  MOiitte  Mvuicr  one  Ueooc  utclesae. 


L*>MTM.  —   Triiian. 


29 


—  450  — 


Loyauté  Je 
Guiron. 


n>ii  uvec  vingt-^ix  chevalier»,  iruiron,  qui  a  *\es  soupr-oos»  lf)»uil;  g<to^ 
par  l'obscurité  (te  la  nuit,  il  tait  hulieû  une  fontaine  où  arrive  Lac,  qui, 
80  cniyant  seul,  |irofm'  dn.»  plaintnit  d'amour,  et  qui ,  ayant  H'*i«6  suo 
voifiin,  lie  (ronvemation  aveo  lui  :  san.s  In  corinaitro,  il  lui  proftow 
d'assister,  le  lendemain,  au  iner\e!llpux/«t  qu'il  compte  f mprenrfre  pour 
sa  dame,  et  lui  parle  do  tiuiron,  qu'il  porte  auï  nues:  u  mais,  ajouto- 
t-il,  un  jour  cet  incomparable,  à  la  cour  du  roi  de  Norhombcriande , 
sur  la  rivière  de  Surne,  laissa  —  chose  iuouic  de  lui  —  emmener 
ftans  veu^i'auce  la  dame  de  sou  compagnon ,  un  beau  roiiord ,  par  un 
petit  chevalier.  »  Put»  Lac  veut  ruconler  un  exploit  de  Guiron.  Celui-ci 
no  coui^eut  u  bouler  r|u"iiprêtî  s'èlre  amuBO  pendant  quelque  temps  A 
faire  eurifier  son  iuLerlocutcur  [lar  des  lâarcasmes  et  a\<ûr  rî  aux  êcUlA 
du  déli  i|ue  lui  lauce  le  narnileur  exaspéré,  dont  il  éveille  de  uouveau 
la  colère  en  prêtendaul  ne  pas  avoir  i»ten  entendu  le  commenconieal 
du  cimte  :  a  C'est,  lui  dil-il,  ipie  je  vuua  suîh  inft^rieur  en  inleUig«>nc« 
comme  en  toute  autre  cbow?.  M  L'autre  parvient  ealin  à  débiter  son  r<*cjt*  : 
il  avait  vu  Guiron  ,  qui  s'était  «ouidi-nii  li  la  joule  avec  le  petit  chen- 
lier,  conquérir  la  dame  du  couard  d'iibord  sur  le  seigneur  de  lEtlra^t 
Hlarche  avec  ses  trente  homnie^i  et  ensuite  sur  lui-même,  qui  avait  prt>- 
lUé  de  la  losiiitude  du  vainqueur  pour  t^siiycr  de  lui  <iter  In  datne  '. 
Guirun  sait,  dès  lors,  que  te  rapporteur  est  Lac.  Au  point  du  jour,  Im 
deux  chevaliers  partent  ensemble  et  gagnent  la  route  de  Maloaut,  où 
ilit  ii'arrétent  pour  attendre  la  venue  de  la  belle  dunie,  qui  a  pa$cé  U 
nuit  au  château  de  ia  Hoche;  au  moment  où  Lac,  uyaut  triomphé  de  la 
nombreuse  suite  delà  femme  de  Oauain,  veut  emmener  celle-ci ,  il  eut 
nideoietil  abattu  [tar  Guiron,  qui  s'en  va  en  conqiiignie  tlu  U  daaie  et 
arrive  avec  elle  à  une  fonlaioe.  Déjà  il  e*l  sur  le  poml  de  céder  aux 
charmes  de  ta  belle  châtelaine,  biriique  son  6pèt\  qu'avait  portée  Hector 
te  brun-',  tombe  par  husurd  dans  bi  foiKauiei  il  tti  raumt^se  et  lit,  en 
lossuyaot,  l'inscription  gravée  sur  le  plat,  ptiur  l'achoùon  de  ce  même  i 
Hector,  et  rappelant  le  premier  devoir  chevaleresque,  la  loyauté*. 
Désespéré  d'avoir  songé  un  instant  à  tromper  son  ami,  il  se  tran^perr^; 
il  05t  empêché  de  se  frapper  une  seconde  fois  par  la  dame,  qui  ><e  lai*ii« 
tomh(>r  sur  ses  bras.  Avec  un  dernier  otTort  il  retient  kid  ^]iv<* ,  que 
vont  lui  ôter  un  chevalier  de  Maloaul  qui  survient ,  et  qui  ».'éloign« 
après  deux  tentatives  inutiles.  —  Pendant  ce  temps,  Danain,  ajunt 
trouve  un  chevalier  dans  un  pavillon  où  arrive  Henor  de  la  Seivc,  uu 
beau  couard  —  tou»  W»  deux  ont  été  vaiiicua  autrefoi!i«  par  Dauaîu  — 
rejoint  U*s  frèreis  de  la  Teri-e  foraine;  il  tue  l'un  ei  envoie  l'autre, 
nommé  Arem,  ae  constituer  prisonnier  chez  le  père  de  leur  victime. 
Informé  par  un  valet  de  la  tentative  d'enlèvement  de  Lac.  il  s* 
lance  sur  le»  pas  de  celui-ci ,  qui  est  emprisonné,  avec  le  roi  Phara- 
mout,  chez  Ikinitiain  torgufitlcux^  c^jusin  de  I^rehus.  el ,  après  avoir 
écouté  le  récit  menNonf^er  que  lui  fait  un  chevalier  de  Camaaioth,  tntuve 
enHn  su  fennne  à  la  funlaine  avec  Guiron  ;  il  fait  lraut«porler  sou  ami 
au  château  de  Mutonnl,  ei  lui  pardonne  le»  intention!»  coupables  que 


1.  et.  DH»tpp>WII»o&,  I,  VUt-6  uit  II  ml  dit,  «vu  p|u«  d'Mprit  nwt  irexAetH<i<le.  qur  t,m 
cbërdn  H  gnfpt^r  4u  wmpi,  lAn  <|0«  «n  iirnjpti  or  «ulcni  iiolnt  <l<>otii*«  pàt  Qulroa. 

t.  Dm  ntd»  MiDb)«bla«  tar  le  bMo  Koartl  UoKftrde  U  S«Itp  i-^f,  llenor  de  NorbntnbcrUfidc 
f.  tfl)  M  rriroavrni  ûam  U  sali*. 

I.  Nulle  tmt\  Je  n'Ai  tu  ei|iliitiirr  ■<iMuaM-Mt  Vi<itér  il'llwlur  «  truuve  (t«u  U  pw— ina  4< 
Odirotti  tv  Aviihn  ailebouitint  !■  Inl  «  tniniial»r . 


—  451  — 

Guîrot]  lui  avoue.  —  M*«liAdud  élnui  rrsié  au  ch&i^au  des  Dtiux  6<£urs 
4pnr4  avoir  été  <]ilitto  par  Lar  ',  y  cnus^*  avec  Heiyan  '  U  brun ,  qui  fait 
rôlog«  de  «on  ancii*n  uuilre  Guirun,  et  qui,  à  la  itrière  du  roi,  lui 
racoute  cotnmpn(  Oalchout  le  hrun,  avec  le<iuel  le  jeum:  (luînm  s'cuit 
MHpavjnit^.  lun^  un  gi'-Aniqui,  a^iint  eiileviii  IfMir  ilemoi^HIc,  avait 
suite  vaincu  Guiroii .  «^t  cumiiirni  uu  pt^u  avanl  sa  m^rt ,  caust^  par 
lie  de  reilréniit^}  du  Norgalloft,  dmit  il  était  amournux,  ce 
V  iiiiut  r*»nvcrsrt,  aprits  le  tnuruoi  de  Rohestoc,  où  il  avait  é\jê 

M'  -  ..  -1  >[ue  (îniron.  qui  fut  oMi^i^  de  se  faire  soigner  (Uin«  uu  rliÂ- 
I.  m;  ^^  itild*  fît  le  lion  chevalior  ssiti*  peur  dans  la  Ùa^u  foresl  et  Ips 
f<  1  son  ennducteur  lé^itiniR  une  deuiuli^elle  pnur  laquelle 

il-  IiAtIrt'.  MeUndiis  drcido  le  ci-devant  f>cuyBr  de  (àuiron 

à  re»l»^r  ptituCf  une  joura*'i»  à  l'hotol.  et.  le  leudemain,  met  sur  le 
lapis  feu  Ilt^lor  U*  brun,  |K're  du  Gatehuut.  Irlelyan  rêpét«  ce  qu'il  eo 
a  eulcudu  diro  enOrcanie  :  «  Un  jour  que  nou^  élionî^  hébHr^é^  paruo 
vieux  cbevalitT  do  ci?  pay*,  —  Guiron  était  depuiri  deux  ans  le  conipa- 
(îuou  de  Galebuut.  qui  protestait  vivemeut  chaque  fois  que  le  jeuoe 
juicuaie  prétendait  qu'Uet'tur  avait  dû  Hr«  inTerieur  à  Rin  fil»,  —  notre 
b^te,  pour  qui  le  premier  det^  hërof  était  le  txVe  do  Giilehout,  et  aprû 
lai  AdatonîyAr.  AMtiloH),  sirf  dr  Usitnois,  nou»  contn,  t^ur  la  prière  de 
Gaifon,  comment  Uectoravec  Adaloo,  devenu  son  eompafîuoa  d'armes, 
fecourut  le  parent  de  ce  dernier,  ie  «ire  de  VEsiriÀte  Marche,  assiégé 
par  le  roi  de  Norlioml>erlnnde.  »  Helyan  fait  ensuite  un  dernier  récit  : 
Ilector  le  bnin  et  ^m  eompagnon  .  le  bon  chevalier  Oelyanor  le  pauvre, 
un  i\p^  dncvtn^''  d  I>r><rar(t  le  pauvro,  .tdonuent  tnus  les  deux  ta  sœur 
d'Ad.i'  (  rniiriaiKe  au  roi  d'Ortaiùe-  llelyauur  tenta  d'eo- 

levcr  !  tionl  if  roi  vl  ses  ir**me  chevaliers,  (lamii  lesquels 

se  irouvaicu:  Ji.v  Iktl'^  d"Ad.-iIi»u  ;  il      '  I-.t.  lorsque  lieclor 

lui  vint  eu  aide,  '"onquit  lu  r»'ine  et  i  ■  ,  '*menl  à  Helyannr, 

voulait  ■   la  mort  d-*ns  w_in  dt?^-*iH.ir  davoir  penlu  O-fl  qu'il 

Imatî   —  >i  ly.uilappri^  la  tt^ntative  de  I-ac  pour  ravir  ladame 

•  '  .  part  le  lendemain  pour  aller  le  chercher,  craignant  que  le 

Il  I  ami  n'us«nt  de  repr<^saillrt  ;  Ilclyau,  *\ir  le  cuu^tcil  du  roi, 

rend  au  chAmau  de  Onuain  pour  revoir  Lluiron*.  Meliadus,  en 
ni'U*  de  Lac,  trouve  Danidain .  puis  le  Murbout  avec  un  cuuanl  de 
r.orr«onaille,  dont  le  Morhout  délivre  la  femoie  en  mettant  en 
dfiruule  vingt  chevalien»  du  neveu  du  roi  d'K^truagitrru,  qui  avait 
emmenai  la  dame.  Meliadu»  force  Danidaiu  de  rendre  la  liberté  iiLacot 
â  Pliaramijut.  I.a  femuie  du  couard  préfère  son  mari  au  Mttrbout,  qui 
lui  a  permis  de  choisir,  ni  le^  époux  s'en  vont  eudomble  ;  Uenur  de  la 
SeUc.  sur\euu,  les  suit  avec  l'imentioa  de  conquérir  la  dame.  Pour 


Récits  sur  les 
Bruns. 


I,  Cl  nsrtb'l«ii.6M1. 

*.  tttryë»  MO.  IMpoutr  US,  XM.  antorner  M77. 

I,  Ut»  >tMx  mol'  ^  pc^Br,  oalroa  «ttJt elKT«Ucr  loaTMa,  S&&.  3:'-^  '"  -'-  -  -t*  Inaftampa. 
aep,  MUfl  Mil»  prérlnt.  cnu  Iwl»  n'cit  \m»  lUu  3b«,  »|7Î.  150  :  t|  r  lonz  lq«- 

tOTl».  M0|  tDola  drpuls  l'S(l<mr>-f»<^t  •!«  OnfmQ.  —  pour  le  K«iol,  rt  —  ll«l}Ml 

Mt  m  pm  plut  IdIb  Lt  -  -aide  tJstMk»t**lLl.  «•lir^  i-nrvinm  contHn- 

pOMlot  aXJUrpeodr.i.  rtort  de  UalelioM.  jo  n'«l  pM  Iraaré  ainenn 

a'wtN»  ItuUoaUoaa  <]<  ••H. 

<.  rbi  ito  ue.  de     <  I  Mf  a&I.  â4*ft.Ml.  Ce  ftol  sait  pAr«h  arolrélé 

MDBrlBé  <Um  W>i  >î(j  '"  d'  \tHal-ifS  âpr^  l«qa«I  m  mfnie  nu.  dran», 

«OM*  ah  aorema  il  ii^renl  d'^lcmt,  !•  rvocootre  •!•  Quiran  »r«c  U 


—  S52  — 

ConversatioQ.  consoler  le  Morhout,  Pharamoat  raconio  cotnmo  quoi  une  demoiselle 
qu'il  avait  sauvée  de  mort  fut  assfx  ingrate  pour  l'accuser,  devint  le  roi 
de  Norhombfîrlando,  tle  l'avoir  priée  à  son  amaut.  un  vilaîu  chevalier 
Irailre,  qu'elle  reprend  en  f^'ooduisant  Fharamoiii.  Lac.  approuvé  par 
Meliadu*;,  dc^clarp  Guiron  le  meilleur  chevuher  du  moude,  supérieur 
m^Qie  au  bon  chevalier  sans  peur  f>t  au  péra  dti  Trislau.  On  \a  se  loger 
dans  unp  tour,  où  arrive  Belain  fvar.  Helyan)  U'  bïoi,  de  la  Tal>le  Boude, 
ouclc  de  la  mort;  de  Sajrremnr  et  frèro  de  l'tiuipôreur  de  Coustacli copie  ' . 
Le  Morlioul,  gabi  jiiir  Mt.'liadu:>,  se  vpuge  en  lui  rappc'lant  eerlaioe 
demoiiiieno  au  samii  jiiune  ;  k>  roi.  tn^  eml>arras8é,  eoni^ent  entln  à  faire 
le  récit  do  sa  nif^savcniure:  riH-niiduitmiiif  uiim  pucelleiiu'il  avait  t>ecourue 
contre  un  ravisiieur,  t'envie  lui  viul  de  laprundrc  pour  lui-mi^me,  maift 
la  jeune  6IIe  proU'sta,  et  il  ne  put  (iMt'iiir  d'elle  que  la  permissioD  de 
la  mener  à  la  cour  d'Uterpendraf^on  à  Carduol,  oij  elle  donna  la  prê- 
ft^rence  à  c^luî  qu'elle  aimait  ïIp  Morhout)  sur  Moliadus,  qui  nut  à  eubir 
\çs  brocards  des  courtisans.  IleJain  parle  d'Uonor  de  la  ftelve  :  il  vieni 
de  le  )oir  abattro  par  un  petit  cheValier  qui  prit  la  défen»>  delà  femme 
du  Cornouaillais',  et  qui,  ayant  dtè  frappe  à  la  figure  par  un  vilain 
nain  [>our  avoir  touché  au  poltron,  jeta  ses  armes  et  »'cn  alla  solliciter 
un  eongiè  auprès  d'Arthur.  L'hôte  de  nos  quatre  compagnons  raconte 
ensuite  comment  Pharamont ,  après  avoir  eu  le  dessus  dans  plusieurs 
joutes  entreprises  pour  des  demuiselles  et  avoir  fait  la  rencontre  do 
Brehus,  trouva  à  la  iîn  son  vainqueur.  —  Uelain  triomphe  d'Alphazar 
le  mécuQou,  qui  veut  livrer  à  Urehus  une  méchante  denioiRelle  pour  la 
punir  de  l'avoir  trompé  avec  un  vieux  nain.  Je  cuntrainl  de  la  lui 
c^der  et  part  avec  elle.  Melinduâ  et  les  deux  autres  rencontrent  Hervi 
de  Bivel'  cherchant  Guiron,  qui  l'avait  renvere**  avec  quatre  .compa- 
gnons et  lui  avait  ôt*^  une  demoiselle;  il  en  conduit  une  autre  fort  laide, 
appelée  EliAf ,  qu'il  abandonne  au  Sïorhout  après  l'avoir  désarçonné. 
Le  Morhout  I^  Morhout  a  l'imprudence  de  témoigner  un  pou  vivement  le  dégoût 
ennprisooné.  qup  [yj  inspire  Elidc,  et  est  mené  par  elle  au  château  d'un  vavasseur 
dont  il  vient  de  tuer  le  tils,  qui  avait  voulu  couper  la  ti^ie  à  Elide  pour 
venger  un  frère  mort  par  suite  des  intrigues  de  cett<?  traîtresse;  elle 
dénonce  son  conducteur,  ut  le  Morhout  est  emprisonné  avant  la  (in 
d'un  récit  fait  par  le  chltclain,  qui  dit  avuir  à  fc^jnd'peinc  délivre 
Guiron  de  la  prison  où  il  éluil  tombé  par  ta  trahison  d'une  demrtisntle 
que  ce  héros  venait  de  défendre  victorieusement  contre  dix  adversaires 
afirès  en  avoir  terrassé  cinq  autres  au  Pont  de?  Cinq  Lances.  —  Helaia, 
avec  son  compagnon  d'armes  Amant  de  VEspine^  père  d'^damon,  le  be«u 
jouteur,  sont  renversés  par  Oanain  ,  qui  se  bai  ensuite  avec  Lac  con- 
duisant une  fort  vilaine  demoiselle.  On  voit  approcher  trente-six  che- 
valiers et  trente ierjoni  menant  un  prisonnier  dit  dcComouaille,  et  dont 
les  armes  «ont  traînées  a  la  queue  d'un  cheval  conduit  par  uu  nain  : 
Helain  et  ses  trois  compagnons,  sans  vouloir  le  délivrer,  lui  rendent 
SCS  armes,  et  le  prétejidu  Comouaillais  tue  ou  chasse  ses  ennemis  et 
s'éloigne  après  avoir  désarronné  aussi  les  quatre,  qui  n'en  revieuoent 


ta  IM  I  «ode  4«  tefTMQor,  atna  tilui. 

t,  Ltflostfi)  de  CorncnHUilc  et  m  femme  ne  fiont  twi  mentloooéi  li*]  du»  (U,  UT,  S4T*. 
Ml)  bourdon. 

S.  •  Dnat  nom  avou  puM  ca  tn  arritrt.  cl  tneort  ouhi  «H>drler0U  |iltu  tola.  ■  J« 
1l*ftl  jKiurUnt  pu  rttnmvj  Il«rrl  d«  aivol  aUliiara  <l«u  lo  Palam4ét. 


—  453  — 

onnempm.  Danain  au  pQUl  croire  que  c'est  Guiroo.  qu'il  a  laî&sé 
at  n'avoit  pas  encvrr  trois  jours  aeomplis.  A  quel  propos?  Li 
èèuâptit  neuf  rexpliquf^ra  tout  ntaintenant.  A  celui  ttmps  avoit  près  de 
Jfa/oout  U7U  damoiseU  si  beU  fl  si  avenant  comme  li  comptes  a  compté  fa 
en  ùrrierû*;  elle  «'appelle  Blute,  comniH  la  dame  de  Maloaut,  et  aime 
Gtiiron,  dès  lors  qu'il  se  herbtrja  en  son  ostet;  et  puis  que  jncss.  Guirons 
s'en  fu  partis,  il  l'oublia  ci  pensa  en  autre  lieu. 


Bloio. 


634.  Elle  De  connaît  pa§  son  nom  et  ne  sait  que  p&rouî  dire  qu'il  est 
le  moilleur  chevalier  du  monde.  Ayant  appris,  à  ré[>oque  où  nuiron 
»e  Me^a  à  la  fontaine,  qu'il  était  chez  ^on  compagnon  Daoaiu ,  f*ll6 
appela  ï>ou  cousin  et  lui  dit  :  «  Allez  à  Mal<>aut  trouver  le  bon  chevalier 
qui  oan  séjourna  en  cest  chastel  si  navres  comme  vous  veistes.  et  priez-lo. 
en  lui  reprochant  dem'avoir  oubliée  si  vite,  de  tcjûrla  promesse  qu'il 
fîl  en  portant  de  revenir  me  voir.  »  Ïjc  wlet  fut  présent!^  à  Guiron 
convaledceoi  par  un  chevalier  qui  avait  ^té  avec  lui  m  t'oslel  Btoie. 
GuiroQ,  ne  pouvant  encore  chevaucher,  envoya  fon  frère  d'armea 
recfinforler  Hloie.  Danain  arriva,  avec  le  valet^  au  château  qu'habitait 
la  belle  pacelle,  et  dont  le  seigneur  éuit  absent.  Bloie,  la  fille  d'un 
chevalier  pauvTP,  et  aussi  ûëre  que  belle,  le  reçut  avec  une  grande 
réserve.  Elle  lui  demanda  le  nom  de  son  ami,  qu'elle  ignorait,  quoique 
il  fùi  rc0t(^  près  d'elle  plus  de  quinxe  jours,  mais  le  voyant  h<^siter,  elle 
renonra  à  le  savoir.  Danain,  tombé  amoureux  de  la  jeune  fille,  ne 
quitta  le  chûteau  qu'après  cinq^  jours.  Inquiet  de  cette  abtience  pru- 
tuujfëe  et  craiguaul  iiu'il  ne  fût  arrivt?  linéique  malheur,  Guiron  partit 
à  la  rechervhe  de  buu  compagnon.  Celui-ci,  ayant  terras^  successive- 
ment un  chevalier  errant  ut  Ivain,  qui  l'avaient  arracha  à  sù&  profondes 
rêveries  d'amuur,  revint  à  la  nuit,  sans  &avoir  comment,  au  château  de 
Bloie:  la  gaite  n'ayant  pas  voulu  le  laifidef  entrer,  il  s'en  alla  et  ren- 
contra le  mi  Garadoc  Brief  Bras,  poursuivant  un  ami  qui  lui  avait 
enleva  ï^a  liancêe.  Faisant  roule  ensemble  ^  ils  trouvèrent  le  traître 
mort,  tué  par  un  de»  homme»  lige«i  du  roi  ;  ce  loyal  sujet,  luul  en  ayant 
dlé  cba«#(>  par  Caradoc  pour  un  mesfait  envers  un  chevalier,  avait  tenu 
k  défendre  l'honneur  de  lïOa  souverain.  D&nain  quitta  le  roi  et,  peu 
aprèâ.  trouva  llelain  avec  Amant,  comme  nous  l'avons  rapporté  ci- 
dessus;  l'inconnu  qui  les  avait  élonn^^s  par  su  prodigieuse  bravoure 
l'tait  bien  Guiron.  Danain  retourne  h  Maloaut  ;  n'y  ayant  ^as  trouvé 
son  ami,  il  repart  le  lendemain,  toujours  en  proie  û.  âe^  peines  d'amour. 
Guiron  rencontrt»  Gauvain.  Arrive  Lac,  qui  cherche  Guiron,  et  qui  Suite  des  ayen- 
laisse  sa  demoiselle  laide  à  Gauvain,  après  l'avoir  renversa;  ge  voyant  '**"*  deOmron. 
mcpriâée  de  son  nouveau  conducteur,  clic  se  met  sous  la  protection  de 
Guiron,  qui  part  avtx:  elle,  en  défendant  à  Lac  de  l'accompa^er.  Ce 
dernier  »e  loge  avec  Gauvain  chez  un  châtelain  qui  leur  raconte  com- 
ment Guiron.  pris  pour  un  chevalier  de  Cornouoille,  avait  été  privé 
de  sa  liberté  et  envoyé  à  .Maloaut  pour  être  jugé  par  Danain;  Sinados^ 
cousin  de  Guimn  et  père  dO*aenara  Cœur-hardi,  arrive  et  raconte 

1.  Od  voit  p«r  cette  reouiqiu  et  par  l«  ■Jlutlou  Iklle*  duu  la  wite  que  le  ttcil  de  U  pr»> 
fV  rviirontrr  d*  Ooiron  «vac  BItdc  a  lUipam  rtaa»  anc  laraor.  ignl  h  GrcMirait  pent-ftre  k 
âfint  (m  Mt  menUanB^  pont  U  iwvfliltre  fbU  le  learmi  iHieacilaii  Ip.  H8\. 
;  Plua  bMit  U  ot  dit  \me  Daaata  éuilAbaaat  ila  Maloaut  depol*  trots  tow;  de*  ecatndie- 

UOM  ûa  t»  Kvun,  aaaex  wnnbfmaM  «la»  laa  ona.  4«|  nnaans  ao  proae,  ladhiaent  plotAtuta 

IhW  4e  (hUfre  ^«'iiiie  dltcrgoDoe  i*  rMaetJra, 


—  454  — 


Lftoiornt  de 
Listenois. 


ifij'il  vieol  d'Atrc  blowé  par  un  fort  lion  chevalier,  (pii  n'es»  «1»?*  ^Mi 
Guiron.  Celui-ci.  avec  la  demoiselle,  est  hébergé  par  un  va\  i 

racoute  coramftnl  Galohout  tua  le  frère  du  rfii  de  Nurh<i 
AquiUm,  cl  ses  quatorze  liU;  pnur  eatendre  ce.  c/tni» 
(riiinin  eimsenl  À  »e  numnier.  Le  CIk  ijt>  rUôte  ,  ne  puii  .  i 

désir  dn  romhfiltrr»  le  chevalier,  va,  avec  l'on  couxin  Itmaxtn  .\;it, 
Drusam,  Ùruemin,  l/rusin\,  se  porter  devant  1  Ii6tel  ;  survient  Kiua(iy>, 
cherchant  Guiron.  Notre  héros,  ayant  dè^rconuc  lo  fils  de  »oa  hàie  et 
Druafiiin,  laisse  Kinado»,  sans  vouloir  af^réer  ses  compUmenlB.  et  trouve 
Uetimlas  inenaut  garrotté  soa  ami  Htiiain,  i{ui  vient  do  lo  tromper  avec 
une  dcniui»elle;  on  reiicuulre  un  chevaliiT  chaataQt,  acconipagnè  d'une 
demoiselle  qui  l'ahandoane  dès  qu'il  a  été  abattu  par  Heliados.  et  lui 
préfère  h»  ttéuéj.'hal  Keu,  qui  survient,  et  qui  e*l  désarçuunc  par  le 
chevalier  chanteur.  Uetiados,  qui  eâsait*  de  la  reconquérir,  est  rf*a- 
vorâé;  puis  la  demoiselle  exi^f  i[ue  îh>ii  amant  tourne  set»  armea  enutre 
Guiron,  avf^c  qui  elle  «e  prend  de  diitcussion ,  n'admettant  {laâ  les 
reproches  qu'il  lui  adresse  sur  sa  coiuluue.  l^uînnu  menac»?  de  la  don- 
ner au  prcmioT  nain  venu,  t*Bt  vainqueur  la  la  conirainl  d'aller  à  pied 
apK^s  lui  \  l'amant  In  suit,  également,  ti  pied.  Arrivv  un  vieux  nain  fort 
laid,  qui  vient  d't*'lrt!  privé  df  sa  naine  par  un  chevalier.  Guirun  ayant 
rendu  la  denioisello  ix^\à\\  lidùle  adi)raluur,  suit  le  naiu,  ohligu  K- 
seur,  Elnlan  (var.  Esylan],  de  céder  hi  uaiae  et  l'empêche  de  puut 
traiLrtfuse.  Il  acceptu  l'huspiuiUié  d'KIsilan,  dont  le  vieux  père,  Kltcêr 
(var.  Uelyacti'i  le  fort^  à  la  question  de  Guiron,  répond  qu'il  cunâidore 
comme  les  meilleure  clievaliurs  UtHrttjr  le  brun  et  ton  fils  Galeliout ,  lo 
compagnon  do  Uuinm.  qu'où  dit  mort,  u  Avec  ce  dernier,  pounutt  te 
vieillard,  je  me  hatii»  une  fuis  pour  at>âuri>r  le  trùne  au  tiU  cadet  du  feu 
roi  de  Norhomlierlande;  ji*  inVtai»  chargé  dt^vaoi  Ulerpendragon  dece 
coml»al,  croyant  que  j'u.llais  i^lre  mis  en  présenci^de  Lyan<irdf  ta  Mon- 
tagne, maib  j'eus  pour  adversairu  Guiron,  i|ui  n'était  pa$  oa  prisooj 
comme  je  l'avais  supposé,  et  qui  me  vainquit  en  mf*  mehaigitnnt  du  br 
droit.  I'  Elicar  uyanl  déclaré  Lamurat  dt*  ListeuoJ»  inférieur  à  Guiron' 
colui-ci  lui  dit  :  a  Par  vous  je  reçus  ma  première  blessure  :  jo  ne  por- 
tais It^s  amies  que  depuis  quinzt;  jours,  quand  vous  m'abuttlteë  dan»  un 
étang  devant  le  chilieau  du  Parc.  »  Elicar  recounaît  alors  le  célêhn' 
héros  et  lui  demande  di^s  délailssur  la  mort  de  Galehuui,  mai^  Gui/oo 
refuse,  en  pleurant,  d'en  pju-ler.  u  Vous  étiez  bien  jeuny  ,  reprend  Ii» 
vieux,  à  l'époque  où  vous  remportâtes  la  victoire  âur  moi.  U'i  i- 

donc  été  dopuis?  —  J'ai  pa^sé  pn^s  de  dix  ans  sur  les  coal> 
galles  et  du  Sorelois,  dans  une  prison  où  l'on  m'acconlair  de  u^mpn  eu 
temps uu  muisde  congé. — Aht  s'écrie  El«ilan.  c'était  lu  tour  du  géaivt 
(Luce,  ajoute  350).  Vous  y  étios  depuis  quatre  ans,  quand  arriva uno 
denidiselle  dn  Sorelois^  (plus  loin  :  du  Norgalles),  revenant  d'un  tournoi 
dont  le  prix  avait  été  gagné  par  son  amant  Lumnrnt  de  LiBl^nois ,  qui 
m'arma  clievalier.  La  maîtresse  de  la  tour,  celle  qui  vous  tint  en  prison, 
entendant  la  demoiselle  louer  Lamorat,  fit  votre  élogo,  et  les  ileux 
dames  décidèrent  d'arranger  un  combat  entre  vous  et  le  vainqueur  du 
Itinrnni.  Moi,  je  venais  de  vouf  apporter  a  manger,  et  j'assistais  ii  voire 
entretien  avec  la  châtelaine,  qui  vous  ordonna  de  voua  apprélw  à  la 
bataille  '  et  vous  promit  de  vous  rendre  la  liberté  dans  le  cas  où  vous 


1 .  Ici  UO  paMB,  aprte  ua  titaU*t  bUuc  {t*  18»),  à  ObIkB,  qti  M  IftlMe  âdonetr  DM  S«W  (v. 


—  *55  — 

iSwwwnën^^Hï  premier  coup  votrp  advi'rsairp.  Vous  y  r^nssîte*. 
LAinoral.  griivement  blessé,  reconoul  en  vous  relui  qu'il  arail  lung- 
tnmps  cborct^e.  Quant  â  la  dame  (!<■  la  loiir,  ollf*  irihurut  pour  l'uniour 
de  vous,  dont  plk»  avait  jusque-ià  ipnoré  1p  nom  '.  »  —  Guirun  et  sa  Guiroa  et  Sene. 
dr'inoiselle  se  remeltput  ffo  route  h*  Jendemaîu.  Surpris  sept  juurs  après 
par  uu  orage  nocturnp,  ils  trouvent  uu  beau  pavillon  apparu-nanl  à  uu 
chevalii^T  cruel  «^l  fetcn ,  qui  reutre  au  même  iu^tant  citez  lui,  puis 
revient  di'sarmé  à  la  porte  et  refuse  brulalemenl  d'h^berf^fr  les  deax 
voyagi'urs.  Iliî  vont  prendre  leur  logi:îdie7.uufurestier,el,  le  lendemain, 
renconlreni  le  frère  de  la  demoiselle,  Esntfra  [var.  Kmera)  de  la  floche^ 
qui  provoque  Guirun.  Celui-ci  le  reuver»tt  ei  b'eu  va  seul.  Il  att^nt  un 
tictau  ciiovalier  de  grande  »tature,  qui  porte  uu  i<cu  mi-piirli  d'argent  el 
de  vert,  et  qui,  marchant  comme  Guiron  vers  Maluaut,  propose  de  faire 
aie  ensemble  :  u  Certes ,  dût  Guiron,  Je  m'iacort.  »  Lors  sont  acompaigniés 
ibte  GuiroTu  li  courtois  ei  ii  ckevalicrs  a  l'escu  miparti.  H  n'oreni  mie 
*^ranmeni  rhccauchU  lorsqu'ils  n?ncontrctit  un  cheval ierqwi  en  fait  mener, 
pax  un  nain,  un  autre  marchant  à  pied,  les  mains  liées,  Guiron  reconnaît 
dans  le  prisonnier  celui  qui,  la  veilln,  si'tail  montre  si  peu  aimable  pour 
luidevaut  le  pavillon.  Le  mailn.'du  naju  racoutt-  qu'il  a\aiL  euvoyé  à  un 
château  vuisîu  une  demui^flle  atméo;  un  de  ses  parents,  qui  la  con- 
duisait, avait  été  attaqué  et  hle^âé  par  le  captif,  et  celui-ci,  H*étant 
emparé  de  la  belle,  l'avail  donnée  à  un  nain,  qui  devait  la  faire  allerà 
pind  '.  Le  coupalile  obtient,  eu  s'erigageanl  à  mener  une  vie  meilleure, 
ic  ^«oours  de  Guiron  et  est  délivré,  par  lui  ;  il  s'appelle  Serse  fvar.  5«r*J, 
est  du  lignage  d'Hector  le  bruu  et  a  été  norrù  chez  Brun  le  félon. 


635.  L«  conte  passe  à  Nfeliaiiu)-.  qui,  aprêfî  avoir  «ffy  peDiUalquiose 
joars.  reacontre  «ur  te  f^Tand  chemiu  de  la Forut  denmal/ù  [desvoyf  i(j\\, 
h  l'heure  de  nonne,  pri^  d'une  croix  où  se  trouve  un  U'au  pin,  uu  che- 
valier [Aluaion;  voy.  ci-aprés]  absorbé  d^ua  ses  pensées  *.  Il  rofiifie  de 


Meliadua  el 

AbsalAD. 


^ 


d-^yrfai),  ilotit  la  <1ifll«ràB*«,  etMBmé  <l«u   S&ï.  ilc.,  al   UaunMlaltaMI  nlvit  te  ctlU  da 

I    l/«  F'  u  iirt  a*  VêMnaMÊMemtat  à»  Ovina  nota  npptUa  b  nmàrv»  biw 

|>|B(  Inl»  >.  r  ofinbat  >1r  motn  Urm  pnrU  ftapae  Aofféuili  orptnÛMOt  )■  dnns. 

«pf«WT-OHi«U'»»Mi't  il*iffHifte,âm  U  UMr  M  wmM*  p«a  Hrt  tdtblfqiiB  ft  r*(MMlH  de  Locr.  — 
Lmrm»  a'rii>IKurnl  jua  U  pr«tCor«  ëltUlUa,  giil  |MniU  JoBfT  l«  rflte4a  («Qlltr. 

»  Il  #M:•^>rMl.l'  .«>.- 

a.  iri  npccDii 

tt  liai  »  «M  fn«-  - 
(«»  «l«ux  nwnii*' 
a,nt>ot\c^rm 


k    >  1,141  .lll» 


.In 


■ntc 
-■■  -ffPi, 
..le 

i'i.«Tj.  J1ÏÏ1    4'j^i.»i.<ii}TiiiiT  ai-,i  une  luU 

.•  "■  ictw  <!••  m  (^  WOa):  fa  e«st4  pmr' 
I  ii{-aui}t.ngnUi  au  ekenaii^r  qmk  amaU  te 
t.t   ârrit  M7-I,  iltutt  ro.'tt.vif  (i  Complet  a  JA  àrrtié  f«  (a  at-tumlél 
'  r  aMfr«4iil  «eJtNJ  ■  ta  mmintn  Ut  rriition  danf  Jr  <«««  al  pmrU.  tU  j 
\  V!»rUn\  de  honse  heore  le  l«a4unalD,  Uf  Itwliu  «bat  pfrairi  de  lenni* 
I  '■frt  gtm  tort  (toar  l'auoBr  d*  ttra  cuinyaynoo  ;  la  rai  «nni<w  m 
'  I  kcUKiBetit  dus  au  t  kticua  é«%  tam.  Ht  f«|>arlv  4«  cMl«  danul* 
■*  reiUc,  UelUdM  tTUt  Ironvé  l«  cberaller  «i  dunatêmt  f»m*»nt 
•  n  «rriKm,  ■!  oB  tlHcmd  Û9  cdwvml  poor  sttmdfv  le  nrrm  da 
n*  BwnUiBr  d'IWQlMe^,  doit  |mams  tv«r  la  dwoolaelle  éXmtt  da 
.  :>em-i«tia  y  dcouBdp  Mellftrfn*  k  mIhI-cI-  —  tltctor  du  eluuUl 
■itii  Uu  ff^md   béro*   ll«rtor  Ip    bran,   •  rvponil  U  ]trtin«    hnoirne,   'ini   rrptM 
>   d^Jk  dit   U  TvU)«    t  •  J'ai  U  prc«»«ntiiiMnl  lov  }c  dvti  oaciuriT  «ujuunriMll 
-.  J   écartr  toulM  CM  Iacoims  «s  r«mn«lraiunt ,  ft'apr<4  )e  Lutc  d«  SAA,  Ix  mm* 
Il  d*  nain  éfiaoAe.  U»\i»4ttM,  dit  l'^ifltfriin^,  i|iilkte  U  ehëvattri'  rf«    V«/«ta|i>f  ^ 
ff^Mt-4-dln  1*  <b,  liU)  dwBtt  feUu  à  XAlwat.  Ueljan  ;  et  p.  d»l  —  «I  tn»n.  au  mAr.  |k4i 


—  456  — 

jouter,  mais  consent  k  indiquer  la  cause  do  sa  préoccupaLiou  ;  v  T>^"- 
la  première  aonée  de  machcvatfrie,  dil-il.  je  me  &s  le  compagooi^ 
chevalier  d'Ecosse  [neveu  du  roi  d*Ecus*e|.  Nous  êlion»  frcros  <! 
depuis  dix  au^,  lorsque  naguère,  reveuant  en  Loçres  d'un  U)urii< 
eut  lieu  m  ta  marthe  de  Soretoù  et  de  KorhombreUmde  et  dao^  l>'iju-i 


Vertion  de 
35d,  etc. 


d'au  eroli  dq  fniwt  ctwinUi,  on  thtv»Utt  raKT*ll  dans  mb  rtrftic*.  Le  B«vni  Ai  ni 
il'KiiMi,  raconlv-t-J],  qui  tuH  Aejmh  loo^tempa  «m  fri;rc  d'^rmet,  !'•  prir<  de  u  t4e«<«tiBÉi. 
■lu'll  ciHiyflr»  d*  K<-<raqitMr  le  IcndemilB,  lot«|OC  ntmine  >  Jr  !i>  «ni*  Mrs  •.  dll-il.  te  Inîm 


I  w^  djR«  lae  «kl- 

N^ri'rlTH'   t^   dcnul* 

•  lia*  àf 


|i*»er>  Ar*e  trente  coni|«ftuma  -.   c<^nd*nt  nu  proa^ntir 

ocUe  ooouSaa.  MeUadtn- remmène,  eu  lui  |iroaiPtUot  non  ^ 

wn  d*  ntlIt^Mi,  «M  on  l«ji  réunit  fort  liim.  tu-.,  rommr  SU.  r 

•clic  dt  HetUdiu,  DE  reiorle  pu  des  treotif  chcrâlli^r^  de  I  a^: 

imWwittgT  «aiut  dAcllnuit  wn  mim  .-  ■  J«  me  aoinmr  llN-tnt  «n 

M*  pcrofM  dn   mime   :    ■   ICeli   d'nuoiTU  m'^fipcllrnt   jtbiitlon  , 

WMUTK  Toii»  rvoMlfacr  m  cMteaa  d'Vrentt.   ■].   U  ebcv^i,-, 

l^tnbtmr  k  rendrait  eà  lU  ne  tnceent,  arce  eette  é|Jlaph« 

le«r  cnoeinnUoD  errlTc  reaaemL  Le  r«cii  de  U  bat^uie  «ui^ji^in  ':-t  ,  -.■■  jw 

deiu  13B,  elc.ti'l  Mcllatiui  ne  s'éUD»  rustre  U  ca*Ucadr  4il'ji[ire»  U  mon  'J^ 

Ma  livnl  eoferrr  par  ani^ui  Its  r<fttri,  Undu  ')«  diu  IftS,  etc..  ou  le  -< 

AUuinrnl  eoiemblr.  ce  Jrrftler.  hyaaK  rcça  nu  ewap  eMoanUMant  t>*r  le  lu-'^-^  -'^  .  -  "  ^-~-i^, 

eu  «cb<ré  par  nn  uilrc  cttevalirr,  <)ui,    lurvcnint.  l<i|  tnuuptrce  le  r«Jl4  iwmtstrf    —  Ataat 

rtpptfrU  U  apeuré   de  Meti»!)».  àklt  et  lit  demltrr  iwrtie  dn  mn  UT.  147B,  pcaunt  k  dM 

aveitlara  dcOnlron  boIrc»  lll^  Irar  coftlettc,  cuatlEiueul  «isii  :  f  n *-.-.--   ■,■  ■-  -«^i 

fue  {)>i(l<  vue!  tiviron  •/  /'h  jiuri*:  'Jf(  r*«ra/lrf*  a   t'rtru  4 
(fenonre  tonfr  Uë  nutl  ett  le/e  ir»)*»'  *t  «m  l^rf  manirrr  r«ii«m'  It 
drrtfrr:  itfurajKrrem'inr,  <f  «.«  - 
<-*(^ivii.' 3fr7.  jiiiM.  t*ut*i  ^4rf- 

cArrA«rAlrr<'n.'   rnt''rvl^     tf 

ran  i'tHùtf  ; 

qill    If^    110  , 

qoer  sur  li"  ;f  | 

rtuMvIiiri  (MiiAiii.    , 

amourii    aurant    < 

*'aem'itpaigiiaf\'an  ■ 

un  Aernlkr  de  eoUioièce  u'ajahi  |hl(   > 

cdoelMte,  fc  aùnull,  ■rriTc  un   clicvalivi 

lOTMlemnlo,  «a  Ulnanl  U  cher.  ■  l'i^cu  d  »'  ^. 

reste  du  f-    110  est  UJsk  ea   bUnc:  nu  f< 


11'  jiruJK  ^iurnuyii  i* 

^iDri  tl'armu.  l^  l 

'  t,  et»TM^  laill  pAur  :  T', 

r  ilAtis  «on   ptvill'jD     (ciitUii:  qii  ■>*  r^ntl 
'iti  if\i  m\'p»Tli  ;  avec  Inl  Oalnoi  i««ri  U 
...   ,  ..    -.U  ■>!)  aller  d&aa  OU'- JTiirf  .ie-.-.  f..,t     l« 
>uiV4iit.  (jDl  porte  Je  eblffT'-  4 

de»tlD  :  Lorvjne  Oairuo  eut  «luHtv  le  chi-*'.  k  r«ini  'J'vgeut,  vie.,  absaluin.' 
Verard  et  I&5,  etf.,  poamilrcnt  aîimI  (n)n4s  les  moU  le  jour  Uerantl  ■   Lr  a 

de  UtklriHi  dit  ««ulr  Irouv^    u  veille  aa  ilél»;*!  rfwvaller  datu  lecgucl,  h  '  >  ^ 

reroiiiuJt  wltil  qui.  U  unit  'lsrDl<'rt>,  l'avait  ai  mal  rrçu  aq  pa>-iU'^o,  et  qui  ■ 

Um  W  d4  t'aifntl ;  à  la  priera  de  (îulrun.  Il  ra<Mtit«  c«  qtil  lui  éultann- 
><>utrr  arec  r<  nutivala  pertoanafe.  lœiwiae  Je  Mtnbol  timi  m'in  rlnrral.  vttti  vtiit  i 

()al  fut  Uninédiat«ineDt  abaaa^  dane  U  furvt  par  mnn  ailvcnalrc  Jr  If  inlii^  r-  t 

rcurerjwir  |iar  nti  i4tev»lïrt  dnnt  n  veualt  de  r^-lauiet  U  deraulaell'  i 

Invrlme.  pmfltant  do  mummi  m  le  vaitMiueur  atLichait  toa  ehv« 

daln  CD  selle  et  eut  la  Uoh«t<^  <le  le  renverser  et  dr  le  fouler  aux  [>i'  r 

fait  don  de  U  demululle  t  ai  djûd  qal  annrtnl,  k  coodlUon  i|iie  r<r1ui  i  l 

nptto  toi.  Le  Uesai^  m'olfrit  anD  eberal  poor  qnr  J<  pome  «lier  rrtraav*  t  r 

tardfti  pu  h  n'éfcarer  daiu  U  larit,  et  J'errai  Jnaqn'k  l'esilmit  f>a  Je  v<<  i> 

raenslo  h  son  tovr  mnoictit  II  av^lt  ^tii  traita  deraat  le  parltlnn.  N.< 
tnMietnt  peu  le  hlujié  looi  l.irbre  ou  11  était  rciti!;  peadAnt  (io*ili  y  v 
H'fiUHt  pat  r*nu  të  cS^raiifr  lui  apràM  decùit  MMlr.  cil  911I  portai- 
Tiilent  venir  qnatrecbcvalien  pannl  Icaqoela  le  compacnon  d«  Oolron  rct-^fniuut  i«  UnnMt  '_ 
ratiduil  un  hi>nine  11^  inoriJunt  k  ei>U  d'oa  najn  j  le  «inducteitr  ni>p«lk  lea  prlmlifil 
cliavaltrlc  m  Oalruo  pour  le  déloumer  de  reatr  en  aide  H  captU,  ijul  n'eet  -""^  ' 
m^rkant  Klfoenr  da  pavillon,  «1  qnl,  ayant  m  adoodr  Oolroa,  est  dA)k«T^  p': 
reprend  KO  (cf.  p.  4St),  et  k  partir  de  cet  codroU  il  x  *  aocoed  avec  XM,  etc., 
l'éplaude  de  la  mort  d'A^Alnn  tat  tnlerpoaé  entre  la  d-.'livTance  de  Serfc  r* 
nvM  niaoR,  k  «n  Ja(er  par  le  débat  do  U  Ulne  ou  eommen»^  le  rôcll  >le  U 
dut  :  Or  éist  Jl  tomptti  f  iM  «jirfa  ce  fwe  GtHren  te  fu  partit  du  cher,: 
i^létt  .,  it  cacDflfrti  Im  eiciitci't  et  (et  t^léi  yuf  veneleaf  devait  If  Mfff  »•> 
Gee)  K  retrouve  daoa  SM.  Wi.  etc..  aprto  le  païuge  otaOnlroo  quiu*  i^ersc,  1 
DomncTï  aanlaBwnt,  lea  moti  Or  tUii  ti  eompttt^u»  y  naaqoMil.  Conine  on  i 
lilnei  aenlt  quelqH  peu  déplacé  «b  t4l«  d'an  cfaapitn  pr^oéd4  lQi(iiMUteiQe'> 
l'aventttre  m«nia  1  laquelle  t9al  «lluiioD  Ict  owU  de  tratuttloD,  on  peat  «nlre  , 
toM.j  l'urdrc  dci  épliode*  •  M  Laiafmti.  —  tsiarU  déllrraaoade  MdUdna, eamn 
atdt,  looa  les  ibm.  du  Pmiamïât  offreni  la  uAne  rMaetloa  1  comme  >W  ta  «ampan- 
deralkre  moltld,  »7,  »4TR,  qal  eumprenneat,  n  desx  panlei  diatlocM»,  m  morr* 
•rani  daoa  cbacone  un  mfioïc  fond,  mais  préaenU  dans  U  première  aelun  le  tv' 
daai  laaaconde,  qui  a'nt  qu'un  fragioent  Je  la  oonpilation  de  ItutU'Jen  coetenant  1 4bUtix>U- 
tlm  du  Palamiat.  d'aprti  moi  d«  86»  (cf.  plod  baut).  Nous  (UalffMrDiiB  la  Miooode  partie  di 


—  457  — 

j'avais  vaincu ,  nous  fîmes  halte  près  d'une  fontaine  voisine.  Survint  Le  neveu  du  ro 
une  messagère  qui  me  cherchait  depuis  quelque  temps,  et  qui  s'en  alla  d'Ecosse, 
après  m'avoir  dit  sa  volenlé.  C'était  la  damoisele  a  une  damoisele  de  eest 
pays  (elle  était  damoiselle  d'une  damoiselle  de  son  pays  361);  j'adore  sa 
maîtresse  à  ce  point  que  je  sai  de  certain  que  je  mor rai  prochainement 
pour  s  amour.  Mon  camarade  me  fit  avouer  ma  passion  ;  sans  déliance 
je  promis  de  lui  moiitrer  celle  que  j'aime,  rt  je  l'amenai  chez  le  père 
de  la  dame,  dont  il  tomba  aussitôt  amoureux.  Le  lendemain,  il  prit 

3&7,  3i;S  par  les  chiffres  3&7>.  3178*. 

Noos  Tenaos  de  parler  cl-de«sa9  de  quelques  épisodes  dont  l'ordre  diffère  dans  les  deox  ver- 
sions repr^Hent^es  par  les  ileax  ramilles  de  nos  mss.  (338.  etc.,  contre  355,  etc.,  et  350).  Il  nous 
reste  à  examiner  les  ititres  ilivei^etices  plus  importantes  qui.  depuin  l'introduction  de  Serse, 
distiagnent  ces  versions  dans  les<iaelles  noas  constatons  de  singulières  disparates  à  cût^  de 
graves  lacunes.  La  famille  a  comprend  en  une  seule  après-midi  la  liataille  contre  le  neveu  do 
roi  d'Erosse  et  celle  qn'entreprend  ensuite  Qniron  pour  ili^livrcr  Meliadus  avec  tout  ce  qui  pro- 
cède la  mort  de  la  demoiselle;  il  éLiit  plus  naturel  et  plus  conforme  aux  mmbage*  du  rom.tn  en 
prose  d'acconler  )i  t-int  d'i-vènemenls  nne  Jonrnrâ  entit^rc,  comme  te  fait  l,i  famille  b.  au  reste, 
planteurs  fuis  par  la  suite,  a  ai*ta  ilit,  k  l*égal  de  h,  que  Lt  première  hiitiitle,  que  a  avitit  <rabord 
placA'*  après  l'heure  de  nonr,  s'est  livrée  au  matin,  ce  qui  n~e«t  gurre  qu'une  simple  incxactitade 
d'expression.  Une  contradiction  pins  frappante  se  pri-seiitc  rfans  b.  Meliadns  conduisant  une 
demoiselle,  qui  n'est  pli  s  menttonni^  depuis,  y  demande  le  nom  du  cbevalier,  qui  s'appelle 
Hector  ;  plus  bas,  le  roi  dit  avoir  oublii?  de  faire  cette  deraamle,  non  seulement  dans  a,  où  il  ne 
demande  ni  ne  ninnaît  le  nom,  mais  encore  dans  h,  al  la  reconstitution  de  ta  leçon  ori^rinaire  est 
juste  (vny.  la  note  suivante  ;  cet  oohli  est  d'autant  plus  surprenant  dans  4  que  les  deux  voya- 
geors  y  liassent  la  nuit  ensemhte,  et  qu'on  y  voit  figurer  le  nom  —  Esera  —  du  père  de  la 
demoiselle  aimée  d'Hectori  j  en  outre,  le  nom  du  jeune  homme,  là  où  tous  les  mss.  le  donnent, 
est  Absalon  (de  même  au  }  6A^\.  et  non  pas  Hector  (on  ne  saurait  accepter  l'interprétation  de 
Yerard,  qui,  seal,  aflUhle  le  chevalier  des  deux  noms}.  D.ins  la  conversation  prtWdente  avec 
Gnln>n,  a  fait  dire  k  Meliailus  qu'il  lui  membre  bifn  (cf.  la  note  sur  ces  mots}  dn  nom  du 
chfttean  d'Ygueme.  qui  n'a  l'-t^  donné  que  par  A.  H  sait  aussi  que  tes  amants  naquirent  et  furent 
élevés  ensemble,  sans  qu'aucun  lus.  iiît  indiqué  d'où  le  roi  tient  cette  infunnation;  l'inscription 
que,  comme  il  le  raconte  ensuite,  .\l>s.-ilon  t'a  prié  de  faire  mettre  sur  la  tombe,  pas  plus  que  la 
promesse  faite  par  le  traître  à  son  ami  et  rappelée  plus  loin  iiar  Qniron,  n'a  été  dt'Ji  mentionnée 
dans  a.  Enfin,  dans  b,  Oairon  est  mis  en  rapport  avec  un  rtipvaller  à  l'écu  d'argent  dont  la 
première  apparition  est  penlne  dans  une  lacune,  mal  comblrâ  par  Verard,  qni  omet  de  nous  dire 
pourquoi  l'inconnu  devait  renir  après,  de  même  qu'il  laisse  subsister  railu.sion  su  conte  —  non 
mentionné  auparavant  ^  du  loup  et  de  l'agneau;  le  personnage  en  question  est  visiblement 
Identique  an  porteur  d'éco  d'argent  qui  apparaît  plus  loin  aussi  dans  a,  où  il  est  iutroiluit,  tout 
brusquement,  comme  quelqu'un  dont  on  aurait  déj^  parlv.  Comment  expliquer  toutes  ces 
aingularités  ? 

Deux  hypothèse*  sont  possibles  :  1*  La  version  de  a  est  bonne  Jusiiu'à  la  lnis.se  qui  contient  la 
délivrance  de  Meliailns  ;  à  cet  enilmit  a  eu  lieu,  dans  a.  une  Juxtaposition  du  texte  que  nous 
retrouvons  <lans  b.  3'  La  wrsinn  fragmentaire  de  b  fournit  en  général  les  données  les  plus 
anciennes.  Le  p.is$age  oi'i  Meliiulus  demande  le  nom  du  chevalier  provient  d'une  Interpolation  ou 
indique  un  teite  croisé  avec  celui  qui,  dans  h  comme  ilans  a,  rommcnce  k  la  taisM  de  la  déli- 
vrance du  roi  ;  il  en  est  de  même  de  la  mention  de  la  demoiselle  de  Meliadus,  à  moins  que,  sim- 
plement, elle  n'ait  étt  ouh'.î.-o  dans  ta  suite.  Sous  le  nom  iVUertor  pourrait  d'aiileurs  <c  cacher 
quelque  erreur,  due  peut-ùtre  k  un  iMurdon,  Le  text^>  île  6,  avec  ou  sans  la  di-moiscllcct  le 
passage  précités,  remi>ntc  à  un  des  interm<Miaires  qui  sépare  les  deux  famllli>s  de  l'archétype; 
la  première  pjirtic  a  êtc  refondue  dans  a  en  vue  d'écarter  les  grosses  U'^unes  ;  la  seconde,  ou  bien 
»  été  conservée  telle  qUL-Ue  par  l'arrangeur,  ou  bien  a  été  restituée  postérieurement,  après  la 
perte  de  la  suite  primitive  de  la  rcilactlon  remaniée.  —  Sans  oser  trancht^r  un  problème  aussi 
délicat,  dont  aucune  solution  ne  serait  exempte  de  doute,  Je  ferai  observer  qu'k  plusieurs  endroits 
on  est  tenté  de  croire  que  le  texte  de  A  a  subi  des  modiQcations  dans  u.  .\iusi  le  récit  de  la  ren- 
contre de  Guir<>n  avec  le  rhevalier  à  l'écu  mi-parti  semble  avoir  t'té  fahriqné  après  coup;  de 
m£me.  l'histoire  de  la  perfidie  de  l'ami  d'.\lisalon  n'apporte  pas  de  détails  assez  caractéristiques 
pour  qo'on  s^ût  disposé  à  y  voir  ta  version  originaire  plutôt  qu'un  rifacimrnio  d'après  les  indi- 
cations de  b.  Ue  plus,  la  description  des  maléfices  de  Scrse  et  de  la  bataille  contre  le  traître  fait 
l'effet  d'avoir  été  nbrég<^  dans  a.  Nous  laissons  en  susiiens  la  question  île  savoir  si  la  dcmoisetle 
de  Meliadus  et  le  passage  d'Hector  accusent  une  suppression  dans  a  ou  une  interpidation  ou  un 
croisement  de  texte»  5<iit  dans  *,  soit  dans  l'un  des  înterméiliaires  perdus.  Pour  l'interpolation 
du  passage  parlerait  le  f.iît  que  le  jeune  chevalier,  après  avoir  été  deux  fois  nommé  Hector,  est 
toujours  désigné  dans  la  suite  par  l'appellatif  le  cheralii-r  ou  par  des  périphrases  telles  que  :  le 
cbevalicr  dont  Meliados  avait  fait  son  compagnon,  le  chcvalicrdont  Meliadus  avait  pris  le  parti. 
celui  ch ert> lie. r  pour  rut  ta  bataille  aroil  esté  encomm^'nclt.  et  J.imaivon  n'y  lit  :  le  eheralirr 
fMi  Hector  nloit  apeli't.  A  l'appui  d'un  croisement  de  textes  on  pourrait  alléguer  la  vraisem- 
blance qu'aurait,  tint  en  n'étant  pas  indispensable,  ia  demande  du  nom  dans  6,  oit.  du  reste, 
cette  deman  le  eut  été  f.iite  plus  naturellement  la  veille  qu'immédiatement  avant  la  bataille. 
Dans  a,  où  la  re»'ontre  des  deux  chevaliers  est  suivie  presque  aussiu'it  de  l'arrivée  de  l'ennemi,  le 
roi  a  pu  ne  pas  avoir  le  temps  d'inviter  son  compagnou  à  se  nommer,  si  l'on  est  en  droit  de  tirer 

L'dsETH.  —  Tristan.  Î9  bis 


—  458  — 


cuiifii'^  (le  moi  ?o«s  iirétoxie  do  roloiirnt^r  dans  son  pays;  puis  il  «» 
I)rt'spnta,  avec  cinqnant**  (co  chinVc  t^st  pordu  dans  361 ,  où  U'  (tassago 
a  él*'»  chanpô  iHistprieurcmcnt  i  ch(»valii'rschez  le  père  et  se  fit  acconler 
par  lui  la  main  de  la  jeune  fille,  qu'il  doit  épouser  en  Ecosse.  Et  m'a 
/iwi  /dit  la  damoixele  savoir  que  won  vmnpaîgnon  l'en  (Unt  mener  par  ci  et 
a  tel  compaignie  cotnme  je  vous  rfi  { cependant ,  ci-ai)rès,  le  traître  est 
acoonipapné  de  trente  chevaliers).  Je  les  attends  ici;  si  vtms  voulez  rester, 
vous  pourrez  voir  ce  que  je  vais  faire.  »  Meliadus  reste;  son  interlocu- 
teur lui  fait  pruiuettro  de  lui  faire  sépulture  à  l'endroit  même,  étant 
persuadé  qu'il  succombera  en  cette  jnurnée.  A  ce  moment  arrive  le 
neveu  du  n>i  d'Kcossc  avec  sa  suite;  dans  une  mêlée  sanglante,  le 
Mort  d'Absalon.  chevalier  est  lue  jtar  son  rival ,  et  Meliadus,  qui  avait  prêté  secours  à 
l'infortuné  jeune  lumime,  tonil)e  à  la  fin  entre  les  mains  des  ennemis, 
(]ui  l'emmëne'nt  sur  un  rmissin.  Leciuite  passe  à  (iuiron  et  à  son  com- 
jiapnon.  Ayant  (jnilté  .Serse,  ils  rencdutreul  Meliadus  mené prisonuier. 
(Iuiron  foret!  le  rhevalier  à  reçu  uii-parti  de  l'aider,  et  délivre  le  roi 
ajirès  avoir  vaincu  les  gens  du  neveu  du  roi  d'Kcosse,  qui  s'enfuit  en 
abandonnant  sa  liancée.  Meliadus  déride  (iuiron  à  quitter  l'écu  de 
Coriuiuaille,  qu'il  portait  toujours,  et  ipie  le  roi  met  a  son  col  pour 
honorer  son  sauvt.'ur.  On  se  rend  à  l'endroit  où  Alisalon  avait  expiré; 
la  jeune  lille  se  jette  sur  le  cadavre  en  se  lamentant  (  «  nous  fûmes 
nourris  ensemble  -a ,  s'écrie-t-elle:  e'cst  là  le  seul  détail  donné  jusqu'ici 
sur  le  passé'  des  amants)  ;  elle  embrasse  son  ami  mort,  couvre  de  baisers 
l'épée  qu'ell''  lui  avait  donnée  lorsiiu'il  se  lit  chevalier,  et  meurt  de 
douli'ur  après  ipie  Meliatlus  lui  a  promis  de  l'enterrer  â  côté  de  son 
bien-aimé,  (pli.  lui  aussi,  avait  prié  le  roi,  comme  celui-ci  Ta  raconté, 
de  le  l'aire  inhumer  en  mi  le  chemin^  i-t  de  faire  mettre  une  iuscriptioD 
sur  la  tombe.  Guiron ,  à  son  tour,  rect)nuuandc  au  roi  de  tenir  sa  prrn 
niessc  eu  faisant  construire  un  magniiiquo  foinhtîau  avec  les  noms  des 
amants  et  une  épitaphe  expliquant  roninieul  ils  sont  morts.  Meliadus 
s'y  dériare  iirèt.  A  la  question  de  (îuiron  s'il  connaît  h'  noni  du  clie- 
valier,  il  répond  ipi'il  a  oublié  de  le  demander;  il  dit  ignorer  aussi  celui 
de  bi  demoiselle  ',  et  cimscille  à  (Iuiron  d'aller  s'informer  au  château 


Délivrance  de 
Moiiadus  par 
Guiron, 


Mort  de  Tesala. 


ctf  s«ii9  lies  muts  il  ne  iiti-  xoiirinf  tir  son  non  dcmiiittirr  (i-f.  l.i  note  Eiiivaiito)  ;  t.i  phrAA*  iiinM 
iiitert)r(-t/-e  irnit  hliu  iivl-i-  1»  vorsion  i1iiiiiH*r  i>ar  a  du  i'»niin<-Ticcin(<nt  dp  Ti-iiisoile  il'A1<uIi)n,ft 
fiiurnirnit  une  muivellr  pn-iive  jiour  k*  iTolîtcnicul  <U'  li-xtw  rlans  b,  h,  iiiiilii^  mip,  dan"*  pettc 
dernier»^  fuiiiiUc,  li-  n^cil  île  la  n-nduitre  des  iloiix  mniimpiiin!*  n'ait  «Ui-  drlayv,  ce  «jui  non* 
{larait  iiniir(>li.ihU-.  l'n  luiirc  puintost  tn>|>  insigiiiH.int  iHXir  ((ii'oii  on  piifs-u:  i-oiirtiirv  »  un  croi- 
wimont  T  ni^ii*  vinilmiH  i»;irli'r  de  l'i'xcliiinntlim  du  traitrc,  <|iii  sp  ri'iiriTln'  rt'avdir  tiii?  lul-mt-me 
»>ii  rival,  Iik'ii  nue,  dan<i  h,  îl  l'ait  NirniiIotiR'iil  e<loni'-;  ri-la  iK>>lt  Otrc  une  pxa>n'ratit)n  dictir 
par  lii  di'iiU^iir  du  cniipaMt.',  —  Vnilii  les  ci'n«i-li'riiîi"in  iMiitradii-Uiiri-s  stitr?--ri=«s  \ta.r  la  com- 
pU'XitO  de  lins  texte-*.  Kii  faveur  do  raiit<.'Tii>riti=  ).'  •in'r.iU'  de  la  ver^i.in  t\f  b  tèinni|;iipnii.  nt  le* 
indietM  n'k'vên  i-i-di>ssns,  itm-îquc  la  v.itenr  di''iii'>nstr:iti\e  n'en  siifl!>e  pas  «  i^tililir  (ruiii.>  fj^n 
irrô'iiMlde  la  preniiiTC  tbé«e  de  l,i  ^ec.iiide  dei  hvp..tliêiiï  pmjHWi'es  plus  haut  ;  mais  la  .«Upitifth 
timi  il'après  litipielk  1<>  XvWc  de  b  »  éti-  reui.tui<>  d>'J.i  par  i'arnin^"iir  de  a .  <|nl,  dan*  rc  c.iji. 
,inrait  prnréilfpne-ire  plus  violemment  nue  Verard,  i"«l .  même  n  juiori,  trc*  nduiissiMc.  Quant 
niix  deux  altiTimlîve»  ijui  ennstitnent  la  tin'"":  tlnali-,  la  iiremière  semlile  In  pliix  prolialilc  Ou 
Mil  nue  la  iiluiiart  dei  remanieurs  du  m"ycii  àt:e  tr.ivaill:ii<-nt  un  iH>n  a  la  iti.ilitc  i  l'arran^nir 
de  (/,  t.nit  eumineli'  red.ii-tcnr  du  I  erar diXtiwt  tiêcle.  anr.iit  fort  dien  pu  se  i-<>ntcnt«r  ilccvtin- 
bk'r  k'«  lacunes  <i<>>  eh»i|u.tii'nt  te  \<h»  'làn^  le  dét>ut  du  tc.vte  de  h,  sang  s*aiK>rivv<iir  i)ii'll 
laisajiit  (iiiejfpies  iietitcn  triirts  île  rehnite,  nu  ^an*  ae  d<niner  la  jwine  île  li*>  faire  di^|Mraitrr. 
1  Ain>i  H-\i*,  :r>T,  lIlïK,  3iil,  Dans  3&I),  Meliadu»  ré|)>>u<l  <|U'iI  ne  sl^  souvient  pan  du  nom  da 
chevalier.  IJhuh  liUh,  Verard,  Ouirnn  ne  demande  (las  le  iiotu  [lu  ehcviilier.  mai!i  relui  de  ta 
demoiselle,  et  Mi-liadns  rê|H>n<l  qu'il  ne  s'en  souvient  pas;  r|c  même  3.'i7'-,  ai7S2.  mai?  .Meliadus 
y  réjMinil  '[u'il  ne  seNt  |ins  souvenu  de  demander  le  noui.  (i^f.,  iHUir  des  diverBences  nnalo^fn 
dans  le  frixtun,  p.  Tiil-li  —  Comme  :(.')(»  est  esscniielkment  de  I;i  famille  '■,  il  ressortirait  île  la 
riimikiraÎNon  critîqne  de  ecs  varlautea  nue  la  le^on  de  n  j'est  tronvt'e  h  l'oriirlne  aussi  d.ms  6,  et 
que  lut  scriliGs  des  mss.  de  eetU<  dernière  famille  ont  ehnniré  de  diverses  manières  im>ut  mettre 
d'aecord  le  présent  lutasnge  et  celui  où  Meliadus  deiuandi-  le  iio:»  (cf.  la  note  prdcédeDte).  Ce 


—  459  — 

où  It^s  amitnifi  furent  ambediti  nez  et  élevés  onscmhlf  ;  «  ilu  nom  de  ce 
château,  ajuutc-t-il ,  me  membre  il  bien  ';  (Ui  l'ajipollo  le  château 
U'Ypuerne,  |iarce  qu'il  a  été  tumlé  jiar  cette  reine.  »  Guirun,  qui  tlil  y 
avuir  été  ancitne  fois,  et  le  chevaher  à  Técu  ini-parti  s'y  reiuiem  et  y 
paissent  la  nuit  apivs  avoir  appris  les  nonisdes  amants,  Abxalon.  Tesala  -; 
vn  leur  honneur  Guinm  Ul  piii^  le  Lai  îles  ih-ux  amants.  Le  len'leniain, 
s'élant  séparé  de  Sun  compajintMi,  qui  va  à  Maloaut.  il  fait  ta  n-noonire  .  ^^  i-  - 
de  deux  chevalii.Ts  ;  dans  l'un  d'i'ux.  qui  [mrtf  un  éni  d'arfrent.  il  'p ^cu  d'a^ricnt  * 
rei.'(inuaii  celui  dr  vui  il  avoit  abatu  iori/m-H  par  un  seul  cop  de  lance, 
ainsi  eoinme  li  compte  aja  devise-  ra  en  arriéres  tout  apertcmenl'^  .  L'autre 
est  le  neveu  du  rui  tl'Kcusse,  qui  se  di'snle  df  Cf  t|ui  vienl  de  lui  arriver  : 
H  De  ma  main,  dit-il,  j'ai  tué  celui  du  mondf  ipn'  j'aimais  le  pins,  et 
je  viens  de  jierdre  ma  mouilUer.  —  Vous  en  avez  hien  mal  ust-  avec 
votre  frère  d'armes,  répond  Guinm;  vous  lui  promilcs  tpie  vous  tra- 
vailleriez, de  tout  coslre  powiir,  que  il  avroit  la  danmiicte  i/ue  il  auvnt  de 
tout  son  cuer,  et  néanmoins  vous  vuus  èti.'s  arraiifié  de  i'ai'.i»  à  la  fiarder 
pour  VMUS-ménie.  Après  uni'  telle  trahison,  vuus  n'avez  plu-^  le  droit  de 
vivre.  »  Le  chevalier  â  l'écu  d'arpent  fait  idiserver  i[w*  Dauaiu  s'est 
montré  mm  mnins  perlicle.  lui  qui  vient  d'enlever  â  :nn\  ami  la  belle  Danain  a  enlevé 
Bloie.  comme  le  rapporti'ur  l'avait  appris  jiar  la  jeune  lille  elle-même,  Bloie. 

qu'il  trouva  seule  dans  une  l'on-t  où  il  fut  désarrmmé  par  Oanain  qu'elle 
attendait,  et  qui  s'en  alla  ensuite  avec  elle  ver.^  SoreViis .  Le  chevalier  à 
l'écu  d'arjrent  cherche  vainement  â  avoir  sur  nu  chevalier  à  l'écu  de 
Cornouaille.  qui  lui  a  fait  une  jïrande  honte,  des  renseiiinemenis  par 
fiuiron,  qui  continue  à  n'-primandcr  le  neveu  du  roi  d'Eco  sse  :  celui-ci 
Se  fàchf  à  la  lin  et  est  renverst'.  Guirou  part  seul  et,  après  être  resté 
pondant  ileux  jours  dans  une  maison  de  relifrion.  pour  donner  un  repos 
indispensahle  à  son  cheval  liarassé.  se  liàte  de  marcher  vers  le  Sorelois. 

636.  II  délivre  Serse  '.  conduit  prisonnier  par  un  (chevalier  qu'il  avait 
essayé  d'empêcher  de  malmener  une  demoiselle;  le  chevalier  explique 
ses  griefs  onlre  ceiti'  di-rnière  :  >t  C'est,  dit-il.  une  traitres.se,  ([ui.  par 
sa  ruse,  mi'  lit  Iuit  un  de  nn\s  amis,  parent  du  rtii  Jian;  puis,  n'ayant 
pas  réussi  â  st'dnire  mi.>n  cunipau'non.  tiuivret  le  petit,  elle  nous  accusa 
faussement  il'nn  meurtre,  et  mms  fûmes  m<'nt's  à  la  mort,  lorsqu'un 
chevalier  portaut  un  écu  d'argent  à  jtoutles  d'or  Lac?  ef.  p.   i  i  I    nous 

nrscItatMt  <\nClrini>,  en  re  g>it  concerne  3^%,  V<T.ir'l  et  ;l.tO,  pirilos  r.iisoiii  il'uii  (>rilre  'litTùreiit  : 
Il  lierait  furt  iH*n  ]iriili.it<k>  .iik-  Mclialu*  fùi  nuhlîi'-  les  iioiii*  il"  t.i  ilfEiinUflU-  <iu  -l'i  liôri>9  ile  la 
tniKi'jiie  lMt.-iilli>  :i  l:i(|iiellir  le  r>>i  IiU-mr'ine  a\\<it  i>rH  pirt,  et  lo<  ciit-il  niihlii>a,  il  n':iur;iit  )>.is 
mamiui:  'l'vxiili'iiivr  .e  lapnif  mvmnrur,  t>'Ut  ii  fnit  iiiïolJtti  dans  le  roman  en  imiso,  'Imit  »D  ne 
reçiiiin.-iit  jw*  \v  '•t>  le  i>r.ilix*-  il;iiis  l;t  rviwniso  si-clie  jiri'ti'-o  an  ri>i  i>,ir  Irs  tloiii:  m«.  et  rimprimi'. 
fiour  S»7-,air(*-,  la  rhtsi'  e^t  iri>in*  cl.iire,  car  on  miirnit  ;iUi'-ment  i|iie  Melimlus  ail  i'"  "ublier 
df  demaniler  le  n<'m  <!•  la  <lemnisclle.  i:t.-peiidaiit  il  inm^  parait  pla^  sûr  «l'ailopter  la  l>*çf>ii 
obtenue  p.-»r  l'i-xaiuen  •-riti'i'ic  ilf«  variaiites  et  J'ailnu-ttre  ijne  !»•*  mtiIkvs  <\c  h  "iit  ultcre  le 
paxsnp.'  qui  noiH  ncciii-e;  on  »'l'■^lnne.  il  i-st  vrai,  iiii'aui'iin  il'eui  n'ait  tenté  Jeseamoter  la 
■tinifultt.-  o.iu^'O  pir  les  <lent  miins  «ous  lc*i)neh  fliriire  Ir  elievalier, 

1,  Ces  paroles  ne  ^<'>nt  >pie  <l.mo  -U^,  ^lj7,.tlTx,  ;i<n  .  Cf.  rav.int-'li'miére  mitc;  .i  m<>in<i  île  s)i|i- 
pofier nn  rroisemi'nt  d ;  toxttM  .m  dtf  nouvll.î^  laciiiief.  il  f.i'it  criire  «l'io  Mi'liailni  a l'té  reiisdcné 
par  AhfaloM, 

2.  Var.  .Ibcalo.ï  (:;:.:.  .  .I^alon.—  rnall't  (:i:."i),  ,/y.i/'F  (n.>:-'.  f.iut- .  nezalu  (33'*,  3;.7.  ai7-<. 
faute).  4'*â't{n,  f'Znln. 

8.  Cr.  p.  1J7  —  !..■  «Iii-valier  à  l'écn  irarseiil  dit  in'il  ;>  vu  it^fonfiii'  par  vinpt  adviTsain-a 
le  boD  rticvaller  Sun»  pi-ur,  ijue  t-eanomp  tiennent  i4>nr  le  nioillvnr  du  inundo,  niai>  i|Ue  iiiilron 
déei.ire  nvtre  p>iiiit  (mr*  liirne.  ilcla  semble  pnttiver  une  riiie>innu  n'est  ii.i«  le  r-ti  di;str.in;ritrre. 
qu'onefuis  <p.    W-*    nous  av.ini  vu  porter  u:i   écu  d'»r|^-nt. 

4.  C-  qui  vix:  ne  retniuve  dini  un  m>rci;au  on  ikilica  du  inj.  liOy't  du  Tristan  ;  v,  p.  47  et 
JMitiom.  C'est  le  teste  de  3iO. 


—  460  — 

délivra.  L'ayant  rotrouvde  en  compagnie  d'un  chevalier,  je  la  reconquis 
et  l'emmenai  lice  vers  la  cour  d'Arthur  pour  la  soumettre  au  jugement 
de  ce  prince.  i>  Guirnn  la  laisse  s'en  aller,  en  lui  souhaitant  de  tomber 
entre  les  mains  de  Brehus  ;  il  s'en  va  après  avoir  dit  son  nom  à  Serse. 
La  demoiselle  est  trouvée  par  Brehus,  dont  —  chose  inouie  —  elle  sait 
éveiller  la  pitié;  il  se  hat  pour  elle  avec  un  chevalier,  qui,  désarçonné, 
est  vivement  étonné  de  se  voir  épargner  par  un  adversaire  d'ordinaire 
je  grand-père ,  s^'  cruel .  La  méchante  demoiselle  fait  tomber  Brehus  dans  une  caverne  ', 
le  père  et  le      où  il  trouve  les  corps  du  célèbre  Febus,  de  sa  dame  et  de  ses  (fuatre  fils 
lansîa^^Mterne"  ^""<''''   *'^«'^^*  i"""'^^-  ^«'a*.  Motus),  Âltan  (var.  Aican),  5yraoc  (var. 
-   Febus.      '  ^"(*oc).  Apparaît  le  cinquième  fils  doFebus,  un  très  vieil  homme,  vêtu 
d'wne  mauvese  cote  blanche  usée  et  déchirée.  Ses  cheveux  lui  arrivent 
jusqu'à  la  ceinture,  et  sa  barbe  lui  touche  les  genoux;   il  est  plus 
robuste  et,  quoi(|ue  fort  courbé,  plus  haut  que  Brehus,  qu'il  n'aperçoit 
pas  d'abord,  ayant  la  vue  faible,  et  dont  l'apparition  en  ce  lieu  souter- 
rain lui  fait  jieur  au  premier  moment.  11  y  a  plus  de  cent  ans  qu'il 
s'est  retiré  de  la  vie  mondaine,  dit-il  au  nouvel  arrivé.  Celui-ci  ayant 
cité  comme  le  plus  grand  héros  du  siècle  un  chevalier  qui  a  été  en  pri- 
son pendant  dix  ans,  le  vieillard  demande  si  ce  glorieux  n'a  pas  une 
plaiepetite  en  mi  le  front,  et,  sur  une  réponse  affirmative,  déclare  que 
c'est  Guiron  le  courtois  :  «  Je  l'ai  vu,  ajoute-t-il,  lorsqu'à  l'âge  de  cinq 
ans  il  fut  amené  ceenz.  »  A  la  prière  de  Brehus,  il  lui  révèle  le  lignage 
de  Guiron  :   «  Son  bisaïeul  fut  Febus,  moi  je  suis  son  aïeul  *;  son 
père,  mon  fils,  régnait  sur  la  Gaule,  qu'il  céda,  pour  venir  me  tenir 
compagnie  ici,  à  un  sien  neveu  ;  le  nouveau  roi  étant  décédé  sans  héri- 
tier, Pharamont  ^,  le  (ils  d'wn  noilre  icr/"  affranchi,  s'empara  du  pou- 
voir. Guiron  ignore  tout  cela  et  croit  mort  son  père,  qu'il  n'a  jamais 
connu;  sa  mère  est  de  la  parenté  d'Helain  le  gros,  le  neveu  de  Joseph 
d'Arimathie.  »  Puis  l'anachorète  raconte  comment  Febus,  l'homme  le 
plus  fort  de  son  temps,  descendant  de  Glovis  et  lils  du  roi  Crudens  *  de 
Gaule,  laissa  le  trône  a  son  frère  cadet,  afin  d'aller  entendre  a  chevalerie 
dans  des  contrées  lointaines,  et  accomplit  plusieurs  hauts  faits  d'armes 
pour  l'amour  do  la  fille  du  roi  de  Xorhomberlande.  Les  païens  de  ce 
pays  célébraient  en  l'honneur  de  Vénus  une  fête  où  Febus  se  distingua 
fort;  il  s'y  était  rendu  avec  un  païen,  Uarsa[a]n  (var.  Arsaham] ,  (ju'il 
rencontra,  et,  chemin  faisant,  il  avait  tué  un  géant  '',  La  princesse,  qui 
voulait  d'abord  perdre  Febus  pour  venger  un  oncle  qu'il  avait  tué,  l'en- 
voya en  Orcanie  combattre  les  géants  habitant  à  cette  époque  la  caverne, 
où,  ayant  vaincu,  il  tomba  malade  du  chagrin  que  lui  causa  l'altsence 
prolongée  de  la  demoiselle,  qui  avait  promis  de  venir  le  rejoindre;  il 
expira  dans  les  bras  de  sa  bien-aimée,  ([ui  resta  toute  sa  vie  auprès  du 
mort.  Les  fils  de  Febus  se  rendirt^nt  à  la  caverne,  où  les  quatre  se 
fixèrent  et  où,  à  la  nouvelle  de  leur  mort,  lo  grand-père  de  Guiron 
retourna,  après  un  séjour  de  vingt  ans  ou  monde;  les  chevaliers  de  sa 
famille  venus  pour  vivre  avec  lui  étaient  tous  décédés,  sauf  son  fils  et 
un  cousin  de  Guiron,  ancien  roi  de  Gaunes  et  de  la  lignée  des  rois 

1.  Fin  de  391,  snqael  fait  snite  302. 

3.  Il  n'est  pas  nâmn)4  -,  t  les  deux  Guïrons  »  est  une  errcnr  de  Dnnlop,  qui  a  inftl  «nmpris  1« 
mots  It  grand  père  Guiron.  —  Cf.  la  généalogie  dounée  (Uns  'Ah8  ;  §  630  a. 

a.  388.3.^7.  317B  portent  1»  faut*  i^ncmon.  —  (12&99  :  F^rramon). 

4.  338,  357,  847Bi  8&0  :  Heuderi{t)  ;  1350'J  :  Heud'. 

b.  AQ  milieu  de  ce  récit  finit  le  ftvgnieat  de  12S99  :  cf.  ci-dessus. 


—  461  — 

Bohort  et  Ban.  Ces  deux  vieillards  apparaissent  ;  ils  sont  aussi  mal 
vêtus  que  leur  parent.  Le  londomain,  un  vieux  prêtre  ayant  chanté 
la  messe,  le  père  de  Guiron  prouve  t\\ie,  malgré  son  âge  et  l'insuffisance 
des  aliments  dont  se  nourrissent  nos  trois  anachorètes  ;cf.  Dunlop- 
AVilson,  I,  234;,  il  possède  encore  une  force  extraordinaire  :  il  soulève 
d'une  seule  main  l'énorme  massue  dont  jadis  Mcnabin  *  euida  le  tuer. 
Brehus  part,  après  que  le  prand-père  lui  a  défendu  de  rapporter  k  nul 
autre  qu'à  Guiron  ce  qu'il  a  vu  et  entendu  dans  la  caverne  ^. 

637.  Guiron  fait  route  avec  Abilan  d'Eslrangot  ^,  qui  a  été  désar-  Guiron  etFebua, 
eonné  par  Dauain;  ayant  rencontré  Saprenior,  qui  leur  parle  dos  "Is  de  Galenout. 
fâcheuses  coutumes  du  Passage  périlleux,  ils  y  vont.  Abilan  est  vaincu; 
Guiron  triomphe  des  vingt  chevaliers  du  château,  mais  ne  parvient  pas 
à  vaincre  le  jeune  seigneur  qui  lui  permet  de  recommencer  le  lende- 
main et  dont  il  accepte  l'hospitalité.  Il  se  fait  raconter  jiar  un  cheva- 
lier l'histoire  du  passage,  nommé  autrefois  le  passage  de  la  Mareschierc. 
Un  ancien  seigneur  du  château,  Dyodenas  (var.  Diocenar^  Drochenar  , 
vaincu,  dans  un  tournoi  qu'il  avait  fait  proclamer,  jiar  Galehout  le 
brun,  qui  aimait  la  belle  châtelaine .  trouva  un  jour  le  vainqueur  griè- 
vement blessé  et  le  ht  transporter  dans  le  château,  où,  guéri,  il  resta 
longtemps  sans  rien  faire,  ne  jM-nsant  qu'à  son  amour,  jusqu'à  ce  que, 
poussé  par  les  railleries  de  s()n  entourage,  il  reprit  les  armes  et  rem- 
porta le  prix  dans  un  nouveau  tournoi.  Le  seigneur  courut  des  soup- 
çons, le  jeta  en  prison,  enferma  ensuite  sa  femme,  qui  avait  délivré  le 
captif  sans  consentir  à  se  laisser  enlever  par  lui,  et  fut  défié  et  vaincu, 
avec  ses  vingt  var.  trente)  chevaliers,  par  Galehout ,  qui  emmena  la 
châtelaine.  Dyodenas  mourut  de  chagrin.  Peu  après,  l'amant,  craignant 
un  rival,  revint  avec  la  dame  au  château,  dont  il  établit  la  coutume, 
ainsi  que  le  nom  du  Passage  périlleux  :  cette  coutume  ne  doit  pas  cesser 
avant  d'avoir  été  accomplie  pour  la  quatrième  fuis.  Le  rival,  Elyser  (var. 
Helifer]  se  retira  sans  coup  férir,  ayant  entendu  le  nom  de  son  adver- 
saire; ce  dernier  eut  de  la  dame  un  tils,  qui  est  le  seigneur  actuel, 
appelé  Fehiis,  en  mémoire,  à  ce  que  présume  Guiron,  du  célèbre  cheva- 
lier ancien  qui  porta  le  même  nom  (cf.  §  636'.  —  Le  jour  suivant, 
Guiron  vient  encore  à  bout  des  vingt,  refuse  de  combattre  le  lils  de  son 
compagnon  de  jadis,  se  fait  connaître  à  Febus,  et  lui  raconte,  sur  sa 
prière,  un  épisode  se  rattachant  à  une  épée  ([ni  est  suspendue  au  milieu 
de  la  chambre,  et  que  Galehout  avait  portée  après  son  père  Hector  le 
brun,  a  J'étais  clievalier  depuis  deux  ans,  dit-il,  lorsque,  dans  un 
tournoi  ayant  lieu  devant  le  château  d'une  dame  que  nous  aimions 
tous  les  deux,  votre  père  et  moi,  Galehout,  plongé  dans  la  contempla- 
tion de  la  belle,  se  laissa  prendre,  sans  y  faire  attention,  par  des  valets 
sa  lance,  son  écu  et  la  fameuse  épée  que  voilà.  Nous  nous  en  allâmes 
ensemble,  après  que  j'eus  gagné  le  prix  ûe^  armes.  Plus  tard,  dans  une 
cour  tenue  par  le  roi  (l'Ecosse,  nous  reconnûmes  l'épée,  que  le  souverain 
faisait  porter  devant  lui.  Galehout  la  ceignit  résolument  et  la  défendit 


I.  Mfnarin  ii'»-2,  Monahyn  9&0.  338.  367,  31'B  :  .Monabind»  (faute'. 
S.  Dans  Si>3  ;cf.  g  <>3»  a).  Brehus  trovTt  plas  tard  ûuiron  n  lai  révèle  tout. 
>.  Ainsi  338,    3à7,  3I7S,  J50.  A^itan  d'Estrangort  362;  JbUan  EttraHgor  Sbb.   Veranl, 
S57*,  3478Ï. 


—  462  — 

avec  succès  contre  quarante  hommes  ^  »  —  Guiron  quitte  1<^  passage, 
où  l'on  ajoute,  sur  impeiTon^  sou  nom  à  ceux  de  Galehout  et  de  Danain, 

Guiron  recon-    vainqueurs  antérieurs  -.  A  unp  fontaine,  il  trouve  Danain  avec  Bloie 
"  ■     (cf.  DunIo])-AVils()n  ,  I,  '237).  Il  triomphe,  après  un  long  combat,  de 

l'infidèle  ami,  l'épiu-gne,  et  le  délivre  ensuite  d'entre  les  mains  d'un 
(îéaut,  qu'il  force  de  relâcher  aussi  un  autre  chevalier  (dont  le  mim 
n'est  pas  donne  ça  après,  malgré  la  jiromesse  du  rédacteur).  Guiron 
quitte  Danain,  on  refusant  sou  compagnonnage,  et  part  avec  Bloie. 
Cette  belle  demuiselle  lui  i\ouun,  celui  an  proprement^  nu  fils  qui  devint 
brillant  chevalier  et  excelleiu  musicien,  mais  dont  la  fdonnie  nuisit 
beaucouj»  à  sa  gloire;  il  fut  appelé  Galinan  et  surnommé  \c  noir  ',  à  la 
dillV'rence  de  son  père,  qui  était  blond. 

Aventures  du  j  (,  eunte  passe  au  bon  chevalier  sans  peur  (le  roi  d'Estrangorre',  qui 
sans  peur  dans  c/ifyai(c/ia  tant  yw'i'/ arrive  aux  iJestrois  de  Sorelois:  il  s'y  eufimce  avec 
le  vai  de  son  écnyer,  malgré  une  inscription  (|ui  avertit  le  iia.<sant  que  celui  qui 
Servage.  entre  dans  lo  Pas  sans  retour  n'en  jiourra  point  sortir  avant  l'arrivée  du 
bon  chevalier  gui  doit  mourir  par  amour.  Les  deux  voyageurs  passent 
devant  une  tour,  gagnent  le  sommet  d'un  rocher  au  pied  duquel 
s'étend  une  lielle  jdaine  close  de  montagnes,  descendent  dans  la  vallée, 
passent  devant  une  autre  tour  et  appreunent  par  deux  chevalière  de 
Norgalles,  rencontrés  j)rès  d'une  funtaine.  ([ue  le  S(?igncur  du  pays  est 
le  puissant  géant  Nabo»  le  noir.  Le  roi  demande  des  nouvelles  du  bon 
chevalier  de  iS'orgalIfs,  qu'il  a  l'inlcntion  de  délivrer  *;  on  l'adresse 
au  chàteaii  de  Lothan  ^.  Le  lendemain,  il  rencontre  des  ])ècheurs, 
parmi  lescpiels  il  reconnaît  un  chevalier,  Alain,  parent  de  Meliadns,  et 
airive  à  Lothan,  on,  sans  le  connaître,  il  combat  avec  succès  ctmtre  le 
bon  chevalier  de  Norgalles,  ai>pelé  Ludynas,  nw  Nabon  avait  forcé  de 
se  battre  à  outrance  avec  tous  ceux  qui  viendraient  pour  le  délivrer. 
Ajiprenant  h;  nom  de  son  adversaire,  le  roi  lui  demandtf  pardon  de 
l'avoir  combattu.  «  Selon  la  volonté  du  géant,  dit  Ludynas,  il  faut  que 
l'un  de  nous  coni»e  la  tète  à  l'autre  ;  sachez  tpie,  dans  ce  Val  de  servage, 
il  y  a  environ  «piinze  cents  chevaliers,  tant  de  Logres  que  de  Norgalles. 
dt)nl  le  monstre  a  fait  ses  serfs.  »  Mais  le  bun  chevalier  sans  jieur  le 
quitte,  en  déliant  le  tyran  et  en  se  projtosant  de  délivrer  les  pristmniers. 
Ludynas  fait  olisorver  à  Nabon  qn'Artbnr  jiourrait  bien  venir  secourir 
le  roi  d'Kstrangorre  à  main  année.  Celui-ci  descend  à  la  maisonnette 
d'un  ermite,  ancien  chevalier  de  Logres,  arrivé  dix  ans  auparavant  au 
Servage,  où  il  s'était  fait  anachorète  ponrécbapper  aux  jirisons  du  géant. 
a  Les  captifs,  dit-il  à  son  hôte,  seront  alVrancliis suivant  une  inscription 
se  trouvant  â  une  des  entrées  de  la  vallée,  lorsque  la  tleur  de  Léoinûs 
viendra  changer  lo  servage  en  franchise.  »  Les  deux  interlocuteurs  sont 

1.  '.\bh.  Vcraril  :  roiitre  aite  foule  de  (innrantc  mille  |M?rsonni?B. 

2  l.n  vicitiirc  île  U:innin  n'est  r.Tj»porti'i>  «in'icl  dans  le  l'iitainrilr.  —  Cf.  lo  P.isMge  i>iTilK'm 
de  :)rt2  |f  c39  a). 

3.  Diiiiii  u!i  iii!t.  di>  Lfiiiilrc5  fv.\Var<l,  CutaUtrjnf.,  370|.  il  est  iiomiiu'  raflinrin  le  woir;  .î:iO  : 
rfn/i/M(in /f  woir;  ItMiiiin  seniUlc  Hvnir  étt' ,  le  plnsîKiiivffiit,  (■aiiii.iii  mi  ailiiinii  (rf.  )>.  |il9  et 
ri-(lMfliui<).  a.3i*,  :i.'(7,  Mi'S,  ;i(')3  :  Hrli/Ha(y)n  tf  nmr  ;  3Sr>,  V(^r.ird  :  Ilrnn  Ir  unir  :  ;".57-  :  il  fat 
a/trlf»  le  iiuir-,  do  iiiômc  ;117R-,  avec  iiiicincuiic  iii;ir(|iii>''  du  non  i-iitn>  riprlr-t  et  /••  noi'-. 

4.  Il  dit,  :>  pliiMii'iirs  TC|>riHi'«,  iniil  est  vomi  d.m«  le  l'ay*  juuir  !■■  ili'-livriT.  Uni»  ci'  nui  \>r(-~ 
cèfle,  niiL'Ui)  ms.  ne  iwrlp  (le.  I.uilyiias,  i|n:  ttsiire  au  iin'Mcnt  ]u»sH:iiri'  i"iiir  l:i  im-mii-rx-  f-i'.s;  imiw 
nvonn  dmic  ici  une  luitivclli.-  lai-uiic.  Daii'*  le  |irii]ii)Çiiv  di-s  inM.  de  Turin  {cf.  |>.  Il  !)■  *■'"  ''Hin'iiri- 
1p  rfcit  de  U  miirt  du  6011  vktvaUfr  de  \oiiiiiltc.  Pi>ur  un  mitn;  i-licvalior  de  Ni-rpiillo», cf. 
33i.i;  ].,  441.  —  Lépiiwdcdu  l'ai  dr  lerraijf  est  iniitvdti  Tritlttu  :  cT.  i  fil  s-". 

U.  Ik-  luameVerard.  Lochiin  a67s,  347i*Û;  l.ecam  3ii);  Le  laml  (/.f  '«i/i,  :a8,n57,  H'i;  Le 
rami  3C3. 


—  463  — 

d'acconl  pour  croiro  que  !e  liliérateur  ainsi  dôsipni^  est  le  roi  Moliailus. 
L(»  bon  chevalinr  sans  jieur  continua  son  chemin  et  triomphe  dp  yathan 
\\Ar.  Sathaoi^  .Yafa/iami,  le  lils  de  Nahon  :  mais,  jteu  après.  le  géant . 
avec  l'aide  d'une  demftiselle  traîtresse,  emjirisonne  le  vainqueur  dans 
Lothan ,  et  le  fait  attaquer,  dans  le  cachut .  par  un  géant  do  ses  serfs. 
Le  Iwm  chevalier  ayant  tué  .*onadverï;aire.  on  ne  lui  dunueplusanianper, 
et,  exténué  de  faim,  il  perd  la  raisun.  Remis  en  liberté  par  Nabon.  ol 
ayant  fctrcé  un  chevalier  à  (rainer  par  la  queue  de  son  cheval  la  trai- 
Iresse,  il  erre,  fou,  dans  la  vallée  '. 

Le  cunte  revient  à  Guiron.  L'n  jour  d'hiver,  il  entre  avec  Bloie  dans    Réconciliatioa 
une  forêt  du  rnyaunie  de  Norf-'alles,  où  il  trouve,  tout  nus  et  liés  cha-  de  Guiron  avec 
cuD  a  un  arbrt'.  un  liumme  et  une  femme,  que  deux  chevaliers  sap-         Danala. 
prêtent  à  tuer.  Les  victimes  sont  le  traître  IhlUn  le  roux  i'i  l'épnusede 
l'un  des  deux  chevaliers,  ([ui  est  en  même  temps  le  frëre  et  le  neveu 
d'iiellin;  celui-ci  venait  d'être  surpris  avec  la  dame,  qui  prétend  qu'il 
a  voulu  la  violenter,  (iniron,  sans  éeinitiT  le  mari,   qui  repniche  aux  •   ■ 

chevaliers  errants  il'être  li  plus  fol  homme  dr  cext  monde,  se  mêlant  suu- 
vent  de  ce  iiui  ne  les  rcj^'arde  point ,  pn-nd  le  jpurli  des  captifs,  combat 
pour  euxel  leur  rend  la  lilicrté.  maifrré  b-s  forfaits  qu'avait  cnmmis  le 
coupable.  Plus  tard,  il  est  lui-même  trahi  par  Ilellin,  qui  b's  fait  lier, 
lui  et  Hloie.  tout  nus  à  un  arbre.  Survient  iJanain;  après  avuir  menacé 
de  tuer  son  ami  pour  éprouver  les  anumts,  qui  s'tdVrenl  à  mourir  l'un 
au  lieu  de  l'autn',  il  les  délivre,  s'afïemtuille  devant  Guiron  et  obtient 
son  pardon  de  ce  qu'il  lui  a  mesfuit.  On  pari  ensemble,  et.  le  lendemain. 
ou  arrive  ù  un  Idoi-  de  marbre  où  les  chemins  bifurquent;  malgré 
une  inscription  qui  conseille  aux  passants  de  ne  s'enpaper  dans  aucune 
des  deux  routes.  Guirou  choisit  l'une,  nommée  la  Voir  de  courroux,  et 
Danain  suit  l'uulre,  la  Voie  de  faits  soulaz,  a]>rés  avoir  fait  promettre  à 
Guiron  de  venir  le  délivrer,  s'il  est  emprisonné,  iïanain  pénètre  dans  Oanain  àlatoni 
le  Val  de  faus  soulaz,  uù  se  dressent  deux  tours  séparées  par  un  lleuve;  des  dames- 
l'une  est  habitée  par  des  chevaliers,  ennemis  des  dames  qui  demeurent 
dans  l'autre.  Il  arrive  près  d'un  paviUon .  où  une  demoiselle,  la  belle 
Albe,  chante  le  lai  de  Guiron  sur  les  deux  amants  ji.  45'.*  ;  voulant  faire 
combattre  le  nouveau  venu ,  elb*  laisse  échaiiper  son  lévrier.  Danain 
le  rapporte,  après  avoir  vaincu  un  chevalier  posté  de  l'antre  coté  du 
fleuve.  Dans  un  ermitage  il  apprend  l'histoire  i\i'<-  tours,  qui  ont  été 
construites,  l'une  par  Lyat  fvar.  Iklya'n  s  b*  grand,  du  lignage  d'Hector 
le  brun,  et  possesseur  dp  la  terre  où  se  trouve  l'ermitage,  l'autre  par 
Hdyan,  surnommé  lesciir.  jtarce  qu'il  n'avait  jamais  eu  jieur.  Ces  deux 
voisins,  fort  lions  chevaliers,  vivaient  en  mauvaise  iutelligfnce.  Pour 
amener  une  rér-oncilialion,  Lyas  proposa  un  mariage  entre  ses  quinze 
filles  et  les  quinze  fils  d'Ilelyan,  mais,  .-ie  voyant  orgueineuscment 
repoussé  par  ce  ilernier.  il  dv'cida  que  ses  lilles  né  se  marieraient  pas 
avant  la  destruction  de  la  race  d'Ilelyan.  qui,  à  son  tour,  déclara  cpie 
SOS  tils  resteraient  célibataires  jusqu'à  la  mort  de  Lyas  et  de  ses  lilles. 
Les  deux  ennemis  Uf  tardèrent  pas  à  s'entr'égorger.  et  les  sœurs  avec 

1.  Hoîiviii,  p..ur  Kiil.-iivranre  du  fou,  au  }fi-liaitiis  (c'est-à-dire  la  ^cx-omlcnKiitié  du  Rastirien 
iiupriim-;  i-f.  (";4vi  »s.)  ilaii'i  Ver.ird,  qui.  p.iur  «xpliiiiier  pnorqui'i  celto  delivruucc  n'eut  p;w  lieu 
lun  (le  1.1  niiirt  do  Nalh>:i  de  la  iii.iiii  de  TrtïLan.  uji^ute  iiiio  ce  dernier  itni><rait  •|iie  le  bon  clie^'n- 
lîer^ay.iiit  rce-'iivn-  m  raNi.ii.'.ivait  de  iKiUveau  été  eiii[iri^<iiiii-  («ir  N,i(niu  .ivec  le  plus  gnnid 
nirsterp;  il  lie  sut  rel.i  «lUe  plus  tird  p.-ir  Laiic^lol,  nveo  1  aide  diii|Uel  il  ili.-li\Ta  eiiliu  le  prisriti. 
nier.  Même  expli.Mtii.iitUii'i  les  iiiss.  -le  Rusticieu  (S  611)  et  Jaii..t  ^i  WS.  u.). 


—  464  — 

leur  mère  eurent  à.  soutenir  un  siège  ouvert  par  les  frères.  Survint 
Galebout  le  hrun,  qui  triompha  des  quarante  assiégeants  et  fonda  la 
coutume  des  deux  tours  en  obligeant  les  vaincus  à  accepter  les  condi- 
tions suivantes  :  ne  jamais  traverser  le  fleuve  du  vivant  des  dames  ; 
combattre,  en  nombre  égal,  les  chevaliers  qui  viendraient  prendre  en 
main  la  cause  de  celles-ci.  L'ermite  ajoute  qu'aucun  des  chevaliers 
venus  depuis  pour  s'essayer  ne  s'est  distingué  à  la  joute,  excepté 
Lampadel  du  Parc  *.  Danain  se  fait  le  défenseur  des  dames  pour 
l'amour  d'Alhe  et,  dans  le  cours  du  mois,  a  le  dessus  contre  trente 
adversaires.  A  la  fin,  blessé  par  la  lance  empoisonnée  du  cousin 
d'Escorant  le  pauvre,  Soranor  le  pauvre,  qu'on  avait  fait  sortir  de 
prison  pour  combattre  Danain,  il  «st  porté  à  la  tour  des  cheva- 
liers, où,  après  qu'une  dame  l'a  guéri  ^,  on  lui  fait  jurer  de  tourner  à 
l'avenir  ses  armes  contre  les  champions  des  fllles  de  Lyas;  il  demeura 
GuiroQ  empri-  dans  cet  endroit  pendant  dis  ans  *.  —  Guiron ,  ayant  pris  la  Voie  de 
sonné  par  courroux,  triomphe  d'un  châtelain,  qui  l'attire  chez  lui  avec  Bloieet  les 
Mort  de^Bloie  J*^^^*^  ^^^'^  ""'^  prison  où  la  jeune  femme  meurt  en  mettant  au  monde  un 
fils,  et  où  Guiron  demeura  jusqu'à  sa  délivrance  par  Lancelot,  comme 
nous  le  verrons  plus  loin  dans  cestui  livre  *  Le  châtelain,  qui  s'appelle 
Galinan  *,  fait  nourrir  l'enfant  nouveau-né  par  sa  steur,  qui  était 
encore  jdus  cruelle  que  son  frère  *  :  de  là  le  mauvais  caractère  du  fils 
de  Guiron,  qui  tint  ses  bonnes  qualités  de  son  père  et  de  sa  mère  ^. 

638.  Meliadus  8,  ayant  fait  enterrer  Tesala  et  Absalon  (cf.  §  635),  part 
en  quête  de  Guiron.  Dans  une  forêt  il  assiste  au  combat  de  deux  amou- 
reux de  la  dame  de  Maloaut,  Lubian  de  Gamaaloth  et  Lac,  quitte  ce 

1.  L.  df  part  Vemrd,  Lampadei  du  P.  3&7'(  3178*,  Lenyadet  du  P.  les  antres. 

%.  Ainsi  38S,  a&7,  347B,  963.  Mois  dans  8&5,  Venri),  360.  HbTi,  3178*.  Stirenor  est  Tsinca  pir 
Danain.  qui  est  longtemps  inniade  de  sa  blessure;  une  dame  qui  le  snigne  ne  s'aperçoit  p*i 
d'abi)rd  du  venin,  et  il  snulTrc  beaaomp.  Enfin  ^t'ri,  il  reprend  son  puste  et  triomphe  encore 
de  cinq  adversaires;  ensuite  il  est  grièvement  blesse  par  un  clievalier — pas  nommé  —  qu'on  fait 
sortir  de  prison  pour  combattre  Danain  —  tout  comme  Soranor,  on  voit;  pois  il  est  porté  k  la 
tour  des  chevaliers,  dont  il  devient  désormais  le  champion. 

3.  Sn  di'livranro  pur  Ouiron  est  racontée  dans  3G-2  (f  639  a);  dans  les  mu.  de  Rosticien  (v.  § 
611),  il  est.  comme  Ouîrou,  le  prlwmuior  de  Nalmn  le  noir. 

4.  U  y  resta  un  mois,  drus  moit  et  trois  et  quatre,  $i  fttt  il  bien  un  (VII.  33S,  3^0)  an(r)  et 
asstz  plus.  36i  i  il  demeura  en  la  prison  yil  ans  ou  plus  (et.  %e39  n].  llhnt  vn  An-,  sept  est 
une  faute  amenée  i>ar  la  confusion  de  rn  avec  Fil.  —  L'annonce  de  la  délÏTnnce  manque  daoi 
Verard. 

i.  Verard.  867-!,  M78S  ;  Caïman  9bh.  Caïman  338,  357,  3478 ,  Calinan  3&0 ,  8f>3.  —  Verard, 
seul,  nous  dit  que  Galinnn  (cf.  ct-dcsius)  donna  son  nom  au  flia  de  Ouiron. 
f>.  Sa  sœur,  qui  était  la  plus  di^loyale  demoiselle  du  monde,  Verard. 

7.  fl  Je  ne  puis  nicontcr,  dit  ici  Verard.  comment  le  bon  chevnlier  sans  peur,  Danain  et  Qniroa 
sortirent  de  prison,  parce  que  le  livre  du  lalin  te  finift  en  cftt  endrott  quant  a  truri  faitl, 
mais  on  trouvera  cela  dans  le  rommant  du  roy  Meliadus  n  (la  délivrance  de  ces  chevaliers  est, 
en  effet,  rapportée  plus  loin  dans  Jannt-  Nous  voyons  qu'au  xri«  siècle ,  comme  auparavant,  le 
titre  de  lirre  du  latin .  prêté  ici  par  Verard  an  ms.  français  qu'il  dépouillait  en  collahoration 
avec  Janot ,  ne  serrait ,  dans  le  Jargon  littéraire  des  arrangeurs  de  romans ,  qn'à  désigner  le 
module  qu'ils  suivaient).  l'uis  Verard  donne  l'épisode  de  Qalinan ,  qui  triomphe  d'Arthar,  etc. 
(v,  p.  433),  et  qui  fut  ensuite  blessii  par  Palainëile  tellement  que  oncques  puis  ne  ferit  coup  de 
lance.  Fin  de  Vcnird,  que  continue  Janot. 

8.  Ici  reprend  Janot  (cf.  p.  431) ,  mais  ayant  rapporté  qne  Meliadus  ne  parvint  pas  It  atteindre 
Caradoc  —  pour  ce  géant,  l'imprimé  comme  \n  mss,  renvoie  à  la  suite,  où  pourtant  nun.s  n« 
trouvons  rien,  excepté  ilans  863;  cf.  ^  639  a,  —  l'imprimé  insère,  bien  k  tort,  la  quête  de  Lac 
par  .Meliadus,  revenu  de  Li'onoU,  et  les  autres  morce.iux  qui  se  retrouvent  plus  loin  dans  Sbb  aa 
milieu  des  épisodes  faisant  suite  au  />(i/ani^i/eabandonné  [cf.  §  642),  Jusqu'k  l'entrée  de  Meliadoi 
avec  Lacet  Arioh.in  en  une  grande  fortst.  Si  laisserons  icy,  poursuit  Janot,  le  long  te  jour  qnt 
firent  ensemble  les  trois  compngnons  pour  chercher  les  bons  chevaliers  disparus,  et  parlerons 
d'une  aventure  qui  advint  au  roy  ."ileliadut  près  de  la  lourde  .Varmonde.- il  arrive  dans  lefsf 
dr  Pleurs  et  y  désarçonne  dix  chevaliers,  parmi  eux  te  Morhout,  Danain,  Palamèdc,  le  chevalier 
des  Loges,  Sarprdon,  seigneur  de  Moucheron,  et  .tban.  Il  ne  trouve  pas  Qnirun,  qnl,  avec  lei 


—  465  — 

dernier,  qui  est  plongé  en  hii-nn'me,  ne  réussit  pas  à  atteindre  Caradoc 
le  grand,  qui  avait  enlevé  l'amaiit  d'une  demoiselle,  et  désarçonne  un 
chevalier  venant  de  Ganiaaioth,  qui  lui  raconte  d'abord  qu'Artiiur, 
déguisé,  avait  tué  trois  frères  du  royaume  d'Orcanie  var.  ;  du  royaume), 
venus  pour  se  mesurer  avec  ses  hommes,  et  ensuite  que  Tristan  est 
dangereusement  malade.  Meliadus,  ayant  envoyé  son  interlocuteur  dire 
à  Arthur  que  la  cour  a  tout  lieu  de  pleurer,  étant  privée  de  tant  de 
bons  chevaliers,  retourne  vers  le  Léonois,  où  il  resta  toute  sa  vie  sans 
revoir  Arthur  ni  les  chevaliers  de  la  Table  Ronde.  Ainsi  furent  a  celui 
temps  départis  les  bons  chevaliers.  Le  lion  chevalier  sans  peur  est  dans 
le  val  de  servage,  et  Danain  au.v  deux  tours:  Guiron  est  emprisonné 
ailleurs  'Janut  cite  le  G  wi  ron ,  c'est-à-dire  l'imprimé  ainsi  intitulé;; 
Arioban  séjourne  avei*  le  rui  Léoilagan  en  Garmetide,  où  il  lit  une 
longue  maladie,  et  le  Morhout  d'Irlaude  '  resta  plus  de  Inds  ans  chez 
le  roi  Pharamont  de  Gaule.  Quant  à  Lac.  il  fut  emprisonné  jiar  la 
dame  de  Maluaut,  sur  la  dénonciation  de  son  hôte,  un  forestier,  qui  le 
reconnut  pour  le  meurtrier  de  l'un  des  cousins  de  la  dame  cf.  §  fii'2j.  Le 
conte  s'occupera  dans  la  suite  do  ceux  par  <[ui  les  bons  chevaliers 
furent  délivrés,  c'est-à-dire  «le  Lancelot  du  lac,  qui  tant  fisl  merveilles 
ou  monde,  et  de  Tristran  le  pretis,  le  fort^  de  Palarnfdes,  le  vaillant  *.  de 
cui  memore  cesl  livre  fu  commenciez;  sor  cez  trois...  deveroit  bien  dès  ore 
mais  retourner  la  nostre  matire.  Par  remprisiuinement  des  bons  cheva- 
liers cités  plus  haut  s'achève,  poursuit  le  rédacteur,  la  première  partie 
de  notre  licre;  la  seconde  finira  au  comnientemeot  de  la  quête  du 
Graal,  et  la  troisième  sera  terminée  après  la  mort  du  roi  Arthur.  Ore 
mais  retornerons  a  nostre  matire  et  commencerons  la  seconde  partie  de  nostre 
livre  en  cesle  matiiere. 

Ici  se  termine  l'interpolation  du  Palamède  '  dans  35'ï,  357',  3i78*  Fin  de  Tinterpo- 
(cf.pp.  432,455-G;.  Ces  mss.  (310  reprend  plus  loin,  §  640  :  pour  Janot,       p*i'%d" 
voy.  la  note  ci-dessus)  nous  transportcut,  sans  un  mut  de  transition, 
au  milieu  d'un  texte  qui  peut  être  celui  di*  Husticien  : 


aitrea,  wn  déllrré  par  L.itr.cpl»t  et  Tristan.  Mi-liailns,  wivi  par  1m  dix.  e«t  r«ronna  pu-  le  rbe- 
Taller  des  Lnges  et  va  avec  lui  h  Camaaloth,  oii  arrire  la  ilemolselle  ]H>rtiot  la  rouroune,  etf., 
romme  US  (t.  |  $l:{-,  Jus^iraux  mots  et  l'en  aUtreiit  rhatrun  a  ta  contrée.  Jant>t  continne 
sinti  ■■  fort  que  le  rog  Meliailut,  qui  incontinent  aprèi  te  départit  pi>ur  checrher  Gniniii.  Ici 
ninSae  «la  l'atamède  :  Meliadun  (U'san-onne  le  ehi'valier  de  Cnina-ilotti ,  etc.  (v.  ci-ai>ri-s) ,  |us- 
qa'aprùB  la  mention  des  libérateurs  iJ«i  hmis  rliwatien.  I..ic,  p>^imuit  J.-in"t,  fut  d<-livré  |>ar 
MelUdiis,  et  puii  te  partit  et  fut  retenu  a  la  tour  Martnon-le  nvec  les  mitres  iKins  chevaliers, 
qni,  tons,  avaient  été  eiapris'innes dans  des  lieux  app.ir(eiiant  h  Nalx>n.  Pour  la  mort  du  Rénnt, 
donnfe  dan»  3&&  d'après  le  Tritlan,  Jamit  se  borne  k  renvuyeràcc  ronL-in;  lev^iminear,  ajnute- 
t-il,  ignorait  qve  tea  ttons  ekerali^rt  fu<tent  lîemourez.  en  prison  (cf.  Verard  ;  p  463,  n.|.  Puis 
Janot  parle  de  la  Joie  d'Arthur  A  proptis  du  rvtour  di.-  TrisLin  'v.  %  r,IO),  et  suit  à  jtartir  de  là 
de  BoaTeM  le  texte  de  Zhh. 

1.  Xoos  n'avons  cependant  rien  appris  sur  le  Mnrhoai  depuis  son  cmprlsoimnemcnt  I  p.  4&3)  ; 
n  réparait  dans  3<S,  gai  1?  dit  partir  d'Irlande  (y.  \e',\,  et  dans  Busticicn,  i  Ctl,  qui  le  fait  le 
prtKmnier  de  Nabnn. 

t.  338.  3&7,  3174  :  Laneelat  du  lac  .  qui  tant  fist  de  merieillex  ou  monde ,  li  raillaHS,  de 
CMi  mémoire,  etc.,  avec  lacune  des  deux  noios  Trittan.  Palnmeilet,  ftui,  ilnn.^  330,  «nt  été  ajoa- 
Ua  poatérieurcDieDt.  —  Î^-J  ;  Nnns  parlerons  de  celui  «lui  dt'livrj  (iuiron,  c'c«t-Ii-<tire  de  Lance- 
lot  ém  lac,  qui  fist  tant  de  m.  au  monde,  le  raillant  chTalier.  et  autst  de  mettire  Guiro» 
le  eoMrtoti ,-  inr  ces  deux...  dererott,  etc.  r.n  divUinn  sul>5i-<iuente  manque  dans  3A?,  iiui ,  à  la 
place,  répète  qu'on  racontera  comment  Lancelot  di'livr.i  (îuiron,  ép^s  >de  iloniié  plus  loin  «Uns  la 
■oitc  |§  439  aj  pnibaMement  apocryphe  i|Ue,  «eul,  ce  ms.  mms  a  ronserrée,  et  dans  1a(|iielle  il 
n'y  a  aucune  trace  do  la  réilactiim  cyclique  ([ni,  h  en  jnger  p;»r  l'annonce  de»  autres  m<*.,  a 
Introduit  dans  le  Putamède  la  Quritr  du  Saint  firaal  et  Ii  Vurt  Jrtii.  laituellv,  au.ssi  dans 
BCO.  a  déjà  été  vapiement  annoncée  plus  haut  (p.  I-^!)). 

S.  Voici  Li  suite  du  l'alamède  1^3^,  3S0,  357.  »i7S.  3tv>.  : 

L«  dKTaller  que  Mcliadu»  avait  envoyé  -X  Camaaloth  et  qui  s'appelle  EI\fetior  de  Caor mutin 
{EIftber  ée  Caermuain  3&7,  347S.  Elgeber  de  Cartrmutin,  Vm  ,  //rficfrer,  »ns  plus,  3ii] 

LôssTH.  —  Tristan.  30 


Suite  du 
Palamède. 


—  467  — 

estait  sire  maint  bon  chevalkr  du  royaume{s)  de  Logres  et  des  autres 
eontreeSy  et  proprement  |y)  {r  estait  il  A.  li)  bon  chevalier  sanz  paour,  de 
eut  nostre  livre  a  parlé,  et  comment  il  remest  en  servage  en  la  dite  ralee. 
Or  votis  dirai  en  quel  manière  il  remest  ii{3ûT=*,  3i78*  :  il  y  remest  lui),  et 


Lamorat  de  Gallt»  et  tri'imptie  de  dix  chcT.ilicrs  nssnillaDt  Brcbas,  qni  lui  ra^ont«  rnrentore 
âel««iTrrne  (le  récit  sur  Febui.  etc.,  cf.  f  R:i<>,  aret- un  texte  an  pea  abrégé).  Cuirou  trouve 
Stguradts  de  LanraUe  et  le  fait  selgneiur  du  rliÂteaa  qu'après  U  défaite  de  iwin  CDoipagnon  il 
gagne  un  vaim|iiaiit  les  trente  «lOfonnours  du  Pa«vii;c  périlleux,  dunt  Sogremor  vi"nt  d';iiinonCfr 
les  tristes  mutâmes  ;  (imitattnn  de  lûpisodc  donné  plus  haut,  f  &t7  ;  il  n'est  pas  ici  ijuestîon  de 
Pebos).  Eniln  il  arrive  h  la  t^mr  de»  chev.iliers  fv,  ih.)  et  dt=li\-re  Daoain.  Etant  reit>'>3  «luinte 
Jours  à  Uatetianlt,  les  deux  amis  rcp^irtont  f  n  aventures  et  se  Axent  au  ctiâtean  de  l'ai  Brun  , 
dont  Goiron  accepte  la  ^cijjDcurlf.  I.^  dame  fie  MaK-hault  envoie  un  messigcr  à  U  coar  d'Arthur 
annoncer  les  e.xi>loits  de  notre  héroi  ;  ptmr  le  faire  venir,  on  arrange  un  tunmoi  à  Carllon  entre 
les  mis  4'£ci)5se  et  de  NonhumholUndc.  Gittron  et  Danain  y  sont  vainqueurs.  Guimn ,  rentré  an 
Val  Brun ,  annonce  à  la  raur,  par  une  demoiselle,  qu'à  ce  ctiAteau  les  chevaliers  pourront  trouver 
Bver  ()ai  Jouter.  iFiu  «le  36-1.) 

SSa  :  Celui  qui  sera  v.iincii  devra  dire  wi  ii'im  cl  son  lignage.  Guiron  fait  porter  ce  même 
d^ll  partout  dans  les  autres  p-iy».  Dos  clievalicrs  qui  tx  pri-seiitent ,  Qauv.iin  .  Keu,  .'^ngremor, 
Gaberiet,  .\gravain.  Mordret,  Oucrret ,  le  du>-  (ialeviii  de  Claren<-e,  MelLmt  de  Lis  et  l'alamêde, 
arrivant  avec  les  deux  derniers,  qu'il  n  rencontrés  et  «t>attus .  sont  tonrt  vaincus.  Puis  viennent 
Galebont  et  Uinceliit,  qui  i-hemin  f.iîs.int  tu^'nt  deux  géants  et  triomphent  de  dix  murdriert  di 
ekateau  an  Huujr  de  l'ançunla  ;  îH  «ont  eiii-ore  vaincus  gtar  Guiron,  ainsi  que  Ivnin  .  GifHet , 
Lacan .  Dodinel .  Gozouain  d'ENtraniioi  t .  qui  arrivent  ensuite.  Le  Morhuut  quitte  l'Irlande ,  «ou 
paya  ;  il  n'est  plus  question  desvin  s'-J'iur  avec  l'har.imnat  jrf.  f  G3S,  n.|,  secourt  nue  iemoisetle. 
et,  de  m£me  que  son  compagnon,  Surmiin  d-  lu  Rorht ,  tnmve  son  vainqueur  dans  Ouiron ,  qui 
Tient  de  vaincre  IHioherii,  et  qni  triomphe  ensuite  de  Madnr  île  la  Porte,  d'E<pin><gres,  d*.\gto- 
ral  et  de  Kaheadtn.  Le  conte  p  isv  a  Tristan,  .\prvs  la  murt  — non  racontée  plus  liaut.  quoique  le  EpiSOdoS  dll 
ms.  dise  le  contraire  —  de  Moli.idus,  les  l.éon>iis  donnent  h  Tristan  Gouvernai  i»onr  maître  et  Tristan 

envoient  le  Jeune  prince  à  Marcsan*  faire  savoir  au  roi  que  r'eit  son  neveu.  Tristan  se  distingue 
à  la  cour,  etc.,  comme  d:ins  la  version  c-minnuie  ;;■  i^  ss.;  c'est,  parait-il ,  le  texte  de  97,  etc., 
que  3«»  a  suivi.  Tristin  se  dit.  dans  ce  -ieniier  m».,  un  cUevalicr  de  Léonois ,  près  d'Alhlne,  cf. 
p.  31;  lesftèresde  nrang.iin  suit  appelés  peo'ni^Mai-hael,  rf.  p.  33.  et  il  n'y  a  nilenim  deTantris 
ni  leoimbit  nmtre  le  serpent,  p  'ili.  Trittan,  chi'^sé  p,ir  H  tnguin,  apprend  ledêlt  de  Guiron  cC 
s'acbemine  vers  le  Val  Brun  ;  à  une  fontiine  il  trouve  Dinadan ,  qui  devint  un  de  ses  plus  cher« 
amis  (introduit ,  comme  le»  autres,  nniquem''nt  pour  figurer  parmi  le^  adversaires  de  Gniron  : 
pour  ta  première  rencontre  de  Tri<tian  avec  Diuadan,  voy.  ;;'  105).  Le  récit  passe  k  Bobortet  \ 
Lionel,  qni  arrivent  au  l'hAteiii  ile  VAdrrttture  an  liluncj  rrrf,  construit  du  temps  do  roi 
Perceforest  tnr  Xrphir-,  après  avoir  lecouru  une  demoiselle,  ils  vont  au  Val  Brun,  oiiiU  ne  sont 
pas  plus  heureux  qncTristiin  et  Dinadan,  qui  viennent  apri-setquî,  scn  allant  après  leur  défaite 
vers  la  Comouaille,  sont  renvers<'-s  i>ar  .^rtliur  et  Iladcmagu,p.-irtis  iioar  se  mesurer  avec  Guiron. 
l«A  deux  roi»  viennent  en  aid'>  à  Pal.imè  le.  .ts^-^îlii  par  ni x  chevaliers;  lis  ont  le  dessous  contre 
Usiron,  aussi  Iden  que  Memu^is ,  qn»  venait  de  secourir  Lucanor  le  gnuid ,  dont  une  demoiselle 
arrête  a  la  tin  le  combat  avec  (ïuinm.  Celni-rt  triomphe  en>^>re  de  Danrbnin  et  de  son  comtM- 
gnon  .Sannr.  des  deux  frères  "ia-to-  et  .filo-irt,  dont  le  second  vient  de  gagner  une  demoiselle 
(les  cinq  derniers  sont  iniro  luits  C'>mme  des  pT«onnages  >-onnns<,  dn  roi  des  <:cnt  Chevaliers  et 
d'Hector,  qui  a%-aient  pnrttf  «ei-ours  h  une  ilemolselle  contre  llarpin  iriiarpinel  {cf.  |  iih)  et  ses 
boit  che^-aliers .  enfin  du  roi  .isnisant  dX'-osse  et  de  Calogrinant.  Suit,  d'après  le  poème  de  c  ■  j  j 
Chrétien  deTroies,  le  comnii'ncenient  de  l'Iiistoirc  d'Krec  Ju-qu'.î  sa  victoire  dans  !e  tournoi  de  fcipiSOdCS  d6 
Teneliroc  (v.  il-lS  ss.,  Fii-rsteri.  Krei-  v.t  s'essiyer contre  l'inconnu  du  V;il  Rnin.  ou  il  arrive  avec  "Erec  de  Chré- 
■«  femme  Enide.  aprèsavo  r  'lélivré  nn  chfv.ilîcr  attaqué  p.-ir  quatre  autres;  ayant  eu  le  dessous  (ien  de  TrOÎCS. 
contre  le  fameux  champion,  i|ui  met  uu  terme  .\  la  lutte  sur  la  ]>nère  d'Bnlde,  il  retourne  avec 
elle  dans  son  pays.  .\pr>'s  des  comluts  vii-torienx  de  Guiron  contre  le  chevalier  i  la  cotte  mal 
tailla,  nom  donné  k  ce  frère  d*-  binadan  par  Keu,  comme  nous  le  voyons  dans  le  Lirrr  dt 
Ijine^lot  du  tae  {erreur  i>onr  :  dan.s  l-  Triihin.  cf.  ;;  «Ci,  contre  llervi  de  Bivel  et  Goulistan.  fils 
do  Morhont,  l'année  pendant  laquelle  il  s'étut  engagé  h  Jouter  avec  ceux  qui  désireraient 
réprouver  s'écoule  sans  qu'aucun  de  ses  adversiiires,  nu  n>>mbre  de  plus  de  six  cents ,  aient  pn 
le  rslocre.  .\c(i)m|ngné  de  Danain.  il  se  reml  h  Maleliault.  et  ensoite,  ayant  secouru  une 
demoiselle,  à  Camaaloth,  où  .\rttiiir  vient  de  faire  prinrlamer  un  tournoi  pDur  attirer  encore  une 
fols  le  meillenr  chevalier  lie  réjuviue.  Lincel;>t ,  rentrant  d'une  quête  d'aventures  avec  Bobort 
pour  ne  pas  manquer  le  tournoi,  tnmve  plusieurs  chevalier*,  et  t'  <rmi  eux  Palamède,  qu'il  désar- 
fonne.  Pois  il  envoie  .s'Informer  ••îir  I  ■  tournoi  un  éenyer.  qui  rencontre  .Mltiur  et  le  roi  d'Ecosse 
allant  avec  une  grande  suite  ini|>ecter  la  pi  line.  Sacremor  I  reprise  subite  du  texte  du  Tristan  ; 
cf.  g  376,  demande»  Oanvain  s'il  reconnaît  relui  qui  vient  de  les  atuttrect  qui  est  Tristan,  venu 
récemment  à  la  cour;  suit  l'envoi  île  (iirtlet  par  .Vrthur.  etc.;  voy.  te  paragraphe  cit^.  Tristan 
— ■  qui  n'ïst  pas  accompagm:  de  Hinadan  d;inh  3tii  —  ayant  refusé  de  donner  des  détails,  entre 
dans  la  forêt,  et  l'écuyer  retourne  i»«iir  rendre  compte  de  ce  qu'il  a  vn.  Guimn  est  v;iinqaenr 

dans  le  tournoi,  auquel  prennent  part  Tri*t.nn  et  Palainède.  Danain  meurt  des  Mes-sures  qu'il  y   Moft  de  Danain. 
s  reçws.  A  cette  triste  nouvelle.  Gniron  part  pour  Maleli;iolt.  triomphe,  en  refusmt  le  secours 
de  Palamède,  qni  survient,  du  frl  thirwnrf  et  de  ses  ionze  chevaliers  et  délivre  les  prisonniers 
da  Talncu,  parmi  lesquels  s-  tr-iuvent  Erec  et  Gozouain  (l'E*trangort.  Ici  le  ms.  reprend   le         Reprise  dll 
Lamcelot  et  raconte  l'histoire  <Ie  la  f,iu$:4e  Goenièvre  iv.  p.  P-iris,  Bout,  dr  In  T.  H  ,  IV,  97.  LanCtlot 

140  ss.f,  évidemment  pour  motiver  l.i  présence  de  la  reine  au  tournoi  de  Sorelois,  qn'ÏDsère 
ensuite  363,  et  que  nous  avons  déjk  vu  dans  le  ms,  9'i  (p.  I9j)    .\préi  le  combat  sontenn  pour 


—  468  — 

Keprise  du  les  autres,  ceulz  de  celé  valee^  furent  délivré,  il  acint  que  monseignour 
Tristan  dons  Lancelot  du  lac  manda  une  damoisele  en  tête  manière  comme  vous  orres  ei 
icien.  apfès^  si  comme  ta  vraie  hystoire  le  raconte.  Quant  la  demoisele,  comme  je 
vous  ai  dit,  se  fu  partie  de  monseignour  Lancelot,  elle  arrive  eo  Cor- 
aouaiUe  et  présente  à  Iseut  la  réponse  de  Guenièvre;  on  recoaaait 
l'épisode  analysé  plus  haut  (p.  46-47);  seulement,  le  voyage  de  la 
messagère  d'Iseut  avec.  Lam-olot  (cf.  ib.)  parait  être  perdu  dans  une 
lacune,  due  sans  doute  à  un  Imurdon,  des  mss.  do  Rusticïen ,  qui, 
continuant  à  reproduire  le  Tristan,  donïiont  d'après  ce  roman,  pour  pré- 
]»arer  le  récit  annoncé  dans  le  bref  morceau  précédent  de  la  délivrance 
des  prisonniers  do  Nabon ,  l'épisodo  du  Servage  avec  le  texte  de  750, 
12599,  y  compris  le  fragment  relatif  à  Belinan;  cf.  p.  47  et  Additions. 
Co  texte  se  termine,  dans  355  (r*  403,  fin),  au  milieu  d'une  phrase 
du  passage  où  Lamorat  refuse  la  couronne  de  la  Franchise  (p.  50); 
357^  et  3478*  poursuivent  et  mentionnent  que  Segurades,  qui  se 
réserva  le  droit  d'aller  quelquefois  chercher  les  aventures  du  Logres, 
donna  au  Servage  le  nom  de  la  Franchise  Tristan  ;  et  ce  nom  est  encore 
communément  par  toute  Engletcrre.  Fin  '  de  357^  et  de  3478'. 

GttcnîâvTG  par  Bon  amant .  dit  383 ,  on  proclama  en  rhonneor  de  la  reine  Do  tonrnol  dans  le 
Sorclois,  nii  elle  était  rtatdc  (dans  le  iMncflot ,  p.  183,  ellf  rctoorne  d'aiKtni  en  Bretagne,  pnis 
va  en  Sorelois,  pays  que  Galehout  lui  accorde).  Uansop  tnnrncii,  Dinadan  se  diatingoai  de  rnSmc 
le  Toi  de  Nor^alles  (e  fisl  très  bien,  etc.,  comme  dans  U9  et  350  ;  voy.  p.  lUb  et  .4dililionM  (le  non 
de  Unlebout  est  partout  remplnc^).  Lamornt  et  Palam<>(le  étHtit  rentras  k  leurs  hôtels  [p.  1S8) .  ce 
dernier  pnrt  aver  U  demoiselle,  qu'il  ranifcnc  chez  elle;  depula  il  eut  plusieurs  aventures  qu'on 
trouvera  on  livre  de tui  faisant  mention  (allusion,  \\taa\X-i\,K\ui Propkecirtde  MtrUn}.  Lareii» 
ne  quitta  pan  le  Sorclois  tant  qu'Arthur  restait  en  Carmelide  avec  la  fausse  Guenièvre  ;  Gaavalo 
^taltson  MHk  compagnon,  comme  nous  le  lisons  dans  le  Livre  de  Lancelot  (où,  pourtant, 
(iauvain  ne  si'Joume  pas  avec  sa  souveraine  en  Sorolnis).  I.e  conte  retourne  à  OuiroD,  qai,— 
ainsi  commence  la  laisse  suivante,  —  ayant  ctt'  fï>tc  h  la  cour  d'Arthur,  prend  con^é  et  part  es 
aventures,  pr^^ccupO  di>  la  mort  de  O-iiiain.  (Cela  a  déJU  t'té  raconté,  et  doos  «todi  p«it- 
4Hrc  ici  une  autre  rédaction.)  Il  trouve  llutor  de  Morois  cherchant  Agravals.  qui  a  désbouoréu 
stvur,  d(-cidc  de  se  mettre  eu  quête  des  deux  ermites  son  frère  et  son  grand-père  (lacune), 
et,  après  avoir  triomphé  de  Ooulistan,  arrive  à  la  caverne  de  ses  parenta  (dtolte  eauotiel- 
lement  romrac  au  ^  036),  nti  il  trouve  son  ftrand-pér«  mort.  Qairon,  qol  est  aous  les  armes 
depuis  soixante  uns,  prend  U  résolution  de  passer  dans  cet  ermitage  le  reste  deiea  Jonrt  toot 
entier  au  service  de  Dieu,  a  qui  il  ettoit  moult  teiiux  il  envole  un  écuycr  au  Val  Bran,  en  loi 
défendant  d'Indiquer  le  lieu  ilc  sa  rctriiite.  Goulistan,  ayant  entre  temps  délivré  la  demoiselle dn 
clmtcan  aux  Pucellcs  d'un  chevalier  qui  veut  l'épouser  par  force,  s'éprend  d'elle  k  son  tour.  Il  n 
en  Irliinde  voir  son  pt're  le  .Morbout  :  on  lui  apprend  que  Tristan  l'a  tué.  Econdait  par  la  dameAe 
son  co'ur.  Il  lui  fait  la  guerre  et  assii'Ke  le  château  aux  Pucellcs  ;  dans  cette  détresse,  la  châte- 
laine se  souvient  deson  roiiiin  Oiiiron  et  l'envoie  chercher  au  Val  Bron.  d'où  part  l'ancien  écoyer 
de  Guiron  pour  aller  le  di^cidor  à  aider  sa  parente.  Apni'S  quelque  hésitation ,  l'snaclior^te  se  met 
on  chemin.  Ayant  tniuvé  .\k1ov»1,  Gozouain  d'Estrangort  et  Bliolierts,  qui,  ne  voulant  pta  le 
perdre  de  vue,  le  suivent  de  pn';i,  îl  emporte  avec  une  bravoure  incroyable  l'avantage  sur  les 
assiégeants  et  triomphe  dans  an  combat  sinpilier  de  Ooulistan,  qui  meurt  pea  après  de  ses  bles- 
sures. A([ioval  et  ses  compagnons,  après  avoir  été  renversés  par  PalamÀlc  et  Dinadan,  dont 
palamt'ilc  aime  beaucoup  le*  réparties  vives,  s'en  vont  h  U  cour  d'Arthur  raconter  conunent 
Goulistan  était  mort.  La  demoiselle  n  l'intention  de  faire  de  son  cbàteao  on  couvent  où  elle 
puisse  rester  avec  les  nonnes.  Guiron  repart  pour  sa  caverne.  Arthur,  désirant  connaître  le  vain* 
queur  de  Ooullstin,  !<c  renHcl^ne  par  un  messager  auprès  <Ie  la  demoiselle,  qui  révêle  le  nom  de 
son  cousin,  en  ajoutant  qu'il  renonce  k  porter  désormais  les  armes,  ce  dont  le  grand  roi  ht 
.  aniiKé.  Le  pi-re  de  Guiron  meurt  bientTit  après  la  rentrée  de  son  fils ,  et ,  quloxe  ana  plus  tard. 

Mort  de  GuiPOn.  fina  sa  jours  messire  tiuiron  bien  snintemrnt  (cf.  la  remarque  de  3325  sor  la  mort  de  OuiroB , 
p.  411).  Puis  le  rédacteur,  dans  un  bref  épilogue,  remercie  Dieu  d'être  arriva  fc  la  fin  de  ti 
guarte  et  derreniere  partie  da  finiron:  il  scvante  d'avoir  raconté  les  cent  cinquante  Aard^smi 
Uea  cent  cinquante  (ce  chiffre  paraît  exagéré  )  compagnons  de  la  Table  Bonde,  qui  comhattlreat 
Guiron  (c'est-à-dire  au  Val  Dninl,  et  implore  Tindulgencc  du  lecteur  ;  ■  Lee  (iiates  qne  l'on  pour- 
rait relever  dans  ces  quatre  volumes.  dit-Il,  seront  plus  par  ygnorance  que  par  faulte  de  tft 
Tolloir.  u  Fin  de  ;)C3  ;  (des  cinq  volume»  3&9-;i6:i ,  deux  ont  éui  comptés  pour  un  seul,  k  DOtm 
que  363  n'appartienne  k  ime  autre  série  de  copies  tomées  dilTéremment), 

1.  3&7>  ajoute  uuf  rubrique  (reproduite  dans  le  catalogue  de  la  BihI.  Nat.i  cf.  la  rubrique di 
débnt  publiée  par  P.  Paris,  .V^f.yr.,  III,  C^]dans  laquelle  ou  nous  dit  que  le  Guiron  a,  iti  tra**- 
laté  «le  latin  en  français  par  memire  huer»,  chevalier,  seigneur  du  chastel  du  Gai,  k  U 
requête  du  roi  Henri  d'Angleterre  1  —  31781  ajoute  eu  rubrique  :  Cy  fine  le  tiers  tt  derrmtr 
livre  de  Gniron  le  courtois. 


—  469  — 

640.  355  (début  du  f"  404  ;  cf.  ci-dessus)  présente,  pour  le  retour  de  R^î^ien. 
Tristan  après  la  mort  de  Nabon ,  un  récit  qui  difTêrc  de  celui  donné 
dans  le  roman  (p.  50)  et  qui  est  peut-être  de  Rusticien.  Après  ce  que 
Tristan  ot  occis  Nabôn  le  noir,  dit  le  ms.,  il  va  retrouver  Iseut  et 
Kahedin.  Un  chevalier  dit  des  Loges  lui  fournit  des  chevaux  et  une  voi- 
ture pour  Iseut,  qui  est  trop  fatiguée  pour  aller  à  pied.  Tristan  fait,  à 
cheval,  trois  pointes  devant  l'assistance  émer\eillce.  Au  bout  de  six 
jours,  il  s'embarque  avec  Iseut  et  Kahedin,  après  avoir  prié  Segurades 
de  bien  gouverner  le  pays  et  avoir  remercié  leur  hôtesse  et  le  chevalier 
des  r^ges;  conduits  par  deux  marins,  qu'on  avait  fait  venir  et  qui 
avaient  été  pendant  sept  ans  au  service  du  roi  de  la  Grant  HermeniCy 
les  voyageurs  arrivent  le  iendemain  en  Petite- Bretagne.  —  355  passe 
à  Lancelot  pour  raconter  comment  lui,  Tristan  et  Palamède,  délivrèrent 
Guiron  et  les  autres  : 

La  nouvelle  de  la  rentrée  de  Tristan  remplit  de  joie  le  roi  Arthur  et  sa 
cour,  oii  l'on  avait  entendu  parler  de  la  disparition  de  notre  héros  (de 
même  Janot;  voy.  §  038,  u.).  Lancelot  ot  Palamède  \  qui  désirent 
vivement  connaître  les  détails  de  cette  aventure,  décident  d'aller  en- 
semble en  Petite-Bretagne ,  pour  s'informer  auprès  de  Tristan  lui- 
même.  Le  surlendemain,  Lancelot  prend  congé  de  Guenièvre,  et  les 
compagnons  montent  à  cheval,  avec  deux  écuyers.  Ils  passent  la  nuit 
dans  une  maison  de  religion.  Le  jour  suivant  —  on  est  au  mois  de  juin 
—  ils  entendent  crier  dans  une  forêt.  Palamède  va  aux  renseignements, 
trouve  un  nain  en  train  de  faire  violence  à  une  demoiselle  et,  après 
l'avoir  attaché  à  un  arbre,  le  fouette  si  vigoureusement  avec  une  grosse 
branche,  qu'il  le  mot  hors  d'état  de  parler.  La  jeune  fille  raconte  qu'elle 
s'était  laissé  conduire  aux  pâturages  de  son  père  par  le  nabot,  qui  était  à 
un  grand  seigneur  du  voisinage  et  qui  venait  souvent  à  la  maison. 
Lancelot,  survenu,  délie  le  nain,  qui  dit  qu'il  est  au  service  du  seigneur 
de  la  Longue  Mare  [ta  L.  Mer,  Janot',  et  qu'il  doit  aller  chez  monseingneur 
du  Mesnil  Merlin  [Mesnil  vermeil  ^  prés  le  Perron  Meriln  ,\.  Merlin,  Janot). 
Les  deux  chevaliers  reconduisent  la  demoiselle  chez  son  père,  dont  ils 
acceptent  l'hospitalité  sans  vouloir  lui  dire  leur  nom.  Le  lendemain  ils 
s'endorment  près  d'une  fontaine,  dit  de  la  Sapynoie.  Surviennent  deui 
messagers  *  que  Nahon  avait  envoyés  à  Arthur  avec  une  missive  dans 
laquelle  le  roi  est  engagé  à  venir  assister  à  la  grande  fête  qu'à  la  Saint- 
Jean,  Xabon  donnera  pour  célébrer  l'accolade  de  son  fils  :  si  Arthur  ne 
s'y  trouve  jtas,  le  géant  tuera  les  chevaliers  qu'à  l'insu  de  tout  le  monde 
il  a  emprisonnés  de  nuit,  à  savoir  Guiron  le  courtois,  le  bon  chevalier 
sans  peur  ',  et  Danain  le  roux  *.  Les  messagers  sont  tués,  l'un  d'eux 

1.  ï\  n'est  pasexplitjuë  ctioiment  Palamède  est  à  la  cour;  Lancelnt  It  troura  a«  patait. 

3.  Ici  reprend  SIO  {('  111);  cf.  p.  U6. 

i.  Le  Morhout ,  qui  flgare  plas  loin  panni  les  prisoanlen,  a  ^té  onblié  ici  dans  les  deQX  mM. 
Ouu  la  soite,  le  scrihe  de  3â&  raye  oa  ex]>onctae  le  nom.  nae  Janot  «opprime  ou  remplace. 

i.L*  présente  version  semhie  avoir  i'té  fabriqui^  sur  des  donnéeii  du  Palamède  et  du  Trittan 
(cf.  la  note  ci-apr^).  Le  compilateur,  avant  trouvé,  dan:4  le  premier  de  ces  romans,  le  récit  de 
l'emprisonnement  du  bon  chevalier  par  Nabon  et  l'annonce  d'après  laquelle  il  devait  être  délivré 
commeGuirun  et  les  autre»,  jnr  Lviuc-elut,  Tristan  et  Palamède.  s'est  probablement  souvenu  d'avoir 
la  dans  le  Trif  (an  comment  le  héros  de  ce  roman  tua  Xabon;  désirant  utiliser  pour  sa  compilation 
CM  traits  apparten-int  h  deux  ouATagcs  difTi'rents.  il  réonit  tous  les  prisonniers  dans  les  donjons 
de  N«bon  pour  les  faire,  après  la  mort  du  gûant,  épi»>de  qu'il  copie  dans  le  Trittan,  délivrer  par 
les  cberalicrs  indiqués  dans  le  l'alamède  et  dont  il  introduit  tout  bras(|Uement  Palamède  (cf. 
ei-deuas),  en  inventant  un  nouveau  voyage  de  Triitan ,  qui  anrait  ignoré  d'abord  la  captivité 
des  Ulostres  héros,  emprisonnés  nuitamment  par  le  géant  jcf.  les  explications  de  Janot  et  de 
Terard,  §|<37,«8fl,  notes<.  Cette  compiUtion,  keo  Juger  par  l'épUofpie  (§  813),a  été  donnée  par 
Uisticieo.  qui  en  était  peqt-ëtre  l'aBteor. 


liroD,  le  bon 
bevalier  sans 
ur,  Danain  et 
Murhout  sont 
élivrés  de  la 
ison  (leNabon 
ar  Lancelot, 
Palamèdeet 
Tristan. 


—  470  — 

ayant  répondu  grossiêremt'nt  à  Palamède.  A  leur  écuycr,  qui  est  force 
de  donner  des  rcuseignemonts,  Palamède,  sur  l'ordre  de  Lancelot, 
coupe  un  pied  et  crève  un  œil  ])our  faire  honte  à  Nabon,  à  qui  ils  le 
renvoient  annoncer  une  visite  prochaine. 

641.  Ayant  chevauché  jusqu'au  soir,  ils  arrivent  au  château  d»ï  la 
Roche  noirCy  où  ils  sont  l)ien  reçus  par  le  roi  Iloël.  Le  lendemain,  après 
la  messe,  Tristan,  dans  sa  chambre,  leur  raconlc  son  voyage  au  pays 
du  géant.  «  Ah!  s'écrie  Lancelot,  vous  avez  donc  affranchi  Guiron  et 
les  autres?  —  Certes,  est  la  réponse,  ne  de  Guiron  ne  des  autres  cheva- 
liers de  la  Table  Reonde  noi  je  onques  nules  nouvelles,  fors  tant  seule- 
ment de  Mecion  le  petit,  qu'on  me  dit  que  le  géant  avait  tué  et  dont  on 
me  montra  le  tombeau,  mes  des  autres  n'oi{e]  je  onques  parler.  » 
Tristan  est  donc  très  étonné  en  lisant  la  lettre  de  Nabon,  que 
Palamède  lui  présente.  Il  s'offre  à  accompagner  Lancelot,  qui  annonce 
son  intention  de  ne  point  rentrer  â  la  cour  avant  d'avoir,  avec  Pala- 
mède, rendu  la  liberté  aux  célèbres  prisonniers.  Tristan  fait  venir  les 
marins  qui  l'avaient  conduit  en  Petite-Bretagne,  et  on  s'embarque  le 
lendemain.  Arrivé  à  la  Franchise ,  on  se  loge  chez  la  veuve  qui  avait 
hébergé  TrisUin.  Celui-ci  mande  Segurades  pour  savoir  s'il  a  ouï  dire 
que  Guiron  et  les  autres  se  trouvaient  dans  le  pays.  «  Non,  répond  le 
roi;  si  Guiron  y  eût  été,  j'en  eusse  certainement  entendu  parler,  car 
c'est  mon  cousin  ',  et  j'aimerais  bien  à  le  voir.  »  Tristan  lui  tend 
alors  la  lettre  du  géant.  Elonnement  de  Segurailes ,  sur  le  conseil  de 
qui  est  mandé  le  chevalier  des  Loges,  l'ancien  ami  de  Nabon.  Lui  non 
plus  ne  connaît  de  chevaliers  d'Arthur  tués  par  Nabon  que  Mecion  le 
petit.  Mis  au  courant  de  ce  qui  s'est  passé,  il  recommande  d'aller 
fouiller  les  cliâteaux  et  les  prisons  du  géant,  qui  avait  coutume  d'y 
envoyer  la  nuit  ceux  qu'il  voulait  faire  mourir;  le  plus  éloigné  de  ces 
châteaux  porte  le  nom  de  Marmondela  fort.  Le  lendemain,  on  s'en  va 
à  Moucheron ,  dont  le  seigneur,  Sarpedon ,  pour  célébrer  la  venue  de 
Tristan,  lui  offre  un  grand  banquet,  en  y  invitant  les  bourgeois  les 
plus  honorables;  ceux-ci  présentent  à  leur  libérateur  des  cadeaux, 
qu'il  fmit  par  accepter.  Le  jour  d'après,  on  se  rend  à  Marmonde,  qui, 
au  dire  d'un  écuyer,  renferme  quatre  chevaliers.  Le  châtelain  ayant 
rendu  les  clefs,  Guiron,  le  bon  chevalier  sans  peur,  Danain  et  le 
Morhout  sortent  enfin  de  prison.  (Janot  remplace,  sottement,  le 
MorhoutparLac,  qui,  selon  l'imprimé,  serait  également  dansMarmondo; 
cf.  §  638,  n.)  Le  conte  revient  à  Meliadus. 

C42.  Ce  roi  ^,  ayant  i)erdu  la  comjjagnie  do  Lac,  après  le  tournoi  du 
château  des  Deux  Sœurs,  retourne  en  Léonois,  où  il  ne  trouve  pas  son 


I,  NuUft  part  afltenrs  nous  n'svuns  ya  flfrurer  (Inimn  comme  le  cousin  de  S^ariidefl  ;  p«it- 
étrc  y  a-t-il  iri  quel<|U<:  confusion  avec  Seguriidcs  lo  bnin  ;  cf.  !>•  437. 

•2.  Ce  qni  xnit  .i  déjh  ^ti^  dnnni^  textacllcmcnt  Juiijii'hux  mots  en  une  granâr  fomt  pxr  Jsnot 
(cf.  p.  4fif).  (|"i  supprime  les  remnniues  sur  Tristan.  Le  ri*dacteur  tie  l'imprimé  aura  cm  devoir 
reporter  au  passage  clt^  le  présent  morceau ,  qui  ne  parait  être  riu'an  fragment  de  I»  compi- 
lation qiili  comme  nous  venons  de  le  supposer,  a  iti  faite  snr  les  rom-ins  de  Palamède  et  da 
Tristan;  cf.  ie  renvoi  h.  ce  qui  est  pnr  di-rnni ,  et  le  Uxtn  dn  Palamède,  ah  (p.  451)  we 
retrouve  le  di-ltut  de  la  laisse  jusqu'aux  mots  :  .Mcl.  retourne  en  Léonois ,  ainsi  que  te  récit  de 
l'emprisonnement  de  Lac  (  ^  G38) .  Le  <-ompilateur  a  sans  donti*  placi^  ici  notre  épisode  afin  de 
faire  se  retrouver  Tristan  et  son  jière.  Pour  le  reste  de  la  compilation ,  une  ri'dactioD  abr^ée  et 
altéra  est  pr.-snnb^e  par  Jasot  (v.{  638,  no'e),  qui,  apri>s  la  d<5iivrancc  de  Ouirou,  etc.  (|  4111), 
passe  k  U  rentrée  et  à  la  mort  de  Melladas ,  épisodes  qu'il  rattache  h  la  rencontre  flgottnt  plu 


—  471  — 

fils;  il  ne  sait  si  Tristan  est  allé  en  Cornouaille  chez  son  amante,  ou 
s'il  est  au  royaume  doLopre?  avec  sa  femme.  Ayant  arrangé  ses  atTaires, 
i!  repart  pour  la  Grande-Bretagne  (3ô5,  Janot  ;  Petite-Bretapnel, 
et  se  met  en  quête  de  Guiron  et  des  autres  compagnons  de  la  Table 
Ronde  emprisonnés  en  diverses  parties.  II  va  vers  Maloaut  pour  avoir 
des  nouvelles  de  Lac,  qui  l'avait  quitté  pour  la  femme  de  Danain, 
comme  nous  avons  vu  par  devant^  et  est  logé  par  le  forestier  de 
Maloaut,  qui  lui  raconte  comment,  il  va  un  mois,  Lac,  ayant  tué  un 
cousin  de  la  châtelaine,  fut  dénoncé  par  lui  et  mis  en  prison  par  la 
dame.  Meliadus  part  jiour  le  délivrer,  empêche,  en  le  blessant  grave- 
ment à  la  joute,  le  rui  Pharamonl  d'enlever  une  demoiselle  de  Maloaut, 
va  avec  lui  à  ce  château  et  y  obtient  de  la  dame  la  liberté  de  Lac,  avec 
qui  il  part,  toujours  en  quête  de  Guiron.  Lac  est  abattu  par  Ariohan, 
qui,  ayant  tué  un  neveu  de  Léodiigan,  avait  été  aposté  par  ce  prince  pour 
Jouter  avec  les  passants  jusqu'à  ce  qu'il  trouvât  son  vainqueur,  Ariohan 
est  à  son  tour  désarçonné  par  Meliadus,  à  qui  il  parle  des  chevaliers 
enfermés  dans  Marmonde,  et,  ayant  pris  congé  de  Léodagan,  il  part 
avec  les  deux  nouveaux  venus,  qui,  comme  lui,  ont  l'intention  de 
chercher  les  captifs. Au  bout  de  douze  jours,  nos  trois  voyageurs  entrent 
en  une  grant  forest;  un  paysan,  menant  un  àne  chargé  de  bois,  leur 
apprend  qu'ils  sont  tout  près  de  Marmonde,  et  que  Tristan  y  séjourne 
après  avoir  délivré  les  prisonniers,  avec  les(|uels  il  va  chaque  jour 
solacier  à  une  fontaine  située  au  jiied  de  la  tour.  Mcliadus,  se  réservant  „  ,.  . 
la  joute  contre  son  fils,  s'y  rend  avec  ses  compagnons.  Tristan  les  Tristan^* 
voyant  approcher,  persiste,  malgré  Lancelot,  à  ne  pas  les  laisser  passer 
sans  défi.  On  permet  au  chevalier  des  Loges  de  commencer  :  il  est 
renversé  par  Mcliadus,  qui  terrasse  ensuite  Sarpedon,  le  Morhout,  le 
bon  chevalier  sans  pour,  Danain,  Guiron  et  Palamède.  Voici  que 
Tristan  s'élance,  en  prévenant  Lancelot,  qui  allait  s'avancer  à  s(m  tour  : 
ils  sont  tous  les  deux  désarçonnés  par  le  roi,  qui  s'éloigne  après  avoir 
ainsi  démonté  dix  '  chevaliers.  Tristan  veut  encore  l'atteindre  pour 
savoir  son  nom,  et  réjiond  à  Lancelot.  qui  objecte  que  ce  ne  serait  point 
courtoisie  et  raison  de  faire  force  au  chevalier  :  «  Sire,  par  tout  n'est  mie 
raison  faicte.  »  Il  se  lance  ù  la  poursuite  de  Meliadus,  qui  déclare  être  le 
chevalier  lep!us/)orre  et  le  it\us  esgaré  du  monde,  toujours  à  la  recherche, 
mais  ne  trouvant  (jue  maie  advenlure.  Il  consent  enlin  à  se  nommer,  et 
on  le  salue  avec  enthousiasme.»  A  l'avenir,  dit  Tristan,  cette  fontaine, 
dite  jusqu'ici  du  Valde  Pleur,  doit  porter  le  nom  de  la  Fontaine  du  Val 
de  Joie.  »  Tous  les  treize  chevaliers  vont  passer  la  nuitdans  Marmonde. 

643.  Le  lendemain,  Meliadus  fait  observer  qu'il  serait  temps  de  se 
rendre  à  la  cour  d'Arthur.  Il  refuse  d'aller  par  mer  :  «  Nous  aurions 
l'air,  dit-il,  de  craindre  les  aventures  chevaleresques.  »  Tristan  con- 
gédie donc  les  marins,  en  leur  ordonnant,  par  le  chevalier  des  Loges  et 

baot  (Uns  le  Palamède  du  chevalier  Je  Csmaaloth  svec  le  m)  de  Lôudoîs  ;$  648).  Olui->i,  dit 
l'Imprimé,  qui  renvoie  au  Tristan,  retonrnL'  à  »  cour  et,  apnîs  la  gu^rÎM>n  de  son  Jeune  fll5 ,  qui 
•Tait  vté  malade  iifiiil.int  trois  mni«  (cf.  In  conversation  dnnut-e  ib.).  épouse  .-tttre,  la  flUe  de 
Uoël  (cf.  §  3-2).  Mfli.i'lns  est  as5a^iut<  â  la  chasse  ;cr.  ^  3:)}  par  deux  cticvalicn  de  U  parenté  du 
Morbout  d'Irlande,  renui  par  le  cameil  du  roy  Marc  de  CirnouaiUe.  Plus  tard.  Tristan 
tua /#«ji/e  (pas  encore  meniionné)  de  Cornouaille  (}.  le  e.de\orhout\  et  fi'l  la  cité  dettruifre, 
amiti  oreit  le  Morhovll  d'Irlande.  Grand  deuil  à  canne  du  diVéa  ilu  mi.  dtmt  Ica  fum-raillei 
eurent  lieo  ainsi  comme  a  roy  appartenait.  Je  p'ie  a  Itieu  rju'tl  rueitle  aroir  ton  ame. 
.4men.  Fin  de  Janot. 

1    Segurailes  a  i'tô  oal^lië  dans  les  deax  mu. 


—  472  — 


rriomphe  de 
Meliadus. 


Bpiloçue  de 
Austicien. 


Sarpedon,  qui  prennent  congé  de  lui,  de  retourner  seuls  en  Petite- 
Bretagne.  ÏjC»  onze  compagnons  se  mettent  en  route  et  marchent  jus- 
qu'à Maloaut;  là  se  trouve  encore  Pharamont,  guéri  des  blessures 
qu'il  avait  reçues  dans  sa  joute  avec  Meliadus.  Au  bout  de  quatre  jours, 
il  part  avec  les  autres,  et  on  arrive  en  Petite-Bretagne,  au  château  de 
la  Roche  noire,  où  l'on  est  bien  reçu  par  le  roi  Uoêl  et  sa  Olle  Iseut 
(YsabelZbb)^  la  femme  de  Tristan.  Lancolot  envoie  à  Arthur  et  à  Gue- 
nièvre  une  lettre  dans  laquelle  il  leur  annonce  que  la  quête  est  accom- 
plie et  que  lui  et  les  camarades  viendront  les  saluer  le  jour  de  la 
Toussaint.  Arthur,  pour  accueillir  dignement  tant  d'illustres  héros, 
réunit  tous  ses  barons  à  l'occasion  de  la  fête ,  qui  arrivera  quinze  jours 
plus  tard.  Au  jour  nommé,  les  douze  chevaliers  viennent  à  Camaaiotb, 
où  ils  sont  reçus  avec  une  grande  joie.  Lorsqu'on  va  dîner,  une  demoi- 
selle montée  sur  une  mule  blanche  apparaît  avec  une  superbe  cou- 
ronne, qu'Arthur,  dit-elle,  doit  poser  sur  la  tête  de  celui  qui  abattit 
les  dix  chevaliers  devant  la  Fontaine  du  Val  de  Pleur;  après  ces  mots 
elle  disparait  subitement  sans  rien  ajouter.  Le  roi,  mis  au  fait  par 
Lancelot,  va  couronner  Meliadus.  qui  olfre  à  la  reiuo  l'insigne  qui 
vient  de  lui  être  décerné.  Au  cinquième  (quatrième,  355)  jour,  l'écla- 
tante fête  est  terminée,  et  s'en  allèrent  chascun  a  sa  contrée. 

Cy  *  fine  [le  355)  maistre  Husticien  de  Pise  [son  conte  355),  en  louant  et 
{en  3-it))  regraciant  le  père  (et  340)  le  filz  et  le  saint  esperii  et  ung  mesme 
DieUf  filz  de  la  benoiste  vierge  Marie,  de  ce  qu'il  [que  il  340)  m'a  donné 
grane,  sens,  force  et  mémoire,  temps  et  lieu  deme  mener  a  fin  de  H  [donné 
Heu  et  temps,  force  et  sens  de  mener  a  fin  si  340)  kaulte  et  si  noble  matière 
comme  ceste  cy,  dont  [comme  est  ceste  dont  ZAO]  j'ay  traicté  en  mon  livre 
de  tant  de  nobles  preudesliommes  dont  j'ay  les  fais  et  les  proesces  récitées  et 
recordees  en  mon  livre  [traiclé  lez  faiz  et  proessez  recitez  et  recordez  a  mon 
livre  355).  Et  se  aucun  me  demandoil  pour  quoy  [en  mon  livre  3401  /'oy 
parlé  de  Tristan  avant  que  de  son  père,  le  roy  Meliadus  [avant  du  r.  M., 
sonpere  3iO),je  rcspons  que  7na  matière  nestoitpas  congneiie;  carjene 
puis  pas  sçavoir  tout  ne  mettre  toutc[s]  mes  paroles  par  ordre.  Et  ainsi  fine 
mon  conte.  Amen.  Fin  de  355  [ExpHcit  le  rou{r]man  de  Meliadus).  —  340 
(r*  121  e),  à  partir  des  mots;c  rcspons,  continue  ainsi  :  que  ma  nuUiere 
le  requeroit;  car  je  ne  puis  pas  avoir  mises  toutes  mes  paroles  en  ordre 
pour  les  intervalles  qui  avenoient  entre  deux  fais,  et  pour  ce  que  ce4t  livre 
n'est  mie  proprement  d'une  seule  personne  fait,  ne  il  n'est  tout  dcLanceht 
du  lac,  ne  il  n'est  tout  de  Tristan  ne  tout  du  roy  Meliadus^  ains  est  de 
pluseurs  hystoires  et  de  pluseurs  croniques  dont  je  les  ay  estraites  etconpi' 
lees  a  la  requeste  du  roy  Edouarl  d'Engletcrre ,  sicomme  il  est  contenu  au 
commencement  de  mon  livre.  Et  cest  livre  est  appelé  Meliadus, pour  ce  que 
le  roy  Meliadus  fist  plus  de  nobles  fais  a  cellui  temps  que  nuls  des  autres 
cfievaliers  de  qui  nous  avons  parlé  ^. 


I.  A  cet  i(p!lopic,iinpriin<^  d'après  35&  par  P.  Psris  (.Vsi.  fr.,lU,  69),  Jiinot,  comme  Dont  SToni 
vu  plin  hnDt  (p.  46%),  sultstitiie  un  morceau  an  Pnlamèdr,  suivi  du  rfelt  de  la  déUvraoee 
des  prisonniers  de  Nahon,  comme  dans  350  (Jf  C4fl,  filt),  et  i'imprlmé  finit  en  donnant  U  mort 
de  Mcltadus,  empruntée  au  Tn'ilnn  (p.  471). 

3,  LVpilogue  de  [iHAticicn  t'St  nuivi ,  dans  310,  de  qucltiucii  morocanx  tout  k  fait  isolés  de  lear 
contexte.  Ce  eunt  d'altonl  Ich  aventurer  de  Marc  et  de  son  neveu  pendant  leur  tra versée .  copiées 
dans  le  texte  des  ins.i.  97.  M'A.  IrtO  [cf.  p.  170).  Apres  avoir  reprodait  U  phrase  qui  sert  de 
transition  à  la  rédaction  de  HHI  (p.  I73),  310  (f«  138  li)  passe  hmstinement  aux  rendci-rou 
d'Iseot  avec  son  amant  (cf.  p.  18.')-1AC) ,  en  donnast,  toujours  comme  97,  etc.,  les  épisodes  sal- 
TROta  du  Trittan  Josqa'aa  f"  St)l  f,  où  Lancelot  ordonne  de  bien  garder  Iseot  (|  341).  Le  ms. 


—  473  — 

Aini>i  finit,  dans  le^:  manuscrits  ilo  Paris,  la  compilation  fra^men-  fiemarques  sur 
taire  et  incohérento  attriliuée  à  Rusticien  de  Pise,  qui  la  translata,  envi-    la  compilation 
ron  i'271,  d'un  manuscrit  appartenant  au  roi  Edouard  I^'  d'Angleterre    *      Kustici«;n. 
(voy.  le  préambule,  §  t)"20',  et  qui,  d'après  l'hypdtlK'se  piMiéralemont 
reçue,  est  identique  au  rédacteur  des  voyages  île  Marc  Pnl    cf.  I».  Paris, 
Mss.  fr.,  [I,  355  ss.;  Ward,  Catalogue,  I,  3ti7j. 

Avant  de  terminer,  nous  allons  résumer  notre  opinion  sur  la  masse 
iudigeste  figurant  dans  les  mss.  de  Rusticien  connue  la  coinpilation 
intitulée  Metiadus  selon  l'épilogue  de  3-iU  (cf.  la  ruliriipie  du  délmt 
et  l'explicit  de  355:.  Si  l'on  peut  se  lier  aux  dires  du  pndogue,  le  uKMlèle 
du  Pisan  n'était  également  qu'une  compilation  qui,  comme  celle  qui 
nous  occupe,  débutait  par  l'épîsoile  de  Branor;  voy.  p.  i:i!(i-7,  enilroit 
où  est  cité  pour  la  dernière  fois  le  livre  d'Edouard.  Suivant  l«)Ute  pro- 
babilité, Rusticien  ne  s'est  pas  itorné  à  transcrire  d'un  buut  a  l'autre 
lems.  du  roi  d'Angleterre  (cf.  l'épilogue'  ;  il  a  sansdttuteajnulédu  sien, 
mettant  â  jjrofit  en  même  temps  les  romans  en  prose  ordinaires  cf.  les 
phrases  finales  de  l'épiUigue  de  3i0;.  Mais  nous  ne  .-^aurions  déiér- 
rainer  la  part  qui  lui  revient  dans  le  fouillis  des  manusrrits;  le 
titre  de  maistre  se  trouvant  le  jdus  souvent  sans  l'additinn  du  nom  de 
Rusticien.  nous  devons  même  nt>us  demander  si  te!  tm  tel  épisode  ne 
provient  pas  d'une  ré«laction  tout  autre  que  l'ieuvre  du  Pisan  :  les 
scribes-remanieurs  ilu  moyen  âge  ne  se  gênaient  jias  ]iuur  jeter  jièle- 
mèle  des  déliris  de  lîvrfs  qui,  coinposi'-s  jiar  «les  auteurs  ditl'érenls,  déri- 
vaient des  sources  ordinaires  auxquelles  puisaient  lesnuuanciiTS.  ('.'i-st 
ainsi  qu'au  milieu  de  nos  mss.,  sauf  1403,  nous  vuyiius  interpolée 
presque  toute  la  première  partie  du  roman  de  Palamede  voy.  p. 
43"2  ss.);  personne  ne  mettra  cet  énorme  morceau,  cojiié  dans  le 
Palamede  texte  de  350}  et  oll'rant  des  disparates  avec  la  suite,  sur  le 
compte  du  compilateur,  qui  n'aurait  pas  manqué  d"adapter  plus  conve- 
nablement les  emprunts  qu'il  faisait  à  ce  roman.  Pour  la  tin  de  la 
compilation,  voy.  §  039  et  les  notes  aux  §§  (UU,  040. 

Quant  aux  manuscrits,  une  famille  à  part  est  représentée  par  1  i03, 
duquel  se  rapprochent,  pour  certains  épisodes,  les  mss.  du  Trhtaii  103  , 
(v.  §  4  iO  d',  757  idepuis  le  premier  combat  contre  Lancelot  :  cf.  j|  4S'J  ; 
Préface,  p.  XVll!  et  9'J  (v.  p.  338;  §  Gil  .  340  va  en  général  avec 
355,  dont  le  texte  est  suivi  de  près  dans  357^,  3478-.  Xuus  iiguruns 
donc  ainsi  le  groupement  des  mss.  de  Rusticien  ; 

0 
I 

X 

I  ^^^_^__ 


1463 


b 
340;  :i;tOi  .i;>;-,  ,H7h^ 


raconte  ensuite  qup  Qaoni^vre  a  pris  le  voîle  d<f  pear  des  fllsitc  Mur'Irel  (ivia  est  cmprunti-  îi  l,t 
Mort  ^rtu).  Une  anck'rtiir  amie  de  UilH^'t  tivut  compn^nic  à  litn-îne,  <i>ii.m.ilt{r^la  |>is>-i.i:i  dont 
eUc  le  sent  tnojrtiirs  i>^nttnv  iMHir  sim  .ini:iiit,  lui  t-n  veut  <lc  ne  pis  avnir  \eni;<'  1 1  iimrt  d'.\rt!iiir. 
Vue  rivjile  lui  ayaut  f^it  rroirv  '(u^-  [.^iiiri-lcii  vat  mort  en  mer.  I'îiif>niin>.'e  n-li^iL-ii4o ,  qui  était 
d^jà  malade,  ne  pent  t-trf  ^'luvi-.-  jiir  la  ii<iiivi-i:i-  rie  l'.trrivi'c  lU'  *'in  tiiun-aiini'  :  eUc  ex  pin'  en 
chargeant !u  compat^n.' <l'.i|ii><irtiT  S'm  i-.inr  innrt  iiii  réii-liri- oln'valitT,  <|ic,  im!li<.-ï)reust.-mcnt , 
la  fldèlc  amie  nenrusnit  \<in  '.t  tmiiwr;  (•!.-)»&  Mitlory,  liiicnicvre  ne  mciir;  [lai  avant  iraviiir  n-vu 
Lancelot,  a  •jui  cMt'  adri-iM'  un  ili-rnit-r  iulieui.  Puis  3ln  pn-tcntL'  le  r.'  it  d.-  la  murt  df  Marc 
(Toy.  p.  409},  et  tlnit  pir  l'i-pilofrue  donnt^  ib.,  d>int  la  iviieiirindiiiuc  tiilti>.iiiiment<|uo  le^  iLiix 
derniers  épiKKies,  pn.vcK-3  probablement  du  n^it  ■!«  la  murt  d'Artliur,  apiurticnncnt  k  uuc 
compilation  lndé[)en<Iante  de  celle  de  RosUcien. 

LiJSBTH.  —  Tristan.  30  bis 


^  474  — 

Los  imprimés  de  Rusticieo  se  rattachent  à  la  famille  b  (cf.  p.  435); 
les  éditeurs  ont  supprimé,  comme  on  devait  s'y  attendre,  les  aventures 
qu'avec  le  texte  de  103  ils  avaient  déjà  données  dans  leur  lYistan  (v. 

§§624,628). 


ADDITIONS    ET    CORRECTIONS 


Le  présent  ouvrage,  dont  la  préface,  par  suite  de  circonstances  qui 
n'intéressent  pas  le  public,  a  été  imprimée  déjà  en  mai  1890,  ne 
devait  donner,  selon  le  plan  arrêté  il  y  a  plusieurs  années,  que  l'ana- 
lyse du  Tristan  et  de  la  compilation  de  Rusticien  d'après  les  mss.  et  les 
imprimés  de  la  Bibliothèque  uationale.  Depuis,  j'en  ai  considérable- 
ment élargi  le  cadre  en  introduisant  une  analyse  du  roman  de  Palamède 
basée  sur  tous  les  mss.  et  imprimés  des  bibliothèques  publiques  de 
Paris,  Pendant  ce  travail  j'ai  été  amené  à  collationner  aussi  le  ms,  et 
l'imprimé  (Michel  le  Noir:  du  Tristan  de  l'Arsenal.  Je  communique 
ci-après  le  résultat  de  la  collation  parmi  les  autres  additions  et  cor* 
rections  qu'appelle  cet  ouvrage  d'assez  longue  haleine,  et  qui  pro- 
viennent en  partie  d'études  que  j'ai  faites  pendant  ou  après  l'impression. 

P.  I.  Pour  les  papiers  de  Brakelmann,  voy.  les  remarques  de 
M.  Suchier.  Zeitschrift  fiir  deutsche  Philologie,  1890,  p.  3C0. 

P.  m.  D'après  le  catalogue  imprimé,  les  mss.  lOO-lOt  sont  du 
XIV*  s.  et  772  du  xv*  s.  —  340  e.st  du  xiv'  ou  du  xv*^  s.  —  Pour  357', 
3478*,  qui  contiennent  un  fragment  de  la  compilation  de  Rusticien 
avec  une  partie  de  l'interpolation  du  Palamède,  v.  pp.  455-6,  433-5. 

P.  IV,  note.  Pour  les  autres  vieux  imprimés  contenant  la  compila-  Imprimés, 
tion  de  Rusticien  et  pour  le  Jàeliadus  moderne,  v.  ]>.  43Ô-6.  —  De  l'édi- 
tion de  Jehan  le  Bourgoys  aucun  exemplaire  no  se  trouve  aux  biblio- 
thèques de  Paris.  Celle  de  Michel  le  Xoir  fI520j  est  à  l'Arsenal  ;  c'est 
le  même  texte  que  nous  olï'rent  Verard  et  Janot,  pour  tout  ce  qui  est 
essentiel. 

Le  ms.  de  l'Arsenal  3357  (anc.  254  B.  F.)  du  xv*  s.,  un  fragment  ^e  rus  3357  de 
du  Œ  premier  volume  »  dti  roman  de  Tristau,  débute  au  milieu  de  la  l'Arsenal 
conversation  de  Joseph  d'Arimathie  avec  le  douzième  fils  de  Brun  {Tristan). 
(v.  §  I)  et  finit  à  l'endroit  où  Tristan  et  Dinadan  acceptent 
l'hospitalité  de  Daras  [§  142);  selon  l'annonce  finale,  le  «  second 
volume  »  devait  commencer  par  parler  de  Lancelot.  Le  manuscrit,  qui 
supprime  ou  altère  des  noms  propres  et  de  petits  détails,  et  qui 
présente  un  croisement  des  textes  de  94,  103,  334,  concorde  d'abord 
avec94.  Des  variantes  de  ce  manuscrit,  se  retrouvant  dans  3357,  sont  : 
Tennor,  p.  4;  Luisin,  p.  6  (mais  Childeric,  pp.  7.  10;  Belide,  p.  19, 
Hebés^  p,  22).  Immédiatement  avant  l'épisode  de  Tristan  au  bain  (p.  241, 
3357  intercale,  comme  103  et  avec  le  même  texte,  le  récit  du  combat 
contre  le  serpent  ;le  nom  du  sénéchal  est  Agingueren;  Tristan  est 
appelé  Tantrist,  quoique  plus  haut  f§  32},  comme  dans  la  version 
commune,  il  ait  refusé  de  se  nommer.  Puis  reprise  delà  version  com- 
mune; nous  trouvons  de  nouveau  des  leçons  de  94  :  Enchanteresse 
répété,  p.  33  ;  Marc  fait  Tristan  seigneur  de  son  hôtel  et  le  nomme 
son  successeur,  p.  35  (mais  Tristan  et  Iseut  au  jeu,  p.  38,  essentielle- 


—  476  — 

mont  comme  dans  103  ;  l'entrée  de  l'appartement  de  la  reine  est  inter- 
dite à  qui  que  ce  soit,  comme  dans  335,  p.  40  ;  le  nom  du  chien  est 
ïïcmlenl,  pp.  -i't,  SO)  ;  bras  gauche,  p   41  ;  Aoiyde,  p.  43;  Viennor  {de 
Cariiulide],  hU,  p.  48  (mais  Tristan,  consentant  à  se  faire  connaître,  dit  à 
NabifU  :  «    De  peur  je  ne  cachai  jamais  mon  nom,   w  sans  d'omme 
qui\  etc.,  p.  jU;  ;  Denncntes,  p.  57   [mais  le  Pin  des  quatre  Dames 
comme  dans   lOi,  l'ô.V   A  partir  de  l'aiiparition  do  Ginglain,  p.  66, 
3357  suit  eu  général  le  texte  do  334  ;  ainsi  les  remarques  de  rédaction, 
p.  8ti,  s'arrêtent  à  mot  a  mol  :  Kn  ce  que  je  vous  a  y  mis  avant  avroit  il 
trop  a  racompler  qui  dire  le  vouldroU  mot  a  mot,  comme  dans  334 
(mais  en  la  forcst  de  Norholt,  p.  67  ;  Andret  amène  aussi  des  valets 
[cscuiers),  p.  80;   le  j)aviIIon  est  dans  la  plaine,  p.  lOlj;  les  mots  tout 
meintenant,  jt.  lOU,  n'y  sont  jtas).  —  Des  noms  j)roj)res  ou  de  petits 
détails  ouhliés  ou  su]»priniés  :  Mndalie,  p.  5;  Clovis,  p.  G;  le  château 
des  Portes,  \t.  8  ;  Triadan,  p.  9  ;  Hélie,  Archana,  p.  H  ;  le  fié  de  dix  che- 
valiers, etc.,  ]>.  tîl  ;  Pcrinis,   Malhael^  p.  23;  la  défense  de  Gouvernai 
{i^I03),  p.  26  ;  les  détails  sur  le  lieu  où  Galehout  rencontre  sa  sicur, 
p.  33,  sur  l'nlibaye  de  Gaule  et  Ban,  p.  36  ;  Aquyn^  p.  45;  Supinable, 
p.  47  ;  les  cuissi^s  de.  la  beste  glatissant,  p.  57  :   le  Boicre  amoureux, 
p.  6S  ;  les  remarques  sur  lo  pavillon,  p.  10*  ;  Aiglin  de  Vaux,  p.  104  ; 
le  récit  fait  par  la  demoiselle  d'Iseut,  p.  105;  Keu  et  Dodinel,  \k  107.  II 
n'est  pas  exjiliqué  comment  les  serls,  p.  35,  se  procurent  le  sang.  P.  36  : 
l'histoire  do  Lamjiègue  est  abrégée;  Iseut  s'enfuit,  voulant  naourir,  et 
nîucontre,  etc.  I*.  41  :  les  adversaires  de  Tristan  eurent  fort  peur,  sans 
plus.  Le  récit  de  ht  lutte  de  Tristan  contre  les  chevaliers  d'Andret, 
p.  4'2,  manque,  de  même  que  les  détails  sur  le  Saut  Tristan;  3357,  sans 
plus  ;  il  se  jeta  dans  la  mer.  Le  dialogue  des  amants,  p.  43,  est  alirégé 
d'un  bout  à  l'autre.  Le  nombre  des  pavillons,  p.  49,  n'est  pas  donné, 
ni   la  remarque  de  Hrangain,  p.  60,  après  l'épisode  de  Damantes. 
L'exjiloit  de  lïrunor  à  la  cour,  §  07,  est  rapporté  en  quelques  mots, 
avec  la  faute  homme  pour  lion.  L'aimonce  de  la  suppression  à  la  page  88 
débute  comme  dans  33i,  etc.,  et  finit  ainsi  (après  rfawr /oîm)  :  Sine 
vuri!  compter  que  les  principallrs  avantures  de  T. ,  qui  a  ma  tnatiere  appar- 
tiennent, et  au  plus  brief  que  Je  pourrai/.  —  Altérations  et  particulari- 
tés :  Cih)elinde  est  écrit  Sel[l]inde,  Tinlagel,  Tintaignel,  et  Criside», 
]).    l.j,  Cresidfs.  I^elyas  est  duvA  le  gi'aiit  depuis  une  dizaine  d'années, 
\i.  10.  Mi'liadus  éi)ouse  en  secondes  noces  la  fille  du  roi  de  Norhonl»el- 
lande,  ^  :25.  Glcvedom,  §  '27,  est  remplacé  jtar  Tintagel.  Tristan  dit  au 
roi  d'Irlande,  p.  '^I  :  «  Je  suis  de  Gaule.  »  Lucan  le  boutillier,  Mador 
de  la  Porte  et  Calogrinant  sont  substitués  à  Guivret.  à  GiHlet  et  à 
lïailemagn,  §  30.  Les  frères  de  lirangain  retournent  en  Irlande  au  bout 
de  huit  jours,  Ji  33.  La  su-ur  de  Galehout,  §  41 ,  est  appelée  Cetice  ;  cf. 
H4.  Lo  roi  des  Cent  Chevaliers,  p.  34,  a  été  Idessé  par  l'orgueilleux  et 
f-nu'l  lilsclo  Hadcmagu,  Meloaguant,  que  tua  plus  tard,  devant  Arthur  et 
Gucnièvre,  le  héros  du  livre  des  faîz  de  Lancelot.  Ib.  :  Galehout  est 
ac('()m|ingné  d'un  chevalier  et  de  trois  écuyers.  Dirons  de  l'Isle  estrange, 
^   iij.  iMarc  est  escorté  do  quatre-vingts  chevaliers,  §  53.  Le  chevalier 
tUf'  par  Xabon  était  parent  de  Guenièvre.  p.  40.  Lamorat  a  tué  le  frère 
de  Frôlant  devant  la  Fontaine  aux  fers,  p.  52.  Agravain,  au  lieu  de 
Gauvain,  ^  65.  Ib.  :  Relinant  et  la  demoiselle  rejoignent  Luce,  qui  est 
grièvement  blessé,  et  s'en  vont  avec  lui.  Puis  :  Lamorat  à  Gamaaioth  ; 


—  477  — 

6on  combat  avec  BoUnant  manquo.  Le  nom  de  Brunor  le  noir,  p.  53, 
est  reraplact?  par  Archclaus.  LVnnite.  p.  'û ,  dit  qii"ArlIiiir  est  dans  le 
Damantes  depuis  trois  mois;  à  \wu  ]>rés  de  même  I-;inîora(,  un  jieu 
plus  loin  :  treize  semaines.  La  hestc  glatissant,  p.  hS ,  crii*  cnmme 
grant  planté  de  chiens.  —  Lacunes  ;  après  le  liaplèmedt'  Cii-nrades 
jusqu'au  milieu  des  amours  de  G<'mie,  ji.  13:  depuis  les  aventures  de 
Brunor,  §  68,  jusqu'au  commenceincnl  de  lépisutle  de  Darnaules, 
§71  a;  depuis  la  suite  des  aventures  de  Hrunor.  S  8**1  mile,  jusqu'à  la 
tentative  d'Iseut  pour  se  suicider,  i^  *J\  ;  depuis  !<•<  aventures  de  Lan- 
celot,  Brunor,  etc.,  §  9"2,  jusqu'à  la  rencontre  de  Kaliedin  et  de  I*aia- 
mède  avec  Sepumdes.  §  'J5. 

Pour  le  ms.  de  Rimie,  cf.  Lanplois,  .yotices  et  vxtraits  (/'  i  m«.  de  la  D'autres  maDU 
Bibl.  nat.,  etc.,  XXXIIl  II  .  p.  3fi  ;  voy.  iV*.,  p.  ;lns.  pnur  un  autre,  scrits. 
contenant  la  lettre  d'Iseut,  qui  prie  Tristan  de  n'venir  en  l'etile-llnv 
lagne,  §  "1  a.  Sur  lems.  d'Kdimhmirfr.  M.  1*.  Meyer  ;i  dunné  unemitioe 
dans  les  Archives  des  missinns  scictitififjiies,  1  stlT .  p]t.  137,  1  lô  fies  di*ux 
prologues  sont  n'-unis  .  Le  ms.  tle  liené\e  a  été  examiné'  par  M.  Suehier; 
V.  Zdîschr.  fiirdeutsche  Philologie,  l>^'.in,]).  ;!(jO.  —  .le  n'ai  jias  reirouvé 
dans  mes  manuscrits  le  texte  du  Irairmenl  d'un  ruman  eu  pnise  de  lire- 
noble  cité  dans  le  Catalupne  des  niss.  île  départements,  Vil  18**'.»), 
p.  26U.  Pour  le  fond,  on  j)ent  rapprocher  hi  siluatinu  de  Marc  voyant 
arriver  â  son  ile  le  pêcheur  en  haieau.  dans  i*iiiM».  ^  .'lU*;.  Je  ne  sau- 
rais pour  le  moment  imtiqner  non  jdus  la  ]iriivenani-e  clu  ]ielit  morceau 
imprimé  dans  la  Zeitschr.  fiir  deutxclie  Pfiit'i!n>/v\  |xsn.  p.  -l'^O.  —  Il  y 
a  aussi  un  manuscrit  à  Cheltenhani  l'hillipps.  S3>i3  .  un  à  Vienne 
f\\  Keller,  Homvart,  p.  HT;  Jacidi.  Dissertationx.  VIL  181  et  deu.\  à 
Modène  (v.  Camus.  I codici  franccsi  délia  Wg.  liibl.  Estense,  pj).  50,  03  ; 
le  début  du  second  de  ces  niss.  se  retrouve  dans  Tanalyse.  p.  15  ;  Clait- 
des  —  écrit  aussi  Claudix,  d*apr«>s  une  connnuiiication  (jue  M.  Camus  a 
bien  voulu  me  donner  —  est  une  fiirnie  variée  de  Clodeus.  Clovis  . 

§  HL  L'original  espagnol  des  Due  Trislani  se  trouve  à  la  Bililio-  La  Coronica. 
thèque  nationale;  titri>  :  Coronica  del  buen  caraUero  don  Tristan 
de  Leonis  y  del  rey  don  Tristan  de  Leonisel  juven.  su  hijo  :  Sévilie.  1534. 
Dans  le  proittpne.  le  rédacteur  se  jusiitie  il'avoir  apporté  des  correc- 
tions et  des  additions  à  la  «  cjrunica  antigua  »,  diuit  il  reK'vi»  jdusieurs 
«  defetos  ».  I<a  traduction  italienne  suit  rnnsirienfiensemenl  le  modèle 
espagnol  et  est  tort  bien  exécuti'-e.  Au  lieu  du  lirunur  le  hrun.  père  de 
Galehout  le  brun,  de  la  Coronica  et  de  la  Tavtla  Rit'mda  =  Brunor  et 
Galehout,  S  -S'*  :  fL  p.  i-i  I ,  n.  l-,  la  trailnçrinn  donne  Urnn«ir  le  brave. 
père  de  Galehout  le  brave.  Le  Tristan  lils  du  tome  11,  cf.  p.  '.VJ2.  n'a 
rien  do  comuum  avec  le  héros  du  roman  /^aic  Ir  triste,  analysé  dans 
Dunlop.  Ilistory  of  fiction.  Les  renvois  à  ce  dernier  ouvrage  sont  donnés 
d'apn's  la  nnuvelle  éditiun  de  M.  \Vilsou  à  j-artir  de  l'appendice. 

P.  YL  ligne  15:  an  lieu  deîi  3711.  Uiv  :  jj  :W.K 

P.  XIII.  lignes  (*>,  8,  3i.  lire:  S  ^\'^.  ji  7  I  a.  — Ln  a?itre  inilice  de  la 
suppression  des  aventures  de  Itrunnr  est  fniiriii  par  l'allusinn  faite,  aussi 
dans  756,  etc.,  à  la  dédivran(*e  de  Palani-'de  par  Lancelot  :  cl'.  ]q».  76. 
60-61.  L<*s  deux  versions  iiaraisseut  se  suppb'-er  lune  l'auti-e  :  une 
rédaction  plus  jirimitive  aura  ilonné  li»us  les  épistnii.'s  de  Brunor  avec 
les  premières  aventures  de  Tristan,  parti  pnur  rejoindre  Is-^ui.  —  Le 
début  de  la  version  de  757  est  perdu  dans  une  lacune  v.  ]i.  13*2,  note). 


—  478  — 

qui  aura  contenu  quoliiuos  aventures  de  Palamède  avec  Tristan  et 
Dinadan  après  son  emprisonnement  chez  Daras  et  avant  son  départ 
de  l'hôtel  où  il  s'était  lofîp  avtîc  ses  deux  camarades. 

P.  XVH,  gXIEI,  ligne?,  lire  :  §  i8Uss.  —  La  lacune,  dont  l'existence, 
aussi  dans  les  mss.  autres  (]ue  75T,  etc.,  est  prouvée  en  outre  par  la 
disparition  de  Dinas  (cf.  p.  33'J  note),  n'est  comblée  dans  757,  etc., 
qu'en  co  qui  amcerne  le  point  principal,  qui  est  l'explication  entre  les 
deux  amis  ;  ainsi  l'on  ne  juirh'  pas  de  Dinas,  on  ne  nous  dit  pas  com- 
ment Laneeloi  et  ses  jiartisans  surent  que  Tristan  était  à  la  Joyeuse 
Garde  avec  Hrunt)r,  Dinadan  et  i*alanié(le,  et  l'on  introduit  tout  pubite- 
ment  Golisiant.  Quant  à  Lamorat,  il  est  à  noier  que  757,  qui  le  sup- 
prime d'abord,  le  fait  lîjrurer  i)Ins  loin,  dans  le  récit  île  la  bataille  ;  cf. 
p.  343,  note  (>, 

P.  XVIII,  li;;ne9,  lire  :  §  534,  note. 

P.  "XIX,  S  XVI.  —  Un  récit  de  la  veufteanco  irait  fort  lùen  aussi 
avec  les  menaces  arlressées  à  >[arc  par  Arthur  et  Lancelot,  p.  170, 
§  201,  cf.  p.  3S8.  Dans  la  Coronica  et  les  Due  Trislani  il  est  dit  que 
Tristan  fut  plus  tard  venj^é  ;  sa  veii^'eance  par  Lancelot ,  qui  réduira 
toute  la  Gornouaille  en  cendre,  est  ])rédite  dans  les  Prnphccie^  de 
Merlin  (inipr.  Trei)perel).  —  Pour  la  lin  <le  lu  version  cyclique,  voy. 
aussi  i)lus  loin,  remarque  sur  la  page  30'j. 

P.  XX,  §  XVin.  X(ms  avons  vu  ci-dessus  que  le  combat  contre  le 
serpent  et  le  nom  de  Tanstris  se  trouvent  aussi  dans  le  ms.  3357  de 
l'Arsenal  ;  pour  Malory,  v.  p.  XXU.  —  Le  déhut  de  la  première  partie 
do  I2")99  est  en  ancien  français;  l'italien  commence  au  milieu  du  frag- 
ment du  Palamrdc;  voy.  plus  loin  la  note  sur  la  page  A34. 

P.  XXL  Pour  le  dénouement  do  103,  cf.  l'hypothèse  de  M.  Muret, 
Literaturblatt,  1890,  p.  228,  et  pour  limprimé  de  Michel  le  Noir 
(1520),  V.  p.  .175. 

P.  XXIIL  Nous  avons  |)arlé  ]dus  haut,  à  la  note  sur  le  §  III,  de  la 
Coronica  osi)apn<.ile,  original  des  Hue  Tristani.  Au  lieu  de  Félix,  ces  deux 
livres  populaires  ]iortent  Philippe.  Armiano  di  Ligi  est  un  accommode- 
ment de  VArmian  de  Lit  do  la  Coronica. 

P.  XXIV.  Les  familles  c  et  rf  auraient  dû  être  ralliées,  dans  le 
schéma,  par  un  trait  vertical  ;  les  points  de  concordance  entre  ces  deux 
familles  sont  plus  nondtreux  que  ne  l'indique  la  remarque  à  la 
page  XXL 

P.  XXV,  §  XXI,  ligne  3,  lire  :  §  2sr.  a,  note.  Le  Brait  cité  à  ce  pas- 
sage est  plus  probabli-ment  le  conte  du  Brait  perdu,  sur  lequel  voy. 
G.  Paris,  Merlin,  1,  p.  XXX,  ss.  C'e  Brait  aura  contenu  une  compila- 
tion des  romans  do  Merlin,  de  Tristan  et  do  Lancelot;  le  récit  de  la 
visite  fait*;  par  la  demoiselle  du  Lac  à  la  tombe  de  Merlin  (cf.  tfr., 
p.  XLl  ne  se  trouva  pas  dans  le  Tristan  des  manuscrits  de  Paris.  — 
§  XXIL  Les  épisodes  rites  du  Clifvalicr  au  lion  prouvent  que  les  arran- 
geurs niilisaient  beaui'oup  Chrétien  (cf.  Muret,  Literaturblatt ,  1890, 
p.  227).  Quant  aux  vers  cités  ctmnne  des  traces  possibles  do  quelque 
poème,  on  iw  saurait  y  attacher  beaucoup  d'importance,  vu  l'absence 
de  rimes  ;  dans  la  prose  ani'icnne.  encore  voisine  du  style  poétique, 
on  trouve  â  chaipie  instant  do  ces  phrases  qui  se  laissent  scander. 

P.  XXV-XXVI.  Le  dénouement  du  roman  en  prose  repose  peut- 
être  sur  une  tradition  ancienne,  qu'a  suivie  Chrétien  sans  connaître 


—  479  — 

celui  des  poèmes;  cf.  Muret,  Eilharl  d'Oberg,  p.  T5.  Le  récit  des 
voiles  lilanches  ou  noires  semble  renouvelé  de  Iti  mytholcipie  grecque. 
Pour  s'expliquer  ie  silence  sur  le  rôle  médical  d'Iseul  dans  l'éjiiswle 
de  la  mort  de  Tristan,  on  peut  admettre  aussi  bien  une  lacune 
ancienne  existant  dans  un  des  intermédiaires  qui  séparent  nos 
manuscrits  de  l'original,  cf.  la  Coronica  et  les  hue  Tristani,  où  Marc 
enferme  Iseut  pour  rempêclier  de  guérir  son  amant  (p.  3S3  ,  ce  qui, 
d'ailleurs,  pourrait  être  une  exj)licati*>n  ajoutée  postérieurement.  — 
§  XXIII.  Le  combat  contre  le  serpent  et  le  n(.»m  de  Tanstris  se 
retrouvent  dans  3357  (v.  p.  i75  ;  pour  Malory,  cf.  p.  XXII. 

P.  1,  ligne  2,  lire  :  [Luces]. 

P.  ?,  ligne  24,  lire  :  manière,  ligne  20,  lire  :  §  5i5  et  ji.  403. 

P.  3.  Pour  le  commencement  et  les  variantes  de  3357,  v.  p.  475-7. 

P.  5,  §  4,  ligne  5;  au  lieu  de  il,  lire  :  Tfianor. 

P.  8,  §  10,  lignes  14,  15;  supiirimer  les  guillemets.  —  Cf.  les 
énigmes  semblables  du  roman  iVApollonius  de  Tyr. 

P.  10,  §  13,  ligne  3  ;  pouri/.  lire  :  Thanor. 

P.  \  I,  dern.  ligne,  lire  :  %  2. 

P.  4  9.  Les  épi.sodes  analysé.-*  d.ins  les  paragraphes  28-33  ont  été 
intercalés  dans  la  suite  du  Palamède  de  3ij3:  v.  p.  407. 

P.  20,  §  28.  Tristan  se  lait  connaître  aj»rés  que  les  messagers  ont 
déclaré  que  leur  niaitre  no  se  battra  qu'avec  un  homme  de  son  rang. 

P.  21,  ligne  lU,  lire  :  <lix  var.  huit'  j<»urs,  etc.,  et  le  guérit  com- 
plètement deux  mois  après. 

P.  23,  note  i,  lire  :  i  547  a. 

P.  24,  notes.  Dans  Malory  aussi,  Tristan,  pressé  par  le  roi,  se 
donne  le  nom  de  Tantrix.  L'épisode  du  couihat  ctintre  le  serpent  se 
trouve  interpolé  dans  3357,  avec  le  texte  de  IU3  ;  v.  p.  475. 

I*.  25,  §  34.  L'épisode  des  amours  de  Tristan  avec  la  femme  de 
Segurades  est  une  superfétalion  postérieure.  Tristan  .ne  doit  aimer 
qu'Iseut.  —  Dans  le  roman  de  la  Charrette,  Guenièvre,  accusée  d'adul- 
tère, prétend  également  avoir  saigné  du  nez. 

P.  3C,  note  7,  lignes  3,4,  lire  :  §  40t),  note. 

P.  38-9.  Placer  la  manchette  Les  faux  au  §  48. 

P.  44,  §  54,  ligne  10,  lire  :  envoyée. 

P.  46,  §  56,  note,  lire  :  334  et  1 03  n'ont  jias  la  remarque  sur  la  bac- 
taille.  —  §  57.  Pour  la  lettre  de  125'J'J,  v.  p.  480.  —  ^  59,  début, 
lire  :  Lancelol,  qui  a  fiuitti'  la  cour,  trouve  à  l'hôtel  d'une  dame  veuve 
la  messagère  d'Iseul,  retournant  en  Cornouaille  avec  la  réponse  de 
Gueuiêvre.  Elle  le  renseigne  sur  le  Chasiel  Félon,  etc. 

P.  47,  note  1.  Pour  la  première  partie  de  12591*.  v.  plus  loin,  la 
remarque  sur  p.  434.  —  Supprimer  les  mots  :  Supynabcl  les  autres. 
Note  3,  ligue  9,  lire  :  §  tlj.  —  §  OU.  Le  nom  de  Hrangain  n'est  pas 
dans  750,  12509.  Les  §§  G0-G3  se  retrouvent  dans  les  mss.  355,  357^, 
3478^  de  Rusticien  (v.  pp.  468,  409,  noie),  qui  rej)roduit  le  texte  de 
750,  12599,  y  compris  le  passage  renvoyant  au  séjour —  non  autre- 
ment conté  —  de  Lamarel  chez  Heliuaiit.  Variantes  dans  Rusticien  : 
Le  nom  du  chevalier  tué  par  Xabon  [p.  48)  est  dal)ord.V(«ou  Menoy  357  ^, 
3478-),  puis  Me?ition,  Âlencion  (plus  loin,  §  641  :  Mecionj  le  petit.  Le 
château  du  géant,  (p.  48|  est  a]q>elé  de  l'Esiang  {357-,  comme  dans 
12599,  qui  porte  de  l'Estanc  et  non  de  l'Estane),  de  l'Estant  (3874*), 


—  480  — 

d«  i'Estaue  (355).  Le  ûls  de  Naboa  est  tué  par  Scgurades  (p.  50) ,  qui 
crie  :  n  Or  a  l'ame  (faute  pour  la  me[s]nie]  du  géant.  »  —  Cf.  pour 
le  Palamcde,  p.  462  et  romarque, 

P.  41),  §  G'-'.  La  ronianpie  sur  la  parenté  do  Guignet-Mennoa  n'est 
pafi  dans  103.  —  Variante  de  Pellnor  d(.'  Listenois  ;  Pelles  de  L. 

P.  50,  dern.  ligne,  ajouter,  après  335  :  750. 

P.  5'i ,  noie  i,  lire  :  §  OC.  Cf.,  pour  des  divergeDces  analogues 
dans  le  Palanu'de  {Absalon-Hector),  p.  457-9. 

P.  50,  ligne  31,  lire  :  Caloyrinant. 

P.  59,  ligne  3,  lire  :  avec  Agramin  :  Brunor,  etc. 

P.  61,  note  1.  Voici  ces  morceaux  détachés  :  1*  Fragment  du  texte 
présente  un  peu  plus  loin  (§  74)  par  750  :  Lancelot  lit  la  lettre  de 
Tristan  (même  contenu  qu(^  dans  750).  2"  I^a  lettre  contenant  la 
rcponso  de  Lancelot  (§  75).  3"  La  lettre  que  Tristan,  en  quête  du 
Graal,  envoya  à  Iseut  ([.-IJ  vos  madame  chicre  Yseolt^  etc.,  |  4J8); 
puis  celle-ci  exitrime  sa  douleur  de  l'absence  prolongée  de  son 
amant  fcf.  §  419).  4"  (Après  une  lacune)  Guenièvre  (ms  :  il;  faute 
ou  confusion)  reroit  la  lettre  d'Iseut  se  plaignant  de  la  trahison 
de  Tristan  (§  57)  ;  la  teneur  de  cottt^  lettre,  incom])Iéte  des  deux  bouts 
(dél)ut  :  Amor,  que  m'a  mis  a  la  vwi't),  diiVère  dans  les  autres  mss. 
b"  L'éjjisode  de  la  rencontre  de  Kahedin,  à  partir  de  son  arrivée  à  la 
maison  déserte  (i  85),  avec  Palamède,  jusqu'à  leur  conversation.  S* 
Petit  fragment  d'un  entretien  de  Scipion  avec  Thiresum  sur  la  résis- 
tance des  Numantins.  7**  (Cinq  lignes).  Arthur  déclare  que  ce  serait 
dommage  qu'on  rendit  Vàme  por  amor.  8"  Arthur  est  réveillé  par  les 
plaintes  d'amour  du  boin  chevalier^  se  comparant  à  Narcisse.  L'épisode 
îinit  incomplètement;  je  ne  l'ai  pas  retrouvé  ailleurs. 

P.  05,  note  3,  lire  :  Puis,  après  avoir  parlé  de  la  joie  de  Marc.  — 
Note  a,  ligne  3,  lire  :  756. 

P.  06,  §  78,  lire  :  Tristan,  hors  de  lui,  jette  ses  armes  el  se 
lamente,  etc. 

P.  68,  note  3,  ligne  3,  lire  :  Le  lai  est  donné  in  extenso,  etc. 

P.  74,  note  3,  rétablir  le  trait  d'union  après  Vero. 

P.  70,  ligne  1 1,  supprimer  93.  —  §  94,  ligne  3,  lire  ;  el  laisse  par- 
tir avec  celui-ci  un  do  ses  écuyers,  etc. 

P.  82,  note  1.  Cf.  la  joute  de  Scgurant  le  brun  avec  son  père  Hec- 
tor, p.  438.  Dans  Uusticien  (§  042),  Meliadus  désarçonne  son  fils  Tris- 
tan, qu'il  désire  éprouver.  —  Note  3,  lire  :  §  535  a  ss. 

P.  83,  g  loi.  A  la  folie  de  Tristan  comparez  celle  de  liaacelot 
(v.  12599;§-J85a). 

P.  87,  note,  ligne  3,  lire  :  endroit. 

P.  88,  §  100,  ligne  7.  Tristan  se  compare  à  Adam,  chassé  du  Para- 
dis. 

P.  89.  Reporter  à  la  page  87  la  manchette  Discours  de  Tristan. 

P.  90,  note  3.  De  même,  Guiron  le  courtois  obtient  par  force  l'assis- 
tance du  chevalier  à  l'écu  mi-parti  pour  délivrer  Meliadus,  dans  le 
Palauù-dc  (p.  458). 

P.  97,  §  119,  avant-dern.  ligne,  lire  :  Dînas.  Pcrsides  hait  doue 
Tristan ,  etc. 

P.  99,  §  123,  manchette,  lire  :  et  triomphe  de  douze  chevaliers  de 
NorgalIcB. 


—  481  — 

P.  101,  §  128,  ligne  7.  Après  Persides  ajouter  :  qui  est  l'ennemi 
mortel  de  Palamèile. 

P.  109,  §  142.  Fin  de  3357  ;  cf.  p.  475.  — Note  1,  lire,  après  p/w  : 
comme  Gaheriet  le  dit  à  Marc  plus  loin  {§  167). 

P.  114,  note  4.  Tor,  le  fils  d'Ares,  qui  avoU  esté  le  fils  de  Pelinor 
(§215),  figure,  dans  notre  roman,  comme  le  frère  des  fils  de  Pelinor. 
On  semble  aussi  l'avoir  substitué  à  Alain  fcf.  §  250). 

P.  124,  note  1,  lire  :  venoit. 

P.  135,  notes  2,  3,  lire  :  p.  128,  p.  213. 

p.  137,  note  5,  dern.  ligne,  lire,  p.  374. 

P.  142,  note  1,  ligne  2,  lire  :  endroit. 

P.  148,  note  3,  ligne  3,  lire  :  cf.  p.  259,  note  2. 

P.  149,  ligne  7,  lire  :  vaincu  dans  le  tournoi. 

P.  150,  ligne  17,  lire  :  le  plus. 

P.  152,  ligne  44,  fermer  la  parenthèse  après  etc. 

P.  158,  ligne  4,  lire  :  chevaliers  errants. 

P.  164,  §  237,  note  1,  fin,  lire  :  §  282  h  (p.  204). 

P.  165,  note.  Cf.  cependant  le  tournoi  du  château  au  Géant,  §  210. 

P.  170,  dernière  ligne,  lire  :  voy.  p.  472,  note  2. 

P.  172,  note  4,  ligne  8,  lire  :  voy.  p.  472,  note  2.  —  Note  5.  Pour 
Tressan,  v.  p.  164. 

P.  173,  note  2,  lire  :  cf.  la  note  précédente. 

P.  185,  §  281,  prem.  ligne,  lire  :  durement.  —  §  282  a,  ligne  5. 
Fermer  la  parenthèse  aux  mots  un  poi.  —  Note  2,  ligne  5,  lire  :  voy. 
p.  472,  note  2. 

P.  186  ss.  Ley  épisodes  d'Alexandre  l'orphelin  et  du  tournoi  de 
Sorelois  se  retrouvent  dans  la  suite  du  Palamède  donnée  par  362-363 
(§  639  a)  et  dans  le  roman  en  prose  des  Prophecies  de  Merlin  (cf.  Ward, 
Catalogue,  I,  372  ;  l'imprimé  de  la  veuve  Trepperet  n'en  contient  qu'un 
morceau  tiré  du  tournoi;  les  épisodes  en  question  sont  aussi  dans  le 
fragment  des  Prophecies  substitué  à  la  suite  du  Palamède  dans  le  ms. 
350;  v.  p.  466). 

De  l'histoire  d'Alexandre  362  (cf.  p.  466)  ])résente  d'abord  un  pré-  Alexandre 
cis  sans  les  lacunes  et  les  incohérences  de  99  et  de  350  (v.  ci-dessous),  l'orphelin, 
ce  en  quoi  le  récit  du  Palamède  se  rencontro  avec  celui  de  Malory,  dont 
le  texte,  moins  serré  et  parfois  confus,  dérive  manifestement  d'un 
manuscrit  voisin  de  99.  362  nous  dit  que  Marc,  jaloux  de  la  gloire  de 
son  frère  (pas  nommé;  d'après  Malory,  13oudv. in  était  devenu  fort 
populaire  en  suite  d'une  victoire  remportée  sur  les  Saxons  ,  l'avait  tué 
pendant  qu'il  dormait  près  d'une  fontaine  et  s'en  était  allé  ensuite 
assister  à  un  tournoi  qui  devait  avoir  lieu  le  lendemain.  L'écnyer  de 
l'assassiné,  ayant  fait  enterrer  le  cadavre  dans  la  chapelle  d'un  ermite, 
va  trouver  la  veuve,  lui  apporte  la  chemise  et  le.i  armes  de  son  mari 
mort  et  dénonce  le  meurtrier.  Sur  le  conseil  du  fidèle  serviteur,  elle 
s'enfuit  avec  lui  et  le  jeune  Alexandre,  deux  heures  avant  l'arrivée  de 
deux  chevaliers  envoyés  par  Marc  pour  tuer  sa  belle-sœur  et  son 
neveu.  On  est  bien  reçu  par  le  châtelain  de  Magance  et  sa  femme,  qui 
sont  de  la  famille  d'Angledis.  Puis,  avec  un  texte  plus  bref,  comme  99  ; 
le  nom  de  Banner  de  Miranseis  n'y  est  pas,  ni  dans  Malory  non  plus  ; 
Marc  est  prévenu  par  deux  traîtres  de  Magance;  le  nom  et  le  rûle  de 
Sadoc  sont  donnés,  comme  dans  Malory;  Tristan,  Dinas  et  Fergus^ 

LtfSBTB.  —  Tristan.  31 


—  182  — 

qui  sont  dans  Malory,  manquent;  Alaxandro,  averti  contre  Marc  par 
un  chevalier,  (|ui  lui  conseille  d'alier  en  Lûgres,  où  i!  pourra  s'exerc#r 
en  armes,  part  pour  ce  pays.  Ici  350  (les  Prophecia),  où  ce  qui  précède 
(cf.  les  remarques  en  addition  à  la  ]>.  46(ij  est  donnd  avec  le  mémo 
(lél)ut  et  le  mémo  texte  que  dans  9'J,  jdus  quelques  petites  lacunes 
(variantes  :  liavier,  p.  180;  un  chevalier  que  Tristan  aime  aulrclant 
com  il  fesoil  Dînas,  p.  187;  Tristan  fait  dire  à  Alexandre  de  s'en  aller 
en  Logres,  jjour  s'exercer  en  chevalerie,  et  de  prendre  Lancclot  pour 
son  chevalier  jusqu'à  l'arrivée  de  Tristan,  p.  188;,  passe  (P  402  h)  au 
tournoi  de  Sorelois  :  Or  dit  li  contez  que  a  i'cndemain  se  leva  ti  ftaus 
princes  Galoholt  augucz  matin,  etc.  (§  282  d^  ;  après  le  récit  du  tournoi 
etungrand  nonihre  d'autres  morceaux,  350,  f"*  434  c,  reprend  les  aven- 
tures d'Alexamlre  (voy.  ci-après).  362  poursuit  ainsi  :  Après  le  départ 
d'Alexandre,  les  deux  traîtres,  chargés  par  Marc  de  le  tuer,  reviennent 
sans  l'avoir  trouvé  (cf.  Malory)  ;  le  roi  envoie  alors  quinze  amis  et  qua- 
rante-deux demoiselles  en  Logres  ]>our  guetter  et  mettre  â  mort 
Alexandre.  Celui-ci  arrive  en  Logres  (à  partir  d'ici  le  même  texte  est 
donné  dans  350;  cf.  ci-dessus),  désarçonne  Brehus,  qui,  à  la  vue  de 
Técu  de  Cornouaille,  se  souvient  de  l'outrage  que  Tristan  lui  Ht  lors 
de  son  combat  avec  Blanor  de  Gaunes  (v.  g  37),  passe  la  nuit  à  la 
Joyeuse  Garde  et  arrive  à  la  Douloureuse  Tour,  où  Caradoc,  guéri  de 
la  plaie  que  Palamêde  lui  avait  faite  (cf.  p.  46G  et  les  remarques  sur 
cette  page)  et  guettant  Sapliar,  qu'il  croit  reconnaître  dans  Alexandre, 
est  renversé  par  le  jeune  héros  ainsi  que  deux  de  ses  quatre  chevaliers 
avec  Saphar,  qui  survient.  Caradoc  est  transporte  dans  son  château 
(362  ajoute  :  où  il  tient  Guirou  en  ]>rison;  ce  Caradoc  sait  qu'il 
doit  mourir  par  une  épée  que  sa  mère  lui  avait  donnée  et  qu'il 
garde  soigneusement;  cf.  p.  46G).  Saphar  court  après  Alexandre,  qui 
refuse  le  combat  à  l'épée.  !*alamède,  empêché  par  ses  blessures  de  sor- 
tir du  château  où  il  est  soigné,  fait  venir  Alexandre  et  le  complimente 
[dans  350,  il  lui  demande  des  nouvelles  d'Iseut  et  de  Tristan).  Ici 
350,  après  un  r-pisode  de  Perceval,  qtii  va  voir  l'ermite  (cf.  sur  p.  466), 
rapporte  que  Marc,  fort  inquiet  du  déi)art  d'Alexandre,  envoie,  sur  le 
conseil  du  traître  de  Magauce,  quinze  amis  et  des  demoiselles  pour 
attirer  et  emprisonner  Alexandre  ;  il  écrit  aussi  à  Morgain,  à  Brehus  et 
au  roi  Claudas  de  la  Déserte,  les  priant  de  tuer  sou  neveu  s'il  tombe 
entre  leurs  mains  (cf.  Malory).  Puis  :  En  ceste  partie  dit  li  contes  que 
nouvelles^  qui  tost  courrent,  etc.,  comme  9!)  (p.  188),  dont  le  texte  est 
donné  dans  350  pour  ce  (jui  suit  (variantes  :  Helyans  de  Gomorti^ 
p.  190;  Couranz  pour  Corrart,  iTi.),  jusciu'au  passage  où  (ifr.)  Morgain 
arrive  le  surlendemain  au  château  dans  lequel  Alexandre  se  trouve;  ici 
350  passe  au  roi  de  Saxonie^  qui  retourne  dans  son  pays  après  la 
défaite  —  racontée  plus  haut  parmi  les  prophecies  — ,  et  le  ms.,  au  f* 
438,  finit  incomplètement,  au  milieu  d'uue  réplique  de  Gaheriet,  qui, 
reutré  à  la  cour,  converse  iivec  Arthur.  On  voit  que  la  grosse  lacune  de 
99  (p.  188j  est  comblée  dans  350  sauf  pour  le  récit  de  la  ren- 
contre de  la  demoiselle  qui  avait  suivi  Alexandre,  et  à  propos  de 
laquelle  Malory,  comme  362 (voy.  ci-après),  se  contente  de  dire  qu'elle 
avait  tout  vu.  30v*,  f  238,  après  avoir  raconté  que  l'orphelin  quitta 
Palamède  (v.  ci-dessus),  abrège  (cf.  Malory)  :  Alexandre  eut,  les  jours 
suivants,  plusieurs  aventures,  ^mi  longues  seroient  a  raconter  ;  il  vain- 


—  483  — 

quit  dans  un  tournoi,  comme  vous  orrez  par  ung  conte  cy  aprez,  s'en 
alla  avec  une  demoiîîelle  do  Morgain  et  combattit  pour  elle  un  cheva- 
lier comme  vous  orrez  cy  aprez  (ces  événements  ne  sont  pourtant  pas 
racontés  dans  ta  suite).  Et  pour  venir  a  la  matière,  nous  conterons  d'une 
demoiselle  de  Morgain,  comment  elle  raconta  à  sa  maîtresse  les  aven- 
tures d'Alexandre.  En  ceste  partie  le  conte  dit  qu'une  des  demoiselles  *le 
la  fée  avait  vu  la  victoire  d'Alexandre  sur  Garadoc  et  les  autres  à  la 
Douloureuse  Garde*  Elle  s'en  va  mettre  au  fait  Morgain ,  qui,  désireuse 
de  Yoir  le  jeune  et  Iwau  héros,  s'apprête  à  partir  avec  des  chevaliers 
pour  le  trouver  (Sebille  n'est  ni  dans  3fi"2,  ni  dans  Malory  ;  la  reine  de 
Norgalles  manque  dans  362;.  Arrive  le  talet  apportant  ta  lettre  de 
Marc,  etc.,  essentiellement  comme  dans  99,  350  (p.  189);  variantes 
dans  362  :  des  quatre  chcvalieri^  rencontrés  par  Morgain,  p.  189,  Gvi 
de  Carmelide,  seul,  est  nommé;  p.  190  :  les  détails  de  famille 
manquent;  plus  de  cinquante  chevaliers  jetèrent  leurs  armes;  Mor- 
gain, arrivée  au  château  où  se  trouve  Alexandre,  assiste,  avec  sa 
demoiselle,  à  la  joute  contre  Malagrin,  un  chevalier  voisin  qui  vou- 
lait tenir  la  châtelaine  «njaiu^ec^'on;  le  combat  à  l'épée,  p.  191,  est 
an  peu  moins  long  que  dans  99  ;  Morgain  part  de  Belle  Garde,  p.  194, 
après  avoir  fait  promettre  à  l'orphelin  d'y  rester  jusqu'à  ce  qu'elle 
retourne;  p.  193  :  le  père  d'Aylyes  est  appelé  Ranceys  le  pèlerin;  les 
remarques  sur  Boveine  et  le  bœuf  (VAslrogle  manquent  {aussi  dans 
Malory)  ;  p.  191  :  il  arrive  un  chevalier  qui  plus  estoit  désirant,  etc.  ;  le 
lendemain,  Alexandre  désarçonne  Henri  le  petit  de  Belle  Marche  et 
Benri  le  marchant  {le  troisième  manque).  362,  après  avoir  dit  que  l'or- 
phelin renversa  celluijour  quarante  chevaliers  l'p.  195),  poursuit  ainsi  : 
Alexandre,  ayant  avec  succès  défendu  la  place  pendant  deux  ans  contre 
tout  adversaire,  épouse  la  Belle  Pèlerine  (cf.  la  suite  donnée  en  un 
autre  endroit  par  99  ;  p.  266-7^  ;  pour  ce  qui  suit  dans  3C2-3,  v.  p. 
466-7. 

L'épisode  du  tournoi  de  Sorelois  (§282  d;,  auquel  nous  avons  vu  350  Le  grand  tour- 
passer  tout  subitement  ci-dessus,  figure  également  dans  363  (v.  p.  "^oi  de  Galehout. 
467-8),  à  partir  du  passage  où  il  est  dit  que  Dïnadan  et  le  roi  de  Nor- 
galles  se  distinguent  fp.  195).  L'un  et  l'autre  manuscrit  suivent  le  texte 
de  99,  qui,  comme  350 ,  n'explique  pas  la  présence  de  Guenièvre  (motivée, 
dans  363,  probablement  sur  les  données  dos /^nip/tfctM;  cf.  sur  p.  466)  ; 
au  lieu  de  Galehout,  363  porte  les  barons  de  Sorelois,  ou  bien  le  roi 
du  même  pays.  I^  partie  de  ce  texte  déjà  donnée  dans  362  (p.  466) 
est  reproduite  par  363  à  partir  des  détails  sur  la  demoiselle  (p.  196), 
dont  la  rencontre  avec  Palamède,  ainsi  que  l'annonce  du  tournoi,  a 
sans  doute  été  supprimée  dans  le  modèle  de  99,  etc.  ;  les  remarques 
indiquant  cette  suppression  sont  à  peu  près  les  mêmes  dans  350  (Or 
dit  li  contes  que  a  celui  tans  s'estait  mis  Palamedes  après  la  bestegîalis- 
MfU;  une  demoiselle  le  conduisit  en  Sorelois,  où  le  tournoiement  avoit 
eiti  eascun  jor  fents,  «  comme  nous  l'avons  dit  »  )  et  dans  363  [Or  disl 
le  eotUe  que  a  cellui  temps  s'estoit  mis  Palamedes  après  la  beste  glatissant  ; 
il  rencontre  une  demoiselle  qui  lui  apprend  qu'il  y  a  un  tournoi  en 
Sorelois,  où  tous  les  deux  s'en  vont  ensemble,  mais  n'arrivent  qu'à  la 
seconde  journée  de  l'assemblée)  ;  en  revanche,  3G2  paraît  avoir  retranché 
le  début  et  la  »uite  (après  la  joute  de  Galehout  avec  Palamède)  du 
tournoi,  ce  qui  est  rendu  probable,  pour  le  début,  par  celte  remarque 


—  484  — 

faite  dans  362   à  l'endroit    de  la  joute   :  Galehout  désire   éprouver 
Palamède,  parce  qu'il  a  beaucoup  entendu  parler  au  jour  devant  de  ce 
chevalier  et  de  la  demoiselle.   Variantes  dans  350,    363  :  à  la  cour 
d'Arthur,  la  demoiselle,  dont  l'ennemi  est  appelé  GoraU  (350),  Gozoait 
(363),  trouve,  outre  Sagreraor,  Daguenet  le  fou  ;  le  nom  du  comte  est 
Flaimers,  Gaymers^  Naymers  (350),  Gamers  (363)  ;  l'approvisionuemeot, 
non  donné  dans  363,  de  Palamède  est  fait,  dans  350,  par  le  roi  des 
Cent  Chevaliers;  Palamède  se  couche  de  bonne  heure;  il  espère  se 
distinguer  au  point  que  bien  en  orra  Tristan  parler  en  Benoye  (^  en  Petite 
Bretagne  ?]  et  la  roine  ausint  (350),  que  bien  en  orra  parler  messire  TriS" 
tan  et  la  royne  YseuU^  la  dame  de  Palamède  (363);  suivent  les  événe- 
ments de  la  seconde  journée  (363;  cf.  ci-dessus),  les  événements  du 
lendemain  [350,  qui  ne  compte  pas  les  journées;  c'est  probablement  la 
troisième  journée  dans  ce  ms.,  qui  vient  de  dire  que  le  tournoi  avait 
été  cascun  jor  férus).  Pour  la  suite,  350  concorde  avec  99  (variante  : 
Àmons  pour  Emont],  mais  363  altère  :   Galehout  et  Palamède  sont 
séparés  par  l'assaut  que  font  d'autres  chevaliers.  Palamède  se  signale, 
évité  autant  que  possible  par  Dinadan;    son  combat  avec   Blioberis 
s'arrête  à  l'arrivée  du  roi  de  Norgallcs;  se  distinguent  aussi  Hector,  le 
roi  des  Cent  Chevaliers,  Dinadan,  Gifllet,  Gaheriet,  qui,  tous,  sont 
éclipsés  par  Palamède.  au  soir  on  raille  Dinadan,  qui  s'était  engagé 
à  jouter  avec  Palamède,  et  qui  déclare  qu'il  aime  mieux  être  sain  et 
sauf  que  d'acquérir  beaucoup  de  gloire.   Palamède,  admiré  de  ses 
adversaires,  rentre  avec  la  demoiselle.  Le  lendemain  arrive  un  chevalier 
de  Wincestre,  demandant  du  secours  contre  les  Sennes  pour  les  gens 
de  Wincestre ,  qui  s'étaient  vainement  adressés  à  Arthur,  dont  la  cour 
presque  déserte  avait  pour  seul  chevalier  le  fou  Daguenet  ;  Galehout 
envoie  Mcleaguant  avec  le  marquis  Henri  pour  secourir  les  habitants  de 
Wincestre,  et  se  prépare  à  la  guerre.  (Ce  passage,  supprimé  dans  99, 
Malory,  ouvre  la  quatrième  journée  du  tournoi  (p.  197)  aussi  dans 
350,  où  le   chevalier  de  Wincestre  vient  de  la  part   du  comte  de 
Doivre).  Au  tournoi.  Palamède  joute  avec  Blanor  (cf.  t6.);  puis  363 
abrège  :  Bademagu  se  montre  fort  preux  ;  mais  au  dessus  de  tous  est 
Palamède,  dont  la  prouesse  détermine  la  défaite  du  parti  de  Sorelois. 
Le  tournoi  fmi,  Dinadan  raille  Bademagu  (leur  discussion  n'est  pas 
donnée).  Survient  une  demoiselle  invitant  Galehout  à  se  rendre  avec 
Lancclot  et  Dinadan  auprès  de  Guenièvre,  qui  prie  Galehout  de  jouter 
le  lendemain  et  Lancelot  de  ne  pas  s'attaquer  au  lignage  d'Arthur. 
Dinadan,  s'excusaiit  sur  son  inaction,  refuse  de  rompre  une  lance  pour 
la  reine,  qui  s'amuse  à  le  taquiner.  Palamède,  à  son  hôtel,   est  pro- 
voqué par  Lamorat  de  Galles  (remplacé  par  Meleaguant  dans  l'imprimé 
de    Trepperel,  qui   ne  donne  du   tournoi    que    le    présont    épisode). 
Lamorat  lui  envoie,  par  un  valet^  deux  lances  et  lui  donne  rendez-vous 
pour  le  lendemain  devant  Guenièvre  ;  celle-ci  permet  le  combat,  qu'elle 
fait  cesser  au  moment  où  les  deux  adversaires  sont  exténués  de  lassi- 
tude, et  ils  retournent  chacun  à  leur  hôtel.  Pour  la  suite  dans  363, 
voy.  p.  468  ;  [es  plusieurs  aventures  supprimées  (v.  ib.)  sont  celles  qu'a 
racontées  362   (p.  466),   qui  se  trouvent  également  au  milieu  des 
Prophecies  (voy.  plus  loin,  sur  la  p.  466),  et  que,  d'après  une  version 
difïerente  et  probablement  meilleure,  nous  voyons  annoncer  aussi  dans 
99  (p.  198),  avec  lequel  350  est  d'accord.  Go  dernier  ms.  donne  en 


—  485  — 

effet,  après  le  passage  du  chevalier  de  Wincostre  (v.  ci-dessus),  de 
nouveau  le  même  texte  que  9'.* ;  variantes  :  p.  197,  Poumecanme,  Pon~ 
eannie;  parmi  les  combattants  est  nommé  Arous  (cf.  Malory.;  Mini 
Lorem  pour  saint  Benoit;  Dinadan  répond  à  Guenièvre  :  «  Si  j'étais 
prêtre,  vous  mangeriez  encore  des  fèves;  »  p.  198  :  entre  les  qua- 
trième et  cinquième  journées  du  tournoi,  350  (f"  iOT)  interpose  des 
aventures  de  Perceval  [\.  sur  p.  4fi6  ;  Cabres,  Baudach  pour  Cabras, 
Baridat;  le  roi  de  Baudac;  p.  199  :  m  mcre  au  lieu  de  s'aiolf,  Rahalz  le 
fort,  qui  épousa  la  tilledu  roi  yVEicans;  p.  200  :  Banin  de  lienoic;  à  la 
fin  delà  septième  journée,  Galehout  envoie  GaherietctmsoIerGuenièvre 
de  sa  meschaanche  (cf.  sur  p.  iCt'i  ;  le  comte  de  Lambalte.  Après  avoir 
raconté  le  tour  jouéà  Dinadan  (p.  201).  350  :f*  iI3'passe  aux  Saxons. 
qui  vont  en  guerre  à  Wincestre;  voy.  ib. 

Le  fond  de  l'épisode  du  tournoi  de  Sorelois  a  peut-être  été  emprunté 
i  une  version  du  roman  de  Palamède  par  le  rédacteur  des  Prophecies 
de  Merlin  ;  le  texte  de  cette  dernière  compilation  a  été  interpolé  dans  le 
Tristan  (99,  Malorv),  et  dans  la  suite  ptistérieure  du  Palamffde  donnée 
par  363  (nous  avons  8Ui)posé  plus  haut  qu'une  version  plus  primitive 
est  conservée  dans  36'2  pour  certains  traits  précédant  le  récit  du  tour- 
noi"'. De  même,  l'histoire  d'Alexandre  l'orphelin  un  roman  biogra- 
phique?) parait  introduite  des  Prophecies  dans  les  mss.  99    Malory  ,  36'2. 

p.  188-9.  L'arrivée  de  Perceval  chez  l'ermite  et  leur  conversation 
ont  été  tirées  des  Propheciex  de  Merlin  ;  v.  sur  p.  i66. 

P.  191,  ligne  17,  lire  :  §288  a. 

P.  203,  note  i.  Le  sage  clerc  de  Galles  est,  dans  les  Prophecies  de 
JÊerlin,  le  successeur  de  maître  Antoine,  qui  était  le  premier  écrivain 
deMerlin;cf.  p.  490. 

P.  206,  g  283  a  ss.  On  retrouvera  probablement  plus  d'une  des 
aventures  de  la  compilation  de  12599  dans  les  Prophecies  de  Merlin. 

V.  2M,  ligne  18,  lire  :  serait  venu. 

P.  213,  note  I .  Il  en  est  de  même  de  la  mort  de  Lamorat.  —  Note 
2,  lire  :  §  307  ss.  —Note  3.  Pour  le  Palamède,  v.  p.  433  ss. 

P.  217,  §291  a.  Ce  morceau  paraît  tiré  des  Prop/ifct«;  cf.  pp.  182,  484. 

P.  219,  milieu.  D'autres  aventures  de  Golistant,  fils  du  Morhout, 
sont  données  dans  les  Prophecies  de  Merlin  (350  ;  cf.  sur  p.  4Ht>)  et  vers 
la  fin  du  Palamède  de  363  (p.  467-8}.  —  Note  2.  Les  épisodes  en 
question  sont  aussi  dans  340  ;  v.  p.  432. 

P.  220,  note  3.  Sigurant  n'est  pas  dans  le  i*a/arn^rff  ordinaire;  v. 
p.  434.  —  g  294  a,  ligne  4,  lire  :  estoit  fille. 

P.  225,  ligne  4,  lire  :  dès  le  g  528. 

P.  226,  ligne  13.  Il  faut  probablement  un  au  lieu  de  Vune  du  ms. 

P.  245,  note  3,  ligne  4,  lire  :  Tristan  passe,  etc.  —  Ligne  9,  lire  : 
I  282  a  ss. 

P.  247,  note  2.  On  ne  dit  rien  de  Brangain  non  plus. 

P.  253,  lextede  Tressan,  lire  :  338  d. 

P.  254,  texte  de  103.  Le  premier  des  deux  Ivains,  auquel  le  ms.  ne 
donne  pas  de  surnom,  est  probablement  Ivain  aux  blanches  mains. 

P.  257,  note  1.  Tous  les  mss.  de  la  première  version  ne  nomment  des 
douze  chevaliers  que  dix;  les  deux  qui  manquent  sont  probablement 
Gauvain  et  Guerret  :  leur  joute  aura  eu  lieu,  dans  l'original,  après  ou 
avant  le  désarçonnement  de  Mordret  et  d'Agravain  [p.  250,. 


—  486  — 

P.  258,  noie  2,  ligne  3,  lire  :  s'en  test.  —  Ligne  4,  tire  :  voy. 
p.  472,  note  2. 

P.  259,  note  3,  lire  :  ci-dessous. 

P.  263,  deuxième  manchette,  lire  :  tournoi. 

P.  265,  note  4,  mettre  un  point  et  virgule  après  94. 

P.  269,  note  1,  lire  :  Horiaux  12599.  —  Note  5,  Peut-être  cet  épisode 
a-t-il  été  détaché  du  roman  de  Palamède. 

P.  272,  ligne  1,  lire  :  Gales  (var.  Gaule).  —  Le  texte  contenant  la 
rencontre  de  Tristan  avec  Arthur  et  ses  chevaliers  a  été  inséré  dans  la 
partie  finale  du  Palamède  {\q  363;  v.  p.  -467. 

P.  274,  §  383.  Lancolot  porte  un  écu  d'or  sans  nulle  autre  enseigne^ 
comme,  dans  le  Palamède  et  les  romans  congénères,  Galehout  le  brun 
et  Guiron  le  courtois. 

P.  275,  notes,  ligues  \ ,  H,  lire  :  voy.  à  la  page  347.  —  Ligne  6-7, 
lire  :  g  534,  note. 

P.  276,  §  387,  ligne  4,  lire  :  adonc  advint  que  un  saint /termite 
(var.  adonc  s'en  vint  qe  un  s.  h.  ;  adonc  et  vint  un  s.  h.  confusion]  fist 
a  savoir,  etc.  ;  —  ligne  9;  variante,  pour  le  latin  et  le  livre  de  Rob.  de 
Borron  :  le  latin  du  saint  Graal.  —  g  388.  Arthur  envoie  les  lettres, 
étant  retourné  (var.  :  s'en  étant  allé)  à  Gamaaioth  (évidemment  aprè« 
avoir  été  instruit  par  l'ermite).  —  g  388  a,  ligne  5,  lire  :  vous  cUtent  ; 

—  ligne  19  ;  pour  les  paroles  de  Kou  et  de  Mordret,  voy.  g  312. 

P.  277.  §  388  a,  ligne  1 ,  fermer  la  parenthèse  après  le  mot  Graal; 

—  ligne  10,  lire  :  celui  jour;  —  lignes  10,  29,  variante  :  le  jour  de  la 
Pentecôte.  Arthur  veut  donner  la  fête  la  plus  magnifique  qu'il  ait 
jamais  arrangée. 

P.  278.  La  Pcnt3côte  du  Graal  est  mentionnée  aussi  dans  une  des 
rédactions  particulières  do  12599,  qui  donne  d'autres  aventures  de  la 
quête;  v.  g  293  a  ss. 

P.  283,  g  395  a,  lignes  5,  13.  Il  faut  sans  doute  Oienatn  Cuerhardi 
et  Gosouain  d" Esirangorre  ;  d'autres  corrections  des  noms  des  cher- 
cheurs du  Graal  sont  proposées  à  la  Table  analytique.  —  Note  16, 
lire  :  d'Estrangot. 

P.  284,  5  396,  note  2,  lire  :  voit. 

P.  286,  note  1, /t>0  :  tous  les  dix  manuscrits.  —  g  398  a,  lignes  11, 
14,  32,  changer  le  renvoi  en  p.  347. 

P.  289,  g  404,  variante  fautive  :  qu'il  ne  vit  celé.  —  §  407  et  note  4. 
Dans  les  deux  versions  nous  avons  évidemment  ici  une  allusion  à 
l'emprisonnement  de  Tristan  en  Xorgalles  (g  445),  mais  su  maladie 
n'est  pas  racontée.  Aux  lignes  2,  3  de  la  note,  lire  :  (il  demeura  long- 
temps en  prison). 

P.  292,  note  3,  lire  :  Dans  757,  le  début  de  cette  annonce  a  disparu 
dans  une  lacune  de  trois  lignes  marquée.  —  §  418,  lignes  9,  10;  il 
rentre  au  château,  c'est-à-dire  au  château  de  la  parente  de  la  demoi- 
selle (|g  416,  417).  —  Note  4.  La  lettre  se  trouve  aussi  en  un 
autre  endroit  dans  12599  ;  voy.  sur  p.  61. 

P.  302,  note.  1.  Le  passage  est  dans  le  commencemcul  du  Pala~ 
niède;  v.  pp.  436,  439. 

P.  304,  §  444,  ligne  1,  lire  :  dans  le  château  d'où,  etc. 

P.  308,  §  449  d,  ligne  5,  lire  :  Rusticien,  voy  g  628.) 

P.  314.  Supprimer  la  seconde  ligne  de  la  note  2. 


—  i87  — 

P.  317,  ligne  7,  tire  :  Harpin  le  roux.  —  Note  2,  Ure  :  notp  3. 

P.  320,  uote  3,  Upae  2,  lire  :  défendit  l'escrime  et  permit,  etc. 

P.  3*26,  note  2,  fermer  la  parenthèse  après  757. 

P.  330,  note.  Gf.,  pour  le  caractère  changé  de  Gauvain,  les  explica- 
tions du  Palamède,  pp.  139,  \\{.  —  Lifïoe    16,  lire  :  Grant  histoire. 

P.  336,  note  -i,  supprimer  les  mots  faute  dans. 

P.  330,  ligne  8  et  p.  34 1 ,  ligne  1 2,  remplacer  le  frères  des  mss.  par 
compagnons. 

P.  3i2,  §  492,  ligne  1,  Ure  :  d'  Yrlande.  —  Noie  1,  tire  :  ycy  après. 

P.  343,  note  2,  mettre  une  virgule  après  355.  —  Xuie  12,  au  lieu 
de  335,  lire  :  355. 

P.  347,  note  2,  6n.  Pour  les  Bruns  et  des  personnages  du  Palamède 
dans  la  Tavola  Ritonda,  v.  plus  loin. 

P.  349,  note  2,  ligne  2,  tire  :  g  448-4A9. 

P.  351,  note  6,  lire:  et  528.  note. 

P.  359,  note  1,  ligne  7.  lire  :  Vaspasien  'var.  Valftasien). 

P.  3*)6,  ligne  8,  lire  :  Le  roi  est  sur  le  point  d'être  tué,  etc. 

P.  372,  ligne  10,  fermer  la  parenthèse  après  500. 

P.  373,  ligne  20,  lire  :  g  629. 

P.  375,  note  4.  Pour  l'imprimé  de  Michel  le  Noir,  v.  plus  haut. 

P.  386.  Le  morceau  donné  dans  la  note  2  est  dans  la  Coronica  fv. 
p.  477)  et  les  Due  Tristani. 

P.  387,  note  5,  ligne  2,  mettre  deu.\  points  après  mss. 

P.  397,  milieu,  lire  :  Joseph,  qui  l'apporta  en  Grande-Bretagne. 

P.  399,  §  565  ss.  L'épisode  de  la  mort  de  Palamède  a  iieut-être  été 
pris  au  roman  du  même  nom.  —  Le  ou  les  rédacteurs  de  ia  version 
cyclique  semblent  avoir  voulu  raconter  aussi  la  tin  des  autres  contem- 
porains renommés  de  Tristan:  cf.  les  allusions  au  meurtre  de  Bade- 
magu  et  d"Ercc,  l'histoire  de  la  mort  de  Dinadan,  dont  le  séjour  à  la 
cour,  mentionné  seulement  par  24400  (g  574  .  peut  être  indiqué  par 
les  mots  «  plusieurs  autres  chevaliers  »  de  757,  etc.  (§  570),  l'annonce 
de  la  mort  de  Mordret  (p,  1 46),  qu'on  aura  donnée  d'après  la  Mort  Artu, 
préparée  par2U00  (§1^571,  607,  613  ss.)  et  annexée  dans  ce  dernier 
ms.  et  758,  enfin  les  récits  sur  la  mort  de  Marc. 

P.  402,  note  8,  ligne  7,  supprimer  la  virgule  avant  deceslui. 

P.  403,  note  \,  lire  :  faute. 

P.  406,  note  2,  ligne  2,  tire  :  armes.  336. 

P.  407,  texte  de  24400,  ligne  I.  remplacer  le  point  pîir  une  virgule, 

P.  409.  note  !.  Pour  340,  v.  p.  472-3. 

P.  410,  note  1.  Ces  répétitions  prouvent  que  la  partie  finale  de 
24400  contient  des  morceaux  interpolés;  cf.  les  remarques  sur  Brehus 
au  §610. 

P.  4H,  note,  ligne  13,  fermer  la  parenthèse  après  39!. 

P.  423,  note  I.  Pour  les  m.ss.  et  les  imprimés  de  Rusticien,  v.  aussi 
p.  473-474. 

P.  431,  ligne  2,  supprimer  les  mots  le  brun  ;  cf.  p.  441,  note  I.  — 
Ligne  24,  lire  :  §631  a. 

P.  432,  ligne  1.  Eseanor  (In  grand',  est  aussi  dans  la  Tavola  Ritonda, 
p.  438.  —  Ligne  14,  lire  :  g  631  a.  —  Note  1,  ligne  l,  tire  :  g  631  a. 
—  Note  3,  ligne  I,  lire  :  §637,  note. 

P.  434.  On  pourrait  voir  des  allusions  aux  Bruns  dans  l'épisode  du 


—  488  — 


Les  BruDS. 


Le  Guiron  de 
12599. 


chevalier  inconnu  du  Tristan,  §  197-200.  Les  Bruns  ne  sont  pas  dans 
Malory,  où  (pp.  439,  56i)  Segurades  est  le  frère  de  Palamède,  mais 
figurent  rà  et  là  dans  la  Tavola  liitonda  :  Branor  et  Hector  y  appa- 
raissent dans  répisode  du  tournoi  d'Uterpendragon  (cf.  358;  §  630  a), 
ainsi  que  Segurant,  qui  est  de  la  gesta  di  misser  Ganoro  lo  Grande 
fp.  7)  ;  âgé  de  cent  soixante-dix  ans,  Segurant,  seigneur  du  château  do 
Roche  forte,  qui  domine  le  Val  Brun  (p.  413},  et  appelé  cavalière  Agra- 
gone  (corruption  pour  le  chevalier  au  dragon),  joute  avec  Lancelot,  qu'il 
désarçonne,  et  Tristan,  par  lequel  il  est  lui-même  renversé  ;  il  meurt 
peu  après,  peut-être  par  suite  de  sa  chute  (p.  436).  Le  prince  Galehout 
et  son  père  Brunor,  cliamjùon  du  château  des  Pleurs  (g  40),  sont  sur- 
nommes les  Bruns  ;  c'est  la  même  confusion  que  nous  avons  vue  dans 
la  Coronica  (cf.  p.  477).  Le  vieux  cliùvailicv delta  Tavola vecchia  (p.  440) 
doit  être  un  chevalier  quelconque  de  l'époque  des  anciens.  —  Pour  des 
personnages  et  des  traits  du  Palamède  ou  du  Guiron  dans  la  Tav,  Rit.^ 
V.  plus  loin;  Malory  n'en  donne  pas. 

Sur  des  épisodes  du  Tristan  et  des  Prophecies  de  Merlin  qui  ont  peut- 
être  été  pris  au  Palamède,  voy.  pp.  483-5,  486,  487. 

Un  fragment  d'une  autre  rédaction  parallèle  au  Palamède  est  contenu 
dans  les  premiers  feuillets  du  ms.  du  Tristan  12599  (cf.  pp.  47,  489), 
dont  le  scrihe  a  introduit  dans  le  texte  ancien  français  de  nombreux  ita- 
lianismes. Ce  morceau  débute  par  la  description  d'une  bataille  contre 
les  Saxons,  qui,  commandés  par  le  roi  Cadoc  [Cadot]  et  Malifer  de  Val 
noir,  sont  en  guerre  avec  la  Gaule  (ms.  :  Gaune)  ;  ils  sont  battus  par 
l'ancien  compagnon  do  Galehout,  Guiron,  qui  porte  un  écu  d'or,  et  qui 
est  assiste  par  le  roi  Nestor  de  Gaunes,  Mcliadus,  le  bon  chevalier 
sans  peur,  Lac  et  Danain  le  roux  (sont  mentionnés  aussi  le  roi  de 
Listenois,  le  Morhout,  Pharamont,  Galehout  le  brun,  Elyanor^  var. 
Lyenor,  de  la  Montagne).  On  décide  de  terminer  la  guerre  par  un  com- 
bat singulier  entre  Malifer  et  Guiron,  qui,  encore  tout  jeune,  n'est  pas 
de  la  valeur  de  Galehout,  comme  Cadoc  le  dit  à  Floile,  en  lui  racon- 
tant comment  Galehout  tua  leurs  pères  pour  venger  le  sien,  Hector  le 
brun,  qui  était  encore  plus  brave  que  son  fils.  Pharamont  donne  à 
Guiron  le  cheval  Marchepiere ,  et  Cadoc  fait  monter  sur  un  bel  arabis , 
FolatHe  le  fort,  Malifer,  qui  est  à  la  fin  vaincu  dans  le  combat.  Le 
conte  passe  au  Morhout,  qui  est  vaincu  et  emprisonné  par  le  jeune 
Teriquant,  frère  de  Garadoc  de  la  Douloureuse  Tour.  Le  jeune  géant 
est  forcé  par  Nestor,  qui  survient  avec  le  bon  chevalier  sans  peur  et 
Lac,  de  rendre  ses  soixante  prisonniers  ;  comme  son  frère  Garadoc,  il 
fut  tué  plus  tard  par  Lancelot,  ainsi  que  nous  le  raconterons  t^ris  (cf, 
362  ;  p.  466).  On  part,  et  on  rencontre  Danain,  marchant  vers  Maloalt 
avec  Guiron,  qui  puis  fu  son  compaigrwn  uns  granz  tens.  Le  Morhout  « 
renversé  par  Danain,  va  avec  ses  compagnons  loger  au  château  du  roi 
Urien  (écrit  Oriens,  Horieuz)  de  Carlol,  parent  de  Nestor.  Au  grand 
tournoi  arrangé  par  Urien  et  le  roi  de  Norgalles  entre  les  rois  d'Ir- 
lande et  do  VEstroite  Marche  prennent  part,  outre  Guiron,  Galehout, 
Meliadus,  le  bon  chevalier  sans  peur  et  autres,  Estor  le  nobk^  Eiyezer 
(var.  Liezer)  le  fort,  Erminor  del  boscage,  li  atTant  (sic,  ]>lusieurs  fois), 
Godoes  dure  mainz,  Lamorat  de  Listenois,  [EJscoral  le  pauvre  et  li  cotinx 
li  poure  ueM  (sic) ,  Adelom  le  gai,  le  duc  d'Audebor,  Léodagan,  le  duc 
de  Saisons  (var.  de  Sainses),  Ernalt  le  roux,  duc  de  Normandie,  le  duc 


—  489  — 

de  Bourgogne,  Marganor  de  la  Roche,  neveu  d'Urien  ;  les  partisans 
du  roi  d'Irlande  sont  devant  le  château  de  Levegnic.  Meliadus  et  la 
reine  d'Ecosse,  d'une  part,  le  bon  chevalier  sans  peur  et  la  reine  d'Or- 
canie  de  l'autre,  brûlent  d'un  amour  mutuel,  et  les  deux  souveraines 
86  disputent  au  sujet  de  la  valeur  de  leur  chevalier.  Meliadus  reçoit  la 
manche  de  sa  dame,  et  la  reine  d'Orcanie  envoie  une  couronne  d'or 
au  bon  chevalier  sans  peur.  Le  fragment  finit  au  milieu  de  ta  descrip- 
tion suivante  des  joutes  du  tournoi  (f*  9  d)  ;  dans  le  Palamède,  p.  444» 
Meliadus  ne  voit  la  reine  d'Ecosse  qu'après  le  tournoi  du  Pin  du 
Géant.  —  Au  f"  10  commence  un  morceau  du  Palamède  (Guiroa 
délivre  Serse  avec  la  demoiselle,  §  636  ;  à  partir  de  la  Idsse  où  la 
traîtresse,  ayant  quitté  Guiron,  trouve  Brehus,  le  texte  est  donné  en 
langue  italienne). 

Quant  au  Bois  verdoyant,  Guiron  était  peut-être  né  à  ce  château, 
comme  le  dit  3335  (p.  442),  cf.  358,  qui  l'appelle  le  seigneur  lige  du 
châtelain  dont  il  aime  la  fille  (p.  437). 

P.  435.  Les  morceaux  du  Tristan  de  103  ont  été  retranchés  dans 
les  imprimés  du  Palamède^  cf.  p.  473. 

P.  436,  ligne  11,  tire  :  159;  le  premier,  etc. 

P.  437,  note.  Dans  un  des  épisodes  de  la  fin  de  Rusticien,  Segu- 
rades  est  appelé  le  cousin  de  Guiron  (§  641).  —  Ligne  49,  lire  :  Ber- 
toullars.  —  La  Tavola  Ritonda  aussi  raconte  (p.  2-7)  le  tournoi  d'Uter- 
pendragon  et  la  trahison  de  la  demoiselle  qui  fut  cause  que  Guiron 
monta  dans  la  charrette  infamante. 

P.  442,  ligne  46,  lire  :  (cf.  p.  431,  note 3). 

P.  443,  note  3,  dern.  ligne,  lire  :  §  639  a,  p.  467. 

P.  445.  Il  v  a  de  cette  guerre  de  Meliadus  un  reflet  dans  ta  Taoola 
Ritonda  (p.  19-21). 

P.  447,  avant-dernière  ligne,  supprimer  les  mots  :  Pour  ta  suite, 
Janol  concorde  avec  338  et  les  autres  mss. 

P.  452,  ligne  4,  lire  :  reprit.  —  Ligne  26,  lire  :  les  trois  autres. 

P.  455.  Par  les  motsr«r5  Maloaut  est  probablement  désigné,  comme 
destination  de  Guiron,  cherchant  son  compagnon  d'armes,  le  château 
de  Bloie,  voisin  de  celui  de  Oanain,  p.  454  (cf.  p.  459,  où  Guiroa 
quitte  le  chevalier  à  l'écu  mi-parti,  qui  va  à  Maloaut). 

P.*  456,  lignes  24,  63,  lire:  avoit,  escuiers. 

P.  457,  ligne  13,  mettre  une  virgule  après  le  mot  versions.  — 
Ligne  19,  lire  :  guère  une. 

P.  459,  note  4.  Le  morceau  de  12599  est  d'abord  en  ancien  fran- 
çais; l'italien  commence  au  passage  (f°  16  b]  où  la  demoiselle,  ayant 
quitté  Guiron,  trouve  Brehus;  cf.  p.  488-9. 

P.  461,  note  1.  La  variante  Monabinde  est  dans  338,  357,  3478. 

P.  462.  Dans  la  Tav.  Rit.,  pp.  288-9,  436,  Guiron  {Guarone)  a  deux 
fils,  Vasparino,  qui  fut  tué  par  Lamorat  de  Galles  dans  l'île  du  Pont  de 
fer  (cf.  §  187),  et  Galinan,  qu'abattit  une  fois  Lancelot.  —  Le  rédac- 
teur du  Palamède  a  évidemment  voulu  faire  délivrer  le  bon  chevalier 
sans  peur  avec  les  autres  prisonniers  de  Xabon  par  Tristan  (cf.  l'an- 
nonce à  la  page  465),  en  utilisant  l'épisode  du  Servage  (§  61  ss.)  ;  le 
récit  de  cette  délivrance  a  été  tout  ditTérent  de  celui  que  donne  la  corn- 
pilation  de  Rusticien  ;  v.  p.  4G9 ,  note  4. 

P.  463,  ligne  25,  lire  :  les  chemins  se  bifurquent 


—  490  — 

P.  464,  note  8,  ligne  9.  Danain,  d'après  Janot,  fut  emprisonné  peu 
^rès. —  Ligne  10-41,  lire  :  Guiron,  qui,  avec  le  roi  d'Estrangorrc  et 
les  autres  bons  chevaliers  (cf.  p.  465),  sera,  etc. 
Prophecies  de  P.  466.  Les  passages  des  Prophéties  de  Merlin  cités  dans  Ward,  Cata- 
merlin.  logue,  3TJ-2,  se  retrouvent  textuellement  dans  350.  Voici,  rapidement 
analysée,  la  dernière  partie  de  ce  manuscrit  :  Merlin,  le  père  de  Brehus, 
est  enfermé  (f"  382-3)  dans  un  tombeau  de  la  fori-t  de  Darnantes  par  la 
dame  du  Lac,  l'amante  de  Meliadus  (développement  d'une  donnée  du 
TVwten;  cf.  §  20),  qui  i)lu8  tard,  comme  d'autres  chevaliers,  vient 
demander  des  prédictions  à  l'esprit  du  prophète.  Aventures  de  Mador  de 
la  Porte,  qui  raconto(f°385)commentilavaitété  retenu,  puis  délivré  par 
Arthur,  à  la  Roche  auxSesnes,  après  une  joute  avec  le  Saxon  Corbanz, 
qui  avait  tué  Guibert  de  Val  Brun  à  la  cour  d'Arthur.  Par  Meliadus 
l'esprit  de  Merlin  (f^  393  h)  fait  engager  le  .<;age  clerc  de  Galles,  qui 
avait  été  le  successeur  d'Antoine,  devenu  évèquc  de  Galles,  à  aller  chez 
Arthur  pour  y  attendre  la  venue  de  Perceval ,  fils  de  Pelinor,  et  le 
conduire  à  la  mer  salée  qui  départ  deverz  la  tour  ou  fu  jadis  le  grant 
serpent  :  le  célèbre  chevalier,  par  sa  prière,  le  mettra  en  état  de  parler  à 
ranemt  enfermé  dans  cette  mer.  Perceval,  ayant  vu  emporter  dans  l'air 
leclerc  par  le  diable  sur  une  grosse  pierre,  prie  pour  lui,  retourne  à  la 
cour  de  Gamaaloth ,  où  son  compagnon  est  mené  peu  après  par  sa 
pierre,  et,  renseigné  par  lui,  se  met  en  quête  de  Merlin;  le  clerc 
retourne  en  Galles.  La  dame  du  Lac  (f*  398)  quitte  Guenièvre  a  celui 
point  que  ele  prist  garde  de  Lancelot  quant  il  estait  forsenés  pour  la  prison 
de  la  hoche  as  Sainez,  maladie  dont  il  guérit.  Des  aventures  do  Morgain, 
de  Brehus  et  de  Golistant  sont  suivies,  au  f°  401 ,  du  commencement 
de  l'histoire  d'Alexandre  l'orphelin  avec  l'épisode  du  tournoi  de  Sore- 
lois  (texte  de  99;  voy.  sur  p.  186).  Ce  tournoi,  dans  les  Prophecies 
comme  dans  363  (cf.  p.  467-8),  a  lieu  après  \a.mescheanche{c^.  pp.  198, 
485)  de  Guenièvre,  éloignée  par  les  intrigues  de  la  fausse  reine;  l'ex- 
plication que  donne  Malury  (v.  p.  195)  parait  être  de  son  cru.  — 
Entre  les  quatrième  et  cinquième  journées  du  tournoi  sont  interca- 
lées, dans  les  Propfiecies,  des  aventures  de  Perceval ,  qui  a  quitté  l'er- 
mite dont  le  compagnon  était  mort  (le  séjour  de  Perceval  chez  l'ermite 
n'a  pas  encore  été  raconté  dans  350)  ;  il  trouve  un  clerc  enfermé  par 
Merlin  dans  une  jaiole  et  devant  être  alTranchi  par  le  chevalier  au  dra- 
gon, tue  deux  larrons,  dont  il  délivre  les  prisonniers,  et  arrive  à  un 
château  où  une  demoiselle  enchaînée  ne  peut  être  déliée  qu'après  la 
défaite  de  son  oppresseur,  —  Après  la  Un  du  tournoi  :  les  Saxons  s'en 
vont  en  guerre  à  Wincestre  (cf.  p.  485).  Perceval  délivre  la  demoi- 
selle. Intrigues  (f*'414)  et  bataille  de  Sébile  et  de  Morgain;  chacune 
d'elles  désire  pour  mari  le  beau  Iterengier  de  Gomoret.  Elles  sont  trom- 
pées par  une  des  demoiselles  do  Morgain,  Fleur  de  lis,  qui  réussit  à  se 
faire  épouser  i)ar  Borengier  en  lui  rendant  son  jeune  fils  enblé  par 
elle-même.  Sagremor,  guéri  (cf.  p.  196),  et  Gauvain  cherchent  vaine- 
ment à  encourager  Arthur,  dont  la  cour,  presque  déserte ,  est  remese  à 
Daguenet.  Gauvain,  Mordret,  avec  un  grand  nombre  de  chevaliers 
d'Orcanie,  vont  combattre  les  Saxons  à  ÀVincostre,  où  ils  trouvent  le 
félon  Meleaguant.  Perceval  secourt  deux  demoiselles.  Segurant  le  brun 
{f*  417),  poursuivant  son  dragon,  arrive  à  la  Cité  fort  et  est  vainqueur, 
contre  Gui,  iils  de  la  reine  de  brequestanz,  dans  un  tournoi  dont  le  prix 


—  491  — 

est  la  main  de  la  fille  du  roi  de  la  cité.  Préparatifs  de  guerre  à  Wiu- 
cestre.  Morgain  envoie  sa  filleule  Morguenete  chercher  la  reine  de 
Norgalles  et  pardonne  à  Sébile.  Segurant  donne  la  princesse  de  la  Cité 
fort  à  Bichier.  Suite  des  préparatifs  de  guerre.  Palamède  et  Saphar 
(f*  421)  quittent  ensemble  le  tournoi  de  Sorelois  |cf.  pp.  198,  466,  484), 
reconduisent  la  demoiselle  à  s()n  hôtel,  où  elle  est  épousée  par  un  che- 
valier, partent  avec  les  quatre  ennemis  de  Garadoc,  les  secourent  contre 
les  hommes  du  géant,  qui  s'étail  absenté  pour  assiéger  Clarin  le  noir 
(les  e.\pressions  de  350  n'accusent  pas  de  lacune;  cf.  36*2,  p.  466),  et 
mettent  en  fuite  vingt  chevaliers.  Dinadan  s'en  va  voir  la  tombe  de 
Pendragon.  Combat  de  Meleaguant  contre  Caifaudin.  La  dame  du  Lac, 
Bohort  et  Lionel.  Haine  de  Marc  pour  le  roi  Hoêlde  la  Petite-Bretagne. 
Daguenet  tue  le  trésorier  d'Arthur,  Fote  (Krolle?),  qui  l'attaque.  Arri- 
vée d'Ivain  à  la  cour  '  f*  'r2i;.  La  fausse  Guenièvre.  Batailles  avec  les 
Sesnes,  dont  la  flotte  est  brûlée;  Galehout,  fait  prisonnier,  est  délivré 
par  Lancelot.  Perceval  (f"  428  arrive  chez  l'ermite  qui  attend  la  venue 
du  fils  de  Pelinor;  cet  épisodea  été  inséré  dans  103,  v.  p.  188.  Après 
la  remarque  sur  le  livre  de  Merlin  p.  189  est  donnée,  dans  les  PropAe- 
phecUs,  la  suite  des  aventures  de  Palamède  avec  Saphar  :  Garadoc 
revient,  etc.,  comme  dans  362  'v.  p.  466),  jusqu'au  passage  où  il  con- 
gédie ses  hommes.  Les  Saxons  demandent  la  paix.  Guenièvre  séjourne 
toujours  avec  les  nonnains  \Cf.  p.  197;.  Suite  du  séjour  de  Perceval  chez 
l'ermite.  Aventures  de  Segurant  le  brun  (f*  431).  Morgain  et  Sébile. 
Les  Saxons  envoient  des  messagers  à  Galehout  pour  se  faire  constituer 
prisonniers.  Puis,  f"  434  c,  suite  dos  aventures  d'Alexandre  l'orphelin, 
qui,  arrivé  en  Logres,  désarçonne  Brehus,  etc.,  comme  dans  362  et, 
un  peu  plus  loin,  99;  cf.  pp.  481-2,  où  nous  avons  vu  la  fin  de  350. 

P.  467-8.  Pour  le  tournoi  de  Sorelois,  v.  sur  p.  186  et  ci-dessus. — 
P.  468,  dern.  ligne,  lire  :  Guiron. 

P.  469,  note  4.  Cf.  la  remarque  sur  p.  462, 

P.  472.  Le  récit  de  l'arrivée  des  douze  chevaliers  en  Petite-Bretagne 
repose  probablement  sur  une  confusion  avec  le  retour  de  Tristan  dans 
ce  même  pavs  après  la  fête  de  Camaaloth. 

P.  479,  dern.  ligne,  lire  :  (3478*). 


Le  ms.  5237  des  nouvelles  acquisitions  de  la  Bibliothèque  nationale  Fr&nnents  du 
contient  neuf  petits  fragments  du  Tristan  xiii*  s.)  :  1.  Brunor  le  noir  frisUin. 
à  la  Joyeuse  Garde  (§  486-7);  2.  Palamède  s'humilie  devant  Galaad, 
qui  désarçonne  ensuite  Lancelot  et  Perceval  ij).  349-50);  3.  Lancelot 
poursuit  Galaad  (§  496\  Dans  les  six  autres  fragments,  qui  sont  formés 
de  minces  bandes  de  parchemin,  on  reconnait  le  récit  du  séjour  de 
Tristan  avec  Gouvernai  chez  le  roi  Pharamont  {§  24-6.) 


TABLE   ANALYTIQUE 
DES      NOMS     PROPRES 


Ne  sont  ootùtt  qD'exoeptionuellenwDt  :  1«9  raiiantes  daes  à  r&!temuic«,  ooiutente  ilaBi  Im 
nutoiucriis,  det  consonnes  donMes  et  simpla,  des  groupes  aii(f}  et  eii(f),  des  lettres  e  ttck,c 
et  4,  e{ch]  et  A  (9,911;,  r  et  g  utiris  d'à.  eetdi,  f  et  pk,  g  tt  çu,  g  ttj,i  {J)  ti  j/,  m  ^m.  0,u 
et  OH,  f  et  s,  (  et  (A  ,  m  et  i  entrave,  h  et  r,  ^  et  vs.  z  (s)  et  ««  ;  les  divergences  du»  l'ortho- 
graphe  des  mots  ootnme  .4rpiii,  Klif,  Harioan,  tpomenet  (pour  ttarpin,  Heltê,  jiriokmm, 
HippomtitetJ,  GoMonain,  Maloant  {^om  Goto«ain,  Maloaut"),  Canor.  Vaeiji)met,  j4tTitar 
fpour  Tatior,  .Vatanaei,  ^erieor).  Çk  et  U  sont  données  des  Tsrisntes  non  sjootées  k  Is  leçon 
oorrcsponduite  dans  l'analyse,  où  un  relèvera  des  Inconséquences  dans  plnsieors  graphies .  tellei 
qne  Sorelois,  Galles,  Ueclor  des  UarËt  (cf.  0.  Paru,  .VeriiR.  I,  XLVIll).  Ares,  SfeUadu, 
Meleagoant,  Làxlagan ,  et  dans  l'emploi  des  Itallqaea  destinés  k  indiquer  le  passage  où  on  nom 
propre  figore  ponr  la  première  fois. 

Les  diifllvs  oon  procédés  de  U  lettre  p.  (page}  renvoient  aax  pangnpbcs. 


Aban^  est  désarçonné  par  Meliadus, 

p.  464. 
Abaradan,  se  met  enqudtedu  Graal, 

395  a.  ss.  {=>  Baridan  t) 
Abcalon^  v.  Absaton. 
Abdalon,  v.  Adalon. 
Abé(s),  V.  Uebés. 
Abel,  11. 
Abilan,  p.  471  ;  cf.  Estrangot. 

1.  Absalon,  50. 

2.  Ab'alon  {cf.  Hector  7],  sa  mort, 
635;  est  enterré  par  Meliadus,  638. 

3.  Absatofiy  V.  Assaloa. 
Acad,  p.  247. 
Acarne,  v.  Archana. 
Achadem,  p.  228. 
Achalain.-iam^  de  Clarence ,  pp.  197 

ss.,  483  ss. 
Achille,  bQ,v.  445. 
Acinde,  p.  43. 
Acostant ,  se  met  en  quête  du  Graal , 

395a  ss. 
Acourant  le  léger,  se  met  en  quête  du 

Graal,  p.  283  ss.;  sa  mort,  511. 
Acricor  le  bel,  se  met  en  quête  du 

Graal,  p.  281  ss. 
Adalon  de  Listeaois,  ses  aventures 

avec  Hector  le  brun,  p.  451  ;  sa 

sœur  et  ses  frères,  ib. 
Adam,  p.  480. 
Adamatha.  v.  Damatha. 
Adamon  le  beau  jouteur  (cf.  Amant  2), 

père  d'Amant  de  l'Espine ,  p.  452. 
Aaelonz  le  gai,  p.  488. 
AdimponSf  château,  627. 


Adoart,  t.  Edonart. 

Adonaîn^  p.  141. 

Adoras  de  l'Ile  du  Port,  se  bat  avec 
TrisUn,  350;  sa  mort,  p.  2G2. 

Adriano,  p.  138,  cf.  Oriant2. 

Agad,  324. 

Agandres,  491  ;  cf.  Argoodres. 

Aganor  le  petit,  neveu  d'Harpin.  456. 

Agar,  médecin,  542  a. 

Agauus,  p.  104. 

Aglons  {des  Vaux) ,  p.  283,  cf.  Aiglin. 

Agloval,  frère  de  Lamorat  de  Galles 
et  de  Percôval,  séjourne  avec  Tris- 
tan pendant  le  tournoi  de  Roche 
dure  ;  est  avec  ses  frères  à  la  cour 
d'Arthur,  192,  où  leur  mort  est 
décidée,  250,  cf.  302;  prend  part, 
avec  Lamorat,  au  grand  tournoi  de 
Galehout,  pp.  198.  200.  484;  quitte 
le  Château  des  Dix  Chevaliers,  288a; 
ses  aventures  avec  Tristan  et  Lan- 
celot,  p.  222.  et  pendant  sa  quête  de 
ce  dernier,  302  ;  part  du  château  de 
leur  mère  avec  Perceval,  qu'il  fait 
armer  chevalier  par  Arthur,  306-10 . 
388a.  cf.  254;  reçoit  Tristan  et  suite 
prés  de  Louvezerp,  p.  271  ;  est  en 
quête  du  Graal,  39o  a  ss.,  cf.  p. 
223;  prend  part  à  la  guerre  des 
rois  de  Norgalles  et  d'Irlande,  p. 
313;  est  vaincu  par  Goiron,  p.  46/ ; 
ses  aventures  avec  Gosouain  et 
autres,  p.  468. 

Agoier,  v.  Argoier. 

Agragone,  p.  488. 


—  Î9i  — 


Agravain,  Agref,v)a{î)nt  S  orgaeiïhnx, 
frère  de  (■auvaiu  ;  son  caractère, 
2S8-9,  5G4,  cf.  se:».  6tï,  p.  Ï3'J;  sa 
valeur.  rïfl7;  pr:      '  u  d'une 

Uame  el  est  ren  , -Uannt, 

p.  470;  liait  Bru  .  qui  l'a 

-i^incu.  71  ;  roçanic  ïkh  irjpirs  du 
toiirooi  (lu  Ch/itcnu  r!e*  Piir.r.llns, 
IOO;«B«ftvr:r  1"      t- 

dan  et  au'  ?. 

lui  et  Bes  11  ..        —    .-.,  i it, 

qu'ils  d^;ctdoni  de  tuer,  iW,  ï-jd, 
•J57.  nf,  no?,  306;  prond  part  aux 
j  iii-s..  217-8;  f^l  épargné 

I  a,  qu'il  tue  plus  tard , 

,,.  .  lu.y  r.^jM,  -,in,  -.MIO. 

Driant. 
..  )).  2-21, 
:>;.  jiii;  fut  ri'iivûrsé  mr 
\  :<p.  199,  ifib;  son  comnat 

in-<   -■u.in.-net.  qu'il  *!"  *    --'    •■■-' 
Lamorat,  '*83b;   esl   i 
Bliob'M'is.  ■,';t(>•8:B^t.'■. 
de    tîarin   de    L.iml>aUu,    \>.    J21 , 
décid<»de  tuf)rPyn>'val,3!3:  essaie 
d'enlever   ?     •■'      ''^    ■         '  *-   --- 
passage  do 
tan,  nui  le  r 
a  le  deasoua  coulio  Alûxaudrw  l  ur- 

Shelin,  p.  200;  est  puni  parTriston, 
62;  Mt  enquête  du  G  nia!,  Hltsuss., 
cf. pp.  221.  î'b-^.îari-l  ;  trouvp  Palu- 
mtîdcL't  GaUad.  i'Ji-b;  est  ronvyrst* 
par  ot'  dernier,  qu'il  a  irait<>  de 
poliron,  527-9;  ses  tntrifniescnntr*^ 
Lancelot,  qu'il  accUM  ot  Tait  ^ur- 
jr-'Ei-lrt»  avec  Guenîèvre.  61'.);  est 
diiiiv  n^  de  prison  par  Tristan .  (iîS . 
et  vaincu  par  Guiron,  p.  4CT;  a 
dé:«honûrâ  l»  sœur  de  Uutor.  p.  408. 

Agricuf.  v.  Acricor. 

Agriffoiirulcs.p.  iHi. 

Agrippe  le  grand ,  e«l  en  guerro  avec 
lioéi,  55. 

Agu,  le  château  de  MorU-,  27-3,  ÎWa. 

Ag{u)inqwir{r)cn^Aguingiierrant.pp. 
24.  475. 

^r/r.-'^'-  ■''^'  roi  d'Ecosse;  cf.  ce  mot; 
!iilu  quiMquefoiâ  avac  le 
I  iL  Chevaliers,  cf.  p,  2G9); 

prcuii  pan  au  tournoi  du  cliùteau 
d.i  la  Lande,  30,  cf.  p.  VII;  ao  met 
(^n  qu'^le  du  Groal.  p.  284  ss.;  est 
renversé  par  Hrannr  ltîbrun,p.  426. 
01  vaincu  par  Gniron.  p.  4*37. 

Airan,  v.  Aliao. 

Aiolin  (Us  Vaux,  est  rearers^  par 
Tti>itin,  134,  cf.  p.  476;  se  met  en 
qii'"iô  du  Graal,  p.  284  ss.;  cf. 
Aiîlon*,  p.  2tï3. 

Aigleral,  -o^'cvat,  100. 

Aiiifs,  la  Belle  Pèlerine .  aime  et 
•"■pouse  Alexandre  l'orphelin,  pp. 
!(l3  5s.,'i«3as.,26<;;sa  mnrt,  p  207. , 

Aiquin,  v.  Alquin. 

i4û,  en  Picardie,  440.  I 


1.  Akarin,  cal  vaincu  p&r  AgI«Tal. 
p.  223. 

2.  Akarin.  triompha  do  K«tï.  p.  ÎÎ6, 

I.'    '     ■  '  ''"'■•*, 

p.  1 1»*;  n*i!  ,'11, 

2.  Alai'Xt  pf"  - ,  p.  4©î. 

n.  Alain,  nf.  i!-_;,i,n  ,i. 

1.  Marit,  Mm  combat  avoc  dartsuot 
ctGosouain.  p.  227. 

9.  J/'ir-o.  Oit  tuiV  dan«  le  Moroia  par 

S?iiTr(*mo''    p.  2'î'' 
.t."  "     ■     I.l,»7â. 

1 .  ..    ...«......,-  16J-*- 

2.  Aihe,  cf.  Aubp, 

I.  Altiine,  arrive  avec  ses  sosur*  on 

Alhion,  p.  430. 
■2.  Aihtnr.  ville  do  Léonola.  ft,  17*  tO, 
■  '    ■,'!.  407. 

/r.  cf.  Archana. 
et  Jos  trwxiajues  Ab  l'Ito  A'-, 
p.  4JG. 
AKiisme,  v.  Alhîne  3. 
"      '  -■^,  t'ïl  tué  M  la  Joyeu»r  imru^, 

'  '.  cousin  d'Iâfiut.  pp.  ?iT,  245, 
^lU .  armtï  chevaliur,  il  purte  le  nom 
d*i  I^nirirt,  .i!t8(«;  sa  mort,  p,  367. 

.7*"  '■  ■'    '   ■ "^ri, 

lin;   l'hittoirfl    d« 
.  _-sajeunfsw,  î«3b, 

tpp.   48  i  8s.,  266-7;   a  déMrçooné 
Ireims,  291a,  cf.  p.  442;  sa  mort, 

p,  267,  cf.  p.  .t81 
Afifius.  \t.  '\^. 
Aiif»'tyi.  Alihon.  SQ  mvi  co  qtiMsila 

t.iraal,  p.  281  ss. 
Al»'fr'*'n^)njil.\\^'^\  K^ii.p  226. 
M-  .  ■-•   ■     .l.p.MI. 

,1.  .p.  «7. 

Ji . 

4/ixani  l'or.  la  Lande,  «si 

luA  par  G. 
Allrinaijnf.  cï.  It^Uu. 
.1//iV,  aw.  p.  400. 
Almfris  lU  .Voruïl,  eH  tu4  dans  la 

Miifoispar  Bagremor,  p.  Î20. 
Alo^inn.  V,  Ali^ion. 

,^  uTcson 

I  vaincu 

\■.^•.     1  .  I,- 

Altjuir..  i,iu.  !j5.p.47d. 

.l//tfn,  !■  ■  .  10*1. 

Amador,  v.  .Mudui 

1.  .Inmn/,  17. 

2.  Amant,  le  beau  jciut'*ur  ^cf.  AdA- 
moii>,  9p  met  en  iiuôlu  du  Groal. 
'i'j'iti  53.; sa  mort.  5lo-il- 

X  Amant  de  i'Espine,  fils  d'Adomon, 

p.  452-3. 
î.  .l<ort/ir,  cf.  Armant. 
Amantt,  v.  Amant 
Amdide,  couiiiine  île  Donain,  p.  448. 
Ami,  le  guiS  de  la  Tour  da  1'-.  p.  36. 


—  495  — 


ilmid^*,  demoiselle  d'Iseut,  pp.  V2-4i, 

17G. 
Anons,  p.  484. 
Amoroldo,  v.  le  Morhout. 
Ancel,  V.  Ânsel. 

Anchi.vs.  parent  du  roi  Boliort,  9G. 
Anehone,  cf.  HauUione,  n.  4iô. 
,lnc«n,lo Château-,  p.  Ui;  cf.  Antif, 

Chevalier.  Phébus  I. 
Anc'JijOre.  forèl,  504. 
Andeliz,  se  met  en  quôtc  du  (îraal, 

3<J5a  ss. 
Andret,  neveu  de  Marc  et  cousin  do 

TfistaDj  p.  13;  saperlidie,  ITii;  les 

trois  çoutteiidesangde  l'oiseau  tué 

Barlui,p.  26;poursiiit  Sagremor  et 
lodincL,  34;  oles^^e  Lambègue,  43; 
ses  macbinatioas,  45  ss.,  cf.  p.  476; 
converse  avec  Marc ,  75  ;  propose  de 
lairepoursuivreTristan.  i7,cf.  p. 65, 

Î[u*il  suppose  malude,  84,  et  qu'il 
ait  passer  pour  mort.  86, 95;  rejoini 
Marc  dans  le  Morois.  104 ."p.  476: 
recommande  de  faire  tuer  Tristan, 
t05;  ses  aventures  avec  Ivatn  au?i 
blancfaes  mains,  Keu  et  Gaheriet. 
170-1,  175-6;  Marc,  partant  pour  !*■ 
Logres,  lui  laisse  le  soin  du  gou- 
vernement, 208,  lui  raconte  les 
aventures  de  la  traversée  et  l'en- 

?age  à  tuer  Tristan;  il  surveille 
seul,  p.  172, g  iTl\  est  privé  par 
son  neveu  du  commandement  d  uu 
bataillon  que  lui  avait  confié  Marc. 
272,  275;  dénonce  les  amaats,  282. 
Marc  lui  interdit  la  cour,  283;  épie 
les  amants  ;  Perceval  le  jette  par  Iti 
fenêtre,  p.  205;  a  fait  faire  une  clef 
secrète,  285;  est  consulté  par  Marc, 
qui  lui  fait  emprisonner  Tristan, 
287;  est  vaincu  par  Lancelot,  dont 
il  devient  le  prisonnier,  280-9i>,  202  ; 
emprisonne  Tristan  de  nouveau^ 
293;  est  chassé  par  Sagremor; 
garde  Iseut,  p.  220;  est  fait  prison- 
nier par  Perceval,  317,  et  dans  h 
guerre  de  Dînas,  322;  conseille  u 
Slarc  de  chercher  l'assistance  des 
Saxons,  516;  dénonce  les  amants. 

Ç.  382-3;  se  r»}jouit  de  la  mort  d-? 
ristan  et  est  haï  de  ses  compa- 
triotes, 550.  cf.  p.  383  ;  assiste  Mar.' 
contre  Oinas   et   Dinadan,    586-7. 
•    539  ;  sa  mort,  5i3 a,  pp.  2it5, 3S3, 40i>. 
Andusbergho,  cf.  Handehourc. 
Angar,  v.  Agar. 


f;let..  V.  Edouard,  Henri;  cf.  (Uiar- 
e  magne. 
Aniîedis.  mère  d'Alt?xandre  l'urphe- 

Im,  282b,  pp.  481,201. 
Anséis  de  Soreiois,  pp.  108,  200,  48.'-. 
—  Poury|n5e/j,  cf.  aussi  Ensoit. 


Autel,  se  met  on  quête  du  Graal, 

p.  283  ss.;  sa  mort»  522. 
/nsemcr,  p.  283;  cf.  p.  486. 
Ansoil,  V.  Ensoit. 
Anterin  du  Pas  fondu,  est  tué  par 

Nestor,  p.  220,  cf.  p.  485. 
Anteùotirv,  v.  llandebourc. 
.lH//ton,  5U)a;  cf.  Authon. 
Aittif,  le  Château  —,  361  ;  cf.  Ancien. 
Àntine,  v.  Autine. 

_l;i(fjt/if , écrivain  deMerlin,pp.466,485. 
Ànnebi/rt,  v.  Hanrlebourc. 
Jnji7/cï.  est  renversé  parTristan,184. 
iptasat  le  gros,  se  met  en  quête  du 

Graal,  p.  284  ss. 
Apoth  l'aventureux,  fils  de  Sadoc  et 
de  Celinde,  2  ;  tue  le  géant  qui  pro- 
pose des  énigmes;  va  chez  PFttias, 
12  ;  lue  son  père  et  Tanor;  devient 
rui  de  Léonois  et  épouse  sa  mère, 
13;  son  rêve;  est  converti:  bat  les 
Cornouaillais,  14;  épouse  Glorian  de, 
15;  est  trompé  par  une  fausse  lettre, 
17;  sa  mort;  est  enterré  par  son 
lévrier,  18. 
ApoiloUt  15. 
Aprfs  le  méconnu  (  faute  ou  confti- 

sion?),  p.  284. 
Aqui/n,  v.  Alquin. 
Aquilan,  fut  tué  parGalehout  lebruDi 

p.  454. 
Arafi,  se  met  en  quête   du  Graal, 

p.  284  ss. 
.'Irai,  V.  Daras. 
Araviuto,  p.  60. 

Arbraye,  le  château  de  1'—,  p.  202. 
Arcemant.  v.  Artaman. 
.1  rcbana.eit  tuée  par  Apollo,  17,  p.476. 
Archaus,  est  tué  par  Blioberis,  p.  226. 
Archeiaus,    nom  du  chevalier  à  la 
cotte  mal  taillée,  dans  3357,  p.  477. 
Ardatis,  oncle  d'Arthur,  pp.  199,485. 
Ardt'n?ies,  cf.  Dardoinne. 
ArdtmSy  272;  cf.  Argon. 
Ardret,  v.  Andret. 
Arduano,  p.  2G9. 
A  rem,  de  Terre  foraine,  633. 

1.  Arci.  pi^re  de  Tor,  pp.  59,  81,  114, 
212,  231,  et  lUs  de  Pelinor,  215;  cf. 
p.  481. 

2.  A  rcs.  père  de  Do,  p.  223  ;  le  château 
d"-,  ih. 

Arfaior,  v.  Alphasar. 
Aryaanor,  p.  284  (cf.  Marganor). 
Argaax  le  bel,  se  met  en  quête  du 

Graal,  p.  284  ss. 
Argan,  mari  deux  fois  trompé,  98. 
Ai'i/his,  V.  Hanguia. 
Arguier  le  fel.'se  met  en  quête  du 

Granl.  p.  284  ss. 
.lr;/ri/f,  272. 
An/ondres,  491. 
Arguawir,  v.  Argaanor. 
Argtis,  272:  cf.  Argon. 
Ar'imathie.v.  Joseph. 
Arin,  cousin  do  Dinadan,  609. 


^^^^^^^^^^^^^              _       —          ^^^^^^^^^ 

^^^^^^^^^H          An'ùhan,  prince  saxon,  pp.  433, 
^^^^^^^^^H             ses  avemures  avecLéouagao,  (i31  b. 

448-9,  dt'Carlion  e!  ■'-■  r-,—-^!-.'!-.  ^J 

p.  4ri(H7:  va  .^  colu  i  ^^M 
Pin  du  (léant,  p.                                ^^| 

^^^^^^^^^H              P-                 chez    luqacl         tombe 

^^^^^^^^^^K             maladd,  p.  4'>5;  vaincu  par  Melia- 

pas  part  à  celui  de  ^-                         .  ^^| 

^^^^^^^^^^1             duâ  tjn  combat  siogulier,    U  s'en 

en  a  arreugâ  un  ^^M 
36.Ï:   fait  chercher                            ^^M 

^^^^^^^^^^H             alla  en  Oariemark.         il  devint  le 

^^^^^^^^^^H            geaAte  du  roi,  p.  446;  sesaveatures 

séjourne  h  Car<luel  et  m  .                -   ^^H 

^^^^^^^^^P                     Meliadus,  642-3. 

£uiu,  36;  Qii^iste  uu  '  ^^M 
Tristan  contre  Blanor,  .18;  ui  a»ou*        V 

^^^^^^^^^M         Ahon,  &B  mort,  ^7 a. 

^^^^^^^H                     p. 

nr  les    enfants    du    seigneur   du         1 

^^^^^^^^H          1.  Arisioe  )o  fort,  est  tué  par 

Châtnau  orRU'  ■'    sftî  avpn-          1 

^^^^^^H 

turcs  dans  1-                      ,  71a  ss,.         H 

^^^^^^^^H          1.  AriitoCj  pèro  de  Goraabrin,  nii. 

cf.  p,  477;  ttn  ;!(  vœu  de  1 
le  désarçonner,  'ii;  Pienorin  devient         ■ 

^^^^^^H 

^^^^^^^^^1         1.  Armani,  chevalier  de  Marc,  208, 

son   homme  liçe,  94;  «'cnfmge  a        J 

^^^^^^^^^H             qu'il  iléOe,  209  ;  arrive  chez  Arthur, 
^^^^^^^^^1             ^30;  est  tuf*  par  Marc  en  combat 

porter  un  écu  a  la  ^  ctïtui  ^^fl 
de  Tristan,    112;                     ivec  ^^H 

^^^^^^^^H 

Mordret,   194;  revc.     '  *  s*  ^^H 

cour,  205-6,  623;  o  permis  à  [>rianl         V 

^^^^^^^^^^H          2.  Armant^  roi  de  la  Cité  vormeillo; 

^^^^^^^^^^V            aoa    asscL^iftins  sont   vaincus    par 

et  à  Alain  de  d'^-ff-ndr»'  chHoun  un         J 

^^^^^^^^               Palum'tdA.  :i.>H  360-;0. 

pijnt.  215:  a  cliargi^  ((il''  *              ^^Ê 

^^^^^^^B                  3.  Armant  le  bal  (te  noir),  se  met  en 

alTnire,  221;  se   cuurrriu                    ^^H 

^^^^^^^1                     Cfyifilù  du  Graal,  n.  2t<4  ss. 
^^^^^^1                 4.  Armant  de  £tn(^ii),491,up.  xxiii. 

Tristan,  235.  cf.  'IV  <                         ^H 

combat   de  Mure,                                 ^^M 

^^^^H 

réconcilie  avec  Thbi                             ^^M 

^^^^^^H                 5.  Armant,  roi  du  pays  d'OtiUre  Us 

317);  assure  son  hoâptiuliiti  ot  sûu        V 

^^^^^^M                    Marches;   sa  guerre   avec  le   roi 
^^^^^^H                      d'Ecosse,  p.  438. 

sijcours  à  ce  dernier,  p.  IG4,|  2.51.          1 

251  a.  261,  264.  v    •■'•^     "■■-'■■    '-    ^M 

^^^^^^H                fp.  Armant,  cf.  Amant. 

Patamêde  et  de  Lai                             ^^H 

^^^^^^^1                  Armen,      Armaol. 

leur  venue,  24'>-'^>                                  ^^H 

^^^^^^H                 Annenia,  p.  xxiii,  cf.  p.  478. 

Oinadaa;  regc.                                    ^^M 

^^^^^^H                  Afmian{o],  v.  Armant 

247-8  ;  honor.'                                        ^H 

^^^^^^V                Amantes,  v. 

249,  265.  qui  cimm.h                                ^^B 

^^^^^^M                  Arous,  pp.  107.  4âj. 
^^^^H                   Arrant,  n-.C^t  P-  ^^• 
^^^^^H                  Arta/iam.  p.  im. 

reroit  l-VrKUs;  faii  :  !Vis-  1 
tan  et  de  i.aoceloi,                    rres-    ^^m 

pondanco  avec  TribUit  ui  Marc,  ^^H 
V62-6;    admet    Perrevnl    au    Si^'gt]  ^^H 

^^^^^K                  Artaman,  Artcmant,  frère  d'Andret, 

^^^^^^B                      sera  tué  par  Tristan,  15;  cf.  .117. 

À>v                                                fait         1 

^^^^^^H                  t.  Jr//iiir.roi(luLojm>s,DIsd'Lr(<*rpi>n- 

^^^^^^H                    dragon  ei  époux  de  <>ueai*)vre.  p. 
^^^^^^H                      1-2;  son  avènement  et  son  couron- 

doiii                                            '  P'         1 

'.207;afuttUtirv                              ;  0^          1 

^^^^^^H                     noment,  28,  p.  438-9;  sa  libérolitt^ 

senefort ,  291a                              ^m-         M 

^^^^^^^Ê                     sa  générosité.  172,  Ui5,  haute  re- 

^^ 

^^^^^^H                    nommée  et  dàcadence  do  »u  cour, 

^^1' 

^^^^^H                      148,233,293a.  517.  oGO,  071  a.  pp. 

bld;::--.   -     .       --     ..  .;      ^H 

^^^^^H                     1%^  198.  283-4,  351,  481.  m;  les 

venger  tarant  et  e»t  vauicu  par         V 

^^^^^^^1                   trois  tables  de  ea  maison  ,311;  âon 

Tristan,   :t?'.<-3li:   troitv^  M(v*'>rff!5         M 

^^^^^^^B                   épéo,  voy,  Esailihor;  est  |t>  rr«>rede 
^^^^^^^H                     lait  du  st^nt^chal  Kt'U,  3:i'.f    u  donné 

Isnut  ot  T                                              ^^ 

joulcr  a^  ^^H 
6.  lient  il       ,                                         ^H 

^^^^^^^H                     UD  château  à  (}alogrinnn1.  111.  à 

^^^^^^^1                     Blioborifl.  Kit.  ^i  Hadomniju,  242, 

dont  ilconn.iit                                        ^^1, 

^^^^^^^B                     &  P&laméde,  'ib\i.  k  Sagremor.  p. 
^^^^^H                     3S5.  À  Ivaln,012,  au  Morhout.OlT. 

tiarde.  36?.  c                                         ^H 

présidd                                                   ^^H 

Groal,                                                ^H 

^^^^^^^H                     à  Broc,  627;  clievatiers  urro^s  par 
^^^^^^f                    lui  ;  Dranor,  60  6,  Peroi?val,  2M, 
^^^^^H                       310,  lieleia  le  blanc.  388n,  Helios, 

85,        p .                                         ^H 

lemcign»,  440.                                            ^^| 

^^^^^^^K                      4&8;  a  menacé  de  lu  mort  sn  Hti:ur 

mode  et  outt^                                       ^^H 

^^^^^^K                    Morgain,  11)0;  est  <lans  les  tournois 
^^^^^^^H                     desciiAtoaux  dos  Pucelles,  1 14, 125, 

rec'il  la  niéco  tlu  l:                   iJt .         ^ 

fait  cesser  In   buoi                    -'   de          1 

^^^^^H                       127.  133,  t3.VG,  138,  !43,  150,  152-3, 

Norgttllos  01    r)"'-'                     1  ilie          1 

^^^^^H                      157.  dQ  Roche  dure,  l'J2.  I92a,  p. 

Tristan  avec                            >/!&,          1 

^^^^^^1                      136-8.  do  Camaaiotb,  29.!a,  de  Un- 

493:  aon  corn'                            ,   ii.    m 

^^^^^B                     vczorp,  352-4,  357,  376-9.  cf.  p.  476, 

3i8:  e5â:i                                             ^M 

^^^^^B                     §  380,  de  Norgalles.GU.  618,  de  Wiii- 
^^^^^^r                     c«8tre,61U,  p.  407,  d'nonedon,p.  447- 

^^M 

mande  Miir',  >.j'  a  ;  r'-run  l'tiiaïui'uu,      ^^H 

^^^^^r                    8,  du  cbàteau  des  Deux-Suuurs»  p. 

560;  déplore  la  mort  des  boas  chi-        ■ 

—  497  — 


de 
571.  57  J, 

par  Trii, 


:  —  1   l'iit.o  . 


uni 

dla- 
lure 
uit. 


6(>.VK,  lïcpiûrt!  lii  mort  de  DuiatlBO. 
Gt3;  les  joutcsÀ  sa  cour  do  Branor 
lebnio,  62I-2;  arrange  l'afTaire  de 
PtUmède  avec  Hebt^s,  p.  Ul;  Psl 
r«ov«niA  pJir  Galiiuui,  iip.  ^32,  439; 
reçoit  EscUbor  «vec  Us  Babylo- 
niens, p.  43d-40,  et  Ptiaramôat. 
p.  UÔ,  raconte  C4)mfnent  il  fit  U 
cona&iswtnc»  du  Morhout,  ib.;  tua 
Brun  Ur^lon,  p.  U(t,  cf. p.  441;osl 
lauré  demurt  par  GauvQiD,  p.  4tO; 
taa  Guirrot  le  petii(.',.  p.  4*1; 
ta  cour  k  Campercorretin ,  ib.; 
va  voir  et  reçoit  Meliadu».  pp.  411- 
5;  a  couronné  le  bon  clievulier  sans 

Seor,  p.  144;  a  tu^  trou  Trôres 
'Ofcanic;  w  met  en  quôte  de 
Metiadus,  p<  4fl>-fi;  port  pour  com- 
battre GuiroQ,  qui  Irionuibe  de  ]ui. 
p.  467  ;  séjourne  avec  la  fausse  Gue- 
nièrre,  pp.  4t>6,  191:  regrette  la 
dâeUion  de  Ouiron  de  se  faire  tir- 
mite,  p.  4(38;  se  réjouit  de  la  ren- 
trée do  Triftan  du  pays  de  N'aboa. 
qui  le  tii-  ■  I   par 

L«acelc>:  nne 

Meliadu^ :^-;t.cIoi 

tua  Meles^aot,    p.  4i6;   se  pro- 

DODOe  sur    '.amoi»'-,    p.    480;    est 

rév.  -  du    i'on 

cil'  I  Mor  n  \a 

Ro 

av.- 

cou. 

turCâ.  cl.  Ai-ttiiui  es.  uue  uimuact; 

de  %f.A  aventures  non  donntîeâ ,  p. 

438    "-  ■ -■■■  '■■  ■'■■■    '-    V27, 

ltbt>  -  lOlfl- 

lie;  ..ut, 

55.  l'Ias, 

pp  'jna. 

av'  ^     ■   ■ 

Gneuiévre,  -il.  ZtM ,  014,  ol7,  Oi^, 
amAoe  sa  mort,  619,  t4G.  pp.  ■Uïf-iO, 
4BS. 


?     t-.i  ■'  '-  ■:-'■'   '^lîtduroi.Mino* 

.'6afS.;ables»° 

bal  avec   Pala" 

iuétle  ei  nuil  iiuldad ,  qu'il  assista 

contre M«rc  et  le»  Saxons,  519-25 i 

p.  37Î-3. 

3.  Arthur  U  bloi  ae  met  en  qudte  du 

Graal,  393a  u;  cf.  Hartis. 
Artu[ii),  V.  Arthur 
Arvanca,  p.  193  =  Damantes. 
Ataia,  p.  Am,  faute  pour  Tesalat 
AiaUjfi.v.  Abaalon,  Aualon. 
li,t.,il.,i    .-SI  iii.i  i.iir  Nestor,  p.  KO. 

Espmodea. 
.\.ui'  :cf.  Ai'blsalon), 

fri-  k'ueile  Galaad, 

(pi. .  .--     ..-4.  p.  303-4. 

Aisar,  est  mdù  contre  àon  rrèro  fleliaa 

df  Tristan,  qu'il  vient  de  délivrer. 

253. 
Asxurne,  fleuve  àeSaxonie,  631  h, 
Attre,  seconde  <SpouM  de  Meliadua. 

p.  171.  cf.  2-2,  p.  476. 
AstrtMlfi^gTMia  maisire,  p.  193,  cf. 

/Ijitf  .géant,  rtit  tué  par  Triat&n,  031  b. 
'■  '  -  'inna, 

.  cf.  Albe. 
-.  V.  Uandeboofc 
Auiitci,  V.  Aadret. 
1.  Aut/iute,  p.  439. 

•î.  AugviU,  cousin  du  Iforhout.  est 
épargné  par  Trisdm:  héberga  Mor- 
dret  et  Blioberis,  194. 
Augustin,  empereur,  p.  439. 
Juyiif.  le  cli&leau  d'-,  21)1  a. 
Aumouie.-oifrr,   la  Potilo-,  abbaye, 

p.  238. 
i,,r,,.,,,    nUe  doBoncenos,  p.  231. 
r^t.  P.3S9. 

AuHujnnc,  p.  445.  cf.  Hnntone. 
AuLinc,  sfl'ur  de  Pinnbel,  l^5. 
.-It'c'i/urri.le^Graudi  Livre da* — pWfi, 

33).  â57,  604,  pp.  243.  .106.  426.  428. 

430:  le  roi  des  —  (Arlhur),  332,  cf. 

til5. 
Àvfnlureux,  cf.  Lac  2;  la  Rayaume, 

■    ^  "^  —  Me  Loutres).  388  a,  pp. 

;  le  Cbdteau—  (Corbenic). 

I   liais  —  ldeCorbeQio),338  a, 

î."«Ji,  U  Cour  —  (de  la  Pentecdte  du 

Graal),  390;  le  roi  — (ArUiurJ,  615, 

cf.  39'2. 


B 


AnfryJonff,  pp.  4,  43î»?  !•»  dmiron  de  — 
Ml  80UV  •    lea 

^rop/ur> 

Baâ»mag\t .^iie- 

loaguant.  p.  416;  «on  cuàtean.  24%, 
Lùfumi.  —  Tristan. 


403,572;  cheralter  ooareau.  il  vi 
VOLT  le  champion  de  Ivouvezerp  et 
fait  route  av«c  Léoda^n,  p.  i  12;  part 
[lOurcombaureGuiron,  ûui  triom- 
phe da  lui, p.  467;  prend  pan  aux 
3-2 


—  498  — 


tonroois  da  château  île  la  Lande , 
29,  30,  cf.  p.  476.  et  do  Galehout. 
dont  il  est  le  tréâorier,  pp.  195-7. 
cf.  pp.  201,  1H4;  nssi&teà  l8  fôte  de 
In  Ponlecotedu  (imu!,  3'JO,  n.  281-2, 
dont  il  su  met  en  quélo,  Wjq  as., 
cf.  p.  221;  iQt<^n!i'(lo  en  Tavour  do 
son  neveu  Argondres,  liM  ;  regarde 
Io3  joutes  de  Branorle  brun,  p.  iîî; 
est  tué  par  (*auvain  et  A^rurnin, 
pJiSîl.cr.  pp.  km,  105-7;  sa  tombe 
est  trouvée  par  Ivain,  p.  221. 
Batjan,'ijott(s),  v.  Vagaii. 
liatjueham ,  n.  304. 

/îa;i.  roi  de  Bf^noïc,  pèn)  de  Lancelot 
et  frénï  du  roi  lîonnrl,  :i6;  a  rendu 
bomniage  à  Arthur,  ji.  B'.i;  son 
tournoi  avec  Bohort,  161  :  Tut  vaincu 
par  Pharoinont.  dont  le  UN  est  tué 
dans  une  expédition  contre  lui,  et 
dont  il  enl6ve,  puis  run<i  la  femme. 
p.  440;  sesaventury»  avec  .NU?liadus 
el  autres,  pp.  432,  43^,  412;  son 
ÛeshcrUtAncnt,  i)p.  29(1,  44(J^  cl.  p. 
207;  sa  lignLV.Î6ss.,  fia,  7:ï.  t>6,  tl2 
ss..  \n  sss.,  ir.O  ss..  205,  20Ï.  2.î2a. 
VA,  207.  33ti,  344.  35S,  3Cil,  380,  4:»I . 
402,  510.  571 .  (jli3  5S.,  (i2fi,  pp.  219, 
232-4,  439;  la  baoulëro  ifc  cette 
ligni)e,  I2!J,  134,  4'J2;  un  de  seis 
parents  a  ^\A  tud  par  un  uhcvalior, 
036;  sa  morl,  43,  cf.  p.  47C. 
Hanatn.  p.  98. 

Hantiemagu,  v.  fîanemiigu. 
ttaniiuetuim,  p.  3fM. 

Itaniers,  p.  283  ;  cf.  Hanin. 

lJan{ii)in  do  Beaoïc.  dlleul  du  roi 
Han,  p.  'iH3;  ses  nreiniércs  aven- 
tures  en  l^ogres,  liln-l  ;  se  bat  avec 
Palomèdo.  pp.  200- 1,  4^5;  so  met 
en  quête  au  Uraal,  p.  283. 

bagueiMm.  p.  304. 

Itaramiiehie  s:  Ariroatluo. 

tiaridaii ,  sa  mort,  SU);  cf.  Abaradan. 

Harutat,  p.  19H;  cf.  Baudach, 

Harimacte  =  Arimatbie. 

Jtarru,  p.  404. 

Itasil{l)>!,  emante  d'Andret,  49,  51. 

Sasn.  la  Forcst,  p.  151. 

tialridcs.  v,  Paindos. 

Baudaf\h).-(ias  (Boedad  ?),  U  Olle  du 
roi  do—  aime  Polamède, pp.  l9*-9, 
4B5(]eroi  Baudas.  p.  199.  est  une 
faute  de  99). 

Bauiiemagu,  v.  Bademag'u. 

Bavai,  n.  2«3. 

H€aw.  le  —  Couard  se  met  en  quèle 
du  Graal,  395  a  ss.;  cf.  Henor. 

Beauregart,  Beauvestn,  château,  409, 
410,  440-1. 

Beauié  Uû  Tour  de  — ).  P-  **M>- 

Jiccebourc,  p.  331. 

Itedalû.  mari  de  Gnrgoolaîn,  535a, 
tae  Hun&lun  et  blessa  Tristan;  se 
fait  pirate  et  est  mis  à  mort ,  540  a, 
541a. 


/}«ri(£i)ot>r  le  connétable,  est  en  quête 

du  Gmal,  395a  ss.,  p.  230. 
Beiioin  de  la  Marche,  son  affaire  arec 

Galaad,  552-3. 
Bedoreis,  v.  BfHloier. 
Betclde,  B£l{i)ide.  Ûtle  de  Pharamonl, 

aime  et  accuse  Tti^uin.  24,  20.  p. 

491  ;  annonce  sa  mort,  27.  p.  47.S. 

1.  Bdi()i{fj -nant ,  -nos.  l'orgueilleux, 
pp.  17,  468;  frère  de  Bliau.  285*; 
rvnvïTse  Gauvain  et  est  vaincu  par 
Lamonit,  0.S,  i-f,  p.  476-7. 

2.  ticlùiatit  des  Iles,  est  vaincu  par 
Guiron,  631  b. 

belinde,  v.  Belide. 
Bel{l)inde,  v.  Belide. 
//d^'Onior,  faute  pour  Pellinor. 
Betiatujere  U  beuse.  vengea  son  pèrfl 

Alexandre  l'orphelin,  p.  383. 
fiflU,   la—  Garde,  pp.   lK-3.  483, 

20fi-7.  la  —  Marche,  p.  483;  la  - 

FV'lenoe,  v.  Ailles. 
UeUt-t,  V.  Beriet 

1.  Delloe,  cbileau  en  Listenois,  p. 
428. 

2.  fieltoe,  ehâtPau  d'Erec,  D27. 
Bclrahol,  v.  H^lvaliol. 

Bilrofsi.  p.  3a7.  {Coroniea  :  Belros). 

Uehia.  p.  xxm,  cl  p.  477. 

Bdvaiwt,    Dena!o[i}Ch^   château   d« 

Palumode,  ^59. 
tlrnciil,  p.  350. 
Bendigran.  ïor^l,  p.  2Î6. 
Benoic,  pays  du  roi  Bon. 30.  4.^,  38, 

pp.  19.<.  200-1,  207,  2J1.  290.  m. 
Ba'aul,  V.  Héraut 
Berbana.  510. 
t.  Berengier,  châtelain,  iiart<ni  u  à- 

lexandre  l'orphelin,  282b,  cf.  pp. 

4«l   3S. 

2.  Berengier  tU  Gomoret,  p.  490. 
Bcrii,  p.  228. 

Brrtet,  loge  et  assaillo  Blarc,  21G. 
Brrron.  v.  Borron. 

1.  BtrUlai,-iolai,  ohertlier  de  Marc, 
qui  le  tue,  208-3. 

2.  BerthtUîis,  -toulUfrs,  cl)&t«laia 
(chéleau?).  pp.  431,437. 

Bette,  l&  /Irrc  —,  20;  là—  glatissant, 
chassée  par  Palam-^''"  ""  ~' -  '■<'4, 
550,  559,  015,  pp.  :  T, 

la  mcjTf((/ciif«—  > 

BeUbwn-ihc),  p.  331. 

Biancino.  p.  ihO. 

Ùùinr.  p.  ÎG9. 

Bise,  la  Hoche  —,  p.  206. 

1.  fi/fl^aynurdeGaunes,  frèredeBUo- 
berià  (cf.  p.  2IC);  sou  t^ombat  arec 
Tristan,  3o  sa.,  cf.  n.  \^i;  prend  part 
au  tournoi  de  Gnlcliout.  pp.  197, 
4ij4;  se  met  en  'Tut.Ht!  ilu  («roal,  p. 
2^3  8S.;  héberge  Tristan,  Galaad  ot 
Dinadan.  400,  ij.  293. 

2.  Blanor,  p.  438,  v.  Branor. 
Btian,  frère  de  Belinan  1,  est  secour 

par  Lancelot  fou.  285  a,  388*. 


—  499  — 


et  Tr-  ':nr;  ga  valeur.  [»p. 

137.  ^^^,  *k.  ifii:  no 

eAch>^  jamniâ  Son  norn  à  qui  ]•?  lui 
doman.li-".  p.  111  ;  *(>«  l'h.itertux,  \Gl, 
itjt.  4r)|  ;  Tristan  conquiert  sur 
lui  In  remme  <!«  Seçurados,  31; 
renverse  lïrunor,  I7i;  lit  ceiSflr 
les  coutumes  du  Châtoau  orpieil- 
leux,  70;  Gueaiëvre  lui  fait  pour- 
8uivT«  le  seigneur  de  la  [><:iulou- 
rause  ObpIo.  71  :  apaise  Lan^plnt 
daîi-,  !►•  Darnaote^,  72a;  ealeva 
1  line.  KU:  voulut  tuor  la 

«i  ■  chenue.  92;  le  chàtelnio 

<1  LtLi'  cr^it  le  combattre,  93;  dt.'-fle 
Palamède,  'J»'>;  «si  renversé  par 
Trislan  :  ses  aventures  suJjs^- 
quenie^,  11)7-9, 1 1 1  ;  pr^nJ  part  aui 
tournois  du  Ctiâteau  dcâ  Pucelles, 
l?(V-7.  m.  138-M.  d«  Galehout, 
pp  lli.i.  IlW,  ?0(1,  \H%  Si.,  d'-  Luu- 
veiçrp,  378.  et.  ;18I.  du  Pin  du 
'Géant,  p.  444  ;  est  en  qu>^ti?  du  che' 
h  V^ni  noir.  IW.  157-8. 
va  ch'.'i 
par  un 
u.  ..ô  ,  .i«siste  aax 
•  7;  cause  av','C  I-iu- 
■  -;  fivi-nture'*  avec 
:  &4K'  -fiuvain, 

l  Agfft  combat 

[■avec  '  se  met 

tenqc  -  i-ontpe 

''Mat.:.        ,  1    rilede 

la  Fonlauid.  JJb,  trouv-^  Iseut  et 
Tristan,  qni  I»»  désarçonne  à  Caraaa- 

Mh.   ' ;,   3.T>-U;   renvyr*o 

Pala-  iirsuil  Hrehus,  308; 

wni>;.  :  ,-  ■  du  (iraal.  :>95a  ss., 
cf.  pf).  tii ,  i26;  eBt  renverati  par 
CIftndin,  413;  cpr*>nrt  Rnid<».  4!ï(-5; 

"     ■    i        :)t. 
le 
.  ^,  use 
i  -Kirfda 

;  a  cooj- 
iiatlu  tt.voc  Vdl .  ijui  lui 

a  sauvé  la  y\"..  rryie  le 

Combat  conlrt*  '1..-L..,,,  ..  îà;  rsn- 
Cootre  Galaad  et  se  bat  avec  cinq 
ennemis,  51(^-11;  Tristan  ask-rouru 
Brebus  contre  lui ,  M»*;  ♦>st  renti-*^ 
de  la  qudto dti  ('•ma!.  r>r-s.  'wl a:  dit 
tme  complftint.'  '  '  ■  —•  ;•  d*»  Tris- 
tan. 601  ;  -'st  I  ■:  Bratior 
le  bnin,  c>t\ ,  -i  ;  lan,  pji. 
432,  W.^:  SCS  Bventiiri>à  avoc  Ban  m 
et  autrcB.  fisr^-?,  p.  438  :  comlmi 
avec  Pharamoul.  dont  il  louo  la 

Erouosftfi.p.  Urt;  S'jsJtvt'iituresBvoc 
Huvnio,  AriJiur  ^ti  nutres.n.  411- 
3;  eut  un  combat  avec  Galieriet, 
p.  441  ;  s*»  avenlurua  avec  Etrtditu, 


G31  b.  avec  Heltadii»  et  Gauvain, 
012,  cr.  p.  417.  avec  Gosouain  et 
(ïutres,  p.  4G8;  Guiron  le  renverse, 
p.  417.  ft  triomphe  de  lui,  p-  4(j7. 
avertit  I^ncefol  des  iniripues 
d'Agravain  et  de  Mordret.OOT;  »e 
fait  ermite  apr>''«  la  mort  de  Lan- 
celot,  575  a,  cf,  fil9, 

L  Hloit^  la  damo  do  Maloaut,  vof.  eo 
mot. 

'l.  Dloie,  l'amante  de  Guiron,  p.  453; 
Alt  ontevéo  lujr  Oanaio,  pp.  456, 
459;tf5ï  reconquise  par  Guiron;  sea 
aventure:?  avec  lui;  sa  mort,  Gi7. 

1.  Itohnrt.  roi  de  Gaunea,  rn're  do 
Ban:  a  rendu  hommage  à  Arthur, 
p.  l  "'  ':  "  '  !'iin  Krant,  96, 
l'Jt ,  irCÎaudaa,  p. 
440,  .tentures  avec 
Guiron  i-tauliri-â,  pp.  432,  442;  rem- 
porte U  prix  d'un  tournoi,  p.  437; 
«SI  1.  Me  brun 
et  p  .  cbateaa 
appo: .  .                    .    :  .,  101. 

2.  lîohortfl-  du  précédent, 
frère  de  I.  ..^in  Cfrère.  489) 
de  LancelùL  i.l,  de  la  OUn  du  roi 
RniniiforrQ  11  eut  le  flU  Helain  le 
blanc.  'Jy2,  388a:  sa  valeur.llll,  pn. 
137,  l(i»l;  est  diSlivrt,^  de  la  prison  ae 
Itrehua  par  Lancelot.  71,  7J;  trouve 
Tristan;  ses  aventures  subsé- 
quentes, KC-0, 1 1 1  :  est  dans  le  tour- 
noi du  Chàlean  '  -  ■•  '  -  ijg 
127. 13i,  I37-«;  lie- 
valier  à  l'écn  r:  lti.1, 
307;  assista'  aux  jniiv  d'armes,  'i47; 
fut  envoyé  contre  Qaudas,  v.  ÎU7; 
fiort  de  tn  pris'jn  de  Nabon  le  noir, 
qu'il  venp.}  sur  Erec  ;  ses  aventures 
subséquentes,  290  a-292&;  est  d<^sl* 
ané  comme  successeur  éventuel 
d'Arthur,  p.  219;  est  eu  qu^te  de 
Ldni-nloi  ;  ses  aventures  à  Corhen  :c. 
;îtO.  Iw^a;  Rom  a.s^is  k  gauche  du 
Si/*gn  yn'rilieiix,  311;  rcconqutorl 
sur  Pfirceval  r^cudo  Ijinrelni.  314; 
aasiste  au  passage  deTnsta  n  devant 
Camaaioth.  311,  et  à  le  f<^te  de  la 
Pentecôte  du  Graal,  392  a.  u.  218. 
dont  il  se  met  en  tiuAt^!,  .'195  a  S3.; 
ses  aventures  pendant  cette  quête, 
MH,  .511-15.  567.  p.  397;  cf..  pour 
Cli-irpinel  et  le  CliÂiean  félon,  pp. 
3t)9,  312:  prend  part  à  l'alTaire  de 

toui  :  l  Arthur, 

571  •-<  ta  lin  de 

laqu'Hti  du  (;iaAl.  JTI,  :>73.CUl-2, 
(ÏH,  019.  cf.  p.  187:  est  renversé  por 
Bran  '  '  '.  021  ;  après  quelques 
av•^<>  vaiaca  par  Guiron, 

p.  i  .  <  [  •'  avec  Lancelot  i 
Camanloth,  tb:  a  d-e»  aventures 
dan-i  les  Prophtciis  tU  Merlin,  cf. 


—  500  — 


p.  491  ;  se  fuit  ermite  après  la  mort 
de  IjaoLrelût,  575a. 

Auinin,  p.  Î0(.\  cf.  Banin. 

Boiï,  le  chdtoou  du  —  vtirdoyoDt,  pj). 
431.  434,  437-8,  442,  cf.  p.  489.  Cf. 
RoDier. 

Domme^  543  a. 

llonrena,  chàlQlaia,  p.  231. 

ihniiagar.v.  xxiii,  cf.  p.  477. 

lio[o)rs,  V.  Bohort. 

Horlr)on,v.  Uctie.  Robert;  cil  de;  p. 
409. 

lioscage,  v.  Uolianor  l,  Morininor. 

llouche  lU  lA  vtriU,  p.  60. 

Hoxidninit),  pp.  186.481. 

Uourbon:  Loys,  duo  de-,  p.  436. 

BourQofjne^  le  duc  de-,  p,  488-9. 

liovetnt,  pay».  p.  103,  cr  p.  483- 

Boyvin,\\  50(t:  cl',  banin. 

Brahaignf,  la  L*<iritaine-,?0. 

Brait,  le  livre  iU\l,  (if  la.  p.  40%—, 
pp.  I,  21 1.  478,  40Ô.  409,  43tj,  440. 
433;  cf.  Brul. 

/JranfteJ/.f,  nu  do  iJic,  p.  429;  Arthur 
lui  donna  uue  femme  aimée  de 
Kiolle,  18:  a  âté  blfssë  à  Mal 
Ai'cueil,  70;  ses  aventures  dan»  le 
Damantes,  73  a.  74  n,  ut  avec  Keu 
et  Uincelot,  iW,  93;  est  enquête  du 
chevalier  à  l'tScu  noir,  \'iih  157-8,, 
lfi3;  sesavynlureb  avec  Marc,  Di- 
nadan  et  autres,  219-2^,  r:îS^.237; 
Krrc  le  charis'o  de  porter  la  lôUi  do 
Monteuari  !t  Sai-'r-^inor,  i'M  a;  *^st 
runvers'^  par  Tristan  devant  O- 
maaloth.  339;  se  root  en  qut^te  du 
Graal,  305  a  ss.  ;  assiste  au  tournoi 
doua  lequel  vainquit  Golaad,  503, 
qui  le  renverse,  5'28-9;  arrOtc  le 
combat  do  Trisi;in  (ît  Lnncyloi,G23. 

BrandtUf  soigneur  do  la  Douloureuse 
Garde;  v.  ces  mois. 

Bratigain,  -gein,  -gem,  comp.iRno 
d'Iâeut  ;  SOS  frèros,  v.  Matael. 
Perinis;  sa  nièce,  p.  9.i;  sime  Tris- 
tan, dont  elle  fait  uonooitre  la  vic- 
toire dans  le  tr>urnoî,  3'2;  sa  fatale 
méprise  du  philtre,  38-9;  assiste 
Iseui  au  Château  des  Pleurs,  40; 
eal  suhaliiuôe  à  sa  mailresse.  42, 
qui  In  livre  à  la  mort;  eals^iuvAe  et 
raintMii^o  par  Pnlamède.  43,  cf.  p. 
476;  porto  une  Ifllro  â  Tristan.  46; 
avertit  et  aide  les  amants,  49,  50; 
vient  dire  àTrisian  d'aller  en  Peliie- 
Brelaffne.  61,  où  elle  est  envoyée 
par  Ideut.  GO,  C3,  cf.  pp.  46,  479;  y 
arrive  el  relourno  avec  Tristan,  71a; 
rocummande  d'aller  chez  Dînas, 
qu'elle  va  prévenir,  75  a,  cf.  p. 
476;  onlns  en  pourparlers  avec  la 
messagère  de  'Tristan  dans  la  tour 
d'Iseut,  75;  ne  n.^ussit  pas  à  trou- 
ver Triitan,  82-4;  réconcilie  les 
amants,  p.  87:  regarde  partlrTris-i 

tan,  p.   88;    acotni)agne    Iseut   et  I 


Marc  pendant  leur  voyage  «n  Lo- 
ffres,  pp.  151.  1J2.  164;  causo  Br«c 
Iseut  253,  283.  qui  en-/n>  par  eUa 
quinze  deaioiselleïi  »  lie 

de  Tristan,  p.  ^2bi  s  li- 

trease,  qui  l'envoie  A^-. 
cher  'Tristan  dans  te  M 
et  avec  qui  elle  pas- 
p  245;  épouReOouv^rt  i 

reine  do  Léoaoïs.  pp. 
p.  387;  accomiULgne  Isvui  n  i  f^use-, 
[1.    367  ;    vient    au   tombeau    des 
aœ.]at5,547  n  :  sa  mort,  p  30). 
Brangehain,  n.  JO4. 
Brangien^  v.  Brannin. 
Brangorrc,  roi  de  Oori^.  frmnd-pvro 
d  ilelain  le  blanc»  588  a.  ô^ii,  -'S. 
Bran\n)or  le  brun,  Vancuii  chevalier, 
le  chevalier  au  dragon  (p.  42H;  cl. 
Segurflnl),    020;  sa   parenté,    pp. 
4>'K,  437;  sa  haute  taille  nt  sa  v»- 
lour;    son    triomphe    A    la    cour 
d'Arthur,  où  il  conduit  sa  ni<^c«; 
ses  aventures  substiq uen tes.  ft2l- 
3:  est  dûitari^ouné  par  son  ueveu 
Segiirant.  p.   43S;   prond    part  au 
tournoi  d'Luerpendragon,  p.  488. 
Brasiano.  Ileuve,  p.  3»j. 
Brehfiix),  (firuHj.  s«ft9  Pitié;  persécu- 
tourdâ|ï  demoiselN  s,  -C  et  passitn. 
p.  430.  pour  vent*'-  '*, 

qui  e^t  Merlin  dan  v 

Merlin  ;  sa  irist- 
méchanceté,  37,  1 
4.  pp.  22'J-30,  4;i'.i .  . 
cheval,  159,  358,  p.  ,  _  ^._ 
mière  courtoisie.  â38,  cf.  p.  4G0:  sa. 
valeur,  118,  2n8.  474-5,  490.  ÛIO; 
son  halMldé  à  la  chaise  aQ  sas- 
(.'lier,  p.  217;  Tristan  la  force  à 
rendre  l'écu  de  la  dôme  da  Lac. 
37,  cf.  pp.  379,  381, 482;  99i  fore**  de 

mède  par  Lancetot,  7l  .\ 

poursuivi,  p.  78;  "^'  ■  .r 

Tristan  de  tuer  <  1- 

fuit,  118-19;  es!  r 

tan,  p.  104  (Il  :.- 

celot,  159,  :l 

est  chassé    i'.,,    ,,,.-,..,u,    ,.■.-,   p. 

Iiil;   renverse    Agravain    et    Ùor- 

dret  ;  est  reuvers"*    T->ir    DinodoB, 

258;  eat  dans  te  Oale- 

hout.  p.   197;  09t  /.  (jar 

AlL'tandr*!  l'orph. 

217;  est  cmpriso:i; 

lain  do  iJuivTë!  et  -i 

gain,  son  amante,  vi  > 

aventures  subséquente 

cf.  p.  485;  trouve  Trisian  *  t  i'ai. 

mèue;  es;t  poursuivi  par  Bliobe. 

el  autre*,   3r»<i-8,  cl".   iOi ,    .;,    f.-a^ 

contre  avec  Tristan,  Pa' 

nadan  el  Gaheriet.  373 

gnéde  Gaiaad,  il  renvtfrsa  >a-^r>^- 

mor,  402.  a  blessé  Brunor.  47 J. 


et  sa 
■i.  473- 
dOSOD 
78;    M    pre- 


—  501  — 


p.  309,  cf.  p.  31Î,  et  Galaad,  «3, 
fcs.  473,  qu  il  emprisonne  nvec  son 
cousin  Dûhin.  443,  «ït  qu'Ku(<ène 
df^livr-?  d'entre  ses  maiua.  416;  re- 
lient chez  lut  uno  demoiselle  in«l- 
C-'  '  ■'.;  s'enfiiit  devant  Tristan 
i73;  celui-ci  '-'Sl  moins 
lire  lui,  iTr. ;  son  coml>a.t 
kvtfi;  (.rauvain,  son  ancien  compa» 
gnoQ  d'armes,  474-7;  exprime  sod 
admiration  pour  Triatan,  47ti,  qu'il 
héberge  avec  Hector,  't3&-8;  r«50- 
conlre  DiDadan  et  Morçuin,  fil(V-t  t  ; 
apprend  â  Arthur  les  amours  de 
Guenicvre,  614;  Porcoval  secourt 
Sagnemor  contre  lui.  p-  431  '  ses 
aveatares avec  Lac  et  outre»,  o-ll  a, 
b;  rencontra  Phsramont,  p.  \h'i; 
ton    séjour  danâ  la    carerna   du 

grand-pôra  do  Guiron.  636,  auqunl 
raconte  ce  qu'il  y  avait  vu  fX  en- 
tendu, p.  4')7;    a   dos    av>?ntur<?â 
dans  l«s  Prapheeies  de  Merhn.  et. 
pp.  432,  485.  K'JH).  sa  mon.  p-  3dl. 
frTfTttcftfltn,  'hen.  -/ion.   p.  Tl\  ;  lo 

'  :  la  forôide-,  4'M. 
fi'  la  rnine  df>-  el  son  (ils. 

trequebamT). 


p.  «7. 
V.  Brehus. 
1.  BnarU,  Brivant.  do  N'or^lea,  est 

reover»^  par  Lancelot.  Vîz, 
i.  Briant,ct.  Bruiant,  Plets^ie. 
BriiJni!.  t>-   'Tî 

B  r  de  la),  462. 

/;  lia. 

/>'  JiruTi  5. 

U  ■•nin,  p.  437. 

B-  ■   Iles.  p.  283  c=^  Briani 

Ou  Dnvnt  1  ?]. 

1.  Brun,  teror^t  de  Joseph  d'Arima- 
thie,  1,  p.  47a. 

2.  firunde  In  Lande,  est  renveraépor 
Tristan  4  ^:amaalolb,  33Âc. 

3.  Brun  le  Mon,  p.  442:  fut  tué  par 
Arthur,  p.  440;  a  ôlevéSarse,  p.  455. 

4.  Brun,  céant  tué  par  Uterpeodra- 
gOD.  p.  440. 

5.  BruM,  le»-,  pp.  428,  137,  455.  463, 
cf.  p.  43  J. 

6.  Brun,  x.  Br«bu9. 

7.  Brun  lo  artir.  v.  Brunor  3. 

8.  Brun  lenoir,  p.  4*î2,  cf.  GaJinanl. 

9.  Brun,  le  Val-,  siège  dos  Bruns,  pp. 
223.  IJl.2.  4^-B.  &7^,  4»3,  490. 

ihMiiv  p.  U. 
Brttwhors-,  r.  Bmnor  3. 

1.  Bnmor,   père   de  Galeboat;   est 
vaincu  par  Tristan,  40,  cf.  p.  477. 

2.  Brunor  d«  PUuie  (v.  ce  mot;,  se 


meten  qiv^'"  H" '-'■""1  •■    '■«l  =«. 

3.  Brunor  ' (  loir 

(anpelrï  \  ,:7), 

llls-i  roi 

dE:-  Isn 

(cf.  [.-  ./«K, 

ou  il-      h'  flil- 

|Ae^   !.•.,  .     :  ^ité, 

ftd/:iu:t,  47(j;  ÀA  voluiir  oi  &a  lorce, 
483,  p.  443-4;  est  bon  musicien, 
480.  cf.  453,  p.  443;  se  dit  passé 
maître  su  jeu  d'âcboca  et  k  Pes- 
crime,  4HI  ;  est  armé  cbevslior  par 
Arthur,  C&-7,  cf.  i6S;  dovmt  com- 

ftAfTiion  de  lii  TablM  Ronde,  46ii  ;  lue 
i)  lion  de  la  cour,  67,  cf.  p.  476;  se 
charge  de  l'aventure  des  Déstroiz 
de  Sorelois.  6S-71,  87-91,  934,  p. 
7l-'2,  cf.  p.  477;  es)  bai  de  Gauvain 
et  frères.  71  :  renverse  Dinadon, 
Gu^rret  et  Gauvain,  qui  est  emp^ 
clw>de  le  tuer  par  TriâUin.  1&4:  lait 
route  avfto  ce  dernier  el  Lamnrat, 
D'osé  essayer  la  laac^  el  l'ép^o 
prophétiques.  1S9;  prend  part  au 
tiiurnoi  di  Roche  dure,  19'.!;  fait 
prisonniers  Gaheriet,    Lamorat  et 


Gniivain.  3ii3.  305  ;e?' 
Triâtaa  a  Camaaloth 
^-onn-i  nmn.lnn  ^I  G 
met- 
468,  I 
lui,  . 


—  ;iar 

.  se 
.1  sa.,  cf- 
itii  avec 

trûi>  irrts 

on  C    :  !-  le 

nom  du  a   lucu   vor- 

meU  »  il  a  .  -.v-oatures.  pp. 

3O0-I4.  3l'j-i~.,  ->:>  si;  soutient  un 
combat  avec  Lancntot,  478-9,  et  va 
avec  Tristan  revoir  Iseut,  la  dame 
de  son  cœur  {,483,  p.  443].  à  la 
Jov-"'i?6  Garde.  4ft)-€,  où  il  reste 
nos,  4.s7-9.p.  4*J();a<^télo 
Mrarmvsd'i  CRli!*es,483- 
4.  .3---. ....  Triatan  dAnslecombatda 
la  Joveu»e  Garde  et  va  à  la  cour 
d'Arthur,  490:  pn-nit  part  à  la 
gaerra  du  roi  d  1  *l.  40i  a; 

retourne  avec  !•  :,ez  leur 

père.  p.  31"  ■•  '*ra- 

nor  le  bc  Isa 

chevaliers  ■  >     -'sl 

vaincu  par  Gujrou,  p.  4ô'ï. 

1.  BruUlt.  Bru[c)ius,  et  le  iivTé^  U 
crijnicijUf,  de-,  630*. 

2.  linti,  p.  436.  cf.  Brait  (conrbsloD 
avec  Brut  I  ?1. 

Burc«lan:.  p.  226. 
Bumn.  v.  Borrou. 
Butor  de  Morois,  p.  468. 


Cabras, -bra.  paya  païen,  pp.  138, 485.  (  Cndiolt),  535a,  SAOa. 
Cachtnij^  546a.  1  Cadoe,-ot,  toi  saxon,  p.  488^ 


—  30-î  — 


Cwrmulin.  p.  i6â. 

Cain,  tl. 

t'aiphc,  Arôqu«  de  Jérusalein,  p. 
Î59. 

t'airiere  [Le  château  de  la),  597,  GOO, 
005. 

ralc{i)s[sy.  forftl,  5)0. 

Calfaiiain,  soa  combat  contre  M«laa- 
Riiant,  p.  VJt. 

('uiiHd'i.  Caïman^  v.  Galinan. 

6'(i/oi/reman,-  ^rcnnn  -  yrinrtrt,  -guer- 
nant,  70.  U 1-  ■  '^.  p-  '^o*-'  ;  prend  pari  au 
touroûi  du  rhàt'-au  de  Ia  Lando.  p. 
47U;  reste blesaô  dans  un  ermitage, 
3U;  se  met  en  tiU'Mc  duGraal,  3l»-->a 
ss.;  est  vaincu  par  Guiron,  p.  4t57; 
sa  mort,  501 ,  p.  '2?3. 

Cainaalù^  roi  paien  de  Camaaloth^ 

Cama{a)lot{h),  -moôtol  {Cfatnatût, 
Troasan),  ville  de  Logres  (éponymn  : 
Camaalis,  Cl  5);  '.Ml,  36,  GS  ss..  \iù, 
100,  in,  201  ss..  216,  25i.  293  a. 
297  b.  300.338  ss.,  516  ss.,  f.51.  ^60, 
571.  571,  mb  s5.,  630-1.  «30a,  fvU  b, 
pp.  GO-l.  162.775  ss..  3i6,  AT2,  UW; 
ctail  particuliéreiuent  aiméo  d'Ar- 
thur el  fut,  pour  cette  raison, 
ddlruilo  par  Marc.  pp.  430,  m.  la 
tour  (la  — ,  p.  i\R;  la  caihéilrale 
do  —,  M2,  Ï.00,  G03  ;  la  forôl  de  —, 
258,  5.ï7i  ta  riviûre  do  —  332;  un 
chevalier  de  —,  p.  1£<).  cf.  Girart, 
Ueliebor.Lubian.L'tcr  2;  deux  che- 
valiers dff  —,  p.  U9  ;  touraois  de 
-,291a,  292a.  p.  407. 

i'am^fnic.  U  duc  de  —,  pp.  196,  200, 
481  sa.;  le  roml'î  de  — ,  p.  437. 

Camille.  U  tttinoisellf  d'Iseut,  53Ka. 

Cantjn-rcorrrtin ,  v.  Quempercoreiiu. 

l'anapitle,  p.  436. 

Camlnce,  Dlsd'Apollo.  tft. 

Oanilnn  (l'nbbt^  de),  5-Uft. 

Canor,  v.  Thanor. 

ÇarU,  cf.  Uttsl.  Luce  1. 

Cantorbéry,  14;  (L'arcbev^^que  de-}, 
575  a. 

Caormidin,  p.  463. 

Varabaus,  —  Oant .  roi,  se  mot  en 
quôte  du  Graal,  3'3:ib  as. 

Caradifjan.  château  d'Arthur,  312. 

I ,  Ca rarioc  Hriefhras.  ro i,  nox-eu 
d'Arthur;  est  ju{:e  du  ctrop  pen- 
dant le  combat  do  Tri^itaa  contre 
Btonor,  37-8;  emprisonné  aux  Ùes- 
troiz,  73,  87,  92,  il  est  délivra  par 
Lancelot,  iH;  prend  pari  au  tour- 
noi du  Château  di^  Pucetles,  114, 
121-6,  li'J.  131  as.,  tatS;  est  iromjté 
par  sa  remue.  26^:  est  ronvené 
poi*  Tristan  â  Cnmanlotb ,  338  c  ;  se 
met  on  qiit>to  du  Groal,  p.  283  ss.; 
secourt  Arthur  contre  >[arc  et  les 
Baxnns,  523-5,  p.  3?2-3;  est  ren- 
versé par  Uranor  le  brun.  621 ,  et 


TAiDCU  par  Mt-liJi'liK    f>.  439;  fait 
route  avec  D;  :i. 

2.  CaradifC  le  .  .1,  scigneBr 
de  la  l>oulourt:u3c-  iuiir;  p'j-re  de 
Karakadin,  p.  217.  Trère  de  Ten- 
quanu  p.  U\  et  purout  du  ijcant 
Ëscanor.  p.  442;  son  père  a  emj<n- 
sonné  Guiron,  p.  4t»'i.  qn'.'.  rriTÇTi! 
luj-ni"^me.  ifi  ,  p.  4ïtî;  .■- 

iisr  Meliadns,  i>.ts,  nt  r^- 

Alexandre  l'orphelin,  i 

Palamède    et    Saphat  i 

contre  lui  qiiatr-  .-ln' 

\m,  m.  VM ;  cf.  p   !■ .  ,  . .  ';.^.it,'4l, 

pp.  4C0,  m,  cf.  p    •- 

3.  t  aradoe,  le  chevalier  ut;  ia  toviT 
du  Pin  rond,  p.  lit, 

4.  l'amdoc^  un  chevalier,  esl  Taiacu 
par  Branor  le  brun,  p.  41&. 

Carchelois.  p.  359. 

Carduf'i)t,  ville  de  Galle»,  36,  3t0, 

pp.  2VJ,  37«,  3h:i.  i',:;- 
Carr.inbaus^  v.  Guobaus. 
CarcrmiLsin,  p.  4to. 
Cttrlian,  viUm  de  Logros,  265.313,575, 

p.  411  ;  le  tournoi  de  —,  p.  4*»7. 
Oarlot,  v,  Garlou 
i'armclnU,  royaume  d'Esonaia  et  do 

LAodagun.  père  de  Guenîèvre.  pp. 

P.Hl,  132,  44t.,  4W,  K\\A:  le  roi  do  —, 

5"rt.0f.  Gui,  Vienuor. 
Carritfour.  pp.  224,  230;  le  couvent 

de—,  p.  231. 
f'arrcUoff  Carreor^  32?. 
Carrirre,  v.  Cairiere. 
Cartafjinaic.  d^îk«rl.  p.  186. 
Carzcra,  neveu  de  MArgU3,p.  Î19. 
Caudon,  v.  Candau. 
CrtitUi^f,  V.  Taulas. 
Cauifsiie.  .*>4t  a. 
Caw  [U  Port  lie  la),  293. 
OcnlytKm,  p.  462,  v.  Galinan. 
Celtct.  p.  i,6;  cf.  Celinde,  p.  33, 

1.  Vi'lt'rrj,  paront  do  (ialenout;  âon 
combnt  avec  Lancelot;  mourut 
.pour  amer  Iseut,  483-4. 

2.  t>hrfi.  V,  H»lir»s. 

\.  f  ■     '  "  I     ■■      1      f''    '  '1^. 

'.).   ..,:.     ..^     .    .     ^.,       .  -il 

chez  Tnndan,  11,  vu  a  la  trie  de 
V'>nus;  t'tpouso  son  Hts  ApoUo,  13; 
persécute  saint  AuffusliD;sainorl, 

2.  i'elindc,  p,  33. 
Orlituji   V.  CeticoB  1. 

t'enne  \Un'\  p.  2:17. 

Cint  t'I"  i  !'■  Î72, 

pour  >"  ■-  Mata* 

quin  I,  . .-..  ..«;..-  .  .'  ......  ajià  de* 

châteaux  de    la    Lande.  30-1,  dei 
Piirellcs,  114.  Ï2ît.    1.11.    n4  S.  tW. 
14:1,  de  Hoche  dure.  1''  '         '         1. 
210,  et  dans  celui  de  <'  .' 

1%.  PJH,  200,  W3-4;aiii.^  ..-.■:....  ,..l; 

va  dttua  l'Ile  dos  Géants  et  arrêté  J* 


—  503  — 


combat  (le  son  suz«r&in  Galehout 
contre  Tristan.  -11,  cf.  p.  476;  ses 
rtilationâ  nvec  cà  <ternier,  lOô;  a«8 
joules  pour  le  casque  d^  Dinadaa, 
3BA:  est  lialLu  par  Hninor  U-  brun, 
p.  in.  secourt  une  demoibeUe  et 
est  vaincu  par  Gtiiron,  p.  467. 

Cerf,  ta  Kontaioe  du—,  323;  leaChi- 
teoox  da— ,  p.  Î(j7,  de  iadvcnture 
au  blanc  —,  p.  467. 

CêTon,  gdaat,  et  ses  flls;  est  parent  de 
Oalebout;  est  lue  par  Nestor  do 
Gaune»,  73.  87,yi. 

Crsala,  Crzala,  v.  Tesala. 

^Cful^le1nagTt(■,  de  la  ligaée  de  Ban, 
532;    samirant  Tristan,    Galaail. 


PaiâiDède  et  Lanuclot.  il  flt  faire, 
après  ■f'Oir  conquis  l'Angleterre, 
un  çros  lîTre  sur  leura  exploita, 
4tU,  et  une  statue  en  l'bonncur  de 
Galaad;  Bt  restaurer  le  Château 
félon,  532,  et  mieux  arranger  li 
atalue  de  Ueliadus,  p.  443,  qu'il 

[  nréffirait  *   Tristan,    p.  416;   son 

Mugemeni  sur  Arthur.  440.  6J0. 

CflarpinW,  v.  Harpiuel  2. 

ChorieUa.  p.  359. 


i."'  m;. 

f  /  .'àncipesde),  !9.V23e.3(U, 

4C'i,47j-t:.  308. 550.  571.  pp.  Ï50.  le*. 
cf.  Logres,  Table  Ronue  iC.ritupie 
delà],  p.  4C3,  et.  Dinadan. 

ChtvaUer  (cf.  Cent.  Dix,  Loge»)  : 

Le  —  amoureux.  Ditis,  C8. 

L'ancien  —,  Branor  le  brun,  cf.  pn. 
432-3.  1«8. 

Le  —  &  l'âcu  d'argent.  G35,  p.  449; 
Palamèdo.  4tO-l|,  413-14.  IKJ.  4l>i: 
—  à  gouCtos  d'or,  Lac,  p.  441,  cf. 
p  459. 

Le  —  à  la  bcsU  gtatùsant,  Palaméde. 

L«  beneCtrxs—.  Galaad. 

ht  blanc  —,  o.  ;n«-3;  Tristan,  31-2; 
Lancelot,  cf.  p.  466. 

Le  bon  —,  p.  483;  Tristan,  p.  ï07,  et. 
souvent,  le  bon  chevalier  sans  peur; 
le  {iré^)  —  Gataad:  —  do  Norgalie:», 
Dorman  et  Luditua;  —  sans  peur, 
roi  d'Bslranfforre,  pp.  440,  441.  père 
de  Brunor  ii<  ni)ir  et  do  Diiiuilan, 
pp   1^.  Î*'S-'.  'MS,  -lli;  aa  val-mr, 
',  4»1);  est  le  rival  de 
'  e  lequel  il  soutient 

I.............   ..M;.i<ata,  pp.    443,   440, 

,  442,  lU.4Sl,cr.i:3la:  sesaveoturcs 
avec  Guiron  et  autres,  pp.  4.11. 
437^;  prt^nd  part  aux  guerres  du 
roi  dKcosse,  pp.  43>*,  I4.v7;  r-^eon- 

?uit  aa  dame  sur  la  Morliout,  p. 
40;  ses  aventures  avec  ce  derniur, 
p.  440-3;  toa  Lamorat  de  Uslenois, 
COD  frèred'armes,  p.  441  ;s«s  aven- 
tares   avec    Ivaîn    aux    blanches 
.nains  et  autres;  a  le  dessus  dons 
IMO  ounbat  contre  Dan&in  }>our  les 


habitants  de  Louvezeqi;  fut  blessé 
par  un  cbevalit* r  aux  armes  noires, 
b31d.  b;  exige  ratrranctii&semenl 
(le  Meliadus,  lui  écrit,  se  le  voit 
préféré  pour  champion  contre 
Ariohan  et  l'enRafe  i  servir  contre 
Glandas,  p-  44G;  Lac  crùii  l'avoir 
reconnu  dan.s  un  chevalier  portant 
un  6cu  d'argent,  p.  440;  soa  aven- 
tures dans  Jcj  Servape.  où  il  Mt 
emprisonné  et  perd  fa  raison,  pp. 
4ti2-3.  467;  est  déUrré,  r.lO-l,  cC 
p.  4<)ô;  trat  rvnver»^  par  Meliadus 
et  voyage  avec  lui,  642-3;  guerroie 
contre  les  Saxons;  ses  aventures 
subséquentes;  ses  amours  avec  la 
reine  tl'Orcanie,  p.  48*-9;  —  sar- 
raztiu  Palaméde. 

Le  —  [vakt)  à  la  cotte  mal  taillée, 
Brunor  te  noir(Arcbelaua). 

Le  —  QUI  ileuï  (Criées.  PalamÂdO, 
29-30;  Samalml.  .^oii. 

Le—  au  dragon,  Branor  le  brun  et 
Segurant  1*;  brun;  doit  délivrer  un 


Le 


clerc  enfermé  par  Merlin,  p.  490, 
—  a  l'écu  (vçri)  tslrangr.  Tristan, 


IW.  J9-^a,cf.  l'JO. 
Un— inconnu.  Ift"--'-"^"n  ■^■?.i  Bruns? 

Malor>',  à  tort  - 
L*  —  mcichaant  "  ■■  i . 

Le  ^  mesfait,  Laucelut.  287  a.  cf. 

3Saa. 
Le  —  à  l'écu  mi-parti  ;  ses  aventures 

arec  Guiron.  p,  45Ô-9. 
Le— delà  nr/",  Pharamout,  p.  440. 
Le  —  noir.  pu.  438.  441;  TrisUn, 

120  ss.,  131  a.,  \3S.  MV5,  sa  quête, 

150  sa-,  165,  1C7-8,  \7h 
Le  —  nu,  ancien  serf,  est  tué  par 

Galaad.  p.  230. 
Le  —  à  l*'î<:u  d'or,  Gslehom  le  brun 

et  Guiron  (cf.  p-  442>;  Lancelot,  cf. 

p.  486. 
Le  —  du  pavillon,  p.  450;  cf.  Serse. 
Lo  petit  —,  pp.  442,  4r)0.  452. 
Le  —  delà  tour  du  Pin  rond  'Carsdoe. 

p.  14f  ).  461,  p.  312;  est  tué  en  com- 

battaDt  Palamôde,  166. 
Le  —  A  l'écu  vermeil,  Brunor  le  noir, 

p.  308ss.;  Tristan.  117. 
I^  —  â  l'écu  vert.  I^morat  de  Galles, 

239-42.  218-9;  Tristan,  390  as.;  cf. 

le  —  iV  l't^u  utrtingc. 
Le  vieux  — ,  cf.  Vnncien  —,  et  p.  488. 
ChUddKri,  p.  15. 
thilderic,  7,  pp.  10, 475. 
Chirrnnc.  p.  \->i^< 
rirorr  rh.inor  et  de  Ce! inde, 

4;  V-  iiaille,  13;  fait  mou- 

rir un  jiiinisiijiiie,  u  une  vision,  est 

baptisé  imr  saint  Augiuiin  et  épouse 

(lemio,  IJ,  cX.  p.  477^  sa  mort,  16. 
CiUtf.i,  V.  Colices  1. 
Cintafiflul,  T.  Tiatsgd. 
Cifimnr^  v.  Esclnmor. 
ViarabauT^  p.  263. 


—  504  — 


Ctarfitire,    Clarcus,  41;    duché    de 

Galescin;  cr.  Acbalain. 
ClaresxLe  roi  de)»  m  met  onquêlo  du 

Gr&al,  395&SS.  (^Clarens?) 
Ctaresé,  d.  220. 
Clarin    ta    noir,  ennemi    du   g^aal 

Caradoc,  pp.  400, 
ClaristtiTit  le    hurdi.    son    combat 

contre  Âlaris  et  La  aemoiselle  de  ce 

dernier,  p.  Î27. 
Ciaudas  de  la  Oestrtc,  roi,  père  de 

Clainlin,  est  rt'Stô  fldi'Ie  a  I  empire 

romain,  p.  Wi\  assiégea  Gauncs,  43; 

fut  déshérité  par  Lancelot  au  profit 

d'Arthur,  352.    aS8a,  p.  207;  est 

l'alU*^  de   Meliaitus.    p.  4t5*7;  sa 

fiuerre  avec  Arthur,  p.  AMi;  Mnrc 
ui  écrit  de  faire  Hier  Alexandre 
l'orphelin,  p.  182. 

Clauaes,  Ctaudex,  Clovis»  p.  477. 

Claudin,  Qls  du  roi  Claudas;  sa  force, 
p.  444  ;  SCS  combats  au  pont  de 
BeauroKart,  409,  411-!d,  439,  qu'il 
abandonne,  vaincu  par  Gnland, 
439,  441  ;  fait  route  avec  ce  dernier 
et  Eugène;  sa  joute  avec  Tristan, 
447-8;  est  renversé  parBrunor,  452. 

Clèocide,  ancien  nom  du  pays  de 
Galles.  562. 

Cièovù  —  Clodois,  Clovis. 

(Ucrin.  v.  Clarîn. 

Ciiflcris,  V.  Childeric. 

Clodeta,  -où.  Clo^'is.  7,  jjp.  437,  4C0, 
47fi;  cf.  Ctaudetis,  p.  4j7;  institue 
le  supplice  du  feu  pour  l'adullôro; 
fait  briller  son  fils,  18. 

Clodoris.  V.  Childeric. 

Clodoreujj  v.  Clodeus. 

Clodovis,  V.  Childeric  (confusion  avec 
Clo^-is). 

Cloedin,  V.  Glevedom. 

Cloovù,  Clovis;  cf.  Clodeus. 

Cfl-ur  de  Pierre,  de  aa  prison  Meliadus 
dôlivre  Arthur  et  compagnons, 
p.  443. 

Coivre,  v.  Doivre. 

CaUsian,  t.  Golisunt. 

I.  Constantin^  p.  439. 

3.  Vonsiantin,  Cotenlin,  541  a. 


Gonstantinopte:  l'empereur  de  —  e«t 
le  frère  d'Htîlain  le  blond,  p.  452. 

('ontorhit:,  V.  Caniorbérv. 

Cor,  V.  E8cor. 

i'orban-i,  le  Saxon»  p.  490. 

Oorbarant,  an  mort,  p.  2'J2. 

Corbel  au  court  mr»(oM,  ô3fia. 

Corhenic,  to  f.liâieau  du  suirit  GroaJ, 
le  Ch&ieau  aventurfux,  2S7a,288a.i 
331,  388  a,  558-9.  5t)I-2.  pp.  2!î*,22fri 
4.  226-7.  229-30;  est  lecn  de  guerr»^ 
deGalaad.  p. ';!31. 

Corinde,  château  de  Coraou&iUe,  316. 

Cornouaillc,  royaume,  2  b3.,  13  sa.^ 
19  88.,  75  a,  7o  98-,  100  sa-,  167  as., 
\n,  483.  via.  537  8  99..  pp.  169  88^. 
245-8.  283,  372.3.  380  as.,  409  sa.,! 
4Nl  as.;  armoirlos  Ae  — ,  112;  câu<M 
lumedo— .p.  125;accenlde— ,  139,1 
*2!0-tl  ;  inf6riorit(.Wlc<t  chevaliers d«4 
—,  107,  112,  171,  210-1-2.  241.  53>^J 
pp.  1 90, 1U4-Ô.  48-^3.  21 7  ;  un  cheva- 1 
lier  couard  de  —.p.  451-2;  nnche— 1 
valier  portant  Tôcu  de  —,  Guiron.f 
pp.  i53-3,  4ù9,  cf.  p.  458  ;  le  comte  d»1 
—  (faute  poar  Norhout^  p.  471. 

Coronica,  la  —  antigua.  p.  4*7. 

t'orrart,  ]>.  KXt,  cf.  p.  482. 

Çorsabfin,  aime  ta  Bile  du  roi  de  Ban 
daa,  est  vaincu  par  Palamède  eti 
lue.  pp.  I9:i,  485. 

rortoine,  nom  postérieur  deTépôei 
Tristan.  440. 

Vo[\)trntin.  541  a. 

Cotn;  p.  3113. 

Ctmratiz,  p.  482.  cf.  Corrart. 

Cotirrnux  fLa  Voii»  d>.').  pp.  463-4- 
'    ■    ■■      ■■    ■:    ■  .lolfi. 

l'riaidos. 

(  :...c   -    ,...j.is,  18. 

6'ri['nijn£i (Le Château),  187;  U  faut 

lirt»  -  rnufl. 
Criy:  :■■''-,    -  HV!.I8. 

1.  (.'■■ 

2.  Cr ,. .,      >..   i..i.  171. 

Crudcle,  (.'niie^  (Le  Château),  187. 
Crtutcns,  p.  4li0. 
Cuides,  p.  283. 
Ctisfs.  V.  Crisides. 
Vyguerne,  p.  SI,  Ygueme. 


D 


ikifforius,  est  tuA  par  Triatan,  349. 

Dagon,  510. 

bagnentt,  ùaguenel,  le  fou  du  roi 
Arthur,  573;  boit  les  chevaliers  de 
Cornouaille;  est  renversé  par  Dni- 
nor.  69;  ses  avenlurea  en  Cor- 
nouaille, 10t-2:  sa  joule  avec  More 
et  Palamède,  2^1-2:  sea  piniiitea, 
225;  Agloval  fait  passer  Tristan 
pour  lui,  p.  222;  ses  aventures 
dans  3325,  p.  441  ;  la  cour  d'Arthur 


lui  est  rrmest,  pp.  484,  490;   toe 

Foie.  p.  491. 
Da{h)im,  est  eraj)ri5onné  et  tué  pol^ 

son  cousin  Brehus,  443.  446.  F 

Oaire .  père   d'Tv;iin   aux    blanche** 

mains,   est  emnriHonné  ou    Poni 

norgaloii,  p.  4tl. 
Dalam,    Vafen,   est   poursuivi   paf4 

Urehus  ;  di^Ûe  Dinadan ,  qui  s  tu 

son  père,  "258. 
Oatides,  est  tué  par  Ualaad.  625. 


—  505  — 


ûamadas,  samort,510[«sDunatha?). 

Hamas  te  mei  en  cfadte  du  Graal, 
p.  2.S3;  sa  mort,  dIO. 

[iamatha  st^  met  en  qudle  du  Graal , 
395a  (=  Damadas?'). 

Da^nei  te  roux,  pèr«  d'Uelias  ]e  roux, 
p.  267. 

Ùamuacal.  fio  met  ea  quête  du  Graal, 
\  p.  283. 

I,  tkinain,  wrent  de  Daraa,  162. 
*i,  bùnain  le  roux  (conrondu  arec 
Dinadan,  p.  443),  époux  de  la  dame 
da  Molooul,  pp.  448.  U2.  cf.  p.  437; 
fte  Eut  te  compagnon  d'armes  de 
GuiroD,  G3ta,  G32,  d.  pp. 447,  44^: 
sea  avoDtures  avec  ce  deraiar,  le 
bon  chevalier  sans  peur  et  antres, 
ft30B.63la.  b;a  le  dessous  dans ano 
combat  contre  le  boa  chevalier  sans 
peur  pour  les  habitants  de  la  Dou- 
wurease  Garde,  63la.  b:  ne  peut 
prendre  part  nu  tournoi  d'Hene^lon. 
fi32:  est  Tninquflur  dan.>  cehiî  du 
Cliàteau  des  Deux  S>£ur.s:  cunfieaa 
f^mme  n  tïuiron  en  i>ariant  pour 
vencer  un  cousin;  ses  aventures, 
<>33-4:  aime  Bloio,  p.  453.*  qu'il 
enleva,  pp.  4itï,  iôy,  ot  qui  est  re- 
conquise sur  lui  par  Guiron:  celui- 
ci  le  délivre  d'entre  les  moins  d'un 
Î>''a»t,  ^1^1  ;  a  renversé  Abilau,  p. 
Bl;  a  éié  vainqueur  au  Passage 
périlleux,  p.  462;  obtient  le  pardon 
de  Guiron;  ses  aventures  aux  deux 
tr-urs,  ou  il   est  retenu,   p.   4<>.'H, 

^638,  note,  cf.  p.  490;  sera  délivré, 

t).  465;  est  dêii\Té  iKir  Guiron,  p. 
i66-7,etdelaprisond- V  "^  -  ■ 'm.), 
cf.  p.  4t*â;est  renversi  is 

et  voyage  avec  lui,  '  yy,. 

461,  49t  ;  ses  aventures  avec  Gui- 
ron, pp.  4fi7,  \^\  sa  mort,  p.  467. 

Vanarn,  v.  Oanatn  I. 

ÙQnalrft,  v.  Dsrnnntes, 

Dcneùrun.  est  vaincu  par  Guiron,  p. 
4ti7. 

Danemaretu,  le  Danemark,  3d6a,  p. 
4W. 

Danén,  v.  Danain  t. 

Panidain  l'orRueilloux,  cr>asin  de 
nroiuis,  est  forcé  par  Meliadus  de 
reiâcborLao  el  Pharamont,  G33. 

Jfoniilp  frère  de  Brunor  te  noir,  p. 
331. 

Oanois,  v.  Dtnor  2  et  Ogier. 

t-  Oanor  le  blond,  frère  d'armes  du 
roi  PoUnor,  p.  443. 

2.  Danor,  cousin  dAriohan,  p.  466. 

Donuble  le   cotira^eux,   se   met  en 

au^te    du    Graal,    39ô a    ss. ;    cf. 
«ruhre. 
Dura*,  l'bôie  de  Tristan,  de  Dinodan. 
de  Palamède  et   de  Mordret.   142, 
1 W-9.  !«,  161.  cf.  p.  475,  de  Gahe- 
■  riot  et  de  Keu.  tT^;  pour  veof^r 
^"  fils  il  tient  en  prison  pendant 


quelque  terapt  Tristan .  Palonède 
et  Dinadan,  165.^,  161-3. 
liar'ir>innf,  for^t.  p.  371  (d'Ardoiaoe. 
lies?  Ms.  la  fortil  — ). 
Ul. 
i.'„,  -....,.- ..  V.  Dornantes. 
Oamanus.  forêt  enchantée,   oîi  fut 
enfermé  Merlin.  îla  as.,  522,  pp. 
189.  103.  286.  400.  476-7. 
Uarubre,h\\  (=  Dônuble?). 
tktvid.  p.  441- 
UeUabîe,  v.  Oelitable. 
Itilict,  retrouve  son  frère  Gatehout. 

41,  p.  47I>-6, 
Ûciù,  p.  443. 

iJelitabU.  i'IsU  —,  on  est  située  la 
Cité  vermeille,  369;  la  Forut  —, 
p.  438. 
ùatiohetie,  la  —  bloic.  hh2;  ta  —  che- 
nue. 92;  la  —  deshérilôe.  4{»8-17. 
441  :  ta  —  mesdisant^  6H  ss..  73.  87- 
W.  O-M.p.  71-2;  la —muette, 311; 
Ia  —  au  samil  Jaune,  p.  4ô2. 
Orrbtoù,  p.  67  Aa  fortH  d'Erbloï»^, 
Ik-rmentes,  p.  47G.  cf.  Daruaute». 
Ùfrnus,  p.  3Si,  faute  pour  tPcntns) 

Perinîs. . 
[t^r^ri^  -■, '"i''i"1a8,  Taulasî- 
/  T,  surnom  de  l'a- 

.iés,  11.  447. 
M-.uu.cf.  Tdrtre;  l'hie—  p,  438. 
bcsruiable.  tksvoyc,  la  hortst  —,  p. 

455. 
Dru,  V.  Do. 
L^rvai,  p.  55.  cf.  Val. 
Dhelys.  p.  2M,  faute  pour  Pelis. 
Diabrl,  neveu  de  Percevol.  498. 
Oidijenne.  femmd  d'Argan,  96. 
/JirtlïTiJ.  —  te(e)tM,  géant,  40. 
Ifiane  (La  fordt  de),  o35. 
Oùi&n,  82. 

Dieu  (Le)  des  merveilles,  15- 
Oinaaanlt)  [surnommé  quelquefois  le 
roux  et  confondu  avt^c  Danain  2, 
cf.  p.  413),  (ils  du  bon  chevalier 
sans  peur,  le  rot  d'Bstrangorm,  el 
frère  de  Brunor  le  noir  (et  de  Daniel, 
p.  33t}:  sa  gaieu^  et  son  esprit 
taquin.  12.*.  126.  148.  18t,  211  as.. 
242, '-"-.  'iT.x  ^^^.M  267ss-.282d, 
361,  Mil,  490,  573, 

pp.  .  :  est  emparUit 

\Ù9;  HA  cniiquti  'lu  la  coutume  de 
jouter,  243:  sa  sagesse,  217.  258;  sa 
valeur,  211,  216.  tJlO,  p.  443:  son 
élégance,  584;  méprise  l'amour, 
26i.  pp.  89.  t6t  ;  est  bon  musicien. 
584,  208-9;  fuit  la  connaissance  dft 
Tristan,  105.  cf.  n.  467  ;  «es  oven- 
lurea  av.M-!  lui.  Kl;*-!!!).  113,624,  n. 
443;  est  ilnnâ  les  tournois  du  Qia- 
teau  des  Pucelles,  l'.C.  134-5.  137, 
140-2.  cf.  pp.  114,  475.  de  Louve- 
rerp.  374^.  378-81,  et  do  Galchoul, 
282d,  p.  483-5;  son  séjour  ches 
Daras,  148-9,  162-4,  166,  18t-3;  ses 


—  506  — 


aventures  stibsôquentcs,  p.  133-4; 
su  reni'OQtre  avec  \*)  chevalier  {q- 
connu  et  Tristan,  l'J9-20O;  ses  aven- 
tures avec  Marc  t?ï  autres,  ■ÎII-22, 
225-î>.  2.18- W;  son  séjour  à  la  cour 
d'Arthur,  243-S,î.^2  a;  trouve  Dalam 
et  autres:  va  chez  Palamèile,2.îS-y; 
adresse  uu  lai  méchant  à  Marc. 
•'67-d;  ses  aventures  avec  Seçurant 
le  brun  et  autres,  pp.  ÎIt)-'20,  432, 
avec  Tristan.  338d,  3GM;  reste  à 
]q  Joyeuse  Garde.  31 1-3.  cl.  ^i,  275; 
se  met  en  quùtvi  du  Graal,39ja  sa.; 
ses  livontures  avoc  Tristan,  qui 
l'envoio  chez  Iseut,  4Û"2-T;  accusé 
do  trahison,  il  osi  défendu  en  com- 
hnl  singuli'T  par  son  frère  Bruaor, 
AGU,  '-t'S-'J,  et  sOjourno  chez  Tristan. 

ft-  337*9 ,  qu'il  assiste  d'abord  dans 
s  combat  h.  la  Joyeuse  Garde,  sur 
Ief(uel  il  rcnsoit,'no  Arthur,  490, 
puisilaus  lagu'?rredu  roi  d'Irlande, 
■11'-,  4iï2a;  retourne  avec  Bruaor 
chez  leur  p^re,  p.  348;  ses  aven- 
tures avec  Tristan,  après  sa  défaite 
par  Guiron ,  p.  467,  ol  avec  Pala- 
mède,  p.  46S  ;  Tristan  lui  narta  da 
la  fllte  do  Marc,  p.  441;  va  voir  la 
tombe  dn  Peadragon,  p.  491  ;  fut 
enlevé  par  Lucaoor  lo  grand  el 
dôUvré  par  Tristan,  542,  <iui  lui  en- 
voie une  dernière  salutation,  519, 
dont  lu  mort  le  remplit  ded^sespoir, 
.'S73-4,  ri.  n.  4JS7.  el  qu'il  flssaio  de 
vencer  en  faisant  la  guerre  à  Marc, 
570-8fï,  cf.  p.  40U,  retourne  en 
Logres;  est  tué  par  Açravain,  tiOO- 
13.  cf.  258,  et  enlrrrô  k  côté  do 
Palamèd*?;  Ii>  deuil  de  sa  mort,  613. 
Oinai.  sénéchal  de  Mure  et  ami  de 
Tristan,  28.  7ôa,  p.  63' est  chargé 
de  surveiller  Iseut,  80:  trouve 
Guinclain .  fit  ;  a  hébergé  Gou- 
vernai, 105;  Tristan  lui  donna  la 
dame  de  Porsides,  119:  est  ren- 
versé  par  Ivain  aux  blanches  mains, 
170;  cauAe  avec  Ueut,  170;  donne 
l'hospitalité  à  Oaheriet  et  à  Ken; 
la  Ddôlité  de  sas  bracttcts,  177-0;  est 
&a!ué  de  la  part  do  Lanrclot,  179; 
prévient  Iseut  du  retour  de  Tristan, 
p.  17'2,  qui  séjourne  chez  lui.  270ss.; 
prend  part  k  lu  guerre  dos  Saxons, 
272,  27o;  prend  parti  contre  Marc, 

8p.  18S.  181-;,  21)2-3;  gouvorne  la 
ornuuaille  pendant  la  captivité  du 
roi,  pp.  204,^06;  rend  service  aux 
amants,  p.  VO*»;  ses  avimlures  pen- 
dant les  emprisonnements  do  Tris- 
tan. ÎH9-3;  héberge  Sagrnmor,  p. 
2'W;  est  assiégé  par  Marc,  ;i!(i,  .lil)* 
3;  rojoint  et  accompagne  Tristan 
en  iJogres,  470  ss.;  a  délivré  do 
prison  Brunor  lo  noir,  472,  qui 
avait  pris  sa  défense,  -iK3:  retourne 
à  la  Joyeuso  Garde,  480,  4&5,  cf. 


470,  où  il  restA.  4H5,  iS7;  héberge 
Bagremor  et  Tri.sian.  qui  meurt 
chez  lui,  545  ss.;  est  désolé  dâ  la 
mort  de  son  ami,  579  ss.;  conduit 
à  son  hétel  Oinadan.  ôÂ^,  avec 
loquol  il  fait  la  guerre  à  Marc,  587- 
8;  refuse  la  couronne,  594. 

Dioccnar,  Dtodenat,  aeieneur  du 
Passage  périlleux,  p.  461. 

Ifiuiiicitis,  roi  de  Syrie,  p.  436- 

liiran.  p.  470.  cf.  Driant  I, 

/lithert/n,  p.  331. 

/ltfi'.v  lamottreuir,  73,  68. 

/Jij  Chevalûrs  (\is  Château  d*»),  ?S4ft. 
28(fa,  *2>Wfl,  ;ii)*i-7. 

linort,  localité  deCornouaillc,  p.  228- 

/kl,  pcTf)  deGimet;ais  d'Ares,  p.  223. 

Doc,  p.  272,  faute  pour  Lot. 

Dodirul  {Uodtnian,  fauto  pour  iM>di~ 
niau],  le  snuvaç^,  prend  part  aux. 
tournois  des  châteaux  de  la  Lande, 

30.  el  des  Pucelles.  p.  107.  cf.  v. 
476;  est  renvoraé  par  Tristan  ,  34. 
201,  339,  et  par  Palamède.  375,  cf. 
508,  qu'il  a  combattu,  p.  78;  fut 
vaincu  par  Lamorat,  p.  237;  est 
blessé   par  Alexandre  l'orphelin, 

S.  200;  se  met  en  quête  du  Graal, 
l>ja  ss.;  rencontre  Tristan.  508. 
535,  qui,  avec  Giiluad.  est  héberge 
par  sa  sœur,  .S09;  est  le  parent  de 
Bedoin  de  la  Marche,  552;  est 
secouru  contre  lea  iruiite-sit  che- 
valiers de  Morgain  par  Tristan, 6*24; 
eât  vaincu  par  Guiron,  p.  467. 

IJodoniaus,  confusion  des  noms  Do  et 
Dodinol,  of.  Doniaus. 

Ooivrs.  rie  châtelain,  le  oomle  de), 
pp.  217.  4X4. 

l/oicc,  Ù'Aor,  V.  Douce. 

Uonaym^  v.  Uanain  I. 

Doniaui,  v.  Dudoniaus. 

Uorman,  lo  bon  chevalier  de  Nor- 
galles.  p.  441. 

Ooryan,  v.  Driaa  2. 

/)0M,  V.  Do. 

Doucf,  la  &«(«.  p.  290. 

1.  Ooiilimrcuse  Çardê  (la),  oommAe 
aussi  la  llauto  Garde,  p.  44?-3,  et, 
plus  lard,  la  Joyeuse  Garde;  chi- 
teau  qui  fut  conquis  pur  Lancelol, 

31,  pp.  140,443  ;aveniureade  l'ancien 
seigneur  (Urandus,  le  Lanceloi;  cf. 
p.  4Gti)  <!e  lu  —.71-3;  la  discorde 
de.s  habitant»  de  la  —  avec  c^mx. 
de.  Louvezerp,  631  a,  h. 

2.  i}ouluureu.te  Tour  {Vharirf),  la, 
château  du  géant  Caradoc,  fut  con- 
quise par  Lancelot,  41,  cf.  pp.  4tiG, 
■1H2,  488. 

1.  t)rwn[t),  de  lUe  (étrange,  p.  470). 
aoa  Dos  (cl.  Bruianl):  conipo^on 
de  Tristan,  46,  49,  51-2  ;  substitua  à 
Gauvain  dans  772.  p.  330. 

2.  Urianit)^  frère  de  Latnorat  de 
Galles  et  de  Tor,  150,  cf.  p.  48t  ;  sa 


—  507  — 


valeur,  307  ;  est  renversé  par  Tri»- 
ua,  17,  qu'il  fL'lrouvt'  en  lyjgres, 
107-9,  Itl  ;  est  (in  quiHe  du  cheva- 
lier à  IWu  noir,  Iw,  lô7-ë.  !63*est 
k  la  cour  d'Arthur,  p.   140,  cf.  p. 
138:  joul«  avfc  M--^"'     "       :-      ' 
part  AU  tf^iurnoi  il 
m,  200.  «1-5;  d. 
se  bat  avec  lui,  p.  :2'23-ï.  i!i«  met  eu 
qu^lode  Lancelot,  -Mn,  3(V\:  ((uille 
leCb&tûJUi  des  Dix  Ctievalien  et  est 
tuè  par  Gativain  et  Trcres,  2>I8b. 
307.  cf.  250,  3^2.  306. 
3.  Drian{l),  cousin  d'Krac,  Tut  tuô 
par  Mordret,  2dfia. 


Or-'  'm.  Dmsin, 

fs:  1  ron,  p.  4â4, 

huoid<4,  UumitUl.  du  OiLflot,  317- 
îlnelle.  château.  300. 
'■  '  ■  ■•    <-l. 

lia  de  la  Rocbé),  186, 

HSi(.  \\il,  pp.  136,  137. 
fJunnort ,  ont  vaincu    par  Guiroo, 

p.  4h7. 
D\uber(fo,  p.  331,  Cf.  Disbergo. 


SM,  T.  Hebftl 
Ecossais  ileai,  p.  43(V7. 

La  reinn  d'— ,  lit  cadeau  d'an  pavillon 
à  Palamèdc,  12S,  d.  p.  470.  ses 
amours  av«c  U«IiaduB,  p.  I4V5, 
480;  «e  dispute  avec  la  r^ino  dOr- 
canie,  p.  w'J;  regards  la  bataille, 
p.  44ti:  est  rendue  à  son  époux,  p. 
\4fi-7. 

Le  roi  d' —  (cT.  Afi'uisant;',  «t  ju^  du 
camp  pendant  le  combat  dv  Tnstan 
contre  Blanor,  3S  :  prend  part  »m 
tournois  des  Châteaux  d>;9  Pucelles, 
114.  119.  Lit.  de  H--'-<  -I'"--  '^t. 
192,  192a,  do  L.)u 
37S-«,  d*-<>.rlton,  ; 
lo  '  ^ 

3j< 


'Miini, 


hs^ 


:à  sa  cour,  lialohou: 
une  èpée  des  Brun^.  p.  •   . 
veu^yant  lue  AbsaJon.iiuUu  privé 
de  Te«ata,  e^i  chassé,  puiv  blâmé 
et  renver*^  p--  ':■--,  tj3.î. 
1-  Edtiuart.r*.-.  re.  172;  son 

tivre,  pp.  K'<  '  cf'  P-  *^3- 

2.  £dflUtfrM'Ori,auie,  iVèr^^deSadoc, 
prend  part  au  tournoi  de  I>ïuve- 
larp.  37^9;  secourt  une  demoiselle 
•t  ett  Tainca  par  (ïuiron.  p.  iû7. 

3.  Edouart.  v.  Erdoaol. 
Edran,  p.  KM. 

Edward,  p.  27i.  v.  Edooart  ÏÏ. 

fOi/ptc,  p.  'J. 

Sicam^  p.  iH6  :  cf.  Imiani. 

SipbMU,  p.  27Î. 

Etidc,  traîtresse,  se  venge  daMorhout, 

p.  452. 
Ehsfa,  p.  xxiM,  cf.  p.  477. 
Elsiian^  tr'^uv*>  Giiiron,  qu'il  amène 

chez   lui  oc   à  qui  il  raconte  une 

histoire^  p.  Kh\-b. 
Rmn'es.  v.  Ksimores. 
Emoni.  p.  IQfJ,  cf.  p.  484. 
Ettû'M:,  \.  Siraoc. 
Enchantceur.  -Ur§ae  (le  Ch&leau  de 

1),  11,  cf.  p.  475. 
Etice,  82. 


Enifrnes,  v.  Eugène. 

Enuif.  fille  du  duc  d'IIuiscam.  est 
Si'  -^nin;  Senahar  et  épouse 

K  .  U)l ,  cf.  p.  4'j7;  arrêta 

h'  .      de    ^oxx    mari    contre 

Liimuf&l.  Ô37,  et  coQtre  Guiron« 
p,  467. 

Enrit^i.  se  met  en  qu^te  du  GrattL 
39:<a  ss. 

Krvsiiîfi    V.  (Irisides. 

En  ■  'XoHt,  de  la  rivière,  se 

Ml  '  du  Graal ,  p.  284  ss. 


En' 

A',.. 


■  arjoc. 

blois. 

cf.  Bdouart?. 
ï.  616-17  (forme  variée 


.1  I 

Erdi,  ..  u  ■  .,  i>.  272.  v.  Edouart  2. 

Erec,  Ulsdo  Lac  et  d'Ocise.  pp.  114, 
210,215.  sa5tBtur<;,  391a;  les  ea> 
chanlemenlsne  p**uvent  lui  nuire, 
290  a:  est  en  <^u<**te   de  Lancelot, 

«S't-    ■'-"  ■    ■"-•'■         '-"  -."■'''-     cf.  p. 

•l<  rlaet 

ï'  '  v.-ontre 

Alciau'ir-?  l'oïpUt^liii.  p.  ;^j;aomet 
en  quiMeduGroal,  395a  ss.;  raconte 
de  ses  aventures  à  l^eut  et  punit 
Gauvain,  4iO-I  ;  ses  aventures  au 
château  d'Enide,  qu'il  épouse .  422- 
Vi,  cf.  p.  407;  asaistn  Tristan  daas 
la  guemî  du  roi  d'Irlande,  41f2;  .^es 
aventures  avec  Bsnin  et  autres. 
G27  :  riart  pour  combattre  Ouiron, 
qui  aie  dessus  contre  lui,  et  qui  lo 
délivre  do  la  prison  de  Durmort, 

E.  467;  tua  sa  sœur  et  Ivaia  aux 
tanches  mains:  fut  tu^  par  Gau- 
vain, 386a,  ÔÎ9.S5H-9,  cf.  5ti8,571. 
:.71  a. 
Hrman,  v.  Armant. 
EtTHites  (La  Uoche  aux),?&3. 
Ernant.  v.  Brnaut. 

1.  Erriaut  de  la  Lande,  p,  448. 

2.  f'rfjaunerou.f.duciieNormiDdiQp 
p.  488. 

3.  EmaiU,  cf.  HemarL  Hervaull. 


^  508  — 


Ernoul,  Erveus,  p.  359. 

Brveil,  v.  lïival. 

t.  Hsrnlit}Oi<c)  le  mO«oanu,  p.  284  (= 

2  -(U'épée  d'Arthur,  330, 

■.557. 


1.  ièscanor   1«  brun  et  ses  enhoU, 

*  p.  438. 

S.  jEfCOnor  le  ffr&nd  (le  noir),  de  la 
HaotBgne.  géant,  p.  487;  sa  mau- 
vaise réputation,  p.  439:  03t  dôsor- 
çoané  par  [lohort^  ç.  432  ;  en  veut 
à  (inlroa  et  k  Danam,  031  a ,  b ,  cf. 
p.  437  ;  SOS  aventures  avec  ITolianor 
du  bOBca^e,  p.  4'iS;  veut  venger  sou 
ODCle  sur  les  cbevsliers  errants; 
«tnprisonne  Meliadus,  Gauvaia, 
Lac,  Blioberis.  G31  b.  632. 

Esclabor  le  méconnu,  Itabvlonion,  fils 
d'KscIobor.    Trôra    d'Alpbasar    et 

Îère  de  Palamèdo,  30,  pp.  190,  4gS, 
S9,  le  préttrô  de  ses  cnrania,  '(CH, 
630;  s^oume  avec  sa  familla  à 
Rome»  en  Northumborland  et  & 
Camaaloth.  630,  cf.  p.  '»45;  ses  aven- 
tures avec  Arthur  et  autres,  p.  411- 
:ï:esl  secouru  par  L/ïodagon.fi.ll  b; 
se  met  onquf-lu  duGraal.  p.  '284  ss. 
(cf.  Escaliborc  li;8uilGalaad,  (lu'il 
aa.sisle  contre  Marc  et  les  Saxons, 
51ÎV25.  p.  STl-'S',  sa  mort,  3Wi. 

£jWfn7c  le  méconnu,  p.  281  ;  cf.  Escla- 
bor. 

Eiclairfb^rt,  v.  Escaliborc  I. 

Ksdamt}t\  p.  28i;  if.  Esclabor. 

Eseor.  le  cbevalior  d'— ,  se  met  eo 
quille  du  Graal,  SOrm  sa. 

Escorall.  Eirurant.  v.  Escorant 

1.  Esror'{r)aut  le  pauvre,  parent  d'Hc- 
lianor  le  pauvre,  p.  i-A,  et  cousin 
de  Boranor  le  pauvre,  p.  401;  est 
blessé  par  Asor,  p.  438,  et  blesse  le 
Morhout;  va  a  la  cour  de  Camper- 
corratin,  p.  4 il;  prend  part  au 
tournoi  d'Urien.  p.  488. 

2.  Eicuranz,  roi  de  Sarras,  507. 
Esera,  père  de  Tesala,  p.  455;  cf.  p. 

436. 
Etîlan,  V.  Elsilan. 
SilitM,  V.  Hélices. 
Esmerrs  (U  la  Hoche,  est  renvcrsô  par 

GuiroD«  p.  455. 
Esonain,  roi  de  C&rmolide,  631  b. 


EmtrUeX^  le  Palais  —  de  Sarrts,  515, 

Rspint,  V.  Armant,  M«li08,  Noire. 

EspinttcTi.  cf.  Eapinoio. 

fii;mwc/«  de  lu  Joyeuse  Garde,  p.  225. 

EspiiUHfrcs,  ÛU  du  roi  de  Northum- 
berland,  nn,  SI».  271;  renverse 
Uiaadan,  SM:  sa  aamu  lui  estreo- 
du>^,  382;  est  vaincu  par  Guiroa, 
p.  467. 

Ksfiinitie,  -note,  forAl  de  CornouaiUe , 
79. 

Kitanbor.  p.  373.  v.  Esclabor. 

Kstanc,  •aug,  -ant,  -auf  [le  chiteaa 
de  1),  pp.  -18,  479-80. 

Estoi\,  V.  lleclor. 

Estrangf.  la  forait —.222.  p.  4M:  Visie 
—,  V.  Oriant  I  ;  le  seigneur  de  V — 
(pour  Eslroite?)  MareJu  Ml  se- 
couru [>ar  Galehout  le  brun  et 
GuJron,  p.  137 ,  le  chevalier  à  Vacu 
—  ,  Tristan;  \'é\)ée  aux  — s  f*«7iftf, 
de  Galaiid. 

Kstrangor,  cf.  Bstrangot. 

Estrongorr^,  royaume  du  bon  chera- 
lier  sans  peur,  pays  de  Gosouaîn: 
les  chevaliers  d  —  sont  mis  eu  dé- 
route par  le  Morhout,  p.  451. 

Bitranijo[r)t,  pays  ou  habitant  d*^- 
lranporre(?V,  cf.  Gosouaîn,  pp.  283, 
48(i.  ,U)ilan.  p.4(il. 

Eitraus,  v.  Keu  2. 

Eslrtiit  {\^  Chastei).  452.  478. 

Estroitf  Marché,  cf-  Ilarpin  I.  Le  roi 
de  r  —  est  renversi*  par  Rraoor  le 
brun,  621;  arrête  le  combat  pour 
la  damo  de  Ri^col,  p.  438;  prend 
part  au  tournoi  d'Unon,  p.  488-  Lo 
soignour  de  1'  —  (cf.  Estrangf),  lieu- 
tcnanl  du  roi  de  Nor^llea,  p.  446, 
di^'Uvre  Léodaçan  de  prison,  p.  449; 
Guiron  lui  prit  la  dame  du  beau 
couard,  p.  lôO;  est  secouru  vtr 
Hector  le  brun  et  Adalon,  p.  451. 
Vn  chevalier  do  r — avertit  Léoda- 
gan,  p.  446. 

Etsera.  v.  Gsera. 

Eugrne ,  chevalier  de  Gaule  ;  set 
aventures  avec  Galaad,  p.  299-304, 
qu'il  diUivre  de  {prison,  44tj;  sas 
combats  avec  Tristan  el  Polamèda, 
447-8:  est  ronversô  par  Brunor,45t. 

Bralac,  v.  Mordrain. 


Faisant,  p.  44. 
Palis,  V.  Felis2. 

1.  FaranU),  chevalier  de  la  tour  do 
rile  de  la  Fontaine,  est  tué  par 
TrisUn,  327-9. 

2.  Faran  te  noir,  se  met  en  qnHe  du 
Graal,  395a  ss.;  sa  mort,  ô2G. 

Forifn,  oncle  de  Lombéffue,  36.  cf. 
p.  470. 


Faudar,  v.  Senahar. 
Faits,  la  Voie,  le  Val,  de — Soulût,  p. 
463. 

1.  Félix,  roi  deComouaillo,  19.  cf.  p. 
478. 

2.  Felisi'Z),  se  met  en  qu^te  du  Qrsal. 
p.  2S4  sa. 

Fehn,  le  Château  —,  59,  449c,  530-2; 
lo  Trespas  —,  455. 


—  509  — 


Ar.  rtl4  au  Pont  d«  — ,  pp.  125, 140, 
49tt,  Ta  Fontaine  aat  —  s,  [>■  170. 

Ftramont.  v.  PUaraniODi. 

ftrgui,  compBfDOQ  de  Tristan.  46, 
49,  bl>2.  qa'n  esuio  de  c<:>DSoler; 
va  YOir  Iseut.  77a,  78a.  78-9,  R3; 
cherche  Tristan.  83,  tsur  \cf\uûl  il 
reiueisne  la  cour  d'Aritiur.  '^61 , 
prend  parti  contre  Marc  et  est  en- 
vovô  par  Tristan  à  Alexandre  l'or- 
phelin, pp.  I(*8.  481-2;  est  ovec 
Espinod^.  p.  225;  se  met  en  quéle 
du  (iraol,  -ll'ôa  ss- 

Ferrant,  v.  Faran. 

Ftri^ffUJ,  V.  Kerguf, 

Fibliai,  V.  Sibilias. 

Fiaimer^  p.  4»4,  cf.  Flanncr. 

f'"'  ' -i'  ■■. 

cf.  p.  484. 
.  'tp  fa).  Î02. 


e  de  Morgain, 
!;*Tengier,  p.490. 

rnj  ijlle?). 


yUur  (U  ',' 
sefnttéj' 
Flùilc  : 
Fïùrt 

477. 
FolaXUe  le  fort,  cheval,  p.  48S. 


ijpcieoDe»  pp.    xtiii. 


Foie,  trésorier  d*Artliur.  est  tué  par 

Dapitnet,  p.  491  (=  Frolkrî. 
Foramf.  la  Terra  — .  pp.   liKï,    483, 

324.  350,  368-D.  427.-  les  deux  ftèrt^e 

de  la  Terre  —,  633. 
Fort,  iMchAleaux  de  la—  ^ 

p.  466, du—  TrespoM,  p   - 

—,  p.  4«>-l;  la  Roche-,  .     .  ~.. 
Fortune  (le  château  do  la),  72a. 
Franre.  np.  2.  15.  404,  446;  cf.  Gaule. 
Francs,  le  roi  des  —  est  renversépar 

Brunor.  621. 
Franchise .  la—  Tristan,  63-4,  639- 

41;  cl.  p.  402. 
FreiUe,  v.  FroUe  1. 
Frèrej,  ITIe  aux  Deax  —  253. 
FritMtnU,  fféaal,et  «es  rrércs,  p.  437. 

Fri^'  2»6.  . 

1.  /'  ;. .     Frohnl,    trouve 
I^mortit,  ^tp.  (U,  47'î. 

2.  Frotte,  nrinco  d'All«>aiastie  m  de 
Gaule,  fils  du  Saxon  Ai"   ' 

\\*\,  H  père  de  SamaJ 

par  Arthur,  18,  527,  Sj'_.   , ,..   ,  :, 

44tl;  son  épée,  554-7. 

3.  Frvtlf^  cf.  FloUe,  Foie. 


o 


Gabanasar.  constructeur  duCImteau 

r<iilon.  6.'U),  (Galanasar}  449  c. 
Gad,  Cl.  Gast,  Luce  1. 
(itunor  a  la  belle  omitf,  se  met  en 

?nèie  du  Ura&l,  p.  263  sa.  ;  sa  mort, 
|t}-ll- 
1.  GaktrUt ,  Gahan'et ,  Gahcrtt , 
(souvent  confùndu  a^'cc  Guvrret], 
lo  meilleur  dei  fils  du  roi  Lotn 
d'Orcaaie,  '21;  sa  lûyaut*>,  \jf): 
sa  valeur,  3tO,  p.  137;  »on  château, 
445;  accompagne  le  Horhout.  2:^; 
est  dans  les  tournois  des  ohÂteaux 
de  la  Lande,  20,  30,  des  Pucelles, 
IÎ6,  128.  132,  137,  140-t,  115,  de 
hoclT?   diir^.    l'X\    d«    I.nuvôjerp, 

ri  19% 

8,  .  des 

Celli.   \.i:r  tai.--i  ;.     ti.    (-i  ■.■■.■.  ;.■/    lirU- 

Dor  le  noir,  f<0;  enlevn  la  damo  de 
Maian,  \02:  est  renvers**  par  Tris- 
tan, qu'il  empêche  de  vaincre  PaU 
méde^  p.  92:  est  en  quAtf  du  cliev<i- 

lier  à  Tôcu  n   ^    T '    '    ' 

154, 157j,  lt;7. 
cJ.p  139,  qui  ' 

Î<KV;  snrveill'-'  t'i  tue  m  tuér«,  duiit 
n  ^parirn'*  l'amani  Lamorat.  210, 
Vti.  '  "  ?i'',  iaO,  255,  30h.  310. 

p|.  'lourt  les  demoiselles 

de  '...:.,  -^->;  lut  ronversô  par 
Palamédtf,  p.  199.  cf,  p.  481;  son 
combat  et  sa  râcoocilialîon  avec 
ses  rrëres.  ^^a;  «^a  aventurée 
avec  Perceval,  288  a,  pendant  sa 


auèle  de  Lancelot,  303.  3(^.  avec 
linadan  et  Tristan,  qui  le  renverse 
en  paasaut  devant  Gamaalolti.  3&4- 
S,  338  c, 340;  son  séjour  À  la  Joyeuse 
tiardo,  371-  3  :  ost  en  quéie  du  Graul. 
395  a  ss..  cf.  p,  Î21  ;  est    r*tnv»p^ii 

Kr  Palamôde,  qu'il  ai! 
ns  le  tournoi  d'Aigrev 
renversé  par  Galaao,  loi   ....   _.-_ 
Eugènr,  44U;  aasiste  aux  joutes  de 
Gauvain  avec  Brunor.   iw,  et.  p. 
3*11;  était  elle  en  t  ■  pour 

d'^Iivrer   Tristan,  nily 

dans  la  guerre  du  ....  ■.> . .  .a.adi« , 
4'i2,  et  à  qui  il  a  parlé  de  la  Iteste 
glatUsant,  ô04;  enterre  Hel>és  le 
renommé,  507;  est  renvoi  se  p&r 
Galaad,  qu'il  a  traité  de  poltron. 
527-9,  par  Samaliol,  556,  et  par 
Palamède:  ne  peut  entrer  daa4 
Corbonic,  556-9  ;  dit  une  complainli> 
de  la  mort  de  Tristan,  601  ;  est 
désarronné  par  Branor  le  bruu, 
621,  et  par  Galinan.  p.  432,  cf.  p. 
439;  eut  un  combat  avec.  Blioberis, 
1.  441  ;  est  vaincu  par  Guirou,  u. 
iiil  ;  converse  avec  Arthur  après  la 
df^faito  dos  Saxons,  pp.  406,  482. 

1.  Gaheriet,  Guturis,  ae  Cara[c}htu, 
fut  renversé  par  Glaudio.  p.  301  ;  sa 
met  en  quête  du  Graal,  p.  '283  ss. 

3.  ^aArrcV/ tilfl  Z^m&aU«,cLGuivretl, 
Uarin. 

Gai  (le  Château),  617. 

Gawïor,  v  Gaeoor. 


J 


Gaimert,it.  4oi. 

Goit.  Gai.  cf.  Gast,  Luco  1. 

Ùùluad.  le  (trôs')  bon,  le  bênetir^,  che- 
valier, fils  ae  Ijancciint  ft  '!»*  Ia 
nite  de  Ptillcs;    sa    n  oi 

SDti  enronce,  A^Ha,    .  sa 

bonté  et  Bonindulgon.  .,  .:  ,  .*.">2, 
p.  *23I  ;  %SL  TMitire,  sa.  modestio  ot 
Mcourtoiaio,  IIO.  j*i7;  sa  dAvolion. 
434,  50â,  ô-i3,  527,531  ;  sa  chastotô. 
311,  cf.  505;  sa  haute  valeur  fit  sa 
reDommée  de  meilleur chevalierdu 
monde.  4Î3.  A2.v6,  437  a.  UO.  UO, 
448-9.419b, 401-2. -i!t^,M>9,  .'iTl  0,575. 
pp.  1-2.222.  28i,44.t,  i9l;sa beauté, 
ozt,  527:  flon  ima^^  k  la  Joyeuse 
Garde,  314,  3U;  ses  statues,  410, 
532  :  son  Ôcu,  le  plus  souvent  hl;inc 
avec  une  croix  rouge,  39riB,  IMI, 
423,  AU,  VJ4,  503,  p.  359;  ses  épiïos, 
512-14.  524;  est  armé  cbevalinr, 
391,392a,  cf.  p.  28*J.  et  accomplit 
pluaieura  aventurci:  à  la  l<'lo  <!•'  In 
Pentecôte  du  Graal,  pp.  27r.-s,  ';8I- 
2,  cf.  200.  311  ,  3i7.  qu'il  fait  vœu 
de  chercher  et  qu'il  porte  à  Serras, 
395a-30aii.  *9ti.  -199,  5i);-3.  TilO-lS, 
p.  392-3,  'i^  5^iI-2.  .V17;  sujiphtnii  les 
coutumes  du  Château  orfrucill"?ux, 

[>.  Dtj;  lui  et  Tristan  mirent  a  iiiivrt 
08  chevaliers  incités  par  Morgain 
contre  les  chercheurs  du  Graal,  p. 
219;  trouve  Segurant  le  brun,  i/f , 
cf.  p.  432;  *ca  avcnlures  subsé- 
auentes.pp.219-2l  223,230-1  ;  récits 
de  ses  exploits,  401-3,  dont  on  trou- 
vera beaucoup  daiislelivrndrCli^ir- 
lemagne.  ilU;  ses  aventures  avec 
Tristan  et  autres,  Wi-*;,n.  17;  ses 
combats  avec  Tristan  cl  Palamndis 
405,  447-8,  62fi.  p,  3i8;  tue  Dalides, 
625;  secourt  Enide,422  as.,  437a; 
ua  aventures  avec  Eucëne.  p.  299- 
304,  qui  le  d'^livre  de  la  prison  de 
Brehns,  413,  416;  trouveet  renverse 
Palaméde,  491-5.  p.  '.91  ;  Tristan  le 
suit,  ot,  avec  Palamùde.  est  neuve 
de  mort  par  lui,  501-6,  509;  va 
secourir  Arthur  contre  Marc  r.t  les 
Saxons,  dont  il  met  l'armt^e  en 
déroute.  519-25,  pp.  372-3, 225  ;  Marc 
lente  de  l'oropoisonner,  526;  «es 
ovenlurcsavec  Bamaliel,  Agravain 
ot  autres,  527-9;  mnt  fin  aux  cou- 
tumes du  Château  félon,  530  2,  pp. 
3Cï9,  312;  retrouve  Triston,  533,  son 
affaire  avec  bcdotn  de  la  Marche; 
anne  Samaliel  chevalier  et  conduit 

,  Ivttiaà  une  abbave,  &52-5;  sa  mort, 
567. 

La  Jfcrtwt/te  —,  l'ancienne  abbaye 
d'Uterpendragon,  52(>. 

Galanan  de  Benoic;  eu  tombe,  p.  231. 

(ialanaxar,  y.  Gabanaser. 

Galdn-ich,  p.  10. 


1.  (iairgantin,  roi,  se  met  en  nudte 
du  Graiil.  p.  284  sa.;  est  trouvé  par 
Loncylot,  p.  372. 

2.  Gatcfianlin  If  Gailois,  ae  met  eo 
'[u4te  du  Graal,  39^)  a  as. 

Gair.h'idin  de  Sorelnis,  conduit  Hina- 
dun,  pp.  500,  484-5;  prt-nd  pnrt  au 
tournoi  lie  Canir  '  '  '  "  "^'28; 
eatemp)^(^lté))<ii  i  ver 

Iseut,  374.  et  :  .    ,    .  ain, 

qu'il  a  délivré  de  prison.  376;  pré- 
side le  conlMt  de  Tristan  contre 
Palamôde  pour  la  deaioiftelle  déshé- 
ritée. 411-5,  cf.  417;  cal  renversa 
.par  Galinan.  p.  1^'  >■'  "  'i*:  «es 
cli*'vaItors  furiM  An- 

mède,  p.  413;  i<  mle- 

gantin,  p.  372;  cl.  Li-ilciiout  i;. 

I .  Ooleholtt.  te  haut  prxtur  d.» Soreloie 

etdesUe*;'  '    l*"  lininor 

et  de  la./'  •".  cf.  p. 

477    (cotii  .  js    avec 

Galehout  2.  avec  Galehudîn  4>t  Ga- 
laod.cr  pp.  292,17,443.  141,  note  I. 
avec  Gaherictf?),  p.  3-i):  sa  guerr«) 
avec  Artimr.  55 .  212,  575,  pp.  131 , 
441.  4(ifi-  sou  séjour  ovec  Lancelot 
en  Soreluiït,  pp.  2S.  30,  441  :  quitte 
la  cour  d'Arthur  (cf.  p.  149),  pour 
chercher  Lancelot;  voyage  avec  sa 
sœur  ;  sou  combat  avec  Tristan  :  sa 
lettre  à  (ruentôvre,  41 ,  cf.  p.  476; 
fut  délivriS  de   la  prison  de  Ceroa 
par  Nestor  de  Gaune~«).  T:t.  H7   91  ;  « 
donné  un  chiteau  à  K'  n», 

3()5;   ses  tuiirnois,  .1'  ip. 

195,  201,  4H;1  ss.;  un.;   ......  -■  r\ 

recours  à  lui,  pp.  19ti,  483-1  >■  :■■ 
avec  Branor  le  brun,  p,  i.  ,  -  ■- 
aventuresavec  Lancelot;  estvuiacu 
par  Giiiron,  p.  4ti7:  ses  truerres 
avec  Marc  et  If-  <"---•  ;  ^^  i(t9, 
■181,490-1;  sa  m..  K), 

■ill ,  XXIII,  477;  -  ■      I   I4 

Joveuse  Gaivlo,  3U|  pp.  3M>,  409. 
411. 

2.  Galehout  le  brnn,  le  chovalier  à 
l'écu  d'or  {cf  GuironJ.  Ills  d'Hector 
le  brun.  pp.  420,  437.  442;  sa  hauLe 
valeur,  pp.  446.  451,  151,  IXH,  inn 
♦^p*^e,  p.  461;  a  Hé  le  rnmp:fi:TiOD 
d  armes  dujeunetrui'  ''a, 

t't'M  a,  p.  <88;  *e*  avi  -i  ce 

dernier. Sflgiirant  le  bi  un  n  .luin»*, 
pp.  131-2,  137-S.  ^11-2,  451;  tua 
Aquilan,  n.  451;  établit  les  cou- 
tumes du  Plissa^'.,  périlleux,  p.  ICI. 
et  dos  Deux  Taurs,  p.  4<'r4;  £e  battit 
avec  Uterpendrapon  à  la  Fort 
Kspreuv^,  p.  l&U;  prend  part  à  la 

Suerrc  des  Saxons  cl  au  tournoi 
'Urlen;  a  vengé  son  père,  p.  488; 
sa  nièce  époutta  Altxans,  p.   '^23; 
SA  mort,  pp.  151.  451, 
Galcoitio)th,  v.  Galehout. 


Galestin,  dac  do  CSare ncf",  ost  vainco 
par  Guiroa,  p.  46^. 

GaleMiintin,  -tjarufuer.  •gujue,  v. 
Galegaiitiii  1 . 

(rafirn,  est  laé  par  Galaad,  ]i.  231. 

1.  Gûlinan ,  chàt«lain.  ein|<risonn** 
GutrOQ ,  doat  il  fait  nourrir  le  OU, 
!>.  464. 

i.  Galitian  le  noir,  (ils  de  Guiron,  p. 
M;  M  valeur,  pp.  432.  MYi;  est 
excoUfMit  musicien,  p.  |(3'2;sa  mau- 
vaise reputaUûD.  pp.  U9,  Wi,  m\; 
fut  renverst5  par  Lancelot,  p.  4&); 
sa  mort,  pp.  432,  439. 

Gaimdest  -inauf^,  se  met  en  i|uôLâ  du 
Graal,  p.  2»4  as. 

GalUgodin  le  courlois,  frèra  du  roi 
Armaoc,  est  tu6  par  le  roi  d'Ecosse, 
p.  4M. 

fiatlrtt^t,  V  «i.\lHlioul. 

tiiiikron  0/  ùatuay,  p.  277. 

GaHjCS  ilo  pays  de;-,  i.'a,  p.  437,  au- 
irefois  Ll<^)cide,  502  :  roy&ume 
dUrien  ol  d'Ivain  I  ;  Pelinor.  père 
de  Lamorat  de  —  et  do  P>!<rcevai  de 
—,  s'en  saisil  et  en  devionl  lo  sei- 
gneur, p.  4&S,  cr.  II.  Ï36. 

Le  roi  lie  — ,  prend  parî  au  tournoi 
de  Louveïorp,  X>3.  376,37&-9.  381, 
et  à  la  guerre  de  &Ielja'lu!>,  p. 
445-7;  épo«»o  la  nièce  de  Cinudas, 
p.  '.'■■  -ft  le  ïournoi  de  Laii- 

d«[r- 

Le  aa.'^.  _  .:  —  —,  écrivain  de  Mer- 
Un,  pp,  2i>3,  4WÏ. 

La  «âge  pucetle  de  —,  p.  466. 

Gai[!nti4  flr),  v.  Galegantin.  Maia- 
qnîn  2,  Percevai. 

(iatjiuTiif,  •ontif,  le  roi  d'Oui/rr  la 
màrrhedt —  esironverMépnr  Bra- 
nor  le  brun,  C21 ,  le  seieneur  de  la 
(irandiandede—,ii.  43S.Cr.GualB- 
gnia. 

Galman,  v.  G&Iinan. 

OalohoU,  V.  Galebout. 

Galot,  V.  Gurlot. 

Gùivoie,  la  reine  de—,  amante  d'iTSÎn 
de  Galles,  p.  ni.  Cf.  Galleron. 

Gannn,  chAteau.  liîU  ». 

Ganenwr  le  nnir,  p,  2i(3;  cf.  Gtanor. 

Ganna,  v.  Gauut^a. 

dannirr.  p.  46^.  cf.  Flanner. 

Ganurit  tu  grande,  p.  48». 

V,  -  ■■     ■  f    L^t,  Luce  l. 

(t  (Jarduel. 

tj  ...  .--.  .,  amante dtiRunnVn  S35a, 
à40«;  sa  mort.  Miù.. 

Oariet.  v.  Gaheriet. 

Gariji  de  Lambatle,  eai  onlcmi  par 
Ivaiu.  p.  i'il.  Cf.  Gaheriet  3.  Gui- 
vret  I. 

CarIo(,  royaume  d'Urieo  (p.  4*t81;  cf. 
Oucârdet. 

Gosse  le  blond,  p.  441. 

Ga^^,s)t,  cbÂieau  de  Luce  1. 


Gaxte.  U  Forcft  -  --  "\%  432;  la 
Ttrrf  —,  l'tW. 

Gaiitt.  royaume  Je  Prollp, 

de  FharamoQt  et  d«tt  ancêtres  de 
Guirou.  20, 623,  pp.  440,  4S6. 488  :  cf. 
France:  !««  annes  de  -'.  4t36;  re- 
nomm<.>e  des  dievaliers  de  —,  ib.', 

Vnt.\niv^A.'  — .   1.1    cf.   p.  476. 

:><^ri8,  de  Lionel, 
dviuomf ,  '.i-?s  .>esioretdesBohort, 
4.^,  pp.  iUl,  29(1,  440;  cf.  p.  488;  un 
ancien  roi  de  — ,  cousin  de  Guiron. 
apparaît  ilorant  Urehus  dans  la 
oavorne,  fM'r,  Tobbaye  de  — ,  96. 

1.  Gant.  et.  Ga5t,  Lucè  1. 

2.  Gant,  la  dame  de  —  détiroit,  cf. 

303-Ô. 

L  Gautier  \(\  bruo,  ermite,  p.  218. 

2.  Gautier  Mo''u)p(r],  392a,  pp.  Î90, 
10.1-4.407.414.    ■' 

3.  Gautier  d'Oxford,  jp.  436-7. 
Gauvain.    Gatniii,  fils   du  roi  Lotb 

d'Orcnnie.  neveu  d'Arthur  et  père 
de  liiiinglain.  est  ri'puid  traître  et 
feioti.  malgré  son  aitcienne  renom- 
nu^f^dt^  modèle  dp  chevalerie,  37, 184. 
r>u.42l.4:i*,  r  ■  :"'  ^-s,  pp.->3o, 
4;tO,4U;cf.,  j.  tiiionsde 

772,  33c>7.  pp.  1  valeur, 

I  H.  37.1,  p.  I.t7 .  tu  lorcf.  augmente  a 
mJdi,2â.1a.291a;esttoutpetil4c0l* 
(le  Tristan,  116;  son  «^pt>c,  476;  che- 
vnli(.'rp  tu.>s  par  lut  :cf.  j7I,  llM)  : 
Bad<"ma^u,  Erec,  Gaîooan .  Ivain 
l'avoutre.,  Lamorat  de  Galles  (cf. 
247-8,  2.SS.  2ivt,  310.  p.  24t) ,  Melea- 
tfuanl ,  Mpraugis  de  Ponleitguej: , 
Pttlamède  (cf.  tiftt),  Pelinor  de  IJs- 
tenois;  est  dans  les  tournois  de» 
châteaux  delà  Lande,  2Ï^31,  des 
Pucelles,  1-26-7,  134,  i:Vt,  de  Rocbe 
dure.  192,  de  Louvezerp,  370,  p.  467; 
combattitSegurades,  34.  ses  quêtes 
de  Lancelot,  qui  l'avait  délivré  de 
la  prison  dy  Caradoc(41,p.4*Ki),  31. 
30i-ti.  47(i.  p.  441;  ses  aventures 
arec  Lamorut  c>t  tielmaut.  t>5,  p. 
476;  lui  et  sea  frères  {missent  Bru- 
Dor  le  noir,  71  ;  est  rsuversii  par 
Lamornt  dans  le  Damantes,  72a; 
sa  prétendue  messog^'re.  75  ;  un 
chevalier  Gt  vœu  do  le  tuer,  92; 
ijuitte  Morftain  et  fait  route  avec 
tristan,  11(>.  118-19;  doit  rejoindre 
Mordret,  146  ;  sa  quitte  du  chevalier 
k  reçu  noir,  150  2,  2(Ji-6,  cf.  ti23  ;  est 
Apargnt^  par  Tristan,  qui  l'eropt^che 
da  tuer  Brunor.  184,  et  qui  Iriomjthe 
de  lui  plus  tard.  l'J3;eardele  champ 
pendant  la  bataille  de  Marc:  jouta 
avec  Hector  et  Gaheriet.  235;  se 
bat  avec  ces  deux  derniers,  283a, 
et  Bliobens,  296-8.  p.  221;  inter- 
code en  faveur  de  Perceval ,  282  c, 
dont  la  gloire  l'aHlige,  312,  qui  le 


—  512  — 


désarçonne  et  qu'il  décide  de  tuer, 
313;  uit  renversé  pur  Palamèdo, 
pp  I9y,  Wi-5,  et  envoya  conlre 
Clau'las,  |>,  207;  snccôdea  Eroc  an 
Chàlnau  il«8  Dix  (llievalii^rs.  ÎWJa. 
288h,  30G-7.  sns  nmoiirs  avon  la  fille 
deMaboQ  lonoir,  VEHOu,  et  la  lilludu 
la  roioô  de  ^o^ffB^^s,  p.  Ail  ;  ses 
aventures  dans  1  lie  de  la  sœur  de 
Parceval,291  8;esthai  irunedemoi- 
selle  de  la  parenté  doGaletiout,  303; 
assiste  au  passage  du  Tri»lau  devant 
Camaalotb;  est  renversa  par  lui. 
338,  38S  c.  e,  3*2,  cf.  p.  485,  et  par 
Palamôde;  rencontre  Gatebodin, 
qui  l'a  jadis  rt(SHvri>  d«  prfson,  37r>; 
prend  part  à  la  fête  de  ia  ï'eotecJte 


du  Graal,  dont  il  se  met  en  iniôle, 
p.  280-4  as.,  cf.  517,  571  a,  40^.  |>p. 
5ïl.  223-4,  '230-1  ;  est  puni  par  Ercc 
d'avoir tnsulté  Iseut.  4'il  ;  joutoavec 
Brunor.  430,  cf.  474.  p.  309;  est 
désarçonné  par  Tristan.  471:  son 
combat  avec  Brehus^  475-7,  un 
ancien  frère  d'armea,  47G;  assistt.' 
Tristan  dans  la  guerre  du  roi  d'Ir- 
landOj  p.  343,  à  laquelle  il  met  un 
termef  sur  Vordro  d'Arthur,  49-i, 
492  a,  493;  trouve  Polamède  et 
Galaad,  494-5  ;  son  r6vo,  p.  S'il  ;  est 
renversé  par  Galaad,  503,  5'.Ut, 
Branor  le  Drun,  Gitl.  Segurant  lo 
brun.  p.  432,  cf.  p.  219,  par  Galinan, 

Ep.  432,  439;  ses  aventures  à  Oor- 
enic,  558.  38S  a  ;  a  parlé  de  la  bestt 
glatùsant  à  Tristan,  Utl;  sauve  d«' 
mort  Arthur,  p.  4iO;  sos  aveniurea 
avec  Meliadtis  el  Lac,  p.  438.  ûvi>c 
Blloberis.  Arthur  et  autres,  p.  4tl- 
3,  avec  Meliadus,  Blioberis  et  Lac, 
p.  447-9,  avec  Guiron  et  Lac,  p.  15:1  ; 
son  emprisonnement  par  £scanor, 
pp.  442, 444.  448:  va  voir  Meliadus, 
p.  444,  qu'il  fait  prisonnier  de 
ffuerre,  et  dont  il  recommande 
r'alTrauchissemenl,  p.  446;  est  ren- 
versé et  vaincu  par  Guîron.  pp. 
447,  4H7;  accompagne  Guenièvre, 
p.  468;  cherche  à  encourager 
Arthur;  combat  les  Saxons  n 
Wincealro,  p.  490-1;  sur  sa  morl. 
cf.  p.  487. 

CflriVr*.  p.  481. 

Gtiant,  le  Château  au  —,210;- la  fon- 
taine au  —,  43  :  la  Forôl  au  —,  10 , 
rile  au  -,  til .  l'Ile  des  —  s,  41-2, 
287a,  484:  le  Pin  du  —,  château, 
pp.  441,  444. 

Gemie ,  épouse  de  Cicorades ,  trompe 
son  mari,  15-16;  cf.  p.  477. 

Gènes,  est  envoyé  chercher  Iseut  par 
Tristan,  542a  ss. 

Gcnnrvre.  v.  Guenièvre. 

Geo/froi/.  marchand  do  (^otootin,  541  a. 

Geùn,  âlO. 

Gerot,  p.  350. 


Gerrarl,v.  Girart  I. 
Gfsncsy  V.  Gènes. 
GhctUUno.v.  Kahedin  1. 
Ght'.r.  p   350. 

1.  Qihrrt  de  Val  Brun,  p.  490. 

2.  Gibrrs  U peaenti:,  29ia. 

3.  Gif>«rt.  V.  Guivnsl  2. 
Gtfjïat.  Gif^el,  ais  de  Do;  an  gaieté^ 

^21;  est  dans  les  tournois  de   lu 
Lande,  30.  cf.  p.  467,  do  LmivozorpJ 
37ii,  p.  4t>7,  de  Golehout,  p.  \s.\  ;  ^sP 
renverst-i  par   PoUmode,   145;  ar- 
range une  joute  entre  Daguenet  el 
Marc.  221-2, 225^;  rentre  a  la  cour 
d'Arthur,    237;    eSt   renverw^   iiar 

Tristan  passant  devant  Ci '  * 'i . 

339;   se  met  en  quAte 
395  a  83.,  p.  223;  est  rt'ii  .    r 

ï^amaliel,  55G,  et  vaincu  par  Gu«' 
roo,  p.  4fi7;  jota  Escalibort  au  I..ac, 
330.  cf.  p.  'S  I  ;  une  de  ses  anciennes 
amiesest  la  compagne  de  Guenièvre 
au  couvent,  p.  473. 
Ginevre,  -vor,  v.  Guenièvre. 
Gi{n)glain,  -^(Oon/in,  v.  Guinglain 
Girant.  v.  Gtrart  2. 
L  Girart  de  Camaalotb.  est  envové 
par  Iseut  de  la  Joveuse  Garde  à  la 
poursuite  d'Alcadocb,  qu'il  lue.  p. 
5S5. 

2.  f;irnrnebarbQ,p.431. 

Oirblet,  v.  Giffleu 

GireX,  v.  Guivret. 

Girflel,  v.  Gifïlet. 

Girial,  r.  Saint  Graal. 

liiru  le  bouts  (Girolaboura?),  535  a- 

^rr^n,  v.  Guiron. 

Gi%pet.  V.  Gimel. 

Oivret,  v.  (iulvret. 

/;iT,reH^oitIepaysd'AUxaa8deGifll«t» 
((ui  1  arme  chevalier,  p.  223. 

Gtatve,  V.  Valet. 

Giandcs,  v.  Lande. 

Glar.  p.  443. 

Giot.  château  du  gisant  Nobon,  61-2; 
cf.  p.  47y-«U. 

GlevfAeri,  Glrt^Min.  -dom^  châleati 
drt  Marc.  27  ;"cr.  p.  4"U. 

Gli'jan.  V.  Guiuglrfm 

Glùiin  le  roux.  p.  227* 

Gtoi'ùtnAe,  •^poua^d'ApoUo,  15;  éta- 
blit le  su[tplice  du  hùober  pour 
l'adultère;  «.si  calumniée  par  Âr- 
chaUii^  17;  sa  mort.  18. 

GtoveMn,  v.  Gluvodari. 

Gluif,  V.  Volet. 

Go,  V.  Got. 

Goihcs  tlurfji  mains,  p,  488, 

Gohors,  p.  4fHi,  cf.  iJJoroia. 

Gffinr.,  v.  Gemie. 

1.  Qolvstan.  -listant,  fràns  de  lait 
d'Uector  dos  ManSs  et  diâtelain  de 
la  Joyeuse  Gardt*  ;  fait  Oi*«ser  1« 
combat  de  Lancolot  contre  Tristan, 

.490;  sa  mort,  p.  3C0. 

2.  Golestan,  -Ifstant,  le  fort,  OU  du 


—  513  — 


Blortioul  :  8«ft  aventures  avec  S«gu- 
rtfttlobr:  -    -  "     m, 

kOa.esiv.  M; 

SOD  aifair  ;  du 

(ibàldBU  iji«»  Hucuil«a;  h  mort,  p. 
468. 

Guwfalas,  v.  Gringalos. 

t.omorpt,  -rot,  pp.  190,  482-3.  490. 

Gonttrin,  v.  (îoudri. 

Gonerifs,  p.  lliî,  et.  tiorois. 

Gonnior,  roi  d'Irlande,  13,  Ï5. 

ftoraix,  p.  4*1.  cf.  Gorois. 

Uorge^jiain.  v.  Gurgeolain. 

liornrval,  v    <...,.v.  r.,qi, 

Goroix,  p.  t  18V. 

i.Corrr.  j:  Tn^nule  Bran- 

«s  nent  part 

au  iiM.;.  ,ic.)i,  JS3. 

kl.  (ioiTf,  t  'i'.cf.  Toivre. 

çenal,  '  u  d. 

~  H)ùin-ti>it,  V.  UuÂUuain. 
ri/ile  blnnc.  p.  2îii. 
"   -'ouaiii. 

1.  */  i^orre;  est  eo 
qu-  iss..p."2'-0-7:cr. 
p.  Al^i ,  trst  ri:n\oJdi^  [Mir  Meliadua, 
p.  444,  et  vaiucu  jMirwniron,  p  \fu, 
(pii  le  délivn;  de  la  prison  de  Dur- 
mort,  ib.;  sc«  aventures  avec  Agio- 
vaI  et  autres,  p.  468. 

2.  Gutouatn.  cf.  Gnioaia. 
Gossadin,  mes:iager,  répand  un  faux 

hruii  de  la  mort  de  Trinlan,  p.  228. 

Gnl.  chiiteau,  V.W. 

Goudri.  serrurier  de  Kaiitoâ,  535a, 

MO  a. 
'GoHvfrnat,    -ail,   /Jorrm'f?,    ^'^nlH- 
bomme  ■!     > 
maître  il 
ftduvo  sijii  ■  •■ 
Pliaramont, .'  t 
Tiy  et  lui  «f  ! , 

Morhout.  'ib;  h^  c^iadinii;  d.;:iïi  :  ul- 
foire  Avpc  la  femme  de  Seguradcs. 
i\,  p.  47r>;  averlil  Trisiiin  da  U 
bainc  d*.*  Marcel  l'acrompagn^ dans 
là  second  voyagf^  en  Irlande,  35 
(pour  le  premier,  v.  29,  pp.  xxui, 
4^i);  sa  m<vprisc  du  philtre.  JK-0: 
est  au  Cbât<.«au  dos  Plt^urs  avec  li-s 
amanta,  4()-1,  qu'il  tired'embarra». 
42  ;  accompagne  Tristan  chePL-hnnt 
Iseut.  U.  1  avertit,  i:\  eat  avec  lui 
daoslafordt.  \*',,  l'attend  à  ritûtol, 
40;  prend  part  k  la  délivrance  des 
amants.  5!;  vit  avec  eux  dans  le 
Morois,  52-i  ;  son  séjour  avec 
Tristan  chtft  Ho&l  ;  leur  retour,  .S.Vfi. 
71  a,  7âa  :  st^s  nvcnlures  nv"":  Tris- 
tan, iru'r  ■  '  ■  :..  Idô. 
tl5.  II.'  '.  I1■^ 
l«:-.^>  I  ■  -■  .,  --..., ..,  .^  ^  l'em- 
pi  .  î  cbei  bnras,  il  l'ac- 
c  .1.  1  écuyur.  1K8,  1112;  son 
retour  eu  Comouaille,  -03,  p.  17^; 
Lo&RTU.  —    Tfittan. 


après  l'emnrisonnenieni  de  Tristan 
parMarc.  ï87. 1*  -    'sl^onois. 

p.  Wt-R;  dev,  Léonols; 

son  ronriatfe.  i  .  .  .,  note,  pp. 
87.  20*.  ÎO(ï.  387  ;  avpc  Tristan  blessé 
à  mort  il  va  rm  chi'it"flii  de  Dinas. 
p. -■'•■■  :      ■  :<  r^glise, 

p.  itcAu   des 

am;: l ..  ...  ._..._  p...,iiek  Marc, 

p.  41». 

fiMrnrjn,  p,  4M.  cf.  CfOmtsot  Gosouain. 
'  '   V.  Gosouain  ;  cf.  p.  S83. 

-^iint  tiraai. 

/,,.....-,.  V.  m. 

Gradm.  m  met  en  qn<';te  du  Graal, 

p.  -283 -s.;  rf.  Gnu. 
Granflines  le  cruel,  est  (uë  par  Gs- 

issd.  p.  rii). 

(ini/iï,  cf.  GnRt.  Lucc  1. 

Gratic$t,  V.  tirmit^ii. 

Grai  Ici  liardi,  coml«t  Gnmielet  est 

lran«ïportA  (i   l'hôtel  par   Ivaîn,  p. 

ra  ;=  Gradus?!. 
/rr(*(- '    :       "    '  "*    '  '" 
Grih  h«|  Grftz  «I  est 

(«■    .  ..      n. 

(trirfjuiaM,  -ici^  -hr»,  -let,  le  fort,  so 

met  «Ml  qu^te  du  Graal.  p.  2H4  ss. 
Grisitutt.  ^coQiluit  Mennooas,  qui  U 

lue,  :i34-5. 
i.rxniiori-t.  V.  Gomoret. 
■  ist,  Lnce  1. 
' .  !*•  roi  de  —,  p.  360  (prob. 


G\u- 

1.  6t. -.,  - 

gandft^rm- 
nntJtn*"  de  1 


Guiron. 

<„r,-r.'     fil 


,!,.  T  .'..-t,. 


'sa  gOiOt'j.  pp.    197, 

sa  buautd,    .2  a,  06, 

""  Acu  f<»ndu  lui  iql 

_'  du  Lac,  37,  p. 

i-lle  est  en  rela- 

i.  \k',  ;  est  baîo  de 

M'  lie,  41.  et  luicn- 

Vuiv  1  (  1'  ■!  •  ■-.  >  ■.'••[r.    '""    ;      •"■■'  (-nlo- 

vée  par  M-'lt'ai.*niiii  ■  >  [  nr 

Ijincelot.  41.  Wi,  i-.i'tit 

lui  envoie  des  salutation-s  \i.\,v  i'i-ia- 
mMe.,  4i,  parle  d'elle  à  TrjBtriri.  45, 
et  lui  demande  conseil,  57.  p.  'lo*); 
sa  réponse»  59-^,  '^,  cf  pp.  4'i-H, 
479;  converse  avec  Brun  or  le  noir, 
67  ;  est  baie  du  semueur  de  U  f>ou- 
lour^uMi  Gar>le,  "u,  que  Laacelot 
lu  ":'.,  et  d'un  chevalier  iti- 

ri>  questionne  Kabf^in, 

i'i  ,  _  __:,>  le»  tournois  du  Chl- 
inau  .len  i^ucelles.  12",  i;U>.  137.  cf. 


r.4,  de  Ur.che  dur«.  18fi    !*«), 


t.. 


assister  ii   celui 
271,  I  Ml:  sa  m- 
prie  Tristan  do  rcâiùr 


d  la  cour 
33 


—  5U  ^ 


d'Arthur,  ÎOâ,  et  le  clwrpe  H'itne 
lottro  [lourisnut.  p.  ml  ;  M 
confit':  (l't'lltî.  t'tiii .  eiivui-' 
lotionsà  [si'Ul, '^(i.1  ;  Xi.iii  .;.. 
une  Ipure  iiiAolontis  2<>4-ii .  so  croii 
trompa  par  l^ncolnt.  :iliit,  :HiSft,  cf. 

Pp.  •il>7j  'il'i;  odsisto  &  la  fôle  de  la 
cntecole  du  f*raal,  .19},  '.\9ita,  «lur 
la  quiïto  duquel  elle  C6l  rens*?i»;uL^e, 
pp.  2iy.  -i-rî,  cf.  525;  Agiovnl  lui 
envoûi  Akarin,  p.  2i3;  recnrde  les 
joulos  'le»  chevaliers  irAnlmr  avec 
TrisWu,  p-  '.*.v;-S:  pnWonui?  par 
Lâiicolot.  file  voutiUIi^ra  laJoyenso 
Garde  voir  Isout,  3l(),  qu'elle  mvit*-. 
h  v*.inir  &  la  cour  avon  Trisuin, 
3(7,  cr.  p.  'iVj\  Biprimeson  ros«en- 
limeat  conire  ce  dernier,  ïsî»;  des 
demoiselles  du  CliùloalirélonrtMiont 
auprè* d'elle,  .SH;*:  ilOplure  la  mort 
deïristoii.  p.  401,  g  (-11  cl'.  6t4; 
cberche  vaitiLMiienl  à  détourner 
Arthur  de  joulfT  nv.»i*  llranor  \t* 
brun,  p.  4'ri;  i 
séâ  pur  ba  ii; 

Gueiiiôvre.pi" 

Loiici'lol  prend  cjn^o  dV:lle  pour 
aller  IrouvorTrisl-in  on  l*otUe-Uro- 
lAgnci,  i\W.  et  l'informe  dr>  srtn  po- 
tour  ;  .Melindu*  lui  cifTre  uni'  cou- 
ronne à'or.  013;  prit  lo  voilt*;  sa 
mort.  p.  473,  cr.  p.  487. 
i.  iiumtèrre,  la  fausi^o  —,  pp.  lîK), 

nr.s,  kni'i  iiKhi. 

1.  Guerin.oHl  renversé  par  Dinitdiin. 

p.  !ï«.  cf.  p.  4«l-â. 
3.  Gutrin  lo  gros,  p.  Idl*^,   cf.  p. 

ôurrret,  GuerrchetisQMveni  conU'adu 
avtMî  Galicrit't  l\fri!'rr' d*'  «iaiivain; 
su  rr--i  r--'  '  ";  est  djils  les 
ton  ii\  di<  ht  Liinde. 

30,  '■>  ti'J;  hait  firu- 

nor  Iv  non,  7),  qui  lo  renverse, 
18t,  cl  Ijtmoral.  que  lui  ai  nat, 
frôit!»  dâcidoiil  do  tuer.  ÎIG.  "J'iO, 
'iS7.  cf.  3u;;  prend  part  aux  jeux 
d'arnifls,  '^47;  fut  rouvoraé  par 
PalomWc,  p.  199,  cf.  n.  m-b; 
trouve  sou  cher  frère  Ganeriol,  p. 
MWi;  est  enquête  du  Grûfil.:t'.i:>ii  M., 
pp.  2':J  4,  ?3t  ;  d.^i-idt;  de  lu^r  l'ur- 
covulfY],  313;  essaie  d'enh' ver  Iseut; 
ost  renversé  par  Tristan.  3J(i,  qui 
le  désurronne  de  nouvertu  on  pas- 
sant devûntCamaaloth,  338c,  tl,  cf. 
p.  W.T  ;  est  vaincu  par  le  mâme, 
3(j'2,  et  par  Guiron,  p-  4ii7. 

Guheret,  v.  Guivret  I. 

GuheriJi  dn  Karahcu,  v.  Gaheriet  ?. 

1.  Gui  de  Carmelide,  pp.  IIMÏ.  i8.î. 

2.  6"i.  priuco  de  Brequ-stanj;.  est 
vaincu  par  Sogurant  lo  brun,  p. 
4'JO-l. 

3.  Gtài  le  châiif,  ost  secouru  par 
GaUuLd«  p.  231. 


Guiftert,  v.  Gibert.  ^^^ 

Guùtahan, 'ilfban  :  ttii  et  son  f^rasn 

battent  avi>û  Palamède ,  nui  lu  lue, 

337. 
Gtiifnmr^y.  Guîvrol  2. 
Gitijnet,  V.  Gifllet. 
Gui/ffoy,  V.  (îenlfroy. 
Giii>jtnitt,  -f/lerin,  v.  GuingUin. 
Gutfjnrt^  V.  Guivret. 

1.  Guilidn\r,  In  boa  ormilç,  p.  218. 

2.  Gniilierme  le  cbeou,  îllîa. 
Ginncci,  p.  Î18. 

Gmw^main,  comte,  est  tue  par 
Gdhind.p.  -m. 

Guinctslrc^  Wmceïtrc. 

Guiwjiain,  ttls  de  Gaavaîri ,  nst  r#n> 
versé  par  Tristan,  p.  C5-fl,  cf.  p. 
47t>;  ost  trouvé  par  Dînas  et  ransurt* 
Itcut,  01  :  n  appriâ  à  Palamèilf*  la 
folie  de  'IYi?lûn,  p.  '0;  se  mot  en 
qm^ie  du  GraaI.  3^ja  ss..  ses  aven- 
tures avec  Ërec  et  autres,  4?il;  ses 
jnm««  fiv™».  Galnnd   et    Arthur  le 


est  vaiucue  par  Hranor  Ir  brun, 
qui  te  marie  a  la  ni^ce  de  I^morat 
de  Listenoiâ,  IV^2. 

Guifet,  V.  GuivreU 

1.  Guinm  lecourtois.  «^    *  ''  ■•''  Wois 
vcriloynnt,  pp.  i'M.  alier 

Al'tfcudV'r  (i^r  Gnli  I  u  :  p. 

41'i};  P''t'  .-pji. 

rino;  s»  son 

enfance  'L  .,,  ,  (.,  ■  -s;  a 

iSltl    le     compntfn' :i  •    de 

Goleboul  \o  bruit,  '>  142, 

cf.    pp.    461,  '*h\.  .    sa 

loyoutA,  p.  450;  3"  i  piin, 

i7>.;  est  musicien:  fit  ir  .,^1  iv<r5iJL'm 
Amants,  pp.  459,  \p>\:  aa  haute 
valeur,  pp.  4i(),  452;  osi  blond, 
4Jiî:  son  <>péc,  qu'aviàit  portée  lli*c> 
lor  le  brun,  p.  4jO;a  pa.bst''  un  temps 
consid-'TJihliî  en  prison     "  i 

mort,  pp.  ■l'ji,  V.O.  ses 
avec   Galehout  le  brun    ■ 
G;$Oa,  '.31  a, b,  pp.  l.tl--2,  4ôl.  4tw»: 
monta  diins  la  charrette  infaroimu. 
np- 437,  489*  doit  souietiii 
bat  contra  Lac.  031  b;  t 

Çnerro  des  Saxons   en     j   ., 
lallfer,  p.  4k8;  vainquit  le.s  sepi 
pliants   oe    la    ftarente    de    l.iirp; 
secourt  .Meliadusdans  lu . 
roi  d'Eosse;  ses  aveniu 
(luetites;     dmient    te    >. 
d'armes  de  tJanain le  roux 
pp.  447,  48^  :  est  vainqueii 
lournoi8d'Henedon.duCh;i.u-.i;jili:à 
Deux  Sœurs,  p.  li.H-'.i.  do  Carlioii. 
deGftmnnloth,  p.  4(>7,  et  prend  part 
àceluid'L'rien.p.  18K-9;uiiiie  la  tUle 
du  seigneur  de  lloinmo,   p.    i:t7; 
s'âpreuil  de  Iteis  ;  aime  la  dame  do 


—  515  — 


Maloaut,  mais  ne  reut  pas  tromper 
son  ami,  p.  438.  g  633  ;  cf.  p.  442;  ses 
amours  avec  Bloie,  pp.  4ô3, 456;g637  ; 
empêche  Lac  d'enlever  la  dame  de 
Maloaut,  G33  ;  a  enlevé  une  demoi- 
selle à  Hervi  de  Rivel;  triomphe  de 
quarante  chevaliers,  p.  45*2-3  :  ses 
aventures  subséquentes  avec  son 
cousin  Kinados  et  autres.634,  p.  456  ; 
délivre  Meliadus  et,  deui  fois.Serse, 
635-6;  ses  aventures  au   Passage 

Ëérilleux,  637,  p.  467;  reconquiert 
iloie  sur  Danain,  qu'il  délivre 
d'entre  les  mains  d'un  géant;  est 
secouru  contre  Heiin  le  roux  par 
Danain,  auquel  il  pardonne;  est 
emprisonné  par  Gatinan,  (7>.,  par 
Nabon,  640:  est  délivré,  p.  466,  H 
641,  cf.  pp.  46i-5,  482  ;  est  renversé 

rr  Meliadus  el  voyage  avec  lui,  64-2- 
,cf.  p.l'Ji  ;sesgrandseiploitsdans 
3C2-3,ti3Da;  devient  le  seigneurdu 


,  pp.  537, 467\  trouve  son  grand- 
père  mort,  p.  46iB,  repart  en  aven- 
tures pour  secourir  sa  cousine,  la 


dame  du  Château  des  PuciiUes  ;  se 

fait  ermite  ;  sa  mort,  ih. 
2.  Guiron,  titre  d'une  partie  du  roman 

de  Palamêde,  pp.  435,  449,  465,  cf. 

p.  432-3,   d'un    roman   de  Guiron 

et  de  la  compilation  de  Rusticien, 

pp.  434-5,  468,  491. 
Guiscarl,   roi  de    Northumberland, 

292  a  ;  cf.  ce  mot. 

1.  Guivret  (appelé  aussi  Gaheriet)  de 
Lamballe,  se  met  en  quête  du  Graal, 
395  a;  ses  aventures  avec  Ivain  et 
Brunor  le  noir,  454-G,  458,  466-7,  p. 
310-13;  a  secouru  Tristan,  465.  nu  il 
assiste  dans  la  guerre  du  roi  d'Ir- 
lande, 492  ;  est  renversé  par  Branor 
le  brun,  621.  Cf.  Garin. 

2.  Guivret  le  i)etit,  cousin  de  Lamorat 
de  Galles,  61-2,  cf.  pp.  476,  479-80; 

a  rend  p^rt  au  tournoi  de  la  Lande, 
t.cf.  p.  476;  fut  délivré  de  la  mort, 
p.  459;  fut  tué  par  Nabon,  61-2,  cf. 
p.  476,  ou  par  Arthur(?),  p.  441. 
Gui-on,  V.  Guiron. 

Guiiceslre,  |t.  407,  faute  pour  Guin- 
cestre. 


H 


Habé.  V.  Hebés. 

Habugue,  ïlalingue,  -linpres,  -lindê^ 
-/uit/e,  château  do  Petite  Bretagne, 
55. 

Hamedont,  héberge  Marc,  600. 

Handebourc,  le  duc  de  — ,  478,  489, 
pp.  309-10.  440,  488. 

Hanyuin,  roi  d'Irlande  (cf.  ce  mot), 
père  d'Iseut;  reçoïtTri3lan,29:  est 
dans  le  lournoî  de  la  Lande,  où  il 
amène  Tristan  et  d'oii  il  conduit 
chez  lui  Palamêde,  29-31  ;  approuve 
l'amour  de  Tristan,  32.  qu'il  chasse 
d'Irlande,  33,  p.  4G7,  qui  l'aide  dans 
son  affaire  avec  Bianor,  et  auquel 
il  accorde  la  main  d'Iseut  pour 
Marc.  36-8. 

Hanin  le  bloi,  d.  283,  cf.  Hartis. 

Hansac,  ville  ae  Petite- Bretagne,  55. 

Hant{h)one,  château,  p.  445. 

nantis,  p.  267,  cf.  Antif. 

fiapart,  château,  509. 

Ilaqueon,  château,  p.  446. 

llaraon,  v.  Arioban. 

Harlan,  498. 

Harlinye,  v.  ïlalingue. 

liaroant,  v.  Ariohau. 

1 .  Ilarpin  le  dur  de  VEstroite  Marche, 
se  met  en  aut^te  du  Graal,  395  a,  ss.; 
sa  mort,  510-11. 

2.  Harpin  te  roux,  châtelain  d'IIarpi- 
nel,  455-7,  p.  467. 

1.  Harpinel,  p.  UL 

2.  Ilaiyinel,  château,  455-7,  pp.  310- 
14,  467. 


Harpion,  seigneur  du  Château  félon, 

530. 
Ilarsti{a)m,  Arsaham,  p.  4G0. 
Harlis  te  Mot,  se  met  en  quête  du 

Graal,  395a  ss. 
Haudebourc,  HauUebourc,  v.  Hand»- 

bourc. 
flausac,  V.  Hansac. 
//auï,forôt,538.Le— prin«tf,Galehoutl. 
Haute,  la  Roche  —,  château,  289&;  la 

—  Garde,  ancien  nom  de  la  Doulou- 
reuse Garde. 
Uautone,  v.  Haut  et  Hanthone. 
Hebal,  ami  du  roi  Armant  de  la  Cité 

vermeille,  369. 
liebés  le    renommé,    messager    de 

Belide,  entre  au  service  de  Tristan, 

Îui  l'arme  chevalier,  27,  29,  cf.  p. 
75;  se  met  en  quête  du  Graal ,  p. 
283  ss.;  son  affaire  avec  Palaraôde, 
p.  431  ;  est  renversé  par  ce  dernier, 
d05,  tué  par  Tristan  et  enterré  par 
Gaheriet,  507. 
Hecin.  château,  p.  417,  cf.  Hesan. 

1.  Hector,  p.  445. 

2.  Hector  des  .Va r«,  demi-frère  de 
Lancelotct  frère  de  lait  de  Golistant 
I;  esl  empariez,  107;  sa  valeur,  p. 
137;  est  renversé  par  Tristan,  36; 
accompagna  Tanor  le  noir  et  fut 
blessé  par  Palamêde,  69;  trouve 
Lancelot,  Brunor,  73,  et,  dans  le 
Damantes,  Arthur  avec  Tristan, 
74  a  ;  cause  avec  Kabedin  et  avertit 
Gueniôvrc,  96;  enleva  la  femmo 


—  516  — 


d'Argnn,  98;  trouve  Tristan  en 
Logres;  ninversc  Oinjujtin,  107-9; 
aUtid'l  l.ancetot,  111.  avec  lequel  il 
cttUMo,  désol'^  d'iiV'iit'  éU;  lurrassii 
piLT  l-^alucntiKl--.  r.'4;  prond  nurc  niix 
tournois  «les  Oliùteauz  îles  Pucellôs, 
125,  I.'iT-H.  d.ï  lîoohe  duri!.  190-1, 
192a,  doCttlehonl.  pi*.  l'jr>.  1!I8,200. 
483  «s.,  de  CaraaiUoth.  292  a,  de 
Louvezerp,  378,  Stil;  sa  iiiiiHa  du 
ch('VjiUoral'6cu noir.  150,  liT-ti.  161. 
de  Uucclol.  310,  ;iH8ft,  cf,  193.  du 
Granl,  .taSa  as..  5ft3.  Sô8-9,  bGH, 
571  a.  [>.  351  .  cf.  p.  ili  ;  myt  flti  au 
oombal  de  Tristan  avec  (lauvain. 
193;  délivre  les  denioisi^ll6s  de  Marc 
et  combat  |>our  elNas.  '2:r>;  prend 

Fart  aux  jaux  d'armes,  ^17,  est 
amant  de  laf^immedu  roiCaniduc, 
iiib;  aide  iTaheriet  contro  Gaiivain 
et  autre»,  ÎB^a;  fut  envoyt?  contie 
Claudas,  p.  2U7.  et  rei<>nu  au  C.hii- 
teau  dus  Dix  Clievaljgrs,  *^âl8:  ses 
aventures  avec  Erec,  Mfta,  iK'Ja. 
VM&,  cr  p.  '211;  reste  strul  et  ma- 
lade après  le  départ  de  co  durnier, 
389a^291a;  aes  aventures  dand  l'île 
do  la  sœur  do  Percoval.  291  a,  et 
avec  Galieriet  et  Blioboris,  p.  lîl  ; 
est  renversé  par  Tri'^tnn  passiini 
devant  Camaaloih.  ■''.:'  ure 

Brehuset  Blioberls.  i  jla 

mède  d'attaquer  ce  d^.ii-^ S.  a. 

de  l'amitié  pourSapbar.  -iëî  ;quîlte 
la  Joyeu«e  Garde  avec  Lunceloi,  p. 
27'1;  secourt  Bnitle,  131 -ô;  est  avec 
Lancelot  nu  Chasiel  txlroit.  178-ît, 
489;  ûiait  allé  eu  Cornouaille  puur 
dôlivri?!'  TriaiAD,  4SJ,  contro  loquel 
il  assiste  Lancelot  dans  le  comtiat 
à  ta  Joyeuse  Garde,  48t)-'J0.Dtdnns 
la  guerre  du  roi  de  Norgolle^.  492, 
49'ift  ;  menace  Gnuvain,  le  mour- 
trierd'Erec.  bîO.  cf.  'îmia.  :/5X,  571  ; 
ses  aventures  au  Château  Wlon, 
53U-2,  et  avec  Tristan,  i>33,  ô3i-4:i. 
assUle  au  combat  de  Lancelut 
contr«  Palamède,  htV.i,  inril  voit 
mourir  et  dont  il  transporte,  avec 
Laacelot,  le  corps  dans  une  abbaye 
&415-(i;  dit  une  complainte  il»  la 
mort  de  Tristan,  GOl;  trouve  Oina- 
dan  mourant  ot  la  fait  porter  à 
Comaaloth,  613:  est  renversé  pur 
Dranorlobrun,  G21,  et  par  Gulinaa, 
np.  432,  439;  disl  iadùt  uoo  honte  à 
Morgaia  (ou  à  Var^anor),  dil; 
seaourl  une  demoiselle  etest  vaincu 
par  Guir^in,  p.  407. 
3.  Hector  le  bnin,  p*^re  de  Gniehoul 
la  brun,  était  le  mttilleur  clievalinr 
de  son  époque,  pp.  4%,  431,  437,  451, 
451,  4S8:  sa  RÔn^rosilé,  p.  451  ;  sos 
épôea,  pp.  40*),  461  '  prend  part  au 
tournoi  d'Uterpeaoragon,  p    48?»; 


■'IcMcrue,  porte 
r  le  brun . 
■rUe    il  est 


ses  aventures  avoc  Adalon  et  Helia- 
nor  le  pauvre,  p.  451. 

4.  Hector  la  brun. lilsd'UeUinlohrua 
(on  du  prAcédenl  '(),  p.  437  ;  est  ren* 
versé  par  son  tils  3e«uraut  lo  brun» 
p.  438. 

5.  !kctur\Q  brun,  cousin  de  Branor 
Ifl  brun,  p.  *W,  cf.  p.  437. 

fî.  Hector  le  bnm,  couain  de  Sof^rani 

lu  brun,  p.  437. 
7.  //ccford'    '- 

lo  nom  '! 

dans  UD'- 

aupelé  Absalon;  cT.  ce  mot. 
fi.  //t.-^*r  le  noble.p.  488;  [=  Hector 

dus  Maria?), 
t*.  fkctur  de  liftunes,  v.  Nestor. 

1.  Hclain,  serf  et  assassin  du  roi 
Armant  de  laCitévermoitle*  est  tué 
par  Palamëde,  3tJt)-70. 

2.  lldain  le  blanc  {btoi  '  '  -  '  . 
UU  de  Uohort  de  i: 
conquérant  do  Rome,  ^o.^.  .  .. 
ses  aventures  pondant  sa  qui't« 
du  Groal,  39^a  sa.,  302,  pp.  'Ii7. 
229-30,  ei  avoc  Ueliadus  et  autres. 
I'.  4:.2-3. 

3.  llriaîn  le  brun,  frért  d'tl«ctor  l« 
brun.  p.  437. 

4.  tfelain  legros.Ols  donran^l.îSlo, 
pp,  i37,  4«i. 

5.  Ilriain.  var.  de  W(îJia]iW(). -iflfrt]^ 
(Lynn{t).Lyax)MelicriM{ty6t\,iMi- 
inan{$y  ifelin,  -i»,  /Mina{i}n(t), 
Alain  (Lain). 

1.  Ihlmnc,  «Ile  de  Pelles,  p.  23J:  sa 
boftuté,  p.  336;  cf.  Heltabelî. 

2.  //(/(irncdu  château  du  Plain,  ^%. 

3.  tiriaiae  sans  pair,  stBur  de  Gau- 
vain  et  dame  de  la  cour  d'Arihur  ; 
sa  beauté,  1H4  ;  admire  Parcavot  ot 
est  aimée  de  lui,  282  c,  313. 

Ihian,  v.  Uuiao. 

ilehman{$),  p.  283,  v.  nelain  ?,  S. 

U6Un<is  V.  ilelaine, 

Ihlocber.  v.  Ueliùber. 

1.  iicliahel,  s«i.!ur  de  Marc  et  éf>oas« 
de  Meliadiis,  19.  meurt  en  mettant 
au  monde  TrisLan,  20,  cf.  p.  443. 

2.  Heliiiliel,  tillâde  Pdllea.  [.  -23.1  .  rf. 
Ilelaine  1.  . 

/Icltacfr,  V.  UoHcar. 
/ye/i'ud«f/deNorthumberland,a  vaincu 

Giiiivdin,  qu  it  hlusse,  p.  449. 
/A'/iVidf^ji,- sett  aventures,  p.  454. 
fft'Iiain,  ses  aventures,  p.  4SI;   ef. 

Helain  f». 
t.  Hchan  Im  brun,  an 

Guiron,  fuit  des  rôoi 

il  .Miihailus  et   va  a.  ....i.w.iu >«. 

revoir  Guiron,  p.  451  ;  cf.  p.  t^ 

2.  lldîan  le  srur,  p.  4(>3. 

3.  iletiai,n)s  de  Gomoret,  p.  482;  cf. 
Uclinon. 

i.  Heiian,  v.  Hel&in  5. 


—  517  — 


1.  Helianor  du  Boscaoe,  ses  aventures 
avec  Bscanor,  p.  438. 

2.  Helianor  delà  Montagne,  pp.  4'i4, 
488. 

3.  Helianor  le  pauvre,  fut  sauvé  de 
mort  par  la  ^nérosité  d'Hector  le 
brun,  p.  451. 

4.  Helianor,  v.  Lianor,  Lienor. 
Heliant,  -ns,  r.  Helian  et  Hetain  5. 

1.  Helias,  emprisonne  Marc  et  est  tué, 
dans  la  guerre  contre  son  frôre 
Assar,  par  Tristan,  253. 

2.  Helias,  prince  saxon,  pore  d'Hé- 
lias  3,  envahit  la  Gomouaille,  '269- 
276  ;  est  vaincu  par  Tristan  en  corn* 
bat  singulier,  278,  cf.  p.  287. 

3.  Helias,  fils  du  précédent,  aime 
Iseut  '  ses  aventures  avec  Tristan, 
399-406;  a  vaincu,  puis  aide  Oina- 
dan,  402. 

4.  Helias,  Belles,  Heliezer,  Hylas,  fut 
désarçonné  par  Palamède,  458. 

5.  HeliaslQ  roux,  esttué  par  A-lexandra 
l'orphelin,  qu'il  blesse  à  mort,  p. 
267. 

6.  Helias.  v.  Helaîn  5. 

Helicar  le  fort,  cause  avec  Guiron, 
qu'il  a  renversé,  et  lui  raconte  de 
ses  aventures,  p.  454. 

Hélices^  Helides,  neveu  du  roi  des  Cent 
Chevaliers,  joute  avec  Gaheriet,  376. 

1.  Helie,  16,  cf.  p.  476. 

2.  Heliesàe  Borron,  prétendu  auteur 
d'un  Tristan  et  àMPalainède.  pp.  1, 
87.  402-5,  432-3. 

3.  Helies.  p.  22,  v.  Hebés;  cf.  p.  475. 

4.  Helie'.s\  v.  Uelain  5,  Helias  4. 
Helieber,  •bor,  deCaormuIin,  p.  465-6. 

1.  Helieser,  fila  de  Pelles,  est  renversé 
parGalaad,  510. 

2.  Helieser,  Lieser,  le  fort,  p.  488. 

3.  Helieser.  cf.  Helias  4,  et  ïleliser. 
Helifer.  v.  Heiiser. 

Helin  le  roux,  trahit  son  sauveur 
Guiron,  p.  463;  cf.  Helis. 

1.  Helinan,  p.  442. 

2.  flciinande  Gromoret.pp.  190,483; 
cl.  Helian  3. 

3.  Helinain  le  noir,  p.  462,  cf.  Gali- 
nan  2. 

4.  Heiinan{s},  v.  Helain  5. 
Helioner,  v.  Helian  I. 

1.  Helior,  parent  de  Segurades,  est 
vaincu  par  Saphar,  382. 

2.  Heliors,  p.  272  :  cl.  Hélices- 
Heliorner,  cf.  Helioner. 

Heliot  l'envoisié,  apprend  le  Lai  voir 
disant^  qu'il  chante  devant  Marc, 
269,279-81. 

1.  Helis,  filsd'Ardan  et  cousin  d'Ar- 
thur, p.  199,  cf.  p.  484-5. 

2.  Helis.  neveu  de  Bademagu,  49t. 

3.  Helis  de  Carefor,  rencontre  Ivain 
et  .\gravain,  p.  224. 

4.  Helts  le  noir,  pp.  197.  484-5. 

5.  Helis  le  roux,  626  (»  Helin  le  roux?). 


6.  Helis,  V.  Helain  5. 

1.  Heiiser,  sa  femme  veut  le  tromper 
avec  Guiron,  pp.  438,  442. 

2.  Heiiser,  -ifer,  rival  de  Galehoutle 
brun,  p.  461. 

3  Heiiser,  cf.  Helieser. 

Helius,  V.  Helin,  Helis. 

Hell  -,  V.  Hel  — . 

Henedon,  -rfum,  château,  p.  447-8. 

Hengist.  p.  436. 

1.  Henorde  la  Selve,  le  beau  couard 
(cf.  ces  mots);  ses  aventures,  633; 
cf.  Henor  2. 

2.  Henor  de  Northumberland,  mau- 
vais chevalier,  p.  432;  (=  le  précé- 
dent ?). 

1.  Henriinc).  roi  d'Angleterre,  pp. 
402,  404-5.  443.  468. 

2.  Henri  le  marquis  imarchis,  mar- 
chant), pp.  196.  483-4:  cf.  Herni. 

3.  Henri  le  petit,  de  Belle  Marche, 
p.  483- 

Heraut  l'âpre,  un  des  noms  du  roi 

des  Cent  Chevaliers,  368. 
Hercles,  v.  Hereles. 
Herchas,  v.  Edouart  2. 
Hercule,  p.  436;  le  Bois  d'— ,  13. 
Hereles,  excellent  chevalier  de  Nor- 

gatles,  540. 
Herian,v.  Helian  1. 
Herlain,  -lam,  cf.  HarlaQ  et  Herlaus. 

1.  Herlaus,  -anz,  de  Benoîc,  se  bat 
avec  Saphar,  p.  200-1,  cf.  p.  484-5. 

2.  Herlaus  ie  barbu,  rival  d'Alexandre 
rorphelin,  quileblesse,  pp.  194,483. 

3.  Herlaus,  cf.  Herlain,  Uarlan. 
Herles,  v.  Hereles. 

Hermanj  v.  Armant. 

Hermente^  la  Grant  — ,  640. 

Hennin  le  fel.  se  met  en  qnôte  du 

Graal,  p.  284  ss.;  cf.  Hervi. 
Herminor  del  Boscage,  p.  488.  ^ 
Hermont,  p.  269,  cf.  Armant. 
Hennynde,  p.  269. 

1.  Hevnars,  roi  de  Lamballe,  p.  224. 

2.  Hernart,  p.  220. 

3.  Hernart,  cf.  Emaut. 

Herni  te  marchis,  p.  194,  cf.  Henri  2 

et  Hervi. 
Herri,  v.  Henri. 
Henault,  p.  269;  cf.  Ernaut 

1.  Hervi,  -vieu{s),  de  Rivel,  est  désar- 
çonné par  Guiron,  p.  437,  cf.  p.  452, 
et  par  Segurant  leorun,  p.  438;  ses 
aventures  avec  le  bon  chevalier 
sans  peur  et  autres,  631  a  ;  renverse 
le  Morhout  en  cherchant  Guiron, 
p.  452,  qui  triomphe  de  lui,  p.  467. 

2.  Hervi  le  fel,  p.  284  ;  cf.  Hermin. 

3.  Hervi{s),  v.  Héraut  et  cf.  Herni, 
Henri. 

Hcsan,  château,  pp.  446, 449  ;  cf.  Hecin. 

Hes',s)edoc'.q),  v.  Bosedoc. 

Hesior,  V.  Hector,  Nestor,  Tor. 

Helin,  v.  Hecin. 

Heudenc,  -deno,  -din,  v.  Hodant. 


—  518  — 


HeHderiix)i  roi  de  Gaulo,  père  de 
Pht^bus,  p.  4riU. 

Hipomcncs,  615. 

Histoire,  la  Orant  —,  v.  Laucelot, 
Livrt^,  Sûini  Griwi,  Table  llomle, 
Ti'ialaa. 

fiodaut,  -(fane,  -*knc,  'tirne,  chien  df 
Tristan,  :>'2,  104,  p.  476;  roconnaii 
son  maltro,  till,  sa  douleur  do  la 
n)ortdo  Tristiui,  âlTa;  ses  dcscoti- 
dftnU,  177-8. 

Hodens.  -dorit,  p.  431. 

fiocl,  roi  do  Pctiio*BretOf^e,  père  de 
Kahedin  el  d'Iseut  aiix  blonclins 
main^,  liL'au-père  d<'  Mtiltadus,  2'J. 
cT  pp.  471,  476;  faii  gui-rir  Trisiau. 
qui  le  secourt  a  la  guerre,  à  ijui  il 
marie  sa  ftlle,  et  ({u'il  inveiitit  du 
royaume,  54-6;  reçoit  sesL^nlrtniscl 
Tristan  après  leur  retour  du  Ser- 
vage, 63,  cf.  p.  46^J;  Tristan  prend 
congé  do  lui,  71  a  ;  tient  cûur  à  Ku- 
ralil,  75;eat malade, 85;8a>^4lf3dt^ 
Kahc4in,  contre  lequel  il  combat 
sans  le  conmiilre,  9d-9:  ses  aven- 
tures dans  33'2r) ,  p.  441  ;  reçoit  Lan- 
ct'Iut,  l'alamAde.  G4I.  Trtstan  el 
autres,  643,  cf.  p.  4yi'08t  baï  do 
Marc,  p.  491;  meurt  t  Kerabès, 
p.  374. 

nombre,  fleuve.  187,  35-2,  366,  p.  437; 
le  CliÂleau  dol'— ,  p.  437;  te  obilteau 


du  Chit^f  tU  r  —,  opiMrienani  à 

Escanor.  p.  142. 
ffnuiemm,  v.  Uumosem. 
Hommr^  p.  437. 
Ik'wkl,  \-.  ilodanl. 
fhnuae,  v.  Uausao. 
fUintmffort  y  p.  437,  pour  Osscnefort. 
Hurifiiix,  V.  Hflraui. 
Uoriruz,  v.  Urien. 
f!uxf(hi\  cbiiieau,  IQ. 
//.)Sf(/'-v;i,  château,  p.  441. 
Iloisfiil.  château.  *iô3> 
Kmidrmin,  -><im,  -a»%  forflt,  II,  cf. 

p.  476. 
fUivaux,  V.  Héraut. 
HovcUum.  V.  Itetiedon. 
Ifuam,  p.  î»iVi. 
fluff{njati  le  brun,  p.  431. 
llmlaMi,  -dan.-detu'.-tUue,  v.  tlodanl. 
Itutjon,   est  vaincu   par  Alexandre 

l'orphelin,  pp.  Ilt4,  183.  Cf.  Uaior. 
Ihii'jfhan,  le  comte  d' — ;  son  iîU  a 

été  luô  par  fiaLaad,  443. 
fluiwjien.  v  Uuudesaiû. 
Iluiicam.  Irt  duo  d' — ,  père  d'Koîde, 

fut  hi 
tiuml-  -id, 

gain,  est  lué  par  Tnsun,  lUI. 
Uunt,  V.  Haut,. 
Uylas,  V.  llelias  4. 


I 


ioM,  T.  Diane. 

I.  iàitr.  roi  (de  Cornoualtle;  cf.  le 
Merlin),  se  met  en  qudto  du  Graal, 
395  a  ss. 

?.  Wiff.Iils  de  Nu.  part  pour  délivrer 
lJi"»rman  et  cal  blesse  par  le  bon 
cUcvaJier  sans  peur,  p.  441. 

/gunrne.  épouse  d'Uterpuodraçon, 
m6re  d'Arthur,  p.  81;  la  château 
d*— ,  pp.  4.=i5-6.  4oy. 

ne(s),  I-  de  la  Fontaine,  326  as.  — 
Gr  Belinant  2,  Bniianl,  Drinnt  1; 
I>jlit«ble.  Desveo,  Kor,  Fontaine, 
Frôres,  Géant,  Joie,  Lointaines, 
Mores,  Neroneus,  Non  sachant, 
Paris,  Port,  Redoutable,  Reposte, 
Ssini'Sanâon,  Toumoiaot. 

///flfirfe,  V.  Irlande. 

Inde,  pp.  11,  438. 

Indiane.  fllle  du  Grand  Mogol,  p.  ii. 

/oh.  roi  d'Irlande,  est  reuverâe  par 
Hranorle  brun.  621. 

iouans,  roi  [laicu.  p.  (09.  cf.  p.  485. 

Irlnndf,  ÎO  hs.,  3r.3.  pi>.  436. 441.  411, 
467  ;la  reine  d'— ,  mero  d'Iseut.  21), 
33,  3S.  311-17;  le  roi  d*~,  cf.  Ilan- 
guin,Moriioul,(iono8or.  Ion;  est  le  pa- 
rent du  roi  desOenlChovuHers,  310; 
prend  part  eux  tournoii  des  châ- 


teaux dos  Pucellos,  1?0«  131,  IS4-5, 

137-8,  de  Roche  durn,  IM6,  lî»î, 
l£r2a,d'Urien.  p.  488,  et  h  la  (guerre 
cunlro  MuliaduK,  p.  44S-7;  »•«  réfu- 
gia auprès  des  Saxons,  p.  446. 

Isabel^  p.  472  =»  Iseui;  quelquefois 
I>our  {Ifjtiliabcl. 

Isaie  le  triste,  cf.  p.  477. 

isca,  Iseut. 

1.  Iseut,  ûlle  de  Genes  et  flUeulo  da 
Tristan,  j12b,  544a. 

2.  /seul  aux  blanches  nuiins,  Hlle  du 
l'ut  Ho*'!  de  Potitft-Bi'eiAano,  tiixir 
de  KuhL>din,  ' 'i  '  'Mî; 
fluûril .  5&,  et  ■6. 
50,  fa,  cf.  p.  i.  ,  lia 
Servage,  (ï'J-3,  p.  4tifl-y;  oii  molade. 
Sa;  cryil  que  son  fr<»rea  tuATri*ilan, 
90.  qui  retouni-  '  "  pp. 
W),  3i7,  374,  (|'  W. 
qu'elle  ri^olt  ....  :  .--..  ^  et 
autres,  pp.  472,  dUl,  et  dont  elle 
cause  la  uiurt  pi»r  «ii  ;ntoii^îP.  M4  a. 

3.  hcut  la  fitoif  i  '■-  roi 
Hanguind'lrl.r  use 

UfauU;  .33.  35 :?7, 

3IU,  32?.   332,  33&-Î.  i76, 

421,  483,  505.  549,  p.  -  .-ril 

rusé,  48.  2^;  sa  cufLOàiié.  '^20-*: 


—  519  — 


l 


SOD  humeur  inégale,  40,  p.  38;  est 
musicienne,  84,  et  compose  des 
lais,  V.  ce  mot;  sa  bague,  13ô,  328, 
•298a,  538a,  542a,  p.  87;  i^uérit 
Tristan,  29,  p.  24,  cf.  p.  479,  que, 
sans  l'aimer  encore,  elle  préfère  à 
son  adorateur  Palamède,  31-2,  cf. 
».  443,  et  qu'elle  assiste  au  bain. 
J3;  est  promise  à  Marc  et  part  pour 
la  Cornouaille,  38;  boit  le  philtre 
qui  détermine  sa  passion  pour 
Tristan,  39,  cf.  51.  253;  son  séjour 
au  Château  des  Pleurs,  40-1,  cl",  pp- 
1X111,477;  épouse  Marc,  42;  livre 
Hrangain  à  la  mort  ;  est  enlevée 
par  Palamède,  43,  cf.  p.  47(»,  et 
reconquise  par  Tristan,  44;  ne  peut 
réconcilier  son  amant  avec  Marc, 
45-6;  ne  soutient  pas  à  son  honneur 
l'épreuve  du  cor  enchanté,  47  ;  ses 
entrevues  avec  Tristan  sont  décou- 
vertes, 48-9;  est  délivrée  des  lé- 
preus,  51  ;  sa  vie  dans  le  Morois.  ôi, 
cf.  p.  476,  d'où  elle  est  enlevée  par 
Marc,  53-4;  ses  démarches  à  propos 
du  mariage  de  Tristan,  57,  00, 
7!  a,  cf.  j)p.  468,  477-80;  est 
aimée  de  kanedin»  75  a,  75-G,  82, 
dont  elle  cause  plus  tard  la  mort, 
84,  96,  100;  revoit  Tristan,  qu'elle 
perd  ue  nouveau,  75a,  75-6,  81-4; 
brave  Marc  en  face  et  essaie  de  se 
tuer,  86,  91,  cf.  p.  477;  reçoit  des 
nouvelles  de  Tristan,  91 ,  qu  elle  fait 
chercher,  100,  et  à  qui  elle  avait  dé- 
fendu d'attaquer  te  géant  Taulas, 
103;  guérit  son  amant  de  la  folie, 
104,  pp.  ixii-Ksm,  et  le  voit  partir 
de  Cornouaille,  105-6;  propos  sur 
son  adultère,  282,  pp.  86.  177;  sa 
messagère  en  Logres,  117-18,  123, 
12S-30,  !32.  137  (cf.  p.  476),  15i-5, 
159-61,  179,  p.  150,  8  262-4;  a  des 
nouvelles  de  Tristan  par  Gaheriet, 
167,  169,  173;  nest  pas  admise  chez 
Marc  blessé  ;  cause  avec  Dinas,  1 76  ; 
Lancelot,  179,  et  Arthur,  26.1.  lui 
envoient  leurs  salutations;  accom- 
pagne Marc  en  Logres,  pp.  151-2, 
164;  parle  de  Tristan,  qui  revient, 
p.  172,  Qu'elle  consulte,  264.  et 
qu'elle  sépare  de  Marc  et  autres, 

F  p.  188,  481;  est  gardée  pendant 
invasion  des  Saxons,  270-2;  ses 
amours  avec  Tristan,  qu'elle  vient 
souvent  rejoindre  sous  un  laurier 
du  jardin,  282-7.  319-23,  cf.n.  205. 
qu'elle  délivre  de  prison,  282 f,  et 
avec  aui  elle  passe  en  Logres,  où 
Guldanan  meurt  pour  son  amour, 
et  où  elle  est  installée  avec  Tris- 
tan à  la  Joyeuse  Garde,  282  a,  e, 
f.g.h,  323-37.  pp.  252-63.  267; 
ne  veut  pas  aller  à  la  fête  de  la 
Pentecôte  du  Graal,  347,  p.  276-7  ; 
assiste  au  tournoi  de  Louvczerp, 


363,    374-6.   378-81;   a    accordé   le 
royaume    d'Irlande    à    son   jeune 

garent  Morhout,  376  ;  arrête  le  com- 
at  de  Tristan  contre  Palamède 
et  reçoit  Guenièvre,  p.  275;  est 
aimée  d'iielias,  399,  400;  Dinadan 
lui  donne  des  nouvelles  de  Tristan, 
407;  sa  correspondance  avec  ce 
dernier,  408.  418-19.  cf.  p.  480; 
cause  avec  Erec  et  est  insultée  par 
Gauvain,  420-1;  a  reçu  une  visite 
de  Dinas,  470,  et  de  son  soupirant 
Brunor  le  noir,  483,  que  Tristan  et 
elle  font  venir  à  la  Joyeuse  Garde, 
485-7.  p.  491  ;  était  aimée  de  Celices, 
p. 335-6;  Lancelot,  Hector.  Bohortet 
Blioberis  lui  présentent  leurs  hom- 
mages, iOO:  Tristan  retourne  auprès 
d'elle,  pp.  342,  346-7;  est  retenue 
par  la  dam»?  du  Lac,  p.  347;  Pala- 
mède l'a  revue,  505;  Marc  la  re- 
gagne. 3sr,,  516,  523.297a,  pp.  372-3, 
2s6,  347;  est  irritée  contre  son 
mari,  .534  :  envoie  chercher  Tristan, 
qu'après  une  maladie  elle  revoit, 
qu'elle  fait  retourner  en  Logres, 
298a,qui  vient  la  voir  déguisé  en  fou, 
.^37  a  ss..  qu'elle  va  soigner  en  Petite- 
Bretagne,  513  a,  qu'elle  reçoit  dans 
sa  chambre,  545-6,  q;ue  Marc  l'em- 
pêche de  guérir,  p.  383.  cf.  p.  478, 
et  sur  le  cadavre  duquel  elle  meurt, 
546-9,  515a;  son  enterrement,  550, 
580  note,  545  a-547  a. 

4.  heut,  fllle  de  Tristan  et  d'Iseut  la 
blonde,  pp.  xxai,  cf.  pp.  392,  477. 

Isotla,  Iseut. 

Israël,  p.  436. 

1.  Ivain  le  grand,  de  Galles,  fils  du 
roi  Urien,  (gui  lui  est  parfois 
substitué  fautivement,  cf.  p.  310); 
sa  loyauté  et  sa  mesure,  lo3,  222; 
est  dans  tes  tournois  des  châteaux 
de  la  Lande,  30,  des  Pucelles, 
Î53.  de  Roche  dure.  192,  192a, 
de  ('amaaloth,  292a,  do  Louvezerp, 
379:  ulla  secourir  Gauvain  contre 
Caradoc,  41;  est  renversé  i)ar 
lirunor  lo  noir,  73;  est  en  quête  du 
chovalier  à  l'éou  noir,  150,  157-8, 
16:1-1;  ses  aventures  avec  Marc, 
Dinadan  et  autres,  219-22,  225-6, 
237;  est  l'amant  de  la  reine  do 
Galvoie,  p.  224  ;  arrête  le  combat  de 
Gauvain  contre  Drianl,  304;  est 
renversé  par  Tristan  devant  Camaa- 
lolh,  338  c,  et  par  Palamède,  375; 
est  en  quête  ou  Graal,  395  a  ss., 
p.  224;  fut  désarçonné  par  Galaad, 
401  :  ses  aventures  avec  Guivret  de 
Lamballe  et  Brunor  le  noir,  451-6, 
458,  4r.7,  p.  310-13,  cf.  46*;;  est 
envoyé  mettre  fin  à  la  guerre  des 
rois  "do  Norgalles  et  d'Irlande,  p. 
346;  trouve  Palamède  et  Galaad, 
494-5,  qui  le  conduit  à  une  abbaye 


-^  520  — 


Iprêa  n  défaite  par  Ramalic),  SnV 
Bt  ACMMMBpagne  Marc  rf>staun^  en 
CornoQBille,  G08;  rorojt  dans  son 
chûteaii  Agravain  et  Mordrot,*)!*^- 
13;  esl  ronvorsôpar  Brnngrlebrun, 
B2t,  par  Gûlioan,  p.  432,  cf.  p.  «9, 
dtilivré  <1«  prison  par  Trisïun,  6'^3, 
el  envoya  récnacilier  l'alamède 
avuc  lieb^s,  p.  431;  sa  demoisHlle 
est  tul^e  par  Bmhiis,  p.  4411  :  ofil 
Icrrassé  par  Uunain,  p.  453,  et 
vaincu  par  Guiron.  p.  4C7;  arrive 
à  la  cour  d'Arthur,  p.  4yi  ;  jwnr 
sa  mort,  cf.  p.  487. 
2.  Icain  l  çvoutrc,  demi-frôre  du  pr6- 
cédsui:  ses  aventures  aveo  Marc, 


Dinaitan  ot  autres,    ,..   _,,   __,   ,. 

2^7;  8*?  met  en  qnôle  du  GrruU, 
3<J5a  ss.;  lut  tu6  par  GauvaiiL,  p. 
iii,  qui  est  l'^priffioodâ  par  sa 
sœur,  5f»8. 
3.  Ivain  aux  bluticlios  nmins,  fiU  de 
Daire,  esl  en  qu-'ie  du  .-hevalier  4 
l'écu  noir,  l.V),  LS7-8,  IW,  |n8»170- 
!;  Mt  renvers*^  pur  Trirtiaii  ii  Ca- 
moftloth,  S^So.  cf  p.  4K.S;  giftrche 
ver»  le  Son^lois  pimr  d*^livrer  son 
père,  p.  44t;  fut  t»àpa^Rrec,'2J*6  8■ 
4.    Ivnîn   â»'    Umoel ,   renversa    par 

Claudio,  p.  301. 
5.  haiîi  lo  noir,  p.  1G6. 


JarU  V-  430. 

Jâryisaltm.  pp.  193,  202-3,  483,  359. 

Jéstts-Cfiriil  1,  514,  î.»)?.  p.  438. 

Joie,  La  Fontaine  du  Val  de  —,  p. 
471:  la  Forôt  do  la  —,  p.  374; 
nie  de  -,  388 a,  pp.2l2.  246;Ia*V«/" 
de—.  323ss..333-è. 

Joseph  d'Arlmailiio:  son  épée,  bft^; 
son  siège  à  Sarras,  567;  arrivo  on 
Grandô'Hrota^»  et  tnarîo  loa  ù\s 
do  Brun.  1,  p.  474,  i  3;  convenu 
l'Irlande,  15;  défonait  â  Muïs  de 
s'asseoir  à  sa  table.  2S'Zc,  cf.  bli; 
ne  put  convertir  les  Sarrozins  du 
GtiàtoAQ  fëioD,  530;  porta  le  Graal 


en  Grande-Bretagne,  ^2,  p.  487; 
fut  battu  par   Camaalis,  ulâ;  ses 

Earentfi  convertirent  les  Iles  loin- 
lines,  40. 
Joseph^,  Uls  (lu  précédent,  &30t  âfl7. 
Joiiii,  [i,  43'î. 

Jour^ii'  '     '  I      '  '  '    • 

la   : 

53f»'  S7.Va-  pp.  ÎA),  îiiâ*  tôi-ô,  toîl 

482.  41M. 
Judas,  -U'I  c. 
Julhis.  mari  trompa,  8. 
Jupiter,  15. 


Kaerdin,  -esdin,  v.  Kahcdln. 

1.  Knhedin,  flis  du  roi  IIo&l  et  frère 
d'Ueut  aux  blancbes  mains,  55;  «u 
gaietô  cl  son  esprit.  OU,  <Jt(:  fait 
épouser  sa  sœur  par  Trisiun,  50; 
son  voyage  au  Servage.  Gi-3.  p. 
4G8-9;vaenCofnouaille,  58. 63, 71  a, 
75  ;  tombe  amoureu x  d' IstiUi  la 
reine,  75n,  75-(l;  nst.  aiiai|ué  par 
Tnaianeichttsaédu  pays  ijur  Iseui. 
76,  84;  SOS  avonturusdo  voyago,  H5, 
95-9.  cf.  mi.  477,  480;  sa  mort,  100, 
pp.  Wi,  3j3. 

2.  Kahe.àin  (le  bel  ou  le  petit?  cf.  le 
jVcriin),  SQ  met  en  qu'Jtu  du  Graal, 
11.  284  ss.;  est  vaincu  par  Guirou, 
p.  4G7. 

3.  Kahtdin  le  blanc,  se  met  en  qudte 
du  Grnal,  395a  ss. 

4.  Kahatin  d'Ettvaus,  v.  Keu  2. 
Kalaar{o)t  le  potii,  se  met  en  ipiétu 

du  Graal,  p.  2H4K.t. 
Kara{c)l\en.  v.  Gaboriet2. 
iarahès,  Karahi,  ea  Petite-Bretagne. 

535  a  ss.,  75. 


Karakadîn,  flls  du  géant  Coradoc, 
est  vaincu  par  ralamôdt»,  Ï9ïa. 

Kehcdin,  v.  Kuhedin. 

Ke[i),  V.  Keu. 

I.    Ken,  stinéchal    et  frère  de   lait 
d'Artnur.  (parfois  confondu  avec 
Kou  d'RstrauB,  cf.  p.  74]  ;  son  irrô-  , 
Ile!tion.33S;  sa  valeur,  Hl/Jl-ijsoa 
château,  574;  est  dans  les  tournois  | 
des  i:l)i\toaux  do  la  Lande,  2'J.  30^  J 
desï'ucellos,  134, 138.CÏ  r    rr.  lie 
Rocbe  dure.  p.  140,  ne  1 
381  ;  ne  put  reconquérir  • 
sur  M'îluagijftnt,  41  ;   f!si  i.i;w-i>b  , 
par  FrulU:-,  Ci;  donno  À  IJrunor  l«l 
noir  le  surnom  de  vaUt  à  la  cotiftJ 
mal  taillée,  66,  p.  467;  fuit  •iovaat'l 
le  lion  d'Arlbur,  G7  ;  est  remis  à  saf 

Blace  par  la  demoiselle  mesdisanl^ 
î' ses  aventures  dans  te  DarnonteaM 
p.  58-9,  avec  Kabedin,  iiui  l'a  dAU-1 
\t6  de  la  prison  de  HoôL  U8,  el 
avec  8agremor,  Gauvain.  Tristan, 
115-10;  reçoit  la  mesfiag^r»j  d'Iseut, 
154;  sa  quéle  du  chevalier  h  l'Acu 


—  521  — 


noir,  171-7,  179-80;  se  dispute  avec 
le  chevalier  inconnu,  qui  l'abat, 
11>9;  sert  k  Ubiu  Arthur,  (ju'il  iirîe 
d'armer  Percoral  cbevâlior,  u4  ; 
so«  aventures  avec  Luncolot  et 
autres.  207-300  ;  parle  à  Mordrei  de 
Percevol.  312,  qui  le  désarçonne, 
313;  est  dans  l'Ile  da  la  [-'ûntaioe, 
3-i8,  330;  est  terrassé  par  Tristan 
devant  Camaaloih,  :^:^c.d.  33'.); 
compte  !ea  compagnons  de  lu  Tahle 
Bonde.  377;  assiste  à  la  ftMe  de  la 


f^ntecdi«  du  Uranl,  p.  i&u-x ,  dont 

,:f.p. 
î'iC;  est  rtésarçonnô  par  Eugcno,  41»  ; 


il  96  met  en  que 


rail  1,  p. 
ète.  3λ5 


a  *s..  (:f- 


a  ofTensé  Palamède,  494;  est  ren- 
versé parGalaad^  528-9,  et  renverse 
Tristan  sonçeant,  535;  sa  rencontre 
avec  SamaJîel.  556.  et  avec  Sagro- 
mor,  p.  400;  est  a2)attu  par  Segu- 


ranl  le  brun,  n.  i3î ,  cf.  p.  Î19.  par 
tj;alinan,  np.  432,  439,  CI  par  Léoila* 
can,  p.  442;  ses  aventures  avec 
BagrAmor,  Arthur  et  autres,  p.  441- 
3  ;allantALouvotor[>  pour  rejoindre 
Lac,   il  rencontre  Brehus,  631  b; 


trouve  Guiron  et  autres,  p.  454;  est 
vaincu  par  celui 
sa  mort,  cf.  p.  4S 


s,  p.  4d 
.   467; 


pour 


i.  Keu  {Kaliedm)  (fE'tram  (souvent 
confondu  avec  Keu  le  sénéchal,  cf. 
p.74);  ses  aventures  nv^r  Brundelis 
et  Lancelou  î>2-3,  '~  ni  a 

donné  un  château,  part 

eu  tournoi  de  Louv^..j  ,  ^..,  est 
enquôtedu  GraaJ,  31(5a  ss.,  p.  2^; 
l\it  renversa  par  Meliadus,  p.  443. 

Ktex,  V.  Keu. 

Kinados,  cousin  de  Guiroa^  p.  453-4. 


Lab{r)an,  pp.  350,  357. 

1.  Lae,  père  d'Erec  et  do  Brandelis 
Ip.  42WJ;  porte  un  6cu  d'argent  à 
gouttes  d'or,  p.  441,  cf.  p.  451);  fut 
vengA  i»ar  Hector  &  la  fontaine  d^s 
Merveilles,  2S6a;  ses  aventures 
nvo<:  Meliadus,  Gauvaîn,  Blioherts, 
Brehus  et  autrett.  pp.  43.\  438, 
;i!  G31  a,  b,  632:  doit  sonlonir  un 
combat  contre  Guirou,  G31  b,  ijui 
l'empêche  d'oulever  la  damo  de 
MaJoaut  ;  ses  aventures  sul>sô- 
quent^s,  633-4,  ti38;eât  emprisonna 
par  la  dame  de  Maloaut,  G38,  cf. 


G42,  et  délivré  par  Mcliadus,  pp. 
4fir],  471  (pour  Janot.  cf.  pp.  4C5, 
470);   non  voyage  avec    Mefiadus. 


G42-3.p.  491; prend  partais  guerre 
des  Saxons;  s'js  aventures  subsé- 
quentes, p.  4d8. 
2.  LaCy  le  —  aventureux,  en  Cor- 
nouaille,  172  ss.  La  dame  du  -~, 
envoie  l'écu  fendu  à  la  cour  d'Ar- 
thur, 37,  cf.  p.  379;  retient  Tristan, 
LaacelotduLac,  Iseut  et  Guenièvre, 
p.  347  ;  a  défendu  a  Scgurant  le  bmn 
de  jouter  avec  Laneelot.  p.  432, 
qu'elle  a  élevé,  37 .  et  qu'elle 
conduisit  chez  Arthur,  p.  466; 
a  des  aventures  dans  les  Prophecùj 
de  Merlin.  \>.   190-1;  enferme  le 

fropbôt'»  ddiis  le  Damantes;  est 
amante  de  Moliadus;  est  en  rela- 
tJonji  avt'C  Guenièvre,  ib.,  cf.  71  a. 
100,  20.  |).  l'J6;  une  de  ses  demoi- 
selle* vi*iii  sauver  Arthur,  74a,  ren- 
seigne Krec.  "^l  a,  va  à  la  tombe  de 
Merlin,  p    \',^. 

Lae^n'.n^i,  -,'(î?iny,  forôt,  pp.  213 ,  237. 

Latiuftas,  v.  Lahdunas. 

Lagucrwn,  cbàteau,  p.  441. 


Lai.  le  —  royal.  d'Arthur,  570,  cf. 
^1-2;  le  —sans  joie,  de  Brunor  la 
noir,  p.  401,  cf.  4.53;  le  —  du  che- 
valier qui  se  tua  a  la  Pentecôte  du 
Graal.  393;  le  —  tvjtr  dûanf,  de 
Dinadan.  20S-'J.  2S0-t;  les  —  s  do 
Dinadiio  ut  de  Dinas  surla  mortde 
TrisUn  et  d'Ueul,  571»,  561,  5S3-4, 
p.  3yi-2;  le  —  de  pitié,  de  Gue- 
niôvre.  570,  cf.  GOl  ;  le  —  des  deux 
amanu.  de  Guiron,  pp.  459,  (63,  cf. 
p.  438;  lo  —  d'Helias  de  Sfssoùjne, 
SiW;  les  -  s  diseut,  91,  100,  i38, 
p.  382.  de  Kahedin,  100;  le  —  de 
Lamoi*at,  210;  lo  —  de  piour,  de 
Laneelot.  570,  cf.  001-2.  469;  le  —  da 
deuil,  do  Marc,  579,  581  '  le  —  de 
duel  sour  due],  de  Meliadus,  p. 
440.  cf.  p.  444-5;  le— dePalnmède, 
384;  les  —  9  de  Th?tan,  59,  401, 
538,  54tî.  p.  480.  te  itoivre  amou- 
rttus,  SO.  AG9.  537,  cf.  p.  47G.  le 
DfdHit  ijCanwur.  80.  la  Franckùe 
Trùtan.  63,  le  Lai  mortel,  80,  le 
Ht<ort  de  Victoir».  469.  Des  lettres 
sous  forme  do  —  a  :  d'Arlhur  i 
Tnstao,  2G3,  d'Iseut  à  Tristan,  408, 
de  Laneelot  &  Tristan,  263.  de  Marc 
â  Gueniêvre,  266,  de  Morgain  À 
Arthur,  (îll,  de  Tristan  k  Arthur 
et  û  Laneelot.  262. 

Laid,  le  —  liardi,  poursuit  Monteiurt 
ot  est  vaincu  par  Erec,  2^9»,  qui 
l'envoie  trouver  Hector,  290a;  ses 
aventures  subséquentes,  291  a;  sa 
met  en  quête  du  Grsal,  395  a  ss. 

tain.  p.  I5G,  Alain. 

Lambiic,  p.  357. 

LambaVl)9,  pays  de  Guivret  2  (Gahe- 
riet,  llann),  et  d'Ueraart;  le  comte 
de  —,   pp.  200,  4fi5   {U  comit    L 


—  522  — 


BsLuno  Taute  Oo  99).  Cf.  Seffuradeà* 

Lambar,  p.  'i'îl. 

1.  Lambajant,  Lamhètjiie,  neveu  de 
Fariea,  13,  cf.  p.'  471»;  secourt 
Iseut,  est  vuincu  par  Patamodo  ci 
ramoné  â  ta  cûur.  43- 1;  ost  un  dos 
quiltro  compagnons  de  Tristan,  16, 
4^.  51-2;  so  mel  oai|ui>ie  duGraal. 
3î(&a  sa.;  cberche  Blioberis  ui 
ronoontre  Tpîsuiï,  |).  Zôb. 

2.  LamMijue  de  la  /'onyi  eifraJi^e. 
p.  m. 

Lamfitr.  p.  357. 

Lamborc.  se  met  en  (piôte  du  GraaI. 
305  fi  «5. 

Lamf'aU,  chevalier  d'Kcosse,  185. 

Lamide,  p.  13. 

1.  f^mnral,  -al,  de  Galles,  flis  du  roi 
Pelinor  de  LUtenois:  sa  nnUsaiice. 
II.  H\;  m  valeur.  '205,  ■;;'*.»,  t.VJ.  215- 
6.  248.  2r><J,  302.  305-7,.'iM,  18-i.  ii. 
\'SJ;  est  renversa  par  Tnttlan  yt 
envoie  Â  la  cour  de  Mar^  le  cor 
cncbanlty,  47,  52;  quitte  Heltnanl, 
pp.  47,  46a;  son  séjour  dans  io  Ser- 
vflge.  til.  G3,  cf.  p.  46H;  rpoirontre 
Frollc,  Lanceiot,  fil,  cf.  p.  470,  ot 
Gauvain;  tut;  Luce  et  combat  avec 
Belinnnt,  65,  cf.  p.  47i»-7;  nroiège 
Hninor  le  noir  à  la  cour  d'Arthur, 
66,  ses  aventures  avçc  l'ancien 
Rcif^nour  de  la  Douloureuse  Garde, 
Lanceiot  et  autres,  71 ,  73,  et  dan^ 
le  D.-iroantes,  71a,  72a.  cf.  p.  477; 
désarçonne  Keu  et  Kahedin;  est 
chercuâ  i>ar  un  valet,  UN;  établit  la 
coniumo  de  jeter  les  armes  dont  on 
s'est  servi  contre  un  clievalit«r  do 
Cornouatlle,  p.  89;  ses  aventures 
avec  Tritttnn,  qui  jadis  l'a  l'ait  che- 
valier. 187-89.  cf.  Id5a.  cl  qui  a 
donné  de  ses  nouvelles  i  son  frère 
Afflûva!.  p.  13î>;  tua  Vasparino.  i>. 
489;  pri'nd  part  aux  tournois  Ao 
Roche  dure.  102,  du  château  du 
Plain.  255,  cf.  239.210,  du  G^U'hout, 
np.  I9H-20H.  4.S4  5;lfouv«  Marc,  210- 
13;  30S  lout's  an  château  do  Mor- 

{rain,  2iU-40;  se-»  combats  avec 
Mlam/Mle,  qu'il  hait.  211-2,  pp.  197- 
99, 484-5, 431;  son  séjour  A  la  cour  de 
Ijondres.  248-50.  p.  170;  avoc  son 
amantQ  Iareiued'Orcanie.72a,  210, 
241),  255;  i  1  est  surpris  par  Gaheriet, 
qui  le  délie.  25(»,  et  dont  il  srnMe  le 
combat  l'ontre  Gâuvain  et  autres. 
283  a:  selon  un  rau\  bruit,  il  serait 
venu  réclamer  le  s-icours  de  Tris- 
tan, 2H7  ;  reconnaît  LancfllotiV  Oor- 
beriic.  2H7a;  succède  à  Gauvain  au 
Cliùlcau  des  Dix.  Ghevaltora.  dont  il 
épouse  la  maîtresse.  288a;  a  vaincu 
Aligromelant.  p.  tiù;  était  allé  en 
Gomouaille  (wur  délivrer  Tristan , 
i83,  qu'il  assiste  dans  la  guerre  du 


roi  d'Irlande,  V.ri:  o-='  -■ a  pjr 

Branor  le  brun.  G21  rea 

av'X'  Banin  et  ault'  u  Io 

dessous  contre  Guirùu.  p.  4t>G-7; 
est  en  quéto  de  Larn^ot,  302  se.; 
mn  frôro  Pep       '        '       '      ' 
359  .  sa  mi>rl.  . 
6.  201,  213,  -lu 
257.302.  3<)G.  p.  2ôU. 

2.  Lamurat  de  Ltstenois,  flU  de  Pell- 
nor.  frère  de  Pobn-  r  '  ^  -.Tioi» 
(p.  441),  et  ami  de  }•  <iti. 

qui  secourt  sa  nièce,  l,,. .lur, 

G22.  p.  442.  i'il,  454;  ses  avontur«6 
avec  Galehout  le  brun  et  nuires, 
pp.  43 1-2.  442, 437-8  ;r  ■  ,.mé 
par  Meliadus,  p.  44:;.  -m, 

aprôsavùir  vaincu  d.ii ..-iLnQi, 

p.  45i-5;  prend  part  au  tournoi 
d'Urien,  p.  488;  r&nvorsa,  \  Louve- 
zern,  le  bon  chevalier  sans  peur, 
p.  u2.  aon  frort*  d'armos,  (iiii  le 
tua,  p.  4U,  cf.  ti22,  son  tombeau, 
p.  411. 

lampadel,  •des.  du  Parc,  p.  lÛI. 

Lanar,  p.  357. 

Lanheilr,  v-  Lnmballe. 

Lanceiot.  -or7t],  du  lac,  6ls  du  roi 
Ban.  deso(?nil.iut  d-3  David  (p.  4U) 
et  deuii-lVért;  d'Hector  des  Mares 
(p.  27];  sa  fi.Snôrosité.  203.  378;  sa 
modestie  et  ia  mcnurr,  612;  son 
humour,  VJ2a;  sa  ftrande  valeur 
et  sa  haut"  ronomm'*'0.  (56.  7S.  75, 
93,  9(1,  I9H,  2ir.,  2511,  îtjt.  278,  3i2. 
3H:>.  3S8a,  440,  451-2,457.  484,  492». 
571a.  np.  2,  17.  32.  137,  140.  222. 
4:19,  443.  48^2;  sa  force,  p.  lU;  sa 
beauté  et  sa  siaturo.  pp.  23.  140, 
214;  mon  imafe  k  ta  Joyeuse  i^>ardn. 
314, 3^11;  sesecus,  314  ;  sus  fl/i/W/trrj 
Btsfs  relations  ave^GaUdioui.  dont 
ilcau.sa  la  mort,  pp.  Hji'i,  15.  22.23. 
28,  3'l.  33,  45.  Il5.  130.  IW^,  33(1, 
.3<,Hi.  410,  431 ,  441  :  est  le  lld.>I«  amant 
do  Gucnièvre.  37.  190.  199.203,265- 
0,  3t)0.  346,  388a.  571,  013,  l'.U,  615- 
\K.  617.  pp.  .58,  79,  179.  207,  212, 
22K,  359,  431.  472.  qu'il  recon- 
quit  sur    Mel'-"'" "       ■'  *  , 

cf.  p.  47G,  .|u'  . 
fausse  reine,  p  - 
il  l'ut  surpris.  1j19,  cf,  t^7.  l<:  doul 
il  ne  put  sauver  la  vie.  p.  473;  tue 
lo  géant  Cnratlor.  Il .  pp.  4G(J.  4«8; 
fut  enlev4  pir  Morgain.  41,  190; 
ses  folies,  2>*3a,  2S5a- 287a.  300  ss., 
p.  491»,  cf.  .HS8a.  pp.  207,  233.  24(i; 
son  amitié  pour  'Tristan,  3H5,  p.  3(5 
ot  pnssim  ,  qui  lui  envoie  des  salu- 
tations. 52,  et  dont  il  d'Vsopprouve 
le  mariaKu,  59,  cl.  74-5,  100,  pp.  72, 
480;  vovage  avoc  la  meàso^ére 
d'Iseut, '59.  cf.  pp.  468.  Ï79;  ren- 
verse Frolle  ot  i*amorat,  G4;  vain- 
quit le  seigneur  du  Château  orgueil- 


—  523  — 


leux,7M;  «eâ  oventuro*  ov^r.  Bru- 
nor  le  QOÎret  aulr<!9.  71-1.  92-1.  p. 
T?  f'f  pp.  477.  480.  daas  le  Dar- 
'  «vec  Kahedio  61  autres. 

1 1  u  t  tend  lies  embùcbes. 
;■■;-■.  ; .  r-.ii;  se  loge  r*--'  '-•-•-■- 
nanï,  11 1  ;  eu  Mionnci 
il  rail  pori^rd'js'^ousii 
par  les  membres  de  U  iit^oér)  .lt< 
Ban,  112.  119,  Mi,    lâU;  rtînverse 
Briant,  PaJamède  et  n"     -    '"'' '  ' 
e»t  «lans  les  li)ur:iais  : 
des  Pucelles,  \:b.  \y 
lï.**-'!.    143,   du    Plaiii,    iik-;,.  4c 
GHiehout.  StWd.  p.  «.lïw..  rf.  W», 

LcloCumiia!oth.2'.Ma,  ri'       '    '      - 
rPMrp,  377-!),  341,  et 

Jîorgnlles.  Gtl-IH.  de  \N    .__  .. 
iZ'i,  cf.  G19,  p.  407;  est  eaqu'Hgdu 
chevalier  &  lécu  noir,  Tnaian.  r»(t. 

i.sfi-ei.  ira-1.  179-80,  19-.' 0,  wn-i, 

196,  Î02,  iJ.  IM),  qui  le  cherclie  lui- 
môme,  1S9,  192  a,  I9<;;  ses  combats 
Bvec  Tristan.  303,  239,  6Î3,  p.  381, 
H  489-90,  493,  493a.  p.  SW.  qu'il 
amène  à  ta  cour  d'Arthur,  303-6. 
C33-4,  qu'U  secourt  contre  Marc, 
Î30a,  231,  334,  3Sn,  cf.  179,  et  qui! 
trouve  avec  Ueut,  p.  IG4;  ne  i>reml 
pis  pai't  aux  jeux  d'armes.  3'i7  ;  va 
AU  devant  d'Arthur  et  de  Lamorat, 
249;  met  Tristan  en  irarde  cnniro 

Marc,  ■:■■■"' --   ''--'-    ^'■  '    :"^. 

p.  I7('  iu 

avec  'Il  le 

à  86  veuger  de  M^rc,  ^lJjÏ  ,  ihJ  .  sua 
vova^e  entrepriâ  pour  délivrer 
Tr  •■-  "-I-""--  .'-1 ■'  -'-: 


319.  txtuquJi  liu  cliàicau  mr  Salm- 
codan,  p.  331;  assiste  au  passage 
de  Tristanavec  Iseutdevani  Camaa- 
lotli  et  les  conduit  à  U  Joytiuse 
Ganle,  son  ctmi'i^u,  p.  3r»3  gs.,  cf. 
34C;  triomph")  dn  Sapnar;  va  com- 
batlr.>  .\Iexandr<>  l'i-rphMin ,  qu'il 
marie  àAilifS.  p-  ?' 
ècud'or.  cf.  [j.  [>' 

de  do  la  mort.ïitl'j  .,.: 

Garde,  p.  37 W>:  arme  son  lils 
(îftlMv!  rh^v.Tli-'rn!  a-^sisio  àlaTMe 
i'--   '     '  '-i  Oranl,  pp.  318, 

-'  mot   en  quAie, 

2  ;.  :,i'j.  :»»'•>!    '■'■    ''•-'^ 

l3  19t,cf.  p|. 

"s  combat  n 

j  'iivé   par  i  ; 

T  qui  état!  !>; 


qu'il  voit  mourir  et  dont  il  Irans- 
IKirtft,  avec  Uector,  le  corp3  dans 
une  abbaye,  d05-6;  pleure  la  mort 
il«  Palainede  et  de  Tristan,  069-7", 
?i71a,  57ô  :  Tait  emprisonner  Marc; 
■' ■-  '■•■■ --ri""  :■■    y>  rS; 

■■  lin, 

{•kI.  et,  ^u  pouiiiiivuut  l'aUiu>'de, 

par  Galinan,  pp.  U7,  4.19,  qu'une 

il  abattit,  p.  4H9:  ne  put  rea- 

r,  à  Wiocestro,  Serrant  le 

,  p   433,  par  le«]uol  il  est  dé- 

Sttrçoanô,  pp.  319,  48S,  cf.  p.  43Ï; 

vainquit  trente  chevalier»  du  roi  de 

""      "lumlierland.   p.     143;  d<îlivre 

-:5on  Gutron  et  autres,  p.  466. 

.    _  '-!,  cf.  pp.  it'fi^;  &es  aventures 

avec  Galehout  et  autres;  est  vaincu 

par  Guiron.  p.  4(Î7;  est  d*Mr^onnâ 

iiar  Meliadus,  avocle  i  ;  ,-re, 

ft43-3,p.  49l;d.Hivrel.  la 

prison  des  Saxons,  p.  i. . ,  .  :...  1  cri- 

auant.  p.  4S8;  33âf.  lin,  unnonce 
e  ses  aveuturea,  p.   47S;  trouva 

Rlioberisà  l'ermita^e,  619;  sa  mort, 

57j  a,  cT-  p.  487;  lun  tombeau  à  la 

JoyeUÂO  Garde,  57.ia. 
La  (ôrortl'i  Hiâtoinî,  le  Livre  da  —, 

3ftSa,  502.  pp.  35.  3ir7.  3U1.  V»4.  466. 

467  (faute  [H}or  te  fn-'  '6. 

Larves  (Le  Pont  des  Ci;; 
Lande,  f    v-r— «.  Bruu  -,  ..* ....ui  I; 

Iad.-[  la  —,  29.  p.  476; 

le  Cl)  ^  i  —,  '»,  450. 

Landcuutic.  p.  ■«■iX 
1.  Ijindunas ,  va  eu  messager  chez 

^   ■'  ur.  594,  B08. 

'  tnai.  roi  do  la  Cita  vermoiUe, 

.     ■  ■^• 
Lattnar,  Ois  de  Pfaebuft,  £36. 
Lantris.  v.  Alcardo. 
Lanvûl^  se  met  en  qufyte  du  GroiiU 

39)  a  sa. 
LanvaUe,  cf.  Sogurades  3  (—  Lam- 

balle^. 
lnnrn*}tiait  cit^  qui  eât  k  one  domi- 
l'te   de    Louvexerp,    371;  ef. 

.  ifil,  et  Larquiman. 
Larctne,  p.  339. 

Lar/i^ii-unn .  !u<î  i>ar  Tnidôt,  p.  418. 
L- '■  I  i6. 

Li  mt)  Livre  tU  il)  —,  le  — 

■    '-'     ^V^.  311,  2»0, 


n 
c     . 

du  Lao,  p. 
Uffl;  tue  B. 

par  Tristan  m 


iMtar,  -tes.  p.  357. 

'■'• ^1....  '.aiare, 

.477. 


iaule). 


.  Ju  l'arc,  p,  464- 
l'O.  ■tlcfjan,  roi  de  Canne- 
par  matin  m-iu  u   .•i-.,,  miu.-  ini     iiir.  inire  de  *  la  reine  Guenièvre 
combat  avoo  Palam*.*dei  539,  â€3j     sou  UIs  a  été  tu6  par  Nessaus;  est 


—  52i  — 


vaincu  par  Guiron,  pp.  438, 4-12  ;  ses 
svontiircsnvec  Keu  et  autres,  6.^1  a, 
avec  Ariiil.ari ,  &3ï  h,  p.  -1-lG-y,  qui 
lomba  malado  chez  lui,  y.  405,  et 
«lu'il  relâche  après  l'avoir  forc*3  h 
dôfendre  un  passage,  6W  ;  se  clinr^fp 
d'un  combat  pour  uno  damo  de 
Nurhout.  pp.  U&7,  449:  aime  ta 
dam<.'  do  Nohaut,  p.  M'2;  prend 
part  an  tournoi  dX'ricn,  p.  488. 

1.  Lifonoix  {Leonis,  i>.  477j.  rovuumt», 
pays  do  Tristan;  les  — ,  habtlants 
(le  — ;  1  S8.  13  ss..  19  ss..  np.  4.1, 
202,  2QV6.  275^.  438,  414  as..  465, 
i  (;42;  cri  de  guerre  dôTristun,  Ml. 
Cf.  Moros. 

S.  UoiwiSt  moine,  appelé  du  nom  du 

pays.  p.  221. 
IjsrainÇle  rami).  p.  462;  cf.  Lothan. 
Leriadus  le  oouunl.  lo  plus   grand 

poltrou  du  royaume  de  Logres,  GI7. 
Ie4linnis,  v.  Ltsteaots. 
\.  Lestoc,  n.  375. 

2.  Lestoc  df  la  Rachine^  père  de  Gui- 
ron. p.  4;n. 

le  taim(Utfimi),  p.  462;  cf.  L<othaa. 

I-f'Vi'fjnù',  c.hât(*nn,  p.  489. 

l.tu/i,  V,  llelian. 

K  Lianor,  duc  et  ancien  soigneur  du 

château  des  Pucclles,  398  a. 
2.  Lianor,  cf.  Hellanor. 

1.  Lia.1,  csl  vengf^  par  firunorlenoir, 
p.  50. 

2.  lias  le  grand,  de  la  famille  des 
Uriin».  p.  4ti3. 

3.  Liai,  cf.  HeliaQ.  Helias. 
Liccnne.  v.  I^ct>nac. 

1.  Lienor  (/-iVnoii),  p.  48,  cf.  p.  479. 

2,  Lienor,  cf.  UcUanor. 
Lieonel^  v.  Lionel. 
LUmf^  cf.  Heliesor. 
Lievois,  cf.  Lienor  t. 
lietui.  p.  194,  cf.  p.  483. 

Ligi,  Anniano  tti  —,  cf.  Lia,  Lin. 

Ligoret,  p.  219. 

lin.  Armant  de  -  .  cf.  Lis. 

Linoij,  p.  285. 

Lion  (la  Fontaine  au),  92.  p.  17. 

!.  I,i''ifi(n)c(.  frère  do  Bohort2,  prend 
part  au  tournoi  du  Château  des 
Pucelles,  134;  d*^aarfonne  Ereo. 
2!Ma;  part  avec  son  frôre  pour 
défendre  une  demolselleddsb^ntôe, 
29'ia;  sa  iiuôte  de  Lancelot.  310, 
.t98a,  et  du  Graal;  assiste  à  la 
grande  tète  do  la  Pentecôte ,  392  a, 
39,5  a  Rs.,  501.  pp.  21(1.  223;  aide 
Lancelot  dans  la  cuerre  du  roi  do 
Norgallc»,  p.  iU.'J-O:  est  emprisonné 
au  château  d'Adirapons,  627;  est 
vaincu,  après  quelques  arenturea, 
par  Guiron ,  p.  4B7;  figure  dans  les 
Fj'OphecUt  Ofl  Merlin,  cf.  p.  491; 
une  de  srs  ancionnns  amies,  p.  60-1. 

2.  Lionnet  du  Glar,  p.  443. 

lif,  cf.  Meur.  HoUanlde  —  ;  of.  Lin. 


Lislenoit,  -tUnois .  pays  d'Adalon ,  de 
Pelinor,  des  I.amorat,  une  deiuoi- 
selle  de  —  est  soootiruo  par  Branor 
le  brun.  G2ï;  des  chevaliers  de  — 
prennent  part  au  tournai  de  Lou- 
veierp,  3S3. 

Livre,  le  Oanï  —  (do  Tristan),  pp.  ix, 
II,  252;  le  —  de  ta  Grant  Uixioire, 
p,  388.  Cf.  Avenlurea,  Edouflrt  I, 
Laucelol,  Latin,  saint  Graal,  Table 
Ronde,  Tristan. 

Lwhan,  V.  Lolhan. 

Lfanf.gUii,  v.  Lonegloi. 

LofïtoU,  V.  ■Léûooia. 

Loqes,  le  chevalier  des  — ,  ancien  ami 
de  NtboQ,  rend  service  h  'yr,^u\,^ 
C40-I,  dont  il  prend  C' 
avoir  t^tô  renversé   par 
C42-3,  cf.  p.  464,  aveo  lei^uol  il  va 
à  Camaaloth,  p.  4G5. 

UigreSy  royaume  d'Arthur  (cf.  Aven- 
tureux et  505\  81,  %,  m>.  104  as  , 
n9,l85 as-, 254*8., 275.  311,371  as.. 
407-8,  419-21,  437  a,  48-2  as..  516  sa.. 
551  ss-,  621  B8..  pp.  26.  .TI.  13.  46, 
52.  m  ss-,  250  8&.  ""-  "■  '■'-. 
pays  limitrophe  du 
60*);  ooutumiïs  de  - 
Table  Uonda^  29.  :  l>l, 

297q.  37S.  529,  pp.  !  W3, 

215, 439.  critiquées  pa;  ivn-iMiti,  U7. 
et  fwr  Dinadan.  243  ;  !!n  Je  la  bonté 
du  — .  180  (ftprèn  la  bataille  da 
Salesbury). 

lotte,  la  — .  18,  p.  3tt. 

Lomglni,  v,  Lftomgelnï. 

Limuzfv,  V.  Louvpzerp. 

^w/r(;i,41,114,î3iJ.  231  a,  244.  p.  207. 

Loneglai{i),  cilé  de  N'orthumberland, 
p.  439,  cf.  I^omgt'lai. 

Luneserph.  v.  Ijouvezerp. 

t'>n.'/t7t,  V.  Lonegloi. 

Longin\  la  —  ilare  [Mer],  640. 

Loimeijlor,  cf.  Laomgelai,  Lonegloi. 

Loiineserp,  v.  Louveierp. 

lj)twel.  cl  Ivain  1. 

1.  /,o((/i),roi  d'OrcanîB,  père  doGau- 
vain  et  frère  d»  la  damo  '^"  v^i... .., 
(p.  4i'2),  Il  élé  lut''  parler 

de  Lisieiiois,  ~'Ia,  'M'î.   v 
302,  307,  378;  est  désnrvouué  p.ir 
Guiron,  p.  437;  VEscu  —,  cl»àl«u, 
p.  44L 

2.  Lot'Ji),  30  met  en  <iuète  du  Gr«al, 
.l'jrta  ss. 

Lfithnn,  château,  p.  462-3. 

LoiWwe/jior,  -y{i)loy'.i),ct,  Lnomgâlai, 
Lonegloi. 

Louvrrcp,  v.  Louvezerp. 

hj[>t)vcze{r]j^fi)^  - vresep,  cliâtoau 
voisin  de  la  Joyeus*»  Gardo,  .152, 
365.  371.  374;  le  mumoi  do  —, 
352  58.,  37*>-8l .  p.  y''  orAn 

deshnbitnnts  de  —  -i  isdc 

la  Douloureuse  Gar^..,  ;..:  „,  o. 

Loifs,  duc  do  BourboDi  p.  4;t6. 


—  525  — 


Lubian  de  Camaaloth,  p.  464. 

1.  Liican,  le  boutillier  d'Arthur,  est 
dans  les  tournois  des  châteaux  de 
la  Lande,  p.  476,  des  Pucelles.  150, 
de  Louvezerp,  379,  de  Norgalles, 
C17-I8;  sa  quête  du  chevaliera  l'écu 
noir,  IdO,  157-8,  161-4;  est  renversé 
par  Tristan  devant  Camaaloth,  339, 
et  vaincu  par  Alexandre  l'orphelin, 
p.  266;  assiste  à  la  fôte  de  la  Pen- 
tecôte du  Graal,  p.  280,  dont  il  se 
met  en  qu^te,  39a  a  ss.;  a  été  ren- 
versé par  Samaliel,  555  ;  ses  aven- 
tures avec  Lancelot,  616-17;  est 
vaincu  par  Guiron,  p.  467. 

2.  Lucan,  v.  Lucanor  1. 

1.  Lucanor,  Lucan,  le  grand,  géant, 
secourt  Meraugis  et  combat  avec 
Guiron,  p.  467  ;  fut  tué  par  Tristan 
5U-2,  qui  triomphe  de  son  neveu, 
p.  137. 

2.  Lucanoro.  p.  305. 
Luca.%^  545,  v.  Luce  1. 

t.  Luct  de  Gast,  chevalier,  auteur 
d'un  Tristan,  pp.  1-2,  66,  68,  86,  88, 
133,  382,  403-4,  468. 


2.  Luc0,  roi  de  la  Grande-Bretagne,  86 
convertit  au  christianisme,  p.  218. 

3-  Luce,  fils  du  roi  Pelias  de  Léonois, 
est  sauvé  de  la  mort  par  un  géant,  8, 
dont  il  épouse  la  fille,  10;  retourne 
chez  lui  avec  sa  femme,  12;  devient 
roi  et  est  tué  par  Tanor,  13. 

4.  Luce,  cousin  de  Belinant  1 ,  est  tué 
par  Lamorat  de  Galles,  65,  cf.  p. 
476. 

5.  Luce,  chevalier  de  Logres,  com- 
mande un  bataillon  contre  les 
Saxons,  275. 

6.  Luce,  géant,  retint  Guiron  en  pri- 
son, 632,  634,  cf.  p.  466. 

7.  Luce  le  grand,  courtisan  romain, 
tue  Gracien  et  est  exécuté,  p.  439. 

Ludinas,  le  bon  chevalier  de  Nor- 
galles, est  le  prisonnier  de  Nabon, 
P.  *62. 

Luisin,  pp.  6,  475,  cf.  Lusin. 

Lunezen,  v.  Louvezerp. 

Lusin,  Liisyon,  château,  5. 

Lyel,  V.  Ilelie  1,  et  cf.  Uelain  5. 


M 


Maaxgnié  (Le  Roi),  v.  Pelles. 

Mabon  le  noir,  enchanteur,  se  ven^e 
d'Erec,  290  a,  et  d'autres  ennemis 
avec  l'aide  de  Tristan  et  d'Iseut, 
333-5. 

Madalie,  pp.  5,  476,  cf.  Madule. 

Madeleine  (Pète  de  la),  310,  p.  267. 

Mador  de  la  Porte,  prend  part  aux 
tournois  de  la  Lande,  p.  476,  et  de 
Galehout.  pp.  198,  484-5;  est  ren- 
versé par  Tristan,  18G;  se  met  en 
quête  du  Graal.  395  a  ss. ,  est  désar- 
çonné par  Gatinan.  p.  432,  cf.  p. 
439,  et  vaincu  par  Guiron,  p.  467; 
ses  aventures  dans  les  Prophecies 
de  Merlin,  p.  490. 

Madule,  mère  adoptive  d'ApoUo,  2, 
cf.  p.  476. 

Magance,  château,  282  b.  p.  481-2; 
les  traitres  de—,  l'fr.,  282e. 

Magdelaine,  v.  Madeleine. 

Magut}{s\  p.  285. 

Mahaignié  (Le  Roi),  v.  Pelles. 

Maimon,  v.  Naimon. 

Mainon,  v.  Menon. 

Mal  Accueil,  château,  70-1. 

Malagrin  le  félon,  est  tué  par  Alexan- 
dre l'orphelin,  pp.  19t,  483. 

1.  Malaguin,  roi,  se  met  en  guête 
du  Graal,  p.  281  ss.  (=  le  roi  des 
Cent  Chevaliers,  cf.  p.  269), 

2.  Mataquin  le  Gallois,  se  met  en 
quête  du  Graal,  p.  284  ss. 

3.  Malaguin  le  gros,  se  met  en  quôte 
du  Graal,  p.  284  ss. 

Mal  Change,  château,  631  b. 


Maldule,  v.  Madule. 

Malehau{l)t,  v.  Malouaut. 

Malifer  de  Val  noir,  est  vaincu  par 
Guiron,  p.  488. 

Matindes,  p.  284. 

Malios,  V.  Helios  2. 

Afa/o(u)âu/,-anf,ladame  de— .nommée 
Bloio  (p.  453),  vient  d'épouser  Oa- 
nain  le  roux,  pp.  437,  442,  cf.  p. 
448;  sa  beauté,  p.  442;  essaie  oe 
séduire  Guiron,  633,  p.  438,  cf.  p. 
442,  qui  empêche  Lac  de  l'enlever, 
633;  est  aimée  de  Lubian,  638; 
emprisonne  Lac,  ib.,  cf.  642  ;  fait 
connaître  à  la  cour  d'Arthur  les 
exploits  de  Guiron,  p.  467;  cheva- 
liers de  —,  pp.  450.  466,  455,  note  3; 
le  château  de]—  (appelé  quelquefois 
le  château  du  Pin  de  — )  633,  pp.  438, 
448, 453,  455. 459, 466-7, 471-2, 488-9. 

Manatrie,  p.  436. 

1.  Mandin  l'envoisié,  se  met  en  qnétù 
du  Graal,  p.  284  ss. 

2.  Mandin  le  sage,  se  met  en  quête 
du  Graal,  395  a  ss. 

Manibel.  562. 

Manonas,  v.  Heanonas. 

Mapie),  V.  Gautier  2. 

J/ar,  p.  271. 

Maraigîs,  'raogis,  'Taogyn,  v.  Herau- 
gis. 

Marc{h),  roi  de  Cornouaille,  19,  9G, 
103,  et  l'homme  lige  d'Arthur,  231  a, 
est  père  de  Meraugis,  15.  d'une  fille 
de  la  reine  de  Norgalles,  p.  441, 
oncle  de  Tristan,  13,  19,  d'Andret, 


—  526  — 


S.  %t  et  époux  d'Iseut  Ift  blondo. 
h,  lî,  qu*il  aime  tentlrement,  51, 
82.  3I9,S10,  534.fJ7r>u.  p.  i:>0-i  :  son 
astuce.  W,  pp.  178,  2IW-3,  tH-»;  &a 
ini^oliuncet»*!  f^\  sa  perfidie,  n.'>,  175, 
2(Kt.  25.-i «,  va.  %:t.  i.  2liK,  JWV 1 ,  2S2  «. 
287,  bSi.  MG;  sa  pullronneiio,  7'J, 
R2,  84.  IC7,  175,  '211  ss.,  '253.  2K5, 
3H\  p.  189;  a  des  avantagea  exté- 
rieurs. 170;  sa  forcp,  lô.;  sa  valeur. 
27'J,  275;  adore  la  chas3«.  84,  168; 
son  nain,  33;  ses  aventurrg  en 
Logres.  un  il  est  venu  cburcher  rlu 
se<:ours  l'.ontre  les  Irlandais,  p.  \\\, 
cf.  ])■  441,  dont  le  chef,  te  Morlioui, 
lut  tué  par  Tristan,  qu'il  arme  che* 
viilior,  'iT-M,  cf.  l'p.  407,  M9:  &i»aA- 
sine  sea  frères  remeham,  2t,  292. 
el  le  porc  d'Alexandre  l'urphelin; 
cherclie  à  perdre  ce  dernier  et 
ADgIeilis,  •2-><7  b.  iiii.  201.  iSi-i;  nt- 
tentr.'ft  la  vl**  de  Meliâdus.2.1,ji.  471; 
esaaie  de  privorTrisian  de  lu  fommc 
de  Begurades,  34;  Palautède  lui 
Hulôve  Iseut,  4;)-4;  atla<)ue  Trislan, 
qu'il  révoque  r-nsuiie,  IS-G;  reçoit 
une  preuve  de  rinfidt-liié  d'Iseut. 
47,  qu'il  sun'eilltî.  4«,  ftO.  p.  iTU;  va 
voir  Tristan  malade,  50;  livre  les 
amants  â  la  mort,  h\  ;  t'olôve  Iseut. 
53.  p.  47ti,  ilnnl  il  envoiy  la  ilemoi- 
seîle  a  un  château,  54;  ri>^-oil  la 
messagère  de  Tristan.  75,  et  Kalie- 
din,  qui  le  trompe,  7ôa,  7^-0;  voit 
partir  Tristan,  qui  renverse  Gain- 
glain;  fait  venir  ce  dernier.  T'i-7. 
cf.  p.  180;  écoute  la  ronversniion 
de  Ktbedin  avec  Palamèdo.  8r>; 
charge  Oînas  de  la  surveillancu 
d'Iseut,  86,  qu'il  empi^cho  de  se 
suicider,  91  ;  met  à  mort  un  cheva- 
lier qui  voulait  embrassor  Titeul, 
!)2;  rec«il  Dapuenel  el  résout  do 
faire  chercher  «alan,  lui;  apprend 
la  nouvelle  de  la  mort  de  Taulas. 
103:  ramène  Tristan  fou.  le  bannit 
de  Cornouaille  et  regrette  de  lui 
avoir  accordé  la  vie,  t(l4-C;  lus  le 
Bis  du  roi  de  Norgalles,  UI5;  craint 
la  lignée  de  Dan,  112;  amèn*^  chez 
lui  lïulïertL'l,  167;  trouve  Ivain  aux 
blanches  mains,  IG8'.  nréside  les 
joutes  de  la  fôte  de  l'Ile  do  saint 
Kanson;  guette  et  renvnrse  Ivain, 
170-1;  est  puni  par  Gaheriel  de  sa 
dcloyauli'*  envers  Keu.  172  ss.,  175- 
i\;  est  haï  de  Laocelot,  179;  a  jouU 
avec  Terriaden,  188;  ses  aventures 
pendant  son  voyage  en  Lucre» 
entrepris  pour  iiiop  Tristan,  207- 
19.  221-4,  ii(î-9.  2J0a.  231a.  233-4. 
23t;,  244.  247,  251  a,  252^,  pp.  150, 
16B,  170-1:  surveille  les  amants, 
p.  172;  u  correspondance  avec 
Arthur  et  Gucniêvrc,  263-6,  p  228; 
tu  guerre  avec  les  Saxuns,  2ti9-7V; 


Oinadan  éveille  sa  rur»"--  ■■  ' 
adressant  lo  I>ai  wir  ei, 
70,  279-81  ;  écoule  sur  un 
ja^'din  ta  conver^Biion  Ut^à  ttumiivftj 
et  se  réconcilie  avec  Trisfan,  -JK'J-J,  i 
qu'il  cmprisirr-       '    ;-   '  ■       r 

lequel  il  051  à  : 
2H2a,  0.  f,  g.  h 

320-3.  pp.  202-.i.  ii^Ù;  Hi-onor  le 
noir  est  venu  jadis  à  «i  roiir,  472. 
lX3;aveclesS.  larre 

À  Animr  pom  :y)(j, 

470  1,   5tG.  ôr.      _    X.      .  .    j.aa. 
29Sa.  pp.  219,  2;y,   ;r,2-J,  4«7,  cf. 
pp.  28u,  3^17;  séjour  h  sa  cour  de 
Tristan  dùguisf*  en  fou,  537  r  ss., 
qu'il  blesse  morteltemeni,  54ii,  cf. 
p.   444-5  ;   Aàsiste  k    la    mort    des 
amants  et  les  foil  fnterrer.  M7-550. 
p.  411;  i  .î4r>a-547a;  f-iit  ^mprt- 
S'Mirifr  le  rompat-aion  d»'  ^ 
ninadan,  578;  rei^relta     i 
Triston,  579,  5kI-3;  «^  ■   ■ 
Uinas  et  Dinadan. 
pp.  477.  109;  est  reste 
mh.   CiW;  est  l'alli.'-  do   Mciiu.U>, 
p.  44;>-7;  hait  le  roi  Iloi^l,  p.  pi  ;  sa 
mort,  pp.  383,  409,  cl.  pp.  xvin-ii, 
478. 

Marre,  v.  Marse. 

Marche,  cf.  Estroite,  Rstrange,  Hen- 
ri 3;  le  roi  de  la—,  lli  132,  137;  le 
chAtcau  do  ta — ,oïi  rt^side  tiedoin  de 
la  —,  552;  le  royaume  d'OuUrô 
les  -  Bj  p.  138. 

«Varr/t0/)inY.chevaIdeGuiroa,  p.4SS. 

A/nrchi»,  v.  Marqui». 

Marcltot.  chdleau,  pn  345-6,  34^ 

Murcfu'se,  (louve,  500. 

Mnr'r,  pour  Mafès,  cf.  Hector  2. 

Moreinagony  -rrnnof  ufli,  -renvagum, 
p.  285. 

Marcs,  V.  Hector  2. 

Msresdtiffc,  le  chevsllerde  lu  —.633; 
te  passage  de  la  —,  v.  HArilintix 

1.  Marannnr,  est  renversé  par  Tris- 
tan, 36;  se  met  en  qu<^te  du  Gnud, 
u  284  88.;  a  empriâonn*^  UoneK  p. 

2.  Man/aitor  de  la  [(■>)■"  neveu 
ai:rion.  p.  489  (=1.    ■  :  ')• 

MarijcmUin,  •j/oriM''-ï,  *«  iuôte 

du  GraaI.p.  2A4S5. 
Mavfjol  lo  roux,  est  vaincu  parSaphar, 

p.  266. 
Maruin  lo  félon,  est  tué  par  NNtor. 

r\  '^21. 
.ifrtnV.  la  ssinle  Vierge,  p.  472. 

1.  Marin,  frèra  du  roi  Armant  de  U 
Cité  veriT"  "  "    "  "70, 

2.  Afrirm,  — .  369,  p.  271 
t»  le  cIki..              ,  irin?). 

iVrtf'tnun,  gciiut  tué  par  Meliadus, 

p.  443. 
^armojvie  la  fort,  cbAtesu.  641 -2, 

|>.  ^65. 


—  527  — 


Mamoffis,  v.  Uorangis. 
Vftrwfrttf,  'Oitrus.  Mérovée,  7. 
jarauii,  cf.  Henri  '2  ;  le  Ctiâtoan-,  375. 
ïfarj,  15. 

1.  Marse,  lac,  315. 

2.  Marsf,  riïièro,  62,  Pp.    468,    476, 
47'J. 

yarnlle.  roi.  çp.  197.  485. 

Jêalofl.  trvn  (le  Bruopain  et  de  Peri- 

ni?.  pp.  ti-h,  Mil.  \:r>. 

1.  Mata.u  nia  de  l'tiebus,  p.  460. 

5.  Mathan  \e  brun,  10-2-4. 

Malhanarl.  v.  Maiael. 

ii7(^!,  p.  17. 
^JTafiu.  V.  Matas. 

Mttup,  V.  Gîittiier  2. 

J/rciu/i.  V.  Mencion. 

Mnleoiius,  V.  M^'liodiu  3. 

Mrdre,  p.  13. 

Wr/uiif/niV  (IjO  Roi),  v.  Pelt.xi. 

JUftta-r"  '     -^"^nl,  le  félon.  Dis  du 
roi   î  enleva  Guenièvre, 

41,    i   -  >s>>   le  roi  des  Cent 

Chi<v;itiL'iï.  p.  470:  ses  avonture^ 
dans  le  Damdntes,  7'2u;  prvntl  part 
BU  frand  tournoi  de  Giii^Itont, 
pp.  !9J-7,  20!.  *8J  S3.  et  à  la  iLTjerre 
des  Saxons,  pp.  IM.  VM^i ,  cf.  p  rj7; 
combat  Palamède,  p.  4ii4;  oleasa 
Tri&lon,  p.  ^I  ;  sort  aflaire  avec  sa 
couijtnti,  49!;  sa  mort,  pp.  iiC, 
47f.. 

1.  .Vetiadus,  rot  de  Léongis,  t>êre  do 
Tnslon;  sa  beauté,  p.  443;  est 
exceUent  musicien,  p.  444 ,  ne.  haute 
valeur  et  su  arawie  renouiinèe , 
pp.  44:î-i.,  4.=»;.  4G2-.1,  480;  sa  fûrce, 
p.  4U-3;  sa  suialtif,  |t.  443:  est  le 
riviil  du  bon  chiivulier  sons  pt'ur, 
contre  leaucl  il  soutient  iilu^ieurs 
combats*,  pt».  413.  440.  441  iâl,  cf. 
'631  a;  ëpbuso  flcliabcl,  ïU.'ur  de 
Marc.  !9,  el,  en  -  ■  ■  " '-  -  -«^,  la 
flMo  do  lio-:-!  d-  -rie. 

Î2,  cf.  pp.  471,  .  :    int 

d'i:tre  empoisonnu  par  t^Ile,  i2:  ses 
aventures  avec  Gulehonl  le  brun 
çt  aulrë.H.  Ii30n.  a'îl  a.  b.  p.  HI-Î; 
Ûi  reruIeirQriii'''(,'<1'L't>jrpcndrûgoD, 
p.  440;  ses  aventuras  avec  Artliur 
et  autres»  p.  443-4;  prend  part 
aux  tournois  du  Pin  du  Géant, 
p.  441.  et  d'Lrien,  p.  4Mk-ii;  ses 
amourâ  avec  lu  reine  d'Bcossu, 
dont  l'tVpoux  lui  fait  la  guerre,  pp. 
441-7,  489;  est  emprisonné-  est 
vainqueur  diin»  un  combat  singu- 
lier contre  Ariohsn;  refuse  dô  ser- 
vir contre  r.ltiudas.  p.  4UJ  ;  est 
ser^uni  parGuiron,  dont  il  se  met 
en  i|uAie,  p.  4iO-9;  est  monté  sur 
la  ctiiirrotie  infam.tnto,  p-  44*i; 
■écoui';  des  récits  sur  les  Bruns,  et 
s'en  va  en  qut^le  de  Lac,  633,  t'Ai; 
truuve  Absalùn  fUector);  est  fait 
priaoanier  par  l'ennemi  de  ce  der- 


nier el  délivré  par  Guiron,  qu'il  ren- 
seigne sur  les  deux  amants,  635. 
t-nterr^s  plus  tant  par  lut,  638;  prena 
part  à  la  guerre  dos  Saxons,  p.  4HJi, 
et  du  roi  Armant,  p.  13î<:  se.**  aven- 
turiîs  avec  Lac  *'l  .\riolian.  G43-4; 
a>'ant  désari;onné  Tristan.  Lnncelot. 
Gutron  et  nôtres,  il  voyage  avec 
eux  (cf.  p.  491)  el  arriva' â  la  cour 
d'Arthur  où  une  couronne  d'or  lui 
est  décernée;  retourne  en  L«ionois. 
ifr.,  après  (juelques  (n-enturea,  6^; 
aaB'fDce  d  une  suitu  de  ses  aven- 
tures, p.  46(i;  pour  celles  de  la 
Triumphante  Hisioire,  v.  p.  435; 
est  l'amant  de  la  dame  du  Lac,  p. 
4'JO,  cf.  20;  va  consulter  l'esprit  au 
Merlin,  p.  490;  sa  mort,  z3,  pp. 
4C7.  47L 

2.  .Ve/iUffui  le  blanc,  se  met  ea  quôtu 

du  C-   ■-'     '       '^S  S8. 

3.  \it:  kadui)  le  neîr.  so 
mei  '       [           lu  G  ruai,  395  a  as. 

4.  .VWftiWuj,  cl.  Melian  de  Lis. 

5.  ^ttUaiius,  titre  de  la  compilation 
de  Husticien,  pp.  472,  4^3,  et  d'une 
luirtte  du  Patamède,  pp.  435.  449, 
cf.  p.  432. 

Metùwant,  v.  Meleaguant. 

I.  JUeiian,  nevea  de  Pharamont,  ?G, 

p.  491. 
'i.  Melian,  tlls  du  roi  de  Danemark; 

SCS  avontures  avec  Galaad,  398  a. 

3.  Mttian.  neveu  du  roi  Meltadus,  p. 
44ti. 

4.  Melian  de  Lis,  se  met  en  fjiitïla  du 
Graal,  p.  283  ss.  ;  est  raincu  par 
Guiron,  p.  467. 

Mrli'md fT'i*^  p.  283;  faute  pour  Me- 
lian ne  Us? 

.Vclianl,  v.  Melian. 

iletianus.  cblleJain.  p.  138. 

Mrlirn,  v.  Melian. 

Meliudcris^  p.  'JS^;  fbate  pour  UelUn 
de  Us?. 

1.  Mdios,  se  met  en  quête  du  Groal, 
p.  -lu  *.s. 

2.  .Vrtiiis  de  l'Eijntu,  se  met  en  quûto 
du  Grual,  p.  v8t  SS. 

MeUin.  Merlin. 

Menabin^  -avin,  v.  Moaabtn. 

Mencion,  v.  Meuon. 

.Veneptutj,  p.  439. 

MctifH,  Mf'iion,  Men{n)on,  pp.  48, 
470.479.11041. 

Mennonas,  ancien  ami  de  Msbon,  est 
tu'^  par  Tristan.  33t-5. 

M<nou,  SfoUion,  v.  Meoon. 

Mrralu,  p.  4;i(i. 

Meraugii,  Merengis^  dé  PortUiguii, 
fils  du  roi  Marc  tcf.  Ww/.  /i«., 
XXX.  2371.  15;  se  moi  un  quôlo 
du  liroal,  39j  a  hs  ;  renverse 
Bt*ehu5  i>t  assiste  au  combat  do 
celui-ci  contre  Gauvain.  475  -7,  qu'il 
menace;  avec  Galaad  ot  Ucclor,  U 


—  528  — 


va  au  Gbâ.teau  Télon  et  renseigne 
ensuite  TrisUin.  S-2ÎÏ-33;  esl  secouru 
pftr  Iiucanor  et  vaincu  pur  Oulron. 
p.  487;  se  fait  ermito  oprès  la  mort 
ao  Lftncelot,  675  a;  sera  tué  par 
GauvaiD.  477. 

Meriïn,  p.  469;  faute  pour  Merlin. 

Merlin,  le  (rrand  prophète  lUs  Anglais, 
trouve  lleli'ibel,  lait  délivrer  Me- 
liailuâ  et  donne  Gouvernai  pour 
maître  à  Tristan,  '20,  Jont  il  prédit 
la  ffloire,  p.  4U-ri:  gravo  sur  un 
rocher  le  rÛcît  do  l'assiissioal  do 
PernehaiD,  '21  ;  o  connu  It!  nain  de 
Marc,  ^  ;  a  été  le  maliro  de  Mor(?oin, 
lUO,  et  de  Mabon.  331;  a  Otabtl  la 
Table  Ronde.  30y.  377,  ?ê3c,  -JOfi; 
conjura  (e  di&bte  dans  un  bloc 
mobile,  p-  '2'20;  flt  le  bloc  pleurant, 
p.  221,  el  la  jV^f  de  Joie,  324;  a 
priVdit  l'arnvâe  a  un*?  foalaiae  de 
Galaad  avt;c  Lionel,  p.  223;  sa  pro- 
phétie dft  la  Mervcillt'use  IWte, 
3^a;  Arthur  le  juçe  plus  digne  de 
foi  que  Pelles,  39U;  recommande 
la  conqiiôto  du  (îraaU  p.  '28(>;  fut 
uonsuitt-'  chez  Polinor  par  le  bon 
chevalier  sans  peur,  p.  443;  dans 
le  roman  des  Prophecit^  de  —,  il  esl 
en  relations  avec  un  urmile.  pp. 
485,  188-9,  prophère  un  grand 
nombre  de  prophécies,  p.  4G^«  eal 
le  pore  de  Bretius,  a  emprisonné 
un  clerc,  p.  43();  est  onformii  par 
la  dame  du  Lac  dans  un  tombeau 
du  Damantes,  »&.,  cf.  37.  71  a,  l'JO, 
p.  2âG,  d'où  sou  esprit  donnu  dos 
prédictions,  p.  4MQ;  sa  tombe  est 
vi9il<id  par  une  des  demoiselles  de 
la  dame  du  Lac,  p.  178;  leiVriiiiï — , 
CV);  le  i*erron  de  —,  p-  '280-^,  cl. 
p.  439;  le  Perron  —,  pros  de  Ca- 
maalolb.  l%-7,  '21».  202-3.221),  242. 
381.  4a2,  pp.  317.381. 

Mrrovnn,  v.  Maroveus. 

Mtrveilles  (La  Fontaine  des),  234  a, 
28r>a,  326s5.Cr.  Dieu. 

Meun,  p.  442. 

}fr.%tocc,  'Stoit,  V.  Roestoc. 

Mininseis.  p.  IjS'>7.  cf.  p.  4SI  ?5. 

iVoQc/.  le  Grand  Mogol,  p.  II. 

^ûls.  la  faux  disciple  de  Joseph,  282c. 
522,  f»62. 

Monabin{(ie),  géant,  p.  461- 

Mont.  cf.  .\gu;  lecbftteou  du  —  î.")». 

Montagne,  cf.  Kscanor,  tielionor, 
Noire,  Perin,  Taulaa. 

MonteU{teA),  v.  Montre-lloB. 

JHontenart,  2H9a,  est  tué  par  Erec, 
2i)l  a. 

Montretles  (La  comtesse  de).  6t5a. 

Maragix,  v.  Meraugla. 

Jiror(irfliH,.'ï,499.p  392-3. 

Mordret,  -drec,  frère  ile  Gauvain  ;  sn 
méchanceté  el  sa  dôloyaut*^,  2-*)9. 
307,330,  pp.  rj3,  231,  43yi  sa  valour, 


307  ;  vûva^  ovec  la  demoiselle 
mMdiiahl,  70-2;  hait  Mrnr...r  i^ 
nuîr,  p.  59;  unem^ssaçtT'  ; 

prôiend  le  chercher,  t'5  ; . 
tournois  des  châteaux  des  l^uceUcs, 
120,  et  de  Roche  dure,  lyi  ;  son  com- 
bat avec  Perhides,  14'j;  séjourna 
malade  chez  Uaras,  148;  se  lofîd 
chez  Auguste,  est  renversé  par 
niioberis  el  va  à  la  cour  d'.\rt!.'.ir. 
Iîl4;  sea  aventurer  avec  Marc,  Ii  - 
nadan  et  autres.  219-22,  ?■.'.>-'•.  ;Ai7, 
lui  Pl  sa^  frères  haïssent  Lnmorau 
dont  iU  décident  l»  mort,  240,  2S0^ 
2.i7.  cf.  3U2,  .^Ufi;  son  combat  avec 
IJahcnet,  Hector  el  Lamorat.  *2>vla: 
prend  part  aux  jeu t  d'armes,  217: 
est  én.irpné  par  IJinadan,  2r»S,  iju'i! 
assaille  plus  tard,  ^Al-Vi;  va  chez 
Gauvain,  2(K);  tue  Lamorat  el 
Driant.  282  a,  288  a.  307,  p.  26S; 
iniercf'de  on  faveur  de  Perccval. 
282c;  joue  un  mauvais  tour  :>. 
Alexandre  l'orphelin,  pp.  Vn-h. 
4G6,  485;  conseille  do  modifier  la 
nombre  des  cbi-rcheurs  do  Lao- 
celot.  p.  207;  est  vaincu  par  Erec, 
28Ji  a.  et  désarçonné  par  Ulioberis^| 
297-8;  parie  a  Keu  de  Percevaï,  ■ 
dont  ta  gloire  t'afîlige,  312.  qui  le 
ri?nver»e.  el  uu'il  décide  de  tuer, 
^\'^\  essaie  denlever  Iseut,  336;-^ 
est  terrassé  par  Tristan  devaa 
CsmaaloUi.  33»  d,   «,    S-T»;  est  eit^ 

?uéte   du  Graal,  395  a  ss.,  cf.  p. 
J11  ;  Arthur  l'envoie  mettre  fin  i 
ta  guerre  des  rois  do  Norgalles  et| 
d'Irlande,  p.  346;  Irouve  Palimédc 
et  Gdload,  491-5;  est  renversa  par 
ce  dernier,  qu'il  a  traité  de  poIîroaJ 
527  9;  secourt  Arthur  contre  Marc^j 
p.   373;   e»t   vaincu    par   Gulrou, 
p.  407;  combat  les  Saxons  «  Win- 
cestra,  p.  490;  ses  iotriguef>  contra 
Lancclot  et  Guenlèvre,  607;    <|ui,j 
craignant  ses  fils,  a  pris  M  voile, 
p.  \iZ .  pour  »  mon,  cf.  pp.  487,  59. 

Siores  [des  lies),  chevalier  de  Léonoia  ; 
sfts  avenlurea  avec  Tristan  et  Pala- 
méd.?,  pp.  309-16,  318-25. 

J/or(;a  in,  jUoryw;,  sœur  du  roi  Arthur, , 

aii'elle  craint.  108.  190;  fée.  élevai 
e  Morlin,  190,  p.  223;  sa  déloyauté,^ 
190.  p.  192;  repousséo  par  Lon- 
celot,  41,  iy(»,  elle  clierche  a  lui 
nuire  ainsi  nu'à  Guenlèvre.  41,  47, 
107-8,  115-lè,  190,  2G5,  Oit,  624. 
p.  443;  eàt  l'amante  de  Brchus,  118. 
611,  et  de  lluneson.  l'X),  héborg 
le  meurtrier  de  ce  dernier.  Tristan 

190,  dont  elle   prédit  la  mort, 
dont  elle  se  fait  donner  la  lance 

191,  (ju'olle  etivoio  au  roi  Marc,  pp 
374,  382,  .381;  prédit  la  honte  d'Ar 
thur,  192,  192  a:  essaie  de  se  fain 
aimer  d'Alexandre  l'orphelia»  282  b| 


—  529  — 


p.  482  ss.  ;  délivre  Brehus  de  prison, 
p.  217;  ses  intrigues  contre  les 
chercheurs  du  Graal,  p.  219;  fut 
cherchée  par  Tristan,  p.  223;  a 
emprisonné  Lionel,  627;  ses  aven- 
tures dans  les  Prophecies  de  Merlin, 
fi.  490-1 ,  cl.  p.  485  ;  sa  mère  possède 
e  château  oe  Belle  Garde,  pp.  192- 
4,  483;  ses  châteaux,  238,  p.  1Ô6. 

Morguenete,  filleule  de  Morgain,  p. 
491. 

1.  Morhout^  le  —  d'Irlande,  oncle 
d'Iseut  la  blonde,  écoute,  chez  son 
ami  Pharamont,  la  prédiction  de 
sa  mort  de  ta  main  de  Tristan , 
25.  cf.  p.  491;  eat  vaincu  par 
Segurant  le  brun,  p.  437;  délivra 
de  prison  Arthur,  à  la  cour  duquel 
il  vint,  déguisé  en  demoiselle,  p. 
440  ;  ses  aventures  avec  Pharamont, 
Trarsin  et  le  bon  chevalier  sans 
peur,  p.  440-3;  garde  un  pont  et 
est  blessé  par  Escoraut  le  pauvre, 
p.  441;  a  conquis  une  demoiselle. 
qui.  trahit  Guiron,  p.  442;  prend 
part  à  la  guerre  de  Meliadus,  p. 
445-7,  et  des  Saxons,  p.  488;  après 
plusieurs  aventures  il  est  empri- 
sonné, p.  451-2;  séjourna  trois  ans 
chez  Pharamont  p.  4G5;  va  se 
mesurer  avec  Guiron,  qui  triomphe 
de  lui,  p.    467;  est  dehvré  de  la 


prison  de  Nabon,  640-1,  cf.  p.  465, 
et  de  Teriquant:  ses  aventures 
subséquentes,  p.  488;  est  renversé 
par  Meliadus,  pp.  4G4, 471,  et  voyage 
avec  lui,  642-3,  cf.  p.  491  ;  sa  mort, 
28,  pp.  11,25,  123,411;  son  cousin 
Auguste,  194,  et  sou  Ûls  Golistant, 
p.  219,  cf.  pp.  432,  468,  veulent  le 
venger  ;   deux    chevaliers    de    sa 

fiarenté  tuèrent  Meliadus,  p.  471 
Taute)  ;  son  meurtrier  Tristan  lui 
succède  à  la  Table  Ronde,  206. 

2.  Morhout^  le,  parent  d'Iseut,  la 
blonde,  qui  lui  avait  accordé  le 
royaume  d'Irlande,  prend  part  au 
tournoi  de  Louvezerp,  376,  381; 
console  Palamède,  3^;  sa  guerre 
avec  le  roi  de  Norgatles,  p.  342-7, 
et  avec  Marc,  p.  409;  son  château, 
617. 

Morloth,  V.  MorhouL 

Morloys^  p.  67;  v.  Moroi3  2. 

1 .  MoToxs,  V-  Mores. 

2.  Morois,  forêt  de  CornoualUe,  43, 
51  ss.,  76,  77  a,  78  ss.,  83,  101  as., 
167,  172-3,  282  e,  298  a,  p.  476.  Cf. 
Butor. 

MoroU,  p.  229. 

Mate  f  Le  seigneur  de  la),  p.  323. 
Moucheron,  château,  641,  p.  464. 
Moulin  (Le  Gué  du),  358. 
Musen,  château,  p.  442. 


N 


1.  Nabon^  -or,  géant,  seigneur  du 
Servage,  ennemi  d'Arthur,  61,640, 
p.  462;  tient  en  prison  un  CTand 
nombre  de  chevaliers,  pp.  47  ss., 
462-3,  405-8,  g  640-1;  est  tué  par 
Tristan  pendant  une  fôte,  62-3,  pp. 
468,  476. 

2.  Nabor,  géant,  est  tué  par  le  bon 
chevalier  sans  peur,  p.  438  (con- 
fusion avec  Nabon  du  Servage?). 

3.  Nabon,  se  met  en  quôte  du  Graal, 
p.  284  ss. 

4.  Nabon,  l'enchanteur,  v.  Mabon. 

1.  Nabucadan,  fut  vaincu  par  Lan- 
celot,  p.  221. 

2.  Nabucardan,  Nabusardan,  est  tué 
par  son  frère  Sadoc,  2. 

Nahares  (La  dame  de),  p.  348. 
Naiie,  v.  Naïve. 
Naimers,  p.  484. 
Naimon,  Xainom.  p.  443-4. 
Naitas,  v.  Matas. 

Naïve  (Le  château  de  la  Roche),  256. 
Namant,  p.  341  (pour  Amant). 
Nantes,  pp.  17,  371-5.— (L'anojïo/e  de), 

p.  382. 
Narcisse,  p.  335  (les  remarques  sur 

Iseut  ne  sont  que  dans  les  mss.  qui 

donnent  Kaheain),  p.  480. 
LdsBTH.  —  Tristan. 


Nascien,  394  a,  510, 512, 615. 

Nassens,  v.  Nessaus. 

yata{ha)n,  fils  de  Nabon  1,  est  vainca 

Ïar  le  bon  chevalier  sans  peur,  p. 
63. 
Nayne,  v.  Naïve. 
Nectar,  v.  Nestor. 
Necnegloi,  p.  439. 
Neroneus,  -oveus^  -oneaus.  de  lUe. 

92-3. 
Nessaus,  délivre  Guiron,  qui  le  secourt 
contre  Léodogan,  pp.  438,  442. 

1.  Nestor,  (var.  Uector),  de  Gaunes, 
père  de  Blioberis,  62:  tue  Geron, 
73,  87;  prend  part  a  la  guerre 
des  Saxons;  délivre  le  Morhout  de 
la  prison  de  Teriquant.  p.  488;  fut 
tué  par  son  fils  (var.  :  frère),  p.  440. 
Le  Château  de  —,  94. 

2.  Nestor  (var.  Hector),  de  Gaunes 
ou  de  la  Fontaine,  Ois  de  Blioberis; 
ses  aventures,  pp.  219-20.  226. 

Niation,  p.  48,  cf.  pp.  476,  479. 

Nice,  p.  227. 

Nicole,  535  a  (LincoloT). 

1.  Nicorant,  père  adoptif  d'ApoUo, 
2;  sa  mort,  12. 

2.  Nicorant  le  pauvre,  compagnon 
de  Tristan,  46,  49,  51-2. 

34 


—  530  — 


3.  \icoran.  p.  il. 
Nicoraut,  v.  Kicor&Dt. 
A'«:n«or,  n.  18. 
Nùant,  V.  Nûhaul. 

!^ohnnl,  lu  dume  de  —  p.  318,  so-'ur 
(lu  rot  I^olli,  oat  ftimée  dn  Moda- 

5 AU  ;  séjourne  cnfor  lo  roi  dp  Nor- 
lumbcrland,  p.  \\'i\  cf.  Norhoul. 
Nuhombcrlande,  v.  Norlhumlterlaiiii. 
?ioir  [«),  lo  Val  —,  v,  Mnlifer  ;  l'iV- 

Sine   —,  p.    A12:  le  L'^ant  do  la 
fontjigDCi  —,  (t.  Hl  ;  la  Roclie  — , 
chûte&ii  de   Dinii.H.   :i'2U-'2,   du   roi 
T1oèl,64l,  613.  cr.  Chevalier,  Croix 
1. 
SiVit>frtaiuUj,  .\orbellandr,  Sordhom- 

Mlan'lr,  Noriburaborlaad. 
■VonjalkXy      pays     iimitropho     dtjs 
royAura«)s  dâ  Lo^r^^s  et  de  ^^o^eloi9. 
Gl.  (M,  <>8,  180,  I8.S  n,  422.  lif».  4^»1. 
5;m.  (KX),  »'.31  b.  6.!-'  "",  137. 

454,  4tKÏ.  Le  bon  »!  ■  — . 

Dorman.  Ludinasi  iliers 

de  —  prennent  part  uux  louruots 
deLouvezurp,!^3;^.eld<^Norlhumber■ 
land,  614, 6la  ;  deu  t  chevali<irâde  —, 
p.  462  ;  trento  chevaliers  do  —, 
p.  4U  ;  et  Hriant  1,  lloralos, 
nadoc  5;  In,  UIlc  d'un  comte  de  —, 
4!)l  ;  des*  domoiîçMçs  de  —,  yj8, 
p.  45!.  La  rftiiii  — .tiinii^o 

du  roi  dt«  Co.i'  rs,  .^8.  et 

amante  do  .M.;...  c-.  o.iux'éi.'  du 
supplice  du  Imutier,  p-  itl  ;  â  det> 
relations  avec  Morgain,  pp.  1811. 
483.  49L  Lo  roi  de  — .  paront  de 
Senuhur,  4'24.  et  do  la  lîgn^  d»? 
Oan  ;  sa  giierro  avec  le  roi  d'Ir- 
lande, p.  :ii2-0;  fut  vaincu  par 
Tristan,  105,  575.  el  renversé  par 
Mttliadus,  p.  443;  est  dans  les  tour- 
nois des  CUdteaux  des  Pucellos, 
lU,  Vih-iK  138,  143,  d'l!..'nodon. 
dis  Dt>ux  Sœurs,  p.  U8-1»,  do 
Gatehoul,  pp.  195,  '200,  4S3  w..  et 
d'Urien,  p.  488;  a  donnû  un  cnà- 
leau  k  Gaheriet,  415:  Melea^anl 
et  cousins  sont  ciif^s  devant  luî  à 
rOrtjutiiiliHUHp  Garde,  Wl  ;  est 
J6sarçûnn(i  par  Bru  nor  lu  brun, 
621  ;  prend  part  k  \a  gnnrro  contre 
Molirtdus,  pp.  44.5-7  ;  s^iiourne  choi 
Arthur,  p.  4V'.;  sa  fllle,  53t  ;  a 
perdu  son  ruv^umn,  M  3. 
Norgallois  {Norgalurs,  fauto),  le  Cbû- 


leaa  —,  IG;  lePoat  —,  41,  pp.  AU, 
4*6. 
yorham.  -Aw.  pî>,  82. 84:  cf.  Norhoul. 

ynrhomh.  '  ri  onde,- tire  tanité, 

NoritiK 

.Vur/ioii/,  :...jrnouaiUe.  15,  19, 

pp.  37,  44.  b.H,  M,  de  Pelilo-Brp- 
lagnts,  p.  82;  la  fon^t  de  — .  p.  4TG; 
le  comte  da  —,  ennemi  de  Melî»- 
dus  el  de  Tristan,  23.  cf.  p.  471 . 
uniî  lUiiiie  dt'  —  est  dûremluo  pnr 
Lt^o<lu£,-m  et  Ariohan,  pp.  44f>-7, 
H9.  rX  Xnhaut 

.Vyrr/imif/»>.  511  a,  p.  438;  une  prin- 
cesse do  —  éprouve  S..-irurunt  le 
b!-M    ■■    •  '^    '  ■  ■  V '    ■     '  1- 

iXor'i- 

iiliy^  JÉiUiLiuplir)   vlu    Sur<-iute,    pp. 
.'«G.  ifiO;  un  chevalinr  i\(i  — .  l«f: 

d'-  '  '  '  --      -:  -  M 

a  ■.  :  -■ 

d<-         .  '    .         .  __.i,j 

Htiuur  ,  in  dauit;  dd  —,  p.  JiQ  ;  uat 
domois9ll«  do  —,  G03-I3.  Le  roi  dfl 
—  (cf.  GuLsrart.  Iliithnrt,  Pclinor4)[ 
frèrr*  d'A'V"'''^'^  6*  P^re  d'Espi- 
noprtw  ;  p^ur  lui  M.iii!!  m  i  ■  \'.  /  .l« 
Joie,  ;i'i4;  est  dan^; 
cbiiteaux  du  Pin  -1 

d'iloiioiloo,     dt>ï    f  ) 

llS-'.i,  de  Carlinn,  i 

Koa  celui  dy  Landcii.--. ■  , 

renversé  par  Branor  !■ 

424  ss.  :    la   dame  d«  N 

journo  cntnr  lui.  p.  44»;  ^a  doMu. 

lut  con<|uiM  par  Laacfllot,  p.  443j 

assîAfrea   lo  seiçnenr  de  VÉstroitt 

Marche,  p,  4.M  ;  â  sa  cour.  Cuirvto 

lai.ssa   enlever  une  datDtj.  t'    5Srt;"1 

Phararaont     y     fui      m  t 

accusa-,  p.  452':  pour  îou 

Holi''ftr  soutin-   --    '■  ' 

amours  de   ^ 

p.  4G0-1;  sa  iii 

p.  476. 
.yalre-Dame  (L'église  et  la  Oit  d«l. 

pp.  186  sa..  481  s»..  387,  477. 
Au,  pore  d'Idiiir,  p.  441. 
.ytittr,  v.  Naïve. 
iWirnantins,  les,  p.  480. 
Auf/t  v.  Nu. 
jVy'aJnon,  Syavon,  p.  «,  cf.  pp.  470, 

4iU. 


0 


Oeisc,  enchanteresse,   raèro  d'Eroû, 

200  a. 
O'ium,  V.  Hodbnt. 
(h1oarà,-art,  v.  Edouard, 
tjEuf,  V.  Laubin. 
0<jier\e  Danois,  descendant  du  Saxon 

Arioban,  p.  446;  Ut  raccourcir  son 


ép<^e,  qui  avait  appartenu  à  Tris- 
tan, liO. 

Olinz  iU\  Cnrrefour,  p.  230. 

Omhrt,  V.  ilombre. 

Oncsun,  v.  Iluneson. 

Orcanez,  p.  226. 

Orc{fi)anie,  royaume,   pp.  451,  4Di|4 


—  531  — 


465.  Des  chevaliers  d*  —  prennent 
part  au  tournoi  de  Louvezerp,  353, 
378-9,  et  à  la  guerre  contre  les 
Saxons  à  Wincestre,  p.  490.  La 
reine  d'  — ,  mère  de  Gauvain  et 
sœur  d'Arthur;  sa  beauté,  484;  ses 
amours  avec  le  bon  chevalier  sans 
peur,  p;  488-9,  et  avec  Lamorat  de 
Galles,  47,  72  a,  210,  240,  255;  est 
tuée  par  son  fils  Gahenet,  256,  302. 
Le  roi  d'  —  dut  ôi)0user  la  sœur 
d'Adalon,  p.  451  ;  cf.  Lotb. 

Orenain,  v.  Osenain. 

Orgaas,  v.  Argaas. 

Organie,  v.  Orcanle. 

Orgueilleux,  le  Chàtôau  — .  70  ;  1'  —  se 
Garde,  1'  —  Château,  4'Jl. 


Oriens,  v.  Urien. 

.bris,  tué  par  Tristan,  p.  89. 

Orléans,  p.  125. 

Ornise,  ruisseau,  p.  36. 

Oselain,  v.  Osenain. 

Os(s)enainrnam.  Citer  Hardi,  fils  de 
Ktnados,  p.  453;  ses  aventures 
avec  Marc,  Olnadan  et  autres,  219' 
22,  225-6,  237;  est  en  quête  du 
Graal,  395  a  ss..  185-6,  cf.  p.  486. 

Ossenefort,  Oxford,  252a,  291  a,  p.  437. 

a«en</,  p.  283,cf.  p.  486. 

Oiton,  p.  223. 

Outres,  p.  404. 

Ozenanij  v.  Oseqain. 


Palades ,  frère  du  roi  Tanor  do 
Cornouaille,  fait  chercher  Sadoc.  6, 
avec  lequel  il  va  en  Gaule  pour 
accuser  Pelias,  7. 

ï.  Patamedes  (le  méconnu),  Pala- 
mède,  le  bon  chevalier  {païen  et) 
sarrazîn,  !e  flls  préféré  du  Babylo- 
nien Esclabor  et  frère  de  SapKar  ; 
pour  sa  mère,  cf.  223  ;  son  enfance 
et  sa  première  jeunesse,  3f>6,  369, 
pp.  439,  445,  cf.  p.  466;  sa  courtoi- 
sie et  sa  générosité.  147,  149,  182, 
241,  365,  389,  4\5,  509;  sa  modes- 
tie. 463,  508;  sa  loyauté,  563-4;  est 
empariez,  p.  78;  son  instruction, 
366;  sa  beauté,  505;  sa  haute 
valeur  et  sa  grande  renommée,  66, 
245,  248,  250,  337.  369,  374-5,  440, 
451-2,  457,  484,  495,  505,  508,  563, 
571  a.  pp.  439,  413;  sa  force, 
p.  44i;  son  épée,  qui  devint  plus 
tard  celle  de  Gharlemagne,  440; 
ses  armes  sont  souvent  (cf.  505) 
échiquetées  de  noir  et  de  blanc, 
cf.  nî,  137,  148;  son  enseigne  est 
la  beste  glatissant,  pp.  196, 466,  qu'il 
a  l'habitude  dejchasser,  69, 70, 71  a, 
356,  559,  pp.  78,  169,  289,  466,  et 
passim  ;  son  amour,  non  partagé, 
pour  Iseut  et  sa  rivalité  avec  Tris- 
tan, 31,  85,  137,  356,  300,  623,  pp. 
199, 481-5,  252,  443,  et  passim:  porte 
deux  épées,  29;  prond  part  aux 
tournois  des  châteaux  de  la  Lande, 
30.  des  Pucelles,  128,  132,  131, 
137-8,  p.  476,  de  Louvezerp,  371-0, 
378-81,  deCamaaloth,  292a,  p.467.  et, 
après  quelques  aventures,  à  celui  de 
Galehout,  pp.  195  ss.,  466,  483-5; 
ses  combats  avec  Tristan,  31.  4'4, 
1 10,  441,  505  ss.,  27,  623,  pp.  252. 
277,  cf.  196-7,  381-5,  508,  623.  p.  275  ; 
sauve  Brangaia,  enlève  Iseut  o' 
triomphe  de  Lambègue,  43  ;  ren- 
verse Brunor  le  noir,  70;  est  déli- 


vré par  Lancelot  de  la  prison  de 
Brehus,  71,  73,  93;  renverse,  dans 
le  Damantes,  Lamorat  et  Tristan, 
71  a;  ce  dernier  le  cherche,  73  a, 
p.    60;    sa    messagère   en    Cor- 
nouaille,  76-7,  77  a,  79-81,   83,  en 
I/>gre3,   128,  137;  son  voyage  en 
Cornouaille;    ses  aventures    avec 
Kahedin  et  autres,  81,  83,  85,  95-7, 
cf.  pp.  477,  48i)  ;  est  trouvé  par  la 
messagère  d'Iseut,  117;  ses  joutes 
avec  son  ennemi  (cf.  p.  481)  Persi- 
des.  avec  Tristan,  Lancelot,  121-2, 
Gifflet  etBademagu,  145;  est  inju- 
rié par  la  messagère  de  Guenlèvre, 
146-7;  son  séjour  chez  Daras,  qui 
l'emprisonne,  148-9. 162,  166,  181-2. 
p.    132;  est  secouru  par  Tristan 
contre  Brehus  et  huit  chevaliers, 
195  ;  est  renversé  par  un  chevalier 
inconnu,  197;  est  emprisonné,  202, 
229,    242  ;  secourt    le    roi    Marc  ; 
converse  avec  lui  et  Dinadan,  222- 
4,  220-9,    238;  ses    combaU   avec 
Lamorat  de  Galles,  238-42,  pp.  197- 
9,  484  ;  est  dans  son  château  ae  Bel- 
valiot  avec  Dinadan,  259;  en  com- 
pagnie de  Saphar  il  secourt  quatre 
chevaliers  contre  le  géant  Caradoc; 
reçoit   Alexandre   1  orphelin,    pp. 
198.    466,  4S2,    484;    triomphe  de 
Karakadin,  292  a;  est  renversé  par 
Scgurant  lo  brun,  pp.  219,  432;  tue 
Guidaban.    p.  252;   ses  aventures 
avec   Tristan,    Brehus    et  autres, 
300-60.  365  ;  venge  le  roi  de  la  Cité 
vermeille.  306,  369,  370,  cf.  p.  486; 
revient  près  do  la  Joyeuse  Garde, 
où  il  reste,  invité  par  "Tristan,  371- 
3,  iiu'il  défie,   381;   combat   avec 
Saphar,   3S2  ;  est  sauvé  de  la  mort 
par  Lancelot  et  reste  à  la  Joyeuse 
Garde,  383-4;  ses  aventures  avec 
Tristan,  Gaheriet,  Galaad,  Claudin, 
Eugène  et  autres,  399-406,  410-11, 


413-U,  4«-5,  r.24.  4i7-8,  626,  pp. 
3fll.  30B-tri,  3lâ-2fi:  g^joiinie  «le 
nouveau  à  la  Joyauso  Gnrdo.  'i^^S-0, 
cf.  Ct2B,  ù'niii  dans  I>:toomUai  conti'e 
Lancolot,  -190,  ni  dnn^  la  tf^i^rro  du 
roi  d'Irlande,  49'2,  VJ-i  a,  Trislnn, 
avec  lequel  il  roiourne  à  la  Jovaus.> 
Garde,  p.  346-7  ;  est  délivré  dô  pri- 
àOQ,  p.  347-8  ;  est  renversé  par  Gi- 
Uad,  r/Jl-5,  p.  49t.  gui  lo  secourt, 
50y;  se  bat  avec  Arthur  le  petit; 
suit  Galaad  et  prend  part  a  la  cuerre 
de  Mflrc  et  des  Saxons.  510-î.'), 
ti.  U?;-3.  est  renvtrs*^  imr  Branor 
le  bruu,  C31  ;  squ  airuiro  avec 
ilâbés,  p.  431  ;  m-cuurut  St't'urarU 
le  brun.  t'A.;  lue  Galinan.  iip.  tXJ, 
439;  vainquit  trente  chevnliors  de 
Norgallca,  p.  413;  avoc  Tristan  cl 
Lancelol  il  d/îlivre  le  bon  cheva- 
lier sans  peur  et  autres,  610-1,  cf. 
p.  465  ;  ses  aventurea  avec  le  roi 
Arthur,  p.  40G:  on  trouve  de  ses 
exploits  dans  le  livre  ih-  Cliarle- 
magne,  440;  est  vaincu  )>ar  Guiron, 
secouru  par  Arthur  m  Hudemu)^u 
et  désarçonné  par  I.ancelni;  Gui- 
ron  refuse  son  secours,  p,  1G7; 
ses  aventures  avec  Diiiininn.  p. 
4fi8;  est  renversa  par  M«iliJidu3, 
GA'^,  p.  Mfi,  avec  lequel  il  voyage, 
G43,  cf.  p.  491:  est  salué  par  Tris- 
tan mourant,  511);  joute  avec  Lan- 
oelot  4*1  autres,  5Mi;  va  à  la  tnur 
d'Arthur  r»Gn,  cf.  4tiO,  liUl,  21'.', 
238.  2iG.  pp.  I9îl,  Vi-ti:  50  fait 
entlnicf.  pp.  I9«-y,  at-VO)  baptiser. 
500,  pp.  Î2U.  277;  devient  compa- 
gnon de  la  Taille  l(ondi)  cl  se  met 
on  quête  du  Giiinl,  MK)-3.  cf.  p,  'J77- 
8.  est  tuA  [lar  Gauvain,  56i-.î,  cl. 
pp.  4  in,  4H7;  son  fntiTrementelson 
^pUapho,  5(>(j:  la  cour  le  |>loure. 
p.  41K>-1,  i  ti02;  son  corps  est 
transporta  a  CamoAlolb,  G03. 

3.  PalamcdeSy  aïeul  du  précédent, 
p.  4:5*1. 

3.  Palamedes,  titre  du  roman  de 
Palamèdo,  638,  cf.  p.  43*3-3. 

PaUtmides,  v.  P&lamedes. 

Palinor,  v.  Pelinori. 

Parc,  cf.  Lampadel  ;  le  château  du—, 
p.  4Ji. 

Parcfval,  v.  Perceval. 

Parci'lcs,  v.  Pairidee. 

ParUles  ramoureux,  p.  447. 

Paris,  ville  p.  Vïh;  rtle  de—,  506, 
pp.  15.  446,  cf.  527. 

Parn'tle.%,  v.  Paridès,  PalriUus. 

Part,  CLo  château  de  la),  p.  3S6; 
fbute  pour  llapart? 

Paj,  lo  —  fondu,  p.  226;  le  —  ssns 
retour,  p.  462:  le  château  du  —, 
71  a;  le  chevalier  du  — ,  p.  44'J;  le 
comte  du  —,  pp.  102-3.  483. 

PaiUbreuilrifrun,cïio\oJl  de  TrUtao, 


52,  118,  122.  141,  IM,  pp.  87,  14G. 
1361. 
Palii/res^  v.  Patridea. 

1.  Patn'ries.  388  a  ;  se  met  eu  qudle 
du  GraaI.  p.  284  as. 

2.  Putrides  au  cercle  d'or,  se  met  en 
qu^le  du  GranI,  p.  2>t4  !»s. 

Pauiart,  tue  lo  roi  Marc,  575  a. 

PMteur  (lo  Hoi),  v-  Pelles. 

Priades,  Peliades,  v.  Paladoa. 

PftUis,  roi  de  Léonoia,  attaque  4t 
trompe  le  roi  Tanor,  4:  fait  U 
guerre  aux  Gornonaillais .  5;  esi 
vaincu  par  Sadoc.  7  ;  épouse 
Cetinde,  9;  devine  let^  i^nigmea  du 
K^ant.  chez  lequel  il  trouve  son  flU 
Luct>.  11-12.  nf.  p.  Hfi  ;  sa  mort.  13, 

1.  Pi-r  ,  -  "  ■      •        V  ■ 

le    , 

Gm  I  .  ,.  ,  .  _  .  .  ,  ,  .  i  , 
231  :  Arthui- le  jul:<.<  moins  dij:ne  de 
foi  que  Merlin,  .uni;  donne  l'hospi- 
laliltS  à  l.ancelot.  287  a,  auquel  il  fit 
boira  un  breuvage,  300,  et  qu'il 
envoie  chercher,  392  a  ;  ses  qua- 
rante cheraliers  août  runversi^s 
par  Tristan,  p.  222.  qu'il  Mùuie  de 
irompor  Marc,  331:  Diubel .  neveu 
lie  Perceval.  est  nuiirt>E>  de  lui, 
4;>8;  envoie cliez  uni*  '>•'"-  ';  -'-  ■  ' 
388  a.  qu'il  reçoit  cl  ■ 
le  j,'n<îril  et  qui  Im 
l'histoire  du  Gi-aui,  ju*.  IkI  c. 
p.  m'y,  cf.  5tl-5:  sa  fllln  Hetyobel 
ou  Llelaine,  il'-r—  _-•— (n  beautt>, 
481.M9.f9tlan:  md.  388t. 

.Mi2.  pp,  207.  3i  ^  '^ 

2.  /'eÙ«.  V.  Peliiiur  i. 

I.  Mil]inur.Pf.linif.r,  héberge  Tri^ 

tiin    ;      '    '.'   -$e,  113. 
i.Pel  il>»  Pelinor  Sel  frère 

de   1  I  ■  Listeu'jis.   p.  441. 

3.  Peiii)mur  \Petltix],  roi  de  Lisie- 
nols,  OU  du  préo^dent;  ses  cinq 
(Ils.  47.  ';i&.  ih  c.  302.  p.  481.  cr 
pp.  213,  231.  236;  pour  <u  lUlo.  la 
au.'ur  de  Perceval,  v.  ce  mat  ;  le  aar- 
moi  rifs  de  sa  lignée.p.  S I  ;  prand part 
à  lagnerr.'^  du  roi  Arm^'it,  p  438, dp 
Meliadus.p.  445-7,  ■\  -  ^  ■  ^,  p- 
488,  aux  tournois d  I  du 
Pin  du  Gùant.  avant .  .  .;,.t.  ...  ^jucl 
il  rencontre  Meliadu-ï.  p  4U;  chei 
lui,  le  bon  ch':;valii'r  sans  peur  a 
cunsutti'  ULTiin,  p.  U3;  ae  saisit 
du  royaume  de  Gnllofl.  qu'Arthur 
lui  permet  do  garder,  p.  446.  cf.  p. 
2.16;  Il  tut'î  le  roi  Lolh  et  fut  tué 
pnr  (}auvain,  72  a,  216.  pp.  313, 
231  2.ÎS.  cf.  288  a.  201  a. 

4.  Pt'J(l)ittùi\  roi  df  Ni>rthumberUnd, 
est  aoc'.'iir  :  "  f  '  '  ■  ■  ■  jui-'lii 
donnn  1  11  é15  : 
prend  pni  :  i  ■  i.  ha- 
dus.  p  44J-7. 

Pcndragon,  p.  491  ;  cf-  Utor. 


—  533  — 


PenmarCy  port  de  la  Petite-Bretagne, 

544  a. 
Perceforest,  roi,  pp.  443,  467. 

1.  Percera/,  le  meilleur  des  cheva- 
liers de  Peliaor  de  Listenois,  p. 
444. 

2.  Percerai  le  Gallois,  de  Galles,  fils 
de  Peliaor  de  Listenois  (d'Helain 
le  gros,  p.  187);  son  enfance,  302, 
308,  cf.  p.  444;  avec  son  frère  Agio- 
val  il  quitte  le  château  de  leur 
mère,  309,  cf.  p.  239;  est  armé 
chevalier  par  Arthur,  253  a,  2ô4, 
310,  p.  213;  sa  chasteté,  311;  sa 
valeur,  306;  sa  place  au  Siège  péril- 
leux, 311,  282  c;  se  distingue  à  la 
joute;  aime  Hélène  sans  pair,  313, 

.  282  C;  cherche  et  délivre  Lancelot 
et  Tristan,  301  306,  309-18,  282  a,c. 
388  a.  pp.  203,  205;  son  combat 
contre  Gaheriet,  avec  lequel  il 
s'esquive,  288  a;  est  renversé  par 
Tristan  devant  Camaaloth,  333  c; 
rencontre  Brehus  et  Blioberis,  358; 

Earle  à  Palamède  de  son  frère 
amorat,  359;  assiste  à  la  fête  de 
la  Pentecôte  du  Graal,  dont  il  se 
met  en  quôte,  395  a  ss.,  496,  498-9, 
p.  491,  U  501,  511-15,561-2,  567, 
cf.  282  c,  pp.  286,  309.  312;  prend 
part  à  l'anaire  de  Bedoin  de  la 
Sfarche,  552;  ses  aventures  avec 
Sagremor,  Tristan  et  autres,  420  ; 
secourt  la  nièce  de  Bademagu, 
491;  joute  avec  Saphar  et  délivre 
Sagremor,  p.  430-1;  a  des  aven- 
tures dans  les Prophecies de  Merlin, 
pp.  490-1,482, 188-9, 485;  sa  morl,567. 

Sa  sœur  veut  faire  venger  la 
mort  de  Pelinor,  288,  a,  m&:  ses 
avenluresavec  Perceval.  Galaad  et 
Bohort,  510-15;  sa  mort,  515;  son 
corps  arrive  à  Sarras  et  v  est  enterré, 
pp.  360.  372,  392,  400.    ' 

Ptredtir,  p.  5. 

Pvrilteux.'eu^e.  la  Forêt  — .  pp.  190, 
213,  4-:'.);  l'abbaye  ^ou  l'allôei  do  la 
Forêt  (ou  de  la  î^ulle)  —,  p.  397  ;  le 
Passage  —,  pp.  461-2.  467;  le  Pont 
—  p.  440;  le  Port— .  61  ;  le  Siège—, 
place  de  la  Table  Ronde,  206,  pp. 
219-21,  242-3.  259-60.  280.  accompli 
par  Perceval,  282  c,  par  Galaad, 
393,  393  a,  p.  276-8. 

1.  Perin  de  la  Montaine,  p.  194. 

2.  Perin,  Perinis,  frère  de  Brangain 
et  de  Matael,  31,  33,  547  a,  pp.  24, 
467.  476. 

Pertine,-iquc,  p.  8. 
Permis,  v.  Perinis. 
Perneham,-hen,  est  assassiné  par  le 

roi  Marc,  son  frère,  21. 
Pernim,  Pertius,  Perrin,  v.  Perinfis;. 
Perron^  cf.  Merlin,  Vermeil;  le  —  a 

lajaiande,  p.  445. 


Perse,  le  roi  de  —  est  le  fiancé  de 
Celinde,  p.  4. 

Persides  le  bloi,  ennemi  de  Palamède 
(p.  481);  ses  aventures  en  Cor- 
nouallle,  où  il  a  été  blessé  et  privé 
de  sa  dame  par  Tristan,  119,  p. 
480.  avec  lequel  il  va  au  tournoi  ou 
Château  des  Pucelles,  119-23.  125; 
y  prend  part,  126-9.  133-4,  137  ss.; 
cherche  Tristan,  144,  dont  il  ap- 

grend  enfin  le  nom,  155;  son  corn- 
ât avecMordret,  14G;  est  quitté 
par  Perceval,  388  a  (faute  pour 
Patrides  T) 

Perym,  v.  Perinis. 

Pescfieor  {Le  Roi),  v.  Pelles  1. 

Petit  Creu,  p.  60. 

Pftite-ltrelagne,  rovaume,  54  ss.,  99, 
100.  535  a  ss..  pp.  "317,  460  ss.,  491. 

Pharamond.-oni ,  fils  d*un  serf  des 
ancêtres  de  Guiron,  s'empara  du 
royaume  de  Gaule,  p.  460;  ami  du 
MÔrhout,  oui  arrive  chez  lui.  et 
parent  de  Tristan,  auquel  il  donne 
l'hospitalité.  2i-26,  p.  491;  Guiron 
se  distingue  à  sa  cour,  p.  437; 
reste  à  la  cour  d'Arthur,  où  il 
arrive  sur  une  nef;  a  vaincu  Ban 
de  Benoïc,  dans  une  expédition 
contre  lequel  son  fils  est  tué;  fut 
assiégé  par  Ulerpendragon  et  se- 
couru par  Meliadus;  triomphe  de 
Trarsin  et  est  vaincu  par  le  Mor- 
hout;  l'enlèvement  de  sa  femme^ 
p.  440;  son  voyage  après  le  tournoi 
du  Pin  du  Géant,  p.  444;  est  l'allié 
de  Meliadus,  p.  445-7,  qui  le  délivre 
de  la  prison  de  Danidain,  et  avec 
lequel  il  fait  route;  récits  de  ses 
aventures,  633;  chez  lui  le  Morhout 
séjourna  trois  ans,  p.  465;  est 
empêche  d'enlever  une  demoiselle 
de  Maloaut  par  Meliadus,  642, 
avec  lequel  il  voyage,  643,  p.  491; 
sa  guerre  avec  les  Saxons,  p.  488. 

Pharaon,  p.  49,  cf.  p.  46S. 

1.  Phfbus  le  fort,  célèbre  chevalier 
unci''n.  do  la  lignée  des  Bruns  et 
descenilant  de  Clovis;  son  his- 
toire. iî:i6,  pp.  426.  428,  437,  467.  Cf. 
Homania.  X.IX,  180-8. 

2.  Phehus,  lils  de  Galehout  le  brun, 
p.  461-2. 

PhelipiH's,  V.  Philippe  I. 

Phcnice.  p.  25. 

Phèrédin.-dur,  p.  45. 

1.  Philippe,  pp.  199,  485. 

2. Philippe,  p.  478. 

Piadan,  v.Priadam. 

Picardie,  440. 

Pietés,  les,  p.  437. 

Pierres,  le  Châteaux  dos  Deux  —, 

p.  8. 
Pignabely  v.  Pinabel. 
Pin,  le  —  des  Deux  (Trois,  Quatre) 


—  534  — 


Dames,  pp.  57,  476;  le  Château  du 
—,  293,3f7,  p.  169,  cf.  Géant,  Bïaloaut; 
la  Fontaine  du  —,  3i,  p.  439,  cf.  p. 
432:  la  Tour  du  —  rond,  461,  466, 
cf.  pp.  141,  312,  347. 

1.  Pinabel,    tué    dans    un    combat 
contre  ses  frères,  185. 

2.  Pinabel,  p.  60. 

3.  Pinabel,  v.  Supinable. 
Pinis,  V.  Perinis. 

PioUgues,  p.  330,  faute  pour  Merau- 

gis. 
PiottOy  V.  Pleurs. 
Pise,  V.  Rusticien. 
Pïadam,  v.  Priadam. 
Plain  (Le  Château  du),  255,  025. 
Plaine  aux  noifs,  la,  pp.  432,  442. 
Piaissier^  v.  Plessie. 
Planche  (Le  comte  de  la),  pp.  J98, 

484-5. 
PUusari  le  gros,  cf.  Aplasat. 
Plenorin,  -ius.  Dis  de  Geron.  73,  91. 
Plesseïs  (Le  seigneur  de),  p.  438. 
Plessie,  Brunor  de-,  p.  284;  cf.  Brion 

(pour  Briaut,  Bru(i)ant?)  du  Plessis 

dans  le  Merlin. 


Q 


Qualehadin  fp.  443],  v,  Galehodin. 
Quartelons,b\Z. 


Pleuris),  le  Château  des  —,  4t-2,  p. 

476-7;  le  Val  de  —,  la  fontaine  au 

Val  de  —,  pp.  464,  471-2.  Cf.  Lai. 
Poitevins,  p.  437  (=  Pietés). 
Polynet\  v.  Pelinor  l. 
Pometame,  -terne,   Poncannie,    pp. 

197,  485. 
Porneham,  v.  Perneham. 
Port,  Adoras  de   l'Ile  du  —,  fils  du 

roi  de  l'Ile  du  —,  350;  le  —  de  la 

Forêt,  p.  180;  le  château  du —, 609. 

Cf.  Cave,  Périlleux. 
y'o;*(fi(5),  lcChâteaude5(Deux)— ,9,  p. 

476;  le  Val  de  la—,  278.  Cf.  Mador. 
Porttesgués,  v.  Meraugis. 
Poumecanine,  p.  485, 
Poupart,  p.  431. 
Priadam  le  noir,  vaincu  par  Bohort, 

501. 
Priam,  -ant,  de  Troie,  530. 
Priamus^vi.  383. 
PuceUes  (Le  Château  des),  114,  121, 

125  8S.,  150  ss.,  398  a,  p.  468. 
Puin,  V.  Perinis. 


Quempercorrctin,  Quenpartorentin , 

ville  de  Logres,  pp.  238, 441. 
Qui-,  V.  Ki-. 


R 


Bachine,  v.  Lestoc  2. 
Rafasar,  v.  Alphasar. 
Banals  le  fort,  p.  485. 
Banccys^  -cier,  le  pèlerin,  pp.  483, 
193. 

1.  Banier,  l'ermite  du  Bois,  p.  218. 

2.  Banner,  Bavier,  de  Miranscis,  roi, 

Îôre  d'Alexandre  l'orphelin,   p». 
86,  481-2. 
Bas  de  Gromoret,  pp.  190,  482-3. 
Ravier,  v.  Ranner  2. 
Rechaux  le  fort.  p.  199,  cf.  p.  485. 
Rednez,  100. 
Redoutable  (L'Ile),  597-8. 
Reis,  fîUe   d'Escanor  le   brun,   est 

aimée  de  GuLron,  p.  438. 
Reposte  (L'Ile),  289  a. 
Retenu,  p.  23. 

Rezala,  p.  459  (faute  pour  Tesala). 
Ricarda,  nom  de  la  sœur  de  Galenout 

dans  la  Coronica  et  les  Due  Tris- 

iani. 
Richart,  roi  de  Northumberland,  p. 

226. 
Richier,  p.  491. 
Rima,  p.  381. 
Rion,  roi,  se  met  en  quête  du  Graal, 

395  a  ss. 
Riscot  (La  dame  de),  p.  438. 


Rive[\)l,  V.  Hervi  1. 
Biviere,  v.  Ensoit. 
Riviers,  p.  230. 

1.  Boberi  de  Borron,  387,  392-3,  396, 
398,  477,  502.  pp.  143.  148,  162,  185, 
187,  191,  211,  216,  372-3,  404,  436, 
439,  444. 

2.  Robt'Tt  le  Frison,  p.  226. 

Boche  (Leseigneur  de  la),  p.  323;  (Le 
château  de  la),  9,  p.  450.  Cf.  Bise, 
Dure,  Ermites,  Eîts)meres,  ITort, 
Haute,  Marganor,  Naïve,  Noire, 
Saisnes,  Sarman,  Tranchent. 

Ro(h)csloc,  Roestoit  (La  dame  de),  34, 
p.  476;  (Le  tournoi  de),  p.  451. 

Bojemont,  626. 

Boland,  son  épée,  440. 

Borne,  fut  conquise  par  Helain  le 
blanc.502  ;  l'empereur  de —,  p.  438-9. 

Bomenie,  p.  404. 

Bosee  de  Riviers,  reine  enchaenee,  est 
déliée  par  Gaiaad,  p.  230. 

Roux,  la  dame  du  Châteaux  —,  p.  466  ; 
le  château  au  —  de  t'Angarde,  p. 
467. 

Bubcrt,  v.  Robert. 

Runakm,  fils  du  roi  Hoël,  est  l'amant 
de  Gargeolain.  dont  le  mari  le  tue, 
535  a,  540  a,  542  a. 


535  — 


Ruois,  p.  67,  cf.  p.  476. 

Rusticun  de  Pue,  pp.  423-4,  4-27-8, 47;. 


Ruvaien^  v.  Ranalem. 


Sabie,  p.  449. 

Sabryne^  Qeuve,  p.  437  (Sôvern). 

Sadar,  v.  Senahar. 

1.  Sadoc,  fils  de  Brun,  épouse  CelîDde, 
tue  son  frère  et  est  jeté  dans  la 
mer,  1,  '2;  arrive  chez  l'ermite  de 
Sarras,  3;  est  conduit  en  Cor- 
nouaille,  6;  triomphe  du  roi  Pelias, 
7,  qui  le  sauve  de  la  mort,  8;  enlève 
Cehnde,  9;  avec  elle  il  reste  chez  le 
géant  qui  propose  des  énigmes,  et 
chez  Trladan,  10, 11;  est  blessé  par 
le  roi  Tanor  et  tué  par  son  propre 
fils  Apolb,  13. 

'2.  Sadfic,  ennemi  du  roi  Marc,  pp. 
186  8,  481,  gu*il  attaque;  tue  le 
traître  de  Magance,  le  meurtrier 
de  son  père;  ameute  les  Léonois, 
p.  -201-2. 

3.  Sadoc,  chevalier  d'Orcanie,  prend 
part  au  tournoi  de  Louvezerp,  378- 
9;  est  vaincu  par  Guiron,  p.  467. 

4.  Sadoc,  est  vaincu  par  Branor  le 
brun,  p.  428. 

5.  Sadoc  de  Norgalles,  est  désarçonné 
par  Guiron,  p.  437. 

6.  Sadoc  te  blond,  se  met  en  quête 
du  Graal.  p.  284  ss. 

Sador,  -dotji),  v.  Sadoc. 

1.  Sagremor  du  Tertre,  oncle  d'A.- 
riohan,  p.  447. 

2.  Sagremor  du  Tertre  deveé,  cousin 
d'Ariohan,  p.  4i7. 

3.  Sagrein'irledcsrcé,  parent  d'Helain 
le  blond,  p.  4.)2;  son  château,  430. 
ôOS;  est  dans  les  tournois  des 
chàt>:'aux  de  la  Lande,  30,  des 
Pucelles.  128.  13-2,  137,  et  de  Uu- 
vezerp,  370,  cf.  p.  407;  est  renversa 
par  Tristan,  31:  ses  aventures  avec 
C-;  dernier.  Keu  ot  ilauvain.  Ilô- 
l'J,  201;  doit  combattre  Monrenart, 
28;(a,  dont  Ereo  lui  envoie  la  tt>te, 
2^1  a;  est  avec  Blioberis,  Erec. 
Boliort,  ]).  210;  est  renversé  par 
Tristan  devant  Camaaloth,  338  c, 
339.  et  par  Palamède,  37j,  cf.  p. 
407;  est  vaincu  par  Alexandre 
l'orphelin,  p.  206;  est  en  qut>te  du 
Graal,  395  a  ss.,  p.  228-9;  fui 
désarçonnt^  par  Brehus ,  U>2,  et 
empêché  par  Tristan  d'enlever  la 
princesse  île  la  Cité  vermeille,  420; 
renverse  Eugène,  446;  est  délivré 
de  prison  par  Tristan,  623,  qu'il 
aide  dans  ta  guerre  du  roi  d'Irlande, 
n.  3i3,avec  qui  il  va  en  Gornouaitle, 
»4i-.ô.cf.  p.  228-9,  qu'il  voit  mourir, 
549.  cf.  p.  383  (où  il  est  substitué 
à  Dinas),  et  dont  il  présente  Técu 


et  l'épée  à  la  cour  de  Camaaloth, 
551,  p.  400-2;  est  renversé  par 
Branor  le  brun,  62!;  Percevai  le 
secourt  contre  Brehus,  p.  431  ;  ses 
aventures  avec  Keu.  le  roi  Arthur 
et  autres,  p.  4U-3;  rencontre 
Abilan  et  Guiron,  pp.  \6l,  467,  qui 
triomphe  de  lui,  p.  467;  séjourne 
malade  à  la  cour  d'Arthur,  pp.  19G. 
466,  484,  490;  pour  sa  mort,  cf.  p. 
487. 

Saigremor,  v.  Sagremor. 

Sain,  p.  436  (faute). 

Sainez,  Saiitses,  v.  Saisnes. 

Saint  Augustin,  le  misstonaire,  14, 
15;  pp.  216,  370. 

Saint  Benoit,  p.  197,  cf.  p.  484. 

Saint  Denis.  10. 

Saint-Exprit  (La  messe  du),  623. 

Saint  Etienne  (L'Eglise  de),  603. 

Saint  Oraal  (Ginal),  le,  vaisseau 
mvstique  conservé  à  Gorbenic,  505, 
55S,  562,  567,  pp.  188,  243,  350,  409; 
apparaît  à  la  cour  d'Arthur  pen- 
dant la  Pentecôte  du  —,  pp.  276  sa., 
cf.  347,  p.  486.  La  quête  (conquête, 
pp.  286, 387)  du  —,  185, 2à6a,  W3e, 
§06,  3!1,  488,  509,  516,  527-8,  568. 
571,  pp.  347,  465,  est  imminente, 
3i4,  34j  ;  est  jurée  et  menée  à  fin, 
pp.  282-4  ss.,  12  496  ss.,  510  sa., 
oZi,  note  4,  pp.  392-3,  395-400;  est 
maudite  par  Arthur,Trlstanet  Dina- 
dan,  517,  535,  569,  573.  La  (Haute) 
Histoire,  le  Gonte,  le  Livre  (cf. 
Latin^  du— ,  pp.  1-2,  170,207,210- 
11,  218,  276,  485,  285,  302,  409,  448; 
cf..  i>our  la  Quesle,  392  a. 

Saint  Jean  (Le  jour  de),  pp.  446,  469. 

Saint  Laurenty  p.  485. 

Saint  Lazare,  p.  408. 

Saint  fifini.  convertit  la  Gaule,  7, 18. 

Saint  Sanson,  p.  123;  l'île  de  —,  pp. 
Il,  20,  123,  331,411. 

Saint  Vincent  (L'abbavc  de),  291  a. 

Sainte  (La  Terre),  p.  2Ô2-3. 

Saimes,  Saxonnois  (p.  437),  les,  les 
Saxons,  envahissent  la  Cor  nouai  lie, 
2(;',)-79.  et  avec  Marc  et  son  armée, 
le  r^o^'res.  516.  518,  523-4,  p.  372-3, 
cf.  470:  sont  vaincus  par  Boudwin. 
p.  4SI;  pillent  le  Norgalles,  p.  446; 
leur  guerre  avec  le  comte  de 
Doivre,  pp.  466,  482,  48i-5,  490-1. 
et  avec  la  Gaule,  p.  488;  la  Roche 
aux  —,  pp.  199,  48.1.  490,  cf.  p.  466; 


.p.  4i    . 

Ariohan,   FroUe,  Samaliel,   Ilelios 
père  et  lils. 
Saissoi{n)ijne.   Saxonn{i]e,   royaume 


—  536  — 


idr^s  SaiSM^t  270  ds.»  31K>,  511  &, 

631  b. 
Salatri:  de  Frise,  p.  2Î6. 
Saldar^  v.  Senehar. 
Salvrne  (Le  mMô<;tn  do),  *>iiia, 
Salc{.\]hiercs,  ~(ihieres,-luhigrrx,f!,a\<is- 

bnrv,  p.  2;  la  Utaillo  de— 71.189, 

:in;m  a,  pp.  w?,  in,  m,  «7. 

Saiftmon,  Wi,  &12-Î3;  cf,  (..  407. 
Samalù't,  llls  du  prince  ProUc;  sa 
gtSot^rosite,  53?;  sa  viilour,  555;  sa 
suiuro.  b:A,  trouve  Calaad,  qut  le 
faii  clii.'vatier,  527,  5."iï-4;  ses  aven- 
tures eu  Logres,  55A-7. 
Samdar^  v.  Souatiar. 
I.  Samson,  50. 

3.  A'anwon,  Snnsesy  pp.  195, 183. 
Sandnr.  v.  Senahar. 
Sandret.  v.  Aadrel. 
Sanvr.  vaincu  par  Guîron,  p.  4(17. 
SfiMïrx,  V.  Sameoa. 
Saphar  le  mùconnu,  frère  do  Ptila- 
mùde;  porte  les  urines  de  sou  oini 
Hector,  triomphe  d'Helior  et  so  Imt 
avec  8on  frore,  38?  ;  est  emprisonné, 
puis  remis    on   liberté.    38J  ;   est 
renversé  par  Alexandre  l'orphohn, 
np.  1S8,  W:  a  vainc»  le  comte  de 
la  Planche;  est  dans  le  tournoi  de 
Gttlebout  et  secourt  dey  chevaliers 
contre  le  géant  (Jûrodoc,  pp.  !U8- 
m.    m.    484-5,    ïao-l;    ohas-se 
BrehuB,    '.Î9Î  a;    est    vaincu    par 
Alexandre    l'orphelin,    ot.    après 
avoir  triomphé  de  Margot  le  roux, 
par  Lancelot,  p.   'jOIj;  ao  jnàt  en 
quête  du  Graal.  p.  284  69.  ;  est  rea- 
veraô   par  Dronor  le  brun,   C?I  ; 
jouto  avec  Percevnl,  p.  430-t;  ol 
désarçonné  par  Oalinan.  p.  433,  cf. 
p.  «y 

Sapinoie  (La  Fontaine  do  la),  G40. 

Sardoc,  v.  Sadoc  3. 

Sarman  de  lu  Roche,  est  vaincu  par 
Guiron,  p.  iOT. 

Sari}^don,  châtelain  do  Moucheron, 
célèbre  le  retour  k  la  Franchise  de 
Tristan,  dont  il  prend  conKù  après 
avoir  ôt<^  déi^arronné  par  Meltadus, 
MI-3.  cf.  p.  4(i^. 

Sarrai,  cité.  3,  515.  5(13,  WH,  571. 

5arrfl;i'n(jl,les—,S3l);  le  chevalier— , 
Palamfido. 

Sas40{in{/)ii(i)e,  v.  Saissoljfna. 

Saturne,  15. 

Saut,  le  —  Tristan,  51 .  p.  47ti. 

Sautagc  (Le  Rovaume),  p.  431. 

Sa{u)var,  v.  8enahar. 

Saxonn{i]e.  Saxonnoù,  v.  Soissoigne, 
^isnes. 

Scilise-s.  v.  Colicos  1. 

Scipion,  p.  -IHO. 

ScQral.  V.  Escoraut. 

SebiiiJie,  enchanteresse,  camarade 
de  Morçain.  pp.  m,  483.  217  (cf.  p. 


t.  Seguradis,  (Ils deTrarsin. p. 440.  et 
cousin  de  Guiron,  641  (est  le  Fràro 
de  Palam»-de   dans  MaIor>*,  cf.  y. 
4S8);  perd  sa  (emmH,3 1  '  esi  av-c  Trt?. 
tan  dans  le  ,V(!n'rt</(î,  dont 
la  seiçneurie.  )i"i-.i,  pp.    i 
VJ-80;    trouve   Knhedin 
mède;  tombe  malâdo  à 
nouvelle  da  la  mort  de  Ti  i 
ses  aventures  avec  le  roi  iies  Cent 
Chevaliers,  368:  son  parent  llelior 
porte  ses  armes,  liSi:  aa  rencontre 
nvor   Lancelot,  Cl5;  est   renvors(> 

Car  Branor  le  brun,  C'2I  ;  assiste 
ristan ,  Lancelot  ut  Palamède, 
venus  p(>Di'  délivrer  (iuirûn  el 
autres,  f,M;  est  renversé  par  Mo- 
liadus,  avec  lequel  il  voyage,  E>42>3, 
cr.  p,  VJl, 

2.  Sfguradei  de  Lanvalle.  p.  4C7. 

3.  Seguradex,  Sf^jurfinl .  lo  bruD, 
le  clit'valier  ou  I  'r*  j'HfM!lor 
le  bruu  el  ii  ;ranor  1q 
brun,  pp.  519.  .-:,  .,.  -.  185,  188; 
sa  valeur,  p.  4;il-.i.  vainquit  dans 
lo  tournoi  de  Wincestre,  pp.  'l'iO, 
432,  prend  purt  h  celui  d'Lterpen- 
drat''*n,  p,  wS;  ses  nventuri.'is  avec 
Golislant ,  Galehout  le  bruu  et 
autreji,  pp.  2!9,  131-3,  437-8,  *'J0-1  ; 
joute  avec  Lancelot  et  Tristan,  pp. 
in,  488,  cf.  pp.  319.  433;  prend  la 
croix,  p.  i'iO;  sa  mort,  p.  488, 

Si-I{l\initii,  p.  470,  V.  Celiodc. 
St'lve.  V.  Ht'nor. 
Sfinound.  p.  HM),  ef-  p.  48t. 
Stinn/uxr,  as<jicge  Ënido,  dont  il  a  tué 

le  père  et  le  Irére;  sa  déroîte,  pp. 

39.^-.I(ll.  303. 
Scnan.  cousin  de  Danain,  p.  413. 
Senasar,  5r/j«/iar»  v.  Senabar. 
SetuUts.  se  met  en  qu^td  da  Grut, 

p.  283  tfs.;  su  mort.  510. 
Sent\e^  v.  Salsnos. 
Srf'liar,  V.  baphar. 
Sersù-),   de   la    faiiiin-'   <^'--s   Bruns» 

reiiisA  rhospit:  ron;  sm 

ovemures,  pp.  i  .v^9. 

Servage,  lo  val  du  — .  Gt-J,  pp.  4C2, 
^  -liiS  8S.,  471).  47'.J-«.I,  4K9. 
St'mes.  Sessoi(n)gney  v.  Ssisnes.  Sois- 

soigne. 
Sevcrn,  v.  Sobrytie. 
Sibihax  aux  durt^s  mains,  se  mot  en 

qudie  du  Granl,  p.  384  ss. 
Silf:l{l}e.  V.  Bebille. 
Sifjurad<:s,  Svjurant,  v.  Seguradw. 
Siineon,  Simcu,  ftls  de  Mots,  562;  est 

délivré  iiar  Galaid.  622. 
5iM£ir/e.t,-Joj,âemotenquMaduGni«t. 

31):}  a  ss;  est  lue  par  son  frèr« 

Ansel.  532. 
Sinrdev,  -doc,  -dos.  p.  3t;<i. 
Siraoe,  ÛU  de  Phebus,  p.  460. 
Soi/ois,  Sorelois. 


—  537  — 


Sœurs,  le  Ch&teau  des  Deux—,  pp: 
448-9,  451. 

Soissoingne,  v.  Saissoigne. 

Soranor  le  pauvre,  son  combat  avec 
Danain.  p.  464. 

5ofT/où.  pays  limitrophe  du  Norgalles 
et  du  Nortbumberland.  40,  41,  180, 
282  d,  402.  408,  422,  445,  447,  pp. 
432,  441,  449,  454,  456.  459,  483  38.; 
les  Destrois  de  —,  68, 73,  87,  93-4, 
p.  462  ;  le  roi  de  —,  pp.  360,  438,  483, 
cf.  GaJefaout,  Galenodin;  des  che- 
valiers de  —   prennent  part  aux 


touraoia  de  Louvezerp,  353,  et  de 
Norgatles,  614,  618;  la  quôte  de  — 
(pour  trouver  Lancelot),  179. 

Spmogres,  v.  Espinogres. 

Suo{p)inable,  Supinades,  chevalier 
de  la  Petite- Bretagne,  59,  pp.  476. 
479,  cf.  p.  468. 

•Surjw,  rivière,  p.  450. 

Syadan,  p.  351. 

Synamon,  p.  460  (faute  pour  Fara- 
mon>. 

Syrie,  p.  436. 


Table  Bonde,  la,  206,  311,  établie  car 
Merlin  et  Arthur  (cf.  ce  mot),  309, 
377.  630;  la  Tavola  vecchia,  p.  488; 
fut  détruite  par  Marc,  575  a.  Les 
compagnons  et  les  chevaliers  de  la 
— .  129,  171,  377.  618,  pp.  194.  445; 
mode  de  les  compter,  377,  et  de 
les  réunir,  569;  leurs  serments 
sont  souvent  fallacieux,  286  a.  La 
bannière  de  la — (pour  les  tournois), 

f).  139.  Coutumes  de  la  —,  v.  Cheva- 
erie.  Le  serment  de  la  —,  206,  560, 
p.  346.  Les  grans  litres,  l'Histoire, 
delà—,  pp.  1,403-4,436-7. 

Talain,  -am,  v.  Tolau. 

Tambenic,  v.  Gambenic. 

Tanaburs,  enchanteur,  constructeur 
de  Gorbenic,  558. 

Tanan,  p.  98. 

Tanasor^  v.  Goaosor. 

t.  Tanor^  roi  de  Gornouaille,  épouse 
Gelinde;  son  rôve,  2, 13;  est  délivré 
de  prison,  4,  5,  7;  sa  guerre  avec 
Pelias;  blesse  Sadoc  à  mort;  tue 
Luce  et  est  tué  par  Apollo,  13.  Cf. 
pp.  479,  475-6. 

2.  Tanor  le  noir,  69. 

Tan{s)tris,  nom  que  se  donne  Tristan, 
pp.  24,  475,  XXII. 

Taram,  Tarsarij  frère  de  Bademagu 
et  neveu  d'Dnen,  p.  446. 

Tamn,  v.  Trarsin. 

Tar^iisl  pp.  XXIII,  477. 

1.  Taulas  de  la  Montagne,  géant,  tué 
par  Tristan  fou,  103. 

2.  Tauîas  le  grand  de  la  Déserte,  est 
renversé  par  Tristan  devant  Ca- 
maaloth,  339;  se  met  en  quête  du 
Graal,  395a  ss.;  sa  mort.  510. 

3.  Taulas  de  Roiemont,  626. 

4.  Taulas,  cf.  Tulant. 
Tenebroe,  p.  467. 

Ten(n)or,  pp.  4,  475;  cf.  Tanor. 

1.  Teriadan,  enchanteur.  11,  p.  476. 

2.  Terriaden.  parent  de  Lamorat  de 
Galles,  188. 

Teriquant,  frôre  du  géant  Caradoc, 
p.  488. 


Tennelide,  v.  Carmelide. 

Tertre,  v.  Sagremor. 

Tesal{l)a,  aimée  d'Absalon,  Qancëe 
du  neveu  du  roi  d'Ecosse;  sa  mort, 
635  ;  est  enterrée  par  Meliadus,  638. 

Thamise,  la,  p.  437. 

Thésée,  p.  4*6. 

Théresum,  p.  480. 

Thycorades.  v.  Cicorades. 

TiTUag{u)el,  -taignel,  •tajol,  -iqiuel, 
-Ihanel,  -toyl,  château  de  Marc, 
33  ss..  47,  75,  75  a,  83,  95-6,  103  ss., 
119,  167,  263,  270  ss.,  289  «s.,  298  a, 
537  a  ss..  577  ss.,  pp.  202-3,  209, 
360,  476;  la  vieille  prison  de  — .  287, 
290,  p.  169;  la  cathédrale  de  —,  580- 
1,  p.  389-90. 

Tiriadam,  v.  Teriadan. 

Tirian^  le  château  de  —,  209. 

Tistran,  p.  IV,  Tristan. 

Titus,  p.  359. 

Toivre,  552. 

Tolan,  château,  167-8. 

Tor,  Ois  d'Ares,  p.  481  ;  ses  aventures 
dans  le  Darautes,  73  a;  garde  le 
pont  d'Argan  et  est  vaincu  par  le 
roi  Hoël,  98;  est  en  quota  du  che- 
valier â  Vécu  noir,  150,  157-8,  103. 
et  de  Lancelot,  302;  est  â  la  cour 
d'Arthur  {?1l  p.  110;  quitte  le  Châ- 
teau des  Dix  Chevaliers,  288a; 
Gauvain  et  frères  décident  de  le 
tuer,  250,  cf.  302. 

Torain  l'orgueilleux,  p.  441. 

Totre,  p.  m. 

1.  Tour,  V.  Tor. 

2.  Tour,  la  —  aux  Géants,  615. 
Cf.  Faran  1,  Ami,  Beauté,  Gama- 
alotfa,  Douloureuse,  Pin. 

Toumoiant  (L'/$te),  p.  358. 

Trais,  de  —  (pour  â'Estraus),  p.  74. 

Tranchent  (La  Roche),  258. 

Trangot,  pp.  283,  486. 

Tra[r)sinj  Trart,  père  do  Segurades, 
est  vaincu  par  Pharamont  ;  sa 
femme  lui  est  rendue  par  Meliaidus, 
p.  440. 


—  538  — 


rrvMMX  0*  CbAleaa  du),  p.  437.  Cf. 

TressUle,  v,  Cres»ille. 

Treu,  Kou  1  fjressan). 

Triadati^  v.  Teriadan. 

Trient,  p.  l  jô  (pour  Driam). 

t.  Tristan, -tram,  fîU  du  roi  Meliadus 
do  lAjnois.  neveu  du  roi  Marc  de 
Cornoiinille.  paront  du  roi  Phara- 
moul  do  Gaule  (26)  cousin  d'Au- 
drot  el  d'Alexandre  l'ûiptiolia;  dtis- 
coadanl  do  David  (p.  -141);  son 
nuveu,    5J7  a;   sn   naissance,   S(K 

K.  413;  SA  pHs^toa  pour  Isuut  la 
londo.  .tl.  !l3.  3Î1.  51  103,  'm,  327, 
3M.olp<iîm»,àa  rivalitt^avecPalra- 
m'>de,  ^11,  I3:t,  p.  413,  el  ftaxxim;  sa 
courioisiQ  el  sa  gd-aûrosiLô,  78,  112. 
194,  203.  380,  up.  18y,  337;  sa 
mortestie.  llKj,  449,  463;  son  caraD- 
lôro  tantôt  doux  ut  concilianl.  140. 
181.  401,  114,  419,  i-iC,  4'.):t.  taiiliM 
violf>nl  et  orgueilleux,  76.  78,  281, 
3iO-jl.  190,  505  8».,  «U'i;  son  espiii 
taquin,  sa  gaieté  et  son  humour, 
3f>l.  3f;:i-4,  371.  379.  187.  400,  iicj  a, 
037  a;  son  astuce, '2Gi,  'IHl;  son  ins- 
truction, 366;  aa  grande  valeur  el  SA 
brillante  renommi'îO,  fiG.  73,  7â,  93, 
9(i .  lOG.  119,  l'JS,  iii.^ 21 1,  22'J..i49-.îO. 
251  a.  201,  277,  340.  361.  374,  410. 
448-îl,  461-2.  184.  495,  508,  5W,  pp. 
1-2.  IU9,  222,  266.  310.  3M,  439. 
443-5  ;  sa  Torce,  TilKI,  5iS,  p.  U5,  cf. 

fe441;  est  excollent  musicien,  59, 
,  4o9,  4â(),  492n;  sa  supùriarîtô  à 
la  chnSHQ,  52,  355.  nu  jeu  d'éctioc:) 
et  à  l'escrime,  4SI;  su  beautti,  22, 
25.  332,  :i:i6.  pp.  31  140;  sa  haute 
taille,  110,  122,  p.  140;  son  image  à 
la  Joyeuse  Garde.  314,  314;  son 
épée,  dont  il  tua  Je  MorUout  2K. 
33.  91.  1211.410,444.  479.  pp.  390, 
411  ;  son  cheval.  412,  492  n,  cX.^Vtm- 
sehrouil;  son  chien, 27,  p.  XXII. 
cf.Uwiant,  Araviuto;  priMiclions  do 
sa  gloire,  2(1»  23.  p(>.  4Vi-5;  tuera 
Artamaa.  15;  Merlin  lut  donne 
Gouvernai  pour  moilre,  20,  cf.  p. 
407  ;  Oiii  mena  voir  son  pôro  em- 
prisonné, p.  416,  i^ui  retourna  en 
U\onDis  à  la  nouvelle  de  sa  mala- 
die, 63S,  p.  471;  échappe  aux  atten- 
tats de  sa  belle  mère,  22;  est  sauvé 
de  la  mort  par  Gouveruol;  vengea 
plus  tard  l'assassinat  de  .son  père,  23, 
cr,  p.  471  ;  son  séjour  chei  Phara- 
mont,  dont  la  (illo  s'éprend  de  lui. 
24-6.  p.  401  ;  va  chei  Marc,  27,  cr. 
).  467  :  son  combat  singulier  avoc 
e  Morhout,  28.  105,  pp.  11,  44.1, 
471,  479;  son  premier  sôiour  en 
Irlande,  29-33,  pp.  476,  479,  où  il 
lue  un  sorpent,  pp.  24,  475;  ses 
amours  arec  la  femcno  de  Segura- 


l 


.79; 
■  -.  la 


des;  sa  -i-t.,,-..  =....  ;: 
Dudinel,  ' 
est  eavoi  :  j 
main  d'Iseut,  .»5,  d-jQi  .1 
en  I-ogres  le  ^ère.  30,  p..i. 
ayant  confïuis  l'écu  fetimi  >iir 
Brehui,  il  souUeni  un  comhai 
contre  Blainr,  ÏT-S,  p.  4S-»;  son 
second  séjour  en  Irlande,  SS,  170; 
narl  avec  Iseut  et  bûîl  le  philtre, 
39  ;  est  retenu  au  ChiLteau  des 
Pleurs  après  sa  vicloire  sur  Dru- 
nor,  pdre  de  GoJehout;  sou  combat 
avec  ce  dernier,  40-!,  pp.  XXJII, 
477;  est  honoré  par  Mfirr.  13.  p. 
475;  con-juiert Iseut  ■  êlo, 

43-4  ;  sa  Tuile  et  sa  j  45- 

fi;  renverse  Laraora;  ,  47, 

cr.  p.  475;  par  suit»'  .urs 

avec  Iseut,  il  est  cou  iijrt, 

48-51.P.  476;  sa  vi»  avec  làeiu  d-ins 
le  Morois,  .52-4.  np.  XX  (II,  477; 
passe  00    Pelite-Br--'">  ■  ■' 

aide  le  roi  110111  ci  v\. 
Ulaocbcs  mains,  51-1/ 
ses  voyagea  dans  lo  Scivayc^  dwuL 
il  tua  le  seipneur  \ahon.  et  où  il 
délivra   Guiron,   le   '    •■      '  -^     '  ■  - 
sans  peur  et  aulr*?-. 
ss..  4(6,  479-^0.  cf.  ;i 
dôsarcoQué  par  son 
avec  fui,  012-3.  cf.  \.    . 
les  coutumes  ''■:  '  i.  n- 

leux.  70;  a  (il-:  -  un 

tournoi   do    p.  .73, 

envoie  une  Iettr*<  u  stm  ami  L.ance- 
loi,  74,  p.  480,  cf.  59;  repart  pour  la 
Cornouadle;  »e8  tTeulures  dans  Ii! 
Oarnantes.  (^t.  71  a  — 75  a,  p.  476; 
est  introiluit  dan*  In  tour  d'Isiiut. 
75,  7.»  a;  jaloux d<!  Kaheilin,jls'ea- 
t'ïiil  dans  le  Mnrois,  70,  T7a,  78. 
78  a,  RO,  p.  4S(t,  iiii    :  rai- 

sou  et  lue  le  i;éaat  T<i  *«.,  ; 

guéri  riiir  Ut'n'  -'  (  lor- 

nouflille.  U  ii  i  -es; 

trouve  Dinairii.  'i-G. 

p.  XXII-Ill  ;  \a.û  jiiit  lo  lui  di" 
Nori^alles;  ses  rolatiua^  avec  le 
roi  uos  Cent  Chevaliers.  105;  court 
les  nventrirrts  du  I.n:;(i-^,  li)6-10. 
113.  iVM.  p.  413,  n  114-16.  118;  avoo 
Persides,  S'in  Linncmi.  il  va  au  tour- 
noi du  Ghàl'iau  des  Pactflles.  120-3, 
125.  et  y  pruud  pvr'  '    it  un 

(^cu  n-jïr.   l2(t-0,    1,  iti» 

elievaliers  d'Arilui;    ^  "our 

le  chercher,  150  ss.  ;  »ou  s«^jaar 
chez  Darn<),  qui  l'omprisonne.  142, 
p.  475,  Jl  14^-9,  10-2-6,  181-;j;  jos 
avenlurei  3ubsequ<;aiiïs,  p.  132-7, 
i  192-2U2;  son  combat  avec  Pata- 
mède.  623.  cf.  190.  202,  el.  au  Per- 
ron jtfcr/in,  avec  Lancolot.  20.?. 
023,  229.  19Û,  p.  381 ,  cf.  p.  222,  qai 


—  539  — 


l'amène  &  ta  cour  d'Arthur,  où  il 
devient  compagaon  de  la  Table 
Ronde,  ?03-6,  300,  623  ;  va  en  quôte 
d'aventures,  pp.  164,  429;  secourt 
les  sœurs  de  Bertelai ,  231 ,  235 ,  cf. 
231  a;  étant  resté  quelque  temps  à 
la  cour,  247-9,  il  part  pour  la  Cor- 
nouaille  avec  Marc;  ses  aventures 
de  voyage,  pp.  170-2, 164;reprendses 
amours  avec  Iseut  ;  est  bien  traité 
par  Marc,  p.  172,  ^J  259,  261  ;  sa  cor- 
respondance poéuque  avec  Arthur 
et  Cancelot  ;  essaie  d'intercepter  la 
lettre  de  Marc,  262-4,  qu'il  secourt 
dans  la  guerre  des  Saxons;  son 
combat  singulier  avec  HeUas,  270- 
8  ;  protège  lieliot  le  harpeur,  279- 
81;  ses  amours  avec  Iseut,  qu'il 
vient  trouver  sous  un  laurier  du 
jardin,  282-6,  cf.  p.  205;  protège 
iVlexandre  l'orphefin.  pp.  188,  481- 
2  :  a  été  blessé  par  He^aguant  au 
tournoi  de  Galebout,  p.  201  ;  est 
emprisonné  deux  fois  par  Marc, 
qu'il  emprisonne  à  son  tour;  passe 
avec  Iseut  en  Logres,  282  a,  e. 
f,  g,  h.  287-93,  317-3iS,  cf.  306,  483, 

§p.  xr,  245;  reverra  la  Ae/de  Joie 
ans  te  moment  le  plus  triste  de  sa 
vie,  335;  après  un  combat  contre 
Palamède,  337,  il  désarçonne  un 
grand  nombre  des  chevaliers  d'Ar- 
thur et,  avec 'Iseut,  est  installé  par 
Lancelot  à  la  Joyeuse  Garde,  p. 
252-9,  dont  il  n'a  pu  accomplir 
toutes  les  aventures,  314,  et  ou  il 
reste  quelque  temps,  347-51,  355-7, 
360-8,  371-5  ;  va  au  tournoi  de  Lou- 
vezerp.  374-6,  p.  467,  et  y  prend 
part,  378-81;  est  déSé  par  Pala- 
mède, 381,  qu'il  amène  avec  Lan- 
celot à  la  Joyeuse  Garde,  383.  et 
u'il  doit  com'battre,  384-5;  refuse 
e  retourner  en  Léonois,  386;  va 
assi:<ter  à  la  tête  de  ta  Pentecôte 
du  Graal,  387-90,  394-5,  468,  pp. 
218,  278.  dont  il  se  met  en  qiiête, 
395  a  ss. ,  399  ss. ,  pp.  286,  219-23  ; 
est  désigné  comme  successeur 
éventuel  d'Arthur,  p.  219  ;  est  ren- 
versé parSegurant  le  brun,  p.  219, 
cf.  p.  432,  qu'il  désar^nne  plus 
tard,  p.  48â;  son  combat  avec 
Galaad,  405;  se  loge  chez  Blanor, 
406;  ses  aventures  avec  la  demoi- 
selle dt'shéritée,  408-18,  pp.  301, 
480,  486,  qu'il  défend  en  combat 
singulier  contre  Palamède,  444; 
secourut  la  princesse  de  la  Cité 
vermeille,  420;  a  humilié  Gauvain 
devant  Lancelot,  421;  est  délivré 
de  la  mort  par  Palamède,  445  624  ; 
joute  de  nouveau  avec  Ctauain,  et 
combat  Galaad,  447-8,  626;  ses 
aventures  avec  Palamède  et  Mo- 


a; 


res,  pp.  308-16,  3!8-25,  I  626;  fut 
secouru  par  Guivret  de  Lamballe, 
465;  ses  aventures  avec  Brunor  le 
noir,  467  ss.,  qu'il  fait  venir  à  la 
Joyeuse  Garde,  485-6,  p.  491,  où  il 
reste  quelque  temps,  487-8,  et  où 
Lancelot  vient  le  combattre,  489- 
90  ;  de  la  cour  d'Arthur  il  revient 
auprès  d'Iseut,  490,  p.  342;  après 
de  nouveaux  combats  avec  Lance- 
lot, 492,  492  a,  il  retourne  à  la 
Joyeuse  Garde,  pp.  346-8;  est  re- 
tenu par  la  dame  du  Lac,  p.  347; 
parti  pour  délivrer  Palamède,  il 
combattit  avec  Galaad  et  le  roi  Ar- 
thur, p.  348;  Keu  a  offensé  Pala- 
mède devant  lui,  494  ;  suit  Galaad, 
par  teo'uel  il  vient  d'Ôtre  renversé, 
et  tue  Hebés  en  poursuivant  Pala- 
mède, qu'il  combat  et  qui  le  se- 
court ensuite  contre  cent  cin- 
auante  chevaliers;  reste  blessé 
ans  une  abbaye,  503-9,  533,  cf.  386; 
va  rejoindre  Iseut  en  Gornouaille, 
535-44,  cf.  297  a,  298  a,  p.  373;  Keu 
lui  a  fait  honte  plusieurs  fois,  535  ; 
exprime  sa  haine  pour  Gauvain 
t6.,cf.  487;asecouruBrebuscontre 
Blioberis,  538  ;  tua  les  géants  Luca- 
nor,  541-2,  et  Asue,  631  b;  secourut 
Arthur  contre  sept  rois,  575;  est 
vaincu  par  Guiron  et  a  des  aven- 
tures avec  Dinadan ,'  prend  part  au 
tournoi  de  Camaaloth,  p.  467  ;  est 
renversé  par  Branor  le  brun,  621  ; 
parla  de  la  fille  de  Marc  à  Oinadan, 

f).  441  ;  Priamus  Ait  crystned  par 
ui,  p.  383  ;  ses  aventures  en  Petite 
Bretagne  avec  Runalea,  535  a  ss., 
cf.  pp.  286,  347  ;  revoit  Iseut,  545-6, 
déguisé  en  fou,  537  a  ss.  ;  tua  Marc, 
p:'  387;  meurt  avec  Iseut,  546-9, 
540  a  ss-,  cf.  191,  270,  460,  471,  pp. 
440, 444-5;  son  enterrement,  550,  p. 
411,  U  5i^  a  —  547  a;  après  sa 
mort  une  fontaine  ne  guérit  plus  les 
blessures,  615;  est  pleuré  à  la  cour 
d'Arthur,  569-70, 6<)l-2,  et  de  Marc, 
578-54;  est  vengé,  pp.  409,  cf.  pp. 
388,  xviii-ix,  478. 

La  [Grant)  Histoire,  le  (Grant,  Pr^ 
micr)  Livre  (cf.  ces  mots)  de  —, 
pp.  II,  XI,  1-2,  88  (cf.  p.  476),  190, 
K2,  330,388,409. 

2.  Tristan  le  jeune  Çeljoven,  il  gio- 
vane),  fils  de  Tristan  et  d'Iseut, 
pp.  xxni,  477, 387,  392. 

Troiano,  est  renversé  par  Tristan 
devant  Camaaloth,  338  e. 

Troie,  Troyens,  82,  530,  pp.  436, 445. 

Trudet  le  noir,  géant,  tue  par  Gui- 
ron, p.  448. 

Trullas,  p.  84. 

Tulant  le  petit,  se  met  en  quête  du 
Graal,  p.  284,  ss.  (=*  Taulasle  p.?). 


u 


(Jdan,  V.  Hodant. 

L'eus  (?),  p.  m. 

Vqitf  le  gr«Me.  p.  23G.  Ct.  Ilugon. 

mban  (la  Sorclois.  pp.  300,  m. 

Vner,  p.  3tC  (faute  pour  Uter). 

Vnessu,  p.  137. 

Vrdain.  se  met  en  cpiâte  dn  Groal. 
p.  283SS. 

Urgan,  gianl,  p.  60. 

Vrtas,  tud  par  son  frère  Pinsbel, 
t85. 

t'rim,  roi  de  Galles  [Oarlol),  père 
d'IvBin,  153.  10.1,  21D,  auquel  il  CKt 
parrois  subslitu'^  faiitivt<mr*nt.  cT. 
p.  310;  engagea  Arthur  à  ne  plus 
perler   les  nrmos,  p.   A\\  ;    proad 

iiarl  ii  la  çuerre  do  Meliadua,  p. 
45-7.  dont  il  recommande  l'affran- 
chisâûtDont ,  et  qu'il  pr^fi'rre  au  bon 
chevalier  sans  peur;  fait  une  tnva- 
sioa  dans  le  royoïimo  d'Irlande. 
qu'Arthur  lui  ordonne  de  rendre, 
p.  ue;  son  loufDui,  p.  488-9. 

Cr/am,  512. 

i'rnovirnoij,  comte  de  Nantes,  est 
emprisonné  à  perpt^luité,  536  a. 

Vrre,  p.  383. 

VtantttT,  p.  218. 

1.  Wflr,  {Uter-)  Pmdragon,  père  d'Ar- 


thur et  de  Morgain,  70.  00.  tflO-1, 
190,    530»  p.  436;  5up<irionté  de"* 
clievstiera  do  xon  éfKtquc,  p.  44'2; 
mis  Qd  au  tribut  romain,  p.  4382 
«on  affaire  avec  Argan,  *}%,  et  Gale 
bout  te  brun,   p.  400;    lui   Piiin,^ 
p.  440 ,  et   un   antre    l: 
assiégeaPhoramont.p.  ^ 
ta  rt>tede  la  Pentecôte, 
de  laquelle  il  donne  un  i 
437-8, 4W;  la  16U;  d'un  t' 
apportée  à  Camnaloth,  p.  LW;  t\nnz 
le  royaume  d'Eslningorr'»  nn  t>'?i 
clievalier  sanspf'ur.  p.  il' 
ÀCarlion.p.  411,  i\  Cardu 

lutî  le  seigneur  de  la  U.> ,. 

Garde,    \\.    443;    eut    le 
contre  un  petit  chovaiifîr. 
devant  lui,  Elicar  - 
combat.p.  4.^\.Lrki 
lue  un  de  ses  entit  >ii  >    , 
tombe,  visilK'  pur  ÏMim  : 
Le  Château  et  la  l''t>te  d  — 
454.    467;    l'Abbaye   d'    — . 
VEspru^w  —,  51t(-8;;  la  Vtri 

2.  IJthcr   do  Camaaioth,  est   df'sar- 
Çonn-''  pur  Guirtm,  p.  137, 


dessoti 


V 


roAor,  roi  de  la  Cilâ  vermeille,  p. 

Vagus,  V.  Vagao. 

Val,  le  chevalier  de  —  (Noire' ,  n.  bb. 
Cf.  Brun ,  Faus ,  Joie ,  M nlifcr , 
Pleur.  Porte,  Servage. 

Vaiet.  le  —  à  la  cotto  mal  taitlâe, 
Uninor  le  noir  ;  ly  —  au  cercle  d'or, 
le  —  do  Gluie  {(Haive),  se  mettent 
en  qu^te  du  Graai.  395  a  ss. 

Vatpasien,  v.  Vaapasteu- 

Vofpanno,  fila  de  Guiron,  p.  489. 

Vaspasien.  Vespasien,  p.  359. 

Vaus  de  Boreloia,  pp.  Iu8,  48â. 

Vaux,cT.  Agion.  Aiglin. 

Vénus,  13,  p.  4ti0. 


VerminUte)^  lo  Château— tg2;UGtcA- 

3fA    .1(59-70.    cf.    p.    480.    opp^l-! 
fjuan-i,  p.  269;  le  roi  dt-  la  Ci  lé 
(cf.    Armant,    Landuuns.     VaifL. 
prend  part  â  la  guerr>?  de  HHi« 
dus,  p.  445-7,  cf.  p.  438;  sa  UUtJI 
4-21):  le  Atrmil  — .  OiO;  le  Perron^, 
p.  TjO.  Cf.  Chevalier. 

Venin';flio,  giiaui,  pp.  xxiu,  477. 

Vtroneiis.  v.  Noronnus. 

Vc^paxien.  v.  Vnspasicn. 

Vidsbvttr.{t),p.  194. 

Vtentior  (de  CarmeUde).  pp.  48,  478, 
cf.  p.  4  (9. 

Vinveslre,  WinrMtrr.  pp.  217,  219*20, 
407,422,  432,4840,490-1. 

Virgile,  2. 


Vdicr,  T.  Idier. 

ïgieme^  Ygnerçne,  Ygome,  Ygueine, 
V.  Iguerae. 

ÏQÏt,  V,  lOQ. 

Ypomenes,  t.  Hipomenes. 


Yrmf,  p.  25. 
Ys{e}oU,  V.  Iseut, 
Yvain,  V.  Ivain. 
ïscri,  292  a. 


—  541 


Zephir,  p.  4C7. 


ADDITIONS    ET    CORRECTIONS 

A    LA    TABLE    ANALYTIQUE 


P.  493,  lignes,  lire  :  Mac\h)anaeL 
PP.  497,  512,  lignes  19,  36-1,  lire  :  de 

la  mort. 
1.  Arthur  est  te  nereu  d'Ardaos. 
Bois,  cf.  Hercule. 
Drochenarz,  tire  :  Orochenar. 


Ecosse,  cf.  Lamfalo. 

Fonlaine,  v.  Nestor  2,  Brahaigne, 
Cerf,  Croix,  Fer,  Gôant,  Ile,  Joie, 
Lion,  Hen'eilles,  Pin,  Plear,  Sapt- 
noie. 

(j<fan(.  cf.Tour  2. 


.     LISTE 
DE  SURNOMS-ÉPITHÈTES  NON  GÉOGRAPHIQUES 

RELEVÉE  SUR  LA  TABLE  ANALYTIQUE 


Amoureux,  V  —,  Ditis,  Paridès. 
Apre,  V  —,  Héraut. 
Arrant  li  [?),  p.  488. 
AientureuXy  V  —,  Apollo. 
Avoiitre,  V  — ,  Ivain  2. 
Barbu,  le,  Herlaus  2,  Girart  2. 
Beau  Jouteur,  le,  Adamon,  Aaiaal2. 

—  l.e  Beau  Couard. 
Bel,  le,  Acricor,  Argaas,  Armant  3, 

Bellangere  {le  beuse),  Kabedin  2(?). 
Belle,  la  —  Pèlerine,  Ailies;  à  la  — 

Amie,  Gaenor. 
Blanc,  Bloi.  Blond,  le,.Arthur3CHar- 

tis),I)aDor.Gasse,Gosmerin,Hanin, 

Helain  2,  Iseut   (la  Mo»,  blonde), 

Kahedia  3,  Meliadus  2,   Persides, 

Sadoc  6. 
Blanches,   aux  ~  Mains,  Iseut  2, 

Ivain  3. 
tiours,  le,  Giro  îprob.  =Girolcbours). 
Boulillier,  le,  Lucan  I. 
Brave,  le,  Brunor,  Gatebout  (p.  477.) 
Briefbras,  Caradoc  t. 
/^rii/i,le,  Branor,  Bruhault.Escanor  1, 

Galehoul  2,  Gautier  1,  Hector  3,  4, 

5,  G,  Ilelain  3,  Heliaa  I,  Hub;u)an, 

Mathau,  SegurantS. 
Cercle  d'or,  au,  le  Valet,  Patrides  2. 
Chenu,  le,  Guillierme. 


Chétif,  le,  Gui  3. 

Chevalier,  v.  ce  mot. 

Cœur  de  Pierre,  p.  443-  Vœur-UardU 

Osenatn. 
Connétable  le,  Bedoter. 
Couard,  le,  Leriadus;  cf.  llenor. 
Courageux^  le,  Oanuble. 
Court,  au  —  Menton,  Gorbel. 
Courtois,  le.  Gallegodin,  Guiron. 
Cruel,  le,  Grandines. 
Demoiselle,  v.  ce  mol. 
Despiteuse  d'ainour,  p.  447. 
Desreê,  le.  Sogremor  3. 
Dur,  le,  Harpin  1. 

Dures,  aux  —Mains,  GoJoes,  Slbilias. 
Envoisié,  1'—,  Ileliot,  Mandin  1. 
Ermite,  le  bon  —,  GuilJierme;  V  — 

du  .Bois,  Ilanicr. 
Fel,  Félon,  le,  Argoier,  Brun  3,  Her- 

min,  llervi  2,  Malagrin,  Margus, 

Meleaguant. 
Feulz,  le,  Asor. 
Foit,  le,  Aristoc,  Ërdoant,  Folatile 

(cheval),  Golestan  2,  Grimiel,  Grin- 

galas,   Helicar,  Helieser  2,  M&r- 

monde  {la  fort^  château),  Phebus 

1,  Rafaaiz  (tiechaux). 
Ga\,  le,  Adeionz. 
Grand,  le,  Agrippe,  Caradoc  2.  Esca- 


—  542  — 


nor  2,  Ganoro,   Ivain   1,  Lias  3, 

Lucaa(or),  Luce  7,  Taulos  2. 
Grêle,  le,  Uffier. 
Gros,  le,  Aplasat  (Plassart),  Guerin  2, 

Helain  4,  Malaquin  3. 
Hardi,  le,  Glaristant.  Graz.  C«wr- 

haràit  Osenain.  î^e  Laid  Hardi. 
JeunCy  le,  Tristan  2. 
Léger,  le,  Acourant. 
Marchant   (Marchis,  Marquis),  le, 

Henri  2,  Herni. 
Méconnu,    le.    Alphasar,  Apres  (7), 

Esciabor    (Escaliborc) ,    Esclaile  , 

Palamède,  Baphar. 
Mekaignié,  le  Roi  —,  Pelles. 
Noble,  le,  Hector  8. 
Noir,  le,  Armant  3,  BrunCor),  Glarin, 

Ëscanor  2,  Faran  2,  Galinan  (Brun, 

Helinain),  Ganemor,  Helis  4^  Ivain 

5,   Habon,    Meiadus    3,  Priadam, 

Tanor  2,  Trudet. 


OrgueiUeux^  V  —,  A^vain,  Alixans, 

BelînaDt  1,  Danidain,  Toraîn. 
OrpAe/m,  1'  — ,  Alexandre. 
Pair^  Sans  — ,  Helaiae  3. 
Pauvre,  le,    fiscoraut,    HeliaDor   3, 

Nîcorant  2,  Soranor. 
Pêc1\eur,  le  Roi  —,  Pelles. 
Pèlerin,  le.  Ranceis.  La  Belle  Pèlerine, 

Allies. 
Pe^antis,  li,  Gibers. 
Petite  le,  Aéanor.  Arthur  2,  Gutvret  2 

(Lienor,  Menon,  Vîenaor),  Henri  3, 

Kabedin  2  m,  KaIaar(o)t,  Talant. 
Pitié,  Sans  — ,  Brehus. 
Renomméyle,  Hebés. 
Roux,  le,  Oamel,  Danain  2  (Dinadan). 

Ernaut  2,  Gloan,  Harpin  2,  Helias 

5,  Helin,  Helis  5,  Margot. 
Sage,  le,  Mandin  2. 
Sauvage,  le,  Dodînel. 
Sénéchal,  le,  Dinas,  Keu  1. 
5eûr,  le,  Helian  2. 


TABLE    DES    MATIÈRES 


Av.vsT-piiopos pp.  I,  475, 

PllÈFACB  : 

Manuscrits  du  Trislan..     ///-XU,  XIX-XXI,  XXIV,  475-8,  488,  491. 

Imprim<?s  du  Tristan IV,  XXI-II,  475. 

Livres  populaires  danois,  allemands,  tchèque  et  russe  du  Tristan.  IV-  V, 

Tavola  Rilonda IV,  XXIII;  487-9. 

La  compilation  de  Malory IV,  XXII-III;  488. 

Coronica,  Due  Tristani IV,  XXIH,  477. 

Analyses  antérieures  du  Tristan V,  XXII,  477. 

Versions  du  TriUan XII-XXIII,  477-S,  487. 

Questions  littéraires  soulevées  par  le  Tristan XXIV-VI,  478-9. 

AxvLYsE  du  Tristan 1-422;  475-7,  480,  481-5. 

APPENDICE 

Manuscrits  de  la  compilation  de  Rusticien.  423,  431-433, 435, 465,468-9,473. 
ImpriuiL's  de  la  compilation  de  Rusticien.  423,  429,  430-1.  435-6,  490,471» 

474, 475. 

Analyse  de  la  compilation  de  Rusticien,  première  partie 42i-32. 

Manuscrits  contenant  le  Palamède  ou  des  versions  parallèles;  remarques 

sur  ces  romans , 433-6,  488-9. 

Analyse  du  Palamède  et  de  versions  parallôtes 436-68,  488-9. 

Profi'liccies  de  Mertin 466,  490-1,  478,485. 

Analyse  de  la  compilation  de  Rusticien,  seconde  partie 466-72. 

Hi^marques  sur  Rusticien  et  son  œuvre 473, 

Additions  et  corrections 475-91, 

Tiible  analytiiiue  des  noms  propres 493. 

Additions  et  corrections  à  la  table  analytique 5U . 

Liste  de  surnoms^pithôtcs  non  géographitiues 541. 

T;ible  des  matières 543. 


Miroti,  ProUt  Mm,  linp. 


■  '  1 


■'  ...    -^ 


/f 


/; 


/